Publié le 16 Mai 2017

Eugène Onéguine (Piotr Ilitch Tchaïkovski)
Répétition générale du 13 mai et représentation du 16 mai 2017
Opéra Bastille

Madame Larina Elena Zaremba 
Tatiana Anna Netrebko (mai) Nicole Car (juin)
Olga Varduhi Abrahamyan 
Filipievna Hanna Schwarz 
Eugène Onéguine Peter Mattei 
Lenski Pavel Černoch 
Le Prince Grémine Alexander Tsymbalyuk 
Monsieur Triquet Raúl Giménez 
Zaretski Vadim Artamonov 
Le Lieutenant Olivier Ayault 
Solo Ténor Gregorz Staskiewicz 

Direction musicale Edward Gardner                                Anna Netrebko (Tatiana)
Mise en scène Willy Decker (1995)

Créée au début du mandat d’Hugues Gall (1995-2004), représentée pendant trois de ses saisons, puis reprise par Nicolas Joel en 2010, la mise en scène d’Eugène Onéguine par Willy Decker ne peut égaler celle de Dmitri Tcherniakov qui avait atteint un niveau de crédibilité et de profondeur psychologique rare, mais elle offre un cadre pictural épuré qui rend possible de grandes représentations de répertoire si elle est associée à une distribution tout à fait hors norme.

Anna Netrebko (Tatiana)

Anna Netrebko (Tatiana)

Et c’est bien sûr ce qui justifie ce retour, car les interprètes choisis ont tous des moyens qui leur permettent de rivaliser les uns les autres à un jeu démonstratif exceptionnel.

Il ne faut donc pas attendre d’Anna Netrebko qu’elle retranche son personnage derrière les états d’âmes sensibles et incontrôlables de l’adolescence, car elle a les dimensions pour faire de Tatiana une femme mûre et lucide. Elle surprend, malgré la disproportion, à émouvoir par la violence des sentiments.

Aigus larges et puissants, noirceur animale, détresse dans le regard et expressions attendrissantes, transparaissent de cet aplomb fantastique les grandeurs de la Lady Macbeth qu’elle interprétait à Munich à la fin de l’année dernière.

Peter Mattei (Eugène Onéguine)

Peter Mattei (Eugène Onéguine)

Dans son face à face cruel, Peter Mattei lui oppose un Eugène Onéguine d’une rare froideur. C’est certes voulu par le metteur en scène, mais le chanteur suédois a naturellement un charisme personnel et une séduction de timbre qu’il pourrait employer afin de toucher l’auditeur. Pourtant, les expressions restent fermes, les couleurs mates, et sa prestance vocale se départit d’effets d’affectation.

Il ne se dégage ainsi nulle sympathie de ce grand profil longiligne, qui est aussi glaçant qu’Anna Netrebko peut, elle, inspirer une générosité chaleureuse.

Varduhi Abrahamyan (Olga) et Pavel Černoch (Lenski)

Varduhi Abrahamyan (Olga) et Pavel Černoch (Lenski)

L’homme sensible et romantique est donc incarné par Pavel Černoch, Lenski d’une personnalité entière donnée à une voix brillante et adoucie par une tessiture légèrement voilée.

En émane le charme de la nostalgie slave, surtout lorsque l’air ‘Kuda, Kuda vï udalilis’ , qui précède le duel, laisse pressentir que ce chanteur sera, la saison prochaine, un Don Carlos profondément poignant.

Alexander Tsymbalyuk (Le Prince Grémine)

Alexander Tsymbalyuk (Le Prince Grémine)

Et au dernier acte, sous l’immense luminaire d’un palais austère serti de diamants et empli d’un vide sans âme, la noblesse du lieu s’incarne soudainement sous les traits d’Alexander Tsymbalyuk.

Il compose un impressionnant Prince Grémine, nourri de graves qui suggèrent l’expérience bienveillante, mais pas encore l’âge de la vieillesse. L’homme est de plus élégant, la posture affirmée, et son grand air d’amour ‘Lyubvi vsye vozrati pokorni’ est empreint d’une gravité recueillie absolument expressive.

Anna Netrebko (Tatiana)

Anna Netrebko (Tatiana)

Parmi les rôles secondaires, Hanna Schwarz fait son retour à l’Opéra National de Paris, 30 ans après sa dernière interprétation de Cornelia dans Giulio Cesare, et confie à Filipievna toute une palette d’expressions discrètes, du murmure obscur à l’exclamation soudaine et vitale, la seule qui a un véritable dialogue avec Tatiana.

Peter Mattei (Eugène Onéguine)

Peter Mattei (Eugène Onéguine)

Quant à Varduhi Abrahamyan, elle caricature beaucoup trop Olga en soubrette au point de la rendre totalement creuse, et Raúl Giménez, qui a le mérite de chanter l’air de Monsieur Triquet en français, compense l'ambiguïté de sa diction par des nuances soulignées et une projection impressionnante pour ce rôle d’amuseur grand public.

Enfin, Elena Zaremba use de son timbre de glace pour installer en Madame Larina un caractère autoritaire et inflexible.

Elena Zaremba (Madame Larina)

Elena Zaremba (Madame Larina)

Les chœurs, homogènes, donnent un peu de vie aux tableaux atones de la mise en scène, et la direction d’Edward Gardner, lisse et volumineuse, laisse les couleurs françaises de l’orchestre s’épanouir au point de rapprocher la musique de Tchaïkovski des compositions de Jules Massenet ou de Charles Gounod, ce qui suggère, à plusieurs reprises, les ambiances bucoliques de Mireille.

Anna Netrebko

Anna Netrebko

Et malgré la beauté des motifs instrumentaux et du lustre orchestral, une forme de dolence fait perdre ce qu’il y a d’éveil frémissant et d’urgence dans la partition d’Eugène Onéguine, alors qu’il faudrait plus d’énergie pour combler les lacunes d’une mise en scène qui a fait son temps.

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Publié le 13 Mai 2017

La Création (Joseph Haydn)
Représentation du 11 mai 2017
Auditorium de La Seine Musicale

Gabriel et Eve Mari Eriksmoen
Raphael et Adam Daniel Schmutzhard
Uriel Martin Mitterrutzner

Direction musicale Laurence Equilbey
Mise en scène La Fura dels Baus – Carlus Padrissa
accentus - Insula orchestra

Coproduction Ludwigsburger Schlossfestspiele, Elbphilharmonie Hamburg     
Laurence Equilbey

La création publique de La création de Joseph Haydn au Burgtheater de Vienne, le 19 mars 1799, est un événement majeur dans le développement du Théâtre National Allemand fondé par Joseph II en 1776. 

En effet, 17 ans plus tôt, Wolfgang Amadé Mozart créait dans ce même théâtre L’enlèvement au sérail, un ouvrage considéré comme l’apogée du Singspiel National Allemand, suivi par la trilogie da Ponte (Les Noces de Figaro, Don Giovanni – version de Vienne -, Cosi fan tutte) qui s’imposa difficilement face aux ouvrages d’Antonio Salieri.

L’originalité de Haydn fut de mêler la légèreté d’une écriture poétique aussi fine que celle du jeune Mozart au formalisme de l’oratorio, dont il avait pu s’imprégner lors de ses voyages en Angleterre à travers la découverte des œuvres religieuses d’Haendel.

Et Dieu créa l'homme à son image - 6eme jour

Et Dieu créa l'homme à son image - 6eme jour

Sur la base d’un poème anglais adapté en allemand, il composa une musique à valeur universelle qui décrivit la naissance du monde, et la partition originale conserva par ailleurs les paroles en anglais et en allemand, une première pour l’époque.

C’est donc cet ouvrage unificateur qu’accueille pour deux soirées l’Auditorium de la Seine Musicale inaugurée le 24 avril dernier sur l’Ile Seguin, face au chemin de halage bordés de péniches qui, amarrées au creux d’un bras de Seine, évoquent un désir de vie libre.

Confiée aux technologies électroniques et vidéographiques et aux costumes fantaisistes luminescents imaginés par Carlus Padrissa et La Fura dels Baus, l’imagerie de La création laisse de côté toute évocation religieuse pour créer un spectacle visuel qui ne surprend plus les habitués de la troupe d’artistes catalans, et qui s’appuie sur les véritables éléments de la création de la vie que sont les mouvements perpétuels de l’univers, l’eau et l’ADN.  

Martin Mitterrutzner (Uriel)

Martin Mitterrutzner (Uriel)

L’ouverture débute sur l’explosion du Big-Bang somptueusement magnifiée par les lignes souples et modernes de l’orchestre.

Un des plus beaux et impressifs moment survient au quatrième jour, lorsque des figurants montent le long des rangées de spectateurs en mimant, à l’aide de sphères lumineuses d’éclat variable et multicolore, les révolutions harmonieuses des planètes.

A d’autres instants, la machinerie utilisée pour faire s’élever la narratrice au-dessus des musiciens, comme l’avait fait La Fura dels Baus pour la Reine de la nuit à Bochum et, plus tard, à Bastille, démonte cette impression imaginaire, car les mécanismes sont inévitablement visibles et audibles de par les dimensions modestes de la salle.

Il est vrai que l’équipe artistique a souvent pour habitude de travailler dans des espaces bien plus grands, et cela se ressent.

Martin Mitterrutzner (Uriel)

Martin Mitterrutzner (Uriel)

A la fin du sixième jour, Carlus Padrissa ne manque pas de rendre hommage à son mentor, Gerard Mortier, en faisant apparaitre en filigrane son visage grave au moment où l’œuvre célèbre la création de l’homme à l’image de Dieu. Le chœur accentus entame un splendide choral qui alterne groupes de sopranos, de ténors et de basses chanté avec une précision et un sentiment d’humanité absolument émouvant.

La naissance d’Eve et d’Adam émerge de la cuve d’eau translucide qui, jusqu’à présent, servait surtout des jeux d’eau parfois laborieux. Ce passage est alors accompagné par des évasions de motifs instrumentaux sublimes, à travers l’acoustique d’une salle qui respecte la chair des voix des solistes, l’unité du chœur et l’ampleur du son orchestral avec une impression d’envahissement sonore qui s’abstient de toute réverbération inutile.

Mari Eriksmoen (Eve)

Mari Eriksmoen (Eve)

Ce chœur qui, de bout en bout, éblouit par sa subtilité, revient à nouveau se mélanger aux auditeurs sous d’immenses sphères suspendues, comme des étoiles, et l’on peut alors entendre les moindres murmures de chaque chanteur à portée d’oreille. 

Les trois solistes, Mari Eriksmoen, soprano rayonnante, Martin Mitterrutzner, ténor dont on peut saisir des accents de mélancolie qui rappellent ceux de Charles Workman, et Daniel Schmutzhard, qui se révèle par la jeunesse d’Adam, partagent une même joliesse de timbre et un même sens du classicisme qui participent à l’esprit d’optimisme de la représentation.

Die Schöpfung-La Création (Equilbey-Insula Orchestra-accentus-La Fura dels Baus-Padrissa) La Seine Musicale

En résidence, et donc dorénavant chez eux, les musiciens d’Insula orchestra donnent un magnifique liant clair et vivant à l’interprétation de cette partition, leurs sonorités de métal pures et effilées se fondent avec la lumière du visuel, et cette musique post-révolutionnaire se renouvelle ainsi dans un espace du XXIème siècle que Laurence Equilbey anime avec une verve rigoureuse et naturellement bienveillante.

Concert à revoir sur Concert Arte.

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Publié le 10 Mai 2017

Dans le prolongement de l’article sur l’importance et la popularité de l’opéra dans le monde, et afin de rendre plus impressif la réalité de la diffusion de l’art lyrique, le présent article classe sous forme de carte les villes par nombre de représentations d’opéras qui y sont jouées chaque année. La taille des symboles et leur couleur donne ainsi bonne indication de la fréquence des spectacles. Toutefois, la jauge des théâtres n’est pas prise en compte.

Ces données ont été compilées à partir des informations du site Operabase sur la période 2011-2016 (5 saisons), et deux cartes principales sont comparées à la même échelle, l’Europe incluant la Russie européenne, et l’Amérique du nord.

L'art lyrique en Europe et en Amérique du nord

L'art lyrique en Europe et en Amérique du nord

Cette cartographie met en évidence la prépondérance de l’opéra dans les pays germaniques et de l’Italie du nord. Son rayonnement donne l'impression de se diffuser à un millier de kilomètres autour d’un épicentre situé en Bavière, près de Bayreuth.

C’est toute l’Europe centrale qui est irradiée par les théâtres lyriques.

Car bien qu’apparu en Italie, l’Opéra s’est vite diffusé dans les capitales européennes, et l’axe nord-sud du Rhin qui relie l’Allemagne du nord à la péninsule italienne est parfaitement identifiable.

On peut ainsi contempler cette carte en remarquant les pays qui concentrent la majorité de la vie lyrique dans leur propre capitale.

Détail de la cartographie sur l'Europe centrale

Détail de la cartographie sur l'Europe centrale

C’est le cas de tous les pays de moins de 25 millions d’habitants, à part la Suisse et la Belgique.
En effet, Vienne, Prague, Budapest, Bratislava, Minsk, Oslo, Stockholm, Copenhague, Amsterdam, Sydney accumulent de 40 à 60% des représentations données dans leur pays.

Dans les pays de plus de 40 millions d’habitants – hors Allemagne et Italie -, Russie, Angleterre, France, Etats-Unis, Espagne, Pologne et Ukraine concentrent dans leur capitale environ 30% des représentations nationales.

En revanche, moins de 10% des représentations nationales sont données à Berlin, Venise et Milan, car le réseau de grandes villes est plus dense dans leurs pays respectifs.

Mais en Allemagne, 60 villes affichent plus de 50 représentations par an (contre 2 seulement en Angleterre et en France).

Enfin, la Suisse suit le modèle de l’Allemagne : Zurich, Basel, St Gallen, Luzern, Bern et Genève affichent plus de 50 représentations par an.

Vienne, Berlin et Moscou constituent le haut du palmarès et comptent chacune plus de 450 représentations par an.

Puis suivent Londres, St-Petersbourg, Prague, Paris, Budapest, New-York et Hambourg avec plus de 300 représentations par an tous théâtres confondus.

Hors continent européen, l'art lyrique subsiste en Australie (Sydney, Melbourne principalement) et en Amérique du Nord, à travers un très fin réseau de villes fortement distantes.

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Publié le 8 Mai 2017

Circonstances de l’éclipse totale de soleil du 21 août 2017 aux Etats-Unis

Après l’éclipse annulaire de soleil qui a ravi un nombre modeste d’observateurs situés dans le sud de la Patagonie le 26 février 2017, le continent nord-américain s’apprête à être traversé de part en part, le 21 août 2017, par une éclipse totale.

14 états des Etats-Unis seront concernés, selon une trajectoire qui partira de l’Oregon jusqu’à la Caroline du Sud, en passant par l’Idaho et le Wyoming. Ce sera la réplique de l’éclipse qui passa au nord de Paris le 11 août 1999.

Cet événement sera donc fortement médiatisé, car la dernière éclipse totale qui a touché les USA s’est produite le 26 février 1979, uniquement sur l’extrême nord-ouest du pays.

Trajectoire de l'éclipse totale de Soleil du 21 août 2017 - (c) Xavier Jubier - xjubier.free.fr

Trajectoire de l'éclipse totale de Soleil du 21 août 2017 - (c) Xavier Jubier - xjubier.free.fr

La particularité géographique de l’éclipse du mois d’août est qu’elle va plonger dans l’ombre de la lune des états connus pour la beauté de leur nature et de leurs paysages, qui sont des lieux où des films intimistes célèbres du cinéma américain se sont déroulés. On peut citer Old Joy de Kelly Reichardt (en Oregon), Paranoïd Park et My Own Private Idaho de Gus Van Stan (en Oregon et Idaho), Brokeback Mountain de Ang Lee (au Wyoming), Boys don ’t Cry de Kimberly Peirce (au Nebraska).

Tracé de l'éclipse totale de Soleil du 21 août 2017 de l'Oregon au Wyoming - (c) Xavier Jubier - xjubier.free.fr

Tracé de l'éclipse totale de Soleil du 21 août 2017 de l'Oregon au Wyoming - (c) Xavier Jubier - xjubier.free.fr

L'éclipse sera totale du fait de la relative proximité de la Lune à la Terre (366 386 km) qui rendra son diamètre apparent plus grand que celui du Soleil.

La durée de l’éclipse variera de 2 minutes au sud de Portland (Oregon) à 2m18s au nord d’Idaho Falls, jusqu’à 2m41s entre Saint-Louis (Missouri) et Nashville (Tennessee).

Plus précisément :

Mont Jefferson (Sud de Portland) : Totalité à 10h20 (41° de hauteur), durée 2mn03
Idaho Falls (Craters of the Moon) : Totalité à 11h34 (49° de hauteur), durée 2mn18
Casper Mountains (Wyoming) : Totalité à 11h44 (54° de hauteur), durée 2mn27
Kansas City : Totalité à 13h08 (62° de hauteur), durée 2mn40
Saint-Louis : Totalité à 13h19 (64° de hauteur), durée 2mn41
Nashville : Totalité à 13h28 (64° de hauteur), durée 2mn41

L'ombre de la Lune à Idaho Falls le 21 août 2017 à 11h36mn08s, dans la région de Crater of the Moon et du Park de Yellowstone - (c) Xavier Jubier - xjubier.free.fr

L'ombre de la Lune à Idaho Falls le 21 août 2017 à 11h36mn08s, dans la région de Crater of the Moon et du Park de Yellowstone - (c) Xavier Jubier - xjubier.free.fr

Un des meilleurs compromis entre durée de l’éclipse et paysages spectaculaires se situe en Idaho et au Wyoming.

Le déroulement de l’éclipse à Idaho Falls comprendra quatre jalons clés lundi 21 août :

1.    A 10h15mn13s, heure locale, la Lune commencera à recouvrir le bord solaire, à 37° au-dessus de l’horizon Est-Sud-Est.

2.    Une heure et quart plus tard, à 11h32mn35s, à 49° au-dessus de l’horizon, la Lune recouvrira entièrement le Soleil sous une spectaculaire couronne magnétique, laissant apparaître Régulus à leur côté, tous trois encadrés de près par Mars et Mercure, et, plus loin, par Vénus et Jupiter. La vitesse de l’ombre au sol sera de 3000 km/h. 

3.    Deux minutes et 18 secondes plus tard, à 11h34mn53s, la Lune commencera à se dégager de la surface solaire et le jour reviendra.

4.    Enfin, à 12h57mn36s, la Lune se sera entièrement dégagée de notre étoile.

La largeur du tracé de l’ombre au sol, elle, ne sera que de 106 km.

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Rédigé par David

Publié dans #Astres, #Eclipse

Publié le 1 Mai 2017

TV-Web Mai 2017 - Lyrique et Musique

Chaînes publiques

Lundi 01 mai 2017 sur France 3 à 02h10
Le petit cheval bossu (Chtchedrine / Ratmansky)

Ballet du Théâtre Mariinsky

Vendredi 05 mai 2017 sur France 2 à 00h00
Les Contes d'Hoffmann (Offenbach) - ms Marthaler - dm Cambreling

Teatro Real de Madrid - Cutler, von Otter, Priante, Homberger

Dimanche 07 mai 2017 sur France 3 à 00h35
Tous à l'Opéra

Nord pas de calais - La Finta Giardinera
Bretagne - La Cenerentola
Pays-de-Loire - Dialogues des Carmélites
Auvergne-Bourgogne-Rhônes-Alpes - La Flûte Enchantée
Normandie - Le Vaisseau Fantôme
Alsace-Lorraine-Champagne - Aleko / Francesca da Rimini
Corse - Colomba

Dimanche 07 mai 2017 sur Arte à 12h20
Concerto Italiano (Monteverdi) - dm Alessandrini

Dimanche 14 mai 2017 sur France 3 à 00h30
Barbe-Bleue (Offenbach) - ms Koeken - dm Schiffman - Opéra de Nancy

Dimanche 14 mai 2017 sur Arte à 12h30
Mondoville / Rameau - Soirée à la Philharmonie

Lundi 15 mai 2017 sur Arte à 0h55
Les meilleurs moments du festival Young Euro Classic 2016

Vendredi 19 mai 2017 sur France 2 à 00h00
Ariane et Barbe-Bleue (Dukas) - ms Py - dm Abello

Opéra du Rhin - Barrard, Philips, Brunet-Grupposo

Dimanche 21 mai 2017 sur France 3 à 00h35
La Flûte Enchantée (Mozart) - ms Sorin - dm Montanari

Opéra de Lyon - Peter- Newhouse - Spiegel - Devieihle

Dimanche 21 mai 2017 sur Arte à 12h30
Schubert - Brahms - Beethoven - Mendelssohn - Bussoni

Festival international de la musique de chambre de Jérusalem

Lundi 22 mai 2017 sur Arte à 0h55
Musique classique enfin populaire ! - documentaire

Netrebko, Lang Lang, Garrett ...

Vendredi 26 mai 2017 sur France 2 à 00h00
La Passion selon Saint Matthieu (Bach) - dir Corboz
Piau, Mena, Lièvre-Picard, Genz

Dimanche 28 mai 2017 sur France 3 à 00h30
La Favorite (Donizetti) - dm Allemandi

Capitole de Toulouse - Aldrich - Tézier - Yijie - Furlanetto

Lundi 29 mai 2017 sur Arte à 0h20
Vêpres solennelles d'un confesseur - Messe du Couronnement (Mozart)

Mezzo et Mezzo HD

Mercredi 03 mai 2017 sur Mezzo à 20h30
The Tempest de Thomas Adès au Metropolitan Opera

Vendredi 05 mai 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Rigoletto de Verdi au Liceu de Barcelone

Samedi 06 mai 2017 sur Mezzo à 20h30
Iolanta de Tchaïkovski et Le Château de Barbe-Bleue de Bartók au Metropolitan Opera

Samedi 06 mai 2017 sur Mezzo HD à 20h00
Alcione de Marin Marais à l'Opéra-Comique (en direct)

Mercredi 10 mai 2017 sur Mezzo à 20h30
Alceste de Gluck à La Fenice de Venise

Jeudi 11 mai 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Le Vaisseau fantôme de Wagner au Teatro Real de Madrid

Samedi 13 mai 2017 sur Mezzo à 20h30
Nikolaus Harnoncourt dirige L'Orfeo de Monteverdi

Dimanche 14 mai sur Mezzo HD à 20h30
Rigoletto de Verdi au Liceu de Barcelone

Mercredi 17 mai 2017 sur Mezzo à 20h30
Nikolaus Harnoncourt dirige Il ritorno d'Ulisse in patria de Monteverdi

Vendredi 19 mai sur Mezzo HD à 20h30
The Indian Queen de Purcell au Teatro Real de Madrid

Samedi 20 mai sur Mezzo à 20h30
Nikolaus Harnoncourt dirige L'Incoronazione di Poppea de Monteverdi

Dimanche 21 mai sur Mezzo HD à 20h30
Les Contes d'Hoffmann d'Offenbach au Teatro Real de Madrid

Mercredi 24 mai 2017 sur Mezzo à 20h30
Magdalena Kožená chante Médée de Charpentier

Vendredi 26 mai 2017 sur Mezzo HD à 20h30
L'Or du Rhin de Wagner au Liceu de Barcelone

Dimanche 28 mai sur Mezzo HD à 20h30
Le Vaisseau fantôme de Wagner au Teatro Real de Madrid

Lundi 29 mai 2017 sur Mezzo à 20h30
Tamerlano de Haendel à la Monnaie de Bruxelles

Mercredi 31 mai 2017 sur Mezzo à 20h30
Juditha Triumphans de Vivaldi à La Fenice de Venise

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Concert Arte

Il Giasone (Grand Théâtre de Genève) - ms Sinigaglia

L'Orfeo (Opéra de Lausanne) - ms Robert Carsen

"Kalila Wa Dimna" de Moneim Adwan au Festival d'Aix-en-Provence

Benvenuto Cellini (Opera d'Amsterdam) - ms Gilliam

La petite renarde rusée (Théâtre de la Monnaie) - ms  Coppens

Snegourotchka (Opéra de Paris) - ms Tcherniakov

Lohengrin (Semperoper Dresde) - ms Mielitz

La Wally (Grand Théâtre de Genève) - ms Lievi

La Création (Auditorium de la Seine Musicale) - ms La Fura Dels Baus

Le Couronnement de Poppée (Festival de Schwetzinger) - ms Claudio Cavina

La Passion selon Marc (Orchestre de Chambre de Lausanne)

 

Sur Operaplatform, Culturebox etc...

Goplana - Polish National Opera jusqu'au 02 mai 2017

The Nose - Covent Garden jusqu'au 08 mai 2017

La Cenerentola (Opéra de Rennes) jusqu'au 13 mai 2017

Le Vaisseau Fantôme (Opéra de Caen) jusqu'au 13 mai 2017

La Flûte Enchantée (Opéra de Lyon) jusqu'au 13 mai 2017

La Flûte Enchantée (Den Norske Opera) jusqu'au 14 mai 2017

Carmen (opéra de Lyon) jusqu'au 14 mai 2017

Þórðarson (Icelandic Opera) jusqu'au 14 mai 2017

Farnace (Opéra National du Rhin) jusqu'au 14 mai 2017

Le Turc en Italie (Opéra National de Bergen) jusqu'au 14 mai 2017

Les Contes d'Hoffmann (Opéra National de Paris) jusqu'au 22 mai 2017

Don Carlo (Opéra National du Rhin) jusqu'au 29 mai 2017

 

Les perles de Cléopâtre (Komische Oper Berlin) jusqu'au 02 juin 2017

L'Amico Fritz - Teatro de la Fenice jusqu'au 03 juin 2017

Bomarzo (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 04 juin 2017

Carmen (Latvian National Opera) jusqu'au 04 juin 2017

Le couronnement de Poppée (Opéra de Lille) jusqu'au 04 juin 2017

Médée (Theatre Basel) jusqu'au 04 juin 2017

Le Coq d'Or (La Monnaie de Bruxelles) jusqu'au 22 juin 2017

La Bohème - Opera de Liège jusqu'au 24 juin 2017

Orphéus (Komischen Oper Berlin) jusqu'au 30 juin 2017

 

Ariodante (Carnegie Hall) jusqu'au 30 juillet 2017

Nowark - Space Opera (Opéra de Poznan) jusqu'au 02 août 2017

Werther (Opéra de Metz) jusqu'au 08 août 2017

King Arthur (Staastoper Berlin) jusqu'au 18 août 2017

Fantasio (Opéra Comique - Théâtre du Châtelet) jusqu'au 23 août 2017

Tannhäuser (Opéra de Monte-Carlo) jusqu'au 01 septembre 2017

Arsilda (Opéra de Bratislava) jusqu'au 14 septembre 2017

La Passion de Saint Matthieu (Manchester) le 17 septembre 2017

Lucrezia Borgia (Palau de les Arts Reina Sofia) jusqu'au 30 septembre 2017

La Foire de Sorotchintsi  (Komischen Oper Berlin) jusqu'au 01 octobre 2017

La Création (Sadler's Well Theatre - London) jusqu'au 15 octobre 2017

La Cenerentola (Opéra de Lille) jusqu'au 20 octobre 2017

Nabucco (Opera Royal de Wallonie) jusqu'au 27 octobre 2017

Le vin herbé (Opéra National du Pays de Galles) jusqu'au 27 octobre 2017

La Callisto (Opéra National du Rhin) jusqu'au 03 novembre 2017

Sémiramide (Opéra de Nancy) jusqu'au 11 novembre 2017

Alcione (Opéra Comique) jusqu'au 12 novembre 2017

Aquagranda de Filippo Perocco (Teatro La Fenice) jusqu'au 14 novembre 2017

Le Requiem de Mozart (Philharmonie de Paris) - dm René Jacobs - jusqu'au 26 novembre 2017

Don Giovanni (Opéra de Liège) jusqu'au 23 novembre 2017

Le Vaisseau Fantôme (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 27 décembre 2017

La Bohème (Festival d'Opéra en plein air) jusqu'au 29 décembre 2017

La Damnation de Faust (ms Ruggero Raimondi) jusqu'au 01 février 2018

Le retour d'Ulysse dans sa patrie (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 13 mars 2018

Jérusalem (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 24 mars 2018

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 26 Avril 2017

Wozzeck (Alban Berg)
D’après la pièce de Georg Büchner, Woyzeck

Répétition du 21 et représentation du 26 avril 2017
Opéra Bastille

Wozzeck Johannes Martin Kränzle
Le Tambour-Major Stefan Margita
Andrès Nicky Spence 
Le Capitaine Stephan Rügamer 
Le Médecin Kurt Rydl
Premier compagnon Mikhail Timoshenko
Second compagnon Tomasz Kumiega
Marie Gun-Brit Barkmin
Margret Eve-Maud Hubeaux

Direction musicale Michael Schonwandt                   Gun-Brit Barkmin (Marie) et l'enfant
Mise en scène Christoph Marthaler (2008)
Décors et costumes Anna Viebrock

Œuvre emblématique du mandat de Gerard Mortier lors de son passage mouvementé à la direction de l’Opéra de Paris, la reprise de Wozzeck dans la mise en scène de Christoph Marthaler enracine au répertoire un opéra dur, mais intrinsèquement poignant, qu’il est toujours nécessaire de défendre.

Gun-Brit Barkmin (Marie) et Johannes Martin Kränzle (Wozzeck)

Gun-Brit Barkmin (Marie) et Johannes Martin Kränzle (Wozzeck)

Certes, la conception du régisseur suisse resserre le drame vers une unité de lieu simplement matérialisée par une aire de jeux d’enfants installée dans une usine désaffectée, dont le décor est directement inspiré d’un site réel découvert à Gand, mais cela lui permet de renforcer le sentiment d’abandon et d’enfermement social qui enserre Wozzeck et Marie.

En agent de la sécurité, le malheureux passe de table en table, sur lesquelles la morosité des adultes s’étale, en proie à une folie frénétique et grandissante, folie que Johannes Martin Kränzle extériorise avec une hargne palpable dès la première partie de la pièce, harcelé par les aigus claquants de Stephan Rügamer (le Capitaine), et moqué par les airs bonhommes de Kurt Rydl (le Médecin).

Gun-Brit Barkmin (Marie) et l'enfant

Gun-Brit Barkmin (Marie) et l'enfant

Marie et son fils forment une modeste attache affective, un petit îlot parmi d’autres. Tout le monde est sous le regard de tout le monde. 

La femme de Wozzeck prend, sous les traits de Gun-Brit Barkmin, l’allure d’un être qui s’accroche à la vie en évitant de perdre son attachement à son fils. Un timbre aux accents straussiens subtilement expressif d’une petite âme seule, des inflexions lumineusement écorchées, une clarté perforante, plus de douleur névrosée que de violence, elle renvoie une image de fragilité psychologique qui renforce son humanité. 

Stefan Margita (Le Tambour-Major)

Stefan Margita (Le Tambour-Major)

Très clairement, dans  cette mise en scène, elle ne se livre au Tambour-Major que par faiblesse et nécessité, parce qu’elle n’a pas d’autre issue, et reste donc affectivement liée à Wozzeck. Elle embrasse ce dernier, sincèrement, au son magique d’un déroulé de harpe, peu avant qu’il ne la tue.

Sauvage et d’une agressivité tendue, fascinant air aquilin, le Tambour-Major de Stefan Margita atteint un niveau de stridence terriblement animal, et évoque un griffon fantastique, rebelle et mauvais. Ce n’est pas la séduction d’un personnage que Marthaler veut signifier, sinon une force qui infléchit toute résistance à sa brutalité.

Gun-Brit Barkmin (Marie) et Johannes Martin Kränzle (Wozzeck)

Gun-Brit Barkmin (Marie) et Johannes Martin Kränzle (Wozzeck)

Face à une telle incarnation, Johannes Martin Kränzle fait vivre un Wozzeck particulièrement vrai, avec un mordant qui prend à partie l’auditeur, et qui nous touche profondément lorsqu’il allège sa peine par des expirations soupirantes et si légères.

Acteur total, dont on sent la bonté de son personnage sous sa folie, sa disparition progressive dans l’ombre de la tente noire et ondoyante, au son d’un dernier ‘wasser ist Blut … Blut…’ qui perd son énergie vitale, laisse une trace sensorielle indélébile.

Les musiciens de la scène de bal

Les musiciens de la scène de bal

Paradoxalement, l’Andrès joué par Nicky Spence est encore plus implacable que le Capitaine de Stephan Rügamer dont le timbre est un peu plus tendre.

On reconnait bien évidemment Mikhail Timoshenko, dans le rôle d’un compagnon qu’il défend vaillamment avec des couleurs de velours caractéristiques de ses origines russes, et la Margret élancée d’Eve-Maud Hubeaux qui fait entendre les teintes très sombres que portera Eboli dans le Don Carlos prévu la saison prochaine à l’Opéra de Lyon.

Gun-Brit Barkmin (Marie), Stefan Margita (Le Tambour-Major) et Eve-Maud Hubeaux (Margret)

Gun-Brit Barkmin (Marie), Stefan Margita (Le Tambour-Major) et Eve-Maud Hubeaux (Margret)

Enfin, Michael Schonwandt est un fin coloriste et un artisan du chatoiement orchestral merveilleux comme il le prouve encore ce soir. Et dans Wozzeck, en particulier, il entretient une progression musicale inflexible, une théâtralité somptueuse qui fait ressortir des influences straussiens vrombissantes, un fourmillement sonore hypnotique, et des évanescences de cordes irréelles qui ressortent naturellement d’un fracas épique qui rejoint celui de Prokofiev.

Les enfants

Les enfants

Les chœurs de l’Opéra de Paris, en murmure, et l’enchantement innocent des voix d’enfants de la Maîtrise des Hauts-de-Seine, fixent mystérieusement des ambiances lourdes de sens, et l’on ne peut oublier l’image finale du petit Wozzeck, laissé seul sur le côté par ses camarades, qui laisse deviner que son avenir sera fatalement similaire à celui de son père.

Lire également la présentation de Wozzeck par Gerard Mortier - le 26 mars 2008.

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Publié le 18 Avril 2017

Snégourotchka (Nikolaï Rimski-Korsakov)
Représentations du 15, 17 et 22 avril 2017
Opéra Bastille

Snégourotchka (La Fille de Neige) Aida Garifullina
Lel Yuriy Mynenko
Kupava Martina Serafin
Le Tzar Berendeï Maxim Paster
Mizguir Thomas Johannes Mayer
La Fée Printemps Elena Manistina
Le Bonhomme Hiver Vladimir Ognovenko
Bermiata Franz Hawlata
Bobyl Bakula Vasily Gorshkov
Bobylicka Carole Wilson
L'Esprit des bois Vasily Efimov
Premier Héraut Vincent Morell
Deuxième Héraut Pierpaolo Palloni
Un Page Olga Oussova

Direction musicale Mikhail Tatarnikov
Mise en scène Dmitri Tcherniakov                          
    Yuriy Mynenko (Lel)
Nouvelle Production

Le retour de Nikolaï Rimski-Korsakov sur la scène lyrique de l’Opéra de Paris, 70 ans après la dernière représentation du Coq d’Or, son ultime chef-d’œuvre, est le point de départ d’un élargissement du répertoire parisien aux compositeurs russes moins représentés que Piotr Ilitch Tchaïkovski, Modest Moussorgski et Sergueï Prokofiev.

Ainsi, au cours des prochaines saisons, Dmitri Chostakovitch et Alexandre Borodine, compositeurs respectifs de Katerina Ismailova et Prince Igor, seront portés sur notre scène, et on peut imaginer que Mikhaïl Glinka aura, un jour, les honneurs de l’Opéra National pour son adaptation du poème d’Alexandre Pouchkine, Rouslan et Ludmila.

Aida Garifullina (Snégourotchka)

Aida Garifullina (Snégourotchka)

Troisième des quinze opéras de Rimski-Korsakov, Snégourotchka (La Fille de Neige) est un conte sur le pouvoir de la forêt comme source d’inspiration de l’âme humaine. L’imaginaire des forêts est, en effet, un des sujets forts de la littérature ou du cinéma russe, d'Anton Tchekhov à Andreï Tarkovski, pour ne citer qu'eux.

Pour son adaptation à la scène Bastille, Dmitri Tcherniakov reste fidèle à cet élément naturel indispensable à la vie, et lui dédie un magnifique décor parcellé d’arbres réalistes, chacun ayant une ligne unique, mais qui s’élèvent depuis un sol d’un vert synthétique à l’aspect beaucoup plus factice.

Au creux d’une clairière, des mobil-homes en forme de petites maisonnettes vivement colorées, dont une caravane, abritent la communauté de Bérendeï réunie temporairement en ce lieu.

Snégourotchka (Garifullina-Mynenko-Serafin-Paster-Tatarnikov-Tcherniakov) Bastille

Le prologue, seule partie totalement décalée de son lieu d’origine, ne se déroule pas de nuit en pleine nature, mais dans le couloir d’une école où Dame Printemps raconte une histoire à de jeunes élèves déguisés en oiseaux multicolores. Le chœur des enfants en devient particulièrement attachant lorsqu’il entonne la chanson et la danse des oiseaux en les mimant.

Le metteur en scène relate la rencontre entre la Fille de Neige et cette communauté improvisée à travers de multiples saynètes imaginatives qui imitent le mode de vie supposé des communautés païennes. Vêtements mélangeant jeans, baskets et tenues traditionnelles, l’intrigue est jouée parmi le chœur et les figurants qui évoluent comme s’ils menaient une vie totalement autonome dans cette histoire. Dmitri Tcherniakov trouve ici un moyen talentueux d’animer ce monde en impliquant pleinement le potentiel humain du plateau. 

Elena Manistina (La Fée Printemps)

Elena Manistina (La Fée Printemps)

Les postures sont souvent très drôles et outrées, et ce qu’il décrit est en fait un regard tendre et amusé sur les regroupements spontanés de gens dans le monde entier, tels les Rainbow Gathering, tendance qui traduit un désir de se retrouver, pour un temps, en l’harmonie avec la nature et les autres afin d’échapper à l’uniformisation d’un monde économique et politique oppressant.

Le plus drôle est que le spectacle a une apparence traditionnelle parce que le directeur suit la dramaturgie du livret, alors qu’il est joué comme si les rituels étaient un simulacre. 

Snégourotchka (Garifullina-Mynenko-Serafin-Paster-Tatarnikov-Tcherniakov) Bastille

Cependant, Tcherniakov ne perd en aucun cas les qualités sensibles qui font de lui un délicat portraitiste de la psychologie féminine, et la Fille de Neige paraît, sous la finesse de sa peinture, une émanation de Tatiana et Rusalka, à la fois réservée, émouvante et viscérale. 

Il révèle autant que possible les sentiments des protagonistes, tels ceux du Tsar Bérendeï, devenu un artiste peintre rêvant amoureusement à la Dame Printemps, que ceux de Snégourotchka qui, au final, déclare aimer Mizguir, tout en adressant ses derniers mots et ses derniers regards tendres à Lel qui est, en réalité, son réel amour.

Et Tcherniakov est toujours attentif à cette vérité de sentiments qui paraît prendre à contre-pied l'action au premier degré.

Maxim Paster (Le Tzar Berendeï)

Maxim Paster (Le Tzar Berendeï)

Lel, le berger, est chanté par un contre-ténor, au lieu d'une alto, et est affublé de longs cheveux féminins et d’une barbe qui en font un barde Woodstock traité de la même manière que le berger du Roi Roger dans la mise en scène de Krzysztof Warlikowski, l’illusion de l’amour indifférente aux sentiments de l’autre.

Enfin, l’âme poétique du metteur en scène atteint son paroxysme au début du quatrième acte, lorsque Snégourotchka retrouve sa mère au milieu d’une forêt magnifiée par les ombres changeantes des éclairages nées du double mouvement lent et circulaire de l’ensemble du décor.

Aida Garifullina (Snégourotchka) et Elena Manistina (La Fée Printemps)

Aida Garifullina (Snégourotchka) et Elena Manistina (La Fée Printemps)

Ce spectacle est une réussite non seulement parce qu’il permet de redécouvrir une musique aussi subtile que flamboyante, mais également parce qu’en s’inspirant d’un phénomène social actuel, Tcherniakov le débarrasse d’une imagerie de folklore stéréotypée.

Et bien qu’il utilise un florilège de symboles pour mieux les parodier, tel le coq perché sur un mât de cocagne ou bien la roue de charrue enflammée brandie pour figurer une roue celtique solaire, l’oeuvre se trouve traversée en permanence d’un humour bienveillant qui peut parfois être en léger décalage avec les circonstances du livret – les joueurs de guzla aveugles réunis en cercle et lisant leur texte sur des pancartes tenues à bout de bras par deux individus. 

Snégourotchka (Garifullina-Mynenko-Serafin-Paster-Tatarnikov-Tcherniakov) Bastille

Sous la direction de Mikhail Tatarnikov, chef principal du Théâtre Mikhailovsky de Saint-Pétersbourg, l’orchestre de l’Opéra réussit avec un allant et un éclat rutilants les nombreuses scènes d’ensemble qui le lient au chœur. Ce son souple et moderne prend même une tonalité d’une tendresse bucolique ouatée lorsqu’il accompagne les cavatines du Tsar.

Et, de-ci de-là, les motifs chantant des instruments en solo se profilent dans la solitude de la salle avec une grâce inspirante. L’orchestration ne révèle qu’une seule faiblesse au cours du tableau qui oppose Mizgir à l’Esprit des bois, au troisième acte, car la tension de la confrontation scénique imaginée par Tcherniakov ne se retrouve pas dans la musique gravée à petites touches par Rimski-Korsakov.

Vasily Gorshkov (Bobyl Bakula) et Aida Garifullina (Snégourotchka)

Vasily Gorshkov (Bobyl Bakula) et Aida Garifullina (Snégourotchka)

Les chœurs, joyeusement délurés, parmi lesquels viendront se glisser des figurants nus couronnés de fleurs au cours des danses populaires, chantent avec une âme joyeuse et juvénile, une espérance panthéiste qui se diffuse aussi bien en front de scène que loin depuis les coulisses. Et les jeunes interprètes de la Maîtrise des Hauts-de-Seine, que nous entendons dans le prologue, sont l’image même de la pureté légèrement mélancolique de l’enfance, une apaisante admiration pour l’auditeur.

La distribution, elle, révèle une diversité de caractères vocaux qui font la vie de ce théâtre brillamment mis en scène et en musique. 

Aida Garifullina (Snégourotchka)

Aida Garifullina (Snégourotchka)

Aida Garifullina, charmante et d’apparence si fragile, interprète l’héroïne principale avec un tempérament qui mêle sentiments sombres et morbides et expressions percutantes à l’aigu facile. C’est d’ailleurs la clarté de ce timbre aux accents vulnérables, l’impressionnant contraste entre la force de ses expressions de joie et de souffrance, la puissance du souffle et la simplicité de son être, qui semble parfois comme s’anémier, qui la rendent si touchante.

En Fée Printemps, Elena Manistina figure un personnage grandiloquent à la voix glacée anthracite qui, malgré une telle opposition de couleurs avec Aida Garifullina, la rejoint dans l’harmonie du magnifique arioso du quatrième acte, enveloppé d’une orchestration sublimement raffinée.

Martina Serafin (Kupava)

Martina Serafin (Kupava)

Très crédible en Kupava, Martina Serafin trouve dans ce rôle un excellent support à sa voix franche et terrestre, d’autant plus qu’elle joue avec un peu d’exagération un personnage farouche qui lui convient parfaitement.

Et, en bourgeois sûr de lui qui croit plus en l’argent qu’aux grands sentiments, Thomas Johannes Mayer incarne un Mizguir noir et rustre car son emprise vocale ne se libère plus avec autant d’élégance qu’auparavant.

Yuriy Mynenko (Lel)

Yuriy Mynenko (Lel)

Mais la surprise trouble de ce spectacle est la présence de Yuriy Mynenko, un contre-ténor, dans le rôle de Lel. Le choix de modifier la tessiture de ce personnage incarné habituellement par une alto permet simplement de représenter l’amour de Snégourotchka par un homme, aux traits féminins, afin de ne donner aucune ambiguïté à l’orientation dramaturgique de Tcherniakov.  

Nous sommes bien dans un monde où un faux guide spirituel tente de faire croire aux bienfaits de l’amour libre débarrassé de tout attachement.

Martina Serafin (Kupava) et Yuriy Mynenko (Lel)

Martina Serafin (Kupava) et Yuriy Mynenko (Lel)

Il n’est pas habituel d’entendre ce type de chanteur s’accaparer l’espace Bastille, et c’est pour cela que l’accueil de Yuriy Mynenko est aussi dithyrambique que celui réservé à Aida Garifullina. Les sons baillés et enjôleurs de ce timbre ensorceleur insinuent une supercherie malheureusement insurmontable par la Fille de Neige.

Quant au Tzar Berendeï,  Maxim Paster lui rend une humanité bonhomme et suave sans pour autant réduire son autorité naturelle, car son chant a une poésie sincère et immédiate.

Thomas Johannes Mayer (Mizguir )

Thomas Johannes Mayer (Mizguir )

Présents que pour de courts tableaux, le Bonhomme Hiver de Vladimir Ognovenko, inusable basse qui porte en lui-même une émanation slave évidente, l'Esprit des bois ferme et bienveillant de Vasily Efimov, et la personnalité imparable de Vasily Gorshkov en Bobyl Bakula ajoutent des caractères forts à cet ensemble de portraits pittoresques.

Alors pourquoi Snégourotchka ne peut que mourir ? Entre le désir possessif de Mizguir et la fascination pour l’image idéalisée d’un bon à rien tel que Lel, elle ne peut concrétiser un amour véritable et total, ce qui la condamne à disparaître.

Aida Garifullina et Dmitri Tcherniakov

Aida Garifullina et Dmitri Tcherniakov

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Publié le 10 Avril 2017

Jupiter, Io, Ganymède, Europe, Callisto, et, en bas à gauche, la petite étoile double Theta Virginis - HIP 64238 A, le lundi 10 avril 2017 à 22h18 Heure locale de Paris

Jupiter, Io, Ganymède, Europe, Callisto, et, en bas à gauche, la petite étoile double Theta Virginis - HIP 64238 A, le lundi 10 avril 2017 à 22h18 Heure locale de Paris

Lundi soir, dans les lumières éblouissantes de la pleine Lune, Jupiter accompagne l'astre Sélène à moins de deux degrés de distance apparente, alors que la planète géante est également au plus près de la Terre à moins de 670 millions de kilomètres d'elle.

Avec un simple zoom, il devient possible d'identifier les 4 plus gros de ses satellites, tous alignés, à cette heure là, sur le même flanc de sa surface.

Io, Ganymède, Europe et, au plus loin, Callisto, forment un filet de perles en mouvement perpétuel autour de leur planète.

La Pleine Lune et Jupiter le lundi 10 avril 2017 à 22h18 heure locale de Paris

La Pleine Lune et Jupiter le lundi 10 avril 2017 à 22h18 heure locale de Paris

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Rédigé par David

Publié dans #Astres

Publié le 8 Avril 2017

En préparation de la nouvelle production de Don Carlos qui sera donnée l'automne prochain sur la scène de l'Opéra Bastille, dans sa version originale des répétitions parisiennes de 1866, afin de célébrer les 150 ans de sa création, cet article est une réécriture plus précise et complète de l'article Du Don Carlos de Paris (1866) au Don Carlo de Modène (1886) rédigé en 2007 sur le même sujet.

Don Carlos est l'une des oeuvres qui a connu le plus de remaniements dans l'histoire de l'opéra.

Giuseppe Verdi travailla sur ce projet commandé par l'Opéra de Paris pour l'exposition universelle de 1867, sur la base d'un scénario qu'il reçut en juillet 1865.

Il composa la musique entre 1865 et 1867, à partir d'un livret français de Joseph Méry et Camille du Locle. Toutefois, en 1872, il procéda aux premières retouches de la partition.

C'est, par la suite, à partir de 1882 qu'il révisa considérablement son chef d'oeuvre avec la collaboration de Charles Nuitter, chargé de retravailler le livret en langue originale française.

Les Versions de Don Carlos des répétitions parisiennes de 1866 à la version d'Antonio Pappano de 1996

Il existe au moins cinq versions bien identifiées de Don Carlos (Don Carlo pour les traductions en italien), et le présent article a pour objectif de rendre compte le plus clairement possible de l’ampleur des changements qui l'ont traversé. On distingue principalement :

- La version parisienne en cinq actes des répétitions parisiennes de 1866

- La version parisienne en cinq actes de la première représentation du 11 mars 1867

- La version napolitaine en cinq actes du 02 décembre 1872, traduite en italien

- La version milanaise en quatre actes du 10 janvier 1884, traduite en italien

- La version de Modène en cinq actes du 29 décembre 1886, traduite en italien

A cette époque, la version parisienne des répétitions ne fut jamais jouée publiquement dans sa totalité, mais elle fut traduite intégralement en italien par Achille de Lauzières, dès 1866.

Une version fut ainsi créée le 4 juin 1867 au Covent Garden de Londres à partir de la traduction italienne d' Achille de Lauzières, avec la suppression de l'Acte I et du ballet, et l'ajout de multiples remaniements qui anticipèrent de fait les décisions que Giuseppe Verdi prendra dès 1882. Mais elle était loin d'être satisfaisante.

La version parisienne du 11 mars 1867, traduite en italien, eut finalement un accueil triomphal à Bologne le 27 octobre 1867.

Quant à la version de Naples, elle comportait principalement un ajout au duo Philippe / Rodrigue sur la base de nouveaux vers directement écrits en italien par Antonio Ghislanzoni.

Le graphique qui suit représente de manière synthétique le découpage en actes des 5 principales versions de Don Carlos (1866, 1867, 1872, 1884 et 1886), auxquelles est ajoutée celle que créa Antonio Pappano au Théâtre du Châtelet le 01 mars 1996, sous la direction de Stéphane Lissner. Cette dernière version composite est principalement basée sur les versions parisiennes de 1866 et 1867, mais incorpore également des éléments écrits pour les versions de 1872 et 1884.

Le fond orange désigne les passages écrits en 1866 et non modifiés à la création de 1867

Le fond rose clair désigne les passages écrits en 1866 qui disparurent dès le 11 mars 1867

Le fond vert désigne le ballet qui n'apparut qu'à partir de la répétition du 24 février 1867

Le fond gris désigne les passages qui furent réécrits pour la version de Naples (1872)

Le fond rouge désigne les passages qui furent coupés pour la version de Naples (1872)

Le fond rouge foncé désigne les passages qui furent réécrits pour la version de Milan (1884)

Le fond bleu désigne les passages totalement nouveaux dans la version de Milan (1884).

Le fond bleu ciel est utilisé pour les coupures de la version Pappano de 1996

Les Versions de Don Carlos des répétitions parisiennes de 1866 à la version d'Antonio Pappano de 1996
Les Versions de Don Carlos des répétitions parisiennes de 1866 à la version d'Antonio Pappano de 1996
Les Versions de Don Carlos des répétitions parisiennes de 1866 à la version d'Antonio Pappano de 1996
Les Versions de Don Carlos des répétitions parisiennes de 1866 à la version d'Antonio Pappano de 1996
Les Versions de Don Carlos des répétitions parisiennes de 1866 à la version d'Antonio Pappano de 1996

La version la plus complète sur le plan dramaturgique est celle de 1866. Elle comprend huit passages qui seront supprimés au cours des dernières semaines précédant la première représentation du 11 mars 1867. Parmi ces passages on relève :

- La rencontre d’Elisabeth et des bûcherons dans la forêt de Fontainebleau (Acte I)

- L'air 'J'étais en Flandres' de Rodrigue (Acte II) lors de ses retrouvailles avec Don Carlo

- Un passage du duo de Philippe et Rodrigue (Acte II)

- Une brève reprise du choeur du début de l'Acte III où sera inséré le ballet 'La Pérégrina'

- Le duo Elisabeth et Eboli 'J’ai tout compris' (Acte IV) où Eboli avoue à Elisabeth sa liaison avec le roi.

- Le duo Philippe II et Don Carlo 'Qui me rendra ce mort'  (Acte IV)

- Un échange entre Elisabeth et Eboli au cours de l'émeute (fin Acte IV)

Durée approximative : 3H45

 

La version parisienne officielle est celle de la première du 11 mars 1867.

Selon les conventions de l'époque, la création devait inclure un ballet.

Verdi compensa les airs supprimés depuis les répétitions par l’ajout de deux passages :

- Une brève introduction du choeur des chasseurs (Acte I)

- Le Ballet de la Reine (Acte III)

L’émeute finale de l’acte IV fut par ailleurs abrégée, et totalement supprimée dès la seconde représentation.

Durée approximative : 3H40. C’était encore trop long, et quelques coupures supplémentaires (l'émeute de la fin de l'Acte IV) eurent lieu dès la seconde représentation pour permettre aux parisiens de rentrer sûrement chez eux le soir.

 

La nouvelle version réécrite par Giuseppe Verdi et Charles Nuitter, traduite en italien par Angelo Zanardini, est celle de 1884

A plus de 70 ans, Verdi dédia en effet à Milan une version en 4 actes.

Par rapport à la version parisienne de 1867, les passages suivants furent supprimés :

- L’Acte I de Fontainebleau

- L’introduction et les chœurs de l’Acte III devenu Acte II

- Le ballet de la Reine (Acte III devenu Acte II)

Les passages suivants furent alors réécrits avec une meilleure expressivité musicale :

- Le duo Rodrigue et Don Carlo (Acte II devenu Acte I)

- Le duo Philippe II et Rodrigue (Acte II devenu Acte I)

- La scène et quatuor dans le bureau du roi (Acte IV devenu Acte III)

- Le duo Elisabeth/Eboli (Acte IV devenu Acte III) supprimé en 1867 et partiellement rétabli.

- La scène d’émeute (Fin Acte IV devenu Acte III) supprimée après la première de 1867

- Le duo Don Carlo et Elisabeth (Acte V devenu Acte IV)

- L’intervention de Philippe II et de l’Inquisiteur (Acte V devenu Acte IV)

Les passages suivants, totalement nouveaux, furent enfin créés pour cette version :

- La romance de Don Carlo (Acte I, ancien Acte II),  inspirée de l'air 'Je l'ai vue' du premier acte de la version parisienne, qui rappelle les événements survenus au cours de l’acte de Fontainebleau dorénavant supprimé.

- Le prélude de l’Acte II (ancien Acte III)

Durée approximative : 3H00

 

La version 5 actes en italien, basée sur la version de Milan, est celle de Modène (1886)

Verdi n’y a pas participé.

Cette version restaure, à la version de Milan 1884, l’acte I de Fontainebleau tel qu’il fut écrit en 1867 et traduit en italien. La Romance de Don Carlo (Acte II) est de fait supprimée et le récitatif 'Au couvent de St-Just' rétabli.

Durée approximative : 3H20

Discographie/Filmographie

La version studio de référence du Don Carlo de Modène (1886)  est celle dirigée par Solti (1966 chez Decca) avec Carlo Bergonzi, Renata Tebaldi, Nicolai Ghiaurov, Dietrich Fischer-Dieskau, Grace Bumbry, Martti Talvela.

 

 

Insurpassé depuis plus de 40 ans!

 

 

La version live de référence du Don Carlos Parisien est celle dirigée par John Matheson (1976 chez Ponto, puis Opera Rara) avec Joseph Roleau, Andrée Turp, Robert Savoie, Richard Van Allen, Edith Tremblay, Michèle Vilma.

Des chanteurs inconnus mais très engagés.

Les actes I, II, IV et V sont ceux de 1866 mais l’acte III (avec le ballet) est celui de 1867.

C’est donc la version parisienne la plus complète qui soit!

En 1993, James Levine enregistre en studio (Sony) une version de Modène inédite.

Avec la traduction du Ier acte de 1866 (et non plus 1867) nous avons ici une version révisée en italien.

Michael Sylvester, Dolora Zajick et Samuel Ramey y sont par ailleurs excellents, mais Ferruccio Furlanetto est encore un peu trop jeune pour Philippe II.

15 ans plus tard à Paris, le constat est clair : c'est l'un des plus grands interprètes actuels de Philippe II.

En 1996, le Châtelet monte la version parisienne avec un casting prestigieux (Karita Mattila, Roberto Alagna, Thomas Hampson, Jose van Dam, Waltraud Meier) sous la direction d'Antonio Pappano.

A y regarder de plus près, cette version est un peu trafiquée. C'est une version basée sur celle de 1866, mais avec le premier acte de 1867 et de nombreuses coupures et retouches à partir du texte français des versions de Naples et Milan.

 

Le DVD est un achat obligatoire rien que pour la beauté de l’ensemble.

 

Le 25 octobre 1970, le Staatsoper de Vienne lâche sur scène Franco Corelli, Gundula Janowitz, Shirley Verrett, Eberhard Waechter et le duo Inquisiteur/Philippe II du siècle : Martti Talvela/Nicolai Ghiaurov.

Sous la direction de Horst Stein, la version IV actes de 1884 trouve une interprétation intense dans un son live très correct (stéréo) qu'au moins 5 labels proposent à l'écoute (Rodolphe, Myto, Opera d'Oro, Gala, Orfeo d'Or).

 

Pour aller plus loin, revenir à la rubrique Histoire de l'Opéra

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Publié le 31 Mars 2017

TV-Web Avril 2017 - Lyrique et Musique

Chaînes publiques

Dimanche 02 avril 2017 sur France 3 à 00h40
Le Médecin malgré lui (Gounod) - ms Pelly - dm Woodbridge
Leguérinel, Tilquin, Barbeyrac, Mhamdi

Dimanche 02 avril 2017 sur Arte à 12h40
Bach - Nemanja Radulovic, Ensemble Double Sens

Lundi 03 avril 2017 sur Arte à 00h45
Comment Bach a vaincu Mao - Film de Paul Smaczny

Sur la première tournée de la pianiste Zhu Xiao-Mei, déportée sous Mao pour son amour pour Bach

Lundi 03 avril 2017 sur France 3 à 02h15
Le Roi Carotte (Offenbach) - ms Pelly - dm Aviat
Boulianne, Beuron, Bou, Dennefeld, Mortagne, Grappe

Dimanche 09 avril 2017 sur Arte à 12h15
Cantates de Bach et Telemann - Jaroussky

Lundi 10 avril 2017 sur Arte à 00h20
Passion selon Saint Matthieu (Bach) - ms Castellucci - dm Nagano
Sly, Bostridge, Lee, Gansch, Lang, Richteragano


Lundi 10 avril 2017 sur Arte à 03h15
Les variations Goldberg par Alexandre Tharaud

Dimanche 16 avril 2017 sur France 3 à 00h30
Doctor Atomic (Adam) - ms Childs - dm Davin

Henschel, Bork, Miller, Grevelius

Dimanche 16 avril 2017 sur Arte à 11h35
Concerto pour violon. Danses Slaves (Dvorak)
Concerto pour orchestre (Bartok) - Batiashvili - dm Rattle

Lundi 17 avril 2017 sur Arte à 00h45
Sonates et partitas pour violon seul (Bach)

Lundi 17 avril 2017 sur Arte à 20h50
Tosca (Puccini) - Baden Baden - ms Himmelmann - dm Rattle
Opolais, Alvarez, Nikitin

Jeudi 20 avril 2017 sur Arte à 02h55
Francesco Vezzoli et Rufus Wainwright

Vendredi 21 avril 2017 sur France 2 à 00h00
Légende d'Arménie (Khatchaturian, Aprikian, Prokofiev) - dm Altinoglu

Abrahamyan, Grigorian, Witholt

Dimanche 23 avril 2017 sur Arte à 12h15
Festival international de chambre de Jérusalem

Vendredi 28 avril 2017 sur France 2 à 00h00
Concert d'inauguration de la Seine musicale

Dimanche 30 avril 2017 sur France 3 à 00h30
La Traviata (Verdi) - ms Dombasle - dm Gravouin

Philiponet, Camps, Ruggiero, Natale

Dimanche 30 avril 2017 sur Arte à 22h50
Lohengrin (Wagner) - dm Thielemann- ms Mielitz

Beczala, Netrebko, Herlitzius, Konieczny


Mezzo et Mezzo HD

Samedi 01 avril 2017 sur Mezzo à 20h30
Riccardo Muti dirige Otello de Verdi à Salzbourg

Dimanche 02 avril 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Alcina de Haendel à la Monnaie de Bruxelles

Mercredi 05 avril 2017 sur Mezzo à 20h30
Cadmus et Hermione de Lully à l'Opéra Comique

Vendredi 07 avril 2017 sur Mezzo HD à 21h00
Hamlet de Thomas dirigé par Marc Minkowski à la Monnaie de Bruxelles

Samedi 08 avril 2017 sur Mezzo à 20h30
Don Giovanni de Mozart au Théâtre des Champs-Elysées

Dimanche 09 avril 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Le Vaisseau fantôme de Wagner au Teatro Real de Madrid

Mercredi 12 avril 2017 sur Mezzo à 20h30
Platée de Rameau à 'Opéra Comique

Jeudi 13 avril 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Rigoletto de Verdi au Liceu de Barcelone

Samedi 15 avril 2017 sur Mezzo à 20h30
Falstaff de Verdi dirigé par Daniele Gatti à l'Opernahaus de Zurich

Dimanche 16 avril 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Lulu d'Alban Berg à la Monnaie de Bruxelles

Mercredi 19 avril 2017 sur Mezzo à 20h30
Castor et Pollux de Rameau au Théâtre des Champs-Elysées

Vendredi 21 avril 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Alcina de Haendel à la Monnaie de Bruxelles

Samedi 22 avril 2017 sur Mezzo à 20h30
La Veuve Joyeuse de Lehár avec Renée Fleming au Metropolitan Opera

Dimanche 23 avril 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Don Giovanni de Mozart à la Monnaie de Bruxelles

Mercredi 26 avril 2017 sur Mezzo à 20h30
I Capuleti e I Montecchi de Bellini à la Fenice de Venise

Vendredi 28 avril 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Manon Lescaut de Puccini à la Monnaie de Bruxelles

Samedi 29 avril 2017 sur Mezzo à 20h30
Aida de Verdi aux Arènes de Vérone

Dimanche 30 avril 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Macbeth de Giuseppe Verdi au Gran Teatre del Liceu de Barcelone

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Concert Arte

Il Giasone (Grand Théâtre de Genève) - ms Sinigaglia

Capriccio (Théâtre de la Monnaie) - ms  Marton

Norma (Teatro Real de Madrid) - ms Davide Livermore

L'Orfeo (Opéra de Lausanne) - ms Robert Carsen

"Kalila Wa Dimna" de Moneim Adwan au Festival d'Aix-en-Provence

Benvenuto Cellini (Opera d'Amsterdam) - ms Gilliam

La petite renarde rusée (Théâtre de la Monnaie) - ms  Coppens

 

Sur Operaplatform, Culturebox etc...

La descente aux Enfers d'Orphée (OPERA2DAY) jusqu'au 02 avril 2017

Les Stigmatisés (Opéra de Lyon) jusqu'au 06 avril 2017

Sancta Susanna (Opéra de Lyon) jusqu'au 06 avril 2017

Von Heute auf Morgen (Opéra de Lyon) jusqu'au 06 avril 2017

Madame Butterfly (Théâtre de la Monnaie) jusqu'au 07 avril 2017

Eliogabalo (Opéra National de Paris) jusqu'au 08 avril 2017

Manon Lescaut (Aubert) - Opéra Royal de Wallonie jusqu'au 17 avril 2017

La Bohème - Teatro Regio jusqu'au 20 avril 2017

 

Goplana - Polish National Opera jusqu'au 02 mai 2017

The Nose - Covent Garden jusqu'au 08 mai 2017

Les Contes d'Hoffmann (Opéra National de Paris) jusqu'au 22 mai 2017

 

Les perles de Cléopâtre (Komische Oper Berlin) jusqu'au 02 juin 2017

L'Amico Fritz - Teatro de la Fenice jusqu'au 03 juin 2017

Le Coq d'Or (La Monnaie de Bruxelles) jusqu'au 22 juin 2017

La Bohème - Opera de Liège jusqu'au 24 juin 2017

Nowark - Space Opera (Opéra de Poznan) jusqu'au 02 août 2017

Werther (Opéra de Metz) jusqu'au 08 août 2017

King Arthur (Staastoper Berlin) jusqu'au 18 août 2017

Fantasio (Opéra Comique - Théâtre du Châtelet) jusqu'au 23 août 2017

Tannhäuser (Opéra de Monte-Carlo) jusqu'au 01 septembre 2017

Arsilda (Opéra de Bratislava) jusqu'au 14 septembre 2017

La Cenerentola (Opéra de Lille) jusqu'au 20 octobre 2017

Nabucco (Opera Royal de Wallonie) jusqu'au 27 octobre 2017

Aquagranda de Filippo Perocco (Teatro La Fenice) jusqu'au 14 novembre 2017

Le Requiem de Mozart (Philharmonie de Paris) - dm rené Jacobs - jusqu'au 26 novembre 2017

Don Giovanni (Opéra de Liège) jusqu'au 23 novembre 2017

Le Vaisseau Fantôme (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 27 décembre 2017

La Bohème (Festival d'Opéra en plein air) jusqu'au 29 décembre 2017

La Damnation de Faust (ms Ruggero Raimondi) jusqu'au 01 février 2018

Le retour d'Ulysse dans sa patrie (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 13 mars 2018

Jérusalem (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 24 mars 2018

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique