Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /2008 17:45

Dimanche 31 août 2008 sur Arte à 20h40

Ludwig ou le Crépuscule des Dieux (1ère partie)

Film de Luchino Visconti avec Helmut Berger et Romy Schneider

 

Dimanche 31 août 2008 sur Arte à 22h30

Documentaire. Bayreuth, La Colline Sacrée

Histoire, témoignages, entretiens... Wolfgang Wagner, Christian Thieleman, ...

 

Lundi 01 septembre 2008 sur Arte à 21h00

Ludwig ou le Crépuscule des Dieux (2ième partie)

Film de Luchino Visconti avec Helmut Berger et Romy Schneider

 

Lundi 01 septembre sur Arte à 22H55

Puccini: Turandot. Chen Kaige, mise en scène. Zubin Mehta, direction musicale

Enregistré à Valence (Espagne) en mai 2008
Maria Guleghina, Javier Agulló, Alexánder Tsimbaliuk, Marco Berti, Alexia Voulgaridou.

 

Mardi 02 septembre sur France 2 à 00H55

Verdi : Rigoletto (Vienne 1983, direction Chailly)

Ingvar Wixell, Luciano Pavarotti, Ferruccio Furlanetto, Edita Gruberova

 

Dimanche 07 septembre 2008 sur Arte à 19h00

Concert. Mozart: concerto pour 2 pianos et orchestre. Aimard, Stefanovich

Réalisation : Andy Sommer. Coproduction : ARTE, Bernhard Fleischer Moving Images (2008, 43mn)

Lundi 08 septembre 2008 sur TF1 à 02h10

Dvorak : Rusalka

Enregistré à l'Opéra Bastille en 2002

Avec Renée Fleming, Sergei Larin, Larissa Diadkova, Franz Hawlata

Dimanche 14 septembre 2008 sur France 3 à 01h45
Malher : Symphonie n°2
Orchestre de Paris, direction Eschenbach avec S. Saturova, M. Fujimura, Ph. Aïche

Dimanche 14 septembre 2008 sur Arte à 19h00 (durée 90mn)

Concert. Rachmaninov: Concerto pour piano n°2. Grimaud, Abbado (Lucerne, 2008)

La Tempête, fantaisie symphonique en fa mineur op. 18 de Piotr Ilitch Tchaïkovski,

le Deuxième Concerto pour piano et orchestre en ut mineur op. 18 de Sergei Rachmaninov et L’Oiseau de feu, suite pour orchestre d’Igor Stravinski.

Lundi 15 septembre
 2008 à 01H35 sur TF1 (durée 185 mn)
Guillaume Tell de Rossini

Opéra Bastille, mise en scène Francesca Zambello
Hasmik Papian, Thomas Hampson, Marcello Giordani        Direction B.Campanella

Lundi 15 septembre 2008 sur Arte à 22h30 (durée 55mn)

Ballet. Body Remix. Jean-Sébastien Bach: Les variations Goldberg

Compagnie Marie Chouinard


Mardi 16 septembre 2008 sur France 2 à 01h30

Sylvia (Delibes)

Corps de ballet et orchestre de l'Opéra National de Paris (2005)

 

Samedi 20 septembre 2008 sur France 3 à 00H20

Le sacre du printemps (Stravinsky)

Direction Danièle Gatti

 

Dimanche 21 septembre 2008 sur France 3 à 01h05

Festival d'Ambronay : Messe de Salieri et Requiem de Mozart

Direction Daniel Cuiller

 

Dimanche 21 septembre 2008 sur Arte à 19h00

Concert. Gustavo Dudamel joue Ravel et Ginestra (Lucerne 2007)

 

Mardi 23 septembre sur France 2 à 00H55

Strauss : Arabella (Châtelet 2002)

Karita Matilla, Barbara Bonney, Thomas Hampson


Mardi 30 septembre 2008 sur Arte à 20H00

Verdi : Traviata (en direct de la gare de Zürich)

Le plus naturellement du monde, les artistes lyriques évolueront parmi les passants grâce à un complexe dispositif : près d'une quinzaine de caméras.

Avec Eva Mei, Vittorio Grigolo, Angelo Veccia

 

Par David - Publié dans : TV Lyrique
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Mardi 26 août 2008 2 26 /08 /2008 18:10

West-Eastern Divan Orchestra

Concert du 25 août 2008 à la salle Pleyel

 

Variations op. 31, de Schoenberg

Ier acte de la Walkyrie

 

Siegmund Simon O'Neill

Sieglinde Waltraud Meier

Hunding René Pape

 

Direction Daniel Barenboim

 

Nul doute que les variations de Schoenberg n’étaient pas le clou de la soirée, pourtant force est de constater que cette musique est réellement inspiratrice tant elle donne le sentiment de décrire une action complexe faite d’intenses séquences, un peu à la manière des films d’Hitchcock, et d’ambiances plus frivoles, flûte et clarinette souplement libérées.


                    Waltraud Meier (Sieglinde)



Très intéressante ouverture de la Walkyrie, tendue et plutôt sèche, qui s’ouvre sur un univers où les multiples ondes orchestrales s’entrelacent admirablement sous la direction efficace de Daniel Barenboim mais tout en laissant les cuivres à des éclats un peu plus pâles.

 

L’ impressionnant Hunding de René Pape emplit la salle entière en toute facilité, et le valeureux Siegmund de Simon O’Neill, voix bien dirigée, très claire et souple donne un côté saillant plus proche du guerrier héroïque que de l’amoureux romantique.

 

Seulement Waltraud Meier est toujours aussi épatante, crédible même en version concert, passant de la résignation au ravissement extatique d’une manière belle à pleurer car rien ne trahit la moindre faiblesse après tant d’années d’engagement scénique. Ces moments là comptent, et nous le savons.

 

Après ce premier concert parisien de la saison, parisien mais pas avec la superficialité de certains concerts qu’il est parfois vital de fuir, Daniel Barenboim profite de la fin de la tournée estivale du West-Eastern Divan Orchestra pour rappeler que c’est aujourd’hui un des rares cadres qui permette à ces musiciens du Moyen Orient de se rencontrer, politiquement inacceptable dans cette région.

 

Le West-Eastern Divan Orchestra, Simon O'Neill, Daniel Barenboim, Waltraud Meier
 
Mais qui peut croire aujourd’hui que la politique est l’art d’améliorer le cadre de vie des peuples de manière équitable, et qui peut croire réellement que les citoyens des sociétés occidentales ont sincèrement cette motivation?
 

Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
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Dimanche 24 août 2008 7 24 /08 /2008 09:20

Le 29 mars 2006, l’éclipse de soleil qui surplombait la Libye s’était achevée sur la pointe nord de la Mongolie au moment du coucher des deux astres.

 

Et bien un peu à la manière d’un passage de relais, la Mongolie est devenu la nouvelle destination pour observer l’éclipse de soleil du 01 août 2008.

 

L’éclipse n’est bien sûr qu’un prétexte, une motivation supplémentaire pour se rendre dans une région peu connue et compléter notre mémoire d'une nouvelle vision humaine.


Photomontage de l'éclipse de soleil du 01 août 2008. 10 minutes séparent chaque phase du chapelet.       La protubérance en bas à droite est visible partiellement faute d'une photo du 3ième contact.

 

La première vision a de quoi surprendre car une fois passé le spectacle des tristes blocs soviétiques que les nouvelles constructions de verre viennent petit à petit remplacer, une évidence s’impose : la population d’Ulan Bator est maintenant embarquée dans le flot de la société de consommation, le concert de klaxons ne s’arrête jamais, et même les enseignes françaises se distinguent parmi les affiches invitant à la célébration de Ghengis Khan, un guerrier ! Mais peut être ce culte traduit-il surtout l’attente d’une direction ?

 

Vient alors la seconde vision depuis un avion de ligne intérieure, celle des steppes vertes où s’éparpillent les yourtes, puis les dunes de sables avant d’atterrir à Khovd point d’entrée vers les steppes montagneuses de l’Altaï Mongol.

 

Camp de yourtes au bord du Lac Noir (Khar Nuur), site de l'éclipse.

 

En remontant vers la province de Bayan-Olgiy, à l’extrême nord ouest, c’est vers un tout autre peuple que nous nous dirigeons.

Car pas moins de 100.000 Kazakhs à la culture nomade et de religion musulmane vivent ici.

Les visages des jeunes n’expriment que curiosité et sympathie, les enfants conduisent crânement leurs chevaux dés l’âge de 5 ans et tout respire le naturel, sans artifice.

 

Coucher de soleil sur les sommets de Chine, paysage que l'ombre de la Lune parcourera le lendemain.


Arrivés sur le camp de yourtes de Khar Nuur (le Lac Noir) à 100kms sud-ouest d’Olgiy, nous dénichons au coucher du soleil un site d’observation de l’éclipse depuis un petit col situé à 2600m.

L’horizon est dégagé sur 40 Kms à l’ouest vers les montagnes chinoises.

Lors de ce moment magnifique, deux très jeunes cavaliers s’approchent, s’arrêtent pour nous observer en silence, puis reprennent indifféremment leur balade.

 

Jeunes cavaliers participant à une course de chevaux.

 

Le lendemain c’est jour de fête. Aux courses de chevaux succèdent les compétitions de tir à l’arc, pas sûr que l’éclipse ne suscite plus d’intérêt chez la population.

En fin de journée, le soleil surplombe l’horizon à une trentaine de degrés dégagé de toute nébulosité.

Le grand spectacle commence par la perte des premiers degrés de température, la variation de luminosité qui accroît étrangement les contrastes puis l’arrivée dramatique de l’ombre de la lune.

 

Le diamant. ISO 100, Focale 432mm, vitesse 1/500s, ouverture 5.6 (Panasonic Lumix DMC-FZ8).

 

Couronne solaire. ISO 100, Focale 432mm, vitesse 1/20s, ouverture 3.3 (Panasonic Lumix DMC-FZ8).


Au nord ouest, les sommets de plus de 3500m disparaissent, les nuages blancs s'assombrissent, le diamant scintille et l’élégante couronne solaire accompagnée de Mercure et Vénus surgit dans un ciel anthracite tandis que l’horizon s’illumine de couleurs dans toutes les directions.

De 28°C il ne reste plus que 20°C et même 17°C après la phase de totalité avant que la température ne commence à remonter une demie heure plus tard pour se stabiliser à 23°C et retomber avec le coucher du soleil.

 

Paysage et totalité. ISO 100, Focale 36mm, vitesse 1/6s, ouverture 3.2 (Panasonic Lumix DMC-FZ8).       Mercure surplombe la couronne solaire. La forme elliptique de l'ombre à l'horizon est nettement visible, le soleil n'étant qu'à une hauteur de 25°.

 

Afin de profiter de ces 2 minutes et des poussières, le temps dédié aux photographies est volontairement réduit. Ce moment a nécessité une préparation rigoureuse de la mise au point, une estimation précise des temps de poses et des ouvertures nécessaires pour ne pas avoir à réfléchir dans le feu de l’action.

Indubitablement, une éclipse au dessus d’un paysage grandiose quand le soleil et l’horizon sont dans le même champ de vision (25° ce soir là) est d’une force impressive supérieure à des conditions où le phénomène se produit vers midi, proche du zénith.


Spectaculaire coucher de soleil sur le lac Hoton.

 

Le plaisir de cet instant est accru par le fait que les statistiques météorologiques pour le lieu ont été contredites (55% de chance d’avoir un ciel couvert) et maintenant la suite du voyage va nous amener encore plus loin dans cette zone extrême de la Mongolie en longeant la frontière chinoise le long du lac Hoton jusqu’au glacier Potanin d’abord en Oaz (4x4 russes) puis à pied accompagnés de chevaux et chameaux.

 

 Souslik                                                                                    Gerboise mongole.

 

Les sousliks (écureuils terrestres) et gerboises mongoles avertissent leurs compagnons sur notre passage, les oiseaux migrateurs viennent parfois noircir le ciel du soir sur nos têtes, la nécessaire adaptation à cette nature sauvage s’opère.

Bien sûr il va falloir batailler avec les moustiques mais ce petit inconvénient s’oublie face à l’émotion d’un bain au milieu du lac Hoton (au moins 17°C malgré les 2000m d’altitude) où dans les ruisseaux vivifiants.

 

Edelweiss et Gentianes, flore de Mongolie adaptée à des altitudes de plus de 3000m.

 

Les Edelweiss abondent, la végétation s’enrichit à 3000m et jusqu'à l’arrivée au pied de cette extraordinaire langue glacière qui dévale au milieu des sommets de plus de 4000m.

 

Le glacier Potanin.

 

En grimpant sur le flanc sud d’une falaise nous découvrons l’étendue de l’Altaï russe jusqu’au Belukha (4506m), heureusement sans personne pour nous demander notre visa.

Il nous faudra ensuite 3 jours pour quitter cette région qui peut connaître les conditions les plus difficiles pour retrouver Khovd puis rejoindre Ulan Bator.

 

Le massif du Beluka vu depuis la frontière russe.

 

L’inconfort des pistes mongoles (ce qui n’est pas une surprise dans les endroits peu peuplés) suggère que la Mongolie est un pays qui se découvre à cheval.

Peu de chance qu’une éclipse soit la motivation principale pour revenir car la prochaine à s’y produire surviendra en août 2063 après deux éclipses annulaires en 2041 et 2057.

 

        Trajectoires des éclipses totales (bleu) et annulaires (rouge) sur la Mongolie au XXI ième siècle.

 

Quand à la réplique de cette éclipse, il suffira de se rendre dans le nord de l’Espagne le 12 août 2026 pour l’observer en soirée.


Le site de
Sylvain Rivaud fournit d’autres photos et commentaires sur l’éclipse de Mongolie.

  

 

Par David - Publié dans : Astres
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Vendredi 22 août 2008 5 22 /08 /2008 11:34



Pays très peu documenté et pourtant le plus proche de la culture européenne de toute l’Amérique latine, le Chili mérite de retrouver le rayonnement que l’épisode Pinochet lui a fait perdre.

Le film de Carmen Castillo « Rue Santa Fe » n’occulte aucune zone d’ombre de cette période mais en s’achevant sur une espérance nouvelle il donne à ce pays fabuleux une ouverture pour révolutionner la discrétion de sa mentalité.

 

Pourquoi les conditions d’observation au Chili sont-elles uniques ?

 

C’est donc l’occasion de s’y rendre pour révéler une de ses facettes peu connue; terre d’accueil des astronomes du monde entier, le Chili dispose de conditions exceptionnelles pour l’observation du ciel toutes réunies dans la partie nord du pays.

Jugez plutôt :

 

1. très faible couverture nuageuse (95% de nuits dégagées). Le désert d’Atacama est le plus aride au monde et certaines régions n’ont jamais connu la pluie.

2. réduction de l’épaisseur atmosphérique (25% à 2500m d’altitude et près de 50% à 5000m) ce qui permet de réduire le taux d’humidité, l’eau étant un filtre pour le rayonnement infrarouge et visible.

3. faible turbulence atmosphérique grâce à la proximité de la mer. L’océan joue un rôle de régulateur thermique ce qui limite fortement la force du vent. Sans cela, tout aussi performant que soit un instrument, son pouvoir de résolution serait limité par les mouvements de l’air.

4. faible pollution lumineuse bien que les lumières de La Serena commencent à se voir depuis l’observatoire de La Silla.

 

Quelles questions les Astronomes cherchent-ils à éluder ?

 

Il n’est évidemment pas possible en un seul article de rendre compte de tous les aspects d’un voyage au Chili qui a duré trois semaines et où les volets humains, botaniques, géologiques et animaliers y ont eu une place très importante.

Le point de vue proposé est de montrer certains des instruments rencontrés qui permettent aux astronomes de chercher les réponses à des questions qui dépassent notre imagination :

1. Comment les planètes se sont-elles formées ?

2. Comment la vie s’est-elle développée sur Terre et est-elle répandue dans tout l’Univers ?

3. Comment les Galaxies se sont-elles formées ?

4. Que sont la matière et l’énergie sombres ?


Grand et Petit Nuages de Magellan (tels que visibles à l'oeil nu) 
 


Direction donc pour la région d’Antofagasta où deux 4x4 attendent les amis du Club Eclipse prêts pour rejoindre deux instruments professionnels : le Very Large Telescope européen et le Radiotélescope ALMA en cours de construction.

 

 
Le VLT (Very Large Telescope)

 

Depuis le plateau face au VLT (2635m) à 110kms au sud d’Antofagasta, la nuit à la belle étoile est douce (plus de 10°C) et dans ce désert sec aucune bestiole ne vient ramper jusqu’à votre sac de couchage. Ce serait donc l’endroit idéal pour s’endormir si dame Pleine Lune n’avait pas choisi ce moment pour rayonner feux à puissance maximale.

 


Lumières de la pleine Lune sur le Paranal

Arrivés le lendemain  au sommet du Paranal, nous allons avoir deux jours pour découvrir ce complexe astronomique et profiter de ce qui est la véritable perle d’un observatoire : le restaurant… des grillades sont même proposées sur une terrasse en plein soleil !

L’ESO (European Organisation for Astronomical Research in the Southern Hemisphere)
a été créée en 1962 et dispose d’une contribution annuelle de 120 millions d’euros tout en employant 570 personnes dans ses trois sites chiliens.


UT1 (Soleil), UT2 (Lune), UT3 (Croix du Sud) et UT4 (Vénus), les 4 miroirs géants du VLT.


Et c’est le 1er avril 1999, que le premier des 4 télescopes du VLT entre en service.

Chacune des coupoles abrite un miroir de 8m20 de diamètre permettant d’obtenir des images d’objets célestes de magnitude 30.

 

Le spectacle de ces gigantesques plateformes qui s’ouvrent le soir dans les lueurs du crépuscule est d’autant plus saisissant que tout se passe dans un silence absolu sans le moindre grincement mécanique.

 

Optique adaptative : la structure fabriquée par Nexter    Basculement du miroir de UT2

 

Ce joyau technologique est d’ailleurs équipé d’un système d’Optique Adaptative qui permet de corriger les turbulences atmosphériques.

 

En effet chaque miroir repose sur une structure de vérins fabriquée par Giat Industries

(devenu Nexter en 2007 et constructeur notamment du char Leclerc et du véhicule d’infanterie VBCI) de façon à pouvoir modifier sa forme et générer ainsi des images d’une qualité de détails inatteignable même par le télescope spatial Hubble.
Pour aider à la mesure de la turbulence, un laser est installé dans une des coupoles afin de créer une étoile artificielle dans l’atmosphère (à 90kms d’altitude). L’écart entre l’étoile observée et sa position théorique permet de calculer les compensations optiques nécessaires.

 

 


Utilisation d'un Laser par UT4 pour créer une étoile artificielle.


Mais ce n’est pas tout : 4 petites coupoles de 1.8m de diamètres coulissent sur des rails à quelques dizaines de mètres des grands miroirs.
Elles constituent en fait comme un second œil. En visant le même objet, un grand miroir et un miroir auxiliaire peuvent être associés en fusionnant leurs signaux. Ainsi la lumière d’un bord étoile (de nature ondulatoire bien entendu) ne va pas arriver avec le même temps de trajet sur chaque miroir.

En variant la position du télescope auxiliaire il est possible d’obtenir des ondes en phases ou déphasées.


Ce principe d’interférométrie rend ainsi possible la mesure du diamètre des étoiles
 

            Au coucher du soleil, un des télescopes auxiliaires dirige son miroir vers l'est.

Observant principalement dans l’infrarouge et le visible, c’est avec le VLT que des astronomes ont pu obtenir également la première image d’un faible point représentant une exo planète c'est-à-dire une planète située hors de notre système solaire.


ALMA (Atacama Large Millimiter Array)

 

Même si les 4 grands télescopes du VLT peuvent fonctionner ensembles quelques nuits par an (par combinaison de 2 ou 3), ils ne suffisent pas pour traquer les signaux émis à la création de l’Univers.

C’est pourquoi l’ESO construit à présent un réseau de radiotélescopes sur les hauteurs du plateau de Chajnantor.

Nous revenons donc à Antofagasta pour prendre la piste vers San Pedro à quelques 300kms à l’Est.


   Le Salar d'Atacama

Traversée du Tropique du Capricorne, de la Pampa désertique, du Salar d’Atacama d’où 1/3 du Lithium mondial est extrait, escapade vers la Laguna Leija (4300m) pour s’acclimater à l’altitude et finalement direction le poste de garde de l’ALMA pour réaliser la plus haute expédition en 4x4 que chacun n’ait fait jusqu’à présent.

 

            Laguna Leija (4300m). En second plan, Aguacalientes (5890m) et Acamarachi (6050m)
 
Car pour étudier les objets les plus froids de l’Univers (-263°C), les astronomes n’ont pas d’autre choix que de trouver un site où la vapeur d’eau ne pourra qu’absorber faiblement ces signaux.

A 5100m d’altitude, l’air est deux fois plus rare qu’en plaine ce qui n’est pas sans risque et il est recommander de monter à ce niveau avec des bouteilles d’oxygène de secours.

 

              Arrivée sur le plateau de Chajnantor (5100m), site du futur Atacama Large Millimiter Array
 
Le projet ALMA est un partenariat international entre Européen, Nord Américains, Japonais en coopération avec la République du Chili.

Chaque partenaire construit des antennes radio télescopiques qui commenceront à être installées sur le plateau dès 2008 pour une mise en service en 2012.

 


              Antennes japonaises                                       Antenne américaine                             

Le réseau de 54 antennes (12m de diamètre chacune), auquel s’ajouteront 12 antennes japonaises de 8m, formera un seul instrument travaillant dans les longueurs d’ondes de 0.3 à 10 millimètres.

Les antennes pourront ainsi se déplacer sur une distance de 15kms pour effectuer des opérations de zoom radio et offrir une fenêtre sur les origines célestes, la naissance d’étoiles dans les premiers nuages de gaz et enfin la formation des toutes premières galaxies.

 

En attendant, un prototype d’antenne est déjà en service.

APEX (Atacama Pathfinder EXperiment) est déjà utilisé par les scientifiques pour étudier la composition de certaines nébuleuses dans des longueurs d’ondes variant de 0.2 à 1.5mm.

Récemment de la Fluorine a été découverte dans Orion ce qui n’avait jamais été perçu avant.

 

            Le radiotélescope APEX


La montée sur ce site reste un moment fascinant, le rythme respiratoire y est bien entendu accru, les contrastes de luminosité s’accentuent, et seul un journaliste du quotidien belge Le Soir en sera quitte pour une redescente express.

 

Nous retrouvons des ingénieurs japonais à la base d’assemblage qui vont nous détailler les caractéristiques des antennes radio avant de quitter ce lieu hors du commun.

 

              Lever de soleil sur le Chascon (5548m) vu depuis San Pedro

 

S’en suit une escapade de 4 jours sur l’Altiplano Bolivien où nous sommes saturés de couleurs incroyables, de montagnes entrelacées de strates en dégradés de couleurs rouge, ocre et terre de Sienne, des lagunes d’un vert de magnésium fascinant ou submergés de micro-organismes pourpres.

 


    La Lune et Vénus (à droite) visibles à midi à l'oeil nu (frontière Bolivie-Chili)


Puis nous rejoignons le Chili et l’aéroport de Calama pour revenir à Santiago.

 

 

LA SILLA

 

Depuis Santiago, l’autoroute mène rapidement à La Serena (400kms au nord de la capitale) puis une piste se dégage vers le Nord-Est pour grimper à l’observatoire de La Silla.

Alors que le VLT du Paranal est le grand vaisseau moderne de l’ESO, le site d’observation original de l’organisation européenne se trouve sur les montagnes de La Silla (2400m).

 

En 1977 un télescope de 3.6m entre en opération, œuvre d’un gigantisme mécanique ahurissant lorsque l’on se retrouve au pied de sa monture en fer à cheval.

A cette époque, les montures des télescopes sont équatoriales, c'est-à-dire agencées autour d’un axe construit parallèlement à l’axe Nord-Sud de la Terre.

Ceci facilite le suivi d’objets célestes par compensation de la rotation du globe, mais au prix d’une architecture extraordinairement massive et précise.

 

 Monture "Fer à Cheval" du 3.6m de La Silla


Le Fer à cheval permet de répartir le poids du télescope à la fois sur son axe principal et sur le point de contact entre le fer et le sol, point nécessairement huilé pour limiter les frottements.

 

Suivant différentes améliorations, cet instrument est toujours en service et est équipé

 de matériels de mesures pour chasser les planètes extrasolaires.

 

C’est alors qu’en 1989, un télescope d’un genre nouveau entre en service.

Le NTT (New Technology Telescope) est monté sur une monture Altazimutale (rotation horizontale et verticale pour trouver un objet) plus simple car maintenant tous ses mouvements sont contrôlés par ordinateur.

 

            Les coupoles de La Silla vues depuis le 3.6m : à droite au premier plan le NTT


Mais surtout, il est le pionnier d’une nouvelle technologie : l’optique active.

Il est le prototype des télescopes du VLT. Son optique est active car elle permet de corriger les défauts du mince miroir. Elle ne permet cependant pas de corriger la turbulence atmosphérique (optique adaptative), ce qui sera mis au point avec son successeur du Paranal.

 

Avec son diamètre de 3.58m et des images 3 fois plus piquées que le plus ancien 3.6m, le NTT reste un acteur majeur dans l’observation des galaxies lointaines.

 

 

La majorité des 19 coupoles de La Silla n'est plus en service.

Se distingue alors le petit télescope genevois Euler.

Rouge et de 1.2m de diamètre, il est devenu un des grands outils dans la recherche d’exo planètes.


Le 1er mai 2007 c’est lui qui observa le transit complet d’une planète de la taille de Neptune, GJ436b, découverte quelques jours avant dans les Alpes valaisannes à l’observatoire suisse François-Xavier Bagnoud (OFXB) mais dans des conditions météorologiques difficiles.

Et c'est avec surprise que la constitution de cette planète s'est révélée être de la glace d'eau chaude !?

 

 

 Le télescope suisse Euler

 

Il ne reste plus qu’à observer le ciel austral à la nuit tombée avec nos instruments bien modestes, nulle part ailleurs la Voie Lactée ne nous a paru plus brillante que lors des nuits chiliennes.

 

           La voie Lactée vers le Sagittaire, la Lune se couchant suivie par Jupiter.

           En bas à gauche, les lumières de la Serena sont perceptibles.


Mais après avoir fait le tour des installations européennes, il est temps de s’intéresser à la concurrence américaine.

Rien de plus simple, car à 30kms au nord, l’observatoire de Las Campanas nous attend avec l’accueil le plus informel que nous ayons rencontré.

 

 

LAS CAMPANAS

 

C’est en 1902 que l’industriel Andrew Carnegie fonde le Carnegie Institution of Washington. 

Son ambition est que cette organisation de recherche scientifique regroupe des hommes et des femmes exceptionnels et capables de travailler à la pointe de leur domaine.

 

           Les deux coupoles Magellan, Baade et Clay


Plus tard, cette institution créé un consortium avec les Universités d’Harvard, du Michigan et d’Arizona pour construire l’outil astronomique le plus performant au monde.


Ainsi, c’est en septembre 2002 que les deux télescopes Magellan sont entièrement exploités par les astronomes depuis les hauts de Las Campanas.

 

  

Avec leurs diamètres de 6.5m et une technologie miroir innovante (l’épaisseur du film d’aluminium qui sert de réflecteur n’est que de 0.1 micron !), Baade et Clay atteignent des performances proches de celles du VLT pour des programmes de recherches similaires que ce soit l’étude de trous noirs de galaxies ou bien l’observation d’exo planètes.


    Miroir d'un des télescopes Magellan

 

 


Et de même qu’en 1977 La Silla inaugurait un 3.6m équatorial, Las Campanas mettait à disposition Irénée du Pont Télescope (hommage à l’homme d’affaire américain), d’un diamètre de 2.5m mais avec un champ de vision très large pour réaliser de l’astrophotographie directe.


Nous avions prévu initialement de finir notre voyage en passant par les observatoires américains de Cerro Tololo (avec un télescope de 4m) et Cerro Panchon (la construction du télescope de 8m s’achève en 2008) mais le manque de temps ne nous a pas laissé d’autre choix que de revenir à Santiago après un petit détour vers une ville pleine de chaleur d’âme : Valparaiso.

 


Le télescope Irénée du Pont

 


Nul doute qu’un retour au Chili vers 2020 s’annonce encore plus spectaculaire car la course aux télescopes géants est tout juste lancée :

 

Las Campanas vient d’être choisi pour accueillir le futur télescope de diamètre équivalent 24m avec optique adaptative pour une mise en service vers 2016, alors que l’ESO désireuse de maintenir sa supériorité en astronomie sol vient de lancer l’étude préliminaire d’un télescope géant de 42m de diamètre (Le European Extremely Large Telescope E-ELT) pour une première utilisation en 2018!

 

Car malgré tout, 95% de notre univers est toujours inconnu et constitué de ces mystérieuses matière et énergie noires.

 

  Valparaiso

 

Par David - Publié dans : Astres
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Jeudi 17 juillet 2008 4 17 /07 /2008 00:13

Eclipse de Soleil du 1er août 2008 en Mongolie

 

Deux régions très différentes à l’ouest de la Mongolie sont sur le point d’être prises d’assaut par des amateurs de nature et d’astronomie du monde entier.  

 

La province du Bayan-Ölgiy à la frontière de la Russie, dont les glaciers dévalent depuis des sommets de plus de 4300m, et la région sud de Hovd située à quelques 500 Km au sud et au climat beaucoup plus sec.

 


Cette éclipse s’annonce bien plus spectaculaire que celle de mars 2006 en
Libye.

Elle va en effet se produire en fin de journée vers 11H00 TU (13H00 heure à Paris) soit vers 19H00 ou 18H00 en heure locale (le décalage horaire n’étant pas très clair).

Le soleil ne sera donc plus qu’à 25° au dessus de l’horizon, et même 22° au sud de Hovd. Egalement, la largeur de la zone d’ombre sera de 256 Km (au lieu de 184 Km en Libye), laissant prévoir une atmosphère très sombre.

 

En revanche, avec une durée d’à peine plus de 2 minutes, cela laissera peu de temps pour réaliser des photos de la couronne solaire et donc je ne saurais trop recommander de profiter d’abord de l’ambiance fantastique d’une nature réagissant à la baisse de température et de luminosité dans un cadre extrêmement sauvage.

 

La carte ci-dessus rappelle quelques éléments de cette éclipse (ligne de centralité en rouge et limites de l’ombre en vert) :

A Bayan-Ölgiy, l’éclipse débutera à 9H 56mn 45s TU et atteindra le point maximal de la phase de totalité à 10H58 TU. Le soleil sera noir pendant 2 minutes et 12 secondes.

La vitesse de l’ombre de la Lune au sol sera de 65km/mn (près de 4000 km/h c'est à dire Paris-Orléans en deux minutes).

 

Dans la zone sud de l'Altaï Mongol, le phénomène se produira 7 minutes plus tard mais déja l'ombre de la Lune aura atteint une vitesse de 75 km/mn pour 2mn 05s de totalité.


Durée de l'éclipse selon la localisation de l'observateur sur la zone d'ombre

Se pose souvent aux observateurs la question de la durée de l'éclipse s'ils ne se situent pas exactement sur la zone de centralité.
Une seule formule est à connaître :
d= D/2*√(1-(T1/T) ²)
avec D diamètre de l'ombre au sol (256 km dans ce cas)
        T durée de l'éclipse sur la ligne de centralité (2mn 12s dans la région d'Olgiy)
        d   distance du lieu d'observation à la ligne de centralité
        T1 durée de l'éclipse à la distance d de la ligne de centralité

Si t est la perte de durée de l'éclipse (c'est à dire T0-T1), cette formule peut s'approximer pour devenir
                                
                                           d=D
√(t/2T)  pour des valeurs de t < T/5
 
Ainsi pour
t= 1s        d= 15km
t= 5s        d= 35km
t= 10s      d= 50km
t= 25s      d= 80km

Autrement dit, à 15 km de la ligne de centralité, la durée de l'éclipse n'est réduite que de 1s!
Inutile de dire qu'envisager de se décaler de quelques kilomètres vers l'ouest de la ligne centrale pour compenser l'erreur due à l'altitude et à la forte l'inclinaison de l'ombre de la Lune par rapport à la verticale (le phénomène a lieu en soirée) est d'un raffinement négligeable.

 
Par David - Publié dans : Astres
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Lundi 14 juillet 2008 1 14 /07 /2008 08:52

Signes

32ième représentation

13 juillet 2008 (Opéra Bastille)


Production créée pour le ballet de

l’Opéra de Paris le 27 mai 1997.


Chorégraphie               Carolyn Carlson

Décors et costumes      Olivier Debré

Musique originale         René Aubry


Marie-Agnès Gillot   Kader Belarbi


Ballet en 7 tableaux : Signe du sourire, Loire du matin, Mont de Guilin, Les Moines de la Baltique, L’esprit du Bleu, Les couleurs de Maduraï, Victoire des signes.


Avec ses décors et costumes d’une variété et d’une beauté exceptionnelles, l’onirisme de Signes est un incroyable stimulant de notre propre imaginaire.

                                                                                              Marie Agnès Gillot (L'Esprit du Bleu)


L’humanité qui est figurée rivalise d’expressions mécaniques comme pour rythmer le temps qui passe, se prend de convulsions puis se laisse aller à une fluidité de mouvements jusqu’au tableau le plus romantique de « l’esprit du bleu. »


S’y retrouve également un mélange de peintures paysagistes vivement colorées et de civilisations naïvement esthétisées si nécessaires pourtant à une époque où les rêves œcuméniques menacent de s’effondrer.


L’écriture mélodique de René Aubry s’apparente à celle des musiques répétitives de Philip Glass et draine autant d'humour que de mystère.


Marie Agnès Gillot, Kader Belarbi et l’ensemble du corps de ballet y sont magnifiques.

 

 

 

Kader Belarbi et Marie Agnès Gillot

 

Il n’y a que les artistes pour vivre ces départs incroyables sous confettis et applaudissements en compagnie de leurs proches. Cet après-midi, Kader Belarbi tirait sa révérence.

 

 

 

Par David - Publié dans : Saison 2007/2008
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Lundi 7 juillet 2008 1 07 /07 /2008 21:57

Du Don Carlos de Paris (1866) au Don Carlo de Modène (1886)


Don Carlos est à ma connaissance l’opéra qui a connu le plus de remaniements.

Giuseppe Verdi y travaille de 1865 à 1867 pour Paris, mais dès 1872 il procède aux premières retouches puis en 1882 remanie considérablement l'oeuvre avec la collaboration de Charles Nuitter.


Il existe au moins quatre versions bien identifiées et le présent article a pour objectif de rendre compte le plus clairement possible de l’ampleur des changements.


Le graphique qui suit représente de manière schématique les actes des 4 principales versions :

- La version française 5 actes des répétitions générales parisiennes de 1866

- La version française 5 actes de la  première représentation parisienne en mars 1867

- La version 4 actes italienne de Milan en 1884

- La version 5 actes italienne de Modène en 1886


Une version italienne fût également créée le 4 juin 1867 à Covent Garden par Achille de Lauzières qui supprima l'Acte I et le ballet et effectua de multiples remaniements anticipant les décisions que Giuseppe Verdi prendra en 1882.

Une autre version italienne de la version parisienne, sans coupures cette fois, reçoit sa première à Bologne le 27 octobre 1867.


Le fond orange désigne les passages écrits en 1866 et maintenus jusqu’en 1886.

Le fond rose clair désigne les passages écrits en 1866 qui disparurent après 1867.

Le fond vert désigne les passages totalement nouveaux dans la version de1884.

Le fond hachuré désigne les passages qui furent réécrits en 1884.

 


La version la plus complète sur le plan dramaturgique est celle de 1866.

Cinq passages seront supprimés avant la première représentation :

- La rencontre d’Elisabeth et des bûcherons dans la forêt de Fontainebleau (Acte I)

- L'air 'J'étais en Flandres' de Rodrigue (Acte II)

- Le duo Elisabeth et Eboli « J’ai tout compris » (Acte IV) où Eboli avoue sa liaison avec le roi.

- Le duo Philippe II et Don Carlo « Qui me rendra ce mort » (Acte IV)

- Un échange entre Elisabeth et Eboli (fin Acte IV)

Durée approximative : 3H45

 

La véritable version parisienne est celle de la première en 1867.

Selon la convention elle doit inclure un ballet.

Aux passages supprimés depuis les répétitions, Verdi compense par l’ajout de deux passages :

- Une brève introduction des chœurs des bûcherons (Acte I)

- Le Ballet de la Reine (Acte III)

L’émeute finale de l’acte IV est par ailleurs abrégée et totalement supprimée dès la seconde représentation.

Durée approximative : 3H40. C’est encore trop long et quelques coupures supplémentaires auront lieu dès la seconde représentation pour permettre aux parisiens de rentrer sûrement chez eux le soir.

 

La version italienne réécrite par Verdi est celle de Milan en 1884

A plus de 70 ans, Verdi dédie à Milan une version italienne en 4 actes.

Par rapport à la version française de 1867, les passages suivants sont supprimés :

- L’Acte I de Fontainebleau

- L’introduction et les chœurs de l’Acte III devenu Acte II

- Le ballet de la Reine (Acte III devenu Acte II)


Les passages suivants sont réécrits avec une meilleure expressivité musicale :

- Le duo Rodrigue et Don Carlo (Acte II devenu Acte I)

- Le duo Philippe II et Rodrigue (Acte II devenu Acte I)

- La scène et quatuor dans le bureau du roi (Acte IV devenu Acte III)

- Le duo Elisabeth/Eboli (Acte IV devenu Acte III) supprimé en 1867 et partiellement rétabli.

- La scène d’émeute (Fin Acte IV devenu Acte III) supprimée après la première de 1867

- Le duo Don Carlo et Elisabeth (Acte V devenu Acte IV)

- L’intervention de Philippe II et de l’Inquisiteur (Acte V devenu Acte IV)

 

Les passages suivants sont créés pour cette version

- La romance de Don Carlo (Acte II devenu Acte I) remaniée à partir de l’acte de Fontainebleau

- Le prélude de l’Acte III devenu Acte II

Durée approximative : 3H00

 

La version italienne 5 actes est celle de Modène en 1886

Verdi n’y a pas participé.

Cette version ajoute à la version de Milan 1884, l’acte I de Fontainebleau tel qu’écrit en 1867 et traduit en italien. La Romance de Don Carlo (Acte II) est alors supprimée.

Durée approximative : 3H20

 

 

Discographie/Filmographie




La version studio de référence du Don Carlo de Modène (1886)  est celle dirigée par Solti (1966 chez Decca) avec Carlo Bergonzi, Renata Tebaldi, Nicolai Ghiaurov, Dietrich Fischer-Dieskau, Grace Bumbry, Martti Talvela.

 


Insurpassé depuis plus de 40 ans!

 

 

 

La version live de référence du Don Carlos Parisien est celle dirigée par John Matheson (1976 chez Ponto) avec Joseph Roleau, Andrée Turp, Robert Savoie, Richard Van Allen, Edith Tremblay, Michèle Vilma.

Des chanteurs inconnus mais très engagés.

Les actes I, II, IV et V sont ceux de 1866 mais l’acte III (avec le ballet) est celui de 1867.


C’est donc la version parisienne la plus complète qui soit!

 

 



En 1993, James Levine enregistre en studio (Sony) une version de Modène inédite.

Avec la traduction du Ier acte de 1866 (et non plus 1867) nous avons ici la version italienne intégrale.


Michael Sylvester, Dolora Zajick et Samuel Ramey y sont par ailleurs excellents mais Ferruccio Furlanetto est encore un peu trop jeune pour Philippe II.

15 ans plus tard à Paris, le constat est clair : c'est l'un des plus grands interprètes actuels de Philippe II.

 

 

 


En 1996, le Châtelet monte la version parisienne avec un casting prestigieux (Karita Mattila, Roberto Alagna, Thomas Hampson, Jose van Dam, Waltraud Meier).

A y regarder de plus près cette version est un peu trafiquée. C'est bien la version de 1867 mais sans le ballet, avec une coupure dans le chœur de l’acte III et la suppression quasi intégrale du final à Saint Just.

En revanche l'air de Rodrigue 'J'étais en Flandres', le duo Elisabeth/Eboli (aveu d'adultère avec le roi) et le final de l'acte IV (déploration de Rodrigue et échange Elisabeth/Eboli) de 1866 sont rétablis.


Le DVD est un achat obligatoire rien que pour la beauté de l’ensemble.

 

 


Le 25 octobre 1970, le Staatsoper de Vienne lâche sur scène Franco Corelli, Gundula Janowitz, Shirley Verrett, Eberhard Waechter et le duo Inquisiteur/Philippe II du siècle : Martti Talvela/Nicolai Ghiaurov.


Sous la direction de Horst Stein, la version IV actes de 1884 trouve une interprétation intense dans un son live très correct (stéréo) et qu'au moins 5 labels proposent (Rodolphe, Myto, Opera d'Oro, Gala, Orfeo d'Or).

 
  

 

Par David - Publié dans : Histoire de l'Opéra
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Lundi 7 juillet 2008 1 07 /07 /2008 18:51

Don Carlo (Giuseppe Verdi)
Représentation du 06 juillet 2008 à l’Opéra Bastille

Don Carlo                                                       Stefano Secco
Elisabeth                                                         Tamar Iveri
Rodrigue                                                         Dimitri Hvorostovsky
La princesse Eboli                                           Yvonne Naef
Le roi d’Espagne Philippe II                             Ferruccio Furlanetto
Le Grand Inquisiteur                                       Mikhael Petrenko
Un frère, Charles Quint                                   Paul Gay
Tebaldo                                                          Elisa Cenni

Direction musicale                                           Teodor Currentzis
Mise en scène                                                 Graham Vick

Le profond désespoir qui traverse « Don Carlo », les sentiments qui se fracassent aux rôles sociaux malgré la volonté de chaque protagoniste à conduire son destin, pourraient figurer l’âme de toute une vie.

Cette noirceur trouve une illustration parfaite dans l’atmosphère tamisée et les subtils éclairages voulus par Graham Vick.
Et c’est aussi un peu de nostalgie pour ceux qui découvrirent cette mise en scène il y a tout juste dix ans à l’Opéra Bastille.


Les points forts ne manquent pas. Stefano Secco se révèle d’entrée un Don Carlo juvénile, impulsif, volontaire et immature, avec une projection vocale absolument éclatante.


                                                     Elisa Cenni (Tebaldo) et Yvonne Naef (Eboli)

Cette énergie folle se heurte au vieux lion théâtralement parfait : Ferruccio Furlanetto.
Chaque échange est une confrontation tendue et cette voix puissamment caverneuse fait pâlir légèrement l’Inquisiteur défendu très honorablement par Mikhael Petrenko, bien qu’un peu jeune pour maintenir constamment pareille intensité.

Dans le registre basse, Paul Gay est un moine très bon d'autant plus que situé en fond de scène il lui faut passer un orchestre gonflé à bloc.

Tamar Iveri,
très touchante dans son duo avec Don Carlo est aussi d’une grande dignité et d’une grande intelligence pour libérer toute sa tension dans un « Tu che le vanità conoscesti del mondo» à la douleur prenante. Ailleurs la recherche de nuances la rend parfois confidentielle.

Reprendre le rôle d’Eboli après Dolora Zajick et Olga Borodina n’a également rien d’évident. Alors bien sûr Yvonne Naef n’a peut être pas l’agilité de la première et la sensualité de la seconde, mais l’agressivité et le tempérament (un peu trop outré) sont là.  Tout le chant du haut médium au grave est d’une grande profondeur de souffle ce qui lui permet même de maintenir très longtemps les piani de la chanson du voile.

Seules ses limites dans l’aigu l’obligent à les écourter et les adoucir pour privilégier la musicalité et limiter ses défauts de justesse.

Le duo avec Elisa Cenni (Tebaldo) est par ailleurs d’une grande gaîté.

Tamar Iveri (Elisabeth)

C’est en fait la star du Metropolitan Opera qui aura un peu déçu.

Sans doute Dimitri Hvorostovsky compte t’il trop sur son charme pour limiter au minimum son investissement scénique. La voix porte souvent vers l’arrière, ne s’impose que de manière inégale et finalement le chanteur donne l’impression de tout miser sur la scène de la prison qu’il chante avec une fluidité remarquable.

 

         Stefano Secco (Don Carlo)


Avec le très jeune Teodor Currentzis (35 ans), Verdi ressuscite avec impertinence et fougue. D’une gestique vive et ornementale, le chef se laisse porter par le lyrisme de la partition au point de soulever un flot dont émergent de ci de là quelques désynchronisations. Mais ce sont les risques nécessaires pour tenir la fosse dans une vitalité admirable, accélérant avec pertinence et rythmant puissamment les passages spectaculaires.


Et puis il y a ces sonorités éclatantes comme dans l’ouverture du dernier acte où les motifs des cuivres sont considérablement amplifiés pour accroître la tension, ronflant là où les enregistrements ne signalent que des mouvements discrets.

C’est donc avant tout l’expression de la personnalité exubérante de Currentzis qui plaira ou pas.

Cette reprise de la version Milanaise de Don Carlo (1884) inclut une petite surprise musicale : la réintroduction du duo Philippe II / Don Carlo déplorant la mort de Rodrigue.

Ce passage supprimé dés la création de « Don Carlos » à Paris en 1867 est ici restitué en italien bien évidemment, à la fois en clin d’œil à la version parisienne et pour faire revivre l’hommage fort à l’ami des deux hommes.

 

Ferruccio Furlanetto (Philippe II)

Par David - Publié dans : Saison 2007/2008
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Samedi 5 juillet 2008 6 05 /07 /2008 13:15

Mercredi 02 juillet 2008 sur France 2 à 20H50

Le Sanglot des anges [4/4]

Avec Ruggero Raimondi

 

Dimanche 06 juillet 2008 sur Arte à 19H00

Gustav Mahler: Symphonie n°8. Les 40 ans de l´Orchestre de Paris

Sous la direction musicale de Christoph Eschenbach. Avec l’Orchestre Nationale de Paris
Marina Mescheriakova (soprano) ; Erin Wall (soprano) ; Marisol Montalvo (soprano) ; Nora Gubisch (alto) ; Annette Jahns (alto) ; Nikolai Schukoff (ténor) ; Franco Pomponi (baryton) ; Stephen Milling (basse).

 

Lundi 07 juillet 2008 sur TF1 à 02H35

Paquita (Musique de Minkus)

Par le ballet du Kirov

 

Lundi 07 juillet 2008 sur Arte à 23H45

Villa-Lobos, portrait

Auteur et réalisation : Eric Darmon (2007-52mn). Coproduction : ARTE France, Artline Films, French connection

 

Mardi 08 juillet 2008 sur France 3 à 00H20

L'heure de l'Opéra (Alain Duault)

Carmen (durée 55mn)

 

Mardi 08 juillet 2008 sur France 2 à 00H45

Don Quichotte (Minkus)

Par le ballet national de Cuba

 


Samedi 12 juillet 2008 sur TF1 à 02H15

Noé (Bizet et Halevy)

Mise en scène de Pierre Jourdan


Dimanche 13 juillet 2008 sur Arte à 19H00

Accordéon et bandonéon. Concert de Marc Perrone et Cesar Stroscio (2005)

Réalisation : Pierre Philippe (France, 2005, 43mn)

 

Lundi 14 juillet 2008 sur TF1 à 02H35

Airs sacrés de Mozart
Basilique de Saint Denis

 

 

Mardi 15 juillet 2008 sur France 3 à 00H15

L'heure de l'Opéra (Alain Duault)

Manon de Massenet (durée 55mn) avec Natalie Dessay et Rolando Villazon

 

Mardi 15 juillet 2008 sur France 2 à 01H30

9ième symphonie de Beethoven (Kurt Masur)

 

 

Dimanche 20 juillet 2008 sur France 2 à 01H05

L'Auberge du Cheval Blanc

Opérette de Robert Stolz et Ralp Benatzky

 

Dimanche 20 juillet 2008 sur Arte à 19H00

Festival de Verbier 2007

Thomas Quasthoff et Hélène Grimaud

 

 

Lundi 21 juillet 2008 sur TF1 à 02H30 (durée 1H50)

Erik Satie - Offenbach - Dukas - Chopin


Mardi 22 juillet 2008 sur France 3 à 00H20 (durée 55 mn)

L'heure de l'Opéra (Alain Duault)

Tosca (Alagna, Ferrari, Valayre, Raimondi, Kabaivanska)

 

Mardi 22 juillet 2008 sur France 2 à 01H10 (durée 2H30)

 

Carmen (direction Myung-Whun Chung)

 

Mercredi 23 juillet 2008 sur Arte à 21H00

Soixante ans d'art Lyrique à Aix en Provence


Mercredi 23 juillet 2008 sur Arte à 21H55

Haendel: Belshazzar, en direct depuis Aix en Provence

Opéra en direct du Grand Théâtre de Provence, Festival d'Aix en Provence 2008

Dimanche 27 juillet 2008 sur Arte à 19H00

Festival de Verbier 2007

Evgueny Kissin joue Beethoven


Lundi 28 juillet 2008 sur TF1 à 02H25 (durée 1H10)

Chausson-Massenet-Ravel


Mardi 29 juillet 2008 sur France 3 à 00H15 (durée 55 mn)

L'heure de l'Opéra (Alain Duault)

La Traviata (Villazon, Dessay, Cotrubas, Anderson)

Mardi 29 juillet 2008 sur France 2 à 01H00 (durée 1H45)

Carmen, Le Jeune Homme et la Mort, l'Arlésienne

Opéra National de Paris

 




Par David - Publié dans : TV Lyrique
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Mercredi 18 juin 2008 3 18 /06 /2008 20:49

Louise (Gustave Charpentier)

Répétition générale du 17 juin 2008 à l’Opéra Bastille

Louise                                                             Mireille Delunsch
Julien                                                               Gregory Kunde
La Mère                                                          Jane Henschel
Le Père                                                           Alain Vernhes
Un noctambule, le marchand d’habits               Luca Lombardo
 
Direction musicale                                           Patrick Davin
Mise en scène                                                 André Engel
Chef des chœurs                                             Alessandro Di Stefano

La manière dont les œuvres se répondent cette saison à l’Opéra National de Paris évoque un tissu musical complexe à travers lequel les thèmes se croisent.
Cardillac se situait à la croisée des motifs de l’Opéra Allemand, de l’Opéra du XXième siècle et de la ville de Paris, et donc André Engel retrouve avec « Louise » la capitale française, ses toits décidemment toujours aussi fréquentés, l’Opéra contemporain français bien entendu et à nouveau la condition d’une femme qui vit chez son père.

Il paraît que l’on y entend un fleuve wagnérien chatoyant de délicatesses dignes de Massenet, et pourtant l’atmosphère du bonheur parental au second tableau vaut assurément la sereine euphorie du duo de
Roméo et Juliette imaginé par Berlioz.

Patrick Davin n’a alors de cesse de dépeindre les lignes mélodiques en accordant un soin immense à l’harmonie avec les chœurs sans que la scène de fête n’en devienne assourdissante.
Ce transport en est d’autant plus appréciable que le livret peine à passionner.


En
Gregory Kunde, Louise trouve un Julien mature, un homme peut être plus solide que poète mais qu’elle sait pouvoir suivre les yeux fermés, alors qu’Alain Vernhes, d’apparence père tranquille, offre un grand moment de théâtre lorsque sa colère éclate.



Mireille Delunsch (Louise)

Sans trop de surprise Mireille Delunsch joue magnifiquement ce rôle de jeune fille un peu gauche et rêveuse,  Jane Henschel est toujours aussi impeccable dans les rôles de femmes fortes et dirigistes, et avec ses petits airs de fils idéal Luca Lombardo offre une générosité d'âme évidente.

« Louise » fait écho à « La Bohème ». Alors qu' il y a deux ans l’atelier d’artistes de l’opéra de Puccini comportait une affiche de «Cardillac », Gerard Mortier nous rappelle cette fois de ne pas oublier d’aller voir
l’Affaire Makropoulos l’année prochaine.
Au passage de la station de métro "Montmartre", un irrésistible sens du message subliminal en somme!
 

 

Par David - Publié dans : Saison 2007/2008
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Vendredi 13 juin 2008 5 13 /06 /2008 21:08

Genèse de l’œuvre

 

A la seconde moitié du mois de mai 1854, la composition des « Vêpres siciliennes » n’a pas avancée.

Verdi loue alors pour l’été une maison de campagne à Enghien près de Paris.

 

Mais un évènement va considérablement le retarder : La Cruvelli, qu’il a choisi pour chanter le rôle d’Hélène, disparaît sans aviser personne alors qu’elle doit participer à une représentation des « Huguenots ».

Pendant plus d’un mois il est impossible de la trouver. Le scandale est énorme.

Elle revient le 20 novembre, s’excuse, et réussit même à remporter le public à sa faveur.

 

Roqueplan doit cependant démissionner, et les répétitions n’avancent pas mieux avec son successeur, Crosnier.

Verdi se plaint que Scribe ne fait aucune des rectifications nécessaires au livret. Mais ce qu’il ignore est que ce livret est un tripatouillage du « Duc d’Albe », écrit pour Donizetti, et qui ne sera représenté en Italie qu’en 1882.

 

Le 26 janvier 1855, Victor-Emmanuel II et Cavour engagent le Piémont dans la guerre de Crimée au côté des Anglais et des Français pour soutenir la Turquie contre la Russie.

Cette opération est destinée à racheter le renom de l’armée savoyarde après ses défaites face à l’Autriche.

 

Dans ce contexte, le livret des « Vêpres siciliennes » a tout pour ne plaire à personne (Verdi compris), aussi bien aux Français à cause du massacre final, qu’aux Italiens en raison de la trahison des patriotes siciliens.

 

La première représentation a lieu le 13 juin 1855 à la salle Le Peltier lors de l’Exposition universelle de Paris.

On accourt de Lombardie et du Piémont pour donner à l’évènement l’importance d’une démonstration politique.

L’œuvre est bien accueillie et se maintient pour une cinquantaine de soirées.

 

Verdi se charge alors de la traduction italienne qui est représentée à Turin et à Parme en décembre 1855 sous le titre de « Giovanna di Braganza » en changeant les circonstances historiques pour se référer à un évènement de l’histoire du Portugal.

 

Ce n’est qu’en 1861, quand les Italiens auront retrouvé leur indépendance politique que « I Vespri siciliani » seront redonnées avec le livret original.

 

Les Vêpres siciliennes

 

Entre 1047 et 1090, les Normands conquièrent le sud de l’Italie et la Sicile.

Si l’empereur Hohenstaufen Frederic Barberousse échoue à prendre contrôle de l’Italie lors de la célèbre Battaglia di Legnano en 1176, son fils Henri VI réussit à se faire couronner roi de Sicile en 1194 après la mort du roi Normand Tancrède de Lecce.

 

Frederic II, fils d’Henri, tente de consolider les positions du Saint Empire Germanique en Italie mais, face à l’hostilité de la Papauté et des villes Lombardes (trame historique d’ Oberto), son règne se finit sur un échec.

Sa dynastie s’éteint en 1266, date à laquelle son fils, Manfred Ier de Sicile, est tué par Charles d’Anjou avec le soutien du Pape Urbain IV.

 

Le gouvernement odieux de Charles sur la Sicile entraîne la révolte des Siciliens le lundi de Pâques 1282 au moment où l’on sonne les vêpres. Des milliers de Français de Sicile sont massacrés.

 

Le chancelier de la couronne d’Aragon, Jean de Procida, a en effet noué des contacts avec les Gibelins de Siciles (opposants au Pape) pour le compte du Roi d’Aragon.

Pierre III le Grand est marié à la fille de Manfred. Il envoie donc une flotte aragono-catalane à Palerme pour en chasser les Français.

 

De plus, l’empereur d’Orient, Michel VIII Paléologue, inquiet des visées de Charles sur l’Empire Byzantin, est contacté par des siciliens.

Il ne participe cependant pas directement aux opérations.

 

Le bilan politique de cette longue tension politique et du carnage final est le rattachement du Royaume de Sicile à l’Aragon.

 

L’argument du livret de Verdi relate la manière dont Procida attise les tensions entre Français et Siciliens à Palerme.

Un Sicilien, Henri s’éprend de la duchesse Hélène. Mais le patriotisme du jeune homme est contrarié lorsqu’il apprend qu’il est le fils de Montfort, gouverneur de l’Ile.

Il intervient lui-même pour sauver son père d’une tentative d’assassinat commanditée par Procida à l’occasion du bal du gouverneur français.

Henri reconnaît publiquement sa filiation ce qui permet de libérer les conspirateurs et Hélène.

Cependant, Procida les informe qu’un navire rempli d’armes attend dans le port.

Au signal des cloches célébrant l’union entre Henri et Hélène, les siciliens se soulèvent et le massacre commence.
 

Par David - Publié dans : Verdi
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Dimanche 8 juin 2008 7 08 /06 /2008 18:58

Lundi 02 juin 2008 sur TF1 à 02H00

Les Contes d’Hoffmann

Enregistré à Bastille en 2002

Avec N.Shicoff, B.Terfel, D.Rancatore, R.A Swenson, B.Uria-Monzon, N.Gubisch

 

Dimanche 08 juin 2008 sur France 3 à 01H20

Festival d’Aix en Provence 2007

Œuvres de Bartok et Dvorak. Direction Daniel Harding

 

Lundi 09 juin 2008 sur Arte à 22H30 (durée 52 mn)

Musica: Boris Eifman, chorégraphe

Documentaire. Réalisé par Andreas Morell  

 

Mardi 10 juin 2008 sur France 2 à 01H20

Mozart : Bastien et Bastienne suivi de « Mozart à la Lettre »

Par les Petits Chanteurs de Saint-Marc, la maîtrise de la basilique de Fourvière et le Quatuor de Rouen

 

Mercredi 11 juin 2008 sur France 2 à 20H50

Le Sanglot des anges [1/4]

Avec Ruggero Raimondi

 

Dimanche 15 juin 2008 sur France 3 à 23H00 (durée 52 mn)

Baroque Académie, William Christie

Documentaire. Réalisé par Priscilla Pizzato et Martin Blanchard

 

Lundi 16 juin 2008 sur TF1 à 02H30

Stabat Mater de Vivaldi

 

Mardi 17 juin 2008 sur France 2 à 00H40

Réouverture de l'Opéra de Vienne

 

Mercredi 18 juin 2008 sur France 2 à 20H50

Le Sanglot des anges [2/4]

Avec Ruggero Raimondi

 

Jeudi 19 juin 2008 sur Arte à 22H30 (durée 1H30)

Jessy Norman
Documentaire d'André Heller et Othmar Schmiderer (2005)
 

Vendredi 20 juin 2008 sur France 2 à 22H35

Musique au coeur cinq étoiles (Eve Ruggieri)
Avec Mireille Delunsch, Béatrice Uria Monzon, Vivica Geneaux, Nathalie Manfrino
 

Samedi 21 juin 2008 sur Arte à 21H00

Giuseppe Verdi: Rigoletto
En léger différé du Semperoper de Dresde.

Mise en scène de Nikolaus Lehnhoff, direction musicale de Fabio Luisi à la tête de l'excellente Staatskapelle de Dresde.

Avec Juan Diego Florez, Diana Damrau

 

Dimanche 22 juin 2008 sur France 3 à 15H00

Les plus grands Airs d'Opéra

Avec Béatrice Uria-Monzon et Magali Léger

 

Mercredi 25 juin 2008 sur France 2 à 20H50

Le Sanglot des anges [3/4]

Avec Ruggero Raimondi

 

Vendredi 27 juin 2008 sur France 3 à 22H00

Opéra en direct: Zaïde de Mozart. Louis Langrée/Peter Sellars

Avec Ekaterina Lekhina, Sean Panikkar, Alfred Walker, Russell Thomas, Morris Robinson.

 

Dimanche 29 juin 2008 sur Arte à 19H00

Valéry Gergiev dirige Verdi, Stravinksy...
Concert. Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg, 2006

 

Par David - Publié dans : TV Lyrique
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Vendredi 6 juin 2008 5 06 /06 /2008 20:53

Iphigénie en Tauride (Gluck)
Représentation du 02 juin 2008 (Opéra Garnier)

Iphigénie          Mireille Delunsch
Pylade              Yann Beuron
Oreste              Stéphane Degout
Thoas              Franck Ferrari
Diane               Salomé Haller
Iphigénie          Renate Jett (rôle non chanté)

Direction          Ivor Bolton

Mise en scène Krzysztof Warlikowski

« Ce ne sont pas mes productions qui sont scandaleuses mais le public qui fait du scandale! »
, et c’est avec ce délicieux bon sens que Gerard Mortier défendait il y a encore quelques jours ses choix sur France Musique face à un Lionel Esparza absolument ravi.

 

Car Iphigénie en Tauride dans la mise en scène de Krzysztof Warlikowski avait suscité une agitation rare à l’Opéra Garnier en juin 2006, houle de huées massive lors de la première, interruptions de la représentation, invectives, et nous pouvons imaginer la nature des courriers  qui arrivèrent sur le bureau de la direction de l’Opéra National de Paris à la veille de l’été.

                                                                                                       Renate Jett (Iphigénie) 

Il n’est donc pas inutile de rappeler le contexte de création de ce spectacle. Isabelle Huppert originalement prévue pour mettre en scène Iphigénie se décommanda cinq mois avant la première, ne laissant alors que deux mois à  Krzysztof Warlikowski pour y réfléchir.

 

Et comme en juillet 2005, le metteur en scène polonais venait de triompher à Avignon avec la pièce Krum,  il possédait déjà une matière lui permettant d’immerger le spectateur dans son univers et de s’intéresser à nouveau à un personnage qui a raté sa vie.

  

Krzysztof Warlikowski suppose, et il a raison, que le spectateur est intelligent et peut comprendre des dispositifs scéniques rapprochant passé et présent dans un même espace.

C’est ce qu’il fait en présentant Iphigénie comme une vieille dame s’accrochant jusqu’au dernier souffle à sa dignité (habillée en grande classe parmi les personnes âgées d’une maison de retraite) et se remémorant sa vie dramatiquement sacrifiée par sa famille.

Réapparaît alors une seconde Iphigénie, jeune cette fois, jouée en alternance par la soprano ou bien la fantastique actrice Renate Jett que nous avons revu dans Parsifal.


Le point de départ est le mariage d'Iphigénie avec Achille qui finalement n'aura pas lieu, la jeune fille se retrouvant sous l'emprise de Thoas une fois arrivée en Tauride.

 

Cette vision psychanalytique reconstitue l’enchaînement des pulsions criminelles qui conditionnent la famille des Atrides (meurtres d’Agamemnon par Clytemnestre,  de Clytemnestre par Oreste et enfin d’Oreste par Iphigénie qui sera ici arrêté à temps).

 

Pour renforcer la violence de cette histoire et son caractère obsessionnel, Krzysztof Warlikowski manie des éclairages aussi bien rouge éclatant que vert crépusculaire.


Mais ce sont avant tout les miroirs semi réfléchissants qui permettent de disloquer le champ théâtral.
Selon l’angle d’attaque des lumières, la salle et l’avant scène se reflètent totalement, ou bien l’arrière scène se superpose aux reflets des glaces comme nos propres images mentales peuvent interférer.

 

Mireille Delunsch (Iphigénie)
 
Il faut reconnaître que la dimension confuse du dispositif peut égarer un peu le spectateur.
 
Il en ressort des scènes particulièrement malsaines comme le meurtre de Clytemnestre par Oreste exécuté par un acteur totalement nu et frappant sa mère à chaque fois que le chœur reprend « il a tué sa mère ».

 

Ce sont également des images de solitude poignante et de vide affectif (Iphigénie tenant son coussin au moment de choisir l’homme qu’elle épargnera) et enfin l’apaisement final après le meurtre de Thoas qui libère la prêtresse d’un poids écrasant.

 

Il y a deux ans, Maria Riccarda Wesseling avait été une Iphigénie adéquate à cette vision et prenait plaisir à chanter dans des postures inhabituelles. Mireille Delunsch se plie également à la volonté de K.Warlikowski mais de manière plus mesurée et plus inégale vocalement dans sa projection sonore. Le timbre accentue un sentiment d’angoisse étriquée.

 

Yann Beuron paraît un peu las mais toujours aussi doux et c’est surtout Stéphane Degout qui porte le duo d’hommes dont la force émotionnelle des dialogues reste scéniquement traitée avec beaucoup de pudeur.

 

Frank Ferrari est un Thoas absolument parfait par sa noirceur et les réactions de rejet qu’il dégage, et si Ivor Bolton tire des couleurs parfois scintillantes de l’orchestre il se laisse aussi emporter par le drame sans trop penser aux chanteurs.

 

Par David - Publié dans : Saison 2007/2008
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Samedi 31 mai 2008 6 31 /05 /2008 11:27

I Capuleti e i Montecchi (Bellini)

Représentations du 24 et du 31 mai 2008
Opéra Bastille

 

Direction musicale Evelino Pidò

Mise en scène Robert Carsen

 

Giulietta Anna Netrebko (24 mai)

             Patricia Ciofi     (31 mai)

Romeo Joyce DiDonato

Tebaldo Matthew Polenzani

Lorenzo Mikhail Petrenko

Capellio Giovanni Battista Parodi

 

Il est fort peu probable que Bellini aurait imaginé que près de deux siècles plus tard sa version de « Romeo et Juliette » puisse recueillir un tel succès. Il ne reste pas grand-chose du drame de Shakespeare et donc tout repose sur le savoir faire mélodique du compositeur et surtout les qualités vocales des interprètes.

Car « Les Capulets et les Montaigus » est un opéra créé pour de belles voix.
La force des sentiments liant les amants s’y exprime d’une manière telle que les déclamations initiales de Tebaldo, pourtant vaillantes un instant, pâlissent et s’effacent définitivement lors de leur premier duo.

 

Anna Netrebko était donc très attendue pour sa première apparition à l’Opéra de Paris, et indéniablement nous avons eu droit à un festival vocal.

La souplesse et la pureté des lignes portent parfois préjudice à l’élocution mais il y a chez la soprano russe un plaisir évident à jouer d’une puissance qui surprend tout spectateur et lui rappelle ainsi qu’il n’entend pas un chant d’une soudaine ampleur tous les jours. Surtout que la dame n’est pas avare de petits ornements de ci de là effectués avec une aisance stupéfiante.

Sans doute cela réveille t-il aussi une certaine nostalgie d’une époque où des chanteuses et chanteurs spectaculaires galvanisaient un public au bord de l’hystérie.


Anna Netrebko (Giulietta)

Seulement nonchalance et jeu scénique très prévisible contribuent aussi à diluer une impression d’indifférence et un état d’esprit tourné plus vers le démonstratif que vers l’identification à un personnage.

 

A cet égard Joyce Di Donato, qui s’était déjà révélée une interprète idéale de la fougue adolescente d’Idamante (Idomeneo), réédite une incarnation enflammée du rôle de Roméo avec une audace parfois très risquée. Elle est capable d’exprimer une variété de sentiments en une seule phrase traduisant ainsi le chaos intérieur des émotions au travers duquel l’élan chevaleresque et passionné du jeune homme reste imparable.

Les duos avec Giulietta sont à chaque fois des moments où le temps perd tout son sens à la manière des sensations d’enivrement. C’est très particulier et d’ailleurs dans cet opéra l’action importe peu.

 

A partir de l’endormissement de la fille de Capuleti, Joyce Di Donato devient affectée par une douleur incroyablement déchirante, le final où les deux femmes meurent étant un drame aussi bien pour l’œuvre elle-même que pour le spectateur qui se trouve privé de deux des plus belles voix qu’il ait entendu depuis longtemps.

Joyce Di Donato (Romeo)

Le triomphe fait aux deux chanteuses est sans appel. 

Mais soyons juste, Matthew Polenzani est sans doute un des meilleurs ténors capables d’interpréter Tebaldo.

 

C’est très étrange, l’émission est très affirmée et s’appuie sur un souffle d’une grande profondeur, mais en même temps les vibrations du timbre lui donnent comme une sorte de fragilité qui le débarrasse de toute arrogance.

C’est à l’occasion de Lucia di Lammermoor il y a deux ans que le chanteur s’était petit à petit affirmé dans le rôle d’Edgar. La belle assurance affichée aujourd’hui confirme la voie choisie.

 

Mikhail Petrenko et Giovanni Battista Parodi sont tout à fait bien dans leurs rôles, et ce n’est pas moi qui critiquerait le style trépidant de la direction d’ Evelino Pidò, bien que tenir le rythme n’a pas toujours semblé évident pour les choristes.

 


La mise en scène d’un Robert Carsen de jeunesse se concentre sur l’essentiel : le rouge des Capulets (parti des Guelfes lié au Pape) bras droit d’une religion oppressive et sanglante s’oppose au noir tout autant tragique des Montaigus (parti des Gibelins lié à l’Empereur).

Se distingue une belle idée qui consiste à laisser Giulietta endormie après avoir bu le breuvage somnifère tandis que les soldats morts se lèvent pour se réconcilier au cours d’un bref passage dans le monde des esprits.
 
Mais maintenant il reste à entendre la Giulietta de Patricia Ciofi , tragédienne née.


 

De retour donc à l’Opéra Bastille une semaine plus tard pour retrouver la chanteuse italienne remplaçante d’Anna Netrebko pour au moins trois soirs.
L’amateur de vérité humaine ne peut que sortir convaincu de cette représentation tant Patricia Ciofi possède le talent de rendre son personnage émouvant. D’aucun soulignera sans doute que sa Giulietta ressemble à Lucia ou Traviata, mais la manière dont l’auditeur est pris par l’interprétation diffère fortement du vécu le jour de la première.


                                                                                      Patricia Ciofi (Giulietta)



Si la soprano Russe jouait sur le pouvoir psychique de sa puissance virtuose et de sa beauté glamour, avec madame Ciofi le sentimentalisme de chacun est bien plus sollicité par la délicatesse de la voix, des gestes et de son regard tragiquement illuminé.

 

Toute la légèreté de l’aigu envahit la salle et révèle une pureté d’âme qui touche au cœur.

Le jeu avec Joyce di Donato (à nouveau passionnément exaltée) en est également plus caressant et sensuel.


Ce soir, Matthew Polenzani affiche encore plus de subtilité et laisse un peu de côté son caractère incisif.


L'intensité vécue par les spectateurs n'est que très justement retournée vers les artistes au rideau final en remerciement pour cette soirée mémorable.

 

 

Par David - Publié dans : Saison 2007/2008
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Mercredi 21 mai 2008 3 21 /05 /2008 00:24

Violetta Urmana (Salle Pleyel)
Récital du 20 mai 2008


Richard Wagner  Wesendonck-Lieder
Sergueï Rachmaninov
Kak mne bol’no, Vocalise, Dissonans, Zdes’ khorosho, Vesennije vodv
Richard Strauss  Frühlinsgedränge, Wasserrose, Wir beide wollen springen, Belfreit, Zueignung, Mit deinen blauen Augen, Schlechtes Wetter
Giacomo Puccini  Vissi d’Arte
Amilcare Ponchielli Suicidio
Giuseppe Verdi Pace, Pace


En voilà une découverte ! La soprano lituanienne possède des moyens qui lui permettraient de réussir un long vol dans les grands rôles italiens sans trop se poser de questions.

Et bien elle est venue ce soir montrer l’étendue de son répertoire et de ses affinités avant d’incarner Lady Macbeth à Bastille.

 

                Violetta Urmana


Car son timbre un brin acide suggère comme une sorte de lucidité, une émotion maîtrisée adéquate aux mélodies du XXième siècle, les aigus sidérants d’aplomb ne l’entravant même pas lorsqu’il faut aller chercher les graves les plus sombres du « Suicidio ».


Violon de Poulenc, Cäcilie de Strauss, Coplas de Curro Dulce d'Obradors et une chanson folklorique lituanienne en bis généreux, rares aujourd’hui sont les chanteuses capables d’offrir de telles étendues musicales (et l’on repense à Julia Varady).


Par David - Publié dans : Saison 2007/2008
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Lundi 19 mai 2008 1 19 /05 /2008 20:57

Angels in America (Tony Kushner)
Représentation du 17 mai 2008 (Théâtre du Rond Point)
Durée 5H45 mn (dont un entracte)


Andrzej Chyra Roy M.Cohn                      Tomasz Tyndyk Prior Walter
Jacek Poniedzialek Louis Ironson             Maciej Stuhr Joe Porter Pitt
Maja Ostaszewska Harper Amaty Pitt      Danuta Stenka Ethel Rosenberg
Boguslawa Schubert Hannah Porter Pitt    Rafal Mackowiak Belize
Magdalena Cielecka
the Angel                 Zygmunt Malanowicz Martine Heller


Mise en scène Krzysztof Warlikowski


Après le téléfilm de près de 6h réalisé par Mike Nichols en 2003 d’où jaillit un fantastique magnifique, puis l’opéra de Peter Eötvös mise en scène de manière fort émouvante au Châtelet en 2004, voici dont la version Warlikowski.


Aucun apitoiement ici ; le style est toujours aussi direct, violemment contradictoire lorsqu’il s’agit d’opposer les pulsions de Joe Porter Pitt à sa morale mormone, de montrer la nature oppressive du parti républicain ou d’exposer des êtres de chair.


Le metteur en scène réussit très bien à lier l’évolution du couple d’hommes et du couple mormon en entrelaçant leurs vies sur scène et leurs dialogues pour mieux montrer les forces communes qui les animent.

 

                                                                                                    Tomasz Tyndyk (Prior Walter)


L a rencontre entre Roy M Cohn et Ethel Rosenberg est un admirable parallèle avec la scène hallucinatoire d’Hermann face à la Comtesse dans « La Dame de Pique », et la transformation de Prior en Jésus à la chevelure enlaidie en dit long sur la manière dont la religion catholique peut faire porter toute sa propre culpabilité sur celui qu’elle juge comme le symbole du péché.


Et puis il y a cette ambiance sonore qui semble installer un faux confort mais dont nous sommes parfois sorti de manière brutale comme cet hymne américain version Metal et très agressif qui nous fait comprendre trop bien le sentiment de révolte envers l’Amérique républicaine.


An
drzej Chyra (M. Cohn) et Danuta Stenka (Ethel)



L’insertion des surtitres est en revanche moins bien réussie que dans les autres pièces de Warlikowski (beaucoup trop surélevés) et peut être aurait-il mieux valu couper du texte écrit pour permettre de lire l’essentiel.
Mais quelle vie sur scène !


Un  grand moment de frisson restera l’intervention de l’Ange avec sa voix surnaturelle et mystique.


 

                                                       
                                                                       Maciej Stuhr (Joe Porter) et Maja Ostaszewska (Harper Amaty)

 

De ce monde qui semble si vrai et chaotique, Prior Walter réssuscite enfin en costume bleu ciel et étincellant comme un grand soulagement.


Après Krum, Parsifal et Iphigénie en Tauride dans quelques jours, la saison 2007-2008 place Krzysztof Warlikowski au centre de la vie Théâtrale parisienne.

Profitons en car il semblerait que Nicolas Joël, futur directeur de l’Opéra de Paris compte se débarrasser de toutes les productions de l’artiste polonais. Pour le bonheur d’un public traditionnel, craintif et avide de confort sans doute.

 

Par David - Publié dans : Théâtre/Cinéma
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Mardi 13 mai 2008 2 13 /05 /2008 09:02

Genèse de l’œuvre

 

Après les trois premières représentations du Trovatore, Verdi retourne à Busseto et s’emploie à achever « La Traviata » pour La Fenice. Six mois de négociations en 1852 ont été nécessaires pour s’assurer que son exécution se ferait dans de bonnes conditions.

 

Francesco Maria Piave adapte le drame d’Alexandre Dumas fils « La Dame aux camélias » publié en 1848.

« La Traviata », premier exemple de drame bourgeois à fond vériste, est selon Verdi « un sujet de notre temps. Peut-être un autre ne l’aurait-il pas écrite à cause des costumes, à cause de l’époque, à cause de mille autres scrupules ridicules ».

Comme l’œuvre de Dumas, elle est tournée vers l’observation réaliste des modes de vie d’une société.

 

Pendant ce temps, Milan connaît en février 1853 des journées terribles.

L’échec du soulèvement inspiré par Mazzini conduit à des pendaisons et des fusillades. Pendant plusieurs jours, personne ne peut entrer ou sortir sauf les voyageurs et ceux qui approvisionnent la ville.

 

A vrai dire, Verdi est moins inquiet des évènements politiques que des nouvelles inquiétantes sur la troupe de chanteurs réunie pour « La Traviata ».

 

La première représentation, le 6 mars 1853 à Venise, est un four monumental : Salvini Donatelli est une prima donna plantureuse, mais lorsque son médecin lui annonce sur scène qu’elle n’a que quelques heures à vivre, l’hilarité devient générale.

 

L’été 1853 se passe en expériences sur « Le Roi Lear » et en octobre Verdi se rend à Paris pour reprendre les discussions avec  Roqueplan.

Il souhaite un temps rompre son engagement, irrité par les intrigues qui se nouent à ses dépens dans cette officine à scandales qu’est l’Opéra de Paris. D’ailleurs il ne propose pas « Le Roi Lear », sujet trop vaste, trop neuf pour une capitale où l’on ne comprend que les mélodies qu’on répète depuis vingt ans.

A la fin de l’année, la direction de l’Opéra de Paris lui remet alors le livret de Scribe des « Les Vêpres Siciliennes  ».

 

Mais Verdi n’a pas abandonné l’idée d’une revanche au sujet de « La Traviata ».

Il retouche quelques passages dans la partie vocale et les parties d’orchestres du second acte. L’action est plus resserrée. Le chef d’orchestre Antonio Gallo se charge d’être son impresario.

 

Le soir du 6 mai 1854 au Théâtre Gallo «  San Benedetto » de Venise, « La Traviata » ressuscite triomphalement.

 

La Traviata

 

A partir de 1852, les représentations de la « Dame aux camélias » d’Alexandre Dumas fils font pleurer les spectateurs parisiens.

Le personnage féminin, Marguerite Gautier, est inspiré de Marie Duplessis, fille de concierge devenue hétaïre (courtisane) que connu le dramaturge.

 

En 1789, la révolution française débarrasse la société paysanne des structures féodales, mais l’entrée dans l’ère moderne n’a véritablement lieu qu’en 1847 après la dernière crise économique de la monarchie de juillet.

La révolution industrielle transforme les hiérarchies sociales. Les entrepreneurs dépassent en richesses les propriétaires terriens et l’écart moyen de fortune entre un ouvrier et un industriel devient de 1 pour 10000 !

Deux nouveaux types sociaux apparaissent : le salarié et une bourgeoisie capitaliste.

Celle-ci est très attachée à la propriété, la famille et l’économie.

Le problème de l’héritage est important, l’essentiel étant de conserver la patrimoine familial.

 

Verdi entend décrire ces mœurs bourgeoises et sa morale hypocrite. Mais en Violetta, il faut plus voir Giuseppina Strepponi que La Dame d’Alexandre si l’on se souvient comment les habitants de Busseto considéraient l’amie du compositeur.

 

La trame de la Traviata se déroule à Paris vers 1844. Alfredo fils de bonne famille tombe amoureux de la courtisane Violetta au cours d’une soirée parisienne.

Tous deux s’installent à la campagne pour vivre leur bonheur.

Mais Germont, le père d’Alfredo, intervient pour accuser la jeune femme de dilapider la fortune de la famille, et d’empêcher le mariage de sa fille avec un homme fortuné, à cause du déshonneur qu’elle provoque.

Par amour, elle cède et envoie une lettre de rupture, sacrifice que ne comprend pas immédiatement Alfredo.

Elle tombe gravement malade. Germont décide alors d'écrire à son fils la vérité.

Violetta retrouve son amour pour un instant. Et elle meurt.
 

Par David - Publié dans : Verdi
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Lundi 12 mai 2008 1 12 /05 /2008 12:55

Un jeu d'enfant (Théâtre Tallia)

D'après "deux impromptus à loisir" de René de Obaldia

Représentation du 11 mai 2008

 

Avec Elsa Hammane, Olivier Nikolcic, Thomas Villani

Mise en scène Aurélie Schenert-Nardelli

 

Après avoir vu ce spectacle d'une heure et demie, il apparaît que le mode fantaisiste choisi par Aurélie Schenert-Nardelli convient parfaitement bien au récit extravagant de ces deux femmes qui cherchent à donner sens à leur vie autour du "Défunt".

 

Alors il est vrai que la transition avec la deuxième Impromptue, "L'Azote", ne paraît pas évidente.

Mais petit à petit, lorsque l'on prend conscience de son sujet, les inepties de la guerre, il est impossible de ne pas penser à la mise en scène récente de Parsifal par Krzysztof Warlikowski à l'Opéra Bastille.

En effet le deuxième acte se concluait dans une absurdité totale où Parsifal, prenant conscience de sa force après le baiser de Kundry, provoquait en toute innocence la destruction du monde de Klingsor, spectacle insensé se déroulant sous les yeux ahuris d'un enfant.

Dans les deux cas nous y voyons le danger de la glorification d'une certaine virilité par la guerre.

 

Et dans les deux cas également, la dénonciation des "Jeux d'enfants" de ces héros inconscients et de leurs conséquences, s'achève sur la réhabilitation des valeurs d'amour et de tendresse.

 

De ce jeu de masques qui évoque tant Glenn Close se démaquillant lors de la scène finale des "Liaisons dangereuses" (Stephen Frears), Elsa Hammane trouve des expressions du visage réjouissantes et sans cesse variées, tandis que ses deux partenaires masculins,Olivier Nikolcic et Thomas Villani, doivent composer avec des rôles totalement à contre emploi : une femme et une brute épaisse.

 Du drôle sur des sujets graves en somme.

 

En avril et mai 2008, le samedi à 17H00, et le dimanche à 19H30

Réservation théâtre Tallia   

40, rue de la Colonie, Paris   Métro : Tolbiac

Par David - Publié dans : Théâtre/Cinéma
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Samedi 10 mai 2008 6 10 /05 /2008 09:16

Genèse de l’œuvre

 

Après les trois premières représentations de Rigoletto, Verdi retourne à Busseto.

C’est pour lui une épreuve de plus de retrouver sa mère gravement malade. Elle meurt le 30 juin 1851.

 

A la fin de l’année il quitte  Busseto pour Paris avec la Strepponi, façon d’échapper aux médisances qui circulent sur leur compte.

Car son amie est peu acceptée par la population de son village ; aussi écrit-il les paroles suivantes au père de sa défunte femme, Margherita Barezzi : « Vous vivez dans un pays où les gens ont la mauvaise habitude de s’immiscer souvent dans les affaires d’autrui et de désapprouver tout ce qui n’est pas conforme à leur idées …. Une femme habite chez moi. Elle est libre, indépendante, elle aime, comme moi, une vie solitaire qui la mette à l’abri de toute obligation. Ni moi, ni elle ne devons rendre compte de nos actions à qui que ce soit».

 

De son passage dans la capitale française, Verdi laisse l’engagement ferme de composer un opéra en quatre ou cinq actes sur un livret de Scribe pour la fin de l’année 1854 (ce seront «Les Vêpres Siciliennes  »).

 

De retour à Busseto en mai 1852, les peines se succèdent ; le vieux père de Verdi tombe gravement malade, et Salvatore Cammarono, chargé de travailler sur le livret du « Trovatore », meurt le 17 juillet 1852. C’est le poète napolitain Leone Emanuele Bardare qui reprend la tâche.

L’ouvrage s’inspire du drame avec lequel Antonio García Gutiérez, poète espagnol eut un grand succès lors de sa parution en 1836.

 

C’est donc dans cette période douloureuse que le compositeur termine dans les moindres détails la musique de l’opéra qui met le mieux en valeur les qualités particulières de son esprit et de son âme.

L’œuvre est voilée de mélancolie et le poids de la solitude dans laquelle il s’enferme y est pour beaucoup.

 

D’abord prévu pour Naples, mais depuis « Luisa Miller » Verdi est définitivement fâché avec la direction du théâtre, « Il Trovatore » est cédé au Théâtre Apollo de la ville de Rome.

 

Puis en août 1852, Louis-Napoléon Bonaparte devenu président de la république nomme Verdi Chevalier de la Légion d’Honneur. C’est son ministre de l’intérieur, Léon Escudier, qui se rend en personne en Italie pour remettre les insignes de l’Ordre.

 

Verdi arrive à Rome pour Noël. Il compte avancer la composition de Traviata un sujet simple qu’il prévoit pour Venise, mais ses rhumatismes le reprennent et il ne peut suivre que difficilement les répétitions.

 

Le soir du 19 janvier 1853, « Le Trouvère » est accueilli triomphalement.

 

Le Trouvère

 

Le 31 mai 1410, Martin Ier l’Humain meurt à Barcelone sans descendance.

Son règne sur le trône d’Aragon est marqué par le Grand Schisme d’Occident.

En effet, depuis 1394 Pedro di Luna, originaire d’Aragon, est le nouveau Pape d’Avignon sous le nom de Benoît XIII en même temps que le Pape Boniface IX s’installe à Rome.

 

L’impossibilité de l’Eglise à résoudre cette bicéphalie pousse la France à soustraire son obédience et à intervenir pour destituer le Pape avignonnais.

Martin d’Aragon intervient alors militairement pour le soutenir, mais Benoît doit fuir en 1403.

 

A la mort du roi, la guerre de succession pour la couronne d’Aragon éclate.

Jacques, comte d’Urgel, semble être le plus légitime successeur, mais Louis Duc d’Anjou et Ferdinand d’Antequera revendiquent eux aussi cette charge.

Pour compliquer les choses, le royaume se divise en plusieurs factions ; notamment les Heredia, ennemis des Urgels, s’opposent aux Luna qui défendent avec ferveur le comte.

 

En 1412, réfugié à Peñíscola, Benoît XIII propose un compromis en réunissant neufs arbitres à Caspe ; sont représentés l’Aragon, Valence et la Catalogne.

Le Pape soutenant Ferdinand, ce dernier est élu à 7 voix contre 2.

Ce choix déclenche la révolte de Jacques d’Urgel, qui est vaincu et tué.

 

Dans Il Trovatore, Manrico est décrit comme un officier de l’Armée d’Urgel et le Comte de Luna décrit comme résident du Palais Royal d’Aljaferia à Saragosse (ici Luna et Urgels sont opposés).

C’est d’ailleurs dans ce Château que Martin Ier fit  transférer le Saint Calice avec le soutien de Benoît XIII.

 

La trame de l’œuvre raconte les amours contrariés de Leonore, Dame d’honneur de la Princesse d’Aragon, et de Manrico, le Trouvère recueilli et élevé par la Gitane Azucena.

 

Le Comte de Luna, courtisan de Leonore, eût un frère qu’une sorcière condamna à mourir encore au berceau.

Brûlée vive, sa fille réussit par vengeance à enlever le bébé.

Peu après, un nourrisson fût trouvé calciné.

 

Devenu le maître de Saragosse, le Comte est maintenant non seulement opposé politiquement à Manrico, mais il est aussi son opposant pour l’amour de Leonore.

 

Au cours d’une scène hallucinante, Azucena révèle à Manrico qu’il n’est pas son vrai fils car c’est elle-même qui jeta son propre fils dans les flammes pensant être celui du vieux Comte (le Père de Luna).

 

Manrico et Leonore se réfugient dans la place forte de Castellor pour s’y marier.

Mais la capture d’Azucena lors du siège du château par le comte de Luna oblige le Trouvère à intervenir. Il est fait prisonnier.

 

De retour à Aljaferia, Leonore rejoint Manrico à la prison et s’empoisonne pour ne pas être liée au Comte.

Furieux, ce dernier ordonne de tuer son amant ; Azucena lui révèle alors que c’est son frère.
 

Par David - Publié dans : Verdi
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Mardi 6 mai 2008 2 06 /05 /2008 20:00

La Fida Ninfa (Vivaldi)

Représentation du 05 mai 2008 (Théâtre des Champs Elysées)


Veronica Cangemi,
Morasto
Sandrine Piau, Licori
Philippe Jaroussky, Osmino
Barbara di Castri, Giunone, Elpina
Topi Lehtipuu, Narete
Lorenzo Regazzo, Eolo, Oralto


Ensemble Matheus

Jean-Christophe Spinosi, direction


C’est avec un sens immense de la nuance, un raffinement proche de la préciosité que Jean Christophe Spinosi et l’ensemble Matheus nous ont installé d’emblée dans un état d’esprit béat.

 

            Veronica Cangemi

 

Il y eut bien sûr les subtiles coloratures de Sandrine Piau, la légèreté des envolées de Topi Lehtipuu, les vocalises à n’en pas finir de Veronica Cangemi, porteuse également d’une intensité dramatique d’une vérité toujours touchante, l’inaltérable candeur de Philippe Jaroussky, mais surtout une présence énigmatique, une âme qui fait corps entre tous les artistes et le public pour aboutir à cette sorte d’enchantement qui laisse chacun encore tout étourdi au sortir du théâtre.


Mystère, mystère, mystère !

Par David - Publié dans : Saison 2007/2008
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