Samedi 6 octobre 2007 6 06 /10 /2007 13:43
Bartoli.jpg Rencontre avec Cécilia Bartoli

Le 06 octobre 2007
Théâtre des Champs Elysées.
 

Le mois dernier Eve Ruggieri nous apprenait que c’est à l’occasion du 10ième anniversaire de la disparition de Maria Callas que furent découvertes à l’Opéra Garnier une jeune soprano colorature, Sumi Jo, et une jeune mezzo-soprano di agilita, Cécilia Bartoli.

Toutes deux avaient remporté le prix de la fondation Maria Callas.

Alors qu' Herbert von Karajan demanda à rencontrer la première, Daniel Barenboïm prit contact avec l’interprète virtuose de la Cenerentola pour l’engager.

20 ans plus tard exactement,  Cécilia Bartoli est la première invitée d’une série de rencontres organisée par Dominique Meyer.

Durant une heure, le rappel de son parcours est le prétexte à une évocation de l’Italie, Rome, ses places, ses ruelles, son soleil d’une manière radieuse et dans un français impeccable.

Il va falloir retrouver le titre de l’air de Mendelssohn que l’on a eu le plaisir d’écouter, modèle d’évolution du style baroque vers le bel canto.

Par David - Publié dans : Conférences
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Jeudi 4 octobre 2007 4 04 /10 /2007 13:05
opera-115a.jpg Roméo et Juliette (Hector Berlioz)
Répétition générale du 03 octobre 2007
Opéra Bastille

Chorégraphie Sasha Waltz
Direction Valery Gergiev
 
Juliette Aurélie Dupont
Ekaterina Gubanova
Roméo Hervé Moreau
            Yann Beuron
Frère Laurent Wielfried Romoli
            Mikhail Petrenko
 
Il y a quelques mois, Arte diffusait un reportage ("Le Jardin des Délices") sur la chorégraphe allemande dont les spectacles sont devenus un "Must" à Berlin.
Derrière beaucoup de modestie et d'énergie se dévoile alors un sens de la vérité humaine poignant.
C'est dire que ce "Roméo et Juliette" est attendu et le remplissage complet de l'opéra Bastille jusque dans les hautes places des galeries lors de la dernière répétition en témoigne.
 
Dans un univers symbolique, horizon noir infini cernant deux simples dalles, Sasha Waltz exprime dans chaque tableau du drame les effusions amicales, les intimidations mais comme si il y avait quelque chose de vain, de désordonné voir loufoque (ironie qui n'est pas sans rappeler celle de Christophe Marthaler).
Gergiev est par ailleurs plus sec et brutal dans la première partie que pendant toute la suite.
 
Le cœur de la représentation reste pour moi la scène du balcon où Juliette et Roméo se retrouvent dans un duo bouleversant d'humanité, de spontanéïté et se révèle une irrésistible figuration du bonheur adolescent. Mais ce n'est qu'un songe.
 
Romeo-copie-1.jpg
                   Aurélie Dupont et Hervé Moreau

Petit à petit l'impossibilité de ce rêve et la tristesse qu'elle déclenche amorcent les premiers mouvements du plateau. Le moment où le filtre est bu par Juliette se cale sur un accord terrible, laissant Roméo en proie à la violence et au désespoir.

Le final, peut être moins fort malgré la double veille Roméo sur le corps de Juliette puis Juliette sur le corps de Roméo, est emporté par les choeurs et un Mikhail Petrenko splendides.
  
Voir également la présentation de l'œuvre par Gerard Mortier.
 
Par David - Publié dans : Saison 2007/2008
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Lundi 1 octobre 2007 1 01 /10 /2007 13:31
Maria Stuarda (Donizetti)
Version de concert du 30 septembre 2007 (Théâtre des Champs Elysées)
 
Marie Stuart Ruth Ann Swenson
Elisabeth Iano Tamar
Leicester Dario Schumk
Talbot Giovanni Furlanetto
Cecil Lionel Loth
Paula Gardino Anna Kennedy
 
Orchestre et choeurs de l'Opéra National de Lyon
Direction Evelino Pidò
 
Dès l'ouverture la cavalcade est lancée entraînant les trémoussements que l'enthousiasme de quelques uns ne peut retenir.
Puis l'attente du duel entre les dames s'établit car seule Elisabeth se découvre au premier acte.
Iano Tamar n'a peut être pas l'ampleur vocale que l'on pourrait attendre d'une reine et se laisse parfois submerger par l'orchestre. En revanche la séduction de ce timbre pas assez sombre pour franchement l'identifier comme mezzo mais aux aigus implacables est un atout dont l'évolution vers les emplois plus dramatiques est digne d'intérêt .
 
Vous connaissiez Dario Schumk ? Moi pas. Car nous avons découvert un ténor franc, viril, jamais en peine et se posant hardiment face à la salle. Si le timbre est relativement commun, le chanteur a donné l'impression d'un tel sens de l'anticipation musicale que rarement j'ai ressenti tant d'harmonie entre chant et discours orchestral.
Avec beaucoup de noblesse Giovanni Furlanetto oppose également un Talbot ferme et convaincant.
 
Et enfin le suspens se lève sur le château de Fotheringhay. Ruth Ann Swenson illumine avec beaucoup de chaleur et de poésie la scène mais certaines difficultés avec la partition sont visibles. L'auditoire paraît d'ailleurs plus exigeant avec elle qu'avec ses partenaires.
Les vocalises vertigineuses ne sont certes pas au rendez vous, cependant elle dégage une candeur qui n'en rabaisse que d'avantage l'esprit de son adversaire.
 
Bien entendu, Evelino Pidó en fait un peu trop, danse même avec ses chanteurs au risque d'en fatiguer certains avec ses débordements d'énergie.
 
Alors s'il est vrai que la vérité tragique de l'oeuvre ne s'est pas invitée à cette soirée, la générosité de ces chanteurs tous excellents musiciens, leur plaisir d'être présent là face au public constituent un petit détournement de l'œuvre de Donizetti pour créer un vrai moment d'évasion.
Par David - Publié dans : Saison 2007/2008
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Mardi 25 septembre 2007 2 25 /09 /2007 12:45
Mardi 02 octobre 2007 sur France 2 à 01h25
Musique à Versailles (Musique au cœur Eve Ruggeri)
Invités Philippe Beaussant, Benoît Dratwicki et Olivier Baumont
Œuvres de Marais, Charpentier, Rossi…..
 
Mardi 09 octobre 2007 sur France 2 à 01h10
La Pietra del Paragone (Rossini)
Sonia Prina, Jennifer Holloway, Laura Giordano, Christian Senn, François Lis
Direction Jean-Christophe Spinosi
Enregistré au Châtelet en janvier 2007
 
Samedi 13 octobre 2007 sur Arte à 22h30 (durée 1h50)
L'Orféo de Monteverdi
Avec Stéphane Degout, Sunhae Im, Marie-Claude Chappuis, Arlene Rolph, Sergio Foresti.
Enregistré au Staatsoper Unter den Linden Berlin en février 2007
 
Samedi 20 octobre 2007 sur Arte à 22h30 (durée 1h30)
Deux siècles de musique à Versailles
En direct de la galerie des glaces.
Œuvres de Lully, Charpentier, Rameau et Gluck
 
Dimanche 21 octobre 2007 à 0h55 sur ARTE
Les Paladins (Rameau)
Par l’ensemble Les Arts florissants, direction William Christie.
Avec Topi Lehtipuu, Stéphanie Oustrac, Laurent Naouri.
Mise en scène José Montalvo. Théâtre du Châtelet.

Dimanche 21 octobre 2007 sur Arte à 19H00 (durée 45 mn)
La Petite Musique de Marie-Antoinette
 
Samedi 27 octobre 2007 sur France 3 à 23H05
L'Heure de l'Opéra, magazine de Alain Duault.
Invités : Natalie Dessay, Rolando Villazon, Inva Mula
Puis à 00h05
Manon de Massenet
Enregistré au Liceu avec Natalie Dessay et Rolando Villazon
Mise en scène David McVicar

 
Par David - Publié dans : TV Lyrique
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Dimanche 23 septembre 2007 7 23 /09 /2007 09:58
Soirée littéraire « Les femmes de Barbe-Bleue »
Amphithéâtre de l’Opéra Bastille
Samedi 22 septembre 2007
 
BarbeBleue.jpg Avec la participation des écrivains Brigitte Paulino-Neto (Jaime Baltasar Barbosa), Linda Lê (In Memoriam), Erwin Mortier (poèmes), Emmanuel Carrère (L’Adversaire), et de l’acteur Jonathan Drillet.
 
Musiciens de l’Orchestre de l’Opéra National de Paris
Emmanuel Ceysson (Harpe), Frédéric Chatoux (Flûte), Laurent Vernet (Alto).
 
Production Behoud de Bergeerte
 
Une harpe sous les lueurs bleutées, ambiance apparemment favorable à la poésie, à priori l'idée d’un traquenard ne peut venir à l’esprit de personne
J’écoute alors sagement Brigitte Paulino-Neto, puis Linda Lê avant que n’intervienne Erwin Mortier dont les poèmes en allemand évoquent tant ceux que la récitante de la Fura del Baus avait lu pour la Flûte Enchantée du festival de la Ruhr. 
Tout le charme est dans les sonorités, la manière dont les sons se libèrent.
Entre chaque lecture, Syrinx, puis la sonate pour flûte, alto et harpe de Debussy constituent des interludes bienvenus, nous sommes ici dans l’univers musical de Paul Dukas.
 
Jonathan Drillet se pose alors à son tour, une caméra projette son visage en arrière plan si bien que les mouvements de la bouche en sont amplifiés alors que les yeux se cachent dans les ombres.
Abordant une attitude d’homme témoignant sans la moindre émotion devant un tribunal, les extraits de « Gilles et la Nuit » d’Hugo Claus exposent les détails de violences et d’abus faits sur des enfants.
Gilles de Montmorency (Baron de Rais, compagnon de Jeanne d’Arc et surnommé Barbe-Bleue) montre une fascination pour un morbide extrêmement dérangeant.
Pour éviter d’être prisonnier de hauts le cœur, je cherche à ne plus faire attention aux mots et faire surgir un sentiment d’admiration pour ce très difficile rôle d’acteur.
Un des musiciens particulièrement ébranlé s’absente même quelques minutes.
 
Et ce n’est pas fini, les images du film de Nicole Garcia « L’Adversaire » nous maintiennent dans ce paroxysme de la démence avant qu’Emmanuel Carrère ne conclue sur quelques passages du livre.
 
Poésie, désirs brûlants et violence sordide constituent donc l’univers de ce Barbe-Bleue pour un public pas forcément averti.
Par David - Publié dans : Conférences
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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /2007 12:12
Capriccio (Richard Strauss)
Représentation du 17 septembre 2007
Opéra Garnier
 
Direction musicale Harmut Haenchen
Mise en scène Robert Carsen
 
Le Comtesse Solveig Kringelborn
Flamand Charles Workman
Clairon Doris Soffel
La Roche Jan-Hendrik Rootering
Le Comte Olaf Bär
Olivier Tassis Christoyannis
 
La reprise de la production qui acheva de façon éblouissante la période Hugues Gall va-t-elle inaugurer tout aussi brillamment la quatrième saison Mortier ?
Pas tout à fait en vérité. 

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   L'atmosphère si intime de l'œuvre est toujours là, l'entrelacement de l'argument musical et poétique avec les indécisions du cœur conserve la même force de suggestion, et enfin le double lever de rideau de la scène finale enchante tout autant.
 
   De plus, pour mon bonheur en tout cas, Charles Workman anime un compositeur touchant, un chant sincère et rêveur.
Je le surnommerais bien "double crème" lui aussi mais madame Fleming a déjà déposé l'appellation.
Timbre très accrocheur.
 

 Doris Soffel (Clairon)                                                                               Charles Workman (Flamand)

Olaf Bär fait surtout de la présence et court après Doris Soffel, Clairon exagérément cassante, presque maléfique. Mais aime t-elle ce rôle ?
Aucun doute sur ce point concernant Jan-Hendrik Rootering, le personnage de La Roche lui plaît, l'âme y est mais sa voix me touche peu : sonorités voilées, monotones et souvent trop basses.
 
Comtesse délicate, Solveig Kringelborn se fait instable mais pas trop, ne s'extériorise qu'au final et porte de très jolis filets de voix qui se fondent bien avec le tissu orchestral. Je suis sûr qu'elle peut être plus poignante.
 
Harmut Haenchen aime la luxuriance et semble noyer certains détails.
La lenteur n'était peut être pas si indispensable dans l'ultime séquence.

Et puis, à la fin de l'ouvrage, chacun sort de la salle pour longer les colonnes du grand escalier et se donner l'illusion de poursuivre le spectacle.

             Solveig Kringelborn (la comtesse Madeleine)

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Par David - Publié dans : Saison 2007/2008
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Lundi 17 septembre 2007 1 17 /09 /2007 09:00
Genèse de l’œuvre
 
Depuis les répétitions d’ « Ernani», Verdi rêve de mettre en musique « Attila » et depuis Naples il prie Solera de s’activer d’autant plus qu’il le considère comme seul capable de donner vie à ce conquérant sanguinaire.
Déjà en mai 1845, Léon Escudier, rédacteur en chef du journal « La France Musicale » est venu à Milan et a obtenu du compositeur la propriété pour la France de toutes ses œuvres écrites en Italie.
Signe de la grande honnêteté de Solera, lorsque Nabucco est autorisé au Théâtre Italien de Paris, Vatel, son directeur, se trouve dans l’obligation de s’acquitter d’une somme de 1000 francs à un homme se déclarant l’auteur du mélodrame. Verdi n’ignorait pas ce fait.
 
A cette époque, Paris est la capitale musicale de l’Europe. « L’Attila pour le grand Opéra de Paris, comme cela serait beau » confie t-il à Escudier. C’est trop tôt mais ce dernier prépare le terrain et contacte Pillet, le directeur de l’ « Académie de Musique ». La contrainte d’un livret en français obtient un rejet de la part de Verdi.
Ernani, représenté sous le titre « Le proscrit » à cause de l’opposition de Victor Hugo est très bien accueilli au Théâtre des Italien.
 
Mais avec Attila, Verdi revient à l’expression de son amour pour la patrie. Et les hommes qui préparent le Resorgimento connaissent la portée de l’action du compositeur.
Lors de la soirée du 17 mars 1846, la Fenice acclame l’œuvre mais aussi tout le patriotisme qui en émane. On accompagne Verdi chez lui avec des couronnes, des orchestres, des torches et le lendemain la Gazetta de Venise publie des louanges dithyrambiques.
 
Attila
 
A partir des années 370, la pression sur les frontières nord de l’Empire Romain s’accroît dramatiquement.
Les Huns, peuple nomade Turc parti des steppes d’Asie orientale au climat trop difficile pour établir un art de vivre agricole et sédentaire, se dirigent vers l’ouest. Leur cavalerie manie l’arc de façon redoutable, leur puissance déstabilise les tribus germaniques rendant l’invasion de l’Empire inévitable.
 
Etabli sur les plaines hongroises au prix de la destruction des Ostrogoths d’Ukraine, Attila entraîne les Huns en direction de la Gaule en 451 mais est défait aux champs Catalauniques (quelque part en Champagne) par une coalition de Romains, Wisigoths, Francs et Burgondes conduite par Aetius.
 
Il poursuit alors sur l’Italie qu’il pille en 452. Aquilée, située sur la côte adriatique est détruite. Le Pape Léon Ier obtient toutefois que Rome soit épargnée.
Attila meurt en 453 et son empire disparaît avec lui.
A l’est, un autre peuple Hun envahit la Perse et l’Inde empêchant ainsi les Sassanides de tirer avantage des déboires Romains. Les Guptas sont détruits à la fin du Vième siècle.
 
L’Opéra se situe après la bataille d’Aquilée.
Attila détient des prisonnières de la cité ravagée menées par l’impressionnante Odabella. L’émissaire de Rome, Ezio (le général Aetius), lui propose d’épargner la capitale et de conserver le reste du monde. Refus net. Mais un rêve affole Attila, il accepte ainsi la trêve avec Rome.
La situation rebondit avec Foresto, rescapé également d’Aquilée et amoureux d’Odabella. Il propose à Ezio d’attaquer les Huns après avoir empoisonné leur chef.
 
Sauvé par sa prisonnière, Attila prépare une riposte lorsque les hurlements des Romains attaquant son camp lui révèlent l’intention meurtrière d’Odabella : le tuer de sa propre main.
 
Attila est une œuvre sincère, ardente et directe.
Le déploiement de la partie orchestrale s’enrichit de descriptions empruntées à l’Ode symphonique de Félicien David, « Le désert » dont la beauté s’insère dans le lever de soleil du prologue.
 
Par David - Publié dans : Verdi
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Mercredi 12 septembre 2007 3 12 /09 /2007 11:47
L'Elixir d'Amour (Donizetti)
Répétition générale du 11 septembre 2007 à l'Opéra Bastille
 
003-copie-1.jpg Mise en scène Laurent Pelly
Direction Evelino Pidò
Adina Désirée Rancatore
Belcore Laurent Naouri
Dulcamara Ambrogio Maestri
Nemorino Dmitry Korchak
 
002.jpg Avec cette 4ième série de représentations réparties sur trois saisons la lassitude risque fort d'être la fidèle compagne du soir même si de petites loufoqueries viennent s'improviser.
 
Heureusement Evelino Pidò distille toujours un piquant dans ses interprétations. L'ouverture peut sembler exagérément dramatique mais très vite le chef aligne l'orchestre sur un discours rythmé avec le soucis de ne jamais ralentir l'entrain.
 
Laurent Naouri reprend avec facilité un Belcore grossier et étranger à toute délicatesse.
Reconnaissons que la manière de caler sa gestuelle sur la musique est réjouissante.
 


Il y cependant des chanteurs qui laissent perplexes et Dmitry Korchak fait parti de ceux-là. Honnêtement le timbre est sans intérêt, presque amer. En revanche, la justesse est irréprochable et le jeune homme au physique plutôt agréable porte son personnage à un niveau de gaucherie qui ne le rend jamais ennuyeux.
 
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                                                              Désirée Rancatore (Adina)

Egalement présent lors de la création avec Laurent Naouri, le gigantesque Ambrogio Maestri tant par les proportions physiques que vocales emballe la salle dès son arrivée à la cinquième scène.
Mais il va se faire voler la vedette par Désirée Rancatore; Adina fort honnête aux graves parfois étranges, c'est une formidable transformation qui s'opère lorsqu'elle retrouve son amoureux désabusé après "Una furtiva lacrima".
"Nel dolce incanto del tal momento" initie un festival de vocalises, clin d'oeil à l'esprit de la poupée Olympia d' Offenbach, un feu d'artifice qui paraît sans limite et laisse le spectateur complètement ahuri.
Par David - Publié dans : Saison 2007/2008
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Samedi 8 septembre 2007 6 08 /09 /2007 08:26
Genèse de l’œuvre
 
Invité à mettre en scène « Giovanna d’Arco » à Rome, Verdi ne peut s’y rendre à cause de son état de santé affecté par des problèmes d’estomac.
Seulement il a promis un autre opéra pour le San Carlo de Naples. Il doit être représenté en juin 1845 et visiblement les enjeux sont trop importants pour prendre ses certificats médicaux en considération.
Il s’attelle donc à la tâche mais son librettiste Cammarono se traîne également, si bien que début mai le compositeur n’a toujours rien reçu du deuxième acte et devra attendre mi-juin pour disposer de l’ensemble des vers.
 
« Alzira » est inspiré de la tragédie d’ « Alzire » de Voltaire. L'histoire en est réduite mais ce qui plait ici très sincèrement à Verdi tient simplement dans l’expression d’un sentiment religieux auquel il est sensible.
Et s’il paraît paradoxalement en conflit avec l’église c’est à cause de ses interférences très concrètes dans la vie des hommes au mépris de leur liberté et parfois avec violence.
 
Ainsi, bien qu’inspiré par le thème il ne va pouvoir consacrer que 26 jours à son élaboration musicale et fin juin il part pour les répétitions à Naples.
 
Le public se bouscule à la première le 12 août 1845. L’accueil est mitigé, Verdi reconnaît lui-même que cet opéra ne lui a pas donné de peine. Seulement il renonce à le modifier de peur de faire pire.
 
Plus tard il en dira « Pour cet opéra là, il est franchement mauvais ».
 
Alzira
 
Au début du XVième siècle, la conquête du nouveau monde dans laquelle Charles Quint engloutit toutes les ressources espagnoles, s’étend à une vitesse accrue par l’existence de solides structures politiques et des réseaux de communications étendus.
 
Parti depuis Panama en 1526, Francisco Pizarro explore la côte Pacifique et entre en contact avec l’empire Inca qu’il conquière définitivement en 1535.
 
Les tribus américaines sont divisées, sensibles aux maladies européennes si bien que quelques années suffisent à attribuer aux colons les mines d’or et d’argent destinées à une exploitation intensive.
 
Dans le livret d' Alzira, le gouverneur espagnol Alvaro a installé son palais à Lima. Ses troupes subissent les harcèlements constants des Indiens qui organisent une importante offensive de libération.
Fait prisonnier, il est pourtant gracié par l’Inca Zamoro. 
De retour à la capitale il confie le pouvoir à son fils, l’impitoyable Gusmano. Celui-ci retient Alzira captive mais même l’arrivée soudaine de Zamoro ne peut l’affranchir. 
Relâché grâce à Alvaro, il est cependant repris après une sanglante bataille puis aidé dans son évasion. 
Lors des noces de Gusmano et Alzira, sa main frappe mortellement Gusmano qui révèle une foi telle qu’il pardonne à son meurtrier.
Par David - Publié dans : Verdi
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Mercredi 5 septembre 2007 3 05 /09 /2007 13:23
La Damnation de Faust (Berlioz)
Concert du 04 septembre 2007 à la salle Pleyel
 
Faust   Marcello Giordani
Marguerite    Yvonne Naef
Méphistophélès    José Van Dam
 
Tanglewood Festival Chorus
Chef de Chœur John Oliver
 
Boston Symphony Orchestra
Direction James Levine
 
Le BSO et les chœurs ont brillamment ouvert la nouvelle saison lyrique parisienne.
Il se dégage ainsi une luxuriance symphonique, des effets ondulatoires d'une très grande légèreté et de la réussite dans les passages les plus spectaculaires.
C'est sans doute sur ce dernier point que je préfère James Levine. Car la subtilité n'est pas toujours au rendez-vous, marche hongroise bruyante, cuivres toniques mais trop abrupts et des constrastes limités dans les accords les plus graves de la partition.
 
Côté solistes, Marcello Giordani fait honneur à l'harmonie du chant français jusque dans le haut médium. Au delà, nous souffrons avec lui, cette faiblesse dans les aigus étant connue depuis I Pirata au Châtelet en 2002.
 
YNaef.jpg     Yvonne Naef se livre régulièrement à de petites désynchronisations dans l'expression du texte, c'est donc plutôt de l'étendue de la voix et de ses couleurs claires qu'il faut profiter.
"D'Amour, l'ardente flamme" reste néanmoins monotone.
 

Sacré José Van dam! Dans une même phrase il s'amuse à varier des graves poitrinés puis des graves retentissants. Ce n'est pas très élégant mais le caractère y est. Au moins l'on peut dire qu'il vit son Mephisto.


Acoustiquement bien mises en valeur, la fulgurance et les nuances du chœur font à elles seules l'âme de cette première soirée vécue pour ma part avec une certaine distance.


    Yvonne Naef (Marguerite)

Par David - Publié dans : Saison 2007/2008
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Lundi 3 septembre 2007 1 03 /09 /2007 23:40
La modernité à l’Opéra : Jacques Rouché (1914-1945)
Bibliothèque de l’Opéra Garnier. Jusqu’au 30 septembre 2007
 
A quelques jours de l’ouverture de la saison 2007/2008 de l’Opéra de Paris, c’est un peu une prérentrée lyrique que nous propose le Palais Garnier. Une toute modeste exposition retrace les 31 ans d’administration de ce directeur dont la carrière est déjà évoquée dans l’article L’Opéra à Paris de 1900 à 1980..
 
D’abord la paperasse avec ces comptes négatifs jusqu’à 2.400.000 francs par an à la charge de Rouché
Généreux mécène mais pas au point d'accepter les abus, seule la menace de sa démission contraint l’état à une revalorisation de la subvention.
 
Puis les lettres marquées de l’ère Pétain, la convocation au serment de fidélité, les demandes du ministère aux questions juives et les justifications du directeur pour éviter le licenciement d’un ouvrier juif.
 
L’effrayante affiche rouge de la Damnation de Faust frappe les esprits lorsque le Théâtre réouvre ses portes le 24 août 1940. Le régime impose en outre 4 œuvres allemandes par saison.
 
Malgré tout, Haut fonctionnaire de l’état, Jacques Rouché doit exclure une trentaine d’artistes et membres du personnel et réussit à maintenir le décorateur Ernest Klausz jusqu’en 1943.
A la libération, résistants et syndicalistes lui apportent leur soutien lorsqu’il doit rendre compte de ses agissements.
 
Ensuite les photographies des ballets de Serge Lifar, nommé Maître de ballet depuis 1930, représentent quelques unes de ses 32 créations auxquelles participaient compositeurs et décorateurs contemporains (« Le festin de l’araignée » ou « Bacchus et Ariane » d’Albert Roussel par exemple).
 
Pour Rouché, attaché aux décors de peintres, la modernité se décline dans la recherche d’une unité entre décors, costumes et musique. La profusion de détails de la maquette qu’Alexandre Benoît imagine pour le Coq d’Or de Rimsky-Korsakov est aussi stimulante pour les yeux que les beautés envoûtantes de l’oeuvre.
 
Le directeur néglige un peu la mise en scène qu’il confie souvent au régisseur Pierre Chéreau mais supervise tous les spectacles et s’implique particulièrement dans l’Œdipe d’Enesco.
Il prend à cœur de promouvoir les œuvres contemporaines : elles représentent 60% de son répertoire pour un tiers des soirées.
ChevRose.jpg




Seul le Chevalier à la Rose se place parmi les 10 meilleurs succès de l’Opéra (peinture de décor ci-contre).
 




En 1936/1937 il déclare aux abonnés « J’ai seulement à déplorer le peu de curiosité manifeste pour les œuvres nouvelles ». 
Cette mission de présenter des compositeurs contemporains est d’ailleurs plus dictée par lui-même que par la tutelle.
 
Le parcours s’achève sur un documentaire de 25 minutes produit par René Hervouin en 1944 « Une journée à l’Opéra » : la vie de l’établissement sous ses angles les plus favorables.
 
J’imagine sans peine que si Gerard Mortier ne partage pas forcément le goût des concrétisations scéniques de Rouché (notre directeur flamand est peu sensible à la peinture de son aveu même), son estime pour un directeur tenace dans la résistance à l'esprit de conservation est évidente.
C'est aussi une source de questionnement face aux choix qu'il dut faire.
Par David - Publié dans : Art
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Samedi 1 septembre 2007 6 01 /09 /2007 07:37
Genèse de l’œuvre
 
De retour à Milan, le musicien n’a pas le temps de souffler. La collaboration Verdi-Solera est relancée pour la composition d’un opéra en un temps record.
Il s’agit cette fois de partir d’une pièce d'un écrivain allemand du XVIIIième siècle, Schiller, dont les œuvres inspireront les auteurs romantiques du XIXième siècle.
 
Si Schiller se détache nettement de la réalité historique dans « La pucelle d’Orléans » en imaginant une idylle entre Jeanne d’Arc et un anglais, Solera n’accepte pas l’idée qu’un symbole de résistance à l’ordre établi se compromette ainsi.
Il imagine donc une histoire d’amour entre celle-ci et le roi !
 
Trois mois seront alors suffisants pour que Verdi mette en musique ce livret dont le sujet va être prétexte à une série de marches militaires et de chœurs tonitruants.
 
La première est programmée à la Scala le 15 février 1845 et le succès est encore au rendez-vous.
 
Giovanna d’Arco
 
Au milieu du XIVième siècle éclate la guerre de Cent ans. Edouard III, sous prétexte de ses origines, revendique la couronne de France, tandis que Philippe VI annonce sa volonté de récupérer la Guyenne. Le conflit s’apaise sous Richard II, mais l’accession en 1399 d’Henri V au trône d’Angleterre relance les hostilités et aboutit à la sévère défaite de la France à Azincourt en 1415.
 
Parallèlement, l’assassinat en 1407 de Louis d’Orléans (frère du roi Charles VI) par Jean sans peur (duc de Bourgogne) puis de ce dernier lors de la rencontre avec le roi de France en 1419 déclenche une guerre interne entre bourguignons et armagnacs.
 
Philippe Le Bon, successeur de Jean sans peur, se range du côté des anglais et signe en 1420 le traité de Troyes qui partage entre eux les possessions françaises, et ne laisse au dauphin Charles que les territoires situés au sud de la Loire. La Flandre passe à cette occasion sous le contrôle bourguignon.
 
Le Dauphin est d’autant plus affaibli que la majorité de l’opinion le pense responsable du meurtre de Jean sans peur.
 
En 1429, Charles sent que Orléans, assiégée par le général Talbot, est sur le point de se rendre aux anglais. C’est une femme, Jeanne, née en Lorraine vers 1412 qui lui est alors présentée. Des voix lui ont impérativement demandé d’agir pour Dieu et elle convainc le Dauphin.
Le 29 avril, Jeanne d’Arc entre dans Orléans avec quelques compagnons, puis fait une sortie le 7 mai qui lui permet de prendre un fort anglais. La ville est libérée.
Enfin elle entraîne Charles VII à Reims où le roi est sacré le 17 juillet.
 
Ensuite elle ne connaît que des revers jusqu’à sa capture par les Bourguignons à Compiègne en mai 1430.
Remise au Duc de Bedford, elle est déclarée hérétique et brûlée vive le 30 mai 1431 à Rouen.
 
Au bout de 20 ans de lutte, les anglais seront finalement chassés de France (hormis Calais).
 
Le livret de « Giovanna d’Arco » n’a pas grand-chose d’historique. Charles VII rencontre Jeanne dans la forêt de Domrémy. Après la libération d’Orléans on les retrouve directement lors du sacre à Reims. A cette occasion leurs sentiments sont révélés. Jacques, père de Jeanne, survient et accuse sa propre fille de sorcellerie. Il la remet aux anglais puis la libère. Elle sauve ainsi la vie de Charles VII sur le champ de bataille où elle est mortellement blessée.
Par David - Publié dans : Verdi
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Mercredi 29 août 2007 3 29 /08 /2007 15:26
Genèse de l’œuvre
 
La pression du public va être pour beaucoup dans la frénésie créatrice de Verdi qui va composer 10 opéras en 5 ans !
 
C’est donc en 7 mois que le livret de « I due Foscari » est mis en musique.
Francesco Maria Piave part d’une pièce de Lord Byron. Ce poète britannique, connu pour peindre des héros rebelles, mourut au milieu des insurgés grecs luttant pour se libérer du joug turc en 1822.
 
En 1812, la publication de « Childe Harold » lui vaut une gloire internationale car à travers ce héros mélancolique c’est tout le spleen d’une époque qui s’y exprime. Verdi lui-même eu tendance à se complaire excessivement dans ce malaise en qualifiant les années qui suivirent d’«années de galères » (financièrement fort juteuses !).
 
La première de « I due Foscari » a lieu le 3 novembre 1844 à Rome. C’est surtout Verdi lui-même qui est alors ovationné car ni les chanteurs, ni la dramaturgie de l’œuvre n’ont de quoi enthousiasmer.
 
I due Foscari
 
Au XVième siècle, les villes d’Italie et les états de l’Eglise n’arrivent pas à s’entendre.
Venise domine commercialement Gênes, et Florence, principauté des Médicis reste limitée par Milan au nord et par les Etats pontificaux au Sud.
 
Le principe de la république vénitienne est d’avoir un nombre réduit de membres au gouvernement de manière à pouvoir les contrôler. Venise est le pivot commercial de l’Europe à cette époque et les riches familles patriciennes sont décidées à ne jamais laisser un seul homme les gouverner afin de garantir leurs intérêts financiers.
 
En 1310, suite à un coup d’état, le conseil des Dix est créé temporairement. Sorte de police d’Etat secrète, il est institutionnalisé en 1334 et déjoue même un complot en 1355 mené par le Doge lui-même qui voulait se faire proclamer Prince de Venise.
 
L’argument se situe à Venise en 1457 : Jacopo Foscari, revient à Venise pour se disculper du meurtre dont on l’accuse. Son Père, le Doge Francesco Foscari, ne peut influer sur le conseil des Dix d’autant plus qu’un des membres, Loredano, en veux à sa famille (soupçonnée d’avoir fait disparaître son père).
Le vrai meurtrier va se confesser trop tard et le vieux doge, attaqué sur son âge, s’effondre lors de l’élection de son successeur.
 
Francesco Foscari est la première grande figure de Père et de Souverain créée par Verdi et annonce les grands personnages de Philippe II et Simon Boccanegra.

Par David - Publié dans : Verdi
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Dimanche 26 août 2007 7 26 /08 /2007 09:28
Visions de l’Ouest – Photographies de l’exploration américaine, 1860-1880.
Du 10 juillet au 31 octobre 2007 (Giverny).
 
Pour qui est sensible à l’austérité des vallées, canyons et déserts américains, le Musée d’Art américain de Giverny reçoit une exposition qui met en scène ces décors durs.
Ils ont été photographiés pendant et après la guerre de sécession pour attiser rêve et esprit de découverte.
Rien ne rassure, car les teintes ocre unifient atmosphère, végétation et roches. Les lumières écrasent les sols et les cieux, contrastent les courbes des strates géologiques et saturent les yeux des moindres détails des pierres.
La maîtrise de ce savoir faire photographique, surprenant pour cette époque, se lit dans les cadrages, le choix des angles de vue, les jeux de reflets mais aussi un parfait contrôle des temps de pose vis à vis de l’ouverture des objectifs.
Les cours d’eaux surexposés révèlent leurs lignes de fuite, parfois rendues anarchiques lorsqu’elles se heurtent aux rochers. La pure blancheur des chutes se détache du chaos.
 
Les portraits des Indiens soulignent également la richesse et la beauté de leurs visages.
Je retiens l’un d’entre eux, arc au poing mais garde baissée, au corps croisé de lanières au niveau des épaules et en diagonale, un pied sur une pierre, regard détendu et sûr, une finesse du visage et des mains presque féminine.
 
Un monde que l’espace d’exposition et la fréquentation éparse rend facilement captivant.
 
Par David - Publié dans : Art
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Mercredi 22 août 2007 3 22 /08 /2007 08:38
Genèse de l’œuvre
 
La concurrence avec les autres compositeurs fait prendre conscience à Verdi qu’il doit composer pour d’autres scènes que la Scala. Fort courtisé par le comte Mocenigo, directeur de la Fenice, ce dernier attend que le compositeur soit un peu libéré de ses engagements vis à vis de la Scala pour lui commander une œuvre. Et en attendant il programme  Nabucco  puis les Lombards dans la cité des doges.
 
Après de nombreuses hésitations entre plusieurs livrets dont « Le roi Lear », « Le Corsaire » et « I due Foscari », le choix se porte sur un livret de Francesco Maria Piave inspiré du roman de Victor Hugo : « Hernani ». Un symbole ! Car le 25 février 1830, la jeunesse romantique se soulève lors de la première représentation d’Hernani à la comédie française. Les insultes volent vers les tenants des règles classiques. Comme par hasard, le lendemain les ordonnances de Charles X déclenchent une insurrection, les « 3 glorieuses », qui aboutit à la fuite du roi, malheureusement remplacé par un autre monarque, le duc d’Orléans.
 
Cette fois, la représentation d’un soulèvement contre l’autorité en place lui vaut une forte opposition de la part de la censure autrichienne. Tout langage violent et agressif est supprimé mais Verdi réussit au moins à ne pas modifier le titre de l’œuvre.
En parallèle, il doit assurer la réalisation des « Lombards » qui joués le 27 décembre 1843 seront totalement hués par les vénitiens.
 
Malgré tout, la première de « Ernani » a lieu le 9 mars 1844 et est un succès considérable, le public se révélant subjugué par la musique.
 
Et c’est cet opéra qui au cours de l’été 1846 à Bologne va susciter pour la première fois une manifestation bruyante. Le public qui voit en Pie IX (le nouveau pape avait accordé une amnistie aux prisonniers politiques) le possible fédérateur de l’Italie va exiger de reprendre trois fois le chœur « O sommo Carlo ».
 
Ernani
 
A la fin de la guerre de cent ans, un courant de centralisation monarchique traverse l’Europe. En 1469, le mariage d’Isabelle de Castille et Ferdinand II d’Aragon unit les deux royaumes.
Ils libèrent l’Espagne des dernières places fortes islamiques en 1492. Les expulsions de Maures et de juifs entraînent un véritable désastre économique.
 
Le petit fils de Ferdinand II d’Aragon, Charles, né en 1500 à Gand, est également le petit fils de Maximilien Ier, l’empereur du Saint Empire.
Il devient le premier roi d’Espagne en 1516 puis devient l’empereur Charles Quint en 1519. Il hérite des possessions castillanes, aragonaises, autrichiennes et bourguignonnes. Sa politique est d’étendre ces territoires et de coloniser l’Amérique malheureusement au détriment de l’industrie espagnole. 
Il sera le plus grand empereur après Charlemagne.
 
Dans l’histoire de Victor Hugo et de Verdi, Hernani (Jean d’Aragon) a perdu son père, Grand d’Espagne et opposant politique, assassiné par le père de Charles. 
Pour le venger, le montagnard aragonais prépare une conspiration contre le roi. Ce dernier, en 1519, est présenté ici comme un Don Juan.
Il se trouve que Hernani aime d’un amour réciproque, Elvira, promise au Duc Silva, elle-même convoitée par Charles. Malgré cela, Silva va protéger Hernani du roi en échange de sa vie quand il l’ordonnera . 
Celui ci, une fois élu empereur se montre clément vis-à-vis des conspirateurs. 
C’est le moment où Le Duc engage Jean d’Aragon à tenir sa promesse.
 
Un détail historique surprend dans l’œuvre. Le père de Charles Quint était Philippe le Beau, archiduc d’Autriche. Ce n’est donc pas le père de Charles qui a pu ordonner le meurtre du père d’Hernani mais son grand père, Ferdinand, mort en 1516.
 
Seul opéra de jeunesse régulièrement programmé avec  Nabucco , il faut souligner ici la force d’une musique qui supporte l’exubérance des sentiments.
Par David - Publié dans : Verdi
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Dimanche 19 août 2007 7 19 /08 /2007 08:42
Genèse de l’œuvre
 
Les réactions que « Nabucco » suscitent font prendre conscience à Verdi qu’il se situe au début d’une vague que lui-même peut contribuer à amplifier.
A nouveau Solera lui fournit un livret tiré d’un roman de Tommaso Grossi.
« I Lombardi alla prima crociata » donne à nouveau matière au grand spectacle et à des chœurs grandioses.
La première scène ouvre sur le parvis de la Basilique Sant’Ambrogio, lieu de culte des Milanais où furent célébrées les obsèques de Margherita.
Une fois l’oeuvre achevée, il s’agit d’obtenir le visa de la censure. Ce qu’il a entendu des répétitions pousse l’archevêque Gaisruck à intervenir auprès du préfet de police. Monter sur scène des éléments religieux lui paraît dangereux.
 
Voilà donc Verdi, Solera et Merelli convoqués au quartier général de police où le choix est rapidement posé : l’œuvre est jouée telle qu’elle est (Verdi) ou alors la Scala est ruinée (Merelli) !
Le préfet et Gaisruck doivent finalement céder et Verdi accepte une modification sans importance pour lui, les mots « Ave Maria » de la prière du Ier acte deviennent « Salve Maria ».
 
La première a lieu le 11 février 1843 et est un succès triomphal.
L’oeuvre est reprise ensuite à Florence puis Venise où elle connaît alors un échec complet.
Le public Milanais avait plus que d’autre des raisons d’être touché par l’ouvrage, l’ouverture sur la cathédrale ayant fort ému.
 
I Lombardi alla prima crociata 
 
Les Lombards, peuple germanique entré en Italie en 571, furent dominants jusqu’à être battus par Charlemagne. Ils cédèrent à l’église une large part de leur territoire autour de Rome.
 
En 1078, les Turcs Seljukides prennent Jérusalem aux Arabes Abbassides et s’établissent à Nicée.
 
En 1095, le pape Urbain II appelle alors depuis Clermont à la première croisade sur requête de l’empereur de Bysance ,Alexius I Comnène.
Le petit peuple se mobilise et suit Pierre l’Ermite et Gautier-sans-avoir en passant par la Hongrie. Arrivés à Bysanze ils se précipitent vers Nicée où ils sont exterminés.
Parallèlement, des bandes d’origines allemandes s’en prennent aux juifs en Europe avant d’être battues par les Hongrois.
 
Enfin, quatre armées principales menées par des féodaux français et normands convergent vers Constantinople en 1096. A contrecoeur, Godefroy de Bouillon fait serment d’allégeance à Alexis I : les territoires lui seront restitués contre somptueux cadeaux. Ensuite, les Turcs se livrent à Nicée puis les croisés se dirigent vers Antioche qui est prise en 1098.
 
Dans la matinée du 7 juin 1099, les habitants de Jérusalem voient apparaître les croisés qui ne disposant d’aucun instrument d’assaut attendent deux semaines l’arrivée d’une escadre génoise. La prise de la ville en une semaine se soldera par le massacre de 70000 personnes.
 
« I Lombardi » se déroule à Milan, puis Antioche et enfin Jérusalem et donc devrait se dérouler entre 1096 et 1099.
Opéra coloré de pardon, conversion et rédemption, la trame principale est l’histoire de Giselda, fille d’Arvino le chef des troupes lombardes qui a échappé à un attentat commis par son frère Pagano.
Enlevée à Antioche, elle se lie à Oronte, fils du tyran de la ville, qu’Arvino blessera grièvement lors du siège, victoire facilitée par un mystérieux ermite.
Ce dernier convainc également Oronte de se convertir au christianisme.
Le dénouement a lieu devant les murs de Jérusalem.
 
La réutilisation de tous les éléments du succès de Nabucco (encore à Jérusalem, encore 4 parties, encore des chœurs) fait de cet opéra un peu trop le produit d’un opportunisme certain.
Par David - Publié dans : Verdi
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Dimanche 29 juillet 2007 7 29 /07 /2007 07:54
Genèse de l’œuvre
 
Après l’échec de « Un Giorno di Regno  », Verdi a pris la décision d’abandonner définitivement la scène lyrique et s’est retiré à Busseto.
 
Il est de retour à Milan au cours de l’hiver 1840-1841. Fort abattu, c’est à ce moment là que Verdi se voit soumettre un livret de Solera avec une certaine insistance.
Les motivations qui le conduisirent à reprendre le chemin de la scène restent floues, mais c’est bien au printemps qu’il s’atèle à la transposition musicale de ce sujet biblique avec le soutien du librettiste.
 
La partition est achevée à l’automne. Cependant Verdi doit menacer Merelli de retirer son opéra s’il n’est pas joué avant l’automne suivant (la saison ayant déjà commencée). Ce dernier lui recommande alors de présenter l’œuvre à la Strepponi. Celle-ci et Ranconi, enthousiastes, arrivent à convaincre Merelli de monter l’œuvre au printemps.
 
La première de « Nabucco », le 9 mars 1842, est un succès ainsi que les représentations suivantes. 
La force de la musique, la nature spectaculaire et épique emporte le cœur des
Milanais. Par contre, il est bien trop tôt pour que se soit opéré une identification avec la cause nationale car en 1842 l’idée d’un soulèvement contre l’occupant est marginale.
 
En fait, quelques années seront encore nécessaires pour que ce premier opéra patriotique déclenche l’hystérie du public. D’ailleurs le maestro dédie la partition à la fille de l’archiduc Rainier vice-roi du royaume lombard-vénitien et « protecteur de la Scala ».
 
Maintenant Merelli a compris. Il accorde un cachet faramineux (seul Bellini l’avait obtenu pour Norma) à Verdi pour composer l’opéra inaugural de la saison suivante.
 
Nabucco
 
La bible fait largement écho des turbulences qui au VIIième siècle Av JC bouleversent le moyen orient. Déjà sous la pression des Scythes et des révoltes intérieures, l’empire Assyrien est défait par Babylone et les Mèdes. Ninive est prise et totalement détruite en 612 av JC.
 
Nabuchodonosor II fait alors de Babylone le centre de l’empire Néo-babylonien et s’empare de Jérusalem en 597. Il emmène en captivité le roi Joachim, une bonne part de la noblesse juive et nomme Zédécias, l’oncle de Joachim, gouverneur de la ville. Ce dernier, poussé par les Egyptiens adopte une politique ouvertement anti-babylonienne.
 
En 587, Nabuchodonosor s’empare une nouvelle fois de la ville et déporte une nouvelle fois la population.
 
L’action se situe au moment de la prise de la ville. Verdi décompose « Nabucco » en quatre parties sous titrées d’une citation du livre de Jérémie.
 
Bien que sa fille soit prisonnière des juifs, Nabucco entre dans la ville et ordonne la destruction du temple de Salomon. Fénéna est épargnée par Ismael (neveu de Zédécias) et la population est amenée à Babylone.
 
Là, Fénéna, devenue régente de la ville en l’absence du roi, commence à libérer les juifs.
Nabucco de retour du champ de bataille se proclame Dieu. La réplique ne tarde pas et il est de suite frappé par la foudre. Abigaille, une esclave qui se crue longtemps être sa fille, prend alors le pouvoir et fait enfermer Fénéna et son père pour préparer l’exécution des juifs.
 
Il faudra le repentir de Nabucco pour que lui vienne une aide qui lui permettra de reprendre sa couronne et libérer la population de Jérusalem.
 
A cette époque les déportations se pratiquent régulièrement. Toutefois, il s’agit de priver la petite partie de la population très cultivée du territoire conquis pour l’utiliser dans l’administration de Babylone. L’opéra donne donc ici une dimension dramatique excessive. 
Enfin, il est troublant d’entendre parler d’Assyriens à propos des Babyloniens ! 
 
Par David - Publié dans : Verdi
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Vendredi 27 juillet 2007 5 27 /07 /2007 10:59
Genèse de l’œuvre
 
Après la disparition de ses deux enfants (Virginia en août 1838 et Icilio en octobre 1839) chacun âgé de 1 an ½ , comment trouver l’état d’esprit pour composer un opéra bouffe ?
 
Pourtant Verdi étudie plusieurs livrets et retient « Il finto Stanislao » de Felice Romani, déjà sujet de l’opéra de Adalbert Gyrowetz joué dés 1818 mais rapidement disparu du répertoire.
« Giorno di regno » nouvellement nommé est tiré d’une pièce de Pineu-Duval, « Le faux Stanislas ».
 
En pleine composition de la musique, sa femme Margherita gravement malade s’éteint au début de l’été 1840. Le cœur n’y est plus mais la saison est trop avancée pour que Merelli renonce à jouer l’œuvre. Verdi finalise alors son opéra en quelques semaines, et se joint aux répétitions en plein mois d’août.
 
La première a lieu le 5 septembre 1840 et est un terrible échec : « Ah ! si les spectateurs avaient alors, je ne dis pas applaudi, mais accueilli l’opéra en silence, je n’aurais pas eu de mots pour les remercier».
C’est la seule représentation et « Oberto » reprend l’affiche pour 17 soirs.
 
Giorno di Regno
 
Au XVIIIième siècle, l’Autriche des Habsbourg, et la Russie tentent d’étendre leur hégémonie sur le continent. La France ainsi que les états issus de la désunion de l’Allemagne comme la Prusse et la Saxe cherchent également à en tirer parti.
Stanilas Leszcynski, élu roi de Pologne en 1702 est battu par la Saxe en 1709 (Poltava) et doit fuir en France. Sa fille, Marie, devient alors l’épouse de Louis XV.
En 1733, Auguste le Fort, électeur de Saxe meurt. Les français soutiennent le retour du roi.
Cependant, les troupes russes et saxonnes le substituront très rapidement par Auguste III.
 
L’action de « Giorno di Regno » se passe en août 1733 au moment où Leszcynski est sur le point de réussir son retour sur le trône de Pologne. Le Chevalier Belfiore se fait passer pour le roi et loge au château du baron de Kelbar dans les environs de Brest.
Il profite de son statut du jour pour empêcher deux mariages : l’un forcé entre le Trésorier et Giuletta, elle même éprise d’Edoardo, l’autre entre la Marquise Del Poggio qu’il aime (mais qui pense qu’il la trompe) et le Comte Ivrea.
 
Les rebondissements de l’intrigue et la nécessité d’improviser en permanence amènent le faux roi dans une situation inextricable dont seule l’annonce de l’arrivée de Leszcynski sur le trône polonais peut le libérer.
 
L’échec de l’œuvre fut d’abord du au manque de conviction des chanteurs. Beaucoup de points restent obscurs dans le livret (pourquoi la marquise se méfie t’elle du chevalier ?) qui sont totalement éclaircis dans celui de Gyrowetz.
Ensuite la musique, joyeuse et entraînante parue trop empruntée à Rossini ou Donizetti.
 
Par David - Publié dans : Verdi
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Lundi 23 juillet 2007 1 23 /07 /2007 13:05
Par David
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Lundi 23 juillet 2007 1 23 /07 /2007 12:59
L’âge d’or de l’Inde classique. L’Empire Gupta.
Exposition du Grand Palais      04 avril au 08 juillet 2007 (Paris)
 
Sous le règne de Chandragupta II (380-414), le royaume Gupta atteint son Apogée au cours d’une période considérée comme un modèle de la littérature Indienne. Les progrès de l’Art, l’Astronomie et les Mathématiques sont suffisamment significatifs pour que plus tard les Arabes, puis les Européens reprennent leur système numérique.
 
Le Grand Palais présente des sculptures de l’époque. L'étonnement et la séduction trouvent leur origine dans ces lignes pures, élégantes hyperboles à flanc de silhouette qui ensuite s’inversent pour épouser les formes des jambes et s’ouvrent enfin au niveau des épaules sur les traits elliptiques du visage.
 
Admirer la perfection de ces contours, digne des trajectoires des astres, suffit à abstraire l’esprit de ce qui l’alourdit et se demander quelle est la part de calcul dans cet Art.
Par David - Publié dans : Art
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