Vendredi 20 juillet 2007 5 20 /07 /2007 13:57
La rubrique qui suit est entièrement dédiée à Verdi.
Très engagé politiquement, le compositeur utilise souvent comme toile de fond les situations historiques passées que lui inspire la conjoncture italienne.
Je trouve ainsi passionnant de reprendre chaque livret des 28 opéras du Maître de la cabalette et de les éclairer selon deux angles : les circonstances qui entourent la création de l'œuvre d'une part, le contexte historique du sujet même de la pièce d'autre part.
C'est un petit travail de recherche qui m'entraîne aussi bien dans la vie de Verdi qu'à travers les périodes de l'Histoire de l'Humanité. 
 
Cette page s'enrichit au rythme qui me convient et répertorie chaque Opéra selon l'année et le lieu de création, le titre, le thème et la période historique du livret. 

Les liens qui suivent redirigent vers chaque article.
 
Bonne lecture. 
 
Les débuts milanais (1839-1843) : 4 opéras en 5 ans

1839 Milan          Oberto                    La chute du Saint Empire Germanique (1228)
1840 Milan          Giorno di Regno       La guerre de succession en Pologne    (1733)
1842 Milan          Nabucco                 La renaissance de l’Empire Babylonien (-597)
1843 Milan          I Lombardi              La première croisade                           (1096)
 
Les années de galères (1844-1849) : 10 opéras en 6 ans

1844 Venise         Ernani                    Charles Quint couronné Empereur       (1519)
1844 Rome          I due Foscari           Venise pendant les guerres d’Italie      (1457)
1845 Milan          Giovanna d’Arco       La guerre de cent ans                        (1429)
1845 Naples        Alzira                      La chute de l’Empire Inca                   (1535)
1846 Venise        Attila                      L'invasion de l'Empire Romain               (451)
1847 Florence     Macbeth                 Les guerres de succession en Ecosse     (1040)
1847 Londres      I Masnadieri            La tyrannie des Etats Allemands          (1730)

1847 Paris           Jérusalem               La première croisade                              (1096)

1848 Trieste        Le Corsaire           Le déclin de l’Empire Ottoman en Europe (1810)

1849 Rome         La Battaglia di Legnano La défaite de Barberousse            (1176)
 
Les années de la maturité (1849-1859) : 9 opéras en 11 ans

1849 Naples       Luisa Miller            La Tyrannie des états Allemands           (1776)
1850 Trieste       Stiffelio                   Le renforcement du protestantisme en Allemagne (1814)
1851 Venise       Rigoletto                 Victor Hugo face à la censure               (1832)
1853 Rome        Le Trouvère            La guerre de succession pour le trône d’Aragon (1410)
 
1853 Venise       La Traviata             La bourgeoisie parisienne du XIXième siècle   (1844)
1855 Paris          Les Vêpres siciliennes    Le rattachement de la Sicile à l’Aragon (1282) 
1857 Venise       Simon Boccanegra  L’Empire maritime de la république de Gênes (1339)
1857 Rimini       Aroldo                    Retour de la troisième croisade              (1200) 
1859 Rome        Un Ballo in Maschera   Le règne de Gustave III                   (1792) 
 
 
L'art du Grand Opera (1860-1872) : 3 opéras en 13 ans

1862 St Petersbourg  La Force du Destin   La guerre de succession d'Autriche en Italie (1746)
1867 Paris          Don Carlos             Le règne de Philippe II d'Espagne         (1559)
1871 Le Caire    Aïda                        La légende de Théagène et Charidée  (-500)
 


Par David
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Vendredi 20 juillet 2007 5 20 /07 /2007 13:30
Genèse de l’œuvre
 
Tout aussi agréable que soit la vie à Busseto, le jeune compositeur Verdi n’a pas moins envie (et aussi besoin) que sa renommée dépasse les horizons de son patelin parmesan.
En 1836, il commence alors à composer un opéra pour le Teatro Filodrammatico de Milan.
Il a toute la confiance du directeur Massini. Seulement ce dernier quitte le poste la même année.
 
Sans aucun soutien, Verdi doit donc rester à Busseto en tant que directeur musical où pendant 2 ans il pourra se consacrer à loisir au remaniement du livret et de la partition.
Vient enfin le jour où Massini obtient une audition auprès de Merelli, directeur de la Scala de Milan. « Oberto, Conte di San Bonifacio » pourra être joué à l’occasion d’un gala de charité.
 
Or, lors des répétitions, Merelli est témoin d’un échange très favorable à l’oeuvre entre la soprano Strepponi et le baryton Giorgio Ronconi. Il propose alors à Verdi de représenter l’oeuvre la saison suivante moyennant quelques reprises du livret avec l’aide de Solera.
 
La première a lieu le 17 novembre 1839 et le succès est appréciable : 14 représentations sont données cette année. Pas mal pour un compositeur de 26 ans !
Très rapidement, Merelli fait une nouvelle proposition : il passe commande de 3 opéras à  Verdi à raison de un tout les huit mois !
 
Oberto
 
L’action se situe en 1228 à Bassano (Vénétie) au château du Gibelin Ezzelino « Le petit Attila ». Ce despote sans pitié rallié à l’empereur Frédéric II domine une large partie de l’Italie du Nord.
C’est la reprise de la querelle entre le saint empire germanique et la papauté (Grégoire IX) de 1227-1250 dont l’enjeu est la légitimité politique en Italie. Le conflit se soldera par le rejet des allemands hors de la péninsule.
 
La toile de fond historique semble alors répondre à la situation d’occupation autrichienne que connaît l’Italie depuis 1815.
De plus Verdi ne peut être insensible à la fondation du mouvement « jeune Italie » qui depuis 1831 exalte le sentiment anti-autrichiens.
 
Pourtant « Oberto » est seulement une histoire sentimentale qui dépasse l’appartenance politique des personnages.
Oberto, rallié aux Guelfes, a perdu une bataille décisive face à Ezzelino et s’est réfugié à Mantoue. Sa fille, Leonora, restée à Vérone, est demandée en mariage par Ricardo, partisan d’Ezzelino. Mais le jeune homme va s’éprendre de Cuzina, sœur du maître de Bassano, et également s’engager envers elle.
Oberto revient alors pour rétablir son honneur alors que Cuzina, révoltée par le comportement de Ricardo va le pousser à tenir sa promesse vis-à-vis de Léonore. Le duel entre le père et le prétendant sera malgré tout inévitable.
 
L’orchestration de l’œuvre n’est évidemment pas d’une grande sophistication : elle peut rappeler Bellini mais comporte déjà ces coups de théâtre qui fixent l’attention.
Les airs sont des expressions nobles et empreintes de mélancolie et il est étonnant à l’écoute de deux airs successifs de les trouver fort semblables. Sans compréhension de l’italien il n’est pas possible de distinguer que l’un exprime la peine et l’autre la joie.
C’est avec beaucoup d’amusement que l’on se prend à reconnaître des expressions musicales que l’on retrouvera plus dramatisées dans des œuvres ultérieures (rage d’Abigaille, tension lors de la préparation du meurtre de Macbeth, quatuor du Trouvère …)
 
Le comportement de Cuzina est remarquable : seule compte pour elle de renvoyer son amant à son engagement vis-à-vis de Léonore (son ennemie politique !).
Par David - Publié dans : Verdi
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Vendredi 20 juillet 2007 5 20 /07 /2007 09:01

Samedi 1er septembre 2007 sur ARTE (Musica) à 22H35 (durée 55mn)
Voci Verdiane, jeunes voix pour Verdi
Documentaire. Dagmar Brendecke et Walter Brun

Dimanche 2 septembre 2007 sur ARTE à 19H00 (durée 45 mn) 
Susan Graham. Sexy Lady. 
Documentaire 2005 

Lundi 3 septembre 2007 sur TF1 à 02H45 (durée 150 mn) 
Noé 
Opéra de Halevy complété par Bizet 
Enregistré au Théâtre Impérial de Compiègne en 2004 
Orchestre français Albéric Magnard et l’ensemble Cori Spezzati. 
Avec Anne-Sophie Schmidt, Jean-Philippe Courtis 

Mardi 4 septembre 2007 sur France 2 à 01H20
Les Pêcheurs de Perles (Georges Bizet)
Enregistré à Bombay en septembre 2006 avec des musiciens de Bollywood.
Direction : Marco Balderi

Vendredi 7 septembre 2007 sur France 3 à 20H50
Hommage à Luciano Pavarotti
Concert original des 3 ténors enregistré aux Thermes de Caracalla
le 7 juillet 1990 sous la baguette de Zubin Metha

Samedi 8 septembre 2007 sur France 3 à 23H45
"Maria Callas, toujours vivante" suivi de
"Maria Callas, un destin d'exception" (documentaire BBC)

Dimanche 9 septembre 2007 sur ARTE à 19H00
Concert de Luciano Pavarotti enregistré le 26 juillet 1986 à l'Olympia
Stadium de Munich à l'occasion de ses 25 ans de scène.

Mardi 11 septembre 2007 sur France 2 à 01H30
Musique au coeur ( Eve Ruggieri )
Trois stars à Berlin (enregistré à la Waldbühne de Berlin en juillet 2006)
Domingo / Netrebko / Villazon
Direction Marco Armiliato

Samedi 15 septembre 2007 sur France 3 à 02H35
"Maria Callas, un destin d'exception" (documentaire BBC)
Rediffusion

Samedi 15 septembre 2007 sur France 3 à 22H35
La Danse,l'art de la rencontre
Documentaire. Dominique Hervieu et José Montalvo (2006)

Dimanche 16 septembre 2007 sur France 3 à 04H30
"Maria Callas, un destin d'exception" (documentaire BBC)
Rediffusion

Dimanche 16 septembre 2007 sur Arte à 19H00
Maria Callas à Paris.
Documentaire (2007)

Lundi 17 septembre 2007 sur France 2 à 01H45
Maria Callas, l'art et la vie.
Documentaire Alan Lewens et Alastaire Mitchell (1987)

Mardi 18 septembre 2007 sur France 2 à 01H00
Musique au coeur : Maria Callas

Mercredi 19 septembre 2007 sur ARTE à 20H40 (durée 98 mn)
"Maria Callas Assoluta", portrait-roman de Philippe Kohly

Samedi 22 septembre 2007 à 22:30 sur Arte
Enregistré au Théatre des Champs Elysées à Paris, en juin 2007. Réalisation: Chloé Perlmuter
Pelléas et Mélisande (Claude Debussy)
Direction musicale : Bernard Haitink . Mise en scène : Jean-Louis Martinoty. Décors : Hans Schavernoch. Costumes : Yan Tax. Lumières : André Diot. Avec : Magdalena Kozena (Mélisande) ; Jean-François Lapointe (Pelléas) ; Marie-Nicole Lemieux (Geneviève) ; Laurent Naouri (Golaud) ; Gregory Reinhart (Arkel) ; Amel Brahim Djelloul (Yniold)
 

Dimanche 23 septembre 2007 sur France 3 à 01h10 (durée 185 mn)
Guillaume Tell (Rossini)
Opéra Bastille. Mise en scène de Francesca Zambello.
Direction Bruno Campanella.
Seulement 27 jours après la diffusion sur TF1 et pendant la diffusion de Pelléas sur ARTE.
Bravo le service public !

Lundi 24 septembre 2007 sur TF1 à 02H05 (durée 2h10)
Paquita
Musique de Minkus et Deldevez.
Chorégraphie de Pierre Lacotte.
Par le ballet de l’Opéra de Paris. Enregistré au Palais Garnier. 
 
Mardi 25 septembre 2007 sur France 2 à 01h25 (durée 1h50)

Proust ou les intermittences du coeur
Ballet de Roland Petit de 1974 inspiré de "A la recherche du temps perdu" de Marcel Proust
sur des musiques de Ludwig Van Beethoven, Claude Debussy, Gabriel Fauré, César Frank, Reynaldo Hahn, Camille Saint Saens et Richard Wagner.
Direction Koen Kessels
Enregistré au Palais Garnier en mars 2007
 
Par David - Publié dans : TV Lyrique
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Lundi 16 juillet 2007 1 16 /07 /2007 14:42

Le 1 août 2007 à 00h30 sur France 2
La bohème (Orange 2005)
avec Roberto Alagna et Angela Gheorghiu.

Le 6 août 2007
Zoroastre de Rameau
Production du Théâtre de Drottningholm, 2005
Mise en scène: Pierre Audi

Le 18 août 2007 à 02H30 sur TF1 (durée 165 min)
Manon de Massenet
Opéra Bastille 2001
Renée Fleming, Marcelo Alvarez
Mise en scène : Gilbert Deflo

Le 19 août sur ARTE à 19H00 (durée 110mn)
Claudio Abbado dirige la 3ième de Malher
En direct du Festival de Lucerne

Le 20 août 2007 à 02H25 sur TF1 (durée 190 min)
Les Indes Galantes (Rameau)
Opéra Garnier
Direction W.Christie

Le 21 août 2007 à 01H35 sur France 2 (durée 180 mn)
Cosi fan tutte de Mozart
Production du festival de Salzbourg 2006

Le 27 août 2007 à 02H00 sur TF1 (durée 185 mn)
Guillaume Tell de Rossini
Opéra Bastille, mise en scène Francesca Zambello
Direction B.Campanella

Le 28 août 2007 sur France 2 (Nuit d’été) à 01H15 (durée 75 mn)
Claudio Abbado dirige la 5ième de Malher
Enregistrée au Festival de Lucerne en 2004 

Le 31 août 2007 sur TF1 à 02H25 (durée 150 mn)
La Flûte Enchantée (Mozart)
Jeune orchestre lyrique français
Direction Dominique Trottein
Réduction pour orchestre, airs en allemand et récitatifs en français.
Festival de St Céré 2000
 

 

Par David - Publié dans : TV Lyrique
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Dimanche 15 juillet 2007 7 15 /07 /2007 06:41
La Belle Epoque
 
L’Aristocratie, très sûre d’elle-même, continue à jouer les Mécènes (citons Madame de Guermantes)
 
1902     Répétition Générale de Pelléas et Mélisande à l’Opéra Comique.
Albert Carré (Directeur de l’Opéra) et André Messager (Chef d’orchestre) croient en Debussy.
La pièce est de Maeterlinck avec lequel le compositeur s’est brouillé ce qui lui vaut une cabale.
Mais cette fois l’intelligentsia (Romain Roland, Gide) réussit rapidement à imposer Debussy ce que Verlaine, Mallarmé avaient manqué avec Wagner.
 
1904     L’imprésario Gabriel Astruc (basé au Châtelet) convainc le directeur de l’Opéra de s’intéresser à Salomé. Les embûches sont nombreuses : problèmes de droits, de scandale et de traduction.
L’œuvre est créée au Châtelet avec une troupe allemande 3 ans avant Garnier.
Aristide Briand propose au président de nommer Strauss Chevalier de la Légion d’Honneur.
Paris redevient une métropole de l’art lyrique international.
 
Albert Carré monte à l’Opéra Comique les Puccini en français (Bohème 1898, Tosca 1903, Butterfly 1906). L’accueil est délirant, la critique hostile.
 
1910     Tout le Metropolitan, dont Toscanini, est là pour interpréter les Puccini. Astruc, le Moderniste, monte des œuvres véristes à Paris.
 
1911     Paris finit par accepter Wagner de manière durable et la première Tétralogie est produite.
 
1913     Astruc, dédie Le Théâtre des Champs Elysées aux créations les plus modernes.
Le 29 mai, les huées accueillent La Sacre du Printemps. Le 12 octobre le Théâtre ferme. Astruc est ruiné.
 
La période Rouché
 
1913     Jacques Rouché engagé à fond en faveur de la modernité est un polytechnicien qui a la faveur des salons. Il devient directeur de l’Opéra sachant que depuis Louis XIV, l’administrateur partage les pertes avec l’état. Il le restera jusqu’en 1945.
Sa générosité naturelle en fait un directeur mécène ce qui est très rare en France
 
Si « Le Rossignol » de Stravinsky est froidement accueilli, « La Légende de Joseph » (argument Hofmannsthal, musique de Strauss) est très bien reçue.
 
1916     L’Opéra retrouve une dimension politique
Rouché produit « Jeanne d’Arc », « Les Girondins » et « Chants de Guerre ».
Le pays se retourne vers ses arts et ses traditions. Jamais le répertoire national n’a autant été cultivé que dans les années 20-40.
Garnier est suivi par l’Opéra Comique avec Padmavati, Le Festin de l’Araignée, Nausicaa, Le Marchand de Venise).
 
1918    Satie se voit commander "Socrate" dont la froideur choque le public.
Le groupe des 6 (Durey, Milhaud, Honegger, Tailleferre, Auric et Poulenc) se constitue dans la ligne de Satie pour écrire de la bonne musique française dans un esprit d'avant-garde. Leurs oeuvres ne seront appréciées qu'à partir des années 50 (Honegger : Jeanne au bûcher en 1950 et Le Roi David 1960).
 
1923     La princesse de Polignac commande « le Tréteau de Maître Pierre » à Falla. Enthousiasmé par ses aspects burlesques, Ravel crée « L’Enfant et les sortilèges » en 1926.
 
Avec « Œdipe Rex », Stravinsky amène à son apogée un style d’Opéra Parisien bien à soi qui se distingue du post Wagnérien et des Véristes Italiens.
 
Le Temps de Rouché est comparable à celui de Mahler à Vienne. Il réussit à faire cohabiter répertoire et Avant-garde. L’école de chant française est défendue par Georges Thill, Lily Pons, André Pernet, Marcel Journet.
 
1939     Le 14 novembre, les théâtres lyriques nationaux sont réunis. Le personnel ne se sent plus au service exclusif d’une maison. Les corporatismes et revendications redoublent.
A la fin de la guerre, Rouché est accusé à tort d’être un collaborateur et doit partir.
 
L’après guerre
 
C’est une période faible marquée par quelques coups d’essais :
 
1952     Les Indes galantes
1953     The Rake’s Progress
1956     Dialogues des Carmélites
 
L’Ere Liebermann
 
Avec Rolf Liebermann, l’Opéra sera l’évènement de Paris.
 
1973     En mars, les Noces de Figaro (Strehler) signent au Théâtre royal du Château de Versailles, et sous la direction de Solti, la renaissance de la vie lyrique parisienne.
Liebermann inculque l’idée que l’Opéra reste un genre actuel et engagé.
Ce n’est pas une partie de chant mais du vrai, du grand Théâtre.
 
Avec la Scala, l’Opéra de Paris produit Simon Boccanegra (Strehler, Abbado) mais le Ring sera limité à L’Or du Rhin et La Walkyrie.
 
1979     Avec Lulu, il réussit à monter les 3 actes malgré l’opposition de la fondation Berg (Mise en scène Chéreau, Lulu incarnée par Stratas).
Par David - Publié dans : Histoire de l'Opéra
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Dimanche 15 juillet 2007 7 15 /07 /2007 06:34
L’apogée
 
1830     Révolution du Juillet : C’est le triomphe de la bourgeoisie qui ne veut que s’amuser.
Le dernier directeur de l’époque Louis Philipparde, Louis Désiré Véron va séduire le public avec seulement trois noms : Rossini, Auber, Meyerbeer. « Quand on ne parle ni à l’esprit ni au cœur, il faut parler aux sens et surtout aux yeux ».
L’Académie de Musique est installée rue LePeletier depuis l’assassinat du Duc de Berry.
 
Les œuvres issues du romantisme musical sont montées avec 10 à 20 ans de retard (Lucia en 46, Don Giovanni en 34).
On retrouve les auteurs éprouvés comme Halévy (La Juive en 35) ou Meyerbeer qui recherche la vraisemblance mais non dénuée de superficialité (Robert le Diable en 31, Huguenots en 36, Le Prophète en 49).
 
Depuis 1825, le Théâtre Italien est installé à Favart.
1835     Succès prodigieux des Puritains. C’est du Théâtre Italien que va procéder l’évolution lyrique et non pas de l’Académie de Musique ou l’Opéra Comique. Il va notamment s’attacher Donizetti.
En 1838, le théâtre déménage rue Vendatour.
 
1839     Arrivée de Wagner à Paris. Il défend sans succès le particularisme de l’art germanique et repart en avril 1842
 
1840     L’Opéra Comique s’installe alors salle Favart après l’incendie de la rue Feydeau.
Le Postillon de Longjumeau, Le Pardon de Ploërmel ou La Fille du régiment réjouissent ceux qui cherchent un spectacle complet.
 
1846     Echec de la Damnation de Faust par l’absence du côté visuel et dramatique.
 
Wagner, Verdi et les affaires politiques
 
Verdi contribue à retarder le recul sur la scène internationale de Paris et ses oeuvres sont présentées bien des années après leur création en Italie.
Victor Hugo s’oppose à la création de Hernani (pour des questions de droits d’auteurs) mais ne peut rien faire contre Rigoletto.
 
1856     3 ans après le scandale de sa création, La Traviata est montée aux Italiens par curiosité et pour son parfum de Paris.
 
1859     Création de Faust (Gounod) et plus tard Roméo et Juliette (1867) au théâtre Lyrique.
 
Napoléon III souhaite parachever la rénovation du Louvre et des Tuileries par une large avenue débouchant sur un théâtre.
Charles Garnier gagne le concours de soumission face à plus de 170 concurrents.
Il devine que la bourgeoisie triomphante veut se montrer.
 
1860     Wagner est de retour à Paris depuis 1859. Il ne réussit à convaincre aucun directeur d’Opéra si bien qu’il trouve le soutien de la princesse de Metternich, femme de l’ambassadeur d’Autriche. Elle parle du compositeur à Napoléon III qui ordonne de représenter Tannhauser.
Avec « La lettre sur la Musique », Wagner se rallie bon nombre d’intellectuels. Mais l’avant-garde ne plait pas à tout le public. Des aristocrates n’acceptent pas d’être dérangés dans leurs habitudes et notamment le ballet situé en introduction de l’œuvre les obligent à être présents dés le début pour voir leurs danseuses. Munis de sifflets, ils transforment la seconde représentation en tapage.
 
1862     L’architecte Gabriel Davioud crée le Théâtre du Châtelet et le Théâtre Sarah Bernhardt. Carvalho devient le promoteur de l’Opéra Comique.
 
1866     Le succès de Mignon (Thomas) montre une évolution du goût français vers un style moins pompeux.
 
1867     Verdi est commandité par l’Académie de Musique à deux reprises : Les Vêpres siciliennes (1855) et Don Carlos qui sera cette année là le dernier grand succès international de Paris.
 
1870     La guerre éclate. Wagner se venge en écrivant « Une Capitulation » et se laisse aller à un pangermanisme grotesque. Le Wagnérisme devient une affaire politique pour accuser les artistes de dénationaliser l’art.
A l’inverse, si Verdi a souvent raillé la frivolité parisienne, il n’a pas oublié la part prise par la France de Napoléon III à l’unité italienne.
Il souhaite même que l’Italie vole au secours de la France.
 
A la fin du XIXième siècle, Verdi est quasiment le seul compositeur étranger officiellement adopté à l’Opéra de Paris.
 
1873     La salle rue LePeletier vient de Brûler.

1875     Inauguration par Mac Mahon du plus beau monument du second Empire. Cependant rien d’important ne sera créé à L’Opéra Garnier pendant 30 ans. Aïda (1880) et Rigoletto (1885) ne servent que pour combattre Wagner (politique oblige).
Il n’y a pas d’opéra français mais un genre français : Le Grand Opéra.
 
1887     Incendie de la Salle Favart après deux créations majeures : Carmen (1875) et Manon (1884).
 
Par David - Publié dans : Histoire de l'Opéra
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Dimanche 15 juillet 2007 7 15 /07 /2007 06:17
Voici quelques notes que j’ai pu recueillir sur l’histoire de l’opéra à Paris.
   
Le ballet de cour et la découverte des opéras italiens
 
1573     Catherine de Médicis offre un ballet de cour aux ambassadeurs polonais.
La cour se fait défenseur de ce genre prisé par les cercles éclairés où la danse et le décor visuel servent musique et poésie.
 
1581     Belgiojoso crée le premier spectacle baroque complet, prétexte à danses éblouissantes.
 
1589     Mort de Catherine de Médicis. Henri IV lui succède.
 
1605     Les ballets sont entièrement chantés.
 
1610     Assassinat d’Henri IV. Marie de Médicis assure la régence.
 
1617     En guerre avec son fil, Marie de Médicis s’exile.
 
1624     Richelieu entre au conseil du Roi.
           
Louis XIII fait venir la troupe des Fedeli : Les styles intensément dramatiques de Rossi, Monteverdi enthousiasment les beaux esprits.
 
1643     Mort de Louis XIII et début de la régence d’Anna d’Autriche.
 
1645     Mazarin devenu 1er ministre révèle les splendeurs du grand Opéra Baroque Italien à Paris.
14 décembre : « La Finta Pazza » de Giulio Strozzi est donné à la salle du Petit Bourbon à l’est  du Palais du Louvre. Le public parisien peut y assister pour une modique somme.
Il s’agit de distraire les esprits agités d’un souffle de fronde.
 
1647     7 mars : L’Orfeo de Rossi est joué au Palais Royal. Les machines de Torelli impressionnent.
 
1648     Mazarin met fin à la guerre de 30 ans (traité de Westphalie) mais déclenche contre lui la Fronde. Il s’exile pour que la paix soit restaurée.
 
1653     Mazarin est rétabli dans son pouvoir.
 
1654     14 avril : Lors des Nozze di Peleo e di Theti (Capicoli) représenté au Petit Bourbon,  Louis XIV danse Apollon. Un autre danseur est Lully.
 
1659     Mazarin impose la paix des Pyrénées entre Bourbons et Habsbourg. Construction d’une salle de 7000 places aux Tuileries.
 
1661     Mort de Mazarin. Louis XIV devient monarque absolu.
 
L’Académie d’Opéra français sous Louis XIV
 
1664     Lully commence sa collaboration avec Molière (Le Bourgeois Gentilhomme en 70).
 
1669     Le poète Pierre Perrin obtient le privilège d’une Académie d’Opéra français et crée un théâtre au jeu de Paume du Becquet (Vaugirard).
 
1672     Lully obtient la succession de Perrin. Il rencontre Philippe Quinault qui composera ses livrets : Alceste (74), Thésée (75), Atys (76), Persée (82), Roland (85), Armide (86).
C’est le règne de l’opéra courtisan où le spectacle prime sur l’action en musique.
 
1694     Médée de Charpentier puis Alcyone de Marais (1706) sont fêtés à l’Académie.  
Le public montre ainsi un goût plus sensible et raffiné.
 
Rameau : l’émotion dans la musique
 
1697     André Campra illustre la mutation des activités lyriques avec l’Opéra Ballet.
L’Europe Galante triomphe suivi par Le Carnaval de Venise (1699)
 
1715     Mort de Louis XIV.
 
L’Opéra se déplace de la cour royale vers des résidences moins importantes.
 
1735     Les Indes Galantes de Rameau achèvent le règne de l’épicurisme de la Régence et du Rococo.
 
Avec une mentalité de chercheur Rameau intellectualise les ressorts de la tragédie. Poussé par Voltaire, il déploie de nouveaux timbres orchestraux et esquisse plus de vérité psychologique.
 
1751     Ainsi le succès de Pygmalion à Paris marque l’adéquation parfaite entre une esthétique, une ville et une société donnée. Mais cette suprématie renferme un débat violent.
 
1762     Une troupe Italienne arrive à Paris. Elle diffuse une musique simple et naturelle aux coûts de productions réduits, et lance un nouveau genre : l’Opéra Comique.
L’Opéra devient la préoccupation et le plaisir majeur de l’opinion.
 
1770     Construction d’une nouvelle salle au Palais Royal (2000 places).
 
1774     Gluck arrive à Paris après une longue carrière à Vienne. Il est ici sous la protection de son ancienne élève de Schönbrunn, Marie Antoinette, devenue reine cette année là.
L’enthousiasme pour Iphigénie en Aulide se transforme en délire pour Orphée et Eurydice.
 
Le directeur de l’Opéra de Paris a l’idée de faire concourir Gluck et Piccinni.
 
1779     Iphigénie en Tauride de Gluck donne la vie à un drame sans amour.
 
1781     Piccinni joue son Iphigénie appréciée mais incomparable à celle de Gluck reparti à Vienne.
 

L’Opéra impérial et la propagande politique 
L’Opéra Italien incarne la modernité
 
1781     Incendie de la salle du Palais Royal. L’Opéra est déplacé place St Martin.
 
1783     L’Opéra Comique à enfin sa salle nommée en l’honneur du librettiste Favart.
L’année d’après « Richard Cœur de Lion » de Grétry est connu de toute l’Europe.
 
1784     Salieri, élève de Gluck met en musique Les Danaïdes. Le maître rentre à Vienne.
           
1787     La situation économique puis politique s’aggrave. L’Italien retourne auprès de Joseph II
Un autre Italien arrive à Paris, Sacchini, soutenu par Marie Antoinette. Elle ne peut empêcher les cabales organisées contre lui de peur de donner l’impression de soutenir le parti étranger.
Il meurt avant le triomphe de son chef-d’œuvre : Œdipe à Colone
Cherubini est le dernier Italien à s’installer à Paris. Il y reste plus de 50 ans.
 
1791     Rue Feydeau, un théâtre concurrent à Favart s’installe.
 
La période révolutionnaire favorise surtout une certaine forme d’agitation politique.
 
1792     Gossec récupère la Marseillaise pour « Offrande à la liberté ». Huées, sifflets deviennent monnaie courante dans tous les théâtres de France jusqu’au Directoire.
 
1800     Triomphe de Cherubini à Feydeau avec « Les Deux Journées » dont l’humanisme fascine Beethoven pour « Fidélio ». L’œuvre est renommée « Le Porteur d’Eau » pour Vienne.
 
1801     Napoléon pousse Feydeau et Favart à fusionner. Les deux théâtres s’installent à Feydeau.
 
1804     Proclamation de l’Empire. Le théâtre des Arts devient l’Académie Impériale de Musique.
Le Sueur triomphe avec « Ossian ou Les Bardes ». Napoléon le choisit pour succéder à Paisiello à la tête de la chapelle des Tuileries.
Le sujet évoque l’Ecosse et l’apparition du surnaturel correspond au goût de Napoléon et du romantisme naissant. Les mythologies Celtes et Scandinaves rentrent à l’Opéra, mais l’Empereur rappelle que l’on ne bâti pas un empire en rêvant.
Des sujets plus réalistes sont nécessaires à la propagande officielle.
 
1807     Avec ses défilés de chevaux, Le Triomphe de Trajan (Persuis) atteint l’invraisemblable.
Un journaliste allemand constate que le premier théâtre de France est devenu un manège où la musique n’a plus qu’un rôle d’apparat. Les leçons de Gluck sont oubliées.
Spontini présente La Vestale qui, malgré le cadre antique, porte la grâce mélancolique du Bel Canto romantique.
 
1807-1811        La troupe fait entendre Les Noces de Figaro /Cosi/Don Giovanni en italien à Feydeau.
 
1819     L’Inganno Felice obtient le succès malgré l’hostilité d’une partie de la presse française qui tente d’abattre Rossini. On dirait une querelle d’Anciens et de Modernes. Le « Barbier de Séville » fait craquer le barrage. Le théâtre Italien devient le point de ralliement des Modernes.
 
1825     « La Dame Blanche » (Boieldieu) évoque avec fantaisie l’Ecosse romantique de Walter Scott.
 
Les dix dernières années de la Restauration, les compositeurs français voient avec jalousie le succès de Rossini que l’intendant des théâtres royaux attire pour deux ou trois triomphes : le Comte d’Ory (1828), Guillaume Tell (1829) à l’Académie de Musique
Par David - Publié dans : Histoire de l'Opéra
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Vendredi 13 juillet 2007 5 13 /07 /2007 16:16
Par David
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Vendredi 13 juillet 2007 5 13 /07 /2007 16:05
jeudi 5 juillet 2007, 20:30, Arte
La Walkyrie en direct d'Aix

lundi 9 juillet 2007, 00:40, France 2
Un bal masqué (Opéra Bastille)

samedi 14 juillet 2007, 22:30, Arte
Bernard Foccroulle: Un engagement pour l'opéra (portrait) 

Samedi 14 juillet 2007 à 1h45, France 3
Signes
Olivier, Debré, Carolyn Carlson

Ballet. Réalisation: Denis Caïozzi. Enregistré à l'Opéra Bastille de mars à avril 2004
Décors: Olivier Debré. Chorégraphie: Carolyn Carlson. Musique: René Aubry

Mardi 17 juillet 2007 à 1h05, France 2
Hercules (Haendel)
Durée 3h10

Samedi 21 juillet à 1h35, France 2
Le Voyage à Reims (Rossini)
Mariinsky, direction Valery Gergiev
Durée 2h10

lundi 23 juillet 2007, 02:05 France 2  
Les Noces de Figaro
Opéra enregistré au Festival de Salzbourg 2006. Réalisation: Brian Large. Mise en scène: Claus Guth.

samedi 28 juillet 2007, 22:30, Arte
Portrait de Janacek 

lundi 30 juillet 2007, 01:40, France 2
Enregistré à Barcelone, Gran Teatre del Liceu
Manon
Mise en scène de David Mc Vicar. Direction musicale: Víctor Pablo Pérez. Orchestre Symphonique du Gran Teatre del Liceu, avec Rolando Villazón (le chevalier des Grieux), Samuel Ramey (le comte des Grieux), Natalie Dessay (Manon Lescaut), Manuel Lanza (Lescaut), Francisco Vas (Guillot de Morontaine), Didier Henry (Brétigny, Christina Obregón (Pousette), Marisa Martins (Javotte), Anna Tobella (Rosette), Claudia Schneider (servante), Lluís Sintes (hôtelier)

mardi 31 juillet 2007, 20:50, France 2
Le Trouvère, en direct des Chorégies d'Orange
Par David - Publié dans : TV Lyrique
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Jeudi 12 juillet 2007 4 12 /07 /2007 14:12
Theodora (Haendel)
Concert du 19 octobre 2006 au Théâtre des Champs Elysées

Direction Emmanuelle Haïm

Theodora Geraldine Mc Greevy
Iréne Anne Sophie Von Otter
Dydimus Stephen Wallace
Septimus Paul Agnew
Valens Matthew Rose

Orchestre et Choeurs du Concert d'Astrée
 
Je suis venu écouté un oratorio de Haendel et immanquablement il devait s’y trouver un passage extraordinaire. Alors merci encore à Stephen Wallace et Geraldine McGreevy pour avoir interprété le duo de la fin du second acte avec une réelle profondeur spirituelle, l’orchestre s’étant montré particulièrement attentif et inspiré sur le coup.
Deux voix absolument faites pour s’allier ensemble.
Anne Sophie Von Otter se révèle un peu rude dans les forte, en revanche elle retrouve dans les piani toute la sensualité de son timbre.
Paul Agnew, chanteur très expressif, réussir à émouvoir au premier acte alors que Matthew Rose, deux à trois plus sonore que ses partenaires, jure également d’un point de vue stylistique.
Chœurs en phase et riches en couleurs.
 
Belle ovation pour l’ensemble au final.
Par David - Publié dans : Saison 2006/2007
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Mercredi 11 juillet 2007 3 11 /07 /2007 13:18
La Création (Haydn)
Concert du 22 septembre 2006 (Salle Pleyel)
Version anglaise
 
Sandrine Piau Soprano
Mark Padmore Ténor
Neal Davies Basse
 
Gabieli Consort & Players
 
Direction Paul McCreesh
 
Inspiré des oratorios qu’il avait entendu en Angleterre, Haydn compose le sien en 1798.
Le vieux BurgTheater de la place Saint Michel de Vienne (voir L'Opéra à Vienne) accueille la première exécution publique le 19 mars 1799.
La publication de la partition en 1800 comprend les textes en anglais et en allemand.
 
Les sensations lors du prélude bien mystérieux sont aussi émouvantes que surprenantes lorsque l’on découvre la nouvelle acoustique de la salle pleyel.
La distribution spatiale du son crée un effet d’immersion même aux derniers rangs du second balcon.
L’atmosphère méditative, le foisonnement des motifs n’empêchent pas totalement de s’interroger sur les intentions de la direction de Paul Mc Creesh. Le style léger mais avec peu de profondeur fait de cette création dans l’ensemble un moment bien paisible (à moins qu’un état de fatigue personnelle brouille la perception).
Les trompettes sont excellentes, les cors plus approximatifs.
Les solistes réservent tous de bonnes surprises surtout dans la troisième partie : Neal Davies est une voix de basse non dénuée de clarté, Mark Padmore réussit les passages les plus lyriques et Sandrine Piau, en petite voix ce soir, trouve couleurs et souplesse.
 
La création d’Adam et Eve est un moment extraordinaire de lumière dont les murmures des chœurs soulignent les contrastes .
 
Une soirée qui donne envie de découvrir les interprétations au disque.
 
Par David - Publié dans : Saison 2006/2007
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Mercredi 11 juillet 2007 3 11 /07 /2007 10:09
Missa Solemnis (Beethoven)
Concert du 19 septembre 2006 au Théâtre des Champs Elysées
 
Camilla Nylund Soprano
Birgit Remmert Mezzo-Soprano
Charles Workman Ténor
Franz Josef Selig Basse
 
Orchestre de la Suisse Romande
Chœur de la Radio de Berlin
 
Direction Marek Janowski
 
Durant 1h30 le Théâtre des Champs Elysées a enveloppé son public pour l’entraîner dans des élans épiques ou le plonger dans des moments de gravité intenses.
La manière dont le capitaine Janowski maîtrise l’orchestre de la Suisse Romande est admirable d’autant plus que les tempi choisis atteignent une rapidité que les musiciens soutiennent sans la moindre désynchronisation. Les chœurs limpides et aériens se mêlent à l’ensemble avec un souffle qui inspire au cœur comme une délivrance.
 
Mais l’effet recherché par les solistes est ambigu : s’ils ont tous une réelle personnalité vocale, l’impression globale est sans éclat, trop humaine, Birgit Remmert ayant sans doute prodigué la plus belle musicalité lors de l’Agnus Dei, le passage le plus saisissant.

Par David - Publié dans : Saison 2006/2007
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Mardi 10 juillet 2007 2 10 /07 /2007 09:53
Die Walküre             (Wagner)
Représentation du 02 février 2006 (Fenice de Venise)
 
Siegmund Christopher Ventris
Sieglinde Petra Lang
Hunding Kristinn Sigmundsson
Brünnhilde Janice Baird
Wotan Greer Grimsley
Fricka Doris Soffel
 
Direction musicale Jeffrey Tate 
Mise en scène Robert Carsen
 
Deux mots me paraissent suffire à caractériser le style de direction de Jeffrey Tate : fascinant et frustrant. Il signe là une lecture très raffinée (à l’ouverture, l’effet des bois qui s’entrelacent est magnifique) sans jamais céder au déchaînement même lors de la chevauchée des Walkyries (qui regrette à ce moment précis l’emballement un peu hors de contrôle d’Eschenbach au Châtelet? Moi oui).
C’est à se demander si cette limpidité ne s’harmoniserait pas mieux avec la mise en scène de Wilson.
 
Le premier acte démarre bien tranquillement : Sigmundsson nous propose un Hunding pas vraiment imposant.
Si Christopher Ventris fait montre d’accents vaillants et d’un timbre clair quelque chose manque : du lyrisme. L’accueil est enthousiaste. Le problème semble donc venir de mon oreille.
Heureusement Petra Lang est d’une musicalité sublime avec une ligne de chant très liée et graduée dans les effets. Son timbre est la seule source de chaleur de cette partie. Elle s’épanouie complètement au 3ième acte.
 
Venise2006-4.jpg

Finalement nos trois premiers protagonistes sont d’un format vocal véritablement humain car avec le deuxième acte on a plutôt l’impression d’atterrir dans la cage aux fauves.
La scène, à croire fortement inspirée des « Damnés » de Visconti, commence avec la Brünnhilde de Janice Baird qui balance nonchalamment ses hoïotoho ! Scéniquement elle affiche la même désinvolture qu’Helmut Berger dans le film. Sa voix est puissante, les couleurs fortement métalliques ce qui retire un peu d’humanité à son personnage notamment au 3 ième acte.
 
De l’humanité et de l’autorité Greer Grimsley en a en réserve. C’est un Wotan d’une force douce dont la voix bien dirigée est très enveloppante. Peu de graves caverneux, il est presque trop charmeur. Très émouvant au 3ième acte.
 
Face à lui Doris Soffel anime une Fricka d’un indescriptible tempérament autoritaire et agressif. Excellente actrice, sans doute rodée aux emplois de femmes machiavéliques, sa voix d’une grande richesse de couleurs et d’irrégularités traduit une sauvagerie stupéfiante.
 
N’ayant pas vu l’intégralité du Ring de Carsen, mieux vaut faire preuve de réserve, mais l’intérêt de ce qu’il a fait dans ce 2ième volet me semble assez limité. Sieglinde cherchant Siegmund parmi les corps des guerriers morts au combat est une des rares images marquantes du 3ième acte.
 
 
Par David - Publié dans : Saison 2005/2006
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Mardi 10 juillet 2007 2 10 /07 /2007 09:26

Eclipse3.jpg
Eclipse partielle vers 1h15 du matin (heure locale)

Si une éclipse de lune ne recèle que peu d’importance scientifique, un photomontage ne relate que bien peu de cette merveille naturelle. L’œil nu remarque l’assombrissement vague du bord de l’astre sélène quand une courbe nette avance sur le disque croqué par l’ombre de la Terre.
Mais la clarté du satellite noie encore les subtiles rougeurs de la face sombre si bien qu’il nous faut attendre la disparition de toute trace de réflexion lumineuse directe pour que seule demeure la lueur des rayons solaires tamisés par notre atmosphère.
 
Dés cet instant il est possible de se représenter le spectacle vu d’abord depuis la frange brillante – le globe terrestre treize fois plus étendu que « Diane Séléné » et hérissé d’une auréole éclatante surplombe l’horizon – puis depuis la bande la plus sombre – la même sphère palpitant de faibles éclats vermillions dans un ciel constellé.

Eclipse2.jpg
Dimanche 9 novembre 2003, la lune est entrée dans l'ombre de de la Terre à 00h30 pour intégralement s'eclipser entre 2h05 et 2h30. Elle n'a retrouvé son éclat total qu'à 4h05.
La trajectoire de la Lune est passée en bordure de l'ombre, ce qui explique la faible durée du phénomène (25 minutes).


Par David - Publié dans : Astres
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Lundi 9 juillet 2007 1 09 /07 /2007 12:23
Il Trittico (Puccini)
Représentation du 07 mai 2006 (Capitole de Toulouse)
 
Direction Musicale                      Marco Armiliato
Mise en scène                         Stéphane Roche
 
Il Trittico fût crée à New York en décembre 1918 (Guerre oblige) puis monté pour la première fois à Paris en 1967 (Opéra Comique).
Cette saison, le Capitole reprend la production de 1997.
 
 
Il Tabarro
 
Michele Juan Pons, Luigi Nicola Rossi Giordano
Giorgetta Doina Dimitriu, Talpa Michele Bianchini
 
Une péniche toute en bois stationne sur la Seine devant les vannes d’une écluse.
Fidèle au souvenir de son Rigoletto à Bastille (mai 2000), Juan Pons se distingue par la crédibilité de ses personnages. Alors ce rôle d’homme qui bascule du pathétique vers la cruauté ne lui pose aucune difficulté.
Nicola Rossi Giordano campe un Luigi assuré et un peu rude vocalement auquel répond une Doina Dimitriu vive mais sans douceur. D’ailleurs la force et la dureté de ses aigus déchirent un peu trop le tissu orchestral.
Car Marco Armiliato nous propose une richesse de motifs raffinés, une tension grandissante portée par des sonorités cuivrées sans la moindre brutalité : un vrai plaisir.
 
 
 
Suor Angelica
 
Suor Angelica Tamar Iveri, Suor Genovieffa Eunyee You
La zia principessa Marjana Lipovsek, La suora infermiera Cécile Galois
La maestra delle Novizie Nona Javakhidze
 
Une chapelle intégralement blanche percée en son centre d’une croix d’argent et surplombée d’un vitrail (très connu) dont les couleurs éclairent l’enfant qu’il représente.
 
En 1989 Marjana Lipovsek édite un disque d’air d’opéra chez Orphéo (Gluck/Haëndel/Mozart/Verdi/Bizet/Massenet/Saint-Saens) à signaler aux amateurs d’altos dramatiques. C’est donc enfin l’occasion de l’entendre sur scène.
Sans doute la voix doit être bien usée : pas du tout. La chanteuse impose une princesse inquiétante et d’une superbe noirceur.
Il faut attendre l’air « Senza Mamma » pour entendre Tamar Iveri faire évoluer Suor Angelica d’un rôle plutôt effacé vers celui d’une femme qui libère ses tensions à travers une expression théâtrale inattendue (surtout lorsque l’on n’a jamais entendu l’œuvre intégralement).
Je n’ai capté que quelques éclats de voix de Cécile Galois mais c’était bien beau.
 
 
Gianni Schicchi
 
Gianni Schicchi Juan Pons                               Zita Cinzia De Mola
Lauretta Anne-Catherine Gillet            Rinuccio Ismael Jordi
Nella Eunyee You
 
Sur fond noir, un lit se détache, flanqué de part et d’autre de deux escaliers.
 
Il faut reconnaître la présence écrasante de Juan Pons étrange inspiration d’un Jean Philippe Laffont et d’un RuggeroRaimondi (mais avec sa voix d’aujourd’hui !).
La pièce est drôle et tout le monde en fait des tonnes.
Eunyee You (remarquée récemment en Oscar lors de la télédiffusion du Bal Masqué de Lieptzig) dispense une gaîté extrêmement communicative.
Et elle met énormément de cœur tout comme sa Suor Genovieffa dans la nouvelle précédente.
Anne-Catherine Gillet interprète une Lauretta sensible et espiègle.
 
De bout en bout, Marco Armiliato et l’orchestre du Capitole auront maintenu une atmosphère très chaleureuse.
 
Tout le public est heureux, même une certaine personnalité de l’administration de l’Opéra National de Paris  présente à l’orchestre. Il fallait au moins cela pour récupérer de la toute dernière production iconoclaste de Monsieur Mortier.
 
Par David - Publié dans : Saison 2005/2006
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Lundi 9 juillet 2007 1 09 /07 /2007 12:20
Les Noces de Figaro (Mozart)
Répétition générale du 09 mars 2006 (Garnier)
 
Mise en scène Christoph Marthaler
Direction musicale Sylvain Cambreling
 
Figaro Lorenzo Regazzo
Suzanne Heidi Grant Murphy
La comtesse Dwayne Croft
Chérubin Christine Schäfer
Bartolo Roland Bracht
Marcelline Helene Schneiderman
 
Une générale à Garnier se savoure dés l’ouverture des portes. Il y règne une décontraction inhabituelle, l’on retrouve les visages connus, certains sourires sont charmants.
Puis la lumière faiblit et un petit homme arrive sur scène : j’apprend qu’il s’appelle Gerard Mortier et qu’il est le directeur de la maison. Avec nostalgie son hommage à Strehler, qui fit l’ouverture de la première saison Liebermann, nous prépare à un tournant historique dans la mise en scène des Noces de Figaro. Mais cette fois il paraît que l’on va rire.
 
Alors effectivement, l’entrée d’une grande maison où toute l’action va se dérouler constitue l’univers unique. Un grenier surplombe l’ensemble.
Loin de chercher à éclairer l’œuvre, la pièce est prétexte à un déploiement de gags, de scènes cocasses pour le plaisir du non-sens. Mais je laisse à chacun d’aller apprécier directement au théâtre surtout que la première n’a pas encore eu lieu.
 
Sur scène, bien que ce ne soit qu’une répétition, il nous est donné une occasion d’entendre une interprétation de bonne qualité à quelques réserves prés :
Lorenzo Regazzo est un Figaro vocalement soigné mais qui doit faire face à un Peter Mattei qui survole tout avec ses accents mordants et sa prestance naturelle.
L’on découvre une Christiane Oelze au premier abord un peu gauche. Elle est cependant très vite entraînée dans la farce et présente une comtesse douce, musicale mais un peu pâle.
La très vivante Heidi Grant Murphy laisse perplexe : il y a bien peu d’élégance dans son chant aux graves peu marqués et pourtant son dernier air nous laisse en suspend.
 
Mais quelle stupéfaction en découvrant Chérubin : Christine Schäfer est totalement méconnaissable en adolescent et seule sa très belle interprétation permet de lever le doute sur le fait que ce n’est pas un gamin de 15 ans qui joue sur scène.
 
J’ai été très touché par l’humanité que Roland Bracht apporte au personnage de Bartolo (et il a du coffre). D’autant plus que le chanteur doit composer avec les tics voulus par Marthaler et il m’est difficile de ne pas être sensible à la difficulté supplémentaire qu’ils engendrent.
 
Enfin Helene Schneiderman fait rayonner une Marcelline espiègle, joueuse et vocalement enivrante à en éclipser Suzanne.
 
Dans la fosse, pas de surprise, l’orchestre fait ce qu’il peut avec un chef qui n’est jamais aussi bon que lorsqu’il participe lui-même aux gags.
 
Le contraste entre le délire sur scène et l’image nostalgique et triste du grenier est troublant.
 
Inutile de dire que les puristes crieront à l’outrage (notamment par la manière dont les passages au clavecin ont été remaniés).
Il s’agit seulement ici de célébrer l’exubérance et la fantaisie de la vie et de l’accepter dès le départ.
Par David - Publié dans : Saison 2005/2006
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Lundi 9 juillet 2007 1 09 /07 /2007 12:17
Semiramide (Rossini)
Représentation du 22 avril 2006 (Théâtre des Champs Elysées)
 
Semiramide Alexandrina Pendatchanska
Arsace Barbara Di Castri
Assur Michele Pertusi
Oroe Federico Sacchi
Idreno Kunde
 
Mise en scène Gilbert Deflo
Direction musicale Evelino Pidò
 
 
Je ne savais pas que Semiramide utilisait ses aigus comme arme de dissuasion ! Je dois dire être impressionner par la représentation de ce personnage ; Alexandrina Pendatchanska manie avec brillant un tempérament enflammé, puissant, et tout à la fois, émaille son chant d’une virtuosité colorée (elle atteint même des graves d’une très furtive noirceur).
Ce n’est pas du pur bel canto et peu d’ornements délicats viennent effleurer nos oreilles ; mais l’on a compris que le dramatisme de l’action est ici privilégié.
Dans sa dernière scène (al mio pregar t’arrebdi), la chanteuse est d’une sensibilité touchante. On ne sait plus très bien si c’est une Lady Macbeth ou une Desdemone, et cela traduit bien toute l’ambiguïté du caractère.
 
Barbara Di Castri arrive sans trop de mal à maintenir l’équilibre avec sa partenaire. Arsace a de l’aplomb et un registre grave solide.
Cependant sa maîtrise du souffle est étrange (des experts pourront peut être l’analyser) et certains effets deviennent subitement inaudibles malgré les fortes respirations.
 
Michele Pertusi réalise une prestation honorable. Il ne s’impose véritablement qu’au deuxième acte lors de la confrontation initiale avec Pendatchanska d’abord et surtout lors du monologue d’Assur (scène IV). L’homme est atteint et son chant porte une détresse plus émouvante par ses qualités musicales que par son expressivité.
 
Gregory Kunde est aussi une des attractions de la soirée. Il fait montre d’une très belle musicalité tant qu’il reste dans le médium et les passages largo. Mais dés qu’il s’agit de s’élever dans les aigus, la voix se rétrécie et s’atténue d’autant plus qu’il faut se montrer agile.
Ainsi on a droit a un superbe « La speranza più soave’ suivit par un « Que’ numi furenti » emporté à la débrouille !
 
Par David - Publié dans : Saison 2005/2006
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Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /2007 08:16
Don Giovanni (Mozart)
Représentation du 27 janvier 2006 (Opéra Garnier)
 
Direction musicale Sylvain Cambreling
Mise en scène Michael Haneke

Décors Christoph Kanter
Costumes Annette Beaufays
Éclairages André Diot

Don Giovanni Peter Mattei
Il Commendatore Robert Lloyd
Donna Anna Christine Schäfer
Don Ottavio Shawn Mathey
Donna Elvira Mireille Delunsch
Leporello Luca Pisaroni
Masetto David Bizic
Zerlina Aleksandra Zamojska
 
Ce soir c'est style efficace.
Le meilleur : Peter Mattei. Un chant enrobé ....Zerline ne craque toujours pas ... c'est pas grave ...les abdos retravaillent et un nouveau son encore plus malaxé est prêt à la faire fondre. Un délice vocal!!!
Luca Pisaroni est un Leporello jamais vulgaire, au sang à peine plus chaud que Don Giovanni....... ce soir j'ai entendu du beau chant.

Chez les dames, Christine Schäfer est celle qui s'en sort le mieux.
Femme fragile et déboussolée elle trouve ses limites dans le deuxième acte où elle ne peut que fonctionner par à-coups dans les parties vocalisantes.
Mireille Delunsch est bonne actrice mais la tessiture me gêne. Style trop criard. En plus ce n'est pas toujours juste.

Si la mise en scène est enthousiasmante au premier acte (le cauchemar d'un cadre supérieur déconnecté des autres pour lequel tout va mal se finir), le décrochage est spectaculaire au II acte. Personnellement je n'y crois plus, l'Elvire aimante qui pense pouvoir retourner la situation me manque, l'humour me manque également et le final frise le ridicule.
 
 
Voici quelques éléments que j’ai capté lors du plein feux sur DonGiovanni et qui permettent de mieux appréhender la vision de Haneke.

M.Haneke part du principe que le livret de Da Ponte n’est pas crédible car on ne peut tuer une personne et continuer la partie de rigolade comme ci de rien n’était.
Il n’y croit donc pas et préfère partir de quelque chose qu’il connaît.

Se pose alors la question de qui représente les puissants aujourd’hui : les politiques ? Mais ceux-ci sont souvent aux services d’affairistes. Le metteur en scène choisit donc le milieu de l’entreprise et de l’argent.

Comment faire ensuite pour justifier l’intervention du commandeur dans une société qui ne croit plus en dieu et dont la spiritualité se délite. Qu’est ce qui peut faire peur aujourd’hui ?

Enfin il explique que son œuvre ne répond pas aux attentes d’une société (laquelle ?) mais ne représente que lui-même. C’est à prendre ou à laisser.

Il est vrai que cette vision des employés se saisissant de Don Giovanni pour s’en débarrasser définitivement peut toucher fortement un public qui a intériorisé du ressentiment vis-à-vis de comportements oppressants en entreprise.
Par David - Publié dans : Saison 2005/2006
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Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /2007 07:56
Adriana Mater (Kaija Saariaho)
Représentation du 15 avril 2006 (Opéra Bastille)
 
Adriana Patricia Bardon
Refka  Solveig Kringelborn
Tsargo Stephen Milling
Yonas Gordon Gietz
 
Direction musicale Esa-Pekka Salonen
Mise en scène Peter Sellars
 
 
Le décor évoque certains villages (d’Afrique du Nord ?) ornés de coupoles, symboles spirituels. Il n’en reste plus qu’une au second acte (celle d’Adriana) épargnée malgré les ravages de la guerre. 
La pâle lueur rouge d’espoir vacille : la luminosité de la scène semble alors exprimer les couleurs des sentiments en jeu, les ruines prenant une teinte particulièrement glacée au moment où le cœur de Jonas se durcit le plus face à son père.
 
Au premier balcon, Kaija Saariaho contrôle elle-même la sonorisation des voix qu’elle accentue fortement au cours du duo Refka/Adriana qui suit le viol. La scène est étrangement surnaturelle.
 
La musique entretien une tension perpétuelle, parfois harcelante dans ses effets vifs, les coups d’éclats pouvant être forts et violents.
Il y a même quelque chose d’épique car les sonorités me font penser un moment à la scène de couronnement de Boris Goudonov ou bien à Guerre et Paix.
 
Le texte de Amin Maalouf est très intéressant (j’aime beaucoup Adriana éclairant Refka sur la peur qui se cache derrière le mépris que cette dernière lui recommande).
Il pose les questions de fond, exprime les sentiments les plus instinctifs (Refka est en permanence la voix qui peut entraîner l’esprit d’Adriana vers la régression).
L’influence des spiritualités orientales est visible, il y a une tentative de prise de conscience de ce qui se passe en chacun des protagonistes afin que leur action permette malgré tout de réussir leur vie.
Pour Adriana, il s’agit de mettre à l’épreuve son fils en le laissant aller se confronter à son père après lui avoir donné pendant sa jeunesse la meilleure éducation possible.
 
Patricia Bardon et surtout Solveig Kringelborn réussissent des expressions vocales parfois  tranchantes et assez inhabituelles à l’opéra.
 
Je ne me souviens pas avoir décroché du spectacle un seul instant.
Par David - Publié dans : Saison 2005/2006
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Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /2007 07:48
Alceste (Jean-Baptiste Lully)
Version de concert du 22 mars 2006 au Théâtre des Champs Elysées

Jean-Claude Malgoire, direction musicale
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Choeur de chambre de Namur, direction Jean Tubéry

Nicolas Rivenq, Alcide (Baryton)
Véronique Gens, Alceste (Soprano)
Simon Edwards, Admète (Ténor)
Judith Gauthier, Céphise, la deuxième ombre (Soprano)
James Oxley, Lychas, Alecton, Apollon (Ténor)
Renaud Delaigue, Straton (Basse)
Bernard Deletré, Lycomède, Caron (Baryton)
Alain Buet, Pluton, Éole, l’homme désolé (Baryton)
Jean Delescluse, Phérès (Ténor)
Hjördis Thébault, Proserpine, la Nymphe de la Marne, la Nymphe des Tuileries, la troisième ombre (Soprano)
Stéphanie d’Oustrac, la femme affligée, la Nymphe de la Seine, la première ombre (Mezzo-soprano)

C'est ma deuxième soirée avec Malgoire cette saison.
A nouveau je retrouve un ensemble orchestral vivant, d'une grande chaleur et des sonorités chatoyantes (j'aime beaucoup le clavecin situé au centre de la formation).

Les chanteurs ont tous fait honneur à l'oeuvre surtout que j'ai pu mieux les apprécier dans la deuxième partie en me replaçant à l'orchestre.
Citons par exemple :
Les voluptueuses interprétations de Stéphanie d’Oustrac (assez sophistiquée ce soir) qui profitent d'une belle couleur sombre, 
l'élégance scénique de Nicolas Rivenq et la conjugaison parfaite avec son chant,
James Oxley, au regard espiègle, qui réussit un très beau duo de ténors avec Jean Delescluse (est-ce une adaptation car le rôle de Phérès était prévu au départ pour Pierre Yves Pruvot qui est une basse?), 
le Caron irrésistible de Bernard Deletré dont l'allure sérieuse initiale, lunettes à la main, ne sert qu'à donner plus d'effets comiques à son personnage par la suite, 
la simplicité touchante de Hjördis Thébault ou bien la gravité de Véronique Gens

Pas de rôle principal mais un équilibre dans la distribution des onze solistes qui ont chacun l'occasion d'être mis en valeur.
Cela va de paire avec une certaine complexité théâtrale.
Le mélange orchestral et choral porte l'ensemble en continu jusqu'à ce qu'un air délicieux (et il y en a) vienne surprendre.
Par David - Publié dans : Saison 2005/2006
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