Samedi 2 février 2008

Présentation de l'opéra "Cardillac"de Paul Hindemith
Débat au Goethe-Institut le 30 janvier 2008


L’article qui suit restitue quelques notes prises lors de la présentation de Cardillac par Gérard Mortier (directeur de l'Opéra National de Paris), André Engel (metteur en scène) et Franz Grundheber, interprète du rôle principal.


L’histoire de Cardillac est étrange : un individu masqué s’attaque la nuit à des habitants de Paris et les tue d’un coup de poignard dans le cœur.
Toutes ces personnes viennent d’acheter des bijoux maléfiques au joaillier adulé de l’époque de Louis XIV, René Cardillac.
Un jour Cardillac se trouve à proximité d’une attaque avortée. La foule parisienne le menace. Provoqué, Cardillac défend l’auteur du crime et avoue finalement en être lui même l’assassin.



Contexte de la reprise de Cardillac à Paris en 2008

De trop nombreux directeurs d’Opéra programment des œuvres inconnues du XIXième siècle et sortent trop souvent des pièces issues du baroque qui parfois feraient mieux de rester dans leur tombe.
Gerard Mortier
défend donc depuis très longtemps l’importance de présenter des œuvres du XXième siècle qui ont fait l’histoire de l’Opéra.
D’où cette volonté d’avoir au minimum 40 % de sa programmation axée sur le XXième siècle.

Mais la reprise de Cardillac s’inscrit également dans un autre contexte.
La saison 2007/2008 est dédiée à deux œuvres de Richard Wagner :
Tannhauser et Parsifal. Il est donc intéressant de programmer Wagner au milieu de toute une esthétique et toute une histoire de la Tradition en présentant deux œuvres qui ont essayé de sortir de ce Wagnérisme.

Dans
La Femme sans Ombre, Richard Strauss cherche à y échapper partiellement à partir de scènes de musiques de chambre comme le second violon pour l’Impératrice ou le violoncelle pour l’Empereur.
Et cela va se poursuivre au cours de la saison avec le
Wozzeck d’Alban Berg qui sera la réponse définitive à la question de la possibilité d’une forme nouvelle d’opéra après Wagner.

La période 1919-1927 est par ailleurs une période d’une extrême richesse avec des créations comme Doktor Faust de Busoni,  Die Frau ohne Schatten, Aufstieg und Fall der Stadt Mahagonny, Cardillac et bien sûr Wozzeck.


Le choix de la mise en scène

 
André Engel situe l’opéra au cours des années 1920 dans un hôtel de luxe très loin du Paris du Grand Siècle.
Cette transposition pose ainsi la responsabilité du metteur en scène.
Elle est double car Cardillac n’a jamais été présenté à Paris avant cette production. Engel risque donc de transformer le contexte souhaité par l’auteur d’une part et risque de faire croire au public que l’œuvre a été écrite sous cette forme là d’autre part.

Mais une œuvre est-elle susceptible d’avoir plusieurs interprétations ? Est-elle plutôt objet de recherches archéologiques théâtrales en visant au plus près la volonté de l’auteur, ou bien est-elle vouée à traverser les âges et être réinterprétée ?

En fait nous sommes entrés dans une ère de l’interprétation des œuvres et la position que Engel défend est que toute transposition ne peut être gratuite.
Elle est guidée ici par la musique avec l’expérience de la mise en scène de théâtre et une oreille curieuse et attentive.

Ce qu’il y a sur scène est un des possibles que la musique véhiculerait.
Cardillac est un artiste, orfèvre qui travaille dans le domaine du luxe, le Paris Capitale du XXième siècle.
Le choix des années 20-30 est pertinent car ce qui est travaillé par le librettiste et le compositeur est la figure de l’artiste maudit, le démiurge qui se croit par delà la loi des hommes parce qu’il crée. Il se sent une légitimité de quelque chose qui n’appartient pas au commun des hommes.

Ce thème du génie créateur, qui est aussi criminel, était déjà fréquenté par le cinéma expressionniste (Docteur Mabuse, M le maudit de Fritz Lang).
En France nous avons la figure de Fantômas (Pierre Souvestre) issue de la littérature et c'est elle qui vient s’intercaler dans l’écoute de la musique.
Le héros du film de Louis Feuillade avait par ailleurs beaucoup intrigué les surréalistes.

Ainsi, tout ce monde ne rend pas gratuit ce désir de transposition.

Cependant le traitement de la fin de l’opéra change par rapport au livret.
L’officier dit littéralement « un héros est mort, même à terre c’est lui le vainqueur et je l’envie ». Est-ce l’apothéose d’un assassin, l’insignifiance du crime comparée à l’importance de l’œuvre d’art, voir même la supériorité et l’irresponsabilité humaine et politique de l’artiste ?

A la fin de l’œuvre, l’artiste reçoit l’absolution du peuple ce qui met mal à l’aise. Engel ne peut adhérer à cette ambiguïté qui consiste à rendre un hommage public à un assassin, fusse t’il un génie créateur, car cela renvoie à une réalité politique qui est apparue quelques années après.

Le metteur en scène choisit donc de monter l’œuvre en montrant cet aspect là mais en faisant sortir la foule pour ne faire de ce drame qu’une petite histoire de famille. Au fond cet homme qui s’est cru au delà des lois humaines, se retrouve à crever de sa mégalomanie au pied d’un escalier monumental.

Il est victime d’une pulsion, poussé de l’intérieur, et donc pathétique car il n’y peut rien.


Franz Grundheber
et le rôle de Cardillac

Card.jpgFranz Grundheber
est présent à l’Opéra de Paris depuis 1977.
Pour un chanteur à mots, Hindemith est un réel défi car il rend cet aspect du travail du chanteur extraordinairement difficile musicalement. Il ne leur permet même pas de s'exprimer de manière lisible et compréhensible.

Par exemple,  Hindemith orchestra le grand final de Cardillac sans avoir connaissance du texte. Puis il colla tout simplement le texte sur ces formes musicales.  Elles se trouvèrent ainsi extrêmement complexes si bien que les 20 thèmes de la fin ne correspondent pas forcément avec le rythme de la langue parlée.

Comparée à Wozzeck qui tombe très naturellement, ce n’est pas la musique chantée qui procure à Grundheber
le plus de satisfaction, mais le mystère et la fascination du personnage de Cardillac


Voir également quelques impressions du spectacle.

                                                                                                    Franz Grundheber (Cardillac)
  

par David publié dans : Conférences
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Dimanche 27 janvier 2008

Vendredi 01 février 2008 sur France 2 à 01H25
Musique au Cœur (rediffusion)

Eve Ruggieri reçoit Roberto Alagna, Cecilia Bartoli, Natalie Dessay, Patricia Petibon


Samedi 02 février 2008 sur France 3 à 23H15
L’Heure de l’Opéra : Tosca de Puccini

A l'occasion des 150 ans de la naissance du compositeur italien d'opéras.

Puis à 00H15 Giacomo Puccini
, Tosca (1900)
Production du Teatro Real de Madrid, 2004. Avec Daniela Dessi (Tosca), Fabio Armiliato (Mario), Ruggero Raimondi (Scarpia)... Maurizio Benini, direction


Dimanche 0
3 février 2008 sur Arte à 19H00
En direct de la Folle Journée à Nantes

Depuis la Cité des Congrès de Nantes, Folle  Journée 2008: "Franz Schubert dans tous ses états"


Lundi 04
février 2008 sur TF1 à 02H35
La Belle

Musique de Tchaïkovski, Par les ballets de Monte Carlo

Mardi 05 février 2008 sur France 2 à 01H20
La Waldbühne
Oeuvres de Tchaïkovski par le Philharmonique de Berlin.
Direction Sir Simon Rattle


Dimanche
10 février 2008 sur Arte à 19H00
Transcription (s)

Fondé par Laurence Equilbey en 1991, le choeur Accentus réunit 32 solistes dont le répertoire concerne les oeuvres a capella.
Au programme: Agnus Dei de Samuel Barber, oeuvres de Ravel, Wagner, Mahler et Schubert


Lundi 11 février 2008 sur TF1 à 03H20
Mireille (Gounod)
Par le ballet de l'Europe.

Mercredi 13
vrier 2008 sur France 3 à 20H30
Victoires de la musique

Soirée en direct, depuis la Halle aux grains de Toulouse. Présentée par Frédéric Lodéon


Samedi
16 février 2008 sur Arte à 19H30
Journée spéciale Tous à l´Opéra

Christoph Willibald Gluck, Orphée et Eurydice

Opéra en direct du Palais Garnier à Paris.  Réalisation: Vincent Bataillon (2007, 2h10 mn). 


Dimanche
17 février 2008 sur Arte à 19H00
Transcription (s)

Fondé par Laurence Equilbey en 1991, le choeur Accentus réunit 32 solistes dont le répertoire concerne les oeuvres a capella.
Au programme: L'hiver des Quatre Saisons de Vivaldi, oeuvres de Debussy, Ravel, Prokofiev, Malher, Chopin, retranscrites pour choeur par plusieurs compositeurs contemporains.

Mardi 19 février 2008 sur France 2 à 00H40
L'Elixir d'Amour (Donizetti)
Enregistré à Bastille avec Paul Groves, Heidi Grant-Murphy, Laurent Naouri.
Direction Edward Gardner

Samedi 23 février 2008 sur France 3 à 00H20
Le Voyage à Reims (Rossini)
Enregistré au Châtelet.
Valery Gergiev dirige le choeur et l'orchestre du Théâtre Mariinski de Saint Petersbourg

Lundi 25 février 2008 sur France 3 à 22H35
Eldorado/Preljocaj
Documentaire

Mardi 26 février 2008 sur France 2 à 1H10
Gianni Schicchi (Puccini)

Avec Patricia Ciofi,  Alessandro Corbelli, Elena Zilio
Direction Seiji Osawa
Enregistré à l'Opéra Garnier en 2004

Mardi 26 février 2008 sur Arte à 19H05
Arte en Corée du Nord

L'Orchestre philharmonique de New York à Pyongyang
Direction Lorin Maazel
 

par David publié dans : TV Lyrique
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Dimanche 27 janvier 2008

Car03.jpgCardillac (Paul Hindemith)
Répétition générale du 26 janvier 2008 à l’Opéra Bastille


Cardillac                      Franz Grundeber
Die Tochter                       Angela Denoke
Der Officier               Christopher Ventris
Die Dame        Hannah Esther Minutillo
Der Kavalier                Charles Workman
Der Goldhändler               Roland Bracht
Der Anführer der Prévoté       David Bizic

Direction musicale                  Kazushi Ono
Mise en scène                        André Engel
Chef des chœurs     Winfried Maczewski

Repris pour 5 représentations seulement du 29 janvier au 16 février, Cardillac n’est évidemment pas une œuvre facile musicalement. Elle possède néanmoins des points d’accroches, le charme nocturne de la chambre de la dame, le touchant échange de Cardillac et sa fille emprunt de reproches ou bien le quatuor du IIIième acte.

                                                                                                        Angela Denoke (La fille)

Vient s’y ajouter un chœur superbement dirigé par
Winfried Maczewski
où la difficulté consiste à faire suivre par les voix les mouvements de la foule sans repère mélodique particulier. L’effet est très impressionnant. 

Nous retrouvons donc Charles Workman avec un superbe timbre de rêveur passionné, H.E Minutillo en Dame totalement accomplie, Christopher Ventris  qui laisse présager un Parsifal fascinant de vaillance juvénile et Angela Denoke surprenante dans un rôle de jeune femme qui cherche à se libérer d’elle-même.

Franz Grundeber fait de Cardillac un homme moins inquiétant qu’il ne pourrait l’être accentuant ainsi l’étrange fascination de l’Officier pour l’artiste que la fille de l’orfèvre a bien du mal à contrer.

Car02.jpg             La Dame (Hannah Esther Minutillo) dans sa chambre

La mise en scène d’
André Engel
, par son souci du détail et son esthétique cinématographique est un élément de séduction qui compte. Kazushi Ono
devrait par ailleurs proposer une lecture plus poétique qu’agressive.

Voir également la présentation du spectacle.
 
 

par David publié dans : Saison 2007/2008
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Samedi 26 janvier 2008

FSO1.jpgDie Frau ohne Schatten (Richard Strauss)
Représentation du 24 janvier 2008 à l’Opéra Bastille


Der Kaiser       Jon Villars
Die Kaiserin     Eva-Maria Westbroek
Die Amme       Jane Henschel
Barak              Franz Hawlata
Sein Weib       Christine Brauer

Direction musicale        Gustav Kuhn
Mise en scène              Robert Wilson


Avec « La Femme sans Ombre »,
Richard Strauss
et Hugo von Hofmannsthal amènent l’homme à se confronter à sa propre humanité.
Autant dire qu’avec Bob Wilson à la mise en scène, l’intrigue prend une dimension interrogative supplémentaire.

La symbolique se manifeste parfois de manière évidente comme la magnifique chevelure soigneusement peignée de l’impératrice impressionnante de féminité.                                                          Jane Henschel (la Nourrice)

Mais que dire de l’omniprésence de la sphère ? Elle apparaît la première fois lorsque la Nourrice s’en empare avant de quitter Le Messager pour répandre ainsi le « Désir de vie ».
Ce désir est donc éternel, d’origine divine mais contient aussi une part maudite.

undefinedEt chacun se retrouve ainsi esclave d’aspirations différentes, l’Impératrice pour l’Ombre (c'est-à-dire la Maternité), l’Empereur pour le faucon rouge (la Puissance passée ?), Barak pour sa femme et la nourriture et enfin la Teinturière pour cet homme qu’elle a en tête.

A ce propos, comment considérer le souvenir d’un être aimé réveillé par la Nourrice dans la tête de la Teinturière ?  Serait-ce un obstacle que la vie lève face à chacun, l'empêchant ainsi d'aimer l'autre ?

Avec beaucoup de force, les trois veilleurs exhortent les hommes à s’aimer les uns les autres plus que leur propre vie.
Le chemin pour y arriver est clair : l’escalier de la connaissance relie le Ciel à la Terre.
Il peut être blanc ou noir selon que l’issue sera le bonheur ou la chute vers les ténèbres.

Un des plus beaux moments que nous réserve Wilson est la prise de conscience par l’Impératrice de l’inhumanité de son attente vis-à-vis de La Femme.
Les lumières de sa conscience surgissent de sa chambre noire devenue tombe. Elle refuse finalement de prendre l’Ombre.

Elle accepte alors de traverser la Porte – deux barres verticales – passage qui l’invite à faire face à son choix avec toute l’angoisse que cela induit.

Si les quatre personnages gagnent au tableau final leur humanité,
Bob Wilson
fait aussi revenir la Nourrice au milieu des enfants. Comme si la Tentation manipulatrice restait présente.
Après ces quelques éléments de décryptage allégorique qui méritent d’être bien plus enrichis, pas question de passer sous silence l’interprétation musicale.
 L'Impératrice

Tout le monde s’accorde sur l’Impératrice d’Eva-Maria Westbroek, émouvante, puissante et donc à la fois humaine et surnaturelle.

FSO3.jpgUn peu trop timide, Christine Brauer est cependant une Teinturière très digne et domine un Barak auquel Franz Hawlata colore le timbre d’un grain séduisant et très identifiable. Le chanteur paraît cependant manquer de punch, le souffle s’écourte un peu trop souvent bien que la bonté du Teinturier n’en souffre nullement.

Jane Henschel
, irréprochable de présence et de force est possédée par un rôle qu’elle maîtrise admirablement même dans la vision de Wilson dont la gestuelle fixe est si difficile à acquérir.

Il est vrai que l’Empereur est pathétique, alors à ce titre nous pouvons dire que
Jon Villars
serait vocalement d’une vérité dramatique indéniable s’il ne donnait l’impression d’une certaine extériorité au rôle (ou à la mise en scène).

De plus, le grand air du second acte ne mérite pas un chant aussi murmuré ni un si faible relief musical car la violence du discours aurait du inciter Gustav Kuhn à sortir de son interprétation plutôt intimiste et déchaîner des sentiments trop faiblement perçus.

  L'Empereur (Jon Villars)

C’est un peu dommage car sinon la direction du chef est défendable en ce sens qu’elle participe à l’atmosphère méditative et mystérieuse du spectacle.

Il privilégie la fluidité et la lenteur en accord avec les très belles impressions lumineuses plutôt que le relief et le détail.

Et c’est sans doute ce que certains lui reprocheront.


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            L'Impératrice (Eva-Maria Westbroek)
 

par David publié dans : Saison 2007/2008
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Jeudi 24 janvier 2008

Véronique (André Messager)

Représentation du 21 janvier 2008 au Théâtre du Châtelet

001-copie-1.jpgHélène de Solanges (Véronique) Amel Brahim-Djelloul

Florestan de Valaincourt Dietrich Henschel
Agathe Coquenard Ingrid Perruche
Gaston Coquenard Laurent Alvaro
Ermerance de Champ d'Azur Doris Lamprecht
Séraphin Sébastien Guèze
Loustot Gilles Ragon
Tante Benoît Catherine Hosmalin

Direction musicale Jean-Christophe Spinosi
Mise en scène Fanny Ardant


A première vue, l’histoire de Véronique n’est que banale. Une jeune fille découvre que son futur époux aime la femme d’un fleuriste. Seulement, endetté jusqu’au cou, Florestan se résigne au mariage de raison.
 

Tout le premier acte chez le fleuriste Coquenard met en place l’intrigue, sorte de défilé de personnages surexcités,  comédiens dans la comédie, finalement à l’image d’un              Ingrid Perruche (Agathe)
milieu mondain léger et en perpétuelle représentation.
 

D’emblée Fanny Ardant ne se pose aucune limite, les personnages les plus excentriques se pavanent avec une débauche de costumes et de couleurs, le spectateur en a plein la vue et se demande tout de même combien de temps cela va durer ! 

002-copie-1.jpgHeureusement, les deux parties suivantes réservent de très beaux moments de vérité que ce soit le duo entre Florestan et Véronique ou bien la complainte d’Ermerance considérant sa réelle solitude. Et tout cela sans que le sérieux ne prenne le dessus. 

Visuellement, le deuxième acte à Romainville est le plus réussi si l’on considère la fusion impeccable entre la vidéo illustrant les paysages de campagne, et les décors et lumières de la scène. 

La mise en valeur de la vie dans tous les tableaux de cette œuvre ( plein de choses se passent dans les vidéos) est également une constante qui ne surprend guère chez une femme aussi passionnée que Fanny Ardant.

Bien que la dynamique musicale ne soit particulièrement accentuée au premier acte, la direction de Jean-Christophe Spinosi se fond très bien dans l’ensemble.


Amel Brahim-Djelloul (Véronique) et Dietrich Henschel (Florestan)

Tous les artistes sont excellents acteurs. Laurent Alvaro est nettement le plus sonore, Dietrich Henschel exprime les plus beaux sentiments, Doris Lamprecht nous réjouit de sa drôlerie, Ingrid Perruche s’amuse sans compl
exes et Amel Brahim-Djelloul évoque tant l’espièglerie d’Audrey Hepburn qu’elle achève de faire de cet Opéra Comique une transposition vivante et très élégante des comédies américaines des années 50-60.
Sans doute n'est-ce qu'un hasard si Fanny Ardant ressitue l'histoire en 1953 qui est aussi l'année où l'actrice d'Hollywood reçoit son premier Oscar.
003-copie-3.jpg

                  Scène finale à l'Opéra
 
par David publié dans : Saison 2007/2008
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Dimanche 20 janvier 2008

Genèse de l’œuvre

A présent la vie de Verdi prend un nouveau chemin. Après s’être procuré l’indépendance morale et matérielle qui lui permet de vivre sans obligations envers personne, il se consacre tout entier à son amie La Strepponi.

Pour lui faire plaisir il loue une petite maison à Passy.


En février 1848
, le peuple de Paris se soulève. Immédiatement Vienne et Berlin, puis Palerme, Milan, Messine, Bologne, Brescia, Rome, Venise suivent.

Dans la précipitation, Verdi achève en mars 1848 « I Corsaro », dernier opéra qu’il doit au bien peu scrupuleux éditeur Lucca.
Comme pour
I Due Foscari , le livret s’inspire d’une pièce de Byron « Le Corsaire », héros fait plus pour l’action que la méditation mais se sentant isolé vis-à-vis de ses semblables.

Francesco Maria Piave
reste fidèle au romantisme du poète ce que n’avait su faire Ferreti pour l’Opéra « Le Corsaire» de Pacini très vite oublié.

Verdi abandonne alors l’œuvre à son destin.

Lucca décide que l’œuvre sera montée au Teatro Grande de Trieste le 25 octobre 1848.

Verdi ne prend même pas la peine de se déplacer ce qui vaut à l’ouvrage un accueil glacial et des réactions outragées. Il apprend ainsi par la presse qu’ayant rempli ses poches de guinées anglaises et de francs français, il pourrait peut-être se payer le luxe d’étudier un peu les classiques.



I Corsaro


Au début du XIXième siècle, l’empire Ottoman s’étend toujours de l’Afrique du Nord à l’Europe Sud Orientale bien que les offensives des Européens aient déjà enclenché sa désagrégation.


En 1822
, l’insurrection grecque initiée en Epire se propage et l’indépendance est proclamée.
Le sultan Muhammad Ali réagit en envoyant une flotte de 63 navires de guerre et 100 bâtiments de transports à laquelle ne peuvent résister les révoltés.

Cela attire la sympathie de l’opinion européenne qui envoie aux insurgés de l’argent, des armes et des volontaires.  Parmi eux,  Lord Byron, romantique rongé par le mal de vivre et en quête d’une cause enthousiasmante, se rallie à eux et meurt probablement de fièvre lors du siège de Missolonghi.

La flotte turco-egyptienne est défaite plus tard à Navarin par l’escadre anglo-franco-russe et la Grèce devient indépendante en 1830.

La trame d’I Corsaro ne fait référence à aucun évènement marquant de l’histoire mais devrait se situer vers 1810.

Sur une île de la Mer Egée le chef des corsaires, Corrado, informé par un espion grec prépare ses troupes à mener une expédition contre la flotte musulmane basée dans le port de Corone (sud du Péloponnèse). Ce projet inquiète Médora mais elle ne peut le retenir.

Pendant ce temps, à Corone, le Pacha Seid est également sur le point de lancer un raid contre les corsaires. Il se fait cependant surprendre, ses navires sont incendiés mais il réussit à réunir ses troupes alors que Corrado cherche à sauver les femmes des flammes. Le héros est arrêté.

Gulnara, la favorite du harem, s’éprend de lui et l’aide à s’échapper après avoir poignardé le sultan.

Malheureusement, à son retour dans les îles, sa fiancée le croyant mort se suicide et lui-même met fin à ses jours.
 

par David publié dans : Verdi
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Jeudi 10 janvier 2008

Genèse de l’œuvre

Après deux représentations d’ « I Masnadieri», Verdi se fait remplacer à la direction musicale et rentre à Paris.
Malgré son dédain pour la superficialité parisienne, il accepte de répondre aux sollicitations des directeurs de l’Opéra.


« I Lombardi »
n’a pas encore été représenté en France, c’est donc l’occasion d’en faire une adaptation.
La tâche de nettoyer cet Opéra incombe aux librettistes Alphonse Royer et Gustave Vaëz.
Les 11 scènes des Lombards sont réduites à 7, les croisés Lombards deviennent français, Milan se change en Toulouse.

Il n’en peut plus de Paris. Pourtant ce désespoir s’éclipse lorsque qu’il retrouve La Strepponi (voir Oberto et Nabucco)  installée depuis un an dans la capitale. Désormais ils ne se sépareront plus.

Les répétitions de « Jérusalem » durent deux mois et Verdi se félicite de ne plus reconnaître Les Lombards.
Seulement, l’accueil le 26 novembre 1847 est plutôt froid.
Les évènements politiques en sont sans doute la cause.

La population ne supporte plus la monarchie autoritaire de Louis Philippe et les députés corrompus du ministère de François Guizot
D’autant plus que la crise économique commencée en 1846 aggrave la situation.

En février 1848, une manifestation effraie la garde qui tire : bilan 16 morts. 
Paris s’enflamme, le roi fuit, la monarchie s’effondre. Un gouvernement provisoire s’installe.
Les violences se poursuivent jusqu’en été puis une nouvelle République jaillie.

Louis Napoléon Bonaparte
en devient le prince-président le 10 décembre 1848.


Jérusalem


Si le contexte historique de « Jérusalem » est le même que celui d’ « I Lombardi » le livret est totalement modifié. L’action débute à Toulouse d’où partit la seconde armée de croisés sous la direction du Comte Raymond de Saint-Gilles et du légat du Pape.

La trame principale de l’Opéra est l’histoire de Gaston, amant d’Hélène, la fille du Comte Raymond.
Celui-ci a été grièvement blessé par erreur lors d’un attentat commandité par son frère Roger.
Horrifié d’avoir atteint son propre frère, il réussit tout de même à faire accuser Gaston, condamné à l’exil.
Roger part en Terre Sainte et entame une vie d’ermite.

Fait prisonnier à Ramla par l’Emir de la ville, Gaston y retrouve sa fiancée Hélène, partie à sa recherche et arrêtée elle aussi par les troupes arabes.

Le Comte Raymond réussit à prendre la cité, et retrouve Gaston qu’il condamne à mort.
Roger fournit alors à son frère les armes nécessaires à la prise de Jérusalem où l’intrigue se conclut.


« Jérusalem » sera encore remanié dans la traduction italienne de Calisto Bassi intitulé « Gerusalemme ».

Mais l’accueil sera franchement froid, les Italiens préférant de loin « I Lombardi ».

 

par David publié dans : Verdi
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Vendredi 4 janvier 2008

Genèse de l’œuvre

Dans les derniers jours de mai 1847, Maffei a presque terminé « I Masnadieri ».  
Avec sa première pièce, le poète Schiller (1759-1805) exprime sa révolte contre la tyrannie du Duc de Wurtemberg.
Ici il ne fonde pas l’idéal de Liberté sur la destruction du passé mais sur le renouvellement spirituel de l’individu.
Le 13 janvier 1782, Mannheim accueille « Les Brigands » dans un délire incroyable.

De cette violente critique de la société, Andrea Maffei ne retient pourtant rien et concentre l’opéra uniquement sur la rivalité entre deux frères.
Pendant ce temps, à Londres, Lumley attend anxieusement le compositeur. C’est en effet le premier opéra qui soit exprès écrit pour Londres par un compositeur italien moderne.

Une grande musicienne attend également Verdi au Théâtre de la Reine : La Lind.
Même si ce dernier trouve sa virtuosité un peu datée, il a un point commun avec elle : elle déteste le milieu du théâtre.

Dans le même temps le Covent Garden, dirigé par Costa, peine et jalouse la relation privilégiée du théâtre concurrent avec Verdi et la Lind.
A force de limiter les représentations du maestro italien et de mal accompagner la Lind, il finit par faire faillite.

Les répétitions d’ « I Masnadieri » commencent alors mi-juillet.
La Reine Victoria a même donné vacance au parlement pour assister à la première représentation.

Celle-ci a lieu le 22 juillet 1847 et est accueillie très favorablement.

Pour Verdi c’est aussi l’heure du mûrissement, le moment de se détacher de ces années qu’il a passé à travailler dur pour oublier les chagrins qui l’ont attristé.


I Masnadieri

En 1648, les traités de Westphalie signent la fin de la guerre de 30 ans.
Les Habsbourg d’Espagne et d’Autriche ont perdu leur guerre d’hégémonie contre la France et les Provinces-Unies.

L’Empire allemand s’effondre et se retrouve émietté en quelques trois cent cinquante principautés, évêchés et villes franches ayant chacun son souverain défendant jalousement son pouvoir.

La cruauté et le mépris de la vie humaine de ces princes allemands suscitent l’indignation.
Le duc de Wurtemberg interdit même à Schiller d’écrire des comédies après la représentation  « Des Brigands ». Le poète doit fuir Stuttgart et se réfugie en Saxe à Dresde.

L’histoire d’ « I Masnadieri » se situe vers 1730 en Bohême et Franconie, à l’est du duché dont Schiller s’est enfui, mais ne fait aucune allusion à une situation tyrannique.
Francesco, jaloux de son frère Carlo a rejoint des brigands. Déçu par cette vie, il décide de brouiller son frère et son père, Massimiliano Comte de Moor. Il le jette au cachot.
Ses manipulations conduisent à la mort de son père puis de Amalia par la main même de son fiancé Carlo qui se donne la mort après coup.

« I Masnadieri » ne marque aucun progrès dans l’art de Verdi. Le manque d’envolées puissantes conduit à une tragédie plate.
Les corrections conseillées par le compositeur à Maffei n’ont pas suffit à améliorer le livret.

par David publié dans : Verdi
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Samedi 29 décembre 2007

Mardi 01 janvier 2008 sur France 2 à 01H15 (durée 2H20)
Le Chanteur de Mexico

Enregistré au Châtelet en 2006
Direction Samuel Jean, avec Ismaël Jordi et Rossy de Palma.

Mardi 01 janvier 2008 sur Arte à 19H00 (durée 1H25)
Concert à la carte au Konzerthaus de Berlin

Direction Lothar Zagrosek

Jeudi 03 janvier 2008 sur France 2 à 00H25 (durée 2H45)
Candide (Bernstein)

Enregistré au Châtelet en 2006
Mise en scène Robert Carsen

Vendredi 04 janvier 2008 sur France 2 à 22H45
Musique au coeur (Eve Ruggieri)
Avec Cécilia Bartoli, Roberto Alagna, Natalie Dessay, Patricia Petibon

Samedi 05 janvier 2008 sur Arte à 23H55 (durée 2H20)
La vie parisienne (Offenbach)

Par l’Orchestre National de Lyon
Mise en scène Laurent Pelly

Dimanche 06 janvier 2008 sur Arte à 01H45 (durée 50mn)
Rufus Wainwright

Enregistré le 29 novembre 2007 à Hambourg.
Cet artiste pop canadien laisse libre cours à des arrangements orchestraux sophistiqués.
Il est le premier chanteur 'out' gay du courant musical traditionnel à avoir démarré sa carrière ainsi.
Grand connaisseur d'Opéra, il a en projet de composer un opéra pour le MET d'ici 2011.

Lundi 07 janvier 2008 sur TF1 à 02H05 (durée 2H45)
Angels in America

Enregistré au Châtelet en 2004
Composé et dirigé par Peter Eötvös
Avec D.Beltcher, B.Hendricks, J.Migenes, T.Lehtipuu

Lundi 07 janvier 2008 sur Arte à 22H50 (durée 1H)
Mozart: Bastien et Bastienne

Opéra enregistré  à l'Opéra de Rouen. Réalisation: Anaïs et Olivier Spiro

Dimanche 13 janvier 2008 sur Arte à 19H00 (durée 45mn)
Victoria de Los Angeles
Disparue le 15 janvier 2005, la soprano espagnole est le sujet de ce documentaire-portrait qui retrace sa carrière, en particulier entre 1957 et 1971...
Au programme : lieder de Schubert et Brahms (avec Gerald Moore, piano. Archives de la BBC, 1962), héroïnes lyriques des opéras de Rossini, Wagner, Puccini, surtout oeuvre de Mompou, accompagnant la cantatrice dans l'une de ses oeuvres, pour la télévision française en 1971.

Lundi 14 janvier
2008 sur Arte à 22H30 (durée 1H)
Danse et extase; VSPRS d'Alain Platel
Créé au Théâtre de la Ville en 2006, Vsprs d'après Les Vêpres de Claudio Monteverdi

Dimanche 20 janvier 2008 sur Arte à 19H00 (durée 45mn)
Juan Diego Florez
Concert enregistré en 2004 à Paris au Théâtre des Champs Elysées. Réalisation: Roberto-Maria Grassi.

Lundi 21 j
anvier 2008 sur Arte à 22H30 (durée 2H30)
Giaochino Rossini: Le Barbier de Séville

Opéra filmé au Teatro Real de Madrid en 2005. Réalisation: Angel Luis Ramirez
Avec Maria Bayo, Ruggero Raimondi, Juan Diego Florez, Pietro Spagnoli
Direction Emilio Sagi

Mardi 22 janvier 2008 sur France 2 à 00H45
Tchaïkovski : La Dame de Pique
Enregistré à l'Opéra Bastille en 2005 dans la mise en scène de Lev Dodin
Avec Hasmik Papian, Ludovic Tezier, Vladimir Galouzine, Christianne Stotijn, Irina Bogatcheva, Nikolaï Putilin.
Direction Gennadi Roshdestvensky

En légère superposition avec le Barbier de Séville : chaleureux remerciement au service public!

Lundi 2
8 janvier 2008 sur Arte à 22H30 (durée 2H30)

Maurice Ravel: La Passion Boléro
 

Mardi 29 janvier 2008 sur France 2 à 01H25
L'Heure Espagnole (Ravel)
Avec Sophie Koch, Franck Ferrari, Alain Verhnes, Yann Beuron
Direction Seiji Osawa
Enregistré à l'Opéra Garnier en 2004


par David publié dans : TV Lyrique
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Mercredi 26 décembre 2007

Christmas in Paris
Théâtre du Châtelet le 25 décembre 2007

Clarinettiste Woody Allen
Direction Musicale Eddy Davis

New Orleans
Jazz Band

Et oui c’est bien lui! Woody Allen en personne avec sa bande de copains qui vient nous apporter en Europe un peu de cette chaleur jusque là réservée au café Carlyle tous les lundis soirs.
Et il faut voir avec quel esprit cela est interprété : concentré, nonchalant et battant la mesure du pied gauche, Woody Allen s’efface pour jouer le meilleur de sa clarinette et rendre ainsi ce style Nouvelle-Orléans entraînant et ironique.
Et tout ceci avec une humilité qui ravit les amateurs de jazz, cinéphiles et nostalgiques de New York.
Au piano, la grâce vocale de Conal Fowkes communique plein de tendresse.
WoodyA.jpg

par David publié dans : Saison 2007/2008
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Lundi 24 décembre 2007
Calle Santa Fe (Rue Santa Fe)
Documentaire de Carmen Castillo

Durée 2H45

Après le coup d’état du 11 septembre 1973, Pinochet engage une répression sanglante contre les opposants politiques. Le M.I.R (mouvement d’extrême gauche chilien) est la cible privilégiée.

Le 5 octobre 1974, l’un des dirigeants de la résistance, Miguel Enriquez, est abattu rue Santa Fé.

Son épouse, Carmen Castillo, survit et s’enfuit en France.


Ce film retrace ses souffrances dans l’exil et ses retrouvailles avec Santiago. Ses amies évoquent la torture et comment elle pousse aux limites de la vie.

Aujourd’hui, aucun militaire, aucun civil ayant agi pour le compte du gouvernement n’a été jugé et arrêté.

Cependant l’engagement des opposants à la dictature est ici analysé, décortiqué sans aucune complaisance.

La disparition de leurs proches ne les a pas abattu, leur force s’en est même accrue.

Nous constatons même que la dualité entre leur lutte pour un idéal d’une part et leur amour des autres d’autre part a conduit à des fractures inouïes. La famille politique se substitue à la famille traditionnelle et des militants seront exclus lorsqu’ils réclameront leur part d’humanité.

C’est tout un questionnement sur ce besoin d’un projet qui nous dépasse qui est posé avec ses conséquences dangereuses. Il y a un moment où le dogme l’emporte sur la vie des autres et même notre propre vie.

Explication d’un des responsables : le M.I.R n’avait que 8 ans lorsqu’il s’est trouvé confronté à la dictature.

Maintenant un courant « social » est relié à cet engagement « politique » nous dit-il.

Mais présenté ainsi, le mot « politique » semble encore trop synonyme de « prise de pouvoir » pour cet homme alors qu’il devrait représenter une «œuvre pour le bonheur de la population » qui doit s'exprimer d'abord dans sa relation avec l'entourage.


Après tant de folie, le film de Carmen Castillo renoue avec un retour à la vie dont le spectateur sort tout de même assez éprouvé.

 

par David publié dans : Théâtre/Cinéma
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Dimanche 16 décembre 2007
Tannhäuser (Richard Wagner)
Représentation du 15 décembre 2007 (Opéra Bastille)
 
Tannhäuser Stephen Gould              Elisabeth Eva-Maria Westbroek
Venus Béatrice Uria-Monzon           Wolfram  Matthias Goerne
Hermann Franz Joseph Selig           Walther   Michael König
Biterolf Ralf Lukas
 
Direction musicale Seiji Osawa
Mise en scène       Robert Carsen
 
La distribution superlative ayant été commentée lors d’une représentation en concert, cet article sera l’occasion de dire quelques mots de la mise en scène de Robert Carsen pour la première fois présentée au public.
 
A nouveau le réalisateur canadien s’intéresse à la condition de l’artiste en nous propulsant dans le monde des peintres de la fin du XIX ième siècle.
Tannhäuser et Wolfram ne sont plus chanteurs mais peintres, les chevaliers de Rome s’identifient à une certaine bourgeoisie de grandes villes avide d’expositions artistiques et Elisabeth devient le sujet d'inspiration de Wolfram.
Il faut reconnaître ce sens de la continuité qui s’exprime avec beaucoup d’intelligence comme de faire des pèlerins allant vers Rome les Ménades de la Bacchanale. Ou bien d‘effacer les limites entre la scène et la salle en faisant entrer les chevaliers à partir du parterre. Elisabeth et Tannhäuser interviendront eux-mêmes parmi les spectateurs.
 
Cette bourgeoisie prend quelques petits coups de griffes. Il faut voir ces rapaces se jeter sur les consommations présentées lors de la scène du vernissage (Acte II). Cela ne vous évoque rien ? Même pas certains cocktails de l’AROP ?
C’est aussi cette attitude d’esprit très bourgeoise qui consiste à s’ériger en juge de tout et donc de l’artiste alors que l’artiste a surtout besoin d’être compris. Mais la compréhension demande une certaine finesse bien entendu.
Lorsque Tannhäuser présente sa propre représentation de l’Amour (le tableau est habilement montré dos au public), ce public est tellement choqué qu’il lui dénie son statut. Le peintre n’a plus qu’à quitter la scène et retrouver la salle.
 
Tannhauser40.jpgComment Robert Carsen résout-il alors la rédemption du troisième acte ? Alors que Tannhäuser s’apprête à rejoindre Vénus, Elisabeth (allégorie de l'Amour Christique) survient pour se fondre avec Vénus au point de devenir toutes deux indissociables. Cette scène ne nous laisse cependant pas très longtemps dans l’interrogation lorsque le mur d’exposition découvre un ensemble de nus féminins de maîtres comme Courbet, Rousseau, Manet …. que rejoint l'oeuvre de Tannhäuser.
 
                                                                          Elisabeth (symbolique de l'Amour)
La force de cette représentation repose sur la cohérence du travail et la mise en rapport de l’œuvre de Wagner avec un monde artistique qu’affectionne Carsen. Les tableaux offrent il est vrai relativement peu d’images percutantes. La scène d’Orgie n’est pas totalement débarrassée d’une gestuelle saugrenue.
Elle vaut cependant quelques images fortes comme le mouvement gracieux de Vénus rejoignant son lit de modèle.  
Plus loin, au moment où la musique s’engouffre dans les mouvements les plus noirs et dramatiques, Vénus s’éloigne lentement, suivie par des hommes rampants dans une lueur de feu saisissante.
 Tannhauser10.jpg
          Scène du Venusberg
 
par David publié dans : Saison 2007/2008
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Jeudi 13 décembre 2007

Krum (Hanokh Levin)
Représentation du 12 décembre 2007 (Théâtre de l’Europe)

Kroum Jacek Poniedzialek           La Mère Malgorzata Rozniatowska
Trouda Magdalena Cielecka        Doupa Malgorzata Hajewska-Krzystofik
Tougati Redbad Klijnstra            Félicia Anna Radwan-Gancarczyk
Dulcé Zygmunt Malanowicz

Mise en scène  Krzysztof Warlikowski
 

Krzysztof Warlikowski est un homme qui s’intéresse à la vie en ce qu'elle a de plus direct et de tragique. Partant de la pièce d’Hanokh Levin il reconstitue un petit univers glauque quelque part à Tel-Aviv et dans lequel revient Krum.

Krum a tout raté de sa vie. Le constat est clair face à sa mère. Comment ne peut-il la tenir responsable d’une condition dont il ne peut s’échapper et qu’il doit accepter ?

D’ailleurs c’est le cas de toute cette famille qui, chacun à sa manière, trouve moyen de se divertir d’une destinée écrasante. Que ce soit Tougati avec ses problèmes de diaphragme ou bien ce couple qui se croit sorti de sa condition. Dans ce dernier cas cela nous vaut une scène hilarante par sa caricature du couple bourgeois qui veut faire croire à son évasion du vide.

Alors l’on rit beaucoup. Car ces personnages sont portés par des acteurs affranchis des regards et de leur propre corps de manière stupéfiante. Ce sentiment de liberté extraordinaire est renvoyé au spectateur qui doit faire avec. Il peut prendre cette énergie pour lui ou bien chercher si l’on ne souhaite pas se jouer de lui.

Mais sur le fond nous rions moins. Pas sûr que les cendres de la mère jetées sur la table n’aient levé quelque angoisse. Par sûr que certains ne se soit demandés s’ils sont bien aussi vivants qu’ils ne le pensent.

Ce soir Krzysztof Warlikowski est dans la salle. Spectateur de son propre spectacle il suit ses comédiens, s’amuse lui-même de ses gags interactifs avec le public conçus uniquement pour lui faire plaisir.

Les jeux de lumières et l’atmosphère musicale évoquent parfois les lueurs obscures de Blade Runner, l’absurdité de ces protagonistes déjantés rejoint celle d’un Alain Platel et le dernier tableau semble tiré de « Talons Aiguilles » d’Almodovar.

Et enfin, avec cette mise en scène nous avons une explication de l’origine de l’Iphigénie en Tauride terriblement dramatique avec laquelle Warlikowski s’en est allé à la rencontre du public de Garnier en 2006. Le même écran vidéo, les mêmes ventilateurs et la même chaise roulante sont présents.

N’a-t-il pas voulu transposer un peu de cet univers (la pièce fût créée à Avignon en juillet 2005) dans le monde de l’Opéra ? 
 

par David publié dans : Théâtre/Cinéma
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Mercredi 5 décembre 2007
Harpe.jpgTannhäuser (Richard Wagner)
Répétition générale du 03 décembre 2007
Opéra Bastille
 
Tannhauser Stephen Gould                
Elisabeth Eva-Maria Westbroek
Venus Béatrice Uria-Monzon           
Wolfram Matthias Goerne
Hermann Franz Joseph Selig           
Walther Michael König
Biterolf Ralf Lukas
 
Direction musicale Seiji Osawa
Mise en scène Robert Carsen
 
« Ce soir la mise en scène s’inspire de l’Espace Vide en référence à Peter Brooks », en ces termes tout autant humoristiques qu’élégiaques Gerard Mortier annonce à la salle qu’aucun élément de la mise en scène de Robert Carsen ne sera utilisé. Seule trouvaille, la harpe de Tannhäuser plantée au centre du plateau indique une soirée de pure musique.
 
Mais ce dont personne ne se doute à cet instant là, c’est que la gêne posée par le mouvement de grève (qui atteint un point critique) va être soufflée par l’élan d’une soirée exceptionnelle !
 
Lohengrin2.jpgDebout, l’orchestre accueille Seiji Osawa avec un enthousiasme que se réapproprie le public, puis se lance dans une ouverture illuminée. 
Le point culminant de la bacchanale reflète parfaitement l’art du chef à théâtraliser sans marques exagérées. Le courant garde ainsi sa fluidité.
 
Dans la scène qui suit, Béatrice Uria Monzon est une Vénus d’une véhémence franchement impressionnante. Ce n’est pas forcément très nuancé mais une belle femme avec un tel tempérament s’apprécie sans modération.
Mais ce que le public découvre relève de l’exception. Stephen Gould vient tout simplement exposer ce qu’est un ténor wagnérien : une puissance contrôlée, un chant lié et plein de clarté aux accents mélancoliques. Pourtant c’est l’impression d’avoir compris un personnage bien mieux que n’importe quel spectateur averti qui prédomine. 
Béatrice Uria-Monzon (Vénus)

Lohengrin1.jpgUne telle caractérisation pousse au questionnement et à l’envie d’être revue.
 
La puissance est aussi une des grandes qualités vocales d’Eva-Maria Westbroek. Seulement, moi-même sans doute victime d’une image trop idéalisée d’Elisabeth, cette force seule fait barrage à l’émotion que devrait soulever cette femme hautement morale et aimante.
 
Beaucoup plus dans son élément que dans Verdi, Franz Joseph Selig économise ses gestes et se suffit de son autorité naturelle pour incarner les valeurs traditionnelles.
Matthias Goerne devient donc l’autre protagoniste le plus émouvant. Timbre chaud et lignes magnifiquement enveloppées, j’ajouterai qu’il est le véritable cœur palpitant du drame.
 
L’utilisation de l’espace sonore par les chœurs est aussi une des grandes réussites de la soirée surtout lorsqu’ils chantent hors de scène.
Au final c’est plutôt fortissimi à volonté !                       Eva-Maria Westbroek (Elisabeth)
                                                                           
Evidemment, cette dernière répétition s’achève dans un délire qui fait écho à l’arrivée d’Osawa avec des musiciens et musiciennes sautillants dans la fosse et des spectateurs survoltés comme pour aider encore plus les artistes, et surtout le chef, à conjurer le sort de fort belle manière. 

Voir également
Représentation de Tannhauser (Carsen)
 
par David publié dans : Saison 2007/2008
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Mardi 4 décembre 2007
Vendredi 7 décembre sur Arte à 19H00
Tristan et Isolde (direct de la Scala)
Waltraud Meier, Ian Storey, Michelle de Young
Direction Daniel Barenboïm- Mise en scène Patrice Chéreau
 
Dimanche 9 décembre sur Arte à 19H00 (durée 45mn)
Anna Netrebko et Rolando Villazon
Récital Théâtre des Champs Elysées enregistré le 28 mars 2007
 
Mardi 11 décembre sur France 2 à 01H25
Musique au Cœur (Eve Ruggieri)
Inva Mula et Rolando Villazon
Récital enregistré à Antibes
 
Dimanche 16 décembre sur Arte à 19H00 (durée 45mn)
Cécilia Bartoli chante Mozart
Festival de Lucerne 2006
 
Vendredi 21 décembre sur Arte à 22H00
La Veuve Joyeuse (Franz Lehar)
En différé du SemperOper de Dresde
Gunther Emmerlich, Petra Maria Schnitzer, Peter Scheiffer, Lydia Teuscher
Direction Manfed Honeck - Mise en scène Jérôme Savary
 
Samedi 22 décembre sur Arte à 22H00
La Bohème
Enregistré à San Franscisco en 1988
Avec Luciano Pavarotti, Mirella Freni et Nicolaï Ghiaurov
Mise en scène : Francesca Zambello
 
Mardi 25 décembre sur France 3 à 14H40 (durée 55mn)
Les danses de Casse-Noisette
Chorégraphie de Rudolf Noureev

Mardi 25 décembre sur Arte à 19H00
Chrismas in Vienna
Avec Elina Garanca, José Cura, Eteri Lamoris et Paul Armin Edelmann
 
Mercredi 26 décembre sur Arte à 19H00
Gala Jacques Offenbach à Zürich (enregistré le 7 octobre 2007)
Direction Marc Minkowski
 
Jeudi 27 décembre sur Arte à 19H00
Magdalena Kozena chante Haendel
Enregistré au Bozar de Bruxelles le 10 novembre 2007
 
Vendredi 28 décembre sur Arte à 19H00
Placido Domingo et Ana Maria Martinez
Gala Zarzuela