Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /2009 22:11
Wozzeck (Alban Berg)
Répétition générale du 14 septembre 2009
Opéra Bastille

Direction musicale Harmut Haenchen

Mise en scène Christoph Marthaler

Wozzeck Vincent Le Texier
Marie Waltraud Meier
Le Tambour-major Stefan Margita
Le Capitaine Andreas Conrad
Le Docteur Kurt Rydl
Margret Ursula Hesse von den Steinen
Andres Xavier Moreno


Vous voulez vivre les débordements sentimentaux de la vie. Alors Mireille est pour vous, à condition que vous arriviez à obtenir une entrée à l’Opéra Garnier.

A moins que ce ne soit un autre aspect de la vie qui vous intéresse, sa violence et la manière dont elle se diffuse et se restitue, sans qu’au bout du compte l’on sache qui est victime ou bien bourreau.

Rien que pour vous Harmut Haenchen pousse l’Orchestre de l’Opéra de Paris dans ses dimensions les plus extrêmes, comme un corps grand ouvert d’où battent les pulsations d’un cœur à vif dans une direction, se fracassent ailleurs des matériaux métalliques d‘une intensité qui tente de saturer l‘auditeur, puis émergent des sonorités frémissantes, une pâte sonore large qui vous agrippe et ne cherche nullement à charmer.

Sylvain Cambreling avait paru bien lyrique lors de la création, il y a deux ans.
Aujourd’hui il s’agit également d’harceler le spectateur.

Vincent Le Texier n’est plus un Wozzeck intériorisé. Il renvoie sa souffrance, semble plus proche d’une déchéance spirituelle et physique immédiate, son sort est déjà réglé. Le timbre n’est pas aussi beau que Simon Keenlyside, mais nous avons ici un rôle encore plus crédible, où pitié et malaise se mélangent.

Du côté des méchants, Kurt Rydl est un docteur absolument sordide, lorsque le vibrato de son chant, combiné à la musique, conduit vers le mal au cœur.
Que ce soit Andreas Conrad, aux aigus inhumainement saillants, ou bien Stefan Margita d’une liberté expressive surprenante, c’est un entourage infernal qui enserre le pauvre marginal.

                                                                                              Vincent Le Texier (Wozzeck)

Waltraud Meier
est à cette occasion dans une forme vocale que certains n’attendent sans doute pas. Entendez simplement son cri « Rühr’ mich nicht an! (Ne me touche pas!) ». Demain il résonnera encore.
Elle a ici la dimension d’une femme mûre, bien moins inconsciente que ne l’incarnait Angela Denoke à la création, mais paraît aussi un peu étrangère à cette vie sans espoir autour d’elle. 

       Waltraud Meier (Marie)

Cette reprise de la production de Christoph Marthaler qui repose sur plusieurs points forts - le rapport vitalité des enfants/vitalité de la musique, l’exclusion qui se détermine dès l’enfance, la complexité du décor unique et de ses éclairages, le pianiste qui fuit subitement l'hystérie générale - est à nouveau d’une force phénoménale, un prolongement plus que nécessaire du travail théâtral qu’a effectué Gerard Mortier pendant cinq ans.  
 
Lire également la présentation de Wozzeck.

Par David - Publié dans : Saison 2009/2010
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 13 septembre 2009 7 13 /09 /2009 14:43
Mireille (Gounod)
Répétition générale du 12 septembre 2009 et
Actes IV/V du 14 septembre au Palais Garnier
Version originale de 1864 (Théâtre Lyrique)


Direction musicale Marc Minkowski

Mise en scène Nicolas Joel

Mireille Inva Mula
Vincent Charles Castronovo
Ourrias Franck Ferrari
Maître Ramon Alain Verhnes
Taven Sylvie Brunet
Andreloun Sébastien Droy
Maître Ambroise Nicolas Cavallier
Clémence Amel Brahim-Djelloul
Vincenette Anne-Catherine Gillet
Le Passeur Ugo Rabec
Une Voix d’en-haut Sophie Claisse

                                                              Sylvie Brunet (Taven) et Charles Castronovo (Vincent)

Par une surprenante coïncidence, la dernière saison de Gerard Mortier avait débuté à l’Opéra Garnier avec Eugène Onéguine. Nicolas Joel se rend-il compte de l’originale réponse que représente Mireille pour l’ouverture de sa première saison?

Quel rapport direz vous ?  A l’écoute, se produit à plusieurs reprises le sentiment d’une atmosphère intime déjà entendue. « Et moi, si par hasard, quelque jeune garçon… » (acte 1, scène 3), « Trahir Vincent, vraiment ce serait être folle! » (acte 2, scène 5), « Frappez… et que Dieu vous pardonne! » (acte 2 scène 10), « Heureux petit berger » (acte 4, scène 6), ces quelques airs font ressurgir les sincères pensées de Tatiana, emportées dans fin tissu musical ondoyant (scène de la lettre).

Renseignement pris, Tchaïkovski avait entendu Mireille, ce qui laisse peu de doute sur l’inspiration qu’il a pu y puiser, ne serait ce que par le thème de la campagne.

Car l’intérêt de cet opéra peu connu de Charles Gounod réside bien plus dans la musique que dans l’histoire. La foi de Mireille y est exagérément mise en avant, au point d'affaiblir la crédibilité et la force de ses sentiment amoureux.

Malgré cinq actes, 2 heures quarante de musique, et un livret peu touchant, l’oreille a de réels motifs d’être en permanence captivée, que ce soit par les ornements du hautbois, les voix surnaturelles, les airs de personnages qui ne sont que de passage, bref une vie incessante, où ne manquent que quelques duetti. 


Amel Brahim-Djelloul (Clémence) et
Inva Mula (Mireille)



Avec Marc Minkowski les partitions reprennent toujours un influx nerveux rajeunissant, une dynamique stimulante, qui donnent lieu à quelques excès lorsqu’il s’agit d’impressionner.

Quelquefois, le rythme s’accélère même, ce qui demande aux chanteurs un effort certain pour tenir la cadence.

Mais le résultat est là : le spectateur ne décroche pas, éveillé par un son chaleureux, à l’image du climat convivial et exigeant entretenu par le chef. 

Le chant est la valeur que souhaite défendre le nouveau directeur de l’Opéra de Paris. Avec toutes les précautions d'usage à propos d'un répétition générale, on peut prévoir que les représentations de Mireille vont soulever quelques discussions.

Alain Verhnes en impose sans problème, et Sylvie Brunet surprend par la qualité de son interprétation, beaucoup de filets de voix très aériens, caressants, sont comme des mots d’amour à Mireille. Taven, plus une mère qu’une sorcière.

Brève apparition, mais idéale en Vincenette, Anne Catherine Gillet est un enchantement de fraîcheur (phrasé impeccable en plus).

Cependant, le personnage principal n’est pas à la portée de toutes les chanteuses. La créatrice du rôle, Caroline-Marie Miolan Carvalho, était elle même effrayée par la scène de Crau, exigeant de solides ressources dramatiques.

                                  Alain Verhnes (Maître Ramon)



Inva Mula
se donne pourtant totalement dans ce rôle avec un cœur et un courage visibles. Elle a pour elle une bonne expérience de l’Opéra français, une puissance vocale, et du charme.
Reste que ce soir lui font défaut rondeur et aération vocales.
Les aigus sont souvent étouffés, les pianis confidentiels, le sens mélodique se perd un peu. Mireille reste trop pâle, trop sentimentale jusqu’au bout.

Charles Castronovo, beau timbre sombre, semble également rester en retrait, plus terne qu'à son habitude, Franck Ferrari, comme très souvent dans les rôles noirs, privilégie les expressions violentes et brutes, Amel Brahim-Djelloul paraît bien discrète même à Garnier, et le passeur d’Ugo Rabec ne fait trembler personne.


Mais qu’aurions nous aimé entendre la voix d’en haut de Sophie Claisse pour incarner le jeune berger, car en confiant ce rôle ci à un ténor (Sébastien Droy), l’angélisme de l’enfant disparaît tout simplement, nous valant la plus grande frustration de la soirée.

Spécialiste des mises en scènes naïves, Nicolas Joel, épaulé par le décorateur Ezio Frigerio, présente une vision de Mireille qui ne surprendra personne parmi les habitués des spectacles du Capitole. Les blés sont dorés comme l’or de Garnier, la surface du Rhône (joli tableau visuel et musical) scintille sous les lueurs de la Lune, et les éclairages les animent comme par le vent.

Programmer et diriger Mireille, avec une équipe artistique qu'il apprécie totalement, est donc d'abord pour le nouveau directeur de l'Opéra de Paris une manière de se présenter et de dire "Voilà un moyen de mieux me connaître, et mes goûts sont ainsi.".
     L'escalier fleuri lors de la première représentation de Mireille au Palais Garnier.
   Un certain sens de la provocation peut-on dire.
 
Par David - Publié dans : Saison 2009/2010
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Jeudi 27 août 2009 4 27 /08 /2009 22:16
Jeudi 03 septembre 2009 sur France 3 à 00H10
Le Voyage à Reims (Rossini)
Enregistré au Châtelet.
Valery Gergiev dirige le choeur et l'orchestre du Théâtre Mariinski de Saint Petersbourg
  

Dimanche 06 septembre 2009 sur Arte à 19H00
Vivaldi: Les Quatre Saisons.

Concert chorégraphié. Akademie für Alte Musik Berlin. Midori Seiler, violon solo
Choréographie et danse : Juan Kruz Diaz de Garaio Esnaola

 
Lundi 07 septembre 2009 sur TF1 à 03H25
La Sylphide (Ballet de Filippo Taglioni sur une musique de Jean Schneitzhoeffer)

Enregistré à l'Opéra National de Paris en juillet 2004. Chorégraphie de Pierre Lacotte, avec Aurélie Dupont et Mathieu Ganio.

 
Lundi 07 septembre 2009 sur Arte à 22H25
Les sonnets de Shakespeare (par le Berliner Ensemble)

Spectacle de Bob Wilson et Rufus Wainwright. Textes de Jutta Ferbers, d'après les "Sonnets" de Shakespeare. En 2009, avec Inge Keller, Dejan Bucin, Georgette Dee, Christina Drechsler.

 
Mardi 08 septembre 2009 sur France 2 à 00H40
Concert à Schönbrunn (enregistré le 4 juin 2009)

Orchestre Philharmonique de Berlin, Daniel Barenboïm
 
Samedi 12 septembre 2009 sur France 3 à 23H40
Une journée avec Inva Mula

Documentaire sur la soprano qui interprète Mireille à l'Opéra Garnier.

 
Dimanche 13 septembre 2009 sur France 3 à 00H30
Festival d'Ambronay 2006

Messe en ré majeur (Salieri), Requiem en ré mineur (Mozart)
 
Dimanche 13 septembre 2009 sur Arte à 19H00
Oeuvres de Robert Schumann et W. A. Mozart jouées dans le cadre du 11e Festival de musique de chambre de Jérusalem.

Avec : Elena Bashkirova, Kirill Gerstein, Guy Braunstein, Michael Barenboim, Madeleine Carruzzo, Gary Hoffman

Lundi 14 septembre 2009 sur France 3 à 20H35
Mireille (Gounod) En léger différé de l’Opéra National de Paris

Inauguration de la nouvelle saison lyrique 2009/2010 depuis le Palais Garnier
Avec Inva Mula, Anna Catherine Gillet, Charles Castronovo, Franck Ferrari, Alain Vernhes, Sylvie Brunet. Direction Marc Minkowski.

Lundi 14 septembre 2009 sur Arte à 22H10
Portrait de la soprano Christine Schäfer.

Une anti diva qui produit elle-même ses disques...



Vendredi 18 septembre 2009 sur Arte à 03H00
Les sonnets de Shakespeare (par le Berliner Ensemble)

Spectacle de Bob Wilson et Rufus Wainwright. Textes de Jutta Ferbers, d'après les "Sonnets" de Shakespeare. En 2009, avec Inge Keller, Dejan Bucin, Georgette Dee, Christina Drechsler.

 
Samedi 19 septembre 2009 sur France 3 à 00H10
Toute la musique qu'ils aiment

Par le Chamber Orchestra of Europe, dir. Vladimir Jurowski.Avec Hélène Grimaud (piano)

 
Samedi 19 septembre 2009 sur France 3 à 01H30
Une journée avec Inva Mula

Documentaire sur la soprano qui interprète Mireille à l'Opéra Garnier.

 
Dimanche 20 septembre 2009 sur Arte à 19H00
Xavier de Maistre, récital de harpe


Lundi 21 septembre 2009 sur Arte à 22H35 (durée 1h35)
Une saison d’Opéra: la politique d'un homme de théâtre

Dernière saison lyrique de Gerard Mortier à la tête de l'Opéra de Paris.
Le 15 juillet dernier Gerard Mortier quittait la direction de l’Opéra de Paris, un poste qu’il occupait depuis 2004. Retour sur la dernière saison de son mandat, à travers le regard du cinéaste Richard Copans.


Mardi 22 septembre 2009 sur France 2 à 00H50
Armide (Lully)
Mise en scène Robert Carsen, direction William Christie, avec Laurent Naouri, Paul Agnew, Stéphanie d'Oustrac.
 
Samedi 26 septembre 2009 sur France 3 à 00H10
L'heure de Luciano Pavarotti

 
Dimanche 27 septembre 2009 sur Arte à 19H00
Concours international de jeunes chefs d’orchestre de Besançon 2009


Lundi 28 septembre 2009 sur Arte à 22H45
Steve Reich. Phase to face...

Le film raconte le parcours de l'artiste qui, avec son compatriote Philip Glass, est le plus talentueux représentant de la tendance " répétitive ", dont il est à l'origine.

Mardi 29 septembre 2009 sur France 2 à 00H20
Amadis (Lully)

 
Mardi 29 septembre 2009 sur Arte à 20H00
La Bohème (Puccini) Opéra en direct. La Bohème en banlieue...

Giacomo Puccini dans un immeuble de la banlieue de Berne (Suisse).
Maya Boog (Mimi), Saimir Pirgu (Rodolfo)... Mise en scène: Anja Horst. Orchestre Symphonique et Choeur de l´Opéra de Berne. Srboljub Dinic, direction
  
Par David - Publié dans : TV Lyrique
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 23 août 2009 7 23 /08 /2009 22:32
André Chénier (Giordano)
Représentation du 22 août 2009
Opéra d‘Helsinki

Direction musicale Alberto Hold-Garrido

Mise en scène Giancarlo Del Monaco
Coproduction avec le Teatro Comunale di Bologna

Andrea Chénier Mihail Agafonov
Maddalena de Coigny Päivi Nisula
Carlo Gérard Raimo Laukka
Madelon Hannele Aulasvuo
Roucher Olli Tuovinen
Incredibile Hannu Jurnu
Grevinnan de Coigny Sari Nordqvist

                                           Päivi Nisula (Maddalena de Coigny)

Bien que l’Opéra National de Finlande n’ait que seize ans d’existence, c'est pourtant un des rares opéras nationaux européens à proposer un festival en plein mois d’août (c’est ici que débuta en 1998, Elina Garanca, dans le Barbier de Séville, Anna Bolena et le Stabat Mater de Rossini).

Le bâtiment offre un large espace de vie, lumineux et ouvert sur les balades de la baie de Töölö, et la salle se distingue par une acoustique qui équilibre orchestre et voix avec une légère réverbération.
Les places sont très bon marché, 62 euros en première catégorie.

      L'Opéra d'Helsinki au bord de Töölönlahti.

Toutefois, le contingent de places non occupées (au moins 30%) montre qu’un travail reste à faire pour attirer un public jeune, et pour ne pas laisser l’édifice aux mains d’une classe qui vit l’opéra comme un rituel bourgeois.
Il suffit de voir la cohue à l’entracte pour obtenir les parts de gâteaux, les verres de vins et les tables numérotées réservées à l’avance.
On peut voir de jeunes couples hallucinants, déambulant comme s’ils étaient au festival de Cannes, visiblement sans conscience du ridicule lorsque le spectacle n’est pas à la hauteur.

Mais pour attirer des jeunes, il va bien falloir revoir la qualité des productions.
Car ce n’est sans doute pas le Cosi fan Tutte par Guy Joosten, façon théâtre de Marivaux, ni les Noces de Figaro par Jüssi Tapola, dont le mérite est de travailler avec peu de moyens, qui pourraient les convaincre.
Si dans le premier cas, la prestation vivante et amusante de Paolo Fanale, ainsi que le petit truc qu’il utilisait en couvrant sa voix pour toucher la sensibilité de l’auditeur, faisait l’intérêt de la représentation, la direction de Jan Latham-König était le cœur musical de la folle journée, et non pas les vocalises mozartiennes.

Il aura fallu attendre André Chénier pour commencer à vibrer. Certes, le spectacle de Giancarlo Del Monaco est du niveau de ce que l’on pouvait monter dans les années 1960, cependant, il a le mérite de la sobriété, en axant le drame sur le climat sombre de conspiration pendant les pires jours de la « Terreur ».

    Jugement d'Andrea Chénier (mise en scène Giancarlo Del Monaco)

Quelques symboles de la Révolution française viennent illustrer les principaux épisodes évoqués, comme la place de la Concorde où fût exécuté Louis XVI, ou bien Marianne avec le drapeau tricolore (mais aux bandes horizontales!).

Il faudra voir comment l’ensemble aura évolué, lors de la création à l’Opéra Bastille en décembre 2009.

La distribution est en revanche d’un grand intérêt.
Avec Mihail Agafonov, André Chénier prend vie de manière très simple et naturelle, sans aucune maladresse. Ses aigus se durcissent à peine, et tiennent la distance en force, ce qui n’empêche pas cet habile artiste d’être également très doux, des qualités très difficiles à réunir en un seul chanteur.

    Mihail Agafonov (Andrea Chénier)

Sa partenaire, Päivi Nisula, séduit tout autant dans la première partie, le timbre est d’un moelleux subtilement métallique, et chaque phrase parlée est d’une précieuse musicalité mozartienne.
Hélas, les passages purement véristes virent à des forte d’acier qui tuent toute émotion dans « La mamma morta » et lors du duo final.
La jeune femme espiègle se laisse aller à un mélo exagéré, au détriment de la tragédie.

Un peu instable, le Gérard de Raimo Laukka en tire malgré lui beaucoup d’humanité, mais deux autres chanteurs se distinguent : Olli Tuovinen, qui dote Roucher d’une voix claire et ferme qui l’impose là, d’un seul bloc, et Hannu Jurnu dont la prestance fait de Incredibile un Mephisto félin très impressionnant.

            Hannu Jurnu (Incredibile) et Raimo Laukka (Gérard)

Et n’est-elle pas touchante cette vieille Madelon, Hannele Aulasvuo, à la voix usée mais qui en dit tant sur les souffrances de cette mère qui livre son dernier petit fils à la Révolution?

Avec une direction nerveuse et spectaculaire, un peu à la Zubin Mehta, Albergo Hold-Garrido maintient la tension sans relâche, l'orchestre bouillonne, ce qui permet d’achever ces trois soirées de festival sur un inespéré moment de satisfaction.
 
Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 15 août 2009 6 15 /08 /2009 09:34
L'éclipse annulaire du 03 octobre 2005, vue partiellement à Paris.
Montage photo avec phases toutes les 5 minutes entre 10H10 et 12h05 du matin (heure locale).


Au cours de la matinée du 03 octobre 2005, Madrid avait la chance de voir le soleil prendre la forme d’un anneau.
A Paris, l’éclipse n’était que partielle, mais la portion du disque solaire recouverte était suffisamment importante (70%) pour que le changement de luminosité soit perceptible et que les contrastes s’intensifient, l'astre du jour ne culminant qu'à 27° au dessus de l'horizon au moment du maximum
Rarement le bleu du ciel ne prend une telle profondeur.


  Parcours de l'éclipse annulaire du 03 octobre 2005.
 
Par David - Publié dans : Astres
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /2009 13:49
Deux ans après l’éclipse de 1999 en France, vécue par beaucoup sous les nuages, l’envie d’aller au rendez vous de l’éclipse suivante en Afrique devint irrépressible. Plus stable que l’Angola, la Zambie offre des conditions météorologiques favorables aussi bien pour l’observation que pour la vie quotidienne.  
Sur un plateau à plus de 1000 mètres d’altitude et en plein hiver, l’air moins chaud et moins humide qu’en été est un confort qui compense en partie la qualité rudimentaire du mode de voyage.


Au cœur d’un pays peu touristique, la nature est plus sauvage qu’ailleurs. Elle se tient à distance, difficile d’approcher de près les antilopes, et les éléphants peuvent être très agressifs, comme en témoigne l’état d’un bus que nous avons croisé après une charge frontale.
Une nuit, le fracas des branches d’un pachyderme se nourrissant tout en arpentant le camp jonché de tentes, avec obligation de ne pas bouger tout en craignant de se faire écraser, reste un excellent test de mémoire auditive.

Ne pouvant rejoindre la réserve de Kafue vers l’ouest à cause du mauvais état de la piste, nous devons nous replier au nord de Lusaka près du site aménagé pour les touristes venus en grand nombre.
Le jeudi 21 en pleine savane, les instruments astronomiques de tous types sont disséminés au milieu des tentes dès le début de l’après midi.

     La trajectoire de l'ombre de la Lune le jeudi 21 juin 2001 en Zambie

L’attente est animée par l’estimation en temps réel de la localisation de l’ombre de la Lune.
A 13H00 heure locale, l’éclipse partielle commence sur la côte angolaise, à 13H25 elle débute à l’ouest de la Zambie, à 13H40 le premier contact se produit sur notre site, et à 14H40 l’ombre de la lune entre sur le territoire africain.
Pour nous, le second contact (début de la totalité) se produit à 15H08mn40s, l’ombre se déplace à près de 4300km/h. Le spectacle à 30° au dessus de l’horizon est sensationnel, l’enthousiasme s’approche de la panique car seules trois petites minutes et trente six secondes nous sont laissées pour tout saisir.

La chute de température est très sensible, nous passons de 25°C à 18°C au moment de la totalité, mais la descente se poursuit jusqu'à 13°C, 45 minutes après l'éclipse totale, une inertie thermique considérable due à l'altitude, la faible hauteur du soleil sur l'horizon, et le fait que nous sommes en hiver.

     Le diamant. Appareil argentique Zenith 11, focale 200mm, ouverture 3.9, Iso 100.

La nature est à ce moment endormie. Le retour spontané du soleil réveille subitement un groupe de vanneaux couronnés, perturbés par le phénomène et par notre inhabituelle présence.
Leur vol tournoyant au dessus de nos têtes tout en criant va durer quelques minutes.

La Zambie, c’est aussi le souvenir des chutes Victoria se jetant le long d’une large falaise pour se concentrer dans un couloir étroit, le coucher de soleil sur le Zambèze, les crocodiles somnolents, la beauté des visages et des habits des femmes.
 
Par David - Publié dans : Astres
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 13 août 2009 4 13 /08 /2009 09:54
L'éclipse de soleil du 11 août 1999, vue depuis Laon 20 minutes avant la totalité. Appareil Zenith 11 argentique, focale 200mm, ouverture 3.9, Iso 100.

Dix ans sont déjà passés depuis l’éclipse de soleil dont l’ombre au sol balaya la campagne à 30kms au Nord de Paris.
La capitale ne fût pas plongée dans le noir, et le soleil apparut tel qu’il peut être vu 30 secondes avant la totalité.
Il fallait donc se déplacer pour se situer sur la ligne de centralité.

Trajectoire en France de l'ombre de la lune lors de l'éclipse solaire du 11 août 1999 (diamètre 110kms).

La Normandie était une possibilité, le Nord Est en était une autre. Le sud de Laon s’avéra être un mauvais choix, mais il était trop tard pour bouger une fois sur place.
Néanmoins, la phase partielle à travers les nuages et dans ce bain de lumière de plus en plus verdâtre dramatisa l’attente, jusqu’à l’arrivée de l’ombre de la lune, qui en quelques secondes éteignit successivement toutes les couches nuageuses (le soleil n‘était plus visible depuis 15minutes).
C’était trop inhabituel pour de pas en être choqué, d’autant plus que j’attendais cette éclipse depuis 15ans.

L’obscurité dura 2mn12s autour de 12h25 heure locale, et il fallait être à Bucarest pour profiter au plus de 2mn23s.

Trajectoire des éclipses du 11 août 1999 et du 21 août 2017 (Saros 145).

Appartenant à une série récente (Saros 145), cette éclipse de soleil se reproduira le 21 août 2017 pour traverser d’ouest en est les Etats Unis, et cette fois le noir total s’étendra sur 2mn40s.
 
Par David - Publié dans : Astres
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 12 août 2009 3 12 /08 /2009 12:32
Aïda (Verdi)
Représentation du 10 août 2009
Théâtre antique de Sanxay

Direction musicale
Didier Lucchesi
Orchestre, Chœur et Ballet des Soirées Lyriques de Sanxay
Mise en scène Antoine Selva
Chorégraphe Laurence Fanon

Aïda Maria-José Siri
Amnéris Malgorzata Walewska
Radamès Thiago Arancam
Amonasro Michele Kalmandi
Ramphis Balint Szabo
Le Roi d’Egypte Dan Paul Dumitrescu
La Grande Prêtresse Sarah Vaysset
Le Messager Dominique Rossignol

                         Malgorzata Walewska (Amnéris)


Le festival lyrique de Sanxay est une manifestation qui célèbre l’opéra de manière simple et naturelle, lové au creux des vestiges de l’ancien théâtre d’un sanctuaire thermal gallo-romain.
En pleine campagne et au son des grillons, la disparition des dernières lueurs du soleil laisse place à la musique et aux voix, auxquels les corbeaux répondent parfois.
Et afin d’apporter une dernière touche subtile à l’ensemble, les soirées coïncident avec le maximum d’intensité des Perséides, étoiles filantes laissées par la comète Swift Tuttle.
Hasard incroyable,  lorsque Aïda rejoignit Radamès ce soir dans son tombeau, « Vois! déjà l’ange de la mort a déployé son aile » fût suivi d’un débris très lumineux dans le ciel à droite de la scène.

Le théâtre antique de Sanxay. La reconstitution des deux mille gradins tels qu'ils étaient à l'époque est à l'étude.

Pour cette nouvelle édition d’un événement majeur de la vie culturelle de la région Poitou-Charentes, la distribution réunie est d’un style musical soigné, avec quelques défauts de justesse uniquement dans les personnages secondaires (la Grande Prêtresse et le Messager).

Maria-José Siri assure d’ailleurs le rôle d’Aïda en toute confiance, tous les passages aigus sont réussis en couleurs, sans le moindre accroc, le souffle vital qui l’anime est fort touchant, et son interprétation scénique est la plus riche de tous.

Seulement il est difficile de croire au très jeune Radamès de Thiago Arancam (27 ans).

Vocalement son chant est un exemple de contrôle pour ne jamais sacrifier la moindre ligne aux exigences du rôle, le timbre a également quelque chose de mûr, mais la puissance et la stature du guerrier n’y sont pas vraiment.
On sent beaucoup plus le ténor sentimental et poétique sans mièvrerie.
N’ayant visiblement pas bénéficié d’un travail sérieux avec le metteur en scène pour acquérir une expression théâtrale crédible, il s’égare par conséquent dans des gestes artificiels, ce qui est un peu perturbant.

Fascinante par sa noirceur, Malgorzata Walewska
gère au mieux une certaine inertie vocale qui la freine dans son agressivité, mordant qui ne manque pas à Michele Kalmandi, car son Amonasro est vivant et digne. Avec Maria-José Siri, ils forment un couple père-fille auquel on croit, d’autant plus que les deux chanteurs ont les voix les mieux projetées.


Thiago Arancam (Radamès) et Maria-José Siri (Aïda)

Le soutien musical assuré par Didier Lucchesi et l’orchestre recherche la souplesse et l’homogénéité sonore, c’est à dire qu’aucun effet (même avec les trompettes) ne vient amplifier le rôle de tel ou tel instrument, le spectaculaire est donc volontairement très limité.

Si l’on se concentre sur la réalisation théâtrale, il est impossible de reprocher à Antoine Selva un grand écart avec les conventions.
On comprend bien que le mur d’avant scène sera aussi celui qui se refermera sur les amants, et un soin est apporté aux multiples tableaux rituels du livret.

Mais en y regardant de plus près, la déesse Hathor ressemble assez étrangement à la vierge Marie (avec un enfant dans les bras), et l’hymne religieux où Radamès reçoit les armes fait plutôt penser à un baptême.
S’opère alors une assimilation entre la civilisation égyptienne et la culture chrétienne, figée et ennuyeuse dans ses protocoles.
Les Ethiopiens deviennent une sorte de peuple sauvage, effrayant pour des Egyptiens qui se vivent comme un peuple raffiné.

Didier Lucchesi, Thiago Arancam, Maria-José Siri, Michele Kalmandi

Par chance, Antoine Selva nous reserve quand même une surprise en les faisant intervenir pendant le défilé triomphal en beaux danseurs noirs et agiles (chorégraphie de Laurence Fanon).
L’opposition entre cette vitalité éclatante - qui conçoit bien la mort pour ce qu'elle est, comme le montre un crâne de vache érigé en épouvantail - et la rigidité du peuple de Radamès qui rejette la peur de la mort - car conçue comme un simple passage vers un autre monde- , en donne une vision finissante de l’Egypte.

Cela n’empêche pas de regretter que beaucoup trop de metteurs en scène enferment encore aujourd’hui l’opéra dans du mauvais théâtre, ce qui est moins gênant ici - car le plaisir d’être dans un lieu ouvert en pleine nature est fort, et Antoine Selva a quelquechose à dire - que sur des scènes parisiennes, comme cela va de plus en plus se produire.

 

Résumé et contexte historique de Aïda.

 

Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 7 août 2009 5 07 /08 /2009 18:32
Il y a douze ans, la Comète Hale Bopp venait au plus proche du Soleil chercher une vitesse vertigineuse approchant les 160.000 km/h.
En mars et avril 1997 elle était visible à l’œil nu dés le crépuscule, et en quittant la pollution lumineuse de la région parisienne, il devenait alors possible d’aller observer la splendide coma le soir même à son périhélie, son plan orbital s’inclinant à 90° par rapport à celui de la Terre autour du Soleil.

      Comète Hale-Bopp en mars 1997 depuis l'Ouest de Paris - Boitier Zenith objectif 50mm, ouverture 2.8
 
A l’époque, la photographie argentique n’était pas encore dominée par la photographie numérique. Deux clichés pris simplement avec un boîtier Zénith sur trépied et sans suivi viennent s’ajouter aux nombreux témoignages accessibles.


Avec les distances respectives au périhélie et à l’aphélie de 0.914 UA et 370,8 UA (1 Unité Astronomique = 150 millions de kilomètres = rayon orbite terrestre), le retour de cette comète n’est pas prévu avant 4530.


 Comète Hale-Bopp en avril 1997 depuis la région de Blois - Boitier Zenith objectif 200mm, ouverture 3.9

Si ces quelques chiffres nous apprennent surtout que nous avons pu admirer une comète qui est repartie pour traverser le système solaire 10 fois plus loin de notre étoile que ne l’est Pluton, ils nous rappellent également une erreur de Jules Verne dans un de ses roman peu connu, Hector Servadac -Voyages et aventures à travers le monde solaire (1877).

Il y est question d’une comète nommée Gallia, dont la trajectoire est cette fois située dans le même plan solaire que la Terre, et qui la frôle en emportant 36 êtres humains.
Elle est décrite comme ayant une période de 2 ans, une distance à l’Aphélie de 220 millions de lieues (5.87 UA), mais également une distance au Périhélie égale à la distance de Vénus au Soleil (soit 0.72 UA environ).

Et là, quelques amateurs du calcul astronomique sortent la table des lois de Kepler, posent simplement la troisième de ces lois, a³=P², c’est à dire qu’il y a un rapport constant entre le demi grand axe de l’orbite d’un corps céleste (a) et sa période de révolution (P).
Ainsi, au vu des caractéristiques métriques fournies par Jules Verne, la période de cette comète ne devrait pas être de 2 ans, mais de 6 ans.

Cette inexactitude n’est peut être pas involontaire. Le romancier cite lui même les lois de Kepler dans Hector Servadac, mais sa dramaturgie se fonde sur l’influence de la planète Jupiter sur la trajectoire de la comète, et sur la faible périodicité de cette dernière.
C’est incompatible de la troisième loi de Kepler, et il se pourrait que ce soit la raison pour laquelle la distance au périhélie de Gallia n’est pas donnée directement, alors que tout y est d’habitude très précisément chiffré.
 
Par David - Publié dans : Astres
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 4 août 2009 2 04 /08 /2009 13:23
Genèse de l’œuvre

Après la création triomphale de Don Carlos (traduction italienne de la version de Paris) à Milan le 25 mars 1868, s’en suit un épisode polémique.

Verdi n’accepte pas sa nomination de la Couronne d’Italie, à cause de lettres ou de déclarations gouvernementales jugeant mal l’art musical italien.
Son devoir de citoyen le conduit également à s’opposer à la création du théâtre lyrique de Busseto jugé trop coûteux. 
L’inauguration se fera donc sans lui le 15 août 1868.

Fin décembre, Verdi entreprend de changer le final de La Forza del Destino afin de pouvoir jouer l’ouvrage à la Scala de Milan.
Il supprime tous les meurtres de la première version, excepté la mort de Leonora, et retouche en plus l’action et la musique du troisième acte.
Le 27 février 1869, La Forza del Destino ainsi remaniée, pour la première fois à Milan affronte le public. Le succès est très grand.

Pendant ce temps, Camille Du Locle, lorgnant sur la direction du Théâtre Lyrique, propose régulièrement à Verdi des livrets. Son attention se porte sur un « programme égyptien » anonyme.
Le librettiste l’avertit qu’au cas où il l’accepterait, l’œuvre devrait être représentée au Théâtre Italien du Caire.

Verdi entretient une correspondance active pour connaître les circonstances historiques et géographiques, les us et coutumes de l’Egypte antique, qui seront le cadre de « Aïda ».
Il envisage même l’emploi de certains instruments anciens de ce pays.

L’ouvrage va être conçu dans le fracas de la guerre déclarée par la France à l’Allemagne le 17 juillet 1870.
Arrivent les terribles journées de la bataille de Sedan qui voient l’encerclement des troupes françaises. Verdi termine le second acte à ce moment là, la fameuse marche des trompettes notamment.

Il est cependant impossible de monter Aïda en janvier 1871, Paris est assiégée et les décors et costumes y sont bloqués.

Verdi en profite pour retoucher la partition et poursuivre les pourparlers pour représenter Aïda à la Scala.
C’est seulement la veille de Noël, le 24 décembre 1871, que Aïda est créée au Caire. Succès triomphal.

Verdi enchaîne avec les répétitions pour la Scala, et l’ouvrage y est représenté le 08 février 1872.
Il est appelé à l’avant scène 32 fois, dont 8 à la fin.
Parme, Padoue puis Naples lui réservent le même accueil, et pour Paris, il faut attendre le 22 avril 1876.


Aïda

La trame d’Aïda ne permet pas de situer exactement l’époque du livret. Thèbes a un rôle majeur, donc nous sommes entre -2000 et -1000, et comme la Nubie (ancienne Ethiopie) n’est pas encore totalement annexée, la situation politique semble se situer avant -1500.
La présence du temple de Vulcain à Memphis est un faible indice car il fût construit par le premier pharaon, Ménès, vers -3000 (Herodote, "L'enquête", Livre II Euterpe).

Cependant, Otto Weinreich (philologue), puis Mary Jane Phillips-Matz (biographe), ont émis l’hypothèse que les origines d’Aïda se trouvent dans les Ethiopiques d’Heliodore, dont le récit se situe vers -500.

Ce fût l’une des œuvres les plus lues dans l’Antiquité, et elle inspira des écrivains du XVIième siècle.
Cervantès écrit en 1617 son œuvre posthume, « Persiles y Sigismunda », revivifiant ainsi les Ethiopiques, au goût de l’époque pour les histoires de pirates.
Henry Desmarest compose par la suite une tragédie lyrique, « Théagène et Chariclée », représentée sans succès à l’Académie Royale de Musique le 12 avril 1695.

Le roman du poète phénicien relate l’histoire de Théagène, noble Thessalien descendant d‘Achille, et de Chariclée, descendante de la maison royale d’Ethiopie et du dieu du soleil Hélios.

Blanche, la jeune fille est confiée au prêtre Chariclès par sa mère, craignant les soupçons injustifiés de son époux, et devient prêtresse d’Artémis à Delphes.

La rencontre avec Théagène déclenche un coup de foudre, et les deux amants s’enfuient pour l’Egypte.
Capturés et séparés par des pirates, ils se retrouvent par miracle à Memphis.
Théagène est devenu l’esclave du satrape d’Egypte, Orondate.

Mais la femme de ce dernier et sœur du Roi de Perse, Arsace, tombe amoureuse du jeune Grec.
Jalouse de l’amour qui le lie à Chariclée, elle le fait emmurer vivant, et tente de faire juger et brûler celle qu’ il aime.
Tous deux sont épargnés par le châtiment, s’échappent, puis sont capturés par le Roi d’Ethiopie, Hydaspes.
Après sa victoire sur les Egyptiens, le monarque décide d’offrir le jeune couple en sacrifice.

Les origines royales de la princesse éthiopienne et la force athlétique du Thessalien les sauvent de la mort, et la fin s’achève de manière heureuse.  
 
Les similarités avec l’histoire d’Aïda deviennent évidentes, bien que livret de Verdi soit un drame conventionnel et improbable pour l'époque (le choix entre Amnéris et Aïda est un dilemme bourgeois classique).

L’histoire débute à Memphis.
Radames, courageux soldat égyptien, est épris d’Aïda, esclave éthiopienne, fille du roi d‘Ethiopie Amonasro.
Jalouse, la princesse Amnéris, obtient les aveux de l’amour de la jeune femme pour celui qui va vaincre les armées éthiopiennes à Thèbes.

De retour de la guerre, il obtient la libération des prisonniers, mais le Roi d’Egypte lui offre la main de sa fille.
Une ruse d’Amonasro, fait prisonnier lors de la bataille de Thèbes, lui fait par la suite révéler involontairement ses plans d’attaques, ce dont est témoin Amnéris.
Le Roi s’échappe avec sa fille, tandis que Radames est arrêté.

Il ne renonce pas à Aïda pour autant, et pour cela est condamné à être enterré vivant.
La princesse éthiopienne le rejoint dans son caveau pour y mourir avec lui.
 
Par David - Publié dans : Verdi
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 31 juillet 2009 5 31 /07 /2009 13:44

Dimanche 02 août 2009 sur Arte à 19H00

M. Pressler et G. Capuçon au Verbier Festival 2008

 

Lundi 03 août 2009 sur TF1 à 02H50

Angels in America

Opéra de Peter Eötvös enregistré au théâtre du Châtelet le 29 novembre 2004.
Mise en scène de Philippe Calvario, d'après la pièce de Tony Kushner.
Avec Julia Migenes, Barbara Hendricks, Daniel Belcher...
 

Lundi 03 août 2009 sur Arte à 22H35

Portrait. Edita Gruberova, soprano coloratura

Un portrait enrichi d’interviews de ceux qui ont croisé son chemin, comme les cantatrices Brigitte Fassbaender et Elina Garanča, le chef d’orchestre Nikolaus Harnoncourt et le  critique musical allemand, Joachim Kaiser.

 

Mardi 04 août 2009 sur France 3 à 20H35

Roberto Alagna aux Chorégies d'Orange

Documentaire suivi de Cavalleria Rusticana et Pagliacci avec Béatrice Uria-Monzon, Anne-Catherine Gillet.

 

Dimanche 09 août 2009 sur Arte à 19H00

Juraj Valcuha dirige joue Wagner, Pfitzner et R. Strauss

Richard Wagner : Ouverture de l’opéra Rienzi

Hans Pfitzner : Prélude au 3e acte de l’opéra Palestrina

Richard Strauss : Suite du Chevalier à la rose

 

Lundi 10 août 2009 sur TF1 à 02H10

Concert du dimanche matin au Théâtre du Châtelet
Par le concert d'Astrée, direction Emmanuelle Haïm
 
Lundi 10 août 2009 sur Arte à 22H35
Le
voyage de Michael autour de la Terre de Karlheinz Stockhausen.
Ensemble musikFabrik
                                          

 

 

Jeudi 13 août 2009 sur France 3 à 00H15
Faustus, the Last Night (Pascal Dusapin)
Mise en scène Peter Mussbach. Orchestre de l4opéra de Lyon. Direction Jonathan Stockhammer.
 
Dimanche 16 août 2009 sur Arte à 19H00

Barenboim interprète les Sonates pour piano de Beethoven (1)
 
Lun
di 17 août 2009 sur TF1 à 02H55
Concert du dimanche matin au Théâtre du Châtelet
Par l'ensemble orchestral de Paris, direction Alain Altinoglu
 
Jeudi 20 août 2009 sur France 3 à 00H30
La Flûte Enchantée (Mozart)
Par le Mahler Chamber Orchestra, direction Daniel Harding
Günther Groissböck, Christoph Strehl, Pavol Breslik, Lubica Vargicova, Olesya Golovneva, Helena Juntunen, Adrian Eröd, Malin Christensson.
Mise en scène Krystian Lupa

Dimanche 23 août 2009 sur Arte à 19H00
Barenboim interprète les Sonates pour piano de Beethoven (2)
 
Lundi 24 août 2009 sur TF1 à 02H55
Concert du dimanche matin au Théâtre du Châtelet
Par l'ensemble orchestral de Paris, direction Janos Furst, avec Isabelle Faust (violon) : oeuvres de Mendelssohn et Dvorak.

   
Jeudi 27 août 2009 sur France 3 à 00H45

Les Noces de Figaro (Mozart)
Enregistré à l'Opéra Garnier en 2006.
Mise en scène Christoph Marthaler avec Christine Schäfer, Heidi Grant Murphy, Peter Mattei, Lorenzo Regazzo, Christiane Oelze, Roland Bracht, Hélène Schneiderman, direction Sylvain Cambreling
   
Di
manche 30 août 2009 sur Arte à 19H00
Festival de Lucerne : Mahler, symphonie n° 4.
Direction Claudio Abbado. Magdalena Kozena, mezzo.

 
Lun
di 31 août 2009 sur TF1 à 02H40
Concert du dimanche matin au Théâtre du Châtelet
Par l'ensemble baroque de Limoges, direction Christophe Coin, avec Catherine Flambard.

   
Par David - Publié dans : TV Lyrique
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 25 juillet 2009 6 25 /07 /2009 17:29
    Le soleil avant l'éclipse (8h08) - ISO 100, Focale 432mm, Vitesse 1/10s, Ouverture 3.3, filtre orange.

Nous nous attendions bien à avoir des difficultés à observer l’éclipse de soleil depuis Shanghaï, car les statistiques et les prévisions météorologiques n’étaient pas favorables.
La ville la plus dynamique de Chine ne se situant pas sur la ligne de centralité (voir l’article préparatoire sur l’éclipse), il fallait tout de même arriver à tirer quelque chose de beau et fort, d’un phénomène qui risquait très probablement de se produire sous les nuages.

        Les passants s'installent petit à petit sur le Bund.

Je n’ai donc pas choisi de suivre ceux qui se sont rendus très tôt le matin à 70kms au sud, et m’en suis allé sur le boulevard du Bund, démoli par les travaux préparatoires à l’exposition universelle de 2010, pour obtenir un point de vue intéressant sur les tours du quartier de Pudong.

Je le trouvais devant  le vieux bâtiment néoclassique de la Bank of China, construit par les architectes  Palmer et Turner entre 1918 et 1920.

Posté à côté d’un homme élégant et très âgé, mais au visage d’une sereine beauté, l’attente se déroula sous un ciel chargé, d’où émergeait parfois le disque solaire avant le début de l‘éclipse.
Et pendant tout ce temps, les passants s’arrêtèrent pour nous tenir compagnie, l’instinct de regroupement était le plus fort.

Parmi eux, un jeune garçon trouva comme occupation de dessiner la « Perle de l’Orient » (1994),  tour qui évoque une structure sur laquelle se fixent comme des perles un peu kitsch.

                                                                                        Enfant dessinant l'Oriental
                                                                                                                      Pearl TV Tower


A partir du début de l’éclipse (8H23), nous ne verrons quasiment plus le soleil, et l’espoir s’évanouit définitivement quand la pluie surgit 10 minutes avant la totalité, d’abord avec une intensité soutenue, puis sous forme d’un véritable déluge 15 minutes après la totalité.
On aurait pu croire à une volonté du ciel de perturber au mieux le vécu sur Terre du passage de la Lune devant le Soleil, mais il ne fait pas trop de doute que l’explication soit simplement physique.
L’air étant saturé d’humidité, le refroidissement du à l’éclipse n’a fait que faire précipiter les nuages, et comme la chute de température s’est poursuivie au delà des 5 minutes passées dans la nuit, la condensation devint alors plus violente.

Malgré tout, il reste ce moment extraordinaire où tout s’accélère dans la dernière minute avant la totalité, les nuages s’assombrissent de plus en plus rapidement, les contrastes s’accentuent, et puis survient comme un grand plongeon sur un ciel uniformément noir, une étrange sensation d‘infini. Nous sommes dans l'ombre de la Lune.

C’est cette fois une nuit noire et profonde de 9H36 du matin jusqu’à 9H41.
Il ne reste plus qu'à contempler les tours et leurs petites lumières, parmi lesquelles scintillent les flashs des observateurs.

Un groupe d'amateurs de l'Association Française d'Astronomie (AFA) s'est rendu le long de la côte Pacifique, mais malgré quelques bribes de la phase partielle, il n'a pas été possible de voir la couronne solaire. Et selon CNN, il en fût de même sur les îlesYangshan.
Ceux qui s'installèrent en altitude, à plus d'une centaine de kilomètres à l'ouest de Shanghaï (Jiangnan par exemple),
ont eu plus de chance.


Evolution de la luminosité sur le quartier de Pudong pendant les 25 dernières minutes

     Pudong à 09H11  (H-25mn)  
ISO 100, Focale 36mm, Vitesse 1/200s, Ouverture 2.8

    Pudong à 09H21  (H-15mn)   ISO 100, Focale 36mm, Vitesse 1/200s, Ouverture 2.8

   Pudong à 09H29  (H-7mn)   ISO 100, Focale 36mm, Vitesse 1/200s, Ouverture 2.8

   Pudong à 09H37  (Eclipse totale)   ISO 100, Focale 36mm, Vitesse 1/2s, Ouverture 2.8


Six reportages de 1 à 2 mn sont visualisables sur le site de CNN Darkness falls in Asia during total eclipse, luring masses. Interviews à Mumbaï et Taregana (Inde), Yangshan Island, Iwo Jima et en Chine.

Le Site de Sylvain Rivaud fait une synthèse des observations de cette éclipse sur toute la bande de totalité.


Ou se reproduira cette éclipse?

Alors même les médias les plus sérieux n’ont pas arrêté de dire que c’était l’éclipse la plus longue du siècle. C’est vrai, et la trajectoire de l'ombre de la Lune traversait 2 pays les plus peuplés au monde, l'Inde et la Chine, ce qui signifie que de l'ordre de 300 millions d'humains se trouvaient dans la bande de totalité, chose qui est très rare.
Mais pour obtenir une durée de 6mn 39s, il fallait être en plein Pacifique sur de petites îles.
Le soleil n’a jamais disparu plus de 5mn 58s sur le continent asiatique.

Et donc, il ne faudra pas rater la réplique de cette éclipse dans 18 ans, 11 jours et 8 heures, le 2 août 2027 exactement, car cette fois la trajectoire traversera le Maroc (4mn50), l’Algérie (5mn30), la Tunisie (5mn40), la Lybie (6mn15), l’Egypte (6mn20),  l’Arabie Saoudite (6mn10) et La Mecque, le Yémen (5mn55) et la Somalie (5mn30). Les statistiques météorologiques sont autrement plus favorables.

C’est réellement ce jour là que se produira l’éclipse la plus longue du siècle sur le continent, en plein sur le Temple d’Amon à Louxor (un vrai symbole), et pour une durée de 6mn 23s.
Plus de 100 millions de personnes, vivant principalement en Egypte, se situeront dans la zone de totalité.

L'éclipse du 22 juillet 2009 appartient au Saros 136 qui donne actuellement les éclipses les plus longues.
Elle se reproduira le 02 août 2027 sur l'Afrique du Nord, soit à 120° vers l'Ouest (ce sont les 8 heures du cycle de 18 ans, 11 jours et 8 heures qui provoquent ce décalage) pour une durée maximale de 6mn23s .
A partir de mai 2096, les éclipses du Saros 139 (auquel appartient l'éclipse de Lybie en 2006) deviendront les plus longues (6m06s cette année là), pour atteindre 7mn29 en juillet 2186.
 

Par David - Publié dans : Astres
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 12 juillet 2009 7 12 /07 /2009 11:10
Genèse de l’œuvre

Après un passage à Paris, Verdi revient à Sant’Agata fin 1863 où il passe l’hiver à s’ennuyer, sans volonté aucune de reprendre ses travaux de composition.

L’année 1864 est une année de réflexion. Verdi ne veut toujours pas laisser Paris monter « La Forza del Destino » telle qu’elle est. Mais le 16 octobre, Escudier propose au nom de Carvalho (directeur du Théâtre Lyrique) de traduire Macbeth.
Seulement, 17 ans ont passé depuis la création, et Verdi y trouve maintenant des morceaux qui manquent de caractère.

Il lui faut donc reprendre l’air de Lady Macbeth acte II, rajouter un ballet, refaire la vision et le trio Macbeth acte III, refaire le début de l’acte IV ainsi que le final en supprimant la mort en scène de Macbeth.

La première de Macbeth a lieu le 21 avril 1865 au Théâtre Lyrique de Paris, et Verdi va vite comprendre qu’il n’a pas réussi son remaniement, la création de l’Africaine de Meyerbeer à l’Opéra, une semaine après, l’éclipsant totalement.


Pourtant, il reçoit dans la foulée une commande de l’Opéra appuyée par Escudier.
Verdi en profite pour mettre définitivement un terme à sa carrière politique en appuyant la candidature de Giuseppe Piroli pour représenter Busseto.

Fin novembre, Verdi et sa femme quittent Sant’Agata pour Paris.

Le compositeur s’accorde avec Emile Perrin (le directeur) sur le choix de Don Carlos, et Joseph Mery est choisi pour faire la réduction de la pièce de Schiller.

Il décède au cours de son travail, et c’est donc son gendre Camille du Locle qui reprend la tâche.

C’est la quatrième pièce du poète allemand que Verdi adapte, après Giovanna d’Arco, I Masnadieri et Luisa Miller.

De retour en Italie début 1866, Verdi se met à l’œuvre alors qu’une nouvelle tempête est en train de s’accumuler.
En avril 1866, l’Italie s’allie à la Prusse, qui s’apprête à retirer à l’Autriche l’hégémonie dans la confédération des états germaniques. 
Les armées autrichiennes défont les troupes italiennes à Custozza le 24 juin, mais le 3 juillet, les troupes prussiennes écrasent l’Autriche à Sadowa.
La paix de Vienne est signée le 03 octobre 1866, et l’Italie obtient la Lombardie-Vénétie contre le versement de 35 millions de florins.

Début septembre, Verdi est déjà de retour à Paris. Les répétitions commencent et s’éternisent jusqu’à fin février 1867. Le 14 janvier, le père de Verdi meurt, à Busseto, ce qui lui rappelle l’année maudite de 1840.


La répétition générale a lieu finalement le 9 mars.
Le 11 mars 1867, avec une grande solennité, Paris accueille la première représentation de Don Carlos
L’accueil est mitigé pour plusieurs raisons, jalousie des compositeurs français, splendeur froide de l’ouvrage, durée excessive.
Verdi indique quelques coupures à faire pour la seconde représentation, puis plie bagage pour Gênes où il compte retrouver la Strepponi dans leur nouvelle demeure.

Au début du mois de juin, Don Carlos (en italien) est créé au Covent Garden de Londres. Trois passages sont bisés mais ce n’est pas encore un succès.

A la surprise de tous, et après un mois seulement de répétitions (contre huit mois à Paris), Don Carlo (c'est le nom que prend la version italienne) fait un triomphe le 27 octobre 1867 à Bologne.

L’orchestre est dans les mains de Mariani, ce qui fait dire à Verdi : « Vous voyez que j’ai raison de dire qu’une main, seule, mais qui soit puissante et sûre d’elle, peut faire de grands miracles! »


Quelques années plus tard, Verdi va apporter à la partition de Don Carlos de nouvelles idées musicales pour la création milanaise (lire l'article du Don Carlos de Paris au Don Carlo de Modène)
    

Don Carlos


En 1519, le Roi d’Espagne, Charles Quint, devient Empereur du Saint Empire Germanique.

Il hérite des possessions castillanes, aragonaises, autrichiennes et bourguignonnes.

Son règne va être principalement marqué par la rivalité incessante avec François Ier.


Le 24 février 1525, 6000 Français sont tués lors de la désastreuse bataille de Pavie, où le Roi de France est fait prisonnier.
Charles Quint récupère le Milanais, la Bourgogne ainsi que l’Artois et la Flandre. 

Au total, quatre guerres se seront succédées pour aboutir à la paix de Crépy en Laonnois.

L’Empereur cède la Bourgogne.


Le 16 janvier 1556, fatigué et malade, Charles Quint renonce à l’espoir de restaurer l’unité impériale et abdique en faveur de son fils Philippe II. Il se retire au monastère de Saint Just, où il meurt le 21 septembre 1558.

Les 2 et 3 avril 1559, la paix du Cateau-Cambrésis est signée. Elle marque la fin des guerres d’Italie. Outre des clauses territoriales, le traité engage des mariages princiers, Elisabeth, fille d’Henri II de France, épousera Philippe II, veuf de Marie Tudor, et Marguerite, fille de François Ier, épousera Emmanuel-Philibert, duc de Savoie.


Philippe II est cependant mal considéré en Flandre. L’insurrection qui y apparaît à partir de 1566, est vivement réprimée par le Duc d’Albe. Il installe un régime de terreur, et crée le « Conseil du sang » qui condamne à mort plus de 8000 rebelles.

L’inquisition est également établie aux Pays-Bas, où elle instruit des procès pour hérésie.  

 

« Don Carlos » débute en 1559 après la signature du traité de Cateau-Cambrésis.

Dans la forêt de Fontainebleau, Don Carlos, le fils de Philippe II, rencontre Elisabeth de Valois : ils tombent respectivement amoureux.

Malheureusement, le mariage arrangé entre Philippe II et Elisabeth met fin rapidement à cette idylle.

L’ami d’enfance de Don Carlos, Rodrigue, devient l’homme de confiance de l‘Empereur mais ne peut cacher sa sympathie pour le mouvement de révolte en Flandre face à l’oppression de l’Espagne.


En parallèle, la princesse Eboli, attirée par Don Carlos qui a pris cause pour les Flamands également, découvre les sentiments qui l’unissent à l’Elisabeth, ce qui la conduit à révéler cette relation à Philippe.

La situation devenant extrêmement compliquée pour le Roi, celui-ci recourt à l’Inquisiteur qui voit surtout en Rodrigue, le vrai danger.

L’ensemble de la cour plonge dans le drame lorsque l’inquisiteur fait assassiner Rodrigue, qu’Eboli dévoile sa traîtrise et se retire au couvent, alors que l’inquisiteur et Philippe retrouvent Don Carlos et Elisabeth à Saint Just, avant que le spectre de Charles Quint n’emporte son petit fils dans l'obscurité du monastère. 
Par David - Publié dans : Verdi
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Vendredi 3 juillet 2009 5 03 /07 /2009 14:42

 

Dimanche 05 juillet 2009 sur Arte à 19H00

Fritz Wunderlich : Archives inoubliables (Pergolesi, Rossini, Tchaïkovski: 1959-1963)

 

Lundi 06 juillet 2009 sur TF1 à 02H10

Gianni Schicchi (Puccini)

Opéra Garnier 2004, mise en scène Laurent Pelly, direction Seiji Osawa avec Patricia Ciofi, Alessandro Corbelli

     

Jeudi 09 juillet 2009 sur France 3 à 23H15

Richard Wagner : Le Crépuscule des Dieux Acte III

En léger différé du festival d'Aix en Provence
Mise en scène : Stéphane Braunschweig.
Avec l'Orchestre Philharmonique de Berlin dirigé par Sir Simon Rattle.
Avec Ben Heppner, Anne Sofie von Otter, Katarina Dalayman, Mikhaïl Petrenko, Gerd Grochowski, Emma Vetter.
 
Vendredi 10 juillet 2009 sur Arte à 21H40

Mozart: Idomeneo. Olivier Py, mise en scène

Opéra en direct du Festival d´Aix en Provence, théâtre de l´Archevêché.

Avec : Richard Croft (Idoménée), Yann Beuron (Idamante), Sophie Karthaüser (Ilia), Mireille Delunsch (Électre)

 

Dimanche 12 juillet 2009 sur Arte à 19H00

Sir Simon Rattle et l’Orchestre Philharmonique de Berlin. Concert du Nouvel an 2007 du Berliner Philharmoniker

   

 

Lundi 13 juillet 2009 sur Arte à 22H20

Musica- Maguy Marin, la danse cachée

   

 

Mercredi 15 juillet 2009 sur France 2 à 21H45

La Traviata (Verdi)

En direct des Chorégies d'Oranges, avec Patricia Ciofi, Marzio Giossi, direction Myung-Whun Chung

    

Dimanche 19 juillet 2009 sur Arte à 19H00

Evgueni Kissin (Verbier Festival 2007)

 

Lundi 27 juillet 2009 sur Arte à 22H45

Dialogues: le compositeur Valentin Silvestrov

 


Mardi 28 juillet 2009 sur France 2 à 00H40

Lucia di Lammermoor (Donizetti)

Avec Patrizia Ciofi (Lucia di Lammermoor), Marie-Nicole Lemieux (Alisa), Rolando Villazon (Edgardo), Roberto Frontali (Enrico).

 

Par David - Publié dans : TV Lyrique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /2009 23:44
Waltraud Meier et le Deutsches Symphonie-Orchester Berlin
Concert du 24 juin 2009 à la Salle Pleyel

Direction musicale Ingo Metzmacher
Deustches Symphonie-Orchester de Berlin

Claude Debussy La Mer
Richard Wagner Prélude et Mort d’Isolde
Gustav Malher Adagio de la symphonie n°10
Richard Strauss Quatre Derniers Lieder

Le sentiment de finitude se nourrit de lenteur et de recueillement, et que c’est beau lorsque sa messagère se libère de sa force passionnelle pour nous toucher par la seule délicatesse du mot.
Imperturbable lorsque l’orchestre se gonfle puis soudainement s’atténue comme pour lui servir d’écrin, Waltraud Meier est humble voix, moins opératique, mais profondément humaine, le regard en lien direct avec les auditeurs les plus proches

          Waltraud Meier

Un programme introspectif pour lequel Mer, Nuit et Mort trouvent leur représentation définitive en seconde partie, à travers deux ouvrages testamentaires aux couleurs «temps passé» du Deutsches Symphonie-Orchester de Berlin.
  
Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /2009 23:51
Carmen (Bizet)
Représentation du 20 juin 2009
Opéra Comique (Salle Favart)


Direction musicale Sir John Eliot Gardiner

The Monteverdi Choir
Orchestre Révolutionnaire et Romantique


Mise en scène Adrian Noble

Carmen Anna Caterina Antonacci
Don José Fabiano Cordero
Micaëla Anne-Catherine Gillet
Escamillo Nicolas Cavallier



                           Anne-Catherine Gillet (Micaëla)


Carmen à l’Opéra Comique c’est d’abord une proximité, un face à face avec les personnalités qui doit permettre d’en saisir encore plus leur mystère.
Pour une raison inconnue, Sasha Waltz n’a pu assurer la direction scénique, ce qui propulse Anna Caterina Antonacci en star absolue de la soirée.

Et quelle interprétation! Un phrasé clair, presque analytique, jamais entendu dans une salle comme Bastille.
Féline, crâneuse et très belle femme, le charme enjôle, les moqueries dirigées vers Don José l‘attendrissent même.
La liberté de la cigarière se mesure ainsi à ses poses provocatrices, mais pas à son indépendance du regard des autres.

Tout fonctionne très bien jusqu’au « Carreau, pique… la mort! ».
Impossible de ressentir la force obscure qui fait la profondeur de Carmen, l’histoire qui a fait d’elle la femme qu’elle est.

A ce moment là, Fabiano Cordero, le ténor brésilien qui a du remplacer au dernier instant Andrew Richards, s’affirme et Anna Caterina Antonacci se dilue.

Anna Caterina Antonacci (Carmen)


C'est ce sens de la tragédie, si poignant dans les Troyens il y a quelques années au Châtelet, qui semble altéré sur la fin.

Une autre femme se dessine, plus sensible et dramatique, Micaëla, qu’Anne Catherine Gillet joue avec simplicité et émotion, une voix bien projetée et abritant une petite vibration fragile.
Les rôles sentimentaux semblent trop lui convenir.

Carmen sensuelle, mais insuffisamment sombre, dans une mise en scène conforme à l’imagerie populaire, chacun de ses airs est soutenu avec précision et sens du détail par l’Orchestre Révolutionnaire et Romantique.
Il ne perd la maîtrise des couleurs et du relief que dans les passages les plus exubérants.
 
Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 21 juin 2009 7 21 /06 /2009 22:30
Présentation du Roi Roger à l’Amphithéâtre Bastille le 17 juin 2009
Par Gerard Mortier, Didier
van Moere, Kasushi Ono et Krzysztof Warlikowski


Introduction par Gerard Mortier

La culture est la meilleure façon de montrer comment les différents pays européens se sont influencés, Szymanowski était d’ailleurs un grand ami de la France, et sa musique en est imprégnée.
Le Roi Roger est un opéra très proche de toute la programmation du directeur de l’Opéra de Paris pendant ces cinq ans, c’est à dire à chaque fois la volonté de briser les conformismes vers une libération, avec tous les dangers que cela représente, la vie n’étant intéressante que si elle est risquée.

               Gerard Mortier, Didier van Moere, Kasushi Ono, Krzysztof Warlikowski

Didier van Moere, musicologue, écrivain, auteur d’une biographie sur Szymanowski (Editions Fayard), présente le compositeur polonais et son œuvre.


Dés les années 20, Karol Szymanowski souhaita donner Le Roi Roger à Paris.
Il vit Jacques Rouché, le directeur de l‘Opéra de Paris de l‘époque, mais la chose ne se fit pas.
Le sujet de l‘œuvre en fût-il la raison?

Il va faire rentrer trois fois la musique polonaise dans le XXième siècle.

Lorsque Szymanowski compose des musiques influencées par Strauss, il s’affirme comme un iconoclaste en s’opposant à la critique polonaise très conservatrice qui lui reproche cette influence étrangère, alors que la référence est Chopin.
Son premier Opéra Hagith comprend déjà cette Straussmania.

Puis l’on passe à la deuxième période de Szymanowski, fasciné par le français et les ballets russes à Vienne. Les grands compositeurs de la modernité sont pour lui Stravinsky et Debussy.
C’est une période de voyages en Sicile, en Afrique du Nord, vers 1914, qui correspond aux années de guerre.
La fascination byzantine au premier acte, orientale au second acte, et antique au troisième acte du Roi Roger, trouve sa source dans cette période.
A l’époque du Roi Roger II, il y avait une cohabitation harmonieuse de ces trois univers.

Puis il compose entre 1918 et 1924, période nationale, car la Pologne devient un pays indépendant, et à ce moment là Szymanowski devient le chantre de cette indépendance d’un point de vue musical.

L’impressionnisme du Roi Roger en découle, on retrouve les chants liturgiques du premier acte dans son Stabat Mater de 1925, auquel s’ajoute la dimension dionysiaque presque orgiaque qui apparaîtra plus tard dans le ballet des montagnards. C’est un compositeur de l’instinct.

On touche alors à la modernité du Roi Roger qui est une réponse à la question « Que peut on faire après Wagner ou Debussy? ».
Finalement, il estime qu’il peut s’inspirer de 3 choses : Tristan, Elektra et Stravinsky à travers Diaghilev.
Cela donne une réponse très originale à ce que peut être l’Opéra de l’époque.

De quoi parle le livret du roi Roger

Le livret reprend en les transformant les Bacchantes d’Euripide.

Dans une cathédrale byzantine, on parle d’un berger qui prêche une nouvelle religion. Il trouble les esprits et les corps aussi.
Le Roi Roger et Roxane, décident de l’écouter.
Le berger se présente et explique que son dieu est un dieu d’amour et de beauté et qu’il cherche ses brebis égarées.

Une des idées fondamentales est l’ affinité entre le Christ et Dionysos. C’est le Christ sans le pêché, et Dionysos sans la cruauté.

Le berger est convoqué le soir pour être jugé.


Au deuxième acte, il se présente dans les appartements du Roi, le chant de Roxane orientalisant appelle à la clémence, puis tout le monde entre dans une transe orgiaque.
Le Roi fait enchaîner le berger, mais celui ci brise ses chaînes.
Tout le monde le suit, Roxane la première, le Roi se dépouille de ses attributs et décide de devenir pèlerin.

Au troisième acte, le berger se révèle être Dionysos et Roxane devient une ménade. Mais le Roi ne part pas avec le Berger et reste seul en offrant son cœur au soleil.

Il y a plusieurs interprétations :

D’abord celle sexuelle. Le Roi ne suit pas le berger car il refoule son homosexualité.
C’est surtout une question d’identité. S’il suit cette transe dionysiaque, il tombe dans l’indifférencié, et il perd son identité.
On peut également transposer cela sur le plan esthétique et musical.
Au début il y a la cathédrale, un système traditionnel, et le berger représente une forme de radicalisé musicale, et la fin serait une réponse à cette question, qui ne serait pas la destruction totale de l’ordre ancien, mais la régénération par un ordre nouveau, plus dissonant et moderne.


Kasushi Ono, directeur musical de l’Opéra de Lyon.

A travers une description très imagée et captivante, Kasushi Ono explique ce qu’il y a de moderne dans la musique du Roi Roger.
C’est difficilement restituable à l’écrit, mais à travers l’exemple du duo du deuxième acte entre le Roi Roger et le berger, le chef d’orchestre montre comment les dissonances extrêmement sensibles et agréables accompagnent les réponses étranges du berger aux questions du Roi.
Ces deux personnes ne vivent pas dans le même monde, le monde de la rigueur face à un monde libéré.


La mise en scène de Krzysztof Warlikowski

Le metteur en scène polonais ne souhaite pas donner de réponses en séance mais poser le problème.
On doit raconter Szymanowski, mais aussi ce qu’il s’est passé après.


C’est l’expérience d’un homme qui succombe à la crise de l’âge, comme le monde passe une crise.
Il y a un tel héritage sur un homme dès qu’il né. Il doit subir l’ombre de son grand père, le sens de l’honneur, le gain d’argent, le patriotisme.
C’est l’histoire de ce que l’on exige de l’homme. Par exemple, au nom du Christ on demande au Roi au début de tuer le berger.
C’est une première contradiction que l’on ne peut pas accepter si l’on est sérieux.
De quel droit peut on demander à quelqu’un de tuer au nom du Christ? Peut-être a t’on fait toutes les guerres dans cet univers au nom du Christ. Mais était-ce à juste titre?

Et qui est ce Dionysos dans un monde chrétien. Est ce un membre qui contredisait cet ordre catholique.
Le livret ne l’explique pas.

On pourrait raconter cette histoire dans un cadre moyenâgeux, mais l’on évitera pas certaines réponses.
Le guide est surtout la relation entre Iwaszkiewicz (le librettiste) et Szymanowski, l’un étant marié, l’autre homosexuel déclaré, tout deux jouant avec les situations.

Lire également Le Roi Roger à l'Opéra Bastille.
 
Krzysztof Warlikowski est l’invité de Joëlle Gayot du lundi 22 au vendredi 26 juin 2009 dans l’émission « A voix nue » sur France Culture à 20H00.
Lundi 22 Pologne, je te « haime ».
Mardi 23 Shakespeare, père et mère de théâtre.
Mercredi 24 Je est mon autre.
Jeudi 25 La leçon d’anatomie.
Vendredi 26 Le visible et l’invisible.

Les émissions peuvent être réécoutées sur le site de France Culture à la rubrique Emission/A voix nue.
 
La video de l'Opéra disponible jusqu'au 20 août.

Par David - Publié dans : Conférences
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 19 juin 2009 5 19 /06 /2009 19:53
Le Roi Roger (Karol Szymanowski)
Représentation du 18 juin 2009
Opéra Bastille

Direction musicale Kazushi Ono
Mise en scène Krzysztof Warlikowski

Le Roi Roger II Mariusz Kwiecien
Roxana Olga Pasichnyk
Edrisi Stefan Margita
Le Berger Eric Cutler
L’Archevêque Wojtek Smilek
Une Abbesse Jadwiga Rappe



Avec Krzysztof Warlikowski, il n’est jamais question de dérouler le fil d’une histoire sans le moindre questionnement.
C’est toujours une interrogation sur le sens des actes et les personnages, avec une dure confrontation à la réalité vécue par le metteur en scène.

              Mariusz Kwiecien (Le Roi Roger)


Lui confier « Le Roi Roger » paraissait une évidence : un jeune berger loue l’amour et les plaisirs dionysiaques, au point de dynamiter la vie d’un couple bien établi, en exploitant comme une grande faille l’ambiguïté sexuelle du monarque.
 

Pourtant, l’artiste oriente sa réflexion vers une dimension plus large : et si l’enjeu était plutôt de montrer la violence du conformisme, et comment une force hypnotique peut permettre d’en sortir pour déboucher sur un autre conformisme ?

C’est comme cette société oppressante, dupliquée à l’infini, qui fait peser toutes ses attentes sur le couple chic de Roger et Roxane prêt à mettre au monde un digne successeur.


Issu du mouvement Hippie des années 70, le berger vient mettre le doute, est étrangement imité par les jeunes, et attire Roxane vers lui, ce qui ne fera que souiller définitivement son enfant, pour en faire un pur Mickey de la société de loisirs.

L’univers visuel et obsédant de Krzysztof Warlikowski est à nouveau à l’œuvre avec une force dérangeante.
Pour le plaisir esthétique, la beauté des images de corps nus masculins est inévitablement présentée, en écho au voyage de Szymanowski en Sicile, bien que ce ne soit pas le thème théâtral central.
Il s’agit cependant de représenter un idéal du rapport au corps dont la valeur n’est pas abîmée par certains fondamentaux sociaux, comme le christianisme ou bien le commerce.
 
C’est surtout cette incroyable vie des protagonistes principaux, la manière de leur faire exprimer douleur, désarroi, folie, et aussi de faire ressentir la tension qui se crée entre eux qui vous prend net aux tripes. Un exploit face à une action étirée et un texte chargé d’images naïves.

Prenant conscience de son enfermement dans une conception du bonheur qui n’est pas faite pour elle - on pourrait la comparer à la Laura du roman « the Hours » de Michael Cunningham - Roxane trouve une forme de libération qui suscite le désespoir du Roi, accroché à une image figée qu’il a d’elle.

Le berger est illusion, une illusion qui peut tout briser tant elle semble porter en elle le mystère de la vie.


Eric Cutler (Le berger)


La scène de ces personnes en fin de vie usant de leurs dernières forces dans une piscine n’est pas des plus lisibles, empreinte de la réalité mortelle de l’homme, et de sa perte d’énergie avec le temps.
Est ce l’émotion soulevée par cette image qui convainc la femme du roi de suivre le perturbateur?

De toute évidence, le Roi Roger sent intuitivement le traquenard, et ne peut que s’effondrer en constatant ce qu’est devenu l’idéal de l’offrande du cœur au soleil, dans une vision terriblement ironique. La médiocrité et le consumérisme pervertisent l’amour et le beau.
 
    
Mariusz Kwiecien (Le Roi Roger)

La sophistication des éclairages, les jeux de reflets irréels, les images ajoutées un peu partout pour leur caractère identitaire (le couple d’hommes qui danse au dessus de la piscine, les déambulations du jeune polonais Tadzio de Mort à Venise), sont d’un impact subjuguant.

L’alchimie avec la qualité orchestrale, la réussite inouïe avec laquelle Kazushi Ono dirige une masse sonore qui peut s’effondrer et se relever avec une fascinante élasticité, se diluer en un envoûtant tissu soyeux, participe à ce climat éprouvant.

Il faut entendre le chœur à l’ouverture, pas toujours homogène, mais chargé de menaces et d’inquiétude, et imposé par la force d’une vidéo projection qui en révèle les visages.

     Olga Pasichnyk (Roxane)

Loin d’être de simples interprètes, les chanteurs atteignent un niveau d’implication et d’expression vocale fabuleux.
Physique franchement irréprochable, Mariusz Kwiecien fait de son Roi Roger un bouleversant concentrateur des tourments humains, une puissance parfois violente, qui se voit opposer le berger suave et enjôleur d’Eric Cutler.
La voix du jeune ténor américain est presque idéale, elle respire l’innocence, et ne s’efface dans la musique que très rarement.

Stefan Margita est lui aussi parfaitement distribué pour le rôle d’Edrisi, nous sommes ici beaucoup plus dans le cynisme clair, agressif et théâtral.
L’homme d’affaire est à l’œuvre.

Étourdissante dans l’appel du Roi Roger au deuxième acte, Olga Pasichnyk joue d’ornementations orientalisantes, parfois dans des postures sans soutien au sol, et nous laisse avec des réminiscences inoubliables.


Mariusz Kwiecien (Le Roi Roger)


Retransmis en direct sur le site d’Arte et de l’Opéra National de Paris le 20 juin, le Roi Roger sera ensuite diffusé sur la chaîne ARTE le lundi 12 octobre 2009 à 22H45.

Ainsi s’achève pour l’Opéra de Paris une ère vivante, forte et captivante qui va laisser la place à une autre vision du théâtre : la culture de l’émerveillement.
Mais pour ceux qui souhaitent ne pas basculer dans l’endormissement, l’aventure continue dans les théâtres parisiens et dans les opéras européens proches, dont le Teatro Real de Madrid bien entendu.

Lire également Présentation du Roi Roger par Gerard Mortier.
 
Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Dimanche 14 juin 2009 7 14 /06 /2009 11:48
Demofoonte (Jommelli)
Représentation du 13 juin 2009 (Palais Garnier)

Direction musicale Riccardo Muti
Orchestra Giovanile Luigi Cherubini
Mise en scène Cesare Lievi

Demofoonte Dmitry Korchak
Dircea Maria Grazia Schiavo
Timante José Maria Lo Monaco
Matusio Antonio Giovanni
Creusa Eleonora Buratto
Cherinto Valentina Coladonato
Adrasto Valer Barna-Sabadus

                                             Maria Grazia Schiavo, Riccardo Muti, José Maria Lo Monaco

Il est un peu ridicule de comparer la musique de Jommelli à celle de Mozart (près d‘un demi siècle d‘écart), car c’est avec le point de vue de l’archéologue qu’il faut aller écouter cet ouvrage, et y déceler ce qu’il peut contenir comme constructions harmoniques stimulantes encore aujourd’hui, et surtout pour le siècle de création (1743).

D'autant plus que ce Demofoonte est prétexte à un déferlement de sentiments exprimés par des airs étendus, et soutenus par une distribution féminine forte.
Quatre femmes, toutes émotionnellement investies, qui rendent vivants autant que possible Timante - José Maria Lo Monaco lui donne les couleurs et la douleur de celui qui pourrait être le futur Idamante de Mozart-, Dircea - Maria Grazia Schiavo vit sa spontanéité en mélangeant les caractères d’une Suzanne et d’une Fiordiligi -, Creusa - Eleonora Buratto ennoblit expression corporelle et vocale avec une luminosité qui en ferait une Despine luxueuse, Cherinto - Valentina Coladonato sensibilise son chant au point de lui donner un naturel poignant avec ce petit plus d’un bel éclat dans l’aigu.

Les hommes touchent beaucoup moins, Dmitri Korchak impressionne tout de même au second acte à travers un air violent et puissant auquel il ne cède rien.

                                                                                     Eleonora Buratto (Creusa)

Il peut paraître comme cela un peu placide Riccardo Muti - nous lui excusons cette manière solennelle de se faire désirer au début de chaque acte - mais il est le support indispensable à ce spectacle, non seulement par la manière de donner un mélange de rigueur et de gestes caressants aux musiciens, mais aussi par l’accroche que l’on peut lire dans le regard des chanteurs. Il est clairement le maître du plateau.

La mise en scène se distingue par un décor de colonnes orientées dans toutes les dimensions, aussi extravagant que le livret - une histoire où le fils de Demofoonte et la fille de Matusio vont se révéler être des enfants échangés à chaque parent, ce qui permet de lever une malédiction qui obligeait le Roi à sacrifier des jeunes filles chaque année.

     
José Maria Lo Monaco (Timante)

Le niveau théâtral est d’époque, ce qui n’aide pas à prendre tout cela au sérieux, mais même Gerard Mortier n’aurait pu faire accepter au chef italien de diriger un opéra dans une mise en scène à la Emilio Sagi.

Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 2 juin 2009 2 02 /06 /2009 21:53
Cyrano de Bergerac (Franco Alfano 1875-1954)
Représentation du 31 mai 2009
Théâtre du Châtelet

Cyrano Placido Domingo
Roxane Nathalie Manfrino
Christian Saimur Pirgu
De Guiche Marc Labonnette
Ragueneau Laurent Alvaro
Carbon Franco Pomponi
La Duègne Doris Lamprecht

Direction musicale Patrick Fourmillier
Orchestre symphonique de Navarre
Mise en scène Petrika Ionesco

                                Placido Domingo (Cyrano de Bergerac)

Nul doute que le talent à animer un plateau envahi par des dizaines de figurants est ce que nous admirons le plus dans la nouvelle mise en scène de Petrika Ionesco, du véritable film de cape et d’épée.
Décors assez imposants, l’immense ouverture du ténébreux couvent des Dames de la Croix est comme la vie vaincue par la mort, c’est la scène du balcon, plus sobre et soigneuse éclairée, qui séduit le plus.

Avec une force émotionnelle exceptionnelle, Placido Domingo nous tire au bord des larmes, cette manière de déclarer son amour par procuration à Roxane - il est l’ombre, elle est la lumière - alors que la musique d’Alfano tire sur le mélo, est une épreuve irrésistible pour le spectateur.
Et ce n’est rien quand plus loin il avoue la lassitude du poids de son amour inexprimé.

Mais il est aussi vaillant, la puissance de ses éclats de voix sonne comme un avertissement et une défiance, cette énergie improbable fascine.

   Placido Domingo (Cyrano) et Nathalie Manfrino (Roxane)

Et Nathalie Manfrino est tout simplement un ange un peu espiègle, doué d’une musicalité qui résiste aux hauteurs de la tessiture sans perdre aucune couleur, et d’effets fuyants absolument magnifiques.

En support de tout cela, le très sympathique Patrick Fourmillier s’évertue à faire vivre la partition avec souffle et élégance, une musique que l’on pourrait rapprocher de celle de Cilea - Adrienne Lecouvreur évidemment - sans leitmotiv marquant.

Le couple principal nous fait un peu oublier les autres partenaires, mais la situation est trop unique.
Ce défi au temps (et Placido Domingo projetterait de revenir au Châtelet en 2011 pour ses 70 ans dans Luisa Fernanda) touche une part profonde en nous même, et cela nous ne l’oublierons pas.
La demi-heure de rappels au rideau final non plus.
 
Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

  • fomalhaut
  • : culture théâtre chant opéra lyrique Musique
  • : Ce blog est une petite étoile de plus de la nébuleuse virtuelle. Tous les comptes-rendus (terme plus exact que critiques) sont la traduction d'émotions que les évènements du monde lyrique, mais aussi du ciel ,du théâtre ou du cinéma pour n'en citer que quelques uns, auront fait naitre. Le contexte historique m'intéresse beaucoup et est une autre dominante du site.
  • Retour à la page d'accueil

Syndication

  • Flux RSS des articles

Recommander

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés