Les Cassandres chantent Mozart et Donizetti (Milhaud en fête)

Publié le 25 Avril 2015

Les Cassandres animent Milhaud en fête
Récital du 19 avril 2015
Allée Darius Milhaud – Paris 19ème

L’Elixir d’amour (Gaetano Donizetti – 1832)
Come Paride vezzoso
Les Noces de Figaro (W.A Mozart – 1786)
Voi che sapete
Don Pasquale (Gaetano Donizetti – 1843)
Bella siccome un angelo
Les Noces de Figaro (W.A Mozart – 1786)
Non so piu cosa son, cosa faccio
Don Giovanni (W.A Mozart – 1787)
La ci darem la mano

Avec Virginie Rodde (piano), Charlotte Schumann (Mezzo-soprano), Emmanuel Gendre (Baryton)
Mise en espace Dorothée Daffy
Assistant technique et président des Cassandres Florian Dintilhac

                                            Emmanuel Gendre (Don Giovanni) et Charlotte Schumann (Zerline)

Après la fermeture des abattoirs de la Villette en 1974, le quartier nord-est de Paris situé entre le canal de l’Ourcq et le parc des Buttes-Chaumont fut profondément remanié.
D’un vaste plan d’urbanisation naquit une cité culturelle à l’origine du Zénith (1983), de la Géode (1985), de la Cité des sciences et de l’industrie (1986), du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (1991) et de la cité de la musique (1995) dont la dernière grande réalisation, la Philharmonie, vient d’être inaugurée en janvier 2015.

Milhaud en fête

Milhaud en fête

Cette réhabilitation s’est prolongée dès 1990 par l’aménagement de la ZAC Manin-Jaurès située au sud du parc, et de ce grand bouleversement urbain apparurent des rues nommées en hommage aux musiciens du Groupe des Six, dont quatre d’entre elles, la rue Georges Auric, la rue Erik Satie, la place Francis Poulenc et l’allée Darius Milhaud se croisent en son centre.

C’est donc en plein milieu d'un quartier où vit une population mixte par ses origines et ses cultures religieuses que, chaque année, une grande journée donne l’occasion à tout le monde de se retrouver autour d’animations alliant vide-grenier, jeux de société et apéro-participatif.

Charlotte Schumann et Dorothée Daffy

Charlotte Schumann et Dorothée Daffy

Pour la nouvelle édition de Milhaud en fête, la compagnie de théâtre lyrique Les Cassandres est venue discrètement se fondre dans le brouhaha entourant une des écoles maternelles participant aux festivités en ce jour ensoleillé, afin de surprendre les passants baignés, jusqu’à leur arrivée, dans une ambiance musicale électronique et répétitive.

Seule la pianiste, Virginie Rodde, jouant les premières mesures au milieu des stands, attirait les regards. Mais lorsque le jeune baryton de la troupe, Emmanuel Gendre, commença à chanter la demande en mariage ‘Come Paride vezzoso’ de l’Elixir d’amour, l’étonnement et les timidités du public apparurent au grand jour. Car la voix lyrique, inhabituelle, est en écart avec le quotidien, et renvoie toujours à l’expression de sentiments exceptionnels.

Emmanuel Gendre (Malatesta) et un passant jouant à son insu Don Pasquale

Emmanuel Gendre (Malatesta) et un passant jouant à son insu Don Pasquale

Le chanteur gagne en aisance alors que ses interlocuteurs sourient d’étonnement et de plaisir.

Jouant avec le même émoi que les auditeurs, car elle est le symbole désiré de ce premier air, la Mezzo-soprano Charlotte Schumann enchaîne naturellement l’air de Cherubin, ‘Voi che sapete’, qui est à nouveau une déclaration d’amour, mais cette fois destinée à la Comtesse Rosine des Noces de Figaro.

Dans cet air, c’est Cherubin qui est censé être intimidé. Pourtant, un jeune garçon réfugié auprès de sa mère le sera encore plus, pris qu’il est sous les regards de la chanteuse.

Charlotte Schumann (Cherubin)

Charlotte Schumann (Cherubin)

Vient alors l’air qui va déclencher une réaction inattendue de la part d’un spectateur.
‘Bella siccome un Angelo’ est un air de Donizetti enivrant par lequel le docteur Malatesta présente à Don Pasquale, un riche célibataire, la jeune fille qu’il souhaite lui faire épouser.

Emmanuel Gendre n’a même pas achevé sa dernière mélopée virtuose, qu’un habitant du quartier, touché au cœur, s’adresse au chanteur pour que lui et l’ensemble de la troupe n’en restent pas là, et fassent quelque chose de plus grand, tant l’emprise avec les gens est géniale et spontanée.

Emmanuel Gendre et un spectateur ému par son interprétation de ‘Bella siccome un angelo’

Emmanuel Gendre et un spectateur ému par son interprétation de ‘Bella siccome un angelo’

Mais Chérubin est toujours présent, et Charlotte Schumann interprète ‘Non so piu cosa son, cosa faccio ‘, le deuxième air d’un des personnages les plus attachants de Mozart, alors qu’il déclare flamme et désarroi à la Comtesse.

Et pour achever ce récital de rue par un duo mozartien, les deux chanteurs se réunissent dans la complicité de ‘La ci darem la mano’, scène de séduction de Don Giovanni et Zerline, donnant ainsi aux spectateurs un exemple d’air où deux voix se rejoignent dans des tonalités pourtant bien distinctes. La difficulté, pour les deux chanteurs, est alors de ne pas se laisser emporter par la ligne musicale de l’autre.

Air de Don Giovanni ‘La ci darem la mano’. Emmanuel Gendre (Baryton), Charlotte Schumann (Mezzo-soprano), Virginie Rodde (piano), Florian Dintilhac (assistant)

Air de Don Giovanni ‘La ci darem la mano’. Emmanuel Gendre (Baryton), Charlotte Schumann (Mezzo-soprano), Virginie Rodde (piano), Florian Dintilhac (assistant)

François Dagnaud, le maire du 19ième arrondissement, et Mahor Chiche, adjoint chargé de la démocratie locale, de la mémoire et des relations avec le monde combattant, ont pu par eux-mêmes constater comment l’Art lyrique est un révélateur émotionnel fabuleux, qui n’est pas ancré uniquement dans la vie affective de celles et ceux qui fréquentent les salles de concerts, mais également dans l’inconscient de nombre de gens qui l’ont intégré plus simplement dans leur vie de tous les jours.

Le site des Cassandres Lescassandres.com

Rédigé par David

Publié dans #Saison 2014-2015, #Récital, #Cassandres

Commenter cet article