Lundi 24 décembre 2007
Calle Santa Fe (Rue Santa Fe)
Documentaire de Carmen Castillo

Durée 2H45

Après le coup d’état du 11 septembre 1973, Pinochet engage une répression sanglante contre les opposants politiques. Le M.I.R (mouvement d’extrême gauche chilien) est la cible privilégiée.

Le 5 octobre 1974, l’un des dirigeants de la résistance, Miguel Enriquez, est abattu rue Santa Fé.

Son épouse, Carmen Castillo, survit et s’enfuit en France.


Ce film retrace ses souffrances dans l’exil et ses retrouvailles avec Santiago. Ses amies évoquent la torture et comment elle pousse aux limites de la vie.

Aujourd’hui, aucun militaire, aucun civil ayant agi pour le compte du gouvernement n’a été jugé et arrêté.

Cependant l’engagement des opposants à la dictature est ici analysé, décortiqué sans aucune complaisance.

La disparition de leurs proches ne les a pas abattu, leur force s’en est même accrue.

Nous constatons même que la dualité entre leur lutte pour un idéal d’une part et leur amour des autres d’autre part a conduit à des fractures inouïes. La famille politique se substitue à la famille traditionnelle et des militants seront exclus lorsqu’ils réclameront leur part d’humanité.

C’est tout un questionnement sur ce besoin d’un projet qui nous dépasse qui est posé avec ses conséquences dangereuses. Il y a un moment où le dogme l’emporte sur la vie des autres et même notre propre vie.

Explication d’un des responsables : le M.I.R n’avait que 8 ans lorsqu’il s’est trouvé confronté à la dictature.

Maintenant un courant « social » est relié à cet engagement « politique » nous dit-il.

Mais présenté ainsi, le mot « politique » semble encore trop synonyme de « prise de pouvoir » pour cet homme alors qu’il devrait représenter une «œuvre pour le bonheur de la population » qui doit s'exprimer d'abord dans sa relation avec l'entourage.


Après tant de folie, le film de Carmen Castillo renoue avec un retour à la vie dont le spectateur sort tout de même assez éprouvé.

 

par David publié dans : Théâtre/Cinéma
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Dimanche 16 décembre 2007
Tannhäuser (Richard Wagner)
Représentation du 15 décembre 2007 (Opéra Bastille)
 
Tannhäuser Stephen Gould              Elisabeth Eva-Maria Westbroek
Venus Béatrice Uria-Monzon           Wolfram  Matthias Goerne
Hermann Franz Joseph Selig           Walther   Michael König
Biterolf Ralf Lukas
 
Direction musicale Seiji Osawa
Mise en scène       Robert Carsen
 
La distribution superlative ayant été commentée lors d’une représentation en concert, cet article sera l’occasion de dire quelques mots de la mise en scène de Robert Carsen pour la première fois présentée au public.
 
A nouveau le réalisateur canadien s’intéresse à la condition de l’artiste en nous propulsant dans le monde des peintres de la fin du XIX ième siècle.
Tannhäuser et Wolfram ne sont plus chanteurs mais peintres, les chevaliers de Rome s’identifient à une certaine bourgeoisie de grandes villes avide d’expositions artistiques et Elisabeth devient le sujet d'inspiration de Wolfram.
Il faut reconnaître ce sens de la continuité qui s’exprime avec beaucoup d’intelligence comme de faire des pèlerins allant vers Rome les Ménades de la Bacchanale. Ou bien d‘effacer les limites entre la scène et la salle en faisant entrer les chevaliers à partir du parterre. Elisabeth et Tannhäuser interviendront eux-mêmes parmi les spectateurs.
 
Cette bourgeoisie prend quelques petits coups de griffes. Il faut voir ces rapaces se jeter sur les consommations présentées lors de la scène du vernissage (Acte II). Cela ne vous évoque rien ? Même pas certains cocktails de l’AROP ?
C’est aussi cette attitude d’esprit très bourgeoise qui consiste à s’ériger en juge de tout et donc de l’artiste alors que l’artiste a surtout besoin d’être compris. Mais la compréhension demande une certaine finesse bien entendu.
Lorsque Tannhäuser présente sa propre représentation de l’Amour (le tableau est habilement montré dos au public), ce public est tellement choqué qu’il lui dénie son statut. Le peintre n’a plus qu’à quitter la scène et retrouver la salle.
 
Tannhauser40.jpgComment Robert Carsen résout-il alors la rédemption du troisième acte ? Alors que Tannhäuser s’apprête à rejoindre Vénus, Elisabeth (allégorie de l'Amour Christique) survient pour se fondre avec Vénus au point de devenir toutes deux indissociables. Cette scène ne nous laisse cependant pas très longtemps dans l’interrogation lorsque le mur d’exposition découvre un ensemble de nus féminins de maîtres comme Courbet, Rousseau, Manet …. que rejoint l'oeuvre de Tannhäuser.
 
                                                                          Elisabeth (symbolique de l'Amour)
La force de cette représentation repose sur la cohérence du travail et la mise en rapport de l’œuvre de Wagner avec un monde artistique qu’affectionne Carsen. Les tableaux offrent il est vrai relativement peu d’images percutantes. La scène d’Orgie n’est pas totalement débarrassée d’une gestuelle saugrenue.
Elle vaut cependant quelques images fortes comme le mouvement gracieux de Vénus rejoignant son lit de modèle.  
Plus loin, au moment où la musique s’engouffre dans les mouvements les plus noirs et dramatiques, Vénus s’éloigne lentement, suivie par des hommes rampants dans une lueur de feu saisissante.
 Tannhauser10.jpg
          Scène du Venusberg
 
par David publié dans : Saison 2007/2008
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Jeudi 13 décembre 2007

Krum (Hanokh Levin)
Représentation du 12 décembre 2007 (Théâtre de l’Europe)

Kroum Jacek Poniedzialek           La Mère Malgorzata Rozniatowska
Trouda Magdalena Cielecka        Doupa Malgorzata Hajewska-Krzystofik
Tougati Redbad Klijnstra            Félicia Anna Radwan-Gancarczyk
Dulcé Zygmunt Malanowicz

Mise en scène  Krzysztof Warlikowski
 

Krzysztof Warlikowski est un homme qui s’intéresse à la vie en ce qu'elle a de plus direct et de tragique. Partant de la pièce d’Hanokh Levin il reconstitue un petit univers glauque quelque part à Tel-Aviv et dans lequel revient Krum.

Krum a tout raté de sa vie. Le constat est clair face à sa mère. Comment ne peut-il la tenir responsable d’une condition dont il ne peut s’échapper et qu’il doit accepter ?

D’ailleurs c’est le cas de toute cette famille qui, chacun à sa manière, trouve moyen de se divertir d’une destinée écrasante. Que ce soit Tougati avec ses problèmes de diaphragme ou bien ce couple qui se croit sorti de sa condition. Dans ce dernier cas cela nous vaut une scène hilarante par sa caricature du couple bourgeois qui veut faire croire à son évasion du vide.

Alors l’on rit beaucoup. Car ces personnages sont portés par des acteurs affranchis des regards et de leur propre corps de manière stupéfiante. Ce sentiment de liberté extraordinaire est renvoyé au spectateur qui doit faire avec. Il peut prendre cette énergie pour lui ou bien chercher si l’on ne souhaite pas se jouer de lui.

Mais sur le fond nous rions moins. Pas sûr que les cendres de la mère jetées sur la table n’aient levé quelque angoisse. Par sûr que certains ne se soit demandés s’ils sont bien aussi vivants qu’ils ne le pensent.

Ce soir Krzysztof Warlikowski est dans la salle. Spectateur de son propre spectacle il suit ses comédiens, s’amuse lui-même de ses gags interactifs avec le public conçus uniquement pour lui faire plaisir.

Les jeux de lumières et l’atmosphère musicale évoquent parfois les lueurs obscures de Blade Runner, l’absurdité de ces protagonistes déjantés rejoint celle d’un Alain Platel et le dernier tableau semble tiré de « Talons Aiguilles » d’Almodovar.

Et enfin, avec cette mise en scène nous avons une explication de l’origine de l’Iphigénie en Tauride terriblement dramatique avec laquelle Warlikowski s’en est allé à la rencontre du public de Garnier en 2006. Le même écran vidéo, les mêmes ventilateurs et la même chaise roulante sont présents.

N’a-t-il pas voulu transposer un peu de cet univers (la pièce fût créée à Avignon en juillet 2005) dans le monde de l’Opéra ? 
 

par David publié dans : Théâtre/Cinéma
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mercredi 5 décembre 2007
Harpe.jpgTannhäuser (Richard Wagner)
Répétition générale du 03 décembre 2007
Opéra Bastille
 
Tannhauser Stephen Gould                
Elisabeth Eva-Maria Westbroek
Venus Béatrice Uria-Monzon           
Wolfram Matthias Goerne
Hermann Franz Joseph Selig           
Walther Michael König
Biterolf Ralf Lukas
 
Direction musicale Seiji Osawa
Mise en scène Robert Carsen
 
« Ce soir la mise en scène s’inspire de l’Espace Vide en référence à Peter Brooks », en ces termes tout autant humoristiques qu’élégiaques Gerard Mortier annonce à la salle qu’aucun élément de la mise en scène de Robert Carsen ne sera utilisé. Seule trouvaille, la harpe de Tannhäuser plantée au centre du plateau indique une soirée de pure musique.
 
Mais ce dont personne ne se doute à cet instant là, c’est que la gêne posée par le mouvement de grève (qui atteint un point critique) va être soufflée par l’élan d’une soirée exceptionnelle !
 
Lohengrin2.jpgDebout, l’orchestre accueille Seiji Osawa avec un enthousiasme que se réapproprie le public, puis se lance dans une ouverture illuminée. 
Le point culminant de la bacchanale reflète parfaitement l’art du chef à théâtraliser sans marques exagérées. Le courant garde ainsi sa fluidité.
 
Dans la scène qui suit, Béatrice Uria Monzon est une Vénus d’une véhémence franchement impressionnante. Ce n’est pas forcément très nuancé mais une belle femme avec un tel tempérament s’apprécie sans modération.
Mais ce que le public découvre relève de l’exception. Stephen Gould vient tout simplement exposer ce qu’est un ténor wagnérien : une puissance contrôlée, un chant lié et plein de clarté aux accents mélancoliques. Pourtant c’est l’impression d’avoir compris un personnage bien mieux que n’importe quel spectateur averti qui prédomine. 
Béatrice Uria-Monzon (Vénus)

Lohengrin1.jpgUne telle caractérisation pousse au questionnement et à l’envie d’être revue.
 
La puissance est aussi une des grandes qualités vocales d’Eva-Maria Westbroek. Seulement, moi-même sans doute victime d’une image trop idéalisée d’Elisabeth, cette force seule fait barrage à l’émotion que devrait soulever cette femme hautement morale et aimante.
 
Beaucoup plus dans son élément que dans Verdi, Franz Joseph Selig économise ses gestes et se suffit de son autorité naturelle pour incarner les valeurs traditionnelles.
Matthias Goerne devient donc l’autre protagoniste le plus émouvant. Timbre chaud et lignes magnifiquement enveloppées, j’ajouterai qu’il est le véritable cœur palpitant du drame.
 
L’utilisation de l’espace sonore par les chœurs est aussi une des grandes réussites de la soirée surtout lorsqu’ils chantent hors de scène.
Au final c’est plutôt fortissimi à volonté !                       Eva-Maria Westbroek (Elisabeth)
                                                                           
Evidemment, cette dernière répétition s’achève dans un délire qui fait écho à l’arrivée d’Osawa avec des musiciens et musiciennes sautillants dans la fosse et des spectateurs survoltés comme pour aider encore plus les artistes, et surtout le chef, à conjurer le sort de fort belle manière. 

Voir également
Représentation de Tannhauser (Carsen)
 
par David publié dans : Saison 2007/2008
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mardi 4 décembre 2007
Vendredi 7 décembre sur Arte à 19H00
Tristan et Isolde (direct de la Scala)
Waltraud Meier, Ian Storey, Michelle de Young
Direction Daniel Barenboïm- Mise en scène Patrice Chéreau
 
Dimanche 9 décembre sur Arte à 19H00 (durée 45mn)
Anna Netrebko et Rolando Villazon
Récital Théâtre des Champs Elysées enregistré le 28 mars 2007
 
Mardi 11 décembre sur France 2 à 01H25
Musique au Cœur (Eve Ruggieri)
Inva Mula et Rolando Villazon
Récital enregistré à Antibes
 
Dimanche 16 décembre sur Arte à 19H00 (durée 45mn)
Cécilia Bartoli chante Mozart
Festival de Lucerne 2006
 
Vendredi 21 décembre sur Arte à 22H00
La Veuve Joyeuse (Franz Lehar)
En différé du SemperOper de Dresde
Gunther Emmerlich, Petra Maria Schnitzer, Peter Scheiffer, Lydia Teuscher
Direction Manfed Honeck - Mise en scène Jérôme Savary
 
Samedi 22 décembre sur Arte à 22H00
La Bohème
Enregistré à San Franscisco en 1988
Avec Luciano Pavarotti, Mirella Freni et Nicolaï Ghiaurov
Mise en scène : Francesca Zambello
 
Mardi 25 décembre sur France 3 à 14H40 (durée 55mn)
Les danses de Casse-Noisette
Chorégraphie de Rudolf Noureev

Mardi 25 décembre sur Arte à 19H00
Chrismas in Vienna
Avec Elina Garanca, José Cura, Eteri Lamoris et Paul Armin Edelmann
 
Mercredi 26 décembre sur Arte à 19H00
Gala Jacques Offenbach à Zürich (enregistré le 7 octobre 2007)
Direction Marc Minkowski
 
Jeudi 27 décembre sur Arte à 19H00
Magdalena Kozena chante Haendel
Enregistré au Bozar de Bruxelles le 10 novembre 2007
 
Vendredi 28 décembre sur Arte à 19H00
Placido Domingo et Ana Maria Martinez
Gala Zarzuela

Vendredi 28 décembre sur Arte à 23H50
Rufus Wainwright
Enregistré le 29 novembre 2007 à Hambourg.
Cet artiste pop canadien laisse libre cours à des arrangements orchestraux sophistiqués.
Il est le premier chanteur 'out' gay du courant musical traditionnel à avoir démarré sa carrière ainsi.
Grand connaisseur d'Opéra, il a en projet de composer un opéra pour le MET d'ici 2011.
 
Samedi 29 décembre sur Arte à 19H00
Mariss Jansons dirige Malher

Samedi 29 décembre sur Arte à 23H25
Bodytalk
L'Erotisme du ballet. L'Erotisme du hip-hop. L'Erotisme de la danse dénudée. L'Erotisme de la danse Latino.

Dimanche 30 décembre sur France 5 à 05H55
Roberto Alagna : De la banlieue à l'Opéra

Dimanche 30 décembre sur Arte à 19H00
Requiem à Venise
Enregistré le 17 novembre 2007
Direction Lorin Maazel
 
Lunsi 31 décembre sur Arte à 19H00
Gala Tchaikovski
Direct de La Scala de Milan
 
par David publié dans : TV Lyrique
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Dimanche 2 décembre 2007
Alcina (Georg Friedrich Haendel)
Représentation du 01 décembre 2007 (Palais Garnier)
 
Alcina Emma Bell                              Oronte Xavier Mas
Ruggiero Vesselina Kasarova             Melisso François Lis
Morgana Olga Pasichnyk                    Oberto Judith Gauthier
Bradamante Sonia Prina 
 
Direction musicale Jean-Christophe Spinosi
Mise en scène Robert Carsen 
 
Alcina.jpgIl est rare de voir une œuvre à l’affiche pour sa troisième saison en huit ans assurer toujours une si belle interprétation musicale.
Majestueuse mais sans pompe, sa forme harmonieuse prend une tonalité sensuelle et vive finalement pas si étonnante lorsque la direction de Spinosi l’anime avec joie.
 
Dans ce climat, l’apparition d’Alcina n’est pas sans surprise. Emma Bell porte quelque chose de tragique et très charnel dans la voix. Cette puissance pourrait paraître le principal ressort dramatique de la magicienne si « Ah ! mio cor » ne réservait pas des nuances bouleversantes magnifiquement traduites. Un désespoir mêlé de rage qui ne la quitte plus et vaut à la chanteuse une forte ovation finale.
 
Kasarova.jpgPsychologiquement, Ruggiero n’a rien a voir avec l’enchanteresse. Solide et sûr de lui, Vesselina Kasarova accentue cette dimension. Noble dans son attitude, la chanteuse développe de plus en plus généreusement un timbre tantôt évoquant une contralto, tantôt un contre ténor , subtil « Moi bel tesoro » mais « Sta nell’Ircana » avec une retenue quelque fois excessive.
 
De même, avec beaucoup de finesse Olga Pasichnyk nous rend Morgana très attachante sans exagérer ses aspects survoltés. La sensualité de « Credete al moi dolore », à tourner la tête, ne trouve pas encore tout à fait le répondant de Xavier Mas au IIIième acte, un peu trop confidentiel sans doute. Cependant cet ancien élève de l’atelier lyrique possède une suavité dans la voix qui continue à s’enrichir. Ce jeune chanteur très élégant et remarqué lors des masterclasses avec Teresa Berganza en novembre 2003, se voit confier chaque année des rôles de plus en plus           Vesselina Kasarova (Ruggiero)
complexes. Une valeur montante de l’Opéra de Paris.
Alcina2.jpg
          Emma Bell (Alcina)
J’avoue, ce fût une petite déception avec Sonia Prina, Bradamante n’est pas le rôle qui la met le plus en valeur. Il comprend trop peu de passages largo si propices à laisser les nuances noires de son timbre s’exprimer.
 
 
par David publié dans : Saison 2007/2008
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 23 novembre 2007
Karita Mattila et l'Orchestre de Paris
Concert du 22 novembre 2007 (Salle Pleyel)
 
Strauss : Capriccio – sextuor à Cordes
Roland Daugareil et Eiichi Chijiiwa violons – Ana Bela Chaves et David Gaillard altos – Emmanuel Gaugué et François Michel violoncelles
Mozart : Quintette pour piano, hautbois, clarinette, cor et basson, K 452
Alexandre Gattet hautbois – Philippe Berrod clarinette – Giorgio Mandolesi basson – André Cazalet cor
Strauss : Salomé – Danse du voile et Scène Finale.
 
Direction et piano Christoph Eschenbach
Soprano Karita Mattila
 
KMatilla.jpgToujours immergée dans une tension sociale orageuse, la Capitale abrite heureusement des petits îlots de sérénité parfois là où nous ne l’attendons pas.
Une première partie de programme conçue pour amener l’auditeur à retrouver les lumières de son intimité, l’espace réduit dédié aux solistes est l’unique point de focalisation des éclairages chaleureux que chacun depuis sa pénombre peut vivre comme un doux feu d’hiver.
C’est donc de cette douceur que le sextuor à cordes d’ouverture de Capriccio puis la quintette de Mozart viennent nous bercer. Le Larghetto déborde de sensualité.
 
Seulement tout ce climat s’évanouit devant l’arrivée en premier lieu symbolique de Salomé. En entamant la Danse du Voile, Christoph Eschenbach et l’Orchestre de Paris entreprennent de façonner une jeune femme gorgée de charmes voluptueux, puis à la métamorphoser en un être bien plus violent. Et cette image évolutive de la fille d’Hérodiade se forme uniquement par une interprétation musicale pleine de patience et fort réussie.
 
Il ne manque donc plus qu’une vision en chair et en os. Karita Mattila s’offre une entrée de Star et achève le portrait de Salomé en concentrant toute la laideur du personnage sur son visage.
Timbre irrésistible d’homogénéïté et de vigueur, l’envoûtement est total.
Mais que cette apparition a paru bien courte!           Karita Mattila 
 
par David publié dans : Saison 2007/2008
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Jeudi 25 octobre 2007
Samedi 3 novembre sur Arte à 22H30 (durée 1h)
Firtz Wurderlinch, un ténor de légende
 
Dimanche 4 novembre sur Arte à 19H00 (durée 45mn)
Firtz Wurderlinch, Archives inoubliables (1959-1966)
 
Samedi 10 novembre sur Arte à 22H30 (durée 1h)
Mario Lanza, un ténor à Hollywood
 
Samedi 17 novembre sur Arte à 22H30 (durée 1h30)
Voyage en compagnie de Peter Sellars
Témoignages de Kaija Saariaho, Gerard Mortier, Georges Tsypin 
 
Samedi 24 novembre sur Arte à 22H30 (durée 2h30)
The Rake's Progress, Igor Stravinsky
Opéra filmé à Bruxelles, La Monnaie, en avril et mai 2007
Avec Laura Claycomb, Andrew Kennedy, William Chimel, Julianne Young, Dagmar Peckova.
Direction musicale : Kazushi Ono
Mise en scène : Robert Lepage 
 
Mardi 27 novembre sur Arte à 22H45 (durée 2h00)
L'Opéra de Quat'sous, Kurt Weill
Avec Karin Neuhäuser, Wolfram Koch, Joachim Nimtz, Sascha Maria Icks, Sebastian Schindegger.
Mise en scène : André Wilms
 
par David publié dans : TV Lyrique
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 23 octobre 2007
Tosca (Puccini)
Répétition Générale du 22 octobre 2007 (Opéra Bastille)
 
Tosca Catherine Naglestad
Mario Marcus Haddock
Scarpia Franck Ferrari
 
Direction musicale Nicola Luisotti
Mise en scène Werner Schroeter 
 
Après la direction finement ciselée du regretté Marcello Viotti et les piani langoureux de Marcello Giordani en 2003, la version 2007 s'annonce beaucoup plus fiévreuse. 
 
En effet Marcus Haddock est de la même trempe que Vladimir Galouzine avec une puissance et des couleurs obscures qui l'impose surtout dans les épreuves les plus lyriques. 
Je n'aurai pas la possibilité d'entendre Sylvie Valayre, ceci étant, si d'aucun apprécie la sensualité de Catherine Naglestad, j'ai surtout vu une panthère farouche et un soupçon perverse, entendu des invocations très sauvages et eu l'impression à plusieurs reprises d'être transpercé par la fulgurance de ses aigus. Elle ne lâche même pas prise sur un "Vissi d'Arte, vissi d'Amore" voluptueux. Il y a quand même trop d'outrance pour ne pas s'en amuser un peu.
TOSCA2.jpg Catherine Naglestad (Floria Tosca) 

Avec de tels formats vocaux dignes d'un Siegmund et d'une Sieglinde, Nicola Luisotti peut donc engager l'orchestre dans des flôts de passion spectaculaires où finalement Franck Ferrari s'évertue à humaniser Scarpia. Il paraît presque amoureux de Floria Tosca dans sa déclaration et trouble le caractère à la base sadique du chef de la police. Il lui reste à rendre pleinement convaincante son envergure car sur ce point l'alternative de Samuel Ramey bénéficie d'un meilleur crédit.
 
Sur le plan visuel, il n'est pas impossible que les éclairages aient été retouchés pour rendre l'atmosphère encore plus étouffante.
par David publié dans : Saison 2007/2008
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Lundi 22 octobre 2007
Jennifer Larmore à la Salle Pleyel
Concert du 21 octobre 2007
 
Vivaldi
Concerti RV 116 et RV 11
Orlando Furioso : "Alza in quelgli occhi", "Vorresti amor da me", "Cosi potessi anchio"
Rossini
L'Italienne à Alger : Ouverture, "Per lui che adoro", "Cruda Sorte"
Le Barbier de Séville : Ouverture, "Una voce poco fa".
Mendelssohn
Symphonie n°4
 
Orchestre de chambre de Bâle.
Direction David Sterne
 
Résumons la situation : en 1998, Jennifer Larmore déboule à l'Opéra Garnier avec une Italienne à Alger séduisante et une noirceur de timbre bien typée.
Mais très vite les enregistrements qu'elle réalise montrent une tendance nette à un engorgement prononcé. Puis ses apparitions au Théâtre des Champs Elysées révèlent une chanteuse peu à l'aise et une opulence physique qui s'accroit. Son cas est plié.
Pourtant l'année dernière j'entend parler d'un récital extraordinaire et il s'agit donc aujourd'hui d'aller constater par soi même.
C'est un choc lorsque survient par la gauche de la scène une femme élégante et déterminée défilant comme à une présentation de mode, longue robe noire fendue et un sourire terriblement accrocheur.
Si les deux premiers airs de l'Orlando Furioso se noyent un peu dans l'acoustique de la salle, la sensibilité avec laquelle la chanteuse interprète "Cosi potessi anchio" amorce sa prise de contact avec l'auditoire. Et l'on comprend ce qu'il va se passer lorsque Isabella puis Rosina deviennent pour elle prétexte à un show débordant d'impertinence. Elle use toujours de ses graves empruntés à Marilyn Horne mais elle joue maintenant avec l'agilité soutenue exigée dans la tessiture aigüe des deux héroïnes et se met elle même en scène sans aucune retenue avec une souplesse de corps retrouvée. Bien sûr, elle ne se risque pas à toutes les fantaisies de coloratures possibles avec Rosine. 
 
Alors dans ces conditions ce concert prend une nouvelle dimension, une démonstration d'une prise en main de soi totale. Jennifer Larmore avait la capacité et une volonté qu'elle s'est appliquée à elle même. Ce genre d'image est inestimable.
 
par David publié dans : Saison 2007/2008
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 16 octobre 2007
Le Roi d’Ys (Edouard Lalo - 1888)
Représentation du 14 octobre 2007 (Capitole de Toulouse)
 
Le Roi d’Ys Paul Gay
Margared Sophie Koch
Rozenn Inva Mula
Mylio Charles Castronovo
Karnac Franck Ferrari
St Corentin Eric Martin-Bonnet
Jahel André Heyboer
 
Direction musicale Yves Abel
Mise en scène Nicolas Joel
 
Une ouverture de saison à l’Opéra de Toulouse est quelque chose qui ne se rate pas. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’en octobre la chaleur des lumières de l’après-midi sur la place du Capitole distribue une ambiance empreinte de sérénité qui vous place dans une prédisposition optimale surtout quand le sujet de l’œuvre relève du fantastique et de la légende.
Allons donc découvrir cette ville d’Ys sujet d’un conte celte que j’ai pris soin de lire bien avant.
ROI-DYS-2b.jpgPassée l’ouverture épique, Yves Abel nous plonge dans les reflets d’une musique dont l’étendue vaporeuse efface les dimensions modestes du théâtre.
La dynamique est d’ailleurs tout aussi parfaite quand le drame frise l’hystérie, et je pense ici à l’affrontement entre Margared et Rozenn. C’est d’un théâtral étrangement similaire à la rencontre entre Adrienne et la Princesse que Francesco Cilea créa 14 ans plus tard avec Adrienne Lecouvreur.
Inva Mula est épatante, puissance vocale dont nous n’avions pas l’habitude, couleurs dorées, diction fluide, elle s’oppose à une Sophie Koch inattendue dans un emploi aussi lourd. La caractérisation reste un peu sommaire dans le fameux air « De tout côté j’aperçois dans la plaine » où aucune inflexion ne vient briser un tempérament dur et déterminé. Mais l’impact de ce timbre d’un bronze souple est indiscutable. Oublié le petit compositeur torturé d’Ariane à Naxos, voici donc une nouvelle diabolique.
                                                                                Inva Mula et Charles Castronovo

C’est exactement l’évolution inverse que suit Franck Ferrari. Admirable dans les rôles de salauds à Paris (Paolo, Thoas, Lindorf), il se veut un peu moins brutal et soigne plus les lignes de chants et les changements de tonalités. La stature de Karnac en souffre un peu je trouve.
 
Après le succès de l’Elixir d’Amour à Paris, Charles Castronovo confirme qu’il est un ténor que l’on va de plus en plus réclamer dans les rôles d’amoureux pour lesquels la musicalité et les obscurités vocales le prédestinent.
Paul Gay assume à la fois l’autorité et les sentiments profonds pour sa fille avec beaucoup de dignité.
 
ROI-DYS-1.jpg

             Dernière scène (C.Castronovo, I.Mula, S.Kock, P.Gay)
 
Le très bel escalier en marbre bleu qui se sépare des deux côtés de l’espace scénique fixe une force architecturale marquante et magnifique sous les cascades d’eau finales.
Le livret s'attarde sur les accusations de wagnérisme portées à l'époque contre l'oeuvre. Il faut replacer ce jugement dans le contexte politique d'une époque dominée par un fort sentiment anti-allemand et ne pas lui donner de valeur artistique. Je n'ai par ailleurs aucunement pensé à Wagner de tout l'après-midi.
Les scènes s'enchaînent sans trêve (hors entracte) durant deux petites heures si bien qu'avec une distribution aussi homogène et impliquée il y a surtout de quoi laisser l’imaginaire prendre.
 

par David publié dans : Saison 2007/2008
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 16 octobre 2007
TRAVIATA-ACTE1b.jpgLa Traviata
Répétition Générale du 12 octobre 2007
Opéra Garnier
 
Violetta Christine Schäfer
Alfredo Stefano Secco
Germont José Van Dam
Annina Michèle Lagrange
Flora Helene Schneiderman
 
Direction musicale Daniel Oren
Mise en scène Christophe Marthaler
  
Voilà une reprise qui comprend un changement majeur : le chef.
En juin-juillet, la nouvelle production de la Traviata (commentée dans l’article
La Traviata) frappait par son parti pris total de la mise en scène à la représentation musicale.
 

Comment Daniel Oren va-t-il s’approprier le concept ? Certainement pas en changeant les tempi parfois plus lents que ceux de Sylvain Cambreling. Plus sûrement en développant les ressorts les plus intimes de la musique de Verdi et en laissant se détacher les motifs des instruments. L’oreille est si souvent piquée que la fosse devient un objet d’intérêt au risque de distraire de l’enjeu scénique.
L’effet est très réussi dans la rêverie de Violetta au premier acte, la folie de la réception chez Flora Bervoix (retravaillée et encore plus marquante) , et la tristesse de cette femme délaissée sur son lit de mort.
Il n’est donc plus question ici de décrire une atmosphère sinistre qui faisait la force de la rencontre opposant Germont à Traviata ce qui me laisse préférer la première version plus radicale et plus apte à bousculer le spectateur dans son confort.
 
Indubitablement la lecture de Daniel Oren est surtout une friandise qui peut se déguster indépendamment de tout contexte théâtral.
 
Sur scène l’autre nouveauté est l’Alfredo de Stefano Secco. Clarté du timbre, articulation mordante, projection parfois éclatante, le chanteur fait ce qu’il peut pour adhérer au rôle mais avec moins de conviction que Jonas Kaufmann. Il n’en n’a pas le charme ni l’insouciance.
En fait je le préfère bien plus dans les rôles d’hommes au grand cœur tel Adorno et sans nul doute dans le futur Macduff. 

TRAVIATA-ACTE3b.jpg
                       Christine Schäfer : acte III

Christine Schäfer reste l'interprète fragile idéale dans la vision de Marthaler, José Van Dam est avant tout une stature inévitable et j'ai cru remarquer le domestique Slawomir Szychowiak qui ne dit que trois mots mais forts impressionnants.
par David publié dans : Saison 2007/2008
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 16 octobre 2007
Présentation de Roméo et Juliette de Berlioz
Par Gerard Mortier et Brigitte Lefèvre
Le 11 octobre 2007 au Studio Bastille
 
Dés son arrivée à la direction de l’Opéra de paris, Gerard Mortier eut l’idée avec Brigitte Lefèvre de monter des spectacles mêlant chœurs, orchestre et Ballet de l’Opéra. Il y eu l’Orphée de Gluck puis le plus discuté Allegro de Haendel.
 
Aujourd’hui, il s’adresse au public de l’AROP (Association pour le Rayonnement de l’Opéra de Paris) afin de présenter Roméo et Juliette mis en scène par Sasha Waltz. 
Passons sur le passage au grill des critiques qui n’ont même pas dit un mot du chef (Valery Gergiev) après la Première, comme si la musique ne valait rien, pour porter notre attention sur l’analyse du génie du compositeur français.
 
L’œuvre fût créée dans les années 1830 sous la Monarchie de Louis Philippe et est une musique très en avance sur son temps.
Bien sûr avec « I Capuleti e i Montecchi » Bellini a voulu écrire de la très belle musique pour de belles voix. Puis avec Gounod, « Roméo et Juliette » devient un drame épique.
Cependant il n’y a pas de réflexion profonde sur l’Amour.
Berlioz entreprend ainsi de parler de l’Amour mais aussi de comment il peut être tué par les autres, comment un être peut rencontrer un autre être humain, et également comment l’Amour peut être destructeur en comparant avec « Antoine et Cléopâtre » de William Shakespeare.
 
Alors au début le compositeur explique cette lutte entre les Capulets et les Montaigus grâce à un Fugato : la beauté de ces thèmes qui se poursuivent ( des thèmes identiques sont chantés différemment) traduisent que ce sont tout de même des frères qui s’affrontent.
Puis survient la chanson de la Reine Maab qui est une métaphore de la Folie de l’Amour. C’est un grand moment de virtuosité.
Et alors que jusqu’à présent les chœurs et solistes exprimaient les forces en jeu, place est laissée à la musique symphonique et à la sensualité des cordes pour le duo d’Amour.
C’est un pas de deux de 18 minutes comparable aux 25 minutes de Tristan et Iseult de Richard Wagner. Physiquement, c’est à la limite du possible.
Mais au tableau suivant Juliette est déjà morte. Le décor, comme un livre plié, s’ouvre.
Seul chante pendant 12 minutes Frère Laurent, doublé par un danseur, qui est celui qui a voulu sauver cet Amour. Il est accompagné par les chœurs dans un final très dramatique.
 
ROMEO-JULIETTE-FINb.jpgSasha Waltz préfère rester dans une certaine intériorité car l’explication de texte est dans la fosse. Brigitte Lefèvre la perçoit plus comme une artiste baroque d’aujourd’hui privilégiant l’émotion abstraite.
 
25 danseurs sont engagés (Aurélie Dupont pour Juliette et Hervé Moreau pour Roméo), un très grand orchestre de 80 musiciens (plus grand que celui de Tristan) avec 16 premiers violons, 8 timbales, 2 harpes, 70 choristes et 3 chanteurs (Mikhaïl Petrenko, Ekaterina Gubanova, Yann Beuron) complétant l’ensemble. 30000 spectateurs vont ainsi découvrir l’œuvre à l’Opéra Bastille.
 
Hector Berlioz s’est ainsi emparé de « Roméo et Juliette » pour raconter une histoire sur la passion de l’Amour, la beauté de l’Amour et la force créative de l’Amour.
Les derniers mots de Roméo dans Shakespeare en résument le drame : « Thus with a kiss I die », ainsi avec un baiser je meurs.
Energisant dans la littérature, le baiser ne devrait donc pas être quelque chose qui détruit.

Voir également l'article sur la représentation de Roméo et Juliette
par David publié dans : Conférences
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 8 octobre 2007
Genèse de l’œuvre
 
De retour à Milan, Verdi récupère sur sa santé et s’implique même dans le dénouement de la vie conjugale de ses amis Maffei. La comtesse se retire à Clusone alors que Maffei propose à Verdi de réduire le drame de Schiller « Les Brigands » (I Masnadieri).
 
Cependant, depuis l’accueil chaleureux du public florentin à ses œuvres, le compositeur ne peut plus ignorer une telle sympathie. Or Lanari, directeur de l’opéra de Florence, ne dispose pas de ténor de première classe.
Le choix de Verdi se porte donc sur Macbeth, opéra dans lequel la partie de ténor est d’importance secondaire.
 
Ce travail ne lui permet pas de répondre à une demande de Rome pour un hymne célébrant l’intronisation du Pape Pie IX. En effet, ses mesures démocratiques (loi libérale confiant la censure à une commission laïque, libération des condamnés politiques) l’ont rendu populaire et inquiètent le pouvoir autrichien.
Metternich renforce ses troupes et se tient prêt à contrer les révolutionnaires.
 
Dans le même temps, Lumley, directeur du Théâtre de la Reine à Londres, presse Verdi de lui fournir un opéra. Ce sera «I Masnadieri » mais pour l’instant la composition de Macbeth va trop lentement depuis août 1846. C’est seulement début février 1847 qu’il débute l’orchestration.
 
Après deux semaines de répétitions, « Macbeth » est présenté le 14 mars 1847 à Florence.
Il n’obtient pas l’excellent accueil dont parlent les historiens. Les personnages ne sont pas suffisamment caractérisés et surtout le public préfère le Verdi qui exprime la douleur des âmes italiennes aspirant à un destin meilleur.
 
 
Macbeth
 
A partir de 889, les royaumes Scots et Pictes sont unifiés et dirigés par Donald II, premier « Roi d’Ecosse » également nommé « Roi d’Alba ». La préoccupation majeure de la population est alors de repousser les invasions Viking.
De plus, le système des Thanes hérité des Celtes d’Ecosse établit que le droit au trône est conféré par la mère. L’avantage est d’assurer un successeur prêt à devenir chef de guerre. L’inconvénient est d’engendrer des rivalités meurtrières quand le nombre de possibilités est élevé.
 
En 1034, Duncan Ier succède à Malcolm II. Cette désignation est vivement ressentie par Macbeth, grand serviteur de Moray, qui s’estime dans la ligne directe de Malcolm et renforcé par la descendance royale de sa femme Gruoch.
Ainsi, en 1040, Macbeth monte une ligue contre Duncan et l’élimine. Crinan, père de Duncan tente une révolte mais est tué à la bataille de Dunkeld en 1045.
Soucieux d’assurer sa position, le roi écossais voyage pour connaître les développements des royaumes voisins.
 
Seulement, les fils de Duncan s’étant réfugiés en Northumbria, l’un d’eux, Malcolm, lève une armée, prend le Lothian et Strathclyde avant de battre et tuer Macbeth à la bataille de Lumphanan (1057). Lulach, fils de Gruoch devient roi, et il faut donc un autre affrontement pour que Malcolm III accède au trône d’Ecosse.
 
L’œuvre de Verdi conserve la dimension fantastique du drame de Shakespeare.
Des sorcières prédisent à Macbeth qu’il sera roi d’Ecosse. Lady Macbeth le somme de précipiter les évènements en éliminant Duncan de passage à leur château.
Devenu Roi, c’est alors le tour de Banco et de la famille de Macduff de disparaître afin de contrer les prédictions des magiciennes sur la succession au trône.
Macduff rejoint Malcolm, lève une armée dans la forêt de Birman et bat Macbeth. La femme du tyran devient folle et meurt.
Ainsi en devenant roi, Malcolm achève un règne marqué par la terreur.
 
par David publié dans : Verdi
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 6 octobre 2007
Bartoli.jpgRencontre avec Cécilia Bartoli

Le 06 octobre 2007
Théâtre des Champs Elysées.
 

Le mois dernier Eve Ruggieri nous apprenait que c’est à l’occasion du 10ième anniversaire de la disparition de Maria Callas que furent découvertes à l’Opéra Garnier une jeune soprano colorature, Sumi Jo, et une jeune mezzo-soprano di agilita, Cécilia Bartoli.

Toutes deux avaient remporté le prix de la fondation Maria Callas.

Alors qu' Herbert von Karajan demanda à rencontrer la première, Daniel Barenboïm prit contact avec l’interprète virtuose de la Cenerentola pour l’engager.

20 ans plus tard exactement,  Cécilia Bartoli est la première invitée d’une série de rencontres organisée par Dominique Meyer.

Durant une heure, le rappel de son parcours est le prétexte à une évocation de l’Italie, Rome, ses places, ses ruelles, son soleil d’une manière radieuse et dans un français impeccable.

Il va falloir retrouver le titre de l’air de Mendelssohn que l’on a eu le plaisir d’écouter, modèle d’évolution du style baroque vers le bel canto.

par David publié dans : Conférences
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Jeudi 4 octobre 2007
opera-115a.jpgRoméo et Juliette (Hector Berlioz)
Répétition générale du 03 octobre 2007
Opéra Bastille

Chorégraphie Sasha Waltz
Direction Valery Gergiev