Mercredi 4 juillet 2007

1945-1954 Franz Salmhofer

En attendant la reconstruction de l’opéra, le nouveau directeur s’installe au Theater an der Wien.
Schwarzkopf, Rysanek, Della Casa, Guden, London, Edelman sont de nouveaux engagés.
Un petit répertoire est rapidement constitué avec des reprises d’œuvres de Salzbourg comme ‘l’amour de Danae’. Elektra est jouée malgré la taille réduite de la fosse.

1954-1956 Karl Böhm

Le 5 novembre 1955, l’ Opéra d’Etat est reconstruit.
Martha Möld est la Léonore de l’inauguration.
Mais les chanteurs ont dépassé leur point culminant.
Le public s’irrite et Böhm doit partir.

1956-1964 Herbert Von Karajan

Il abandonne l’idée de troupe pour une politique de contrat longue durée avec les chanteurs les plus célèbres.
Le développement du transport aérien permet en effet d’avoir des invités plus facilement car tout le monde bouge, même les artistes les moins connus.
Le rythme de 300 spectacles par an est atteint.
Mitropoulos, L.Price, Janowitz, Freni, Tebaldi, Corelli sont régulièrement à l’affiche.
Un nouveau Ring est créé et les productions de Tosca et La Bohème sont toujours à l’affiche aujourd’hui.

1964-1968 Egon Hilbert

Il poursuit la politique de vedettariat.
L.Bernstein est embauché pour remplacer Karajan.
Wieland Wagner monte Salomé et Elektra.
J.King, Resnik, Jones, Aragall Windelich sont entendus plus souvent qu’autrefois.
Atteint d’une maladie grave, le directeur devient la cible d’une campagne médiatique acharnée.
Prié de démissionné, il meurt d’un accident de voiture le lendemain.

1968-1972 Henrich Reif-Gintl

Pas de véritable dynamisme.
Il découvre Shirley Verret et Sherril Milnes.

1972-1976 Rudolf Gamsjager

C’est un excellent organisateur.
‘Moïse et Aron’ de A.Schönberg dirigé par Dohnanyi rentre au répertoire.
Vienne lui doit également un Tristan dirigé par Kleiber.
Salomé est monté dans des décors évoquant Klimt.
Il découvre Carreras, Ricciarelli, Atlantov et Obraszova.
 
1976-1982 Egon Seefehlner

Il met à l’épreuve ses idées sur la gestion d’un opéra.
Il monte une troupe de jeunes chanteurs, identifie des artistes de premier rang avec l’idée de les fixer à Vienne, et invite le plus souvent possible les artistes d’élites.
L’opéra du XXième siècle est à l’honneur avec Korngold, Henze, Bartok.
Karajan, Bernstein, Kleiber viennent au pupitre, Solti et Levine étant même invités.
Sinopoli fait ses début également.
Gruberova, Lipovsek, Baltsa, Rydl, T.Moser sont à la scène à présent.
Cependant les grands chanteurs ne font que passer et Seefehlner ne peut installer un répertoire prêt à tout moment.

1982-1984 Lorin Maazel

Il restreint le répertoire avec un système de bloc qui consiste à jouer une oeuvre à 2 reprises afin d’arriver à une interprétation irréprochable avant de les retirer.
Claudio Abbado dirige Simon Boccanegra dans une mise en scène de Strelher.
Il y a malheureusement trop de spectacles usés pour intéresser un large public.

1984-1986 Egon Seefehlner

Il assure la continuité en attendant un nouveau directeur.

1986-1991 Claus Helmut Drese

Claudio Abbado devient son directeur musical.
Très bon administrateur, il est à l’origine d’un cycle Monteverdi à Zurich (dont il a été le directeur de 1975 à1986) dirigé par Harnoncourt et qui a fait une tournée internationale.
En 1987, Harnoncourt débute à Vienne avec ‘Idoménée’ puis ‘La flûte enchantée’ en 1988, ‘L’enlèvement au Sérail’ et ‘Cosi fan tutte’ en 1989.

1991-1992 Eberhard Wächter

Assure la transition tout en restant le directeur du Volksoper (autre opéra de Vienne où l’on joue des opérettes et des comédies musicales).

Depuis 1992 Ioan Holender

C’est le recordman de longévité puisque son contrat initialement prévu pour finir en 2007 vient d’être prolongé jusqu’en 2010.
Ce très bon gestionnaire privilégie un répertoire traditionnel et laisse au Volksoper les œuvres trop difficiles.
Les taux de remplissage sont à la hausse depuis plusieurs années.
Alagna, Gruberova, Dessay,C.Alvarez, A.Netrebko, Furlanetto, Borodina, Massis, Forbis,
Struckmann, Florez, Hampson et même Caballé sont à l’affiche pour la saison 2006/2007 (une cinquantaine d’œuvres sont programmées).
Un Ring serait prévu avant 2010.
par David publié dans : Histoire de l'Opéra
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Mercredi 4 juillet 2007
Voiçi quelques notes que j’ai pu recueillir sur l’histoire de l’opéra à Vienne. 

La découverte d’un nouvel art
1627 La cour de Vienne assiste à un véritable opéra à Prague ‘Callisto et Arcade’.

1631 La ‘Caccia Felice’ est donnée à la ‘Grande Salle de comédie’ de la Hofburg.
Cette salle a été construite 2 ans auparavant par Ferdinand II et Eléonore Gonzague.
 

L’essor de l’opéra baroque à la cour

1666 Pour ses noces avec Marguerite d’Espagne, Léopold Ier (1657-1705) fait construire un somptueux théâtre en bois (1000 places) derrière l’actuelle bibliothèque nationale.

1668 Représentation de ‘Il Pomo d’Oro’ d’Antonio Cesti.

1683 Siège des turcs qui sont battus à la bataille de Kalhenberg. Vienne est ravagée.

1685 Un ambassadeur vénitien critique Léopold pour ses dépenses destinées aux noces de Marie Antoinette (4 opéras en 2 mois) alors que la guerre face aux Turcs se poursuit.

1696 Début de la construction du château de Schönbrunn.

1699 Paix de Carlowitz qui met fin aux guerres turques. La Hongrie est restituée aux Habsbourg.
 

1700 Inauguration du nouveau Hofburg theater avec ‘Alceste’ de Draghi.
‘Diana rappacificata con venere e con l’aurora’ de C. Agostino Badia est joué à Schönbrunn.
Le baroque, venu de Rome et de Prague, va séduire Vienne pendant 40 ans.

1710 Ouverture d’un théâtre populaire, le Kärntnertor-theater, dédié à des pièces et des comédies.


La popularisation de l’opéra

1740 Guidée principalement par les difficultés financières, Marie Thérèse inaugure une réforme théâtrale. Le faste des opéras baroques et l’influence italienne cèdent la place à l’époque Rococo, des pièces plus intimes et donc des espaces plus réduits.
On parle même français à la cour. Mais l’impératrice souhaite également que le peuple ait accès à l’opéra.

1748 Le vieux Burgtheater de la place Saint Michel est ré-ouvert le 14 mai pour l’anniversaire de Marie Thérèse avec ‘Sémiramis reconnue’ de Christophe Willibard Gluck. 

1752 Plus aucun opéra n’est donné au grand Hofburg theater.
A présent le Burgtheater et le Kärntnertor-theater se font concurrence pour des spectacles de ballets, théâtres et opéras.
Gluck inaugure un nouveau style au Burgtheater : Le ballet Don Juan (1761), Orphée et Eurydice (1762), Alceste (1767), Paris et Hélène (1770).

Cependant les crises financières se succèdent. Plusieurs salles sont alors aménagées pour les parties de Pharaon (jeux de hasard prisé par les nobles).
La moitié des recettes va au théâtre, l’autre moitié aux pauvres de la ville.

1765 Mort de l’époux de Marie Thérèse. Son fils Joseph II devient co-régent.
Florian Gassman, maître de chapelle au Kärntnertor-theater fait venir à la cour son élève de 15 ans : Antonio Salieri.


Le Théâtre National Allemand

1776 Joseph II décide la fondation d’un Théâtre National Allemand.
Un nouveau genre voit le jour : le Singspiel (Opéra Comique) National Allemand.

1780 Salieri devient directeur artistique du Kärntnertor-theater.

1781 Mozart arrive à Vienne.

1782 Le Singspiel atteint son apogée avec ’L’enlèvement au sérail’ créé au Burgtheater.

1783 Salieri obtient l’autorisation de se produire également au Burgtheater.
Les Noces de Figaro (86), Don Giovanni (88 ), Cosi fan tutte (90) s’imposent difficilement face à ‘Axur’ ou ‘Les Danaïdes’ de Salieri.

1791 Mozart se tourne alors vers les faubourgs et joue la ‘Flûte enchantée’ au Freihaustheater de Schikaneder. Ce théâtre existe depuis 1787 en réponse au succès du Singspiel.

1791 Mozart compose ‘la Clémence de Titus’ pour le couronnement de Léopold II à Prague.
Ce dernier se désintéresse de la gestion des 2 théâtres qui va être confiée au Baron Braun (un banquier). Noblesse puis bourgeoisie se chargent de la promotion artistique.

1799 Le 19 mars, création publique de 'La création' de Haydn au Burgtheater

1801 Schikaneder créé le Theater an der Wien et concurrence ainsi les deux anciens théâtres.
Mais en 1804, les difficultés financières l’obligent à le vendre à Braun qui en fait une annexe du Kärntnertor-theater.

1805 Création de ‘Fidélio’ au Theater an der Wien (première version sous le nom de ‘Léonore’).
Echec total, la salle étant à moitié vide et surtout composée d’officiers français.

1807 Le Kavaliersgesellschaft (association de 8 noms de la haute noblesse) modifie l’organisation : Au Burgtheater les opéras allemands, au Kärntnertor-theater l’opéra international.

1810 Création de ‘Abu Hassan’ de Weber au Kärntnertor-theater

1814 Napoléon abdique et l’Empire Autrichien récupère ses possessions dont le nord de l’Italie.

1814 Beethoven remporte enfin le succès avec sa troisième version de ‘Fidelio’ au Kärntnertor-theater (devenu le Hofoper, Opéra impérial)


L’opéra de Rossini et l’opéra Romantique

1816 Le délire Rossini commence (Tancrède, Othello, Le Barbier de Séville, La pie voleuse).
Arrivée de l’impressario Domenico Barbaja et sa prima donna Isabella Colbran (l’épouse de Rossini).

1821 Der Freischütz est applaudi au Kärntnertor-theater

1825 On commence à donner des opéras au Josefstadt.
La première d’’Obéron’ et de ‘Robert Le Diable’ y ont lieu.
Le ‘Postillon de Longjumeau’ d’Adolphe Adam réjouit les Viennois.

1848 En 10 ans, 32 opéras de Rossini ont été joués. Le compositeur sera même Maître de chapelle de la cour.
Par contre Bellini ne doit son succès qu’aux Capulets (32), Norma (33) et Somnanbula (35).
Verdi triomphe avec Nabucco (43), Hernani (44), Due Foscari (45), Les Lombards (46).

1857 La révolution artistique ‘Wagner’ démarre au Thalia-Theater avec Tannhäuser.

1858 Lohengrin est joué au Hofoper , puis Tannhäuser en 1859 et le Vaisseau Fantôme en 1860

1861 Le premier coup de pelle du nouvel opéra sur le Ring est donné.
Comme à Paris, il s’agit d’inscrire la construction de ce bâtiment dans un grand projet d’urbanisation afin d’offrir à la ville un nouveau centre.

1869 Le 25 mai le nouvel Hofoper est inauguré avec ‘Don Giovanni’.

1870 Le 17 avril, après la dernière représentation de Guillaume Tell, le Kärntnertor-theater ferme définitivement ses portes.
par David publié dans : Histoire de l'Opéra
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Mardi 3 juillet 2007
Représentation du 01 juillet 2007
 
 
Lors de la file d’attente au guichet pour le Bal Masqué, le très sympathique Gilbert Deflo nous disait vouloir s’en tenir au livret situé à Boston et donc éviter toute transposition hasardeuse.
Effectivement, jamais nous ne serons pris à contre-pied : tenues guindées, aigle américain aux ailes déployées, élégante statue du gouverneur à l’effigie de Marcelo Alvarez, potence surplombée de deux sinistres vautours, une sorcière noire et trois salamandres constituent des éléments symboliques conformes à l’histoire.
Seulement ces scènes mises bout à bout génèrent un ennui certain lorsqu’elles ne sont liées que par une direction d’acteur minimaliste et qu’aucune recherche de dynamique des effets lumineux ne vient accentuer le discours musical.
 
Heureusement, le ténor argentin s’impose d’entrée avec aisance et nonchalance enthousiasmantes. Le timbre est généreux, chaleureux même, soufflant une ardeur teintée de sentiments affectés très latins. L’homme joue un gouverneur qui joue dans un monde qu’il ne prend pas au sérieux ; difficile de distinguer si les gesticulations sont celles du Comte ou bien de l’acteur laissé sans consignes. 
  
Face à un tel phénomène, Ludovic Tézier fixe un Renato « droit dans ses bottes », un homme d’honneur, dont la fierté se change en mépris quand se révèle la réalité des émois d’Amélia. La noblesse de ce rôle convient bien au chanteur même si les couleurs de sa tessiture évoquent plus une belle jeunesse qu’une autorité mature.
Le rictus glacial qui accompagne le geste meurtrier rappelle instinctivement Don Giovanni.
 

Marcelo Alvarez et Angela Brown (Acte II)

Grande voix Angela Brown ? assurément ! bien entendu il faut un certain goût pour les graves gonflés et caverneux, une certaine tolérance aux irrégularités et un vibrato, m’a-t-on dit, qui pourtant ne m’a aucunement gêné.  
Je n’aime pas que l’on raille son physique développé (et il faut voir de qui émanent ces critiques) surtout que je trouve beaucoup de beauté dans ce fascinant visage noir et les accents métalliques. « Morro, ma prima in grazia » à l’acte III est par ailleurs riches de nuances.
 
Ulrica bien tenue, Elena Manistina ne possède cependant pas une personnalité vocale suffisante pour camper une sorcière impressionnante. Mais que de fraîcheur dans cet Oscar espiègle que Camilla Tilling déroule de toute sa légèreté ! Elle est adorable.
 
Enfin, Semyon Bychkov fait une entrée réussie à l’Opéra de Paris. Il avantage les chanteurs par un choix de tempi mesurés et libère toute l'énergie de l'orchestre dans les moments clés comme l'arrivée spectaculaire du Comte, l'ouverture tourmentée du second acte (digne de Tchaïkovsky) ou bien l'angoissante avancée d'Amélia vers l'urne, tension qui évoque les sombres intrigues de Don Carlo et Otello.
 
Bal003.jpg
Ludovic Tézier et Camilla Tilling (Acte III)

Saluons la scène du bal masqué et la réussite des danses enlevées exécutées par des personnages de la Commedia dell'Arte.
par David publié dans : Saison 2006/2007
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Mardi 3 juillet 2007

Concert du dimanche 01 juillet 2007 à l'Opéra Garnier         20H30



Ce troisième récital du cycle "La passion du chant selon Pierre-Laurent Aimard" est une perle miraculeuse.
En premier lieu, l'apparition de Christine Schäfer provoque un choc de contrastes avec l'image de sa Traviata dépressive qu'elle interprétait la veille dans la même salle.
Coiffure blonde et plaquée, robe rouge et blanche qui s'étale sur ses pas, la chanteuse laisse craindre une légère fatique dans les mélodies de Haydn.  

Echauffement sans plus, car lorsque les ondes evanescentes du Glass-Harmonica de Mozart envahissent tout l'espace, l'atmosphère du palais Garnier vire au magique puis glisse vers la mystérieuse apparition de Georges Crumb : Aimard tire les sonorités directement des cordes du piano amplifié et crée une tension sublimée par la souplesse du chant de Christine Schäfer.

Le miracle de cette soirée est de fondre alors univers anglophone et germanophone et de nous conduire vers les lieder de Hugo Wolf, chantés sans partition, et achevés sur une interprétation à la fois dramatique et pudique.

La présence de l'Harmonica de verre aura même permit d'inclure le "Lion" extrait de Tierkreis. Irréel!

par David publié dans : Saison 2006/2007
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