Mardi 2 juin 2009 2 02 /06 /2009 19:31
Lundi 01 juin 2009 sur Arte à 19H00
Le Freischütz (Carl Maria von Weber)

En direct de Baden Baden
Mise en scène Robert Wilson. Direction Thomas Hengelbrock

Lundi 01 juin 2009 sur Arte à 22H05
La Pathétique de Tchaïkovski (2006)


Dimanche 07 juin 2009 sur Arte à 19H00
Valery Gergiev dirige Glinka, Berlioz, Liszt, Strauss

Au début du mois de décembre 2007, le théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg inaugurait  une nouvelle salle de concert de 1.000 places, aménagée dans les anciens ateliers de décors, partiellement détruits lors d'un incendie en 2003.

Lundi 08 juin 2009 sur TF1 à 02H10
Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo

Erik Satie, Offenbach, Dukas, Chopin.

Lundi 08 juin 2009 sur Arte à 22H00
Musica. Lucinda Childs, chorégraphe

 
Samedi 13 juin 2009 sur France 3 à 00H15
Concert aux Invalides, Fête de la Musique 2008
Avec Magali Léger et Béatrice Uria Monzon

Dimanche 14 juin 2009 sur France 3 à 01H05
Le Château de Barbe-Bleue (Bela Bartok)
Opéra National de Paris, avec Willard White et Béatrice Uria-Monzon.
Direction Gustav Kuhn.

Dimanche 14 juin 2009 sur France 3 à 02H10
Le Journal d'un disparu (Leos Janacek)
Opéra National de Paris, avec Michael König et Hannah Esther Minutillo. Direction Gustav Kuhn.

Lundi 15 juin 2009 sur TF1 à 02H10
Joseph Merrick dit "Elephant Man"
(Laurent Petitgirard)
Avec Jana Sykorova et Nicolas Rivenq. Direction Laurent Petitgirard.

Samedi 20 juin 2009 sur le site internet d'ARTE et de l'Opéra de Paris à 20H00
Le Roi Roger (Szymanowski)
En direct de l'Opéra Bastille avec
Mariusz Kwiecien, Olga Pasichnyk, Eric Cutler, Stefan Margita.
Direction musicale Kazushi Ono, Mise en scène Krzysztof Warlikowski
  
Samedi 20 juin 2009 sur France 3 à 20H30
Spécial Fête de la musique. Soirée Jacques Offenbach, en direct des Invalides à Paris

Présentée par Alain Duault, soirée spéciale pour la Fête de la Musique en direct de la cour du Dôme de l’Hôtel national des Invalides (côté place Vauban).

Dimanche 21 juin 2009 sur France 3 à 00H05
Natalie Dessay : Lucia di Lammermoor à Paris (2006)
 
Dimanche 21 juin 2009 sur Arte à 19H00
Opéra. Giuseppe Verdi: Falstaff. Vladimir Jurowski, direction. 75è Festival de Glyndebourne, juin 2009

Enregistré au Festival de Glyndebourne
Direction musicale: Vladimir Jurowski
 

Mardi 23 juin 2009 sur France 3 à 04H45
Natalie Dessay : Lucia di Lammermoor à Paris (2006)
 
Vendredi 26 juin 2009 sur France 3 à 22H55
L'Heure de Ruggero Raimondi

 
Dimanche 28 juin 2009 sur Arte à 19H00
Maestro. Nadja Michael, les métamorphoses d’une soprano

Lundi 29 juin 2009 sur Arte à 22H00
Musica. Anja Silja, soprano. Portrait documentaire. Anja Silja, le chant d´une vie
 
Par David - Publié dans : TV Lyrique
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Lundi 1 juin 2009 1 01 /06 /2009 21:06
Proust ou les intermittences du cœur
Roland Petit
Représentation du 29 mai 2009 au Palais Garnier


Direction musicale Koen Kessels
Chorégraphie Roland Petit (1974)

Albertine Eleonora Abbagnato
Proust Jeune Benjamin Pech
Morel Josua Hoffalt
Monsieur de Charlus Simon Valastro
Saint-Loup Christophe Duquenne

Musiques de Camille Saint-Saëns, Renaldo Hahn, César Franck, Gabriel Fauré, Claude Debussy, Ludwig van Beethoven,  Richard Wagner

Daniel Stokes (Le violon) et Mathilde Froustey (Le piano)


Ce que propose Roland Petit avec "Les intermittences du coeur" est une oeuvre illustrative de scènes tirées du roman "A la recherche du temps perdu".
Selon la sensibilité de chacun, la succession de tableaux glisse sur l'âme, ou bien la happe.

Mélange de classicisme et de gestes subtilement humains, la première partie recèle plusieurs duo amoureux charmants, Le violon et le Piano, Albertine et Andrée, bien qu'un chorégraphe comme John Neumeier maîtrise mieux la fraîcheur et le naturel du sentiment si l'on se réfère par exemple aux enlacements de Aschenbach et de son amour de jeunesse dans "La Mort à Venise".

Sur ce monde joliment conventionnel, s'ouvre une grande fracture vers l'enfer proustien, selon la vision sociale de l'époque, où se mêlent hédonisme, recherche d'un idéal de beauté masculine, amour impossible.

    Christophe Duquenne (Saint Loup) et Josua Hoffalt (Morel)

La lutte entre Saint Loup et Morel s'appuie sur la gravité et la tension de l‘élégie du violoncelle (Gabriel Fauré). Il en émerge des figures symboliques, des oppositions et des résistances, des corps courbés comme des arcs avec force impressive. Les convolutions du coeur.

Au dernier tableau, l'ouverture de Rienzi annonce l'enterrement d'une période fausse et datée, élans épiques de la musique et hachures brutales des coups d'archers d'une part, grâce de la Duchesse de Germantes entourée de fantômes d'autre part, donnent une image assez belle de cette page qui se tourne.
Seulement était ce une raison pour ne pas rechercher plus de pureté dans l'interprétation musicale, gorgée de sonorités mais rarement délicates?
 
Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
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Mardi 26 mai 2009 2 26 /05 /2009 23:06
Pilobolus Dance Theater
Représentation du 21 mai 2009
Théâtre Royal de Parme

Tsu Ku Tsu    musique Leonard Eto
Pseudopodia     musique Moses Pendleton, Jonathan Wolken
Gnomen     musique Paul Sullivan
Day Two    musique Brian Eno, David Byrne and the Talking Head

Danseurs principaux : Josie M.Coyoc, Mark Fucik, Christopher Grant, Renée Jaworski, Roberto Olvera, Derek Stratton.



Avant de présenter succinctement le Pilobolus Dance Theater, quelques mots sur l’Opéra de Parme viennent immédiatement.

Une grande loge centrale ennoblie de rideaux de velours, une vingtaine de rangées au sol et cinq strates de loges intimes rendent possible l’accueil de plus d’un millier de spectateurs, ce qui situe la salle à un niveau comparable à la Fenice de Venise.

   Théâtre Royal de Parme

Et comme dans tout théâtre italien, la vie grouille dans un incessant brouhaha, bien sages sommes nous en France.
Un moindre précipité, et des dizaines d’écrans s’illuminent, le contact avec l’extérieur est spontanément rétabli.
Mais rien ne permet d’expliquer l’écrasante majorité féminine, à 20 contre 1, inenvisageable à Paris, même pour de la danse…

Ceci dit, les Parmesans découvrent le Pilobolus Dance Theater, compagnie américaine créée en 1971.
Structurée autour de six danseurs principaux, deux femmes et quatre hommes, la complexité de la sculpture musculaire de chacun des artistes s’offre à nous, chorégraphie construite sur des mouvements lents, la recherche d’équilibre, l’harmonie d’ensemble.

C’est une vision à la fois athlétique et érotique, toujours captivante.

Le plus beau passage, Gnomen, dans le climat saisissant de la musique stellaire de Paul Sullivan, est une émouvante démonstration de délicatesse et de confiance en l’autre, l’un des danseurs laissant les trois autres le porter pour prendre des postures stables dans les positions les plus instables.



Rien n’est tabou dans la manière de s’emparer du corps de l’autre, d'entrelacer bras et jambes, et Day Two est une célébration des formes les plus inimaginables. Une humanité vraie et essentielle.
 
Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
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Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /2009 19:19
Onéguine (John Cranko)
Représentation du 11 mai 2009
Opéra Garnier


Direction musicale James Tuggle
Chorégraphie John Cranko (1965)
Décors et costumes Jürgen Rose

Eugène Onéguine Manuel Legris
Tatiana Clairemarie Osta
Lenski Mathias Heymann
Olga Mathilde Froustey
Le Prince Christophe Duquenne

Entrée au répertoire du ballet de l’Opéra National de Paris.

Musique Piotr Ilytch Tchaïkovski (Les Saisons op. 37, Ouverture de Roméo et Juliette, Les Caprices d’Oxane, Romance pour piano op. 51, Ouverture de Francesca da Rimini)
                                                                               Manuel Legris et Clairemarie Osta

Chaque interprétation d'une oeuvre, sous une forme nouvelle, comporte ses propres angles de vue.
Après la mise en scène de Dmitri Tcherniakov en septembre, détaillant avec une profondeur rare à l'opéra le personnage de Tatiana, la ballet de John Cranko ouvre le champ à Lenski et Onéguine.

    Mathias Heymann et Mathilde Froustey

Deux personnalités s'affrontent : la jeunesse éclatante et morale, face à l'âge mûr malhonnête et manipulateur. Mathias Heymann et Manuel Legris décrivent ces deux caractères avec une justesse flagrante.

C'est un plaisir de suivre l'aisance du tout nouveau danseur étoile, une attitude qui montre un esprit qui a les pieds sur terre, un regard éclatant et positif qui ne flanche que devant les provocations d'Onéguine.

On le voit porter Mathilde Froustey le long des ondes symphoniques en toute légèreté, puis s'humaniser lorsqu'il exprime son exaspération et son trouble avec des gestes forts, "mais à quoi tu joues?", "vous allez où comme cela?" semble t-il dire à sa fiancée et à son ami.

Sa scène de désespoir le laisse seul dans l'ombre, la joie s'éteint, les mouvements lents se posent avec notre regard sur le danseur.

Aucun état d'âme en revanche pour Manuel Legris.

A quelques jours de ses adieux (encore une représentation le 15 mai), le voir lui même éliminer le tout jeune venu relève du cynisme le plus abouti.

Mathias Heymann et Mathilde Froustey

Tout y est, la froideur, la distanciation dans les duos avec Clairemarie Osta, quelques raideurs, une noirceur terrible et sans doute un peu facile après le duel, quand il surgit à la manière d'un comte célèbre des Carpathes.

A l’instant de l’écriture de la lettre, et sous l’effet des illusions, Tatiana s’imagine en rêve dans les bras d’Onéguine, issu des reflets d’un miroir très précisément mis en scène.

Manuel Legris
y est plus flamboyant, tendre, et Clairemarie Osta virevolte autour de lui par des accélérations vives et spontanées assez épatantes.

Mais son personnage de jeune fille naïve se maintient, tout au long de l’intrigue, dans une description sans grand relief, jusqu’à la scène finale, où après un corps à corps très expressif avec son ancien amour, elle lui lance un geste qui dit bien ce qu’il signifie : « dégage! ».

Plus tard, un des élèves de John Cranko, John Neumeier, poussera encore plus loin un sens de la chorégraphie à la fois classique et passionné, et un sens du tragique qui néanmoins en reste ici au stade de l’épure.


A la tête d’une formation qui ne laisse aucun recoin disponible dans la fosse, James Tuggle harmonise la masse orchestrale dans les passages les plus sensuels de la musique de Tchaïkovski.
 
Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
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Dimanche 3 mai 2009 7 03 /05 /2009 10:08
L'Affaire Makropoulos (Janacek)
Répétition générale du 02 mai 2009
Opéra Bastille


Direction musicale Tomas Hanus
Mise en scène Krzysztof Warlikowski


Emilia Marty Angela Denoke
Albert Gregor Charles Workman
Jaroslav Prus Vincent Le Texier
Vítek David Kuebler
Krista Karine Deshayes
Janek Ales Briscein
Maître Kolenaty Wayne Tigges
Hauk-Sendorf Ryland Davies


Production créée en avril/mai 2007
Coproduction avec le Teatro Real
de Madrid

                  Angela Denoke (Emilia Marty)




Reprenons de manière simple la trame de cette affaire :

Au début du XVIIième siècle, une jeune femme, Elina Makropoulos, absorbe un breuvage qui rallonge pour des siècles sa vie.
Tous les 60/70 ans, elle doit changer d'identité, mais s’arrange pour conserver ses initiales.

      Angela Denoke (Emilia Marty) et Charles Workman (Albert Mc Gregor)
 
En 1820, sous le nom de Elian Mac Gregor, Elina a un fils, Ferdinand (non reconnu officiellement), né de sa relation avec le baron Prus.

A la mort du baron, l'héritage est transmis à son cousin, jusqu'à ce qu'un dénommé Mc Gregor vienne réclamer sa part.
S'en suit un procès Mc Gregor/Prus qui va durer un siècle.

Au XXième siècle, Elina Makropoulos devient Emilia Marty, une célèbre chanteuse.

Impliquée dans l'affaire, Emilia Marty cherche à récupérer des documents auprès de l'avocat Koleanaty, puis de Jaroslav Prus, qui pourraient être la preuve de la filiation de Ferdinand Mc Gregor.

Ils contiendraient également le secret de l’Elixir de vie.




Pour compliquer la chose, Albert Mc Gregor (le descendant) courtise Emilia, elle même prise en admiration par la jeune Krista dont le fiancé Janek, qui n'est autre que le fils de Prus, va finalement craquer pour cette artiste éternelle.
Même Jaroslav Prus est attiré par la chanteuse.


A l’exception de Paul Gay remplacé par David Kuebler en Vítek, la distribution qui avait si bien défendu l’ouvrage en 2007 est intégralement reconduite.

Angela Denoke
s‘immerge tout autant dans la peau de la chanteuse (devenue actrice dans la mise en scène), avec ce quelque chose de glacial et d’acéré dans le regard, et avec une désinhibition totale devant le rôle provocant qu’elle doit tenir.
Vocalement, elle est éblouissante.

Il y avait bien des réserves pour son Fidelio à Garnier en novembre 2008, mais ici il faut imaginer un timbre galbé qui l’humanise tout en exprimant une sorte de gravité désespérée, des couleurs dorées, une ampleur impressionnante.

                                     Karine Deshayes (Krista)



Chaque année, Karine Deshayes surprend d’avantage. Elle gagne encore en présence, en impact et sensualité vocale, une joie de vivre pleine de sincérité.
Il serait quand même temps de lui proposer de vrais premiers rôles. Et bien justement, sa Rosine dans la reprise du Barbier de Séville à l’automne prochain, va rendre nécessaire de se déplacer à Bastille.

Charles Workman (Albert Mc Gregor)


Plus besoin de présenter le ténor Charles Workman. On est, ou l’on est pas, sensible à une voix qui suggère une âme emplie de mélancolie très identifiable.
C’est également un acteur rodé aux metteurs en scène chers à Gerard Mortier (Deflo, Engel, Warlikowski).

Vincent Le Texier (futur Jochanaan la saison prochaine), se démarque surtout par sa fermeté.

Pour Krzysztof Warlikowski, l’Affaire Makropoulos est une superbe occasion de projeter le mythe des grandes actrices du cinéma américain des années 30 à 60 sur le personnage d’Elina Makropoulos.

L'espace scénique est une alternance entre un studio cinéma décoré de bakélite, et l'intimité des salles d'eau où se déroulent les échanges les plus forts entre les protagonistes.



La Marilyn Monroe de « The seven Year Itch » (Billy Wilder 1955) se transforme en Rita Hayworth dans « Gilda » (Charles Vidor 1946), pour redevenir la Marilyn de « Something’s got to give » (George Cukor 1962) qui inspire la dernière scène où Emilia disparaît au fond d’une piscine.


Chaque acte est précédé de projections video contribuant aussi bien à l'immersion dans ce monde cinématographique qu'à la cohérence de cette transposition.

L'ouverture sur les images de Marilyn Monroe véhicule une merveilleuse nostalgie, alors que la descente pathétique du grand escalier par Gloria Swanson dans « Sunset Boulevard » (Billy Wilder 1950), aboutit sur le dénouement du dernier acte.


Ces femmes, auxquelles hommes et femmes vouent un amour éternel, sont également objet d’un désir sauvage et animal.
Cet aspect primitif se retrouve dans la musique (l'emploi des timbales) et également dans tout le livret, « On se prend à flairer comme un animal sauvage, vous éveillez quelque chose d’effrayant. » cède Mac Gregor à Emilia Marty.

Ainsi, parmi les chefs d’œuvres du cinéma américain, vient s’incruster « King Kong » (1933), restitué sous forme d’un colossal buste, les yeux rouges de désir, et d’une main possessive d’où s’extrait Emilia.

 Krzysztof Warlikowski ose toutes les scènes suggérant cette animalité ambiante (Mac Gregor reniflant les sous-vêtements de l’actrice).

Il y a bien le vieux Hauk-Sendorf, dans les bras duquel l'actrice retrouve une sincère affection, mais cette femme fascinante n'ayant pas réussie à être aimée pour elle même, laisse tomber son désir d'éternité qui l'a rendue malheureuse.

La jeune Krista, prête à l'imiter, ne récupère pas le secret de l'élixir, ce qui lui évitera les mêmes désillusions.




Su le plan visuel, on remarque un soucis que le metteur en scène a à chaque fois qu’il monte ses pièces de Théâtre (en langue polonaise) : l’incrustation du texte sur le décor, qui permet à l’auditeur de suivre le fil sans détourner l’attention de la scène.

C’est toujours très réfléchi, mais à Bastille le dispositif semble souffrir d’un contraste insuffisant par rapport à la luminosité de la scène.

L'ensemble baigne dans les couleurs un peu metalliques que tire Tomas Hanus d'un orchestre dirigé vers un accord théâtral parfait.
Alors si l'on ne peut s'empêcher de faire des rapprochements entre la Salomé de Strauss et Elina Makropoulos, ne serait ce que par les allusions à sa perversité, il en va tout autant des phrases musicales, si souvent belles sous la baguette du chef tchèque, et si riches dans leur complexité.

Ce spectacle prodigieux, le plus beau résultat (en attendant le Roi Roger) de la confiance manifeste de Gerard Mortier envers un artiste doué, est une coproduction avec le Teatro Real de Madrid.

  
Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
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Vendredi 1 mai 2009 5 01 /05 /2009 20:26
Dimanche 03 mai 2009 sur France 3 à 00H20
Marius et Fanny (Vladimir Cosma)

Avec Roberto Alagna, Angela Gheorghiu. Enregistré à l’Opéra de Marseille (2007)

Dimanche 03 mai 2009 sur Arte à 19H00
Maestro. Martha Argerich et Gidon Kremer. Souvenirs d´un concert particulier (décembre 2006, Philharmonie de Berlin)

Lundi 04 mai 2009 sur TF1 à 02H15
Rusalka (Dvorak)

Enregistré à Bastille en 2002 avec Renée Fleming, Sergei Larin. Mise en scène Robert Carsen. Direction James Colon.

Lundi 04 mai 2009 sur Arte à 22H30
Musica. Mario Lanza : un ténor à Hollywood
  
Mardi 05 mai 2009 sur France 2 à 00H25
Un Bal Masqué (Verdi)
Avec Marcelo Alvarez, Angela Brown, Ludovic Tezier, Camilla Tilling. Mise en scène Gilbert Deflo. Direction Semyon Bychkov (Bastille Juillet 2007)

Dimanche 10 mai 2009 sur France 3 à 00H35
Zaïde (Mozart)
Avec Ekaterin Lekhina, Sean Panikhar, Alfred Walker. Direction Louis Langrée. Mise en scène Peter Sellars (2008)

Dimanche 10 mai 2009 sur Arte à 19H00
Maestro.Renaud Capuçon joue le Concerto pour violon de Korngold (2008)
 
Lundi 11 mai 2009 sur TF1 à 02H45
La Clémence de Titus (Mozart)
Avec Susan Graham, Catherine Naglestad, Hannah Esther Minutillo, Christoph Prégardien. Direction Sylvain Cambreling (Garnier 2006)

Mardi 12 mai 2009 sur France 2 à 00H25
Turangalila (Olivier Messian)
Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par Myung-Whun Chung 

Dimanche 17 mai 2009 sur Arte à 19H00
Programmation spécial Jospeh Haydn, bicentenaire (1732-1809). Harmoniemesse. Mariss Jansons, direction (2008, Waldsassen)

Lundi 18 mai 2009 sur Arte à 22H45
Programmation spécial Joseph Haydn, bicentenaire (1732-1809). Documentaire-portrait

Mardi 19 mai 2009 sur France 2 à 00H15
Le Voyage à Reims (Rossini)
Solistes du Théâtre Mariinski de Saint-Petersbourg. Direction Valery Gergiev.
Théâtre du Châtelet 2006

Dimanche 24 mai 2009 sur Arte à 19H00
Programmation spécial Joseph Haydn, bicentenaire (1732-1809). Concert enregistré dans la salle du Liederhalle de Stuttgart (octobre 2008): Haydn, le symphoniste. Symphonies n°1, 101... Sir Roger Norrington dirige le Radio-Sinfonieorchester Stuttgart du SWR

Lundi 25 mai 2009 sur Arte à 22H45
Programmation spécial Joseph Haydn, bicentenaire (1732-1809).
Orlando Paladino. René Jacobs, direction.

Opéra enregistré le 8 mai 2009 à l’Opéra de Berlin
Avec : Marlis Petersen, Pietro Spagnoli, Tom Randle, Magnus Staveland, Sunhae Im, Victor Torres, Alexandrina Pendatchanska

Dimanche 31 mai 2009 sur Arte à 19H00
En direct du Festival de Pentecôte de Baden-Baden.
Mozart et Schumann. Direction musicale : Thomas Hengelbrock

 
Par David - Publié dans : TV Lyrique
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Mercredi 29 avril 2009 3 29 /04 /2009 06:56

L’Orchestre Symphonique de Montréal
Concert du 28 Avril 2009 Salle Pleyel

Claude Debussy Nocturnes n°1 et n°2
Tan Dun Orchestral Theatre I:O
Composé en 1990, révision en 2002
Créé en 2002 à Brisbane par l’Orchestre Symphonique National de Chine dirigé par Li Xincao
Gustav Mahler Das Lied von der Erde

Direction Kent Nagano

En commençant par l’atmosphère impressionniste des Nocturnes n°1 et n°2 de Claude Debussy, l’Orchestre Symphonique de Montréal tient une occasion de démontrer la subtilité de ses qualités chromatiques.

Nous sommes face à un tissu de lumière que l’on va quitter assez rapidement pour gagner en profondeur au cours de la soirée.

                                                                    Klaus Florian Vogt


Extrait de la tétralogie de Tan Dun, Orchestral Theatre I:O est même un formidable bond vers l’extrême Orient, les musiciens s’exclament, soupirent, les percussions animent et sculptent des formes fortes, d’un coup le tuba éjecte une langue rutilante qui disparaît pour laisser place à on ne sait quel motif que notre imagination y associe, tout cela sur un lit de cordes. Très étrange et captivant.


Mais c’est à un plus grand moment encore que nous invitent Kent Nagano, l’orchestre de Montréal et les deux formidables chanteurs que sont Klaus Florian Vogt et Christian Gerhaher.


On pouvait s’attendre à ce que le ténor allemand soit la voix de l’ange, le chant de la Terre de Gustav Mahler lui réserve des situations presque héroïques, qu’il domine sans peine dans une intacte clarté et un peu de superficialité.

Cependant, c’est au baryton Gerhaher qu’il échoit de porter la douceur de l’expression humaine.
D’une voix fabuleusement aérienne, il en fait une plainte d’amour d’une délicatesse qui affecte nos sentiments les plus forts.


Christian Gerhaher

Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
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Lundi 20 avril 2009 1 20 /04 /2009 18:18
Un Ballo in Maschera
(Giuseppe Verdi)
Représentation du 19 avril 2009
Opéra Bastille

Riccardo Ramon Vargas
Renato Ludovic Tézier
Amelia Deborah Voigt
Ulrica Elena Manistina
Oscar Anna Christy
Silvano Michail Schelomianski
Tom Scott Wilde

Direction musicale
          Renato Palumbo

Mise en scène 
          Gilbert Deflo



Acte II : Deborah Voigt (Amelia)



La reprise du Bal Masqué qui débute à l'Opéra Bastille semble plutôt bien servir Verdi.

Ramon Vargas est bien plus intéressant ici que dans Luisa Miller, il connaît très bien le rôle de Riccardo, lui donne épaisseur, assurance et prestance, et en plus il chante cela avec beaucoup de style et de chaleur.
Il n'a même pas de problème de projection alors qu'il est annoncé souffrant.

    Acte I premier Tableau : les conspirateurs parmi les membres du parlement.

Ludovic Tézier
fait aussi des efforts pour s'approprier le personnage, et comme dans Werther, allège beaucoup sa voix ce qui rajeunit Renato.
Cela creuse un écart générationnel avec Deborah Voigt qui au contraire paraît vocalement plus âgée.
En fait cette grande voix spectaculaire est surtout taillée pour ne pas se laisser noyer par la direction vivante de Palumbo.
Ce dernier force sur le côté "marche militaire", et écrase trop souvent le son. C'est du Verdi, disons, très populaire.
Les solo instrumentaux sont bien mis en valeur.

     Acte I deuxième Tableau : Elena Manistina (Ulrica)

Ce que fait Anna Christy est très lumineux avec des coloratures légères comme des plumes.
Elena Manistina est franchement irréprochable, vénéneuse sans exagération, avec des injonctions agressives et un timbre parfois âpre.

Finalement, si Gilbert Deflo n'attend pas des chanteurs d'avoir des expressions scéniques crédibles (on peut entendre un chœur crier "horreur!" tout en restant de marbre), l'atmosphère macabre des différents tableaux (toujours sombre) est quand même juste, et l'idée du rituel vaudou bien pensée.
Le livret mentionne en effet, lors du bal du troisième acte, que les serviteurs sont noirs (l'esclavage est toujours de rigueur à cette époque), ce qui rend le rite créole pertinent chez Ulrica.

    Acte III premier Tableau : Ludovic Tézier (Renato), Deborah Voigt (Amelia) et Anna Christy (Oscar)

Ce metteur en scène joue sur l'économie et la clarté, le décor présente avec élégance l'essentiel de chaque lieu sans superflu, les couleurs des costumes (rouge comme symbole vital de la sorcière, blanc pour l'innocence du page) caractérisent les protagonistes sans ambiguïté.
Cela donne une restitution cohérente de la version nord américaine du Bal Masqué (celle qui a toujours été jouée du vivant de Verdi).

Un impératif est alors de disposer de chanteurs possédant bien leur rôle pour animer le drame, car les consignes du directeur restent minimalistes et se limitent, en caricaturant à peine, à "regarde la salle!", "regarde ton partenaire!", "va t'asseoir!"...

  
Acte III troisième Tableau : le Bal Masqué

Le soin accordé au personnage d'Oscar, virevoltant à l'image de la légèreté du Comte, est heureusement absolument sympathique.

Lire également Histoire d'Un Ballo in Maschera et Un Bal Masqué (création 2007) à Bastille.
 
Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
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Dimanche 19 avril 2009 7 19 /04 /2009 13:43
Clytemnestre (1958)
Martha Graham Dance Company
Représentation du 18 Avril 2009
Théâtre du Châtelet

Chorégraphie Martha Graham
Musique Halim El-Dabh

Clytemnestra Fang-Yi Sheu,
Agamemnon David Zurak,
Helen of Troy Katherine Crockett,
Paris David Martinez,
Electra Jennifer DePalo,
Orestes Tadej Brdnik,
Aegisthus Maurizio Nardi,
Iphigenia Miki Orihara,
Cassandra Elizabeth Auclair

Fang-Yi Sheu (Clytemnestre) déplorant le sacrifice d'Iphigénie.


C’est la tragédie des Atrides selon Eschyle qui sert de support à ce ballet oppressant et passionnant.


Clytemnestre occupe seule le premier plan, une femme déchirée par le sacrifice de sa fille Iphigénie, geste qu’elle ne pardonne pas à Agamemnon.
C’est pour cette raison qu’elle l’assassine lors de son retour de la Guerre de Troie, et non pas à cause d’un amour coupable pour Cassandre.


  Fang-Yi Sheu (Clytemnestre) au pied d'Egisthe (Maurizio Nardi)
 

Égisthe, l’amant de Clytemnestre sensuel mais vulgaire et sans envergure, devient ici la personnification de l’objet du désir féminin, la chorégraphie qui associe ce couple meurtrier est un conflit entre attirance sexuelle et répulsion devant l’image du crime prémédité.
Une tension renforcée par la musique d’Halim El-Dabh, et dont les affinités avec celle de Luigi DallaPiccola surprennent.

Par opposition, le couple Pâris-Hélène exprime beaucoup plus un rapport de tendresse, une évocation de la jeunesse de Roméo et Juliette.


Martha Graham
compose également un impressionnant passage pour Clytemnestre, à partir d’un grand voile qu’elle utilise soit pour souligner la féminité de ses formes, soit pour les déformer, et montrer comment la Reine est en train de perdre tout son être.


L’ensemble de la pièce met en scène aussi bien le sacrifice d’Iphigénie, que la prédiction de Cassandre (la manière dont elle sera tuée avec Agamemnon), la vengeance d’Electra et d’Orestes, le pardon d’Athena et Apollon.



Egisthe (Maurizio Nardi)



Comme lors de la rétrospective de mardi soir, nous retrouvons des hommes musclés et très en chair, une mise en valeur de la sensibilité féminine (c’est le destin de cinq femmes qui est ainsi raconté), une narration linéaire (avec enchevêtrement du présent et d’obsessions ressassées), et une mixité culturelle à l'image du public.

  
Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
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Mercredi 15 avril 2009 3 15 /04 /2009 22:37
Martha Graham Dance Company
Représentation du 14 Avril 2009 au Théâtre du Châtelet


Errand into the Maze (1947) Martha Graham, Musique Gian Carlo Menotti
Diversion of Angels (1948) Martha Graham,Musique Norman Dello Joio
Lamentation Variations (1930/2007) Variations commandées au Joyce Theater pour le 11 septembre 2007, Musique George Crumb, DJ Savage, Frédéric Chopin
Cave of the Heart (1946) Martha Graham, Musique Samuel Barber
Maple Leaf Rag (1990) Martha Graham, Musique Scott Joplin
 

Ce qui caractérise le mieux le style de Martha Graham (point du vue du Béotien) est un grand élan de liberté et une émancipation totale de la grâce féminine.

L’homme est une force rassurante et attirante (on pourrait presque dire une formidable masse musculaire), une énergie qui structure la femme en mouvement, un désir sauvage mais qu’elle même cherche à dominer.

La chorégraphie est toujours très claire, son objet lisible, et très souvent les danseurs prennent des postures de statues antiques.

Plus encore, les longues chevelures et les drapées de vestales participent intégralement à l’esthétique, les thèmes mythologiques sont d’ailleurs fort présents à travers Errand into the Maze (Ariane et le Minotaure) et Cave of the Heart (Médée et Jason).

                                  Diversion of Angels

Et puis il y a aussi ce moment particulier de Lamentation Variation 2, où seule, la danseuse Katherine Crocket avance lentement en courbant son corps, simplement éclairé par une lumière latérale, offrant un magnifique tableau en clair obscur sur une musique New age de DJ Savage.

             Lamentation Variation 2

Dans Maple Leaf Rag, l'immédiate vitalité joyeuse laisse enfin chacun dans un état de bonheur sereinement réjoui.

Plongé dans un univers musical étendu du classique aux musiques du monde et électroniques, le spectateur se trouve face à une humanité multiculturelle sur scène, comme elle ne lui est jamais montrée dans la réalité, c’est à dire unie.

Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
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Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /2009 10:41
Macbeth (Giuseppe Verdi)
Représentations du 04 et 13 avril 2009 à l'Opéra Bastille


Direction musicale Teodor Currentzis
Mise en scène Dmitri Tcherniakov

Macbeth Dimitris Tiliakos
Banco Ferruccio Furlanetto
Lady Macbeth Violeta Urmana
Dama di Lady Macbeth Letitia Singleton
Macduff Stefano Secco
Malcolm Alfredo Nigro
Medico Yuri Kissin

Coproduction avec l'Opéra de Novossibirsk
                                                       
                                                                           Violeta Urmana (Lady Macbeth) et Dimitris Tiliakos (Macbeth)

Dix ans nous séparent, depuis la création par Phyllida Lloyd à l’Opéra Bastille d’une vision esthétisée de Macbeth. Maria Guleghina y avait fait sensation par une démonstration de puissance, une lady qui « en a » comme on dit.
L’image du couple prisonnier d’une cage tournoyante, en prélude à la scène des apparitions, restituait avec force son enfermement mental.

La nouvelle production réalisée par Dmitri Tcherniakov se projette sur un terrain totalement différent.
Oublions toute la dimension fantastique, ce drame peut être le support d’une autre histoire, plus réelle et crédible, l’histoire d’un jeu qui tourne mal entre une société modeste et un homme qu‘elle porte sans méfiance dans son ascension sociale.
Ce nouveau riche finit par craindre d’être renversé par ceux qui l’ont soutenu. Il les agresse brutalement, ce qui conduit à une révolte générale.


Le décor que choisit le metteur en scène alterne entre la banlieue noyée par la grisaille, où vit dans de petites habitations uniformes une classe sociale pauvre, et la demeure bourgeoise en pierre de taille de la famille de Macbeth.

Les transitions entre ces deux lieux s’opèrent par la projection sur grand écran d’une vision aérienne 3D type « google earth » de la cité.
Les mouvements prennent de la hauteur, parcourent la ville, puis plongent vers le point visé. Tout le suivi est réalisé de manière très fluide en suivant les formes des lignes musicales, mais cette vision des demeures suggère que l’idée de propriété est à la base de la division entre les hommes.

A la fois sorcières, brigands et armée, le peuple accepte cette division. Il porte aux nues Macbeth, et entretient une certaine connivence avec lui et Banquo, alors que ces derniers possèdent tout.

Le passage du meurtre de Banquo est habilement tourné, les mises en garde étant prises pour des plaisanteries par lui, ce qui innocente le peuple et permet à un meurtrier de se glisser parmi lui pour effectuer sa basse besogne.


Lorsque l’on bascule au « Château », le spectateur est transporté dans un appartement bourgeois, espace très resserré sur scène, comme s’il était témoin d’un épisode de « Dynastie » devant son écran.
Le Roi n’est plus qu’un vieux chef de famille assez antipathique par sa désinvolture.

Lady Macbeth, n’est plus la femme dominatrice et même très masculine chez Shakespeare (« Come, you spirits that tend on mortal thoughts, unsex me here, and fill me, from the crown to the toe »), mais celle ci soutient son mari avec une fascinante propension à nier la réalité.

       Violeta Urmana (Lady Macbeth), magicienne du banquet

Cela donne une magnifique scène du banquet, quand la Lady se livre à des tours de magie pour amuser l’assistance, scène qui n’est pas sans rappeler le troisième acte de « La Cerisaie » : toute une haute société tente ainsi d’oublier que son déclin se profile.

A ce propos, la dernière pièce d’Anton Tchekhov pourrait, si les conditions financières le permettent, être adaptée à l'automne 2010 au Bolchoï sur une musique de Philippe Fenelon et un livret de Alexeï Parine, dans une mise en scène de Dmitri Tcherniakov, puis serait reprise à l'Opéra de Paris peu après.

D'ailleurs la ressemblance entre Madame Larine (mère de Tatiana) dans Eugène Onéguine à Garnier, Madame Andréevna (La Cerisaie) et le personnage de Lady Macbeth ici, n'est pas fortuite.

La Lady devient un élément déterminant lorsque habillée en noir pour ne pas être reconnue (c'est aussi la face sombre de son âme qui prend le dessus), elle vient encourager Macbeth à éliminer tous les proches de Macduff, homme accepté par la haute société mais très lié à ses origines.
Macbeth bascule dans une folie criminelle.

Dans la scène de somnambulisme, Lady Macbeth tente à nouveau de se voiler la face en s’imaginant magicienne, remet inlassablement la nappe en place, pensant pouvoir continuer normalement sa vie, mais bute sur la réalité lorsque qu’elle confond sa Dame avec Macbeth.
Ce passage n’a rien de terrifiant, c’est en revanche d’une tristesse émouvante.

Quand à Macbeth, au paroxysme de sa paranoïa, ne lui reste plus qu’à subir le déchaînement de la foule, et la destruction de sa propriété.

Ironie de la situation, le chœur final s’achève fatalement sur la vue aérienne de toutes les maisons de la ville.


                                                                            Dimitris Tiliakos (Macbeth)

On pourrait voir dans la mise en scène de Dmitri Tcherniakov, une illustration de la citation d’Emil Cioran  : « Dans un monde de pauvres, les riches sont des criminels et les pauvres des imbéciles. » (La transfiguration de la Roumanie).

La qualité théâtrale de ce Macbeth, se mesure aussi bien par le soin apporté aux petits rôles des figurants muets, qu’à l’imaginaire induit par les scènes de famille et les multiples interactions de classe. Par exemple, la scène des apparitions fait surgir discrètement une bourgeoise de la foule, ce qui panique Macbeth prenant conscience de l'aspiration du peuple.


L’interprétation musicale n’est pas en reste non plus, à commencer par l’orchestre de l’Opéra National de Paris et l'électrisant Teodor Currentzis.
Ce dernier donne un coup de jeune et une modernité surprenants à la partition. Cela se joue dans les formes d’ondes, la manière de graduer leurs amplitudes, ou bien dans les soudaines accélérations.

Comme pour Don Carlo, les cuivres sont mis en valeur dans les passages les plus spectaculaires.

Il y a surtout une cohérence d’ensemble entre la scène et la fosse qui crée un tout prenant.

La version interprétée correspond à la version remaniée de 1865, sans le ballet et le choeurs des Sylphes (c'était déja le cas lors de la reprise du spectacle de Phyllida Lloyd en 2002), mais avec le rétablissement de la mort de Macbeth, air qui conclut la version florentine de 1847, et que Verdi supprima lors de la réécriture.


Stefano Secco (Macduff)



Dans un rôle qui exige d’elle un jeu complexe, Violeta Urmana s’en tire très bien. Seulement si la beauté de son médium est indéniable, la voix globalement très claire et décolorée dans les aigus, nous offre un portrait sans noirceur de la Lady.
Elle ne se risque pas non plus au contre ré de la scène de somnambulisme.
Comme l’analyse psychologique de Dmitri Tcherniakov ne porte pas sur la caricature, ce n’est pas vraiment gênant, surtout qu’un tel travail théâtral force le respect.
Et encore une fois, bravo pour la scène du banquet.

        Violeta Urmana : scène de somnanbulisme

Même chose pour Dimitris Tiliakos, qui compose un Macbeth névrotique ahurissant.
Comme Urmana, il a ses moments de faiblesses, ce qui ne l’empêche pas de retrouver de l’autorité. C’est un baryton plutôt clair, doué d’un timbre charnu, qui ne peut toujours éviter d’être couvert par l’orchestre.
Toutefois, ces réserves ne concernent que la première représentation, car lundi 13 avril, les chanteurs ont paru dans une forme éblouissante. Violeta Urmana nuance ce soir là presqu'à outrance, affirme beaucoup plus les aspects sombres du personnage, semble même mieux projeter sa voix hors de la pièce principale, et Dimitris Tiliakos dépeint sans faille tous les états d'âme de Macbeth, en conservant une sorte de candeur inhabituelle.

Ferruccio Furlanetto en fait peu mais bien, et Stefano Secco profite de n’avoir qu’un air à chanter pour irradier la salle. C’est comme si la frustration de ce rôle secondaire se libérait soudainement.
Letitia Singleton, au rôle enrichi, devient une Dame de Lady Macbeth fort touchante.


Le traitement du chœur devient un véritable sujet de polémique.
"Patria oppressa", chanté sur scène et enlevé par un orchestre volcanique, est le grand cri d'humanité attendu.
Mais pour des raisons théâtrales, les chanteurs doivent souvent rester en coulisse.
Ainsi, lorsque Macbeth craque devant les visions de Banquo, il paraît plus logique que les visiteurs excédés préfèrent quitter la réception. Le couple reste seul.

De même, la destruction de la demeure de Macbeth, vécue de l’intérieur sans voir d’où viennent les projectiles, donne plus de force au final.

Alors cela nécessite un difficile réglage de la sonorisation, et le recours à ce procédé peut paraître comme un outrage.
Mais l’expérience vaut vraiment la peine, car ce type de mise en scène développe la sensibilité au langage théâtral, art très régulièrement maintenu dans un périmètre fort conventionnel dans le milieu lyrique.

La reprise de cette production forte est d'ailleurs confirmée pour 2011, en espérant pouvoir retrouver Teodor Currentzis. Sa manière de faire ressortir les motifs de la partition font tellement rapprocher certains passages de Macbeth avec La Traviata ou bien Don Carlo, que cela risque de nous manquer.
 
 Lire également Histoire de Macbeth.
 
Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
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Jeudi 2 avril 2009 4 02 /04 /2009 19:21

Dimanche 05 avril 2009 sur Arte à 19H00

Concerto pour violon (Sibélius) interprété par Valeriy Sokolov.


Lundi 06 avril 2009 sur TF1 à 02H10

Les Paladins (Rameau)

Avec Topi Lehtipuu, Stéphanie d’Oustrac. William Christie Direction.

Mise en scène José Montalvo et Dominique Hervieu. Châtelet 2004.


Lundi 06 avril 2009 sur Arte à 22H30

Le Joueur (Prokofiev)

Avec Vladimir Ognovenko, Kristine Opolais, Misha Didyk, Stefania Toczyska, Stephan Ru gamer. Daniel Barenboïm, direction. Mise en scène Dmitri Tcherniakov. Concert enregistré à La Scala de Milan (2008)


Mardi 07 avril 2009 sur France 2 à 00H15

Tricodex. Ballet de l'Opéra National de Lyon

Chorégraphie de Philippe Decouflé


Samedi 11 avril 2009 sur France 3 à 00H05

Nemenja Radulovic, violon. Portrait (2008)


Dimanche 12 avril 2009 sur Arte à 19H00

Spécial anniversaire Haendel. Feux d´artifices royaux


Lundi 13 avril 2009 sur Arte à 20H45

Spécial anniversaire Haendel. Le Messie.
Jean-Christophe Spinosi. Claus Guth, mise en scène
. Enregistré au Theater an der Wien (1er et 3 avril 2009)


Lundi 13 avril 2009 sur Arte à 23H25

Spécial anniversaire Haendel. Haendel, maître du baroque.


Dimanche 19 avril 2009 sur Arte à 19H00

Maestro. Philippe Jaroussky, contre ténor. Portrait


Lundi 20 avril 2009 sur Arte à 22H30

Germaine Tillion à Ravensbrück. Le verfügbar aux enfers


Mardi 21 avril 2009 sur France 2 à 00H15

La Petite Renarde Rusée (Janacek)

Avec Jukka Rasilainen, Michèle Lagrange, Elena Tsallagova, Hannah Esther Minutillo, David Kuebler, Roland Bracht, Paul Gay. Direction Dennis Russel Davies. Enregistré à l’Opéra Bastille (2008)


Samedi 25 avril 2009 sur France 3 à 00H10

L'Heure de Tchaïkovski (Alain Duault)


Dimanche 26 avril 2009 sur France 3 à 02H05

L'Ensemble Matheus. Direction Jean Christophe Spinosi


Dimanche 26 avril 2009 sur Arte à 19H00

Spécial anniversaire Haendel. Concert à la Marktkirche de Halle en Allemagne

 

Dimanche 26 avril 2009 sur France 2 à 23H15

Musique au Coeur cinq étoiles (Eve Ruggieri)

Avec Felicity Lott, Jennifer Larmore, Brigitte Hool, Nicolas Rivenq, Jean-Paul Fouchécourt, Loïc Félix

 

Lundi 27 avril 2009 sur France 3 à 03H50

L'Heure de Tchaïkovski (Alain Duault)

      

Mardi 28 avril 2009 sur France 2 à 00H25

Symphonie n° 9 de Gustav Mahler dirigée par Christoph Eschenbach

     

Mardi 28 avril 2009 sur Arte à 05H00

Spécial anniversaire Haendel. Haendel, maître du baroque.

   

Jeudi 30 avril 2009 sur Arte à 06H00

Maestro. Philippe Jaroussky, contre ténor. Portrait.
    

Par David - Publié dans : TV Lyrique
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Dimanche 29 mars 2009 7 29 /03 /2009 23:58
Die Feen  (Richard Wagner)
Représentation du 29 mars 2009 au Théâtre du Châtelet


Direction musicale Marc Minkowski
Mise en scène Emilio Sagi

Ada Christiane Libor                               Lora Lina Tetruashvili
Arindal William Joyner                            Gernot Laurent Naouri
Farzana Salomé Haller                             Zemira Eduarda Melo
Morald Laurent Alvaro                            Drolla Judith Gauthier
Le Roi des Fées, Groma Nicolas Testé    Gunther Brad Cooper
 
Les Musiciens du Louvre-Grenoble
Choeur des Musiciens du Louvre-Grenoble


Ce que vient de réaliser le Théâtre du Châtelet en offrant « Les Fées » tient du miracle musical.
Cet opéra est si peu connu, que chacun se trouve dans la situation du spectateur qui découvre le premier opéra d’un jeune compositeur âgé de 20 ans, un gamin en somme.

Né la même année que Wagner (1813), Verdi ne composera d’œuvre lyrique que six ans plus tard, c’est dire si l’émotion est forte à l’écoute de ces pages qui nous transportent dans un univers évoquant la Flûte Enchantée, Lohengrin, La Femme sans Ombre, Turandot ou bien Der Freischütz.

C’est l’histoire d’un Prince qui trouve l’amour auprès d’une Fée, brise le serment de ne pas la questionner sur ses origines, la perd, la retrouve en jurant de ne jamais la maudire, échoue lorsqu’une illusion le trompe, mais réussit à la libérer d’un sortilège en affrontant trois épreuves.

Pour ce conte de Fées, Marc Minkowski et les musiciens du Louvres créent un univers sonore dense et vif, un envoûtant tourbillon qui permet de traverser plus facilement les passages parfois peu contrastés de la partition.

La qualité de la distribution réunie montre le sérieux avec lequel ce projet a été mené. Même les seconds rôles ont fait l’objet d’un soin qui confère à l’ensemble une musicalité homogène, belle et expressive.

William Joyner (Arindal) et Christiane Libor (Ada)



William Joyner
est certes parfois en difficulté dans les passages qui sollicitent la force des aigus, mais sa partition, riche d’airs sensibles et plus mozartiens, lui laisse un large champ pour imposer ses nuances et la poésie de son chant.

Christiane Libor, en prise avec un rôle aux dimensions de l’Elisabeth de Tannhauser et de l’Elsa de Lohengrin, est d’un impact vocal précis, les lignes fusent sans que jamais les limites ne semblent atteintes, le tout gardant comme une sorte de légèreté qui jamais ne fait douter qu‘elle pourrait avoir une personnalité plus sombre (alors que le livret cherche à nous le faire croire).

Presque surdimensionné, Laurent Alvaro est de l’envergure d’un Amfortas, c’est le genre de chanteur qui donne une âme, et le personnage de Morald gagne en envergure avec lui.

A côté de ces chanteurs, Lina Tetruashvili apporte un style encore plus subtile, des couleurs que l’on imagine formées à l’univers baroque, la présence de Laurent Naouri allie un timbre bien connu à un style impeccable, Salomé Haller et Eduarda Melo rappellent les Dames de « Die Zauberflöte » avec beaucoup de gaieté.
                                                                                           Laurent Naouri (Gernot)

Au final, Nicolas Testé impose la prestance et l‘autorité du Roi des Fées, on croirait voir surgir le Sarastro de Mozart.

Un enregistrement ne semble pas prévu, et pourtant il aurait grande chance de faire référence.

Vient le traitement scénique.
La forme choisie par Emilio Sagi n’aide en rien à comprendre la trame de l’histoire, et mieux vaut l’avoir bien étudiée avant d’appréhender la représentation.
De manière fort créative, les images prennent les couleurs de l’esthétique hors norme de « Pierre et Gilles », dégradés de rose, nuit vert et bleu luminescents et scintillants, soulignent l'univers d'enfant sous-jacent, et finalement le troisième acte, construit autour d’un gigantesque lustre écrasé au sol, bénéficie le mieux du très sophistiqué travail sur les éclairages.
Beau ? Peut être pas, mais visuellement stimulant sûrement.

        William Joyner (Arindal)
 
Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
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Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /2009 18:50

Présentation de la saison lyrique 2009 / 2010
Mercredi 25 mars 2009 à l’Amphithéâtre Bastille


Cette présentation, sobre, se déroule en l’absence de Nicolas Joel, pour une évidente nécessité de ménager des moments de récupération avant le démarrage de la saison prochaine.
L’ambition du nouveau directeur est d’apporter une part d’émerveillement supplémentaire à l’Opéra de Paris, sans occulter la part de connaissance de soi et des autres que le théâtre porte en lui même.


L’œuvre centrale de la saison 2009/2010

L'Or du Rhin (Wagner)
Du 04 mars 2010 au 28 mars 2010 (8 représentations à Bastille)
Falk Struckmann, Samuel Youn, Stephan Rügamer, Kim Begley, Peter Sidhom, Wolfgang Abilner-Sperrhacke, Iain Paterson, Günther Groissböck, Sophie Koch, Ann Petersen, Qiu Lin Zhang
Mise en scène Günter Krämer / Direction Philippe Jordan


La Walkyrie (Wagner)
Du 31 mai 2010 au 29 juin 2010 (9 représentations à Bastille)
Robert Dean Smith, Falk Struckmann, Ricarda Merbeth, Katarina Dalayman, Yvonne Naef, Günther Groissböck,
Mise en scène Günter Krämer / Direction Philippe Jordan


Le Ring n’avait plus été donné à l’Opéra National de Paris depuis 1957.
Après avoir travaillé sur deux Ring, Günter Krämer présente sa nouvelle vision comme un grand livre d’images, un opéra extrêmement visuel, et une vraie réflexion sur l’œuvre.
La saison suivante, les deux autres volets, Siegfried et le Crépuscule des Dieux, seront montés, et par la suite, l’ouvrage pourra être entendu sous forme de cycle.
 


Les autres nouvelles productions

Die Tote Stadt (Korngold)
Du 03 octobre 2009 au 27 octobre 2009 (8 représentations à Bastille)
Robert Dean Smith, Ricarda Merbeth, Stéphane Degout, Doris Lamprecht, Bernard Richter, Claudia Galli, Letitia Singleton.
Mise en scène Willy Decker / Direction Pinchas Steinberg


Coproduction du Staatsoper de Vienne et du Festival de Salzburg (2004).
Korngold est né à Brno, également lieu de naissance de Janacek.

Mireille (Gounod)
Du 14 septembre au 14 octobre 2009 (10 représentations à Garnier)
Inva Mula, Charles Castronovo, Franck Ferrari, Alain Verhnes, Sylvie Brunet, Anne-Catherine Gillet, Nicolas Cavallier, Amel Brahim-Djelloul
Mise en scène Nicolas Joel / Direction Marc Minkowski


L’ouvrage est présenté dans sa version originale 5 actes créée le 19 mars 1864 au Théâtre Lyrique.

Faust (Fenelon)
Du 17 mars 2010 au 31 mars 2010 (5 représentations à Garnier)
Gilles Ragon, Arnold Bezuyen, Robert Bork, Gregory Reinhart, Bartlomiej Misiuda, Marie-Adeline Henry, Eric Huchet
Mise en scène Pet Halmen / Direction Bernhard Kontarsky


Production du Théâtre du Capitole (2007).
C’est l’adaptation non pas du Faust de Goethe, mais du Faust de Nikolaus Lenau.

Werther (Massenet)
Du 14 janvier 2010 au 04 février 2010 (8 représentations à Bastille)
Jonas Kaufmann, Ludovic Tezier, Alain Vernhes, Sophie Koch, Anne-Catherine Gillet
Mise en scène Benoît Jacquot / Direction Michel Plasson


Production du Royal Opera House, Covent Garden, Londres (2004).
L’ouvrage est remonté cette saison dans une production différente de celle de Munich, afin d’entendre la Charlotte de Sophie Koch.

André Chénier (Giordano)
Du 06 décembre 2009 au 24 décembre 2009 (8 représentations à Bastille)
Marcelo Alvarez, Sergei Murzaev, Micaela Carosi, Varduhi Abrahamyan, Stefania Toczyska, Maria José Montiel
Mise en scène Giancarlo Del Monaco / Direction Daniel Oren

Production du Teatro Comunale di Bologna (2006).

La Donna del Lago (Rossini)
Du 14 juin 2010 au 10 juillet 2010 (10 représentations à Garnier)
Juan Diego Florez, Javier Camarena, Simon Orfila, Joyce DiDonato, Karine Deshayes, Daniela Barcellona, Francesco Meli, Diana Axentii, Jason Bridges
Mise en scène Lluis Pasqual / Direction Roberto Abbado


Entrée au répertoire de l’Opéra National de Paris de l’œuvre qui marque la naissance du romantisme musical italien.

La Sommanbula (Bellini)
Du 25 janvier 2010 au 23 février 2010 (11 représentations à Bastille)
Michele Pertusi, Cornelia Oncioiu, Natalie Dessay, Javier Camarena, Marie-Adeline Henry, Nahuel Di Pierro
Mise en scène Marco Arturo Marelli / Direction Evelino Pido

Coproduction du Staatsoper de Vienne et du Royal Opera House, Covent Garden, Londres (2001).


Les reprises

Wozzeck (Berg)
Du 17 septembre au 02 octobre 2009 (6 représentations à Bastille)
Vincent Le Texier, Waltraud Meier, Stefan Margita, Kurt Rydl, Xavier Moreno, Andreas Conrad, Ursula Hesse Von Den Steinen
Mise en scène Christoph Marthaler / Direction Hartmut Haenchen


Salomé (Strauss)
Du 07 novembre 2009 au 01 décembre 2009 (8 représentations à Bastille)
Thomas Moser, Julia Juon, Camilla Nylund, Vincent Le Tezier, Xavier Mas, Varduhi Abrahamyan
Mise en scène Lev Dodin / Direction Alain Altinoglu


Billy Budd (Britten)
Du 24 avril 2010 au 15 mai 2010  (8 représentations à Bastille)
Kim Begley, Lucas Meachen, Kurt Rydl, Michael Druiett, Paul Gay, Scott Wilde, Andreas Jäggi
Mise en scène Francesca Zambello / Direction Jeffrey Tate


La Petite Renarde Rusée (Janacek)
Du 25 juin 2010 au 12 juillet 2010 (7 représentations à Bastille)
Jean-Philippe Lafont, Michèle Lagrange, Luca Lombardo, Gregory Reinhart, Paul Gay, Adriana Kucerova, Hannah Esther Minutillo
Mise en scène André Engel/ Direction Michael Schonwandt

Idomeneo (Mozart)
Du 20 janvier 2010 au 13 février 2010 (9 représentations à Garnier)
Rolando Villazon, Vesselina Kasarova, Isabel Bayrakdarian, Anna Netrebko, Charles Workman, Xavier Mas
Mise en scène Luc Bondy / Direction Emmanuelle Haim


Don Carlo (Verdi)
Du 11 février 2010 au 14 mars 2010 (10 représentations à Bastille)
Giacomo Prestia, Stefano Secco, Ludovic Tezier, Victor Von Halem, Sondra Radvanovsky, Luciana D'Intino
Mise en scène Graham Vick / Direction Carlo Rizzi


Le Barbier de Séville (Rossini)
Du 18 septembre au 14 octobre 2009 et du 26 mars au 23 avril 2010 (18 représentations à Bastille)
Antonino Siragusa, Alberto Rinaldi, Karine Deshayes, Isabelle Leonard, George Petean, Dalidor Jenis, Paata Burchuladze
Mise en scène Coline Serreau / Direction Bruno Campanella


L'Elisir d'amore (Donizetti)
Du 10 octobre 2009 au 25 octobre 2009 (7 représentations à Bastille)
Anna Netrebko, Rolando Villazon, Tatiana Lisnic, Charles Castronovo, George Petean, Paolo Gavanelli
Mise en scène Laurent Pelly / Direction Paolo Arrivabeni

La Bohème (Puccini)
Du 29 octobre 2009 au 29 novembre 2009 (12 représentations à Bastille)
Stefano Secco, Massimo Giordano, Tamar Iveri, Inva Mula, Ludovic Tezier, Dalidor Jenis, Natalie Dessay
Mise en scène Jonathan Miller / Direction Daniel Oren


Platée (Rameau)
Du 02 décembre 2009 au 30 décembre 2009 (12 représentations à Garnier)
Xavier Mas, Mireille Delunsch, Paul Agnew, Jean-paul Fouchécourt, Alain Vernhes, Yann Beuron, François Lis, Doris Lamprecht, Marc Labonette, Aimery Lefèvre
Mise en scène Laurent Pelly / Direction Marc Minkowski


Les Contes d'Hoffmann (Offenbach)
Du 07 mai 2010 au 03 juin 2010  (10 représentations à Bastille)
Laura Aikin, Inva Mula, Béatrice Uria-Monzon, Ekaterina Gubanova, Giuseppe Filianoti, Franck Ferrari, Alain Vernhes
Mise en scène Robert Carsen / Direction Jesus Lopez-Cobos


 


Premières impressions sur cette saison

 

Si le Ring est le point central de cette première saison de Nicolas Joel, ce qui caractérise le mieux cette programmation est la part plus importante du répertoire français (4 ouvrages auxquels s'ajoute le Faust composé par Fenelon mais chanté en langue allemande).


Apparaissent une cinquantaine de chanteurs français parmi les 160 artistes distribués, alors qu’ils n’étaient qu’une quinzaine la saison précédente.
Le répertoire slave disparaît quasiment, puisque seule La Petite Renarde Rusée subsiste.

Les grands chanteurs (Netrebko, Villazon, Tezier, Dessay, Meier, Kaufmann, Alvarez …) sont affichés comme une force, pourtant, ils ont déjà interprété des œuvres à Paris lors des saisons précédentes.
 

Anna Netrebko lors de son premier récital parisien au Théâtre des Champs Elysées en 2007.


Lors de la conférence de presse du lundi 23 mars, le nouveau directeur s’est présenté comme dans la continuité de ses prédécesseurs, Gall, Liebermann, et surtout Jacques Rouché.
Sans doute était-ce parce que ce dernier avait le goût des décors de peintres, mais aussi parce qu’il s’était impliqué dans la mise en scène de l’Œdipe de Enescu, ce que Joel, après une première tentative à Toulouse en 2008, devrait retenter à l’Opéra de Paris.

Mais le cheval de bataille de Rouché était aussi de faire connaître les ouvrages contemporains, d'accès moins facile.
Or, force est de constater que l'importante concentration du répertoire sur le XIXième siècle (12 titres), la saison prochaine, ne s'était plus produite à l'Opéra de Paris depuis 13 ans (seconde saison d'Hugues Gall).

D'ailleurs, le fait que 7 nouvelles productions couvrent le siècle de création de l'Opéra Garnier est un record.


Le programme proposé reste cependant varié et ambitieux, conserve une part importante aux ouvrages des XXième et XXIième siècles (6 productions), et pour la première fois Mozart et Verdi ne sont représentés que par un ouvrage chacun.

Seulement, il ne se dégage pas véritablement de thématique, et le sens de la réflexion sur la société, particulièrement stimulant avec Gerard Mortier, semble bel et bien disparu, au profit d’une vision un peu plus confortable de l’opéra.

Site de l'Opera National de Paris

Présentation de la saison 2008/2009 par Gerard Mortier
 

Par David - Publié dans : Conférences
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Dimanche 22 mars 2009 7 22 /03 /2009 08:58
3ième symphonie de Mahler (Ballet de John Neumeier)
Représentation du 21 mars 2009
Opéra Bastille


Chorégraphie, décor et lumières John Neumeier
Mezzo-soprano Dagmar Peckova
Direction musicale Simon Hewett

L'Homme Karl Paquette
L'Ange Dorothée Gilbert
La Femme Nolwenn Daniel
La Guerre Mathias Heymann
L'Ame Florian Magnenet
Posthorn Isabelle Ciaravola, Josua Hoffalt
Couple Lyrique Charline Giezendanner, Yong Geol Kim
Couple Allegro Mathilde Froustey, Julien Meyzindi

Avec la 3ième symphonie de Mahler, John Neumeier nous entraîne sur le parcours d’un homme, candide, à travers la guerre, la légèreté de la vie, et la rencontre amoureuse.

Le premier mouvement, tendu et théâtral, est une captivante mise en valeur de la force musculaire des combattants, leurs formes complexes, leurs postures fières et assurées, leurs démarches décidées.

Vient s’y incruster, comme un songe, un duo plein de naïveté et de grâce, avant que la situation martiale ne reprenne le dessus.

La caractérisation des scènes successives, par les changements d’éclairages, diffus et nocturnes, où bien denses et focalisés sur les sculptures humaines, n'en rend ce passage que plus marquant.





Alors que par la suite, les danses du printemps, classiques sur la forme, et agrémentées de figures furtivement faintaisistes sur une musique teintée de valses nostalgiques, semblent laisser l’Homme simplement contemplatif, à rêvasser ou bien à compter le temps qui passe.

Lorsque la nuit survient, les mouvements nous replongent dans un monde plus sensible, magnifique pose quand les regards s’échangent et se parlent, terrible transition dans un silence qui laisse l’esprit sur ses gardes, fascinantes torsions et finesses des muscles.


Le chant de Dagmar Peckova amène alors l’auditeur au bout de ce voyage intérieur lent, avant la brusque remontée vers la joie et la lumière, sur lequel le grand pas de deux du 6ième mouvement s‘achève.
C’est évidemment beau et fluide, mais Simon Hewett ne conserve que la grâce de la musique, en dilue les brisures, atténue la tension dramatique, et là, la chorégraphie de Neumeier semble un peu en retrait par rapport à ce que ce passage devrait atteindre au plus profond de l’âme humaine.


               Karl Paquette, Dorothée Gilbert

Les dernières mesures s'élèvent dans les lumières du couchant, image tragique quand l'Homme finit sa vie seul, courbé et tourmenté par ses souffrances, devant une dernière vision de l'Ange.

Le 11 avril 2009, la distribution est totalement différente (
Hervé Moreau, Isabelle Ciaravola, Eleonora Abbagnato, Alessio Carbone, Karl Paquette), ainsi que le chef d'orchestre (Klauspeter Seibel), la comparaison s'annonce passionnante, et elle le sera.

Car
Klauspeter Seibel restitue à merveille la profondeur de cette musique, déroule un sixième mouvement irréel, et ce que fait Isabelle Ciaravola éblouit par l'ampleur de ses mouvements parfaitement maîtrisés, aussi inhumainement souples. Vingt minutes de frissons ininterrompus.
 

Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
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Samedi 21 mars 2009 6 21 /03 /2009 12:17

Ce sera donc l’éclipse la plus longue du siècle (plus de 6minutes et 40 secondes en plein océan Pacifique) partant de l’ouest de l’Inde jusqu’à l’est de la Chine en 1H40, pour survoler ensuite le plus grand océan de la planète pendant 2H40.

Alors il est couru d’avance que les conditions météorologiques en pleine Mousson ne sont pas favorables, mais la grande mégalopole chinoise bénéficie des statistiques les plus avantageuses (1 chance sur deux de ne pas avoir un ciel couvert).


Trajectoire de l'ombre de la Lune le 22 juillet 2009 dans la région de Shanghaï

Nous ne sommes pas exactement sur la ligne de centralité (à 65km plus au Sud), ce qui malgré tout offre 5 minutes de totalité en pleine ville, au milieu des clameurs de la population, avec un effet dramatique spectaculaire.

Au niveau de l’Opéra de Shanghai, face à la place du Peuple, l’éclipse du soleil va s’amorcer à 8h23mn25s, son disque basculera dans le noir de 9h36mn45s à 9H41mn45s (à 56° au dessus de l‘horizon Est), la Lune se dégageant définitivement de l’astre solaire à 11h01mn40s et à près de 73° d’élévation.


La place du Peuple (au centre) et le Grand Theatre de Shanghai (batiment blanc à gauche)

En pleine phase de décélération pendant ce temps, l’ombre au sol (d’un diamètre de 252kms) fusera à 3000 km/h vers la côte puis vers l’Ile de Ishinomura-Kinkajou (à 60kms d’Iwo Jima), où certains amateurs coriaces pourront bénéficier des 6minutes et 40 secondes de totalité, 50mn après Shanghaï.

A deux heures de train express, il est également possible de se rendre à Hangzhou, lieu plus charmant que les Shanghaiens affectionnent. Cela permet d’augmenter la durée du phénomène de 25 s.
 
Lire le compte rendu de l'Eclipse sur Pudong (Shanghaï)
 
Par David - Publié dans : Astres
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Mercredi 18 mars 2009 3 18 /03 /2009 22:33
Récital Jonas Kaufmann
Concert du 17 mars 2009
Théâtre des Champs Elysées


Direction musicale Michael Güttler
Orchestre National de Belgique

Recondita armonia (Tosca)                                              Che gelida manina (la Bohême)
Ouverture d'Oberon                                                         Ach so fromm (Martha)
Intermezzo de Cavalleria Rusticana                                Pourquoi me réveiller (Werther)
Ouverture de la Forza del Destino                                  E lucevan le stelle (Tosca)
Suites n° 1 et 2 de Carmen                                              L'air de la fleur (Carmen)   
Prélude Lohengrin acte III                                              In fernem Land (Lohengrin)

Bis:
E' la solita storia del pastor (L‘Arlésienne)                    Air de des Grieux (Manon)
Non ti scordar di me (Air napolitain de De Curtis)        La donna è mobile (Rigoletto)


Il y a avait beaucoup d’intentions dans ce récital, comme lier un florilège de grands airs d’opéras avec un style nuancé, des mots susurrés, un phrasé méticuleusement dessiné.
Ce fût du plus bel effet dans Werther et surtout Lohengrin, où le ténor progresse depuis les sombres piani vers la clarté d’un déploiement vocal franc et bien projeté, en suivant de belles lignes harmonieuses.

Moins convaincant dans les airs de Puccini, il aurait au moins fallu que le chef d’orchestre joue le jeu.
Car si Marcello Giordani s’était livré, dans Tosca à Bastille en 2003, à un chant aussi raffiné, Marcello Viotti dirigeait l’orchestre de l’Opéra National de Paris dans la même veine, rendant le rabâché « E Lucevan le Stelle » sublime.
Alors pourquoi Michael Güttler submerge t’il autant Jonas Kaufmann, sans rechercher l’osmose musicale parfaite ?
Empoigner l’ouverture de la Forza del Destino, avec une énergie pétaradante, a un sens lorsqu’il s’agit de faire d’une soirée un grand moment populaire où l’on se lâche.
Ne parlons pas de la rugosité qui a distingué l’ouverture d’Oberon, alors qu’ailleurs l’orchestre National de Belgique laisse filer de grands élans sensuels.

Mais ce soir, il s’agissait d’éviter le cirque, de maintenir une exigeante profondeur. Et sur ce plan, Kaufmann a tenu le cap, si l'on oublie les deux derniers bis.
Certes, songer à ce que fît Pavarotti de ce répertoire italien n’est pas le signe que le chanteur allemand en est le meilleur défenseur, quoique E' la solita storia del pastor fût d’une retenue et d’une sensibilité véritablement touchantes.
                                                                                         Jonas Kaufmann

Peut être, si les couleurs avaient conservé l’intégralité de leurs contrastes, s’il y avait eu un peu moins de prudence dans les forte, un certain sentiment mitigé se serait évanoui.

  
Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
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Vendredi 13 mars 2009 5 13 /03 /2009 19:31
Genèse de l’œuvre

Les évènements que Verdi a évoqué dans un si grand nombre de ses opéras sont sur le point de s’accomplir.

La guerre tourne à l’avantage décisif des Français et des Piémontais (victoire de Solferino le 24 juin) mais le 12 juillet 1859, Napoléon III propose l’armistice aux Autrichiens.
L’Autriche garde la Vénétie, Cavour démissionne.

L’insurrection des états se poursuit, les plébiscites s’organisent, et Verdi est élu le 4 septembre pour représenter Busseto à l’Assemblée des provinces de l’état de Parme.

Le 21 janvier 1860, Cavour reprend sa place à la tête du gouvernement et aboutit le 24 mars à la signature du traité rattachant l‘Italie centrale au Piémont tandis que la France reçoit Nice et la Savoie.

Le 11 mai, Garibaldi débarque avec ses « Mille » en Sicile, mate les forces des Bourbons, prend Palerme et entre à Naples en septembre.
La prise du port de Gaète le 13 février 1861 marque la fin du Royaume des Deux-Siciles et de la guerre.

Et donc, le 19 février 1861 le premier parlement Italien s’ouvre avec la présence du député Giuseppe Verdi, élu à Busseto le mois précédent.

Le 17 mars1861, Victor-Emmanuel II est proclamé roi par le parlement italien., mais la Vénétie et les États Pontificaux  restent détachés du royaume.

Entre temps, une proposition pour composer un opéra arrive de Saint Petersbourg.
Verdi suggère « Ruy Blas » mais le Théâtre Impérial refuse le sujet.

L’annonce de la mort de Cavour en juin est alors un coup dur pour Verdi. Et malgré cette disposition d’esprit, il signe un contrat avec Saint Petersbourg et se rend en Russie en novembre.

Depuis la fin de l’été, Verdi a en effet choisi le drame de « Don Alvar » de don Angelo di Saavedra, duc de Rivas (poète, dramaturge et homme politique espagnol).
Il y voit une action qui fait intervenir avec la même variété et la même intensité que dans la vie, la douleur et le sourire, la bonté et la haine.

Arrivé dans la « capitale du froid », il doit cependant repousser à la saison suivante la première car la Prima Donna est souffrante et sans remplaçante.

En attendant, Verdi revient en Italie où son amie Mme Maffei lui présente Arrigo Boito qui va lui écrire l’ « Inno delle Nazioni » sur lequel il va pouvoir écrire la cantate qu’il compte proposer pour l’exposition internationale de Londres.

La pièce y est très bien accueillie, mais dès septembre, Verdi et sa femme retournent à Saint-Petersbourg.

Les répétitions commencent et le 10 novembre 1862, la Forza del destino est représentée avec succès au Théâtre Impérial.

Drame bon pour le cirque, a t’on dit, en effet le drame plait aux parterres les plus populaires.
Pour Verdi, la vie a un aspect tragique et burlesque qu’il veut faire pénétrer dans ses opéras. Les hommes, pour lui, sont à la fois féroces et ridicules.

Ensuite, Verdi et La Strepponi se rendent à Madrid, où « La Forza del destino » y est mis en scène par le compositeur avec de grands chanteurs le 21 février 1863.

Six ans plus tard, Verdi en remaniera le livret et la musique pour la création milanaise, peu avant la composition d'Aïda.


La Forza del destino

Depuis le début du XVIIième siècle, l’Espagne est en décadence. Louis XIV en a d’ailleurs profité pour lui prendre une partie de la Flandre ainsi que la Franche-Comté.
Ensuite, la guerre de succession d’Espagne (1701-1714) aboutit à l’intronisation d’un petit fils du Roi Soleil, Philippe d’Anjou, et à la perte de Minorque, Gibraltar, Naples, la Sardaigne et le Milanais.

Mais lors de la Guerre de succession de Pologne (dont Verdi tire son deuxième opéra Giorno di Regno), les Espagnols alliés de la France envahissent le Royaume des deux Siciles, menés par le fils de Philippe, Charles Ier.
Après la victoire sur les Autrichiens le 25 mai 1734 à la bataille de Bitonto, le sud de l’Italie est réintégré à l’Empire espagnol.

Cependant, à la suite du déclenchement de la guerre de Succession d’Autriche (1740), quatre fronts s’ouvrent en Europe (contexte historique de Luisa Miller), dont un en Italie.
Le 10 juin 1746, la défaite à Plaisance des Français et des Espagnols, commandés par Maillol, provoque la prise du Royaume d’Italie par l’Autriche, les Royaumes de Naples et de Sicile restant sous contrôle de la péninsule ibérique.

L’action de « La force du destin » se joue en Espagne et en Italie au milieu du XVIIIième siècle.
A Séville, l’histoire d’amour entre Leonora di Vargas et Don Alvaro tourne au tragique lorsque ce dernier tue accidentellement le père de la jeune fille, le marquis de Calatrava.
Craignant la vengeance de son frère, Carlo, Leonora se réfugie au couvent de Hornachuelos, alors qu’Alvaro s’engage dans l’armée espagnole en Italie, au Sud de Rome.
Il y sauve la vie d’un adjudant qui n’est autre que Carlo, mais ils ne se reconnaissent pas tout de suite. Blessé plus tard lors des combats, Alvaro récupère, mais une fois la vérité révélée, le duel entre les deux hommes est évité de peu. Alvaro, retourne en Espagne.
Cinq ans plus tard, Carlo retrouve son ennemi devenu homme d’église à l’ermitage de Hornachuelos. Cette fois, Alvaro se défend et blesse mortellement Carlo, ne pouvant cependant empêcher ce dernier de poignarder sa propre sœur.

 
Par David - Publié dans : Verdi
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Mardi 10 mars 2009 2 10 /03 /2009 17:10
Werther (Massenet)
Représentation du 09 mars 2009
Opéra Bastille
 

Werther Ludovic Tezier
Charlotte Susan Graham
Sophie Adriana Kucerova
Albert Franck Ferrari
Le Bailli Alain Verhnes

Direction Kent Nagano
Mise en scène Jürgen Rose
Production du Bayerische Staatsoper, Munich


On se doutait que le caractère scénique de Ludovic Tezier
se glissait aisément sous la nature introvertie de Werther, mais la très grande interprétation qu'il en a donné lundi soir offre un bel éclat à la version transposée pour baryton.
Dans l'immense salle de Bastille, pensée pour valoriser la fosse d'orchestre, le chanteur s'empare de l'espace de façon simple et convaincante, flatte ses lignes de chants très pures, les éclaircit même, variant ses mouvements d'âme en offrant une richesse d'expressions extrêmement vivantes : citons de rares moments d'esprit au repos, puis les névroses, les hallucinations, l'introspection.

          Ludovic Tezier (Werther)

Mais il est bien entendu que le Werther de Massenet ne peut être comparé à celui de Goethe, ce dernier sombrant dans le romantisme le plus violent, et nous prenant au piège de l'univers mental obsessionnel du jeune homme.

 Jürgen Rose essaye de décrire cet état psychique avec son décor écrasé par les pensées de Werther, d'où émerge de toutes parts à la fin, le prénom de Charlotte. Cet univers clos s'articule autour du fameux rocher, refuge hors du temps, mais aussi épicentre du monde réel qui entoure le héros.
Chez Massenet, Werther est un homme en souffrance, qui trouve en l'image de Charlotte, un reflet qui le calme, un Hollandais Volant, lui aussi condamné pour l'éternité.

Mais l'on ne peut pas dire que Susan Graham rende force compassionnelle au personnage de Charlotte. La voix est certes puissante, mais rien ne touche. Elle devient une sorte de mère un peu distanciée à l'air triste et affligé.

Franck Ferrari souffre de la comparaison avec Ludovic Tézier dont il n'a pas la même luminosité, l'austérité du timbre et la maturité physique en font tout de même un honnête Albert.

Susan Graham (Charlotte)

Pimpante et pleine d'entrain, Adriana Kucerova nous fait parfois sourire avec son français slavisé, et Alain Verhnes reste décidément un interprète qui donne beaucoup de personnalité à ses rôles (le Père de Louise aura été le plus attachant ces dernières années).

Avec Kent Nagano, les couleurs des préludes orchestraux se ternissent légèrement, peut être parce qu'il s'agit de maintenir une unité de la structure orchestrale, et de la déployer sans couvrir les chanteurs. D'ailleurs dans les deux derniers actes (les plus noirs), l'orchestre passe souvent au premier plan, capte l'auditeur pas ses pulsations et ses contrastes soudainement plus marqués, l'inertie d'ensemble paraissant lente mais fort majestueuse.

 

Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
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Mardi 3 mars 2009 2 03 /03 /2009 21:25
Adrienne Lecouvreur (Francesco Cilea)
Représentation du 28 février 2009
New York Metropolitan Opera



Direction musicale Marco Armiliato
Mise en scène Mark Lamos (1963)

Adriana Lecouvreur Maria Guleghina
Maurizio Placido Domingo
La Princesse de Bouillon Olga Borodina
Michonnet Roberto Frontali
Le Prince de Bouillon John Del Carlo
L’Abbé de Chazeuil Bernard Fitch


                                                                                    Olga Borodina (La Princesse de Bouillon)

Comme une grande fantaisie théâtrale, l’Adrienne Lecouvreur du MET ressurgit sans complexe, actrice de la Comédie française devenue invraisemblable chanteuse à l’Opéra Garnier, et vision qui n’est pas sans provoquer une certaine émotion.

Nous sommes donc dans un délire baroque total qui se permet tout, l’orientalisme, les fresques surchargées de stuc, les dégradés de tons verts et bleus nuit des appartements de la Princesse de Bouillon, un ballet kitschissime, images pulvérisées à la dernière scène lorsque Adrienne achève sa vie brutalement, étrange rapprochement avec la Violetta de Verdi.


Totalement exaltée, Maria Guleghina se lâche avec bonheur, perfore le public de ses puissantes injonctions, néglige aussi, et il faut le reconnaître, les lignes les plus subtiles, mais les regards frondeurs et perfides de ce phénomène vivant, qu’il faut avoir vu au moins une fois sur scène, ne cessent de fasciner.


  Maria Guleghina (Adrienne Lecouvreur de la Comédie Française)


Les repères temporels se bousculent encore plus avec l’arrivée de Placido Domingo, l’air de rien, comme si après 50 ans de carrière et 40 ans après son entrée au MET dans le même rôle, il était tout à fait naturel de se présenter sur les planches avec une décontraction confondante.

Sans doute les sirupeuses couleurs de l’âge d’or ont quelque peu disparu, pourtant ni la clarté insouciante, ni la passion virile ne semblent atteintes, et le ténor conclut même ses airs en déchargeant une tension à donner le frisson.
Extraordinaire! aurait-on envie de s’écrier, car ce chanteur d'exception donne une leçon de résistance aux âges stupéfiante.

La comparaison avec Marcelo Alvarez quelques heures auparavant dans Il Trovatore est étonnante, car il est évident que sans en faire des tonnes, Domingo communique une sincérité d’une grâce incroyable.
Cet homme aime les femmes, et cela se voit.



 Olga Borodina et Placido Domingo



Autre tempérament, Olga Borodina use de son charisme vocal, fusion noble de noirceur et de tendresse. Certes le duo avec Guleghina, lorsque les deux femmes se reconnaissent comme rivales, semble trop retenu, et le chef évite les accélérations brusques, mais elles se rattrapent toutes deux dans le fameux monologue de Phèdre (la soprano ukrainienne est une excellente diseuse), et le « Un tale insulto! » de la mezzo-soprano se ressent comme une déclaration de guerre nette.

Dans les seconds rôles, Roberto Frontali se distingue pas son portrait sensible de Michonnet, l'Abbé de Bernard Fitch jouant avec piquant l' impertinence.

           Maria Guleghina (Adrienne Lecouvreur) et Placido Domingo (Maurizio)

Ce style d'opéra, passionné et sanguin, est la réponse inverse à la musique de Wagner et à ses influences sur l'âme humaine.
L’outrance ici fait le plaisir, ce qui ne rend pas le final pathétique des plus poignants, la direction de Marco Armiliato ayant elle même contribué à la fois par sa légèreté et ses tonitruances (mais ce n’est pas un reproche) à faire de cette soirée un moment complètement irréel.
 
Par David - Publié dans : Saison 2008/2009
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