Quantcast
Mardi 9 octobre 2012 2 09 /10 /Oct /2012 22:01

Boris-Godounov-02.jpg Boris Godounov (Modest Moussorgski)
Représentation du 30 septembre 2012
Teatro Real de Madrid

Boris Godounov Günther Groissböck
Fiodor Alexandra Kadurina
Yenia Alina Yarovaya
La nourrice de Yenia Margarita Nekrasova
Le prince Chuiski Stefan Margita
Andrei Chelkalov Yuri Nechaev
Pimen Dmitry Ulyanov
Gregory Michael König
Marina Mnishek Julia Gertseva
Rangoni Evgeny Nikitin
Varlaam Anatoli Kotscherga
Misaïl John Easterlin
La tavernière Pilar Vasquez
L’innocent Andrey Popov
  
Dramaturge Jan Vandenhouwe

Mise en scène Johan Simons
Direction musicale Harmut Haenchen


Pequeños Cantores de la Jorcam
Coro y Orquesta Titulares del Teatro Real              Yuri Nechaev (Andrei Chelkalov)


Dans un contexte de crise sociale et de réductions budgétaires dur et inquiétant, le mérite de Gerard Mortier et de ses équipes à maintenir les représentations de la nouvelle production du Teatro Real renforce notre estime à leur égard.
Des considérations autres que le simple remplissage des caisses les motivent, ce qui rend si nécessaire la reconnaissance pour de tels exemples, à notre époque en particulier.

Connaître et suivre le travail de ces personnes qui cherchent à faire avancer la pensée, malgré un conformisme et une pauvreté réflexive ambiante, donne du courage dans la vie.


Boris-Godounov-01.jpg  “Le Real est un des théâtres les plus pauvres d’Europe” s’insurge Mortier dans les pages du journal généraliste El País (l’équivalent du journal Le Monde en France), mentionnant qu’il a du obtenir des costumes d’une ONG humanitaire pour tenir un objectif de coût très contraignant.
La Semaine d’après, il aborde la culture d’un point de vue plus général,  “Il faut en finir avec l‘idée que l‘art est un luxe”, pointant du doigt une crise qui est aussi une crise humaine, et pour laquelle l’art est autant un moyen de connaissance de soi que de compréhension du monde.
 
La programmation de Boris Godounov, réflexion sur le pouvoir et ses répercutions populaires, politiques, familiales et intimes, prend ainsi une résonnance contemporaine qui dépasse le simple déroulé temporel de l’histoire russe.
La musique est prodigieusement colorée, les grands élans épiques, les implorations religieuses et les petites scènes de vie composent une fresque animée d’un courant profondément grave et identitaire, et, de cette magnifique structure, deux grandes descriptions fondent la puissance de l’œuvre, les tournoiements complexes de l’âme de Boris, et les invocations chorales du peuple, autant spirituelles qu’elles peuvent être viscérales.

Boris-Godounov-04.jpg

   Anatoli Kotcherga (Varlaam) et John Easterlin (Misail)


Rappelons que depuis la version initiale de 1869, Modest Moussorgski a créé une version définitive, trois ans plus tard, ajoutant l’acte polonais, la scène de la révolte et quelques passages (chanson du canard, chanson des enfants, évocation du perroquet).

Mais il a aussi considérablement remanié la scène des appartements royaux au Kremlin et supprimé plusieurs récits de Pimène, la fin du prologue, et surtout le tableau sur la place de la cathédrale Saint Basile à Moscou.

Il s’agit de cette seconde version, achevée en 1872 mais représentée au Théâtre Mariinski seulement en janvier 1874, que le public madrilène découvre pour la première fois, réintégrant le tableau original de Saint Basile. Cet ajout permet à la fois de donner une importance inédite au chœur et d’approfondir le drame, car l’on y entend un peuple affamé qui commence à perdre la raison.

Boris-Godounov-05.jpg    Alexandra Kadurina (Fiodor), Günther Groissböck (Boris Godounov) et Alina Yarovaya (Yenia)

 

On a souvent injustement reproché à Mortier de privilégier le théâtre à la musique, il prouve encore aujourd’hui que la matière et les motifs orchestraux sont fondamentalement la structure centrale de ses spectacles. S’il a du réduire légèrement l’effectif du chœur à 82 chanteurs, au lieu d’une centaine d’artistes, les 16 premiers violons sont présents, et cela s’entend.

Harmut Haenchen, à qui l’on doit un Parsifal inoubliable à l’Opéra de Paris, cisèle des tissures amples et onduleuses, fascinantes par leurs mouvements dispersifs et leurs remous troubles soudainement jaillissants. On entend des effets frissonnants et glaçants, un flot envahissant et prenant qui met en avant le pouvoir des cordes et des archets à former des ondes musicales souples, et à en varier les couleurs.

 En revanche, le chef d’orchestre semble avoir des réserves à insuffler une vitalité intense ainsi que des revirements violents  - à moins que cela ne soit un choix volontaire - qui pourraient créer un allant presque sanguin. Cela se ressent dans l’acte polonais, étonnamment atone à partir de l’arrivée des invités.

Boris-Godounov-06.jpg    Michael König (Gregory) et Julia Gertseva (Marina Mnishek )

 

Autre protagoniste essentiel à la sombre destinée de cet opéra, le chœur du Teatro Real est renforcé par les petits chanteurs de la Jorcam, comme pour Iolanta, un ensemble qui atteint une force phénoménale dans le saisissant tableau de la place de la cathédrale Saint-Basile.

Ce passage pivot permet aux enfants d’enjouer de leur chant spontané la salle entière, mais on peut aussi y voir la volonté de Mortier de créer les occasions qui permettent aux tout jeunes de connaître une expérience musicale déterminante pour eux-mêmes, afin qu'ils l'emportent dans leur vie et la dissipe avec toute leur humanité vers leur entourage. Au cours du temps, la musique peut changer l’être et son rapport aux autres.


Pour en revenir au pouvoir du chœur, celui-ci a eu un peu de mal à se synchroniser en première partie autant avec lui-même qu’avec l’orchestre, puis, il a trouvé au fur et à mesure son unité pour affronter ce fameux quatrième acte.

Boris-Godounov-09.jpg

    Dmitry Ulyanov (Pimène)


Günther Groissböck est un chanteur qui ne possède pas l’ampleur vocale sombre et caverneuse caractéristique des basses russes. Il accorde cependant un soin à l’expression et à la crédibilité de son personnage moderne, et lui donne une présence naturellement humaine.
Sa confrontation avec Stefan Margita, le prince Chuiski, est son plus beau moment, car il est poussé dans ses retranchements par la puissance incisive du ténor slovaque, une froideur glaçante terriblement affirmée.

Dans la scène des appartements - une des plus fortes de Johan Simons dépeignant avec justesse l'impossible résistance d'une jeunesse inconsciente, celle de Fiodor, à résister au conditionnement adulte qui va  faire de lui un être stratège et dominateur - Alexandra Kadurina réalise un magnifique portrait plein de vie du jeune héritier, prolongé par le jeu que lui assigne le metteur en scène en l’isolant seule au dessus de l’orchestre, dans l’ombre, puis en réintégrant sa relation à ses proches, sa sœur en particulier (très sensible Alina Yarovaya dans sa tentative consolatrice).

Boris-Godounov-10.jpg     Alexandra Kadurina (Fiodor) et Alina Yarovaya (Yenia)

 

On voulait une grande basse russe, Dmitry Ulyanov porte la haute stature attendue de Pimène, avec ses accents de métal et une résonnance sonore qui en font une voix d’une force surnaturelle.
Yuri Nechaev s’impose également dans la grande scène de la Douma, concentré de sévérité parfaitement maitrisé.

Anatoli Kotscherga fut un impressionnant Boris Godounov du temps de Mortier à Salzbourg, et, fidélité oblige, s’il ne peut plus être raisonnablement le Tsar, son sens de la comédie outrée lui permet d’être un Varlaam outrancier, drôle à suivre dans ses saouleries et ses mimiques comiques.

 Deux rôles majeurs, très opposés, sont plus difficiles à apprécier sans ressentir une certaine gêne. Michael König est en permanence dans une posture désabusée et terne, y compris vocalement, si bien qu’aucun souffle un tant soit peu idéaliste n‘en émane.
Julia Gertseva en est le contraire, opulente et généreuse tant qu’elle ne déforme pas son émission dans les aigus, l’impression de volume prenant finalement le dessus sur la finesse vocale.

Boris-Godounov-08.jpg    Günther Groissböck (Boris Godounov)

 

Johan Simons a choisi de situer le drame - les contraintes économiques se font cruellement sentir - dans un décor unique de la grande cour centrale d'un immeuble délabré.
Il montre un visage de la Russie d’aujourd’hui sombre, et rappelle fortement celui présenté par Dmitri Tcherniakov dans La Légende de la ville invisible de Kitège à Amsterdam en début d’année.

Dans les deux cas, un pouvoir autoritaire pousse le peuple vers l’anarchie et la révolte terroriste, cette dernière étant rendue avec une très grande force orchestrale et scénique à travers une marche décidée et mécanique saisissante.

Simons joue également sur les correspondances entre la froideur inquiétante des ombres laissées par les éclairages, comme lors de l’arrivée du garde sorti d'un interstice de la façade au début du prologue, et la noirceur des ondes ténébreuses de la musique de Moussorgski.


Boris-Godounov-07.jpg

   L'innocent (Andrey Popov) et les enfants (Petits Chanteurs de la Jorcam)


En fait, son portrait de la Russie où les valeurs religieuses se diluent dans l’alcool et la décadence ne tend qu’à montrer son incroyance en un pouvoir, même bureaucratique, apte à sauver le peuple.

On ne sort pas plus optimiste de ce spectacle, mais plutôt imprégné d’une beauté musicale triste, accentuée par une vision apocalyptique uniquement illuminée par la présence des enfants et leur espérance.

Par David - Publié dans : Saison 2012/2013
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 3 octobre 2012 3 03 /10 /Oct /2012 20:18

¡Ay, Amor!

La-Vida-breve03.jpg El Amor Brujo - La Vida breve (Manuel de Falla)
Représentation du 29 septembre 2012
Teatro de la Zarzuela (Madrid)

El Amor Brujo (1915)
Gitaneria de Gregorio Martinez Sierra
Candelas (Cantaora) Esperanza Fernandez
Candelas (Bailaora) Natalia Ferrandiz

La Vida breve (1905)
Drama Lirico de Carlos Fernandez Shaw
Salud Maria Rodriguez
La Abuela Milagros Martin
Carmela Ruth Iniesta
Paco José Ferrero
Et Tio Sarvaor Enuque Vaquerizo

Orquestra de la Communidad de Madrid
Coro del Teatro Real de la Zarzuela
Direction musicale Guillermo Garcia Calvo

Mise en scène Herbert Wernicke
Production du Théâtre de la Monnaie de Bruxelles (1995)     Natalia Ferrandiz (Candelas)

 

A la fin du XIXème siècle, l’engouement des Italiens pour les œuvres véristes engendrées par les concours d’opéras en un acte de l’éditeur Sonzogno eurent quelques réminiscences en Europe, et à Madrid en particulier.

Le 05 juillet 1904, la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando organisa un concours d’œuvres musicales espagnoles, dans un contexte d’exacerbation nationaliste et militaire troublant, parmi lesquelles l’émergence d’un opéra en un acte composé sur un livret inédit dans la langue castillane nourrissait tous les espoirs.

La-Vida-breve02-copie-2.jpg Extrait de l'appel à concours de la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando (archives)

 

Le 13 novembre 1905, Manuel de Falla remporta à l’unanimité le premier prix du concours pour la composition de « La Vida breve », mais, ne pouvant la créer sur scène, il se rendit à Paris et fit la connaissance de plusieurs compositeurs, Claude Debussy, Paul Dukas et André Messager, ses plus précieux conseillers pour l’avenir.

Encouragé par un tel entourage, il révisa l’orchestration de son opéra, développa brillamment les danses, et l’adaptation française de Paul Millet lui permit de le présenter pour la première fois au Casino Municipal de Nice en 1913, puis à l’Opéra Comique, à Paris, en 1914.

Cependant, à cause de la Première Guerre Mondiale, Manuel de Falla revint à Madrid où il réussit à représenter « La Vida breve » au Teatro de la Zarzuela, le lieu de la représentation de ce soir. Cette salle, l’équivalent de la salle Favart à Paris, arbore une forme en fer à cheval élancée, aérée, chaleureuse et très agréable à vivre.

La-Vida-breve01-copie-1.jpg  Reçu de participation pour l'oeuvre La Vida breve (Archive de la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando)

 

Comme la pièce ne dure qu’un peu plus d’une heure, le spectacle conçu par Herbert Wernicke, disparu depuis, associe en première partie une œuvre plus tardive, "El Amor Brujo", et tend à les unifier en faisant se rejoindre les douleurs respectives de Salud et Candelas.

Tout se déroule sur un large plateau circulaire, en bois, incliné vers l’orchestre, autour duquel un fond de ciel bleu luminescent crée un sentiment d’intimité poétique apaisant.
Soutenu par une musique riche en sonorités dorées et d’éclats de clarinettes, et évocatrice d’une Andalousie arabisante, "El Amor Brujo" exprime les déchirures d’une âme abandonnée de ses insouciances amoureuses.

La-Vida-breve04.jpg   Esperanza Fernandez (Candelas)

 

L’interprétation d’Esperanza Fernandez est un cri écorché qui se libère avec une force pas simplement plaintive, mais avec dans la voix comme un espoir en quelque chose de supérieur qui puisse l’entendre, tendu vers le ciel.
La violence de ses expressions déformantes montrent également son incapacité à retrouver ce qui devait faire sa grâce auparavant, en contraste total avec la légèreté furtive de la danseuse, Natalia Ferrandiz.

En admirant les déroulés fuyants des gestes et des volants de robe, cette vision d’une vie de feu à la fois fière et emportée par le flot de la musique fascine naturellement, mais porte en elle, également, toute la tristesse d’un élan, et d’une jeunesse, qui a quitté la chanteuse.

La-Vida-breve05.jpg   Esperanza Fernandez et Natalia Ferrandiz

 

Cette similitude entre chant et pleurs, et entre danse et bonheur, apparaît dès le prologue, à partir d’un extrait des Chants des Gitans de Séville ajouté par le metteur en scène. Il insère également des chants populaires dans la seconde partie, "La Vita breve".

Dans un premier temps, le début de cet opéra fait penser à l’univers mystérieux de Billy Budd. Le plateau est nu, uniquement percé, en arrière plan, d’un long lampadaire semblable à un mât, et la musique, alternant ondes marines, mouvements d’ombres dans le style de Moussorgski, et motifs orientalisants, se fond dans le chant du chœur, harmonieux et très épuré, invisible et surnaturel.
L’ensemble est d’une beauté pathétique magnifique.

La-Vida-breve06.jpg   Maria Rodriguez (Salud)

 

L’histoire est simple, une femme, Salud, est trahie et abandonnée par son amant pour une autre femme plus jeune et plus riche, une description d’un drame humain identique à ce que vit Santuzza dans "Cavalleria Rusticana", l’œuvre emblématique du vérisme italien.

Même si Maria Rodriguez extériorise un chant intense, puissant et meurtri en s’éloignant sensiblement des lignes belcantistes, elle fait entendre ce supplément d’âme et de lumière moins flagrant dans les incarnations italiennes purement viscérales.

La-Vida-breve07.jpg Herbert Wernicke aboutit à une scène où l’on reconnait sa croyance en la dimension universelle de l’amour, tout le fond de scène versant en une splendide nuit étoilée sous laquelle survient Candelas, en écho à l’"Amor brujo", pour chanter ses pleurs.

La scène suivante de danse au village est réalisée avec joie et une belle maîtrise esthétique, à l’identique de la musique qui nous remémore la danse espagnole écrite et idéalisée par Tchaïkovski pour Le Lac des Cygnes.
 

Nulle part qu’à Madrid, et dans un tel théâtre, ce grand moment de Flamenco ne pouvait être aussi intensément vécu, avec ces cadences de castagnettes fuyantes et ces sévillanes virevoltantes. 

 

Danseuse et danseur de Flamenco

 

Tous les autres chanteurs ont un véritable caractère vocal, José Ferrero et ses intonations espagnoles chantantes, la force digne de Milagros Martin ou bien l’autorité entière d’Enuque Vaquerizo apportant un supplément de vérité brute sans artifice.

L‘ensemble est porté par l'Orchestre de la Commune de Madrid et Guillermo Garcia Calvo, complices et musiciens animés d'un courant vital évident, qui fait l’unité de ce spectacle si beau et essentiel.


La-Vida-breve08.jpg Esperanza Fernandez (Candelas) chantant "Nana de Sevilla" (air de Federico Garcia Lorca) auprès de Maria Rodriguez (Salud)

Par David - Publié dans : Saison 2012/2013
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 2 octobre 2012 2 02 /10 /Oct /2012 07:58

 

Web : Free Opera streaming 

(Lien direct sur les titres et sur les vidéos) 

Parsifal (Bayreuther Festspiele)

   Les Troyens (Royal Opera House) jusqu'au ? 2012

 

 Pelléas et Mélisande (Festival de Verbier) jusqu'au ? 2012

   Ariane à Naxos (Festival de Salzbourg) jusqu'au ? 2012

Le Couronnement de Poppée (Opéra de Lille) jusqu'au 12 avril 2014

La représentation de l'âme et du corps (Cité de la musique) jusqu'au 22 octobre 2012

 La Finta Giardiniera (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 26 octobre 2012

Les Noces de Figaro (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 26 octobre 2012

 Written on skin (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 29 octobre 2012 

 David et Jonathan  (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 02 novembre 2012 

Farnace (Opéra de Strasbourg) jusqu'au 20 novembre 2012

 Carmen (Opéra de Lyon) jusqu'au 27 décembre 2012

 Phaeton   (Festival de Beaune) jusqu'au 27 janvier 2013

 

TV : Lyrique et Musique


Mardi 02 octobre 2012 sur France 2 à 00h30
Albert Herring (Benjamin Britten)
Avec Clayton, Gustafson, Palmer, Purves, Tynan, Esper, Greenan, Melrose...
Direction Equilbey, Mise en scène Brunel

Mercredi 03 octobre 2012 sur Arte à 22h30
Musique classique et Guerre Froide
Les musiciens en RDA. Documentaire de Thomas Zintl et Barbara Wunderlich

Dimanche 07 octobre 2012 sur Arte à 19h05
Caldara
Jaroussky, Concerto Köln

Lundi 08 octobre 2012 sur Arte à 00h05
Thanks to my eyes (Oscar Bianchi)
Avec Hagen Matzeit, Brian Bannatyne-Scott, Keren Motseri, Fflur Wyn, Anne Rotger, Antoine Rigot
Ensemble Modern dirigé par Franck Ollui


Mardi 09 octobre 2012 sur France 2 à 00h30
Rinaldo (Haendel)
Avec Cukrova, Plachetka, Fajtova, Martinik, Mihalcova
Direction Luks, Mise en scène Moaty

Dimanche 14 octobre 2012 sur Arte à 19h15
Gershwin, Piazzola
Feidman (Clarinette), Gershwin Quartet

Lundi 15 octobre 2012 sur Arte à 01h30
L'Orchestre baroque de Fribourg avec Kristian Bezuidenhout

 

Dimanche 21 octobre 2012 sur Arte à 14h30
Lalo. Repin (violon)
Philh. de Radio France, direction Chung

Mardi 23 octobre 2012 sur France 2 à 00h30
Messe en si (Bach)
Avec Engeltjes, Walker, Harvey
Akademie für Alte Musik Berlin Direction Reuss

Dimanche 28 octobre 2012 sur France 3 à 01h15
La Sonnanbula (Bellini)
Avec Natalie Dessay, Marie-Adeline Henry, Michele Pertusi, Cornelia Oncioiu, Javier Camarena, Nahuel Di Pierro.
Direction Evelino Pido, Mise en scène Marco Arturo Marelli

Dimanche 28 octobre 2012 sur Arte à 19h15
Mozart, Verdi, Strauss, Mahler

Avec Pape, Georghiu
World Orchestra for Peace, direction Valery Gergiev

Mardi 30 octobre 2012 sur France 2 à 00h30
Carmen (Bizet)
Avec Antonacci, Richards, Gillet, Cavallier
Direction Gardiner, Mise en scène Noble

Mercredi 31 octobre 2012 sur Arte à 22h30
George Solti, un Européen passionné.
Documentaire de Georg Wübbolt

Par David - Publié dans : TV Lyrique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 23 septembre 2012 7 23 /09 /Sep /2012 23:35

ACapriccio03.jpg Capriccio (Richard Strauss)
Représentations des 8 et 22 septembre 2012
Palais Garnier

La Comtesse Michaela Kaune
Le Comte Bo Skovhus
Flamand Joseph Kaiser
Olivier Adrian Eröd
La Roche Peter Rose
Clairon Michaela Schuster
Monsieur Taupe Ryland Davies
La chanteuse italienne Barbara Bargnesi
Le chanteur italien Manuel Nuñez Camelino
Le Majordome Jérôme Varnier

Mise en scène Robert Carsen (2004)
Direction musicale Philippe Jordan


                           Michaela Kaune (La Comtesse Madeleine)

 

Inévitablement, la seconde reprise de Capriccio fait ressurgir les souvenirs idéalisés des derniers jours de la direction d’Hugues Gall.

Le choix d’une œuvre abordant sur le plan philosophique la convergence des arts - le théâtre, la danse, la musique et la poésie - et la candeur du sentiment amoureux telles qu’elles se déclinent dans la création lyrique ne pouvaient que générer une immense impression de totalité, surtout lorsque des interprètes emblématiques de ce directeur, Renée Fleming, Franz Hawlata, Anne Sofie von Otter pour ne citer qu’eux, étaient réunis à l’occasion de cette ultime conversation en musique.

ACapriccio02.jpg

   Adrian Eröd (Olivier), Peter Rose (La Roche) et Joseph Kaiser (Flamand)

 

Une fois compris et dépassé le regard nostalgique sur cette époque, le spectacle qui ouvre la saison de 2012/2013 sous les ors du Palais Garnier apparaît comme un luxueux brillant lyrique qui conserve une part de son âme grâce à la présence de Michaela Kaune dans la grande scène finale, une apparition merveilleuse pour le spectateur qui la découvre pour la première fois après les deux levers de rideaux successifs, celui de la scène, puis celui du théâtre sur la scène.

Si le chant de la soprano allemande ne dispose pas de ce fil subtilement velouté qui lie les mots sous le souffle de Renée Fleming, tout est impeccablement déclamé au cours des longues digressions jusqu’à ce qu’elle devienne tragédienne, embellie par ses expressions qui révèlent des torpeurs tout en maintenant une ligne vocale finement épurée.
Réussir cela est indispensable pour donner grâce et vérité à ce mouvement final d’extériorisation.

ACapriccio04.jpg    Michaela Kaune (La Comtesse Madeleine)

 

Elle ne domine pas crânement, sans doute, mais elle s’harmonise avec un ensemble de chanteurs qui ont tous des qualités qui les distinguent subtilement de façon à créer une troupe équilibrée qui se répond avec naturel.
Sous les traits de La Roche, Peter Rose impose une franchise de ton et une agréable homogénéité de timbre qui adoucit le caractère de ce directeur tiré vers une sensibilité humaine malgré ses soucis de gloire.

ACapriccio01.jpg Les deux prétendants ont eux aussi leur petites particularités, Joseph Kaiser ayant surtout pour lui la poésie d’un timbre aux accents slaves quand il jette ses exclamations à cœur ouvert vers la Comtesse, mais également une souplesse feutrée dans la démarche théâtrale, alors qu'Adrian Eröd est le plus classique des Olivier, le parfait gentilhomme élevé aux bonnes manières, un chant mesuré, et taillé sur mesure, sans le moindre accroc.

Bov Skovhus s’est souvent fait remarquer pour ses emphases qui dramatisent à l’excès, mais avec sincérité, ses sentiments envers ses personnages de jeu, alors le Comte passe pour un instable incontrôlable avec lequel seule l’actrice Clairon peut rivaliser.

 

Joseph Kaiser (Flamand)

 

Riche en contrastes, le timbre de Michaela Schuster peut être aussi clair que parcellé d’intonations sombres et d’irrégularités qu’elle dépasse par la sympathie de ses mimiques rarement dirigées vers les postures hautaines.
Avec elle et Peter Rose, la vision de Robert Carsen, tendue vers la comédie de Marivaux, trouve un liant qui dédramatise, une vitalité à la fois distanciée et susceptible amusante à regarder. 

 

Le livret de Capriccio s’apprécie hors représentation, car en suivre les surtitres au cours de la scène ne peut que distraire, et empêcher même de laisser son imaginaire se construire au fil de la musique et des échanges entre chanteurs.

ACapriccio05.jpg    Michaela Schuster (Clairon)

 

Robert Carsen ne s’est pas contenté de travailler l’animation du jeu scénique, et surtout les jeux de distances, de fuites et de rapprochements entre les protagonistes, il a également offert le cadre extraordinaire d’un avant scène dépouillé et, en arrière plan, une reproduction du foyer de la danse soutenu par des piliers torsadés qui reflètent son mobilier et la salle à travers ses miroirs dans une ambiance lumineuse dorée comme en fin de journée, la fin d’une époque.

 

Mais lorsque l’on sait avec quelle splendeur la conclusion est offerte au spectateur, on ne peut s’empêcher de vivre avec un certain empressement dans l’attente de ce moment crucial qui peut se lire sous plusieurs points de vue.


ACapriccio06.jpg       Michaela Kaune (La Comtesse Madeleine)

 

Le plus évident est d’y voir l’apparition magique d’une pièce lyrique intemporelle devant laquelle s’effacent les fatigantes discussions sans fin du quotidien.
Plus profondément, on peut y trouver le reflet de ce que représente l’art lyrique, une projection en ombres et lumières de l’âme humaine lorsqu’elle n’est plus étouffée par la vie en société, ses convenances, ou ses propres contradictions.

 

Robert Carsen rajoute alors un dernier niveau en faisant disparaître brutalement les décors déplacés nonchalamment pas les techniciens de l’Opéra Garnier, pour laisser la scène vide avec en arrière plan, tout de même, le Foyer de la danse au creux duquel une danseuse achève son entraînement. Les illusions explosent, et l’auditeur peut toujours se demander ce que tout cela a changé.

ACapriccio09.jpg

 

On avait quitté l’Opéra Bastille avec l’Arabella dirigée par Philippe Jordan, puis suivit les débuts du jeune directeur musical à Bayreuth pour la dernière reprise du Parsifal mis en scène par Stefan Herheim, et, infatigable, le revoici dirigeant en ouverture le testament  lyrique de Richard Strauss.
Si le sextuor à cordes initial semble trop rivaliser avec le confort doucereux des velours de Garnier, Philippe Jordan mène par la suite l’orchestre vers de majestueuses enveloppes - tout en souplesse.
Les textures des cordes prennent des couleurs surannées qui ont leur charme, mais sans les irisations chatoyantes qu’elles pourraient disperser, et les plus belles impressions musicales se lisent quand harpes et cuivres se mêlent au bois pour tendre vers une profonde liquidité reposante, un envahissement sonore qui ne nous quittera plus, on l’espère, pour un peu de temps.

ACapriccio08.jpg

   Michaela Kaune (La Comtesse Madeleine)


Par David - Publié dans : Saison 2012/2013
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 4 septembre 2012 2 04 /09 /Sep /2012 22:48

Der-Schatzgraber01.jpg Der Schatzgräber (Franz Schreker)
Représentation du 01 septembre 2012
De Nederlandse Opera (Amsterdam)

Der König Tijl Faveyts
Die Königin Basja Chanowski
Der Kanzler/Der Schreiber Alasdair Elliott
Herold / Der Graf André Morsch
Der Magister/Der Schultheiss Kurt Gysen
Der Narr Graham Clark
Der Vogt Kay Stiefermann
Der Junker Mattijs van de Woerd
Elis Raymond Very
Der Wirt Andrew Greenan
Els Manuela Uhl
Albi Gordon Gietz
Ein Landsknecht Peter Arink
Erster Bürger Cato Fordham
Zweiter Bürger Richard Meijer
Mezzo Sopran Solo Marieke Reuten
Alt Solo Inez Hafkamp
Alt Solo Hiroko Mogaki

Mise en scène Ivo van Hove                                       Manuela Uhl (Els)
Direction musicale Marc Albrecht

Au cours de la première décennie de ce siècle, la réhabilitation scénique des œuvres d’un compositeur allemand dénigré par Hitler, Paul Hindemith, révéla sa richesse d’écriture musicale et littéraire. L’Opéra National de Paris lui a même dédié deux productions à l’esthétique magnifique pour Cardillac et Mathis Le Peintre.

Selon le même mouvement de renaissance sur les cendres du nazisme, la seconde décennie pourrait bien être celle d’un autre compositeur juif autrichien, Franz Schreker.
Cette saison, l’Opéra de Strasbourg redécouvre Der Ferne Klang, et il en sera de même, bientôt, pour Der Gezeichneten (Les Stigmatisés) à Paris, alors qu’Amsterdam ouvre la saison 2012/2013 avec Der Schatzgräber.


Der-Schatzgraber03.jpg

   Kay Stiefermann (Der Vogt)

 

Le chercheur de trésor est un conte de fée centré sur le personnage d’Els, jeune femme qui a pu récupérer et conserver pour elle même les bijoux volés de la Reine.
Engagé par le Roi, un chanteur ambulant et joueur de luth, Elis, la rencontre, et l’histoire d’amour qui se noue entre eux deux se trouve contrariée par nombres d’embûches, nombres de prétendants, et par le rapport obsessionnel qu’entretient Els malgré tout avec les joyaux.

A travers sa mise en scène, Ivo van Hove décrit l’évolution intérieure d’Els en la présentant comme une adolescente rebelle, arborant une collection de crucifix provocateurs, et élevée de surcroît dans un milieu masculin grossier et dominateur.

Cette quête d’elle-même passe par le regard d’Elis, mais aussi par des phases de doute, de peur et de régression, ce que le régisseur exprime avec une justesse et une précision théâtrale rare à l’Opéra.
Et il a la chance de pouvoir travailler cette vision avec Manuela Uhl, une fabuleuse chanteuse dans un rôle qu‘elle s‘approprie entièrement.


Der-Schatzgraber02.jpg    Manuela Uhl (Els)

 

Belle femme à l’allure naturelle, un caractère écorché mais les yeux perdus, ses expressions vocales raisonnent autant de douleur intense et lumineuse que de délicatesse, un art de la diction et de la vérité intérieure dont on ne décroche à aucun instant.
Cette vitalité se transmet aussi par l’éclat des couleurs et la profondeur d'émission qui en font le cœur rayonnant de toute la représentation.

Le décor repose sur un grand plan vertical, brisé vers l’intérieur de la scène, une disposition qui favorise encore plus la projection des voix dans une salle à l’acoustique intrinsèquement aérienne et enveloppante.

Der-Schatzgraber04.jpg    Raymond Very (Elis)

 

Abondamment utilisée, la vidéographie, reprenant la symbolique de la forêt que l’on discerne au second plan de la scénographie du premier acte, renvoie à l’histoire de la jeune femme, sa rupture avec ses origines, puis à ce grand moment d’unité avec elle-même qu’elle retrouve dans la scène d’amour du troisième acte, jusqu’à la naissance de la vie.  L’imagerie mélange amour physique et imaginaire cosmique avec un trop grand écart de niveau pour ne pas en sourire.

Ce troisième acte est d’un lyrisme étourdissant car l’on se trouve plongé dans le flot qui immerge les amants tels Tristan et Isolde, sans toutefois la noirceur qui caractérise l’état d’âme de ces derniers.

Der-Schatzgraber05.jpg    Manuela Uhl (Els) et Raymond Very (Elis)

 

Ainsi, la musique de Schreker est un écoulement continu régénérant soulevé de grands mouvements épiques, lisibles quand ils soulignent le caractère oppressant des protagonistes masculins, et qui se recueille sur des instants poétiques très sensibles, d’où se délient les motifs d’instruments sur les frémissements des cordes.

Ces passages sollicitent les ressources de l’orchestre situées à gauche, plus proche du cœur, et c’est peut être pour cela que les moments intimes se jouent la plupart du temps de ce côté ci de la scène.

Marc Albrecht y engage une fougue et un sens de l’unité qui permettent ainsi de lier avec naturel toute les dimensions d’une musique immédiate d’accès, et où l’on pressent la récurrence de motifs, même s’ils n’ont pas la même accroche pénétrante et obsédante comme dans la musique de Wagner.

Der-Schatzgraber06.jpg    Manuela Uhl (Els)

 

Bien que Manuela Uhl soit véritablement l’étoile de la soirée, la distribution ne comporte aucune faille et permet d’apprécier des caractères aussi différents que le Bouffon de Graham Clark d’une clarté mordante, voir cinglante, l’impressionnant Kay Stiefermann maître d’un personnage à la fois glacial et fascinant, l’élocution faussement suave d’Alasdair Elliott, remarquable par le poids écrasant de son regard menaçant, et, à contre courant de tous ces hommes profondément empreints de leur vanité sociale, Raymond Very livre une interprétation humaine d’Elis d’une très grande maturité, totalement axé sur l’empathie avec l’autre et d'une très belle sensibilité.

Ivo van Hove a tiré de ces artistes le meilleur d’eux-mêmes, montré dans son approche scénique et vidéographique la foi qu’il a en la vie, et ce sont ces images là qui rendent aussi fondamental un tel théâtre.

Le chœur, dans un rôle à la fois spectateur et consolateur, fut d’une unité impeccable.

Par David - Publié dans : Saison 2012/2013
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 1 septembre 2012 6 01 /09 /Sep /2012 08:37

Web : Free Opera streaming 

(Lien direct sur les titres et sur les vidéos) 

  Les Troyens (Royal Opera House) jusqu'au ? 2012

 

 Pelléas et Mélisande (Festival de Verbier) jusqu'au ? 2012

   Ariane à Naxos (Festival de Salzbourg) jusqu'au ? 2012

Parsifal (Théâtre des Champs Elysées) jusqu'au 9 septembre 2012

Passion (Théâtre de la Monnaie de Bruxelles) jusqu'au 01 octobre 2012

Le Couronnement de Poppée (Opéra de Lille) jusqu'au 12 avril 2014

La représentation de l'âme et du corps (Cité de la musique) jusqu'au 22 octobre 2012

 La Finta Giardiniera (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 26 octobre 2012

Les Noces de Figaro (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 26 octobre 2012

 Written on skin (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 29 octobre 2012

 

 David et Jonathan  (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 02 novembre 2012

 

Farnace (Opéra de Strasbourg) jusqu'au 20 novembre 2012

 Carmen (Opéra de Lyon) jusqu'au 27 décembre 2012

 Phaeton   (Festival de Beaune) jusqu'au 27 janvier 2013

 

 

TV : Lyrique et Musique

Dimanche 02 septembre 2012 sur Arte à 19h00
Beethoven, Mozart.
Avec Banse, Prohaska, Mingardo, Schmitt, Pape.
Orchestre du Festival de Lucerne, direction Abbado

Dimanche 09 septembre 2012 sur France 3 à 0h30
Don Giovanni (Mozart)
Avec Pisaroni, Samuil, Finley, Sherratt, Burden, Royale
Dir Jurowski, m.s Jonathan Kent

Dimanche 09 septembre 2012 sur Arte à 15H30
Darius le conquérant
Documentaire sur Darius Milhaud

Dimanche 09 septembre 2012 sur Arte à 19h00
Barber, Debussy
Avec Shaham (Violon), Orchestre de Paris, direction Conlon

Mardi 11 septembre 2012 sur France 2 à 0h30
Schéhérazade, Daphnis et Chloé
Ballet de Monte-Carlo, chorégraphie, Maillot.

Dimanche 16 septembre 2012 sur France 3 à 0h30
Rigoletto (Verdi)
Avec Domingo, Novikova, Raimondi, Grigolo
Dir Mehta, m.s Marco Bellocchio

Dimanche 16 septembre 2012 sur Arte à 19h00
Debussy
Orchestre National de Lille, direction Casadesus

Dimanche 16 septembre 2012 sur Arte à 23h35
Pierre Boulez, un certain parcours

 

Mardi 18 septembre 2012 sur France 2 à 0h30
Werther (Massenet)
Avec R.Villazon, L.Tézier, A.Vernhes, S.Graham.
Direction Kent Nagano, m.s. Jürgen Rose

Dimanche 23 septembre 2012 sur France 3 à 0h20
Beethoven, Chopin, Debussy, Schubert
Menahen Pressler (Piano)

Dimanche 23 septembre 2012 sur Arte à 19h00
Beethoven
Pires (Piano), Orchestre de Paris, direction Chailly

Mardi 25 septembre 2012 sur France 2 à 0h30
Spira mirabilis. Documentaire de Caillat

Dimanche 30 septembre 2012 sur France 3 à 0h15
Caligula
Ballet de l'Opéra National de Paris

Par David - Publié dans : TV Lyrique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 30 août 2012 4 30 /08 /Août /2012 05:46

Des influences européennes au premier opéra russe (1735-1855)

Jusqu’en 1836, il y eut peu d’opéras russes remarquables.

1735 St Petersburg : La Tsarine Anna Ivanovna nomme le compositeur italien Francisco Araia comme Maître de Chapelle. Toutefois, seule sa dernière composition Tsefal i Prokris (1755), d’après Les Métamorphoses d’Ovide,  sera écrite en russe.

Plus tard, Catherine II de Russie voit dans l’Opéra un support pour la propagation des idées politiques et sociales.
Mais elle préserve cependant son admiration pour les œuvres françaises, italiennes et allemandes.

1779 Moscou : Le Meunier magicien, rusé et marieur de Mikhaïl Sokolovsky, créé au Théâtre Petrovsky, est un des tout premiers opéras russes.

1780 Moscou : La troupe du Bolchoï, fondée par le Prince Urusov et  l’entrepreneur anglais Michael Maddox, acquière le Théâtre Petrovsky, renommé Théâtre du Bolchoï.

A cette époque, nombres d’acteurs étaient des serfs. Cette pratique va disparaître en 1806.

1815 Dans l’euphorie de la défaite de Napoléon, Catterino Cavos, compositeur et chef d’orchestre italien, crée un opéra pour exalter le sentiment nationaliste à partir de l’histoire de Soussanine. Son opéra ne fait guerre impression, mais il va apparaître comme une étape décisive dans l’histoire de l’opéra russe.

Les débuts de l’Opéra russe datent effectivement d’une soirée bien précise :

1836 St Petersburg : Lors de la soirée du 09 décembre, Nicolas Ier et sa famille assistent à la création de l’opéra Ivan Soussanine de Mikhaïl Glinka. Ce soir là, Cavos en assure la direction.

Par la suite , Ivan Soussanine ouvrira chaque saison d’opéra à Moscou et St Petersburg jusqu’en 1913. Nicolas Ier suggère néanmoins un autre titre : Une vie pour le Tsar, nom sous lequel cet opéra est connu en occident aujourd’hui.
Mikhaïl Glinka ayant beaucoup voyagé en Europe et rencontré Donizetti, Bellini et Berlioz, les influences européennes se manifestent dans Une vie pour le Tsar. Mais il utilise aussi les échos musicaux de son enfance, les chants liturgiques orthodoxes, le son des cloches.
Il se réfère également à la littérature de son pays, Alexandre Pouchkine en particulier.

Malheureusement, Pouchkine meurt en 1837 et ne peut achever sa collaboration avec Glinka sur son second opéra Rousslan et Ludmilla.

1842 St Petersburg : Rousslan et Ludmilla est enfin créé au Bolchoï.
Désormais, la mention « d’après Pouchkine » va être apposée sur les livrets des œuvres de Moussorgski, Tchaïkovski, Rimski-Korsakov, Rachmaninov, Stravinsky etc.

Par la suite, Dargomyjski met en musique la langue russe selon le principe que la note doit exprimer le mot. Mais la forme de récitatif presque continu du Convive de Pierre, créé en 1872 bien après sa mort, ne peut captiver le public.


Le Groupe des Cinq et Tchaïkovski (1855-1910)

Entre 1856 et 1862, Mili Balakirev, pianiste et compositeur rassemble autour de lui un groupe de jeunes musiciens, le groupe des cinq. Trois d’entre eux sont officiers, un autre est chimiste.

1869 St Petersburg : William Ratcliff, l’opéra le plus connu de César Cui, un des membres du groupe des cinq, est représenté au Théâtre Marinskii. Bien que cet opéra ait beaucoup inspiré ses collègues, Moussorgski, Rimski-Korsakov, Borodine, les quinze ouvrages du compositeur disparaitront du répertoire.

1869 St Petersburg : La même année, Modest Moussorgski créé Boris Godounov au Théâtre Marinskii. D’abord rejetée, l’œuvre fortement révisée triomphe auprès du public en 1874. Elle comporte trois rôles splendides pour les basses.

Resté à l’écart du groupe des cinq, Piotr Ilitch Tchaïkovski voyage en Allemagne et en France, s’imprégnant de la musique de ce pays. Il composera 10 opéras et trois ballets. 

1879 Moscou : Création d’Eugène Onéguine, œuvre d’un très grand charme musical et d’une très grande force lyrique, la plus célèbre de Tchaïkovski.
Tchaïkovski triomphe 11 ans plus tard à St Petersburg avec La Dame de Pique. L’oeuvre annonce inconsciemment sa propre fin, et on y trouve la prophétie de Carmen qui l’avait tant marqué.
En 1893, huit jours après la création de la 6ème symphonie, il se donne la mort.
Plus que tout autre, il fit connaître la musique russe dans le monde.
 
1886 St Petersburg : Opéra Posthume de Moussorgski, La Khovantchina traite d’une période antérieure d’un siècle à Boris Godounov. Inachevé, Rimski-Korsakov en complète l’orchestration.

1890 St Petersburg :  Borodine a écrit les plus beaux quatuors à cordes. Le Prince Igor, œuvre massive comme Boris Godounov, est une réussite de bout en bout.

Rimski Korsakov a fait le plus pour ses collègues par son travail de correction et d’achèvement de leurs œuvres.
Il a composé en tout 14 opéras en illustrant différents genres historiques (La Pskovitaine, La Fiancée du Tsar) ou féériques (Sadko, La Légende de la ville de Kitège)

1909 Moscou : Le Coq d’Or, œuvre posthume de Rimski-Korsakov, est créé au théâtre Solodovnikov, théâtre privé créé en 1895 par Sawa Mamontov.
Cet industriel et philanthrope a créé sa propre compagnie sous le nom « Compagnie Mamontov ». Elle joue aussi bien à Nijni-Novgorod qu’à Moscou, et permet au public russe de découvrir les opéras contemporains, Aïda, Faust, que l’on ne pouvait pas voir dans les théâtres impériaux.

Il offrait également des occasions de carrière aux chanteurs nationaux, dont le plus illustre fut Fédor Chaliapine.
Enfin, il persuada de grands artistes de réaliser les décors des opéras contemporains, préfigurant ce que feront Léon Bakst et Alexandre Benois pour Serge de Diaghilev en Europe occidentale.

1897 Moscou : création du Théâtre d’art de Moscou par Vladimir Nemirovitch-Dantchenko et Constantin Stanislavski. Tout deux militaient en faveur d’un style de mise en scène et de jeu naturaliste.
Stanislavski demandait à ses acteurs de s’identifier totalement aux personnages qu’ils interprétaient. 
Avec l’avancée dans le siècle, le théâtre et l’opéra vont se nourrir mutuellement et les idées de Stanislavski vont avoir une influence qui dépassera largement les frontières de la Russie.


Le renouveau du théâtre musical russe (1910-1955)

1910 Opéra de Paris : un an après la création en France de la compagnie de danse, les Ballets russes, Serge de Diaghilev crée l’Oiseau de Feu sur la musique d‘Igor Stravinsky.
Quelque chose de nouveau apparaît dans le théâtre musical russe.
Diaghilev commande , en effet, les décors et les costumes auprès des meilleurs artistes, Picasso, Braque, Matisse …, et la musique aux compositeurs les plus originaux, Ravel, Debussy, Prokofiev, Strauss

1913 Théâtre des Champs Elysées (Paris) : la création du Sacre du printemps attire sur la tête d’Igor Stravinsky la fureur d’une génération élevée dans la tradition du siècle passé, une émeute qui sera pire que celle qui accompagna la création de Tannhäuser à l’Opéra de Paris.

1914 Opéra de Paris : Stravinsky crée Le Rossignol au cours de la saison organisée par Diaghilev.

1917 A l’époque de la révolution d’octobre, Stravinsky, Diaghilev et une bonne partie des danseurs étaient déjà passés à l’étranger. Grand pianiste, Serge Prokofiev voit la première de son opéra, Le joueur, annulée, et le public devra attendre 1929 pour l’entendre sur scène à la Monnaie de Bruxelles.
Prokofiev émigre aux Etats-Unis.

1921 Chicago : Prokofiev crée l’Amour des 3 Oranges, fondé sur un vieux canevas de la commedia dell’arte.

1923 Ettal (Haute Bavière) : Dans le calme des Alpes, Prokofiev compose L’Ange de Feu, œuvre violemment expressionniste qui ne sera jouée qu’en 1954 au Théâtre des Champs Elysées à Paris.

1930 Leningrad : Le Nez, opéra de Chostakovitch sur un livret satirique de Gogol suscite la controverse mais est accepté par la censure.

1934 Leningrad : Lady Macbeth de Mtsensk, œuvre d’un surréalisme flamboyant, est acclamé au Théâtre Maly, puis à Moscou, Cleveland, Philadelphie et New-York.

1936 Moscou : Staline assiste à Lady Macbeth de Mtsensk et condamne sans appel l’œuvre de Chostakovitch .

1946 Leningrad : quatre ans après sa composition, l’opéra en treize scènes de Prokofiev, Guerre et Paix, est créé au Théâtre Maly.

1948 Le Comité central du Parti Communiste publie une résolution critiquant la musique et les musiciens soviétiques. Les compositeurs sont contraints à l’autocritique, et doivent reconnaître publiquement leurs erreurs, un des moments les plus infâmes de l’histoire de la musique de notre siècle.

 1951 Venise : Igor Stravinsky crée The Rake’s Progress, œuvre néoclassique et extravagante.

Par David - Publié dans : Histoire de l'Opéra
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Jeudi 2 août 2012 4 02 /08 /Août /2012 17:55

Parsifal05.jpg Parsifal (Richard Wagner)
Représentation du 29 juillet 2012
Festival de Bayreuth

Amfortas        Detlef Roth
Titurel             Diógenes Randes
Gurnemanz     Kwangchul Youn
Parsifal           Burkhard Fritz
Klingsor         Thomas Jesatko
Kundry           Susan Maclean

Mise en scène Stefan Herheim
Décors            Heike Scheele
Lumières         Ulrich Niepel
Vidéo              Momme Hinrichs

Direction musicale    Philippe Jordan

 

Susan Maclean (Kundry) et trois étapes de la jeunesse allemande (hitlérienne, d'avant guerre et d'après guerre sous les traits d'Edmund)

 

Quatre ans après sa création, la conception historique et psychanalytique de Parsifal par le norvégien Stefan Herheim reste une des plus intelligentes productions du festival, accordée à une scénographie d’une très grande force visuelle.
Il faut être particulièrement attentif pour pouvoir saisir et traduire tous les symboles au premier coup d‘œil, d’autant plus que le premier acte est conçu comme le rêve d’un jeune aventurier décidé à quitter sa mère, Herzeleide, vu sous l’angle du lien qui attache les Allemands à leur mère patrie et à la religion, depuis le moyen âge jusqu’à l’Empire.

Parsifal01.jpg

  La villa Wahnfried (Acte I) - Photo: Enrico Nawrath/Bayreuther Festspiele


Un impressionnant décor reconstitue la villa Wahnfried, la maison où vécut Richard Wagner, à l’intérieur de laquelle Winifried Wagner accueillit plus tard Adolf Hitler.
En surplomb sur la cheminée, à gauche, un grand portrait de Germania - allégorie féminine et frondeuse de la nation allemande - domine la pièce et oriente le regard sur l’identité des protagonistes lorsqu’ils prennent la même allure d’une femme blessée au flanc, vision christique vêtue tout de blanc, qu’il s’agisse de Kundry, Amfortas, ou Parsifal au dernier acte.
La relation à cette femme est montrée sous un aspect douloureux et pénible.

Herheim fait à la fois plaisir à l’audience en représentant la procession du Graal selon un ancien rite orthodoxe lumineux et grandiose, mais ironise tout autant en teintant la coupe d’une couleur violacée factice.

Dans ce monde en apparence innocent et marqué par le symbole bienveillant du cygne, mais qui s’est emmuré, Parsifal apparaît comme un élément perturbateur, joueur, mais encore inconscient du mal sous-jacent qui s’est instillé dans la jeunesse allemande du début XXème.

Le second acte est axé sur la perversion de Klingsor et sur la puissance sexuelle tentatrice de Kundry, identifiée à Marlène Dietrich dans l’Ange Bleu selon le film de Josef von Sternberg.
Il s’agit de montrer ici comment le National Socialisme a instrumentalisé la sexualité des Allemands de manière à les rendre plus combattifs dans les années 30 et 40 (scène avec les infirmières).
Après avoir échoué à séduire Parsifal, Kundry réapparaît en mère nationale, dernière dispute qui atteint le point culminant de l’œuvre avec l’envahissement de la villa par les Nazis, jeunesse hitlérienne, drapeaux et croix gammées recouvrant tout l’espace dans une vision dramatique saisissante.
La destruction de ce monde par la lance du héros d’un blanc étincelant en préserve la pureté, quitte à donner un caractère kitch à cet objet autant symbolique que le Graal.

Parsifal02.jpg

  Kwangchul Youn (Gurnemanz) (Acte I) - Photo: Enrico Nawrath/Bayreuther Festspiele


Le troisième acte ressemble beaucoup à ce que fit pour Paris Krzysztof Warlikowski en 2008.
L’ouverture sur l’ombre des ruines de la villa recoupe les images du film de Rossellini « Allemagne année zéro », les derniers symboles religieux combattants s’abattent (fin de l’ordre des templiers), et, après une spectaculaire désagrégation vidéographique du visage de Wagner dans un brouillard noir intensifiée par la marche menaçante et sinueuse qui précède l’arrivée du chœur installé dans un amphithéâtre, l’avènement d’une république démocratique devient l’issue politique durable d’une nouvelle nation basée sur les valeurs d’une famille recomposée. La nouvelle jeunesse allemande apparaît sous les traits d’Edmund (toujours « Allemagne année zéro » ), et Kundry reste en vie.

 La force de ce discours dramaturgique est de rester constamment lié à la musique, et de s’appuyer autant sur une exigeante direction d’acteurs que sur une occupation totale de l’espace scénique, dans toute sa profondeur de champ, et sur une utilisation des éclairages qui peuvent créer une lumière naturelle, ou bien des ambiances surnaturelles.

 Face à un tel engagement et à la prégnance du visuel, amplifiée par le noir total dans lequel est plongée la salle de par la disposition même de l‘orchestre totalement dissimulé sous la scène, on ne fait même plus attention aux limites d’une distribution convaincante, mais sans être exceptionnelle.
Burkhard Fritz incarne un Parsifal humble et très humain aux couleurs vocales plutôt sombres, Susan Maclean atteint très vite ses limites dans les aigus mais se rattrape par son expressivité dans la tessiture grave, et Kwangchul Youn commence sérieusement à fossiliser sa voix, ce qui augmente sa stature autoritaire d’homme du passé.

Parsifal03.jpg

   Susan Maclean (Kundry) et Philippe Jordan


Bien que Klingsor soit très bien défendu par Thomas Jesatko, Detlef Roth devient le chanteur le plus marquant, car il imprime de sa voix claire une humanité complexe et tourmentée, et pourtant énergique, qui donne une vitalité nouvelle à Amfortas.

 Cette première représentation de Parsifal au Festival de Bayreuth 2012 est aussi une première pour le directeur musical de l’Opéra National de Paris, Philippe Jordan.
Son grand sens symphonique évanescent, qui donne des frissons dès l’ouverture, s’accomplit totalement au troisième acte, et même si l’on reconnait toujours cette forme de timidité face au sens théâtral, perceptible au premier acte, on l’oublie vite dans les grandes montées lumineuses, et aussi par la connaissance que l’on a du cœur sincère de cet homme exceptionnel.

Il y a bien sûr l’acoustique magnifique du Festspielhaus, mais également les qualités d’un chœur capable de donner une force et une unicité à son chant vocal qui nous touchent au plus profond de l’âme.

 

Pour revoir et réentendre ce spectacle, Arte diffusera en léger différé la troisième représentation prévue le 11 août 2012.

Par David - Publié dans : Saison 2011/2012
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mardi 24 juillet 2012 2 24 /07 /Juil /2012 09:13

Ainadamar01.jpg Ainadamar, fuente de lagrimas (Osvaldo Golijov)
Représentation du 22 juillet 2012
Teatro Real de Madrid

Margarita Xirgu Nuria Espert

                         Jessica Rivera
Federico Garcia Lorca Kelley O’Connor
Nuria Nuria Rial
Ruiz Alonso Jesus Montota
José Tripaldi Miguel Angel Zapater

Mise en scène Peter Sellars
Direction musicale Alejo Pérez

 

Kelley O'Connor (Lorca) et Nuria Espert (Margarita Xirgu)

 

Provenant de l’Opéra de Santa Fe où elle fut créée en 2005, la production de Peter Sellars est reprise et modifiée par lui-même pour le Teatro Real de Madrid, illustrant ainsi les derniers jours de la vie du poète espagnol exécuté par les antirépublicains sous les murs de Grenade en 1936.

Toute la scénographie repose sur les expressions du visage et les gestes qui disent la beauté et la souffrance dans laquelle vécut la relation entre Lorca et l’actrice Margarita Xirgu. Comme pour Iolanta, le metteur en scène américain utilise des éclairages au sol tournés vers l’intérieur de la scène afin de mettre en valeur l’humaine profondeur de ces acteurs et chanteurs magnifiques.

Ainadamar02.jpg

  Nuria Espert (Margarita Xirgu), Kelley O'Connor (Lorca) et Nuria (Nuria Rial)


L’actrice Nuria Espert - reconnue aujourd’hui comme une grande interprète de Federico Garcia Lorca - entretient un rapport d'échange à coeur ouvert avec l’audience, car elle engage chacun à conserver et partager le meilleur de son humanité même dans des circonstances aussi graves que le joug de la barbarie fasciste.

Il en résulte un climat dépressif, et la musique d’Osvaldo Golijov lui apporte une certaine légèreté vitale et hispanisante faite de rythmes des congas, ou bien de larges passages symphoniques quasi debussystes.

Les voix sont certes amplifiées, mais l’équilibre sonore est superbement entretenu, si bien qu’elles y gagnent en pureté, faisant prendre à celle de Nuria Rial des couleurs de contreténor frappantes et déroutantes à la fois.

Ainadamar03.jpg

  Nuria Espert (Margarita Xirgu), Kelley O'Connor (Lorca) et Miguel Angel Zapater (José Tripaldi)


L’ensemble est entouré par des toiles abstraites de l’artiste peintre Gronk, des formes complexes en teinte de terre rouge auxquelles chacun réagit à sa manière, et selon son état psychique du moment.

Face à ce spectacle fort, mais qui n’a pas totalement rempli la salle, on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi ne voit-on pas plus de monde éprouver le besoin de découvrir ces œuvres artistiques qui alimentent un questionnement fondamental sur le rapport aux autres?

Par David - Publié dans : Saison 2011/2012
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 10 juillet 2012 2 10 /07 /Juil /2012 23:25

LesTroyens01-copie-1.jpg Les Troyens (Hector Berlioz)
Représentation du 08 juillet 2012
Royal Opera House - Covent Garden

Cassandre Anna Caterina Antonacci
Chorèbe Fabio Capitanucci
Panthée Ashley Holland
Hélénus Jy Hyun Kim
Ascagne Barbara Senator
Hécube Pamela Helen Stephen
Priam Robert Lloyd
Polyxène Jenna Sloan
Andromaque Sophia McGregor
Astyanax Sebastian Wright
Enée Bryan Hymel
Fantôme d’Hector Jihoon Kim
Capitaine grec Lukas Jakobski
Didon Eva Maria Westbroek
Anna Hanna Hipp
Iopas Ji-Min Park
Narbal Brindley Sherratt
Mercure Daniel Grice
Hylas Ed Lyon
Soldats Adrian Clarke
            Jeremy White

Mise en scène David McVicar
Direction musicale Antonio Pappano                      Scène finale des Troyens (Colosse destructeur)

Très attendue, la nouvelle production des Troyens montée par le Royal Opera House a visiblement ravi une grande partie du public impressionnée par le monumental décor de mille et une nuits et la maquette magnifiquement détaillée d’une Carthage imaginaire, la machinerie complexe du cheval de Troie, et la vitalité naïve des figurants.

L’intense et expressionniste direction musicale d’Antonio Pappano fait entendre une importante richesse de coloris, de vives pulsations et les accélérations de cadences d’un cœur battant, des accents fauves et tranchants, mais elle cède de son souffle épique aux passages qui devraient en être soulevés, comme la scène de chasse royale et d’orage, malheureusement plombée par une chorégraphie dont une image - les cerbères en tablier des forges - rappelle l’Orphée et Eurydice de Pina Bausch, et se révèle d’un non sens absolu qui tue l’accès à l’élan romantique de la musique.

On retrouve ces danseurs dans les musiques de ballets, mais faut-il à tout prix conserver ces passages musicaux s’ils sont associés à des danses anecdotiques sans le moindre intérêt artistique et sans valeur dramaturgique?

LesTroyens02.jpg    Eva-Maria Westbroek (Didon)

 

Malgré une scénographie lourde, David McVicar inscrit Les Troyens dans une vision de film d’aventure qui souffre la comparaison avec le travail si stylisé, unifié et épuré d’Herbert Wernicke à Salzbourg et Paris, ou bien plus conventionnelle, certes, mais de meilleur goût de Yannis Kokkos à Paris également.

L’engagement certain de tous les chanteurs ne compense pas non plus le dense brouillard dans lequel se noie le chant français, si l’on excepte l’articulation impeccable d’Anna Caterina Antonacci trop impliquée dans l’hystérie de Cassandre, et si loin de la Vénus drapée et tragique que l’on découvrit au Châtelet, neuf ans depuis, une vision anthologique.

Eva-Maria Westbroek domine le rôle de Didon, une endurance dont on ne doute point, mais à aborder tant de rôles différents -elle fut elle-même Cassandre à Amsterdam- ses incarnations se ressemblent toutes, plus démonstratives que profondes.

Alors, de cette importante distribution, on peut remarquer le fragile et touchant Hylas d’Ed Lyon, et saluer Bryan Hymel qui, s’il ne peut se départir d’un timbre ingrat, assure une vaillance et une volonté expansive qui en attire la sympathie de tous au dernier acte.

On serait tenté de penser que Paris a bien eu de la chance de connaître deux interprétations majeures des Troyens, au Châtelet et à Bastille, et d’y voir les deux plus convaincantes de ce début de millénaire.

Par David - Publié dans : Saison 2011/2012
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 5 juillet 2012 4 05 /07 /Juil /2012 18:31

Arabella01.jpg Arabella (Richard Strauss)
Représentation du 30 juin 2012
Opéra Bastille

Graf Waldner Kurt Rydl
Adelaide Doris Soffel
Arabella Renée Fleming
Zdenka Genia Kühmeier
Mandryka Michael Volle
Matteo Joseph Kaiser

Mise en scène Marco Arturo Marelli (Graz 2008)
Direction musicale Philippe Jordan

 

 

Renée Fleming (Arabella) et Doris Soffel (Adelaide)

 

Si l’on ne devait s’en tenir qu’au texte, on trouverait le personnage d’Arabella bien ennuyeux, car le questionnement sans fin sur ses prétendants tourne à vide, jusqu’au tout dernier instant où elle évoque enfin un sentiment soudain qui la fait s’éprendre de Mandryka, riche provincial qui est surtout amoureux d’une image (le portrait). Comment ne pas plutôt croire à la réalité du poids de la condition sociale ?

Mais il y a aussi l’amour de Zdenka pour Matteo, moteur inconscient qui la fait agir dans l’espoir d'atteindre Arabella, avant qu’elle ne comprenne la réalité de ses propres sentiments pour le jeune officier, motivation la plus touchante de l’œuvre que la musique ne magnifie pourtant pas.

En réalité, la musique dit autre chose. Elle enrobe de sentiments le personnage d'Arabella, ce qui engendre une sensation d'artificialité gênante.

Arabella02.jpg    Renée Fleming (Arabella)

 

Alors on en oublie l'histoire et l'on prend la musique telle qu'elle est, avec par moment une magnifique évocation de méandres limpides et évanescents qui vivent et s'élèvent sous l'ample direction de Philippe Jordan. Il y a également cette souplesse de son de cuivres fondus à l'ensemble orchestral, quelques noirceurs, et un effet d'enchantement qui laisse rêveur.

Parmi les petites merveilles vocales, le duo d'Arabella et Zdenka fait entendre le superbe alliage de deux timbres, fin et cristallin pour Genia Kühmeier, agréablement charmeur pour Renée Fleming, mais la découverte est le splendide Mandryka de Michael Volle, impressionnant ours au grand cœur dénué de tout ennoblissement précieux, et d’une grande franchisse de geste.

D‘autre part, Genia Kühmeier dessine un portrait extrêmement sensible de la jeune sœur d’Arabella, avec une manière très naturelle de faire ressortir les troubles intérieurs et de le faire ressentir loin dans la salle.

A côté d’eux, Kurt Rydl et Doris Soffel paraissent bien secondaires, malgré leur carrure artistique, et Joseph Kaiser, très beau Lenski il y a quelques temps sur la même scène,  ne trouve pas en Matteo un rôle qui le valorise.

Arabella03.jpg Michael Volle (Mandryka) et Renée Fleming (Arabella)

 

Avec son décor imposant de moulures débordant jusque sur l’avant scène, le dispositif lourd et couteux de Marco Arturo Marelli ne masque pas l’absence d’originalité de sa scénographie, mais il y a au moins un beau moment qui se révèle lors de la conclusion, quand les éclairages s’assombrissent pour accueillir Renée Fleming, inimitable dans les apparitions mystérieusement glamours, laissant un grand frisson nous parcourir sur un ralentissement du temps crépusculaire.

Par David - Publié dans : Saison 2011/2012
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 2 juillet 2012 1 02 /07 /Juil /2012 17:50

Amour3Oranges00.jpg L'Amour des trois oranges (Sergueï Prokofiev)
Représentation du 23 juin 2012
Opéra Bastille

Le Roi de Trèfle Alain Vernhes
Le Prince Charles Workman
La Princesse Clarice Patricia Fernandez
Léandre Nicolas Cavallier
Trouffaldino Eric Huchet
Pantalon Ignor Gnidii
Tchélio Vincent Le Texier
Fata Morgana Marie-Ange Todorovitch
Linette Carol Garcia
Nicolette Alisa Kolosova
Ninette Amel Brahim-Djelloul
 La Cuisinière Hans-Peter Scheidegger
Sméraldine Lucia Cirillo
Farfarello Antoine Garcin

Direction musicale Alain Altinoglu
Mise en scène Gilbert Deflo (2005)         

                                                                                                            Marie-Ange Todorovitch (Fata Morgana)

L'Amour des trois oranges est l'œuvre lyrique la plus accessible au très jeune public de par la série de péripéties loufoques, l'adaptation en français du livret d'origine, et l'inventivité ironique de la musique.

On se souvient encore des rires des enfants invités par Gerard Mortier à la répétition générale précédant la création de ce spectacle, ils rendaient aussi vivants le parterre et les balcons que ne l'étaient la scène et la fosse d'orchestre.
Et lorsque l’on y assiste en compagnie d’un enfant, on en adopte alors le regard rajeuni et insouciant qui rénove notre propre perception de l'ouvrage.
  Amour3Oranges02.jpg    Eric Huchet (Trouffaldino)

 

De fait, la mise en scène conçue par Gilbert Deflo est sans nul doute la meilleure dont dispose l'Opéra de Paris de sa part, et pour cause, ce régisseur a tendance à se laisser guider uniquement par la musique, singulièrement stimulante par ses contrastes rythmiques et ses changements de couleurs dans cet opéra.
Sa connaissance de la Commedia dell'Arte italienne y rencontre également un univers où s'accomplir, avec numéros de cirque, déguisements multicolores, et effets pyrotechniques.

Le Prince prend ainsi un regard de Pierrot, pour lequel Charles Workman aura marqué le rôle jusqu'à aujourd'hui avec sa gestuelle légère et ample, son timbre blessé mâtiné de blanc, et quelques fissures vocales qui n'en réduisent en rien l'authenticité.
Amour3Oranges01.jpg    Charles Workman (Le Prince) et Amel Brahim-Djelloul (Ninette)

 

Comme tout le monde y retrouve - des spectateurs aux chanteurs - la légèreté de l‘enfance, l'ensemble de la distribution interagit avec naturel et amusement.
Elle est variée en couleurs depuis le Tchélio sonore de Vincent Le Texier - avec bien peu d'efforts d'élocution – à la toute fragile Amel Brahim-Djelloul, et se distingue un chanteur, Eric Huchet, jusqu'à présent limité à des rôles mineurs, qui aura montré sa capacité à imposer une présence physique et vocale très assurée.

Sous la direction transparente et bien équilibrée, mais un peu trop sage, d'Alain Altinoglu, l'opéra s'achève sur le grand éclat de la célèbre Marche, reprise volontairement pour voir défiler une dernière fois chanteurs et comédiens, et finir sur une note festive et énergique bienvenue.

Par David - Publié dans : Saison 2011/2012
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 1 juillet 2012 7 01 /07 /Juil /2012 08:26

Web : Free Opera streaming 

(Lien direct sur les titres et sur les vidéos) 

Les Troyens (Royal Opera House) jusqu'au ? 2012

Götterdämmerung  (En direct du Bayerische Staatsoper) le 15 juillet 2012 à 17H00.

Il Trovatore (Théâtre de la Monnaie de Bruxelles) du 07 au 27 juillet 2012 

Pelléas et Mélisande (Festival de Verbier) jusqu'au ? 2012

 Ariane à Naxos (Festival de Salzbourg) jusqu'au ? 2012

Giulio Cesare (Festival de Pentecôte de Salzbourg) jusqu'au ? 2012 

Nixon in China (Théâtre du Châtelet) jusqu'au 18 juillet 2012

Don Pasquale (Théâtre des Champs Elysées) jusqu’au 17 août 2012

Parsifal (Théâtre des Champs Elysées) jusqu'au 9 septembre 2012

Le Couronnement de Poppée (Opéra de Lille) jusqu'au 26 septembre 2012

La représentation de l'âme et du corps (Cité de la musique) jusqu'au 22 octobre 2012

 La Finta Giardiniera (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 26 octobre 2012

Les Noces de Figaro (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 26 octobre 2012

 Written on skin (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 29 octobre 2012

 David et Jonathan  (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 02 novembre 2012

Farnace (Opéra de Strasbourg) jusqu'au 20 novembre 2012

 Carmen (Opéra de Lyon) jusqu'au 27 décembre 2012

 Phaeton   (Festival de Beaune) jusqu'au 27 janvier 2013

 

 

TV : Lyrique et Musique

Dimanche 01 juillet 2012 sur Arte à 15H05
Lully l'incommode
Avec Christina Pluhar, Philippe Jaroussky, Véronique Gens
Direction Patrick Cohën-Akenine, Orchestre: Folies françoises

Dimanche 01 juillet 2012 sur Arte à 19H00
Musique russe par l'Orchestre de Paris
Avec l'Orchestre de Paris dirigé par Kazuki Yamada, Jean-Yves Thibaudet joue le Concerto pour piano de Khatchatourian.

Lundi 02 juillet 2012 sur Arte à 00H55
Lucerne Festival
Yefim Bronfman (piano), Direction Andris Nelsons, Royal Concertgebouw Orchestra

Samedi 07 juillet 2012 sur France 3 à 23h55
Pagliacci (Leoncavallo)
Avec Alagna, MUla, Ko, Degout, Laconi.
Direction Prêtre, mise en scène Auvray

Dimanche 08 juillet 2012 sur Arte à 15H00
Joseph Haydn, un génie méconnu
Avec Leif Ove Andsnes, Thomas Quasthoff

Dimanche 08 juillet 2012 sur Arte à 19H00
Patricia Petibon chante Georg Friedlich Händel
Orchestre Venice Baroque Orchestra

Mardi 10 juillet 2012 sur France 2 à 21h40
La Bohème (Puccini) En direct d'Orange
Avec Grigolo, Mula,Beller Carbone, Tézier, Spotti, Lhote
Direction Chung, mise en scène Duffaut

Jeudi 12 juillet 2012 sur Arte à 20H35
Mozart Superstar
Avec Patricia Petibon, Benjamin Schmid

Jeudi 12 juillet 2012 sur Arte à 21H30
Les Noces de Figaro (En direct du Festival d'Aix en Provence)
Avec Paolo Szot, Malin Byström, Patricia Petibon, Kyle Ketelsen, Kate Lindsey, Anna Maria Panzarella
Direction Jérémie Rhorer, Mise en scène Richard Brunel
Orchestre Le Cercle de l'Harmonie

Samedi 14 juillet 2012 sur France 3 à 23h55
L'enlèvement au sérail (Mozart)
Avec Fournereau, Elmark, Casey, Milhofer, Vidal, Simper
Direction Bedford, mise en scène Vittoz

Dimanche 15 juillet 2012 sur Arte à 19H00
Musique pour orgue de Franz Liszt II
L'organiste Christian Schmitt interprète deux pièces de Liszt dans le cadre imposant de la Philharmonie Luxembourg.

Mardi 16 juillet 2012 sur France 2 à 00H15
La Clémence de Titus (Mozart)
Avec Kunde, Connoly, Stephany, Brahim-Djelloul.
Direction Davis, mise en scène Mc Vicar

Samedi 21 juillet 2012 sur France 3 à 23h55
Les Noces de Figaro (Mozart)
Avec Tezier, Frittoli, Syurina, Pisaroni, Deshayes, Murray, Lloyd
Direction Jordan, mise en scène Camerlo-Strehler (Opéra National de Paris 2010)

Dimanche 22 juillet 2012 sur Arte à 19H00
Mozart, Beethoven, Scarlatti
Argerich, Wang (Piano), Verbier Chamber Orchestra.

Mardi 24 juillet 2012 sur France 2 à 00H15
Tosca (Puccini)
Avec Naglestad, Alagna, Struckmann, Smilek, Trempont
Direction Franck, mise en scène Duffaut

Dimanche 29 juillet 2012 sur Arte à 14H00
Une journée à Salzbourg
Avec Abbado, Quatuor Hagen
Litaniae, Messe en Ut de Mozart
Direction Harnoncourt

Lundi 30 juillet 2012 sur Arte à 20H15
La Flûte Enchantée (En léger différé du Festival de Salzbourg)
Avec Kleiter, Richter, Fredrich, Zeppenfels, Gantner, Schwarz
Direction Harnoncourt, mise en scène Herzog

Mardi 31 juillet 2012 sur France 3 à 21h30
Turandot (Puccini) En direct d'Orange
Avec Alagna, Borsi, Spotti, Merritt, Barrad, Laconi
Direction Plasson, mise en scène Roubaud

Dimanche 05 août 2012 sur Arte à 19h00
Centenaire du Festival d'opéra de Savonlinna
Sous la direction de Jari Hämälaïnen (enregistré le 05 juillet 2012)

 

Mardi 07 août 2012 sur France 2 à 01h25
Concert des nuits de Schönbrunn
Orchestre philharmonique de Vienne sous la direction de Gustavo Dudamel

 

Samedi 11 août 2012 sur Arte à 17h00
Parsifal (Wagner) Festival de Bayreuth
Avec Roth, Randes, Youn, Fritz, Maclean, Jesatko
Direction Philippe Jordan

Dimanche 12 août 2012 sur Arte à 15h45
Soweto Strings, suivi de Open Opera : qui sera Carmen?

 

Dimanche 12 août 2012 sur Arte à 18h30
Saint-Saëns, Poulenc par Ciccolini
Angelich (Piano), Le Sinfonia Varsovia, direction Kaspszyk

 

Lundi 13 août 2012 sur France 3 à 00h30

Verdi : biographie de Raffaello Matarazzo

 

Mardi 14 août 2012 sur France 2 à 00h50
The Rake's Progress (Stravinsky)
Avec Lehtipuu, Persson, Rose, Gorton
Direction Vladimir Jurowski, mise en scène Cox

 

Mercredi 15 août 2012 sur Arte à 22h30
Arthur Rubinstein
Documentaire de Margossian

 

Jeudi 16 août 2012 sur TF1 à 01h55
Le Couronnement de Poppée (Monteverdi)
Mise en scène Robert Carsen

 

Samedi 18 août 2012 sur France 3 à 23h55
Macbeth (Verdi)
Avec Tiliakos, Urmana, Furlanetto, Secco
Direction Currentzis, mise en scène Tcherniakov

Dimanche 26 août 2012 sur Arte à 19h00
Beethoven
Orchestre de l'Age des Lumières, direction Vladimir Jurowski

Par David - Publié dans : TV Lyrique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 20 juin 2012 3 20 /06 /Juin /2012 20:37

Le Couronnement de Poppée (Claudio Monteverdi)
APoppee03.jpg Représentation du 16 juin 2012
Teatro Real de Madrid

Poppea Nadja Michael
Nerone Charles Castronovo
Ottavia Maria Riccarda Wesseling
Ottone William Towers
Seneca Willard White
Drusilla Ekaterina Siurina
Virtud, Palas Lyubov Petrova
Fortuna, Dama Elena Tsallagova
Amor Serge Kakudji
Page Hanna Esther Minutillo
Nourrice d' Ottavia Jadwiga Rappé
Arnalta José Manuel Zapata
Lucano, Liberto Juan Francisco Gatell

Mise en scène Krzysztof Warlikowski
Direction musicale Sylvain Cambreling
Klangforum Wien
Instrumentation de Philippe Boesmans
                                                                                  Nadja Michael (Poppée)


La nouvelle production du Couronnement de Poppée présentée au Teatro Real est une rare occasion d'entendre l'œuvre de Monteverdi dans l'orchestration de Philippe Boesmans. Cette version fut en effet commandée par Gerard Mortier pour le Théâtre de la Monnaie en 1989, et jouée par un grand orchestre sous la direction de Sylvain Cambreling.

APoppee01.jpg    William Towers (Ottone)

 

Mais pour Madrid, le compositeur belge a revu et adapté l’orchestration aux instruments et à l'effectif réduit du Klangforum Wien, un ensemble musical contemporain autrichien comprenant de 20 à 30 pupitres. 

 

Ainsi, si l'enveloppe mélodique est préservée, le climat musical se teint désormais d'une atmosphère voluptueuse qui se substitue à la légèreté champêtre de l‘écriture originelle, et se pare de sonorités chaleureuses et liquides - déferlant de scintillements parfois - d'un synthétiseur, d'un harmonium, d'un piano et d'un célesta.

APoppee02.jpg    Nadja Michael (Poppea) et Charles Castronovo (Nerone)

 

Cet univers stylisé et mystérieux devient un support adéquat au théâtre sophistiqué de Krzysztof Warlikowski, et il y a un véritable plaisir à revoir Sylvain Cambreling heureux de diriger un ouvrage que peu auront l’occasion de reprendre, avec un soin amoureux des contrastes incessants et inhérents à cette musique.

 Bien que familier des metteurs en scène chers à Mortier - Christoph Marthaler, Johan Simons, Michael Haneke, U. et K-E. Herrmann …-, il s’agit de sa première collaboration avec le directeur polonais, dans une pièce où nombres de personnages sulfureux ne peuvent que toucher ce dernier.

 

L'idée force de Warlikowski est de suivre une dramaturgie articulée autour d'un événement clé, le suicide de Sénèque, événement qui précipite la décadence d'un monde, la libération des peurs et des désirs, et le triomphe d'une dictature violente.

APoppee09.jpg    Willard White (Seneca)

 

L'opéra débute par un cours de philosophie interactif, marqué de la prestance impressionnante et l’élocution mordante de Willard White, et destiné à une classe d'étudiants qui ne sont autres que les futurs acteurs du drame.

L'ambiance est à la détente, et l'on se doute que Warlikowski fait référence à ses propres influences littéraires.

Les textes abordent des thèmes comme les limites de la connaissance de l'autre, ou bien le risque de manipulation politicien par la peur, toutes sortes de peurs.

APoppee04.jpg Maria Riccarda Wesseling (Ottavia) et Jadwiga Rappé (La Nourrice)

 

Mais lorsque la musique commence, l'histoire se déroule six ans plus tard, sous le règne de Néron, puis, sur les accords graves et sombres de cuivres dramatiques, défilent des images en clair-obscur de Leni Riefenstahl, artiste connue pour son implication dans le processus d'esthétisation de la politique d'Hitler.

On en retrouve d'autres plus loin, à la gloire de la force masculine allemande, mêlées à la force de l'architecture et de la sculpture antique grecque, civilisation qui fascina et façonna également l'impérialisme romain. 

APoppee06.jpg Tout se passe dans un grand gymnase soutenu par quelques piliers latéraux, surplombé en arrière scène par un grand écran pour mettre en valeur les visages et expressions des protagonistes.
Malgré la grande ouverture de la scène, jusqu’au plafond, les voix s’en trouvent valorisées, sans se disperser.

Comme on pouvait s'y attendre, le jeu d'acteur est en mouvement constant, et pousse l'expressivité corporelle dans l'extrémité de ses désirs.

Ottone est présenté comme une figure christique, du moins en apparence, pour laquelle William Towers offre un timbre et des inflexions qui pleurent d'incessantes plaintes.

 

 

Ekaterina Siurina (Drusilla)

 

Néron et Poppée surviennent en rampant sur le dos, dans une scène érotique qui place très nettement la future impératrice en position de séductrice, alors que son amant tente de préserver une certaine distance.

Avec un regard aussi perçant que celui de Warlikowski, Nadja Michael est non seulement une artiste très animale, mais également une incarnation vocalement forte et languissante, et le choix d'un ténor comme Charles Castronovo donne à l'Empereur une autorité nerveuse, mais supprime aussi la tendresse ambiguë qu'un contre-ténor aurait normalement exprimée.

APoppee05.jpg Un garde et William Towers (Ottone)

 

La belle surprise de la soirée est l'interprétation d'Ottavia par Maria Riccarda Wesseling, elle qui fut découverte dans la première mise en scène de Krzysztof Warlikowski à l'Opéra de Paris, Iphigénie en Tauride.
Tout est superbement rendu, la douleur, la détresse physique, le regard qui cherche en elle-même la vérité des sentiments, et tout cela en évitant absolument le mélodrame.

 Dans les rôles plus secondaires, la Drusilla d’Ekaterina Siurina brille par son charme et sa fraîcheur, Jadwiga Rappé incarne une nourrice chaleureuse, et Hanna Esther Minutillo compose un petit page espiègle et très vivant, un engagement scénique qui dépasse la sensible âpreté de ses couleurs vocales.

Enfin, des trois déesses, la Fortune, la Vertu et l’Amour, Elena Tsallagova est la plus lumineuse, en harmonie avec les sonorités rondes de la musique, tout le contraire de Serge Kakudji qui semble être distribué afin de donner à l’Amour un visage noir.
 

APoppée07 Warlikowski construit ainsi un cheminement jusqu’à ce que Néron en ait assez de Sénèque, et le pousse au suicide.

Dans ce dernier instant, on voit le philosophe caressant à distance, d’une ombre de la main, une femme qu’il aurait voulu aimer, puis l’arrivée sur scène d’exécuteurs nazis, tous indifférenciés.
La disparition de celui qui imposait une puissance morale, entraîne alors une libération des pulsions les plus retenues, Poppée révélant toute la force dominatrice qui l’anime, et, sans doute plus discutable, le trouble de genre apparaissant chez Néron qui se féminise, sous l'influence de Lucano devenu mauvais garçon.

 

Maria Riccarda Wesseling (Ottavia)

 

 

La scène devient de plus en plus envahie des symboles humains nazis et fascistes, les exécuteurs mussoliniens, les Dieux du Stade avec lesquels fuit Ottavia - avec toujours une justification par le texte-, jusqu’à la grande scène finale qui inverse les rôles. Poppée accède à une grandeur dictatoriale absolue.

Tout n’est évidemment pas clair chez Warlikowski, le travestissement d’Arnalta par exemple, mais il signe à nouveau un spectacle très fort et interrogatif, dans l’ensemble plus lisible que certaines de ses pièces de théâtre où l’action peut être parallélisée et plus difficile à suivre.

APoppee08.jpg    Nadja Michael (Poppea) et Charles Castronovo (Nerone)

 

Cette version de L'incoronazione di Poppea sera reprise à l’Opéra de Montpellier en mai 2013.

Par David - Publié dans : Saison 2011/2012
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 15 juin 2012 5 15 /06 /Juin /2012 16:04

Elias01.jpg Elias (Felix Mendelssohn)
Concert du 12 juin 2012
Basilique Sainte-Clotilde

Avec Stéphane Degout, Sarah-Jane Brandon, Clémentine Margaine, Stanislas De Barbeyrac, Lucy Hall

Direction Raphaël Pichon
Orchestre 430
Chœur de chambre Otrente

 

Basilique Sainte-Clotilde

 

Entre deux représentations d' Hippolyte et Aricie, Stéphane Degout a eu la générosité de venir incarner le rôle d'Elias, prophète auquel Felix Mendelssohn dédia un oratorio, au cœur de la Basilique Sainte-Clotilde.

En regard des solistes qui l‘accompagnent, deux sopranos (Sarah-Jane Brandon, Lucy Hall), une mezzo (Clémentine Margaine) et le ténor Stanislas De Barbeyrac (Atelier lyrique de l'Opéra national de Paris), le baryton rend une figure à la fois simple et profonde de cet homme, avec une fascinante impression de solidité intérieure et de maturité, bien en avance sur son jeune âge.

Elias02.jpg

   Stéphane Degout (Elias)

 

Inévitablement, les voix aériennes du chœur et la texture musicale se dissipent fortement dans les hauteurs de la nef, si bien que l'on se trouve plongé dans un état d'esprit un peu vague et réflexif face au magnifique orgue en bois orné de flèches d’argent gothiques.

Mais quand Elie se résigne à quitter la vie, Stéphane Degout interprète un Es ist genug! qui en éprouve irrésistiblement la gravité et la tristesse, nous ramenant à quelque chose de très humain.
Cet instant de vérité, arrivé sans s'y attendre, ne s’oubliera pas.

Par David - Publié dans : Saison 2011/2012
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Rechercher

Présentation

  • Histoire de l'Opéra et vie culturelle parisienne pour fervents lecteurs
  • : Musique art Theatre danse spectacle Musique
  • : Ce blog est une petite étoile de plus de la nébuleuse virtuelle. Tous les comptes-rendus (terme plus exact que critiques) sont la traduction d'émotions que les évènements du monde lyrique, mais aussi du ciel ,du théâtre ou du cinéma pour n'en citer que quelques uns, auront fait naitre. Le contexte historique m'intéresse beaucoup et est une autre dominante du site.
  • Retour à la page d'accueil

Syndication

  • Flux RSS des articles

Recommander

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés