Rue Santa Fe

Publié le 24 Décembre 2007

Calle Santa Fe (Rue Santa Fe)
Documentaire de Carmen Castillo

Durée 2H45

Après le coup d’état du 11 septembre 1973, Pinochet engage une répression sanglante contre les opposants politiques. Le M.I.R (mouvement d’extrême gauche chilien) est la cible privilégiée.
Le 5 octobre 1974, l’un des dirigeants de la résistance, Miguel Enriquez, est abattu rue Santa Fé.
Son épouse, Carmen Castillo, survit et s’enfuit en France.

Ce film retrace ses souffrances dans l’exil et ses retrouvailles avec Santiago. Ses amies évoquent la torture et comment elle pousse aux limites de la vie.
Aujourd’hui, aucun militaire, aucun civil ayant agi pour le compte du gouvernement n’a été jugé et arrêté.

Cependant l’engagement des opposants à la dictature est ici analysé, décortiqué sans aucune complaisance.
La disparition de leurs proches ne les a pas abattu, leur force s’en est même accrue.
Nous constatons même que la dualité entre leur lutte pour un idéal d’une part, et leur amour des autres d’autre part, a conduit à des fractures inouïes. La famille politique se substitue à la famille traditionnelle, et des militants seront exclus lorsqu’ils réclameront leur part d’humanité.
C’est tout un questionnement sur ce besoin d’un projet qui nous dépasse qui est posé avec ses conséquences dangereuses. Il y a un moment où le dogme l’emporte sur la vie des autres, et même notre propre vie.
Explication d’un des responsables : le M.I.R n’avait que 8 ans lorsqu’il s’est trouvé confronté à la dictature.
Maintenant un courant « social » est relié à cet engagement « politique » nous dit-il.
Mais présenté ainsi, le mot « politique » semble encore trop synonyme de « prise de pouvoir » pour cet homme, alors qu’il devrait représenter une «œuvre pour le bonheur de la population » qui doit s'exprimer d'abord dans sa relation avec l'entourage.

Après tant de folie, le film de Carmen Castillo renoue avec un retour à la vie, dont le spectateur sort tout de même assez éprouvé.

 

Rédigé par David

Publié dans #Théâtre-Cinéma

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genoveva 25/12/2007 12:27

J'ai beaucoup aimé ce film et j'ai trouvé que la réalisatrice y avait mis beaucoup de pudeur. A voir absolument malgré les 3 heures.