
Véronique (André Messager)
Représentation du 21 janvier 2008 au Théâtre du Châtelet
Hélène de Solanges (Véronique) Amel
Brahim-Djelloul
Florestan de Valaincourt Dietrich Henschel
Agathe Coquenard Ingrid Perruche
Gaston Coquenard Laurent Alvaro
Ermerance de Champ d'Azur Doris Lamprecht
Séraphin Sébastien Guèze
Loustot Gilles Ragon
Tante Benoît Catherine Hosmalin
Direction musicale Jean-Christophe Spinosi
Mise en scène Fanny Ardant
A première vue, l’histoire de Véronique n’est que banale. Une jeune fille découvre que son futur époux aime la femme d’un fleuriste. Seulement, endetté jusqu’au cou, Florestan se résigne au
mariage de raison.
Tout le premier acte chez le fleuriste Coquenard met en place l’intrigue, sorte de défilé de personnages surexcités, comédiens dans la comédie, finalement à l’image
d’un Ingrid Perruche (Agathe)
milieu mondain léger et en perpétuelle représentation.
D’emblée Fanny Ardant ne se pose aucune limite, les personnages les plus excentriques se pavanent avec une débauche de costumes et de couleurs, le spectateur en a plein la vue et
se demande tout de même combien de temps cela va durer !
Heureusement,
les deux parties suivantes réservent de très beaux moments de vérité que ce soit le duo entre Florestan et Véronique ou bien la complainte d’Ermerance considérant sa réelle solitude. Et tout cela
sans que le sérieux ne prenne le dessus.
Visuellement, le deuxième acte à Romainville est le plus réussi si l’on considère la fusion impeccable entre la vidéo illustrant les
paysages de campagne, et les décors et lumières de la scène.
La mise en valeur de la vie dans tous les tableaux de cette œuvre ( plein de choses se passent dans les vidéos) est également une constante qui ne surprend guère chez une femme aussi passionnée
que Fanny Ardant.
Bien que la dynamique musicale ne soit particulièrement accentuée au premier acte, la direction de Jean-Christophe Spinosi se fond très bien dans l’ensemble.
Amel Brahim-Djelloul (Véronique) et Dietrich Henschel (Florestan)
Tous les artistes sont excellents acteurs. Laurent Alvaro est nettement le plus sonore, Dietrich Henschel exprime les plus beaux sentiments,
Doris Lamprecht nous réjouit de sa drôlerie, Ingrid Perruche s’amuse sans complexes et Amel Brahim-Djelloul évoque tant l’espièglerie d’Audrey Hepburn qu’elle achève de faire de cet Opéra Comique une transposition vivante et très élégante des comédies américaines des
années 50-60.
Sans doute n'est-ce qu'un hasard si Fanny Ardant ressitue l'histoire en 1953 qui est aussi l'année où l'actrice d'Hollywood reçoit son premier Oscar.