
Lohengrin (Richard Wagner)
Version concert du 05 février 2008 (Salle Pleyel)
Lohengrin Klaus Florian Vogt Elsa Anne
Schwanewilms
Telramund Eike Wilm Schulte Ortrud Marianne Cornetti
Orchestre Philharmonique de la Radio Néerlandaise
Choeur de la Radio Néerlandaise
Direction musicale Jaap van Zweden
Klaus Florian Vogt
(Lohengrin), Anne Schwanewilms (Elsa), Marianne Cornetti (Ortrude)
« Quel noble prodige vois-je là ? Suis-je sous l’effet d’un charme magique ? » .
Entendre le chœur exprimer ces louanges après que Klaus Florian Vogt ait achevé sa déclaration à Elsa soulève une émotion profonde tant la voix laisse rêveur.
La clarté inhabituelle, l’ampleur avec laquelle elle envahie tout l’espace et la puissance qu’elle dégage lèvent les derniers doutes
que pouvaient entretenir la connaissance de ce phénomène vocal uniquement à travers le DVD ( le Lohengrin mis en scène par Nikolaus Lehnhoff à Baden Baden par exemple ).
Et puis il y a ce petit côté « prince charmant », assez insolite chez les ténors wagnériens, qui aurait pu faire de ce chanteur exceptionnel l’unique attrait de la soirée.
Il y en eut bien d’autres.
Avec des signes d’usure dans le médium et pourtant des aigus saillants et suaves à la fois, Anne Schwanewilms crée des ambiguïtés dans son
personnage. Elle trouve ainsi une unité réelle au IIIième acte quand éclate la confrontation avec Lohengrin, un moment intense où l’artiste se révèle tragédienne et peut faire penser à la
Desdemone de Verdi.
Mais il y eut encore plus fort pendant le cortège nuptial du deuxième acte. Jaap van Zweden empoigne la pâte très homogène de son orchestre et dans une fusion totale avec le
chœur réussit à former des pulsations poignantes qui prédisposent le cœur d’une manière que l’on voudrait infinie.
C’est d’ailleurs cette densité qui frappe et qui se révèle très efficace alors que le prélude semblait manquer d’ondes
célestes.

Si Eike Wilm Schulte campe un Telramund, noble, presque respectable, Marianne Cornetti brille d’un très beau caractère.
Son incarnation d’Ortrud ne connaît aucune limite sonore et libère une énergie folle assortie d’attaques implacables.
Cette soirée inoubliable avait tout de même un prix : le retour à pied chez soi en l’absence de tout transport en commun.
En somme, une occasion comme une autre de redécouvrir l’ouest parisien de nuit.
Marianne Cornetti (Ortrud)
Aucun commentaire pour cet article
Derniers Commentaires