L’Orchestre Symphonique de Montréal / Kent Nagano à Pleyel

Publié le 29 Avril 2009

L’Orchestre Symphonique de Montréal
Concert du 28 Avril 2009 Salle Pleyel

Claude Debussy Nocturnes n°1 et n°2
Tan Dun Orchestral Theatre I:O
Composé en 1990, révision en 2002
Créé en 2002 à Brisbane par l’Orchestre Symphonique National de Chine dirigé par Li Xincao

Gustav Mahler Das Lied von der Erde

Direction Kent Nagano

En commençant par l’atmosphère impressionniste des Nocturnes n°1 et n°2 de Claude Debussy, l’Orchestre Symphonique de Montréal tient une occasion de démontrer la subtilité de ses qualités chromatiques.

Nous sommes face à un tissu de lumière que l’on va quitter assez rapidement pour gagner en profondeur au cours de la soirée.

                                                                                                               Klaus Florian Vogt

Extrait de la tétralogie de Tan Dun, Orchestral Theatre I:O est même un formidable bond vers l’extrême Orient, les musiciens s’exclament, soupirent, les percussions animent et sculptent des formes fortes, d’un coup le tuba éjecte une langue rutilante qui disparaît pour laisser place à on ne sait quel motif que notre imagination y associe, tout cela sur un lit de cordes. Très étrange et captivant.

Mais c’est à un plus grand moment encore que nous invitent Kent Nagano, l’orchestre de Montréal et les deux formidables chanteurs que sont Klaus Florian Vogt et Christian Gerhaher.

On pouvait s’attendre à ce que le ténor allemand soit la voix de l’ange, le chant de la Terre de Gustav Mahler lui réserve des situations presque héroïques, qu’il domine sans peine dans une intacte clarté et un peu de superficialité.

Cependant, c’est au baryton Gerhaher qu’il échoit de porter la douceur de l’expression humaine.
D’une voix fabuleusement aérienne, il en fait une plainte d’amour d’une délicatesse qui affecte nos sentiments les plus forts.

Christian Gerhaher

Rédigé par David

Publié dans #Saison 2008-2009, #Concert, #Pleyel, #Vogt, #Nagano, #Gerhaher

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Abnegor 29/04/2009 15:59

Bonjour ! Pour moi, j'avoue que ce fut le pire concert que j'aie assisté dans cette saison. Je trouve qu'ils ont assassiné Mahler ! Dès les premières notes, je me suis dit "mon dieu, non, c'est une blague ?". Ça tient du génie de la part de Nagano : tout les traits caractéristiques de Mahler sont gommés pour... euh... ben pour rien en fait. Il arrive que certains chefs s'approprient les oeuvres pour en faire quelque chose d'autre qui peut avoir au moins l'avantage de plaire à certains. Mais là non, l'oeuvre était transformée pour ne ressembler à rien. Chaque phrase musicale était laide.
J'ai trouvé Voigt insupportable, j'avais l'impression qu'il avait appris les paroles en phonétiques et qu'il ne comprenait pas ce qu'il chantait. J'entendais une succession hachée de syllabes mais jamais de mots... quand à entendre des phrases complètes... En plus, dans son interprétation, il était à côté de la plaque par rapport au texte. Pas très énergique dans le premier chant, puis héroïque dans le troisième chant où il est censé être ironique et désabusé. En gros, pour moi, j'ai trouvé qu'il avait un super timbre, mais incapable d'en faire quelque chose de bien. Un stradivarius à un manchot...
J'ai par contre adoré Gerhaher, poète sublime, qui semblait quand même assez embarrassé par le naufrage dans lequel il essayait de bâtir une cathédrale.
Voilà à peu près tout ce que j'ai ressenti sur ce concert. Sinon, j'ai adoré le morceau de Tan Dun et son grand mélange d'influences (à la fois asiatiques et occidentales) qui arrive miraculeusement à tenir debout.