Falstaff (Verdi)

Publié le 25 Février 2010

Genèse de l’œuvre

Après la troisième représentation d’Otello, Verdi rend visite aux directeurs de la Scala et leur confirme qu’il est à la recherche d’un bon livret d’opéra bouffe. Il rentre ensuite à Sant’Agata.

Voué dorénavant aux œuvres de charité, le compositeur acquiert en 1888 à Milan un vaste terrain sur lequel il envisage de construire une Maison de repos pour les musiciens.

Au cours de l’été 1889, Boito lui envoie son livret inspiré des Joyeuses commères de Windsor et d’Henri IV. Verdi lui répond qu’il travaille maintenant à faire prendre corps à ce « Falstaff ».
Le décès de son camarade de conservatoire oblige cependant Boito à reprendre sa charge au conservatoire de Parme, à la joie de Verdi qui croit au bien qu’il y fera.

En pleine période vériste, Boito apporte la réduction pour chant et piano du Rêve d’Alfred Bruneau. Verdi trouve de bonnes intentions à cet ouvrage mais il n’est que médiocrement attiré par le vérisme.
C’est en septembre 1892 qu’il apprend au librettiste que Falstaff est enfin terminé.

Le 9 février 1893, huit jours après la création de la Manon Lescaut de Puccini à Turin, Falstaff est représenté pour la première fois à la Scala de Milan.
Considéré par la Strepponi comme un exemple de comédie musicale moderne italienne, le modèle auquel rattacher le mieux Falstaff est le chef d’œuvre de Cimarosa, I Matrimonio segreto.
Le succès est triomphal, bien que la musique soit trop inhabituelle, discrète et recueillie, et que le chant se plie aux intentions du discours parlé.

Le temps presse, alors Boito commence en secret à préparer une réduction du Roi Lear.
Verdi retouche quelques passages de Falstaff (le concertato du second acte et le final de la première partie du troisième acte), et révise la traduction française pour l’Opéra Comique à Paris.
Il se remet ensuite à un Te Deum pour double chœur, achevé en 1896.

Au printemps 1897, il reste cependant à Gênes car la Strepponi tombe gravement malade. Elle s’éteint le 16 novembre. 

Malgré les réticences de Verdi, Boito obtient l’autorisation d’exécuter les Pezzi sacri, quatre pièces sacrées dont le Te Deum est la dernière. L’accueil à Paris le 7 avril 1898 est très heureux.

Mais cette année là, face aux émeutes contre la hausse des prix, le général Bava Beccaris fait tirer sur la foule à Milan. Le Roi Humbert Ier le décorera malgré tout, et le payera de sa vie le 29 juillet 1900 à Monza, assassiné par l’anarchiste Gaetano Bresci.
Verdi se demande avec angoisse à quoi sert le sang versé pour l’unification de la terre italienne, si ses fils sont ennemis entre eux ?

Au début 1901, Verdi reçoit les vœux de l’archevêque de Milan, ce qu’il prend pour un mauvais présage. Le 21 janvier, une attaque d’hémiplégie paralyse son côté droit. Il meurt le 27 janvier.

Le 27 février, une foule de 300.000 personnes suit dans Milan le cortège portant les deux dépouilles du couple Verdi-Strepponi, vers la crypte de la Maison de repos pour les musiciens.

 

Falstaff

En 1328, le ralliement du Comte Louis Ier de Flandre à la France pousse les Anglais à réagir en coupant les exportations de laine et en accueillant les tisserands flamands. La pression fiscale française s’accentuant, la Flandre se révolte en 1337.

Philippe VI confisque alors la Guyenne au Roi Edouard III d’Angleterre. La guerre est déclarée et durera 116 ans (guerre de cent ans).

Jusqu’en 1364, les Anglais conquièrent une grande partie de la France, puis sont repoussés par Charles V jusqu’en 1380.

A la mort d’Edouard III, la chute des revenus pousse Jean le Gand, puis Richard II, à lever de nouvelles taxes.
Les secousses sociales et politiques deviennent très violentes, et le Duc de Hereford met fin au règne de Richard en 1399, pour se faire couronner Roi sous le nom d‘Henri IV.
Des révoltes s’en suivent. Elles sont réprimées sévèrement.

Les vues politiques d’Henry, le fils d’Henri IV, divergent largement de celles de son père, et en 1411,  le roi abdique au profit d’Henry V.

Avant son accès au trône, Henry était lié d’amitié avec Sir John Oldcastle, leader Lollard qui contestait l’ordre social et religieux.

Mais en 1414, le soulèvement Lollard est écrasé par Henry V. Ce mouvement annonce cependant les idées de la Réforme protestante.

Quand Shakespeare créa la pièce Henry IV, le compagnon du Prince Hal (le futur Henry V) fût nommé Sir John Oldcastle. Son nom changea plus tard pour devenir Sir John Falstaff, du fait de la valeur politique de OldCastle, et de la puissance de ses descendants.

 

Dans la pièce du dramaturge Elisabéthain et l’Opéra de Verdi, il ne reste presque plus rien des origines chevaleresques de Falstaff, devenu un bouffon qui vit de vol et de débauche.

Ne disposant plus d’un seul sou, Sir John Falstaff est persuadé de pouvoir se refaire en séduisant deux riches bourgeoises, Alice Ford et Meg Page.
Il écrit à chacune d’elles une lettre d’amour.
Cependant, les deux amies se rendent compte qu’elles ont reçu la même missive, et décident de se venger.
Bardolfo et Pistola, deux acolytes auxquels Falstaff doit de l’argent, informent Ford des menaces qui pèsent sur lui, et eux aussi décident de se venger.

Se présentant chez Alice Ford, Falstaff est vite informé par Mrs Quickly que Ford arrive également (en fait il est même persuadé de la complicité de sa femme). Il a tout juste le temps de se réfugier dans un panier de linge sale, et finit dans la Tamise au retour d’Alice Ford.

Par l’intermédiaire de Mrs Quickly, Falstaff reçoit une invitation d’Alice sous le chêne de Herne, travesti en Chasseur Noir.
Il va être à nouveau victime d’une farce, mais également Ford qui voulait marier sa fille Nannetta au docteur Caïus. Elle est heureusement unie à son amoureux, Fenton.
Le choeur final s'achève sur l'air "Tout dans le monde est une farce".

L'ouvrage précédent Otello

Rédigé par David

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