Mardi 10 juillet 2007

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Eclipse partielle vers 1h15 du matin (heure locale)

Si une éclipse de lune ne recèle que peu d’importance scientifique, un photomontage ne relate que bien peu de cette merveille naturelle. L’œil nu remarque l’assombrissement vague du bord de l’astre sélène quand une courbe nette avance sur le disque croqué par l’ombre de la Terre.
Mais la clarté du satellite noie encore les subtiles rougeurs de la face sombre si bien qu’il nous faut attendre la disparition de toute trace de réflexion lumineuse directe pour que seule demeure la lueur des rayons solaires tamisés par notre atmosphère.
 
Dés cet instant il est possible de se représenter le spectacle vu d’abord depuis la frange brillante – le globe terrestre treize fois plus étendu que « Diane Séléné » et hérissé d’une auréole éclatante surplombe l’horizon – puis depuis la bande la plus sombre – la même sphère palpitant de faibles éclats vermillions dans un ciel constellé.

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Dimanche 9 novembre 2003, la lune est entrée dans l'ombre de de la Terre à 00h30 pour intégralement s'eclipser entre 2h05 et 2h30. Elle n'a retrouvé son éclat total qu'à 4h05.
La trajectoire de la Lune est passée en bordure de l'ombre, ce qui explique la faible durée du phénomène (25 minutes).


par David publié dans : Astres
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Lundi 25 juin 2007

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L’annonce à votre entourage proche que vous partez en Libye pour observer une éclipse engendre regards amusés et ironiques, parfois interloqués et tout de même quelques fois approbatifs.
Si le moteur interne de chaque membre du groupe est cette motivation intrinsèque qui nous porte à se diriger vers l’observation de phénomènes célestes, bien d’autres émotions sont en jeu : la prise de contact avec une autre réalité, la rencontre avec le passé, le choc des paysages et de notre imaginaire et enfin la vitalité des liens entre les individus.
 
Le club Eclipse créé par Thierry Midavaine s’accoutume à ces échappées et cette fois, une équipe de tournage de la société Armada nous accompagne alors qu’un groupe de trois italiens nous rejoint à la frontière libyenne. Un bus, puis Huit 4x4 sont alloués pour le transport.
Nous rejoignons le guide, les chauffeurs, les cuisiniers et bien sûr les deux policiers chargés de nous encadrer.
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Nous voiçi donc aux portes d’un territoire d’où sort une interminable colonne de camions vides.
Plus tard ils reviendront du voisin tunisien chargés de matériau de construction. Cependant nous ne verrons pas les flux de pétrole filer vers les pays fournisseurs en échange de ces biens. 
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Sabratha
 
En longeant la côte, les kilomètres de route entre désert et Méditerranée conduisent aux villes de Sabratha puis Leptis Magna. Elles témoignent de plus de 2500 ans d’histoire.
Dans leur conquête des côtes de l’Afrique du Nord initiée depuis les terres du Levant, les Phéniciens créèrent ces comptoirs que les Romains conquirent après la défaite définitive de Carthage.
L’empereur Septime Sévère naquit lui-même à Leptis et amplifia l’urbanisme développé par Hadrien.

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Leptis Magna
 
Mais savez vous que cette ville est beaucoup plus proche de Paris que vous ne l’imaginez ?
En 1686 le consul Claude Maire obtint le droit d’exporter ses colonnes de marbre rose et de cipolin vert.
Depuis cette époque, plusieurs centaines de ces fûts polychromes embellissent l’architecture de Versailles, Saint Germain des Près et la cathédrale de Rouen.
Heureusement ces cités sont maintenant préservées et la faible fréquentation y autorise des balades solitaires pour rêver à leur passé, aux représentations de théâtre face à la mer par exemple.
 
Par ailleurs, la civilisation latine ne perdura pas et les basiliques chrétiennes s’effacèrent devant l’arabisation du VIIIième siècle d’essence sémitique et donc identique à celle des Puniques.

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Arrivés à Tripoli nous nous envolons vers le sud Libyen.
De la ville universitaire de Sebbah, les pistes du désert s’ouvrent sur un océan de sable et de saisissements. Comment décrire ce processus de recomposition de soi révélé par le Sahara ?
En se couchant, le soleil livre une étendue de patine dorée, les emphases de la musique de Maurice Jarre ressurgissent alors avec le romantisme hollywoodien de Lawrence d’Arabie.

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Erg d’Ubari (Fezzan)
 
Les jours qui suivent illustrent tous les visages géologiques façonnés depuis le retrait de la mer il y a 65 millions d’années.
Les sédiments se sont déposés laissant le vent les transporter pour édifier les dunes du Fezzan, ou bien laissant l’érosion des roches modeler des paysages grandioses de plateaux que j’imagine battus par les eaux.

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Un matin, en sortant fraîchement de la tente pour profiter de 5 généreux degrés, le sol apparaît constellé de petites billes au relief allongé par les premiers rayons du jours. Comment expliquer ces formations ?

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Wan-an-Namus
 
Encore plus spectaculaire, l’approche du volcan de Wan-an-Namus s’achève par la traversée d’une couche de basalte noire que la rougeur des rayons du soir enjolive de couleur pourpre.
 
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Le jour tant attendu est arrivé.
Les éphémérides et le GPS sont les deux outils indispensables pour déterminer un lieu d’observation idéal sur la ligne de centralité.
Si nous sommes venus aussi loin, c’est que nous savons à l’avance que la durée de l’éclipse de soleil sera maximale ici (près de 4 minutes 10 secondes) et les conditions météorologiques très favorables.
 
Une fois le camp installé, l’attente se fait dans un décompte du temps savamment orchestré, rythmé par l’annonce des différents contacts : premier contact à 10h56, la lune glisse petit à petit devant le soleil jusqu’à 12h13 où subitement la lumière crépusculaire signe un arrêt net du vent et le jaillissement soudain de la couronne solaire.

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Couronne solaire
 
Cette auréole qui s’étend bien au-delà de notre étoile est trompeuse.
Sa nature est encore mal connue et est perçue pour l’instant comme la matérialisation d’une énergie expulsée qui ne peut se libérer directement en surface. Elle s’accumulerait alors dans l’atmosphère du soleil pour être enfin irradiée d’une intense lumière blanche par les couches de magnésium et calcium gazeux chauffées à plus de 2 millions de degrés !
Et pourtant il fait moins de 6000 degrés à la limite du disque.

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Protubérances et chromosphère au second contact
 
En réduisant le temps de pose, il est possible de découvrir la chromosphère, fine couche atmosphérique rouge qui témoigne de la présence d’hydrogène, premier élément à dissiper cette obscure énergie.

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Protubérances et chromosphère au troisième contact
 
Enfin les protubérances trahissent l’inimaginable puissance des remous internes du soleil.
A 12h17, la lune achève l’occultation totale de notre astre vital, tandis que la température continue sa chute (6° au total) et que le vent réapparaît.
 
Les émotions se détachent.

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Le lendemain soir, sur la route du retour, le croissant sélène de 1 jour vient sertir la lumière cendrée
Le scénario est décidemment trop bien écrit.
 
par David publié dans : Astres
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Vendredi 22 juin 2007

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Transit de Vénus le 08 juin 2004 vu depuis Paris entre 7H25 et 13H15 heure locale

Une fameuse mésaventure

La rareté du passage de Vénus devant le soleil se mesure aux harmoniques de son cycle : 121ans ½-8 ans-105ans ½-8ans-121ans ½. 
Autrement dit la probabilité d’observer le phénomène dans la vie se situe entre 0 et 2 maximum selon la date de naissance.
C’est pourquoi l’astronome français Gentil de La Galaisière se lance sur les mers en 1760 pour rejoindre les Indes. 
La passion avive l’optimisme au point de lui faire négliger les circonstances géopolitiques de l’époque : la France à ce moment là est en guerre avec la Grande Bretagne, son projet d’armement naval avec l’Espagne ayant sensiblement levé quelques inquiétudes.

Au final le courageux scientifique ne peut arriver à temps et décide de rester 8 ans au comptoir de Pondichéry pour observer le prochain passage. 
Lorsque le moment crucial arrive, le soleil revêt une couverture nuageuse épaisse. La Galaisière tombe malade, rentre en France en 1771 et apprend qu’il a été pris pour mort : ses biens ont été vendus, sa femme s’est remariée et son poste à l’Académie des sciences ré attribué !

L’observation pourquoi ?

Au XVIIième siècle, l’enjeu est considérable : la mesure de la distance Terre-Soleil à partir des positions de Vénus observées de lieux distants de plusieurs milliers de kilomètres à la surface du globe terrestre. 
Sa précision est fondamentale car elle conditionne toutes les autres distances estimées dans l’univers.
Aujourd’hui, 8 juin 2004, suivre l’évènement depuis son balcon est uniquement manière d’obliger l’âme à se tourner vers les cieux pour nous guider de ce monde vers un autre (trop fort Platon !).
Une simple paire de jumelles grossissant 7 fois, un filtre solaire et un appareil photo numérique permettent de fixer cette occasion.

Pourquoi est-ce si rare ? Parce que l’orbite de Vénus s’écarte de plus de 3° de celui de la Terre, et comme en apparence le soleil ne fait que 0.5° de diamètre, la planète passe généralement au dessus ou au dessous de l’axe Terre-Soleil.
 
Le prochain passage est prévu le 6 juin 2012. La dernière occasion avant le XXIIième siècle.
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par David publié dans : Astres
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