Lundi 12 mai 2008

Un jeu d'enfant (Théâtre Tallia)

D'après "deux impromptus à loisir" de René de Obaldia

Représentation du 11 mai 2008

 

Avec Elsa Hammane, Olivier Nikolcic, Thomas Villani

Mise en scène Aurélie Schenert-Nardelli

 

Après avoir vu ce spectacle d'une heure et demie, il apparaît que le mode fantaisiste choisi par Aurélie Schenert-Nardelli convient parfaitement bien au récit extravagant de ces deux femmes qui cherchent à donner sens à leur vie autour du "Défunt".

 

Alors il est vrai que la transition avec la deuxième Impromptue, "L'Azote", ne paraît pas évidente.

Mais petit à petit, lorsque l'on prend conscience de son sujet, les inepties de la guerre, il est impossible de ne pas penser à la mise en scène récente de Parsifal par Krzysztof Warlikowski à l'Opéra Bastille.

En effet le deuxième acte se concluait dans une absurdité totale où Parsifal, prenant conscience de sa force après le baiser de Kundry, provoquait en toute innocence la destruction du monde de Klingsor, spectacle insensé se déroulant sous les yeux ahuris d'un enfant.

Dans les deux cas nous y voyons le danger de la glorification d'une certaine virilité par la guerre.

 

Et dans les deux cas également, la dénonciation des "Jeux d'enfants" de ces héros inconscients et de leurs conséquences, s'achève sur la réhabilitation des valeurs d'amour et de tendresse.

 

De ce jeu de masques qui évoque tant Glenn Close se démaquillant lors de la scène finale des "Liaisons dangereuses" (Stephen Frears), Elsa Hammane trouve des expressions du visage réjouissantes et sans cesse variées, tandis que ses deux partenaires masculins,Olivier Nikolcic et Thomas Villani, doivent composer avec des rôles totalement à contre emploi : une femme et une brute épaisse.

 Du drôle sur des sujets graves en somme.

 

En avril et mai 2008, le samedi à 17H00, et le dimanche à 19H30

Réservation théâtre Tallia   

40, rue de la Colonie, Paris   Métro : Tolbiac

par David publié dans : Théâtre/Cinéma
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Lundi 24 décembre 2007
Calle Santa Fe (Rue Santa Fe)
Documentaire de Carmen Castillo

Durée 2H45

Après le coup d’état du 11 septembre 1973, Pinochet engage une répression sanglante contre les opposants politiques. Le M.I.R (mouvement d’extrême gauche chilien) est la cible privilégiée.

Le 5 octobre 1974, l’un des dirigeants de la résistance, Miguel Enriquez, est abattu rue Santa Fé.

Son épouse, Carmen Castillo, survit et s’enfuit en France.


Ce film retrace ses souffrances dans l’exil et ses retrouvailles avec Santiago. Ses amies évoquent la torture et comment elle pousse aux limites de la vie.

Aujourd’hui, aucun militaire, aucun civil ayant agi pour le compte du gouvernement n’a été jugé et arrêté.

Cependant l’engagement des opposants à la dictature est ici analysé, décortiqué sans aucune complaisance.

La disparition de leurs proches ne les a pas abattu, leur force s’en est même accrue.

Nous constatons même que la dualité entre leur lutte pour un idéal d’une part et leur amour des autres d’autre part a conduit à des fractures inouïes. La famille politique se substitue à la famille traditionnelle et des militants seront exclus lorsqu’ils réclameront leur part d’humanité.

C’est tout un questionnement sur ce besoin d’un projet qui nous dépasse qui est posé avec ses conséquences dangereuses. Il y a un moment où le dogme l’emporte sur la vie des autres et même notre propre vie.

Explication d’un des responsables : le M.I.R n’avait que 8 ans lorsqu’il s’est trouvé confronté à la dictature.

Maintenant un courant « social » est relié à cet engagement « politique » nous dit-il.

Mais présenté ainsi, le mot « politique » semble encore trop synonyme de « prise de pouvoir » pour cet homme alors qu’il devrait représenter une «œuvre pour le bonheur de la population » qui doit s'exprimer d'abord dans sa relation avec l'entourage.


Après tant de folie, le film de Carmen Castillo renoue avec un retour à la vie dont le spectateur sort tout de même assez éprouvé.

 

par David publié dans : Théâtre/Cinéma
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Jeudi 13 décembre 2007

Krum (Hanokh Levin)
Représentation du 12 décembre 2007 (Théâtre de l’Europe)

Kroum Jacek Poniedzialek           La Mère Malgorzata Rozniatowska
Trouda Magdalena Cielecka        Doupa Malgorzata Hajewska-Krzystofik
Tougati Redbad Klijnstra            Félicia Anna Radwan-Gancarczyk
Dulcé Zygmunt Malanowicz

Mise en scène  Krzysztof Warlikowski
 

Krzysztof Warlikowski est un homme qui s’intéresse à la vie en ce qu'elle a de plus direct et de tragique. Partant de la pièce d’Hanokh Levin il reconstitue un petit univers glauque quelque part à Tel-Aviv et dans lequel revient Krum.

Krum a tout raté de sa vie. Le constat est clair face à sa mère. Comment ne peut-il la tenir responsable d’une condition dont il ne peut s’échapper et qu’il doit accepter ?

D’ailleurs c’est le cas de toute cette famille qui, chacun à sa manière, trouve moyen de se divertir d’une destinée écrasante. Que ce soit Tougati avec ses problèmes de diaphragme ou bien ce couple qui se croit sorti de sa condition. Dans ce dernier cas cela nous vaut une scène hilarante par sa caricature du couple bourgeois qui veut faire croire à son évasion du vide.

Alors l’on rit beaucoup. Car ces personnages sont portés par des acteurs affranchis des regards et de leur propre corps de manière stupéfiante. Ce sentiment de liberté extraordinaire est renvoyé au spectateur qui doit faire avec. Il peut prendre cette énergie pour lui ou bien chercher si l’on ne souhaite pas se jouer de lui.

Mais sur le fond nous rions moins. Pas sûr que les cendres de la mère jetées sur la table n’aient levé quelque angoisse. Par sûr que certains ne se soit demandés s’ils sont bien aussi vivants qu’ils ne le pensent.

Ce soir Krzysztof Warlikowski est dans la salle. Spectateur de son propre spectacle il suit ses comédiens, s’amuse lui-même de ses gags interactifs avec le public conçus uniquement pour lui faire plaisir.

Les jeux de lumières et l’atmosphère musicale évoquent parfois les lueurs obscures de Blade Runner, l’absurdité de ces protagonistes déjantés rejoint celle d’un Alain Platel et le dernier tableau semble tiré de « Talons Aiguilles » d’Almodovar.

Et enfin, avec cette mise en scène nous avons une explication de l’origine de l’Iphigénie en Tauride terriblement dramatique avec laquelle Warlikowski s’en est allé à la rencontre du public de Garnier en 2006. Le même écran vidéo, les mêmes ventilateurs et la même chaise roulante sont présents.

N’a-t-il pas voulu transposer un peu de cet univers (la pièce fût créée à Avignon en juillet 2005) dans le monde de l’Opéra ? 
 

par David publié dans : Théâtre/Cinéma
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