Publié le 1 Janvier 2012

Dimanche 01 janvier 2012 sur Arte à 12H25
Concert du Nouvel An à la Fenice
Le traditionnel concert du Nouvel An au Théâtre de la Fenice, à Venise, sous la direction de Diego Matheuz.

Dimanche 01 janvier 2012 sur Arte à 13H30
Jordi Savall et les voix de la viole
Concert de viole de gambe avec Jordi Savall et sa formation. Un voyage musical qui nous transporte du XVIe au XXe siècle.

Dimanche 01 janvier 2012 sur Arte à 18H40
Concert du Nouvel An à la Fenice
Le traditionnel concert du Nouvel An au Théâtre de la Fenice, à Venise, sous la direction de Diego Matheuz. 

 

Lundi 2 janvier 2012 sur TF1 à 02H10
Sant'Alessio (Stefano Landi)
Avec Philippe Jaroussky, Max Emanuel Cencic, Alain Buet, Xavier Sabata, Damien Guillon
Mise en scène Benjamin Lazar, direction William Christie, Les Arts Florissants
Enregistré au Théâtre des Champs Elysées en 2007
 

 

Samedi 7 janvier 2012 sur Arte à 20H45
Dimanche 8 janvier 2012 sur Arte à 14H05
Frédéric II - Roi de Prusse
Il fut à la fois un ami des arts, un grand stratège et un despote éclairé. Une évocation de la vie de Frédéric II, dont on fête en janvier le 300e anniversaire de la naissance

Samedi 7 janvier 2012 sur France 3 à 23H40
Luisa Miller (Verdi)
Enregistré à l'Opéra Bastille en 2008
Avec Ana Maria Martinez, Ramon Vargas
Direction Massimo Zanetti, mise en scène Gilbert Deflo

Dimanche 8 janvier 2012 sur Arte à 15H35
Frédéric le Grand
Le roi de Prusse et la musique

Dimanche 8 janvier 2012 sur Arte à 19H00
David Garrett interprète Fritz Kreisler
Un concert exceptionnel de la superstar allemande du violon.

Lundi 09 janvier 2012 sur Arte à 00H30
Folle journée 2009
Michel Corboz dirige la messe en si de Jean-Sébastien Bach

Jeudi 12 janvier 2012 sur Arte à 01H00
Liza Minelli at Avo Session
Liza Minelli interprète des titres de son dernier album, Confessions, et quelques tubes incontournables. 

 

Jeudi 12 janvier 2012 sur France 3 à 02H30
Aurélie Dupont danse (Documentaire).

 

Jeudi 12 janvier 2012 sur Arte à 06H00
Classic archive : Ivry Gitlis
Le Concerto pour violon de Tchaïkovski (1965),
La capricieuse d'Elgar (1962),
La Capriccio-valse de Wieniawski (1968) 

 

Dimanche 15 janvier 2012 sur France 3 à 00H15

Une journée avec Laurent Naouri

 

Dimanche 15 janvier 2012 sur France 3 à 01H00
La Vie parisienne (Offenbach)
Choeurs et Orchestre de l'Opéra National de Lyon

 

Dimanche 15 janvier 2012 sur Arte à 16H00
La symphonie fantastique de Berlioz
Genèse de l'un des grands manifestes du romantisme, avec les extraits d'un concert dirigé par Gustavo Dudamel.

Dimanche 15 janvier 2012 sur Arte à 18H10
L'orchestre Philharmonique d'Israël : Concert du 75e anniversaire
La Symphonie n° 8 de Ludwig van Beethoven,
Poème pour violon et orchestre op. 25 d'Ernest Chausson (avec Vadim Repin au violon),
Introduction et Rondo Capriccioso op. 28 de Camille Saint-Saëns (avec Julian Rachlin au violon),
Le Concerto pour piano n° 1 de Frédéric Chopin (avec Evgueny Kissin au piano).

 

Lundi 16 janvier 2012 sur Arte à 00H50

Berlioz : Symphonie fantastique
Un concert enregistré à la Cité des congrès de Nantes. 

 

Mardi 17 janvier 2012 sur France 2 à 00H15
La Petite Renarde Rusée (Janacek)
Enregistré à l'Opéra National de Paris.
Avec E.Tsallagova, J.Raisilanen, M.Lagrange, dir. A.Davis, msc A.Engel.


Mercredi 18 janvier 2012 sur Arte à 06H00
Classic archive : Ivry Gitlis
Le Concerto pour violon de Tchaïkovski (1965),
La capricieuse d'Elgar (1962),
La Capriccio-valse de Wieniawski (1968)

Jeudi 19 janvier 2012 sur Arte à 01H00
Les Contes d'Hoffmann (Offenbach)
Avec Dean Power, Diana Damrau, Kevin Conners, Luther Christoph Stephinger, Rolando Villazón, Tim Kuypers, Ulrich Reß, Angela Brower (Nicklausse/La Muse), John Relyea (Lindorf/Coppélius/Dapertutto/ Docteur Miracle), Okka von der Damerau (mère)
Chef d'orchestre: Constantinos Carydis
Metteur en scène: Richard Jones
Enregistré à Munich (Rediffusion)

Dimanche 22 janvier 2012 sur Arte à 16H20
Découvrir une oeuvre : Carmina Burana de Carl Orff
La genèse et l'histoire d'une oeuvre qui remplit les stades du monde entier.

Dimanche 22 janvier 2012 sur Arte à 19H00
Emmanuel Pahud : Hommage à Frédéric le Grand
Un concert enregistré au Théâtre royal du Nouveau Palais de Sans-Souci.

Lundi 23 janvier 2012 sur Arte à 00H30
Le Trio Wanderer interprète Liszt et Chopin

Lundi 23 janvier 2012 sur Arte à 01H35
Hommage à Marius Petipa
Un gracieux hommage au chorégraphe enregistré dans le théâtre Mariinsky.

 

Mardi 24 janvier 2012 sur France 2 à 00H30

Giselle (Adolphe Adam)
Ballet enregistré à l'Opéra National de Paris

 

Dimanche 29 janvier 2012 sur France 3 à 00H15

Requiem de Faure
Orchestre de Paris, Direction P.Järvi

 

Dimanche 29 janvier 2012 sur Arte à 15H30

 Beethoven : La lettre à Elise 

 

Dimanche 29 janvier 2012 sur Arte à 19H00
Lang Lang joue Franz Liszt

 

Lundi 30 janvier 2012 sur Arte à 00H50

Michel Corboz dirige le Requiem de Mozart

 

Lundi 30 janvier 2012 sur Arte à 22H55
Le rossignol et autres fables (Stravinski)
Enregistré à Aix en Provence en 2012

Avec Olga Peretyatko, Elena Semenova, Marijan Mijanovic


Mardi 31 janvier 2012 sur France 2 à 00H35
Moussorgsky on the rock(s).

Muraro (piano), Démago et le Philharmonique de Radio France, direction Chung.

 

Voir les commentaires

Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 25 Décembre 2011

La Flûte enchantée (Wolfgang Amadeus Mozart)
 Représentation du 22 décembre 2011
Flute-enchantee01.jpgThéâtre des Champs Elysées

Tamino Topi Lehtipuu
Pamina Sandrine Piau
Papageno Markus Werba
Papagena Emmanuelle De Negri
La Reine de la Nuit Jeanette Vecchione
Première Dame Claire Debono
Deuxième Dame Juliette Mars
Troisième Dame Elodie Méchain
Sarastro Ain Anger
Monostatos Steven Cole
Prêtres/Hommes d'armes Renaud Delaigue
                          Alexander Swan
L'Orateur Robert Gleadow
Premier génie Roland de la Fresnaye
Deuxième génie Gabriel Lobao
Troisième génie Antoine Erguy

Direction musicale Jean Christophe Spinosi
Ensemble Matheus
Mise en scène    William Kentridge
Production du Théâtre de la Monnaie (2005)    Topi Lehtipuu (Tamino)


Il y a un peu plus d'un an, la Galerie nationale du Jeu de Paume dédia ses espaces à la première rétrospective en France de l'œuvre de William Kentridge. On pouvait y voir des dessins, des gravures, et surtout un théâtre en miniature qui permettait de faire des essais de projections vidéographiques. Le public pouvait ainsi assister à un montage de La Flûte enchantée pendant une dizaine de minutes, si je me souviens bien.

Flute-enchantee06.jpg

      Décor final du temple de la Reine de la Nuit

 

A la fois plasticien et metteur en scène, cet artiste sud-africain est fasciné par l’iconographie égyptienne - un ouvrage lui est d’ailleurs consacré « William Kentridge - Carnets d’Egypte » édité chez DILECTA -, sensibilité qui croise avec évidence un des thèmes de La Flûte enchantée. On retrouve donc des images de temples et de Pyramides, et l’Oeil de la providence qui lui permet de rapprocher l’iconographie de la franc-maçonnerie, thème présent dans l’opéra de Mozart, d’un autre thème qui, lui, est introduit comme un message politique qui s’immisce dans la scénographie : les intentions destructrices de la colonisation cachées derrière les apparences humanistes de l’esprit des Lumières.

Flute-enchantee05.jpgCe spectacle mêle, avec comme support les animations noir et blanc tracées au fusain et chères à Kentridge, les harmonies des astres du système solaire, des cieux étoilés, des paysages exotiques merveilleux, tels que notre subconscient les imagine dans La Flûte, avec des costumes et des vidéographies qui évoquent l’époque coloniale de la fin du XIXème siècle.

On est ainsi balancé entre rêve et prise de conscience, si bien que l’on ne sait plus dans quel état d’esprit en ressortir précisément, même si l’enchantement musical l’emporte au final.

Jean Christophe Spinosi fait partie de ces rénovateurs qui osent faire vivre la musique avec liberté, et son  Cosi fan Tutte, dans les lieux mêmes du Théâtre des Champs Elysées,  avait relativement partagé la critique.                                                                               Sandrine Piau (Pamina)

L’ensemble Matheus paraît pourtant moins vif et dense qu’à son habitude, bien que le chef d’orchestre mette de l’attention au soutien des chanteurs comme on ne l’a pas toujours vu faire.

L’interprétation est également parcourue de motifs très saillants - les longs accords qui accompagnent le premier air de la Reine de la nuit-, de furtives mélodies développées qui mettent en valeur les couleurs de tel ou tel instrument, un chatoiement d’ensemble qui participe à un climat feutré, poétique, et un peu renfermé.
On entend enfin plein de petites variations musicales qui surprennent, avec plaisir, l’oreille.

Flute-enchantee04.jpg

    Jeanette Vecchione (La Reine de la Nuit)

 

Cette orientation musicale a pour atout d’être bien adaptée à une distribution dont la finesse du chant l’emporte sur l’ampleur vocale.
Ainsi, l’allure romantique de Topi Lehtipuu s’allie à un timbre compact et légèrement accentué, Markus Werba livre avec aisance un Papageno optimiste, très agréable, au mordant contenu, et Ain Anger investit un Sarastro simple et solide.

Flute-enchantee03.jpgBien qu’elle n’ait que deux airs à chanter, la Reine de la Nuit est un personnage toujours très attendu. Au premier abord, la très modeste largeur vocale de Jeanette Vecchione en réduit la personnalité, mais elle réalise une telle prouesse technique en nous faisant entendre des ornementations inédites, qu’elle prend l'allure d'une représentation en miniature de cet être surnaturel, comme dans un monde pour enfants.

Mozartienne idéale et touchante, Sandrine Piau est tout simplement le cœur poétique de la soirée, la seule et entière lumière lorsqu’elle chantera « Ach, ich fühl’s » dans la pénombre de l’avant scène.

 Steven Cole (Monostatos)

 

Parmi les seconds rôles, on remarque le Monostatos drôle, superbement joué et chanté avec une rare clarté par Steven Cole, ainsi que la belle présence de la Première Dame de Claire Debono,
Par ailleurs, Robert Gleadow impose un noble Orateur, à la fois suave et profond.

Flute-enchantee02.jpg

 

Quant aux trois jeunes garçons, Roland de la Fresnaye, Gabriel Lobao, Antoine Erguy, ils jouent brillamment la carte de l’aisance scénique, et se sortent honorablement, avec fraîcheur,  de leur partie chantée.
 

Voir les commentaires

Publié le 22 Décembre 2011

Norma03.jpgNorma (Vincenzo Bellini)
Version de concert du 20 décembre 2011
Salle Pleyel

Norma Edita Gruberova
Adalgisa Sophie Koch
Pollione Massimo Giordano
Oroveso Wojtek Smilek
Clotilde Maite Maruri Garcia
Flavio Paul Cremazi

Direction Andriy Yurkevytch
Orchestre de Nice                                                                           Sophie Koch et Edita Gruberova

On sait qu’il existe des fanatiques du suraigu qui courent à travers l’Europe pour entendre Edita Gruberova. Beaucoup se sont donc précipités à la salle Pleyel pour en profiter, ou même découvrir pour la première fois la nature de ce phénomène vocal.   

Norma02.jpgCela se fait nécessairement au dépend de l’esprit de l’ouvrage, car la confrontation scénique de cette artiste - à la veille de célébrer ses 65 ans - prend une dimension de défi au temps qui dépasse tout autre enjeu.

Ce que l’on a entendu, ce soir, est un rayonnement magnifiquement lumineux d’aigus profilés comme des pointes d’acier nettes, exempt de tout signe de faiblesse humaine, et dissipé dans tout l’espace en jouant sur l’énergie libérée par de soudaines torsions du corps.

Les variations d’intensité sont les plus spectaculaires lorsque les sons deviennent effilés jusqu’à l’inaudible, avant que les fluctuations ne raniment un filet de voix dont le souffle était resté ininterrompu.

 

 

Edita Gruberova (Norma)

 

Tout est chanté dans cette tessiture élevée, alors que la profondeur pathétique de Norma se réalise surtout dans un médium qui permet normalement de varier les expressions dramatiques. Il en résulte donc un portrait principalement fier de la prêtresse, que l’orgueil tient à distance des signes intérieurs de troubles et de douleurs. La soprano use ainsi fréquemment d’un artifice théâtral efficace qui consiste à provoquer des effets sauvages et laids dans les graves pour marquer son affectation.

Norma01-copie-1.jpgErigée en femme noble et investie d’un immuable recueillement, on retrouve le timbre d’airain avec lequel Sophie Koch a rendu sa Vénus inoubliable en octobre dernier, Adalgisa y gagne surtout l’interprétation d’une grande personnalité.
Mais la souplesse du chant bellinien et la poésie de l’italien posent des difficultés à l’art du chant allemand de la mezzo-soprano, ce qui limite, là aussi, les qualités poignantes de ses airs.

Un peu trop penché sur sa partition, Massimo Giordano ne réhausse pas son manque de charisme scénique. Cependant, son style sincère et chantant a de quoi toucher, quitte à faire de Pollione un sombre rêveur. En Oroveso, Wojtek Smilek se contente d’apporter une présence sonore appréciable.

 

                                                                                                         Sophie Koch (Adalgisa)

Si l’on peut reconnaitre à la direction de Andriy Yurkevytch une énergie et un liant qui tiennent la distance sur des tempi rapides, le manque de modération des cuivres et percussions devient très vite fatigant, alors que la théâtralité ne perdrait rien à reposer sur la fougue des cordes et des bois principalement.
D’ailleurs, les grands moments largo sont très chaleureusement menés, on retrouve même les prémices et la profondeur du romantisme wagnérien, mais la finesse de l’écriture musicale, qui exige moins d’épaisseur et plus de légèreté de la part des violons, n’est que peu traduite.

Voir les commentaires

Publié le 6 Décembre 2011

Semele01.jpgSemele (Georg Friedrich Haendel)
Version de concert du 04 décembre 2011
Salle Pleyel

Semele Cecilia Bartoli
Jupiter Charles Workman
Juno Hilary Summers
Athamas Christophe Dumaux
Ino Liliana Nikiteanu
Iris Jaël Azzaretti
Cadmus/Somnus Brundley Sherratt

Direction : Diego Fasolis
English Voices
Orchestra La Scintilla an der Oper Zürich

                                                                                                            Charles Workman (Jupiter)

Même s'il s'agit d'un opéra en version de concert, la présence de Cécilia Bartoli apporte un éclat et une note festive à cette matinée de décembre.

L’écriture haendelienne est pleine d'artifices, chacun le sait, mais l'on a beau être soi même relativement insensible à toutes ces trilles et numéros spectaculaires, il faut reconnaître que l'art de la mezzo-soprano italienne est de savoir transformer le temps en un moment de grâce, qui nait quand la constance des cadences, la progression des variations d'émission, et l'inaltérabilité des couleurs, soufflées par un immuable sourire, nous fait dépasser la simple admiration technique. Qui peut faire mieux aujourd’hui?

Semele02-copie-1.jpg

     Cecilia Bartoli (Semele)

Cependant, c’est l’humaine profondeur de Charles Workman qui permet de retrouver une cohérence parfaite entre la simplicité du geste et la souplesse de l’expression vocale, une vérité simple et un timbre qui doit son charme à la clarté de sa slave mélancolie.
Ce chanteur magnifique aborde un répertoire étendu, Haendel, Mozart, Strauss, Prokofiev …, tout en gardant une humilité que pourraient envier bien des ténors trop imbus d’eux-mêmes.

Sans oublier le naturel libre d’Hilary Summers et la joie totalement extériorisée de Jaël Azzaretti, l’interprétation musicale bénéficie de la légèreté fluide qui unit chœur et orchestre.

 

Voir les commentaires

Publié le 5 Décembre 2011

Des Femmes (Sophocle)
Représentation du 03 décembre 2011 au Théâtre des Amandiers de Nanterre
Trilogie : Les Trachiniennes, Antigone, Electre (durée 6h30)

DesFemmes01.jpgOlivier Constant Les Trachiniennes > Lichas / Antigone > Le garde / Électre > Pilade
Samuël Côté Les Trachiniennes Hyllos / Antigone > Hémon / Électre> Oreste
Sylvie Drapeau Les Trachiniennes > Déjanire, Héraclès / Électre > Clytemnestre
Charlotte Farcet Antigone > Antigone / Électre > Chrysothémis
Raoul Fernandez Les Trachiniennes > Lichas / Antigone > Le garde / Électre > Pilade
Patrick Le Mauff Antigone > Créon / Électre > Égiste
Sara Llorca Antigone > Ismène / Électre > Electre
Marie-Eve Perron Les Trachiniennes > Coryphée / Électre > Coryphée
Véronique Nordey Antigone > Tirésias / Électre > Le précepteur

Igor Quezada Les Trachiniennes, Antigone, Électre

Le Choeur - chan                                                             Charlotte Farcet (Antigone)
Mise en scène Wajdi Mouawad

La saison précédente, Olivier Py avait monté la Trilogie d’Eschyle dans l’un des salons intimes du Théâtre de l’Odéon. Je n’en ai pas restitué de compte-rendu faute de temps, mais aussi par intimidation face à la proximité des trois acteurs et leurs regards très directs qui vous prennent à parti dans un jeu émotionnel outré.

C’est un peu le contraire que l’on ressent à cette première Trilogie de Sophocle mis en scène par Wajdi Mouawad, point de départ d’une aventure qui aboutira, dans un an ou deux, par la représentation en une seule journée des sept pièces qui ont survécu jusqu’à aujourd’hui.

A travers le dérèglement que vivent trois femmes, Déjanire, trahie par Héraclès, Antigone, victime des idées politiques tyranniques de Créon, et Electre, privée de son père par Egisthe et Clytemnestre, Sophocle révèle qui est réellement le monstre, à chaque fois un homme.

DesFemmes02.jpg

   Marie-Eve Perron (Coryphée) et Sylvie Drapeau (Déjanire)

La continuité entre les trois pièces est entretenue par un espace scénique unique architecturé autour de la pièce centrale entourée d’un rail, en second plan un cube qui servira de tombeau comme de tribune, un désordre d’objets, une atmosphère de fin du monde humide qui rappelle les bas-fonds de Los Angeles dans Blade Runner.

Chaque pièce comprend des images belles ou fortes, la grâce lascive de Déjanire purifiée par Coryphée, le délire d’Antigone dans une violence musicale saisissante, les tensions d’Electre et d’Oreste qui se libèrent dans un bain sensuel et plein de joie, mais aussi des images peu convaincantes comme le retour Grand-guignol d’Héraclès, le Happy-end des fiançailles heureuses d'Antigone et d’Hémon, et la fin ridicule de Clytemnestre et de son amant emballés dans un sac plastique.

En fait le metteur en scène prend ses distances avec la tragédie, et c’est sans doute cette façon de conclure chacune des pièces qui est la plus déroutante.

Le style de jeu et de déclamation en reste également à une forme d’académisme banalisé qui n’approche que partiellement la complexité du vivant. Ceci dit,  Charlotte Farcet noue une affinité forte avec la souffrance d’Antigone, sans doute le moment de vérité le plus poignant de la trilogie.
Le style évanescent de Sylvie Drapeau est lui aussi révélateur de la nature poétique de Déjanire, bien qu’elle ne réussit plus à convaincre lorsque le doute et l’effroi prennent prise sur elle, et que pointe le drame.
Le personnage d’Electre a lui aussi de quoi surprendre, car Sara Llorca rend une image d’enfant rebelle réussie, avec un soin de la diction incisive frappant, mais l’on est loin de la rage incessamment ruminée de l’Elektra de Strauss.

DesFemmes03.jpg

   Sara Llorca (Electre)

Pour ces trois femmes, Wajdi Mouawad exprime leur douleur et la perte de leur dignité dans leur rapport avec la terre, la boue, dont elles souillent leur corps dans un élan autodestructeur.

Il y a des valeurs sûres, Véronique Nordey et  Raoul Fernandez, et Samuël Côté montre une capacité d’extériorisation qui gagnera en profondeur avec le temps, sans aucun doute.

La transposition des chœurs en un ensemble musical moderne, dont une batterie aux éclats métalliques est le cœur pulsant, apparait, malgré quelques excès sonores, comme une manière de jouer avec les émotions adolescentes, mais cela ne se substitue pas à l’engagement humain qui aurait du s’imposer avec beaucoup plus de force.

Voir les commentaires

Publié le 1 Décembre 2011

Dimanche 04 décembre 2011 sur France 3 à 00H35
La Walkyrie (Wagner)
Enregistré le 05 juillet 2007 au festival d'Aix en Provence.
Direction Simon Rattle, Mise en scène Stéphane Braunschweig
Avec Robert Gambill, Mihkail Petrenko, Sir Willard White, Eva Maria Westbroek

Dimanche 04 décembre 2011 sur Arte à 09H45
Beethoven. Concertos n°3,4 et 5 par Rudolf Buchbinder, piano (2007)

Dimanche 04 décembre 2011 sur Arte à 19H15
Bryn Terfel, baryton. Portrait: Bad Boys (2009)

Lundi 05 décembre 2011 sur Arte à 22H00
Quand la scène brûle Portrait de l’ensemble moderne

Mercredi 07 décembre 2011 sur Arte à 20H15   
Don Giovanni (Mozart)
Opéra en direct de la Scala, Milan
Daniel Barenboim, direction. Robert Carsen, mise en scène
Avec : Peter Mattei, Kwangchul Youn, Anna Netrebko, Giuseppe Filianoti, Barbara Frittoli, Bryn Terfel, Anna Prohaska, Štefan Kocán, l'Orchestre de la Scala de Milan 

Macbeth01.jpg

Dimanche 11 décembre 2011 sur France 3 à 00H25
Macbeth (Verdi)
Enregistré à l'Opéra Bastille en 2009
Mise en scène Dmitri Tcherniakov, direction Teodor Currentzis, avec Violeta Urmana, Dimitris Tiliakos, Ferruccio Furlanetto, Stefano Secco.

 

Dimanche 11 décembre 2011 sur Arte à 09H45
Lionel Bringuier dirige le BBC Symphony Orchestra Buchbinder, piano (2007)
  

 

Dimanche 11 décembre 2011 sur Arte à 19H15
Brahms: concerto pour violon par Nicola Znaider (2009) 

 

Lundi 12 décembre 2011 sur Arte à 00H35
Turandot (Puccini)
Enregistré à Valence en 2008.
Avec Maria Guleghina, direction Zubin Mehta

 

Mardi 13 décembre 2011 sur France 2 à 00H35
Symphonie n°8 "des Mille" de Mahler

Avec Erin Wall, Marina Mescheriakova, direction Christoph Eschenbach

 

Mardi 13 décembre 2011 sur Arte à 22H00
Ballet. La petite sirène. John Neumeier (2011)

Dimanche 18 décembre 2011 sur Arte à 09H55
Claudio Abbado et le Lucerne Festival Orchestra joue Mozart et Bruckner

 

Dimanche 18 décembre 2011 sur Arte à 19H15
Gala d’ouverture du Philharmonique de Los Angeles Enregistré le 27 septembre 2011 

Oneguine4b.jpg

 

Lundi 19 décembre sur Arte à 00H30
Eugène Onéguine (Tchaikovski)

Enregistré à l’Opéra Garnier le 10 septembre 2008
Mise en scène Dmitri Tcherniakov
Solistes, Orchestre et chœurs du Théâtre du Bolchoï. Direction Alexander Vedernikov.

 

Lundi 19 décembre 2011 sur Arte à 23H20
Casse Noisette (Tchaïkovski) Emperoper Dresde (Novembre 2011)
Aaron S. Watkin, chorégraphie
Direction musicale: Vello Pähn
Rôles: Yumiko Takeshima : la fée dragée, Jirí Bubenícek : le mari de la fée dragée, Jón Vallejo: casse noisette/prince, Anna Merkulova: Marie

Jeudi 22 décembre 2011 sur Arte à 16H35 

Die Sogenannten Bremer Stadtmusikanten

Une analyse des 'Musiciens de Brême', le conte des frères Grimm, publié en 1819. 

 

Samedi 24 décembre 2011 sur Arte à 11H30
Rudolf Buchbinder joue le Concerto pour piano N°3 de Beethoven

 

Samedi 24 décembre 2011 sur Arte à 20H15

La Belle au bois dormant (Tchaikovski). Théâtre du Bolchoï (2011)
Le célèbre ballet de Marius Petipa participe à la saison de réouverture du mythique Bolchoï, dans une chorégraphie de Yuri Grigorovich.

 

Dimanche 25 décembre 2011 sur France 2 à 02H00
Le Messie (Haendel)

Direction Harmut Haenchen, mise en scène Oleg Kulik

 

Dimanche 25 décembre 2011 sur Arte à 11H30
Rudolf Buchbinder joue le Concerto pour piano N°4 de Beethoven


Dimanche 25 décembre 2011 sur Arte à 19H15
 Sandrine Piau et Detlef Roth chantent Mozart

Enregistré à la Salle Pleyel le 17 septembre 2011

 

Dimanche 25 décembre 2011 sur Arte à 20H40
 Amadeus (Film de Milos Forman)

 

Lundi 26 décembre 2011 sur Arte à 11H20
Rudolf Buchbinder joue le Concerto pour piano N°5 de Beethoven

 

 

Mardi 27 décembre 2011 sur France 2 à 00H45

La Fille de Madame Margot (Lecocq)

Orchestre Sinfonietta de Lausanne 

Mise en scène d'Anémone. Avec Bénédicte Tauran, Emiliano Gonzalez Toro, Jean Sébastien Bou.


Jeudi 29 décembre 2011 sur Arte à 22H20
Les Contes d'Hoffmann (Offenbach)

Avec Dean Power, Diana Damrau, Kevin Conners, Luther Christoph Stephinger, Rolando Villazón, Tim Kuypers, Ulrich Reß, Angela Brower, John Relyea, Okka von der Damerau
Chef d'orchestre : Constantinos Carydis
. Metteur en scène: Richard Jones 

 

Samedi 31 décembre 2011 sur Arte à 15H20

La Saint-Sylvestre au Japon

 

Samedi 31 décembre 2011 sur Arte à 16H25

L'Orchestre philharmonique d'Israël

 

Samedi 31 décembre 2011 sur Arte à 17H45

L'Hymne à la joie

 

Samedi 31 décembre 2011 sur Arte à 18H15

La Saint-Sylvestre à Dresde


Samedi 31 décembre 2011 sur Arte à 18H30

Hommage à Marius Petipa


Samedi 31 décembre 2011 sur Arte à 20H05

La Chauve-Souris (Johann Strauss)

Mise en scène Otto Schenk. Direction Franz Welser-Möst.

En direct, avec Kurt Streit, Michaela Kaune

Voir les commentaires

Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 19 Novembre 2011

Oberto01.jpgOberto (Verdi)
Version de concert du 17 novembre 2011
Théâtre des Champs Elysées

Riccardo Valter Borin
Cuniza Ekaterina Gubanova
Leonora Maria Guleghina
Oberto Michele Pertusi
Imelda Sophie Pondjiclis

Direction Carlo Rizzi
Orchestre National de France
Chœur de Radio France

 

                                                                                                    Ekaterina Gubanova (Cuniza)

Il y a une émotion particulière à entendre le tout premier ouvrage de Verdi, une émotion que l'on ne peut ressentir de la même manière à l'écoute des premiers opéras de Mozart ou Wagner.

Car Oberto résonne comme le cœur vital fougueux, traversé d'allégresses mélancoliques, religieusement croyant, et appesanti par l'honneur et l'autorité du père, que l'on va retrouver dans toutes les œuvres suivantes, au fur et à mesure que l'écriture musicale va se complexifier pour approcher la vérité des expressions humaines.
La toile de fond historique, même si elle n'a aucune importance pour ce drame sentimental, se réfère à l'occupation de l'Italie du Nord par le Saint Empire Germanique au XIIIème siècle, et porte ainsi, dans son subconscient, les germes patriotiques que Verdi cherchera à amplifier plus tard.

L’Orchestre National de France, conduit pas un Carlo Rizzi conventionnel mais qui maintient une unité d’ensemble vivante et sans déséquilibre avec le chœur, réussit à créer le climat à la fois intime et énergique de cette musique qui berce et allège le cœur, sans être totalement exempt de petites fragilités.

Oberto02.jpg

   Maria Guleghina (Leonora)

La présence de Maria Guleghina sur une scène parisienne est un petit évènement en soi, elle que l’on n’a plus admirée depuis Attila à l’Opéra Bastille en 2002. La soprano ukrainienne résiste aux rôles meurtriers d’Abigaille, Lady Macbeth, Turandot et Adrienne Lecouvreur, et le galbe de son timbre évoque toujours une sensualité noire et un peu animale. 
Elle se permet même de chanter des suraigus qui ne sont pas exigés par la partition, ce qui laisse supposer qu’elle exploite une capacité physique qui lui est propre. Elle connait son aisance et son impact dans ces suraigus, ne réussit peut être pas aussi bien les notes situées juste en dessous, ce qui pourrait expliquer ce besoin de dépasser le niveau d'écriture pour exprimer avant tout sa propre personnalité
C’est très impressionnant et tellement inattendu, que l’on en sourit par effet de surprise.

Elle est accompagnée par Ekaterina Gubanova, plus située dans le contrôle d’un rôle qui s’impose par sa hauteur morale et sa profonde sensibilité, et la mystérieuse Sophie Pondjiclis, immergée dans un recueillement introspectif.

Aux femmes, donc, l’éclat et la maîtrise de la situation, aux hommes la fureur et l’inconstance. On retrouve en Michele Pertusi la stature patriarcale si présente chez Verdi, mais plutôt désabusée, et même si les lignes vocales sont parfois bien étranges, on peut remercier Valter Borin d’avoir remplacé au pied levé Fabio Sartori, d’autant plus qu’il a offert une belle image humble et un don de soi exemplaire.

Voir les commentaires

Publié le 12 Novembre 2011

Capulets01.jpgLes Capulet et les Montaigu (Bellini)
Version de concert du 11 novembre 2011
Théâtre des Champs Elysées

Roméo Anna Caterina Antonacci
Juliette Olga Peretyatko
Thibault Juan Francisco Gatell
Frère Laurent Carlo Cigni
Capello Giovanni Battista Parodi
Orchestre et Chœur de l’Opéra de Lyon

Direction Musicale Evelino Pìdo

 

 

 

                                                                                                  Anna Caterina Antonacci (Roméo)

Un an après, jour pour jour, la version de concert de l’Otello de Rossini qui ouvrit brillamment la saison 2010/2011, le Théâtre des Champs Elysées recommence avec un autre opéra du répertoire romantique italien du XIXème siècle, Les Capulet et les Montaigu.

Ce soir, Evelino Pìdo est sans réserve le point focal d’une admiration personnelle, tant ce chef a non seulement dirigé l’orchestre avec une dynamique éblouissante de sonorités virevoltantes, comme des feux follets, et de somptueuses ondoyances, mais également tenu une attention constante au plus proche des solistes, ce qui rend une image magnifiquement belle de la vie veillant sur la moindre fragilité de chacun afin que l’harmonie ne souffre d’aucune rupture.


Capulets02.jpg

   Olga Peretyatko (Juliette)

Carlo Cigni et Giovanni Battista Parodi sont notablement neutres dans l’interprétation de Frère Laurent et Capello, ce qui met très en valeur Juan Francisco Gatell dans le rôle de Thibault. Tout est dans le style superbement lié, subtil, affirmé sans exagération, et une fraicheur qui pallie une envergure vocale plutôt modeste.

Anna Caterina Antonacci débute également avec la sensualité des couleurs ambrées de son timbre inimitable, mais les passages plus accélérés diluent nettement la profondeur de ses expressions. Son charisme scénique lui est en fait un allié indéfectible.

On découvre alors Olga Peretyatko, une voix idéalement conduite dans les dynamiques les plus élevées, des notes filées sublimes, trop de joliesse alors que l’émotion devrait aussi provenir des effrois du cœur et du corps.

Voir les commentaires

Publié le 10 Novembre 2011

Polieukt03.jpgPolieukt (Zygmunt Krauze)
Opéra créé le 20 octobre 2010 à Varsovie
Représentations du 05 et 06 novembre 2011
Théâtre du Capitole

Feliks Andrzej Klimczak
Polieukt Jan Jakub Monowid
Sewer Artur Janda
Neark Aleksander Kunach
Paulina Marta Wylomanska
Stratonisa Dorota Lachowicz
Albin Dariusz Gorski
Fabian Mateusz Zajdel

Direction Musicale Rubén Silva
Sinfonietta de Varsovie
Ensemble des solistes de l’Opéra de chambre de Varsovie
                                                                                                          Marta Wylomanska (Pauline)
Mise en scène Jorge Lavelli

La diffusion de la culture théâtrale polonaise en France est comme un souffle revitalisant, qui s'ancre même dans l'art lyrique depuis quelques années.
A Paris, Gerard Mortier en a été un grand défenseur en faisant découvrir des oeuvres comme  Le Roi Roger ou la création d' Yvonne Princesse de Bourgogne, et en confiant pas moins de quatre mises en scène à Krzysztof Warlikowski.
On peut donc se réjouir de voir un théâtre comme celui du Capitole se lancer dans l’avant-garde et accueillir une oeuvre créée l'année dernière par l'Opéra de Chambre de Varsovie.

Charles Gounod et Gaetano Donizetti ont auparavant adapté Polyeucte Martyr à l'Opéra, mais la version composée par Zygmunt Krauze se réfère à un élément historique occulté dans la tragédie de Corneille, la liaison homosexuelle entre Polyeucte et Néarque.

Polieukt01.jpg

   Aleksander Kunach (Néarque) et Jan Jakub Monowid (Polyeucte)

La conversion du chef de la noblesse arménienne au Christianisme prend donc un sens nouveau, car si ses sentiments sont aussi forts pour Pauline, la fille du gouverneur, que pour son ami, il suit ce dernier parce que son Dieu représente, dans une vision totalement idéalisée, un amour universel qui libère l’individu des contraintes du monde.
Autrement dit, il sera totalement lui-même dans l’adoption de cette foi, qu’en restant sous l’emprise des lois du régime impérial romain.

L’opéra ouvre ainsi sur une fascinante image de l’intimité du couple masculin, dans la blancheur d’un espace exigu entouré d’un rideau de perles, puis sur celle de Pauline et Polyeucte, avant la scène du baptême.
La dualité des sentiments de Pauline se révèle avec le retour de Sévère, celui qu‘elle aurait épousé si son père n‘avait pas interféré.
Le livret, assez économe en mots, exprime les tourments du cœur de chacun, les craintes et les questionnements par rapport à la vie et la mort.
A vrai dire, peu importe la profondeur du propos, car cela permet au chant de s’épanouir en prolongeant les sons, toujours souligné par l’atmosphère changeante décrite par la musique, en phase avec le sens des phrases, ce qui laisse à l’auditeur, s’il est dans le bon état d’esprit, de lui-même ressentir les émotions humaines qui vivent à l’intérieur des protagonistes.

Polieukt02.jpg

   Marta Wylomanska (Pauline)

Jorge Lavelli a réalisé un travail d’épure happant, au centre d’une scène plaquée de dalles en noir partiellement réfléchissantes, en ne disposant que quelques marches, et un miroir qui vient focaliser l’attention sur les retrouvailles de Polyeucte et Néarque, avant qu’ils ne décident de détruire les idoles païennes.

C’est du théâtre à la beauté classique, où chaque geste a un sens, manichéen sans doute - les Chrétiens sont en blancs, les Romains en noir parfois coloré de rouge -, et qui valorise tous les artistes, les solistes autant que le chœur.

Les voix de Jan Jakub Monowid et Aleksander Kunach sont toutes deux sensuelles à leur manière, une tessiture de contre ténor non pas angélique sinon profondément significative des déchirements de l’âme, et une tessiture de ténor très présente qui inspire la confiance en soi.
Tragédienne subtile, Marta Wylomanska interprète une Paulina qui reste noble et vertueuse dans sa douleur, Artur Janda est un Sévère noir et humain, et tous les autres chanteurs ont un savoir être ou des expressions vocales en harmonie avec leurs personnages.

Le tout est dirigé avec une grande sérénité par Rubén Silva, et on peut juste trouver que la morale finale, sur le respect des croyances et l’appel à la tolérance, ne fasse trop appel aux bons sentiments, car c'est l’intelligence humaine qui compte avant tout dans une société.

Voir les commentaires

Publié le 7 Novembre 2011

Pelleas01.jpgPelléas et Mélisande (Claude Debussy)
Représentation du 31 octobre 2011
Teatro Real de Madrid

Pelléas Yann Beuron
Mélisande Camilla Tilling
Golaud Laurent Naouri
Arkel Franz-Josef Selig
Yniold Leopold Lampelsdorfer
Un doctor Jean-Luc Ballestra
Geneviève Hilary Summers
Un Pastor Tomeu Bibiloni

Direction Musicale Sylvain Cambreling
Mise en scène Robert Wilson (1997)

 

 

                                                                                                  Camilla Tilling (Mélisande)

Créée au festival de Salzbourg, sous l’égide de Gerard Mortier, la mise en scène de Pelléas et Mélisande par Robert Wilson est reprise au Teatro Real de Madrid cette saison, puis à la fin de l’hiver à l’Opéra National de Paris, avec à la clé la réalisation d’un DVD.

Le langage théâtral du metteur en scène texan est fait de postures corporelles symboliques, d’impressions lumineuses hypnotiques, et de gestes lents et fluides qui peuvent, comme cela s’est ressenti lors de la première représentation à Madrid, perturber l’aisance des chanteurs. Sans doute faudra-t-il attendre une ou deux soirées supplémentaires pour que l’ensemble fasse corps totalement.
Et cela concerne l'orchestre également, car Sylvain Cambreling a choisi de faire ressortir la rondeur des cuivres, la chaleur intimiste des hautbois, et de donner une épaisseur dense aux cordes, avec de grands élans marins, mais avec un intérêt un peu trop exclusif aux musiciens et à la largeur du volume sonore.

Pelleas02.jpg

   Laurent Naouri (Golaud) et Yann Beuron (Pelléas)

Laurent Naouri et Yann Beuron sont ceux qui s'imposent le mieux par la qualité impeccable de leur diction et par leur présence vocale en surplomb du flux musical. Néanmoins, quelque chose dans le timbre du baryton-basse le rend un peu trop rude, alors que l'on espèrerait entendre des inflexions sensibles, et donc être ému par le personnage de Golaud.
Quand au ténor français, les couleurs vocales se sont un peu assombries, ce qui offre un portrait de Pelléas doux et très mûr.

Il y a beaucoup de dignité et de profondeur dans les expressions d'Hilary Summers, comme des pleurs dépressifs signes annonciateurs de la mort, et même si le détail du texte reste trop opaque à entendre, l'humanité et le regard compassionnel de Franz-Josef Selig lui valent un accueil chaleureux.

Camilla Tilling possède la fragilité aussi bien physique que vocale pour dépeindre Mélisande. Mais comme la tessiture du rôle se situe principalement dans le médium, alors que la soprano est particulièrement lumineuse et rayonnante dans les aigus, son chant se perd parfois sous les respirations amples de l'orchestre. Le problème risque de se reproduire à l'Opéra Bastille avec Elena Tsallagova.

Voir les commentaires