Publié le 25 Octobre 2007

Samedi 3 novembre sur Arte à 22H30 (durée 1h)

Firtz Wurderlinch, un ténor de légende
 
Dimanche 4 novembre sur Arte à 19H00 (durée 45mn)
Firtz Wurderlinch, Archives inoubliables (1959-1966)
 
Samedi 10 novembre sur Arte à 22H30 (durée 1h)
Mario Lanza, un ténor à Hollywood
 
Samedi 17 novembre sur Arte à 22H30 (durée 1h30)
Voyage en compagnie de Peter Sellars
Témoignages de Kaija Saariaho, Gerard Mortier, Georges Tsypin 
  
Samedi 24 novembre sur Arte à 22H30 (durée 2h30)
The Rake's Progress, Igor Stravinsky
Opéra filmé à Bruxelles, La Monnaie, en avril et mai 2007
Avec Laura Claycomb, Andrew Kennedy, William Chimel, Julianne Young, Dagmar Peckova.
Direction musicale : Kazushi Ono
Mise en scène : Robert Lepage 
  
Mardi 27 novembre sur Arte à 22H45 (durée 2h00)
L'Opéra de Quat'sous, Kurt Weill
Avec Karin Neuhäuser, Wolfram Koch, Joachim Nimtz, Sascha Maria Icks, Sebastian Schindegger.

Mise en scène : André Wilms

 

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 23 Octobre 2007

Tosca (Puccini)

Répétition Générale du 22 octobre 2007 (Opéra Bastille)
 
Tosca Catherine Naglestad
Mario Marcus Haddock
Scarpia Franck Ferrari
 
Direction musicale Nicola Luisotti
Mise en scène Werner Schroeter 
 
Après la direction finement ciselée du regretté Marcello Viotti et les piani langoureux de Marcello Giordani en 2003, la version 2007 s'annonce beaucoup plus fiévreuse. 
 
En effet, Marcus Haddock est de la même trempe que Vladimir Galouzine, avec une puissance et des couleurs obscures qui l'imposent surtout dans les épreuves les plus lyriques. 
Je n'aurai pas la possibilité d'entendre Sylvie Valayre, ceci étant, si d'aucun apprécie la sensualité de Catherine Naglestad, j'ai surtout vu une panthère farouche et un soupçon perverse, entendu des invocations très sauvages, et eu l'impression à plusieurs reprises d'être transpercé par la fulgurance de ses aigus. Elle ne lâche même pas prise sur un "Vissi d'Arte, vissi d'Amore  " voluptueux. Il y a quand même trop d'outrance pour ne pas s'en amuser un peu.
  TOSCA1.jpgCatherine Naglestad (Floria Tosca)
Avec de tels formats vocaux dignes d'un Siegmund et d'une Sieglinde, Nicola Luisotti peut donc engager l'orchestre dans des flôts de passion spectaculaires, où, finalement, Franck Ferrari s'évertue à humaniser Scarpia. Il paraît presque amoureux de Floria Tosca dans sa déclaration, et trouble le caractère à la base sadique du chef de la police. Il lui reste à rendre pleinement convaincante son envergure, car, sur ce point, l'alternative de Samuel Ramey bénéficie d'un meilleur crédit.
 
Sur le plan visuel, il n'est pas impossible que les éclairages aient été retouchés pour rendre l'atmosphère encore plus étouffante.

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Publié le 22 Octobre 2007

Jennifer Larmore à la Salle Pleyel

Concert du 21 octobre 2007
 
Vivaldi
Concerti RV 116 et RV 11
Orlando Furioso : "Alza in quelgli occhi", "Vorresti amor da me", "Cosi potessi anchio"
Rossini
L'Italienne à Alger : Ouverture, "Per lui che adoro", "Cruda Sorte"
Le Barbier de Séville : Ouverture, "Una voce poco fa".
Mendelssohn
Symphonie n°4
 
Orchestre de chambre de Bâle.
Direction David Sterne
 
Résumons la situation : en 1998, Jennifer Larmore déboule à l'Opéra Garnier avec une Italienne à Alger séduisante et une noirceur de timbre bien typée.
Mais très vite les enregistrements qu'elle réalise montrent une tendance nette à un engorgement prononcé. Puis ses apparitions au Théâtre des Champs Elysées révèlent une chanteuse peu à l'aise et une opulence physique qui s'accroit. Son cas est plié.
Pourtant l'année dernière j'entend parler d'un récital extraordinaire et il s'agit donc aujourd'hui d'aller constater par soi même.
C'est un choc lorsque survient par la gauche de la scène une femme élégante et déterminée défilant comme à une présentation de mode, longue robe noire fendue et un sourire terriblement accrocheur.
Si les deux premiers airs de l'Orlando Furioso se noyent un peu dans l'acoustique de la salle, la sensibilité avec laquelle la chanteuse interprète "Cosi potessi anchio" amorce sa prise de contact avec l'auditoire. Et l'on comprend ce qu'il va se passer lorsque Isabella puis Rosina deviennent pour elle prétexte à un show débordant d'impertinence. Elle use toujours de ses graves empruntés à Marilyn Horne mais elle joue maintenant avec l'agilité soutenue exigée dans la tessiture aigüe des deux héroïnes et se met elle même en scène sans aucune retenue avec une souplesse de corps retrouvée. Bien sûr, elle ne se risque pas à toutes les fantaisies de coloratures possibles avec Rosine. 
 
Alors dans ces conditions ce concert prend une nouvelle dimension, une démonstration d'une prise en main de soi totale. Jennifer Larmore avait la capacité et une volonté qu'elle s'est appliquée à elle même. Ce genre d'image est inestimable.

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Publié le 16 Octobre 2007

Le Roi d’Ys (Edouard Lalo - 1888)

Représentation du 14 octobre 2007 (Capitole de Toulouse)
 
ROI_DYS_3b.jpgLe Roi d’Ys Paul Gay
Margared Sophie Koch
Rozenn Inva Mula
Mylio Charles Castronovo
Karnac Franck Ferrari
St Corentin Eric Martin-Bonnet
Jahel André Heyboer
 
Direction musicale Yves Abel
Mise en scène Nicolas Joel
                                                                              Sophie Koch (Margared)
Une ouverture de saison à l’Opéra de Toulouse est quelque chose qui ne se rate pas. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’en octobre la chaleur des lumières de l’après-midi sur la place du Capitole distribue une ambiance empreinte de sérénité qui vous place dans une prédisposition optimale surtout quand le sujet de l’œuvre relève du fantastique et de la légende.
Allons donc découvrir cette ville d’Ys sujet d’un conte celte que j’ai pris soin de lire bien avant.
ROI_DYS_1b.jpgPassée l’ouverture épique, Yves Abel nous plonge dans les reflets d’une musique dont l’étendue vaporeuse efface les dimensions modestes du théâtre.
La dynamique est d’ailleurs tout aussi parfaite quand le drame frise l’hystérie, et je pense ici à l’affrontement entre Margared et Rozenn. C’est d’un théâtral étrangement similaire à la rencontre entre Adrienne et la Princesse que Francesco Cilea créa 14 ans plus tard avec Adrienne Lecouvreur.
Inva Mula est épatante, puissance vocale dont nous n’avions pas l’habitude, couleurs dorées, diction fluide, elle s’oppose à une Sophie Koch inattendue dans un emploi aussi lourd. La caractérisation reste un peu sommaire dans le fameux air « De tout côté j’aperçois dans la plaine » où aucune inflexion ne vient briser un tempérament dur et déterminé. Mais l’impact de ce timbre d’un bronze souple est indiscutable. Oublié le petit compositeur torturé d’Ariane à Naxos, voici donc une nouvelle diabolique.
                                                                                            Inva Mula et Charles Castronovo
C’est exactement l’évolution inverse que suit Franck Ferrari. Admirable dans les rôles de salauds à Paris (Paolo, Thoas, Lindorf), il se veut un peu moins brutal et soigne plus les lignes de chants et les changements de tonalités. La stature de Karnac en souffre un peu je trouve.
Après le succès de l’Elixir d’Amour à Paris, Charles Castronovo confirme qu’il est un ténor que l’on va de plus en plus réclamer dans les rôles d’amoureux pour lesquels la musicalité et les obscurités vocales le prédestinent.
Paul Gay assume à la fois l’autorité et les sentiments profonds pour sa fille avec beaucoup de dignité.
 
ROI_DYS_2b.jpg

             Dernière scène (C.Castronovo, I.Mula, S.Kock, P.Gay)

Le très bel escalier en marbre bleu qui se sépare des deux côtés de l’espace scénique fixe une force architecturale marquante et magnifique sous les cascades d’eau finales.
Le livret s'attarde sur les accusations de wagnérisme portées à l'époque contre l'oeuvre. Il faut replacer ce jugement dans le contexte politique d'une époque dominée par un fort sentiment anti-allemand et ne pas lui donner de valeur artistique. Je n'ai par ailleurs aucunement pensé à Wagner de tout l'après-midi.
Les scènes s'enchaînent sans trêve (hors entracte) durant deux petites heures si bien qu'avec une distribution aussi homogène et impliquée il y a surtout de quoi laisser l’imaginaire prendre.

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Publié le 16 Octobre 2007

TRAVIATA_ACTE1b.jpgLa Traviata (Verdi)

Répétition Générale du 12 octobre 2007
Opéra Garnier
 
Violetta Christine Schäfer
Alfredo Stefano Secco
Germont José Van Dam
Annina Michèle Lagrange
Flora Helene Schneiderman
 
Direction musicale Daniel Oren
Mise en scène Christophe Marthaler
  
Voilà une reprise qui comprend un changement majeur : le chef.
En juin-juillet, la nouvelle production de la Traviata (commentée dans l’article La Traviata) frappait par son parti pris total de la mise en scène à la représentation musicale. 

 
Comment Daniel Oren va-t-il s’approprier le concept ? Certainement pas en changeant les tempi parfois plus lents que ceux de Sylvain Cambreling. Plus sûrement en développant les ressorts les plus intimes de la musique de Verdi et en laissant se détacher les motifs des instruments. L’oreille est si souvent piquée que la fosse devient un objet d’intérêt au risque de distraire de l’enjeu scénique.
L’effet est très réussi dans la rêverie de Violetta au premier acte, la folie de la réception chez Flora Bervoix (retravaillée et encore plus marquante) , et la tristesse de cette femme délaissée sur son lit de mort.
Il n’est donc plus question ici de décrire une atmosphère sinistre qui faisait la force de la rencontre opposant Germont à Traviata ce qui me laisse préférer la première version plus radicale et plus apte à bousculer le spectateur dans son confort.
 
Indubitablement la lecture de Daniel Oren est surtout une friandise qui peut se déguster indépendamment de tout contexte théâtral.
 
Sur scène l’autre nouveauté est l’Alfredo de Stefano Secco. Clarté du timbre, articulation mordante, projection parfois éclatante, le chanteur fait ce qu’il peut pour adhérer au rôle mais avec moins de conviction que Jonas Kaufmann. Il n’en n’a pas le charme ni l’insouciance.
En fait je le préfère bien plus dans les rôles d’hommes au grand cœur tel Adorno et sans nul doute dans le futur Macduff. 

TRAVIATA_ACTE301.jpg
                       Christine Schäfer : acte III
Christine Schäfer reste l'interprète fragile idéale dans la vision de Marthaler, José Van Dam est avant tout une stature inévitable et j'ai cru remarquer le domestique Slawomir Szychowiak qui ne dit que trois mots mais forts impressionnants.

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Publié le 16 Octobre 2007

Présentation de Roméo et Juliette de Berlioz

Par Gerard Mortier et Brigitte Lefèvre
Le 11 octobre 2007 au Studio Bastille
 
Dés son arrivée à la direction de l’Opéra de Paris, Gerard Mortier eut l’idée avec Brigitte Lefèvre de monter des spectacles mêlant chœurs, orchestre et Ballet de l’Opéra. Il y eut l’Orphée de Gluck puis le plus discuté Allegro de Haendel.
 
Aujourd’hui, il s’adresse au public de l’AROP (Association pour le Rayonnement de l’Opéra de Paris) afin de présenter Roméo et Juliette mis en scène par Sasha Waltz
Passons sur le passage au grill des critiques qui n’ont même pas dit un mot du chef (Valery Gergiev) après la Première, comme si la musique ne valait rien, pour porter notre attention sur l’analyse du génie du compositeur français.
 
L’œuvre fut créée dans les années 1830 sous la Monarchie de Louis Philippe et est une musique très en avance sur son temps.
Bien sûr avec « I Capuleti e i Montecchi » Bellini a voulu écrire de la très belle musique pour de belles voix. Puis avec Gounod, « Roméo et Juliette » devient un drame épique.
Cependant il n’y a pas de réflexion profonde sur l’Amour.
Berlioz entreprend ainsi de parler de l’Amour mais aussi de comment il peut être tué par les autres, comment un être peut rencontrer un autre être humain, et également comment l’Amour peut être destructeur en comparant avec « Antoine et Cléopâtre » de William Shakespeare.
 
Alors au début le compositeur explique cette lutte entre les Capulets et les Montaigus grâce à un Fugato : la beauté de ces thèmes qui se poursuivent ( des thèmes identiques sont chantés différemment) traduisent que ce sont tout de même des frères qui s’affrontent.
Puis survient la chanson de la Reine Maab qui est une métaphore de la Folie de l’Amour. C’est un grand moment de virtuosité.
Et alors que, jusqu’à présent, les chœurs et solistes exprimaient les forces en jeu, place est laissée à la musique symphonique et à la sensualité des cordes pour le duo d’Amour.
C’est un pas de deux de 18 minutes comparable aux 25 minutes de Tristan et Iseult de Richard Wagner. Physiquement, c’est à la limite du possible.
Mais au tableau suivant Juliette est déjà morte. Le décor, comme un livre plié, s’ouvre.
Seul chante pendant 12 minutes Frère Laurent, doublé par un danseur, qui est celui qui a voulu sauver cet Amour. Il est accompagné par les chœurs dans un final très dramatique.
 
ROMEO-JULIETTE-FINb.jpgSasha Waltz préfère rester dans une certaine intériorité car l’explication de texte est dans la fosse. Brigitte Lefèvre la perçoit plus comme une artiste baroque d’aujourd’hui privilégiant l’émotion abstraite.
25 danseurs sont engagés (Aurélie Dupont pour Juliette et Hervé Moreau pour Roméo), un très grand orchestre de 80 musiciens (plus grand que celui de Tristan) avec 16 premiers violons, 8 timbales, 2 harpes, 70 choristes et 3 chanteurs (Mikhaïl Petrenko, Ekaterina Gubanova, Yann Beuron) complétant l’ensemble. 30000 spectateurs vont ainsi découvrir l’œuvre à l’Opéra Bastille.
Hector Berlioz s’est ainsi emparé de « Roméo et Juliette » pour raconter une histoire sur la passion de l’Amour, la beauté de l’Amour et la force créative de l’Amour.
 
Les derniers mots de Roméo dans Shakespeare en résument le drame : « Thus with a kiss I die », ainsi avec un baiser je meurs.
Energisant dans la littérature, le baiser ne devrait donc pas être quelque chose qui détruit.

Voir également l'article sur la représentation de Roméo et Juliette

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Publié le 8 Octobre 2007

Genèse de l’œuvre

 
De retour à Milan, Verdi récupère sur sa santé et s’implique même dans le dénouement de la vie conjugale de ses amis Maffei. La comtesse se retire à Clusone alors que Maffei propose à Verdi de réduire le drame de Schiller « Les Brigands » (I Masnadieri).
 
Cependant, depuis l’accueil chaleureux du public florentin à ses œuvres, le compositeur ne peut plus ignorer une telle sympathie. Or Lanari, directeur de l’opéra de Florence, ne dispose pas de ténor de première classe.
Le choix de Verdi se porte donc sur Macbeth, opéra dans lequel la partie de ténor est d’importance secondaire.
 
Ce travail ne lui permet pas de répondre à une demande de Rome pour un hymne célébrant l’intronisation du Pape Pie IX. En effet, ses mesures démocratiques (loi libérale confiant la censure à une commission laïque, libération des condamnés politiques) l’ont rendu populaire et inquiètent le pouvoir autrichien.
Metternich renforce ses troupes et se tient prêt à contrer les révolutionnaires.
 
Dans le même temps, Lumley, directeur du Théâtre de la Reine à Londres, presse Verdi de lui fournir un opéra. Ce sera «I Masnadieri » mais pour l’instant la composition de Macbeth va trop lentement depuis août 1846. C’est seulement début février 1847 qu’il débute l’orchestration.
 
Après deux semaines de répétitions, « Macbeth » est présenté le 14 mars 1847 à Florence.
Il n’obtient pas l’excellent accueil dont parlent les historiens. Les personnages ne sont pas suffisamment caractérisés et surtout le public préfère le Verdi qui exprime la douleur des âmes italiennes aspirant à un destin meilleur.
Verdi proposera une version remaniée de Macbeth pour Paris en 1865 juste avant la création de Don Carlos.
 
 
Macbeth
 
A partir de 889, les royaumes Scots et Pictes sont unifiés et dirigés par Donald II, premier « Roi d’Ecosse » également nommé « Roi d’Alba ». La préoccupation majeure de la population est alors de repousser les invasions Viking.
De plus, le système des Thanes hérité des Celtes d’Ecosse établit que le droit au trône est conféré par la mère. L’avantage est d’assurer un successeur prêt à devenir chef de guerre. L’inconvénient est d’engendrer des rivalités meurtrières quand le nombre de possibilités est élevé.
 
En 1034, Duncan Ier succède à Malcolm II. Cette désignation est vivement ressentie par Macbeth, grand serviteur de Moray, qui s’estime dans la ligne directe de Malcolm et renforcé par la descendance royale de sa femme Gruoch.
Ainsi, en 1040, Macbeth monte une ligue contre Duncan et l’élimine. Crinan, père de Duncan tente une révolte mais est tué à la bataille de Dunkeld en 1045.
Soucieux d’assurer sa position, le roi écossais voyage pour connaître les développements des royaumes voisins.
 
Seulement, les fils de Duncan s’étant réfugiés en Northumbria, l’un d’eux, Malcolm, lève une armée, prend le Lothian et Strathclyde avant de battre et tuer Macbeth à la bataille de Lumphanan (1057). Lulach, fils de Gruoch devient roi, et il faut donc un autre affrontement pour que Malcolm III accède au trône d’Ecosse.
 
L’œuvre de Verdi conserve la dimension fantastique du drame de Shakespeare.
Des sorcières prédisent à Macbeth qu’il sera roi d’Ecosse. Lady Macbeth le somme de précipiter les évènements en éliminant Duncan de passage à leur château.
Devenu Roi, c’est alors le tour de Banco et de la famille de Macduff de disparaître afin de contrer les prédictions des magiciennes sur la succession au trône.
Macduff rejoint Malcolm, lève une armée dans la forêt de Birman et bat Macbeth. La femme du tyran devient folle et meurt.
Ainsi en devenant roi, Malcolm achève un règne marqué par la terreur.
 

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Rédigé par David

Publié dans #Verdi

Publié le 6 Octobre 2007

Rencontre avec Cécilia Bartoli

Le 06 octobre 2007
Théâtre des Champs Elysées.

 

Bartoli.jpgLe mois dernier Eve Ruggieri nous apprenait que c’est à l’occasion du 10ième anniversaire de la disparition de Maria Callas que furent découvertes à l’Opéra Garnier une jeune soprano colorature, Sumi Jo, et une jeune mezzo-soprano di agilita, Cécilia Bartoli.

Toutes deux avaient remporté le prix de la fondation Maria Callas.

Alors qu' Herbert von Karajan demanda à rencontrer la première, Daniel Barenboïm prit contact avec l’interprète virtuose de la Cenerentola pour l’engager.

20 ans plus tard exactement,  Cécilia Bartoli est la première invitée d’une série de rencontres organisée par Dominique Meyer.

Durant une heure, le rappel de son parcours est le prétexte à une évocation de l’Italie, Rome, ses places, ses ruelles, son soleil d’une manière radieuse et dans un français impeccable.

Il va falloir retrouver le titre de l’air de Mendelssohn que l’on a eu le plaisir d’écouter, modèle d’évolution du style baroque vers le bel canto.

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Publié le 4 Octobre 2007

opera-115a.jpgRoméo et Juliette (Hector Berlioz)

Répétition générale du 03 octobre 2007
Opéra Bastille
Chorégraphie Sasha Waltz
Direction Valery Gergiev
 
Juliette Aurélie Dupont
Ekaterina Gubanova
Roméo Hervé Moreau
            Yann Beuron
Frère Laurent Wielfried Romoli
            Mikhail Petrenko
 
Il y a quelques mois, Arte diffusait un reportage ("Le Jardin des Délices") sur la chorégraphe allemande dont les spectacles sont devenus un "Must" à Berlin.
Derrière beaucoup de modestie et d'énergie se dévoile alors un sens de la vérité humaine poignant.
C'est dire que ce "Roméo et Juliette" est attendu et le remplissage complet de l'opéra Bastille jusque dans les hautes places des galeries lors de la dernière répétition en témoigne.
 
Dans un univers symbolique, horizon noir infini cernant deux simples dalles, Sasha Waltz exprime dans chaque tableau du drame les effusions amicales, les intimidations mais comme si il y avait quelque chose de vain, de désordonné voir loufoque (ironie qui n'est pas sans rappeler celle de Christophe Marthaler).
Gergiev est par ailleurs plus sec et brutal dans la première partie que pendant toute la suite.
 
Le cœur de la représentation reste pour moi la scène du balcon où Juliette et Roméo se retrouvent dans un duo bouleversant d'humanité, de spontanéïté et se révèle une irrésistible figuration du bonheur adolescent. Mais ce n'est qu'un songe.
 
  ROMEO-JULIETTE modified
   Aurélie Dupont et Hervé Moreau
Petit à petit l'impossibilité de ce rêve et la tristesse qu'elle déclenche amorcent les premiers mouvements du plateau. Le moment où le filtre est bu par Juliette se cale sur un accord terrible, laissant Roméo en proie à la violence et au désespoir.

Le final, peut être moins fort malgré la double veille Roméo sur le corps de Juliette puis Juliette sur le corps de Roméo, est emporté par les choeurs et un Mikhail Petrenko splendides.
  

Voir également la présentation de l'œuvre par Gerard Mortier.

 

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Publié le 1 Octobre 2007

Maria Stuarda (Donizetti)

Version de concert du 30 septembre 2007 (Théâtre des Champs Elysées)
 
Marie Stuart Ruth Ann Swenson
Elisabeth Iano Tamar
Leicester Dario Schumk
Talbot Giovanni Furlanetto
Cecil Lionel Loth
Paula Gardino Anna Kennedy
 
Orchestre et choeurs de l'Opéra National de Lyon
Direction Evelino Pidò
 
Dès l'ouverture la cavalcade est lancée entraînant les trémoussements que l'enthousiasme de quelques uns ne peut retenir.
Puis l'attente du duel entre les dames s'établit car seule Elisabeth se découvre au premier acte.
Iano Tamar n'a peut être pas l'ampleur vocale que l'on pourrait attendre d'une reine et se laisse parfois submerger par l'orchestre. En revanche, la séduction de ce timbre pas assez sombre pour franchement l'identifier comme mezzo, mais aux aigus implacables, est un atout dont l'évolution vers les emplois plus dramatiques est digne d'intérêt .
 
Vous connaissiez Dario Schumk ? Moi pas. Car nous avons découvert un ténor franc, viril, jamais en peine et se posant hardiment face à la salle. Si le timbre est relativement commun, le chanteur a donné l'impression d'un tel sens de l'anticipation musicale que rarement j'ai ressenti autant d'harmonie entre chant et discours orchestral.
Avec beaucoup de noblesse Giovanni Furlanetto oppose également un Talbot ferme et convaincant.
 
Et enfin, le suspens se lève sur le château de Fotheringhay. Ruth Ann Swenson illumine avec beaucoup de chaleur et de poésie la scène, mais quelques difficultés avec la partition sont visibles. L'auditoire paraît d'ailleurs plus exigeant avec elle qu'avec ses partenaires.
Les vocalises vertigineuses ne sont certes pas au rendez vous, cependant elle dégage une candeur qui n'en rabaisse que d'avantage l'esprit de son adversaire.
 
Bien entendu Evelino Pidó en fait un peu trop, danse même avec ses chanteurs au risque d'en fatiguer certains avec ses débordements d'énergie.
 
Alors s'il est vrai que la vérité tragique de l'oeuvre ne s'est pas invitée à cette soirée, la générosité de ces chanteurs tous excellents musiciens et leur plaisir d'être présent là face au public ont constitués un petit détournement de l'œuvre de Donizetti pour créer un vrai moment d'évasion.

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