Articles avec #bausch tag

Publié le 8 Juillet 2018

Nefés (Pina Bausch)
Représentation du 07 juillet 2018
Théâtre des Champs-Elysées

Danseurs du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch
Mise en scène et chorégraphie Pina Bausch (21 mars 2003)
Décor et vidéos Peter Pabst
Costumes Marion Cito

Musique enregistrée :
Mercan Dede, Birol Topaloglu, Burhan Öçal, Istanbul Oriental Ensemble, Replicas, Bülent Ersoy, Candan Erçetin, Suren Asaduryan avec Yansimalar, Amon Tobin, Arild Andersen, Bugge Wesseltoft, Chris McGregor’s Brotherhood of Breath, Dr Rockit, Elektrotwist, Inner Zone Orchestra, Koop, Mardi Gras BB, Astor Piazzolla, Tom Waits, Uhuhboo Project

Coproduction International Istanbul Théâtre Festival, Istanbul Foundation for Culture and Arts

Au début des années 2000, Istanbul est en plein essor, et en août 2002, au moment où Pina Bausch et sa troupe se déplacent à Istanbul, la Turquie vient adopter un ensemble de réformes (abolition de la peine de mort, octroi de droits culturels pour les Kurdes, élargissement de la liberté de la presse...) préparatoires à son entrée dans l’Union européenne.

Tanztheater Wuppertal Pina Bausch

Tanztheater Wuppertal Pina Bausch

De cette rencontre, avec une capitale mythique qui accueille toutes sortes de communautés religieuses ou identitaires, est né un spectacle de 2h30 qui est, en premier lieu, une véritable découverte de la culture musicale du pays et de ses hybridations étranges : Mercan Dede et son alliage de musique traditionnelle et de sons électroniques, Burhan Öçal parcouru d’influences gitanes et turques, mais également l’univers jazzy d’Arild Andersen.

Tout dans les choix musicaux évoque cette confluence des cultures asiatiques, orientales et occidentales et ce croisement des traditions et de la modernité qui baignent en permanence la métropole turque.

Rainer Berhs

Rainer Berhs

Étrange ambiance des hammams, défilé de femmes sophistiquées dont les robes volent au vent sous les impulsions d’hommes serviteurs, scènes humoristiques autour d’une flaque d’eau qui s’étend petit à petit au milieu de la scène, mouvements des corps élancés par des gestes ornementaux d’une grâce absolue, déliés de chevelures aux lignes légères et sensuelles, les jeux de séduction se déroulent sans se prendre au sérieux, dans une joie mélodieuse et embaumante pour l’âme.

Nefés "Souffle" (Compagnie Tanztheater Wuppertal Pina Bausch) Champs-Elysées

Les hommes, souvent à terre et animés par une chorégraphie d’une très grande célérité, les femmes en perpétuel mouvement semblant raconter une intériorité parfois sereine, contrôlée, voir inquiète, cet enchaînement fluide d’une succession de tableaux qui incorporent des scènes de vie souvent très drôles et nimbées d’une nostalgie poétique fleurant bon l’insouciance (soirée au bord du Bosphore, pique-nique chic, scène de folie urbaine devant un flot de voitures fonçant vers un couple tendant d’échapper à l’enfer de la ville) attise les esprits les plus voyageurs.

Et c’est ce désir d’imprégnation de cultures brasées par l’Orient qu’éveille avant tout la fraicheur de ce voyage musical (Nefés, littéralement « souffle », est un hymne spirituel turc) où perfection et simplicité du cœur se côtoient en apparence tout naturellement.

 

Voir les commentaires