Louise (Gustave Charpentier)
Répétition générale du 17 juin 2008 à l’Opéra Bastille
Louise
Mireille
Delunsch
Julien Gregory
Kunde
La Mère
Jane Henschel
Le Père
Alain Vernhes
Un noctambule, le marchand
d’habits Luca Lombardo
Direction musicale
Patrick
Davin
Mise en
scène
André
Engel
Chef des chœurs
Alessandro Di Stefano
La manière dont les œuvres se répondent cette saison à l’Opéra National de Paris évoque un tissu musical complexe à travers lequel les thèmes se croisent.
Cardillac
se situait à la croisée des motifs de l’Opéra Allemand, de l’Opéra du XXième
siècle et de la ville de Paris, et donc André Engel retrouve avec « Louise » la capitale française, ses toits décidemment toujours aussi
fréquentés, l’Opéra contemporain français bien entendu et à nouveau la condition d’une femme qui vit chez son père.
Il paraît que l’on y entend un fleuve wagnérien chatoyant de délicatesses dignes de Massenet, et pourtant l’atmosphère du bonheur parental au second tableau vaut assurément la sereine euphorie du
duo de Roméo et Juliette imaginé par Berlioz.
Patrick Davin n’a alors de cesse de dépeindre
les lignes mélodiques en accordant un soin immense à l’harmonie avec les chœurs sans que la scène de fête n’en devienne assourdissante.
Ce transport en est d’autant plus appréciable que le livret peine Ã
passionner.
En Gregory Kunde, Louise trouve un Julien mature, un homme peut être plus solide que poète mais qu’elle sait pouvoir suivre les yeux fermés, alors
qu’Alain Vernhes, d’apparence père tranquille, offre un grand moment de théâtre lorsque sa colère
éclate.
Mireille Delunsch (Louise)
Sans trop de surprise Mireille Delunsch joue magnifiquement ce rôle de jeune fille un peu gauche et rêveuse, Jane Henschel est toujours aussi impeccable dans les rôles de femmes fortes et dirigistes, et avec ses petits airs de fils idéal Luca Lombardo offre une générosité d'âme
évidente.
« Louise » fait écho à « La Bohème ». Alors qu' il y a deux ans l’atelier d’artistes de l’opéra de Puccini comportait une affiche de «Cardillac », Gerard Mortier
nous rappelle cette fois de ne pas oublier d’aller voir l’Affaire Makropoulos l’année prochaine.
Au passage de la station de métro "Montmartre", un irrésistible sens du message subliminal en somme!
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