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Publié le 6 Octobre 2017

Nijinsky (Un ballet de John Neumeier)
Représentation du 03 octobre 2017
Théâtre des Champs-Elysées

John Neumeier chorégraphie, décors, costumes
(D’après les épreuves originales de Léon Bakst et Alexandre Benois)
Musique de Chopin, Schumann, Rimski-Korsakov, Chostakovitch 

Vaslav Nijinsky Guillaume Côté
Stanislav Nijinsky Dylan Tedaldi
Romola Nijinsky Heather Ogden
Serge Diaghilev Evan McKie

Etoiles et Corps de Ballet du Ballet National du Canada 
Direction musicale David Briskin                               
 Dylan Tedaldi et Guillaume Côté
Orchestre Prométhée

Représenter Nijinsky - ballet créé à Hambourg en l’an 2000 par John Neumeier - au Théâtre des Champs-Elysées, c’est, en premier lieu, ramener le souvenir, en ce théâtre, du danseur qui chorégraphia le Sacre du Printemps d’Igor Stravinsky qui fit tant scandale en 1913.

Évocation de l'esclave d'Or de Shéhérazade

Évocation de l'esclave d'Or de Shéhérazade

Mais c’est également offrir au public un puissant vecteur émotionnel ayant le pouvoir d’aiguiser sa curiosité envers un artiste hors norme, dont la vie fait se rejoindre des problématiques, en apparence aussi disjointes qu’intrinsèquement liées, qui touchent à la fois au talent artistique, à l’identité sexuelle et à la folie.

Évocation du Faune

Évocation du Faune

Le ballet débute dans la salle de l’Hôtel Suvretta House à Saint-Moritz, le 19 janvier 1919, lieu où Vaslav Nijinsky accorde une dernière représentation, et annonce à son audience son intention de 'jouer une guerre qu’elle ne pourra empêcher'.

John Neumeier introduit la personnalité légère du danseur sur la musique de Shéhérazade, ballet oriental sur lequel s'est construite la renommée parisienne de Nijinsky, ainsi que celle du peintre Leon Bakst pour les décors et les costumes, juste après qu’il n'offre un geste d’affection à celui qui fut pendant plusieurs années son ami et amant, Serge de Diaghilev.

Guillaume Côté (Vaslav Nijinsky) et Evan McKie (Serge Diaghilev)

Guillaume Côté (Vaslav Nijinsky) et Evan McKie (Serge Diaghilev)

Ce poème symphonique, pour lequel Michel Fokine créa en 1910 une chorégraphie à l'attention des ballets russes, est joué presque intégralement, et l’on voit défiler plusieurs incarnations mythiques de Nijinsky, dont le si célèbre faune sensuel joué sur la musique de Debussy.

Guillaume Côté se love naturellement dans la gestuelle androgyne et ambiguë du danseur, mais révèle une vérité bien plus expressive dans les tableaux qui le lient à Evan McKie, l’interprète de Diaghilev. Harmonie élancée du couple, mais aussi froideur distanciée dans les épanchements, on lit autant une connivence qu’une différence intérieure entre la candeur subtilement ombragée de l’un et l’assurance presque dominatrice de l’autre. 

Guillaume Côté (Vaslav Nijinsky) et Heather Ogden (Romola Nijinsky)

Guillaume Côté (Vaslav Nijinsky) et Heather Ogden (Romola Nijinsky)

Le duo fusionnel avec Heather Ogden, pure Romola, la femme de Nijinsky qui mettra fin à la relation avec Diaghilev, vibrant courant de subtilités sensibles, vire à de magnifiques enlacements athlétiques qui se déroulent au sol, et s'érige en point fort de cette première partie qui s’achève par un rejet totalement empreint de mépris de la part de Diaghilev.

Si, jusqu’à présent, les musiciens semblaient plutôt bridés par une lecture bien sage de la musique de Rimski-Korsakov, David Briskin déploie par la suite tout le potentiel de l’orchestre Prométhée au cours du second acte qui voit éclater la folie schizophrénique qui s’empare de Nijinsky à la fin de la Première Guerre mondiale.

A partir de cet instant, l’allégro de la 11ème symphonie de Chostakovitch – œuvre composée bien plus tard, en 1957 - devient la métaphore à la fois de l'emportement guerrier de l’humanité, que des troubles épouvantablement violents du danseur.

Dylan Tedaldi (Évocation de Stanislav Nijinsky)

Dylan Tedaldi (Évocation de Stanislav Nijinsky)

Les attaques orchestrales et les fulgurances des cuivres entraînent les splendides danseurs du corps de ballet dans une chorégraphie rythmée par les synchronisations machinales, déshumanisées puis ré humanisées par chacun des artistes, ce qui met en valeur à la fois la puissance et la charge charnelle de la troupe masculine. 

Il y a une fascination quasi hypnotique à les regarder tous danser sur la violence des accords d'une musique plus moderne, sur laquelle Neumeier montre une autre facette si libre et inventive qui lui vaut le surnom de Rodin de la danse. Car il sait, sans pareil, pétrir les muscles de ses artistes pour en révéler la vigueur magistrale éclatante.

Troupe masculine du Ballet National du Canada

Troupe masculine du Ballet National du Canada

Splendide Dylan Tedaldi, d’une morphologie souple et animale, qui incarne le souvenir du jeune Stanislav, le frère de Nijinsky, ses torsions du buste alliées à l’expressivité d’un tempérament sans relâche constituent le premier point de tension de cette seconde partie.

Et pour décrire aussi bien la folie du monde que celle de Nijinsky, le personnage de Till l’Espiègle, son dernier rôle, malicieusement tournoyant, se mêle aux jambes nues des guerriers, alors que la musique devient de plus en plus saccadée et s’emballe dans une marche sauvage ininterrompue.

Guillaume Côté (Vaslav Nijinsky) et, au sol, Ethan Watts (un guerrier)

Guillaume Côté (Vaslav Nijinsky) et, au sol, Ethan Watts (un guerrier)

L’emprise sur le spectateur saturé de son et de mouvements atteint son summum peu avant la chute finale qui ne laisse aucun survivant de ce tableau qui fait écho à la 3ème symphonie de Mahler chorégraphiée par John Neumeier à l’Opéra Bastille en 2009.

Ainsi, Elisabeth Platel, Aurélie Dupont et Brigitte Lefevre, situées au centre des loges avec salon, sont venues à cette première, tissant encore un peu plus, entre deux théâtres parisiens, les liens artistiques qui font l’âme de notre ville.

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Publié le 16 Septembre 2017

La Clemenza di Tito (Wolfgang Amadé Mozart)
Version de concert du 15 septembre 2017
Théâtre des Champs-Elysées

Tito Maximilian Schmitt
Vitellia Karina Gauvin
Sesto Stéphanie d’Oustrac
Servillia Anna Lucia Richter
Annio Jeanine De Bique
Publio Willard White

Direction musicale Teodor Currentzis
MusicAeterna

                                        Maximilian Schmitt (Tito)

Après le succès de la nouvelle production de La Clémence de Titus présentée au Festival de Salzbourg cet été dans la mise en scène de Peter Sellars, Teodor Currentzis et son orchestre de l’Opéra de Perm, MusicAeterna, voyagent pour quelques jours en Europe afin de faire connaître cette nouvelle version du dernier opéra de Mozart, type parfait de l’opera seria italien.

Après Brême et Genève, et avant Wroclaw, le Théâtre des Champs-Elysées a la chance de les accueillir avec une distribution grandement renouvelée.

Et même s’il s’agit d’une version de concert, une attention sensible est accordée afin de dépeindre d’emblée l’atmosphère crépusculaire d’une lumière ambrée qui illumine l’orchestre disposé en un demi-cercle solaire autour du chef et d’un pianoforte.

Teodor Currentzis

Teodor Currentzis

Dès l’ouverture, le rythme d’un allant survolté met à l’épreuve les batteries d’archets rodés à l’impulsivité naturelle de Teodor Currentzis,  des élancements de cuivres dorés reflètent une puissance dramatique majestueuse, et la vitalité de la musique de Mozart  jouée avec swing atteint un summum d’allégresse dans l’un des airs extraits de la Messe en ut mineur, Laudamus te, inséré pour servir la fraîcheur expressive délicate d’Anna Lucia Richter, l’interprète de Servillia.

A plusieurs reprises, le continuo chaleureux du clavier parcelle les airs de Sesto ou de Vitellia de touches scintillantes, les flûtes décrivent des ornements orientalisants, et certains solistes sont magnifiquement détachés à la manière d’un art iconographique, tel le joueur de cor de basset qui devient un personnage à part entière et reflet miroir de Sesto.

Stéphanie d'Oustrac (Sesto)

Stéphanie d'Oustrac (Sesto)

Fantastique scène finale du premier acte, également, qui prend une tonalité extraordinairement poignante tant la force des à-coups, les fulgurances des cors, les lumières rougeoyantes qui enveloppent les musiciens situés au cœur de la scène assombrissent ce tableau, au point de lui donner une dimension surnaturelle et infernale équivalente à l’apparition du commandeur dans Don Giovanni.

Le Kyrie du début du second acte, encore extrait de la Messe en ut mineur, nous plonge dans l’esprit des supplications liturgiques et, cette fois, isole sobrement l’interprète d’Annio, Jeanine De Bique, dont les vibrations d’étain portent longuement dans la salle leur profondeur plaintive. 

Anna Lucia Richter (Servillia)

Anna Lucia Richter (Servillia)

C’est au rideau final que nous verrons le sourire rayonnant et l’énergie débordante de cette jeune artiste trinidadienne.

Plus loin, le pianoforte joue un adagio en solo, et le Quid Tollis fait entendre les magnifiques contrepoints des différentes sections bien tranchées du chœur. Le chant de la conjuration est ainsi chargé d’une implacable volonté destinale, alors que le final s’enrichit de la Musique funèbre maçonnique chantée en chœur, solistes compris, avant que l’ensemble des musiciens ne disparaisse dans le noir.

Et il est épatant de voir que malgré le style foisonnant et haletant de Teodor Currentzis, les chanteurs réussissent tous à s’insérer dans ce flux qui les pousse parfois aux limites de leur agilité.

Pianofortiste de l'orchestre MusicaAeterna

Pianofortiste de l'orchestre MusicaAeterna

Stéphanie d’Oustrac, qui incarnait déjà magnifiquement Sesto à Garnier il y a quelques années, déploie vaillance, grande classe et couleurs boisées, mais également dureté de caractère que l’on n’attend peut être pas autant chez son personnage, comme si le conflit intérieur était trop insoutenable.

Karina Gauvin, elle, n’a assurément pas l’ampleur royale et perçante qui caractérise la violence de Vitellia, mais le timbre est d’une complexité expressive allant du marmonnement conspirateur aux éclats vengeurs, ce qui lui donne un impact dramatique signifiant et traduit une immense contradiction de son caractère particulièrement névrosé.

Karina Gauvin (Vitellia)

Karina Gauvin (Vitellia)

Quant à l’Empereur de Maximilian Schmitt, s’il porte en lui les intonations mozartiennes qui touchent l’âme, les noirceurs de sa tessiture dans le médium et son style vindicatif décrivent un personnage trop banal pour un homme qui est censé avoir une force spirituelle qui lui permette de dépasser la mesquinerie et la faiblesse de ses proches.

C’est donc Willard White, malgré l’âge et l’usure du temps, qui incarne le mieux de son timbre de fauve bienveillant la sagesse inspirante.

La beauté captivante de cette interprétation est assurément l’un des premiers temps forts de la saison parisienne 2017/2018.

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Publié le 31 Mars 2017

Présentation de la saison Lyrique 2017 / 2018 du Théâtre des Champs Elysées

Depuis le samedi 25 mars, la huitième saison de Michel Franck à la direction du Théâtre des Champs Elysées est officiellement dévoilée devant une partie du public venue en nombre au théâtre en fin de matinée.

Cette saison s’inscrit dans la continuité des saisons passées et comprend 4 productions d’opéras en version scénique données sur un total de 23 soirées - dont 8 soirées pour le Barbier de Séville joué avec deux distributions –, 21 opéras en versions concert dont 2 soirs pour Samson et Dalila, 40 concerts symphoniques, 17 récitals vocaux, 27 concerts de musique de chambre, 20 concerts du dimanche matin et 7 ballets dansés sur 39 soirées.

Par ailleurs, une version du Barbier de Séville, chantée en français et ramenée à une durée d’une heure et dix minutes sera créée pour le jeune public et donnée en huit représentations sur le temps scolaire.

Ce spectacle circulera à travers toute la France, notamment à l’Opéra de Rouen, Reims, Montpellier, Avignon, et Marseille.

Outre la possibilité de s'abonner en ligne dès le 25 mars, le théâtre propose dorénavant, comme pour l'Opéra de Paris, une bourse aux billets.

La conférence de présentation peut être revue sous le lien suivant :

Présentation de la saison 2017/2018 du Théâtre des Champs-Elysées

Théâtre des Champs-Elysées - Saison 2017 / 2018

Opéras en version scénique

Il Barbiere di Siviglia (Gioacchino Rossini)
Du 05 au 16 décembre (5 représentations distribution I et 3 représentations distribution II)

Direction musicale Jérémie Rhorer, Mise en scène Laurent Pelly
I : Michele Angelini, Florian Sempey, Kate Lindsey, Peter Kalman, Robert Gleadow, Annunziata Vestri, Guillaume Andrieux
II : Elgan Llyr Thomas, Guillaume Andrieux, Alix Le Saux, Pablo Ruiz, Guilhem Worms, Eléonore Pancrazi, Louis de Lavignère
Le Cercle de l’Harmonie

Dialogues des Carmélites (Francis Poulenc)
Du 07 au 16 février (5 représentations)

Direction musicale Jérémie Rhorer, Mise en scène Olivier Py
Patricia Petibon, Sophie Koch, Véronique Gens, Sabine Devieilhe, Anne Sofie von Otter, Stanislas de Barbeyrac, Nicolas Cavallier, François Piolino
Orchestre National de France – Chœur du Théâtre des Champs-Elysées
Coproduction Théâtre Royal de la Monnaie et Théâtre de Caen

Alcina (Georg Friedrich Haendel)
Du 14 au 20 mars (4 représentations)

Direction musicale Emmanuelle Haïm, Mise en scène Christof Loy
Cécilia Bartoli, Philippe Jaroussky, Julie Fuchs, Varduhi Abrahamyan, Fabio Trümpy
Orchestre et Chœur du Concert d’Astrée
Production Opernhaus Zürich

Orfeo ed Euridice (Christoph Willibald Gluck)
Version italienne de Vienne, 1762
Du 22 mai au 02 juin (6 représentations)

Direction musicale Diego Fasolis, mise en scène Robert Carsen
Philippe Jaroussky, Patricia Petibon, Emoke Barath 
I Barocchisti, Chœur de Radio France
Coproduction Château de Versailles et Lyric Opera of Chicago

Dialogues des Carmélites

Dialogues des Carmélites

Opéras et oratorio en version de concert

Lucia di Lammermoor (Gaetano Donizetti) le 12 septembre
Jessica Pratt, Paolo Fanale, Gabriele Viviani, Ugo Rabec, Airam Hernandez, Valentine Lemercier, Enguerrand de Hys
Roberto Abbado direction, Orchestre National d’Ile-de-France, Ensemble Lyrique Champagne-Ardenne

La Clemenza di Tito (Wolfgang Amadé Mozart) le 15 septembre
Maximilian Schmitt, Karina Gauvin, Anna Lucia Richter, Jeanine de Bique, Willard White
Teodor Currentzis direction, Musica Aeterna

Giulio Cesare (Georg Friedrich Haendel) le 16 octobre
Lawrence Zazzo, Emoke Barath, Julie Boulianne, Delphine Galou, Filippo Mineccia, Riccardo Novaro
Ottavio Dantone direction, Accademia Bizantina

Macbeth (Giuseppe Verdi) le 24 octobre
Dalidor Denis, Marko Mimica, Anna Pirozzi, Piero Pretti, Alexandra Zabala, Cullen Gandy, Nicolo Ceriani
Gianandrea Noseda direction, Orchestre et Chœur du Teatro Regio Torino

Madama Butterfly (Giacomo Puccini) le 07 novembre
Ermonela Jaho, Bryan Hymel, Marie-Nicole Lemieux, Marc Barrard, Wojtek Smilek, Valentine Lemercier, Christophe Gay, Pierre Doyen
Mikko Franck direction, Orchestre Philharmonique et Chœur de Radio France

Attila (Giuseppe Verdi) le 15 novembre
Dmitri Ulyanov, Alexey Markov, Tatiana Serjan, Riccardo Massi
Daniele Rustioni direction, Orchestre et Chœurs de l’Opéra National de Lyon

Magnificat (Jean-Sébastien Bach) le 17 décembre
Maïly de Villoutreys, Damien Guillon, Robert Getchell, Alain Buet
Jean-Claude Magloire direction, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy
Les Petits Chanteurs sainte Croix de Neuilly

Oratorio de Noël (Jean-Sébastien Bach) le 17 décembre
Maria Keohane, Anke Vondung, Jeremy Ovenden, Stephan Loges
Vladimir Jurowski direction, London Philharmonic Orchestra, London Philharmonic Choir

Messe Solennelle (Hector Berlioz)
Le Christ au Mont des Oliviers (Ludwig van Beethoven) le 16 janvier
Vannina Santoni, Daniel Behle, Jean-Sébastien Bou
Jérémie Rhorer direction, Le Cercle de l’Harmonie et Vokalakademie Berlin

La Création (Joseph Haydn) le 22 janvier
Sandrine Piau, Antoine Bélanger, Alain Buet
Jean-Claude Magloire direction, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy
Chœur de chambre de Namur

Requiem (Wolfgang Amadé Mozart) le 13 février
Sylvia Schwartz, Elodie Méchain, Zoltan Megyesi, Istvan Kovacs
Quentin Hindley direction, Orchestre Symphonique de Hongrie-Miskolc
Chœur Cantemus

Passion selon Saint Matthieu (Jean-Sébastien Bach) le 24 mars
Katherine Watson, Claudia Huckle, Mark Padmore, Rodelick Williams, Jessica cale, Eleanor Minney, Hugo Hymas, Matthew Brook
Mark Padmore direction, Orchestra of the Age of Enlightenment
Choir of the Age of Enlightenment

Stabat Mater (Pergolèse) le 27 mars
Julia Lezhneva, Franco Fagioli
Andres Gabetta direction, Bayerisches Staatsorchester et Capella Gabetta

Messe en si mineur (Jean-Sébastien Bach) le 11 avril
Johanna Winkel, Ingeborg Danz, Sebastian Kohlhepp, Tobias Berndt
Hans-Christoph Rademann direction, Orchestre et Chœur du Gaechinger Cantorey Stuttgart

Pelléas et Mélisande (Claude Debussy) le 02 mai
Guillaume Andrieux, Sabine Devieilhe, Jean-François Lapointe, Sylvie Brunet-Grupposo, Luc Bertin-Hugault, Jennifer Courcier, Virgile Ancely
Benjamin Levy direction, Orchestre de Chambre Pelléas et Jeune Chœur de Paris

Messe en Ut (Wolfgang Amadé Mozart) le 30 mai
Carolyn Sampson, Olivia Vermeulen, Zachary Wilder, Dominik Wörner
Massaki Suzuki direction, Bach Collegium Japan

Rinaldo (Georg Friedrich Haendel) le 05 juin
Jason Bridges, Sandrine Piau, Xavier Sabata, Christopher Lowrey, Tomislav Lavoie, Eve-Maud Hubeaux
Christophe Rousset direction, Kammerorchesterbasel

Samson et Dalila (Camille Saint-Saëns) les 12 et 15 juin
Roberto Alagna, Marie-Nicole Lemieux, Laurent Naouri, Kwangchul Youn, Renaud Delaigue, Loïc Félix, Jérémy Duffau, Yuri Kissin
Bertrand de Billy direction, Orchestre National de France
Chœur de Radio France

Faust (Charles Gounod) le 14 juin
Version inédite de 1859 avec dialogues parlés
Jean-François Borras, Véronique Gens, Juliette Mars, Marie Lenormand, Andrew Foster-Williams, Jean-Sébastien Bou, Guillaume Andrieux
Christophe Rousset direction, Les Talens Lyrique et Chœur de la Radio Flamande
Coproduction Palazzetto Bru Zane

La Cenerentola (Gioacchino Rossini) le 16 juin
Karine Deshayes, Peter Kalman, Cyrille Dubois, Vito Priante, Robert Gleadow, Hasmik Torosyan, Alix Le Saux
Enrique Mazzola direction, Orchestre National d’Ile-de-France et Ensemble Aedes

L’Italiana in Algeri (Gioacchino Rossini) le 22 juin
Marianna Pizzolato, Hasmik Torosyan, Simone Alberghini, Antonino Sigarusa, Roberto De Candia, Cecilia Molinari, Andrea Vincenzo Bonsignore
Michele Mariotti direction, Orchestre et Chœur du Teatro Comunale di Bologna

Roberto Alagna

Roberto Alagna

Les Récitals vocaux :

Magdalena Kozena – Antonio El Pipa -  Baroque espagnol et Flamenco le 29 septembre
Dietrich Henschel - Philippe Herreweghe – Wolf, Mahler, Brahms le 09 octobre
Renée Fleming – Harmut Höll – Brahms, Massenet, Cilea le 10 octobre
Laura Claycomb, Julie Fuchs, Philippe Sly … - Emmanuelle Haïm - Gala Mozart le 13 octobre
Philippe Jaroussky – Ensemble Artaserse – Haendel le 28 octobre
Juan Diego Florez – Gluck, Mozart, Haendel, Rossini le 12 novembre
Rolando Villazon, Ildar Abdrazakov – Gounod, Boito, Bizet, Donizetti le 9 décembre
Franco Fagioli – Haendel, Porpora, Pergolèse le 12 décembre
Andreas Scholl – Bach le 22 décembre
Max Emanuel Cencic – Armonia Atenea – Porpora, Haendel le 15 janvier
Natalie Dessay, Michel Legrand – Between yersteday and tomorrow – le 29 et 30 mars
Sabine Devieilhe, Marianne Crebassa – Emmanuelle Haïm – Haendel le 07 avril
Anna Prohaska – Mozart, Janacek, Brahms, Chostakovitch le 03 mai
Sonya Yoncheva, Marin Yonchev – Verdi le 01 juin
Anna Prohaska – Shakespeare et la musique le 04 juin
Pretty Yende – Haendel, Vivaldi le 13 juin
Maria-José Siri, Francesco Meli – Verdi, Rossini le 23 juin

Théâtre des Champs-Elysées - Saison 2017 / 2018

Concerts (sélection subjective)

Denis Matsuev (piano) – Beethoven, Schumann, Tchaïkovski, Prokofiev le 13 septembre
NDR Radiophilharmonie – Andrew Manze - Alexandre Tharaud (piano) le 16 septembre
Orchestre de chambre de Paris – Fabio Bondi – Vivica Genaux – Sonia Prina le 27 septembre
Wiener Philharmoniker – Zubin Mehta – Brahms, Haydn, Bartok le 05 octobre
Orchestre National de France – Emmanuel Krivine, Stéphane Degout – Mozart, Mahler, Brahms, Schubert le 12 octobre
Orchestre et Chœur du Concert Spirituel –Hervé Niquet – Un Opera Imaginaire le 14 octobre
Orchestre Philharmonique de Saint-Petersbourg – Yuri Termikarov, Julia Fischer – Brahms, Tchaïkovski le 08 et 09 novembre
Rotterdams Philharmonisch Orkest – Yannick Nézet-Séguin, Nicholas Angelish – Mozart, Bruckner le 18 décembre
Orchestre National de France – Robin Ticciati, Anna Larsson – Mahler Symphonie n°3 le 18 janvier
Orchestre de Chambre de Paris – Thomas Dausgaard – Bruchner Symphonie n°2 le 19 janvier
London Philharmonic Orchestra – Christoph Eschenbach, David Garret – Tchaikovsky Symphonie n°5 le 12 février
Orchestre Lamoureux – Michel Plasson, Annick Massis, Alexandre Duhamel – Centenaire Debussy le 25 mars
Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks – Mariss Jansons – Schumann, Bernstein – le 26 mars
Kit Amstrong (piano) – Bach, Liszt le 09 avril
Philharmonia Orchestra – Esa-Pekka Salonen – Beethoven, Mahler le 17 avril
Rotterdams Philharmonisch Orkest – Yannick Nézet-Séguin, Yuja Wang – Haydn, Rachmaninov, Tchaïkovski le 26 avril
Staatskapelle Dresden – Christian Thielemann, Denis Matsuev – Liszt, Strauss le 29 mai
Orchestre de Chambre de Paris – Christian Zacharias – Rameau, Haydn, Mozart le 20 juin

Première impression sur la saison 2017/2018

Avec un opéra en version scénique, la reprise de Dialogues des Carmélites, et quatre opéras et oratorios en version de concert (La Messe solennelle, Pelléas et Mélisande, Samson et Dalila, Faust), l’Opéra français continue à être relativement bien représenté dans une maison où le répertoire italien est toujours aussi largement prédominant.

Le répertoire du XVIIe siècle est en revanche absent, alors que Jean-Sébastien Bach est représenté par pas moins de quatre oeuvres en versions de concert.

La répartition équitable du répertoire entre XVIIIe et XIXe siècle est préservée, et les soirées d’Attila, avec Dmitri Ulyanov, Alexey Markov, Tatiana Serjan, Daniele Rustioni, de Madame Butterfly, avec Ermonela Jaho, Bryan Hymel, Marie-Nicole Lemieux, Marc Barrard, Mikko Franck, en novembre, de Rinaldo, avec Jason Bridges, Sandrine Piau, Christophe Rousset, et de Samson et Dalila, avec Roberto Alagna, Marie-Nicole Lemieux, Laurent Naouri et Bertrand de Billy, en juin, sont les grands événements lyriques attendus.
 

L'intégralité de la saison, c'est ici.

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Publié le 14 Mars 2017

Simon Boccanegra (Giuseppe Verdi)
Version de concert du 12 mars 2017
Théâtre des Champs-Elysées

Ludovic Tézier Simon Boccanegra
Amelia Grimaldi Sondra Radvanovsky
Jacopo FiescoVitalji Kowaljow
Gabriele Adorno Ramón Vargas
Paolo Albiani André Heyboer
Pietro Fabio Bonavita 

Direction musicale Pinchas Steinberg
Orchestre Philharmonique et Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo

                                   André Heyboer (Paolo Albiani)

1339, Simon Boccanegra, corsaire au service de Gênes, eut une fille illégitime avec Maria, fille de son ennemi Fiesco.
Mais l’enfant fut enlevée, et Maria retrouvée morte. Simon fut cependant élu Doge par le peuple avec le soutien du conspirateur Paolo Albiani.
Vingt-cinq ans plus tard, Simon Boccanegra se trouve pris dans une intrique complexe : Amelia Grimaldi (qui s’avèrera être la fille du Doge) et Gabriel Adorno s’aiment. Une conspiration redoutable est menée par Paolo Albiani pour pousser les Fieschi et Adorno à se révolter contre Simon, Paolo ne supportant pas que le Doge ne lui ait pas accordé la main d’Amélia.

Ludovic Tézier (Simon Boccanegra) et Vitalji Kowaljow (Jacopo Fiesco)

Ludovic Tézier (Simon Boccanegra) et Vitalji Kowaljow (Jacopo Fiesco)

En ce dimanche soir, il était possible de rester chez soi pour réécouter, par exemple, un de ces grands enregistrements historiques que chérissent les passionnés d’opéras, mais c’était sans compter le Théâtre des Champs-Elysées qui réussit à réunir une équipe artistique exceptionnelle pour interpréter l’un des opéras les plus sombres de Verdi, dans un style qui nous ramènerait presque aux temps des grands mythes de l’Art lyrique.

Sondra Radvanovsky (Amélia Grimaldi)

Sondra Radvanovsky (Amélia Grimaldi)

Pour sa première appropriation du rôle du Doge, Ludovic Tézier se révèle d’une stature inflexible, très concentré sur le dessin vocal d’une netteté qui allie maturité, ampleur et contrastes avec des accents verdiens saillants et tranchants. ‘Trop parfait’, aurait-on envie de dire, une telle tenue lui donne une allure tellement patricienne, qu’elle jure entièrement avec la nature de ce corsaire aux origines plébéiennes.

Il faudra attendre de le voir dans la version scénique prévue à l’opéra Bastille, d’ici 2 ou 3 ans, pour apprécier les dimensions théâtrales de son Simon Boccanegra.

Choeur de l'Opéra de Monte-Carlo

Choeur de l'Opéra de Monte-Carlo

A ses côtés, diva mélodramatique au grand cœur, Sondra Radvanovsky dépeint une Amélia d’une grande sensibilité mais également d’une puissance phénoménale. Elle est toujours parfaitement identifiable aux vibrations très particulières, mais régulières, de son timbre, et à cette noirceur pathétique et malheureuse qu’elle peut subitement transformer en de spectaculaires exclamations aiguës et enflammées qu’elle affine, par la suite, en splendides filets de voix ornementaux et délirants.

André Heyboer n’est pas une découverte puisqu’il a régulièrement pris des rôles secondaires à l’Opéra National de Paris depuis une dizaine d’années. Mais ce soir, la transfiguration de Paolo Albiani qu'il réalise, déterminé, le regard noir, les troubles perceptibles dans la voix, est un grand moment d’accaparation totale d’une âme en perdition.

Vitalji Kowaljow (Jacopo Fiesco)

Vitalji Kowaljow (Jacopo Fiesco)

Et la grande surprise survient sans aucun doute de l’incarnation glaçante de Jacopo Fiesco par la basse ukrainienne Vitalji Kowaljow, qui a toutes les dimensions impériales d’un Philippe II. L’urgence, le poids de la situation qui étrangle les émotions, la figure de l’autorité figée et conservatrice, tout s’entend dans une voix aux portes de l'outre-tombe qui sent la peur du pouvoir vacillant.

Quant à Ramón Vargas, toujours aussi latin d'expressions généreuses qui traduisent l’âme en peine de Gabriele Adorno, il arrive systématiquement, malgré la dissolution du spectre aigu, à faire entendre sa vibration traverser le souffle d’un chœur surpuissant.

Son rôle est moins important que ses principaux partenaires, néanmoins, Fabio Bonavita détaille les lignes apeurées qui permettent à Pietro d’exister, ce qui n’est habituellement pas flagrant.

Ramon Vargas (Gabriele Adorno)

Ramon Vargas (Gabriele Adorno)

Et ce cast formidablement investi, au point de nous interroger sur ce qui, dans notre perception, nous fait sentir, même de loin, que tous les chanteurs dépassent la simple réalisation d’un travail professionnel, est emporté par un orchestre survolté, éclatant de cuivres, énergique sans sacrifier à la rondeur du son, et Pinchas Steinberg, du haut de ses 72 ans, affiche encore et toujours la vivacité d’un adolescent éternel. 

On peut, certes, regretter la moindre étendue des langueurs évanescentes wagnériennes que recèle cette musique remaniée avant que Verdi ne reprenne l’architecture de Don Carlos, mais le punch de cette direction sort Simon Boccanegra de l’austérité qu’on lui attache traditionnellement, pour éclairer la violence des ambitions humaines.

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Publié le 13 Octobre 2016

Cecilia Bartoli (Norma)Norma (Vincenzo Bellini)
Edition de Maurizio Bondi et Riccardo Minasi
Représentation du 12 octobre 2016

Théâtre des Champs-Elysées

Norma Cecilia Bartoli
Adalgisa Rebeca Olvera
Polione Norman Reinhardt
Oroveso Péter Kálmán
Clotilde Rosa Bove
Flavio Reinaldo Macias
Direction musicale Gianluca Capuano
Mise en scène Patrice Caurier, Moshe Leiser
Orchestre I Barocchisti
Coro della Radiotelevisione svizzera, Lugano
Production Festival de Salzbourg (2013)

                                                                                      Cecilia Bartoli (Norma)

En provenance du Festival de la Pentecôte de Salzbourg et de la 'maison de Mozart', salle d’opéra inaugurée en 1925 et rénovée afin d’y entendre dans les meilleures conditions possibles des instruments anciens, la production de ‘Norma’ conçue par Patrice Caurier et Moshe Leiser est invitée pour quatre soirées par le Théâtre des Champs-Elysées.

Si la scénographie a été fraîchement accueillie lors de la première représentation, l’interprétation musicale, elle, a surpris plus d’un auditeur.

Car on peut effectivement entendre, à travers cette lecture par un orchestre baroque, une continuité avec le ‘Tristan und Isolde’ intimiste que Daniele Gatti avait dirigé ici même, la saison passée, à la tête de l’Orchestre National de France. 

Cecilia Bartoli (Norma)

Cecilia Bartoli (Norma)

Épure du tissu orchestral, qui confine parfois à la discrétion la plus absolue, célérité haletante des enchaînements, qui ne laissent qu’un bref instant de reprise aux chanteurs, timbres automnaux des bois et des vents, rugueux et brillants à la fois, flûtes fuyantes telles des fusées, cuivres qui crachent des paillettes d’argent, les tourbillons de cordes ainsi colorés reproduisent la folie et les impertinences de la vie sans rechercher la moindre emphase.

C’est caractéristique de l’ensemble ‘I Barocchisti’ qui, sous la direction de Gianluca Capuano, nerveuse mais très attentive aux chanteurs, évolue habituellement dans le répertoire du XVIIème et XVIIIème siècle, mais est totalement inattendu dans la musique romantique de Bellini, qui semble comme happée par une spontanéité rythmique décalée.

Les solistes, pourtant, se fondent entièrement dans cette musique, que son atmosphère soit mélancolique ou dithyrambique.

Rebeca Olvera (Adalgisa)

Rebeca Olvera (Adalgisa)

Et pour qui les vocalises de Cecilia Bartoli peuvent paraître excessivement techniques, l’interprétation qu’elle rend de la prêtresse, totalement différente de celles de Maria Callas ou Shirley Verrett, est une merveille de délicatesse musicale, d’agilité étourdissante et d’effets de styles théâtraux, quelques fois exagérés, mais qui réservent aussi de très belles images élégiaques et éphémères. 

Elle n’est pas pathétique, ressemble plus à un personnage mozartien ou rossinien, mais ses qualités de comédiennes sont réalistes et très bien mises en valeur.

A cette Norma baroque est associée une partenaire d’une très belle fraîcheur musicale, Rebeca Olvera. Son Adalgisa est chantée avec une telle netteté et une telle jeunesse qu’elle évoque les héroïnes naïves du répertoire français, et offre de très touchants tableaux joués avec une vérité expressive qui se devine sous les clairs obscurs de la scénographie. 

Et il en va de même pour Norman Reinhardt, en Polione, ténor de charme au style superbement soigné et séducteur, l’antithèse de la version rude et puissante de Marco Berti, la saison passée.

Rebeca Olvera (Adalgisa) et Cecilia Bartoli (Norma)

Rebeca Olvera (Adalgisa) et Cecilia Bartoli (Norma)

C’est bien évidemment l’unité stylistique entre ces trois chanteurs qui fait le prix artistique de cette ‘Norma’ atypique, certes dénuée de sentiments tragiques, mais d’une musicalité vivifiante miraculeuse.

Péter Kálmán, Oroveso d’une naturelle autorité, Rosa Bove et Reinaldo Macias, respectivement en Clotilde et Flavio, complètent une équipe liée par l’unité chaleureuse d’un chœur compact et dramatiquement engagé.

Reste l’acceptation du parti-pris scénique qui assimile le contexte de la Guerre des Gaules à celui de l’occupation allemande. 

La première scène qui s’ouvre sur le décor d’une salle de classe à l’ancienne, illuminée avec naturel et sens de l’émotion, où l’autorité s’impose à des élèves disciplinés, renvoie à une image d’Epinal tellement nostalgique, que l’on peut y voir le rêve d’un monde disparu qui ne correspond plus à la réalité d'aujourd’hui.

Cecilia Bartoli (Norma) et  Norman Reinhardt (Polione)

Cecilia Bartoli (Norma) et Norman Reinhardt (Polione)

On ne peut donc pas parler d’actualisation, mais d’un effort pour recréer un monde cohérent et auquel on puisse croire, s’il n’y avait manifestement un décalage indépassable avec le contenu de l’histoire. 

La direction théâtrale est travaillée et recherche autant l’exaltation de grands sentiments poétiques que la traduction des violences nées de l’oppression des dominants.

On pourrait même y voir une inspiration des climats et des comportements intimes que sait si bien mettre en scène Dmitri Tcherniakov, par exemple dans ‘Eugène Onéguine’ ou ‘Dialogues des Carmélites’, sans toutefois réussir à dégager une interprétation qui révolutionne le sens de l’ouvrage.

Et la dernière scène où l’école s’enflamme autour des deux amants est très impressionnante à voir sur les planches d'un théâtre par la manière de lui donner une progression dramatique en même temps que la musique s’amplifie, et ne cesse définitivement.

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Publié le 23 Septembre 2016

Esa-Pekka Salonen - Philharmonia Orchestra
Concert du 22 septembre 2016
Théâtre des Champs-Elysées

Igor Stravinsky
Fanfare pour trois trompettes
Symphonies d’instruments à vent

Ludwig van Beethoven  
Symphonie n° 3 en mi bémol majeur « Héroïque »
Jean Sibelius
Symphonie n° 5 en mi bémol majeur

Direction musicale Esa-Pekka Salonen
Philharmonia Orchestra

 

C’est un magnifique programme, en apparence hétéroclite, qu’Esa-Pekka Salonen et le Philharmonia Orchestra nous offrent ce jeudi soir au Théâtre des Champs-Elysées, emporté par un ensemble de musiciens vifs et galvanisés par les fulgurances de leur chef.

Première image saisissante que de voir Esa-Pekka Salonen séparé de sa section de vents par un encerclement de chaises vides. Cette disposition aussi peu conventionnelle a cependant pour effet de renforcer ce qu’il y a d’inédit dans cette fanfare pétaradante aux impressions éclatantes.

Esa-Pekka Salonen

Esa-Pekka Salonen

S’en suit le déroulé des ‘symphonies d’instruments à vent’, puissantes et gorgées d’un son généreusement chaud, dont la force pulsante ancre l’instant dans une réalité intense et prenante.

Et une fois l’orchestre au complet pour interpréter la '3ième symphonie' de Beethoven, nous sommes pris par une lecture enthousiaste, presque vaillante, sans aucune lourdeur.

Tous ces timbres, portés par des lignes rebondies sous tension permanente, se colorent ainsi les uns les autres, au point de nous saisir d'une jeunesse d’esprit pure et chantante.

Esa-Pekka Salonen et le Philharmonia Orchestra - ‘symphonie d’instruments à vents’

Esa-Pekka Salonen et le Philharmonia Orchestra - ‘symphonie d’instruments à vents’

Mais la grande surprise de la soirée provient du fabuleux voyage de la '5ième symphonie' de Jean Sibelius, qui évoque les forêts et reliefs du Grand Nord.

Amples respirations de l’orchestre, tempi implacables, forte concentration et détermination des musiciens, merveilleuse transformation du déploiement symphonique en mélodies pastorales, comme si nous sortions d’un survol chaotique en montagne pour atterrir dans un paisible village, un envol vers des contrées imaginaires qu’il est rare de vivre dans une salle de concert.

Esa-Pekka Salonen

Esa-Pekka Salonen

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Publié le 6 Juillet 2016

Philippe Jaroussky – Ensemble Artaserse – Baroque vénitien
Concert du 04 juillet 2016
Théâtre des Champs-Elysées

Pietro Antonio Cesti (1623 – 1669)
Sinfonia from „Le disgrazie d’amore“ - Festeggia mio core“ – Amicizia’s aria from „Le disgrazie d’amore“ (1667)
Francesco Cavalli (1602 –1676)
Erme, e solinghe cime/ Lucidissima face“– Endymion’s rec. & aria from „La Calisto“ (1651)

Luigi Rossi (1597 –1653)
Lasciate averno“ – Orfeo’s lament from „L’Orfeo“ (1646 - Paris)
Giovanni Antonio Pandolfi Mealli (1624 –1687)
Sonata per violin „La Cesta“ op. 3 Nr. 2 (1660)
Francesco Cavalli (1602 –1676)
All’ armi mio core“ – Brimonte’s aria from „La statira“ (1656)
Marco Uccellini (1603 –1680)
Sinfonia quinta à cinque stromenti op. 7
Giovanni Legrenzi (1626 – 1690)
O del Cielo ingiunta legge!“ – Giustino’s aria from „Il Giustino“ (1683)
Biagio Marini (1594 – 1663)
Passacalio“
Luigi Rossi (1597 –1653)
M’uccidete begl’occhi“ – Aria (1646)
Agostino Steffani (1655 –1728)
Sorge Anteo“ – Arie aus der Oper “Alarico, il Baltha, Ré de Gothi“ (1687)
Marco Uccellini (1603 –1680)
Sinfonia sesta à cinque stromenti op. 7
Claudio Monteverdi (1567–1643)
Adagiati, Poppea“/ „Oblivion soave“ – Arnalta’s aria from „L’incoronazione di Poppea“ (1642)
Francesco Cavalli (1602 –1676)
Delizie contente“ – Giasone’s aria from „Il Giasone“ (1649)
Che città/ Mille perigli“ – Nerillo’s rec. and arias from „L’Ormindo“ (1644)
Agostino Steffani (1655 –1728)
Overture of the opera „Marco Aurelio“
Dove son“/ 57:36 „Dal mio petto“ – Anfione’s rec. and arias from „Niobe, Regina di Tebe“ (1688)
Giovanni Legrenzi (1626 – 1690)
Sonata à due „La Spilimberga“ op. 2
Pietro Antonio Cesti (1623 – 1669)
Berenice, dove sei?“ – Polemone’s lamento from „Il Tito“ (1666)
Agostino Steffani (1655 –1728)
Gelosia, lasciami in pace“ – Arie di ciaccona from „Alarica, il Baltha, Rè de Gothi“ (1687)


C’est sur un chaleureux concert que s’achève, ce soir, la saison du Théâtre des Champs-Elysées, laissant ainsi la scène à Philippe Jaroussky et son ensemble de 12 musiciens, ‘Artaserse’, pour faire revivre l’Italie baroque du Seicento.

Ils nous ramènent aux origines italiennes de l’opéra à partir d’un programme de musiques principalement vénitiennes, écrites entre 1640 et 1690, à l’apogée de Monteverdi, Cavalli et Cesti.

A cette époque, le violon classique est sur le point de faire son apparition, et le piano n’existe pas encore.

Philippe Jaroussky

Philippe Jaroussky

L’orchestre est par ailleurs idéalement dimensionné pour la musique de Cavalli, le compositeur d’opéra le plus dispensateur de cette période, théorbe, clavecin et orgue, violoncelles, contrebasse et violons, flûtes, piccolos, cornets et tambour jouant sans chef, uniquement liés par l’âme des artistes, eux-mêmes liés par leur amour pour des couleurs musicales intimes et humaines.

Pour qui n’est pas un suiveur inconditionnel de Philippe Jaroussky, ce récital est l’occasion de redécouvrir ce chanteur atypique, authentique et doué d’une présence fascinante.

Joueurs de flûtes et de cornets - Ensemble Artaserse

Joueurs de flûtes et de cornets - Ensemble Artaserse

Son timbre surnaturel exceptionnel n’empêche pas ses incarnations de révéler la puissance de maitrise qu’elles exigent pour conserver cette pureté qui peut tendre à une élégie sublime (‘M’uccidete begl’occhi’ de Rossi), et s'épanouir sur des airs, le plus souvent plaintifs, que les accords coulants du théorbe réconfortent d'un délicat raffinement.

Airs qui sont eux-mêmes une découverte, expressifs et composés par des auteurs aujourd’hui méconnus et rarement interprétés.

Mais la richesse harmonique de la musique de cette époque ne cesse de surprendre, tels les accords descendants de contrebasse de la sonate pour violon de Cesta qui anticipent le lamento que Purcell composera, plus tard, pour 'Didon et Enée', ou bien les ondes oscillantes et sensibles du 'Dal mio petto' de Steffani.

Yoko Nakamura - Ensemble Artaserse - Orgue et clavecin

Yoko Nakamura - Ensemble Artaserse - Orgue et clavecin

Le fondu enchaîné de ces compositions nées d'auteurs talenteux bien différents entretient à merveille un climat mélancolique teinté de joie profonde.

Et plus d’un auditeur sera intrigué par les deux jeunes joueurs de flûtes, de piccolos et de cornets à bouquin, qui alternent, au fil des airs,  instruments à vent et teintes sonores, ou par la si discrète joueuse d’orgue et de clavecin, Yoko Nakamura.

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Publié le 16 Mai 2016

Tristan et Isolde (Richard Wagner)
Représentations du 12 & 15 mai 2016
Théâtre des Champs-Elysées

Tristan Torsten Kerl
Isolde Rachel Nicholls
Brangäne Michelle Breedt
Le Roi Marke Steven Humes
Kurwenal Brett Polegato
Melot Andrew Rees
Un Marin Marc Larcher
Un timonier Francis Dudziak

Direction musicale Daniele Gatti
Mise en scène Pierre Audi
Orchestre National de France                                         Rachel Nicholls (Isolde)

Coproduction avec le Stichting Nationale Opera & Ballet-Amsterdam et la Fondazione Teatro dell’Opera di Roma

Depuis la production du 'Ring' de Daniel Mesguish en 1988, plus aucun opéra de Richard Wagner n’avait été monté au Théâtre des Champs Elysées en version scénique, seuls l’Opéra Bastille et le Théâtre du Châtelet ayant, depuis, accueilli nombre de mises en scène des œuvres du compositeur allemand.

C’est donc, pour les plus jeunes wagnériens, la première fois qui leur est donnée d’entendre l’atmosphère de sa musique affleurer la fosse d’orchestre devant une interprétation théâtrale sur cette scène.

Et cette expérience se double d’une interprétation musicale qui est la véritable innovation de ce spectacle.

Rachel Nicholls (Isolde) et Torsten Kerl (Tristan)

Rachel Nicholls (Isolde) et Torsten Kerl (Tristan)

Car Daniele Gatti n’a pas choisi de déployer l’Orchestre National de France de façon à envelopper les auditeurs dans ce flot prenant qui les transporte au-delà même de ce que vivent les personnalités de ce drame, comme l’avait fait Philippe Jordan avec beaucoup d’exubérance à lOpéra de Bavière l’été dernier, mais, au contraire, d’intégrer le discours musical au sens des mots et aux vibrations des corps.

En épousant ainsi la respiration des chanteurs et leurs variations de rythme, notre attention ne se porte donc plus sur nos propres sensations de résonnance au flux orchestral, mais sur le détail de ses sonorités, les magnifiques arabesques des bois, la chatoyance du métal des cordes, les textures plus rêches qui décrivent les instants de solitude, la finesse des tissures vibrantes.

Rachel Nicholls (Isolde) et Michelle Breedt (Brangäne)

Rachel Nicholls (Isolde) et Michelle Breedt (Brangäne)

Wagner n’a plus rien d’illusoire ou d’intimidant, ses silences font sens, et le drame devient terrestre et humain. L’intérêt musical et donc en permanence renouvelé, et le mystère est que l’on ne saisit pas entièrement ce qu’il y a d’inhabituel dans cette façon de ne pas submerger la scène.

Et quand la direction d’acteur de Pierre Audi veut bien accorder le geste sur le sens de la musique, cela donne de furtives images sensibles et touchantes.

Tristan et Isolde (T.Kerl-R.Nicholls-D.Gatti-P.Audi) Champs-Elysées

Dans ce spectacle, il choisit en effet de situer les trois actes dans trois décors qui suggèrent le désenchantement et la mort, de vieilles parois de bronze rouillées par le temps pour le premier, une forêt de troncs courbés évoquant un squelette à demi enterré pour le second, un vieil abris sur une île désolée pour le dernier, dans une ambiance lumineuse de contre-jour qui a le pouvoir pacifiant des lumières de théâtre de Robert Wilson, le célèbre plasticien texan.

Peu signifiant dans les choix de postures qu’il impose à Tristan et Isolde, il met en revanche très bien en valeur les rôles de Brangäne et Kurwenal et leur impuissance à saisir celle et celui qu’ils aiment.

Torsten Kerl (Tristan)

Torsten Kerl (Tristan)

Le Roi Marke, lui, est celui qui perd le plus en stature, car ni Daniele Gatti ne dramatise à outrance son intervention, ni Steven Humes n’idéalise sa douloureuse peine. Le timbre clair, frappant, a en effet des accents vrais et mordants comme si Marke avait perdu son âme, et n’avait conservé que sa hargne.

Andrew Rees (Melot) et Steven Humes (le Roi Marke)

Andrew Rees (Melot) et Steven Humes (le Roi Marke)

Michelle Breedt, en servante d’Isolde, fait aussi une forte impression par l’expressivité dramatique de son chant. Elle est ici bien plus à l’aise que dans la production de Peter Konwitchny à Munich où elle accompagnait Waltraud Meier pour ses adieux au rôle de la fille du Roi d’Irlande.

Son second appel n’est cependant que finement perceptible, mais peut-être est-ce un choix de mise en scène…

Michelle Breedt (Brangäne)

Michelle Breedt (Brangäne)

Brett Polegato, en Kurwenal, a lui aussi une présence accrocheuse, une couleur vocale plus sombre que celle du Roi Marke, mais une même tonalité presque animale qui donne une forte densité théâtrale à son personnage. Il peut être méchant, et pas seulement compatissant.

Les deux rôles principaux sont cependant étonnants par la nature atypique de leur timbre et leur saisissante endurance.

Torsten Kerl (Tristan)

Torsten Kerl (Tristan)

Rachel Nicholls est en effet une Isolde d’une jeunesse totalement inhabituelle. Elle a la vaillance d’une Walkyrie et l’humilité d’une Jeanne d’Arc. Sa voix présente des aspérités froides, mais ses aigus perçants sont sans faille. D’une totale absence de noirceur, elle dépeint une Isolde très ambigüe, absolument pas impériale, qui peut avoir la naïveté d’une Juliette, mais aussi une fermeté de stature.

Rachel Nicholls (Isolde)

Rachel Nicholls (Isolde)

A ses côtés, mais dans un autre monde, Torsten Kerl se départit de sa tenue rigide et conventionnelle du premier acte pour révéler le chanteur que l’on aime en lui, une tendresse placide qui surgit de cette émission homogène et plaintive, et qui se nourrit d’une tessiture sombre et introspective d’où d’insolents aigus adolescents viennent prouver sa force.

Ce qui est très touchant chez ces deux chanteurs, est qu’ils n’ont rien d’impressionnant en apparence, et qu’ils viennent pourtant à bout d’une tension redoutable.

Torsten Kerl, Daniele Gatti et Rachel Nicholls

Torsten Kerl, Daniele Gatti et Rachel Nicholls

Ce spectacle intelligemment construit, très bien inter-pénétré musicalement entre chanteurs et musiciens, et qui valorise le raffinement et l’intimité de l’écriture de Wagner, mérite amplement l’écoute silencieuse et captivée que lui a manifesté un public dont la jeunesse était visible.

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Publié le 7 Avril 2016

Présentation de la saison Lyrique 2016 / 2017 du Théâtre des Champs Elysées

Depuis le lundi 04 avril, la septième saison de Michel Franck à la direction du Théâtre des Champs Elysées est officiellement dévoilée devant une partie du public venue en nombre au théâtre en fin d’après-midi.

Cette saison est traditionnelle puisqu’elle correspond aux canons des spectacles représentés les saisons précédentes sur la scène du Théâtre.

Elle comprend 5 productions d’opéras en versions scéniques - dont 2 nouvelles productions et 2 productions en provenance de Salzbourg et du Théâtre de la ville – joués sur un total de 26 soirées, 21 opéras en versions concert, avec 2 soirs pour Carmen, 35 concerts symphoniques, 17 récitals vocaux, 17 concerts de musique de chambre, 21 concerts du dimanche matin et 7 ballets dansés sur 35 soirées.

Par ailleurs, un film d’animation est créé autour de la production du Retour d’Ulysse dans sa Patrie, et 9 projections en seront diffusées sur le temps scolaire en mars 2017.

Raymond Soubie et Michel Franck

Raymond Soubie et Michel Franck

Raymond Soubie, président du théâtre, et Michel Franck ont ainsi introduit cette présentation en commençant par exprimer l’importance donnée à la mission pédagogique du Théâtre envers les jeunes.

Mais les jeunes, c'est aussi le renouvellement des chanteurs, dont certains, découverts au Théâtre il y a 10 ans, suivent maintenant de très belles trajectoires.

Si le Théâtre des Champs-Elysées ne dépend d’aucune subvention de la part des collectivités publiques, il dispose cependant d’un mécène principal, la Caisse des Dépots – qui est une institution financière publique –, sans qui toute cette programmation ne serait pas possible.

Celle-ci n’est pas épargnée par la conjoncture économique, et la baisse de subvention de 10% cette saison démontre le rôle primordial qu’ont les mécènes, même modestes, qui voudront bien participer avec joie et contentement à la vie du théâtre.

Théâtre des Champs Elysées – Saison 2016 / 2017

Opéras en version scénique

Norma (Vincenzo Bellini)
Du 12 au 18 octobre (4 représentations)

Direction musicale Diego Fasolis Mise en scène Patrice Caurier, Moshe Leiser
Cecilia Bartoli, Rebeca Olvera, Norman Reinhardt, Peter Kalman, Rosa Bove, Reinaldo Macias
I Barocchisti – Coro della Radiotelevione svizzera, Luganq
Production Festival de Salzbourg

L’Opéra de quat’sous (Kurt Weill / Bertolt Brecht)
Du 25 au 31 octobre (6 représentations)

Direction musicale Hans-Jörn Brandenburg, Stefan Rager, Mise en scène Robert Wilson
Jürgen Holtz, Traute Hoess, Johann Griebel, Christopher Nell, Axel Werner, Anna Graenzer, Angela Winkler…
Orchestre du Berliner Ensemble
Production Berliner Ensemble présentée par le Théâtre de la Ville

Don Giovanni (Wolfgang Amadé Mozart)
Du 05 au 15 décembre (6 représentations)

Direction musicale Jérémie Rhorer, Mise en scène Stéphane Braunschweig
Jean Sébastien Bou, Julie Boulianne, Julien Behr, Myrto Papatanasiu, Robert Gleadow, Anna Grevelius, Marc Scoffoni, Steven Humes
Le Cercle de l’Harmonie – Chœur de Radio France

Le Retour d’Ulysse dans sa patrie (Claudio Monteverdi)
Du 28 février au 13 mars (5 représentations)

Direction musicale Emmanuelle Haïm et mise en scène Marianne Clément
Rolando Villazon, Magdalena Kozena, Katherine Watson, Kresimir Spicer, Anne Catherine Gillet, Isabelle Druet, Marteen Engeltjes, Ugo Guagliardo, Lothar Odinius, Jean Teitgen, Mathias Vidal
Le Concert d’Astrée
Coproduction Opéra de Dijon, Stiftung Staatstheater Nürnberg

Pelléas et Mélisande (Claude Debussy)
Du 9 au 17 mai (5 représentations)

Direction musicale Louis Langrée, Mise en scène Eric Ruf
Patricia Petibon, Jean-Sébastien Bou, Kyle Ketelsen, Jean Teitgen, Sylvie Brunet-Grupposo, Jennifer Courcier, Arnaud Richard
Orchestre National de France et Chœur de Radio France
Coproduction Radio France

L'Opéra de quat'sous - ms Robert Wilson - Berliner Ensemble

L'Opéra de quat'sous - ms Robert Wilson - Berliner Ensemble

Opéras et oratorio en version de concert

Didon et Enée / Actéon (Henry Purcell / Marc-Antoine Charpentier) le 01 octobre
Cyril Auvity, Vivica Genaux, Daniela Skorka, Anat Edri, Valérie Gabail, Mathieu Montagne, Paul Cremazy, Jean-François Novelli, Yair Polishook, Etienne Bazola
Christophe Rousset direction, Les Talens Lyriques

Un Requiem Allemand (Johannes Brahms) le 17 octobre
Ilse Eerens, Krešimir Stražanac
Philippe Herreweghe direction, Orchestre des Champs-Elysées, Collegium Vocale Gent

Requiem (Giuseppe Verdi) le 20 octobre
Vannina Santoni, Alisa Kolosova, Jean-François Borras, Ildebrando d’Arcangelo
Jérémie Rhorer direction, Orchestre National de France, Chœur de Radio France

L’Enlèvement au sérail (Wolfgang Amadé Mozart) le 13 novembre
Olga Peretyatko, Pavol Breslik, Claire de Sévigné, Michael Laurenz, Nahuel di Pierro
Theodor Currentzis direction, Orchestra La Scintilla Zurich, Chœur supplémentaire de l’Opéra de Zurich

Hermione (Gioachino Rossini) le 15 novembre
Angela Meade, Eve-Maud Hubeaux, Michael Spyres, Dimitry Korchak, Enea Scala
Alberto Zedda direction, Orchestre et Chœurs de l’Opéra National de Lyon

Oratorio de Noël (Jean-Sébastien Bach) le 06 décembre
Anna Dennis, Robin Blaze, Jeremy Budd, Ashley Riches
Masaaki Suzuki direction, Orchestra and Choir of the Age of Enlightenment

Le Messie (Georg Friedrich Haendel) le 17 décembre
Sandrine Piau, Anthea Pichanick, Rupert Charlesworth, Robert Gleadow
Hervé Niquet direction, Orchestre et Chœur du Concert Spirituel

Stabat Mater (Giovanni Battista Pergolesi) le 18 janvier
Emőke Baráth, Tim Mead
Christina Pluhar théorbe et direction, L’Arpeggiata

Rodelinda (Georg Friedrich Haendel) le 23 janvier
Karina Gauvin, Marie-Nicole Lemieux, Kristina Hammarström, David DQ Lee, John Mark Ainsley, Johannes Weisser
Maxim Emelyanychev direction, Il Pomo d’Oro

Carmen (Georges Bizet) le 31 janvier et 02 février
Marie-Nicole Lemieux, Michael Spyres, Vannina Santoni, Jean Sébastien Bou, Chantal Santon-Jeffery, Ahlima Mhamdi, Frédéric Goncalves, Francis Dudziak, Rodolphe Briand, Jean Teitgen
Simone Young direction, Orchestre National de France, Maîtrise de Radio France

La Cambiale di matrimonio (Gioachino Rossini) le 26 février à 11h (concert du dimanche matin)
Sergio Gallardo, Clémence Tilquin, Jérémy Duffau, Nicolas Rivenq, Luigi de Donato, Pauline Sabatier
Jean-Claude Malgoire, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy

Stabat Mater (Gioachino Rossini) le 02 mars
Patricia Ciofi, Sarah Connolly, Paolo Fanale, Nahuel di Pierro
James Gaffigan direction, Orchestre National de France, Chœur de Radio France

Simon Boccanegra (Giuseppe Verdi) le 12 mars
Ludovic Tézier, Sondra Radvanovsky, Andrea Mastroni, Ramón Vargas, André Heyboer
Pinchas Steinberg direction, Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo

André Chénier (Umberto Giordano) le 26 mars
Jonas Kaufmann, Anja Harteros, Luca Salsi, J’nai Bridges, Doris Soffel, Elena Zilio, Andrea Borghini, Nathaniel Webster, Christian Rieger, Tim Kuypers, Kevin Conners, Ulrich Reß
Omer Meir Wellber direction, Bayerisches Staatsorchester, Chor der Bayerischen Staatsoper

Passion selon Saint Matthieu (Jean-Sébastien Bach) le 12 avril
Maximilian Schmitt, Florian Boesch, Dorothee Mields, Grace Davidson, Damien Guillon, Alex Potter, Reinoud van Mechelen, Thomas Hobbs, Peter Kooij, Tobias Berndt
Philippe Herreweghe, Orchestre et Chœur du Collegium Vocale Gent

Orlando Furioso (Antonio Vivaldi) le 19 avril
Amaya Domínguez, Samantha Jean-Louis, Clémence Tilquin, Ian Rolland, Víctor Jiménez Díaz, Jean-Michel Fumas, Nicolas Rivenq
Jean-Claude Malgoire direction, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy, Ensemble Vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing

Les Pêcheurs de perles (Georges Bizet) le 12 mai
Julie Fuchs, Cyrille Dubois, Florian Sempey, Luc Bertin-Hugault
Alexandre Bloch direction, Orchestre National de Lille, Les Cris de Paris

Ariodante (Georg Friedrich Haendel) le 18 mai
Joyce DiDonato, Christiane Karg, Joélle Harvey, David Portillo, Matthew Brook, Sonia Prina
Harry Bicket direction, The English Concert

La Reine de Chypre (Fromental Halévy) le 07 juin
Véronique Gens, Marc Laho, Etienne Dupuis, Christophoros Stamboglis, Eric Huchet, Artavazd Sargsyan, Tomislav Lavoie
Hervé Niquet direction, Orchestre de chambre de Paris, Chœur de la Radio flamande

Il Signor Bruschino (Gioachino Rossini) le 16 juin
Desirée Rancatore, Maxim Mironov, Alessandro Corbelli, Markus Werba, Christian Senn, Sophie Pondjiclis
Enrique Mazzola direction, Orchestre National d’Ile-de-France

Les Noces de Figaro (Wolfgang Amadé Mozart) le 27 juin
Jennifer France, Joshua Bloom, Duncan Rock, Caitlin Lynch, Stephen Richardson, Alun Rhys-Jenkins, Timothy Robinson, Janis Kelly, Marta Fontanals-Simmons
Douglas Boyd direction, Orchestre de chambre de Paris, Chœur du Garsington Opera

Théâtre des Champs Elysées – Saison 2016 / 2017

Les Récitals vocaux

Sandrine Piau, Christophe Dumaux, Emmanuelle Haïm (Haendel) le 24 septembre
Africa Lyric’s Opera (Gershwin, Offenbach, Wagner, Puccini, Massenet) le 28 septembre
Jonas Kaufmann, Helmut Deutsch (Lieder) le 13 octobre
Franco Fagioli (Rossini) le 04 novembre
Cecilia Bartoli (Haendel) le 17 novembre
Philippe Jaroussky (Bach, Telemann) le 03 décembre
Magdalena Kozena (Rameau, Charpentier, Lambert) le 08 décembre
Roberto Alagna, Aleksandra Kurzak (Gounod, Saint-Saëns, Verdi, Puccini) le 09 janvier
Les Mozart de l’Opéra (Concert-concours) avec Roselyne Bachelot le 20 janvier
Matthias Goerne, leif Ove Andsnes (Cycle Schubert) les 06, 08, 10 février
Anne Sofie von Otter, Rikard Wolf (Piaf, Barbara, Trenet, Ferré, Brel) le 07 mars
Andreas Scholl (Porpora, Vinci, Anfossi) le 16 mars
Marie-Nicole Lemieux (Rossini) le 24 mars
Natalie Dessay, Philippe Cassard (Schubert, Pfitzner, Schumann, Fauré) le 14 mai
Juan diego Florez, Aida Garifullina (Gounod, Massenet, Delibes, Donizetti) le 16 mai
Joyce DiDonato (Monteverdi, Purcell, Haendel, Leo, Jommelli) le 24 mai
Pretty Yende (Donizetti, Bellini, Massenet) le 28 juin


Concerts (sélection subjective)

Bayerisches Staatsorchester – Kirill Petrenko, Diana Damrau le 12 septembre
Philharmonia Orchestra - Esa-Pekka Salonen, - Stravinsky – Sibelius le 22 septembre
Orchestre National de France – Fabien Gabel, Anne Sofie von Otter le 29 septembre
Orchestre de Chambre de Paris – Douglas Boyd, Yvonne Naef – Wesendonck-Lieder le 11 octobre
Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg - Yuri Temirkanov, Boris Berezovsky - Rachmaninoff – Stravinsky le 09 novembre
Michel Portal, Shani Diluka, Lise Berthaud, Laurent Naouri – 22 novembre
Orchestre de Chambre de Paris – Sir Roger Norrington (Symph. 39/40/41 Mozart) le 10 décembre
Wiener Philharmoniker – Daniel Barenboim – Smetana le 20 décembre
Orchestre Lamoureux – Philippe de Chalendar – L’âme russe le 22 janvier
Philharmonia Orchestra – Andris Nelsons – Symph. N°5 Bruckner le 28 janvier
Orchestre National d’Ile-de-France – Michel Portal, Yaron Herman - Barbara Symphonique le 05 février
Simon Ghraichy (piano) Liszt et les Amériques 04 mars
Camille Berthollet, Julie Berthollet, Guillaume Vincent – Brahms, Rimski-Korsakov, Popper.. le 20 mars
Wiener Philharmoniker – Andris Nelsons – Dvorak, Beethoven le 22 mars
Gustav Mahler Jugendorchester – Daniel Harding, Christian Gerhaher le 25 mars
Staatskapelle Dresden – Christian Thielemann, René Fleming – Strauss le 19 mai
Staatskapelle Dresden – Christian Thielemann, Daniil Trifonov – Goubaïdoulina, Schoenberg le 20 mai

Théâtre des Champs Elysées – Saison 2016 / 2017

Première impression sur la saison 2016/2017

Avec un opéra en version scènique, Pelléas et Mélisande, et quatre opéras en version de concert (Carmen, Les Pêcheurs de Perles, La Reine de Chypre, Actéon), l’Opéra français est relativement bien représenté dans une maison où le répertoire italien est toujours largement prédominant.

La répartition équitable du répertoire entre XVIIIème et XIXème siècle est préservée, et les soirées d’André Chénier avec Jonas Kaufmann et Anja Harteros et de Simon Boccanegra avec Ludovic Tézier et Sondra Radvanovsky, programmées en mars 2017, sont les grands évènements lyriques attendus.

L'intégralité de la saison 2016/2017 en ligne sur  2017.theatrechampselysees.fr

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Publié le 13 Février 2016

Mithridate, re di Ponto (Wolfgang Amadé Mozart)
Représentation du 11 février 2016
Théâtre des Champs Elysées

Mithridate Michael Spyres
Aspasie Patricia Petibon
Xipharès Myrtò Papatanasiu
Pharnace Christophe Dumaux
Ismène Sabine Devieilhe
Marzio Cyrille Dubois
Arbate Jaël Azzaretti

Mise en scène Clément Hervieu-Léger
Décors Eric Ruf
Direction musicale Emmanuelle Haïm
Le Concert d’Astrée                                                     Michael Spyres (Mithridate)

Coproduction Opera de Dijon

Ouvrage incroyable né du travail d’un garçon d’à peine quinze ans, ‘Mithridate, re di Ponto’ connut en 2011 une mise en scène imaginative de David Bösch à l’Opéra de Munich, imprégnée des noirceurs de l’âme de l’adolescence.

Clément Hervieu-Léger, qui a présenté sa vision de ce drame sous forme d’une leçon de peinture pour le Théâtre des Champs-Elysées la semaine dernière, a, lui, préféré s’inspirer d’un cadre de théâtre classique pour laisser se délier les sentiments d’attachement et les ressentiments des personnages principaux.

Son décor unique évoque un peu celui qu’avait employé Patrice Chéreau dans sa mise en scène de 'Cosi fan Tutte' à l’Opéra Garnier, un mur monumental aux teintes bleutées et un peu défraichies, un balcon et de multiples passages par où les chanteurs peuvent entrer et disparaître dans le noir avec, en arrière-plan latéral, une immense chambre qui accentue l’impression de profondeur de scène, le tout encadrant la simplicité nue d’une pièce de vie ordinaire.

Patricia Petibon (Aspasie) et Myrtò Papatanasiu (Xipharès)

Patricia Petibon (Aspasie) et Myrtò Papatanasiu (Xipharès)

Les éclairages évoquent autant un lent lever du jour à travers le pourpre des rideaux, qu’une fin de jour où seuls quelques rayons de soleil viennent illuminer les intimes révélations.

Des acteurs se joignent aux artistes comme pour combler la solitude qui entoure leurs airs – une impression de sollicitude se ressent en continue tout au long de la musique -, et une vitalité juste les anime sans que, toutefois, nous ne croyons un seul instant à un enjeu dramatique.

Le spectateur peut alors facilement se dépassionner de ces caractères, ou bien, au contraire, se prendre au jeu des sentiments qui subitement transforment l’œuvre en un étalement de questionnements, de violents mouvements d’âmes et de douloureux et tendres épanchements, et donc d’y voir le théâtre de ses propres émotions dans l’instant, ou bien celles alanguies dans sa mémoire.

Myrtò Papatanasiu (Xipharès)

Myrtò Papatanasiu (Xipharès)

Y règne également une forme de rigueur, d’intransigeance humaine, une dignité contrôlée que l’on retrouve dans la direction fine d’Emmanuelle Haïm.

Loin de chercher à entraîner le Concert d'Astrée dans un élan juvénile fou pourtant si inhérent à la jeunesse du compositeur, l'orchestre fait entendre de subtils évents, des violons tout légers et dansants, une couleur crépusculaire qui recherche l’expression du pathétique des sentiments, la tentation d’un épicurisme essentiel.

Et les chanteurs, tous voués à une interprétation noble et sérieuse de leurs rôles, se répondent à travers un dégradé de tessitures qui estompe les différences de timbre.

Patricia Petibon, plus introvertie qu’à Munich dans le rôle d’Aspasie, laisse filer une sensibilité mélancolique et subtile dont les teintes fruitées uniques à sa voix suffisent pour la reconnaître les yeux fermés.

Cette sobriété, que l’on ne lui connaissait pas, semble cependant brider un tempérament scénique que l’on sait plus intense.

Sabine Devieilhe (Ismène)

Sabine Devieilhe (Ismène)

Myrtò Papatanasiu, Xipharès féminin aux aigus caressants, partage la même sensibilité mozartienne, avec cette élégante et fragile manière de projeter un désespoir voilé de noirceurs, qui préserve un caractère un peu éthéré.

Quant à Sabine Devieilhe, lumineuse et impressionnante par la finesse verticale de ses suraigus, elle incarne également une Ismène mûre et ancrée dans la réalité de situation, une forme d’énergie qui voudrait éveiller son entourage de ses propres cauchemars.  

Entouré de ces trois femmes mystérieuses, Michael Spyres incarne un Mithridate très agréable, une voix à la fois large et moelleuse, qui se dissocie subitement dans des aigus typiquement rossiniens.
Les lignes sont appliquées, et sa jeunesse impulsive brosse un portrait immature et naïf de l’Empereur.

Patricia Petibon (Aspasie) et Michael Spyres (Mithridate)

Patricia Petibon (Aspasie) et Michael Spyres (Mithridate)

C’est en fait le style de Christophe Dumaux qui tranche avec celui de ses partenaires, car il est dans un surjeu sans doute personnel qui dissipe la personnalité de Pharnace. Les mimiques sont souvent très décalées, mais elles peuvent traduire le manque d’intégrité de son personnage, alors que ses couleurs vocales et ses vibrations noires traduisent une agressivité crédible pour un caractère aussi désagréablement guerrier.

Il symbolise ici les forces destructrices de l’âme.

A défaut d'un spectacle qui soutienne une tension et une curiosité en perpétuelle progression, la musique et la spiritualité vocale qui en émane a donc le pouvoir enjôleur d’adoucir les pensées et d’en détacher la bienveillance.

 

Captation en streaming direct sur Arte Concert, sur Mezzo Live HD et sur le site du Théâtre le samedi 20 février 2016, et rediffusion sur l’antenne d’Arte et de Mezzo courant 2016.
France Musique diffuse cet opéra en direct le samedi 20 février 2016.

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