Articles avec #tce tag

Publié le 17 Septembre 2020

Der Messias (Georg Friedrich Haendel - Wolfgang Amadeus Mozart – 1788)

Représentation du 16 septembre 2020
Théâtre des Champs-Élysées

Soprano Elena Tsallagova
Contralto Helena Rasker
Ténor Stanislas de Barbeyrac
Basse José Coca Loza
Danseur Alexis Fousekis
Comédien Max Harris
Figurante Léopoldine Richards

Direction Marc Minkowski
Mise en scène Robert Wilson (2020)

Les Musiciens du Louvre & La Philharmonia Chor Wien
Coproduction Fondation Mozarteum de Salzbourg, Festival de Salzbourg, Grand Théâtre de Genève            
                                                                                                     Stanislas de Barbeyrac

L’idée d’écrire un arrangement du Messie de Haendel (1741) fut initiée par le Baron Gottfried van Swieten, grand amateur de musique et conseiller d’État sous le règne de Joseph II, qui avait fondé la Gesellschaft der Associierten, une association de Vienne qui organisait des concerts privés d’oratorios, à une époque où les réformes religieuses voulues par l’Empereur tendaient à limiter l’empreinte de la religion catholique afin que les autres cultes, juifs et protestants notamment, puissent exister plus librement.

Elena Tsallagova

Elena Tsallagova

En 1788, Mozart prit lui-même la direction de ces concerts privés, et ayant découvert le travail de Bach et Haendel grâce à Van Swieten, il accepta de reprendre l’écriture et l’orchestration du Messie, dont il offrit une première représentation au Palais du Comte Johann Esterhazy le 06 mars 1789.

Et c’est cette version que Robert Wilson et Marc Minkowski ont choisi de mettre en scène pour le Festival Mozart de Salzbourg (Mozartwoche) dirigé par Rolando Villazon, qui est reprise au Théâtre des Champs-Élysées en ouverture de saison.

Helena Rasker

Helena Rasker

Robert Wilson a soigneusement conçu un cadre de scène unique, tout de bleu luminescent, serti par la pureté éclatante de néons blancs phosphorescents. En arrière-plan, la houle d’un fond marin est magnifiquement animée d’ondoyances qui évoquent le grand large, et les scènes illustrent avec abstraction, fantaisie et humour, les principaux tableaux de la vie du Christ, la naissance, la passion et la rédemption/résurrection.

José Coca Loza

José Coca Loza

Un danseur, Alexis Fousekis, intervient pour faire vivre l’âme libre du Messie qui inspire la joie des hommes avec faux sérieux. Mais les quatre principaux solistes incarnent des personnalités bien différentes. José Coca Loza représente une voix sévère et austère, pas très large pour une basse, mais bien conduite, qui est celle des prophéties auxquelles il correspond naturellement et visuellement par sa tenue inspirée des humbles traditions asiatiques.

Elena Tsallagova et Alexis Fousekis

Elena Tsallagova et Alexis Fousekis

Stanislas de Barbeyrac, lui, est impressionnant par son assise, la texture claire et ferme de son timbre rayonnant qui lui donne de la prestance sans qu’il ne cherche pour autant à jouer sur des semblants d’affectation. Son personnage est amusant, fortement dandy dans l’âme et joyeusement efféminé, et invite à embrasser avec allégresse la vie.

Les deux personnages féminins nous immergent en revanche dans un monde plus mystérieux : la contralto Helena Rasker chante en laissant à chaque expression le temps de résonner dans une atmosphère méditative captivante, et Elena Tsallagova, elle qui fut une sublime Mélisande dans la production de Robert Wilson toujours actuelle à l’opéra Bastille, non seulement charme par la chair lunaire sans pathos de son chant, mais aussi par un sens du drame et un talent expressif qui rendent les émotions lisibles sur son visage.

Elena Tsallagova

Elena Tsallagova

Plusieurs scènes, aux variations lumineuses soudaines, sont de véritables défis pour l’imagination de l’auditeur puisqu’elles s’inspirent de signes annonçant l’arrivée du Messie, retravaillés à des fins esthétiques énigmatiques.

Par exemple, il y a cette vision épurée d’Elena Tsallagova versant et reversant de l’eau cristalline sur le sol et sur elle-même devant la présence inerte d’un être habillé sans corps réel, sous un croissant de lune de sang stylisé en forme de météoroïde de cuivre, ou, plus loin, ce grand arc en relief qui semble aussi bien signifier la présence d’un géant que d’une voie de passage vers le surnaturel, ou bien encore ce geyser jaillissant et flottant vers le ciel, et surtout cette grande scène représentant des Icebergs qui finissent par fondre sous la chaleur engendrée par les déchaînements de la nature mais aussi les nuages atomiques.

Elena Tsallagova

Elena Tsallagova

Le danseur réapparaît humoristiquement en astronaute, comme si la quête de l’Espace céleste était portée par un élan de rédemption après que l’homme ait bêtement détruit l’équilibre de la vie sur Terre.

 

Un spectateur interrogatif pourrait voir dans cette succession d'images magnifiques et en apparence anodines une critique de la société contemporaine qui détruit son bien le plus précieux, sa planète, sans en mesurer sa beauté.

Helena Rasker

Helena Rasker

Visuellement, la scénographie devient de plus en plus belle, de plus en plus signifiante et ré interprétable, alors que dans la fosse d’orchestre Marc Minkowski et les Musiciens du Louvre quittent petit à petit la sécheresse initiale pour déployer un son de plus en plus ample et généreux, faisant ressortir tous ces petits détails de mélodies de flûtes ou de hautbois qui ajoutent une grâce innocente à la musique de Haendel. Le rythme, lui, reste toujours enlevé et le flux orchestral est contenu pour laisser la place première aux chanteurs.

Il y a même un moment où le chœur, fort de ses recherches en impact et franchise, semble reprendre le chœur annonçant le dernier tableau de La Clémence de Titus de Mozart.

Robert Wilson et Helena Rasker

Robert Wilson et Helena Rasker

Un spectacle réussi dans toutes ses composantes, qui se régénère en permanence pour offrir au spectateur un début de saison 2020/2021 qui l’enthousiasme, il ne restait donc plus à chacun qu'à recueillir l'une des roses rouges gracieusement remises à la sortie du théâtre, pour retrouver le rythme et la foi sur le chemin des scènes théâtrales et lyriques si essentielles à la nourriture spirituelle de tous!

José Coca Loza, Marc Minkowski, Elena Tsallagova, Stanislas de Barbeyrac, Helena Rasker

José Coca Loza, Marc Minkowski, Elena Tsallagova, Stanislas de Barbeyrac, Helena Rasker

Voir les commentaires

Publié le 3 Avril 2020

Présentation de la saison Lyrique 2020 / 2021 du Théâtre des Champs Élysées

Depuis le samedi 27 mars 2020, la onzième saison de Michel Franck à la direction du Théâtre des Champs Élysées est officiellement dévoilée.

Cette saison s’inscrit dans la continuité des saisons passées et comprend 5 productions d’opéras en version scénique données sur un total de 21 soirées, 17 opéras en version concert et 6 oratorio et œuvres religieuses (dont 2 soirs pour la Missa solemnis de Beethoven), 19 concerts symphoniques, 18 récitals vocaux (dont 2 soirs pour La Folle soirée de l’Opéra), 17 récitals de piano, 8 concerts de musique de chambre, 5 concerts de violon et piano au cours du week-end du 14 février, 26 concerts du dimanche matin (dont le Requiem de Mozart avec l’orchestre et chœur Les Ambassadeurs, et Pierre et le loup pour le jeune public avec les ensembles Les Dissonances et Ouranos) et 7 ballets dansés sur 35 soirées dont 3 classes du ballet national de Lettonie données en matinées.

Par ailleurs, une version de l’Élixir d’amour de Donizetti ramenée à une durée d’une heure et quinze minutes sera créée pour le jeune public et donnée en onze représentations sur le temps scolaire, ainsi que sur trois matinées tout public.

Ce spectacle sera une coproduction avec l’opéra de Rouen Normandie.

Cette ligne programmatique reste donc fidèle à la diversité des formes musicales qui caractérise le Théâtre des Champs-Élysées, avec toutefois à nouveau une réduction des concerts symphoniques (20 concerts alors qu'une quarantaine était à l'affiche trois ans plus tôt) au profit de la musique de chambre et des concerts du dimanche matin.

Salomé (Richard Strauss) - ms Krzysztof Warlikowski (novembre 2020)

Salomé (Richard Strauss) - ms Krzysztof Warlikowski (novembre 2020)

Opéras en version scénique de septembre à décembre 2020

Der Messias (Georg Friedrich Haendel - Wolfgang Amadeus Mozart)
16, 18, 19 septembre (3 représentations)

Direction musicale Marc Minkowski  Mise en scène Robert Wilson
Elena Tsallagova, Helena Rasker, Richard Croft,,José Coca Loza, Alexis Fousekis |
Les Musiciens du Louvre, Philharmonia Chor Wien
Production Fondation Mozarteum de Salzbourg, en coproduction avec le Festival de Salzbourg et le Grand Théâtre de Genève

Le Ballet royal de la Nuit (Jean de Cambefort, Antoine Boësset, Louis Constantin, Michel Lambert, Francesco Cavalli, Luigi Rossi)
07 et 08 octobre (2 représentations)

Direction musicale Sébastien Daucé, Mise en scène Francesca Lattuada
Lucile Richardot, Violaine Le Chenadec, Caroline Weynants, Ilektra Platiopoulou, Caroline Dangin-Bardot, Perrine Devillers, Deborah Cachet, David Tricou, Davy Cornillot, Etienne Bazola, Renaud Bres , Nicolas Brooymans
Ensemble Correspondances
Production Théâtre de Caen, en coproduction avec l’ Ensemble Correspondances, l’Opéra de Dijon, le Château de Versailles Spectacles, et le Théâtres de la Ville de Luxembourg

Salomé (Richard Strauss)
14, 17, 19, 22, 24 novembre (5 représentations)

Direction musicale Henrik Nánási, Mise en scène Krzysztof Warlikowski
Patricia Petibon, Gábor Bretz, Wolfgang Ablinger-Sperrhacke, Sophie Koch, Oleksiy Palchykov, Emanuela Pascu, Scott MacAllister, François Piolino, Rodolphe Briand, Gregory Bonfatti, Geoffroy Buffière, Kristof Klorek, Jean-Vincent Blot, Ugo Rabec, Mark Van Arsdale, Francesco Salvadori, Tamara Bounazou
Orchestre National de France
Coproduction Bayerische Staatsoper

Der Messias (Haendel - Mozart) - ms Robert Wilson (septembre 2020)

Der Messias (Haendel - Mozart) - ms Robert Wilson (septembre 2020)

Opéras en version scénique de janvier à juin 2021

La Voix humaine - Point d’orgue (Francis Poulenc / Jean Cocteau - Thierry Escaich / Olivier Py) Création mondiale
6, 8, 10, 12, 14 mars (5 représentations)
Direction musicale Jérémie Rhorer, Mise en scène Olivier Py
Patricia Petibon, Jean-Sébastien Bou, Cyrille Dubois
Orchestre Philharmonique du Luxembourg
Coproduction Opéra de Dijon et Opéra de Tours

La Somnambule (Vincenzo Bellini)
15, 17, 20, 22, 24, 26 juin (6 représentations)

Direction musicale Riccardo Frizza, Mise en scène Rolando Villazón
Nadine Sierra, Alexander Tsymbalyuk, Francesco Demuro, Annunziata Vestri, Jennifer France, Marc Scoffoni
Orchestre de chambre de Paris, Chœur de Radio France, Maîtrise des Hauts-de-Seine
Coproduction Semperoper Dresden et Opéra de Nice Côte d’Azur

Le Combat de Tancrède et Clorinde (Monteverdi) - Magdalena Kožená (novembre 2020)

Le Combat de Tancrède et Clorinde (Monteverdi) - Magdalena Kožená (novembre 2020)

Opéras et oratorio en version de concert de septembre à décembre 2020

Oreste (Georg Friedrich Haendel) le 13 novembre
Franco Fagioli, Francesca Aspromonte, Julia Lezhneva, Kristian Adams, Renato Dolcini, Francesca Ascioti

Maxim Emelyanychev direction, Il Pomo d’Oro

Le Combat de Tancrède et Clorinde (Claudio Monteverdi) le 20 novembre
Magdalena Kožená

Andrea Marcon  direction, La Cetra - Barockorchester Basel

Werther  (Jules Massenet) le 23 novembre
Sir Simon Keenlyside, Stéphanie d’Oustrac, Jean-Sébastien Bou, Florie Valiquette, Marc Barrard

Daniele Rustioni direction, Orchestre et Maîtrise de l’Opéra National de Lyon
Coproduction Opéra National de Lyon

Les Saisons (Joseph Haydn) le 07 décembre
Camilla Tilling, Robin Tritschler, Mikhail Timoshenko

Emmanuelle Haïm direction, Orchestre et Chœur du Concert d’Astrée

L’Olimpiade (Antonio Vivaldi) le 09 décembre
Riccardo Novaro, Ambroisine Bré, Benedetta Mazzucato, Chiara Skerath, Carlo Vistoli , Ana Maria Labin, Luigi Di Donato

Jean-Christophe Spinosi direction, Ensemble Matheus, Chœur de chambre Mélisme(s)

Missa solemnis (Ludwig van Beethoven) le 18 et 19 décembre
Genia Kühmeier, Wiebke Lehmkuhl, Steve Davislin, Matthias Goerne

Andrés Orozco-Estrada direction, Orchestre National de France, Chœur de Radio France

Te Deum (Marc-Antoine Charpentier) - dm Sébastien Daucé - janvier 2021

Te Deum (Marc-Antoine Charpentier) - dm Sébastien Daucé - janvier 2021

Opéras et oratorio en version de concert de janvier à mars 2021

Te Deum (Marc-Antoine Charpentier) le 09 janvier
En première partie Charpentier Ouverture pour quelque belle entreprise H. 540, Dumont Memorare O piissima Virgo Maria, Charpentier Symphonie du Kyrie de la Missa Assumpta est Maria H. 11, Salve regina à trois choeurs H. 24, Dumont Super flumina Babylonis, Charpentier Messe pour les Trépassés H. 2, Ouverture pour le sacre d’un évêque H. 536
Caroline Weynants, Caroline Dangin-Bardot, Perrine Devillers, Marie Pouchelon, David Tricou, Léo Vermot-Desroches, Antonin Rondepierre, Randol Rodriguez, Ryan Veillet, Etienne Bazola, René Ramos Premier, Nicolas Brooymans, Renaud Brese

Sébastien Daucé direction, Ensemble Correspondances

Così fan tutte (Wolfgang Amadeus Mozart) le 27 janvier
Julia Kleiter, Emőke Baráth, Sandrine Piau, Michael Spyres, Vittorio Prato

Giovanni Antonini direction, Kammerorchester Basel Basler Madrigalisten

Psaume 116 ( Franz Schreker) & Un Requiem allemand (Johannes Brahms) le 08 février
Katharina Konradi, Matthias Goerne

Thomas Hengelbrock direction, Balthasar-Neumann-Ensemble, Balthasar-Neumann-Chor

Un Ballo in maschera (Giuseppe Verdi) le 16 mars
Mary Elizabeth Williams, Bongiwe Nakani, Harriet Eyley, Matteo Lippi, Simone Piazzola

Mirga Gražynitė-Tyla direction, City of Birmingham Symphony Orchestra & Chorus

Didon (Desmarest) - Véronique Gens - mars 2021

Didon (Desmarest) - Véronique Gens - mars 2021

Stabat Mater (Giovanni Battista Pergolesi) le 17 mars
En première partie Scarlatti Salve Regina, Leo Salve Regina

Emőke Baráth, Carlo Vistoli
Emmanuelle Haïm direction, Le Concert d’Astrée

Passion selon Saint Matthieu (Jean-Sébastien Bach) le 18 mars
Mary Bevan, Paula Murrihy, Mark Padmore, Samuel Hasselhorn, Matthew Brook

Mark Padmore direction, Orchestra of the Age of Enlightenment, Choir of the Age of Enlightenment

Didon (Henry Desmarest) le 23 mars
Véronique Gens, Reinoud van Mechelen, Thomas Dolié, Marie Perbost, Judith Van, Wanrooij, Marie Gautrot, Marine Lafdal-Franc ,
Nicholas Scott, Guilhem Worms
Hervé Niquet direction, Orchestre et Choeur du Concert Spirituel
Coproduction Concert Spirituel & Centre de musique baroque de Versailles

Passion selon Saint Jean (Jean-Sébastien Bach) le 25 mars
Eugénie Lefebvre, Paul Figuier, Anders J. Dahlin, Paco Garcia, Nicolas Brooymans, Etienne Bazola

Louis-Noël Bestion de Camboulas direction, Ensemble Les Surprises

Parsifal (Richard Wagner) - Brandon Jovanovich - avril 2021

Parsifal (Richard Wagner) - Brandon Jovanovich - avril 2021

Opéras et oratorio en version de concert d'avril à juillet 2021

Messe du Couronnement (Wolfgang Amadé Mozart) le 02 avril
En première partie Haydn Symphonie n° 82 « L’Ours », Zelenka Introduction du Miserere, Mozart Ave verum corpus K. 618

Nina Quilichini, Josè Maria Lo Monaco, Philippe Talbot , Christian Senn
Jean-Christophe Spinosi direction, Ensemble Matheus et Chœur de chambre Mélisme(s)

Parsifal (Richard Wagner) le 07 avril
Brandon Jovanovich, Anja Kampe, Günther Groissböck, Derek Welton, Sir Simon Keenlyside, Bálint Szabó, Kevin Conners, Christian Valle

Franz Welser-Mös direction, Bayerisches Staatsorchester, Chor der Bayerischen Staatsoper

Les Puritains (Vincenzo Bellini) le 08 avril
Jessica Pratt, Xabier Anduaga, Gabriele Viviani, Krzysztof Bączyk, Tamara Bounazou, Pascal Gourgand, Alban Dufourt

Giacomo Sagripanti direction, Orchestre de chambre de Paris, Ensemble Aedes

Tamerlano (Georg Friedrich Haendel) le 10 avril
Bejun Mehta, Michael Spyres, Avery Amereau, Jakub Józef Orliński, Ashley Riches

Harry Bicket direction, The English Concert

Magnificat (Jean-Sébastien Bach) le 03 mai
En première partie  Bach, Haendel, Vivaldi Extraits de pièces vocales par de jeunes chanteurs et breakdancers participant au programme « Mozart dans la 6T
Marlène Assayag, Emilie Rose Bry, Tim Mead, Nahuel Di Pierro

Jean-Christophe Spinosi direction, Ensemble Matheus, Chœur de chambre Mélisme(s)

Capriccio (Richard Strauss) - dm Christian Thielemann - mai 2021

Capriccio (Richard Strauss) - dm Christian Thielemann - mai 2021

Capriccio (Richard Strauss) le 11 mai
Krassimira Stoyanova, Christoph Pohl, Daniel Behle, Nikolay Borchev, Georg Zeppenfeld, Christa Mayer

Christian Thielemann direction,Staatskapelle Dresden

Requiem (Wolfgang Amadeus Mozart) & Messe pour le sacre de Napoléon (Giovanni Paisiello) le 18 juin
Florie Valiquette, Chantal Santon-Jeffery , Eléonore Pancrazi, Sahy Ratia, Thomas Dolié

Julien Chauvin direction, Le Concert de la Loge, Chœur de chambre de Namur

La Fille de Madame Angot (Charles Lecocq) le 30 juin
Anne-Catherine Gillet, Véronique Gens, Mathias Vidal, Yann Beuron, Matthieu Lécroart, Ingrid Perruche, Antoine Philippot, Flannan Obé, David Witczak

Sébastien Rouland direction, Orchestre de chambre de Paris, Chœur de la Radio Flamande

La Belle Hélène (Jacques Offenbach) le 01 juillet
Michèle Losier, Pauline Texier, Camille Poul, Marie Lenormand , Cyrille Dubois, Marc Barrard, Eric Huchet, Philippe Ermelier, Aliénor Feix, Raphaël Brémard, Sahy Ratia, Samuel Namotte

Alexandre Bloch direction, Orchestre National de Lille, Chœur de chambre de Namur

Sonya Yoncheva (Strozzi, Carissimi, Monteverdi, Sandrin, Caccini) - mai 2021

Sonya Yoncheva (Strozzi, Carissimi, Monteverdi, Sandrin, Caccini) - mai 2021

Les Récitals vocaux de septembre à décembre 2020

Sabine Devieilhe / Alexandre Tharaud – Debussy, Poulenc, Fauré, Ravel le 28 septembre
Philippe Jaroussky / Emőke Baráth / Lucile Richardot / Emiliano Gonzalez Toro – Vivaldi le 01 octobre
Rachel Willis-Sørensen /  Karine Deshayes / Erwin Schrott – Mozart, Rossini, Bellini, Donizetti le 16 novembre
Philippe Jaroussky – Caldara, Vivaldi, Bononcini, Hasse, Scarlatti … le 18 novembre
Jonas Kaufmann – airs de Noël le 06 décembre
Sumi Jo  – Lecocq, Puccini, Offenbach, Lehar, Auber, Massenet le 08 décembre
Jakub Józef Orliński – Cavalli, Bononcini, Haendel, Hasse le 12 décembre

Elsa Dreisig (Mozart) - juin 2021

Elsa Dreisig (Mozart) - juin 2021

Les Récitals vocaux de janvier à juillet 2021

Lisette Oropesa - Aya Wakizono le 11 janvier
Michael Spyres, Lawrence Brownlee – Rossini, Donizetti, Verdi, Boieldieu le 21 janvier
Olga Peretyatko, Karine Deshayes – Rossini, Donizetti, Bellini le 10 février
Jodie Devos – Haendel, Bach le 07 mai
Patrizia Ciofi, Lea Desandre, Anthea Pichanick – Haendel, Porpora, Broschi, Caldara le 06 avril
Sonya Yoncheva – Strozzi, Carissimi, Monteverdi, Sandrin, Caccini le 02 mai
Patricia Petibon, Dimitri Naïditch – Mozart, Fauré, Debussy, Puccini le 09 mai
Pretty Yende, Benjamin Bernheim – Donizetti, Verdi, Massenet le 19 mai
Philippe Jaroussky, Emöke Barath – Sartorio, Monteverdi, Marini, Rossi le 25 juin
Elsa Dreisig – Mozart le 28 juin
La Folle Soirée de l’Opéra – Les plus beaux airs d’opéra par les plus belles voix – le 02 et 03 juillet

Elisabeth Leonskaja (Mozart, Berg, Brahms) -  décembre 2020

Elisabeth Leonskaja (Mozart, Berg, Brahms) - décembre 2020

Concerts de septembre à décembre 2020 (sélection subjective)

Boris Berezovsky (piano) - Ravel, Debussy, Stravinsky, Prokofiev le 25 septembre
Orchestre de chambre de Paris – Marzena Diakun, Jodie Devos, Adèle Charvet, Marie-Ange Nguci, Lucienne Renaudin-Vary – French bœuf de rentrée ! le 26 septembre

Rotterdams Philharmonisch Orkest – Lahav Shani, Renaud Capuçon (violon), Kian Soltani (violoncelle) – Beethoven, Mozart le 10 octobre
Orchestre de chambre de Paris – Antonio Méndez, Thibaut Garcia – Falla, Rodrigo, Beethoven le 22 octobre
Happy birthday Marielle Nordmann ! - Schubert, Mendelssohn, Beethoven, Tchaïkovski… le 15 décembre
Orchestre Philharmonique de Saint-Petersbourg – Yuri Termikarov, Denis Matsuev – Rachmaninov, Tchaikovski le 01 décembre
Elisabeth Leonskaja (piano) – Mozart, Berg, Brahms le 11 décembre
Piccolo, Saxo et Compagnie - Concert de Noël Jeune public le 13 décembre

Victor Julien-Laferrière, Maxim Emelyanychev (Schumann, Brahms, Fauré, Poulenc) - janvier 2021

Victor Julien-Laferrière, Maxim Emelyanychev (Schumann, Brahms, Fauré, Poulenc) - janvier 2021

Concerts de janvier à mars 2021 (sélection subjective)

Victor Julien-Laferrière, Maxim Emelyanychev - Schumann, Brahms, Fauré, Poulenc le 10 janvier
Seong-Jin Cho (piano) - Schumann, Szymanowski, Chopin le 12 janvier
Orchestre National de France – Emmanuel Krivine, Christina Landshamer, Anna Stéphany, Eric Ruf– Rachmaninov, Mendelssohn le 13 janvier
Alexander Melnikov (piano) - Debussy, Berlioz-Liszt le 15 janvier
Philharmonia Orchestra – Esa-Pekka Salonen, Yefim Bronfman – Weber, Beethoven le 29 janvier
Orchestre Philharmonique du Luxembourg – Gustavo Gimeno, Anja Harteros – Wagner, Franck le 02 février
Clara-Jumi Kang, Edgar Moreau, Sunwook Kim - Tchaïkovski, Chostakovitch le 04 février
Orchestre National de France – Emmanuel Krivine, Nicolas Alstaedt (violon) – Schumann, Sibelius le 11 février
Grand Week-end violon le 13 & 14 février
Orchestre de chambre de Paris - Avi Avital – Vivaldi, Bach, Bartok, Dorman le 11 mars
Avi Avital, Ohad Ben-Ari - Mozart, De Falla, Bach, Lavry le 14 mars
Pierre et le loup… Sergei Prokofiev - Jeune public le 21 mars
Quatuor Tetzlaff - Mozart, Sibelius le 28 mars

Pierre et le loup… Sergei Prokofiev - Jeune public - mars 2021

Pierre et le loup… Sergei Prokofiev - Jeune public - mars 2021

Concerts d'avril à mai 2021 (sélection subjective)

Gabetta Consort, Andrés Gabetta, Mario Stefano Pietrodarchi - Purcell, Vivaldi, Piazzolla, Molinelli le 11 avril
Quatuor Belcea - Britten, Brahms le 02 mai
Simon Ghraichy (piano) - Bach-Liszt, Bach-Busoni, Mozart-Liszt, Albéniz… le 26 mai
Orchestre du Conservatoire de Paris et des Ecoles d’art américaines de Fontainebleau - Bruno Mantovani, Philippe Bianconi – Boulanger, Ravel, Varèse le 09 avril
Orchestre de chambre de Paris - Thomas Dausgaard, Haochen Zhang - Strauss 06 mai
Wiener Philharmoniker – Riccardo Muti – Mendelssohn, Schumann, Brahms le 07 mai
Valentina Lisitsa (piano) - Prokofiev, Rachmaninov le 12 mai
Mahler Chamber Orchestra - Leif Ove Andsnes, Matthew Truscott, Christiane Karg Mozart le 20 mai

Le Ballet royal de la Nuit (de Cambefort, Boësset, Cavalli, Rossi ...) octobre 2020

Le Ballet royal de la Nuit (de Cambefort, Boësset, Cavalli, Rossi ...) octobre 2020

Première impression sur la saison 2020 / 2021

Avec quatre opéras en version de concert (réunissant Desmaret, Massenet, Lecoq, Offenbach) et surtout deux séries d’opéras en versions scéniques ( Le Ballet royal de la Nuit et le dyptique La Voix Humaine / Point d’orgue) jouées sur un total de sept soirées, la langue française est fort bien représentée à travers un voyage dans le temps qui s’étire sur 350 ans.

Le Ballet royal de la Nuit révèlera les musiques du temps de Louis XIV composées avant même la création de l’Académie Royale de Musique (1669), et Thierry Escaich sera pour la première fois joué au Théâtre des Champs-Élysées pour la création mondiale de Point d’orgue, le compositeur étant également organiste.

Et la tragédie lyrique de Didon par Henri Desmaret permettra de découvrir un univers contemporain de celui de Lully.

Enfin, les deux soirées de fin de saison consacrées à l’opérette (La Fille de Madame Angot et La Belle Hélène) concentreront comme rarement la fraîcheur du chant français, Anne-Catherine Gillet, Véronique Gens, Mathias Vidal, Yann Beuron, Cyrille Dubois, Marc Barrard et bien d’autres jeunes artistes.

Gustavo Gimeno, Anja Harteros (Wagner, Franck) février 2021

Gustavo Gimeno, Anja Harteros (Wagner, Franck) février 2021

Le répertoire allemand est lui aussi avantageusement mis en valeur avec six soirées d’œuvres lyriques en versions de concert (dont Parsifal de Richard Wagner et Capriccio de Richard Strauss - ce dernier étant présent pour la troisième année consécutive), et deux opéras en version scénique (Salomé et Der Messias) qui permettront de retrouver Krzysztof Warlikowski et Robert Wilson à la mise en scène, deux univers artistiques profondément différents mais fortement identitaires.

Rarement joués en ce lieu à travers leurs œuvres vocales, Franz Schreker et Johannes Brahms seront également réunis à travers la même soirée pour entendre Le Psaume 116 et Un Requiem allemand, deux ouvrages composés pour la même formation musicale.

Et avec trois œuvres chacun, Bach et Haendel seront bien évidemment représentés avec la même constance depuis plus d’une décennie.

Le répertoire italien, habituellement dominant, s’efface donc un peu cette saison, mais a tout de même droit à sept opéras en version de concert (de Monteverdi et Vivaldi à Bellini et Verdi) et à un opéra en version scénique (La Sonnambula de Bellini). Après 3 ans d'absence, Bellini revient donc cette saison avec deux de ses opéras les plus connus, mais Rossini est bel et bien absent, ce qui est fort rare.

Et parmi les œuvres chantées en latin, la Messe pour le sacre de Napoléon (Giovanni Paisiello) et le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier seront deux pièces spirituelles à redécouvrir en ce théâtre.

Krzysztof Warlikowski - metteur en scène de Salomé (Strauss) - novembre 2020

Krzysztof Warlikowski - metteur en scène de Salomé (Strauss) - novembre 2020

Les fondamentaux du Théâtre des Champs-Élysées sont ainsi respectés (80 % du répertoire lyrique consacré au XVIIIe et XIXe siècle), mais les amoureux du répertoire du XVIIe siècle seront aussi plutôt ravis.

La configuration de cette saison, par l’étendue de son répertoire, laisse penser qu’elle atteindra son apothéose à plusieurs moments mais pour des publics très différents : les romantiques (Wagner, Strauss, Schreker, Brahms), l’après-guerre et le XXIe siècle (Escaich/Poulenc), les monuments religieux (Der Messias, Missa Solemnis), le baroque et l’opéra de cour, le bel canto, une richesse bien prometteuse.

L'intégralité de la saison c'est ici : Saison 2020/2021 du Théâtre des Champs-Elysées

Voir les commentaires

Publié le 20 Février 2020

Die Frau ohne Schatten (Richard Strauss - 1919)
Version de concert du 17 février 2020
Théâtre des Champs-Élysées

La Teinturière Lise Lindstrom
La Nourrice Michaela Schuster
L’Impératrice Elza van den Heever
L’Empereur Stephen Gould
Barak Michael Volle
La voix du faucon Katrien Baerts
L’apparition d’un jeune homme Bror Magnus Tødenes
Le Bossu Andreas Conrad
Le Borgne Michael Wilmering
Le Messager de Keikobad Thomas Oliemans
Le Manchot Nathan Berg

Direction musicale Yannick Nézet-Séguin
Rotterdams Philharmonisch Orkest
Rotterdam Symphony Chorus et Maîtrise de Radio France

                                                                                                      Yannick Nézet-Séguin

Bien que programmée un lundi soir d’hiver à 18h30, l’unique représentation de La Femme sans Ombre jouée en version de concert au Théâtre des Champs-Élysées a attiré une bonne partie du Paris lyrique, des grands habitués aux jeunes passionnés, aussi bien pour sa distribution prestigieuse que par attrait pour un compositeur un peu négligé dans la capitale ces dernières années.

12 ans se sont écoulés depuis que l’œuvre la plus monumentale de Richard Strauss immergea une dernière fois l’Opéra Bastille dans le bleu nuit glacé de Robert Wilson, par un dimanche après-midi du 10 février 2008, et ses tout justes 100 ans rappellent qu’elle fut composée au cours de la Première Guerre mondiale, geste artistique qui accompagnait ainsi la chute des derniers empires.

Elza van den Heever (L’Impératrice)

Elza van den Heever (L’Impératrice)

Et bien que Yannick Nézet-Séguin soit à la fois le nouveau directeur musical du Metropolitan Opera de New-York, de l’Orchestre Métropolitain de Montréal et du Philadelphia Orchestra, il retrouve pour une courte tournée européenne reliant Paris, Dortmund et Rotterdam, l’Orchestre Philharmonique de Rotterdam dont il est devenu le directeur honoraire depuis 2018. Avec cette phalange qui lui reste attachée, il prend à bras le corps pour la première fois un ouvrage qu’il aura l’occasion de défendre en version scénique à New-York en avril 2021.

Sur la scène du célèbre théâtre musical de l’avenue Montaigne, l’orchestre et le chœur semblent sensiblement confinés, mais l'interprétation musicale est de bout en bout captivante, tout autant qu’elle puisse surprendre au début, car elle cherche à faire entendre différemment l'orchestration avec l'aide de l'acoustique chambriste de la salle, volonté créative que l’on attend toujours en art.

Le Rotterdams Philharmonisch Orkest, le Rotterdam Symphony Chorus et la Maîtrise de Radio France

Le Rotterdams Philharmonisch Orkest, le Rotterdam Symphony Chorus et la Maîtrise de Radio France

Fort doué, Yannick Nézet-Séguin avait la même approche pour Wozzeck au MET le mois dernier, c’est-à-dire un travail sur les lignes mélodiques et sur la valeur ornementale des différents matériaux musicaux, noblesse et chaleur du basson, richesse des vibrations du violoncelle, même s’il y eut des fragilités dans le passage au violon solo du 3e acte dont le style souple et caressant fixa pourtant totalement l'attention de tous vers la musicienne.

La profondeur avec laquelle le chef d’orchestre dépeint les moindres reliefs de l’écriture straussienne nous rapproche de l’intimité du compositeur et lui donne une authenticité palpable, avec toutefois une atténuation de l’effet immersif lié à l’irréalité subconsciente d’un songe que suggère la fluidité de la musique. Un plus grand sentiment d’unité de l’œuvre se dégage au second acte, sans perdre en détails, et hormis son final qui éclate dans un déchaînement chaotique d’éléments d’évocation martiale, les mouvements les plus sombres et dramatiques restent toujours maîtrisés afin de préserver la présence de chaque artiste.

Lise Lindstrom (La Teinturière)

Lise Lindstrom (La Teinturière)

Car c’est aussi la confrontation des humanités qui passionne dans La Femme sans Ombre, et les portraits dressés ce soir ne sont pas en manque de personnalités. La Teinturière de Lise Lindstrom, véritable être nerveux, débute dans une tension portée à cran par des accents vocaux incisifs, d’un airain clair et farouche, peu prononcés dans les graves. On sent bien que l’allure de méchante qu’elle arbore va se défaire pour offrir un visage chargé d’émotions complexes et émouvantes au fil du drame.

Elza van den Heever (L’Impératrice)

Elza van den Heever (L’Impératrice)

Elle est ainsi l’opposée d’Elza van den Heever pour qui l’Impératrice est une prise de rôle, une voix d’une flexibilité hallucinante qui a la résistance d’un bois le plus purement luxueux. Se lovant au creux de furtives poses picturales dont la sérénité aurait tant inspiré Léonard de Vinci, la soprano sud-africaine privilégie le versant quasi religieux de son héroïne, pour ne lui céder le basculement vers une humanité débordée par sa tension interne qu'au moment où la malédiction de l’Empereur s’accomplit, jouant même avec les déformations soudaines du reflet de son visage.

Quand on connaît l’exubérance de l’actrice entière qu’elle est, cette retenue pendant plus de deux actes est un exercice de style qui engendre un véritable plaisir par l’observation minutieuse de tous ses signes de vie.

Stephen Gould (L'Empereur)

Stephen Gould (L'Empereur)

L’Empereur de Stephen Gould est encore plus figé dans son personnage issu d’un autre monde, un monolithe unique qu’il tient, certes, avec une constance dans une émission aiguë si souvent tendue qui ne se décolore pourtant pas, comme trop souvent d’autres interprètes en ont la faiblesse, mais il aurait pu choisir d’appuyer une forme de volonté conquérante qui l’aurait rendu encore plus impressionnant et présent.

Cependant, l’incarnation vocale idéale par l’éclat de ses intonations chantantes, et dont le cœur débarrassé d’entraves névrotiques se ressent immédiatement, est vécue par Michael Volle, une chaleur irradiante portée par une voix large et sonore au timbre riche et pleinement mûr où rien ne semble trafiqué. On comprend tout ce qu’il éprouve sans avoir besoin de suivre le texte, il est d’une totale lisibilité et d’une prégnance généreuse, et rarement le Teinturier n'aura paru comme la clé de voûte d’une compassion humaine inflexible. Ce très grand chanteur n’en finit décidément pas de toucher un large public par le naturel de sa justesse.

Michaela Schuster (La Nourrice)

Michaela Schuster (La Nourrice)

Et Michaela Schuster, dont on aurait pu attendre une interprétation peu ambivalente de la Nourrice, porte sur elle, bien au contraire, un regard trompeur, mélange de confiance et de trouble tant son attachement à l’Impératrice paraît essentiel. Sa voix a de la vaillance, des altérations de couleurs mélangées à des meurtrissures exaltées, ce qui a tendance à rendre plutôt sympathique une personnalité pourtant fort manipulatrice.

Elza van den Heever, Yannick Nézet-Séguin et Lise Lindstrom

Elza van den Heever, Yannick Nézet-Séguin et Lise Lindstrom

Quant aux chœurs, divisés en sections selon l’homogénéité de leurs timbres, femmes, hommes et plus jeunes chanteurs, ils dégagent une douceur élégiaque qui conforte la valeur de ce moment irrésistible de la saison du Théâtre des Champs-Élysées. 

Son directeur, Michel Franck, fidèle à Yannick Nézet-Séguin depuis une décennie, ne peut que rapprocher cette soirée de celle de Totenfeier et Babi Yar qui fut dirigée par le chef canadien la saison passée, et la compter parmi les grands moments dont il soit le plus fier.

Et pour la réécouter, cette version de Die Frau ohne Schatten sera diffusée sur France Musique le 16 mai 2020.

Voir les commentaires

Publié le 29 Mars 2019

Totenfeier (Gustav Mahler) - Babi Yar (Dmitri Chostakovitch) 
Concert du 23 mars 2019
Théâtre des Champs-Elysées

Gustav Mahler Totenfeier, poème symphonique
Dmitri Chostakovitch Symphonie n°13 « Babi Yar »

Basse Mikhail Petrenko
Direction musicale Yannick Nézet-Séguin
Rotterdams Philharmonisch Orkest

Chœur du Bayerischer Rundfunk

                                               Yannick Nézet-Séguin 

Depuis l’ouverture de La Philharmonie en janvier 2015, le Théâtre des Champs-Elysées a vu progressivement plusieurs orchestres habitués de sa grande salle à l’italienne réserver dorénavant leurs concerts au nouvel auditorium parisien de l’extrême est de la capitale.

Le Rotterdams Philharmonisch Orkest fait néanmoins partie des ensembles qui restent partenaires privilégiés de ce théâtre plus que centenaire, que ce soit pour interpréter des concerts symphoniques, ou bien pour y jouer des œuvres lyriques. Et Die Frau ohne Schatten de Richard Strauss sera l’un des grands moments attendus de la saison prochaine sur l’avenue Montaigne.

Yannick Nézet-Séguin

Yannick Nézet-Séguin

Et bien que Yannick Nézet-Séguin soit depuis 2018 le nouveau directeur musical du New-York Metropolitan Opera, en charge de redonner une nouvelle aura à cette institution de référence, il est également devenu le chef honoraire de l’orchestre qu’il dirigea pendant 10 ans, ce qui permet ainsi au public parisien de continuer à profiter de la force d’âme qui émane de ce jeune chef, vif et talentueux, lorsque son itinérance le mène en France.

D’énergie sombre il est pourtant question, ce soir, à travers la Marche funèbre de Gustav Mahler, qui devint par la suite le premier mouvement de sa seconde symphonie, et à travers la treizième symphonie de Chostakovitch dont le premier mouvement, Babi Yar, évoque avec une force implacable l’un des plus grands massacres de masse antisémite de la Seconde guerre mondiale. 

Le chœur du Bayerischer Rundfunk

Le chœur du Bayerischer Rundfunk

Ainsi, dès le trémolo des cordes qui ouvre le Totenfeier, évocation immédiate de la tempête de la Walkyrie de Richard Wagner, le ton se fait d’abord brutal et écorché avant que l’ensemble du Philharmonique de Rotterdam ne se cristallise en une structure d’une belle élasticité, tonique, qui entretient très clairement plusieurs strates musicales aux timbres entrelacés, avec un relief nettement dessiné. Le volontarisme de Yannick Nézet-Séguin, fascinant d’inspiration, est le garant de la vivacité du tissu orchestral et du délié des ornements de chaque instrument à vent.

Yannick Nézet-Séguin et Mikhail Petrenko

Yannick Nézet-Séguin et Mikhail Petrenko

En seconde partie, la symphonie Babi Yar prend d’emblée l’allure d’une marche inéluctable dirigée frontalement à la salle. Immense et dressé avec défiance face aux spectateurs, le crâne chauve et le regard pénétrant, Mikhail Petrenko donne aux poèmes d’Evgueni Evtouchenko, écrits à l’âge de 30 ans, un mordant hypnotique tant la détermination du chant semble infaible. Il exprime ici la mémoire des atrocités passées, et rappelle que ce ne sont pas seulement des russes mais bien des juifs qui furent exterminés pendant la guerre; l’antisémitisme est un mal obscur qui s’immisce dans l’âme de nombre de peuples européens depuis bien des siècles. 

Le Rotterdams Philharmonisch Orkest

Le Rotterdams Philharmonisch Orkest

Le texte prend également une tournure plus légère lorsqu’il évoque des scènes de la vie quotidienne, mais la puissance de la musique, soutenue par un chœur monochrome et verveux, ne faiblit pas d’intensité. Le Philharmonique de Rotterdam se montre épique et percutant sans jamais perdre de sa souplesse et de son impulsivité, et Yannick Nézet-Séguin s’impose comme un chef d’orchestre que la monumentalité historique et humaine d’une telle œuvre n’impressionne pas, une oeuvre avec laquelle il bataille pour susciter un élan revitalisant et immuablement saisissant.

Voir les commentaires

Publié le 23 Mars 2019

Présentation de la saison Lyrique 2019 / 2020 du Théâtre des Champs Élysées

Depuis le samedi 23 mars 2019, la dixième saison de Michel Franck à la direction du Théâtre des Champs Élysées est officiellement dévoilée devant une partie du public venue au théâtre en matinée.

Cette saison s’inscrit dans la continuité des saisons passées et comprend 4 productions d’opéras en version scénique données sur un total de 19 soirées, 16 opéras en version concert et 16 oratorio et œuvres religieuses, 28 concerts symphoniques, 13 récitals vocaux, 20 récitals de piano, 12 concerts de musique de chambre, 24 concerts du dimanche matin (dont Vienne Eternelle avec le Secession Orchestra, Purcell In Love avec l’ensemble Les Surprises, et Pinocchio pour le jeune public) et 6 ballets dansés sur 34 soirées, dont 3 classes du ballet de l’opéra national de Kiev données en matinées.

Par ailleurs, une version des Noces de Figaro, Les Petites Noces, ramenée à une durée d’une heure et quinze minutes sera créée pour le jeune public, et donnée en douze représentations sur le temps scolaire, ainsi que sur quatre matinées ou soirées tout public. Ce spectacle sera une coproduction avec l’opéra Grand Avignon, l’opéra de Toulon Provence Méditerranée et l’opéra de Rouen Normandie.

Cette ligne programmatique prévoit donc un opéra scénique de plus que la saison passée, mais surtout 10 oratorios et œuvres religieuses supplémentaires. Le nombre d’opéras en version concert passe de 18 à 16, ce qui signifie que globalement le nombre de soirées d’opéras tout format confondu reste stable à 35 soirées, auquel s’ajoutent 16 soirées d’ouvrages religieux. C'est donc un total de plus de 50 soirées qui est dédié à des œuvres vocales.

Théâtre des Champs-Elysées - Saison 2019 / 2020

Opéras en version scénique

Le Freischütz (Carl Maria von Weber)
19, 21, 23 octobre (3 représentations)

Direction musicale Laurence Equilbey Mise en scène Clément Debailleul et Raphaël Navarro
Stanislas de Barbeyrac, Johanni Van oostrum, Chiara Skerath, Vladimir Baykov, Christian Immler, Thorsten Grümbel, Daniel Schmutzhard, Anas Séguin, Clément Dazin
Insula orchestra, accentus
Coproduction les Théâtres de la ville de Luxembourg, Théâtre de Caen, Opéra de Rouen Normandie, Ludwigsburger Schossfestspiele

Les Noces de Figaro (Wolfgang Amadé Mozart)
26, 29 novembre et 1, 3, 5, 7 (6 représentations)

Direction musicale Jérémie Rhorer, Mise en scène James Gray
Sabine Devieilhe, Robert Gleadow, Stéphane Degout, Vannina Santoni, Eléonore Pancrazi, Carlo Lepore, Florie Valiquette, Mathias Vidal, Matthieu Lécroart, Rodolphe Briand
Le Cercle de l’Harmonie
Coproduction Théâtres de la ville de Luxembourg, Los Angeles Opera, Opéra National de Lorraine

Roberto Devereux (Gaetano Donizetti)
20, 22, 25, 28, 30 mars (5 représentations)

Direction musicale Roberto Abbado, Mise en scène David McVicar
Maria Agresta, Artur Rucinski, Karine Deshayes, Francesco Demuro, Pierr-Antoine Chaumien, Anas Séguin
Orchestre National de France, Chœur de Radio France
Coproduction Metropolitan Opera

Le Couronnement de Poppée (Claudio Monteverdi)
11, 14, 16, 18, 20 juin (5 représentations)

Direction musicale Christophe Rousset, Mise en scène Stephen Landgridge
Anne-Catherine Gillet, Marie-Nicole lemieux, Alice Coote, Chantal Santon-Jeffery, Dephine Galou, Reinoud Van Mechelen, Emilie Renard, Judith van Xanroij, Mathias Vidal, Catherine Trottmann, Lucia Martin Carton, Philippe Estèphe, Pierre Derhet, Emilio Gonzalez Toro, Thibault De Damas
Les Talens Lyriques
Coproduction Théâtre du Capitole de Toulouse

Roberto Devereux - mise en scène David McVicar (2016)

Roberto Devereux - mise en scène David McVicar (2016)

Opéras et oratorios en version de concert de septembre à décembre 2019

Don Giovanni (Wolfgang Amadé Mozart) le 19 septembre
Jonathan McGovern, David Ireland, Camila Titinger, Sky Ingram, Trystan Llyr Griffiths, Mireille Asselin, Paul Whelan, Thomas Faulkner
Douglas Boyd direction, Orchestre de chambre de Paris, Chœur de l’Opéra Garsington
Production donnée au Wormsley de Garsington 2019

Giulio Cesare (Georg Friedrich Haendel) le 24 septembre
Christophe Lowrey, Karina Gauvin, Eve-Maud Hubeaux, Ann Hallenberg, Kacper Selazk, Assley Riches
Christophe Rousset direction, Les Talens Lyriques 

Gloria (Antonio Vivaldi) & Dixit Dominus (Georg Friedrich Haendel) le 25 septembre
Ekaterina Gubanova, Marlène Assayag
Jean-Christophe Spinosi direction, Ensemble Matheus, Chœur de chambre Mélisme(s) 

Elias (Felix Mendelssohn) le 08 octobre
Brenden Gunnell, Carolyne Sampson, Anna Stephany, Roderick Williams
Massaki Suzuki direction, Orchestra and Choir of the Age of Enligthenment 

Stabat Mater (Francis Poulenc) le 11 octobre
Emoke Barath, Jean-Luc Bourré (violoncelle)
Bertrand de Billy direction, Orchestre National de France, Chœur et Maitrise de Radio France 

Ernani (Giuseppe Verdi) le 08 novembre
Francesco Meli, Carmen Giannattasio, Amartuvshin Enkhbat, Roberto Tagliavani
Daniele Rustioni direction, Orchestre et Chœurs de l’Opéra National de Lyon

Platée (Jean-Philippe Rameau) le 02 décembre
Anders J.Dahlin, Chantal Santon-Jeffery, Thomas Dolié, Hasnaa Bennani, Arnaud Richard, Philipp Kapeller, Victor Sicard
Alexis Kossenko direction, Orchestre et Chœur Les Ambassadeurs

Pastorale de Noël (Marc-Antoine Charpentier) le 04 décembre
Violaine Le Chenadec, Caroline Weynants, Caroline Bardot, Lucile Richardot, Davy Cornillot, Etienne Bazola, Renaud Bres, Nicolas Brooymans
Sébastien Daucé direction, Ensemble Correspondances

Isis (Jean-Baptiste Lully) le 06 décembre
Eve-Maud Hubeaux, Ambroisine Vré, Bénédicte Tauran, Robert Getchell, Fabien Hyon, Philippe Estèphe, Edwin Crossley-Mercer
Christophe Rousset direction, Chœur de chambre de Namur

Stabat Mater (Pergolèse) & Stabat Mater (Alessandro Scarlatti) le 10 décembre
Véronique Gens, Marie-Nicole Lemieux
Thibault Noally violon et direction, Les Accents

Stabat Mater (Gioachino Rossini) le 13 décembre
Maria Agresta, Daniela Barcelona, René Barbera, Vitalij Kowaljow
Gustavo Gimeno direction, Orchestre Philharmonique du Luxembourg, Wiener Singverein

Théâtre des Champs-Elysées - Saison 2019 / 2020

Opéras et oratorios en version de concert de janvier à mars 2020

L’Italienne à Alger (Gioachino Rossini) le 11 janvier
Margarita Gritskova, Veronica Camgemi, Peter Kalman, Maxim Mironov, Christian Senn, Rosa Bove, José Coca Loza
Jean-Christophe Spinosi direction, Ensemble Matheus

Orlando (Georg Friedrich Haendel) le 13 janvier
Franco Fagioli, Kathryn Lewek, Delphinez Galou, Nuria Rial, Adam Plachetka
Francesco Corti direction, Il Pomo d’Oro

Magnificat (Carl Philipp Emanuel Bach) & Magnificat (Jean-Sébastien Bach) le 21 janvier
Marie Henriette Reinhold, Patrick Grahl
Hans-Christop Rademann direction, Chœur et Orchestre du Gaechinger Cantorey

Requiem (Wolfgang Amadé Mozart) le 29 janvier
Emöke Barath, Anthea Pichanick, Zachary Wilder, Istvan Kovacs
György Vashegyi direction, Orfeo Orchestra, Purcell Choir

La Création (Joseph Haydn) le 01 février
Mari Eriksmoen, Patrick Grahl, Florian Boesch
Philippe Herreweghe direction, Orchestre des Champs-Elysées, Collegium Vocale Gent

Messe en ut (Ludwig van Beethoven) le 03 février
Balthasar-Neumann-Chor & Solisten
Thomas Hengelbrock direction, Balthasar-Neumann-Ensemble

Juditha triumphans (Antonio Vivaldi) le 11 février
Marie-Nicole Lemieux, Ekaterina Gubanova, Sonia Prina, Benedetta Mazzucato, Natalia Kawalek
Jean-Christophe Spinosi direction, Ensemble Matheus

La Femme sans ombre (Richard Strauss) le 17 février
Amber Wagner, Michaela Schuster, Elza van den Heever, Stephen Gould, Michael Volle, Katrien Baerts, Bror Magnus Todenes, Andreas Conrad, Michael Wilmering, Thomas Oliemans, Nathan Berg
Yannick Nézet-Séguin direction, Rotterdams Philharmonisch Orkest, Rotterdam Symphony Chorus, Maitrise de Radio France
Concert joué également à Dortmund (20 février) et Rotterdam (23 février)

Petite Messe solennelle (Gioachino Rossini) le 24 février
Hasmik Toroskyan, Anthea Pichanik, Cyrille Dubois, Daniele Antonagenli
Tanguy de Williencourt piano, Bart Van Reyn direction, Chœur de la Radio Flamande

Fidelio (Ludwig van Beethoven) le 27 février
Nina Stemme, Michael Weinius, Malin Christensson, John Lundgren, Karl-Magnus Fediksson, Johan Schinkler
Thomas Dausgaard direction, Swedish Chamber Orchestra, Swedish Radio Choir

Passion selon Saint-Jean (Jean-Sébastien Bach) le 23 mars
Hana Blazikova, Damien Guillon, James Gilchrist, Zachary Wilder,  Christian Immler
Masaaki Suzuki direction, Bach Collegium Japan

Acanthe et Césiphe (Jean-Philippe Rameau) le 24 mars
Sabine Devieilhe, Cyrille Dubois, Thomas Dolié, Chantal Santon-Jeffery, Eugénie Lefebvre, Anders J.Dahlin, David Witczak, Marine Lafdal-Franc, Anne Sophie Petit, Mélodie Ruvio
Alexis Kossenko direction, Les Ambassadeurs, Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles 

Théâtre des Champs-Elysées - Saison 2019 / 2020

Opéras et oratorios en version de concert d'avril à juin 2020

Roméo et Juliette (Charles Gounod) le 01 avril
Vannina Santoni, Jean-François Borras, Jean Teitgen, Guillaume Andrieux, Eléonore Pancrazi, Matthieu Justine, Marie Lenormand ; Kevin Amiel, Marc Scoffoni, Christian Helmer, Luc Hertin-Hugault, Guilhem Worms, Laurent Sérou
David Reiland direction, Orchestre et chœur de l’Opéra National de Montpellier

Serse (Georg Friedrich Haendel) le 04 avril
Emily D’Angelo, Mari Eriksmoen, Jakub Jozef Orlinski, Emöke Barath, Lucile Richardot, Luigi De Donato, Biagio Pizzuti
Enrico Onofri direction, Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie

Passion selon Saint-Matthieu (Jean-Sébastien Bach) le 08 avril
Julien Prégardien, Florian Boesch, Dorothee Mields, Damein Guillon, Reinoud Van Mechelen, Peter Kooij, Grace Davidson, William Shelton, Hugo Hymas, Tobias Berndt
Philippe Herreweghe direction, Orchestre et Chœur du Collegium Vocale Gent

Le Château de Barbe-Bleue (Béla Bartok) le 19 avril
Matthias Goerne, Michelle De Young
Gianandrea Noseda direction, Orchestre National de France

Missa solemnis (Ludwig van Beethoven) le 22 avril
Mari Eriksmoen, Varduhi Abrahamyan, Pavol Breslik, Christof Fischesser
Jérémie Rhorer direction, Le Cercle de l’Harmonie, Vokalakademie Berlin

L’Orfeo (Claudio Monteverdi) le 11 mai
Rolando Villazon, Anne-Kathryn Olsen, Luciana Mancini, Céline Scheen, Benedetta Mazzucato, Vincenzo Capezuto, Aidan Coburn, Zachary Wilder, John Taylor Ward, Dingle Yandell, Benoît Arnould
Christina Pluhar direction, L’Arpeggiata

Requiem (Gabriel Fauré) & Messe de Clovis (Charles Gounod) le 16 mai
Regula Mühlemann, Jean-Sébastien Bou
Hervé Niquet direction, Orchestre et Chœur du Concert Spirituel

Alessandro (Georg Friedrich Haendel) le 18 mai
Bejun Metha, Julia Lezhneva, Lucia Cirillo, Raffaele Pe, Sonia Prina, Carlo Allemano
Diego Fasolis direction, Kammerorchester Basel

Psyché (Ambroise Thomas) le 25 juin
Jodie Devos, Karine Deshayes, Tassis Christoyannis, Ludivine Gombert, Marie Gautrot, Artavazd Sargsyan, Jérôme Boutillier, Patrick Bolleire
Pierre Bleuse direction, Orchestre de chambre de Paris, chœur de la Radio Flamande

Théâtre des Champs-Elysées - Saison 2019 / 2020

Les Récitals vocaux

Palazetto Bru Zane, gala des 10 ans – Saint-Saens, Gounod, Hervé, Audran … le 07 octobre
Elina Garanca – Airs de Don Carlo , Adriana Lecouvreur … le 14 octobre
Jakub Jozef Orlinski – Cavalli, Haendel, Boretti, Conti, Hasse le 19 décembre
Vannina Santoni, Saimir Pirgu – Mozart, Donizetti, Gounod, Massenet... le 07 janvier
Jonas Kaufmann le 20 janvier
Philippe Jaroussky – Lieder de Schubert le 24 janvier
Elsa Dreisig – Strauss, Rachmaninov, Duparc le 28 janvier
Roberto Alagna le 06 février
Renée Fleming – Brahms, Liszt, Duparc, Debussy le 19 mars
Emöke Barath, Andrea Pichanick, Philippe Jaroussky, Emilio Gonzalez Toro – Monteverdi, Carissimi, Cavalli … le 30 avril
Matthias Goerne – Lieder de Beethoven le 07 mai
Philippe Jaroussky – Vivaldi, Haendel le 15 mai
Aleksandra Kurzak – Verdi, Ponchielli, Massenet, Puccini le 19 mai

Théâtre des Champs-Elysées - Saison 2019 / 2020

Concerts (sélection subjective)

Orchestre Philharmonique de Saint-Petersbourg – Yuri Termikarov, Boris Berezovsky – Brahms, Dvorak le 21 septembre
Rotterdams Philharmonisch Orkest – Lahav Shani, Nelson Freire (piano) – Haydn, Rachmaninov, Stravinsky le 28 septembre
Boris Berezovsky (piano) – Ravel, Debussy, Messiaen le 10 octobre
Andreï Korobeinikov (piano) – Chopin, Schubert, Scriabine, Liszt, Beethoven le 05 novembre
Quatuor de Jérusalem – Hila Baggio (soprano) – Schulhoff, Desyatnikov, Korngold le 27 novembre
Nelson Goerner (piano) – Schumann, Brahms, Liszt le 09 décembre
Orchestre National de France – James Gaffigan, Seong-Jin Cho (piano) – Rachmaninov, Prokofiev le 12 décembre
Secession Orchestra – Clément Mao-Takacs – Marie-Laure Garnier (Soprano), Eléonore Pancrazi (mezzo-soprano) – Vienne éternelle le 15 décembre matin
Arcadi Volodos (piano) – Liszt, Schumann le 08 janvier
Orchestre de chambre de Paris – Douglas Boyd – Stéphanie d’Oustrac (mezzo-soprano) – Mozart, Lavandier, Mendelsshon, Berlioz le 09 janvier
Orchestre National de France – Emmanuel Krivine, Julia Fischer (violon) – Debussy, Bartok, Moussorgsky, Ravel le 10 janvier
Jean-Philippe Collard (piano) – Chopin, Fauré, Granados le 17 janvier
Orchestre Symphonique d’Euskadi – Roberto Trevino, Jennifer Johnson (mezzo-soprano), Corby Welch (ténor) – Ravel, Mahler le 25 janvier
Francesco Piemontesi (piano) – Schubert, Liszt le 27 janvier
Elisabeth Leonskaja (piano) – Cycle Schubert le 30 et 31 janvier
Rotterdams Philharmonisch Orkest – Yannick Nézet-Séguin - Mahler le 18 février
Wiener Philharmoniker – Andris Nelsons, Annette Dasch, Gerhild Romberger, Klaus Florian Vogt, Günher Groissböck – Beethoven le 29 février
Purcell in love – Ensemble Les Surprises, Eugénie Lefebvre (soprano), Etienne Bazola (baryton) le 08 mars matin
Pinocchio – Elliot Jenicot, Ensemble instrumental le 15 mars 11h et 15h
Elena Galitskaya (soprano), Michel Portal (clarinette), Michel Dalberto (piano) – Schubert, Brahms le 22 mars matin
Philharmonia Orchestra – Esa-Pekka Salonen, Rebecca Nelsen (soprano) – Berg, Mahler le 26 mars
Nemanja Radulovic (violon), Laure Favre-Kahn (piano), Michel Vuillermoz (narrateur) – Beethoven, Tolstoï le 29 mars
Orchestre de chambre de Paris – Antoine Tamestit – Bach, Hindemith, Britten, Brahms le 6 mai
Double sens - Nemanja Radulovic – Baika (Rimski-Korsakov, Sedlar, Tchaikovski) le 15 juin
Quatuor Modigliani – Nicholas Angelich (piano), Marie-Agnès Gillot (danse) – Schumann, Ravel, Schubert le 24 juin

Théâtre des Champs-Elysées - Saison 2019 / 2020

Première impression sur la saison 2019 / 2020

Avec six opéras et œuvres en version de concert (réunissant Rameau - qui a droit à deux ouvrages -, Lully, Charpentier, Thomas et Gounod), mais pas de titre en version scénique, la langue française est un peu en retrait cette saison. Cependant, les œuvres religieuses en latin de Gabriel Fauré, Francis Poulenc et Charles Gounod viennent en partie compenser ce manque en augmentant la présence de compositeurs français.

Isis (Lully), Psyché (Thomas), La Pastorale de Noël (Charpentier) et Acanthe et Césiphe (Rameau) sont ainsi quatre raretés à découvrir.

La langue latine est donc subitement mise en avant à travers les oratorios, car 10 soirées lui seront consacrées. Carl Philipp Emanuel Bach, Jean Sébastien Bach, Ludwig van Beethoven, Alessandro Scarlatti, Gioachino Rossini, Pergolese, Antonio Vivaldi, Georg Friedrich Haendel, Wolfgang Amadé Mozart seront représentés au moins une fois chacun dans ce genre musical.

Le répertoire italien reste naturellement dominant (3 des 4 opéras en version scénique) et couvre 7 des 16 opéras en version de concert. Sur ces 16 versions de concert, 4 titres ont déjà été chantés cette saison : Don Giovanni, Serse, Orfeo et  Fidelio.  Très attendue, nous verrons comment la mise en scène de David McVicar pour Roberto Devereux, conçue aux dimensions du MET, s'adaptera à celles plus modestes du Théâtre. Mais c'est l'interprétation scénique des Noces de Figaro par le réalisateur et cinéaste James Gray qui pourrait revisiter avec le plus de force le chef-d'oeuvre de Mozart. Et Vivaldi fait son grand retour, après 3 ans d'absence, avec Juditha Triomphans et Gloria. Majoritairement, ce sont les opéras français et italiens d'avant 1800 qui sont mis en avant.

Quant au répertoire allemand, il sera représenté par la nouvelle production du Freischütz, dont la mise en scène de Clément Debailleul et Raphaël Navarro devrait passionner les rêveurs, et par les versions concert de La Femme sans ombre, Fidelio et Elias.

Et dans la continuité de cette saison, Georg Friedrich Haendel a droit à quatre opéras en version de concert, un rythme soutenu auquel il est habitué dans cette maison.

Surement, Ernani avec Carmen Giannattasio, Orlando avec Franco Fagioli, Juditha Triomphans avec Marie-Nicole Lemieux et Ekaterina Gubanova, La Femme sans ombre avec Elza van den Heever, Stephen Gould, Michael Volle et Yannick Nézet-Séguin, Fidelio avec Nina Stemme, Romeo et Juliette avec Vannina Santoni et Jean-François Borras, Le Château de Barbe-Bleue avec Matthias Goerne et Michelle de Young et Alessandro avec Bejun Metha et Karine Deshayes devraient être des sommets de la programmation.

Enfin, en récital, le retour d'Elina Garanca sera un autre moment fort de la saison, et il sera possible de retrouver Stéphanie d'Oustrac avec l'orchestre de chambre de Paris, au cours d'un programme Mozart, Lavandier, Mendelsshon, Berlioz le 09 janvier 2020, 

L'intégralité de la saison est accessible sous le lien suivant Saison 2019/2020 du Théâtre des Champs-Elysées.

Voir les commentaires

Publié le 8 Juillet 2018

Nefés (Pina Bausch)
Représentation du 07 juillet 2018
Théâtre des Champs-Elysées

Danseurs du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch
Mise en scène et chorégraphie Pina Bausch (21 mars 2003)
Décor et vidéos Peter Pabst
Costumes Marion Cito

Musique enregistrée :
Mercan Dede, Birol Topaloglu, Burhan Öçal, Istanbul Oriental Ensemble, Replicas, Bülent Ersoy, Candan Erçetin, Suren Asaduryan avec Yansimalar, Amon Tobin, Arild Andersen, Bugge Wesseltoft, Chris McGregor’s Brotherhood of Breath, Dr Rockit, Elektrotwist, Inner Zone Orchestra, Koop, Mardi Gras BB, Astor Piazzolla, Tom Waits, Uhuhboo Project

Coproduction International Istanbul Théâtre Festival, Istanbul Foundation for Culture and Arts

Au début des années 2000, Istanbul est en plein essor, et en août 2002, au moment où Pina Bausch et sa troupe se déplacent à Istanbul, la Turquie vient adopter un ensemble de réformes (abolition de la peine de mort, octroi de droits culturels pour les Kurdes, élargissement de la liberté de la presse...) préparatoires à son entrée dans l’Union européenne.

Tanztheater Wuppertal Pina Bausch

Tanztheater Wuppertal Pina Bausch

De cette rencontre, avec une capitale mythique qui accueille toutes sortes de communautés religieuses ou identitaires, est né un spectacle de 2h30 qui est, en premier lieu, une véritable découverte de la culture musicale du pays et de ses hybridations étranges : Mercan Dede et son alliage de musique traditionnelle et de sons électroniques, Burhan Öçal parcouru d’influences gitanes et turques, mais également l’univers jazzy d’Arild Andersen.

Tout dans les choix musicaux évoque cette confluence des cultures asiatiques, orientales et occidentales et ce croisement des traditions et de la modernité qui baignent en permanence la métropole turque.

Rainer Berhs

Rainer Berhs

Étrange ambiance des hammams, défilé de femmes sophistiquées dont les robes volent au vent sous les impulsions d’hommes serviteurs, scènes humoristiques autour d’une flaque d’eau qui s’étend petit à petit au milieu de la scène, mouvements des corps élancés par des gestes ornementaux d’une grâce absolue, déliés de chevelures aux lignes légères et sensuelles, les jeux de séduction se déroulent sans se prendre au sérieux, dans une joie mélodieuse et embaumante pour l’âme.

Nefés "Souffle" (Compagnie Tanztheater Wuppertal Pina Bausch) Champs-Elysées

Les hommes, souvent à terre et animés par une chorégraphie d’une très grande célérité, les femmes en perpétuel mouvement semblant raconter une intériorité parfois sereine, contrôlée, voir inquiète, cet enchaînement fluide d’une succession de tableaux qui incorporent des scènes de vie souvent très drôles et nimbées d’une nostalgie poétique fleurant bon l’insouciance (soirée au bord du Bosphore, pique-nique chic, scène de folie urbaine devant un flot de voitures fonçant vers un couple tendant d’échapper à l’enfer de la ville) attise les esprits les plus voyageurs.

Et c’est ce désir d’imprégnation de cultures brasées par l’Orient qu’éveille avant tout la fraicheur de ce voyage musical (Nefés, littéralement « souffle », est un hymne spirituel turc) où perfection et simplicité du cœur se côtoient en apparence tout naturellement.

 

Voir les commentaires

Publié le 24 Mars 2018

Présentation de la saison Lyrique 2018 / 2019 du Théâtre des Champs Élysées

Depuis le mercredi 21 mars 2018, la neuvième saison de Michel Franck à la direction du Théâtre des Champs Élysées est officiellement dévoilée devant une partie du public venue en nombre au théâtre en fin de journée.

Cette saison s’inscrit dans la continuité des saisons passées et comprend 3 productions d’opéras en version scénique données sur un total de 16 soirées, 22 opéras en version concert, 30 concerts symphoniques, 15 récitals vocaux, 23 récitals de piano, 18 concerts de musique de chambre, 23 concerts du dimanche matin (dont 1 matinée avec les Stabat Mater de Pergolèse et de Scarlatti et une matinée avec L’Occasion fait le larron de Rossini) et 7 ballets dansés sur 37 soirées.

Par ailleurs, une version de Carmen, Une Carmen, étoile du cirque, ramenée à une durée d’une heure et quinze minutes sera créée pour le jeune public et donnée en huit représentations sur le temps scolaire et deux en soirée tout public.

Ce spectacle sera une coproduction avec le Festival de Bregenz et l’Opéra de Rouen Normandie.

Cette ligne programmatique comporte cependant une sensible inflexion dans l’équilibre des genres musicaux puisqu’elle comprend un opéra en version scénique de moins que la saison précédente (mais ce sont trois grands metteurs en scène, Deborah Warner, Katie Mitchell et Robert Carsen qui sont invités au cours de la saison 2018 / 2019), 10 concerts symphoniques de moins, au profit de 15 concerts de piano et de musique de chambre supplémentaires.

Raymond Soubie et Michel Franck - présentation de Candide avec Sabine Devieilhe

Raymond Soubie et Michel Franck - présentation de Candide avec Sabine Devieilhe

Opéras en version scénique

La Traviata (Giuseppe Verdi)
Du 28 novembre au 09 décembre (6 représentations)

Direction musicale Jérémie Rhorer Mise en scène Deborah Warner
Vannina Santoni, Saimur Prgu, Laurent Naouri, Catherine Trottmann, Clare Presland, Marc Barrard, Francis Dudziak, Marc Scoffoni, Matthieu Justine, Anas Séguin
Le Cercle de l’Harmonie, Chœur de Radio France

Ariane à Naxos (Richard Strauss)
Du 21 au 30 mars (5 représentations)

Direction musicale Jérémie Rhorer, Mise en scène Katie Mitchell
Camilla Nylund, Roberto Sacca, Kate Lindsey, Olga Pudova, Huw Montague-Rendall, Jonathan Abernethy, Emilio Pons, David Shipley, Beate Mordal, Lucie Roche, Elena Galitskaya, Jean-Sébastien Bou, Marcel Beekman, Petter Moen, Jean-Christophe Lanièce, Maik Solbach, Guilhems Worms
Orchestre de chambre de Paris
Production du Festival d’Aix en Provence en coproduction avec les Théâtres de la ville de Luxembourg et l’opéra national de Finlande.

Iphigénie en Tauride (Christoph Willibald Gluck)
Du 22 au 30 juin (5 représentations)

Direction musicale Thomas Hengelbrock, Mise en scène Robert Carsen
Gaëlle Arquez, Stéphane Degout, Paolo Fanale, Alexandre Duhamel, Catherine Trottmann
Balthasar-Neumann-Chor-und-Ensemble
Reprise de la production Lyric Opera of Chicago, San Francisco Opera, Royal Opera House

Raymond Soubie et Michel Franck - ouverture de la présentation de la saison 2018 / 2019

Raymond Soubie et Michel Franck - ouverture de la présentation de la saison 2018 / 2019

Opéras et oratorio en version de concert (octobre à décembre 2018)

Rigoletto (Giuseppe Verdi) le 03 octobre
Ekaterina Siurina, Simon Keenlyside, Saimir Pirgu, Stanislav Trofimov, Alisa Kolosova
Gustavo Gimeno direction, Orchestre Philharmonique de Luxembourg, Philharmonia Chor Wien

Fidelio (Ludwig van Beethoven) le 06 octobre
Adrianne Pieczonka, Michael Spyres, Regula Mühlemann, Sebastian Holecek, Matthias Winckhler, Patrick Grahl
Giovanni Antonini direction, Kammerorchester Basel, Basler Madrigalisten

Candide (Leonard Bernstein) le 17 octobre
Jack Swanson, Sabine Devieilhe, Nicolas Rivenq, Anne Sofie von Otter, Jennifer Courcier, Jean-Gabriel Saint Martin
Robert Tuohy direction, Orchestre et Chœur de l’Opéra de Marseille

Requiem (Wolfgang Amadé Mozart) le 19 octobre
Emőke Baráth, Eva Zaïcik, Maximilian Schmitt, Florian Boesch baryton
Philippe Herreweghe direction, Orchestre des Champs-Elysées, Collegium Vocale Gent

Serse (Georg Friedrich Haendel) le 24 octobre
Franco Fagioli, Inga Kalna, Vivica Genaux, Francesca Aspromonte, Delphine Galou, Andreas Wolf, Biagio Pizzuti Elviro
Maxim Emelyanychev direction et clavecin, Il Pomo d’Oro

La Bohème (Giacomo Puccini) le 27 octobre
Erika Grimaldi, Iván Ayón Rivas, Francesca Sassu, Benjamin Cho, Nicola Ulivieri, Matteo Peirore
Gianandrea Noseda direction, Orchestre et Chœur du Teatro Regio Torino

Nabucco (Giuseppe Verdi) le 09 novembre
Leo Nucci, Anna Pirozzi, Antonio Poli, Riccardo Zanellato, Enkelejda Shkoza
Daniele Rustioni direction, Orchestre et Chœurs de l’Opéra national de Lyon

Maria Stuarda (Gaetano Donizetti) le 06 décembre
Joyce DiDonato, Carmen Giannattasio, René Barbera, Nicola Ulivieri, Marc Barrard, Cecil Jennifer
Speranza Scappucci direction, Orchestre de chambre de Paris, Ensemble Lyrique Champagne-Ardenne

Rodelinda (Georg Friedrich Haendel) le 10 décembre
Jeanine de Bique, Tim Mead, Benjamin Hulett, Romina Basso, Andrea Mastroni, Paul-Antoine Bénos-Djian
Emmanuelle Haïm direction, Le Concert d’Astrée

L’enfance du Christ (Hector Berlioz) le 14 décembre
Stéphanie D’Oustrac, Bernard Richter, Edwin Crossley-Mercer, Nicolas Testé
Emmanuel Krivine direction, Orchestre National de France Chœur de Radio France

Carmen Giannattasio (Elisabetta) dans Maria Stuarda

Carmen Giannattasio (Elisabetta) dans Maria Stuarda

Opéras et oratorio en version de concert (janvier à juin 2019)

Don Giovanni (Wofgang Amadé Mozart) le 10 janvier
Erwin Schrott, David Steffens, Benjamin Bruns, Julia Kleiter, Lucy Crowe, Jonathan Lemalu, Regula Mühlemann Zerlina
Giovanni Antonini direction, Kammerochester Basel Deutscher Kammerchor

Arabella (Richard Strauss) le 11 janvier
Anja Harteros, Kurt Rydl, Doris Soffel, Hanna-Elisabeth Müller, Michael Volle, Daniel Behle, Dean Power, Sean Michael Plumb, Callum Thorpe, Sofia Fomina, Heike Grötzinger
Constantin Trinks direction, Bayerisches Staatsorchester, Chor der Bayerischen Staatsoper

Stabat Mater (Pergolèse) le 18 février
Katherine Watson, Jakub Józef Orliński
Julien Chauvin violon et direction, Le Concert de la Loge

Passion selon saint Jean (Jean-Sébastien Bach) le 29 mars
Johanna Winkel, Wiebke Lehmkuhl, Nicholas Mulroy, Peter Harvey, Matthias Winckhler
Hans-Christoph Rademann direction, Chœur et orchestre du Gaechinger Cantorey

Armide (Jean-Baptiste Lully) le 01 avril
Révision de Louis-Joseph Francœur (recréation de la version inédite de 1778)
Véronique Gens, Reinoud Van Mechelen, Tassis Christoyannis, Chantal Santon-Jeffery, Katherine Watson, Philippe-Nicolas Martin, Zachary Wilder
Hervé Niquet direction, Chœur et orchestre du Concert Spirituel

Semele (Georg Friedrich Haendel) le 03 avril
Brenda Rae, Elizabeth DeShong, Benjamin Hulett, Soloman Howard, Christopher Lowry, Ailish Tynan
Harry Bicket direction, The English Concert, The Clarion Choir direction Steven Fox

Manon (Jules Massenet) le 06 avril
Juan Diego Flórez, Nino Machaidze, Marc Barrard, Jean-Gabriel Saint Martin, Raphaël Brémard, Jean-Christophe Lanièce, Jennifer Michel, Tatiana Probst, Eléonore Pancrazi
Frédéric Chaslin direction, Orchestre National de Belgique, Chœur Octopus

Stabat Mater (Pergolèse et Alessandro Scarlatti) le dimanche 14 avril matin
Maïlys de Villoustreys, Paul Figuier
Jean Claude Magloire direction, La Grande Écurie et la Chambre du Roy

Passion selon saint Matthieu (Jean-Sébastien Bach) le 19 avril
Sandrine Piau, Krešimir Stražanac, Maximilian Schmitt, Sophie Harmsen, Krystian Adam, Johannes Weisser
Václav Luks direction, Orchestre National de France, Chœur de Radio France, Maîtrise de Radio France

L'Occasion fait le Laron (Gioacchino Rossini) le dimanche 26 mai matin
Christian Senn, Sergio Gallardo, Jérémie Duffau, Nicolas Rivenq, Clémence Tilquin, Pauline Sabatier
Jean Claude Magloire direction, La Grande Écurie et la Chambre du Roy

Hippolyte et Aricie (Jean-Philippe Rameau) le 26 mai
Cyrille Dubois, Mélissa Petit, Stéphanie D’Oustrac, Jean-François Lapointe, Wenwei Zhang, Hamida Kristoffersen, Spencer Lang
Emmanuelle Haïm direction, Orchestra La Scintilla Zurich, Chœur de l’Opéra de Zurich

L’Orfeo (Claudio Monteverdi) le 28 mai
Emiliano Gonzalez-Toro, Emőke Baráth, Mathias Vidal, David Szigetvari, Fulvio Bettini, Eva Zaïcik, Mathilde Etienne, Frédéric Caton, Léa Desandre, Jérôme Varnier
Emiliano Gonzalez-Toro direction, Thomas Dunford luth et direction, I Gemelli

Agrippina (Georg Friedrich Haendel) le 29 mai
Joyce DiDonato, Kathryn Lewek, Luca Pisaroni, Marie-Nicole Lemieux, Franco Fagioli, Andrea Mastroni, Jakub Józef Orliński, Biagio Pizzuti
Maxim Emelyanychev direction et clavecin, Il Pomo d’Oro

Maître Péronilla (Jacques Offenbach) le 01 juin
Véronique Gens, Tassis Christoyannis, Anaïs Constans, Chantal Santon-Jeffery, Antoinette Dennefeld, Eric Huchet, François Piolino, Patrick Kabongo, Loïc Félix, Yoann Dubruque, Matthieu Lécroart, Raphaël Brémard, Jérôme Boutillier, Antoine Philippot, Philippe-Nicolas Martin, Loïc Morbihan, Diana Axentii
Markus Poschner direction, Orchestre National de France, Chœur de Radio France

Emőke Baráth dans l'Orfeo et le Requiem de Mozart

Emőke Baráth dans l'Orfeo et le Requiem de Mozart

Les Récitals vocaux

Jonas Kaufmann – Liszt, Strauss, Mahler, Wolf le 20 septembre
Concert des lauréats du concours Voix Nouvelles le 24 septembre
Elsa Dreisig – Mozart, Steibelt, Rossini, Massenet, Gounod, Puccini, Strauss le 13 octobre
Aleksandra Kurzak & Roberto Alagna – Puccini le 06 novembre
Pretty Yende – Haendel, Mozart le 15 décembre
Nadine Sierra – Bel canto, Bernstein le 12 janvier
Les Mozart de l’Opéra – Présentation Rocelyne Bachelot le 18 janvier
Sandrine Piau – Leo, Haendel, Hasse, Porpora, Vivaldi le 19 janvier
Patricia Petibon – Granados, Giménez, De Falla, Puccini, Gounod, Massenet, Bernstein le 21 janvier
Barbara Hendricks Chants sacrés et Negro spirituals le 12 février
Magdalena Kozena – Mozart, Gluck le 13 février
Michael Volle – Bach le 20 février
Marianne Crebassa, Fazil Say – Ravel, Debussy, Fauré, Satie le 25 mars
Philippe Jaroussky – Monteverdi, Cavalli le 05 avril
Sandrine Piau, Tim Mead – Haendel le 17 avril

Plafond Art Deco de la salle du Théâtre des Champs-Elysées

Plafond Art Deco de la salle du Théâtre des Champs-Elysées

Concerts (sélection subjective)

Orchestre de chambre de Paris – Douglas Boyd, Mark Padmore – Britten, Lavandier le 19 septembre
Philharmonia – Esa-Pekka Salonen – Wagner, Schoenberg, Bruchner le 05 octobre
Wiener Philharmoniker – Valery Gergiev, Denis Matsuev (piano) le 09 octobre
Orquestra Filarmonica de Minas Gerais – Fabio Mechetti, Nelson Freire (piano) le 10 octobre
Orchestre de chambre de Paris – David Reiland, Julien-Laferrière – Mozart, Wagner le 11 octobre
Orchestre de chambre de Paris – Jonathan Cohen, Stéphanie d’Oustrac – Mozart le 08 novembre
Leif Ove Andsnes (piano) - Schumann, Janacek, Bartok le 11 décembre
Borusan Istanbul Philharmonic Orchestra – Sasha Goetzel - Balakirev, Stravinsky le 13 décembre
Sunwook Kim (piano) – Mozart, beethoven, Debussy, Chopin le 22 janvier
Orchestre Philharmonique de Saint-Petersbourg – Yuri Termikarov, Boris Berezovsky - Tchaïkovski le 23 janvier
Philharmonisch Orkest – Valery Gergiev, Sergey Khachatryan – Chostakovitch, Prokofiev le 26 janvier
London Philharmonic Orchestra – Robin Ticciati, Christian Tetzlaff – Sibelius, Bruchner le 03 février
Orchestre de chambre de Paris – Douglas Boyd, Mark Padmore – Schubert le 14 février
Rotterdams Philharmonisch Orkest – Yannick Nézet-Séguin, Mikhail Petrenko – Mahler, Chostakovitch le 23 mars
Philharmonia Orchestra Paavo Järvi, Vadim Repin – Sibelius, Tchaikovsky le 13 mai
Mahler Chamber Orchestra – Andsnes, Truscott – Haydn, Mozart le 18 mai
Orchestre des Champs-Elysées – Louis Langrée, Anne Sofie von Otter Ravel – le 20 mai
Wiener Philharmoniker – Mariss Jansons - Berlioz, Schumann le 04 juin
Bertrand Chamayou (piano) – Saint-Saëns, Haendel, Liszt, Koechlin, Fauré, Hahn le 19 juin

Présentation du récital de Marianne Crebassa et Fazil Say

Présentation du récital de Marianne Crebassa et Fazil Say

Première impression sur la saison 2018 / 2019

Avec un opéra en version scénique, Iphigénie en Tauride, et cinq opéras et oratorios en version de concert (réunissant Rameau, Offenbach, Lully, Massenet et Berlioz), l’Opéra français continue à être relativement bien représenté, dont deux raretés, Maître Péronilla et Armide dans la version révisée de Louis-Joseph Francoeur, et toutes les œuvres sont par ailleurs concentrées sur les 6 derniers mois de la saison.

Cette place laissée à ces compositeurs français se fait au détriment de Rossini qui n'obtient aucune soirée de la saison.

Dans une maison où le répertoire italien est toujours aussi largement prédominant (la moitié des versions de concert) et la répartition du répertoire entre XVIIIe et XIXe siècle équitablement préservée (80% des soirées), on passerait rapidement sur la seule véritable nouvelle production du théâtre, La Traviata, si elle n’était confiée à Deborah Warner, jouée sur un véritable diapason verdien à 432 Hz, et interprétée par Vannina Santoni, que l’on retrouvera dans La Nonne Sanglante à l’Opéra-Comique et Pamina à l’opéra Bastille. On peut s'attendre à un engagement théâtral poignant et signifiant.

La chute de la subvention de la caisse des dépôts, 300 000 euros de moins par an pendant 3 ans sur un montant initial de 10 millions d’euros, contraint donc la programmation puisqu'il n'y aura plus que 16 soirées d'opéras en version scénique, mais n'atteint pas le nombre de soirées de récitals vocaux et d’opéras et oratorios en version de concert (près de 40 soirées au total), ce qui permettra d'entendre seulement 2 œuvres de Bach, mais 4 de Haendel, une de Bernstein et une de Monteverdi.

Maria Stuarda, avec Joyce DiDonato, Carmen Giannattasio et René Barbera, L’enfance du Christ avec Stéphanie D’Oustrac, Bernard Richter et Edwin Crossley-Mercer, Hippolyte et Aricie avec Cyrille Dubois, Mélissa Petit, Stéphanie D’Oustrac, Jean-François Lapointe et Agrippina avec Joyce DiDonato, Kathryn Lewek, Luca Pisaroni, Marie-Nicole Lemieux, Franco Fagioli devraient être des sommets de la programmation.

Enfin, la nouvelle production d’Ariane à Naxos, en provenance d’Aix, et la version de concert d’Arabella avec Anja Harteros devraient consoler les mélomanes des trois ans d’absence de Richard Strauss du répertoire de l’Opéra de Paris, et permettre au théâtre d’ancrer solidement une attache sur le XXe siècle.

L'intégralité de la saison c'est ici.

Voir les commentaires

Publié le 19 Mars 2018

Alcina (Georg Friedrich Haendel)
Représentation du 16 mars 2018
Théâtre des Champs-Ely
sées

Alcina Cecilia Bartoli
Ruggiero Philippe Jaroussky
Morgane Emöke Barath / Julie Fuchs
Bradamante Varduhi Abrahamyan
Oronte Christoph Strehl
Melisso Krzysztof Bączyk
Cupido Barbara Goodman

Direction musicale Emmanuelle Haïm
Mise en scène Christof Loy (2014)
Orchestre et Chœur du Concert d’Astrée

Production de l'opéra de Zurich                                                Varduhi Abrahamyan (Bradamante)

Œuvre créée au Covent Garden de Londres le 16 avril 1735, Alcina ne fit son entrée au répertoire de l'Opéra National de Paris que le 10 juin 1999 dans la mise en scène bourgeoise et hédoniste de Robert Carsen. Renée Fleming, Susan Graham et Natalie Dessay ont depuis laissé un souvenir immuable de ces soirées, immortalisé par un enregistrement chez Erato devenu incontournable.

Cecilia Bartoli (Alcina)

Cecilia Bartoli (Alcina)

En conviant la production de Christof Loy en son théâtre, Michel Franck doit donc se mesurer au souvenir de ces représentations parisiennes de référence, et la distribution qu'il a réuni ce soir entend bien écrire une nouvelle page dans l'interprétation d'un des plus beaux opéras d'Haendel.

Dans cette version qui joue habilement sur le contraste entre l'esthétique artificielle du théâtre XVIIIe siècle et le revers de la vie d'une diva, Alcina, rattrapée par le temps et le vieillissement (Christof Loy oublie tout effet grandiose pour replacer ce drame sur un plan purement humain, et fort émouvant au second acte), est incarnée par une technicienne hors pair, Cecilia Bartoli.

Philippe Jaroussky (Ruggiero)

Philippe Jaroussky (Ruggiero)

Le raffinement des vibrations du timbre, leur pastel couleur ocre, la véhémence autant que l'extrême retenue qui, dès le premier acte, atteint un premier moment de grâce intemporelle quand Alcina susurre sa fidélité à Ruggiero, s'allie à une présence totalement réelle.

Le personnage est entier, joué avec une spontanéité qui passe par tous les états d'âme possibles, la volonté de front, mais la mélancolie en arrière plan, et il y a ce moment lunaire, quand Cecilia chante seule sous un simple faisceau lumineux, qui nous rappelle une scène identique dans La Traviata mise en scène par Christoph Marthaler et chantée par Christine Schäfer. L'illusion d'exprimer pour un instant qui l'on est sous les regards convergents du monde admiratif n'est qu'un rêve d'adolescente.

Philippe Jaroussky (Ruggiero) et Krzysztof Bączyk (Melisso)

Philippe Jaroussky (Ruggiero) et Krzysztof Bączyk (Melisso)

Et pour séduire cette magicienne de l'art métaphorique théâtral, la juvénilité androgyne de Philippe Jaroussky lui offre un écho d'une enjôleuse légèreté, inaltérable aurait-on envie de dire, ce qui rend encore plus précieux cette version pour contre-ténor qui préserve le charme ambigu de l'univers haendelien. Mais Christof Loy lui réserve également un instant de fantaisie enjoué déjanté lorsqu'il se joint au ballet amusant des hommes esclaves d'Alcina.

Varduhi Abrahamyan (Bradamante)

Varduhi Abrahamyan (Bradamante)

La plus belle des surprises, c'est pourtant Varduhi Abrahamyan qui nous l'offre généreusement. On pouvait y songer depuis son magnifique Othon sombre au Palais Garnier, car émanent d'elle un aplomb et une profondeur sensuelle inhérente à l'univers baroque, et Bradamante en épouse les mêmes charmes et douceurs. A terre, le visage tourné vers le sol, déplorant que Ruggiero la délaisse, voir son corps exprimer les souffrances que son chant abandonne est d'une poignante beauté charnelle.

Philippe Jaroussky, Cecilia Bartoli, Julie Fuchs, Emöke Barath

Philippe Jaroussky, Cecilia Bartoli, Julie Fuchs, Emöke Barath

Il y a cependant une petite déception à voir Julie Fuchs, touchée par un coup de froid, simplement jouer le rôle de Morgana, mais l'interprétation d'Emöke Barath, située au milieu de l'orchestre face à Emmanuelle Haïm, est si fraîche et si lumineuse que la musicalité et le théâtre visuel se rejoignent naturellement.

Et dans le rôle de Melisso, Krzysztof Bączyk, le jeune moine du Don Carlos de Bastille, montre malgré une solide stature impressionnante et des sonorités sérieuses sa capacité à porter un personnage bien plus léger. Christoph Strehl, lui, n'intervient que ponctuellement, et assure à Oronte une expressivité pathétique bien tenue.

Emmanuelle Haïm

Emmanuelle Haïm

Quant au Concert d'Astrée, donc nous connaissons et apprécions la densité sonore et la rythmique parfois fort mathématique, il se révèle ce soir encore plus luxuriant et nuancé. Emmanuelle Haïm travaille la souplesse des mouvements, le dessin des détails, mais n'hésite pas non plus à provoquer un tranchant presque vindicatif sur les accents amers et langoureux d'Alcina pleurant l'abandon de Ruggiero.

Salle du Théâtre des Champs-Elysées - représentation d'Alcina, le 16 mars 2018

Salle du Théâtre des Champs-Elysées - représentation d'Alcina, le 16 mars 2018

Ce spectacle démonstratif et intelligent ne laisse à peu près aucune chance aux indécis d'y assister au dernier moment. Le théâtre musical de l'avenue Montaigne est en effet plein à craquer chaque soir.

Voir les commentaires

Publié le 12 Février 2018

Dialogues des Carmélites (Francis Poulenc)
Représentation du 07 février 2018
Théâtre des Champs-Élysées

Blanche de la Force Patricia Petibon 
Mère Marie de l’Incarnation Sophie Koch 
Madame Lidoine Véronique Gens

Sœur Constance Sabine Devieilhe 
Madame de Croissy Anne Sofie von Otter 
Le Chevalier de la Force Stanislas de Barbeyrac 
Le Marquis de la Force Nicolas Cavallier 
Mère Jeanne de l’Enfant Jésus Sarah Jouffroy 
Sœur Mathilde Lucie Roche 
Le Père confesseur du couvent François Piolino 
Le premier commissaire Enguerrand de Hys 
Le second commissaire Arnaud Richard
Le médecin, le geôlier Matthieu Lécroart 

Direction musicale Jérémie Rhorer                               Véronique Gens (Madame Lidoine)
Mise en scène Olivier Py
Orchestre National de France
Chœur du Théâtre des Champs-Elysées
Ensemble Aedes

Michel Franck, le directeur du Théâtre des Champs-Élysées, confiait l'année dernière à ces abonnés qu'il avait hésité à rejouer Dialogues des Carmélites dans la production d'Olivier Py, tant son interprétation en décembre 2013 avait marqué les esprits.

Sabine Devieilhe (Sœur Constance) et Patricia Petibon (Blanche de la Force)

Sabine Devieilhe (Sœur Constance) et Patricia Petibon (Blanche de la Force)

En effet, la volonté du metteur en scène d'unir deux de ses univers personnels, la foi et le théâtre, aurait pu aboutir à une surcharge baroque, mais en ce théâtre de l'avenue Montaigne, c'est un spectacle d'une fluidité cinématographique lisible, souvent noir-de-gris mais riche en contrastes d'ombres et de lumières, qui se déroule en passant d'un monde à un autre à travers des scènes visuellement très fortes : la chambre mortuaire de la prieure, terrifiante dans sa solitude, les évocations de tableaux religieux à partir de symboles simples et naïfs découpés dans un bois pâle, la forêt et ses mystères, ou bien l'envol final des âmes vers l'infini de l'univers.

Anne Sofie von Otter (Madame de Croissy)

Anne Sofie von Otter (Madame de Croissy)

Et la distribution réunie pour cette reprise, un mois après les représentations bruxelloises, offre à nouveau un ensemble de portraits vocaux qui particularise clairement chaque personnalité.

Sophie Koch, en mère Marie, représente la fermeté, un timbre mat et une projection homogène d'un affront autoritaire un peu dur mais naturellement noble, Véronique Gens, en Madame Lidoine, laisse transparaître plus de sensibilité et de doute, mais rejoint également la sévérité de Marie, et Anne Sofie von Otter, surprenante madame de Croissy à l'aigu clair et chantant, retrouve dans les graves ce grain vibrant qui la rapproche si intimement de notre cœur.

Ce balancement vocal entre lumière d'espoir et sursauts de peur a alors pour effet d'adoucir l'effroi radical qui émane habituellement de la première prieure.

Sophie Koch (Mère Marie de l’Incarnation) et Patricia Petibon (Blanche de la Force)

Sophie Koch (Mère Marie de l’Incarnation) et Patricia Petibon (Blanche de la Force)

Les deux plus jeunes femmes, sœur Constance et Blanche-de-la-Force, rappellent naturellement d'autres portraits de sœurs ou cousines fort liées mais aux tempéraments opposés. Sabine Devieilhe joue ainsi une personnalité pleine d'élan piquant et exalté avec l'entière fraicheur pure d'une voix venue d'un ciel sans nuage.

Et Patricia Petibon, lunaire et hors du temps, incarne de façon plus complexe une innocente et enfantine Blanche, comme si sa force intérieure s'imposait avec une sincérité totalement désarmante. Très grande impression de conscience humaine par ailleurs dans son dialogue avec Constance.

Nicolas Cavallier (Le Marquis de la Force)

Nicolas Cavallier (Le Marquis de la Force)

Quant aux rôles masculins, entièrement renouvelés, ils bénéficient de deux grands représentants du chant français racé, Stanislas de Barbeyrac, mature et d'une stature sérieuse qui inspire un sens du devoir fortement affirmé, et Nicolas Cavallier, dans une veine semblable mais d'une tessiture plus sombre.

Pour réussir à ce point à immerger l'auditeur dans un univers sonore stimulant, recouvrir de couleurs superbement chatoyantes le tissu orchestral, tout en atteignant une fluidité saisissante qui rejoint l'inspiration musicale mystique d'un Modest Moussorgsky, l'Orchestre National de France et Jérémie Rhorer semblent comme emportés par un geste réflexif voué à une beauté élancée et des effets d'envoutement inoubliables.

Stanislas de Barbeyrac (Le Chevalier de la Force)

Stanislas de Barbeyrac (Le Chevalier de la Force)

Et le chœur du théâtre associé à l'ensemble Aedes, ne fait qu'ajouter élégie et sérénité à cette composition impossible à abandonner un seul instant.

Voir les commentaires

Publié le 4 Novembre 2017

Le concert des étoiles – Hommage à Giuseppe Verdi
Tournage du 01 novembre 2017
Théâtre des Champs-Elysées

Airs de Nabucco, Macbeth, Luisa Miller, Rigoletto, Il Trovatore, La Traviata, Les Vêpres siciliennes, La Forza del Destino, Don Carlo, Aida, Otello.

Ténors Enea Scala, Michael Spyres, Gaston Rivero
Sopranos Jessica Pratt, Olga Peretyatko, Catherine Hunold
Mezzo-Soprano Ekaterina Gubanova
Barytons Ambrogio Maestri, Luca Salsi, Arthur Rucinski, Ludovic Tézier

Direction musicale Yvan Cassar
Orchestre de chambre de Paris
Chœur régional Vittoria d’Île de France

Ensemble Fiat Cantus                                                     Ekaterina Gubanova

En septembre 2016 et juillet 2017, France 3 rediffusait en première partie de soirée le premier Concert des Étoiles dédié à Luciano Pavarotti et enregistré à la salle des Étoiles de Monaco avec l’orchestre de l’Opéra de Marseille.

A chaque fois, ce fut plus d’un million de téléspectateurs qui purent entendre les plus belles couleurs des grands chanteurs lyriques du moment magnifier des airs extraits, certes, de leur drame musical originel, mais suffisamment variés pour permettre à chaque auditeur d’en apprécier les différences.

Olga Peretyatko

Olga Peretyatko

Face à un tel succès, France Télévisions renouvelle en 2017 ce projet sous forme d’hommage à Giuseppe Verdi, le compositeur le plus joué dans le monde avec Wolfgang Amadé Mozart, et c’est le Théâtre des Champs-Élysées qui voit sa scène totalement repensée pour cet évènement.

Assister au tournage de cette émission est donc l’occasion de voir de près comment un programme audiovisuel vient rencontrer un lieu habituellement voué à la spontanéité de l’art du chant et de la danse, et d’apprécier l’ambiance parmi un public diversifié où les amateurs passionnés d'opéra ne représentent qu'une partie minoritaire des spectateurs.

Le Concert des Etoiles - Hommage à Giuseppe Verdi - Théâtre des Champs-Elysées et France 3

Cette ambiance, moins hystérique qu'aux récitals habituels du Théâtre des Champs-Elysées et moins critique sur les points de détails des interprétations, affiche également un visage plus jeune, et la sérénité d’écoute ainsi retrouvée donne l'impression d'assister bien sagement à un impressionnant défilé de chanteurs venant humblement interpréter chacun de leurs airs avant de repartir presque comme si de rien n'était. Et c’est particulièrement plaisant à voir et entendre.

Michael Spyres

Michael Spyres

Par ailleurs, le visage du théâtre est totalement modifié, car de nombreux sièges sont temporairement déplacés afin de permettre l’installation d’une avant-scène au milieu de la salle, dont le sol laqué reluit sous les faisceaux lumineux multicolores qui la traversent de part en part en éblouissant parfois le public.

L’orchestre, situé en arrière des chanteurs, est également surmonté d’un affichage vidéo qui reflète par moment la salle du théâtre stylisée, et dont le rouge flamboyant permettra à Michel Franck, le directeur, de profiter de la diffusion télévisuelle pour donner une belle image de son établissement.

Le Concert des Etoiles - Hommage à Giuseppe Verdi - Théâtre des Champs-Elysées et France 3

Et parmi les airs entendus ce soir, tous composés par Giuseppe Verdi (1813-1901) dans la seconde partie de sa carrière, depuis Luisa Miller (1849) à Otello (1887), si l’on excepte l’un des airs de Macbeth (Oh Tutti sorgete) et le Chœur des esclaves de Nabucco, même l’amateur le plus passionné peut y faire des redécouvertes.

Ainsi, la surprise provient de l’enjôleuse souplesse de chant de Michael Spyres‘Questo quella’, ‘Je veux entendre ta voix’, ‘Quando le sere al placido’ -, claire et si douce et d'une telle éloquence dans le répertoire français. Ce que l’on entend ce soir correspond, personnellement, à un idéal de chant absolument sublime.

Catherine Hunold

Catherine Hunold

Quant à la Lady Macbeth de Catherine Hunold, avec un sens de l'incarnation sans aucun geste inutile et des couleurs qui s'accordent très bien avec le caractère de la Lady, que n’aurait-on pas aimé l’entendre lors de la version de concert de Macbeth jouée au Théâtre des Champs-Élysées le 24 octobre dernier.

Autre portrait totalement vivant, la Traviata d’Olga Peretyatko, belcantiste qui aime aborder des personnages dramatiques, débute par une approche plutôt légère qui, par la suite, renforce son emprise sur l’auditeur par un art du chant introspectif profondément prégnant qui l’entraîne entièrement dans un univers d’une délicatesse extrême.

 Gaston Rivero, Ekaterina Gubanova, Ludovic Tézier

Gaston Rivero, Ekaterina Gubanova, Ludovic Tézier

Et pour ceux qui suivent les représentations historiques de Don Carlos qui se jouent au même moment à l’opéra Bastille, retrouver Ludovic Tézier et Ekaterina Gubanova interpréter Rodrigue et la Princesse Eboli en italien, avant de les réentendre en français au mois de novembre, est un instant où les émotions du moment se mélangent avec un sentiment de nostalgie déjà naissant.

A nouveau merci à l’équipe de Forum Opera pour l’invitation à cet enregistrement qui sera complété par un montage d’images d’archives lors de la diffusion prévue dans les prochains mois.

Le Concert des Etoiles - Hommage à Giuseppe Verdi - Théâtre des Champs-Elysées et France 3

Voir les commentaires