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Publié le 13 Juillet 2020

Présentation de la saison Lyrique 2020 / 2021 de l’Opéra National de Paris
Sous le coup de la crise sanitaire provoquée par la circulation rapide du Coronavirus, les grandes salles de l’Opéra de Paris ont refermé leur portes le 09 mars 2020, entraînant l’annulation de plusieurs spectacles et l’impossibilité de présenter en direct au public la programmation de la saison 2020/2021.

Le choeur de l'Opéra National de Paris (Gala des 40 ans de l'AROP - 27 février 2020)

Le choeur de l'Opéra National de Paris (Gala des 40 ans de l'AROP - 27 février 2020)

Les informations dont on disposait au printemps dernier laissaient entrevoir que la première partie de la Tétralogie qui devait être le point d’orgue de la saison 2019/2020 serait décalée en septembre ou octobre 2020, mais depuis, nous savons que l'opéra Bastille et le Palais Garnier seront en travaux jusqu'à la fin de l'année.

Nous présenterons ci-dessous la saison telle qu’elle a fut dévoilée le 12 mars 2020, et elle reste entièrement valable à partir de janvier 2021.

Toutefois, suite au mouvement de grève mené par une partie du personnel de l’Opéra de Paris en décembre 2019 et janvier 2020, deux nouvelles productions ont été supprimées, Jenufa (Janacek), qui aurait du être mis en scène par Krzysztof Warlikowski et dirigé par Oksana Lyniv, et Le Rouge et le Noir, ballet de Pierre Lacotte chorégraphié sur une musique de Jules Massenet.

Pour connaitre comment les prochaines saisons seront impactées, l'article ci-dessous Pronostic des futures saisons de l'Opéra National de Paris (2021/2022/2023/2024/2025), régulièrement mis à jour, recense les informations diffusées dans la presse.

7 nouvelles productions, incluant celles de Siegfried et du Crépuscule des Dieux, sont ainsi présentées, dont une création mondiale de Marc-André Dalbavie, Le Soulier de Satin, qui sera donnée en fin de saison dans la grande salle de l’Opéra Bastille.

 

Au total, ce sont 17 œuvres du répertoire, auxquelles s’ajoutera le dernier spectacle de Marina Abramovic, ‘7 deaths of Maria Callas’, qu’il sera possible d’entendre dans les deux grandes salles au cours de 163 soirées lyriques, parmi lesquelles 8 soirées seront dédiées à deux cycles complets du Festival Ring de Richard Wagner.

Elément de décor de Don Carlo (ms Krzysztof Warlikowski) - Saison 2019/2020

Elément de décor de Don Carlo (ms Krzysztof Warlikowski) - Saison 2019/2020

Les nouvelles productions

Siegfried (Richard Wagner – 1876) – Nouvelle Production
Du 10 octobre au 18 octobre 2020 (3 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Calixto Bieito
Andreas Schager, Gerhard Siegel, Iain Paterson, Jochen Schmeckenbecher, Dimitry Ivashchenko, Wiebke Lehmkuhl, Julie Fuchs, Martina Serafin

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 23 juin 2013

Alors que la production de Günter Krämer de 2010/2011 permettait de porter sur la scène Bastille le Ring qui n’avait plus été donné à l’Opéra National de Paris depuis 1957, dix ans plus tard, on peut s’attendre à ce que la nouvelle production de Calixto Bieito, qui a mis en scène Parsifal à l’opéra de Stuttgart en s’inspirant d’une nouvelle post-apocalyptique de Cormac McCarthy, vienne remettre en question la vision de ce monde légendaire.
Une fois ses quatre volets joués séparément, la Tétralogie pourra être entendue deux fois sous forme de cycle dans la continuité de ces représentations en novembre et décembre 2020.

Götterdämmerung (Richard Wagner – 1876) – Nouvelle Production
Du 13 au 21 novembre 2020 (3 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Calixto Bieito
Andreas Schager, Johannes Martin Kränzle, Jochen Schmeckenbecher, Ain Anger, Ricarda Merbeth, Anna Gabler, Michaela Schuster, Wiebke Lehmkuhl, Tamara Banjesev, Megan Marin, Claudia Huckle

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 26 juin 2013

La salle du Palais Garnier au cours d'une représentation de La Traviata (ms Ivo van Hove)

La salle du Palais Garnier au cours d'une représentation de La Traviata (ms Ivo van Hove)

7 Deaths of Maria Callas (Marko Nikodijević – 2019) – Coproduction Bayerische Staatsoper, Deutsche Oper Berlin, Maggio Musicale Fiorentino, Greek National Opera
Du 02 au 05 septembre 2020 (4 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Yoel Gamzou, mise en scène Marina Abramović (2020)
Willem Dafoe, Nadezhda Karyazina, Whitney Morrison, Leah Hawkins, Adela Zaharia, Selene Zanetti, Gabriella Reyes, Hera Hyesang Park

Entrée au répertoire

Plasticienne que le public du Palais Garnier connaît depuis 2013 lorsqu’elle cosigna une chorégraphie du « Boléro » de Ravel avec Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet, Marina Abramović présente une pièce sur ces héroïnes d’opéra qui meurent par amour et que Maria Callas a pour la plupart incarnée intégralement sur scène ou au disque, ou au moins à travers un air tel l’« Ave Maria » de Desdemone dans Otello. Sept chanteuses interpréteront sept idées de femmes, et la voix de Marina racontera l’histoire de chaque opéra.

Aida (Giuseppe Verdi – 1853) – Nouvelle Production
Du 12 février au 27 mars 2021 (14 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Michele Mariotti, mise en scène Lotte de Beer
Soloman Howard, Elīna Garanča/Ksenia Dudnikova, Sondra Radvanovsky/Elena Stikhina/Jennifer Rowley, Jonas Kaufmann/Piero Pretti, Dmitry Belosselskiy, Ludovic Tézier/Claudio Sgura, Alessandro Liberatore, Gabriella Reyes

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 16 juillet 2016

Après un demi-siècle d’absence au répertoire de l’Opéra de Paris, Aida connait sa seconde production en moins de 10 ans – la première production d’Olivier Py se voulait à la fois monumentale et évocatrice des méfaits du colonialisme au XIXe siècle -, et sera confiée à Lotte de Beer, dont l’arrivée sur la scène Bastille est à voir comme une ouverture supplémentaire de l’institution à la nouvelle génération de metteurs en scène internationaux, sous l’impulsion de Stéphane Lissner.
Et le niveau des interprètes est tel que l’on peut s’attendre à un engouement passionné pour cette nouvelle série de représentations.

Vue sur la librairie du Palais Garnier

Vue sur la librairie du Palais Garnier

Faust (Charles Gounod – 1859) – Nouvelle production
Du 16 mars au 21 avril 2021 (13 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Lorenzo Viotti, mise en scène Tobias Kratzer
Benjamin Bernheim/ Stephen Costello, Ildar Abdrazakov/John Relyea, Florian Sempey, Christian Helmer, Ermonela Jaho/Anita Hartig, Michèle Losier, Sylvie Brunet‑Grupposo

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 28 mars 2015

Après avoir rendu à l’Opéra de Paris deux productions dignes du répertoire français pour Carmen et Manon, Stéphane Lissner achève cette remise sur pied par une nouvelle production de Faust dirigée par Tobias Kratzer, qui apporta la saison passée une production critique, drôle et sensible, de Tannhäuser au Festival de Bayreuth.
La réussite de cette production parachèvera ainsi un cycle de renouvellement scénique des grands piliers du répertoire français qui avaient été gravement endommagés sous la direction de Nicolas Joel.
Avec plus de 2400 représentations depuis 1869, Faust reste l’œuvre la plus jouée du répertoire de l’Opéra de Paris, et elle fait encore partie aujourd’hui des 15 ouvrages phares de l’institution, loin devant Les Huguenots (Meyerbeer) qui comptabilisent pourtant plus de 1100 représentations depuis près de deux siècles.

La Dame de Pique (Piotr Ilyitch Tchaikovski – 1890) – Coproduction Staatsoper Unter den Linden, Berlin
Du 25 mai au 12 juin 2021 (7 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Daniel Barenboim/Oksana Lyniv, mise en scène Dmitri Tcherniakov
Brandon Jovanovich, John Lundgren, Étienne Dupuis, Alexey Dolgov, Gábor Bretz, Vasily Gorshkov, Pyotr Migunov, Nicky Spence, Violeta Urmana, Asmik Grigorian, Clémentine Margaine, Carole Wilson, Marianne Croux, Maria Nazarova, Yulia Mazurova, Nikolai Zemlyanskyh

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 06 février 2012

La Dame de Pique fait partie des 50 ouvrages les plus joués du répertoire de l’Opéra de Paris, mais n’avait plus connu de nouvelle production depuis celle de Lev Dodin (1999).
Le destin d’Hermann est celui d’un homme pour qui l’appât du gain ne devait servir que celle qu’il aime, Lisa, avant qu’il ne perde de vue cette fin pour s’enfermer dans la folie de l’argent. Dmitri Tcherniakov fera t’il de cette plongée dans le rien une mise en abîme de la société d’aujourd’hui ?

La scène Bastille envahie par le public le week-end du Festival Monde 2019

La scène Bastille envahie par le public le week-end du Festival Monde 2019

Le Soulier de Satin (Marc-André Dalbavie – 2021) – Nouvelle production
Du 29 mai au 13 juin 2021 (5 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Marc-André Dalbavie, mise en scène Stanislas Nordey
Luca Pisaroni, Eve-Maud Hubeaux, Jean-Sébastien Bou, Marc Labonnette, Max Emanuel Cenčić, Yann Beuron, Nicolas Cavallier, Vannina Santoni, Julien Dran, Béatrice Uria‑Monzon, Éric Huchet, Camille Poul

Création mondiale

« L’ordre est le plaisir de la raison : mais le désordre est le délice de l’imagination », ainsi l’affirme Paul Claudel dans l’avertissement de son chef-d’œuvre que peu de metteurs en scène ont osé monter intégralement.

En 1987, Antoine Vitez présenta au Festival d’Avignon cette pièce qui fut filmée et proposée aux téléspectateurs de France 3 le lundi de Pâques du 27 mars 1989 entre midi et 23h.
20 ans plus tard, Arte diffusa sur son site internet, le samedi 21 mars 2009, la version intégrale du Soulier de Satin qu’Olivier Py mettait en scène au Théâtre de l’Odéon.
En mai/juin 2021, c’est donc au tour de l’Opéra Bastille de créer une version un peu plus courte, 6h50 seulement, sur une musique de Marc-André Dalbavie, et dans une mise en scène de Stanilas Nordey dont on peut s’attendre à ce qu’il montre une vision politique du monde à travers ce drame mystique d’un amour absolu.

La Tarification du plan de salle est revue en conséquence : de 15 à 28 euros pour les moins de 28 ans, de 15 à 40 euros pour les moins de 40 ans, et de 15 à 70 euros pour les plus de 40 ans.

L’anneau du Nibelung (Richard Wagner - 1876)
Du 23 novembre au 06 décembre 2020 (2 cycles de 4 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Calixto Bieito
Andreas Schager, Gerhard Siegel, Johannes Martin Kränzle, Jonas Kaufmann, John Releya, Eva-Maria Westbroek, Iain Paterson, Lauri Vasar, Matthew Newlin, Norbert Ernst, Jochen Schmeckenbecher, Ain Anger, Dimitry Ivashchenko, Ricarda Merbeth, Anna Gabler, Michaela Schuster, Wiebke Lehmkuhl, Tamara Banjesevic, Megan Marino, Claudia Huckle, Julie Fuchs, Martina Serafin, Wilhelm Schwinghammer, Ekaterina Gubanova, Christina Bock
Tétralogie jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille du 18 au 26 juin 2013

Nouvelle production

Etienne Dupuis, Stanislas de Barbeyrac - Iphigénie en Tauride (ms Krzysztof Warlikowski - 2016)

Etienne Dupuis, Stanislas de Barbeyrac - Iphigénie en Tauride (ms Krzysztof Warlikowski - 2016)

Les reprises

L’Elixir d’amour (Gaetano  Donizetti – 1832)
Du 08 septembre au 04 octobre 2020 (10 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Riccardo Frizza, mise en scène Laurent Pelly (2006)
Julie Fuchs, Xabier Anduaga, Gabriele Viviani, Bryn Terfel, Lucrezia Drei

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 25 novembre 2018

Carmen (Georges Bizet – 1875)
Du 12 septembre au 23 octobre et du 16 au 31 décembre 2020 (19 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Domingo Hindoyan/Keri-Lynn Wilson, mise en scène Calixto Bieito (2017)
Vittorio Grigolo/Charles Castronovo, Adam Plachetka/Lucas Meachem, Christian Helmer, Rodolphe Briand, Guilhem Worms, Pierre Doyen, Clémentine Margaine/Elīna Garanča/Varduhi Abrahamya, Nadine Sierra/Valentina Naforniţă, Charlotte Despaux, Adèle Charvet

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 23 mai 2019

Iphigénie en Tauride (Christoph Willibald Gluck – 1779)
Du 17 septembre au 13 octobre 2020 (9 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Thomas Hengelbrock, mise en scène Krzysztof Warlikowski (2006)
Véronique Gens, Florian Sempey, Stanislas de Barbeyrac, Laurent Naouri, Marianne Croux, Jeanne Ireland, Christophe Gay, Renate Jett

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 25 décembre 2016

La Fille de neige (ms Dmitri Tcherniakov - 2016)

La Fille de neige (ms Dmitri Tcherniakov - 2016)

La Fille de neige (Nikolai Rimski-Korsakov– 1882)
Du 22 octobre au 10 novembre 2020 (7 représentations à l’Opéra Bastille)

Direction musicale Mikhail Tatarnikov, mise en scène Dmitri Tcherniakov (2017)
Aida Garifullina, Yuriy Mynenko, Oksana Dyka, Marie-Nicole Lemieux, Stanislav Trofimov, Vasily Gorshkov, Carole Wilson, Vasily Efimov, René Barbera, Vladislav Sulimsky, Andrii Goniukov, Yasuko Arita, John Bernard, Laurent Laberdesque, Christian Rodrigue Moungoungou

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 03 mai 2017

La Traviata (Giuseppe Verdi – 1853)  - Coproduction Wiener Staatsoper
Du 24 novembre au 23 décembre 2020 (10 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale James Gaffigan, mise en scène Simon Stone (2019)
Zuzana Marková, Catherine Trottmann, Marion Lebègue, Frédéric Antoun, Peter Mattei, Maciej Kwaśnikowski, Michal Partyka, Jean-Luc Ballestra, Tomislav Lavoie, Hyun-Jong Roh, Slawomir Szychowiak, Bernard Arrieta

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 16 octobre 2019

Benjamin Bernheim (La Traviata - ms Simon Stone - 2019)

Benjamin Bernheim (La Traviata - ms Simon Stone - 2019)

La Flûte enchantée (Wolfgang Amadé Mozart – 1791) – Coproduction Festspielhaus Baden-Baden
Du 12 janvier au 22 février 2021 (15 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Cornelius Meister, mise en scène Robert Carsen (2014)
Cyrille Dubois/Stanislas de Barbeyrac, Tamara Banjesevic, Christina Bock, Marie‑Luise Dressen, Alex Esposito/Florian Sempey, Mélissa Petit, Nicolas Testé, Wolfgang Ablinger‑Sperrhacke, Julie Fuchs/Christiane Karg, Sabine Devieilhe/Nina Minasyan, Martin Gantner, Michael Nagl, Franz Gürtelschmied, Lucian Krasznec

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 15 juin 2019

Le Trouvère (Giuseppe Verdi  – 1853) – Coproduction Nederlandse Opera, Amsterdam et Teatro Dell’Opera, Roma
Du 21 janvier au 03 mars 2021 (13 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Nicola Luisotti, mise en scène Alex Ollé (2016)
Luca Salsi/Artur Ruciński, Krassimira Stoyanova/Marina Rebeka, Brian Jagde/Yusif Eyvazov, Daniela Barcellona, Krzysztof Bączyk, Élodie Hache, Yu Shao, Fabio Bellenghi, Taesung Lee

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 14 juillet 2018

Capriccio (ms Robert Carsen - 2016)

Capriccio (ms Robert Carsen - 2016)

Capriccio (Richard Strauss – 1942)
Du 26 janvier au 21 février 2021 (8 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Marc Albrecht, mise en scène Robert Carsen (2004)
Diana Damrau, Wolfgang Koch, Pavol Breslik, Audun Iversen, Günther Groissböck, Ekaterina Gubanova, Graham Clark, Christina Gansch, Xabier Anduaga, Luke Stoker

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 14 février 2016

Tosca (Giacomo Puccini – 1900)
Du 6 mai au 25 juin 2021 (15 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Giacomo Sagripanti/Dan Ettinger, mise en scène Pierre Audi (2015)
Aleksandra Kurzak/Maria Agresta, Roberto Alagna/Michael Fabiano, Željko Lučić/Ludovic Tézier, Guilhem Worms, Frédéric Caton, Carlo Bosi, Philippe Rouillon, Florent Mbia

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 15 juillet 2015

Stéphane Lissner - Pourquoi l'Opéra Aujourdhui? (Collège de France - 17 juin 2017)

Stéphane Lissner - Pourquoi l'Opéra Aujourdhui? (Collège de France - 17 juin 2017)

Premières impressions sur la saison 2020/2021

Cette saison est orientée au 3/4 vers le répertoire du XIXe siècle, tout en accordant près de 30 % de ses soirées à la langue française. Cette part considérable consacrée au siècle de l’opéra romantique et bien sûr une conséquence de la présence de la Tétralogie de Richard Wagner, mais traduit aussi la nécessité de donner la primauté aux ouvrages les plus célèbres, associés à de grandes distributions, pour amortir le choc des grèves de l’hiver 2019/2020.

Par ailleurs, hormis les deux créations mondiales de ‘7th Deaths of Maria Callas’ (qui devrait être créé cet été à Athènes et Berlin) et du ‘Soulier de Satin’, tous les ouvrages présentés ont déjà été joués à l’Opéra de Paris au cours des 10 dernières années.

Pour sa dernière saison à Paris, Stéphane Lissner aura à cœur de parachever ses projets les plus ambitieux, l'Anneau du Nibelung, un cycle de 3 créations tirées d’œuvres littéraires françaises, et un cycle de nouvelles productions d’opéras russes.

Seul le cycle Da Ponte à Garnier restera inachevé, car la nouvelle production des 'Noces de Figaro' sera peut-être reportée au mandat d’Alexander Neef.

Le Ring

S’il était confirmé que les représentations de l’Or du Rhin et de la Walkyrie qui devaient être jouées au printemps 2020 seront reportées à l’automne suivant, ce sont 24 représentations des épisodes de l’Anneau du Nibelung qui devraient être données fin 2020. Philippe Jordan dirigera donc son deuxième Ring à l’Opéra de Paris en 10 ans, et son troisième après celui du New-York Metropolitan Opera au printemps 2019, et nous savons également que Calixto Bieito préservera l’imaginaire poétique inhérent à cette épopée lyrique hors du commun.

Giuseppe Verdi et le répertoire italien

Si Verdi est un peu moins sollicité cette saison, avec trois ouvrages programmés, l’attention va se porter sur Aida dont la nouvelle production de Lotte de Beer et les distributions associées devraient assurer salle comble tous les soirs.

En effet, après le Ring, c’est sur Aida , mais aussi Tosca de Puccini, que se concentre le plus grand nombre de stars. Le répertoire Italien le plus connu est véritablement affiché pour lui faire profiter des plus grands chanteurs (Elina Garanca, Sondra Radvanovsky, Elena Stikina, Jonas Kaufmann, Ludovic Tézier, Aleksandra Kurzak, Maria Agresta, Roberto Alagna, Michael Fabiano, Zeljko Lucic …).

Sondra Radvanovsky (Il Trovatore - ms Alex Ollé - 2018)

Sondra Radvanovsky (Il Trovatore - ms Alex Ollé - 2018)

L’opéra en langue française

Pour sa sixième saison à la direction de l’Opéra National de Paris, Stéphane Lissner propose 4 œuvres en langue française, dont deux nouvelles productions : une tragédie lyrique, Iphigénie en Tauride, un opéra comique, Carmen, une tragédie romantique, Faust, et enfin, un drame mystique, Le Soulier de Satin.
On retrouvera dans ce répertoire Florian Sempey, Stanislas de Barbeyrac, Laurent Naouri, Clémentine Margaine, Benjamin Berheim, Eve-Maud Hubeaux, Jean-Sébastien Bou, Yann Beuron, Nicolas Cavallier et Béatrice Uria-Monzon.

Le répertoire slave

La reprise de Snegoutchka (La Fille de neige) de Rimski-Korsakov et la nouvelle production de La Dame de Pique de Tchaïkovski permettront de clore magnifiquement un cycle d’opéras russes, et de rendre hommage à deux reprises à Dmitri Tcherniakov, metteur en scène dont aucune de ses productions ne laisse indifférent par l’éclairage humain contemporain, et toujours sensible, qu’il porte avec une beauté tragique dans le regard.

Le retour de Daniel Barenboim dans La Dame de Pique – l’ancien directeur artistique et musical du projet Bastille de 1987 à 1989 avait rompu son contrat suite à ses désaccords avec Pierre Bergé sur la mission du nouvel édifice – est l’un des évènements de la fin de saison, à l’instar de la venue pour la première fois d’Asmik Grigorian sur la scène Garnier pour incarner Lisa entourée de Brandon Jovanovitch, Etienne Dupuis, Violetta Urmana (La Comtesse) et Clémentine Margaine.

Pour les dernières représentations, c’est Oksana Lyniv qui assurera la direction d’orchestre, elle qui avait interprété une lecture féline et néoclassique de La Dame de Pique à l’opéra de Stuttgart en janvier 2019.

Florian Sempey (La Flûte enchantée - ms Robert Carsen - 2017)

Florian Sempey (La Flûte enchantée - ms Robert Carsen - 2017)

Wolfgang Amadé Mozart

Mozart n’est présent qu’une seule fois cette saison avec La Flûte Enchantée mis en scène par Robert Carsen, car la création des Noces de Figaro au Palais Garnier n'aura pas lieu, elle qui devait y rejoindre les productions de Cosi fan Tutte par Anne Teresa de Keersmaeker et celle de Don Giovanni par Ivo van Hove.

Cette Flûte Enchantée aura le mérite non seulement de réunir Cyrille Dubois, Florian Sempey, Stanislas de Barbeyrac, Nicolas Testé, Julie Fuchs et Sabine Devieilhe, mais aussi celui d’être dirigée par Cornelius Meister, le nouveau et talentueux directeur musical de l’opéra de Stuttgart.

Richard Strauss

Absent quatre saisons d’affilée, Richard Strauss est de retour au Palais Garnier avec Capriccio dans la mise en scène de Robert Carsen qui avait clos merveilleusement le mandat d’Hugues Gall en 2004. Seule œuvre du répertoire du XXe siècle reprise cette saison, elle bénéficie d’une distribution prestigieuse avec Diana Damrau, Simon Keenlyside, Pavol Breslik, Günther Groissböck, Aundun Iversen, Graham Clark, Xabier Anduaga et Ekaterina Gubanova.

Présentation de la saison Lyrique 2020 / 2021 de l’Opéra National de Paris

Les tarifs 2020/2021

Cette saison lyrique est écourtée de 15 jours car elle s’achève fin juin, avec une trentaine de soirées de moins que les saisons précédentes.

Il se trouve qu’habituellement les représentations de juillet bénéficient de tarifs plus avantageux, 10 à 20 % de moins qu’en pleine saison, mais elles ont aussi du mal à remplir au moment où les Parisiens festivaliers sont à Orange, Avignon ou Aix-en-Provence.

La suppression de ces soirées, au cours d’une saison où le prix moyen pour le Ring est de 180 euros, fait remonter mécaniquement le prix moyen des places à 130 euros à l’Opéra Bastille, soit 10 % de plus que pour 2019/2020.

A Bastille, les prix moyens varient selon les productions : 145 euros pour Tosca et Aida, 130 euros pour Carmen, Faust et La Flûte Enchantée, 108  euros pour Le Trouvère et La Fille de Neige, 90 euros pour L’Elixir d’Amour, et 50 euros pour Le Soulier de Satin.

Les prix des reprises restent stables dans leurs catégories respectives, et seuls ceux de L’Elixir d’Amour et de Snegoutchka baissent de 20 % par rapport à la tarification qui leur était appliquée quelques années plus tôt.

Les places à 5 euros à Bastille ne sont par ailleurs plus mentionnées dans la brochure de saison 2020/2021.

Que cette saison se déroule dans les meilleures conditions possibles est le mieux que l'on puisse souhaiter à une maison qui, comme toutes celles de son envergure dans le monde entier, est fortement fragilisée par les mesures de fermeture décidées au printemps 2020.

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Publié le 3 Avril 2020

Présentation de la saison Lyrique 2020 / 2021 du Théâtre des Champs Élysées

Depuis le samedi 27 mars 2020, la onzième saison de Michel Franck à la direction du Théâtre des Champs Élysées est officiellement dévoilée.

Cette saison s’inscrit dans la continuité des saisons passées et comprend 5 productions d’opéras en version scénique données sur un total de 21 soirées, 17 opéras en version concert et 6 oratorio et œuvres religieuses (dont 2 soirs pour la Missa solemnis de Beethoven), 19 concerts symphoniques, 18 récitals vocaux (dont 2 soirs pour La Folle soirée de l’Opéra), 17 récitals de piano, 8 concerts de musique de chambre, 5 concerts de violon et piano au cours du week-end du 14 février, 26 concerts du dimanche matin (dont le Requiem de Mozart avec l’orchestre et chœur Les Ambassadeurs, et Pierre et le loup pour le jeune public avec les ensembles Les Dissonances et Ouranos) et 7 ballets dansés sur 35 soirées dont 3 classes du ballet national de Lettonie données en matinées.

Par ailleurs, une version de l’Élixir d’amour de Donizetti ramenée à une durée d’une heure et quinze minutes sera créée pour le jeune public et donnée en onze représentations sur le temps scolaire, ainsi que sur trois matinées tout public.

Ce spectacle sera une coproduction avec l’opéra de Rouen Normandie.

Cette ligne programmatique reste donc fidèle à la diversité des formes musicales qui caractérise le Théâtre des Champs-Élysées, avec toutefois à nouveau une réduction des concerts symphoniques (20 concerts alors qu'une quarantaine était à l'affiche trois ans plus tôt) au profit de la musique de chambre et des concerts du dimanche matin.

Salomé (Richard Strauss) - ms Krzysztof Warlikowski (novembre 2020)

Salomé (Richard Strauss) - ms Krzysztof Warlikowski (novembre 2020)

Opéras en version scénique de septembre à décembre 2020

Der Messias (Georg Friedrich Haendel - Wolfgang Amadeus Mozart)
16, 18, 19 septembre (3 représentations)

Direction musicale Marc Minkowski  Mise en scène Robert Wilson
Elena Tsallagova, Helena Rasker, Richard Croft,,José Coca Loza, Alexis Fousekis |
Les Musiciens du Louvre, Philharmonia Chor Wien
Production Fondation Mozarteum de Salzbourg, en coproduction avec le Festival de Salzbourg et le Grand Théâtre de Genève

Le Ballet royal de la Nuit (Jean de Cambefort, Antoine Boësset, Louis Constantin, Michel Lambert, Francesco Cavalli, Luigi Rossi)
07 et 08 octobre (2 représentations)

Direction musicale Sébastien Daucé, Mise en scène Francesca Lattuada
Lucile Richardot, Violaine Le Chenadec, Caroline Weynants, Ilektra Platiopoulou, Caroline Dangin-Bardot, Perrine Devillers, Deborah Cachet, David Tricou, Davy Cornillot, Etienne Bazola, Renaud Bres , Nicolas Brooymans
Ensemble Correspondances
Production Théâtre de Caen, en coproduction avec l’ Ensemble Correspondances, l’Opéra de Dijon, le Château de Versailles Spectacles, et le Théâtres de la Ville de Luxembourg

Salomé (Richard Strauss)
14, 17, 19, 22, 24 novembre (5 représentations)

Direction musicale Henrik Nánási, Mise en scène Krzysztof Warlikowski
Patricia Petibon, Gábor Bretz, Wolfgang Ablinger-Sperrhacke, Sophie Koch, Oleksiy Palchykov, Emanuela Pascu, Scott MacAllister, François Piolino, Rodolphe Briand, Gregory Bonfatti, Geoffroy Buffière, Kristof Klorek, Jean-Vincent Blot, Ugo Rabec, Mark Van Arsdale, Francesco Salvadori, Tamara Bounazou
Orchestre National de France
Coproduction Bayerische Staatsoper

Der Messias (Haendel - Mozart) - ms Robert Wilson (septembre 2020)

Der Messias (Haendel - Mozart) - ms Robert Wilson (septembre 2020)

Opéras en version scénique de janvier à juin 2021

La Voix humaine - Point d’orgue (Francis Poulenc / Jean Cocteau - Thierry Escaich / Olivier Py) Création mondiale
6, 8, 10, 12, 14 mars (5 représentations)
Direction musicale Jérémie Rhorer, Mise en scène Olivier Py
Patricia Petibon, Jean-Sébastien Bou, Cyrille Dubois
Orchestre Philharmonique du Luxembourg
Coproduction Opéra de Dijon et Opéra de Tours

La Somnambule (Vincenzo Bellini)
15, 17, 20, 22, 24, 26 juin (6 représentations)

Direction musicale Riccardo Frizza, Mise en scène Rolando Villazón
Nadine Sierra, Alexander Tsymbalyuk, Francesco Demuro, Annunziata Vestri, Jennifer France, Marc Scoffoni
Orchestre de chambre de Paris, Chœur de Radio France, Maîtrise des Hauts-de-Seine
Coproduction Semperoper Dresden et Opéra de Nice Côte d’Azur

Le Combat de Tancrède et Clorinde (Monteverdi) - Magdalena Kožená (novembre 2020)

Le Combat de Tancrède et Clorinde (Monteverdi) - Magdalena Kožená (novembre 2020)

Opéras et oratorio en version de concert de septembre à décembre 2020

Oreste (Georg Friedrich Haendel) le 13 novembre
Franco Fagioli, Francesca Aspromonte, Julia Lezhneva, Kristian Adams, Renato Dolcini, Francesca Ascioti

Maxim Emelyanychev direction, Il Pomo d’Oro

Le Combat de Tancrède et Clorinde (Claudio Monteverdi) le 20 novembre
Magdalena Kožená

Andrea Marcon  direction, La Cetra - Barockorchester Basel

Werther  (Jules Massenet) le 23 novembre
Sir Simon Keenlyside, Stéphanie d’Oustrac, Jean-Sébastien Bou, Florie Valiquette, Marc Barrard

Daniele Rustioni direction, Orchestre et Maîtrise de l’Opéra National de Lyon
Coproduction Opéra National de Lyon

Les Saisons (Joseph Haydn) le 07 décembre
Camilla Tilling, Robin Tritschler, Mikhail Timoshenko

Emmanuelle Haïm direction, Orchestre et Chœur du Concert d’Astrée

L’Olimpiade (Antonio Vivaldi) le 09 décembre
Riccardo Novaro, Ambroisine Bré, Benedetta Mazzucato, Chiara Skerath, Carlo Vistoli , Ana Maria Labin, Luigi Di Donato

Jean-Christophe Spinosi direction, Ensemble Matheus, Chœur de chambre Mélisme(s)

Missa solemnis (Ludwig van Beethoven) le 18 et 19 décembre
Genia Kühmeier, Wiebke Lehmkuhl, Steve Davislin, Matthias Goerne

Andrés Orozco-Estrada direction, Orchestre National de France, Chœur de Radio France

Te Deum (Marc-Antoine Charpentier) - dm Sébastien Daucé - janvier 2021

Te Deum (Marc-Antoine Charpentier) - dm Sébastien Daucé - janvier 2021

Opéras et oratorio en version de concert de janvier à mars 2021

Te Deum (Marc-Antoine Charpentier) le 09 janvier
En première partie Charpentier Ouverture pour quelque belle entreprise H. 540, Dumont Memorare O piissima Virgo Maria, Charpentier Symphonie du Kyrie de la Missa Assumpta est Maria H. 11, Salve regina à trois choeurs H. 24, Dumont Super flumina Babylonis, Charpentier Messe pour les Trépassés H. 2, Ouverture pour le sacre d’un évêque H. 536
Caroline Weynants, Caroline Dangin-Bardot, Perrine Devillers, Marie Pouchelon, David Tricou, Léo Vermot-Desroches, Antonin Rondepierre, Randol Rodriguez, Ryan Veillet, Etienne Bazola, René Ramos Premier, Nicolas Brooymans, Renaud Brese

Sébastien Daucé direction, Ensemble Correspondances

Così fan tutte (Wolfgang Amadeus Mozart) le 27 janvier
Julia Kleiter, Emőke Baráth, Sandrine Piau, Michael Spyres, Vittorio Prato

Giovanni Antonini direction, Kammerorchester Basel Basler Madrigalisten

Psaume 116 ( Franz Schreker) & Un Requiem allemand (Johannes Brahms) le 08 février
Katharina Konradi, Matthias Goerne

Thomas Hengelbrock direction, Balthasar-Neumann-Ensemble, Balthasar-Neumann-Chor

Un Ballo in maschera (Giuseppe Verdi) le 16 mars
Mary Elizabeth Williams, Bongiwe Nakani, Harriet Eyley, Matteo Lippi, Simone Piazzola

Mirga Gražynitė-Tyla direction, City of Birmingham Symphony Orchestra & Chorus

Didon (Desmarest) - Véronique Gens - mars 2021

Didon (Desmarest) - Véronique Gens - mars 2021

Stabat Mater (Giovanni Battista Pergolesi) le 17 mars
En première partie Scarlatti Salve Regina, Leo Salve Regina

Emőke Baráth, Carlo Vistoli
Emmanuelle Haïm direction, Le Concert d’Astrée

Passion selon Saint Matthieu (Jean-Sébastien Bach) le 18 mars
Mary Bevan, Paula Murrihy, Mark Padmore, Samuel Hasselhorn, Matthew Brook

Mark Padmore direction, Orchestra of the Age of Enlightenment, Choir of the Age of Enlightenment

Didon (Henry Desmarest) le 23 mars
Véronique Gens, Reinoud van Mechelen, Thomas Dolié, Marie Perbost, Judith Van, Wanrooij, Marie Gautrot, Marine Lafdal-Franc ,
Nicholas Scott, Guilhem Worms
Hervé Niquet direction, Orchestre et Choeur du Concert Spirituel
Coproduction Concert Spirituel & Centre de musique baroque de Versailles

Passion selon Saint Jean (Jean-Sébastien Bach) le 25 mars
Eugénie Lefebvre, Paul Figuier, Anders J. Dahlin, Paco Garcia, Nicolas Brooymans, Etienne Bazola

Louis-Noël Bestion de Camboulas direction, Ensemble Les Surprises

Parsifal (Richard Wagner) - Brandon Jovanovich - avril 2021

Parsifal (Richard Wagner) - Brandon Jovanovich - avril 2021

Opéras et oratorio en version de concert d'avril à juillet 2021

Messe du Couronnement (Wolfgang Amadé Mozart) le 02 avril
En première partie Haydn Symphonie n° 82 « L’Ours », Zelenka Introduction du Miserere, Mozart Ave verum corpus K. 618

Nina Quilichini, Josè Maria Lo Monaco, Philippe Talbot , Christian Senn
Jean-Christophe Spinosi direction, Ensemble Matheus et Chœur de chambre Mélisme(s)

Parsifal (Richard Wagner) le 07 avril
Brandon Jovanovich, Anja Kampe, Günther Groissböck, Derek Welton, Sir Simon Keenlyside, Bálint Szabó, Kevin Conners, Christian Valle

Franz Welser-Mös direction, Bayerisches Staatsorchester, Chor der Bayerischen Staatsoper

Les Puritains (Vincenzo Bellini) le 08 avril
Jessica Pratt, Xabier Anduaga, Gabriele Viviani, Krzysztof Bączyk, Tamara Bounazou, Pascal Gourgand, Alban Dufourt

Giacomo Sagripanti direction, Orchestre de chambre de Paris, Ensemble Aedes

Tamerlano (Georg Friedrich Haendel) le 10 avril
Bejun Mehta, Michael Spyres, Avery Amereau, Jakub Józef Orliński, Ashley Riches

Harry Bicket direction, The English Concert

Magnificat (Jean-Sébastien Bach) le 03 mai
En première partie  Bach, Haendel, Vivaldi Extraits de pièces vocales par de jeunes chanteurs et breakdancers participant au programme « Mozart dans la 6T
Marlène Assayag, Emilie Rose Bry, Tim Mead, Nahuel Di Pierro

Jean-Christophe Spinosi direction, Ensemble Matheus, Chœur de chambre Mélisme(s)

Capriccio (Richard Strauss) - dm Christian Thielemann - mai 2021

Capriccio (Richard Strauss) - dm Christian Thielemann - mai 2021

Capriccio (Richard Strauss) le 11 mai
Krassimira Stoyanova, Christoph Pohl, Daniel Behle, Nikolay Borchev, Georg Zeppenfeld, Christa Mayer

Christian Thielemann direction,Staatskapelle Dresden

Requiem (Wolfgang Amadeus Mozart) & Messe pour le sacre de Napoléon (Giovanni Paisiello) le 18 juin
Florie Valiquette, Chantal Santon-Jeffery , Eléonore Pancrazi, Sahy Ratia, Thomas Dolié

Julien Chauvin direction, Le Concert de la Loge, Chœur de chambre de Namur

La Fille de Madame Angot (Charles Lecocq) le 30 juin
Anne-Catherine Gillet, Véronique Gens, Mathias Vidal, Yann Beuron, Matthieu Lécroart, Ingrid Perruche, Antoine Philippot, Flannan Obé, David Witczak

Sébastien Rouland direction, Orchestre de chambre de Paris, Chœur de la Radio Flamande

La Belle Hélène (Jacques Offenbach) le 01 juillet
Michèle Losier, Pauline Texier, Camille Poul, Marie Lenormand , Cyrille Dubois, Marc Barrard, Eric Huchet, Philippe Ermelier, Aliénor Feix, Raphaël Brémard, Sahy Ratia, Samuel Namotte

Alexandre Bloch direction, Orchestre National de Lille, Chœur de chambre de Namur

Sonya Yoncheva (Strozzi, Carissimi, Monteverdi, Sandrin, Caccini) - mai 2021

Sonya Yoncheva (Strozzi, Carissimi, Monteverdi, Sandrin, Caccini) - mai 2021

Les Récitals vocaux de septembre à décembre 2020

Sabine Devieilhe / Alexandre Tharaud – Debussy, Poulenc, Fauré, Ravel le 28 septembre
Philippe Jaroussky / Emőke Baráth / Lucile Richardot / Emiliano Gonzalez Toro – Vivaldi le 01 octobre
Rachel Willis-Sørensen /  Karine Deshayes / Erwin Schrott – Mozart, Rossini, Bellini, Donizetti le 16 novembre
Philippe Jaroussky – Caldara, Vivaldi, Bononcini, Hasse, Scarlatti … le 18 novembre
Jonas Kaufmann – airs de Noël le 06 décembre
Sumi Jo  – Lecocq, Puccini, Offenbach, Lehar, Auber, Massenet le 08 décembre
Jakub Józef Orliński – Cavalli, Bononcini, Haendel, Hasse le 12 décembre

Elsa Dreisig (Mozart) - juin 2021

Elsa Dreisig (Mozart) - juin 2021

Les Récitals vocaux de janvier à juillet 2021

Lisette Oropesa - Aya Wakizono le 11 janvier
Michael Spyres, Lawrence Brownlee – Rossini, Donizetti, Verdi, Boieldieu le 21 janvier
Olga Peretyatko, Karine Deshayes – Rossini, Donizetti, Bellini le 10 février
Jodie Devos – Haendel, Bach le 07 mai
Patrizia Ciofi, Lea Desandre, Anthea Pichanick – Haendel, Porpora, Broschi, Caldara le 06 avril
Sonya Yoncheva – Strozzi, Carissimi, Monteverdi, Sandrin, Caccini le 02 mai
Patricia Petibon, Dimitri Naïditch – Mozart, Fauré, Debussy, Puccini le 09 mai
Pretty Yende, Benjamin Bernheim – Donizetti, Verdi, Massenet le 19 mai
Philippe Jaroussky, Emöke Barath – Sartorio, Monteverdi, Marini, Rossi le 25 juin
Elsa Dreisig – Mozart le 28 juin
La Folle Soirée de l’Opéra – Les plus beaux airs d’opéra par les plus belles voix – le 02 et 03 juillet

Elisabeth Leonskaja (Mozart, Berg, Brahms) -  décembre 2020

Elisabeth Leonskaja (Mozart, Berg, Brahms) - décembre 2020

Concerts de septembre à décembre 2020 (sélection subjective)

Boris Berezovsky (piano) - Ravel, Debussy, Stravinsky, Prokofiev le 25 septembre
Orchestre de chambre de Paris – Marzena Diakun, Jodie Devos, Adèle Charvet, Marie-Ange Nguci, Lucienne Renaudin-Vary – French bœuf de rentrée ! le 26 septembre

Rotterdams Philharmonisch Orkest – Lahav Shani, Renaud Capuçon (violon), Kian Soltani (violoncelle) – Beethoven, Mozart le 10 octobre
Orchestre de chambre de Paris – Antonio Méndez, Thibaut Garcia – Falla, Rodrigo, Beethoven le 22 octobre
Happy birthday Marielle Nordmann ! - Schubert, Mendelssohn, Beethoven, Tchaïkovski… le 15 décembre
Orchestre Philharmonique de Saint-Petersbourg – Yuri Termikarov, Denis Matsuev – Rachmaninov, Tchaikovski le 01 décembre
Elisabeth Leonskaja (piano) – Mozart, Berg, Brahms le 11 décembre
Piccolo, Saxo et Compagnie - Concert de Noël Jeune public le 13 décembre

Victor Julien-Laferrière, Maxim Emelyanychev (Schumann, Brahms, Fauré, Poulenc) - janvier 2021

Victor Julien-Laferrière, Maxim Emelyanychev (Schumann, Brahms, Fauré, Poulenc) - janvier 2021

Concerts de janvier à mars 2021 (sélection subjective)

Victor Julien-Laferrière, Maxim Emelyanychev - Schumann, Brahms, Fauré, Poulenc le 10 janvier
Seong-Jin Cho (piano) - Schumann, Szymanowski, Chopin le 12 janvier
Orchestre National de France – Emmanuel Krivine, Christina Landshamer, Anna Stéphany, Eric Ruf– Rachmaninov, Mendelssohn le 13 janvier
Alexander Melnikov (piano) - Debussy, Berlioz-Liszt le 15 janvier
Philharmonia Orchestra – Esa-Pekka Salonen, Yefim Bronfman – Weber, Beethoven le 29 janvier
Orchestre Philharmonique du Luxembourg – Gustavo Gimeno, Anja Harteros – Wagner, Franck le 02 février
Clara-Jumi Kang, Edgar Moreau, Sunwook Kim - Tchaïkovski, Chostakovitch le 04 février
Orchestre National de France – Emmanuel Krivine, Nicolas Alstaedt (violon) – Schumann, Sibelius le 11 février
Grand Week-end violon le 13 & 14 février
Orchestre de chambre de Paris - Avi Avital – Vivaldi, Bach, Bartok, Dorman le 11 mars
Avi Avital, Ohad Ben-Ari - Mozart, De Falla, Bach, Lavry le 14 mars
Pierre et le loup… Sergei Prokofiev - Jeune public le 21 mars
Quatuor Tetzlaff - Mozart, Sibelius le 28 mars

Pierre et le loup… Sergei Prokofiev - Jeune public - mars 2021

Pierre et le loup… Sergei Prokofiev - Jeune public - mars 2021

Concerts d'avril à mai 2021 (sélection subjective)

Gabetta Consort, Andrés Gabetta, Mario Stefano Pietrodarchi - Purcell, Vivaldi, Piazzolla, Molinelli le 11 avril
Quatuor Belcea - Britten, Brahms le 02 mai
Simon Ghraichy (piano) - Bach-Liszt, Bach-Busoni, Mozart-Liszt, Albéniz… le 26 mai
Orchestre du Conservatoire de Paris et des Ecoles d’art américaines de Fontainebleau - Bruno Mantovani, Philippe Bianconi – Boulanger, Ravel, Varèse le 09 avril
Orchestre de chambre de Paris - Thomas Dausgaard, Haochen Zhang - Strauss 06 mai
Wiener Philharmoniker – Riccardo Muti – Mendelssohn, Schumann, Brahms le 07 mai
Valentina Lisitsa (piano) - Prokofiev, Rachmaninov le 12 mai
Mahler Chamber Orchestra - Leif Ove Andsnes, Matthew Truscott, Christiane Karg Mozart le 20 mai

Le Ballet royal de la Nuit (de Cambefort, Boësset, Cavalli, Rossi ...) octobre 2020

Le Ballet royal de la Nuit (de Cambefort, Boësset, Cavalli, Rossi ...) octobre 2020

Première impression sur la saison 2020 / 2021

Avec quatre opéras en version de concert (réunissant Desmaret, Massenet, Lecoq, Offenbach) et surtout deux séries d’opéras en versions scéniques ( Le Ballet royal de la Nuit et le dyptique La Voix Humaine / Point d’orgue) jouées sur un total de sept soirées, la langue française est fort bien représentée à travers un voyage dans le temps qui s’étire sur 350 ans.

Le Ballet royal de la Nuit révèlera les musiques du temps de Louis XIV composées avant même la création de l’Académie Royale de Musique (1669), et Thierry Escaich sera pour la première fois joué au Théâtre des Champs-Élysées pour la création mondiale de Point d’orgue, le compositeur étant également organiste.

Et la tragédie lyrique de Didon par Henri Desmaret permettra de découvrir un univers contemporain de celui de Lully.

Enfin, les deux soirées de fin de saison consacrées à l’opérette (La Fille de Madame Angot et La Belle Hélène) concentreront comme rarement la fraîcheur du chant français, Anne-Catherine Gillet, Véronique Gens, Mathias Vidal, Yann Beuron, Cyrille Dubois, Marc Barrard et bien d’autres jeunes artistes.

Gustavo Gimeno, Anja Harteros (Wagner, Franck) février 2021

Gustavo Gimeno, Anja Harteros (Wagner, Franck) février 2021

Le répertoire allemand est lui aussi avantageusement mis en valeur avec six soirées d’œuvres lyriques en versions de concert (dont Parsifal de Richard Wagner et Capriccio de Richard Strauss - ce dernier étant présent pour la troisième année consécutive), et deux opéras en version scénique (Salomé et Der Messias) qui permettront de retrouver Krzysztof Warlikowski et Robert Wilson à la mise en scène, deux univers artistiques profondément différents mais fortement identitaires.

Rarement joués en ce lieu à travers leurs œuvres vocales, Franz Schreker et Johannes Brahms seront également réunis à travers la même soirée pour entendre Le Psaume 116 et Un Requiem allemand, deux ouvrages composés pour la même formation musicale.

Et avec trois œuvres chacun, Bach et Haendel seront bien évidemment représentés avec la même constance depuis plus d’une décennie.

Le répertoire italien, habituellement dominant, s’efface donc un peu cette saison, mais a tout de même droit à sept opéras en version de concert (de Monteverdi et Vivaldi à Bellini et Verdi) et à un opéra en version scénique (La Sonnambula de Bellini). Après 3 ans d'absence, Bellini revient donc cette saison avec deux de ses opéras les plus connus, mais Rossini est bel et bien absent, ce qui est fort rare.

Et parmi les œuvres chantées en latin, la Messe pour le sacre de Napoléon (Giovanni Paisiello) et le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier seront deux pièces spirituelles à redécouvrir en ce théâtre.

Krzysztof Warlikowski - metteur en scène de Salomé (Strauss) - novembre 2020

Krzysztof Warlikowski - metteur en scène de Salomé (Strauss) - novembre 2020

Les fondamentaux du Théâtre des Champs-Élysées sont ainsi respectés (80 % du répertoire lyrique consacré au XVIIIe et XIXe siècle), mais les amoureux du répertoire du XVIIe siècle seront aussi plutôt ravis.

La configuration de cette saison, par l’étendue de son répertoire, laisse penser qu’elle atteindra son apothéose à plusieurs moments mais pour des publics très différents : les romantiques (Wagner, Strauss, Schreker, Brahms), l’après-guerre et le XXIe siècle (Escaich/Poulenc), les monuments religieux (Der Messias, Missa Solemnis), le baroque et l’opéra de cour, le bel canto, une richesse bien prometteuse.

L'intégralité de la saison c'est ici : Saison 2020/2021 du Théâtre des Champs-Elysées

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Publié le 23 Mars 2019

Présentation de la saison Lyrique 2019 / 2020 du Théâtre des Champs Élysées

Depuis le samedi 23 mars 2019, la dixième saison de Michel Franck à la direction du Théâtre des Champs Élysées est officiellement dévoilée devant une partie du public venue au théâtre en matinée.

Cette saison s’inscrit dans la continuité des saisons passées et comprend 4 productions d’opéras en version scénique données sur un total de 19 soirées, 16 opéras en version concert et 16 oratorio et œuvres religieuses, 28 concerts symphoniques, 13 récitals vocaux, 20 récitals de piano, 12 concerts de musique de chambre, 24 concerts du dimanche matin (dont Vienne Eternelle avec le Secession Orchestra, Purcell In Love avec l’ensemble Les Surprises, et Pinocchio pour le jeune public) et 6 ballets dansés sur 34 soirées, dont 3 classes du ballet de l’opéra national de Kiev données en matinées.

Par ailleurs, une version des Noces de Figaro, Les Petites Noces, ramenée à une durée d’une heure et quinze minutes sera créée pour le jeune public, et donnée en douze représentations sur le temps scolaire, ainsi que sur quatre matinées ou soirées tout public. Ce spectacle sera une coproduction avec l’opéra Grand Avignon, l’opéra de Toulon Provence Méditerranée et l’opéra de Rouen Normandie.

Cette ligne programmatique prévoit donc un opéra scénique de plus que la saison passée, mais surtout 10 oratorios et œuvres religieuses supplémentaires. Le nombre d’opéras en version concert passe de 18 à 16, ce qui signifie que globalement le nombre de soirées d’opéras tout format confondu reste stable à 35 soirées, auquel s’ajoutent 16 soirées d’ouvrages religieux. C'est donc un total de plus de 50 soirées qui est dédié à des œuvres vocales.

Théâtre des Champs-Elysées - Saison 2019 / 2020

Opéras en version scénique

Le Freischütz (Carl Maria von Weber)
19, 21, 23 octobre (3 représentations)

Direction musicale Laurence Equilbey Mise en scène Clément Debailleul et Raphaël Navarro
Stanislas de Barbeyrac, Johanni Van oostrum, Chiara Skerath, Vladimir Baykov, Christian Immler, Thorsten Grümbel, Daniel Schmutzhard, Anas Séguin, Clément Dazin
Insula orchestra, accentus
Coproduction les Théâtres de la ville de Luxembourg, Théâtre de Caen, Opéra de Rouen Normandie, Ludwigsburger Schossfestspiele

Les Noces de Figaro (Wolfgang Amadé Mozart)
26, 29 novembre et 1, 3, 5, 7 (6 représentations)

Direction musicale Jérémie Rhorer, Mise en scène James Gray
Sabine Devieilhe, Robert Gleadow, Stéphane Degout, Vannina Santoni, Eléonore Pancrazi, Carlo Lepore, Florie Valiquette, Mathias Vidal, Matthieu Lécroart, Rodolphe Briand
Le Cercle de l’Harmonie
Coproduction Théâtres de la ville de Luxembourg, Los Angeles Opera, Opéra National de Lorraine

Roberto Devereux (Gaetano Donizetti)
20, 22, 25, 28, 30 mars (5 représentations)

Direction musicale Roberto Abbado, Mise en scène David McVicar
Maria Agresta, Artur Rucinski, Karine Deshayes, Francesco Demuro, Pierr-Antoine Chaumien, Anas Séguin
Orchestre National de France, Chœur de Radio France
Coproduction Metropolitan Opera

Le Couronnement de Poppée (Claudio Monteverdi)
11, 14, 16, 18, 20 juin (5 représentations)

Direction musicale Christophe Rousset, Mise en scène Stephen Landgridge
Anne-Catherine Gillet, Marie-Nicole lemieux, Alice Coote, Chantal Santon-Jeffery, Dephine Galou, Reinoud Van Mechelen, Emilie Renard, Judith van Xanroij, Mathias Vidal, Catherine Trottmann, Lucia Martin Carton, Philippe Estèphe, Pierre Derhet, Emilio Gonzalez Toro, Thibault De Damas
Les Talens Lyriques
Coproduction Théâtre du Capitole de Toulouse

Roberto Devereux - mise en scène David McVicar (2016)

Roberto Devereux - mise en scène David McVicar (2016)

Opéras et oratorios en version de concert de septembre à décembre 2019

Don Giovanni (Wolfgang Amadé Mozart) le 19 septembre
Jonathan McGovern, David Ireland, Camila Titinger, Sky Ingram, Trystan Llyr Griffiths, Mireille Asselin, Paul Whelan, Thomas Faulkner
Douglas Boyd direction, Orchestre de chambre de Paris, Chœur de l’Opéra Garsington
Production donnée au Wormsley de Garsington 2019

Giulio Cesare (Georg Friedrich Haendel) le 24 septembre
Christophe Lowrey, Karina Gauvin, Eve-Maud Hubeaux, Ann Hallenberg, Kacper Selazk, Assley Riches
Christophe Rousset direction, Les Talens Lyriques 

Gloria (Antonio Vivaldi) & Dixit Dominus (Georg Friedrich Haendel) le 25 septembre
Ekaterina Gubanova, Marlène Assayag
Jean-Christophe Spinosi direction, Ensemble Matheus, Chœur de chambre Mélisme(s) 

Elias (Felix Mendelssohn) le 08 octobre
Brenden Gunnell, Carolyne Sampson, Anna Stephany, Roderick Williams
Massaki Suzuki direction, Orchestra and Choir of the Age of Enligthenment 

Stabat Mater (Francis Poulenc) le 11 octobre
Emoke Barath, Jean-Luc Bourré (violoncelle)
Bertrand de Billy direction, Orchestre National de France, Chœur et Maitrise de Radio France 

Ernani (Giuseppe Verdi) le 08 novembre
Francesco Meli, Carmen Giannattasio, Amartuvshin Enkhbat, Roberto Tagliavani
Daniele Rustioni direction, Orchestre et Chœurs de l’Opéra National de Lyon

Platée (Jean-Philippe Rameau) le 02 décembre
Anders J.Dahlin, Chantal Santon-Jeffery, Thomas Dolié, Hasnaa Bennani, Arnaud Richard, Philipp Kapeller, Victor Sicard
Alexis Kossenko direction, Orchestre et Chœur Les Ambassadeurs

Pastorale de Noël (Marc-Antoine Charpentier) le 04 décembre
Violaine Le Chenadec, Caroline Weynants, Caroline Bardot, Lucile Richardot, Davy Cornillot, Etienne Bazola, Renaud Bres, Nicolas Brooymans
Sébastien Daucé direction, Ensemble Correspondances

Isis (Jean-Baptiste Lully) le 06 décembre
Eve-Maud Hubeaux, Ambroisine Vré, Bénédicte Tauran, Robert Getchell, Fabien Hyon, Philippe Estèphe, Edwin Crossley-Mercer
Christophe Rousset direction, Chœur de chambre de Namur

Stabat Mater (Pergolèse) & Stabat Mater (Alessandro Scarlatti) le 10 décembre
Véronique Gens, Marie-Nicole Lemieux
Thibault Noally violon et direction, Les Accents

Stabat Mater (Gioachino Rossini) le 13 décembre
Maria Agresta, Daniela Barcelona, René Barbera, Vitalij Kowaljow
Gustavo Gimeno direction, Orchestre Philharmonique du Luxembourg, Wiener Singverein

Théâtre des Champs-Elysées - Saison 2019 / 2020

Opéras et oratorios en version de concert de janvier à mars 2020

L’Italienne à Alger (Gioachino Rossini) le 11 janvier
Margarita Gritskova, Veronica Camgemi, Peter Kalman, Maxim Mironov, Christian Senn, Rosa Bove, José Coca Loza
Jean-Christophe Spinosi direction, Ensemble Matheus

Orlando (Georg Friedrich Haendel) le 13 janvier
Franco Fagioli, Kathryn Lewek, Delphinez Galou, Nuria Rial, Adam Plachetka
Francesco Corti direction, Il Pomo d’Oro

Magnificat (Carl Philipp Emanuel Bach) & Magnificat (Jean-Sébastien Bach) le 21 janvier
Marie Henriette Reinhold, Patrick Grahl
Hans-Christop Rademann direction, Chœur et Orchestre du Gaechinger Cantorey

Requiem (Wolfgang Amadé Mozart) le 29 janvier
Emöke Barath, Anthea Pichanick, Zachary Wilder, Istvan Kovacs
György Vashegyi direction, Orfeo Orchestra, Purcell Choir

La Création (Joseph Haydn) le 01 février
Mari Eriksmoen, Patrick Grahl, Florian Boesch
Philippe Herreweghe direction, Orchestre des Champs-Elysées, Collegium Vocale Gent

Messe en ut (Ludwig van Beethoven) le 03 février
Balthasar-Neumann-Chor & Solisten
Thomas Hengelbrock direction, Balthasar-Neumann-Ensemble

Juditha triumphans (Antonio Vivaldi) le 11 février
Marie-Nicole Lemieux, Ekaterina Gubanova, Sonia Prina, Benedetta Mazzucato, Natalia Kawalek
Jean-Christophe Spinosi direction, Ensemble Matheus

La Femme sans ombre (Richard Strauss) le 17 février
Amber Wagner, Michaela Schuster, Elza van den Heever, Stephen Gould, Michael Volle, Katrien Baerts, Bror Magnus Todenes, Andreas Conrad, Michael Wilmering, Thomas Oliemans, Nathan Berg
Yannick Nézet-Séguin direction, Rotterdams Philharmonisch Orkest, Rotterdam Symphony Chorus, Maitrise de Radio France
Concert joué également à Dortmund (20 février) et Rotterdam (23 février)

Petite Messe solennelle (Gioachino Rossini) le 24 février
Hasmik Toroskyan, Anthea Pichanik, Cyrille Dubois, Daniele Antonagenli
Tanguy de Williencourt piano, Bart Van Reyn direction, Chœur de la Radio Flamande

Fidelio (Ludwig van Beethoven) le 27 février
Nina Stemme, Michael Weinius, Malin Christensson, John Lundgren, Karl-Magnus Fediksson, Johan Schinkler
Thomas Dausgaard direction, Swedish Chamber Orchestra, Swedish Radio Choir

Passion selon Saint-Jean (Jean-Sébastien Bach) le 23 mars
Hana Blazikova, Damien Guillon, James Gilchrist, Zachary Wilder,  Christian Immler
Masaaki Suzuki direction, Bach Collegium Japan

Acanthe et Césiphe (Jean-Philippe Rameau) le 24 mars
Sabine Devieilhe, Cyrille Dubois, Thomas Dolié, Chantal Santon-Jeffery, Eugénie Lefebvre, Anders J.Dahlin, David Witczak, Marine Lafdal-Franc, Anne Sophie Petit, Mélodie Ruvio
Alexis Kossenko direction, Les Ambassadeurs, Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles 

Théâtre des Champs-Elysées - Saison 2019 / 2020

Opéras et oratorios en version de concert d'avril à juin 2020

Roméo et Juliette (Charles Gounod) le 01 avril
Vannina Santoni, Jean-François Borras, Jean Teitgen, Guillaume Andrieux, Eléonore Pancrazi, Matthieu Justine, Marie Lenormand ; Kevin Amiel, Marc Scoffoni, Christian Helmer, Luc Hertin-Hugault, Guilhem Worms, Laurent Sérou
David Reiland direction, Orchestre et chœur de l’Opéra National de Montpellier

Serse (Georg Friedrich Haendel) le 04 avril
Emily D’Angelo, Mari Eriksmoen, Jakub Jozef Orlinski, Emöke Barath, Lucile Richardot, Luigi De Donato, Biagio Pizzuti
Enrico Onofri direction, Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie

Passion selon Saint-Matthieu (Jean-Sébastien Bach) le 08 avril
Julien Prégardien, Florian Boesch, Dorothee Mields, Damein Guillon, Reinoud Van Mechelen, Peter Kooij, Grace Davidson, William Shelton, Hugo Hymas, Tobias Berndt
Philippe Herreweghe direction, Orchestre et Chœur du Collegium Vocale Gent

Le Château de Barbe-Bleue (Béla Bartok) le 19 avril
Matthias Goerne, Michelle De Young
Gianandrea Noseda direction, Orchestre National de France

Missa solemnis (Ludwig van Beethoven) le 22 avril
Mari Eriksmoen, Varduhi Abrahamyan, Pavol Breslik, Christof Fischesser
Jérémie Rhorer direction, Le Cercle de l’Harmonie, Vokalakademie Berlin

L’Orfeo (Claudio Monteverdi) le 11 mai
Rolando Villazon, Anne-Kathryn Olsen, Luciana Mancini, Céline Scheen, Benedetta Mazzucato, Vincenzo Capezuto, Aidan Coburn, Zachary Wilder, John Taylor Ward, Dingle Yandell, Benoît Arnould
Christina Pluhar direction, L’Arpeggiata

Requiem (Gabriel Fauré) & Messe de Clovis (Charles Gounod) le 16 mai
Regula Mühlemann, Jean-Sébastien Bou
Hervé Niquet direction, Orchestre et Chœur du Concert Spirituel

Alessandro (Georg Friedrich Haendel) le 18 mai
Bejun Metha, Julia Lezhneva, Lucia Cirillo, Raffaele Pe, Sonia Prina, Carlo Allemano
Diego Fasolis direction, Kammerorchester Basel

Psyché (Ambroise Thomas) le 25 juin
Jodie Devos, Karine Deshayes, Tassis Christoyannis, Ludivine Gombert, Marie Gautrot, Artavazd Sargsyan, Jérôme Boutillier, Patrick Bolleire
Pierre Bleuse direction, Orchestre de chambre de Paris, chœur de la Radio Flamande

Théâtre des Champs-Elysées - Saison 2019 / 2020

Les Récitals vocaux

Palazetto Bru Zane, gala des 10 ans – Saint-Saens, Gounod, Hervé, Audran … le 07 octobre
Elina Garanca – Airs de Don Carlo , Adriana Lecouvreur … le 14 octobre
Jakub Jozef Orlinski – Cavalli, Haendel, Boretti, Conti, Hasse le 19 décembre
Vannina Santoni, Saimir Pirgu – Mozart, Donizetti, Gounod, Massenet... le 07 janvier
Jonas Kaufmann le 20 janvier
Philippe Jaroussky – Lieder de Schubert le 24 janvier
Elsa Dreisig – Strauss, Rachmaninov, Duparc le 28 janvier
Roberto Alagna le 06 février
Renée Fleming – Brahms, Liszt, Duparc, Debussy le 19 mars
Emöke Barath, Andrea Pichanick, Philippe Jaroussky, Emilio Gonzalez Toro – Monteverdi, Carissimi, Cavalli … le 30 avril
Matthias Goerne – Lieder de Beethoven le 07 mai
Philippe Jaroussky – Vivaldi, Haendel le 15 mai
Aleksandra Kurzak – Verdi, Ponchielli, Massenet, Puccini le 19 mai

Théâtre des Champs-Elysées - Saison 2019 / 2020

Concerts (sélection subjective)

Orchestre Philharmonique de Saint-Petersbourg – Yuri Termikarov, Boris Berezovsky – Brahms, Dvorak le 21 septembre
Rotterdams Philharmonisch Orkest – Lahav Shani, Nelson Freire (piano) – Haydn, Rachmaninov, Stravinsky le 28 septembre
Boris Berezovsky (piano) – Ravel, Debussy, Messiaen le 10 octobre
Andreï Korobeinikov (piano) – Chopin, Schubert, Scriabine, Liszt, Beethoven le 05 novembre
Quatuor de Jérusalem – Hila Baggio (soprano) – Schulhoff, Desyatnikov, Korngold le 27 novembre
Nelson Goerner (piano) – Schumann, Brahms, Liszt le 09 décembre
Orchestre National de France – James Gaffigan, Seong-Jin Cho (piano) – Rachmaninov, Prokofiev le 12 décembre
Secession Orchestra – Clément Mao-Takacs – Marie-Laure Garnier (Soprano), Eléonore Pancrazi (mezzo-soprano) – Vienne éternelle le 15 décembre matin
Arcadi Volodos (piano) – Liszt, Schumann le 08 janvier
Orchestre de chambre de Paris – Douglas Boyd – Stéphanie d’Oustrac (mezzo-soprano) – Mozart, Lavandier, Mendelsshon, Berlioz le 09 janvier
Orchestre National de France – Emmanuel Krivine, Julia Fischer (violon) – Debussy, Bartok, Moussorgsky, Ravel le 10 janvier
Jean-Philippe Collard (piano) – Chopin, Fauré, Granados le 17 janvier
Orchestre Symphonique d’Euskadi – Roberto Trevino, Jennifer Johnson (mezzo-soprano), Corby Welch (ténor) – Ravel, Mahler le 25 janvier
Francesco Piemontesi (piano) – Schubert, Liszt le 27 janvier
Elisabeth Leonskaja (piano) – Cycle Schubert le 30 et 31 janvier
Rotterdams Philharmonisch Orkest – Yannick Nézet-Séguin - Mahler le 18 février
Wiener Philharmoniker – Andris Nelsons, Annette Dasch, Gerhild Romberger, Klaus Florian Vogt, Günher Groissböck – Beethoven le 29 février
Purcell in love – Ensemble Les Surprises, Eugénie Lefebvre (soprano), Etienne Bazola (baryton) le 08 mars matin
Pinocchio – Elliot Jenicot, Ensemble instrumental le 15 mars 11h et 15h
Elena Galitskaya (soprano), Michel Portal (clarinette), Michel Dalberto (piano) – Schubert, Brahms le 22 mars matin
Philharmonia Orchestra – Esa-Pekka Salonen, Rebecca Nelsen (soprano) – Berg, Mahler le 26 mars
Nemanja Radulovic (violon), Laure Favre-Kahn (piano), Michel Vuillermoz (narrateur) – Beethoven, Tolstoï le 29 mars
Orchestre de chambre de Paris – Antoine Tamestit – Bach, Hindemith, Britten, Brahms le 6 mai
Double sens - Nemanja Radulovic – Baika (Rimski-Korsakov, Sedlar, Tchaikovski) le 15 juin
Quatuor Modigliani – Nicholas Angelich (piano), Marie-Agnès Gillot (danse) – Schumann, Ravel, Schubert le 24 juin

Théâtre des Champs-Elysées - Saison 2019 / 2020

Première impression sur la saison 2019 / 2020

Avec six opéras et œuvres en version de concert (réunissant Rameau - qui a droit à deux ouvrages -, Lully, Charpentier, Thomas et Gounod), mais pas de titre en version scénique, la langue française est un peu en retrait cette saison. Cependant, les œuvres religieuses en latin de Gabriel Fauré, Francis Poulenc et Charles Gounod viennent en partie compenser ce manque en augmentant la présence de compositeurs français.

Isis (Lully), Psyché (Thomas), La Pastorale de Noël (Charpentier) et Acanthe et Césiphe (Rameau) sont ainsi quatre raretés à découvrir.

La langue latine est donc subitement mise en avant à travers les oratorios, car 10 soirées lui seront consacrées. Carl Philipp Emanuel Bach, Jean Sébastien Bach, Ludwig van Beethoven, Alessandro Scarlatti, Gioachino Rossini, Pergolese, Antonio Vivaldi, Georg Friedrich Haendel, Wolfgang Amadé Mozart seront représentés au moins une fois chacun dans ce genre musical.

Le répertoire italien reste naturellement dominant (3 des 4 opéras en version scénique) et couvre 7 des 16 opéras en version de concert. Sur ces 16 versions de concert, 4 titres ont déjà été chantés cette saison : Don Giovanni, Serse, Orfeo et  Fidelio.  Très attendue, nous verrons comment la mise en scène de David McVicar pour Roberto Devereux, conçue aux dimensions du MET, s'adaptera à celles plus modestes du Théâtre. Mais c'est l'interprétation scénique des Noces de Figaro par le réalisateur et cinéaste James Gray qui pourrait revisiter avec le plus de force le chef-d'oeuvre de Mozart. Et Vivaldi fait son grand retour, après 3 ans d'absence, avec Juditha Triomphans et Gloria. Majoritairement, ce sont les opéras français et italiens d'avant 1800 qui sont mis en avant.

Quant au répertoire allemand, il sera représenté par la nouvelle production du Freischütz, dont la mise en scène de Clément Debailleul et Raphaël Navarro devrait passionner les rêveurs, et par les versions concert de La Femme sans ombre, Fidelio et Elias.

Et dans la continuité de cette saison, Georg Friedrich Haendel a droit à quatre opéras en version de concert, un rythme soutenu auquel il est habitué dans cette maison.

Surement, Ernani avec Carmen Giannattasio, Orlando avec Franco Fagioli, Juditha Triomphans avec Marie-Nicole Lemieux et Ekaterina Gubanova, La Femme sans ombre avec Elza van den Heever, Stephen Gould, Michael Volle et Yannick Nézet-Séguin, Fidelio avec Nina Stemme, Romeo et Juliette avec Vannina Santoni et Jean-François Borras, Le Château de Barbe-Bleue avec Matthias Goerne et Michelle de Young et Alessandro avec Bejun Metha et Karine Deshayes devraient être des sommets de la programmation.

Enfin, en récital, le retour d'Elina Garanca sera un autre moment fort de la saison, et il sera possible de retrouver Stéphanie d'Oustrac avec l'orchestre de chambre de Paris, au cours d'un programme Mozart, Lavandier, Mendelsshon, Berlioz le 09 janvier 2020, 

L'intégralité de la saison est accessible sous le lien suivant Saison 2019/2020 du Théâtre des Champs-Elysées.

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Publié le 12 Mars 2019

Présentation de la saison Lyrique 2019 / 2020 de l’Opéra National de Paris
350 ans depuis le 28 juin 1669, et le regard résolument tourné vers l'avenir
Le 11 mars 2019, Palais Garnier

Alors que débute l’année de célébration des 350 ans de l’Opéra de Paris, Stéphane Lissner a révélé sa cinquième saison aux amis et mécènes de l’Opéra, depuis le Palais Garnier, le lundi 11 mars 2019.

Jean-Yves Kaced (Directeur de l'Arop), Stéphane Lissner et Aurélie Dupont

Jean-Yves Kaced (Directeur de l'Arop), Stéphane Lissner et Aurélie Dupont

La Tétralogie de Richard Wagner est le point d’orgue de cette saison rien que par les effectifs techniques et artistiques qu’elle mobilise. L’Or du Rhin et La Walkyrie seront représentés en avril et mai 2020, suivis par Siegfried, Le Crépuscule des Dieux, et deux cycles intégraux, au cours de la saison suivante, d’octobre à décembre 2020.

6 nouvelles productions, incluant celles de L’Or du Rhin et de La Walkyrie, sont ainsi présentées, ce qui est moins que les 8 à 10 nouvelles productions des années précédentes. Et si aucune création n’est prévue, la reprise d’Yvonne, princesse de Bourgogne, créée sous le mandat de Gerard Mortier au Palais Garnier, est un petit événement en soi, car il est rare de voir des créations être rejouées quelques années plus tard.

Au total, ce sont 21 œuvres du répertoire qu’il sera possible d’entendre dans les deux grandes salles au cours de 200 soirées lyriques, parmi lesquelles 2 soirées seront dédiées à une version de concert d’Il Pirata, inédit à l’Opéra de Paris, et 6 soirées à la reprise de l’Enfant et les sortilèges par les artistes de l’Académie. Une place prépondérante sera en fait accordée aux compositeurs italiens du XIXe siècle.

Il s’agit donc d’une saison orientée autour de trois axes, la consolidation du répertoire le plus connu, défendus par d’excellents artistes à travers des productions exigeantes pour les spectateurs, le Ring monumental de Richard Wagner, et les ouvrages moins couramment joués.

Hibla Gerzmava et Jonas Kaufmann (Don Carlos - 2017)

Hibla Gerzmava et Jonas Kaufmann (Don Carlos - 2017)

Les nouvelles productions

L’Or du Rhin (Richard Wagner – 1869) – Nouvelle Production
Du 02 avril au 15 avril 2020 (5 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Calixto Bieito
Iain Paterson, Lauri Vasar, Matthew Newlin, Norbert Ernst, Jochen Schmeckenbecher, Gerhard Siegel, Wilhelm Schwinghammer, Dimitry Ivashchenko, Ekaterina Gubanova, Anna Gabler, Wiebke Lehmkuhl, Tamara Banjesevic, Megan Marino, Claudia Huckle

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 18 juin 2013

Alors que la production de Günter Krämer de 2010/2011 permettait de porter sur la scène Bastille Der Ring des Nibelungen qui n’avait plus été donné à l’Opéra National de Paris depuis 1957, dix ans plus tard, on peut s’attendre à ce que la nouvelle production par Calixto Bieito, qui a mis en scène Parsifal à l’opéra de Stuttgart en s’inspirant d’une nouvelle post-apocalyptique de Cormac McCarthy, vienne remettre en question la vision de ce monde légendaire, tout en en préservant sa poésie.
La saison suivante, les deux autres volets, Siegfried et le Crépuscule des Dieux, seront joués, et la Tétralogie pourra être entendue deux fois sous forme de cycle dans la continuité de ces représentations.

Après le Châtelet (1994-1995), Aix-en-Provence (2006 à 2009) et la Scala de Milan (2010 à 2013), Stéphane Lissner monte donc son quatrième Ring de sa carrière.

La Walkyrie (Richard Wagner – 1870) – Nouvelle Production
Du 5 mai au 27 mai 2020 (5 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Calixto Bieito
Jonas Kaufmann, Eva-Maria Westbroek, John Releya, Iain Paterson, Martina Serafin, Ekaterina Gubanova, Sonja Saric, Celine Byrme, Christina Bock, Katharina Magiera, Regine Hangler, Julia Rutigliano, Noa Beinart, Marie-Luise Dressen

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 19 juin 2013

Présentation de la saison lyrique 2019 / 2020 de l'Opéra National de Paris"

La Traviata (Giuseppe Verdi – 1853) – Coproduction Wiener Staatsoper
Du 12 septembre au 16 octobre 2019 (13 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Michele Mariotti / Carlo Montanaro, mise en scène Simon Stone
Pretty Yende / Nino Machaidze, Catherine Trottmann, Marion Lebègue, Benjamin Bernheim / Atalla Ayan, Ludovic Tézier / Jean-François Lapointe, Julien Dran, Christian Helmer, Marc Labonette, Thomas Dear, Luca Sannai, Enzo Coro, Olivier Ayault

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 29 décembre 2018

A partir de 1852, les représentations de la « Dame aux camélias » d’Alexandre Dumas fils faisaient pleurer les spectateurs parisiens.
Le personnage féminin, Marguerite Gautier, était inspiré de Marie Duplessis, fille de concierge devenue hétaïre (courtisane) que connut le dramaturge.
En reprenant ce personnage, Giuseppe Verdi entendait décrire les mœurs bourgeoises d’une société capitalistique, très attachée à la propriété, la famille et l’économie, et sa morale hypocrite où le problème de l’héritage est important.
Mais alors que La Traviata fait maintenant partie des 3 ouvrages lyriques les plus joués dans le monde, c’est seulement depuis cette saison que cet opéra, que Verdi considérait comme son meilleur, rejoint les 10 titres les plus représentés à l’Opéra de Paris.
Il reviendra à Pretty Yende et Nino Machaidze de porter le personnage principal et d'investir la mise en scène de Simon Stone, dont on peut attendre une lecture radicale à l’occasion du retour de La Traviata au Palais Garnier. La Trilogie de la vengeance, qui débute le 12 mars jusqu'au 21 avril 2019 aux ateliers Berthier, est une occasion de découvrir le travail de ce régisseur qui aime adapter les grands rôles de femme à notre époque.

Les Indes Galantes (Jean-Philippe Rameau – 1735) – Nouvelle production
Du 27 septembre au 15 octobre 2019 (12 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Leonardo Garcia Alarcon, Orchestre Capella Mediterranea, mise en scène Clément Cogitore, chorégraphie Bintou Dembélé
Sabine Devieilhe, Florian Sempey, Jodie Devos, Edwin Crossley-Mercer, Julie Fuchs, Mathias Vidal, Alexandre Duhamel, Stanislas de Barbeyrac

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 27 septembre 2003

Considérée comme une « pièce de festival » de par la profusion d’artistes nécessaires à la faire vivre, Les Indes Galantes sera confié à une jeune génération de chanteurs français et un metteur en scène, Clément Cogitore, associé à la chorégraphe Bintou Dembélé, dont le travail sur le corps entre en résonance avec l’histoire et l’histoire coloniale en particulier.

Stéphane Lissner

Stéphane Lissner

Prince Igor (Alexandre Borodine – 1890) – Nouvelle Production
Du 28 novembre au 26 décembre 2019 (10 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Barrie Kosky
Evgeny Nikitin, Elena Stikhina, Pavel Cernoch, Smitry Ulyanov, Dimitry Ivashchenko, Anita Rachvelishvili, Adam Palka, Andrei Popov, Vasily Efimov, Marina Haller, Irina Kopylova

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 25 janvier 1970

Inspirée probablement des événements décrits dans le poème médiéval Le Dit de la campagne d’Igor, l’œuvre relate la lutte entre les jeunes états russes chrétiens et les tribus eurasiennes de Coumans (les Polovtsiens – en russe Les couleurs fauves) qui percèrent en Europe jusqu’au Royaume de Hongrie au XIIe siècle, avant l’arrivée des Mongols. Sa musique est l'une des plus somptueuses du répertoire russe.
A sa mort, en 1887, Borodine laissa une partition plusieurs fois remaniée mais inachevée, que Rimski-Korsakov et Glazounov complétèrent dès 1885.
La création eut lieu à Moscou en 1890, mais l’Opéra de Paris n’accueillit une troupe que fin 1969 pour 7 représentations seulement.
En 1983, les travaux de Pavel Lamm furent publiés. Ils révélèrent que Rimski-Korsakov et Glazounov avaient supprimé un cinquième de la partition. Ainsi, c’est en 1993 que Valery Gergiev interpréta la version intégrale.
A l’occasion de cette nouvelle production, le metteur en scène australien Barrie Kosky fera ses débuts dans la maison, et Philippe Jordan dirigera son premier opéra russe. Les deux artistes se connaissent bien et s'apprécient, car c'est à eux qu'est confiée l'interprétation de la nouvelle production des Maîtres Chanteurs de Nuremberg du Festival de Bayreuth depuis 2017.

Manon (Jules Massenet – 1884) – Nouvelle Production
Du 29 février au 10 avril 2020 (13 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Dan Ettinger, mise en scène Vincent Huguet
Pretty Yende / Sofia Fomina, Benjamin Berheim / Stephen Costello, Ludovic Tézier, Roberto Tagliavini, Rodolphe Briand, Pierre Doyen, Cassandre Berthon, Alix Le Saux, Jeanne Ireland, Philippe Rouillon, Julien Joguet, Laurent Laberdesque

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 13 février 2012

Créée le 19 janvier 1884 à l’Opéra-Comique, Manon n’est entré au Palais Garnier que le 02 juillet 1974, entraîné par le grand mouvement d’intégration des œuvres de la salle Favart au répertoire de l’Opéra. Depuis, ce grand succès mondial de Massenet s’est imposé et fait partie des 20 ouvrages les plus joués de l’institution, avec plus de 80 représentations à son actif.
Face aux adaptations par Auber (1856) et Puccini (1893) du roman de l’abbé Prévost L’Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut, celle de Massenet est la plus fidèle dans sa déclinaison des sentiments d’une jeunesse qui virent au tragique.
Vincent Huguet, metteur en scène et historien qui rencontra Patrice Chéreau à la Villa Médicis à Rome en 2008, et qui travailla avec lui sur plusieurs de ses derniers projets, dont Elektra, dirigera cette nouvelle production afin de redonner à Manon une interprétation scénique qui se substitue avantageusement à celle de Coline Serreau.  

Installation de Claude Lévêque - Les Saturnales - autour du bassin de la Pythie, Palais Garnier

Installation de Claude Lévêque - Les Saturnales - autour du bassin de la Pythie, Palais Garnier

Version de Concert

Il Pirata (Vincenzo Bellini – 1827)
Le 16 et 19 décembre 2019 (2 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Riccardo Frizza
Sondra Radvanovsky, Michael Spyres, Ludovic Tézier, Kevin Amiel, Krzysztof Baczyk, Valentine Lemercier

Œuvre inédite à l’Opéra de Paris

Adapté de la pièce Bertram ou le Pirate créée au Panorama-Dramatique – un théâtre parisien du boulevard du Temple -, Il Pirata témoigne de la première coopération entre le célèbre librettiste italien du moment, Felice Romani, et le compositeur italien Vincenzo Bellini.
Cet opéra, comme les suivants, I Capuleti e i Montecchi, La Sonnanbula, Norma, I Puritani, nécessite une équipe entière d’excellents chanteurs. L’Opéra romantique italien et ses grandes scènes de folie seront dorénavant promis à un avenir prolifique. Cette version de concert n'aurait pas été proposée s'il elle ne réunissait pas Sondra Radvanovsky, Michael Spyres et Ludovic Tézier, qui sont trois artistes exceptionnels.

L’Académie de l’Opéra national de Paris

L’Enfant et les sortilèges (Maurice Ravel – 1925)
Œuvre associée dans la même soirée au ballet d’Anne Teresa de Keersmaeker L’Après-midi d’un faune (Claude Debussy – 1894) interprété par la Compagnie Rosas.

Du 20 janvier au 29 janvier 2020 (6 représentations au Palais Garnier)
Direction musicale Vello Pähn, mise en scène Richard Jones (1998)
Artistes de l’Académie de l’Opéra national de Paris

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 13 février 2013

La reprise de la production de Richard Jones est l’occasion de découvrir sur la scène Garnier les jeunes artistes de l’Académie, dans un opéra de Maurice Ravel, basé sur un livret de Colette, commandé par Jacques Rouché, le directeur de l’Opéra en 1914.

I Puritani - ms Laurent Pelly (2013)

I Puritani - ms Laurent Pelly (2013)

Les reprises

I Puritani (Vincenzo Bellini – 1835)
Du 07 septembre au 05 octobre 2019 (9 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Riccardo Frizza, mise en scène Laurent Pelly (2013)
Elsa Dreisig, Luc Hertin-Hugault, Alexander Tsymbalyuk, Javier Camerana / Francesco Demuro, Igor Golovatenko, Jean-François Borras, Gemma Ni Bhriain

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 19 décembre 2013

Madame Butterfly (Giacomo Puccini – 1904)
Du 14 septembre au 13 novembre 2019 (15 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Giacomo Sagripanti, mise en scène Robert Wilson (1993)
Ana Maria Martinez / Dinara Alieva, Marie-Nicole Lemieux / Eve-Maud Hubeaux, Giorgio Berrugi / Dmytro Popov, Laurent Naouri, Rodolphe Briand, Tomasz Kumiega, Jeanne Ireland, Robert Pomakow, Jian-Hong Zhao, Chae-Wook Lim, Hyoung-Min Oh, Laura Agnoloni, Carole Colineau, Sylvie Delaunay

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 13 octobre 2015

Don Carlo (Giuseppe Verdi – version 5 actes de Modène 1886 en italien)
Du 25 octobre au 23 novembre 2019 (10 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Fabio Luisi, mise en scène Krzysztof Warlikowski (2017)
René Pape, Roberto Alagna / Michael Fabiano, Etienne Dupuis, Vitalij Kowaljow, Sava Vemic, Aleksandra Kurzak / Nicole Car, Anita Rachvelishvili, Eve-Maud Hubeaux, Tamara Banjesevic, Julien Dran, Pietro Di Bianco, Daniel Giulianini, Mateuz Hoedt, Tomasz Kumiega, Tiago Matos, Danylo Matviienko, Vincent Morell

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 11 novembre 2017 dans la version parisienne de 1866.

Lear (Aribert Reimann – 1978)
Du 21 novembre au 07 décembre 2019 (6 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Fabio Luisi, mise en scène Calixto Bieito (2016)
Bo Skovhus, Gidon Sacks, Andreas Scheibner, Michaël Colvin, Kor-Jan Dusseljee, Lauri Vasar, Andrew Watts, Andreas Conrad, Evelyn Herlitzius, Erika Sunnegardh, Annette Dasch, Ernst Alisch, Luca Sannai, Lucas Prisor

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 12 juin 2016.

Lear - Annette Dasch et Bo Skovhus - ms Calixto Bieito (2016)

Lear - Annette Dasch et Bo Skovhus - ms Calixto Bieito (2016)

La Barbier de Séville (Gioacchino Rossini – 1816) – Production originale du Grand Théâtre de Genève
Du 11 janvier au 12 février 2020 (12 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Carlo Montanaro, mise en scène Damiano Michieletto (2014)
Xabier Anduaga, Carlo Lepore, Lisette Oropesa, Florian Sempey / Andrzej Filonczyk, Krzysztof Bacyk, Davide Giangregorio, Marion Lebègue, Bernard Arrieta

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 16 février 2018

Les Contes d’Hoffmann (Jacques Offenbach – 1881)
Du 21 janvier au 14 février 2020 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Mark Elder / Pierre Vallet, mise en scène Robert Carsen (2000)
Jodie Devos, Véronique Gens, Ailyn Pérez, Gaëlle Arquez, Sylvie Brunet, Michael Fabiano, Rodolphe Briand, Hyung-Jong Roh, Jean Teitgen, Philippe Talbot, Laurent Naouri, Olivier Ayault, Jean-Luc Ballestra

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 27 novembre 2016

Les Contes d'Hoffmann - ms Robert Carsen (2016)

Les Contes d'Hoffmann - ms Robert Carsen (2016)

Yvonne, princesse de Bourgogne (Philippe Boesmans – 2009) – Coproduction La Monnaie, Bruxelles et Wiener Staatsoper
Du 26 février au 08 mars 2020 (6 représentations au Palais Garnier)
Direction musicale Susanna Mälkki, mise en scène Luc Bondy (2009)
Dörte Lyssewski, Laurent Naouri, Béatrice Uria-Monzon, Julien Behr, Jean teitgen, Antoinette Dennefeld, Loïc Félix, Christophe Gay, Guilhem Worms

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 08 février 2009

Don Giovanni (Wolfgang Amadé Mozart – 1787) – Coproduction Metropolitan Opera, New-York
Du 21 mars au 24 avril 2020 (12 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Ivo Van Hove (2019)
Luca Pisaroni, Alexander Tsymbalyuk, Jacquelyn Wagner, Stanislas de Barbeyrac, Stéphanie d’Oustrac, Philippe Sly, Mikhail Timoschenko, Zuzana Markova

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 13 juillet 2019

Adriana Lecouvreur (Francesco Cilea – 1902) – Coproduction Royal Opera House, Covent Garden, Londres, Gran Teatre de Liceu, Barcelone, Wiener Staatsoper, San Francisco Opera
Du 27 avril au 12 mai 2020 (6 représentations à l’opéra Bastille)
Direction musicale Giacomo Sagripanti, mise en scène David McVicar (2015)
Anna Netrebko / Elena Stikina, Yusif Eyvazov, Ekaterina Semenchuk, Sava Vemic, Zeljko Lucic, Rodolphe Briand, Christophe Gay, Julien Dran, Sofija Petrovic, Farrah El Dibany, Vadim Artamonov

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 15 juillet 2015

Adriana Lecouvreur - Luciana d'Intino et Angela Gheorghiu - ms David McVicar (2015)

Adriana Lecouvreur - Luciana d'Intino et Angela Gheorghiu - ms David McVicar (2015)

Boris Godounov (Modest Moussorsky – 1869)
Du 23 mai au 29 juin 2020 (12 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Michael Schonwandt, mise en scène Ivo van Hove (2018)
René pape, Evdokia Malevskaya, Ruzan Mantashyan, Elena Zaremba, Andreas Conrad, Lauri Vsar, Dmitry Golovnin, Evgeny Nikitin, Elena Manistina, Vasily Efimov, Michal Partyka, Wotjek Smilek, John Bernard

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 12 juillet 2018

Boris Godounov - Ildar Abdrazakov - ms Ivo van Hove (2018)

Boris Godounov - Ildar Abdrazakov - ms Ivo van Hove (2018)

Rigoletto (Giuseppe Verdi – 1851)
Du 02 juin au 12 juillet 2020 (14 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Speranza Scappucci, mise en scène Claus Guth (2016)
Frédéric Antoun, Zeljko Lucic, Elsa Dreisig, Rafal Wiwek, Aude Extremo, Jeanne Ireland, Sava Vemic, Jean-Luc Ballestra, Maciej Kwasnikowski, Danylo Matviienko, Adèl Charvet, Marie Perbost, Chae-Wook Lim

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 27 juin 2017

La Bohème (Giacomo Puccini – 1896)
Du 13 juin au 13 juillet 2020 (15 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Lorenzo Viotti, mise en scène Claus Guth (2017)
Ermonela Jaho / Elena Stikhina / Marina Costa-Jackson, Julie Fuchs / Elena Tsallagova, Francesco Demuro / Vittorio Grigolo / Benjamin Bernheim, Lucas Meachem / Gabriele Viviani, Andrzej Filonczyk, Krzysztof Baczyk, Franck Leguérinel, Cyrille Lovighi, Florent Mbia, Chrsitian-Rodrigue Moungoungou, Hyoung-Min Onh

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 31 décembre 2017

La Bohème - Nicole Car - ms Claus Guth (2017)

La Bohème - Nicole Car - ms Claus Guth (2017)

Cosi fan tutte (Wolfgang Amadé Mozart – 1790)
Du 19 juin au 13 juillet 2020 (9 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Antonello Manacorda, mise en scène Anne Teresa de Keersmaeker (2017)
Jacquelyn Wagner, Stéphanie Lauricella, Stephen Costello, Philippe Sly, Paulo Szot, Ginger Costa-Jackson

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 21 octobre 2017

Loges du Palais Garnier au cours d'une représentation

Loges du Palais Garnier au cours d'une représentation

Premières impressions sur la saison 2019/2020

Cette saison se particularise par une forte représentativité des blockbusters de l’Opéra de Paris, les 2/3 des représentations étant dédiés à 11 des 20 ouvrages les plus joués de l’institution depuis près de 50 ans, le tiers restant étant des opéras plus rarement joués (Le Ring, Lear, Yvonne,princesse de Bourgogne, Prince Igor, I Puritani, I Pirata, Adriana Lecouvreur, Les Indes Galantes, L’Enfant et les sortilèges).
Il y a donc principalement la volonté d’assurer une large fréquentation du public vers des œuvres fortement accessibles en parallèle du Ring.

Le Ring

Même si elle ne compte que 10 représentations sur la saison pour les deux premiers volets, L’Or du Rhin et la Walkyrie, la nouvelle production de l’Anneau des Nibelungen confiée à Calixto Bieito est l'évènement de l’année 2020, qui se prolongera avec les deux autres volets ainsi que deux cycles complets sur une semaine. Avec une distribution totalement renouvelée par rapport à 2010/2011, Philippe Jordan dirigera donc son deuxième Ring à l’Opéra de Paris en 10 ans, et son troisième après celui du New-York Metropolitan Opera au printemps 2019.

L’opéra en langue française

Pour sa cinquième saison à la direction de l’Opéra National de Paris, Stéphane Lissner propose pas moins de 5 œuvres en langue française, dont deux nouvelles productions : un opéra ballet, Les Indes galantes, un opéra comique, Manon, un opéra fantastique, Les Contes d’Hoffmann, une comédie tragique, Yvonne, princesse de Bourgogne, et enfin, une fantaisie lyrique, L’Enfant et les sortilèges.

Les meilleurs chanteurs francophones, Sabine Devielhe, Florian Sempey, Jodie Devos, Julie Fuchs, Mathias Vidal, Alexandre Duhamel, Stanislas de Barbeyrac, Véronique Gens, Gaëlle Arquez, Sylvie Brunet, Philippe Talbot, Laurent Naouri, Béatrice Uria-Monzon, Julien Behr, Benjamin Bernheim, seront réunis pour défendre ces œuvres qui couvrent quatre siècles de répertoire. 

Et pour la première fois, une création lyrique du Palais Garnier, Yvonne, princesse de Bourgogne, est reprise dans sa production d’origine, ce qui permet au compositeur Philippe Boesmans de revenir sur la scène de l’Opéra.  Hommage est également rendu à Luc Bondy qui était un ami proche de Stéphane Lissner.

Parallèlement à cette reprise, l’enjeu, avec la nouvelle production de Manon, est de ramener au répertoire une interprétation de l’ouvrage de Massenet qui ait du sens, et qui fasse oublier le ratage du spectacle de Coline Serreau commandé par Nicolas Joel en 2012.

Quant aux Indes Galantes, il s’agit de substituer à l’ancienne production, naïve mais plaisante d’Andrei Serban, un spectacle qui sorte des codes habituels des maisons internationales, afin de redonner de la puissance à une œuvre qui fut parmi les cinq grands tubes de l’Opéra avec plus de 280 représentations entre 1952 et 1965.

Le répertoire slave

Stéphane Lissner continue à soutenir sans relâche le répertoire slave qui avait été délaissé par Nicolas Joel, et présente une nouvelle production du Prince Igor, ouvrage qui n’avait été joué au Palais Garnier que pour 7 représentations, il y a 50 ans. Avec la reprise de Boris Godounov, ce sont deux compositeurs attachants, Alexandre Borodine et Modest Moussorsky, liés dans le passé par le désir de baser leurs œuvres sur les traditions populaires russes, qui seront à l’affiche cette saison. 
Par ailleurs, Boris Godounov fait dorénavant partie des 20 ouvrages les plus joués à l’Opéra de Paris.

Rigoletto - Michael Fabiano et Vesselina Kasarova - ms Claus Guth (2016)

Rigoletto - Michael Fabiano et Vesselina Kasarova - ms Claus Guth (2016)

Giuseppe Verdi et le répertoire italien

La saison 2019/2020 est véritablement centrée sur le répertoire italien du XIXe siècle qui présente pas moins de 9 ouvrages de 5 compositeurs, Bellini, Rossini, Verdi, Puccini, Cilea, du bel canto au vérisme, sur près de 50% des soirées.

La nouvelle production de La Traviata sera une nouvelle occasion d’ancrer le chef-d’œuvre de Verdi au Palais Garnier, après la tentative de Gerard Mortier et Christoph Marthaler. Et c’est un metteur en scène polémique australien, venu du monde du théâtre, Simon stone, qui devra renouveler la vision de ce monument populaire

La reprise de Don Carlo, dans la version 5 actes de Modène en italien, rarement chantée à l’Opéra de Paris, 2 ans après l’euphorie engendrée par l’interprétation saisissante de la version parisienne des répétitions de 1866, sera dirigée par Fabio Luisi, qui, fin novembre, conduira également en alternance les représentations de Lear, les deux spectacles se superposant au cours d’une même semaine.

Par ailleurs, la version de concert d’Il Pirata, jamais jouée en ces lieux, interprétée par Sondra Radvanovsky, et l’affrontement d’Anna Netrebko et d’Ekaterina Semenchuk dans Adriana Lecouvreur, devraient rendre un versant spectaculaire à ces incarnations quelque peu inhumaines.

La forte représentativité du répertoire du XIXe siècle se prolonge pour la cinquième année consécutive

Le répertoire du XXe et XXIe siècle est par conséquent celui qui n’est défendu que symboliquement depuis 5 ans : Benjamin Britten n’est plus représenté dans une grande salle depuis 2010, Richard Strauss est absent de la programmation pour la 4e année consécutive, et seuls Lear et Yvonne, Princesse de Bourgogne, deux ouvrages de moins de 50 ans, permettront de retrouver deux pièces de théâtre célèbres adaptées à l’opéra avec succès.

La programmation de Stéphane Lissner est en effet similaire, par l’esprit et le prestige, à celle d’Hugues Gall (1995 à 2004), à la différence que ce dernier insistait plus fortement sur le répertoire allemand et britannique du XXe siècle, alors que l’actuel directeur se focalise surtout sur le répertoire italien et français du XIXe siècle, comme aucun autre directeur ne l’avait fait auparavant.

Les artistes français

A l’instar de la saison passée, une place de choix est laissée aux chanteurs francophones, Sabine Devielhe, Florian Sempey, Jodie Devos, Julie Fuchs, Mathias Vidal, Alexandre Duhamel, Stanislas de Barbeyrac, Véronique Gens, Gaëlle Arquez, Sylvie Brunet, Philippe Talbot, Laurent Naouri, Béatrice Uria-Monzon, Julien Behr, Benjamin Berheim, Etienne Dupuis, Elsa Dreisig, Luc Bertin-Hugault, Marion Lebègue, Jean-François Lapointe, Julien Dran, Christian Helmer, Marie-Nicole Lemieux, Eve-Maud Hubeaux, Stéphanie d’Oustrac, Roberto Alagna, Frédéric Antoun, aussi bien dans les œuvres françaises qu’italiennes.
On remarque cependant l’absence, cette saison, de Cyrille Dubois, Karine Deshayes, Stéphane Degout et Marianne Crebassa.

Les stars, les chefs, les metteurs en scène

Distribués dans nombre de nouveaux spectacles et de reprises, Andreas Schager, Johannes Martin Kränzle,  Ricarda Merbeth, Ain Anger, Gerhard Siegel, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Eva-Maria Westbroek, Javier Camarena, Pretty Yende, Nino Machaidze, René Pape, Michael Fabiano, Aleksandra Kurzak, Anita Rachvelishvili, Bo Skovhus, Evelyn Herlitzius, Elena Stikhina, Anna Netrebko, Ekaterina Semenchuk, Pavel Cernoch, Dmitry Ulyanov, Sondra Radvanovsky, Michael Spyres, Lisette Oropesa, Luca Pisaroni, Aleksander Tsymbalyuk, Ermonela Jaho, Vittorio Grigolo, entre autres, attisent déjà la curiosité de ceux qui pourront les découvrir dans des rôles soit éprouvés, soit nouveaux, et riches en surprises.

Et avec l’arrivée des metteurs en scène Vincent Huguet, Clément Cogitore, Simon Stone et Barrie Kosky, qui rejoindront les productions de Calixto Bieito, Krzysztof Warlikowski, Ivo van Hove, Robert Wilson, Anne Teresa de Keersmaeker, Robert Carsen, Luc Bondy et Claus Guth, le renouveau théâtral se poursuit et se renforce sûrement.

Quant aux chefs d’orchestre, beaucoup reviendront dans leur répertoire de prédilection (Dan Ettinger, Giacomo Sagripanti, Leonardo Garcia Alarcon, Fabio Luisi, Riccardo Frizza, Mark Elder, Lorenzo Viotti), et Speranza Scappucci, nouvelle chef d’orchestre principal de l’opéra de Wallonie, fera ses débuts à l’Opéra de Paris dans Rigoletto.

Et Philippe Jordan, voué aux représentations du Ring, Prince Igor et Don Giovanni, auxquelles s’ajouteront 3 concerts parisiens à la Philharmonie, la grande nef du Musée d’Orsay et l’Opéra Bastille, dirigera un total de 35 représentations.

Enfin, Susanna Mälkki, qui tient à cœur les œuvres du XXe et XXIe siècle, reviendra pour diriger Yvonne, princesse de Bourgogne, puis, le merveilleux Michael Schonwandt reprendra Boris Godounov, et Antonello Manacorda défendra Cosi fan tutte, après s’être confronté à la trilogie Da Ponte de La Monnaie de Bruxelles début 2020.

Présentation de la saison lyrique 2019 / 2020 de l'Opéra National de Paris"

Les tarifs 2019/2020 – baisse sensible du prix moyen des places à Bastille pour le lyrique

Pour plus d'informations sur la politique tarifaire de 1998 à aujourd'hui, lire l'article Prix des places et politique tarifaire - Opéra National de Paris de 1998 (Hugues Gall) à 2020 (Stéphane Lissner) .

S’il est vrai que les 10 représentations du Ring seront données au prix des soirées de Gala de Réveillon (175 euros en moyenne par soirée), nombre de spectacles seront proposés à Bastille à des prix beaucoup plus bas que les saisons précédentes. Ainsi, les reprises de Boris Godounov et de Rigoletto seront 20% moins chères que lors des dernières représentations, celle de La Bohème sera 25% moins chère qu'en 2017, celles de Madame Butterfly et d'I Puritani seront 30% moins chères respectivement qu'en 2015 et 2013, et celle des Contes d'Hoffmann coûtera en moyenne 40% de moins qu'en 2016. 

En effet, trois productions seront vendues dans la catégorie 5 à 145 euros, et il y aura même 5 soirées où toutes les places hors premières catégories seront inférieures à 100 euros.

Ainsi, le prix moyen d’une place à l’opéra Bastille va baisser de 8% pour se stabiliser à 118 euros, et la répartition des places inférieures à 120 euros retrouvera sa configuration d’il y a 8 ans, c'est-à-dire que plus de la moitié des places à Bastille pour le lyrique sera dorénavant inférieure à 120 euros.

On peut, certes, voir cette réduction des prix comme une conséquence de la reprise de 8 spectacles joués à Bastille au cours des 5 dernières années, mais on peut aussi souligner que cet effort permettra de redonner de l’accessibilité au plus grand nombre, et est un premier pas conséquent vers un assagissement des tarifs depuis l’ouverture de l’opéra Bastille, dont on fête les 30 ans cette année.

Tous les détails et les possibilités de réservations sont accessibles sur le site de l'Opéra de Paris selon le lien suivant : https://www.operadeparis.fr/programmation-et-billets/saison-19-20

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Publié le 22 Février 2019

Avec 214 représentations lyriques au cours de la saison 2019/2020, le MET diversifie un peu plus sa programmation que cette saison en présentant 25 ouvrages de 16 compositeurs différents, soit 2 de plus qu’actuellement, parmi lesquels 5 nouvelles productions sont présentes.

Et si 2018/2019 est une saison verdienne, la saison 2019/2020 sera une saison puccinienne (Tosca, Manon Lescaut, La Bohème, Turandot, Madame Butterfly) avec un quart des représentations dédié au compositeur toscan.

A cette occasion, Madame Butterfly devient le 5e ouvrage le plus représenté au MET depuis 1973, devant Aida de Verdi, et rejoint donc La Bohème et Tosca parmi les 5 premiers titres à l'affiche depuis près de 50 ans.

Le compositeur parmesan est, quant à lui, représenté par La Traviata, Simon Boccanegra et Macbeth.

Mozart fait également bonne figure avec 15% des représentations, devant Verdi, et sera défendu par Les Noces de Figaro, La Flûte enchantée et Cosi fan tutte.

Akhnaten - Photo English National Opera

Akhnaten - Photo English National Opera

Les 14 représentations de Porgy & Bess (production du DNO et de l’English National Opera) sont l'un des rendez-vous majeurs de la saison, ainsi que l’entrée au répertoire d’Akhnaten de Philip Glass (8 représentations de la production de l’English National Opera), deux ouvrages qui célébreront deux compositeurs anglo-saxons.

Et le répertoire français sera servi par Massenet (Manon et Werther), ainsi que par La Damnation de Faust de Berlioz, même si cette dernière sera jouée en version de concert, la production de Robert Lepage ayant été annulée.

Par ailleurs, un opéra baroque, Agrippina de Haendel (production de la Monnaie), fait son entrée au répertoire, et les ouvrages du XXe siècle seront représentés par Der Rosenkavalier de Strauss, Katia Kabanova de Janacek (3 représentations) et par une nouvelle production de Wozzeck d’Alban Berg (production du Festival de Salzburg). La reprise de Maria Stuarda, entré au répertoire en 2012, signera également l'unique présence de Donizetti cette saison.

Wagner n’est représenté que par Le Vaisseau Fantôme, dans une nouvelle production en provenance du DNO, et le répertoire slave repose sur La Dame de Pique de Tchaïkovski aux côtés de Katia Kabanova.

Ainsi, sur les 5 nouvelles productions, 3 sont dévolues à des œuvres du XXe siècle, et toutes sont des productions ou des coproductions européennes.

Enfin, en ajoutant l’Orphée et Eurydice de Gluck, on peut constater que plus de 20% du répertoire sera voué au baroque et au classique, ce qui est un exploit dans une salle de près de 4000 places.

Parmi les grands artistes présents cette saison, il sera possible d'entendre Joyce DiDonato et Kate Lindsey (Agrippina), Roberto Alagna et Maria Agresta (La Bohème), Javier Camarena (La Cenerentola), Nicole Car, Luca Pisaroni et Gerald Finley (Cosi fan tutte), Elina Garanca, Michael Spyres et Ildar Abdrazakov (La Damnation de Faust), Anja Kampe, Bryn Terfel  et Valery Gergiev (Le Vaisseau Fantôme), Anna Netrebko, Placido Domingo et Ildar Abdrazakov (Macbeth), Placido Domingo (Madame Butterfly), Lisette Oropesa et Michael Fabiano (Manon),  Sonya Yoncheva et Marcelo Alvarez (Manon Lescaut), Diana Damrau (Maria Stuarda), Anita Hartig, Marianne Crebassa, Mariusz Kwiecen (Les Noces de Figaro), Nadine Sierra, Gaëlle Arquez, Luca Pisaroni (Les Noces de Figaro), Angel Blue et Denyce Graves (Porgy & Bess), Lise Davidsen (La Dame de Pique), Anna Netrebko, Michael Volle (Tosca), Aleksandra Kursak, Lisette Oropesa, Dmitry Popov, Vittorio Grigolo (La Traviata), Nina Stemme, Hibla Gerzmava (Turandot), Yannick Nézet-Seguin, Elsa van den Heeven, Peter Mattei, Christopher Ventris (Wozzeck), Yannick Nézet-Seguin, Joyce DiDonato, Aida Garifullina, Piotr Beczala, Etienne Dupuis (Werther).

Tous les détails de la programmation sont consultables sous le lien suivant : Met 2019/2020 season.

Saison 2019/2020 du New-York Metropolitan Opera

La saison 2019/2020 du MET au cinéma 

10 spectacles, dont les 5 nouvelles productions, seront diffusés au cinéma au cours de la saison 2019/2020

Turandot - samedi 12 octobre 2019
Manon - samedi 26 octobre 2019
Madame Butterfly - samedi 09 novembre 2019
Akhnaten - samedi 23 novembre 2019
Wozzeck - samedi 11 janvier 2020
Porgy & Bess - samedi 01 février 2020
Agrippina - samedi 29 février 2020
Der Fliegende Holländer - samedi 14 mars 2020
Tosca - samedi 11 avril 2020
Maria Stuarda - samedi 09 mai 2020

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Publié le 17 Juin 2018

Stéphane Lissner « Pourquoi l’opéra aujourd’hui ? »
Conférence au Collège de France du 14 juin 2018 à 18h30

A l'initiative du Collège de France, Stéphane Lissner était invité à la veille de l'été 2018 à présenter les enjeux et les défis de l'Opéra de Paris au XXIe siècle.

Face au public de l'amphithéâtre Marguerite de Navarre, composé de membres du Collège, de journalistes, de personnels et d'amis de l'Opéra de Paris et de visiteurs passionnés, il a tenu une conférence pendant plus de 80 minutes dont l'enregistrement vidéo est disponible en accès libre sur internet selon le lien suivant :

Afin de faciliter la compréhension et la structure de son discours, celui-ci est fidèlement retranscrit ci-dessous en faisant apparaître les grands thèmes et en surlignant les idées clés. L'indicateur temporel sur l'enregistrement est également associé à chaque chapitre afin de permettre une réécoute immédiate.

Stéphane Lissner - Conférence au Collège de France du 14 juin 2018

Stéphane Lissner - Conférence au Collège de France du 14 juin 2018

Introduction - 05:10

Au moment de célébrer le 350e anniversaire de de l’Opéra Paris, la question du sens, de la mission de notre établissement se pose avec force. A quoi sert l’opéra aujourd’hui ? Quelles sont nos missions en ce début du XXIe siècle ? Et bien au-delà de cette question organique, j’ai eu envie d’interroger avec vous l’existence même du genre lyrique.

Cela m’a fait songer à un ouvrage récent du philosophe Francis Wolff, professeur émérite à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’ULM, intitulé « Pourquoi la musique ? » et au texte de Pierre Boulez de 1963 publié sous le titre « Penser la musique ».

Le philosophe et l’immense musicien disparu il y a deux ans m’ont ainsi soufflé le thème de la conférence de ce soir.

La question de « Pourquoi l’Opéra aujourd’hui ? » se pose indéniablement, et j’irai même jusqu’à dire que je suis chaque jour d’avantage surpris et heureux que ce genre, l’art lyrique, déchaîne les passions et remplisse les théâtres. Le 350e anniversaire de l’Opéra de Paris nous pousse à cet étonnement.

Certes, l’Ancien Régime a légué à notre pays des institutions solides, en particulier dans le domaine de la culture, mais si personne ne peut être surpris à l’idée qu’une Bibliothèque nationale, un musée de référence, le Théâtre français, le Collège de France bien sûr, traversent les siècles, s’agissant d’art lyrique l’étonnement est plus légitime.

L’opéra devrait avoir disparu depuis longtemps.

De fait, dans les années 1950 et 1960, le thème de la mort, ou de la disparition de l’opéra, comme genre, était assez répandu, et les moins jeunes dans l’assistance s’en souviendront

Pierre Boulez, dans un entretien devenu fameux à Der Spiegel, en 1967, avait lancé le débat en invitant à faire sauter les maisons d’opéra. Bien évidemment, Boulez ne voulait rien d’autre qu’appeler à la rénovation du système, à sa professionnalisation, et avertir des risques qu’un monde lyrique routinier et poussiéreux faisait courir au genre même. Boulez avait évidemment raison. Il s’en est expliqué plus en détail souvent.

La pauvreté du répertoire tourné vers le passé, l’absence de création et de renouvellement, l’escroquerie de certaines productions avec ce qu’il appelle des « fantômes de mises en scène », étaient selon lui à l’origine de la crise.

L’opéra était ainsi devenu une chose dévitalisée, par opposition du reste au théâtre où des artistes comme Patrice Chéreau ou Peter Stein réinterrogeaient le contrat entre le spectateur et la scène.

La Schaubühne à Berlin, le Piccolo Théâtre à Milan, le Théâtre de l’Odéon à Paris incarnaient cette modernité avec de véritables succès publics.

Le paradoxe était criant alors que l’Opéra ronronnait dans la routine avec une troupe faible et un répertoire atrophié, le théâtre incarnait l’ « Art total » avec une fusion profonde du texte, de la mise en scène, du jeu des acteurs, des décors ou de la scénographie.

Don Carlos - Saison 2017 / 2018, Opéra Bastille

Don Carlos - Saison 2017 / 2018, Opéra Bastille

Les contraintes et conventions de l'opéra et l'arrivée tardive de la théâtralité -08:56

Première étonnement : l’opéra me paraît concentrer toutes les caractéristiques du summum de la convention dans le domaine artistique.

Cela ne tient pas tant au fait que plusieurs centaines ou plusieurs milliers de personnes se réunissent dans un lieu fermé pendant plusieurs heures, parfois très longues, pour assister à un spectacle - après tout, en 1987, Le Soulier de Satin de Paul Claudel mis en scène par Antoine Vitez dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes à Avignon durait une nuit entière.

Et le magnifique 2666 présenté par Julien Gosselin tout récemment nous engageait aussi à un voyage d’une durée exceptionnelle.

L’opéra se caractérise par la convention de la musique chantée, c'est-à-dire l’expression au moyen de paroles chantées qui, l’on en conviendra, n’est pas le mode le plus normal d’expression, que ce soit dans la vie quotidienne ou même dans l’art.

C’est la convention de la partition qui fixe le tempo, qui n’attend pas, et qui en réalité commande aux chanteurs ainsi qu’au metteur en scène. Celui qui imaginerait que Macbeth et sa Lady s’affrontent visuellement en silence pendant quelques secondes au milieu d’un duo devrait renoncer, la partition de Giuseppe Verdi ne le permettant tout simplement pas.

Cette contrainte est intéressante au regard des rapports qui se nouent entre le chef d’orchestre et le metteur en scène, et qui sont propres à l’opéra. Tous deux ont des contraintes, le chef est un interprète là où le metteur en scène doit écrire une page blanche, doit proposer sa vision, si l’on fait abstraction des indications que les compositeurs ont souvent prévu en marge de la partition.

Mais le chef a aussi à sa disposition des possibilités presque infinies d’interprétations.
Le tempo, et l’on sait qu’entre les interprétations de Parsifal de Pierre Boulez et d’Arturo Toscanini la durée varie de plus d’une heure, les nuances, les phrasés lui donnent une marge créative très large. J’avoue sans difficulté que pour Parsifal ma préférence va au tempo plus soutenu qui conserve tout le sens théâtral voulu par le compositeur.

Innombrables sont les auteurs qui, pour la plupart du temps, pour railler l’opéra ont pointé cette bizarrerie. Théophile Gautier, en écrivant cette convention qui nulle part n’est aussi forcée ni aussi éloignée de la nature, ironise, dans son Histoire de l’art dramatique en France en 1859, sur le conspirateur qui recommande le silence en chantant à tue-tête, ou la femme affligée qui exprime son désespoir par des cabrioles vocales.

Le dramaturge russe Vsevolod Meyerhold appelle de ses vœux un drame musical interprété de manière qu’à aucun moment l’auditeur spectateur ne se demande pourquoi les acteurs chantent au lieu de parler. Mais il me semble tout de même que la convention et le contrat avec le spectateur reposent précisément sur l’acceptation de cette bizarrerie.

Certes, l’absence de théâtralité jusqu’au début du XXe siècle explique pour une large part ces jugements. La notion de metteur en scène, elle-même, est tardive, le travail de Gustav Mahler pour la mise en scène à Vienne marque un tournant à l’aube du XXe siècle, mais avant cette période les spectacles étaient réglés par des régisseurs, dont leur rôle principal était d’organiser le bon déroulement du spectacle sans véritable intention dramaturgique.

Sur ce thème, Rousseau, un siècle plutôt, dans la Julie ou la Nouvelle Héloïse, notait déjà que ce mode d’expression constituait une barrière infranchissable pour la plupart des spectateurs, surtout quand l’opéra est chanté en français, les ‘r’ roulés, les finals en ‘e’ interminables, rebutent et excluent les oreilles modernes.

Dans une lettre à Julie, Saint Preux se moque des décors, des coulisses, des peintures dont on voit les effets, et plus encore des cris affreux, de longs mugissements dont retentit le théâtre durant la représentation. On voit les actrices presque en convulsion arracher avec violence ces glapissements de leurs poumons, les poings fermés contre la poitrine, la tête en arrière, le visage enflammé et les vaisseaux gonflés, l’estomac pantelant, on ne sait lequel est le plus affecté de l’œil et de l’oreille. Leurs efforts font autant souffrir ceux qui les regardent que ceux qui les écoutent.

Pour la majeure partie du public, l’opéra est un art impossible, un art qui exclut, un art inabordable qui ne parle plus au cœur et à la raison. C’est le syndrome de la Castafiore dans Tintin, qui avec l’air des bijoux de Faust devenu rengaine tourne l’opéra en ridicule.

Il faudra tenir compte de ce blocage notamment pour le public le plus jeune. Quant à la multiplication des effets bien connue depuis l’époque baroque, Saint Preux l’a regretté sévèrement, le merveilleux n’est fait que pour être imaginé, et l’opéra est un art la plupart du temps bien peu subtil, le plus ennuyeux des spectacles qu’il puisse exister. On montre, on se dépoitraille, on explique, on commente, on ne peut émouvoir.

C’est du reste un sujet d’interrogation pour moi ; je sais que le public aime passer derrière les coulisses découvrir les secrets de fabrication, voir l’artiste chauffer sa voix ou être maquillé.

Les captations pour le cinéma sont un excellent moyen d’atteindre un public le plus large, mais je regrette toujours un peu qu’à l’entracte, à peine les artistes sortis de scène, on les interroge sur leur prestation, sur leur préparation, sur leur agenda futur, la plupart du temps, reconnaissons-le, avec des échanges d’un intérêt limité.

Je considère qu’un spectacle réussi se suffit à lui-même, et qu’il n’a nul besoin de s’appuyer sur des explications, pire, sur des justifications.

Doit demeurer le mystère du spectacle éphémère.

Carmen - Saison 2016 / 2017, Opéra Bastille

Carmen - Saison 2016 / 2017, Opéra Bastille

Les particularités qui font que l'opéra coûte cher - 16:22

Deuxième étonnement, du fait même de cette débauche de moyens conventionnels, l’opéra coute cher, et cumule un nombre de difficultés extrêmement élevé pour qu’un théâtre parvienne à monter un spectacle sur scène.

C’est le cas à l’Opéra de Paris qui n’est pas le plus mal doté, même si l’autofinancement est maintenant supérieur à la subvention.

On imagine sans peine les difficultés souvent insurmontables de compagnies plus modestes, en particulier en région, les métiers sont multiples, il faut un orchestre, des chœurs – des opéras sans chœurs se comptent sur les doigts des deux mains –, il faut des équipes techniques, habilleurs, cintriers, machinistes, une centaine de métiers au total.

Il faut encore des semaines de répétitions, sept ou huit pour une nouvelle production, chaque soir un prototype.

A propos de ces sept à huit semaines de répétitions, il me vient un moment important pour moi lorsque je dirigeais le Théâtre des Bouffes du Nord avec Peter Brook ; Peter m’avait parlé de cette période des sept à huit semaines en me disant, vous voyez, c’est le moment le plus important, c’est le moment où vous devez être avec les artistes, vous devez créer des rapports humains,  et c’est ce moment-là qui reste. Et ce moment de répétition est encore plus important que la réussite elle-même du spectacle.

Exploiter un cinéma, ou un musée, présente aussi des difficultés, mais le spectacle vivant en concentre un très grand nombre, avec une pression et des enjeux particulièrement lourds.

Ces particularités sont inhérentes au genre même dès ses origines. A sa naissance, en Italie, l’opéra cherche à charmer, à enchanter, comme le décrit si bien Jean Starobinski.

Le poète Jean-Jacques Lefranc de Pompignan estimait en 1734 que le merveilleux est l’âme du spectacle lyrique, et l’encyclopédiste Louis de Jaucourt tente une définition dans le même sens : c’est le divin de l’épopée mis en spectacle. Le propre de ce spectacle est de tenir les esprits, les yeux, les oreilles dans un égal enchantement, résume Jean de La Bruyère en 1691.

Logiquement, produire un opéra a toujours été très cher. A l’époque baroque, ce sont les effets de lumière et la machinerie, au XIXe siècle, surtout avec le Grand Opéra de Meyerbeer, le nombre de figurants augmente, on va même chercher un spécialiste de patins à roulettes pour monter Le Prophète dans la salle Le Peletier.

On invente de nouveaux dispositifs d’éclairage, puis, au XXe siècle, c’est l’arrivée des décors en trois dimensions, qui supplantent les toiles peintes, et provoquent une inflation importante des coûts de production. Aujourd’hui, c’est la vidéo, les LED, etc.

L’économiste William Baumol a bien décrit en 1965 cette fatalité des coûts et cette absence de gains de productivité. Produire une Flûte Enchantée aujourd’hui ne coûte pas moins cher qu’à l’époque de Mozart, bien au contraire, alors que les prix des biens de consommation courante, pour ne prendre que cet exemple, s’est effondré. L’opéra coûte cher, et de fait est réservé à des structures faisant appel au soutien public, plus ou moins subventionné, plus ou moins directement, que ce soit par la subvention ou la dépense fiscale encourageant le mécénat.

Cela s’explique par le nombre d’artistes à rémunérer, à l’importance des décors et des costumes, par l’impossibilité de faire payer le prix de revient réel d’une place de spectacle.

A l’Opéra de Paris, s’il n’y avait aucune subvention de l’État,  le spectateur devrait payer sa place à peu près deux fois plus cher qu’aujourd’hui. Le prix moyen de la place d’opéra qui est environ de 100 euros devrait être supérieur à 200 euros, de 10 à 230 euros actuellement, les prix passeraient ainsi de 20 à 460 euros.

Ce coût du genre, très conséquent, est assimilé par le spectateur qui vient voir un spectacle complet et exceptionnel, et cela permet en large part de justifier des tarifs élevés.

Le rôle du metteur en scène dans la démarche créative - 21:30

Je note que le public confond d’ailleurs souvent décors et mise en scène, et que son appréciation se porte en réalité que sur les premiers.

Le metteur en scène est à la tête et au centre d’une équipe artistique, avec un dramaturge, un décorateur, un costumier et un éclairagiste. Tout part en principe de la vision du metteur en scène, de ce qu’il souhaite transmettre au public. Le dramaturge l’aide à formaliser cette vision que le décorateur, le costumier et l’éclairagiste vont concrétiser et mettre en œuvre.

Après avoir travaillé en Espagne, en Italie, en Autriche et bien sûr en France, je suis frappé par les différentes approches entre les latins et les anglo-saxons.

Dans les pays du sud, la démarche créative qui consiste à monter un opéra part d’une approche esthétique et de la recherche de la beauté, c’est le beau qui guide la compréhension de l’œuvre.

Dans les pays anglo-saxons, et plus particulièrement germaniques, c’est le concept de l’œuvre qui conduit à l’esthétique qui est soumise pour ainsi dire au sens. L’esthétique devient alors secondaire et déconcerte encore d’avantage.

Deux exemples me viennent à l’esprit : Giorgio Strehler, pour lequel j’ai une grande admiration, nous a légué quelques productions mythiques. Son Simon Boccanegra est resté dans les mémoires en particulier pour son utilisation de la mer, des voiles et des lumières, et il est difficile de proposer un décor aussi beau et juste. La dramaturgie qu’il a imaginé, son travail de direction d’acteur, s’inscriront dans cette esthétique.

A l’inverse, Claus Guth a bâti son Rigoletto autour d’une idée de Flash-Back et de souvenir du père déchu quant à l’éducation de sa fille. Il a déduit de cette déchéance l’esthétique d’une boite en carton que le clown, fidèle à Victor Hugo, ouvre au début du prélude. La vidéo lui a aussi permis de montrer Gilda depuis son enfance.

Il s’agit bien là d’un concept qui sous-tend toute sa dramaturgie, et cette boite en carton qui représentait le décor, toute simple, a déconcerté le public.

A contrario, ce même public aurait été davantage rassuré par une proposition moins radicale.
Anne Teresa de Keersmaeker, avec Cosi fan tutte, est allée encore plus loin dans la réinvention de la mise en scène. Chaque personnage est joué par deux interprètes, un chanteur et un danseur. Il y a le paraître, ce qui est dit, et l’être qui est la musique et le décor.

On est au cœur du processus de création et, tels les mouvements de l’âme, la musique jaillie.

Cette production, présentée il y a quelques mois au Palais Garnier, était dirigée par Philippe Jordan.

Cosi fan tutte - Saison 2017 / 2018, Palais Garnier

Cosi fan tutte - Saison 2017 / 2018, Palais Garnier

La question des surtitres dans le rapport à la musique et à la mise en scène - 28:29

La relation du public avec la mise en scène a beaucoup évolué depuis plusieurs années, en particulier du fait du développement des surtitres dans les théâtres à propos desquels je voudrais partager mes doutes.

Auparavant, le spectateur regardait et écoutait. Maintenant, il lit également.

Cela pose un problème physique, je dirais presque neurologique, l’opéra exige déjà beaucoup du spectateur, plus que le ballet où il n’y a pas de texte, et plus que le théâtre où il n’y a pas de musique, et voilà que l’on ajoute une sollicitation de plus, puis une supplémentaire avec la vidéo qui se différencie encore de ce qui se déroule sur le plateau.

En un sens, la compréhension du texte est un plus, naturellement, et le jeu des chanteurs sera d’autant plus suivi et apprécié que l’on comprendra les mots prononcés.

A l’inverse, on peut estimer que l’attention du public et sa concentration sur la musique seront détournés par l’écran de sur-titrage sur un axe éloigné de la scène.

Pour forcer le trait, je dirais que par le passé le spectateur préparait d’avantage sa venue dans le théâtre, par une écoute de l’œuvre, la lecture du livret ou au moins d’une analyse.

Le fameux Tout l’Opéra de Gustave Kobbé, pourtant bien incomplet, a formé depuis le début du XXe siècle des générations de spectateurs.

Aujourd’hui, une logique plus consommatrice s’est imposée.

Il faut aussi avouer que bien souvent les livrets ne sont pas d’une qualité poétique extraordinaire, et que suivre mot à mot les échanges de Tosca et Cavaradossi du premier acte de l’opéra de Puccini n’ajoute fondamentalement ni à l’intérêt ni au plaisir.

Avec Patrice Chéreau nous avions trouvé une solution de compromis qui consistait, pour éviter que le regard ne s’évade trop de la scène, à placer les surtitres dans les décors, c'est-à-dire à la hauteur des yeux des spectateurs.

Mais je reste convaincu, comme ce grand metteur en scène, qu’une mise en scène réussie se passe de commentaires, d’intermédiaire, de vecteur, quelle que soit la langue du livret, même si l’on n’en comprend pas chaque mot.

En témoigne l’un des plus beaux spectacles du Palais Garnier donné au cours de ces 30 ou 40 dernières années, l’Orphée et Eurydice de Pina Bausch, une des exigences de la chorégraphe étant qu’aucune de ses œuvres ne soit jamais sur-titrée.

La difficulté à atteindre la perfection en une seule soirée - 31:27

Un troisième étonnement me semble devoir être mentionné ; il vient qu’avec cette somme de contraintes invraisemblables on est presque certain de ne jamais réussir le spectacle.

Car il faut que tous ensemble, au même moment, le chef d’orchestre, les musiciens, les artistes des chœurs, les solistes également acteurs, les équipes techniques à la machinerie ou à la lumière principalement s’approchent d’une forme de perfection.

Moi qui ai commencé ma carrière dans le monde du théâtre, je dois avouer que réussir un spectacle d’opéra est beaucoup plus difficile que réussir une soirée théâtrale ; les paramètres sont très nombreux et les facteurs de problèmes sont innombrables, surtout en tenant compte du tempo et de la partition qui n’attendent pas.

Le problème est que cette perfection est rare, il faut bien le reconnaître, rare pour les artistes - la mezzo-soprano Christa Ludwig affirmait qu’elle n’avait vécu une soirée parfaite que trois ou quatre fois dans toute sa carrière -, rare pour les spectateurs aussi, même si pour la plupart d’entre eux les problèmes techniques, les mille petites difficultés surmontées au cours d’une soirée, passent inaperçus.

Orphée et Eurydice - Saison 2013 / 2014, Palais Garnier

Orphée et Eurydice - Saison 2013 / 2014, Palais Garnier

La tentation d'un regard sur le passé qui ignore le monde contemporain - 32:47

Dernier étonnement, alors que le public est toujours attentif aux nouveautés, l’opéra court le risque, surtout depuis le XXe siècle, de regarder pour l’essentiel vers le passé.

Prenons les compositeurs les plus joués sur les scènes d’opéras, Verdi, Mozart, Puccini, Rossini, Donizetti, Wagner, Bizet, Johan Strauss, Tchaïkovski, et le seul compositeur vivant, Philip Glass, né en 1937, parvient à se glisser parmi les cinquante compositeurs les plus joués.

Côté titres, La Traviata, La Flûte Enchantée, Carmen, La Bohème trustent les premières places.

Certes ces données peuvent varier selon les pays et les époques, Janacek est plus donné au Royaume-Uni qu’en France, les opéras de Franz Schreker tels Die Gezeichneten (Les Stigmatisés) ou Der ferne Klang (Le Son lointain) sont largement inconnus ici et sont très représentés en Allemagne.

Quant à la mode, elle peut contribuer à la reprise de certains titres, les directeurs d’opéras n’hésitant pas à se copier les uns les autres.

Les coproductions internationales, qui voient les théâtres accueillir à tour de rôle le même spectacle, participent de cette homogénéisation regrettable à plusieurs égards, mais souvent indispensable pour des raisons économiques.

Le patrimoine du répertoire pèse lourd, plus lourd me semble-t-il que dans le domaine des arts créatifs et visuels où les musées d’art du XXe siècle et contemporains se sont multipliés.

Rien de tel en matière d’opéra où, au contraire, les grandes redécouvertes esthétiques des cinquante dernières années ont plutôt consisté à remettre au goût du jour le baroque ou même la Rossini Renaissance dans les années 1980.

Comme l’a si bien dit Gustav Mahler, le problème avec l’opéra est que la tradition ressemble plus à l’adoration des cendres qu’à l’entretien du feu sacré.

La frilosité face aux créations contemporaines - 35:03

La création dans le domaine de l’opéra est un vaste sujet. Les opéras de la seconde partie du XXe siècle et à fortiori ceux d’aujourd’hui ont plus de difficultés à trouver leur public et surtout à rester au répertoire lorsqu’il s’agit de création.

Une fois créé, un opéra a du mal à être repris, cela pose sans doute la question de la frilosité des théâtres bien d’avantage que celle des spectateurs qui démontrent un intérêt pour les créations.

Ce poids du répertoire passé dans le domaine de l’opéra est une des particularités du monde contemporain. Pendant tout le XIXe siècle, les créations sont prédominantes et les reprises des plus grands succès minoritaires. Cette inversion des proportions est tout à fait frappante.

De nos jours, la création dans le domaine lyrique, comme plus largement dans le domaine musical, pose il est vrai de sérieuses difficultés.

En peinture, l’abstraction a été admise dans le courant du XXe siècle, elle est pour une large part plus facile à accepter qu’en matière musicale. Il y a dans la peinture, ou la sculpture non figurative, une matérialité en deux ou trois dimensions, une immédiateté de perception.

La musique sollicite d’autres sens et d’abord l’ouïe, plus théorique, plus abstraite, et l’auditeur spectateur perd ses repères harmoniques, et il a du mal à admettre d’autres échelles de son.

A l’écoute d’une partition de Karlheinz Stockhausen, l’auditeur peut accepter de se livrer à des impressions, mais il doit renoncer au plaisir plus immédiat de l’appréciation d’une phrase et encore plus d’une mélodie.

Tout cela explique une partie de la frilosité face aux créations lyriques dans le monde d’aujourd’hui. Fi Nixon in China de John Adams, Quartett de Luca Francesconi ou encore Les Trois sœurs de Péter Eötvös sont entrés au répertoire des opéras du monde, il ne s’agit malheureusement que de très peu d’exceptions.

L’opéra devrait donc avoir disparu depuis longtemps.

La diversité de l'opéra et de son public comme explication de sa survivance - 37:20

Et pourtant ça marche!

Il faut en premier lieu mesurer qu’il est abusif de parler d’opéra comme un genre unique ; l’opéra n’est pas une réalité unitaire. L’opéra est un genre varié presque autant que la littérature, la peinture ou le cinéma, au sein de la musique qui en elle-même pose question de ce point de vue ; l’opéra n’est pas un genre uniforme.

Quel rapport entre le Pelléas et Mélisande de Claude Debussy, l’opéra baroque et ses Aria da capo, Karlheinz Stockhausen, Giuseppe Verdi, Giacomo Meyerbeer, Philippe Manoury ou Thomas Adès ?

Cela fait partie sans doute des stéréotypes trop nombreux, qui circulent à propos de l’art lyrique, trop cher, toujours plein, nos théâtres accueilleraient des spectacles longs, difficiles à comprendre, mais de quoi parle-t-on ?

Si l’opéra existe encore et que les salles sont bien remplies, c’est bien heureusement parce que le public le plébiscite. A l’Opéra de Paris et depuis de nombreuses années, le taux de remplissage moyen est toujours supérieur à 90%. Certes cette moyenne cache des réalités variées, il est vrai que le Wozzeck d’Alban Berg remplit moins bien que La Traviata.

Mais quelques exemples récents comme Only the sound remains de Kaija Saariaho, le Lear d’ Aribert Reimann, ou la création de Trompe-La-Mort de Luca Francesconi atteignent des jauges élevées qui rendent optimistes pour le futur.

La réalité de l’offre lyrique est donc celle de la diversité.

La diversité c’est aussi celle du public. Je ne me lancerai pas dans une forme de typologie, à laquelle un sociologue Claudio Benzecry s’est livré de manière remarquable pour le public du Teatro Colon de Buenos Aires,  mais il est vrai que le fan de Belcanto n’a souvent pas grand-chose en commun avec l’amateur d’opéras du XXe siècle, que certains privilégient Verdi à tout autre compositeur, et que d’autres ne rateraient pour rien au monde un cycle complet de l’Anneau des Nibelungen de Richard Wagner.

Le plaisir particulier de l'opéra et sa secrète alchimie - 39:40

Une fois cette question de la diversité posée, l’opéra me semble présenter une caractéristique fondamentale qui explique sa survivance ou sa vivacité.

L’opéra est un genre qui donne un plaisir particulier, des émotions esthétiques fortes, du moins quand tout fonctionne bien, quand se réalise la secrète alchimie, des alliages heureux, selon l’expression de Francis Wolff.

L’opéra est le mariage de la musique, qui en soit peut donner un grand plaisir, avec d’autres formes artistiques, au point qu’il est difficile de faire la part des choses. On pourrait même ajouter le film, aujourd’hui, avec les vidéos de plus en plus présentes.

Cette alchimie intéresse beaucoup les philosophes, car elle est chimiquement passionnante.

Par cet adverbe, je veux dire que les images, les sons, celui des instruments de l’orchestre, celui des voix chorales ou des solistes chantant seul ou ensemble, le jeu des artistes, des décors, des costumes, des lumières, tout cela se mêle dans le cerveau du spectateur, jusqu’à rendre impossible l’analyse du détail.

Il faut de la part du spectateur une concentration certaine, de la volonté et de la tolérance, pour accepter l’ensemble de ces éléments sans chercher à les différencier, pour faire abstraction, ou même accepter les défauts qui peuvent survenir au cours de la représentation.

Certes, après une soirée réussie on aime détailler les différents facteurs de ce succès, l’orchestre et la lecture du chef, tel ou tel soliste, la puissance de telle scène.

Mais en réalité, l’émotion est d’autant plus forte que l’esprit critique et analytique est pour ainsi dire désarmé et désactivé.

On peut ressentir une émotion particulière à l’écoute de la 7eme symphonie de Beethoven, d’un quatuor de Chostakovitch, du fait que la musique elle-même ne verbalise rien mais sollicite notre imagination.

Grande salle du Palais Garnier

Grande salle du Palais Garnier

Le rapport du texte à la musique - 42:00

A l’opéra, l’émotion vient du mélange de la partition orchestrale et du texte chanté, qui d’une certaine manière contraint d’avantage l’imaginaire du spectateur, plus passif.

Le rapport du texte et de la musique (Melos) est un sujet inépuisable. A son origine, l’opéra veut renouer avec l’expressivité communicative des anciens, avec le spectacle des Grecs où la musique doit représenter et susciter certains états d’âme. La musique est alors une partie d’un art plus vaste fait de poésie et de danse.

Pour Platon, dans La République, la musique est faite de trois éléments, l’harmonie, le rythme et les paroles, et cela donne la force de l’expression.

Cette volonté d’établir un lien entre le texte et la musique est à l’origine de l’opéra, du Recitar cantando. Et dans la préface de son cinquième livre de madrigaux, Monteverdi s’inscrit dans cette lignée de Platon et d’Aristote pour subordonner la forme à l’expression. Le texte doit être le maitre de la musique et non son serviteur.

Monteverdi était étonnamment moderne, on le voit.

Du fait, de nombreux artistes lyriques le soulignent, pour bien chanter ils doivent dire le texte, le porter, le faire comprendre.

Mieux, leur chant est modifié par la parole. C’est vrai pour le lied, la mélodie qui reposent sur la poésie et donc sur les mots, mais c’est vrai également pour l’opéra.

Le travail réalisé en répétition par les solistes, le chef d’orchestre, le metteur en scène, est la clé d’un spectacle réussi. Les plus grands artistes, chefs d’orchestre et metteurs en scène notamment, le savent, et passent énormément de temps avec les artistes, et certains consacrent plusieurs jours à lire le livret avec les solistes sans qu’ils ne chantent une note.

Je me souviens, lorsque nous avions présenté Wozzeck avec Daniel Barenboim et Patrice Chéreau au Théâtre du Châtelet, Patrice est resté une petite semaine avec les chanteurs, autour de la table, à lire le texte, approfondir les personnages, et je dois vous avouer que certains chanteurs sont venus dans mon bureau et m’ont dit ‘Mais on ne chante pas ! il faut que vous lui demandiez que l’on chante !’. En réalité, ce travail qu’il a fait avec ces chanteurs est bien sûr une des clés de la réussite de cette magnifique production.

De la fin du XVIIIe siècle, l’opéra a évolué vers la mélodie avec un poids moins important pour le texte, et on peut même dire que de grands librettistes tels Felice Romani, Eugène Scribe n’étaient pas des génies de la poésie mais plutôt des littérateurs au kilomètre, ce qui a sa noblesse.

Mais dans une certaine mesure la musique instrumentale a suivi la même voie, déconnectée de tout texte, en particulier de tout texte religieux, elle met en avant la composition elle-même, une forme de musique pure. Cette évolution-là n’a pas lieu d’être regrettée, me semble-t-il, elle est aussi à l’origine du plaisir d’une large partie du public.

Ceux qui aiment le plaisir sonore, le belcanto, comme Saint Preux qui décrit à Julie le plaisir de la musique italienne, de la mélodie, de la sensation voluptueuse, ce que j’appelle moi la jubilation vocale, si certains évoquent volontiers cet âge d’or  de l’opéra, force est de constater qu’il s’agit plutôt d’une parenthèse, car dès la fin du XIXe siècle, l’art lyrique évolue vers plus de théâtre avant l’abandon pur et simple des grands arias.

La diversité des plaisirs dans l'opéra - 46:00

Alors pourquoi choisir ?

Rousseau dans son Dictionnaire de la Musique donne sa propre définition de l’opéra qui est holistique. Les parties constitutives d’un opéra sont le poème, la musique et la décoration.

Par la poésie on parle à l’esprit, par la musique à l’oreille, par la peinture aux yeux. Et le tout doit se réunir pour émouvoir le cœur et porter à la fois la même expression par divers organes.

Alors, la question que Richard Strauss pose dans Capriccio, dans la prééminence de la musique ou du texte - Musik nur als Vorwand!, dit Flamand à l’acte I - est largement théorique, et n’est là que pour faire disserter. Prima la musica, Poi le parole !, opéra composé par Salieri en 1786, passe à côté de la réalité de l’opéra.

Une soirée réussie est nécessairement une soirée où les deux se mêlent.

Vaut-il mieux une formidable partition avec un livret raté, ou un sujet puissant que le compositeur aurait maltraité, une mise en scène réussie avec des chanteurs médiocres, ou des artistes lyriques extraordinaires au service d’une dramaturgie bâclée ?

Chaque spectateur se pose la question, lorsque quelque chose n’a pas fonctionné pendant la soirée. Chacun apportera sa réponse, selon ses goûts, car la aussi la diversité est de mise.

De fait, l’opéra comme genre artistique donne des plaisirs de natures très différentes.

Il y a d’abord le plaisir d’une expérience physique, loin de tout esthétisme, à l’opéra on accepte de s’immerger dans une expérience, Tristan und Isolde, la Tétralogie de Richard Wagner sur quatre jours, Moise et Aaron d'Arnold Schönberg, où l’esprit doit accepter de se détacher de la phrase et de la mélodie pour s’immerger dans un bain sonore.

Mais Les Huguenots de Meyerbeer et Les Troyens de Berlioz sont aussi de longs voyages, et je ne suis pas loin de penser que la longueur, si elle rebute certains, est aussi un facteur d’explication de la satisfaction de ceux qui sont arrivés au bout.

Il y a ceux qui ont fait l’Everest, et ceux qui ont expérimenté Einstein on the Beach de Philip Glass sans sortir de la salle.

L’expérience ne vient pas de la durée d’ailleurs ; Elektra de Richard Strauss est un coup de poing dans le ventre en moins de deux heures, sans entracte. Donc si la soirée est réussie, les spectateurs sortent bouleversés. N’est-ce pas le plus extraordinaire de tous les opéras ?

Les chanteurs y participent pleinement, d’abord parce que leur moyen d’expression est physique, la voix et le timbre sont des phénomènes mesurables, qui provoquent une réaction dans les oreilles et le cerveau de leur auditoire.

Et lorsque l’on ajoute l’intensité d’un jeu d’acteurs puissant, l’effet est saisissant.

Moïse et Aaron - Saison 2015 / 2016, Opéra Bastille

Moïse et Aaron - Saison 2015 / 2016, Opéra Bastille

La diversité des publics selon les pays et l'ouverture à tout le répertoire - 49:13

L’opéra est divers, tel est le public.

Certains viennent pour le plaisir du chant et de la mélodie – ils se satisfont d’une belle version de concert, mais ce n’est pas de l’opéra au sens où je viens de le définir, mais de l’art lyrique -, d’autres recherchent la puissance théâtrale et se moquent de la note ratée, de la variation réussie, de la virtuosité. Tous participent au monde de l’opéra aujourd’hui.

Pour continuer à manier le paradoxe, j’oserais dire que la méconnaissance musicale d’une grande partie du public, l’ouverture d’esprit du néophyte peuvent être des atouts. Elle empêche d’être blasé, de passer sa soirée à analyser, à comparer, à critiquer dans tous les sens du terme.

La connaissance de la musique, et encore plus de la voix, joue trop souvent un rôle d’écran entre le spectateur et le spectacle, elle restreint la spontanéité de l’auditeur. 

La perfection vocale est rarissime, et il y a fort à parier que celui qui prête une attention excessive à la note ajoutée, à la variation réussie, à l’intonation à tel instant précis de la partition sera régulièrement déçu, voir frustré.

C’est du reste une des difficultés pour les directeurs de théâtres, comment fabriquer sa propre programmation, quels équilibres, quelles audaces ? Là encore, le paysage est diversifié car une maison d’opéra ne peut être l’égale d’un festival où la prise de risque peut être plus grande, les missions de ces deux types d’institutions sont d’ailleurs différentes.

Mais les différences sont très grandes aussi entre les maisons d’opéra, car le public présente des caractéristiques variées d’un pays à un autre, d’une ville à une autre.

Le public viennois n’a rien à voir avec le public parisien, pour ne prendre que cet exemple.

Le premier retourne volontiers voir le même opéra dans la même production avec ou sans la présence de grands noms du chant, le second aime davantage le spectacle, qu’il ne reviendra pas revoir même deux ou trois saisons plus tard.

Le prix du billet influe naturellement sur ces comportements, et les pays germaniques où les subventions représentent encore les 2/3 des ressources, et permettent donc des prix modérés, encouragent davantage les publics à venir régulièrement dans les théâtres.

Les traditions culturelles jouent enfin un rôle déterminant, notamment par rapport au répertoire. Il y a selon les pays un véritable attachement à certains compositeurs et à leurs œuvres : Verdi à la Scala de Milan, Mozart à Salzbourg, Britten, Haendel en Angleterre ont une place à part.

A Paris, il me semble que c’est le spectacle que l’on attend, donc avant tout le théâtre, sans considération particulière pour tel ou tel compositeur et pour sa nationalité.

Une des difficultés pour donner à l’Opéra de Paris une identité forte vient de là, d’un manque de repères musicaux en France, où nous avons toujours privilégié l’accueil de compositeurs étrangers sans montrer autant de considération pour les compositeurs français.

Hector Berlioz, l’un des plus grands compositeurs français, a été redécouvert au XXe siècle en Angleterre, et représenté principalement dans ce pays depuis. Peut-être sommes-nous, musicalement, les moins nationalistes des européens.

Une chose est certaine, les goûts du directeur ne doivent en aucun cas primer sur le projet et l’institution, qu’il faut se garder de ne programmer pour soi, même s’il faut reconnaître que lorsque l’on aime profondément une œuvre, le choix du metteur en scène et du chef est plus naturel.

Les échanges avec les équipes de productions, depuis la remise de maquettes jusqu’aux derniers réglages des lumières sont plus substantiels et plus enrichissants.

Car le directeur d’un opéra ne doit pas s’arrêter au choix des titres et des artistes, il doit les accompagner, valider leurs choix ou pas, échanger et les soutenir jusqu’à la première.

Il faut que l’opéra tienne compte de la diversité des attentes du public également respectables, il faut proposer du divertissement, l’Élixir d’amour, du Grand Opéra spectaculaire, Don Carlos dans sa version française, du mélodrame, Madame Butterfly,  du théâtre chanté, Wozzeck, de l’opéra russe, tchèque, anglais, à côté des grands titres du répertoire.

La diversité doit guider les choix de programmation d’une maison d’opéra, et il faut absolument se garder de tout dogmatisme et de tout systématisme qui exclut là où, au contraire, l’on doit ouvrir.

Dans les titres, comme dans le recrutement des équipes artistiques, la programmation doit parler au plus grand nombre. Cela ne signifie en aucun cas viser le plus petit dénominateur commun, l’eau tiède, le spectacle passe-partout vu aux quatre coins de la planète, mais aucune proposition, aucune audace, aucun genre ne doit par principe être exclue.

Cela vaut pour toutes les démarches artistiques les plus profondes, les plus intellectuelles même, qui mettent en relation les grandes œuvres et le monde d’aujourd’hui.

Mais j’insiste, les opéras dont l’objectif principal est de divertir et de donner du plaisir par la voix, la mélodie, le lyrisme ont toute leur place.

J’admets qu’il est difficile avec un livret comme celui de l’Élixir d’Amour de proposer une transposition audacieuse et pertinente, une mise en abîme complexe ou une démarche psychanalytique approfondie.

Grâce à cette diversité, il n’est pas interdit d’espérer qu’une partie du public fasse preuve de curiosité, dépasse les préjugés sur tel ou tel répertoire, et aille au-delà de ses préférences naturelles, pour découvrir des titres inconnus.

La relation d’un public avec un directeur de théâtre est une chose très particulière qui se construit dans la durée, je l’ai observé à chacun de mes différents postes. On se découvre, on apprend à se connaître, on s’affronte, on s’apprivoise.

Le risque de la routine existe aussi bien, et j’admire d’une certaine manière un Rudolf Bing qui est resté directeur du Metropolitan Opera de New-York pendant 22 ans ou, mieux encore, un Maurice Lehmann qui dirigea quelques années à l’Opéra de Paris et le Théâtre du Châtelet pendant 36 ans.

Wozzeck - Saison 2016 / 2017, Opéra Bastille

Wozzeck - Saison 2016 / 2017, Opéra Bastille

L'enjeu économique de l'opéra et son expansion dans le monde - 56:40

On estime environ à 23 000 représentations d’opéras données chaque saison dans le monde entier, ce qui fait tout de même, en excluant les intersaisons, près de 100 représentations chaque soir. Chaque saison, l’Allemagne donne 7 000 représentations, les États-Unis 1 700, la Russie 1 500, l’Italie 1 400, l’Autriche 1 200 et la France un peu plus d’un millier dont près de 200 à l’Opéra de Paris.

L’enjeu économique est bien évidemment important, les 14 plus grandes maisons d’opéras du monde cumulent un budget de 1 milliard et 200 millions d’euros.

La Scala de Milan et quelques autres institutions ont réalisé des études qui montrent que chaque euro investi dans le fonctionnement d’une maison d’opéra en rapporte 3 ou 4 fois plus, grâce aux dépenses connexes, nuits d’hôtels, restaurants, etc.

Ces résultats sont saisissants et je regrette qu’ils soient peu pris en compte par les décideurs politiques, quelles que soient les majorités, qui ne voient le spectacle vivant souvent que comme un poste de dépense, et jamais comme un investissement économique donc, mais surtout social.

Au début du XIXe siècle, les titres et les nouveautés s’enchainaient sur les scènes plus ou moins importantes, circulaient de manière incroyable à travers les continents, jusqu’à New-York ou Mexico.

Aller au spectacle était pour la noblesse d’abord et la bourgeoise, à partir de la Monarchie de juillet, et plus encore du Second Empire, l’activité sociale et mondaine principale.

Aujourd’hui, si la situation a très profondément changé, l’art lyrique, certes majoritairement subventionné, représente un enjeu économique réel.

Je suis frappé de voir qu’un véritable besoin d’opéra s’exprime du reste dans le monde entier, bien au-delà de notre Vielle Europe ou du continent nord-américain, et cela signifie quelque chose pour répondre à notre question « Pourquoi l’opéra aujourd’hui ? ».

Les théâtres lyriques ont ouvert en grands nombres ces dernières années, en Chine, notamment à Pékin, Harbin et Shanghai, à Taïwan, en Algérie, au Maroc, dans les pays du Golfe, Oman et Qatar, au Kazakhstan, en Arabie Saoudite et bientôt en Égypte.

Si le Palais Garnier était emblématique de l’aura parisienne à l'heure du second Empire et de l’Exposition universelle, c’est maintenant dans ces pays que ces moyens sont mis sur la table pour créer des opéras.

La raison de cet engouement n’est pas parfaitement évidente, l’intérêt pour l’opéra, notamment en Asie, n’est pas tout à fait nouveau puisque la Scala de Milan a organisé des tournées devenues mythiques, dès les années 50 au Japon, et des villes comme Almaty ou Hanoï ont des théâtres à l’italienne construits il y a d’ailleurs plusieurs décennies, où l’on peut entendre depuis fort longtemps Le barbier de Séville ou Carmen dans la langue locale.

Doit-on voir dans cet intérêt renforcé depuis quelques années une forme d’impérialisme culturel qui reviendrait à exporter nos titres, nos productions et parfois nos chanteurs ?

Un intérêt de ces pays jeunes, et en croissance, pour le dialogue des cultures, un investissement d’avenir dans d’autres formes de tourisme et de développement dont Abu Dhabi serait le fer de lance, la question reste mystérieuse pour moi, même si ce dynamisme est évidemment un élément réjouissant, on le voit pour un art moribond, ou qui devrait être moribond, l’opéra se porte plutôt bien.

Le Barbier de Séville - Saison 2014 / 2015, Opéra Bastille

Le Barbier de Séville - Saison 2014 / 2015, Opéra Bastille

Préférer l'expression à la virtuosité pour attirer de nouveaux spectateurs - 1:00:20

Alors quel avenir, et quel opéra pour demain ?

La question de l’avenir de l’opéra en recouvre en réalité quatre autres.  Quels spectateurs, quel public, quelle proposition artistique, et quel soutien de la puissance publique ?

Quels spectateurs ?

Si je pose la question c’est parce que je suis convaincu, que plus pour tout autre forme d’art, le spectateur, son identité, sa sociologie jouent un rôle majeur et ont responsabilité même dans la réponse que l’on peut formuler.

Comme le genre lui-même, le public, et je l’ai dit, est assez varié. Pour le cœur de notre public, le plus fidèle, les abonnés, les fans d’opéra, je dirais qu’il y a une caractéristique essentielle qui est à la fois un grand défaut et une grande qualité.

Quitte à vous choquer, je pense en effet que le spectateur d’opéra est en moyenne assez conservateur, tout en étant épris de nouveautés et de découvertes dans le même registre, c'est-à-dire, sans trop de surprises qui pourraient le faire sursauter, voir le choquer.

Le spectateur d’opéra compare les versions discographiques, celles qu’il a vu et entendu, et il recule jamais devant le fait d’assister à la vingt-cinquième représentation de son titre préféré, souvent, mais pas toujours, il regrette le passé qui était toujours mieux.

Au stade pathologique, les callasiens, par exemple, renoncent à se rendre au théâtre au prétexte qu’il n’est plus possible de chanter après la Divina Anna Bolena, la Sonnanbula, la Traviata, spécialement à Milan.

J’ai un jour qualifié ces spectateurs de spécialistes de la spécialité, mais il y en a pour tous les arts, il y en a pour certains sports, pour toutes les passions. Ces spectateurs sont minoritaires, mais peuvent contribuer à former l’opinion. Ils peuvent aussi déstabiliser une représentation, je pense en particulier aux partis-pris, et aux comportements de certains spectateurs, on les appelle les loggionisti à la Scala, car ils occupent les loggione, c'est-à-dire la partie la plus élevée de la salle qui, dans l’anonymat de la salle obscure, n’hésitent pas en huant à détruire le travail d’équipes artistiques et celui d’artistes lyriques.

Ce faisant, ils gâchent aussi le plaisir du reste du public, complexé, culpabilisé d’avoir apprécié, et qui au lieu d’applaudir se pose des questions, « ai-je mal compris quelque chose ? », « aurais-mieux fait de ne pas apprécier ? ». Siffler à l’opéra, au-delà des jugements moraux, la question est délicate.

Dès lors qu’une salle ne manifeste jamais par le silence sa désapprobation, je comprends, dans une certaine mesure, que certains ne s’en satisfassent pas et veuillent protester coûte que coûte y compris en hurlant. C’est une réalité humaine qu’il ne sert à rien de regretter.

Pour ces spécialistes, l’esprit de comparaison d’une version à l’autre, d’un spectacle à un autre, s’appuie sur le plaisir de réécouter, de retrouver ce que l’on connait, à l’identique, mais avec quelques altérations.

C’est à chaque fois la même partition, mais c’est toujours différent. Pour reprendre la formule de Bernard Sève, au devenir autre de la musique répond le devenir autre de l’auditeur et du spectateur qui s’enrichit, spectacle après spectacle.

Cette attitude peut parfois surprendre l’observateur, et je fais ici allusion autour du débat des interprétations philologiques de Verdi : on a d’un côté ceux qui souhaitent revenir à la partition expurgée de pratiques plus ou moins ancrées comme celle qui à ajoute, par exemple, un contre-ut à la fin de Di quella pira ! du Trovatore, de l’autre, on a ceux pour lesquels ces pratiques font partie des attentes et du plaisir du public, et probablement des artistes lyriques.

Mais je pose la question : qui s’intéresse au moyen d’attirer un nouveau public et de susciter son intérêt ?

Supprimer ou maintenir un contre-ut est-il un élément de réponse à la question « Pourquoi l’opéra aujourd’hui ? ».  Il me semble pour ma part que non.

J’ajoute qu’il faut toujours penser et décider en fonction de l’artiste.

Je voudrais prendre l’exemple du rondo final du Barbier de Séville que chante le comte Almaviva dans « Cessa di più resistere ». Ces quelques pages, extrêmement difficiles à chanter, ont été remises à l’ordre du jour, je m’en souviens bien au Châtelet, dans les années 1980 par le ténor américain Rockwell Blake. Faut-il donner cet air à tout prix, quitte à mettre l’artiste en danger ? Ou si le soliste ne peut assumer cette page, vaut-il mieux la couper ce qui déplait aux puristes, mais ne porte en réalité pas atteinte à l’œuvre ?

Boulez avait exprimé ces constations de façon imagée, en particulier à partir des amateurs de Meyerbeer ou de Rossini : « ce public fanatique m’évoque une espèce de bourgeoisie Louis-Philipparde qui se réfugie dans un magasin d’antiquité ».

Il est frappant de voir la proximité entre Boulez et Theodor Adorno qui, en 1955, écrivait déjà dans l’Opéra Bourgeois « la plupart du temps la scène d’opéra est comme un musée d’images et de gestes passés auquel se raccroche le besoin de regarder en arrière. C’est ce besoin qui caractérise ce genre de public d’opéra qui veut toujours entendre la même chose, qui subit l’inhabituel avec hostilité ou, pire encore, avec passivité et manque d’intérêt simplement parce que l’abonnement l’y condamne. ».

Bien évidemment je ne reprends pas à mon compte cette provocation, je suis convaincu que l’opéra dans sa diversité à sa place sur les scènes, y compris les compositeurs que Boulez cite, mais ce qui est vrai en revanche c’est qu’il faut absolument rompre avec la logique du magasin d’antiquités, qui n’intéresse pas grand monde, et convaincre avec un projet artistique ambitieux de l’abandonner.

Un autre trait saillant mérite d’être relevé ; le fan d’opéra aime la performance, il ne place pas le théâtre au même niveau que la musique, et redoutent les transpositions proposées par certains metteurs en scène.

Philippe Beaussant a écrit leur manifeste « La Mal-scène » qui dénonce le metteur en scène totalitaire.

Pourquoi cela ? Pourquoi cela ne se passe pas ainsi pour le théâtre dramatique où le public admet que des chefs-d’œuvre comme Bérénice ou Tartuffe soient présentés dans des versions transposées reliées à notre monde contemporain.

La question ne se pose même pas.

Mais, à l’opéra, j’allais presque dire « quoi que l’on fasse », une partie du public manifeste ; une production trop conventionnelle « aucune réflexion, aucune imagination !», une transposition audacieuse « scandale, sacrilège ! ».

La seule explication que j’ai trouvé jusqu’ici est que le public lyrique aime l’odeur du souffre, la cruauté, et c’est notamment le cas dans les opéras latins comme à Milan, le public aime que le prototype échoue, il aime que le chanteur fasse quelque chose d’exceptionnel, ajoute une note, invente une nouvelle variation, ou rate l’air tant attendu.

Le parallèle avec le cirque s’impose. On applaudit le trapéziste moins pour la performance elle-même, à laquelle on s’habitue, que pour le frisson qu’il nous a donné en risquant la chute, voir en tombant. La peur fait vibrer, et l’accident peut rendre le plaisir encore plus pervers, le contrat avec le spectateur est fondamentalement différent de celui qui existe au théâtre, car il y a cette performance, et cette performance je la rapproche, dans une certaine mesure, de la virtuosité.

Depuis l’opéra baroque, on s’interroge sur l’adoration que suscite le virtuose ; il y a eu Farinelli, Paganini, Liszt, dans le domaine de la musique instrumentale, ou les sopranos, Joan Sutherland, Natalie Dessay, Cecilia Bartoli. Le chanteur virtuose dénaturalise la voix qui parle, comme le note Francis Wolff, et on en revient au merveilleux, à l’éblouissant, à la jouissance, guerre musicale souvent, qui rapprochent l’art lyrique de prouesses gymnastiques.

Naturellement, les plus grands, dont ceux que j’ai cités, dépassent la virtuosité propre pour mettre la technique au service de l’expression et donc de la musique.

Rigoletto - Saison 2015 / 2016, Opéra Bastille

Rigoletto - Saison 2015 / 2016, Opéra Bastille

L'élargissement du public et la question du prix à payer - 1:09:50

Quel public pour demain ?

La question du public doit être distinguée de celle du spectateur, qui représente une caractéristique plus globale, par-delà les individus.

Le prix à payer constitue un premier point inévitable, la détermination des tarifs est stratégique dans la volonté d’élargir le public.

Les études démontrent qu’il y a une élasticité prix forte, dès que les prix augmentent l’opéra perd du public ou, du moins, a davantage de difficultés à remplir certains spectacles, et l’élasticité est asymétrique. En d’autres termes, on perd beaucoup plus vite de spectateurs lorsque l’on augmente les prix, qu’on ne les regagne en les baissant.

Quant à la cherté des places, nous nous heurtons à certains préjugés ; bien sûr le prix maximum est toujours trop élevé, 210 euros à Paris, 250 euros à la Scala, 300 au MET à New-York, 320 euros à Covent Garden.

Mais j’insiste sur la relativité de ces jugements, en particulier si l’on compare avec le prix des billets des stades de football ou avec ceux des concerts pop. Peu d’entre eux, qui regrettent les prix trop élevés de l’opéra, savent que sur le million de places proposées à la vente à l’Opéra de Paris, 40% sont vendues à un prix inférieur à 70 euros.

J’ai, dans chacun des théâtres où j’ai servi, mis en œuvre une politique artistique volontariste pour élargir le public, je n’ai donc pas supprimé des pans entiers du répertoire, mais recherché la diversité à travers une exigence théâtrale et musicale.

L’objectif n’a jamais été de remplacer un public par un autre, mais d’adresser des propositions à un public toujours plus large susceptible d’être intéressé.

Il s’agit ainsi moins de renouveler le public, ce qui laisse penser à une forme d’éviction, que de l’élargir. Je l’ai indiqué un peu plus tôt, chaque directeur de maison d’opéra se demande comment il va composer ses saisons et ce qu’il va proposer au public.

L'élargissement du public et la démarche artistique - 1:12:20

Outre la question du répertoire, la démarche artistique me semble fondamentale, pour élargir le public, pour créer de nouvelles œuvres, et aussi pour donner des titres du répertoire.

Alors, quelle proposition pour demain ? 

L’élément essentiel est de rompre avec toute logique muséale. Cela suppose de choisir des titres, avec des équipes artistiques susceptibles d’avoir un regard, d’apporter une vision, de toucher le public. Il est fondamental que les équipes artistiques, et surtout le metteur en scène, parlent au public d’aujourd’hui.

La Traviata, avec la question du conformisme social, Rigoletto, avec la question des rapports entre les hommes et les femmes, sont des questions d’aujourd’hui, pour ne prendre que ces deux exemples verdiens, alors, autant vous le confesser, les seules mises en espace traditionnelles, les mises en scène purement figuratives, malgré une débauche d’effets, de figurants, de décors sont guerre intéressantes, et je ne suis pas sûr non plus qu’elles aident à élargir le public.

Elles reproduisent, pour l’essentiel, une imagerie du passé, et ne montrent en rien comment les grands thèmes évoqués par les librettistes et les compositeurs sont susceptibles d’enrichir le spectateur.

Les transpositions contemporaines ou les mises en scène qui apportent un regard peuvent plaire, intéresser ou déplaire franchement, mais je crois qu’il est dans notre mission de montrer au public que ces œuvres nous parlent, plus d’un siècle après leur création.

Il est vrai que certains cherchent à prendre des libertés invraisemblables avec la partition et les livrets, et j’en ai fait l’expérience souvent dans ma carrière.

Dernièrement, pour préparer Les Huguenots, qui ouvrira la prochaine saison à l’opéra Bastille, j’ai été confronté à un metteur en scène qui voulait couper des passages entiers de la partition, inverser des scènes, pire encore, supprimer un des rôles essentiels, intervertir des parties chantées par des personnages, et bouleverser la partition au final. Nous avons décidé avec le chef d’orchestre de recruter un autre metteur en scène.

Les balcons de la grande salle de l'Opéra Bastille

Les balcons de la grande salle de l'Opéra Bastille

La répartition du lyrique et du chorégraphique entre Bastille et Garnier - 1:14:37

A l’Opéra de Paris, nous avons la chance de disposer de deux théâtres extrêmement différents, qui permettent au directeur de choisir le meilleur écrin pour les œuvres programmées ; la question de la décoration de la salle est un premier facteur.

Au Palais Garnier et à l’opéra Bastille, l’architecture, les volumes, les couleurs de la salle ne sont pas étrangers à la manière avec laquelle le public reçoit le spectacle.

Si en 1875 les journaliste présents lors de l’inauguration avaient critiqué la taille impressionnante du Palais Garnier, en 1989, le curseur s’est déplacé vers le gigantesque vaisseau Bastille encore plus grand. Une répartition hermétique des deux salles entre le lyrique et la danse ne peut légitimement s’ancrer.

Ces architectures résonnent avec des époques, des répertoires, des genres propres au lyrique ou chorégraphique. Le répertoire lyrique continue d’avoir besoin du Palais Garnier, tandis que l’art chorégraphique trouve sur la scène de l’opéra Bastille de nouvelles potentialités, et un public plus large, plus familial, notamment pour le grand ballet classique.

En choisissant de programmer une trilogie Mozart-da Ponte au Palais Garnier, j’ai tenu à sertir les opéras de Mozart dans un cadre acoustique et spatial qui leur conviennent parfaitement, ou en demandant à un metteur en scène de réinscrire La Traviata dans les murs conçus par Charles Garnier, j’ai fait primer un choix artistique; rendre au chef-d’œuvre de Verdi l’intimité de son propos permettra au public de partager la mélancolie de Violetta et la petitesse des sentiments qui l’étouffent.

J’ajoute qu’au Palais Garnier et à Bastille ne se jouent pas les mêmes réflexes culturels, ce qui permet là encore d’élargir la proposition du public. L’opéra Bastille, imaginé et vendu comme un opéra populaire, a formidablement assumé ce rôle en multipliant le nombre de places chaque saison, et en encourageant un public néophyte à oser franchir les portes du Palais Garnier quelques stations plus loin sur la ligne n°8 du métro.

Et la 3e scène, plateforme digitale de création que nous avons initiée en 2015, est un tremplin supplémentaire vers l’une comme vers l’autre.

Face aux enjeux de l‘opéra de demain, Paris et la France ont la très grande chance de disposer d’un tel instrument de création au service de l’art lyrique.

La volonté de la puissance publique de soutenir un service public - 1:17:15

Reste une dernière question fondamentale elle aussi : la puissance publique, en Europe et en France, veut-elle vraiment un opéra pour demain ?

Si l’on est convaincu que l’opéra a un avenir et un public, pour peu que l’on sent donne les moyens dans les choix artistiques, subsiste la question la plus lourde de conséquence, en Europe et tout particulièrement en France.

Est-on certain que l’État veut et va continuer à vouloir subventionner les maisons d’opéra ? On a compris que la réponse à cette question est déterminante.

Aucune entreprise, aucun capital ne viendra s’investir dans une activité structurellement déficitaire et in-susceptible de devenir rentable.

Pour que l’opéra existe dans quelques années, la puissance publique doit admettre qu’il s'agit encore d'un service public, et qu'il ne peut s'agir que d'un service public.

Snegourotchka (La Fille de neige) - Saison 2016 / 2017, Opéra Bastille

Snegourotchka (La Fille de neige) - Saison 2016 / 2017, Opéra Bastille

Pour conclure - 1:18:24

Il me faut conclure.

Par ces propos, j’ai voulu partager une conviction, celle que l’opéra a un avenir, en France, en Europe, et peut-être surtout ailleurs dans le monde, comme de nombreux exemples le montrent à Shanghai ou au Caire.

Pour que l’avenir de l’opéra soit à la hauteur de son histoire, de ses traditions, et surtout pour qu’il relève les quelques défis que j’ai décrit, il faut que les institutions, même les plus anciennes, adoptent une attitude d’ouverture résolue et de modernité. Il faut que tout soit mis en œuvre pour que les plus jeunes bénéficient d’une éducation musicale, et pour faciliter l’accès à ces maisons souvent encore trop intimidantes.

Il faut encore que les équipes artistiques tournent le dos à une logique purement patrimoniale et visent l’excellence, l’innovation, la pertinence et qu’elle refuse toute frilosité.

J’ai donc choisi pour terminer cette intervention un extrait de La Fille de Neige de Rimski-Korsakov, mis en scène par Dmitri Tcherniakov, et dirigé par Mikhail Tatarnikov à l’opéra Bastille.

Cette production incarne à mes yeux ce que l’opéra peut offrir de plus beau au public, la découverte d’une œuvre transposée avec fidélité, pertinence et poésie, par un metteur en scène d’aujourd’hui, et servie par des musiciens d’exception.

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Publié le 11 Avril 2018

Programme de la Master class : Don Giovanni, W.A. Mozart (extraits)
Conférence du 10 avril 2018
Amphithéâtre Marguerite de Navarre (Collège de France)

Participants :
Maciej Kwaśnikowski (ténor)     Angélique Boudeville (soprano)
Marie Perbost (soprano)              Danylo Matviienko (baryton)
Mateusz Hoedt (basse-baryton)
Benjamin d’Anfray (piano)          Alessandro Pratico (piano)

Danylo Matviienko (Don Giovanni), Philippe Jordan - Deh Vieni alla finestra

Danylo Matviienko (Don Giovanni), Philippe Jordan - Deh Vieni alla finestra

Première des cinq rencontres organisées au Collège de France pour célébrer les 350 ans de l'Académie royale de Musique, la master class qu'anime ce soir Philippe Jordan invite les 400 spectateurs réunis dans l’amphithéâtre Marguerite de Navarre non seulement à découvrir cinq jeunes voix de l'Académie de l'Opéra de Paris, mais aussi à écouter et analyser avec la plus grande finesse cinq extraits de Don Giovanni, œuvre de Mozart que le directeur musical de l'institution dirigera au Palais Garnier au cours de la saison 2018 / 2019.

Philippe Jordan

Philippe Jordan

Son premier commentaire donné en introduction rappelle que bien souvent, lorsque nous commentons une interprétation, nous avons tendance à séparer la performance vocale, la mise en scène et la direction orchestrale, alors que le plus important est le rapport entre l'orchestre et les solistes, le chef étant là pour les équilibrer.

Et tout au long de ce travail, il démontre sa connaissance des moindres nuances des airs et donc son influence sur l'approche interprétative par les chanteurs.

Maciej Kwasnikowski (Don Ottavio) - Il mio tesoro

Maciej Kwasnikowski (Don Ottavio) - Il mio tesoro

Tous magnifiques, ces artistes nous font d’emblée profiter de leurs particularités vocales, Maciej Kwaśnikowski, émission élégante au timbre légèrement ombré, Angélique Boudeville, l’urgence angoissée de Donna Anna à fleur de peau qui couvre une subtile douceur sous des regards toujours attentifs à ses partenaires, la luminosité exubérante de Marie Perbost, la noirceur séductrice et animale de Danylo Matviienko qui laisse aussi poindre une gentillesse naturelle, Mateusz Hoedt que l’on n’entend qu’à la toute fin dans le trio des masques.

Maciej Kwasnikowski, Angélique Boudeville, Marie Perbost, Danylo Matviienko - Non ti fidar, o misera

Maciej Kwasnikowski, Angélique Boudeville, Marie Perbost, Danylo Matviienko - Non ti fidar, o misera

Le travail porte sur le rythme, les piani (‘Deh vieni alla finestra’), le tempérament des personnages incarnés, la différentiation entre couleurs verdiennes et couleurs mozartiennes, la tonalité des accompagnement aux pianos, et le tout est mené avec une vitalité gaie et parfois très drôle.

Philippe Jordan fait par ailleurs à plusieurs reprises des comparaisons avec Karl Böhm, chef qui représente une référence absolue, pour mieux s’en démarquer.

Le talent de ces jeunes est une leçon d'humilité pour tous.

Philippe Jordan

Philippe Jordan

Salle pleine (420 places), majoritairement remplie par des habitués du Collège de France, quelques mécènes et représentants de l'Opéra de Paris étant présents, il restait une trentaine de places pour ceux qui se présentaient spontanément au dernier moment.

La prochaine conférence dédiée à l’Opéra de Paris est prévue le 14 juin avec Stéphane Lissner.

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Publié le 24 Mars 2018

Présentation de la saison Lyrique 2018 / 2019 du Théâtre des Champs Élysées

Depuis le mercredi 21 mars 2018, la neuvième saison de Michel Franck à la direction du Théâtre des Champs Élysées est officiellement dévoilée devant une partie du public venue en nombre au théâtre en fin de journée.

Cette saison s’inscrit dans la continuité des saisons passées et comprend 3 productions d’opéras en version scénique données sur un total de 16 soirées, 22 opéras en version concert, 30 concerts symphoniques, 15 récitals vocaux, 23 récitals de piano, 18 concerts de musique de chambre, 23 concerts du dimanche matin (dont 1 matinée avec les Stabat Mater de Pergolèse et de Scarlatti et une matinée avec L’Occasion fait le larron de Rossini) et 7 ballets dansés sur 37 soirées.

Par ailleurs, une version de Carmen, Une Carmen, étoile du cirque, ramenée à une durée d’une heure et quinze minutes sera créée pour le jeune public et donnée en huit représentations sur le temps scolaire et deux en soirée tout public.

Ce spectacle sera une coproduction avec le Festival de Bregenz et l’Opéra de Rouen Normandie.

Cette ligne programmatique comporte cependant une sensible inflexion dans l’équilibre des genres musicaux puisqu’elle comprend un opéra en version scénique de moins que la saison précédente (mais ce sont trois grands metteurs en scène, Deborah Warner, Katie Mitchell et Robert Carsen qui sont invités au cours de la saison 2018 / 2019), 10 concerts symphoniques de moins, au profit de 15 concerts de piano et de musique de chambre supplémentaires.

Raymond Soubie et Michel Franck - présentation de Candide avec Sabine Devieilhe

Raymond Soubie et Michel Franck - présentation de Candide avec Sabine Devieilhe

Opéras en version scénique

La Traviata (Giuseppe Verdi)
Du 28 novembre au 09 décembre (6 représentations)

Direction musicale Jérémie Rhorer Mise en scène Deborah Warner
Vannina Santoni, Saimur Prgu, Laurent Naouri, Catherine Trottmann, Clare Presland, Marc Barrard, Francis Dudziak, Marc Scoffoni, Matthieu Justine, Anas Séguin
Le Cercle de l’Harmonie, Chœur de Radio France

Ariane à Naxos (Richard Strauss)
Du 21 au 30 mars (5 représentations)

Direction musicale Jérémie Rhorer, Mise en scène Katie Mitchell
Camilla Nylund, Roberto Sacca, Kate Lindsey, Olga Pudova, Huw Montague-Rendall, Jonathan Abernethy, Emilio Pons, David Shipley, Beate Mordal, Lucie Roche, Elena Galitskaya, Jean-Sébastien Bou, Marcel Beekman, Petter Moen, Jean-Christophe Lanièce, Maik Solbach, Guilhems Worms
Orchestre de chambre de Paris
Production du Festival d’Aix en Provence en coproduction avec les Théâtres de la ville de Luxembourg et l’opéra national de Finlande.

Iphigénie en Tauride (Christoph Willibald Gluck)
Du 22 au 30 juin (5 représentations)

Direction musicale Thomas Hengelbrock, Mise en scène Robert Carsen
Gaëlle Arquez, Stéphane Degout, Paolo Fanale, Alexandre Duhamel, Catherine Trottmann
Balthasar-Neumann-Chor-und-Ensemble
Reprise de la production Lyric Opera of Chicago, San Francisco Opera, Royal Opera House

Raymond Soubie et Michel Franck - ouverture de la présentation de la saison 2018 / 2019

Raymond Soubie et Michel Franck - ouverture de la présentation de la saison 2018 / 2019

Opéras et oratorio en version de concert (octobre à décembre 2018)

Rigoletto (Giuseppe Verdi) le 03 octobre
Ekaterina Siurina, Simon Keenlyside, Saimir Pirgu, Stanislav Trofimov, Alisa Kolosova
Gustavo Gimeno direction, Orchestre Philharmonique de Luxembourg, Philharmonia Chor Wien

Fidelio (Ludwig van Beethoven) le 06 octobre
Adrianne Pieczonka, Michael Spyres, Regula Mühlemann, Sebastian Holecek, Matthias Winckhler, Patrick Grahl
Giovanni Antonini direction, Kammerorchester Basel, Basler Madrigalisten

Candide (Leonard Bernstein) le 17 octobre
Jack Swanson, Sabine Devieilhe, Nicolas Rivenq, Anne Sofie von Otter, Jennifer Courcier, Jean-Gabriel Saint Martin
Robert Tuohy direction, Orchestre et Chœur de l’Opéra de Marseille

Requiem (Wolfgang Amadé Mozart) le 19 octobre
Emőke Baráth, Eva Zaïcik, Maximilian Schmitt, Florian Boesch baryton
Philippe Herreweghe direction, Orchestre des Champs-Elysées, Collegium Vocale Gent

Serse (Georg Friedrich Haendel) le 24 octobre
Franco Fagioli, Inga Kalna, Vivica Genaux, Francesca Aspromonte, Delphine Galou, Andreas Wolf, Biagio Pizzuti Elviro
Maxim Emelyanychev direction et clavecin, Il Pomo d’Oro

La Bohème (Giacomo Puccini) le 27 octobre
Erika Grimaldi, Iván Ayón Rivas, Francesca Sassu, Benjamin Cho, Nicola Ulivieri, Matteo Peirore
Gianandrea Noseda direction, Orchestre et Chœur du Teatro Regio Torino

Nabucco (Giuseppe Verdi) le 09 novembre
Leo Nucci, Anna Pirozzi, Antonio Poli, Riccardo Zanellato, Enkelejda Shkoza
Daniele Rustioni direction, Orchestre et Chœurs de l’Opéra national de Lyon

Maria Stuarda (Gaetano Donizetti) le 06 décembre
Joyce DiDonato, Carmen Giannattasio, René Barbera, Nicola Ulivieri, Marc Barrard, Cecil Jennifer
Speranza Scappucci direction, Orchestre de chambre de Paris, Ensemble Lyrique Champagne-Ardenne

Rodelinda (Georg Friedrich Haendel) le 10 décembre
Jeanine de Bique, Tim Mead, Benjamin Hulett, Romina Basso, Andrea Mastroni, Paul-Antoine Bénos-Djian
Emmanuelle Haïm direction, Le Concert d’Astrée

L’enfance du Christ (Hector Berlioz) le 14 décembre
Stéphanie D’Oustrac, Bernard Richter, Edwin Crossley-Mercer, Nicolas Testé
Emmanuel Krivine direction, Orchestre National de France Chœur de Radio France

Carmen Giannattasio (Elisabetta) dans Maria Stuarda

Carmen Giannattasio (Elisabetta) dans Maria Stuarda

Opéras et oratorio en version de concert (janvier à juin 2019)

Don Giovanni (Wofgang Amadé Mozart) le 10 janvier
Erwin Schrott, David Steffens, Benjamin Bruns, Julia Kleiter, Lucy Crowe, Jonathan Lemalu, Regula Mühlemann Zerlina
Giovanni Antonini direction, Kammerochester Basel Deutscher Kammerchor

Arabella (Richard Strauss) le 11 janvier
Anja Harteros, Kurt Rydl, Doris Soffel, Hanna-Elisabeth Müller, Michael Volle, Daniel Behle, Dean Power, Sean Michael Plumb, Callum Thorpe, Sofia Fomina, Heike Grötzinger
Constantin Trinks direction, Bayerisches Staatsorchester, Chor der Bayerischen Staatsoper

Stabat Mater (Pergolèse) le 18 février
Katherine Watson, Jakub Józef Orliński
Julien Chauvin violon et direction, Le Concert de la Loge

Passion selon saint Jean (Jean-Sébastien Bach) le 29 mars
Johanna Winkel, Wiebke Lehmkuhl, Nicholas Mulroy, Peter Harvey, Matthias Winckhler
Hans-Christoph Rademann direction, Chœur et orchestre du Gaechinger Cantorey

Armide (Jean-Baptiste Lully) le 01 avril
Révision de Louis-Joseph Francœur (recréation de la version inédite de 1778)
Véronique Gens, Reinoud Van Mechelen, Tassis Christoyannis, Chantal Santon-Jeffery, Katherine Watson, Philippe-Nicolas Martin, Zachary Wilder
Hervé Niquet direction, Chœur et orchestre du Concert Spirituel

Semele (Georg Friedrich Haendel) le 03 avril
Brenda Rae, Elizabeth DeShong, Benjamin Hulett, Soloman Howard, Christopher Lowry, Ailish Tynan
Harry Bicket direction, The English Concert, The Clarion Choir direction Steven Fox

Manon (Jules Massenet) le 06 avril
Juan Diego Flórez, Nino Machaidze, Marc Barrard, Jean-Gabriel Saint Martin, Raphaël Brémard, Jean-Christophe Lanièce, Jennifer Michel, Tatiana Probst, Eléonore Pancrazi
Frédéric Chaslin direction, Orchestre National de Belgique, Chœur Octopus

Stabat Mater (Pergolèse et Alessandro Scarlatti) le dimanche 14 avril matin
Maïlys de Villoustreys, Paul Figuier
Jean Claude Magloire direction, La Grande Écurie et la Chambre du Roy

Passion selon saint Matthieu (Jean-Sébastien Bach) le 19 avril
Sandrine Piau, Krešimir Stražanac, Maximilian Schmitt, Sophie Harmsen, Krystian Adam, Johannes Weisser
Václav Luks direction, Orchestre National de France, Chœur de Radio France, Maîtrise de Radio France

L'Occasion fait le Laron (Gioacchino Rossini) le dimanche 26 mai matin
Christian Senn, Sergio Gallardo, Jérémie Duffau, Nicolas Rivenq, Clémence Tilquin, Pauline Sabatier
Jean Claude Magloire direction, La Grande Écurie et la Chambre du Roy

Hippolyte et Aricie (Jean-Philippe Rameau) le 26 mai
Cyrille Dubois, Mélissa Petit, Stéphanie D’Oustrac, Jean-François Lapointe, Wenwei Zhang, Hamida Kristoffersen, Spencer Lang
Emmanuelle Haïm direction, Orchestra La Scintilla Zurich, Chœur de l’Opéra de Zurich

L’Orfeo (Claudio Monteverdi) le 28 mai
Emiliano Gonzalez-Toro, Emőke Baráth, Mathias Vidal, David Szigetvari, Fulvio Bettini, Eva Zaïcik, Mathilde Etienne, Frédéric Caton, Léa Desandre, Jérôme Varnier
Emiliano Gonzalez-Toro direction, Thomas Dunford luth et direction, I Gemelli

Agrippina (Georg Friedrich Haendel) le 29 mai
Joyce DiDonato, Kathryn Lewek, Luca Pisaroni, Marie-Nicole Lemieux, Franco Fagioli, Andrea Mastroni, Jakub Józef Orliński, Biagio Pizzuti
Maxim Emelyanychev direction et clavecin, Il Pomo d’Oro

Maître Péronilla (Jacques Offenbach) le 01 juin
Véronique Gens, Tassis Christoyannis, Anaïs Constans, Chantal Santon-Jeffery, Antoinette Dennefeld, Eric Huchet, François Piolino, Patrick Kabongo, Loïc Félix, Yoann Dubruque, Matthieu Lécroart, Raphaël Brémard, Jérôme Boutillier, Antoine Philippot, Philippe-Nicolas Martin, Loïc Morbihan, Diana Axentii
Markus Poschner direction, Orchestre National de France, Chœur de Radio France

Emőke Baráth dans l'Orfeo et le Requiem de Mozart

Emőke Baráth dans l'Orfeo et le Requiem de Mozart

Les Récitals vocaux

Jonas Kaufmann – Liszt, Strauss, Mahler, Wolf le 20 septembre
Concert des lauréats du concours Voix Nouvelles le 24 septembre
Elsa Dreisig – Mozart, Steibelt, Rossini, Massenet, Gounod, Puccini, Strauss le 13 octobre
Aleksandra Kurzak & Roberto Alagna – Puccini le 06 novembre
Pretty Yende – Haendel, Mozart le 15 décembre
Nadine Sierra – Bel canto, Bernstein le 12 janvier
Les Mozart de l’Opéra – Présentation Rocelyne Bachelot le 18 janvier
Sandrine Piau – Leo, Haendel, Hasse, Porpora, Vivaldi le 19 janvier
Patricia Petibon – Granados, Giménez, De Falla, Puccini, Gounod, Massenet, Bernstein le 21 janvier
Barbara Hendricks Chants sacrés et Negro spirituals le 12 février
Magdalena Kozena – Mozart, Gluck le 13 février
Michael Volle – Bach le 20 février
Marianne Crebassa, Fazil Say – Ravel, Debussy, Fauré, Satie le 25 mars
Philippe Jaroussky – Monteverdi, Cavalli le 05 avril
Sandrine Piau, Tim Mead – Haendel le 17 avril

Plafond Art Deco de la salle du Théâtre des Champs-Elysées

Plafond Art Deco de la salle du Théâtre des Champs-Elysées

Concerts (sélection subjective)

Orchestre de chambre de Paris – Douglas Boyd, Mark Padmore – Britten, Lavandier le 19 septembre
Philharmonia – Esa-Pekka Salonen – Wagner, Schoenberg, Bruchner le 05 octobre
Wiener Philharmoniker – Valery Gergiev, Denis Matsuev (piano) le 09 octobre
Orquestra Filarmonica de Minas Gerais – Fabio Mechetti, Nelson Freire (piano) le 10 octobre
Orchestre de chambre de Paris – David Reiland, Julien-Laferrière – Mozart, Wagner le 11 octobre
Orchestre de chambre de Paris – Jonathan Cohen, Stéphanie d’Oustrac – Mozart le 08 novembre
Leif Ove Andsnes (piano) - Schumann, Janacek, Bartok le 11 décembre
Borusan Istanbul Philharmonic Orchestra – Sasha Goetzel - Balakirev, Stravinsky le 13 décembre
Sunwook Kim (piano) – Mozart, beethoven, Debussy, Chopin le 22 janvier
Orchestre Philharmonique de Saint-Petersbourg – Yuri Termikarov, Boris Berezovsky - Tchaïkovski le 23 janvier
Philharmonisch Orkest – Valery Gergiev, Sergey Khachatryan – Chostakovitch, Prokofiev le 26 janvier
London Philharmonic Orchestra – Robin Ticciati, Christian Tetzlaff – Sibelius, Bruchner le 03 février
Orchestre de chambre de Paris – Douglas Boyd, Mark Padmore – Schubert le 14 février
Rotterdams Philharmonisch Orkest – Yannick Nézet-Séguin, Mikhail Petrenko – Mahler, Chostakovitch le 23 mars
Philharmonia Orchestra Paavo Järvi, Vadim Repin – Sibelius, Tchaikovsky le 13 mai
Mahler Chamber Orchestra – Andsnes, Truscott – Haydn, Mozart le 18 mai
Orchestre des Champs-Elysées – Louis Langrée, Anne Sofie von Otter Ravel – le 20 mai
Wiener Philharmoniker – Mariss Jansons - Berlioz, Schumann le 04 juin
Bertrand Chamayou (piano) – Saint-Saëns, Haendel, Liszt, Koechlin, Fauré, Hahn le 19 juin

Présentation du récital de Marianne Crebassa et Fazil Say

Présentation du récital de Marianne Crebassa et Fazil Say

Première impression sur la saison 2018 / 2019

Avec un opéra en version scénique, Iphigénie en Tauride, et cinq opéras et oratorios en version de concert (réunissant Rameau, Offenbach, Lully, Massenet et Berlioz), l’Opéra français continue à être relativement bien représenté, dont deux raretés, Maître Péronilla et Armide dans la version révisée de Louis-Joseph Francoeur, et toutes les œuvres sont par ailleurs concentrées sur les 6 derniers mois de la saison.

Cette place laissée à ces compositeurs français se fait au détriment de Rossini qui n'obtient aucune soirée de la saison.

Dans une maison où le répertoire italien est toujours aussi largement prédominant (la moitié des versions de concert) et la répartition du répertoire entre XVIIIe et XIXe siècle équitablement préservée (80% des soirées), on passerait rapidement sur la seule véritable nouvelle production du théâtre, La Traviata, si elle n’était confiée à Deborah Warner, jouée sur un véritable diapason verdien à 432 Hz, et interprétée par Vannina Santoni, que l’on retrouvera dans La Nonne Sanglante à l’Opéra-Comique et Pamina à l’opéra Bastille. On peut s'attendre à un engagement théâtral poignant et signifiant.

La chute de la subvention de la caisse des dépôts, 300 000 euros de moins par an pendant 3 ans sur un montant initial de 10 millions d’euros, contraint donc la programmation puisqu'il n'y aura plus que 16 soirées d'opéras en version scénique, mais n'atteint pas le nombre de soirées de récitals vocaux et d’opéras et oratorios en version de concert (près de 40 soirées au total), ce qui permettra d'entendre seulement 2 œuvres de Bach, mais 4 de Haendel, une de Bernstein et une de Monteverdi.

Maria Stuarda, avec Joyce DiDonato, Carmen Giannattasio et René Barbera, L’enfance du Christ avec Stéphanie D’Oustrac, Bernard Richter et Edwin Crossley-Mercer, Hippolyte et Aricie avec Cyrille Dubois, Mélissa Petit, Stéphanie D’Oustrac, Jean-François Lapointe et Agrippina avec Joyce DiDonato, Kathryn Lewek, Luca Pisaroni, Marie-Nicole Lemieux, Franco Fagioli devraient être des sommets de la programmation.

Enfin, la nouvelle production d’Ariane à Naxos, en provenance d’Aix, et la version de concert d’Arabella avec Anja Harteros devraient consoler les mélomanes des trois ans d’absence de Richard Strauss du répertoire de l’Opéra de Paris, et permettre au théâtre d’ancrer solidement une attache sur le XXe siècle.

L'intégralité de la saison c'est ici.

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Publié le 30 Janvier 2018

Présentation de la saison Lyrique 2018 / 2019 de l’Opéra National de Paris
Saison anniversaire des 350 ans de l’Académie Royale de Musique
Le 29 janvier 2018 - Palais Garnier

Pour célébrer les 350 ans de l'Académie Royale de Musique fondée par Louis XIV, Stéphane Lissner a présenté à la presse et aux Mécènes de l'Opéra, sur la scène du Palais Garnier, sa quatrième saison à travers une soirée dédiée aux artistes.

La saison 2018/2019 comprendra 7 Nouvelles Productions principales (dont 3 en coproduction) ainsi qu'une nouvelle production de La Chauve-Souris au MC 93 de Bobigny avec les artistes de l'Académie.

12 reprises seront par ailleurs montées ce qui permettra à l'institution d'afficher plus de 200 représentations lyriques.

Et les 30 ans de l'ouverture de l'Opéra Bastille seront célébrés par la nouvelle production des Troyens mise en scène par Dmitri Tcherniakov.

L'année 2019 sera également marquée par un nombre important de conférences au collège de France et au centre Pompidou (Paris) et d'expositions sur Le Grand Opéra (Palais Garnier), L'Académie royale de Musique (Palais Garnier), Opéra et arts visuels au XXe et XXIe siècle (Centre Pompidou-Metz), Edgar Degas à l'Opéra (Musée d'Orsay).

2017 s'est enfin achevée par de très bons résultats financiers avec des comptes à l'équilibre, des recettes de billetterie à leur plus haut niveau (73 millions d'euros HT), et un important soutien du mécénat (près de 16 millions d'euros).

Autour de Degas - Les élèves de l'Ecole de danse de l'Opéra National de Paris

Autour de Degas - Les élèves de l'Ecole de danse de l'Opéra National de Paris

Les Nouvelles Productions

Les Huguenots (Giacomo Meyerbeer – 1836) – Nouvelle Production
Du 28 septembre au 24 octobre 2018 (9 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Michele Mariotti / Lukasz Borowicz, mise en scène Andreas Kriegenburg
Diana Damrau, Bryan Hymel, Ermonela Jaho, Karine Deshayes, Nicolas Testé, Paul Gay, Julie Robart-Gendre, François Rougier, Florian Sempey, Cyrille Dubois, Michal Partyka, Patrick Bolleire, Tomislav Lavoie, Elodie Hache, Philippe Do

Œuvre jouée pour la dernière fois le 28 novembre 1936 au Palais Garnier

Depuis l'ouverture du Palais Garnier, en 1875, et jusqu'au milieu des années 30, Les Huguenots faisaient partie des cinq opéras les plus joués au sein de l'institution parisienne. Comme toutes les œuvres issues du genre du Grand opéra français abordant un épisode historique - il s'agit ici des évènements ayant conduit au massacre de la Saint-Barthélemy le 24 août 1572 -, ils disparurent du répertoire à la veille de la Seconde Guerre Mondiale. Après 82 ans d'absence, ils sont à nouveau représentés sur les planches de Bastille dans une mise en scène d'Andreas Kriegenburg, le régisseur du précédent Ring de Wagner à l'opéra de Munich, qui fait ainsi ses débuts à l'Opéra de Paris.

Karine Deshayes - Nobles Seigneurs, salut (air d'Urbain, Les Huguenots)

Karine Deshayes - Nobles Seigneurs, salut (air d'Urbain, Les Huguenots)

Bérénice (Michael Jarrell – 2018) – Nouvelle Production
Du 29 septembre au 17 octobre 2018 (7 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Claus Guth
Bo Skovhus, Barbara Hannigan, Florian Boesch, Alastair Miles, Julien Behr, Rina Schenfeld

Création mondiale

Basée sur la pièce Bérénice de Jean Racine représentée pour la première fois à l’hôtel de Bourgogne le 21 novembre 1670, la version lyrique qui sera portée sur la scène du Palais Garnier à l'automne 2018, sur la musique du compositeur suisse Michael Jarrell, constituera le second volet du cycle de créations musicales mettant en scène des ouvrages littéraires français, débuté la saison précédente avec Trompe-la-mort.

Bérénice, Reine de Palestine, est emmenée à Rome par Titus une fois le siège de Jérusalem remporté - c'est lors de cet évènement, en août 70 après J.C, que le second Temple fut détruit -, mais rencontre l'opposition du Sénat qui ne souhaite pas d'une étrangère comme impératrice.

Ce sujet est également celui qui inspira le dernier opéra méconnu d'Albéric Magnard, Bérénice, créé à l'Opéra Comique en 1911.

Simon Boccanegra (Giuseppe Verdi – 1881) – Coproduction Deutsche Oper, Berlin
Du 15 novembre au 13 décembre 2018 (10 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Fabio Luisi, mise en scène Calixto Bieito
Ludovic Tézier, Mika Kares, Maria Agresta / Anita Hartig, Francesco Demuro, Nicola Alaimo, Mikhail Timoshenko

Œuvre jouée pour la dernière fois le 10 mai 2007 à l’opéra Bastille

Après une prise de rôle qui galvanisa le public parisien un soir de dimanche au Théâtre des Champs-Élysées l'année dernière, Ludovic Tézier fera sa prise de rôle scénique de Simon Boccanegra sur le plateau Bastille, dans une mise en scène de Calixto Bieito. Violence et enjeux politiques aux résonances contemporaines seront probablement traduits par une lecture saillante du destin de ce corsaire élu Doge de Gênes par le peuple le 24 septembre 1339, et qui du faire face à une mortelle conspiration tournée contre lui.

Sondra Radvanovsky (Amélia - Simon Boccanegra)

Sondra Radvanovsky (Amélia - Simon Boccanegra)

Il Primo Omicidio (Alessandro Scarlatti – 1707) – Coproduction Staatsoper Unter den Linden, Berlin et Teatro Massimo, Palerme
Du 24 janvier au 23 février 2019 (12 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale René Jacobs, B’Rock Orchestra, mise en scène Romeo Castellucci
Kristina Hammarstöm, Olivia Vermeulen, Birgitte Christensen, Thomas Walker, Benno Schachtner, Robert Gleadow

Entrée au répertoire de l’Opéra National de Paris

Compositeur fondamental du baroque italien, Alessandro Scarlatti est l'auteur d'une centaine d'opéras et une quarantaine d'oratorios créés entre Palerme, Naples, Florence, Rome et Venise.

Il Primo Omicidio appartient à sa période tardive de création, la plus talentueuse dans le répertoire sacré, et est rarement représenté sur scène - l'opéra de Mayence en a donné une version en 2012 dans une mise en scène de Tatjana Bürbaca.

Comme pour Moise et Aaron en 2015, Romeo Castellucci, fasciné par la beauté des sujets bibliques, sera le metteur en scène de cet oratorio qui évoque le premier meurtre de l'histoire.

Conversation avec Romeo Castellucci

Conversation avec Romeo Castellucci

Les Troyens (Hector Berlioz – 1863) – Nouvelle Production
Du 25 janvier au 12 février 2019 (7 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Dmitri Tcherniakov
Stéphanie d’Oustrac, Michèle Losier, Véronique Gens, Bryan Hymel, Stéphane Degout, Christian Helmer, Thomas Dear, Paata Burchuladze, Jean-Luc Ballestra, Jean-François Marras, Sophie Claisse, Elina Garanca, Aude Extremo, Cyrille Dubois, Bror Magnus Todenes, Christian Van Horn, Tomislav Lavoie, Bernard Arrieta

Œuvre jouée pour la dernière fois le 14 novembre 2006 à l’opéra Bastille

Composé pour le Théâtre Lyrique en 1863, où seule la seconde partie Les Troyens à Carthage sera représentée, Les Troyens ne sont entrés au répertoire de l'Opéra de Paris qu'en 1921, et ont eu l'honneur de faire l’ouverture de Bastille en 1989 dans une mise en scène de Pier-Luigi Pizzi.

En 2006, Gerard Mortier reprit la mise en scène forte et élégante d'Herbert Wernicke, qui supprimait toutefois les ballets originels, et c'est donc une version intégrale, comme pour le Don Carlos joué ici en 2017, qui sera interprétée sur scène sous la direction musicale de Philippe Jordan et la direction scénique de Dmitri Tcherniakov, qui, auparavant, a brillamment illustré dans La Légende de la ville invisible de Kitège, donnée à l'opéra d'Amsterdam en 2012, son approche du thème de la décadence des civilisations.

Lady Macbeth de Mzensk (Dmitri Chostakovitch – 1934) – Nouvelle Production
Du 6 avril au 25 avril 2019 (7 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Ingo Metzmacher, mise en scène Krzysztof Warlikowski
Dmitry Ulyanov, John Daszak, Ausrine Stundyte, Pavel Cernoch, Sofija Petrovic, Wolfgang Ablinger-Sperrhacke, Oksana Volkova, Andrei popov, Krzysztof Baczyk, Veta Pilipenko, Alexander Tsymbalyuk, Sava Vemic, Florent Mbia

Œuvre jouée pour la dernière fois le 30 janvier 2009 à l’opéra Bastille

Le cycle de nouvelles productions d'œuvres russes se poursuit cette saison avec Lady Macbeth de Mzensk, projet lyrique initié par Dmitri Chostakovitch en 1930 à partir de la nouvelle de Nikolaï leskov (1865).

Après Nancy (1989) et Toulouse (1991), ce chef-d’œuvre interdit par Staline a pour la première fois été joué à Paris sur la scène Bastille en 1992, dans une mise en scène d'André Engel, avant que Gerard Mortier ne fasse venir sur cette même scène, en 2009, la production de Martin Kusej qui lui vaudra le Grand prix du Syndicat de la critique.

En 2019, c'est Krzysztof Warlikowski qui défendra la personnalité et les actes de Katerina Ismailova.

Stéphane Lissner - Palais Garnier, 29 janvier 2018

Stéphane Lissner - Palais Garnier, 29 janvier 2018

Don Giovanni (Wolfgang Amadé Mozart – 1787) – Coproduction Metropolitan Opera, New-York
Du 11 juin au 13 juillet 2019 (12 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Ivo Van Hove
Etienne Dupuis, Ain Anger, Jacquelyn Wagner, Stanislas de Barbeyrac, Nicole Car, Philippe Sly, Mikhail Timoschenko, Elsa Dreisig

Œuvre jouée pour la dernière fois le 18 octobre 2015 à l’opéra Bastille

Le cycle Da Ponte initié à Garnier avec Cosi fan Tutte se poursuit avec une nouvelle production de Don Giovanni confiée à Ivo van Hove, metteur en scène néerlandais qui a déjà dirigé deux productions d'opéras de Mozart à La Monnaie de Bruxelles, Idomeneo, en 2010, et La Clemenza di Tito en 2013.

A Jacquelyn Wagner et Philippe Sly, partenaires dans Cosi fan tutte, se joindront Stanislas de Barbeyrac, Nicole Car et Etienne Dupuis, qui fera ses débuts dans le rôle titre.

Conversation avec Julie Fuchs, Philippe Jordan et Philippe Sly

Conversation avec Julie Fuchs, Philippe Jordan et Philippe Sly

L'Académie

Die Fledermaus (Johan Strauss – 1874) - Coproduction MC93 Bobigny
Du 13 mars au 23 mars 2019 (6 représentations au MC93 Bobigny)

Direction musicale Faycal Karoui, mise en scène Célie Pauthe
Avec les artistes en résidence à l'Académie de l'Opéra National de Paris

Œuvre jouée pour la dernière fois le 03 février 2004 à l’opéra Bastille

En 1944, La Chauve-Souris fut l'une des œuvres représentées dans le camp de Theresienstadt où nombre d'artistes vécurent et parfois moururent. Célie Pauthe, metteur en scène de théâtre français associée au Théâtre de la Colline puis à l'Odéon Théâtre de l'Europe, s'est inspirée de ce contexte concentrationnaire pour saisir l'élan d'une musique salvatrice avec les jeunes artistes de l'Académie de l'Opéra de Paris.

Présentation de la saison lyrique 2018 / 2019 de l'Opéra de Paris

Les Reprises

Tristan et Isolde (Richard Wagner – 1865) – En Collaboration avec la Los Angeles Philharmonic Association et le Lincoln Center for the Performing Art
Du 11 septembre au 09 octobre 2018 (9 représentations à l’opéra Bastille)
Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Peter Sellars, création vidéo Bill Viola
Andreas Schager, René Pape, Martina Serafin, Matthias Goerne, Ekaterina Gubanova, Nicky Spence, Neal Cooper, Tomasz Kumiega

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 04 mai 2014

La Traviata (Giuseppe Verdi – 1853)
Du 29 septembre au 26 octobre et du 11 au 29 décembre 2018 (17 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Giacomo Sagripanti / Karel Mark Chichon, mise en scène Benoît Jacquot
Aleksandra Kurzak / Ermonela Jaho, Virginie Verrez, Isabelle Druet / Cornelia Oncioiu, Jean-François Borras / Charles Castronovo / Roberto Alagna, George Gagnidze / Luca Salsi / Ludovic Tézier.

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 29 juin 2016

Ludovic Tézier (Simon Boccanegra)

Ludovic Tézier (Simon Boccanegra)

L’Elixir d’Amour (Gaetano Donizetti – 1832) – Coproduction Royal Opera House, Covent Garden, Londres
Du 25 octobre au 25 novembre 2018 (11 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Giacomo Sagripanti, mise en scène Laurent Pelly
Lisette Oropesa / Valentina Nafotnita, Vittorio Grigolo / Paolo Fanale, Etienne Dupuis, Gabriele Viviani, Adriana Gonzales

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 25 novembre 2015

La Cenerentola (Gioacchino Rossini – 1817)
Du 23 novembre au 26 décembre 2018 (12 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Evelino Pido, mise en scène Guillaume Gallienne
Lawrence Brownlee, Florian Sempey, Alessandro Corbelli, Chiara Skerath, Isabelle Druet, Marianne Crebassa, Adam Plachetka

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 13 juillet 2017

Conversation avec Florian Sempey et Robert Carsen

Conversation avec Florian Sempey et Robert Carsen

Rusalka (Antonin Dvorak – 1901)
Du 29 janvier au 13 février 2019 (6 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Susanna Mälkki, mise en scène Robert Carsen
Klaus Florian Vogt, Karita Mattila, Camilla Nylund, Thomas Johannes Mayer, Ekaterina Semenchuk, Danylo Matviienko, Jeanne Ireland, Andreea Soare, Emanuela Pascu, Elodie Méchain, Tomasz Kumiega

 Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 26 avril 2015

Otello (Giuseppe Verdi – 1887)
Du 7 mars au 4 avril 2019 (11 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Bertrand de Billy, mise en scène Andrei Serban
Roberto Alagna / Aleksandrs Antonenko, George Gagnidze, Frédéric Antoun, Alessandro Liberatore, Paul Gay, Thomas Dear, Aleksandra Kurzak / Hibla Gerzmava, Marie Gautrot

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 16 juillet 2011

Don Pasquale (Gaetano Donizetti - 1843) – Coproduction Royal Opera House, Covent Garden, Londres et Teatro Massimo, Palerme
Du 22 mars au 16 avril 2019 (9 représentations au Palais Garnier)
Direction musicale Michele Mariotti, mise en scène Damiano Michieletto
Michele Pertusi, Mariuz Kwiecien, Javier Camarena, Pretty Yende, Frédéric Guieu

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 12 juillet 2018

Carmen (Georges Bizet – 1875)
Du 11 avril au 23 mai 2019 (15 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Lorenzo Viotti, mise en scène Calixto Bieito
Roberto Alagna / Jean-François Borras, Roberto Tagliavini, Boris Grappe, François Rougier, François Lis, Jean-Luc Ballestra, Anita Rachvelishvili / Ksenia Dudnikova, Nicole Car / Anett Fritsch, Valentine Lemercier, Gabrielle Philiponet

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 16 juillet 2017

La Flûte enchantée (Wolfgang Amadé Mozart – 1791) – Coproduction Festspielhaus, Baden-Baden
Du 27 avril au 15 juin 2019 (14 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Henrik Nanasi, mise en scène Robert Carsen
Julien Behr, Chiara Skerath, Julie Robert-Gendre, Elodie Méchain, Florian Sempey, Chloé Briot, Nicolas Testé, Mathias Vidal, Vannina Santoni, Jodie Devos, Martin Gantner, Tomislav Lavoie, Vincent Delhourne, Martin Homrich

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 23 février 2017

Artistes de l'Académie de l'Opéra National de Paris et de l'Opéra Studio Bolchoï (Berceuse de Iolanta)

Artistes de l'Académie de l'Opéra National de Paris et de l'Opéra Studio Bolchoï (Berceuse de Iolanta)

Iolanta / Casse-Noisette (Piotr Ilyitch Tchaïkovski – 1892)
Du 9 mai au 24 mai 2019 (9 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Tomas Hanus, mise en scène Dmitri Tcherniakov
Ain Anger, Valentina Nafonita, Dmytro Popov, Artur Rucinski, Johannes Martin Kränzle, Vasily Efimov, Gennady Bezzubenkov, Sylvie Brunet, Adriana Gonzalez, Emanuela Pascu

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 01 avril 2016

Tosca (Giacomo Puccini – 1900)
Du 16 mai au 23 juin 2019 (12 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Dan Ettinger, mise en scène Pierre Audi
Anja Harteros / Martina Serafin / Sonya Yoncheva, Jonas Kaufmann / Marcelo Puente, Zeljko Lucic / Luca Salsi, Krzysztof Baczyk, Nicolas Cavallier, Rodolphe Briand, Igor Gnidii, Christian Rodrigue Moungoungou

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 18 octobre 2016

La Force du Destin (Giuseppe Verdi – 1862) – Coproduction Gran Teatre del Liceu, Barcelone
Du 6 juin au 9 juillet 2019 (10 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Nicola Luisotti, mise en scène Jean-Claude Auvray
Carlo Cigni, Anja Harteros / Elena Stikhina, Zeljko Lucic, Brian Jagde, Varduhi Abrahamyan, Rafal Siwek, Gabriele Viviani, Majdouline Zerari, Rodolphe Briand, Lucio Prete, Laurent Laberdesque

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 17 décembre 2011

Julie Fuchs (Papillon inconstant - Les Indes Galantes)

Julie Fuchs (Papillon inconstant - Les Indes Galantes)

Premières impressions sur la saison 2018/2019

L’opéra en langue française

Pour sa quatrième saison à la direction de l’Opéra National de Paris, Stéphane Lissner poursuit une ligne très claire de mise en valeur de la langue française en lui consacrant pas moins de trois nouvelles productions dans trois genres différents : le Grand Opéra français, représenté par Les Huguenots, qui reviennent après 82 ans d’absence sur la scène parisienne, la Tragédie lyrique antique, monumentalement portée par Les Troyens, et une création contemporaine inspirée de la Tragédie historique de Racine, Bérénice, ressuscitée sur la musique du compositeur suisse Michael Jarrell.

Philippe Jordan dirigera ces deux derniers ouvrages, ainsi que Don Giovanni et Tristan et Isolde, soit 35 soirées lyriques.

Un quatrième genre d’opéra français, l’Opéra-comique, sera défendu par Carmen dans la mise en scène de Calixto Bieito à Bastille.

L’opéra biblique

Une autre ligne se détache nettement, celle de l’opéra biblique qui, après Moise et Aaron, Samson et Dalila et Jephtha, se prolonge avec Il Primo Omicidio d’Alessandro Scarlatti, permettant ainsi à ce compositeur napolitain, né probablement à Palerme, d’entrer au répertoire de l’Académie Royale de Musique, trois siècles après son existence.

Jamais, dans l’histoire de l’institution, cette orientation sacrée n’est apparue aussi saillante.

Le répertoire slave

Les œuvres slaves ont également retrouvé leur place perdue sous le mandat de Nicolas Joel, et la nouvelle production de Lady Macbeth de Mzensk confiée à Krzysztof Warlikowski, avec Ausrine Stundyte dans un rôle qu’elle a formidablement interprété à l’Opéra des Flandres et l’Opéra de Lyon, sera un must de la saison, car l’adéquation entre l’œuvre et les personnalités des interprètes et du metteur en scène est fortement concomitante pour ne pas créer un choc lyrique mémorable.

Iolanta / Casse-Noisette et Rusalka seront également défendus par des distributions de haut-vol.

Mozart à Garnier

Quant à la ligne mozartienne, son progressif enracinement au Palais Garnier s’accentue avec la nouvelle production du second volet de la Trilogie Da Ponte, Don Giovanni, mis en scène par Ivo van Hove, qui fait suite à la vision chorégraphique de Cosi fan Tutte par Anne Terera de Keersmaeker en 2017.

La reprise de La Flûte Enchantée à Bastille permettra de ne pas laisser à Tristan et Isolde la seule chance d’entendre le chant allemand sur cette grande scène.

Giuseppe Verdi et le répertoire italien

On constate en effet que la prépondérance des œuvres de Giuseppe Verdi observée pour la saison en cours (un quart des soirées) est maintenue pour la saison 2018/2019 avec pas moins de 4 œuvres, dont la nouvelle production de Simon Boccanegra qui sera mise en scène par Calixto Bieito.

Cette prédominance du compositeur italien, qui surpasse celle observée au Metropolitan Opera de New-York, a cependant pour revers de restreindre l’espace laissé aux répertoires germaniques et britanniques.

Mais la saison 2018 / 2019 permettra à La Traviata de rejoindre pour la première fois les 10 œuvres les plus jouées à l’Opéra de Paris, mouvement qui se renforcera la saison d’après quand la nouvelle production de cet ouvrage sera confiée à Simon Stone au Palais Garnier.

Et deux opéras de Gaetano Donizetti présents au cours de la même saison, cela ne s’était plus produit depuis 2006. L’Elixir d’Amour fait dorénavant partie des 30 ouvrages les plus joués du répertoire.

La forte représentativité du répertoire du XIXe siècle sur 4 ans

Benjamin Britten, qui aurait dû faire son retour avec une nouvelle production de Mort à Venise, sous le mandat de Nicolas Joel, et dont une nouvelle production de Billy Budd par Deborah Warner est attendue ici même, est toujours absent des grandes salles depuis huit ans, et Richard Strauss est pour la troisième saison consécutive tenu à l’écart de la programmation.

Mais personne ne se plaindra de la reprise de Tristan et Isolde de Richard Wagner dans la mise en scène de Peter Sellars, sublimée par la vidéographie de Bill Viola, quand on sait que Gerard Mortier pensait que les droits sur cette production seraient définitivement perdus dès 2008.

La conséquence de la prévalence du répertoire italien (60%) et du XIXème siècle (70% des représentations !), la saison prochaine, est de créer un déséquilibre programmatique que l'on espère passager. Seules les deux prochaines saisons pourront confirmer, ou infirmer, cette orientation qui pourrait réduire la place de l’opéra du XXe siècle, pourtant passionnant à défendre.

Les artistes français

Parmi les artistes invités, une place de choix est laissée aux chanteurs francophones, Etienne Dupuis, Florian Sempey, Cyrille Dubois, Karine Deshayes, Stanislas de Barbeyrac, Stéphanie d’Oustrac, Julien Behr, Jean-François Borras, Jodie Devos, Ludovic Tézier, Stéphane Degout, Nicolas Testé, Roberto Alagna, Marianne Crebassa, aussi bien dans les œuvres françaises qu’italiennes.

Les stars, les chefs, les metteurs en scène

Distribués dans nombre de reprises, principalement italiennes, Ermonela Jaho, Jonas Kaufmann, Anja Harteros, Sonya Yoncheva, Aleksandrs Antonenko, Vittorio Grigolo, Klaus Florian Vogt, Karita Mattila, Mariuz Kwiecien, Javier Camarena et bien d’autres sont la promesse d’interprétations mémorables et vraisemblablement originales.

Et l’excellente adéquation des metteurs en scène, tous issus d’écoles de théâtres européens novateurs, aux œuvres dont ils auront la charge de proposer un nouveau regard, est la marque la plus prégnante de la volonté de Lissner de confirmer ses choix en termes de représentation théâtrale.

Un seul nouveau nom apparaît toutefois cette saison, celui d’Andreas Kriegenburg dans Les Huguenots, il faudra donc attendre la saison 2019/2020 pour découvrir Barrie Kosky, Simon Stone ou Clément Cogitore.

Robert Carsen sera également bien présent avec la reprise de deux de ses 12 spectacles conçus pour l'Opéra de Paris, Rusalka (2002) et La Flûte Enchantée (2014).

Quant aux chefs d’orchestre, beaucoup reviendront dans leur répertoire de prédilection (Dan Ettinger, Nicola Luisotti, Ingo Metzmacher, Evelino Pido, Giacomo Sagripanti, Michele Mariotti, Tomas Hanus), et René Jacobs fera son entrée dans l’histoire de la maison pour diriger Il Primo Omicidio.

Enfin, le retour de Susanna Mälkki, qui dirigera Rusalka, et l’arrivée de Lorenzo Viotti dans la fosse pour interpréter Carmen, sont deux évènements à souligner.

Sondra Radvanovsky et Ludovic Tézier (Simon Boccanegra)

Sondra Radvanovsky et Ludovic Tézier (Simon Boccanegra)

Les tarifs 2018/2019 – légère augmentation du prix moyen des places

La tarification fait réapparaitre la catégorie des places 5 à 195 euros qui avait disparu cette saison.

Elle regroupe principalement les nouvelles productions, alors que la catégorie plus élevée des places 5 à 210 euros est réservée au reprises avec stars du grand répertoire italien, de Carmen, et de la nouvelle production des Troyens (plus de 5 heures avec les entractes).

Quant aux spectacles tarifés dans la catégorie 5 à 180 euros, leur prix moyen baisse de 10% par rapport à cette année.

On observe ainsi une légère augmentation globale des prix à Bastille pour le lyrique (+4%) qui ne touche cependant pas les nouvelles productions dont les tarifs sont stabilisés, voir en baisse.

Ce sont en fait les reprises avec stars qui draineront l'apport financier le plus important.

Rusalka est néanmoins le seul spectacle à prix réduit (seules les deux premières catégories sont à plus de 100 euros), mais le fait de maintenir pour ce spectacle la 8ième catégorie à 35 euros, au lieu de 30 euros habituellement pour ce type de tarification, est un geste symbolique qui ne relève pas d'une nécessité absolue.

Ainsi, l'amplitude des prix reste élevée selon les soirs, de 152 euros en moyenne pour une reprise avec stars, jusqu'à 80 euros en moyenne le 29 janvier 2019 pour Rusalka.

Tous les détails de la saison 2018/2019 de l'Opéra national de Paris sont accessibles sur le site internet de l'institution :

https://www.operadeparis.fr/saison-18-19

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Publié le 2 Décembre 2017

Conférence du mercredi 29 novembre 2017, Salon Florence Gould, Palais Garnier

Né en 1964 à Frankfurt am Main, Claus Guth a commencé par étudier la littérature et la philosophie, a beaucoup voyagé, exercé différents métiers, et longtemps hésité entre le théâtre et le cinéma avant de passer par une école de cinéma à la suite de laquelle il a été engagé comme cameraman au festival de Bayreuth afin de filmer Le Vaisseau Fantôme mis en scène par Harry Kupfer en 1985.

Il a ensuite travaillé avec Axel Monteil, le décorateur de Ruth Berhauss, une metteur en scène importante d’Allemagne, et sa carrière a débuté dans les années 90 avec des créations contemporaines telles El Cimarrón de Hans Werner Henze (Atlanta, 1995) et Cronaca del luogo de Luciano Berio (Salzbourg, 1999).

En 2003, il fit ses débuts au festival de Bayreuth avec Le Vaisseau Fantôme, et dirigea à Salzbourg une nouvelle trilogie Da Ponte de 2006 à 2009 qui fera date sous la direction musicale de Nicolaus Harnoncourt.

Ses débuts à l’Opéra National de Paris datent de l’année dernière avec une nouvelle production de Rigoletto, suivie par la reprise de Lohengrin créé à La Scala de Milan en 2012.

L’article qui suit restitue une partie de la conférence accordée par Claus Guth au Palais Garnier pour présenter, avec le soutien d’une interprète, son travail sur La Bohème.

Nicole Car (Mimi) - La Bohème 2017

Nicole Car (Mimi) - La Bohème 2017

La Bohème de Giacomo Puccini s’inspire des Scènes de la vie de bohème d’Henry Murger, une suite de tableaux de couleurs, de bruits et d’ambiances dont l’épilogue voit les personnages de La Bohème exercer sur leur passé un regard rétrospectif et se rappeler leur jeunesse.
Comment avez-vous abordé cette œuvre qui fait partie des rares opéras à n’avoir jamais connu une relecture profondément radicale ?

J’ai beaucoup travaillé avec Stéphane Lissner à la Scala de Milan et l’on a réfléchi à une nouvelle manière d’approcher les œuvres centrales du répertoire. La Bohème fait donc partie de ces œuvres dont je souhaitais que la musique, l'une parmi celles que je préfère le plus, puisse être entendue différemment à travers une nouvelle mise en scène.

Je me suis donc mis à écouter en boucle la musique et les notes en allant marcher en forêt avec un walkman, tout en marquant les images qui me viennent en ignorant le texte et en suivant mon intuition.

Par la suite, le travail classique du metteur en scène a pu démarrer par la lecture du livret, et je me suis également intéressé aux Scènes de la vie bohème d’Henry de Murger, court roman dont on s’aperçoit à la fin qu’il s’agit d’hommes âgés qui se souviennent de leur folle jeunesse à Paris. Et cette nostalgie est également présente dans le livret de Puccini, ce sentiment de dire que ce sont les derniers moments et que ces instants de vie ne pourront plus se reproduire.

En suivant cette idée-là, je me suis dit que ce Paris dont ils parlaient n’existait même plus, et j’ai décidé, à un moment politiquement difficile où l’on voit des horreurs tous les jours aux actualités, que mon interprétation de La Bohème allait se dérouler dans le futur, en initiant une histoire parallèle de quatre amis qui sont dans un vaisseau spatial. Ces gens sont vivants mais n’ont plus aucun contact avec personne d’autre, et l’idée est de faire qu’ils arrivent à supporter la réalité qui est la leur en se remémorant les souvenirs qu’ils chérissent. Rodolphe fait réapparaître Mimi, la femme qu’il a tant aimée, et ce voyage s’achève par une vision très radicale puisque les quatre astronautes meurent, cet opéra étant leurs dernières images de vie.

On peut penser que cette interprétation est un peu trop poussée, mais si l’on écoute vraiment la musique, on peut comprendre que c’est quelque chose qui se trouve au cœur de cette histoire.

Claus Guth

Claus Guth

Vous êtes dérangé par le côté cliché de la vie parisienne, et surtout de la vie d’artiste, que l’on trouve dans La Bohème, et vous pointez du doigt que l’on ne trouve pas dans le livret une seule phrase intéressante sur l’art, et que ce n’est donc pas le véritable sujet de l’œuvre.  Vous vous êtes donc intéressé, d’une part, à l’idéalisation de ce passé et, d’autre part, à la différence entre les aspirations que l’on a pu avoir et la vie que l’on a eu en réalité.

C’est effectivement une chose assez fascinante lorsque l’on assiste à une mise en scène classique de La Bohème, par exemple celle où ont chanté Rolando Villazon et Anna Netrebko, car le spectacle est plaisant alors que nous avons également l’impression que l’on est en train de nous raconter un énorme mensonge parce que cela n’a rien à voir avec la vie d’artiste.

On est nourri avec tous ces clichés sur Paris, tous ses cafés et ses lieux formidables, où l’on sait bien que s’y retrouvent plutôt les touristes alors que les artistes construisent les choses dans d’autres endroits. Et je me suis donc dit que ce qui était central dans cet opéra était la vie de ces jeunes gens qui se sentent perdus et appartiennent à une génération qui a perdu ses repères, cherchent à vivre dans l’intensité, cherchent à trouver un sens à sa vie, alors que l’on voit Musette, Mimi, Rodolphe qui n’arrêtent pas de se séparer ou de se retrouver.

Et du coup, j’ai décidé de situer l’opéra dans une autre dimension. Et quand j’ai vu l’intégralité de l’opéra pour la première fois hier soir, alors que ce froid dont parlent les jeunes gens, qui n’a de cesse de les tirailler, nous touche habituellement peu, ici, dans un nouvel espace, ce vaisseau spatial donne un caractère plus essentiel aux mots et les enracine d’avantage dans la réalité que l’on voit sur scène.

Cependant, s’il est vrai que des spectateurs ont pu dire de mes productions qu’elles étaient un peu difficiles à comprendre, ce n’est pas du tout le cas pour La Bohème, c’est même quelque chose d’assez simple, mais soit les gens vont aimer le parti-pris de la mise en scène, soit il ne vont pas l’aimer, bien qu’il n’y ait rien de compliqué dans ce travail.

Je crois cependant que dans cette Bohème il y a une véritable dimension poétique même si ce que j’ai pu vous dire a pu vous faire penser à un film d’horreur. Je ne suis pas intéressé par le réalisme, et s’il est présent juste au début pour comprendre où l’on est, c’est ensuite tout ce qui peut se trouver dans l’inconscient, tout ce qui peut produire des images, tout notre rapport au souvenir, qui nous amène au surréalisme et au voyage de l’imaginaire, ce qui est la qualité de l’art pour lui-même.

Conférence sur La Bohème - salon Florence Gould, Palais Garnier

Conférence sur La Bohème - salon Florence Gould, Palais Garnier

L’extrême précision des déplacements et de la chorégraphie d‘ensemble frappe dans toutes vos mises en scène. A l’issu de ce travail collectif avec votre équipe, vous avez à chaque mesure une vision très précise de ce que va faire chaque chanteur, mais vous l’adaptez dès que vous vous retrouvez avec les artistes. Pouvez-vous décrire ce processus de travail ?

Avant de travailler sur la production avec chaque chanteur, je fais de petits croquis très détaillés, tout en me disant que je pourrai m’en passer une fois arrivé sur le plateau face à eux, en espérant qu’il va se passer quelque chose, c'est-à-dire une proposition d’univers et de voyage dans laquelle ils vont se mouvoir pour proposer autre chose. Si rien ne provient des répétitions, ces notes servent alors de sécurité afin que nous puissions avancer.

Dans le cas de La Bohème, Sonya Yoncheva était souffrante au début des répétitions. J’ai donc travaillé longuement avec Nicole Car, mais quand finalement la première est revenue en pleine forme, je me suis aperçu que j’avais vraiment orienté le travail avec Nicole Car dans une direction qui ne convenait pas du tout à Sonya Yoncheva.

Or, le public sent bien si une direction de jeu et de chant colle bien à la personnalité du chanteur. J’ai donc travaillé sur deux visions différentes, car les deux chanteuses ont deux personnalités très différentes. Sonya Yoncheva est quelqu’un qui donne toute une profondeur émotionnelle et toute une force dans sa lutte contre le destin, alors que Nicole Car est quelqu’un qui joue d’avantage sur la fragilité et sur le fait qu’elle a déjà un pied ailleurs, et c’est quelque chose d’absolument fascinant à voir.

Présentation de la nouvelle production de La Bohème par Claus Guth pour l'Opéra Bastille

Pour lire le compte rendu de la représentation de La bohème à l'opéra Bastille, c'est ici.

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