Publié le 31 Décembre 2010

Samedi 01 janvier 2011 sur France 2 à 00H45
Carmen (Debussy)
Enregistré à l’Opéra Comique en juin 2009 avec Anna Catherina Antonacci, Andrew Richards, Anna-Catherine Gillet.
Mise en scène Adrian Noble, direction Eliot Gardiner. 

 

Samedi 01 janvier 2011 sur Arte à 12H25
Concert du Nouvel An à Venise, Teatro La Fenice
Daniel Harding, direction
Programme symphonique et lyrique (Verdi: Nabucco, La Traviata...) 

 

Samedi 01 janvier 2011 sur Arte à 19H15
Concert du Nouvel An à Venise, Teatro La Fenice
Daniel Harding, direction
Programme symphonique et lyrique (Verdi: Nabucco, La Traviata...) 

 

Dimanche 02 janvier 2011 sur Arte à 09H55
Eldorado

Une chorégraphie d'Angelin Preljocaj d'après une pièce de Karlheinz Stockhausen 

 

Dimanche 02 janvier 2011 sur Arte à 19H15
Les quatre saisons (Vivaldi)
Concert chorégraphié signé Juan Kruz Diaz de Garaio Esnaola, danseur depuis de nombreuses années au sein de la compagnie Sasha Waltz. 

 

Lundi 03 janvier 2011 sur Arte à 22H30
Paris, Vienne, Berlin, une histoire de l’opérette Le XXe siècle : De l’argent et des femmes

 

Jeudi 06 janvier 2011 sur TF1 à 02H50
Les Troyens (Berlioz)

Enregistré au Théâtre du Châtelet en 2003.

Direction John Eliot Gardiner. Mise en scène Yannis Kokkos.

Avec Anna Caterina Antonacci, Susan Graham, Gregory Kunde.

Première partie : La Prise de Troie. 

 

Dimanche 09 janvier 2011 sur Arte à 09H40
Belshazzar (Häendel)

Enregistré à Aix en Provence en 2008. Direction René Jacobs. Mise en scène Christof Nel.

Avec Bejun Mehta, Rosemary Joshua, Kristina Hammarström, Neal Davis, Rias Kammerchor. 

 

Dimanche 09 janvier 2011 sur Arte à 14H20
L'Opéra de quat'sous (Kurt Weill)

Direction Nacho de Paz. Mise en scène André Wilms. 

 

Dimanche 09 janvier 2011 sur Arte à 19H15
Symphonie n°7 (Beethoven)
L'Orchestre royal du Concertgebouw d'Amsterdam est placé sous la direction du Letton Mariss Jansons. 

 

Lundi 10 janvier 2011 sur Arte à 22H30
Herbert von Karajan, le culte de l´image (Georg Wübbolt, 2008)

 

Mardi 11 janvier 2011 sur Arte à 23H40
Arte Lounge... avec Elina Garanca...

 

Jeudi 13 janvier 2011 sur TF1 à 02H30
Les Troyens (Berlioz)

Enregistré au Théâtre du Châtelet en 2003.

Direction John Eliot Gardiner. Mise en scène Yannis Kokkos.

Avec Anna Caterina Antonacci, Susan Graham, Gregory Kunde.

Seconde partie : Les Troyens à Carthage. 

 

Samedi 15 janvier 2011 sur France 3 à 00H15
Une journée avec ... Mireille Delunsch 

 

Samedi 15 janvier 2011 sur France 3 à 00H40
Soirée de Gala à l'Opéra royal de Versailles (2009)

 

Dimanche 16 janvier 2011 sur Arte à 10H05
Arte Lounge... avec Elina Garanca...

 

Dimanche 16 janvier 2011 sur Arte à 11H05
Flamenco, une affaire de famille.

Le portrait en musique d'une famille de gitans.

 

Dimanche 16 janvier 2011 sur Arte à 19H15
Concertos pour piano n°22 et n°25 (Mozart)
David Fray est ici filmé dans les célèbres studios londoniens d'Abbey Road au cours de séances d'enregistrement des oeuvres de Mozart. 

 

Lundi 17 janvier 2011 sur Arte à 22H30
Marius et Fanny (Vladimir Cosma)
Enregistré à l’opéra de Marseille en septembre 2007.
Direction musicale : Jacques Lacombe et Mise en scène : Jean-Louis Grinda
Avec : Roberto Alagna, Angela Gheorghiu, Jean-Philippe Lafont, Éric Huchert, Bruno Comparetti, Marc Barrard, Michèle Lagrange, Antoine Garcin.

 

Mardi 18 janvier 2011 sur France 2 à 00H20
Au rythme de Monsieur Satie (Documentaire)

 

Samedi 22 janvier 2011 sur France 3 à 00H15
La Veuve Joyeuse (Franz Lehar)

Avec Véronique Gens, Henk Smitle. Direction Gerard Korsten.

Mise en scène Macha Makeïeff. Opéra de Lyon.

 

Dimanche 23 janvier 2011 sur Arte à 09H55
Requiem de Verdi

 

Dimanche 23 janvier 2011 sur Arte à 11H30
Angels That Sing (Ballet)

 

Dimanche 23 janvier 2011 sur Arte à 12H00
Giordano hebdo. Natalie Dessay.

 

Dimanche 23 janvier 2011 sur Arte à 19H15 

Zarzuelas avec Placido Domingo et Ana Maria Martinez 

Par le Mozarteum Orchester Salzburg. Dir Jésus Lopez-Cobos (2007).

 

Lundi 24 janvier 2011 sur Arte à 22H30

Placido Domingo, ténor et baryton. Spéciale 70 ans. Les plus beaux rôles de ma vie.

 

Mardi 25 janvier 2011 sur France 2 à 00H20
Sylvie Guillem sur le fil

 

Samedi 29 janvier 2011 sur France 3 à 00H15
L'heure de ... Ruggero Raimondi 

 

Dimanche 30 janvier 2011 sur Arte à 09H40

Placido Domingo, ténor et baryton. Spéciale 70 ans. Les plus beaux rôles de ma vie.

 

Dimanche 30 janvier 2011 sur Arte à 19H15 

Martha Argerich et Mischa Maisky

 

 

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 30 Décembre 2010

Le Lac des Cygnes (Tchaïkovski) 

Représentation du 27 décembre 2010 à l'Opéra Bastille

Première historique le 15 octobre 1964 à l’Opéra de Vienne 

Production remaniée pour le ballet de l’Opéra National de Paris le 20 décembre 1984 

LacdesCygnes04

Odette/Odile Emilie Cozette 

Le Prince Siegfried Jose Martinez 

Rothbart Stéphane Bullion 

La Reine Vanessa Legassy 

Le pas de trois Eve Grinsztajn
                        Sarah Kora Dayanova
                        Christophe Duquenne

Chorégraphie de Rudolf Noureev 

d’après Marius Petipa et Lev Ivanov

Décors Ezio Frigerio

Costumes Franca Squarciapino

Lumières Vinicio Cheli

Orchestre Colonne

Direction musicale Simon Hewett

                                  Stéphane Bullion (Rothbart)

La version du Lac des Cygnes que l’Opéra National de Paris affiche régulièrement depuis un quart de siècle, lorsque Rudolf Noureev prit la direction de la danse, est une référence à plus d’un titre.

Elle symbolise en premier lieu le renversement de la conception littérale et traditionnelle de Vladimir Bourmeister, qui, notamment, comprenait un final bienheureux.

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      La Danse des coupes (Polonaise)

Mais elle constitue surtout une magnifique ouverture sur un monde bien étranger aux contes de fées, pour nous amener dans l’univers intérieur du prince Siegfried, un homme qui décline toutes les opportunités de mariage, une âme vouée à une femme totalement idéalisée, Odette, le Cygne blanc, et dont la pureté subit l’influence perturbante d’un être pernicieux, Rothbart.

Cette recherche d’idéal transfigure celle qu’a pu représenter Margot Fonteyn pour Rudolf Noureev, célèbre ballerine britannique qui fut sa partenaire de danse pendant dix sept ans, ou bien, également, l’amour que voua Louis II de Bavière à sa cousine, Elisabeth d’Autriche. Luchino Visconti est particulièrement éclairant dans son film fleuve Ludwig.

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                               Sarah Kora Dayanova (Pas de trois)

Insidieusement, une malédiction, sous les traits de Rothbart, interfère pour rendre impossible cet hymen, une force commune à Tchaïkovski, Noureev et Louis II, une homosexualité latente.

Noureev en fait un superbe aigle d’envergure, aussi sombre que les eaux profondes du lac vers lesquelles il va réussir à entrainer le rêve contemplatif, un être qui séduit, dirige, domine et avec lequel le prince se livre, vaincu, à d’ultimes pas.

LacdesCygnes03.jpg     Emilie Cozette (Odette) et Jose Martinez (Le Prince Siegfried)

Cette ambiguïté est par ailleurs mise en scène dès le premier acte, où les mouvements des garçons traduisent dissipation et féminité, alors que leurs gestes expriment affection et solidarité.

Et puis il y a l’élan soudain de Siegfried pour suivre les seize danseurs de la Polonaise, avant que Rothbart ne l’arrête.

LacdesCygnes06.jpgLes résonnances de ce monde de cygnes, glacé, où luttent le prince et son mauvais génie, suggèrent, si l’on est y est sensible, le destin de Ludwig, le lac Schwansee au bord duquel il fut élevé, puis le château de Neuschwanstein, qu’il érigea par la suite, sur le fronton duquel le Siegfried de Wagner terrasse le dragon Fafner, édifice qui est l’exemple même de la sublimation de souffrances individuelles en création artistique et architecturale grandiose, et enfin, le lac Stanberg dans lequel ce roi dévoué à l’art disparut.

L’oscillation entre le monde extérieur, dynamique, éblouissant de couleurs et de costumes étincelants, voué au divertissement,  et le monde intérieur, recueilli et obscur, empli de lignes classiques, nous font vivre deux échelles de temps marquées, très distinctement, non seulement par le rythme de la musique, mais aussi par l’empreinte de la lumière et du mouvement.

 

                                                                        Danse espagnole (Acte III)

Le romantisme de Siegfried trouve en Jose Martinez, depuis quinze ans, l’interprète le plus ingénu, idéalement souple et liquide, image même de la sincérité profondément vulnérable.

Tout au contraire, avec sa gueule plus épaisse et animale, Stéphane Bullion donne une dimension directive et sensiblement nerveuse à Rothbart, une présence très affirmée et majestueuse. Cette force très masculine a cependant le petit inconvénient d’atténuer le caractère troublant de ce personnage illusionniste, car un autre danseur étoile, Karl Paquette, fin de visage, paré d’une blondeur subtilement féminine, et donc qui n’incite pas à la méfiance, marque également un rôle où s’entrelacent des sentiments de fascinations à cœur serré.

LacdesCygnes05.jpg    Emilie Cozette (Odile) et Jose Martinez (Le Prince Siegfried)

Entre les deux facettes noire et blanche du cygne, Emilie Cozette est d’une touchante spontanéité au second acte, toujours élégamment flottante, sûre d’elle dans les très attendus fouettés avec lesquels, sous les traits d’Odile, elle séduit le prince.
Le double jeu qu’elle joue à ce moment là, entre lui et Rothbart, reste toutefois relativement neutre.

Extrêmement attentif aux détails des solistes, Simon Hewett extrait de l’Orchestre Colonne des solos de violon qui tirent de l’âme les sentiments les plus forts, ceux qui font ressurgir les visages aimés, maintient des cadences entrainantes dans les danses les plus colorées, mais reste beaucoup plus prudent avec les pas des cygnes blancs.

Les percussions désagréablement bruyantes obligent régulièrement à prendre de la distance avec la musique, ce qui est fort dommage.

 

LacdesCygnes08.jpg       

                              Stéphane Bullion (Rothbart)

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Publié le 26 Décembre 2010

L'article qui suit énumère les principaux évènements de notre système solaire visibles en 2011 depuis Paris.
Les périodes de visibilités favorables des planètes sont calculées sur une variation du diamètre apparent de 5% et avec un soleil au moins à 5° en dessous de l'horizon.
Les horaires sont donnés en heure locale.


Planetes2011_2.jpgDiamètres et phases apparents des planètes en 2011, tels qu'ils peuvent être vus dans un télescope grossissant environ 225X.



Mercure du 01 au 10 janvier avec diamètre 7,3’’ à 09° plein Sud-Est vers 08H15

Vénus du 01 au 30 janvier avec diamètre jusqu’à  27’’ à 08° plein Sud-Est vers 08H15

Eclipse partielle de soleil (65%) le 04 janvier dès le lever du soleil (8H50)

Saturne du 05 février au 01 juin avec diamètre jusqu’à 19,2’’ à 38° plein Sud vers 01h00

Mercure du 15 au 30 mars avec diamètre à  7,3’’ à 12° plein Ouest vers 19H40

Rapprochement Mercure/Jupiter/Vénus les 11 et 12 mai (2°) à 3° au dessus de l'horizon vers 06H00

Eclipse Totale de Lune au coucher du soleil le 15 juin dès 22H00

Mercure du 28 août au 10 septembre avec diamètre à  7,3’’ à 10° plein Est vers 06H50

Jupiter du 20 septembre au 04 décembre avec diamètre jusqu’à 49,7’’ à 53° plein Sud vers 02h00

Mercure du 12 au 23 décembre avec diamètre jusqu’à  8,0’’ à 10° plein Ouest vers 19H40

EclipseSoleil.jpg   Graphique de l'éclipse de soleil du 04 janvier 2011 à 9H05, à 2° au dessus de l'horizon Sud-Est.


Détail des principaux évènements
Date     Heure     H    Dir.                 Phénomène

Janvier 2011
01/01    08H15     21° Sud                  Vénus        27’’    (Phase 46%)
01/01    08H15      9° Sud-Est             Mercure      08''    (Phase 39%)
03/01    22H00           Zenith               Etoiles filantes Quadrantides (120 météores/h durée 15 jours)
04/01    08H50      0° Sud-Est             Eclipse partielle de Soleil (60%)
04/01    09H05      2° Sud-Est             Eclipse partielle de Soleil (65%)
04/01    10H20     10° Sud-Est            Fin Eclipse partielle de Soleil
05/01    08H10      9° Sud-Est             Mercure      7,3''  (Phase 53%)
10/01    08h10      8° Sud-Est              Mercure      7''    (Phase 65%)
10/01    20h10     22° Sud-Ouest        Jupiter Transit Io + ombres de Io & Ganymède
15/01    08H10     20° Sud-Est             Vénus        23’’    (Phase 54%)
30/01    07H30      9° Sud-Est              Rapprochement Lune-Vénus (4,5°)
30/01    07H55     16° Sud-Est             Vénus        20’’    (Phase 60%)    
  

Février/Mars 2011
05/02    05H00       37° Sud                  Saturne     18,2''  
01/03    07H05      9° Sud-Est              Rapprochement Lune-Vénus (2°)
15/03    19H25      9° Ouest                 Rapprochement Mercure-Jupiter (2°)
15/03    19H25      9° Ouest                 Mercure      6''    (Phase 74%)
22/03    19H35     12° Ouest                Mercure      7,3''    (Phase 46%)
30/03    19H45      8° Ouest                 Mercure      9,3''    (Phase 17%)

Avril/Mai 2011
05/04    00H45       38° Sud                 Saturne     19,2''
22/04    21H00         Zenith                 Etoiles filantes Lyrides (18 météores/h durée 9 jours)  
06/05    11H00         Zenith                 Etoiles filantes Êta Aquarides (85 météores/h durée 39 jours)
11/05    05H50        2°  Est                  Rapprochement Mercure-Jupiter-Vénus (2°)
12/05    05H50        2°  Est                  Rapprochement Mercure-Jupiter-Vénus (2°)
31/05    05H20        3°  Est                  Rapprochement Lune-Vénus (3,5°)

Juin 2011
01/06    22H30       37° Sud                 Saturne     18,2''
12/06    04H15       10° Est                  Jupiter Transit Io + ombres de Io & Europe
15/06    21H55        0° Sud-Est            Eclipse Totale de Lune
15/06    23H00        7° Sud-Est            Fin Totalité Eclipse de Lune
16/06    00H00      12° Sud-Est            Fin Eclipse de Lune
26/06    05H15      25° Est                   Rapprochement Lune-Jupiter (4,5°)


Juillet/Août 2011
24/07    02H00        9° Est                  Rapprochement Lune-Jupiter (4,5°)
13/08    05H00            Zenith             Etoiles filantes Perséides (100 météores/h durée 38 jours)

15/08    La Comète Elenin devrait devenir visible à l'oeil nu

20/08    06H20       55° Sud                Rapprochement Lune-Jupiter (5°)
28/08    06H35        7° Est                  Mercure      8,7''    (Phase 21%)

Septembre 2011
03/09    06H40     10° Est                  Mercure      7,3''    (Phase 45%)

05/09   Périhélie de la comète Elenin

10/09    06H50      9° Est                   Mercure      6,0''    (Phase 74%)
16/09    22H45     11° Est                  Rapprochement Lune-Jupiter (5°)
20/09    04H25       54° Sud                Jupiter     47,2''

Octobre 2011
08/10    21H00         Zenith               Etoiles filantes Draconides (750 météores/h)

13/10    20H30         8°  Est                Rapprochement Lune-Jupiter (4°)
21/10    21H00         Zenith               Etoiles filantes Orionides (30 météores/h durée 36 jours)
28/10    01H40       53° Sud                Jupiter     49,7''

Novembre 2011
09/11    17H50     10° Est                  Rapprochement Lune-Jupiter (4°)
18/11    01H30          Zenith              Etoiles filantes Léonides (20 météores/h durée 13 jours)

Décembre 2011
04/12    21H55       52° Sud                Jupiter     47,2''
06/12    17H30       25° Est                  Rapprochement Lune-Jupiter (4°)
12/12    08H05         8° Sud-Est          Mercure      8,7''    (Phase 23%)
15/12    08H05         9° Sud-Est          Mercure      8,0''    (Phase 36%)
23/12    08H10        10° Sud-Est         Mercure      6,6''    (Phase 64%)

 

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Rédigé par David

Publié dans #Astres

Publié le 21 Décembre 2010

Rakesprogress03.jpgThe Rake's progress (Igor Stravinsky)
Représentation du 18 décembre 2010
Staatsoper im Schiller Theater

True Love Andreas Bauer
Anne Anna Prohaska
Tom Rakewell Florian Hoffmann
Nick Shadow Gidon Saks
Baba the Turk Nicolas Zielinski
Mother Goose Birgit Remmert
Sellem Erin Caves

Direction Musicale Ingo Metzmacher
Mise en scène Krzysztof Warlikowski

 

                                    Florian Hoffmann (Tom)

Pour Krzysztof Warlikowski, The Rake's progress est un moyen de montrer comment deux lignes de vies fortement liées, celles de Tom et Anne, vont subitement s'écarter sous la contrainte du passé, mais aussi de forces extérieures, ou bien intérieures, et de montrer comment elles vont se rejoindre pour réussir quelque chose de beau.

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   Anna Prohaska (Anne) et Florian Hoffmann (Tom)

Tom y est décrit comme un jeune minet, un peu frimeur et tendrement amoureux de sa fiancée, qui, sous l'emprise de Nick Shadow, se laisse entraîner vers des tentations clairement homosexuelles, jusqu’au mariage avec le personnage bien étrange de Baba.

Anne, victime d’un père incestueux et machiste, et désemparée par la manière dont Tom lui échappe, perd pied peu à peu, et vire vers une mauvaise vie, si l’on en juge à son accoutrement lorsqu’elle réapparait.

Sensible à l’histoire de ce couple défait, Baba the Turk, une part possible de Warlikowski lui-même, s’intéresse au désespoir d’Anne, sous les yeux effarés de tous ces symboles de la société conformiste et américanisée d’aujourd’hui que sont Mickey, Spiderman, Darth Vader, Bugs Bunny et autres personnages fictifs célèbres.

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Quant à ce Christ Noir, dont le cœur est arraché et broyé pour se projeter sur un écran télévisuel, la correspondance avec la machine dont rêve Tom pour résoudre les problèmes de l’humanité n’est pas immédiate, mais pose la question de ce que vaut le coeur de chacun lorsqu'il cherche son salut dans les technologies modernes.

Ainsi, c’est bien Baba qui en fait le plus pour l’humanité en aidant à la résolution du problème d’Anne et Tom, avant de rejoindre son théâtre.

C’est alors dans une scène où l’incroyable Gidon Saks joue à la perfection le personnage ambigu de Nick Shadow, avec une démarche forte et sûre, féminisée parfois, et une présence magnétique, que Tom décide enfin de ne plus être un jouet des évènements, et de tuer son propre démon.

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   Gidon Saks (Nick Shadow)

Le dénouement final, la victoire du couple qui se retrouve pour donner vie à un enfant, et la joie de True Love qui devient ainsi grand-père, n’est pas une sorte de Happy end convenu. Il représente, plus subtilement, un rêve de paternité inaccessible.

Et comme pour se moquer de nous, Warlikowski dispose le chœur au dessus de la scène, en public respectable et miroir du spectateur, pour mieux voir ses travers et le rendre digne de l’asile final.


Rakesprogress06.jpgLes habitués de l’univers du metteur en scène polonais retrouvent ses éclairages sophistiqués, les effets d’espace au moyen d‘un sol réfléchissant, le détail des petits gestes, les allures souples et les regards perdus, un théâtre viscéralement captivant enveloppé par la musique qui se fond dans le tout visuel au point de ne plus être dissociable.

Ingo Metzmacher fait lui aussi du théâtre en jouant sur les rythmes et les couleurs boisées pathétiques.

Avec sa mèche efféminée, Florian Hoffmann est adorable, suave et rarement tendu, angélique souvent, Anna Prohaska est autant expressive que lui, percutante, et Andreas Bauer ne laisse transparaître aucun scrupule à jouer un TrueLove vulgaire, sorte de Cowboy de l‘Amérique profonde.

En confiant le rôle de Baba le Turk à Nicolas Zielinski, contre ténor incisif et un peu brut, mais capable de quelques éclats bien timbrés et sombres, l’ambigüité sexuelle en est beaucoup plus marquée, et le caractère hors-norme tout autant.

Même si le langage visuel reprend des thèmes et des symboles déjà utilisés dans les spectacles de Krzysztof  Warlikowski, Le Roi Roger, Iphigénie en Tauride, Angels in América notamment, il y a toujours ce pouvoir mystérieux qui rend le cœur totalement absorbant à l’enjeu émotionnel des personnages, comme à celui du directeur scénique.

 

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    Anna Prohaska (Anne) et Florian Hoffmann (Tom)

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Publié le 11 Décembre 2010

Ariane à Naxos (Richard Strauss) 

Répétition générale du 09 décembre 2010
Ariane01.jpgOpéra Bastille

Le Majordome Franz Mazura
Le Maître de musique Martin Ganther
Le Compositeur Sophie Koch
Le Ténor (Bacchus) Stefan Vinke
Un Maître à danser Xavier Mas
Zerbinette Jane Archibald
La Primadonna (Ariane) Ricarda Merbeth
Arlequin Edwin Crossley-Mercer
Naïade Elena Tsallagova
Driade Diana Axentii
Echo Yun Jung Choi

Direction Musicale Philippe Jordan
Mise en scène Laurent Pelly

                                    Sophie Koch (Le compositeur)

Pour celles et ceux qui se souviennent des soirées de décembre à Garnier, à la fin de l’année 2003,  au cours desquelles tous les regards restaient fascinés par Natalie Dessay lorsqu’elle venait  déranger celle que Thésée avait abandonnée à ses pensées les plus noires,  Ariane à Naxos, livrée à la légèreté de Laurent Pelly, trouve sa place parmi les spectacles de divertissements à l‘approche de l’hiver. 

 

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Mais avec ses aspects ironiques, l’ouvrage est une impertinente analyse des vicissitudes de l’âme humaine sous l’emprise du sentiment amoureux.

Alors qu’Ariane se complait dans une vie accordée à son idéal d’amour, et dont la dépendance la fait sombrer lorsque la trahison survient, Zerbinette se démarque d’elle, non pas qu’elle manque de profondeur, mais tout simplement parce qu’en femme totalement consciente, elle est toute en éveil dans son rapport à la vie.

Elle est la voix dont Ariane a besoin pour se libérer d’une âme encline à l’attacher à l’être aimé. 

 

Ariane05.jpgLes images qu’utilise Laurent Pelly partent de l’architecture délabrée d’un hôtel, qui n’est autre que le squelette de la demeure dans laquelle se prépare l’opéra pendant le prologue, et dont on pense bien qu’elles sont là pour suggérer les ravages mentaux auxquels Ariane est soumise. Le décalage est complet lorsque surgissent Zerbinette et ses comparses, accoutrés en touristes des tropiques, traversant parfois la scène en d’éphémères traits de vie, procédé cher au metteur en scène.

La rencontre finale avec Bacchus, peint en or, et au pied duquel Ariane se prosterne de joie en en faisant des tonnes alors que la lumière ne cible plus qu‘elle même, est tristement attendrissante, car l’on pourrait penser que la jeune femme s‘est reprise, alors que toute cette extase exagérée laisse présager la rechute prochaine.

 

                                     Ricarda Merbeth (Ariane)

Le souvenir de sa forte et sensible Sieglinde subsiste, Ricarda Merbeth se fond à présent dans la peau d’une femme entière, terrienne dans sa gestuelle corporelle, au portrait clivé par des états d’âmes où s’entrecroisent rage, sourires hallucinatoires et désespoirs, et coloré d’un timbre à la fois charnel et nébuleux.

A l‘inverse, les longues lignes aristocratiques que dessine le fin physique de Jane Archibald sont toutefois encore un peu raides pour Zerbinette, la souplesse même de la vie, traits que l’on retrouve uniquement dans les vocalises les plus aigues, les rondeurs musicales étant bien souvent généreuses par ailleurs. 

 

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   Jane Archibald (Zerbinette)

Et le festival vocal se poursuit avec les nymphes bienveillantes, Elena Tsallagova, Diana Axentii, Yun Jung Choi, toutes trois lumineuses, harmonieusement accordées, et chaleureusement réconfortantes.

Surgi des ombres de la scène, plaintif, mais suffisamment puissant pour soutenir les fortissimo de l‘orchestre sans sacrifier la moindre musicalité, le bien gentil Bacchus de Stefan Vinke s’épanche avec compassion sur Ariane, sans révéler par quel mystère il arrive à quitter la scène à reculons sans heurter le moindre obstacle.

Et ceci n’est que la confirmation d’une intuition apparue dès le prologue, ouvert sur la vision involontairement farceuse d'une pluie de neige cotonneuse, le lendemain d’une journée chaotique mémorable en région parisienne, intuition du soin avec lequel les qualités vocales des chanteurs ont été assorties. 

 

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   Ricarda Merbeth (Ariane)

Alors que les arrières plans lumineux de ce tableau, compensés par les ombres que les colonnes impriment, préparent l’imaginaire du spectateur, les accents à la fois chantants et mordants de Franz Mazura, la présence captivante de Martin Ganther, et surtout la clarté adolescente avec laquelle Sophie Koch rajeunit son personnage, pour ne délivrer ses noirceurs dramatiques qu’à la toute fin, se laissent guider par la main confiante de Philippe Jordan.

Malgré l’effectif réduit, il tire de l’orchestre un volume sonore gonflé aux dimensions de la salle, réalise des merveilles de fusion entre cuivres et cordes, fait entendre les motifs les plus ronds, les fragiles courants des vibrations d’archers dans les passages symphoniques, détails piqués qui se perdent parfois dans les récitatifs.

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Publié le 5 Décembre 2010

AngelaDenoke-01.jpgWebern-Berg-Zemlinsky
Concert du 03 décembre 2010
Salle Pleyel

Anton Webern

Six pièces pour orchestre opus 6

(révision 1928)

Alban Berg

Suite lyrique (1927)

Alexander von Zemlinsky

Symphonie lyrique opus 18 (1924)

Angela Denoke Soprano
Peter Mattei Baryton

Peter Hirsch Direction
Svetlin Roussev Violon solo

Orchestre Philharmonique de Radio France

 

                                        Angela Denoke

L’immersion dans l’univers chromatique et abstrait de la seconde école de Vienne serait un luxe, si l’on en juge au public restreint qui a bien voulu en vivre l‘expérience vendredi soir.

Ce vide immense, duquel est monté un papillotement glacial, les accords intimes de la suite lyrique perdus dans la froideur blanche de la salle, furent balayés, un temps, par l’introduction spectaculaire de la symphonie lyrique, avant que le timbre onirique de Peter Mattei n’arrive enfin à se dégager de toutes ces résonances.

Et elle, immuable présence, les yeux baissés et tournés introspectivement vers sa propre solitude, et ensuite, avec un calme aplomb et la voix lumineusement vibrante autant que sombrement inquiétante, Angela Denoke.

 

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