Publié le 28 Décembre 2009

Vendredi 01 janvier 2010 sur France 2 à 11H15
Concert du Nouvel An à Vienne

Philharmonique de Vienne dirigé par Georges Prêtre

Vendredi 01 janvier 2010 sur France 3 à 13H50
Les Ballets Russes

Ballet de Noël à l’Opéra National de Paris (Weber, Debussy, De Falla…)

Vendredi 01 janvier 2010 sur Arte à 19H00
Concert du Nouvel An à Venise

Orchestre du Théâtre de la Fenice

Samedi 02 janvier 2010 sur France 3 à 03H25
Les Ballets Russes

Ballet de Noël à l’Opéra National de Paris (Weber, Debussy, De Falla…)

Samedi 02 janvier 2010 sur Arte à 19H00
Concert festif à Amsterdam

Royal Concertgebouw Orchestre dirigé par Bernard Haitink, avec Christiane Stotijn (mezzo-soprano)

Carmen 048 02Samedi 02 janvier 2010 sur France 3 à 20H35
Carmen (Bizet)

Enregistré à l’Opéra Comique en juin 2009 avec Anna Caterina Antonacci, Andrew Richards, Anne Catherine Gillet.
Mise en scène Adrian Noble, direction John Eliot Gardiner.

Netrebko-Villazon2.jpg



Dimanche 03 janvier 2010 sur Arte à 19H00
Anna Netrebko et Rolando Villazon

Enregistré au Théâtre des Champs Elysées en 2007.

Lundi 04 janvier 2010 sur Arte à 22H30
Berlin, la Fièvre de la danse.


Lundi 11 janvier 2010 sur Arte à 22H30
Edita Gruberova

L’Art du Bel Canto (Portrait)
 
Samedi 16 janvier 2010 sur France 3 à 00H10
Concert Ashkenazy

Rakastava de Jean Sibélius et Symphonie n°2 de Robert Schumann, direction V.Ashkenazy

 
Dimanche 17 janvier 2010 sur France 3 à 01H15
Le Gala des Etoiles

Avec Sergeï Tarasov (Piano), Misia (chanteuse de fado), l'ensemble Contraste.

 
Dimanche 17 janvier 2010 sur Arte à 19H15
Arcadi Volodos au Musikverein de Vienne

 
Samedi 23 janvier 2010 sur France 3 à 00H10
Concert Mozart

Concerto n°5 pour violon, Direction Karajan, et
Quatuor avec piano K 493 en mi bémol Majeur, Piano Alberto Miodini

Lundi 25 janvier 2010 sur Arte à 22H10
La 5e Symphonie de Mahler
D'un pas mesuré. Documentaire.

Mardi 26 janvier 2010 sur France 2 à 00H45
Symphonie n°3 Kaddish (Leonard Bernstein)
Concert enregistré à lUnesco en 2009. Orchestre symphonique de Paris.
Direction John Axelrod.

AWerther05.jpg  
Mardi 26 janvier 2010 sur Arte à 20H30
Werther (Massenet)

En léger différé de l’Opéra National de Paris.
Avec Jonas Kaufmann, Sophie Koch, Ludovic Tézier, Alain Vernhes, Anne Catherine Gillet.
Mise en scène Benoît Jacquot, direction Michel Plasson.


Dimanche 31 janvier 2010 sur Arte à 19H00

La folle journée 2010 : Chopin à Nantes
 

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 24 Décembre 2009

L'article qui suit énumère les principaux évènements de notre système solaire visibles en 2010 depuis Paris. Les périodes de visibilités favorables des planètes sont calculées sur une variation du diamètre apparent de 5% et avec un soleil au moins à 5° en dessous de l'horizon.
Les horaires sont donnés en heure locale.

Planetes3Diamètres et phases apparents des planètes en 2010, tels qu'ils peuvent être vus dans un télescope grossissant environ 225X.

Saturne
du 25 janvier au 20 mai avec diamètre jusqu’à 19,4
à 45° plein Sud vers 01h00

Mars du 10 janvier au 15 février avec diamètre jusqu’à 14
’ à 60° plein Sud vers 02h00

Mercure du 10 au 15 avril avec diamètre jusqu’à  9,3
’ à 11° plein Ouest vers 22H00 avec rapprochement lunaire le 15 (2°11‘)

Comète C/2009 R1 McNaught du 18 au 28 juin visible à l’œil nu (magnitude 5) mais à 11° au dessus de l’horizon Nord-Est vers 04h00.
 

 

Occultation de Delta Ophiuchus par l'astéröide 472 Roma le 9 juillet visible à l’œil nu en pleine ville (magnitude 2.7) à 31° au dessus de l’horizon Sud-Ouest vers 00h58 (sur une ligne Metz-Limoges-St Sébastian)

 

Rapprochement Mars/Saturne/Vénus le 08 août à 23h00

Jupiter du 15 août au 31 octobre avec diamètre jusqu’à 50
’ à 40° plein Sud vers 02h00

Uranus du 10 au 30 septembre avec rapprochement de Jupiter le 20 (0°48’)

Mercure du 20 au 25 septembre avec diamètre jusqu’à 8,2
’ à 10° plein Est vers 07H00

Rapprochement Lune/Vénus très difficile le 05 novembre à 08h15 (0°37’) car à 2° au dessus de l’horizon mais très intéressant (2 fins croissants à observer).

Vénus du 15 novembre au 31 décembre avec diamètre jusqu’à 54’
à 17° plein Sud-Est vers 07h30

Eclipse Totale de Lune le 21 décembre au coucher de Lune à 8h40. Il faudra être à la pointe de la Bretagne pour avoir de meilleures conditions (Lune à près de 4° au dessus de l’horizon au début de la totalité).

080810     Rapprochement de Mars, Vénus et Saturne le 08 août 2010.

Détail des principaux évènements (Date - Heure - Hauteur et direction - Objet)

Janvier 2010
10/01    04H00     60° Sud                  Mars         13,4’
  
25/01    05h00    41° Sud                    Saturne    18,5
’   
25/01    02h30     62° Sud                   Mars        14,0’

30/01    02h00     63° Sud                   Mars        14,0
’   

Février/Mars 2010
15/02    00h30     65° Sud                   Mars        13,4
’   
15/03    01h30    43° Sud                    Saturne    19,4’


Avril 2010
01/04    00h30    43° Sud                    Saturne    19,4

10/04    21h10    11° Ouest                Mercure   08,1
’        Phase (34%)
15/04    21h15    11° Ouest                Mercure   09,3’
        Phase (18%)
15/04    21h15    11° Ouest                Lune/Mercure         Rapprochement (2°11’)

20/04    21h25    06° Ouest                Mercure   10,6
’        Phase (7%)

Mai/Juin 2010
16/05    22h00     18° Nord-Ouest    Lune/Vénus         Rapprochement (4°22’)
20/05    22h00    44° Sud                   Saturne    18,4
’   
07/06    05h00     19° Sud-Est           Jupiter/Uranus         Rapprochement (0°27’)
18/06    04h00    16° Nord-Est          C/2009 R1 McNaught     Magnitude 5,7
23/06    04h00    11° Nord-Est          C/2009 R1 McNaught     Magnitude 5,2
28/06    04h00    05° Nord-Est          C/2009 R1 McNaught     Magnitude 4,7

Juillet/Août 2010

08/07    23h58    31° Sud-Ouest      Occultation de Delta Ophiucus par l'astéroïde 472 Roma

11/07                Soleil                        Eclipse Totale à l'Ile de Pâques (invisible à Paris)
01/08    22h05     11° Ouest             Mars/Saturne         Rapprochement (1°57’)
08/08    21h55     09° Ouest             Mars/Saturne/Vénus     Rapprochement (4°45 x 2°45’)
15/08    03h30     41° Sud                Jupiter      47,5
’   
23/08    21h25     06° Ouest            Mars/Vénus        Rapprochement (2°25‘)

Septembre 2010
15/09    07h00    09° Est                  Mercure    08,2
’   
19/09    03h00    40° Sud                 Jupiter/Uranus        Rapprochement (0°48‘)
20/09    02h00     39° Sud                Jupiter      49,9’

20/09    02h00     39° Sud                Uranus      03,7

20/09    07h05    10° Est                  Mercure    07,0
’        Phase (50%)
25/09    07h15    10° Est                  Mercure    06,1
’        Phase (71%)
30/09    07h20    07° Est                  Mercure    05,5
’        Phase (86%)


Octobre/Novembre 2010
30/10    23h00     37° Sud               Jupiter    47,2

05/11    08h15     02° Sud-Est        Lune/Vénus         Rapprochement (0°37’)
10/11    07h20    08° Sud-Est         Vénus    57,6
’        Phase (5%)
15/11    07h25    13° Sud-Est         Vénus    54,2’
        Phase (9%)
20/11    07h35    18° Sud-Est         Vénus    50,4
’        Phase (14%)
30/11    07h45    23° Sud-Est         Vénus    43,0
’        Phase (23%)

Décembre 2010
15/12    08h05    21° Sud-Est          Vénus    34,0’        Phase (35%)
21/12    07h32    09° Nord-Ouest   Lune                      Début Eclipse Partielle
21/12    08h40    0°  Nord-Ouest    Lune                      Début Eclipse Totale
30/12    08h10    21° Sud-Est          Vénus    27,7
’        Phase (45%)
    

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Rédigé par David

Publié dans #Astres

Publié le 21 Décembre 2009

Les Nouvelles du Jour (Paul Hindemith)
Opéra amusant (lustige Oper) créé au Kroll Oper de Berlin en 1929
Version originale en langue allemande
Représentation du 20 décembre 2009 au Grand Théâtre de Dijon.


ANvT02.jpgLaura Tatjana Gazlik
Eduard Josef Wagner
Der schöne Herr Hermann Mark Milhofer
Frau M. Theresa Kronthaler
Herr M. Matthias Aeberhard

Mise en scène Olivier Desbordes

Direction Thomas Rösner

Choeur de l'Opéra de Dijon
Orchestre Dijon Bourgogne

 

                                                            Tatjana Gazlik (Laura)

Glaciaire et fraîchement enneigée, la ville natale de Jean-Philippe Rameau offre, pour ce premier week-end d'hiver, un opéra de Paul Hindemith jamais joué en France, Les Nouvelles du Jour.

Il y a quatre ans, Gerard Mortier avait créé Cardillac à Bastille dans la luxueuse mise en scène de André Engel, et Nicolas Joel devrait monter dans un an Mathis der Maler (Matthias Le Peintre) à l'Opéra de Paris.

ANvT01Le compositeur allemand de l'entre deux guerres est donc à l'honneur dans l'hexagone, et c'est d'ailleurs à Dijon qu'il vint pour un court séjour, quelques mois avant sa mort.

Neues vom Tage est une satire sociale qui prend le prétexte d'un couple souhaitant divorcer, afin de railler les travers d'une société qui ne veut laisser chacun libre de sa vie, et qui reste attachée aux étiquettes qu'elle a besoin de fixer à l'autre.

Nous pouvons y voir une irrésistible parodie du duo amoureux entre Laura et son amant Hermann, allusion au duo de La Bohème par exemple, genre de comédie qui se joue tous les jours.

Olivier Desbordes choisit des coloris gris dans toute la première partie, ce qui fait briller d'éclat l'épisode du cabaret dans lequel le couple met en scène son propre divorce meurtrier, pour s'enrichir du voyeurisme des autres.

             La statue de Jean Philippe Rameau, place du Grand Théâtre.

Les lumières écarlates et les reflets du public dans les glaces, hypnotisants, se retirent à la toute fin sur le théâtre encombré d’ accessoires, ce qui rappellera pour certains le final de Capriccio à Garnier (dirigé par Robert Carsen).

Plus alerte que dans Cardillac, la musique de Neues vom Tage est un flux entraînant qui coule à la vitesse de l'intrigue. Flûtes et clarinettes se font courants d'air, et le banjo pure fantaisie. Elle porte quelque chose de vivifiant, et seuls quelques passages vocaux excessivement forte fatiguent inutilement.

ANvT03
    Tatjana Gazlik (Laura) et Mark Milhofer (Der schöne Herr Hermann)

Devant être de bons comédiens de boulevard, les chanteurs font briller l'ouvrage, Mark Milhofer en tête - ténor léger au timbre un peu durci - dans une interprétation débridée de l'amant Hermann. Tatjana Gazdik (Laura) et Josef Wagner (Eduard) sont des partenaires du même niveau, elle excellente actrice, lui vocalement très imposant à la façon d'un Ludovic Tézier.

Dans la fosse, la rigueur et l'enthousiasme règnent, difficile tâche qu'a Thomas Rösner pour maintenir le rythme entre l'orchestre et les chanteurs.

Malgré un livret un peu démodé, l'ouvrage se rapproche de l'esprit d' Yvonne Princesse de Bourgogne créée à Garnier en début d'année, où il s’agit également de se moquer d’un groupe social.

Il est donc un peu dommage que l'initiative d'Olivier Desbordes n'ait pas été plus soutenue, car le Théâtre Dijon n'était pas plein pour l'ultime représentation.
Le spectacle qui devait être repris à l’Opéra de Massy en avril 2010, en langue française cette fois, vient d'être malheureusement annulé.

 

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Publié le 5 Décembre 2009

Présentation du contexte de création d’Andrea Chénier par Nicolas Joel
Conférence du 01 décembre 2009.

L’article ci dessous reconstitue une partie de la conférence donnée par Nicolas Joel à l’amphithéâtre Bastille.

Nicolas Joel a par trois fois mis en scène Andrea Chénier, d'abord à l'Opéra National du Rhin, puis à Lyon aux arènes de Fourvière en 1989, et enfin au Metropolitan Opera de New York en 1996 pour les débuts de Luciano Pavarotti dans le rôle titre.

Il s'intéresse à Umberto Giordano, compositeur peu connu, pour le débat qu'il suscite : la vérité est-elle gênante à l'Opéra ?

Pour comprendre cette question, resituons Giordano dans son contexte historique.

L’Italie unifiée, devenu pays bourgeois et terre de finance et d’industrie oubliant les valeurs révolutionnaires de Garibaldi,  s’apprête à rentrer dans la modernité pour le meilleur et pour le pire.

Elle sera du côté des Alliés lors de la Première Guerre Mondiale, mais après un long débat.

Milan a ainsi atteint le statut de la capitale économique et culturelle de l’Italie, mais ce pays a surtout le projet de Cavour d’entrer dans l’Europe. Rome devient la capitale politique.

Le concept de "vérisme" naquit de la jeune école italienne qui cherchait à résoudre la question de la suite à donner à Verdi.
Il faut garder à l'esprit que le compositeur était encore vivant, puisqu'il disparut en 1901. Le poids était donc lourd.

Cette école réussit cependant à assurer la survie de l'opéra italien en Italie. Mais c'était un mouvement national qui intéressait peu l'étranger, et lorsque l‘on parlait d‘étranger, Paris en était le représentant.
Tous les compositeurs - Mascagni, Giordano, Cilea, Leoncavallo - étaient d'ailleurs d'origine méridionale et avaient fait leurs études au conservatoire de Naples San Pietro a Majella. Ils montèrent ensuite à Milan.

Leurs valeurs communes provenaient des dernières œuvres de Giuseppe Verdi, des traits de véhémences vocales d’Otello seront repris dans le vérisme, et d’un personnage clé qui va servir de trait d’union entre ce monde établi et celui de l’opéra.  Il s’agit d’Arrigo Boito, librettiste d’Otello et de Falstaff mais aussi de La Gioconda (sous un pseudonyme).
Il sera le professeur de Puccini et Mascagni.

Tous, Boito y compris,  fréquentent la Scapigliatura, mouvement littéraire et artistique anticonformiste nouveau né à Milan dans la seconde moitié du XIXième siècle, à l’image des surréalistes en France.

Ces artistes ne se coiffent pas, et vivent une sorte de bohème très allègre.
Ils sont en réaction contre l’establishment qui se crée, et vont irriguer le terreau culturel du Nord de l’Italie.
Les éditeurs, Ricordi et Sonzogno, jouent leur rôle en étant leurs promoteurs.
Avec Cavalleria Rusticana, Mascagni remporte d’ailleurs brillamment le premier concours de composition d’opéras en un acte.

De surcroit, deux librettistes viennent constituer le pilier littéraire de ces compositeurs : Illica et Giacosa. Illica dispose d' une culture historique considérable, alors que Giacosa est bien plus poète.


C’est pour Umberto Giordano, protégé par Sonzogno, que Illica va écrire le livret d’Andrea Chénier en 1896.

Alors comment décrire en quelques mots ce qui fait la forme du vérisme?
Il y a tout d’abord l’idée que des sentiments d’opéras existent même dans le milieu terrien. Cavalleria Rusticana, c’est à dire littéralement « Chevalerie Rustique » le signifie très symboliquement.

Ensuite, la véhémence en est un trait fondamental. Elle est une force qui pousse de l’intérieur et se rapproche du cri, ce qui va à l’encontre de la recherche d’académisme.

Enfin, il faut mesurer clairement l’importance de l’influence wagnérienne sur les compositeurs italiens. Avant Otello, l’orchestre sert d’accompagnement chez Verdi.
Avec les véristes, il parle et ne laisse plus toute la place au chant.

D’autres précisions sur cette période peuvent être obtenues dans L’Opéra en Italie de 1770 à 1990. 

 

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Rédigé par David

Publié dans #Conférences

Publié le 3 Décembre 2009

Andrea Chénier (Umberto Giordano)
Répétition générale du  30 novembre 2009
Opéra Bastille

Andrea Chénier Marcelo Alvarez
Maddalena di Coigny Micaela Carosi
Carlo Gérard Sergei Murzaev
La Mulatta Bersi Varduhi Abrahamyan
La Contessa di Coigny Stefania Toczyska
Madelon Maria José Montiel
Roucher André Heyboer
Incredibile Carlo Bosi

Direction musicale Daniel Oren
Mise en scène Giancarlo Del Monaco

"André Chénier" est une des rares oeuvres de l'art lyrique qui soit consacrée aux évènements de la révolution française, et à la période de la terreur en particulier.

La littérature offre plus précisément matière à réflexion avec "La Mort de Danton" de Georg Büchner (l'auteur de Woyzeck) et "La persécution et l'assassinat de Jean Paul Marat" de Peter Weiss.

         Acte I : Château de la Comtesse de Coigny

L'idéal révolutionnaire cède le pas à la réalité d'une population affamée, se libérant dans une sorte d'orgie vitale et criminelle où l'âme humaine s'exalte hors de toute moralité.
La vie s'y montre dans son essence même, sans la couverture des oripeaux bourgeois.

Récemment, le théâtre de la Colline mettait en scène "Notre Terreur", création de Sylvain Creuzevault qui s'interrogeait sur Robespierre et la République des Décemvirs.
Qui étaient ces hommes qui choisirent la Terreur comme arme garante de la Vertu, afin de promouvoir un homme nouveau débarrassé de toute médiocrité? Que valaient-ils finalement ?

Une fois cette situation bien imaginée, l’approche de l’opéra de Giordano devient passionnante car Luigi Illica, le librettiste, utilise ses connaissances historiques pour reconstituer un climat révolutionnaire crédible, pas du tout avantageux pour la population française de l’époque. Le peuple se réjouit des décapitations, fornique, répand un désordre inouï dans lequel les personnages principaux semblent surnager du mieux qu’ils peuvent.

Pour mettre en scène « André Chénier », Nicolas Joel a fait appel à Giancarlo Del Monaco, le fils d‘un des plus grands interprètes du rôle : Mario Del Monaco.

Le spectacle n’est pas une nouveauté, puisqu’il s’agit de la reprise d’un travail qui a parcouru l’Europe de Bologne jusqu’à Helsinki.

 

                              Marcelo Alvarez (Andrea Chénier)

Les moyens dispendieux de l’Opéra Bastille sont utilisés pour reprendre et enrichir les décors, comme au premier tableau où l’aristocratie de Province y est grimée en un monde de morts vivants, sorte de bal des vampires aux costumes outrés. Visuellement, cela sonne plus étrange qu’intéressant.

Changement d’atmosphère par la suite, quatre ans et des poussières plus tard, après l’assassinat de Marat. Les drapeaux français sont encore à bandes horizontales, avant qu’elles ne deviennent verticales selon le dessin de Jacques-Louis David le 15 février 1794.
Chénier est un lecteur assidu de « L’Ami du peuple », journal créé par Jean-Lambert Tallien, défenseur de Marat puis opposant à Robespierre.
Tout le drame se déroule dans la pénombre, sans doute l’élément le plus saisissant que la musique souligne dans cet engrenage de complots.

Cependant, cette richesse de détails qui stimule notre intérêt pour une période clé de l’Histoire de France (un modèle romantique pour l’Italie de Giordano en recherche d’unité) ne masque pas le rendu théâtral peu travaillé par le metteur en scène.

Le malheureux Sergei Murzaev ne peut aucunement réussir son entrée menaçante, coincé dans un costume saugrenu, et cela malgré une présence vocale qui va se déployer avec force au fur et à mesure.

Micaela Carosi (Maddalena) et Sergei Murzaev (Gérard)
4 ans plus tard en 1900, Puccini créera Tosca.

Mais quelque part on sent immédiatement que son personnage va se situer dans un registre plutôt sensible et intériorisé, ce que « Nemico della patria » à l’acte III confirme, tant nous sommes loin de la caricature d’un Scarpia. C’est toujours le passage le plus fort du baryton.

C’est donc une première à l’Opéra de Paris pour Micaela Carosi, et l’interprétation de Maddalena di Coigny qu’elle en fait devrait logiquement créer le désir de la réentendre.

Voix large et dramatique, riche en couleurs sombres et en aigus amples, la soprano dépasse les instabilités initiales pour brosser un portrait sans doute très conventionnel de la jeune aristocrate, mais qu’elle a le bon goût de tirer de la légèreté vers la tragédie et non pas le mélo larmoyant.
« La mamma morta » est ainsi une pure leçon de dignité finement assurée.

Surtout qu’elle est à la hauteur d’un Marcelo Alvarez vaillant et lumineux, extrêmement nerveux, et auquel ne manqueraient que quelques nuances noires, caractéristiques des personnages romantiques.

                         Micaela Carosi (Maddalena di Coigny)

Sans trop de surprise, le chanteur est là avant tout pour se mettre en valeur, ses gestes - main sur le cœur, point menaçant, regard questionnant - restent très stéréotypés et ne le rendent pas attachant, ce qui donne une faible impression d' interaction avec les partenaires.

Parmi eux, André Heyboer et Carlo Bosi n’imposent pas véritablement une forte personnalité à Roucher et Incredibile, mais Maria José Montiel s’empare sans complexe de l’air de Madelon fait pour pleurer.

C’est un peu le problème avec l’œuvre de Giordano, l’auditeur est amené d’airs et de duo magnifiques du début à la fin, en passant par des phases transitoires où l’action confuse le perd un peu.

 

            Maria José Montiel (Madelon)

Ces artistes sont ainsi soutenus par un Daniel Oren très attentif à la finesse du tissu musical qu’il leur offre, quitte à retenir un peu trop prudemment les tensions comme à l’acte I.
Soi-disant opéra vériste, « André Chénier » montre ici des facettes teintées de préciosité.

Aujourd'hui en France, dans le climat douteux « d’identité nationale », la débauche de drapeaux français et de Marseillaise stylisée peut agacer, mais le portrait tyrannique de la Révolution qui sacrifie un poète vient en contrepoint noircir cet héritage.
 
          Acte III, tableau 3 : le tribunal révolutionnaire.

 

 

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