Publié le 28 Juillet 2015

Lohengrin (Richard Wagner)
Représentation du 26 juillet 2015
Bayreuther Festspiele

König Heinrich Wilhelm Schwinghammer
Lohengrin Klaus Florian Vogt
Elsa von Brabant Annette Dasch
Friedrich von Telramund Jukka Rasilainen
Ortrud Petra Lang
Der Heerufer des Königs Samuel Youn

Mise en scène Hans Neuenfels (2010)
Direction musicale Alain Altinoglu
Orchestre du Festival de Bayreuth 2015

 

 

                         Annette Dasch (Elsa)

 

Pour sa dernière reprise au Festival de Bayreuth, la mise en scène d’Hans Neuenfels retrouve l’intégralité de la distribution de 2011 – hormis Georg Zeppenfeld en Roi Henri – captée pour le DVD.

Ce spectacle, commenté longuement l’année dernière, reste absolument frappant pas sa cohérence, sa lisibilité, et l’opposition entre la force mélancolique de Lohengrin et la description à la fois repoussante et drôle d’une société d’individus indifférenciés – les hommes en rats noirs, les femmes en rats blancs et les enfants en rats roses – que l’on ne distingue que par leurs numéros d’identification.

Klaus Florian Vogt (Lohengrin)

Klaus Florian Vogt (Lohengrin)

On y ressent en permanence la phobie de l’artiste, qui pourrait être celle du metteur en scène, face à la dépersonnalisation du monde, son suivisme, sa mesquinerie dissimulée, son absence de créativité.

Une très grande construction théâtrale complétée par trois vidéos faisant petit à petit comprendre la trame de la disparition du frère d’Elsa, et qui inclut également, lors des interludes, de petites scènes vivantes impliquant ces rats asservis.

L’accueil dithyrambique que vient de recevoir l’ensemble des artistes, ce soir, est une immense vague de vibrations humaines qui n’est que le juste retour après un tel engagement émotionnel.

Annette Dasch (Elsa) et Petra Lang (Ortrud)

Annette Dasch (Elsa) et Petra Lang (Ortrud)

Dès l’ouverture, Alain Altinoglu déploie l’orchestre sur plusieurs plans sonores, l’un notamment en avant-scène où se détachent les cordes sombres avec de grandes remontées latérales qui, par la suite, construisent de fines nappes, très spirituelles, qui s’étendent vers l’arrière scène, créant ainsi une impression de relief saisissante et merveilleuse.

Sa direction, sans faiblesse ni trivialité, est d’une limpidité lumineuse, son énergétique suit le drame sans temps mort, et il ne fait pas non plus ‘claquer’ les cuivres pour accentuer la violence maléfique et dramatiques des forces sombres sous-entendues. Très beau climat qui s’accorde avec les touches légères de la mise en scène.

Klaus Florian Vogt (Lohengrin) et Annette Dasch (Elsa)

Klaus Florian Vogt (Lohengrin) et Annette Dasch (Elsa)

On ne relève que quelques passages où le son ne sort pas totalement de la fosse pour envahir l’espace entier, comme dans l’ouverture du troisième acte. C’est très frappant, car à ce moment-là on sent clairement que la musique vient de sous la scène, alors que, la plupart du temps, l’acoustique de la salle fait que l’on ne sait plus d’où elle provient.

Klaus Florian Vogt, exceptionnellement puissant, charnel et clair, impose de plus une stature moins naïve avec cette impression très touchante d’approfondissement du personnage de Lohengrin. Il incarne une vision de la vie morale et sérieuse, une volonté de croire en l’autre qui sera finalement déçue, et visuellement cette profondeur est palpable et crédible.

Annette Dasch (Elsa) et Klaus Florian Vogt (Lohengrin)

Annette Dasch (Elsa) et Klaus Florian Vogt (Lohengrin)

C’est absolument incroyable de voir à quel point il y a une telle unité entre la blondeur viscontienne de ce chanteur fantastique, l’éclat sincère et affirmé de son chant, et la beauté du personnage. On parle bien d’Art ici, et pas d’une simple interprétation.

Annette Dasch est de plus débordante d’émotivité, sensible et enflammée, jouant d’émotions enfantines et capricieuses. Elle intensifie son chant évocateur d’une jeunesse vibrante et plein d’espoir au fil de la représentation, entrainant Klaus Florian Vogt dans une confrontation bouleversante au dernier acte. On sent l’adolescente qui frémit dans le cœur de la femme.

Petra Lang (Ortrud)

Petra Lang (Ortrud)

De retour dans le rôle de Telramund, Jukka Rasilainen est à nouveau grandiose dans son incarnation de vieux tonton flingueur, avec une voix dont les tressaillements lui donnent un caractère comique malgré lui, surtout lorsqu’il est confronté aux accents agressifs de sa partenaire.

Car, dans un état de défiance exaltée, Petra Lang est non seulement au meilleur de sa confiance vocale, mais elle se comporte également comme si elle souhaitait se brûler sur scène, rayonnant des aigus à n’en plus finir avec une énergie qui pourrait faire peur.

Elle joue de plus avec nerfs son Ortrud. Visiblement, elle est en excès de vie ce soir.

Klaus Florian Vogt (Lohengrin)

Klaus Florian Vogt (Lohengrin)

Fidèle à cette production depuis sa création, Samuel Youn incarne indéfectiblement le Hérault avec humilité, et Wilhelm Schwinghammer est un splendide jeune roi, très drôle dans son rapport au peuple dont il semble à peine différent.

Standing Ovation pour Klaus Florian Vogt, prolongée pour Alain Altinoglu, puis pour tous, et une joie dingue pour Petra Lang. Très belle émotion d’Annette Dasch, au rideau final.

Vraisemblablement la meilleure reprise de la série.

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Publié le 27 Juillet 2015

Tristan und Isolde (Richard Wagner)
Représentation du 25 juillet 2015
Bayeurther Festspiele

König Marke Georg Zeppenfeld
Isolde Evelyn Herlitzius
Kurwenal Iain Paterson
Melot Raimund Nolte
Ein Hirte Tansel Akzeybek
Ein Steuermann Kay Stiefermann
Ein junger Seemann Tansel Akzeybek
Tristan Stephen Gould
Brangäne Christa Mayer

Mise en scène Katharina Wagner
Direction musicale Christian Thielemann
Orchestre du Festival de Bayreuth 2015

                                                              Stephen Gould (Tristan) et Evelyn Herlitzius (Isolde)

Après une édition 2014 sans nouvelle production, l’ouverture du Festival de Bayreuth 2015 retrouve une force émotionnelle particulière par la présentation d’une proposition scénique de Tristan et Isolde dirigée par Katharina Wagner, et par le retour d’Angela Merkel qui n’avait pu être présente à l’inauguration l’année précédente.

C’est même une sensation étrange que d’apercevoir depuis le parterre du Festspielhaus la chancelière présider en joie cette ouverture depuis sa loge centrale, et de vivre cette rencontre avec une des œuvres mythiques de l’Art Lyrique en ayant conscience que l’une des dirigeants les plus influents de ce monde s’apprête à accueillir cet ouvrage avec la même plénitude.

Angela Merkel et son époux Joachim Sauer samedi 25 juillet à l’ouverture du Festival de Bayreuth 2015

Angela Merkel et son époux Joachim Sauer samedi 25 juillet à l’ouverture du Festival de Bayreuth 2015

Plénitude ? Ce terme s’appliquera sans doute au dernier acte, mais beaucoup moins aux deux premiers actes conçus pour évoquer la contrainte d’une société oppressive, oppression que l’auditeur peut lui même ressentir devant un tel décor.

En effet, un ensemble de hauts murs gris-bleutés encadre la scène du premier acte, et grimpent et descendent de ces murs une multitude d’escaliers labyrinthiques le long desquels Tristan et Isolde se cherchent. Il y a dans cette vision de passages sombres et tortueux comme des réminiscences de l’univers gothique du cinéma allemand des années 20, mais ramenées à la froideur de l’architecture de notre monde contemporain.

Et quand ils se rejoignent, une passerelle glisse tandis que la musique vire à l’urgence – un effet théâtral qui utilise de manière prosaïque la musique de Wagner comme moteur d’action -, retardant d’autant plus l’instant de leurs retrouvailles. C’est véritablement à ce point de rencontre que le drame prend corps, moins par l’expressivité sommaire du jeu d’acteur imprimée par Katharina Wagner, que par la signifiance des deux interprètes principaux.

Stephen Gould (Tristan)

Stephen Gould (Tristan)

Tristan et Isolde ne boivent pas le filtre – ils le déversent du haut d’une passerelle – et prennent le risque de vivre leur amour préexistant sans artifice, sans anesthésie si l’on peut dire.

Si dans ce premier acte on comprend que de vaques obstacles cherchent à empêcher cette union, le second acte est une allégorie étouffante d’une société sécuritaire qui piège et surveille cette relation passionnelle au fond d’une cour dont il est impossible de s’échapper. Même s’il s’agit de décrire une prison dont le Roi Marke en est le maître, cette image nous renvoie à celle de notre société où la surveillance de l’autre est un principe diffus, dissimulé dans le regard inquisiteur de notre entourage.

Il y a dans cette vision sociétale sombre une défiance à toute philanthropie.

Un fatras d’arceaux en aluminium décrit autant de faux passages que des restes squelettiques, des projecteurs suivent en permanence tout mouvement, et Katharina Wagner ose faire chanter Tristan et Isolde dos à la salle – ce que l’acoustique permet -, ceux-ci ne pouvant vivre leur amour que de façon symbolique à travers une projection en fond de scène des ombres de leurs propres êtres, au point d’en devenir suicidaires.

Evelyn Herlitzius (Isolde)

Evelyn Herlitzius (Isolde)

L’arrivée du roi Marke, en sorte de maître mafieux, n’est pas une interprétation nouvelle, mais elle a le pouvoir de transformer toute la profondeur de son intervention en une scène haineuse dont la fin devient tout à fait prévisible.

La caractérisation de ce petit monde, et de l’entourage de Marke, reste pourtant sommaire.
Après ces deux actes qui mettent mal à l’aise, le troisième représente de façon symbolique et très esthétique le délire dans lequel est tombé Tristan. Un voile sépare la salle de la scène plongée dans l’obscurité afin de créer une atmosphère irréelle et hallucinatoire.

Tristan et ses compagnons sont regroupés dans un coin à peine éclairé par quelques lueurs, et les visions du chevalier se matérialisent par des icônes triangulaires et fantomatiques où apparait le spectre d’Isolde, bleu, pris dans des images mortuaires signifiant l’impossibilité à la rejoindre.

Stephen Gould (Tristan)

Stephen Gould (Tristan)

La multiplication de ces spectres évoque naturellement le même délire solitaire de Macbeth – quand il se retrouve face aux fantômes des descendants de Banco dans la pièce de Shakespeare -, rapprochant ainsi l’essence mortifère de leurs âmes.
Scène finale vide et sans espoir, Isolde quitte Tristan – épuisé par ses pensées imaginaires – sous les lueurs crues, avant que Marke ne l’entraîne dans son monde sans amour.
Rarement aura-t-on vu interprétation aussi noire de ce mythe.

L’interprétation musicale est, elle, accomplie malgré le remplacement in extrémis d’Anja Kampe par Evelyn Herlitzius.

Celle-ci a eu à peine le temps de s’approprier la mise en scène, et sa force de caractère a sans nul doute pu compléter les indications scéniques.
Pour décrire l’impression que laisse cette immense soprano allemande immédiatement différenciable, il faut imaginer le tempérament d’une amazone, guerrière et hautaine, des inflexions agressives laissant transparaître de la peine, une projection d’aigus intenses et perçants, aigus mêmes qu’elle limite cependant fortement lorsqu’ils surviennent dans le prolongement d’une longue ligne vocale.

Iain Paterson (Kurwenal) et Stephen Gould (Tristan)

Iain Paterson (Kurwenal) et Stephen Gould (Tristan)

On ressent aussi beaucoup de droiture, même dans le Liebestod, comme si elle retenait ses émotions profondes et ne souhaitait pas laisser filer ses expressions de tendresse, alors que l’on attendrait, parfois, une noblesse de ligne plus naturelle, une ouverture du cœur plus ample. Elle parait sans véritable faille affective.

Stephen Gould, lui, est un immense Tristan de bout en bout, d’une totale signifiance, avec ses parts d’ombre. Chant lui aussi intense, variant ses couleurs des graves aux aigus sans amoindrir l’homogénéité du timbre, impossible d’oublier la noirceur désespérée, véritable cri de souffrance dans la nuit, qu’est sa longue plainte du troisième acte.

Et quand surgit le Roi Marke de Georg Zeppenfeld, la sensible âpreté du timbre du chanteur semble, dans un premier temps, déshumaniser le monarque. Mais progressivement, il s’accorde à l’évidence avec l’image de truand voulue par Katharina Wagner, et son personnage s’impose musicalement par la rancœur haineuse qu’il dégage.

Evelyn Herlitzius (Isolde)

Evelyn Herlitzius (Isolde)

Dans cette mise en scène, les deux personnages complices de Tristan et Isolde, Kurwenal et Brangäne, sont réduits à des rôles d’impuissants observateurs, plus serviteurs malhabiles que conseillers éclairés. Iain Paterson et Christa Mayer les incarnent tous deux avec les mêmes expressions sonores, imparfaites et donc plus humbles.

Étonnamment discrète, la direction de Christian Thielemann est d’une belle élégance chambriste, magnifiée par de superbes motifs solitaires et ensorcelants, mais nous entraîne peu vers les insondables abysses que cette musique embrasse. Même les passages qui entrent en résonance avec les agitations du cœur vibrent de tempérance.

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Publié le 14 Juillet 2015

Tristan und Isolde (Richard Wagner)
Représentation du 12 juillet 2015
Munich Opera Festival
Bayerishe Staatsoper

König Marke René Pape
Isolde Waltraud Meier
Tristan Robert Dean Smith
Brangäne Michelle Breedt
Kurwenal Alan Held
Melot Francesco Petrozzi
Ein Hirte Kevin Conners
Ein Steuermann Christian Rieger
Ein junger Seemann Dean Power

Mise en scène Peter Konwitschny (1998)
Direction musicale Philippe Jordan

Bayerisches Staatsorchester
Chor der Bayerischen Staatsoper

                                                                                   Waltraud Meier (Isolde)

Après 32 ans d’un engagement lyrique principalement wagnérien qui a suscité dans le cœur de tant d’amateurs lyriques du monde entier un attachement émotionnel d’une rare intensité, Waltraud Meier vient faire ses adieux, ce soir, au rôle d’Isolde.

Mais, heureusement pour nous tous, ce ne sont pas des adieux à la scène, puisqu’elle va continuer à interpréter Kundry, Clytemnestre et Ortrud dans les mois qui viennent.
Elle est de plus très attendue dans le rôle de la femme du Comte de Telramund à Bayreuth en 2018, une interprétation qui sera commentée ici même, c’est un engagement.

Waltraud Meier (Isolde) et Michelle Breedt (Brangäne)

Waltraud Meier (Isolde) et Michelle Breedt (Brangäne)

La production de Tristan et Isolde qui est remontée au Bayerishe Staatsoper à l’occasion du festival, y fut créée le 30 juin 1998. Waltraud Meier y incarnait déjà la princesse d’Irlande, six ans après sa prise de rôle à Bayreuth.
Cette réalisation peut paraître démodée, elle est pourtant une leçon de vie de la part de Peter Konwitschny, et peut-être n’imagine toujours-t-il pas à quel point elle est si actuelle et si nécessaire.

Waltraud Meier (Isolde)

Waltraud Meier (Isolde)

Le premier acte se déroule en effet sur un paquebot de croisière blanc, voguant vers la Cornouailles, et qui se détache sur un fond marin bleu-ciel, peint naïvement comme s’il s’agissait d’une œuvre d’enfants.
Ce fond évolue ainsi afin d’évoquer avec amusement le mouvement du navire.

La scène qui se déroule sur le pont est banale, à mille lieux de l’imaginaire moyenâgeux. Tristan apparaît sans avoir fini de se raser, et si le spectateur n’est pas dans un état de distanciation, il risque d’être encore plus déconcerté au second acte.

Waltraud Meier (Isolde)

Waltraud Meier (Isolde)

Ce second acte semble à nouveau prendre pour décor les symboles originaux du livret, un fond de troncs d’arbres surmontés d’un ciel vert mélancolique qui en représente également les feuillages, surplombé par une Lune en forme de croissant perdue dans l’espace. A nouveau, un ensemble peint comme une œuvre d’enfant.

L’ambiance se couvre alors d’une teinte violacée, et l’arrivée de Tristan est annoncée par un jeté bruyant et désinvolte d’un divan en avant-scène. Cependant, ce geste humoristique n’empêche pas l’auditeur de se laisser prendre par le duo d’amour chanté sous la lumière tamisée d’un ensemble d’innombrables projecteurs. De surcroît, leurs lueurs ressemblent à celles des cierges qu’Isolde et Brangäne déposent consciencieusement au sol.

Robert Dean Smith (Tristan)

Robert Dean Smith (Tristan)

Survient un coup de théâtre lorsque l’intervention du roi Marke fait immédiatement tomber les illusions. Tristan et Isolde se départissent de leurs costumes, puis s’écartent du cadre de scène, le théâtre dans le théâtre, vêtus de noir. Au même moment, la salle se rallume subitement, toute l’artificialité du spectacle s’évanouissant dans l’instant.

Cette rupture marque une volonté d’en finir avec une vision totalement délirante de l’Amour. Mais ce qu’il y a entre Tristan et Isolde est trop fort, et le besoin de revenir dans ce monde idéalisé reprend le dessus au moment de la mise en scène finale du meurtre de Tristan.

Waltraud Meier (Isolde) et Robert Dean Smith (Tristan)

Waltraud Meier (Isolde) et Robert Dean Smith (Tristan)

Tout le troisième acte devient ensuite une ode terrible au bonheur perdu, et l’on observe Tristan se complaire à visualiser sans cesse le film en diapositives de ses jours heureux passés. Jusqu’à ce que la seconde entrée du Roi Marke et de Brangäne pulvérise le décor, laissant Tristan et Isolde, repoussés hors du cadre, achever l’opéra devant deux cercueils blancs et inertes sur un fond uniformément noir.

Ce spectacle mémorable et cohérent peut donc se lire comme une histoire qui démonte le mythe occidental de l’Amour impossible. Celui-ci ne conduit qu’à un décrochage complet avec la réalité, et l’arrêt brutal de l’extase entraîne un symptôme dépressif irréversible.

Alan Held (Kurwenal) et Robert Dean Smith (Tristan)

Alan Held (Kurwenal) et Robert Dean Smith (Tristan)

Tristan et Isolde ne vivent jamais dans le présent, ni au deuxième acte – devant un décor sans charme particulier donnant l’illusion du Cosmos quand il est pris sous les lumières du théâtre -, ni au troisième acte – face à des photographies idéalisant un passé révolu.
Tous deux sont passés à côté de leur vie, car ils n’ont pas su être heureux avec leur existence réelle.

Le plus extraordinaire est que Peter Konwitschny suit parfaitement la dramaturgie du livret, et arrive à faire comprendre son sentiment face à l’œuvre en séparant, dans cette histoire, ce qui est de l’ordre de l’imaginaire et du réel grâce à des effets de mise en abyme.

Robert Dean Smith (Tristan)

Robert Dean Smith (Tristan)

Son travail est éminemment spirituel, en ce sens qu’il nous montre ce dont on n’a pas besoin. On a besoin d’idéaux, mais pas de ceux qui détruisent la vie.

On peut juste lui reprocher, en homme de théâtre, d’être désemparé devant le fait à devoir parler de l’état indicible de ce qu’est l’Amour, état qui n’est pas représentable sous forme d’action. Car seule la musique peut le faire.

Il est possible que la reprise de cette mise en scène soit la dernière. Alors, si la soirée de ce 12 juillet 2015 a été une réussite, elle le doit à l’unité des artistes, et peut-être d’abord à celui qui les a tous soudés, Philippe Jordan.

Robert Dean Smith (Tristan) et Waltraud Meier (Isolde)

Robert Dean Smith (Tristan) et Waltraud Meier (Isolde)

Dans la continuité de sa direction envoutante à l’opéra Bastille au printemps dernier, le directeur musical de l’Opéra National de Paris mène une lecture lumineuse et fluide mais encore plus puissante, avec d’extraordinaires secousses sismiques pour renverser le drame.

Riche d’allant, le poème de Tristan et Isolde est de bout en bout une coulée d’amples respirations dont la jeunesse rejoint celle de l’histoire racontée par le visuel de Peter Konwitschny.
Et la première à être portée par cet orchestre dense et prenant est bien entendu Waltraud Meier.

Waltraud Meier et Robert Dean Smith

Waltraud Meier et Robert Dean Smith

C’est avec une insolence stupéfiante qu’elle incarne au premier acte une Isolde d’une fureur tellurique au point de laisser craindre pour la vie même de Brangäne, tant elle semble parfois la menacer. Ses aigus sont toujours aussi vibrants de feu, son regard toujours aussi mystérieux, quand elle parle avec une charge de sens sur chaque mot prononcé, et compense par ses élans à cœur perdu l’épreuve des suraigus les plus insurmontables.

Elle est belle et émouvante, car elle semble dire qu’Isolde est plus que jamais vivante et désirante en elle. Elle donne absolument tout.

Michelle Breedt et Philippe Jordan

Michelle Breedt et Philippe Jordan

Et quelle fin lorsqu’elle retrouve Tristan au troisième acte ! Les deux visages qui se cherchent, l’urgence de l’orchestre, une voix de rage suppliante reconnaissable entre toutes, et un Liebestod chanté dans un état de libération totale, une joie que l’on aura ressentie durant la soirée entière.

L’intensité de ce dernier acte est également due au volontarisme de Robert Dean Smith qui, comme il en a pris l’habitude, attend ce long monologue pour déployer sa voix au grain séduisant dans le médium et le haut médium, et étaler dans une extase presque trop heureuse les souffrances hallucinées de Tristan.

Waltraud Meier

Waltraud Meier

A l’instar de ce qu’il fait pour le personnage dépressif de Paul dans Die Tote Stadt, il montre qu’il n’est complètement à l’aise que lorsqu’il est seul sur scène, plutôt que dans les scènes interactives avec les protagonistes du drame.

Les déluges sonores qu’aime emplir de toute la vastitude du théâtre Philippe Jordan le couvrent parfois, mais n’altèrent en rien l’affectation attendrissante qu’il imprègne au neveu du Roi Marke.

Waltraud Meier

Waltraud Meier

D’une très grande prestance et jouant avec une égale profondeur tourmentée que Waltraud Meier, Michelle Breedt rencontre cependant plus de difficultés à surmonter l’ampleur sonore de l’orchestre. Elle est plus dramatique que lyrique si bien que l’on peut trouver ses appels un peu courts.

En revanche, l’impressionnant Kurwenal d’Alan Held, noir et passionné, est une parfaite représentation de l’Amour qui vient secouer la vie quand elle est sur le point de perdre pied.

Discours en hommage à Waltraud Meier

Discours en hommage à Waltraud Meier

Et pour finir, on ne peut qu’admirer l’inaltérable stature de René Pape qui, s’il n’est pas un Roi Marke des plus affectés, est le symbole de l’autorité infaillible, solide comme un roc, présente mais distanciée par rapport à ceux qui le déçoivent. Il aime jeter vers le public son regard d’aigle d’une acuité qui symbolise le mieux l’intelligence humaine.

Après un tel spectacle miraculeux, l’ensemble des artistes est accueilli par une standing ovation, et cet accueil se prolonge en un hommage formel mais très simple du directeur de la Bayerishe Staatsoper pour la carrière de Waltraud Meier, avant que ne reprennent cris et applaudissements pour, au total, 29 rappels sur plus de 25 minutes.

Waltraud Meier

Waltraud Meier

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Publié le 14 Juillet 2015

Arabella (Richard Strauss)
Représentation du 11 juillet 2015
Munich Opera Festival
Bayerishe Staatsoper

Graf Waldner Kurt Rydl
Adelaide Doris Soffel
Arabella Anja Harteros
Zdenka Hanna-Elisabeth Müller
Mandryka Thomas J. Mayer
Matteo Joseph Kaiser
Die Fiakermilli Eir Inderhaug

Mise en scène Andreas Dresen
Direction musicale Philippe Jordan

Bayerisches Staatsorchester
Chor der Bayerischen Staatsoper

                                                 Hanna-Elisabeth Müller (Zdenka) et Anja Harteros (Arabella)

Trois ans après sa première interprétation d’Arabella à l’Opéra Bastille, Philippe Jordan fait une sensationnelle entrée à l’Opéra d’Etat de Bavière, accompagné par une partie de la distribution parisienne, Kurt Rydl, Doris Soffel et Joseph Kaiser.

La Bayerishe Staatsoper

La Bayerishe Staatsoper

Trois grandes lignes artistiques caractérisent ainsi sa direction, l’art de l’émerveillement, c’est à dire ce sens enchanteur du scintillement auroral qui saisit l’âme dans un instant d’éternité, lors du duo Arabella-Zdenka par exemple, puis, la finesse des détails sentimentaux de chaque instrument, les violons plus particulièrement dans cette oeuvre, qu’il prend grand soin à laisser se détacher très nettement, et enfin, l’impressionnante montée des grondements des forces souterraines et majestueuses qui traverse la masse orchestrale pour annoncer le basculement d’un monde finissant.

Et trois artistes concentrent les faisceaux de notre regard admiratif, aussi bien pour leur chant que pour leur être tout entier.

Anja Harteros (Arabella)

Anja Harteros (Arabella)

La première, Anja Harteros, est chez elle, sur la scène du théâtre de sa vie. Sa ligne aristocratique et sa manière de laisser ressortir subtilement son âme de jeune fille, tout en maintenant une présence accomplie retranchée dans un univers intérieur mélancolique, la gardent de toute artificialité et de tout glamour inutile. Et le plus magique, dans sa voix, est bien entendu la grâce nostalgique de sa tessiture hautement aérienne, et le plus surprenant, l’humaine simplicité de la conversation courante de ses mots déclamés.

La seconde, Hanna-Elisabeth Müller, est infiniment touchante dans ce rôle d’une jeune fille capable de laisser de côté ses aspirations profondes et intimes pour aider celui qu’elle aime à conquérir Arabella. En effet, il y a dans le personnage de Zdenka cette aptitude folle à l’abnégation par amour, ce qui n’est évidemment pas un trait de caractère courant de la vie.

Et la soprano fait ressortir de façon poignante une jeunesse vibrante, teintée d’idéalisme, en extériorisant son chant perçant et rayonnant qui laisse poindre ses agitations intérieures qu’elle ne sait apaiser autrement.

Thomas Johannes Mayer (Mandryka)

Thomas Johannes Mayer (Mandryka)

Naturellement excellent acteur, Thomas Johannes Mayer use de son charisme de fauve au grand cœur pour dépeindre un Mandryka fier, mais humain. Tout sonne juste chez lui, son timbre a de la noblesse sans puissance excessive, ce qui en fait le personnage masculin le plus accompli de la distribution.

Quant à Doris Soffel et Kurt Rydl, ils forment un couple fort par l’exagération voulue de leurs caractères bouffes. Cependant, Joseph Kaiser dilue trop Matteo dans un jeu de comédie de boulevard pour paraître sincère, et quelque chose de son timbre d’or semble s’être perdu ce soir.

Eir Inderhaug (Die Fiakermilli) et Anja Harteros (Arabella)

Eir Inderhaug (Die Fiakermilli) et Anja Harteros (Arabella)

La jolie surprise vient du Fiakermilli agile et décomplexé de la soprano norvégienne Eir Inderhaug, qui fait une entrée spectaculaire à l’Opéra de Munich dans une transposition en femme dominatrice, égérie d’une société en perdition.

A partir d’un décor unique et pivotant d’un quart de tout à chaque acte, Andreas Dresen ravit les amateurs de contrastes, d’ombres et de lumières aveuglantes en noir et blanc.
Sous deux grands escaliers qui se croisent et se séparent pour rejoindre le sol tout en s’élargissant vers des hauteurs sans fin également, il évoque au premier acte l’architecture inquiétante des tableaux expressionnistes allemands du début du XXème siècle, dans lequel notre imaginaire peut y réinterpréter ses arêtes vivent et ses formes géométriques suggestives.

Anja Harteros (Arabella) et Thomas Johannes Mayer (Mandryka)

Anja Harteros (Arabella) et Thomas Johannes Mayer (Mandryka)

Au second acte, une partie des rampes apparaît, et le défilé d’une société masquée cherchant à résoudre ses fantasmes orgiaques rappelle la description identique que vient d’en faire Benoit Jacquot à l’Opéra National de Paris dans sa nouvelle production de La Traviata. On se sentirait blasé de ces images d’où émergent de-ci de-là quelques corps nus, s’il n’y avait la vision frontale, au dernier acte, de ces deux escaliers qui prennent la forme d’une croix stylisée, blanche sur fond noir, et qui annonce ainsi le refus d’une société perdue – on aurait envie de rajouter, par prolongement, le refus d’une société qui a définitivement embrassé l’idéal fou du National-Socialisme.

Anja Harteros (Arabella)

Anja Harteros (Arabella)

Même si la crédibilité des personnages repose surtout sur les talents de comédiens des chanteurs, cette vision a le mérite d’extraire de son contexte fermé et petit-bourgeois l’univers ennuyeux d’Arabella.

Elle apparaît ainsi comme celle qui, tentée un temps par le mouvement décadent du monde, comme l’est également Mandryka à travers son aventure avec Die Fiakermilli – ouvertement sexuelle ici -, va retrouver le goût de l’innocence et du jeu dans sa relation à un homme qui l’aime pour elle-même.

Magnifique descente finale d’Anja Harteros le long du grand escalier, un grand classique.

Anja Harteros et Philippe Jordan

Anja Harteros et Philippe Jordan

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Publié le 7 Juillet 2015

Alceste (Christoph Willibald Gluck)
Représentations du 05 et 07 juillet 2015
Palais Garnier

Admète Stanilas de Barbeyrac
Alceste Véronique Gens
Le Grand Prêtre / Hercule Stéphane Degout
Coryphées Kevin Amiel
                 Chiara Skerath
                 Manuel Nunez Camelino
                 Tomislav Lavoie

L’Oracle François Lis

Mise en scène Olivier Py (2013)
Direction musicale Marc Minkowski
Chœur et Orchestre des Musiciens du Louvre

 

                                                                                Stanislas de Barbeyrac (Admète)

La reprise d’Alceste, dans la production imaginée par Olivier Py sous la forme d'une succession de tableaux éphémères dessinés patiemment et élégamment à la craie, a débuté avec l’annonce de la disparition de Franck Ferrari qui aurait dû reprendre le rôle d’Hercule.

Nombre d’entre nous ont alors découvert, à ce moment-là, l’attachement qu’ils avaient pour ce chanteur, preuve qu’une part de nous-même avait su inconsciemment reconnaître l’implication de cœur de cet artiste attachant, et lui donner ainsi une valeur affective latente et permanente.

 

Véronique Gens (Alceste)

Véronique Gens (Alceste)

La réflexion sur le rapport de la mort à la vie, à travers le sacrifice, un échange d’états, qui fonde cet opéra de Gluck, nous replonge ainsi dans les profondeurs poétiques et morbides d’une scénographie qui célèbre la vie, et n’envisage la mort que comme une illusion qui mène à une autre forme de vie.  A l’entracte, le baisser de rideau sur une large reproduction de la montée des âmes vers l’Empyrée de Jérôme Bosch symbolise cette croyance, de la part du metteur en scène, que la mort n’existe pas.

Stanislas de Barbeyrac (Admète)

Stanislas de Barbeyrac (Admète)

En 2013, Marc Minkowski, le Chœur et l’Orchestre des Musiciens du Louvre avaient rendu toute la puissance dramatique et la véhémence de la musique d’Alceste. L’accomplissement musical aujourd’hui est encore plus vivant, une exaltation sonore où les virevoltes des cordes semblent accompagnées par de fugitives images fantômes qui se régénèrent perpétuellement.

Ce son d’acier souple et ample, en mouvement permanent, est d’une limpidité magnifique, préservant ainsi toute la beauté des motifs malgré l’urgence de la direction. Une très grande lecture de la partition.

Véronique Gens (Alceste) et Stanislas de Barbeyrac (Admète)

Véronique Gens (Alceste) et Stanislas de Barbeyrac (Admète)

Les voix du chœur s’y mêlent dans un même souffle recueilli qui atteint son apogée quand, provenant de l’invisible arrière scène, elles déplorent la mort inéluctable d’Alceste.

Le couple royal, lui, est incarné par deux artistes aux timbres de voix très proches par leur classicisme épuré, Véronique Gens et Stanislas de Barbeyrac. Tous deux envisagent en effet leurs personnages selon la même ligne expressive et retenue, une élégance de geste et de timbre, la soprano pouvant compter sur de fragiles vibrations pour traduire son émotion profonde, et le jeune ténor sur une forme de douceur virile et humanisante qui ne force pas l’affectation. Ils sont donc en harmonie complète avec le chant orchestral.

Danse finale d’Apollon

Danse finale d’Apollon

Selon une veine de chant généreuse et charmeuse, les deux apparitions de Stéphane Degout en Grand Prêtre et Hercule sont un modèle de composition, mais ne font pas oublier que c’est dans des interprétations de caractères sensibles que la douceur de son timbre se fond le mieux.

Seconds rôles bien tenus, qui entretiennent les petits éclats de vie poétiques d’une œuvre funèbre.

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Publié le 3 Juillet 2015

TV-Web Juillet-Août 2015 Lyrique et Musique

Mercredi 01 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Emmanuelle Haïm dirige Hippolyte et Aricie de Rameau à l'Opéra de Paris

Samedi 04 Juillet 2015 sur Mezzo à 20h30
Iolanta de Tchaïkovski et Perséphone de Stravinsky au Teatro Real de Madrid

Teodor Currentzis (direction), Peter Sellars (mise en scène)

Dimanche 05 Juillet 2015 sur France 3 à 00h30
Claude (Escaich)

Lafont, Ferreira Albin, Alvaro
dir. Rhorer, ms. Py, Opéra de Lyon

Dimanche 05 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Le Comte Ory De Rossini Au Met De New York

Mardi 07 Juillet 2015 sur Mezzo à 20h30
Renée Fleming chante Capriccio de Strauss au Met de New York

Enregistré au Metropolitan Opera House, New York, en 2011

Mercredi 8 Juillet 2015 sur France 2 à 00h30
Ariodante (Handel)

Connolly, Petibon, Piau, Prina
Festival d'Aix en Provence

Mercredi 08 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Christian Thielemann dirige la Femme sans ombre de Strauss à Salzbourg

Vendredi 10 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
LE SONGE D'UNE NUIT D'ÉTÉ DE BRITTEN AU LICEO DE BARCELONA

Vendredi 10 Juillet 2015 sur Arte à 22h00
Alcina (Handel)

Petibon, Jaroussky, ms. Katie Mitchell
Festival d'Aix en Provence 2015

Samedi 11 Juillet 2015 sur Mezzo à 20h30
La Traviata de Verdi à l'Opéra de Paris

Francesco Ivan Ciampa (direction musicale), Benoît Jacquot (Mise en scène)
Enregistré à l'Opéra de Paris le 17 juin 2014

Samedi 11 Juillet 2015 sur France 3 à 22h30
Carmen (Bizet)

Aldrich, Kaufmann, Mula, Guilmette
Dir. Franck, ms. Désiré, Orange 2015

Dimanche 12 Juillet 2015 sur Arte à 18h30
Airs baroques italiens

Dimanche 12 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Falstaff de Verdi dirigé par Daniele Gatti à l'Opernahaus de Zurich

Mardi 14 Juillet 2015 sur Mezzo à 20h30
Une Tragédie Florentine D'Alexander Von Zemlinsky &
Sancta Susanna De Paul Hindemith À L'Opéra De Lyon

Mardi 14 Juillet 2015 sur France 2 à 20h55
DiDonato, Fuchs, Yoncheva, Terfel, Lang, Capuçon

Choeur et Orchestre National de France
dir. Gatti, direct du Champs de Mars

Mardi 14 Juillet 2015 sur France 2 à 23h40
Le Songe d'une Nuit d'Eté (Britten)

Piau, Zazzo, dir. Ono, ms Carsen
Festival d'Aix en Provence 1991

Mercredi 15 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Esa-Pekka Salonen dirige L'Affaire Makropoulos de Janacek à Salzbourg

Vendredi 17 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Cecilia Bartoli chante Clari de Halévy à l'Opéra de Zurich

Samedi 18 Juillet 2015 sur Mezzo à 20h30
Les Contes d'Hoffmann d'Offenbach au Teatro Real de Madrid

Sylvain Cambreling (direction), Christoph Marthaler (mise en scène)

Dimanche 19 Juillet 2015 sur France 3 à 00h30
Carmina Burana (Orff)

Bauer, Cencic, Noguera
Dir. Karoui, Drulliet, ms. Philippe, Orange 2014

Dimanche 19 Juillet 2015 sur Arte à 18h30
Concerto de Tchaikovski et Symphonie n°1 de Mahler

Dimanche 19 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Le Comte Ory De Rossini Au Met De New York

Lundi 20 Juillet 2015 sur Arte à 01h00
Le Turc en Italie (Rossini)

Dir Minkowski
Festival d'Aix en Provence 2014

Mardi 21 Juillet 2015 sur Mezzo à 20h30
Cosi Fan Tutte De Mozart À L'Opéra National De Lyon

Stefano Montanari (Direction musicale), Adrian Noble (Mise en scène)

Mercredi 22 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Christian Thielemann dirige la Femme sans ombre de Strauss à Salzbourg

Vendredi 24 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
LE SONGE D'UNE NUIT D'ÉTÉ DE BRITTEN AU LICEO DE BARCELONA

Samedi 25 Juillet 2015 sur Mezzo à 20h30
Il Trittico De Puccini À L'Opéra De Lyon

Gaetano d'Espinosa (direction), David Pountney (mise en scène)

Dimanche 26 Juillet 2015 sur France 3 à 00h30
Les années de pèlerinage, l'Italie (Liszt)

Angelich, piano

Dimanche 26 Juillet 2015 sur Arte à 18h30
Les quatre saisons (Vivaldi)

Dimanche 26 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Falstaff de Verdi dirigé par Daniele Gatti à l'Opernahaus de Zurich

Mardi 28 Juillet 2015 sur Mezzo à 20h30
Les Enfants Terribles de Philip Glass à l'Opéra de Bordeaux &
Les Mamelles de Tirésias de Poulenc à l'Opéra de Lyon

Mercredi 29 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Esa-Pekka Salonen dirige L'Affaire Makropoulos de Janacek à Salzbourg

Vendredi 31 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Cecilia Bartoli chante Clari de Halévy à l'Opéra de Zurich

Samedi 01 Août 2015 sur Mezzo à 20h30
Valery Gergiev dirige Boris Godounov de Moussorgski au Met de New York

Dimanche 02 Août 2015 sur France 3 à 00h30
Les parapluies de Cherbourg (Legrand)

Dessay, Naouri

Dimanche 02 Août 2015 sur Arte à 18h30
Symphonie n°9 du 'Nouveau Monde'(Dvorak)

Dimanche 02 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas au Liceu de Barcelone

Lundi 03 Août 2015 sur Arte à 01h20
Carmen (Bizet)

Semenchuk, Lungu, Ventre, Alvarez
dir. Nanasi, ms. Zeffireli, Verone 2014

Mardi 04 Août 2015 sur Mezzo à 20h30
Anna Netrebko chante I Puritani de Bellini au Met

Mardi 04 Août 2015 sur France 2 à 21h55
Le Trouvère (Verdi)

Alagna, He, Lemieux, Gombert, Petean
dir. Billy, ms. Roubaud
En léger différé du Festival d'Orange

Mercredi 05 Août 2015 sur France 2 à 01h00
Otello (Verdi)

Alagna, Mula, Pondjiclis, Ko, Laconi
dir. Chung, ms. Duffaut
Festival d'Orange 2014

Mercredi 05 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Macbeth De Verdi Au Royal Opera House De Londres

Vendredi 07 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Magdalena Kožená chante Médée de Charpentier

Samedi 08 Août 2015 sur Mezzo à 20h30
Le Comte Ory De Rossini Au Met De New York

Dimanche 09 Août 2015 sur France 3 à 00h30
Concerto pour violon n°2 (Bartok)

Documentaire de Bruno Monsaingeon

Dimanche 09 Août 2015 sur Arte à 18h30
Concerto de Tchaikovski

Dimanche 09 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
William Christie Dirige Atys de Lully À L'Opéra-Comique

Lundi 10 Août 2015 sur Arte à 01h10
Le Chevalier à la Rose (Strauss)

Gheorghiu, Woldt, Royal
Dir. Ticiati, ms. Jones, Glyndebourne 2014

Mardi 11 Août 2015 sur Mezzo à 20h30
Christian Thielemann dirige la Femme sans ombre de Strauss à Salzbourg

Mercredi 12 Août 2015 sur France 2 à 00h30
Les Vêpres solennelles de la Vierge Marie (Monteverdi)

Frigato, Galli, Mulroy, Adam
English Baroque Soloiste, dir. Gardiner
Chateau de Versailles 2014

Mercredi 12 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Anna Netrebko chante Anna Bolena de Donizetti au Met

Vendredi 14 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
L'Elisir d'Amore de Gaetano Donizetti à l'Opéra de Lausanne

Samedi 15 Août 2015 sur Mezzo à 20h30
Falstaff de Verdi dirigé par Daniele Gatti à l'Opernahaus de Zurich

Samedi 15 Août 2015 sur Arte à 20h50
L'Enlèvement au Serail (Mozart)

Matthews, Montvidas, kehrer, Eriksmoen
dir. Ticciati, ms. McVicar, Glyndebourne 2015

Dimanche 16 Août 2015 sur Arte à 18h30
Liszt, Moussorgski

Dimanche 16 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas au Liceu de Barcelone

Mardi 18 Août 2015 sur Mezzo à 20h30
Anna Netrebko chante Don Pasquale de Donizetti au Met

Mercredi 19 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Macbeth De Verdi Au Royal Opera House De Londres

Vendredi 21 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Magdalena Kožená chante Médée de Charpentier

Samedi 22 Août 2015 sur Mezzo à 20h30
Roberto Alagna chante Don Carlo de Verdi au Met de New York

Dimanche 23 Août 2015 sur France 3 à 00h30
La Traviata (Verdi)

Gimadieva, Fabiano
Dir Elder, ms. Cairns, Glyndebourne 2014

Dimanche 23 Août 2015 sur Arte à 18h30
Airs de Vivaldi, Gasparini

Dimanche 23 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
William Christie Dirige Atys de Lully À L'Opéra-Comique

Dimanche 23 Août 2015 sur Arte à 23h30
Mondonville (Rameau)

Les Arts Florissants, Christie.

Mardi 25 Août 2015 sur Mezzo à 20h30
LE SONGE D'UNE NUIT D'ÉTÉ DE BRITTEN AU LICEO DE BARCELONA

Mercredi 26 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Anna Netrebko chante Anna Bolena de Donizetti au Met

Vendredi 28 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
L'Elisir d'Amore de Gaetano Donizetti à l'Opéra de Lausanne

 

Web : Opéras en accès libre
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Hommage à Gerard Mortier (Théâtre de la Monnaie de Bruxelles)

 

Tamerlano (La Monnaie) jusqu’au 06  août 2015
Don Quichotte de Shirley et Dino (Opéra Royal de Versailles) jusqu’au 08  août 2015
Alcina (La Monnaie) jusqu’au 10  août 2015
Médée (Bâle) jusqu’au 16  août 2015
Francesca da Rimini (Nancy) jusqu’au 18  août 2015
Aleko (Nancy) jusqu’au 18  août 2015
Les Fêtes Vénitiennes (Opéra Comique) jusqu’au 27 août 2015

 

El Publico (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 06 septembre 2015
Don Pasquale (Opéra de Vichy) jusqu'au 06 septembre 2015
Platée (Opéra National de Paris) jusqu'au 06 septembre 2015
Les Indes Galantes (Opéra National de Paris) jusqu'au 06 septembre 2015
Les Paladins (Théâtre du Châtelet) jusqu'au 06 septembre 2015
Benvenuto Cellini (Opéra d'Amsterdam) jusqu'au 16 septembre 2015
Orlando ou l'impatience par Olivier Py jusqu'au 17 septembre 2015
Les Mousquetaires au Couvent (Opéra Comique) jusqu'au 17 septembre 2015
La Belle Hélène (Théâtre du Châtelet) jusqu'au 22 septembre 2015
Don Giovanni (Opéra de Monte Carlo) jusqu'au 23 septembre 2015
Alceste (La Fenice de Venise) jusqu'au 23 septembre 2015
Orfeo Chaman de Pluhar (Teatro Mayor de Bogota) jusqu'au 24 septembre 2015

 

Bérénice, Reine d'Arménie (Staatsoper de Stuttgart) jusqu'au 01 octobre 2015
I Capuleti e i Montecchi (Opera de Zurich) jusqu'au 16 octobre 2015
Parsifal (Staatsoper de Berlin) jusqu'au 20 octobre 2015
Médée (Grand Théâtre de Genève) jusqu'au 24 octobre 2015

 

La Traviata (Teatro Real de Madrid) jusqu’au 09 novembre 2015
Le Roi Roger (Royal Opera House - Covent Garden) jusqu'au 17 novembre 2015

 

Valentina (Opéra National de Lettonie) jusqu’au 01 décembre 2015
Le Roi Arthus (Opéra National de Paris) jusqu’au 02 décembre 2015
Luisa Miller (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 03 décembre 2015
Madame Butterfly (Opéra de Lille) jusqu’au 03 décembre 2015
Götterdämmerung (Opéra de Vienne) jusqu’au 07 décembre 2015
Tosca (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 30 décembre 2015

La Flûte Enchantée (Armel Opera Festival) jusqu'au 30 décembre 2015

 

Les Noces de Figaro (Armel Opera Festival) jusqu'au 02 janvier 2016
Private View (Armel Opera Festival) jusqu'au 03 janvier 2016
Carmen (Chorégies d'Orange) jusqu'au 07 janvier 2016
Le Roi Lear par Olivier Py jusqu'au 07 janvier 2016
Le Monstre du Labyrinthe (Aix en Provence) jusqu'au 10 janvier 2016
Alcina (Aix en Provence) jusqu'au 10 janvier 2016
Svabda (Aix en Provence) jusqu'au 11 janvier 2016
Le Songe d'une nuit d'été (Aix en Provence) jusqu'au 13 janvier 2016
I Capuleti e i Montecchi (La Fenice de Venise) jusqu’au 18 janvier 2016
Rigoletto (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 28 mars 2016
Dardanus (Grand Théâtre de Bordeaux) jusqu’au 23 avril 2016

Ariane et Barbe-Bleue (Opéra de Strasbourg) jusqu'au 06 mai 2016

Rocio Marquez à Rio Loco jusqu'au 19 juin 2016

 

 

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 1 Juillet 2015

Rapprochement Vénus-Jupiter du 30 juin 2015

Régulièrement, une ou deux fois par an, Vénus et Jupiter se croisent dans le ciel à quelques degrés d’écart.
Mais il est beaucoup plus rare que cet écart se réduise à moins d’un degré, deux fois le diamètre apparent de la Lune seulement, sur plusieurs soirs.

Ainsi, du lundi 29 juin au jeudi 02 juillet, dans sa course qui la rapproche de la Terre, Vénus, dans sa brillance éclatante, semble comme effleurer la banlieue de Jupiter, respectivement à 0.75°, 0.35°, 0.5° et 0.9°.

Jupiter (magnitude -1.4), la moins brillante, erre à 910 millions de kilomètres, alors que Vénus (magnitude -4.1) se déplace à moins de 80 millions de kilomètres de la Terre.

Un spectacle merveilleux, naturel et bien réel, qui se reproduira le 27 août 2016 dans des conditions exceptionnellement serrées (0.07° d’écart), soit à une distance angulaire 5 fois plus faible, mais à seulement 3° au dessus de l'horizon, 30mn après le coucher du Soleil.

Jupiter et Vénus, le mercredi 24 juin 2015 à 22h35 – distance apparente de 3.5°. Cathédrale Notre-Dame de Paris.

Jupiter et Vénus, le mercredi 24 juin 2015 à 22h35 – distance apparente de 3.5°. Cathédrale Notre-Dame de Paris.

Jupiter et Vénus, le lundi 29 juin 2015 à 23h20 – distance apparente de 0.75°. Vue sur le Pont de la Tournelle et la Cathédrale Notre-Dame.

Jupiter et Vénus, le lundi 29 juin 2015 à 23h20 – distance apparente de 0.75°. Vue sur le Pont de la Tournelle et la Cathédrale Notre-Dame.

Jupiter et Vénus, le lundi 29 juin 2015 à 23h25 – distance apparente de 0.75°. Statue de Sainte Geneviève – Pont de la Tournelle.

Jupiter et Vénus, le lundi 29 juin 2015 à 23h25 – distance apparente de 0.75°. Statue de Sainte Geneviève – Pont de la Tournelle.

Jupiter et Vénus, le mardi 30 juin 2015 à 22h45 – distance apparente de 0.35°. Vue sur le Pont Neuf et le Quai de l’Horloge.

Jupiter et Vénus, le mardi 30 juin 2015 à 22h45 – distance apparente de 0.35°. Vue sur le Pont Neuf et le Quai de l’Horloge.

Jupiter et Vénus, le mardi 30 juin 2015 à 23h00 – distance apparente de 0.35°. Visibilité des satellites de Jupiter, à gauche, Ganymède, à droite, Io, Europe, Callisto.

Jupiter et Vénus, le mardi 30 juin 2015 à 23h00 – distance apparente de 0.35°. Visibilité des satellites de Jupiter, à gauche, Ganymède, à droite, Io, Europe, Callisto.

Jupiter et Vénus, le mardi 30 juin 2015 à 23h30 – distance apparente de 0.35°. Vue sur le Pont Neuf.

Jupiter et Vénus, le mardi 30 juin 2015 à 23h30 – distance apparente de 0.35°. Vue sur le Pont Neuf.

Vénus et Jupiter, le mercredi 01 juillet 2015 à 23h00 – distance apparente de 0.5°. Vue sur le Pont des Arts et la Tour Eiffel.

Vénus et Jupiter, le mercredi 01 juillet 2015 à 23h00 – distance apparente de 0.5°. Vue sur le Pont des Arts et la Tour Eiffel.

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Rédigé par David

Publié dans #Astres