Publié le 28 Février 2010

Lundi 01 mars 2010 sur Arte à 20H30
20H30 Documentaire. L´art de Frédéric Chopin.
200 ans de la naissance de Frédéric Chopin (2010, 52 mn)
21H30 Concert Chopin à Varsovie, 200e anniversaire...
Avec Evgeny Kissin, Nikolai Demidenko.
23H00 A.Volodine joue les 24 préludes opus 28 de Chopin.


Mardi 02 mars 2010 sur France 2 à 00H45
The Fairy Queen (Purcell)

Enregistré en juillet 2009 au festival de Glyndebourne.
Avec Emmanuelle de Negri, Lucy Crowe, Claire Debono. Direction William Christie.

Mardi 02 mars 2010 sur France 3 à 22H40
Aurélie Dupont danse.

L’espace d’un instant. Documentaire.

Jeudi 04 mars 2010 sur France 3 à 03H05
Aurélie Dupont danse.

L’espace d’un instant. Documentaire.

Samedi 06 mars 2010 sur France 3 à 00H05
Une journée avec William Christie.


Dimanche 07 mars 2010 sur France 3 à 00H20
Le Crépuscule des Dieux (Wagner) Acte 1

Orchestre Philharmonique de Berlin. Direction Simon Rattle.

Enregistré le 9 juillet 2009. Mise en scène Stéphane Braunschweig.


Dimanche 07 mars 2010 sur Arte à 19H15
20 ans de Frédéric Chopin.

Concert. Récital de Rafael Blechacz, piano (Hambourg, 2009)

Lundi 08 mars 2010 sur Arte à 23H50
Pelléas et Mélisande (Claude Debussy)

Avec Magdalena Kozena, Jean-François Lapointe, Laurent Naouri, Marie-Nicole Lemieux. Bernard Haitink, direction
Enregistré en juin 2007 au Théâtre des Champs-Elysées

Dimanche 14 mars 2010 sur France 3 à 00H25
Le Crépuscule des Dieux (Wagner) Acte 2

Orchestre Philharmonique de Berlin. Direction Simon Rattle.

Enregistré le 9 juillet 2009. Mise en scène Stéphane Braunschweig.

Dimanche 14 mars 2010 sur Arte à 19H15
Sol Gabetta (violoncelle) joue Haydn et Vasks

 
Lundi 15 mars 2010 sur Arte à 22H30
Palestrina, prince de la musique.

Documentaire fiction inédit (2009)

 
Dimanche 21 mars 2010 sur France 3 à 00H25
Le Crépuscule des Dieux (Wagner) Acte 3

Orchestre Philharmonique de Berlin. Direction Simon Rattle.

Enregistré le 9 juillet 2009. Mise en scène Stéphane Braunschweig.

 
Dimanche 21 mars 2010 sur Arte à 19H15
Claudio Abbado dirige Prokofiev et Mahler

Festival de Lucerne 2009

Lundi 22 mars 2010 sur Arte à 22H30
Découvrir un opéra... Mendelssohn: Soldatenliebschaft, 1821. Documentaire inédit


Mardi 23 mars 2010 sur France 2 à 00H40
Ta Bouche (Maurice Yvain)

Opétte enregistrée au Théâtre de la Madeleine en 2005.
Avec Emmanuelle Goizé, Muriel Souty, Isabelle Mazin, Alma de Villalobos.


Samedi 27 mars 2010 sur France 3 à 00H05
L'Heure de ...
Duos d'amour.
Anna Netrebko, Rolando Villazon.

Dimanche 28 mars 2010 sur Arte à 19H15
Motets de Jean-Sébastien Bach

 
Lundi 29 mars 2010 sur TF1 à 02H05
Le Songe d'une nuit d'été (Benjamin Britten)

Mise en scène Robert Carsen (Grand Théâtre del Liceu de Barcelone 2005)

Avec David Daniels, Ofélia Sala, Emil Wolk, Deanne Meek.

Lundi 29 mars 2010 sur Arte à 22H30
Ravi Shankar
La captivante leçon de musique du sitariste Ravi Shankar.

Mardi 30 mars 2010 sur France 2 à 00H15
Symphonie n°3 (Gustav Mahler)
Orchestre de Paris, direction Christoph Eschenbach
 

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 25 Février 2010

Genèse de l’œuvre

Après la troisième représentation d’Otello, Verdi rend visite aux directeurs de la Scala et leur confirme qu’il est à la recherche d’un bon livret d’opéra bouffe. Il rentre ensuite à Sant’Agata.

Voué dorénavant aux œuvres de charité, le compositeur acquiert en 1888 à Milan un vaste terrain sur lequel il envisage de construire une Maison de repos pour les musiciens.

Au cours de l’été 1889, Boito lui envoie son livret inspiré des Joyeuses commères de Windsor et d’Henri IV. Verdi lui répond qu’il travaille maintenant à faire prendre corps à ce « Falstaff ».
Le décès de son camarade de conservatoire oblige cependant Boito à reprendre sa charge au conservatoire de Parme, à la joie de Verdi qui croit au bien qu’il y fera.

En pleine période vériste, Boito apporte la réduction pour chant et piano du Rêve d’Alfred Bruneau. Verdi trouve de bonnes intentions à cet ouvrage mais il n’est que médiocrement attiré par le vérisme.
C’est en septembre 1892 qu’il apprend au librettiste que Falstaff est enfin terminé.

Le 9 février 1893, huit jours après la création de la Manon Lescaut de Puccini à Turin, Falstaff est représenté pour la première fois à la Scala de Milan.
Considéré par la Strepponi comme un exemple de comédie musicale moderne italienne, le modèle auquel rattacher le mieux Falstaff est le chef d’œuvre de Cimarosa, I Matrimonio segreto.
Le succès est triomphal, bien que la musique soit trop inhabituelle, discrète et recueillie, et que le chant se plie aux intentions du discours parlé.

Le temps presse, alors Boito commence en secret à préparer une réduction du Roi Lear.
Verdi retouche quelques passages de Falstaff (le concertato du second acte et le final de la première partie du troisième acte), et révise la traduction française pour l’Opéra Comique à Paris.
Il se remet ensuite à un Te Deum pour double chœur, achevé en 1896.

Au printemps 1897, il reste cependant à Gênes car la Strepponi tombe gravement malade. Elle s’éteint le 16 novembre. 

Malgré les réticences de Verdi, Boito obtient l’autorisation d’exécuter les Pezzi sacri, quatre pièces sacrées dont le Te Deum est la dernière. L’accueil à Paris le 7 avril 1898 est très heureux.

Mais cette année là, face aux émeutes contre la hausse des prix, le général Bava Beccaris fait tirer sur la foule à Milan. Le Roi Humbert Ier le décorera malgré tout, et le payera de sa vie le 29 juillet 1900 à Monza, assassiné par l’anarchiste Gaetano Bresci.
Verdi se demande avec angoisse à quoi sert le sang versé pour l’unification de la terre italienne, si ses fils sont ennemis entre eux ?

Au début 1901, Verdi reçoit les vœux de l’archevêque de Milan, ce qu’il prend pour un mauvais présage. Le 21 janvier, une attaque d’hémiplégie paralyse son côté droit. Il meurt le 27 janvier.

Le 27 février, une foule de 300.000 personnes suit dans Milan le cortège portant les deux dépouilles du couple Verdi-Strepponi, vers la crypte de la Maison de repos pour les musiciens.

 

Falstaff

En 1328, le ralliement du Comte Louis Ier de Flandre à la France pousse les Anglais à réagir en coupant les exportations de laine et en accueillant les tisserands flamands. La pression fiscale française s’accentuant, la Flandre se révolte en 1337.

Philippe VI confisque alors la Guyenne au Roi Edouard III d’Angleterre. La guerre est déclarée et durera 116 ans (guerre de cent ans).

Jusqu’en 1364, les Anglais conquièrent une grande partie de la France, puis sont repoussés par Charles V jusqu’en 1380.

A la mort d’Edouard III, la chute des revenus pousse Jean le Gand, puis Richard II, à lever de nouvelles taxes.
Les secousses sociales et politiques deviennent très violentes, et le Duc de Hereford met fin au règne de Richard en 1399, pour se faire couronner Roi sous le nom d‘Henri IV.
Des révoltes s’en suivent. Elles sont réprimées sévèrement.

Les vues politiques d’Henry, le fils d’Henri IV, divergent largement de celles de son père, et en 1411,  le roi abdique au profit d’Henry V.

Avant son accès au trône, Henry était lié d’amitié avec Sir John Oldcastle, leader Lollard qui contestait l’ordre social et religieux.

Mais en 1414, le soulèvement Lollard est écrasé par Henry V. Ce mouvement annonce cependant les idées de la Réforme protestante.

Quand Shakespeare créa la pièce Henry IV, le compagnon du Prince Hal (le futur Henry V) fût nommé Sir John Oldcastle. Son nom changea plus tard pour devenir Sir John Falstaff, du fait de la valeur politique de OldCastle, et de la puissance de ses descendants.

 

Dans la pièce du dramaturge Elisabéthain et l’Opéra de Verdi, il ne reste presque plus rien des origines chevaleresques de Falstaff, devenu un bouffon qui vit de vol et de débauche.

Ne disposant plus d’un seul sou, Sir John Falstaff est persuadé de pouvoir se refaire en séduisant deux riches bourgeoises, Alice Ford et Meg Page.
Il écrit à chacune d’elles une lettre d’amour.
Cependant, les deux amies se rendent compte qu’elles ont reçu la même missive, et décident de se venger.
Bardolfo et Pistola, deux acolytes auxquels Falstaff doit de l’argent, informent Ford des menaces qui pèsent sur lui, et eux aussi décident de se venger.

Se présentant chez Alice Ford, Falstaff est vite informé par Mrs Quickly que Ford arrive également (en fait il est même persuadé de la complicité de sa femme). Il a tout juste le temps de se réfugier dans un panier de linge sale, et finit dans la Tamise au retour d’Alice Ford.

Par l’intermédiaire de Mrs Quickly, Falstaff reçoit une invitation d’Alice sous le chêne de Herne, travesti en Chasseur Noir.
Il va être à nouveau victime d’une farce, mais également Ford qui voulait marier sa fille Nannetta au docteur Caïus. Elle est heureusement unie à son amoureux, Fenton.
Le choeur final s'achève sur l'air "Tout dans le monde est une farce".

L'ouvrage précédent Otello

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Rédigé par David

Publié dans #Verdi

Publié le 22 Février 2010

ADonCarlo03.jpgDon Carlo (Verdi)
Représentation du 20 février 2010
Opéra Bastille

Don Carlo Stefano Secco
Elisabeth de Valois Sondra Radvanovsky
Rodrigo Ludovic Tézier
Philippe II Giacomo Prestia
L’inquisiteur Victor Von Halem
La princesse Eboli Luciana d’Intino

Direction musicale Carlo Rizzi
Mise en scène Graham Vick

                         
                                    Luciana d'Intino (La princesse Eboli)

Après l’excitante direction de Teodor Currentzis en 2008, la reprise de la production de Graham Vick, sous la sage exécution de Carlo Rizzi, paraissait bien partie pour virer à un spectacle de routine.

Mais visiblement, les solistes sont venus pour en démontrer autrement. Car ils ont les voix pour accrocher et faire ressortir chez chacun de nous les émotions sous-jacentes.

Il en va ainsi de Luciana d’Intino, qui est une mezzo-soprano spectaculaire par l’ampleur et la masculinité de ses expressions, et qui très facilement reprend des couleurs sauvagement féminines quand s’élèvent ses aigus violents et si richement entretenus.
Elle met ainsi un tel engagement dans sa scène de regrets auprès d’Elisabeth, que l‘air « O Don fatale » prend une profondeur douloureuse rarement ressentie.

ADonCarlo01.jpgSondra Radvanovsky n’était plus venue à l’Opéra National de Paris depuis l’automne 2003, à l’occasion de la nouvelle production du Trouvère. Cette américaine, formée à l’école du Metropolitan Opera, est une des plus belles interprètes verdiennes de notre époque.

Ses étranges enchevêtrements de vibrations, enveloppés par l’ampleur d’une voix aux éclats métalliques, lui donnent une dimension mélancolique à la mesure de la musique du maître italien.

Stefano Secco, dans le prolongement de son interprétation de 2008, poursuit son approfondissement du rôle, plus sombre et désespéré, mais aussi plus nuancé, quand il s’agit de chuchoter son étonnement lors de sa méprise avec Eboli.

Il se dégage chez ce chanteur une vie intérieure réellement touchante.

 

           Sondra Radvanovsky (Elisabeth de Valois)

Il y a quelques temps, il était assez fréquent de remarquer une certaine paresse scénique chez Ludovic Tézier. Aujourd’hui l’artiste atteint une plénitude vocale, « A me il ferro! » pourrait paralyser l’entier parvis de la basilique Notre-Dame d’Atocha , mais aussi une densité humaine pleine de noblesse. Très attentif à ses partenaires, il ne semble jamais vouloir céder à l’affectation prononcée.

Sans doute mieux tenu musicalement que Ferruccio Furlanetto, sans atteindre le même charisme scénique, Giacomo Prestia réussit le mieux à rendre la faiblesse de l’Empereur, et dans un moment de grâce orchestrale, nous offre une des interprétations les plus sensibles d’ « Ella giammai m’amo ». S’en suit une confrontation pleine d’aplomb face à l’inquisiteur, mais un peu trop déséquilibrée par le souffle court de Victor von Halem.

ADonCarlo02.jpg       Ludovic Tézier (Rodrigo)

Il y a un certain sentiment de nostalgie, mais aussi une joie émouvante à sentir à quel point l’un des ouvrages que tenait le plus à cœur Verdi, soi même y tient autant.

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Publié le 16 Février 2010

« Un Tramway » nommé désir (mise en scène Krzysztof Warlikowski)
Représentation du 13 février 2010
Théâtre de l’Odéon

Texte français : Wajdi Mouawad
Adaptation : Krzysztof Warlikowski

Blanche Isabelle Huppert   Stanley Andrzej Chyra    Stella Florence Thomassin
Mitch Yann Collette            Eunice Renate Jett         Un jeune homme Cristián Soto

 

Entrer dans le théâtre de Krzysztof Warlikowski, c’est reconnaître d’avance que dans la tête de chacun peut régner un bordel inextricable. En tout cas, il s’agit d’aimer cette approche confuse et intuitive de la vie, qui est comme un grand bol d’air afin d’échapper à la bien-pensance et au conformisme sociaux avec lesquels il faut pourtant vivre, et pire, parfois participer.

En partant de la pièce de Tennessee Williams, et tel un explorateur de l’âme en souffrance, le réalisateur polonais aborde le thème de l’attirance vers ce qui peut nous être néfaste.

De l’univers mental de Blanche Du Bois, devenue folle, Krzysztof Warlikowski en dissèque les plaintes, les violences subies, les réactions d’orgueil, et mélange, sans respecter une chronologie linéaire, tous les évènements et les personnages de sa vie, le choc du suicide de son mari homosexuel, l’attachement à Stanley Kowalski, malgré le viol.

Sur la forme, l'utilisation de la vidéo est à nouveau forte pour magnifier l'humanité des personnages (Blanche Du Bois et Stella principalement), les poses peuvent être très expressives (voir d'entrée Isabelle Huppert, assise jambes écartées, réduite à la prostitution et à un corps sensuel en attente), et l'on retrouve le fond musical feutré qui met le spectateur en état de réceptivité et de détente, avant le passage au grill.

Warlikowski n'évite pas certaines lourdeurs, l'étudiant avec lequel Blanche eut une liaison se transforme en boxeur, et le texte d'Oscar Wilde, Salomé désirant baiser la bouche de Jochanaan, souligne de manière appuyée et étrangement douce la perversité de Blanche.

Si les choix musicaux interprétés par Renate Jett paraissent trop tape-à-l'œil (le très populaire « All by myself! »  par exemple), le défilement du texte du Combat de Tancrède et Clorinde, sur un fond noir musicalement violent en lieu et place de la musique délicate de Monteverdi, prend une puissance décapante, surtout lorsque la traduction de "darsi volse vita con l'acqua" devient "il se leva pour donner la vie avec son onde".

Blanche est une idéaliste, par conséquent le metteur en scène en profite pour laisser transparaître ses propres idéaux. D'où des réflexions sur le couple, "what is compromising?", qui montrent bien son attachement à la relation humaine du moment qu'elle n'induit pas de marchandage avec l'autre.
Reste à savoir dans quelle mesure cet idéalisme n’est pas à l’origine de tant de souffrance…

Dans "Un Tramway", la langue française ne remplace pas le charme de la langue polonaise, et si Isabelle Huppert joue avec une aisance passionnante, le plaisir démonstratif qu'elle prend crée parfois un détachement émotionnel, ce qui ne permet plus de retrouver la profondeur d'âme des acteurs si poignante dans les précédentes pièces de Krzysztof Warlikowski.

ATramway-01.jpg      Andrzej Chyra, Isabelle Huppert et Krzysztof Warlikowski lors d'une rencontre avec le public.

Avec cinquante et une représentations en deux mois, et cela se perçoit dans la salle, le public parisien vient en grande majorité pour voir Isabelle Huppert.
C'est une bonne chose pour la notoriété de l'élève du nouveau théâtre polonais, pourvu que cela ne se fasse pas au détriment de l'authenticité.

Mais pour l‘instant, Krzysztof Warlikowski est un artiste indispensable dont il est hors de question de passer à côté.
Prochain arrêt : Macbeth de Verdi au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles.

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Publié le 13 Février 2010

AKeenlyside.jpgSimon Keenlyside
Récital du 12 février 2010 au Palais Garnier
Piano Malcolm Martineau

Faure
Mandoline op 58/1 (Verlaine) En sourdine op 58/2 (Verlaine) Green op 58/3 (Verlaine) Notre amour op 23/2 (Silvestre) Fleur jetée op 39/2 (Silvestre) Spleen op 51/3 (Verlaine)
Madrigal de Shylock op 57/2 (Haraucourt) Aubade op 6/1 (Pomey) Le papillon et la fleur op1/1 (Hugo)

Ravel                                    Schumann
Histoires naturelles                          Dichterliebe

Bis : Schubert : der Einsame, die Sterne D.939, Nachtviolen, Wanderer an den  Mond, Brahms : Wir wandelten

Touchant, avec une unité d’âme qui nous ramène à notre propre intériorité, et une humilité qui balaye si facilement le souvenir des vaines vanités de la vie, Simon Keenlyside offre un chant aussi marqué de gravité, qu’il peut s’éclaircir pour susurrer le charme subtil de la nature.

Le visage s’exprime, et retrouver ainsi une si pure vérité renvoie à chacun, je le crois, l’idée que la sincérité est une affaire de courage.   

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Publié le 7 Février 2010

ASonnambula03-copie-1.jpgLa Somnambule (Bellini)
Représentation du 06 février 2010
Opéra Bastille

Amina Natalie Dessay
Teresa Cornelia Oncioiu
Il Conte Rodolfo Michele Pertusi
Lisa Marie-Adeline Henry
Elvino Javier Camarena

Direction musicale Evelino Pidò
Mise en scène Marco Arturo Marelli


                                                                Cornelia Oncioiu (Teresa)

Fidèle à sa politique d’achat, Nicolas Joel continue à importer des productions européennes de répertoire, souvent sans réelle exigence de direction scénique apte à insuffler vie et crédibilité théâtrales.

Dans son spectacle conçu pour Vienne en 2001, Marco Arturo Marelli se contente de faire une mise en espace peu habitée, plantée au centre d’un hôtel qui pourrait évoquer, par sa situation élevée, La Montagne Magique de Thomas Mann. Cette association d’idée vient naturellement, mais reste gratuite.

ASonnambula01.jpg    
Evelino Pidò

Dans ces circonstances, l’intérêt se fixe sur Evelino Pidò. Car il nous est permis de voir un chef d’orchestre qui se comporte comme un grand architecte, maître d’une structure globale qui inclut les musiciens, les solistes et les chœurs.

Tout en assurant le maintien d’un son luisant, il contrôle précisément les jeux de contrastes entre les piani d’Elvino et les envolées d’Amina, se révèle très attentif à chaque choriste, afin d’obtenir des couleurs encore différentes, et manifeste bien évidemment la même attention à chaque instrumentiste.

On voit donc ici ce qu’est un chef, pas simplement directeur, mais également soutien de chaque artiste, surtout dans la difficulté. Et Natalie Dessay est la première à en bénéficier, car elle a besoin de puiser dans son moral et sa technique les moyens de surmonter le mal de gorge qui la limite depuis la fin des répétitions.

ASonnambula02.jpgAh, non credea mirarti s’avère ainsi plus émouvant que l’on ne pourrait s’y attendre, d’autant que les sonorités de la cantatrice restent très françaises, et elle trouve les ressources en une jolie palette de nuances, sans verser toutefois dans le pathétique.

Le duo Son geloso del zefiro errante se situe dans la même veine, bel alliage avec le  timbre doux et sensible de Javier Camarena, ténor pouvant être percutant, et d’une présence plus modeste.

Michele Pertusi a paru terne ce soir, mais touchant lorsqu’il résiste à la tentation, alors que Marie-Adeline Henry étale des moyens vaillants et assurés à la hauteur de son rôle de jalouse, mais qui perdent en force lorsque sa nature malheureuse s’exprime.

Enfin, pleine de vérité, et d’une grande tendresse, la petite Teresa de Cornelia Oncioiu brille d’authenticité.

  Natalie Dessay (Amina)

L’idée de la cabalette finale chantée sous le rideau de l’Opéra Garnier, à rapprocher de l’aria aérien composé par Philippe Boesmans pour la Reine dans Yvonne princesse de Bourgogne, est un petit clin d’œil humoristique au désir de rêve que représentent les velours rouges de la grande scène lyrique parisienne, et qu’avait su si bien railler un certain Gerard Mortier

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