Publié le 22 Décembre 2015

Pelléas et Mélisande (Claude Debussy)
Représentation du 19 décembre 2015
Philharmonie de Berlin

Mélisande Magdalena Kožená
Pelléas Christian Gerhaher
Geneviève Bernarda Fink
Arkel Franz-Josef Selig
Golaud Gerald Finley
Ynoild Solist des Tölzer Knabenchors Knabensopran
Ein Arzt Jörg Schneider Bass
Schäfer Sascha Glin
tenkamp

Mise en scène Peter Sellars                                            Peter Sellars (Photo: Monika Rittershaus)
Direction musicale Simon Rattle
Berliner Philharmoniker

La collaboration artistique entre Peter Sellars et le Berliner Philharmoniker existe depuis plus de cinq ans. Elle est à l’origine d’une version semi-scénique de la Passion selon Saint-Matthieu de Jean-Sébastien Bach, enregistrée à la Philharmonie en 2010, avec Magdalena Kosena et Christian Gerhaher dans les rôles principaux.

Ces interprètes, présents dès le début de cette aventure, se retrouvèrent en 2014 pour jouer une version semi-scénique de la Passion selon Saint Jean.
La mémoire de ces deux spectacles existe dorénavant en DVD.

Et nous retrouvons à nouveau ce même cœur humain pour incarner une nouvelle vision de l’opéra de Claude Debussy, Pelléas et Mélisande.

Dans le décor naturel de la Philharmonie où un dédale d’escaliers s’élève de part et d’autre de la vingtaine de balcons qui l’ornent comme des pétales de fleurs, Peter Sellars y fait évoluer les chanteurs depuis la scène principale jusqu’aux promontoires les plus élevés, et nous donne l’impression que le drame se joue à l’intérieur d’un palais souterrain imaginaire.

Christian Gerhaher (Pelléas) et Magdalena Kožená (Mélisande) - Photo Monika Rittershaus

Christian Gerhaher (Pelléas) et Magdalena Kožená (Mélisande) - Photo Monika Rittershaus

Des fuseaux lumineux bleus, verts, rouges ou violets, aux couleurs des chemises multicolores bien connues du metteur en scène, sont disposés aux endroits clés où les scènes vont se dérouler : à l’extrême hauteur à gauche et à droite, au fond sur les parois latérales, plus bas derrière l’orchestre, là où se tiendra pendant quasiment toute la représentation Arkel, et à l’avant-scène à proximité d’une sorte de pierre tombale noire.

Tous les personnages sont vêtus de noir, et aucun costume ne vient donner une image symbolique qui les différencie les uns les autres.

Dès l’ouverture, nous avons alors l’impression de nous trouver au troisième acte de Parsifal, dans un monde désenchanté. Mélisande, femme mûre, méprise plus qu’elle ne craint un Golaud infantilisé, Pelléas semble être le frère jumeau de ce dernier en plus mature, et Arkel est d’emblée le pivot patriarcal de ce monde clos.

La force du travail de Peter Sellars est qu’il interdit tout rapport romantique entre les êtres. A la limite du naturalisme, chaque relation est empreinte de souffrance, mais le petit Yniold est la lueur d’espoir qui semble insuffisante à réveiller cet univers mu par ses propres fantômes.

Magdalena Kožená (Mélisande) - Photo Monika Rittershaus

Magdalena Kožená (Mélisande) - Photo Monika Rittershaus

Et si la première partie se déroule sur tous les surplombs possibles de l’orchestre, elle se termine par une scène de voyeurisme saisissante de Golaud et Yniold dominant Pelléas et Mélisande figés selon une posture immobile. La course impressionnante d’Yniold à travers les escaliers labyrinthiques qui s’achève dans les bras de Mélisande, alors que Simon Rattle fait soudainement tendre et se resserrer le son métallique des cordes du Philharmonique, est une des plus belles surprises de ce spectacle.

La seconde partie se déroule autour du chef d’orchestre. Mélisande subit gestes violents ou libidineux, Pelléas lui déclare son amour mais personne n’y croit, et tout l’enjeu repose sur la survie de son enfant né d’un univers sans amour.

L’ensemble des artistes livre un chant d'une excellente diction, mordante et précise, qui respecte intégralement l'intelligibilité du texte. Gerald Finley et Christian Gerhaher se correspondent parfaitement, selon une même ligne franche et désespérée, presque agressive, le baryton allemand s’exprimant sur deux plans vocaux bien distincts, un chant parlé clair et naturel, et un chant grave dramatique qui rejoint donc celui du baryton canadien, théâtralement poussé aux limites de la folie possessive.

Simon Rattle - Photo Metropolitan Opera

Simon Rattle - Photo Metropolitan Opera

Magdalena Kožená surjoue, certes, stupeur et effroi, mais ce portrait de femme tranche avec l’image plus éthérée habituellement représentée. Mélisande n’en est pas moins une victime proche de la révolte. De plus, elle trouve en Bernarda Fink un visage humain compassionnel doublé d’une très agréable clarté vocale.

Et Franz-Joseph Selig a toujours cette stature vocale et pathétique inaltérable au temps, quand le jeune interprète d’Yniold, lui, oppose une très touchante candeur traversée de sentiments d’inquiétude, sans névrose et au cœur aimant.

Au centre de ce dispositif scénique, Simon Rattle débute une lecture fluide aux mouvements vifs et complexes, et soigne précautionneusement la finesse texturale du Berliner Philharmoniker où cordes, bois et vents se fondent très naturellement. Peu d’ombres, mais des frissonnements permanents sur la surface orchestrale, la prégnance subliminale de la musique est d’abord l’écrin de la force théâtrale des chanteurs.

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Publié le 11 Décembre 2015

Dios Proveera (David Bobee)
Représentation du 10 décembre 2015
Les Gémeaux / Scène nationale (Sceaux)

Artistes Circassiens de la Gata Cirko, Bogota
Edward Aleman, Gabriela Diaz, Diego Fajardo,
Gabriel Gómez, Valentina Linares, Laura Lloreda,
Wilmer Marquez, José Miguel Martinez,
Luisa Montoya, Felipe Ortiz, David Trivino

Ensemble les Nouveaux Caractères
Liselotte Emery (cornet à bouquin)
Etienne Floutier (viole de gambe)
Stephen Eelhart (percussions)
Caroline Mutel (soprano)

Direction musicale Sébastien d’Hérin (Clavecin)
Mise en scène et scénographie David Bobee

                                     José Miguel Martinez

David Bobee est un artiste qui adore mettre en scène la révolte de la jeunesse, et montrer son cœur mis à nu avec tout le déchainement de violence qu’engendre un monde qui ne lui reconnaît pas de droit à sa propre existence.

Au Théâtre des Gémeaux, il avait décuplé la révolte et le romantisme d’Hamlet en compagnie de la troupe du Studio 7 de Moscou, avec laquelle il s'était ensuite jeté dans la fresque d’Ovide, Les métamorphoses, au Théâtre national de Chaillot.

Dans le prolongement de cet élan, il s’est maintenant associé à une des toutes premières troupes indépendantes de cirque contemporain en Colombie, Gata Cirko.

 Valentina Linares et José Miguel Martinez

Valentina Linares et José Miguel Martinez

Et, émerveillé par la vitalité et la virtuosité de ces jeunes hommes et femmes, il a construit avec eux un spectacle qui décrit la hargne et le désir de vivre de la jeunesse de Bogota.

Sur scène, des barrières de sécurité encerclent le plateau vide plongé dans une atmosphère sombre et brumeuse, comme si nous étions dans une arrière-cour désolée uniquement éclairée par un lampadaire sans chaleur.

Un jeune homme s’approche au ralenti du public, fait mine de lui envoyer une bombe fumigène, puis est rejoint par 10 autres comparses. Les barrières valsent dans un vacarme amplifié par une musique qui accentue l’impression apocalyptique de ce tableau de rue.

David Trivino

David Trivino

Ce même jeune homme se saisit, depuis la salle, de boules en caoutchouc qu’il projette comme des pavés lancés contre les soldats de l’autorité, et improvise dessus des numéros de jonglerie tout en bousculant encore plus violemment les grilles de métal.

Le fond de scène révèle alors les façades blanches et tristes d'immeubles de banlieue, et les premières chorégraphies aériennes de ces jeunes tournoient sous les lumières ambrées pour lui redonner une âme libre et gracieuse.

Au fur et à mesure que l’on entre dans l’univers expressif de cette jeunesse, les corps des artistes s’exposent de plus en plus. Un des garçons, nu et musclé, parcourt les barrières sans la moindre pudeur, dans une lenteur qui magnifie son entière sculpture, la force et la beauté éphémère de ses mouvements souples et décidés.

 José Miguel Martinez et Gabriela Diaz

José Miguel Martinez et Gabriela Diaz

Un autre acrobate exécute des numéros libres à peine attaché aux extrémités de deux liens, comme une araignée formant et déformant sa toile et son apparence pour créer des images symboliques qui renvoient à une forme de pureté christique.

Pourtant, l‘environnement et l’histoire de ces jeunes les contraignent. Les forces de l’ordre, qui exécuteront une danse comme si nous étions dans le rêve d’un monde pacifié, ne leur laissent aucun répit.

Alors, ils doivent vivre avec la mémoire coloniale du passé des conquistadors, l’emprise des religieux qui cherchent à les contrôler, et même avec les illusions que drainent les super-héros imaginés par les vendeurs de rêves de l'Amérique du Nord.

Ils rejettent ces fausses valeurs, et ne peuvent que leur opposer la présence éclatante de leurs corps magnifiques, une énergie que l’on reçoit sans cesse tout au long de la soirée.

Les onze acrobates finiront même par s’exposer à nu tous ensemble, dos au mur sous les brusques aléas des lumières qui rendent volantes les ombres balayant leurs poitrines, afin d'afficher leur honneur et leur désir de résister debout au passage du temps.

Stephen Eelhart et Sébastien d’Hérin (Les Nouveaux Caractères)

Stephen Eelhart et Sébastien d’Hérin (Les Nouveaux Caractères)

Et pour les réconforter, et leur donner l’espoir d’une présence divine qui les entoure, le petit orchestre des Nouveaux Caractères joue des extraits d’œuvres de compositeurs espagnols, italiens ou sud-américains, tels Juan de Herrera, Diego Ortiz, Palestrina … dont la musique a un chatoiement intime véritablement semblable à celle d'Henry Purcell.

De plus, Caroline Mutel, la soprano du groupe, est d’une tendresse bienveillante, et les jeunes musiciens subtilement éclairés par les lueurs de scène expriment une complicité naturelle très agréable à admirer.

Violence extériorisée, plastique des corps sublimée, mouvements libérés, prévalence de l'humour et grâce de la musique, tout dans ce spectacle possède une force structurante qui permet à chacun de se recentrer sur soi.

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Publié le 8 Décembre 2015

La Damnation de Faust (Hector Berlioz)
Répétition du 02 décembre 2015 et                              Représentations des 11 & 13 décembre 2015

Opéra Bastille

Marguerite Sophie Koch
Faust Bryan Hymel (02) / Jonas Kaufmann (11&13)
Méphistophélès Bryn Terfel
Brander Edwin Crossley-Mercer
Voix Céleste Sophie Claisse

Stephen Hawking (Dominique Mercy)

Direction musicale Philippe Jordan
Mise en scène Alvis Hermanis

Vidéo Katrina Neiburga
Chorégraphie Alla Sigalova
Dramaturgie Christian Longchamp

                                                                                    Bryn Terfel (Méphistophélès)

Depuis plusieurs années, le physicien britannique Stephen Hawking prédit que l’homme devra coloniser la planète Mars d’ici un siècle, ne serait-ce que pour parer à la destruction de la Terre qui découlerait de l’extension des conflits armés ou du réchauffement climatique au cours du troisième millénaire.

Plusieurs programmes sont en cours, dont le plus sérieux, celui de la NASA, prévoit d’établir les premières colonies sur Mars dans les années 2030.

Bryan Hymel (Faust) et Dominique Mercy (Hawking)

Bryan Hymel (Faust) et Dominique Mercy (Hawking)

Il existe toutefois un autre projet, beaucoup moins coûteux, qui consisterait à envoyer des êtres humains sur Mars dès 2024, sans possibilité de retour.

Ce programme, dénommé Mars One, est jugé fantaisiste par une partie de la communauté scientifique, et a été imaginé par un ingénieur néerlandais, Bas Lansdorp, qui a reçu pas moins de 200.000 candidatures du monde entier. 200.000 personnes sont donc prêtes à se libérer définitivement de toutes attaches affectives vis-à-vis de leurs proches et de leur planète d’origine pour prendre un aller simple vers le Paradis du Dante. Seuls 50 hommes et 50 femmes ont cependant été retenus.

La Damnation de Faust (Kaufmann-Hymel-Koch-Terfel-Hermanis-Jordan) Bastille

Alvis Hermanis, metteur en scène letton qui fait son entrée à l’Opéra National de Paris, voit dans ce choix assumé un élan inexplicable qu’il compare à la signature du pacte de Faust avec le Diable. Tout son travail consiste ainsi à hybrider la logique de ce programme spatial avec la trame poétique et tragique de la Damnation de Faust.

Dès l’ouverture apparaît donc, sous les traits du physicien, le danseur bien connu de la troupe de Pina Bausch, Dominique Mercy. Il rêve d'avenir depuis le fauteuil roulant qui fait corps avec lui, et Faust (Bryan Hymel) devient alors l’expression de son âme mélancolique.

La Damnation de Faust (Kaufmann-Hymel-Koch-Terfel-Hermanis-Jordan) Bastille

Les projections vidéographiques présentent le projet Mars One, et, pour en souligner la réalité, certains profils des participants s’affichent. Une étudiante iranienne fait même partie des 100 personnes sélectionnées.

Par la suite, le spectacle fait la part belle à deux plans visuels, d’une part les vidéos qui illustrent le propos des scènes, et, d’autre part, le chœur et les danseurs qui représentent différents états d’évolution de la condition humaine.

Bryn Terfel (Mephistophélès)

Bryn Terfel (Mephistophélès)

Nous voyons ainsi ce peuple haut en couleur et exubérant – les paysans de la scène initiale – danser la vie devant une verrière représentant Adam et Eve dans les jardins d’Eden.

Puis, l’hymne de Pâques est chanté dans la pleine sérénité bleutée d’un lever de Soleil sur la Terre vu depuis l’Espace – l’évocation d’une montée vers les gloires éternelles, celle qu’espèrent les candidats au voyage – jusqu’à l’arrivée de Méphistophélès (Bryn Terfel) dissimulé sous les traits du médecin en chef du programme spatial, Norbert Kraft.

La Damnation de Faust (Kaufmann-Hymel-Koch-Terfel-Hermanis-Jordan) Bastille

Les vidéos et les danses évoluent pour montrer à quel point le regard de ce personnage sur les êtres est un regard manipulateur qui les considère comme des animaux – des rats - au cours de la scène de la cave d’Auerbach, avant que ne s’élèvent les premières images de Mars sur le rêve de Faust et l’Ode à des paysages bucoliques . Le ballet des Sylphes, puis celui des étudiants, devient une évocation sensuelle de corps entrelacés d’un charme plus charnel que chorégraphique.

Les dernières images convoquent avec surabondance et de façon décorative les machines préparatoires à la conquête de Mars, dont une machine gravitationnelle – l’alcôve embaumée – qui enserre Stephen Hawking, et le robot d’exploration Opportunity chargé de découvrir des sources d’eau.

Jonas Kaufmann (Faust) - le 11 décembre

Jonas Kaufmann (Faust) - le 11 décembre

Dans la seconde partie, l’impression générale de ce que l’on voit est une incitation à considérer la valeur et la beauté de la vie à partir d’un enchainement d’images qui exhibent les lignes et rondeurs des corps d’hommes et de femmes exposées dans des cages en verre, pour se poursuivre en imagerie spectaculaire sur la vie de la nature.

Des baleines évoluant majestueusement sur les appels plaintifs et mystérieux des cordes, une fascinante et drôle de scène d’amour entre deux escargots, une éruption volcanique pendant l’invocation à la nature, Alvis Hermanis réalise un des plus grandioses hommages à notre Terre jamais vu à l’Opéra.

Bryan Hymel (Faust)

Bryan Hymel (Faust)

Mais malgré la force de cette réalité, Faust finit par signer son pacte avec Méphistophélès et le suivre vers l’enfer, au cours d’un voyage accéléré à travers l’espace jusqu’aux limbes de Mars – des extraits du documentaire Roving Mars (2006) nous font vivre en accéléré ce périple qui durerait plus de six mois dans la réalité.

On comprend la crainte personnelle sous-jacente du metteur en scène, qui se demande si les terriens prennent encore conscience de la chance qu’ils ont à vivre sur leur planète, s’ils font sincèrement quelque chose pour la préserver, et qui ne comprend pas pourquoi certains auraient envie d’aller sur Mars, alors qu’ils ne savent même pas vivre en harmonie chez eux.

Bryan Hymel (Faust)

Bryan Hymel (Faust)

Et le double de Faust, Stephen Hawking, finit en état de jubilation devant ceux qui ont été sélectionnés pour ce voyage sans retour.

L’inconvénient majeur de cette production est qu’elle relègue les chanteurs à des animateurs vocaux, des commentateurs, plus qu’à des acteurs de la vie.

Dans son rôle de médecin diabolique, Bryn Terfel chante Méphistophélès avec une excellente diction sans que pour autant il dégage une noirceur insondable. Son relief est avant tout physique, et la perversion de son personnage indéniablement présente.

Sophie Koch (Marguerite)

Sophie Koch (Marguerite)

Face à lui, Bryan Hymel est un Faust profondément lunaire, hors du présent, dont le timbre a des couleurs d’automne comparables à celle de Jonas Kaufmann auquel il est régulièrement associé. En effet, ce jeune chanteur américain avait déjà remplacé le ténor allemand à Londres, dès 2012, dans le rôle d’Enée (Les TroyensBerlioz), et son intelligibilité non dénuée d’accent est appréciable dans un répertoire si difficile pour les chanteurs du monde anglo-saxon. Son personnage semble abandonné par la vie.

Lors de la seconde représentation, on retrouve cette attitude réflexive chez Jonas Kaufmann, mais alors qu'il débute sur une tonalité très sombre et que l'ampleur de l'orchestre prend un peu le dessus, il découvre progressivement l'immensité de son talent. Ce talent est d'abord vocal, une technique qui donne de la densité au son, une voix dont le charme vous prend par la main avec un gant de velour, puis qui achève de vous mettre à genoux quand des suppliques incroyablement filées confinent aux murmures les doux accords des musiciens. Il est par ailleurs un acteur extraordinairement naturel, et quand on le regarde, son jeu paraît toujours nuancé et vrai.

Jonas Kaufmann (Faust) - le 11 décembre

Jonas Kaufmann (Faust) - le 11 décembre

La Damnation de Faust est construite sur une première partie qui ne présente pas Marguerite – on la remarque passer furtivement en fond de scène.  L’apparition de Sophie Koch crée alors un véritable moment de rupture, d’autant plus que le romantisme de son rayonnement vocal ample et subtilement grave est l’expression même de l’amour proche à cœur battant. Elle représente ici toutes les valeurs humaines et affectives de la vie auxquelles Faust se rattache.

Il reste peu de champ pour les rôles secondaires, mais Edwin Crossley-Mercer, que l’on vient d’entendre à Strasbourg dans Pénélope (Fauré), est à nouveau d’une droiture parfaite.

Dans cet opéra, les chœurs ont une présence prédominante. La puissance qu’ils affichent aux premières scènes s’assouplit, pour exprimer par la suite des couleurs tout autant spirituelles dans les évocations religieuses, qu’elles se révèleront d’une densité et d’une espérance sensiblement humaine dans les scènes de vie.

Sophie Koch (Marguerite) et Bryan Hymel (Faust)

Sophie Koch (Marguerite) et Bryan Hymel (Faust)

Philippe Jordan débute donc par cette œuvre un cycle Hector Berlioz qui va s’étaler sur quatre ans. Aux commandes de l'orchestre de l’Opéra National de Paris, il n’a aucune difficulté à exalter la sensualité des moments lents et envoûtants, finement limpides et gorgés d’une chaleur parfois flamboyante. Il réussit également à restituer la tonalité intime de la partition dont il fait ressentir détails et impressions de fragilité.

Cependant, au cours des premières représentations, percussions et cuivres estompent l’effet de fluidité des cordes lorsque la dynamique de la musique s’accélère et prend de l’ampleur. Il en résulte une sensation clinquante et peu subtile des impacts dramatiques et un manque d'élan sensible pour l'auditeur.

Mais, lors de la représentation du 13 décembre, Philippe Jordan et l'Orchestre de l'Opéra National de Paris effacent totalement cette impression. Cette fois, une inspiration épique irise la partition à en donner le frisson, œuvre du temps et de l'expérience qui permet d'affiner l'interprétation orchestrale pour lui donner le souffle aéré et galvanisant des grands espaces.

Sophie Koch - Philippe Jordan - Jonas Kaufmann - le 11 décembre

Sophie Koch - Philippe Jordan - Jonas Kaufmann - le 11 décembre

Et dans leur ensemble, les images de ce spectacle ont un pouvoir suggestif car elles nous renvoient à des questions et des aspects de la vie qui nous intriguent depuis l’enfance. Elles sont comme un avertissement que l'homme est sur le point de signer un irréversible adieux à la nature dont il est issu.

Mais ce montage original de séquences ne fait pas oublier pour autant le travail riche, coloré et naïf de Robert Lepage, le réalisateur de l'ancienne production, certes dénué de sens politique, mais porteur d'une beauté poétique intemporelle.

 

Diffusion de la Damnation de Faust sur CultureBox à partir du 19 décembre, et retransmission sur Mezzo le 24 décembre 2015 à 20h30.

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Publié le 5 Décembre 2015

Samedi 05 décembre, avant les lueurs de l’aube, la clarté du ciel permettait d’admirer un alignement de trois planètes autour de la Lune, le long d’un des bras de la constellation de la Vierge.

En partant de Vénus, la planète la plus brillante et la plus basse sur l’horizon, située proche de l’étoile Spica, le regard passait sur Mars, puis le croissant de Lune, et enfin, au plus haut, Jupiter.

Rapprochement Vénus-Mars-Lune-Jupiter - Focale 44mm - Iso 400 - Tpose 8s

Rapprochement Vénus-Mars-Lune-Jupiter - Focale 44mm - Iso 400 - Tpose 8s

148 millions de kilomètres à la Terre pour Vénus, 290 millions pour Mars et 820 millions pour Jupiter, cette observation était aussi l’occasion de montrer ce que l’on peut saisir de ce spectacle avec un appareil photo numérique posé sur un simple pied non motorisé.

Depuis une ville autant noyée par la pollution lumineuse que Paris, toutes les étoiles de magnitude inférieure à 4 sont visibles – il s’agit des étoiles au minimum 6 fois plus brillantes que les plus faibles étoiles visibles à l’œil nu sous un ciel de campagne pur.

De gauche à droite : Callisto, Ganymède, Europe et Jupiter - Focale 1200mm - Iso 400 - Tpose 1s

De gauche à droite : Callisto, Ganymède, Europe et Jupiter - Focale 1200mm - Iso 400 - Tpose 1s

Et, à partir d’un zoom optique de 1200mm, trois des quatre gros satellites de Jupiter, Callisto, Ganymède et Europe étaient parfaitement visibles, le quatrième, Io, étant trop proche du disque de la planète pour être repérable.

Il y a vingt ans, d’aucun n’aurait imaginé que les techniques grand-public permettraient de prendre des clichés astronomiques dans des conditions aussi rudimentaires.

Lundi 07 décembre 2015 - Vénus (en bas à gauche) est approchée par la Lune

Lundi 07 décembre 2015 - Vénus (en bas à gauche) est approchée par la Lune

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Rédigé par David

Publié dans #Astres

Publié le 1 Décembre 2015

TV-Web Décembre 2015 Lyrique et Musique

Mardi 01 décembre 2015 sur Mezzo à 18h25
Le Couronnement De Poppée De Monteverdi Au Liceu De Barcelone

Vendredi 04 décembre 2015 sur France 2 à 00h30
Dancing in living - portrait de Benjamin Millepied

Vendredi 04 décembre 2015 sur Mezzo HD à 21h35
Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas au Liceu de Barcelone

Samedi 05 décembre 2015 sur Mezzo à 22h00
Lulu (Alban Berg) à la Monnaie de Bruxelles

Orchestre Symphonique de la Monnaie, Michael Boder (direction)
Koninklijke Balletschool van Antwerpen,
Krzysztof Warlikowski (mise en scène)

Dimanche 06 décembre 2015 sur Mezzo à 18h40
Don Giovanni de Mozart à la Monnaie de Bruxelles

Orchestre symphonique et chœurs de la Monnaie , Ludovic Morlot (direction)
Krzysztof Warlikowski (mise en scène)

Lundi 07 décembre 2015 sur Mezzo à 18h50
Jonas Kaufmann chante Parsifal de Wagner au Metropolitan Opera de New York

Orchestre, choeur et ballet du Metropolitan Opera, Daniele Gatti (direction)
François Girard (mise en scène)

Lundi 07 décembre 2015 sur Arte à 22h30
Giovanna d'Arco (Verdi) en léger différé de La Scala de Milan

Netrebko, Meli, C.Alvarez
dir Riccardo Chailly - ms Moshe Leiser et Patrice Caurier

Mardi 08 décembre 2015 sur Mezzo à 18h20
Il Trovatore de Verdi au Met de New York

Marcelo Álvarez, Sondra Radvanovsky, Dmitri Hvorostovsky

Mercredi 09 décembre 2015 sur Mezzo HD à 22h40
William Christie dirige Hercules de Haendel à l'Opéra De Paris

Les Arts Florissants, William Christie (direction), Luc Bondy (mise en scène)

Jeudi 10 décembre 2015 sur Mezzo à 20h30
Esa-Pekka Salonen dirige Le Château de Barbe-Bleue et La Voix humaine à l'Opéra de Paris
Le Château de Barbe-Bleue, de Béla Bartók
La Voix humaine, de Francis Poulenc
Krzysztof Warlikowski (mise en scène)

Vendredi 11 décembre 2015 sur France 2 à 00h30
Jenufa (Janacek)

Matthew, Workman, Spence, Charbonnet, Wilson, Ludlow, Vassiliev
La Monnaie de Bruxelles - ms Hermanis - dir Morlot

Vendredi 11 décembre 2015 sur Mezzo HD à 21h50
Aïda de Verdi à l'Opéra de Paris

Philippe Jordan (Direction musicale), Olivier Py (Mise en scène)

Samedi 12 décembre 2015 sur Mezzo à 20h30
Valery Gergiev dirige La Khovanchtchina de Moussorgski au Mariinsky

Orchestre du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, Valery Gergiev (direction)

Dimanche 13 décembre 2015 sur France 3 à 00h30
Folies (Sondheim)

Croisille, Bickley, Robertson
Opéra de Toulon - dur Abell - ms Bénézech

Dimanche 13 décembre 2015 sur Mezzo à 18h00
Le Prince Igor de Borodine au Bolchoï de Moscou

Nouvelle édition de Pavel Karmanov
Vassily Sinaisky (direction), Yuri Lyubimov (mise en scène)

Dimanche 13 décembre 2015 sur Arte à 18h30
Danses slaves (Dvorak)

Philh. tchéque - dir Belohlavek

Mardi 15 décembre 2015 sur Mezzo à 22h20
Valery Gergiev dirige Boris Godounov de Moussorgski au Mariinski

Yevgeny Nikitin, Yevgeny Akimov, Mikhail Kit, Sergei Semishkur

Vendredi 18 décembre 2015 sur France 2 à 00h30
Don Quichotte chez la Duchesse (Boismortier)

Geslot, Labonnette, Santon
Le Concert spirituel - ms Benizio - dm Niquet

Samedi 19 décembre 2015 sur Mezzo à 23h15
Le Ring De Wagner Au Met De New York : La Walkyrie

The Metropolitan Opera House Orchestra, James Levine (direction)

Dimanche 20 décembre 2015 sur France 3 à 00h30
Grand concert de Noël - Pleyel

Strauss, Tchaikovski, Brahms, Caccini
Choeur et Orch. Lamoureux - dir Karaoui

Dimanche 20 décembre 2015 sur Mezzo à 18h35
Jonas Kaufmann chante Parsifal de Wagner au Metropolitan Opera de New York

Orchestre, choeur et ballet du Metropolitan Opera, Daniele Gatti (direction)
François Girard (mise en scène)

Jeudi 24 décembre 2015 sur Arte à 16h40
Hansel et Gretel (Humperdinck)

Eröd, Baechle, Sindram, Reiss
Philh de Vienne - dir Thielemann - ms Noble

Jeudi 24 décembre 2015 sur Arte à 19h00
Juan Diego Florez et ses amis à Vienne

Mozart, Massenet, Puccini, Offenbach, Rossini
Pisaroni, Abrazakov, Nafortina, Grigolo, dir Yurkevych

Jeudi 24 décembre 2015 sur Mezzo à 20h30
La Damnation de Faust de Berlioz à l'Opéra de Paris

Philippe Jordan (direction), Alvis Hermanis (mise en scène)
Sophie Koch (Marguerite), Jonas Kaufmann (Faust), Bryn Terfel (Méphistophélès), Edwin Crossley-Mercer (Brander), Sophie Claisse (Voix céleste)
Enregistré les 15 & 17 décembre 2015 à l'Opéra-Bastille, Paris

Vendredi 25 décembre 2015 sur France 2 à 00h30
Le Concert de Paris 2015

Verdi, Gershwin, Mozart
DiDonato, Fusch, Sartori, Terfel
Maitrise et Choeur de Radio France - Orch. National de France - dm Gatti

Vendredi 25 décembre 2015 sur Arte à 18h45
Concert de Noël 2015 à Vienne

Nafortina, Kirchschlager, Beczala, Rucinski
Radio autrichienne - dir Ortner

Vendredi 25 décembre 2015 sur Mezzo HD à 21h50
Aïda de Verdi à l'Opéra de Paris

Philippe Jordan (Direction musicale), Olivier Py (Mise en scène)

Samedi 26 décembre 2015 sur Mezzo à 22h20
Roméo et Juliette de Gounod au Met avec Roberto Alagna et Anna Netrebko

Dimanche 27 décembre 2015 sur France 3 à 00h30
Les 30 ans des Musiciens du Louvre-Grenoble, Gala Mozart, 2012

Bonitatibus, Crebassa, Delunsch, Gens, Lezhneva, Yoncheva, Barbeyrac, Helmer, Jaroussky
dir Minkowski

Dimanche 27 décembre 2015 sur Arte à 18h15
Les trois ténors. Concert de Noël 1999

Carreras, Domingo et Pavarotti

Mardi 29 décembre 2015 sur Mezzo à 20h30
Le Monstre du labyrinte de Jonathan Dove au Festival d'Aix

Livret d'Alasdair Middleton, adaptation française d'Alain Perroux

Jeudi 31 décembre 2015 sur Arte à 17h20
La Saint-Sylvestre avec les Berliner Philharmoniker

Ravel, Poulenc, Chabrier, Massenet, Saint-Saëns
Mutter (violon) - dir Rattle

Vendredi 01 janvier 2016 sur France 2 à 00h30
Dardanus (Rameau)

Gauvin, Arquez, Antoun, Sempey, Di Pierro
Pygmalion - ms Fau - dm Pichon

 

Web : Opéras en accès libre
Lien direct sur les titres et sur les vidéos

Hommage à Gerard Mortier (Théâtre de la Monnaie de Bruxelles)

 

Valentina (Opéra National de Lettonie) jusqu’au 01 décembre 2015
Le Roi Arthus (Opéra National de Paris) jusqu’au 02 décembre 2015
Luisa Miller (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 03 décembre 2015
Madame Butterfly (Opéra de Lille) jusqu’au 03 décembre 2015
Götterdämmerung (Opéra de Vienne) jusqu’au 07 décembre 2015
Tosca (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 30 décembre 2015

La Flûte Enchantée (Armel Opera Festival) jusqu'au 30 décembre 2015

 

Les Noces de Figaro (Armel Opera Festival) jusqu'au 02 janvier 2016
Private View (Armel Opera Festival) jusqu'au 03 janvier 2016
Carmen (Chorégies d'Orange) jusqu'au 07 janvier 2016
Le Roi Lear par Olivier Py jusqu'au 07 janvier 2016
Le Monstre du Labyrinthe (Aix en Provence) jusqu'au 10 janvier 2016
Alcina (Aix en Provence) jusqu'au 10 janvier 2016
Svabda (Aix en Provence) jusqu'au 11 janvier 2016
Roberto Alagna (Ma vie est un opéra) jusqu'au 11 janvier 2016
Le Songe d'une nuit d'été (Aix en Provence) jusqu'au 13 janvier 2016
I Capuleti e i Montecchi (La Fenice de Venise) jusqu’au 18 janvier 2016
Katia Kabanova (Bouffes du nord) jusqu'au 28 janvier 2016
Le Trouvère (Chorégie d'Orange) jusqu'au 05 février 2016
L'Enlèvement au Sérail (Glyndebourne) jusqu'au 16 février 2016
Mikko Franck dirige le Philharmonique de Radio France jusqu'au 19 février 2016
Mort à Venise (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 24 février 2016
La Bohème mise en scène par Stefan Herheim (Opéra d'Oslo) jusqu'au 12 mars 2016
L'Elixir d'Amour (Aéroport de Milan) jusqu'au 17 mars 2016
Theodora (Théâtre des Champs Elysées) jusqu'au 19 mars 2016
Les Troyens (Opéra d'Hambourg) jusqu'au 19 mars 2016

Moïse et Aaron (Opéra National de Paris) jusqu'au 21 mars 2016

Rigoletto (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 28 mars 2016
Powder her Face (Thomas Ades) jusqu'au 01 avril 2016
Balanchine-Millepied-Robbins (Opéra National de Paris) jusqu’au 02 avril 2016
La Passion selon Saint-Jean (Philharmonie de Paris) jusqu’au 04 avril 2016
Dardanus (Grand Théâtre de Bordeaux) jusqu’au 23 avril 2016

Aïda (Teatro Regio Torino) jusqu’au 23 avril 2016

Ariane et Barbe-Bleue (Opéra de Strasbourg) jusqu'au 06 mai 2016

Les Caprices de Marianne (Opéra d'Avignon) à partir de mai 2016

Moniuszko (Opéra National de Pologne) jusqu'au 18 mai 2016

Lucia di Lammermoor (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 23 mai 2016

Idomeneo (Théâtre an der Wien) jusqu'au 05 juin 2016

Rocio Marquez à Rio Loco jusqu'au 19 juin 2016

La Damnation de Faust (Opéra National de Paris) jusqu'au 21 juin 2016

Le Barbier de Séville (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 23 octobre 2016

 

 

 

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique