Publié le 27 Février 2011

Mardi 01 mars 2011 sur France 2 à 00H15
La petite danseuse de Degas (Ballet de Patrice Bart, Musique de Denis Levaillant)
Enregistré à l’Opéra National de Paris en 2009 

 

Samedi 05 mars 2011 sur France 3 à 00H15
Gala d'ouverture de l'Orchestre philharmonique de Los Angeles

Avec Juan Diego Florez et Gustavo Dudamel

 

Dimanche 06 mars 2011 sur Arte à 09H45
Danser Ravel et Debussy !
«Ma mère l’Oye», « Prélude à l’après midi d’un faune », « La valse ».

Dimanche 06 mars 2011 sur Arte à 10H45
Une leçon particulière de musique avec René Jacobs

Dimanche 06 mars 2011 sur Arte à 19H15
Luciano Pavarotti, concert au stade olympique de Munich (1986)

Lundi 07 mars 2011 sur Arte à 22H45
Gnawa Music, corps et âme 

 

Mardi 08 mars 2011 sur France 2 à 00H30
La nuit de la Gaîté-Lyrique (Documentaire)

 

Jeudi 10 mars 2011 sur TF1 à 02H45

Le Trouvère (Verdi)

Enregistré à Orange avec Roberto Alagna, Susan Neves, Larissa Diadkova

 

Samedi 12 mars 2011 sur France 3 à 00H15
Gala de Berlin

Berlioz, Saint Saëns, Bizet, De Falla. 

 

Dimanche 13 mars 2011 sur Arte à 09H45
Cycle Bruckner – Symphonie n°4 Avec Daniel Barenboïm et la Staatskapelle Berlin

Dimanche 13 mars 2011 sur Arte à 11H00
Une leçon particulière de musique avec Anner Bylsma

Dimanche 13 mars 2011 sur Arte à 19H15
Cecilia Bartoli – L’art des castrats

Lundi 14 mars 2011 sur Arte à 22H45
Menahem Pressler : la consolation
Menahem Pressler sera à la Cité de la Musique à Paris en mars 2011 ; le 20 pour une leçon de musique et le 23 pour un concert Chopin et Schubert. 

 

Mardi 15 mars 2011 sur France 2 à 00H15
Le Roi Arthur (Purcell)
Direction Hervé Niquet 

 

Jeudi 17 mars 2011 sur Arte à 22H15
Nabucco (Verdi) en direct du Teatro dell’Opera di Roma.
Riccardo Muti, direction. Jean-Paul Scarpitta, mise en scène
Avec : Leo Nucci,  Antonio Poli, Dmitry Beloselskiy, Elisabete Matos, Ezgi Kutlu.

Dimanche 20 mars 2011 sur Arte à 09H45
Cycle Bruckner – Symphonie n°5 Avec Daniel Barenboïm et la Staatskapelle Berlin

Dimanche 20 mars 2011 sur Arte à 11H00
Une leçon particulière de musique avec Pierre-Yves Artaud

Dimanche 20 mars 2011 sur Arte à 19H15
Vivaldi Virtuoso ! (2010). Europa Galante Fabio Biondi, violon et direction

Lundi 21 mars 2011 sur Arte à 22H45
Ingo Metzmarcher – un chef d’orchestre allemand 

 

Samedi 26 mars 2011 sur France 3 à 00H15
L'Heure de mady Mesplé

 

Dimanche 27 mars 2011 sur Arte à 09H45
Cycle Bruckner – Symphonie n°6 Avec Daniel Barenboïm et la Staatskapelle Berlin

Dimanche 27 mars 2011 sur Arte à 11H00
Une leçon particulière de musique avec Kenneth Gilbert

Dimanche 27 mars 2011 sur Arte à 19H15
Il Giardino Armonico – Concert du 25e anniversaire Musique :Vivaldi, Mozart, Haendel, W.F.Bach

Lundi 28 mars 2011 sur Arte à 22H45
Let’s dance ! Israel et la danse contemporaine

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 21 Février 2011

LaPaginaenblanco03.jpgLa pagina en blanco (Pilar Jurado)
Représentation du 18 février 2011
Création Mondiale au Teatro Real de Madrid

Ricardo Estapé Otto Katzameier
Xavi Novarro Nikolai Schukoff
Aisha Djarou Pilar Jurado
Marta Stewart Natascha Petrinky
Gérard Musy Hernan Iturralde
Kobayashi Andrew Watts
Ramon Delgado José Luis Sola

Direction Musicale Titus Engel
Mise en scène David Hermann

 

                                          Nikolai Schukoff (Xavi Novarro)

La création Mondiale de La pagina en blanco est un aboutissement musical pour Pilar Jurado, à la fois soprano, chef d’orchestre et compositrice, car non seulement il s’agit du premier opéra qui lui est commandé, dans les mois qui précédèrent la nomination de Gerard Mortier à la direction artistique du Teatro Real, mais également parce qu’elle s’est réservée un rôle, et qu‘elle a pris en charge la rédaction du livret.

Le texte, prosaïque et purement narratif, raconte l’histoire fantastique d’un compositeur qui a perdu sa flamme inspiratrice. Un directeur de théâtre, Gérard Musy (contraction malicieuse de Gerard Mortier et de Jean-Marie Musy, un conseiller musical de Pilar Jurado), une cantatrice, Aisha Djarou (anagramme de Jurado) et un ami possédant un robot chanteur, Xavi Novarro, se mettent dans l’idée de recréer les émotions créatrices de l’artiste, notamment en misant sur la nouvelle histoire d’amour qui se noue entre lui et la chanteuse.

Mais le compositeur perd la vie dans un accident de voiture, et son corps est alors porté dans un laboratoire pour que soit récupérée l’énergie lyrique de l’opéra qu’il a imaginé.

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   Pilar Jurado (Aisha Djarou)

On ne peut pas dire que le thème de l’influence des technologies sur notre espace mental soit abordé de la manière la plus convaincante qui soit, le passage du monde réel au monde imaginaire ne se perçoit pas, surtout que les solutions théâtrales de David Hermann insistent sur les expressions corporelles des artistes, sourires étranges, convulsions, et sur un jeu un peu trop calculé.

En revanche, la chambre du compositeur, stylisée et d’un blanc immaculé, surplombant un monde souterrain médiocrement réel, est disposée à l’intérieur d’un cube qui s’ouvre pour présenter sur ses faces des vidéographies colorées d’oiseaux et de poissons évoluant dans un univers angoissant (L'univers du Jardin des délices de Jérôme Bosch, Triptyque exposé au musée du Prado). Il en ressort une impression d'espace hors du temps.

Cet ensemble a de quoi déstabiliser, surtout que l’écriture vocale reste assez monotone pour la plupart des chanteurs, se limite à un crescendo de la voix humaine, excepté pour les vocalises un peu trop vite expédiées de Pilar Jurado, et pour la puissance impressionnante du contre ténor héroïque Andrew Watts, d’une carrure inhabituelle dans ce registre.

Le caractère incisif de Nikolai Schukoff est ici sous employé, contrairement à son interprétation de Jim dans Mahagonny à Toulouse.

On sent que Mortier a essayé de diffuser dans le texte, comme toujours, quelques petits messages qui ne sont pas anodins : Nous pensons que nous contrôlons notre propre vie. Peut-être nous limitons nous seulement à suivre un jeu, le misérable jeu de la vie et le grandiose jeu de la mort.

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La partition de Pilar Jurado est en revanche d‘une haute valeur musicale. Le tissu des structures des cordes est d’une beauté rare, expressionniste, les reflets s’y éclaircissent, frissonnent, alors que les percussions viennent soutenir l’action sans que l’on ressente l’agressivité que nous avait fait subir Bruno Mantovani dans Siddharta la saison dernière à Bastille.

Les chœurs, stimulants et vivifiants, sonnent comme la tempête qui brasse l‘énergie créative du compositeur, mais aussi comme un violent maelstrom qui emporte tous les chanteurs dans la scène finale, une sorte de chute vertigineuse que précipite un Phoenix au regard inquiétant, dans un feu infernal.

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Publié le 16 Février 2011

LaFin01.jpgLa Fin. au Théâtre National de l’Odéon
Représentations du 05 et 11 février 2011
D’après Nickel Stuff. Scénario pour le cinéma de Bernard-Marie Koltès,
Le procès et le Chasseur Gracchus de Franz Kafka,
Elisabeth Costello de John Maxwell Coetzee

Mise en scène Krzysztof Warlikowski

Dramaturgie Piotr Gruszczynski
Décor et costumes Malgorzata Szczesniak
Production Nowy Teatr - Varsovie

Avec Magdalena Cielecka
Stanislawa Celinska
Maja Ostaszewska
Ewa Dalkowska
Wojciech Kalarus
Mateusz Kosciukiewic
Zygmunt Malanowicz
Magdalena Poplawska
Jacek Poniedzialek
Anna Radwan
Maciej Stuhr   

                                                                                                            Magdalena Cielecka

Krzysztof Warlikowski est un metteur en scène contemporain qui illustre le mieux ce que faire de sa vie une œuvre d’art veut dire..

Il s’agit d’un questionnement sur la manière de parler de soi à partir d’un ou plusieurs textes imbriqués les uns avec les autres, avec un style qui tire sa force envoutante de l’ambiance musicale, des effets d’espace visuels modifiés par quelques plans, de la vidéo projection et des angles d’éclairages, des torsions des corps, des silences, des douleurs et des violences, et de la séduction charnelle de la langue polonaise.

LaFin04.jpgAprès Apollonia, poignante mise en perspective du mythe du sacrifice, Krzysztof Warlikowski pose le problème de la certitude de la Fin, de la rencontre inévitable avec la mort, et donc du sens que chacun donne à sa vie pendant l’attente.
Cette vie peut être une lutte à subir la culpabilité vécue intérieurement, à travers le personnage attachant joué par Maciej Stuhr, à la fois inspiré de Joseph.K et du chasseur Gracchus -la femme à la tête de chamois en est un indice-, que l'on voit régresser et entouré d'êtres qui l'observent étrangement.

A vrai dire, ce qu'il vit est d'une opacité difficile à élucider, comme la relation avec la femme sirène (Maja Ostaszewska), et seul s’extériorise un mal être, une mise à nue qui aboutit sur un cri de rage et une volonté de paix inatteignable.
N’y a-t-il pas plus angoissant que l’idée d’une âme qui ne trouve pas sa réalisation?

   Maja Ostaszewska

Cette désorientation n’est pas nouvelle, parmi les thématiques chères au metteur en scène, Le Roi Roger avait été une autre occasion de donner forme à un questionnement spectaculairement inquiétant.

Mais dans le propos, c’est le texte de Nickel Stuff qui nous touche plus directement.
Après une ouverture sur la fascinante danse de Babylone - la souplesse corporelle de Magdalena Poplawska est une des plus précieuses merveilles de Warlikowski-, nous sommes à genou lorsque la jeune femme pleure l'enclenchement fatal qu'a engendré l'attaque verbale de Tony à propos de ses jambes.
Car ces deux êtres seront obligés de se battre jusqu'au bout, malgré le fait qu'ils n'étaient pas faits pour se rencontrer.

On ne peut rattraper une balle, une fois qu'elle a été tirée.

La pièce de Koltès est jalonnée de frappes verbales sur la tendance de l'homme à trouver sens dans un médiocre conformisme, dans la victoire aux concours, dans l'acceptation des hiérarchies sociales, mais aussi dans un idéalisme universel tel que le rêve le jeune homme incarné par Mateusz Kosciukiewicz.

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    Maciej Stuhr

Et ici encore, les femmes deviennent d’étranges créatures sophistiquées, presque supérieures, alors que les hommes n’ont que des rôles peu rutilants, comme dans le cinéma de Pedro Almodovar.
L’obsession de la relation à la mère revient également sous une forme très intimiste.

Et après la violence de la vie que décrit Koltès, la seconde partie s’axe sur La porte, la huitième leçon d’Elisabeth Costello -J.M Coetzee est un autre auteur fétiche de Warlikowski déjà utilisé dans Apollonia-, lorsque Ewa Dalkowska bute sur le juge au moment de passer le seuil du paradis. Les justifications n’ont aucun sens face au mystère de la vie totalement assumée, jusqu’au constat qu’il arrive à chacun de nous, comme au juge, d’être totalement déboussolé.

Pourquoi tout ce théâtre? Peut être pour accroitre notre lucidité et ne pas perdre prise avec la vie dans ce qu‘elle a de plus essentiel.

LaFin03.jpg   Ewa Dalkowska et Krzysztof Warlikowski

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Publié le 12 Février 2011

Parsifal-05-copie-1.jpgParsifal (Richard Wagner)
Représentation du 06 février 2011
Théâtre de la Monnaie de Bruxelles

Amfortas  Thomas Johannes Mayer
Titurel    Victor von Halem
Gurnemanz Jan-Hendrik Rootering
Klingsor Tomas Tomason
Kundry Anna Larsson
Parsifal Andrew Richard

Mise en scène Romeo Castellucci

Direction musicale Hartmut Haenchen
 

                                                                          Dorothée daffy - Figurante de l'exode (Acte III)

Au premier acte, nous sommes au milieu d’une forêt dense et obscure, symbole primitif bien connu de l’inconscient où se cachent les hommes, où se perdent les voix.
Il en résulte une constante sensation de malaise pénible à soutenir, car les chanteurs restent la plupart du temps invisibles, sensation accentuée par de fréquentes dissonances au sein de l’orchestre.

La vision de Romeo Castellucci démarre plutôt mal, et Harmut Haenchen peine à tenir les musiciens à leur meilleur, créant une déception inévitable lorsque l’on se remémore le Parsifal transcendant qu’il dirigea à l’Opéra Bastille en 2008, dans la mise en scène de Krzysztof Warlikowski.

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   Andrew Richard (Parsifal)

Il faut attendre, et rien ne laisse imaginer un changement d’univers aussi radical, l’arrivée au château de Klingsor pour tomber dans une sorte de fascination à la vue de la chambre sacrificielle blanche, brumeuse, illuminée irréellement, parcourue de danseuses nues se contorsionnant sur les convolutions de la musique.

Tomas Tomason ne laisse aucune ambigüité transparaitre, aucune pitié pour les corps qu’il tord froidement, un maître du domaine qui s’efface pourtant à l’apparition magistrale de Kundry. Andrew Richard a déjà investi l’humanité frondeuse de Parsifal, mais il se révèlera encore plus puissant au troisième acte.

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      Anna Larsson (Kundry)

Car ce second acte est avant tout celui d’Anna Larsson. Elle ôte à Kundry son agressivité naturelle pour lui donner une intensité tragique et épouvantée, avec une voix d’une complexité rare qui creuse des abysses et libère des appels tourmentés.
La maîtrise avec laquelle elle assume son rôle, tout en maniant les enroulements du serpent blanc autour de son bras, est l’élément clé de cette vision angoissante, et non heureuse, de la sexualité dont se détourne Parsifal.

L’ensemble du travail plastique de Castellucci est visuellement d’une beauté  impressionnante et déstabilisante, et Haenchen - tout comme l’orchestre - est ici à son aise dans les chromatismes dynamiques et sinueux.

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      Anna Larsson (Kundry)

De retour au domaine du Graal, tristement sombre et désolé, Parsifal retrouve un Gurnemanz vieillissant, Jan-Hendrik Rootering l‘incarne avec une usure juste, et y rallie tout un peuple pour le conduire on ne sait où.

L’ensemble de figurants réunis pour l’occasion -vêtu ordinairement- entame une marche sans fin, face au public, mené par la démarche fluide d’Andrew Richard.
L’homme est un leader naturellement humble, vocalement d’une force sereine.

A nouveau l’image est superbe lorsque ce peuple d’hommes et de femmes poursuit son exode au cœur d’une galaxie, eux-mêmes distants les uns des autres comme le sont chacunes de ces étoiles, jusqu’à sa dispersion dans une cité moderne et froide.

Thomas Johannes Mayer dessine un Amfortas aussi humain que Wotan à l’Opéra Bastille, bien que son rôle scénique n’exploite pas autant de potentiel théâtral.

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      Thomas Johannes Mayer (Amfortas) et Andrew Richard (Parsifal)

Malgré sa démarche intuitive et visuelle, Castellucci ne tisse pas de lien évident entre chaque acte, mais les thèmes des deux derniers - d’une réussite artistique totale - croisent l’errance de ces jeunes qui lient sexualité et mal de vivre urbain dans Shortbus, film de John Cameron Mitchell.

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