Publié le 31 Mars 2023

Présentation de la saison Lyrique 2023 / 2024 du Théâtre des Champs Élysées

Depuis le mardi 21 mars 2023, la quatorzième saison de Michel Franck à la direction du Théâtre des Champs Élysées est officiellement dévoilée à travers une visioconférence diffusée en matinée.

Cette saison s’inscrit dans la continuité des saisons passées et comprend 5 productions d’opéras en version scénique données sur un total de 24 soirées, une pièce de théâtre 'Le malade imaginaire' jouée sur 16 soirées, 22 soirées d’opéras en version concert (dont 2 soirs pour ‘Giulio Cesare’ et un dimanche matin pour ‘Didon et Enée’) et 5 oratorio et œuvres religieuses (dont 2 soirs pour ‘Carmina Burana’ avec Ludovic Tézier), 20 concerts symphoniques (dont 4 avec Les Siècles), 11 récitals vocaux, 19 récitals de piano, 11 concerts de l’orchestre de chambre de Paris, 5 autres concerts de musique de chambre, 19 concerts du dimanche matin, 5 ballets dansés sur 16 soirées et 2 soirées de Théâtre musical (‘Le Carnaval Baroque’).

Par ailleurs, une version de ‘La Flûte enchantée’ ramenée à une durée d’une heure et trente minutes,  interprétée par l’ensemble Les Siècles, sera créée pour le jeune public, et donnée en onze représentations sur le temps scolaire, ainsi que sur trois matinées et trois soirées tout public.

Ce spectacle sera une coproduction avec l’Atelier Lyrique de Tourcoing, l’opéra de Reims et l’opéra de Bordeaux

Cette ligne programmatique redonne également de la place aux opéras en version scéniques avec 5 nouvelles productions, et c’est cette fois la danse qui s’efface un peu pour laisser la place au théâtre à l’occasion des fêtes de Noël avec la reprise du ‘Malade imaginaire’ dans l’ancienne production de Claude Stratz (2001) de la Comédie française.

Les soirées d’opéras en version concert battent un nouveau record de représentations (plus de 20 soirées), mais les récitals vocaux sont fortement réduits par rapport aux saisons précédentes (une dizaine de soirées seulement).

'Boris Godounov' - Mise en scène Olivier Py

'Boris Godounov' - Mise en scène Olivier Py

Opéras en version scénique

La Cenerentola (Gioachino Rossini)
9, 11, 13, 15, 17, 19 octobre (6 représentations)

Direction musicale Thomas Hengelbrock  Mise en scène Damiano Michieletto
Marina Viotti, Levy Sekgapane, Edward Nelson, Peter Kálmán, Alice Rossi, Justyna Ołów, Alexandros Stavrakakis
Balthasar-Neumann-Ensemble, Balthasar-Neumann-Chor
Coproduction Semperoper Dresden

La Flûte enchantée (Wolfgang Amadé Mozart)
14, 16, 18, 20, 22, 24 novembre (6 représentations)

Direction musicale François-Xavier Roth, Mise en scène Cédric Klapisch
Cyrille Dubois, Regula Mühlemann, Florian Sempey, Catherine Trottmann, Jean Teitge, Marc Mauillon, Aleksandra Olczyk, Judith van Wanroij, Isabelle Druet, Marion Lebègue, Ugo Rabec, Blaise Rantoanina
Les Siècles, Chœur Unikanti-Maîtrise des Hauts-de-Seine
Coproduction Atelier Lyrique de Tourcoing, Théâtre Impérial–Opéra de Compiègne, Opéra de Nice-Côte d’Azur

Boris Godounov (Modeste Moussorgski)
28 février, 1, 3, 5, 7 mars (5 représentations)

Direction musicale Andris Poga, Mise en scène Olivier Py
Matthias Goerne, Victoire Bune, Lila Dufy, Svetlana Lifar, Marius Brenciu, Mikhail Timoshenko, Andreï Chtchelkalov, Roberto Scandiuzz, Airam Hernández, Yuri Kissi, Fabien Hyon, Sarah Laulan, Kristofer Lundin, Barnaby Re, Sulkhan Jaiani
Orchestre National de France, Chœur de l’Opéra National du Capitole, Maîtrise des Hauts-de-Seine Coproduction Opéra National du Capitole

David et Jonathas (Marc-Antoine Charpentier)
18, 19 mars (2 représentations)

Direction musicale Sébastien Daucé, Mise en scène Jean Bellorini
Petr Nekoranec, Gwendoline Blondeel, Jean-Christophe Lanièce, Lucile Richardot, Etienne Bazola, Alex Rosen, Hélène Patarot
Chœur et Orchestre Ensemble Correspondances
Production théâtre de Caen
Coproduction Théâtre des Champs-Élysées, Ensemble Correspondances, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg, Opéra National de Lorraine, Opéra de Lille, Théâtre National Populaire Villeurbanne

L’Olimpiade (Antonio Vivaldi)
20, 23, 25, 27, 29 juin (5 représentations)

Direction musicale Jean-Christophe Spinosi, Mise en scène Emmanuel Daumas
Jakub Józef Orliński, Marina Viotti, Varduhi Abrahamyan, Delphine Galou, Jodie Devos, Luigi De Donato, Christian Senn
Choeur et Orchestre Ensemble Matheus
Ce projet a reçu le label Olympiade Culturelle

Elena Stikhina dans 'Adriana Lecouvreur'

Elena Stikhina dans 'Adriana Lecouvreur'

Opéras et oratorio en version de concert

Les Boréades (Jean-Philippe Rameau) le 23 septembre
Sabine Devieilhe, Reinoud Van Mechele, Thomas Doli, Tassis Christoyannis, Benedikt Kristjánsson, Philippe Estèphe, Gwendoline Blondeel

György Vashegyi direction, Orfeo Orchestra,  Purcell Choir
       
Requiem (Wolfgang Amadé Mozart) le 10 octobre
Julia Lezhneva, Eva Zaïcik, Mauro Peter, Nahuel Di Pierro

Julien Chauvin direction, Chœur de chambre de Namur

Carmen  (Georges Bizet) le 22 octobre
Marianne Crebassa, Stanislas de Barbeyrac, Iulia Maria Dan, Jérôme Boutillier, Faustine de Monès, Floriane Hasler, Florent Karrer, Thomas Morris, Nicolas Brooymans, Yoann Dubruque

Ben Glassberg direction, Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie, Choeur Accentus / Opéra de Rouen Normandie 

Jules César en Égypte (Georg Friedrich Haendel le 23 et 25 octobre
Cecilia Bartoli, Carlo Vistoli, Sara Mingardo, Max Emanuel Cenčić , José Coca Loza, Kangmin Justin Kim

Gianluca Capuano direction Orchestre et Les Musiciens du Prince-Monaco

Adriana Lecouvreur (Francesco Cilea) le 05 décembre
Elena Stikhina, Brian Jagde, Misha Kiria, Clémentine Margaine, Maurizio Muraro, Robert Lewis, Giulia Scopelliti, Thandiswa
Mpongwana, Pete Thanapat
Daniele Rustioni direction Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Lyon

Véronique Gens dans 'Iphigénie en Tauride', 'Alceste' et 'Atys'

Véronique Gens dans 'Iphigénie en Tauride', 'Alceste' et 'Atys'

Oratorio de Noël (Jean-Sébastien Bach) le 08 décembre
A
nna Dennis , Hugh Cutting, Guy Cutting, Dominic Sedgwick
Masaaki Suzuki direction, Orchestra & Choir of the Age of Enlightenment

L’Enlèvement au sérail (Wolfgang Amadé Mozart) le 11 décembre
Albina Shagimuratova, Julien Behr, Florie Valiquette, Sulkhan Jaiani, Sahy Ratia

Julien Chauvin direction, Le Concert de la Loge, Chœur Fiat Cantus

La Chauve-souris (Johann Strauss) le 13 décembre
Huw Montague Rendall, Jacquelyn Stucker, Samuel Hasselhorn, Alina Wunderlin, Sandrine Buendia, Magnus Dietrich, Krešimir Špicer, Marina Viotti, Sunnyi Melles

Marc Minkowski direction, Les Musiciens du Louvre

Iphigénie en Tauride (Henry Desmarest / André Campra) le 09 janvier
Véronique Gens, Reinoud Van Mechelen, Tassis Christoyannis, David Witczak, Olivia Doray, Floriane Hasle, Tomislav Lavoie , Antonin Rondepierre, Jehanne Amzal, Marine Lafdal-Franc

Hervé Niquet direction, Orchestre et Chœur Le Concert Spirituel

Les sept péchés capitaux (Kurt Weill) le 10 janvier
Marina Viotti, Judith Chemla

Marc Leroy-Calatayud direction, L’Orchestre de Chambre de Genève

Philippe Jordan dans 'Don Giovanni'

Philippe Jordan dans 'Don Giovanni'

Carmina Burana (Carl Orff) le 25 et 26 janvier
Regula Mühlemann, Matthias Rexroth, Ludovic Tézier

Kazuki Yamada direction, Orchestre National de France, Choeur de Radio France, Maîtrise de Radio France

Alceste (Jean-Baptiste Lully) le 01 février
Véronique Gens, Cyril Auvity, Luigi De Donato, Luc Bertin-Hugault , Camille Poul, Léo Vermot-Desroches, Geoffroy Buffières, Claire Lefilliâtre, Cécile Achille

Stéphane Fuget direction, Les Epopées

Rinaldo (Georg Friedrich Haendel) le 02 février
Carlo Vistoli, Emőke Baráth | Armida, Chiara Skerath, Lucile Richardot, Anthea Pichanick, Andrea Mastroni

Thibault Noally direction, Les Accents

Didon et Enée (Henry Purcell) le 04 février
Anna Wal, Yoann Dubruque, Apolline Raï-Westphal

Johannes Pramsohler direction, Ensemble Diderot
       
Don Giovanni (Wolfgang Amadé Mozart) le 05 février
Christian Van Horn, Slávka Zámečníková , Bogdan Volkov, Federica Lombardi, Peter Kellner, Antonio Di Matteo, Martin Häßler, Patricia Nolz

Philippe Jordan direction, Orchestre et Chœur de l’Opéra de Vienne

Joyce DiDonato dans 'Didon et Enée'

Joyce DiDonato dans 'Didon et Enée'

Didon et Enée / Jephté (Henry Purcell / Giacomo Carissimi) le 08 février
Joyce DiDonato, Andrew Staples, Fatma Saïd, Beth Taylor, Carlotta Colombo, Alena Dantcheva, Anna Piroli, Massimo Altieri, Hugh Cutting

Maxim Emelyanychev direction, Il Pomo d’Oro

Les Pêcheur de perles (Georges Bizet) le 04 mars
Sandra Hamaoui, Xabier Anduaga, Benjamin Appl, Matthieu Lécroart

Lorenzo Passerini direction, Orchestre de chambre de Paris, Chœur de chambre de Rouen 

La Damnation de Faust (Hector Berlioz) le 21 mars
Stanislas de Barbeyrac, Stéphanie d’Oustrac, Jean Teitgen, Frédéric Caton

Cristian Măcelaru direction, Orchestre National de France, Chœur de Radio France

Passion selon Saint Matthieu (Jean-Sébastien Bach) le 22 mars
Maximilian Schmitt , Yannick Debus, Kateryna Kasper, Philippe Jaroussky, Emiliano Gonzalez Toro, Andreas Wolf

Francesco Corti  direction, Freiburger Barockorchester, Zürcher Sing-Akademie

Atys (Jean-Baptiste Lully) le 26 mars
Mathias Vidal, Véronique Gens, Deborah Cachet, Tassis Christoyannis, Floriane Hasler, Eléonore Pancrazi, David Witczak, Adrien Fournaison, Antonin Rondepierre, Carlos Rafael Porto, Marine Lafdal-Franc, François-Olivier Jean

Alexis Kossenko direction, Les Ambassadeurs~La Grande Ecurie, Les Pages et les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles

Yannick Nézet-Séguin dans 'La Walkyrie'

Yannick Nézet-Séguin dans 'La Walkyrie'

Elektra (Richard Strauss) le 29 avril
Iréne Theorin, Violetta Urmana, Simone Schneider, Paweł Koni, Matthias Klink
Cornelius Meister direction, Staatsorchester Stuttgart

La Walkyrie (Richard Wagner) le 04 mai
Stanislas de Barbeyrac, Elza van den Heever, Soloman Howard , Brian Mulligan, Karen Cargill, Tamara Wilson, Justyna Bluj, Iris van Wijnen, Maria Barakova, Ronnita Miller, Bongiwe Nakani, Catriona Morison
Yannick Nézet-Séguin direction, Rotterdams Philharmonisch Orkest

Berenice (Georg Friedrich Haendel) le 21 mai
Sandrine Piau , Ann Hallenberg, Paul-Antoine Bénos-Djian, Hugh Cutting, Rupert Charleswort, John Chest
Francesco Corti direction, Il Pomo d’Oro

L’Heure espagnole (Maurice Ravel) le 22 mai
Isabelle Druet, Julien Behr, Loïc Félix, Thomas Dolié, Jean Teitgen
François-Xavier Roth direction, Les Siècles

Tolomeo (Georg Friedrich Haendel) le 31 mai
Franco Fagioli, Giulia Semenzato, Andrea Mastroni, Giuseppina Bridelli, Christophe Dumaux
Giovanni Antonini direction, Kammerorchester Basel

Les Grandes Voix d'Afrique

Les Grandes Voix d'Afrique

Récitals vocaux

Paris Opera Competition, le 15 septembre

Philippe Jaroussky (Hasse, Leo, Valentini, Traëtta, Bernasconi, Ferrandini, Haendel, J. C. Bach, Jommelli), le 26 novembre

Franco Fagioli (Rossini, Meyerbeer, Morlacchi, Nicolini), le 09 décembre

Golda Schultz, Amitai Pati, Pene Pati Donizetti, Mozart, Verdi, Gounod, Lehár), le 08 janvier

Les grandes voix lyriques d’Afrique, le 23 mars

Lisette Oropesa et Benjamin Bernheim

Lisette Oropesa et Benjamin Bernheim

Matthias Goerne (Schumann, Brahms), le 28 mars

Opera Fuoco fête ses 20 ans (Marcello, Telemann, Haendel, Mozart, Haydn, Mayr, Bizet, Rossini, Bellini, Offenbach), le 09 avril

Lisette Oropesa, Benjamin Bernheim (Rossini, Donizetti, Verdi, Offenbach, Bizet, Massenet, Gounod), le 26 avril

Lauranne Oliva, Eva Zaïcik, Bruno de Sá, Christophe Dumaux (Haendel, Porpora, Vivaldi), le 14 mai

Gala Belle Époque (Debussy, Saint-Saëns, Massenet, La Tombelle, Bonis, Dubois, Caplet), le 26 juin

Marina Viotti (Haendel), le 28 juin

'Le Malade imaginaire' - Comédie Française

'Le Malade imaginaire' - Comédie Française

Théâtre musical

Le Carnaval Baroque Art du cirque, musique et danse du XVIIe siècle D’Il Fàsolo à Monteverdi) le 13 et 15 janvier
Anaïs Bertrand, Paco Garcia, Martial Paulia, Igor Bouin, Stefano Amori, Julien Lubek

Vincent Dumestre direction, Cécile Roussat mise en scène
Le Poème Harmonique

 

Théâtre

Le Malade imaginaire (Molière) du 21 décembre au 7 janvier
Avec la troupe de la Comédie Française

Claude Stratz mise en scène

Vladimir Jurowski

Vladimir Jurowski

Concerts (sélection subjective)

Wiener Philharmoniker, Jakub Hrůša direction, Igor Levit piano (Brahms, Dvořak), le 14 septembre

Bayerisches Staatsorchester, Vladimir Jurowski direction, Yefim Bronfman, Elsa Dreisig (Wagner, Schumann, Mahler), le 21 septembre

Orchestre de chambre de Paris, Maxim Emelyanychev direction (Mendelssohn, Saint-Saëns), le 16 octobre

Les Siècles, François-Xavier Roth direction (Voyage musical de Mozart à Beethoven), le 14 octobre

Orchestre de chambre de Paris, Thomas Dausgaard direction, Elisabeth Leonskaja piano (Honegger/Pesson Rugby, Mozart, Mendelssohn), le 18 octobre

Dmitry Masleev piano (Rachmaninov, Cui, Liszt, Medtner, Balakirev, Glinka, Moussorgski), le 17 novembre

Quatuor Zaïde, Xavier Phillips violoncelle, Michel Portal clarinette (Mozart, Beethoven, Schubert), le 21 novembre

Orchestre national de France, Trevor Pinnock direction, Gil Shaham violon (Beethoven, Schubert), le 07 décembre

Emmanuel Pahud flûte, Maja Avramovic violon, Joaquín Riquelme García alto, Tim Park violoncelle (Mozart, Dvořák), le 17 décembre

Orchestre de chambre de Paris, Gábor Káli direction, Roger Muraro piano (Kodály, Chopin, Dvořák), le 11 janvier

Quatuor Hanson (Chostakovitch, Beethoven), le 21 janvier

Igor Levit piano (Mahler , Brahms, Beethoven), le 29 février

Maxim Emelyanychev piano, Aylen Pritchin violon (Brahms , Dvořák, Grieg), le 10 mars

Les Siècles, François-Xavier Roth direction, Marie-Nicole Lemieux contralto, Andrew Staples ténor (Rameau, Mahler Das Lied von der Erde), le 25 mars

Nikolaï Lugansky piano (Mendelssohn, Chopin Ballade , Wagner-Lugansky), le 27 mars

Andreï Korobeinikov piano (Beethoven, Schumann, Scriabine, Messiaen), le 12 avril

Orchestre Colonne, Marc Korovitch, Laurent Petitgirard direction (Dukas, Pierné, Berlioz, Petitgirard, Stravinsky, Ravel), le 28 avril

Les Siècles, François-Xavier Roth direction, Jean-Efflam Bavouzet piano, Renaud Capuçon violon (Alex Nante, Berg , Schoenberg), le 30 avril

Staatskapelle Dresden, Christian Thielemann direction (Weber, Wagner , Strauss), le 24 mai

Jean-Christophe Spinosi et Emmanuel Daumas dans 'L'Olimpiade'

Jean-Christophe Spinosi et Emmanuel Daumas dans 'L'Olimpiade'

Première impression sur la saison 2023 / 2024

Avec 8 opéras en version de concert d’après Lully, Desmarest, Gluck, Berlioz, Bizet et Ravel, la langue française prédomine parmi les soirées lyriques en version de concert pour la deuxième année consécutive, et tous les siècles depuis Louis XIV jusqu’à la Première Guerre mondiale sont représentés.

En revanche, pour défendre l'opéra français en version scénique, seuls deux soirs sont consacrés au ‘David et Jonathas’ de Marc-Antoine Charpentier mis en scène par Jean Bellorini.

Les opéras en italiens continuent de voir leur représentativité se réduire (aucun Monteverdi, Verdi, Puccini, Donizetti, Bellini ne sont programmés), mais la version scénique de ‘L’Olimpiade’ de Vivaldi est une vrai proposition, car rarement le compositeur vénitien a droit à une mise en scène (le dernier opéra de Vivaldi mis en scène remonte à la saison 2010/2011 avec ‘Orlando furioso’ dans la production de Pierre Audi dirigée par Jean-Christophe Spinosi).

Quant à ‘La Cenerentola’ de Gioachino Rossini, la mise en scène de Damiano Michieletto se substituera à celle d’Irina Brook dont la dernière reprise date de 2010.

‘Jephté’ de Giacomo Carissimi sera par ailleurs la découverte, en version de concert, de la saison.

Après deux saisons de mise en retrait, le répertoire allemand reprend des couleurs avec une version scénique de ‘La Flûte enchantée’, les versions de concert d’’Elektra’ de Richard Strauss et de ‘La Walkyrie’ de Richard Wagner, mais aussi des compositeurs tels Johann Strauss, Kurt Weill, et Jean-Sébastien Bach pour les oratorios.

Cette saison reflète d’ailleurs une certaine complétude du répertoire, car les langues slaves et anglaises y sont aussi représentées.

Stéphanie d'Oustrac dans 'La Damnation de Faust'

Stéphanie d'Oustrac dans 'La Damnation de Faust'

La nouvelle production de ‘Boris Godounov’ par Olivier Py, metteur en scène attaché à la maison, est un évènement qui s’inscrit dans la continuité d’’Eugène Onéguine’ mis en scène par Stéphane Braunschweig deux saisons auparavant.

Et pour les amoureux du baroque anglais, une matinée et une soirée sont dédiées à ‘Didon et Enée’ d’Henry Purcell interprété par deux équipes artistiques différentes, dont l’une avec Joyce Di Donato.

Quant à la langue latine, elle se limite au ‘Requiem’ de Mozart et ‘Carmina Burana’ de Carl Orff, où l’on retrouvera Ludovic Tézier dans la célèbre cantate.

Mais globalement, cette saison respecte les fondamentaux du théâtre centrés principalement sur le répertoire du XVIIIe et XIXe siècle, en s’appuyant sur 3 piliers équivalents, les répertoires italien, français et allemand.

Parmi les soirées très attendues, le ‘Don Giovanni’ dirigé par Philippe Jordan, la venue du Bayerisches Staatsorchester dirigé par Vladimir Jurowski, avec la participation d’ Elsa Dreisig, ‘Le Chant de la Terre’ par Les Siècles avec Marie-Nicole Lemieux et Andrew Staples, les ouvrages aussi surdimensionnés que sont ‘Elektra’ ou bien ‘La Walkyrie’, le récital de Lisette Oropesa et Benjamin Bernheim, ‘Atys’ avec Mathias Vidal et Véronique Gens, sont quelques exemples d’incontournables.

L'intégralité de la saison c'est ici.

Présentation de la Saison 2023-2024 du Théâtre des Champs-Elysées par Michel Franck

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Publié le 24 Mars 2023

Guerre et Paix (Sergueï Prokofiev – Léningrad, 12 juin 1946)
Représentation du 15 mars 2023
Bayerische Staatsoper

Natascha Rostowa Olga Kulchynska
Sonja Alexandra Yangel
Marja Dmitrijewna Achrossimowa Violeta Urmana
Peronskaja Olga Guryakova
Graf Ilja Andrejewitsch Rostow Mischa Schelomianski
Graf Pierre Besuchow Arsen Soghomonyan
Gräfin Hélène Besuchowa Victoria Karkacheva
Anatol Kuragin Bekhzod Davronov
Leutnant Dolochow Alexei Botnarciuc
Fürstin Marja Bolkonskaja Christina Bock
Fürst Nikolai Andrejewitsch Bolkonski Andrei Zhilikhovsky
Matrjoscha Oksana Volkova
Dunjascha Elmira Karakhanova
Gawrila Roman Chabaranok
Métivier Stanislav Kuflyuk
Französischer Abbé Maxim Paster
Denissow Dmitry Cheblykov
Tichon Schtscherbaty Nikita Volkov
Fjodor Alexander Fedorov
Matwejew Sergei Leiferkus
Wassilissa Xenia Vyaznikova
Trischka Solist(en) des Tölzer Knabenchors
Michail I. Kutusow Dmitry Ulyanov
Kaisarow Alexander Fedin
Napoleon Tómas Tómasson
Adjutant des Generals Compans Alexander Fedorov
Adjutant Murats Alexandra Yangel
Marschall Bertier Stanislav Kuflyuk
General Belliard Bálint Szabó
Adjutant des Fürsten Eugène Granit Musliu
Stimme hinter den Kulissen Aleksey Kursanov
Adjutant aus dem Gefolge Napoleons Thomas Mole
Händlerin Olga Guryakova
Mawra Kusminitschna Xenia Vyaznikova
Iwanow Alexander Fedorov

Direction Musicale Vladimir Jurowski
Mise en scène Dmitri Tcherniakov (2023)

Immense fleuve lyrique, ‘Guerre et Paix’ de Sergueï Prokofiev est rarement monté hors de sa ville de création, Saint-Pétersbourg, et de la capitale russe, Moscou, où il est régulièrement interprété plusieurs fois par décennies. Ailleurs, seuls 9 pays, l’Allemagne, la France, la Hongrie, la Suisse, l’Italie, l’Autriche, le Canada, le Royaume-Uni et les États-Unis l’ont représenté au moins une fois sur scène au cours des 25 dernières années.

Programmer un tel ouvrage est donc une marque de prestige, et, originellement, Dmitri Tcheniakov et Vladimir Jurowski avaient l’intention de le jouer à l’opéra de Munich dans sa version intégrale.

War and Peace - Voyna i mir (Jurowski Tcherniakov Kulchynska Zhilikhovsky) Munich

Sa genèse est cependant fort complexe. La première représentation fut interprétée au piano par Sviatoslav Richter et Anatoly Vedernikov en mai 1942 à Moscou, puis, la première version orchestrale (avec 9 des 11 tableaux initiaux) fut donnée le 07 juin 1945 à la Grande Salle du Conservatoire de Moscou, et, finalement, la création scénique de la première partie, augmentée de la scène du bal, fut créée le 12 juin 1946.

Prokofiev n’achèvera la seconde partie, où fut rajoutée la scène du conseil de guerre (tableau n°10), qu’en mai 1947, et il poursuivit coupures, remaniements et ajouts jusqu’à l’édition de la partition définitive en 1958.

Olga Kulchynska (Natascha) et Andrei Zhilikhovsky (Andrejewitsch Bolkonski)

Olga Kulchynska (Natascha) et Andrei Zhilikhovsky (Andrejewitsch Bolkonski)

De cette partition, l’Opéra d’État de Bavière reprend complètement les 7 tableaux de la première partie, ‘La Paix’, mais opère plus de 30 minutes de coupures dans la seconde partie, ‘La Guerre’, afin de supprimer tous les passages aux élans trop patriotiques qu’il n’est plus possible d’entendre à l’heure de la guerre menée par la Russie en Ukraine.

Sont ainsi omis dans cette nouvelle production le chœur des volontaires, l’air stalinien de Koutouzov et le chœur des Cosaques du 8e tableau situé avant la bataille de Borodino, le chœur final du 9e tableau à l’approche des Russes du camp de Napoléon, l’intégralité du 10e tableau qui se déroule au conseil de guerre, le chœur des Moscovites du 11e tableau, et les 3/4 du treizième tableau, dont le chœur final.

Violeta Urmana (Marja Dmitrijewna Achrossimowa)

Violeta Urmana (Marja Dmitrijewna Achrossimowa)

Il n’est pas impossible que, finalement, cette version revienne à la partition qui tenait le plus à cœur au compositeur russe. Et il est évidemment inutile d’attendre une lecture de l’œuvre au premier degré de la part de Dmitri Tcherniakov, qui interroge le texte du livret en profondeur et cherche à montrer sur scène ce qu’il révèle de la mentalité russe.

Il situe ainsi l’action du début à la fin au sein du somptueux décor de la ‘salle des colonnes’ du Palais des syndicats de Moscou, bâtiment destiné à célébrer des évènements importants, à accueillir des concerts symphoniques et, surtout, à honorer les funérailles des chefs d’État. Les corps de Lénine, Staline et Gorbatchev y ont été exposés.

Tous les détails de cette salle sont minutieusement reconstitués, les colonnes corinthiennes, les balcons, le parquet, la coupole ainsi que les multiples lustres en cristal, mais ce cadre magnifique est transformé en un lieu de refuge pour la population moscovite. Sacs de couchage, couvertures, vêtements recouvrent le sol occupé par le chœur et probablement des figurants.

Alexei Botnarciuc (Leutnant Dolochow) et Bekhzod Davronov (Anatol Kuragin)

Alexei Botnarciuc (Leutnant Dolochow) et Bekhzod Davronov (Anatol Kuragin)

Dans cette première partie, le metteur en scène dépeint un portrait sensible de Natacha comme il sait si bien le faire depuis l’inoubliable Tatiana d’’Eugène Onéguine’ qu’il fit connaître au Palais Garnier en 2008, production désormais reprise à l’Opéra de Vienne.

Au début de l’histoire, le prince André Bolkonskii erre seul au milieu de la salle comme s’il allait nous raconter ce qui a précipité le malheur de son monde.

Les gens qui étaient couchés au sol se relèvent petit à petit, et le passé se réactive à un moment où tous réunis dans l’enceinte semblent à la fois dans l’attente et en recherche de protection.

Arsen Soghomonyan (Pierre Besuchow) et Olga Kulchynska (Natascha)

Arsen Soghomonyan (Pierre Besuchow) et Olga Kulchynska (Natascha)

Ceux-ci revivent un moment festif dans une humeur bon enfant. Les différences sociales sont fortement atténuées, même si Peronskaja, incarnée par Olga Guryakova – une émouvante artiste qui insufflait un subtil glamour à ses interprétations de Natacha et Tatiana à l’Opéra Bastille au début des années 2000 et qui, ce soir, joue à fond, avec un timbre encore bien percutant, la bourgeoise heureuse parfaitement adaptée à l’environnement social -, s’affiche en manteau de fourrure pimpant.

La scène de bal s’insère naturellement dans cet état d’esprit sous la forme d’une mise en scène joyeuse de la présentation des multiples protagonistes.

Epigraphe en introduction du 8e tableau de 'Guerre et Paix'

Epigraphe en introduction du 8e tableau de 'Guerre et Paix'

Pour Olga Kulchynska, artiste lyrique ukrainienne qui s’est faite remarquée en 2018 à l’Opéra Bastille dans le rôle de Rosine du ‘Barbier de Séville’, le défi est grand à faire vivre les élans passionnés et cyclothymiques de Natacha, car il s’agit de faire ressentir son manque affectif désespéré qui s’anime d’abord sous le regard du Prince Bolkonskii, et qui, une fois celui ci écarté par son père, se reporte sur le dangereux et instable Kouraguine.

Le sentiment d’exaltation est très bien rendu, de par sa voix lumineuse et fruitée qui a la légèreté de l’oiseau de ‘Siegfried’ même dans les coups de sang les plus imprévisibles, avec une irrésistible envie de vivre qui contraste avec les angoisses de Sonja pour laquelle Alexandra Yangel offre une figure prévenante teintée de mélancolie sombre d’une très grande justesse.

Il faut dire que Dmitri Tcherniakov s’ingénie à donner vie aux dizaines d’artistes qui suivent de leur regard l’intimité de l’action autour de Natacha, comme s’ils avaient tous à conduire une ligne de vie bien spécifique qui accroît l’impression de réalisme d’ensemble. Leur présence permet également de mettre en exergue le décalage comportemental de la jeune fille avec son milieu social.

Arsen Soghomonyan (Pierre Besuchow) et Andrei Zhilikhovsky (Andrejewitsch Bolkonski)

Arsen Soghomonyan (Pierre Besuchow) et Andrei Zhilikhovsky (Andrejewitsch Bolkonski)

A cela s’ajoute une intégration de la rythmique musicale dans le jeu d’acteur qui, visuellement, la rend encore plus évidente au spectateur. Et ce travail musical peut aussi bien se traduire par une gestuelle futile et ludique, à l’instar de l’arrivée dansante de Kouraguine et ses amis, qu’engendrer une grande tension d’échange lorsque Achrossimowa se confronte à Natacha pour l’aider à remettre les pieds sur terre.

Avec ses habits de grand-mère qui la rendent adorablement touchante, Violeta Urmana est d’une authenticité magnifique, la figure même du cœur sur la main à la volonté ferme, et tout dans son chant et ses expressions sincères concoure à ennoblir le très beau portrait qu’elle fait vivre.

Dmitry Ulyanov (Michail I. Kutusow)

Dmitry Ulyanov (Michail I. Kutusow)

Naturellement, le mal-être de Natacha allant grandissant, après qu’elle ait appris de Pierre Besuchow que Kouraguine est marié, cette situation blessante conduit à une tentative de suicide jouée avec une sensibilité à fleur de peau fort poignante.

Arsen Soghomonyan manifeste avec un timbre de voix robuste, mature et adouci une grande densité expressive qui donne beaucoup de profondeur à ce comte épris d’une jeune fille qu’il cherche à protéger. L’homme est sérieux, intelligent, et son monologue est mené avec force de conviction, sans que le moindre geste ne soit laissé au hasard, avant qu’une voix en coulisses annonce l’arrivée de Napoléon, et qu’un jeune enfant pointe sur le pauvre homme une arme automatique à jets d’eau dans un esprit de dérision surprenant.

War and Peace - Voyna i mir (Jurowski Tcherniakov Kulchynska Zhilikhovsky) Munich

Car si la première partie est une vibrante mise en relief du caractère de Natacha dénuée de tout mélo-dramatisme facile, la seconde partie ne met plus en scène deux armées qui s’affrontent mais le peuple russe lui-même. L’épigraphe est d’ailleurs chanté en avant-scène dans l’ombre et avec une gestuelle fort vindicative qui dynamise l’excellent chœur puissant du Bayerische Staatsoper, qui devient dorénavant le principal sujet de l’action.

Dmitri Tcherniakov imagine que tous ces russes installés au centre de la salle se livrent à un jeu de simulation de guerre où tous les aspects sont abordés : combat, camouflage, évacuation des blessés, soins. Mais l’ennemi n’est jamais visible.

Olga Guryakova (Peronskaja)

Olga Guryakova (Peronskaja)

Le baryton moldave, Andrei Zhilikhovsky, prête son charme et sa chaleur de voix au rôle d’André Bolkonskii qui, avec le même détachement qu’en première partie, est encore perdu dans ses pensées pour Natacha, sans paraître pour un sou comme un des leaders du champ de bataille.

Kutusow, le général en chef des armées, auquel Dmitry Ulyanov prête une sereine envergure débonnaire, est présenté comme un chef relâché, vulgaire, et sans prestance.  Et l’on assiste ainsi à une description dérisoire de tous les symboles religieux ou militaires, les chœurs signant des croix orthodoxes de façon rapide et mécanique, allure saccadée et automatique que l’on retrouve pour décrire le Napoléon loufoque animé par Tómas Tómasson qui prend beaucoup de plaisir à forcer la caricature.

Andrei Zhilikhovsky (Andrejewitsch Bolkonski) et Olga Kulchynska (Natascha)

Andrei Zhilikhovsky (Andrejewitsch Bolkonski) et Olga Kulchynska (Natascha)

Au début, cette approche semble bien légère et laisse craindre que Tcherniakov ne se contente de démythifier le volet sur ‘La Guerre’. Mais les lustres sont désormais recouverts d’un voile noir qui ne laisse présager rien de bon.
Et l’on assiste, sans s’en rendre compte au départ, à un début de tension entre les différentes individualités de la foule. Les gestes deviennent de plus en plus violents à partir du 11e tableau, avec exécutions arbitraires, tentatives de viols, et même vols des portraits de grands artistes russes tels Tchaïkovski ou Prokofiev.

En quelques images, le grand gâchis de l’histoire russe est illustré de façon glaçante avec un immense sentiment de dommage irréversible. Et c’est au cours du tableau de l’incendie de Moscou que la nature autodestructrice des Russes est le mieux mise en évidence, toujours dans un assombrissement sans retour, jusqu’au grand hommage rendu à Kutosow au moment où il s’allonge sur un nouveau lit mortuaire qui signe l’enterrement final de l’âme russe.

André Bolkonskii s’est finalement suicidé, Natacha s’est éteinte auprès de lui, et tout s’achève dans une grande impression de néant sous le regard malheureux de Pierre Besuchow.

Andrei Zhilikhovsky, Olga Kulchynska et Vladimir Jurowski

Andrei Zhilikhovsky, Olga Kulchynska et Vladimir Jurowski

Tout au long de cette représentation, l’unité artistique entre Vladimir Jurowski et les musiciens de l’Opéra de Bavière est évidente. L’évocation de la nature qui ouvre ce grand monument lyrique est un enchantement musical. La vie terrestre, les frémissements de sa verdoyance, et l’espoir d’un bonheur à portée de main sont magnifiquement évoqués, et ce splendide raffinement se double d’un art de la malléabilité qui fait rougeoyer d’une souplesse absolument crépusculaire la luxuriante matière qu’offre l'ensemble orchestral.

Très belle énergie sonore qui relance constamment l’action, les éclats des cuivres sont ciselés avec une formidable précision, mais sans en faire trop dans la grandiloquence épique.

Il y a aussi une recherche d’intimisme, de concentration du drame à sa juste mesure, et pour tout ce savant équilibre, Vladimir Jurowski et Dmitri Tcherniakov apparaissent comme deux des grandes valeurs artistiques russes d’aujourd’hui – ils sont nés tous les deux à Moscou au début des années 70 - dont on imagine bien la peine et la désolation qu’inspire le comportement de leur patrie d’origine, eux qui défendent au plus profond d'eux-mêmes un rapport éclairé et réfléchi à la vie.

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Publié le 19 Mars 2023

Die Teufel von Loudun (Krzysztof Penderecki – Hambourg, 1969)
Représentation du 14 mars 2023
Bayerische Staatsoper - Munich

Jeanne Ausrine Stundyte
Claire Ursula Hesse von den Steinen
Gabrielle Nadezhda Gulitskaya
Louise Lindsay Ammann
Philippe Danae Kontora
Ninon Nadezhda Karyazina
Grandier Nicholas Brownlee
Vater Barré Jens Larsen
Baron de Laubardemont Vincent Wolfsteiner
Vater Rangier Andrew Harris
Vater Mignon Ulrich Reß
Adam, Apotheker Kevin Conners
Mannoury Jochen Kupfer
d'Armagnac Thiemo Strutzenberger
de Cerisay Barbara Horvath
Prinz Henri de Condé Sean Michael Plumb
Vater Ambrose Martin Snell
Bontemps Christian Rieger
Gerichtsvorsteher Steffen Recks

Direction Musicale Vladimir Jurowski
Mise en scène Simon Stone (2022)

La reprise de ‘Die Teufel von Loudun’ qui fit son entrée au répertoire de l’Opéra de Munich le 19 juin 2022, alors que Hambourg, à la création, puis Stuttgart, Berlin ou bien Cologne avaient bien auparavant accueilli le premier opéra de Krzysztof Penderecki, s’inscrit dans une volonté de Serge Dorny de promouvoir des œuvres créées après 1945, et de montrer que la dureté de son intrigue tire les leçons des souffrances infligées par les grands états autoritaires du XXe siècle, tout en laissant la responsabilité au spectateur de mesurer les menaces qui pèsent encore aujourd’hui sur les sociétés du monde contemporain.

Ausrine Stundyte (Jeanne)

Ausrine Stundyte (Jeanne)

Suite à la commande de Rolf Liebermann, intentant de l’Opéra de Hambourg de 1957 à 1972, le compositeur polonais a lui même rédigé un livret sur la base du drame que l’écrivain John Whiting a tiré du livre ‘Die Teufel von Loudun’ (1952) d’Aldous Leonard Huxley qui relate les évènements qui survinrent en 1634 dans la commune de Loudun située au nord de Poitiers.

A cette époque, Louis XIII et Richelieu souhaitaient détruire nombre de forteresses françaises, au moins par soucis d’économie, sinon pour fragiliser les protestants qui y trouvaient refuge. 

A Loudun, Urbain Grandier, originaire du diocèse du Mans, s’opposa aux décisions du pouvoir royal, alors que ses aventures féminines commençaient à être bien connues. Mais au même moment, des Ursulines furent sujettes à des crises obsessionnelles et l’une d’elle, Jeanne, crut reconnaître le fantôme de Grandier.

L’affaire fut remontée à Richelieu qui envoya le Baron de Laubardemont, d’abord pour régler la question de la destruction du château de Loudun, puis pour s’occuper de l’affaire des possédées.

Pendant ce temps, les tentatives d’exorcismes menées par les Pères Mignon, Barré et Rangier échouèrent, et Grandier fut arrêté, questionné et jugé le 18 août 1634, et enfin torturé et exécuté.

Die Teufel von Loudun (Stundyte Brownlee Larsen Jurowski Stone) Munich

A travers cette histoire sordide, l’œuvre de Krzysztof Penderecki soulève des questions sur le célibat des prêtres, sur l’intolérance religieuse, la violence du pouvoir, qu’il soit politique ou religieux, mais aussi sur les mécanismes sociaux qui ont légitimé les dictatures au XXe siècle.

Après sa création, ‘Die Teufel von Loudun’ fut retouché à plusieurs reprises jusqu’en 2012, mais c’est la version originale qui est présentée à l’Opéra de Bavière, car sa partition laisse plus de degrés de liberté interprétatifs au chef et aux musiciens, ce qui est beaucoup plus stimulant.

L’abstraction de la musique n’est pas sans rappeler celle de Pascal Dusapin, où l’on retrouve d’étranges formations diffuses de textures originelles d’où émergent des chœurs liturgiques, et l’orchestre est prodigieusement étoffé en percussions qui recouvrent la totalité de l’arrière plan de la fosse.

Les basses entretiennent une tension sous-jacente permanente, les cordes arborent des frémissements mystérieux, des structures complexes et torturées soulignent les moments d’angoisse, et admirer la gestique parfaitement réglée de Vladimir Jurowski, qui domine un tel ensemble, fait partie du spectacle en lui même. 

Nadezhda Karyazina (Nineon) et Nicholas Brownlee (Grandier)

Nadezhda Karyazina (Nineon) et Nicholas Brownlee (Grandier)

Simon Stone a conçu un décor massif et cubique pivotant qui permet un enchaînement fluide des trente tableaux de l’ouvrage. Escaliers de la citadelle, chambre intime, petite chapelle des Ursulines, grand parvis d’un sanctuaire et cellule de prison, défilent dans une ambiance bleu-obscur. Et si les habits des religieuses restent intemporels, les citadins sont, eux, habillés en style contemporain.

La dramaturgie est parfaitement lisible, et le fait que ‘Die Teufel von Loudun’ comporte une forte dimension de théâtre parlé permet au metteur en scène de travailler, avec les chanteurs, le réalisme de chaque personnage de façon approfondie.

Die Teufel von Loudun (Stundyte Brownlee Larsen Jurowski Stone) Munich

Ausrine Stundyte est une artiste très intéressante pour le rôle de Jeanne, car elle est sait naturellement incarner des femmes sexuellement puissantes. La noirceur et le brillant métallique de son timbre de voix font ressentir une animalité blessée, et elle préserve un jeu sobre de telle manière à créer une opposition entre la nature spirituelle qu’elle représente et les tensions intérieures de son héroïne.

Tous ses partenaires s’inscrivent dans la même expressivité théâtrale qui crée une unité d’ambiance à la dureté implacable. Le baryton américain Nicholas Brownlee possède une forte présence physique et vocale, une massivité un peu brute et très colorée qui s’impose avec une soudaineté impressionnante, et il peut être très émouvant quand il défend la nature hédoniste de Grandier qui considère que c’est à travers ses aventures féminines qu’il exprime le mieux sa vie.

Ulrich Reß (Vater Mignon) et Ausrine Stundyte (Jeanne)

Ulrich Reß (Vater Mignon) et Ausrine Stundyte (Jeanne)

Dans la dernière partie, Simon Stone décrit sous forme de passion du Christ le supplice que vit Grandier au cours de sa marche ensanglantée à travers la ville, en montrant chaque habitant au visage fantomatique lui donner une frappe comme pour décharger sur lui leurs propres frustrations.

Il s’agit probablement de l’image de la plus puissante, car elle met en garde vis-à-vis de l’agressivité refoulée qui n’attend qu’une situation politique favorable pour pouvoir se libérer.

La scène de torture est difficilement soutenable, mais, à son point paroxysmique, le plateau tournant fait disparaître la chambre de torture alors que l’orchestre se déchaîne en un grand fracas qui exprime les cris d’horreur et de souffrance du condamné (on pense beaucoup au cri de désespoir de Katerina au dernier acte de ‘Lady Macbeth de Mzensk’ de Dmitri Chostakovitch).

Vladimir Jurowski entouré de Nicholas Brownlee et Ausrine Stundyte

Vladimir Jurowski entouré de Nicholas Brownlee et Ausrine Stundyte

Et tous les représentants étatiques et ecclésiastiques, Père Barré, le Baron de Laubardemont, Père Rangier et Père Mignon, respectivement chantés par Jens Larsen (absolument terrible), Vincent Wolfsteiner, Andrew Harris et Ulrich Reß (à la retraite depuis juillet 2022, mais toujours disponible pour certains rôles), sont tellement crédibles et révulsifs qu’il devient presque difficile de les dissocier de leurs rôles lorsqu’ils réapparaissent au salut final.

Seule interprète à la fraîcheur moderne et virtuose, la jeune soprano grecque Danae Kontora offre également à Philippe une joie de vivre piquante et une luminosité qui contrastent avec les autres caractères plus sombres du drame.

Orchestre phénoménal de précision dont la patine ambrée se révèle fort malléable, chœur d’un fondu musical plaintif et harmonieux, tout concorde dans cette scénographie à créer un véritable malaise tout en chevillant le cœur du spectateur à la destinée d’un homme qui ne cesse de répéter depuis le début qu’il ne s’en ait pris à personne.

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Publié le 12 Mars 2023

Hamlet (Ambroise Thomas – 09 mars 1868, Salle Le Peletier)
Répétition générale du 06 mars et représentations du 11, 30 mars et 02, 09 avril 2023
Opéra Bastille

Hamlet Ludovic Tézier
Claudius Jean Teitgen
Laërte Julien Behr
Le Spectre Clive Bayley
Horatio Frédéric Caton
Marcellus Julien Henric
Gertrude Eve-Maud Hubeaux
Ophélie Lisette Oropesa (Mars) / Brenda Rae (Avril)
Polonius Philippe Rouillon
Premier Fossoyeur Alejandro Baliñas Vieites
Second Fossoyeur Maciej Kwaśnikowski

Direction musicale Pierre Dumoussaud
Mise en scène Krzysztof Warlikowski (2023)
Décors et costumes Małgorzata Szczęśniak
Lumières Felice Ross
Vidéo Denis Guéguin
Chorégraphe Claude Bardouil
Nouvelle production

Diffusion en direct le 30 mars 2023 à 19h30 sur Arte Concert, et ultérieurement sur Arte
Diffusion sur France Musique le 22 avril 2023 à 20h

Après ‘Oedipe’ de George Enescu présenté en ouverture de la saison 2021/2022, Alexander Neef poursuit son exploration du patrimoine de l’Opéra de Paris en faisant revivre un grand opéra créé spécifiquement pour l’institution et qui connaîtra un grand succès (20ème opéra le plus joué à la salle Le Peletier avec 100 représentations, et 12ème opéra le plus joué au Palais Garnier jusqu’à la Seconde Guerre mondiale avec 267 représentations – il y aura aussi 10 représentations données à la salle Ventadour en 1874), avant de disparaître des planches du Palais Garnier au soir du 28 septembre 1938.

Ludovic Tézier (Hamlet) et Lisette Oropesa (Ophélie)

Ludovic Tézier (Hamlet) et Lisette Oropesa (Ophélie)

Cette renaissance à Bastille était d’autant plus nécessaire qu’’Hamlet’ est apparu un an après la création de ‘Don Carlos’ de Giuseppe Verdi (11 mars 1867) et un an avant l’entrée de ‘Faust’ de Charles Gounod (3 mars 1869) au répertoire, alors que ces deux derniers ouvrages ont été récemment joués à l’Opéra de Paris dans les productions respectives de Krzysztof Warlikowski (2017) et Tobias Kratzer (2022).

Hamlet - Acte 1, premier tableau

Hamlet - Acte 1, premier tableau

Et au-delà de la découverte que cette œuvre représente pour une large partie du public, l’intérêt est de voir comment ce grand opéra basé sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré, lui même dérivé de l’’Hamlet, prince de Danemark’ d’Alexandre Dumas (1847), inspiré de Shakespeare mais adapté au goût de la bourgeoisie parisienne du XIX siècle, va trouver une nouvelle forme artistique qui touche et ne lâche pas le spectateur d’aujourd’hui.

Ludovic Tézier (Hamlet)

Ludovic Tézier (Hamlet)

Et à l’instar de Jean-Baptiste Faure, grand baryton français de la seconde partie du XIXe siècle qui créa le rôle de Rodrigue à Paris dans ‘Don Carlos’, et pour le lequel Ambroise Thomas transposa sa première version pour ténor d’’Hamlet’ (1863) afin de lui permettre d’assurer la création de ce nouveau rôle, Ludovic Tézier est à l’honneur de l’Opéra Bastille afin d’incarner ce grand personnage littéraire.

Revenir à ce rôle qu’il aborda au Capitole de Toulouse en avril 2000, en alternance avec Thomas Hampson qui y vit son meilleur successeur, et qu’il reprit en janvier 2001 à Turin dans la même production, c’est revenir aux origines de son parcours au moment où il atteint l’un de ses points culminants.

Ludovic Tézier (Hamlet) et Krzysztof Warlikowski - Séance de travail d'Hamlet

Ludovic Tézier (Hamlet) et Krzysztof Warlikowski - Séance de travail d'Hamlet

Mais, alors que très souvent les directeurs d’opéras choisissent eux-mêmes, où en concertation avec leur directeur musical, les metteurs en scène qui devront apporter une lecture des œuvres qui soit signifiante, dans ce cas précis, c’est Alexander Neef qui a demandé au grand chanteur de choisir le directeur scénique avec lequel il souhaiterait travailler.

Il a alors proposé Krzysztof Warlikowski avec lequel il s’était très bien entendu dans la nouvelle production de ‘Don Carlos’ jouée à Bastille en 2017, car, comme le rappelle Ludovic Tézier lors de sa récente interview donnée le 27 février 2023 sur France Musique, il faut d’abord défendre l’intelligence du propos. 

Et ce terme d’’intelligence’, qu’il appuie avec force, montre bien que la pertinence de l’opéra aujourd’hui se mesure à des questions qui dépassent très largement celle de l’esthétique.

Les ombres de la Lune - Vidéo Denis Guéguin

Les ombres de la Lune - Vidéo Denis Guéguin

Krzysztof Warlikowski signe donc sa neuvième mise en scène à l’Opéra de Paris depuis ‘Iphigénie en Tauride’ (2006), et se retrouve face à un personnage d’inspiration shakespearienne, auteur dont il a abordé au théâtre une dizaine de mises en scène avec notamment ‘Le Marchand de Venise’ en 1994, ‘Hamlet’ en 1997 et 1999, ou bien ‘La Tempête’ en 2003 et ‘Macbeth’ en 2004.

C’est d’ailleurs avec ‘Hamlet’ qu’il se fit connaître en France au Festival d’Avignon de 2001 (avec Jacek Poniedzialek - présent ce soir - et Magdalena Cielecka dans les rôles d' Hamlet et Ophélie), au même moment où Ludovic Tézier triomphait à l’opéra dans le même rôle titre.
Hasard annonciateur?

Frédéric Caton (Horatio) et Julien Henric (Marcellus)

Frédéric Caton (Horatio) et Julien Henric (Marcellus)

Le cadre de cette nouvelle production se situe dans un immense décor enserré de grilles imposantes d’une froideur d’acier, conçu par Małgorzata Szczęśniak, qui accroît la sensation d’emprisonnement d’une âme livrée à un asile psychiatrique où la fonction de contrôle prédomine sur celle du soin.
Le long du sas, sur la droite, fous, gardes, et personnages y apparaissent, et ce long couloir crée une impression de tunnel sans espoir.

Clive Bayley (Le Spectre)

Clive Bayley (Le Spectre)

Cependant, la dramaturgie de la mise en scène ne suit pas tout à fait le déroulé temporel du livret, puisque le premier et le dernier acte sont situés 20 ans après la révolte d’Hamlet contre sa mère et son beau père, et l’histoire est donc racontée sous forme de souvenir comme dans ‘Les Contes d’Hoffmann’ de Jacques Offenbach.

Hamlet est ainsi un être vieillissant vivant auprès de sa mère dans un asile d’aliénés, hanté par la mémoire du couronnement de Claudius, souffrant des visions du spectre de son père dépeint sous une forme extrêmement poétique d’un Pierrot tout blanc au visage peint de traits noirs. La symbolique du Pierrot romantique renvoie à l’enfance du héros et à son mal être intérieur, et tend aussi à dissoudre le côté trop solennel du fantôme pour lui donner une valeur plus fantastique et même ironique. 

Ludovic Tézier (Hamlet) et Lisette Oropesa (Ophélie)

Ludovic Tézier (Hamlet) et Lisette Oropesa (Ophélie)

Dans ce premier acte, Ophélie et son frère Laërte jouent aux cartes avec Claudius, comme une remembrance d’une vie banale passée, alors que Gertrude, au seuil de sa vie, fixe obsessionnellement et mystérieusement un téléviseur où est diffusé ‘Les Dames du Bois de Boulogne’ de Robert Bresson, une histoire de vengeance.
Horatio et Marcellus, eux, sont moins des amis d’Hamlet que des surveillants douteux. 

Eve-Maud Hubeaux (Gertrude)

Eve-Maud Hubeaux (Gertrude)

Une immense vidéo des phases de la Lune, un astre éteint, sur fond de ciel constellé d’étoiles, accentue l’impression de surnaturel et d’évocation de la mort, et, aux actes suivants, les rapprochements entre ces images de Lune et les splendides séquences de Denis Guéguin, le vidéaste, sur le visage du spectre modelé par les mêmes jeux d’ombre, créent des associations d’idées autour du 'Pierrot lunaire' d’Arnold Schönberg et l’âme mélancolique d’Hamlet.

Jean Teitgen (Claudius) et Eve-Maud Hubeaux (Gertrude)

Jean Teitgen (Claudius) et Eve-Maud Hubeaux (Gertrude)

A partir du second acte, débute l’histoire passée d’Hamlet, interné une fois Gertrude et Claudius mariés suite au meurtre de son père, et Ophélie est présentée comme une femme littéraire qui cherche à intéresser le Prince avec son art du conte.

Mais lui, en apparence détaché et aidé par les autres malades, les courtisans, avec lesquels il vit, est occupé à préparer son grand spectacle destiné à démasquer le couple royal. Cette scène de vie dans l’hôpital rappelle celle que Krzysztof Warlikowski avait imaginé dans la maison de retraite de son ‘Iphigénie en Tauride’.

Ludovic Tézier (Hamlet)

Ludovic Tézier (Hamlet)

L’immaturité du Prince, feinte ou réelle, est assez drôlement mise en scène lorsqu’il apparaît au commande d’une voiture de course téléguidée, dérisoire attribut de virilité inaboutie. Après la séquence d’effroi entre le Roi et la Reine, survient le grand moment de la pantomime qui va être jouée spectaculairement avec une joie irradiante.

Krzysztof Warlikowski s’appuie sur une troupe de figurants qui font partie de son univers artistique, et la danseuse Danielle Gabou, qui participe à toutes les mises en scène parisiennes du directeur polonais depuis ‘Don Carlos’ en 2017, mais que l’on a vu aussi dans la dernière production de ‘Manon’, incarne une impressionnante Reine Genièvre, au glamour expressif avec beaucoup d’emprise.

La beauté des lignes ornementales de son visage, surlignées par le maquillage, révèle aussi une concordance avec les traits du visage du spectre. 

Danielle Gabou et Ludovic Tézier (Hamlet)

Danielle Gabou et Ludovic Tézier (Hamlet)

Le meurtre du Roi Gonzague est joué avec deux autres acteurs noirs, scène fascinante par son mélange d’envoûtement et de folie macabre, et Daniel Gremelle, le joueur de saxophone – nouvel instrument introduit à l’Opéra de Paris par Ambroise Thomas en 1868 au moment où Adolphe Sax enseignait l’art de son invention au conservatoire de Paris –, achève son air solo sur une variation jazzy pleinement fantaisiste.

Danielle Gabou et Daniel Gremelle (saxophone)

Danielle Gabou et Daniel Gremelle (saxophone)

Puis, le troisième acte, qui débute sur le fameux ‘Etre ou ne pas être’, avec en arrière fond les motifs des phases de la Lune qui évoquent les mouvements de l’âme, les successions de nuits et de jours, et les cycles de la vie et de la mort, est celui qui révèle les grands talents vocaux mais aussi d’actrice d’Eve-Maud Hubeaux. Une séparation recouverte de velours fuchsia, couleurs royales que l’on retrouvait pareillement dans la production salzbourgeoise d’’Elektra’, rend l’espace plus intime.

Ludovic Tézier (Hamlet)

Ludovic Tézier (Hamlet)

Entrée théâtrale de la Reine dans un grand cri déchirant, magnifique et majestueuse projection du Pierrot sur un large fond d’écran, confrontation intense avec Ludovic Tézier, et impuissance d’Ophélie à interagir, la nuit d’épouvante et d’horreur s’achève par la couche du fils et de la mère dans le même lit en toute tranquillité, comme de bons amis. Une très forte affectivité est mise en avant dans cette partie.

Ces trois premiers actes, liés entre eux, auront duré 2h10 sans interruption jusqu’à l’entracte.

Eve-Maud Hubeaux (Gertrude)

Eve-Maud Hubeaux (Gertrude)

Le IVe acte est le plus flamboyant. 
‘Hamlet’ est joué ce soir dans sa version intégrale - le duo du Roi et de la Reine au second acte n’est pas coupé - .  Cependant, seuls les deux premiers mouvements du ballet, les ‘Pas des chasseurs’ et la ‘Pantomime’, sont conservés, ce qui est mieux que rien car, habituellement, il est totalement omis de nos jours.

Les quatre autres passages, ‘Valse-Mazurka’, ‘Scène du bouquet’, ‘La Freya’ et la ‘Strette finale’ sont supprimés, ce qui fait que seules 4 minutes sont retenues sur les 17 minutes que constituent cet ensemble musical qui s’ajoute au divertissement qui ouvre cette nouvelle partie.

Lisette Oropesa (Ophélie)

Lisette Oropesa (Ophélie)

Tous les talents de l’équipe de figurants, mais aussi du chœur, sont mis à l’épreuve sous la direction chorégraphique de Claude Bardouil. Une ballerine ouvre le bal derrière la gigantesque grille, et le divertissement met en valeur un mélange de choristes et d’acteurs grimés en danseuses colorées qui défilent à la façon d’un gala humoristique, exécutant même des pas de trois. Nous assistons au grand spectacle joué par les pensionnaires de l’asile.

A nouveau, il s’agit de débarrasser l’œuvre de toute sa pompe, et de séduire un public plus jeune et bigarré, de la même façon que les images du Pierrot s’adressent aussi aux sentiments les plus enfantins de chacun d’entre nous.

Eve-Maud Hubeaux (Gertrude) et Ludovic Tézier (Hamlet)

Eve-Maud Hubeaux (Gertrude) et Ludovic Tézier (Hamlet)

Le couple royal, accompagné d’Ophélie et son père, Polonius, sont présents, mais lorsque Ophélie revient habillée d’une robe transparente parcourue de jolis motifs floraux, une orange à la main, c’est la nature sexuelle, vivante et joyeuse de la femme qui est mise en avant. A nouveau, elle chante sa ballade comme si elle lisait un conte, portée par un danseur, et c’est donc une performance qui est donnée sous le regard consterné de la Reine, et non plus un adieu mélancolique à la vie.

Clive Bayley (Le Spectre) et Ludovic Tézier (Hamlet)

Clive Bayley (Le Spectre) et Ludovic Tézier (Hamlet)

C’est uniquement au moment de la sortie du ballet qu’Ophélie retire sa perruque, retrouve une coupe de garçonne blonde, et se libère de son attente vis à vis d’Hamlet. Le suicide paraît plus symbolique qu’effectif à se moment là, lorsqu’elle disparaît en finesse dans une baignoire qui s’éloigne sous les applaudissements enchantés, comme si elle rejoignait pour le reste de sa vie l’univers de l’asile.

Acte IV : chœur et figurants - Chorégraphie Claude Bardouil

Acte IV : chœur et figurants - Chorégraphie Claude Bardouil

Le Ve acte signe le retour au temps du premier acte, mais cette fois, Hamlet s’est transformé en Pierrot noir, la figure du vengeur immature qui porte sur lui la malédiction de son père. Car nous sommes dorénavant dans la psyché de cet homme perturbée par le ressassement de son passé.
Les deux fossoyeurs chantent auprès d’un corps allongé sur un brancard – l’acteur est celui qui incarnait le roi meurtrier au cours de la pantomime -, en rappelant que chacun va recevoir la visite de la Mort, y compris ceux qui complotent. C’est le moment de réflexion sur notre préparation à cet évènement définitif.

Lisette Oropesa (Ophélie)

Lisette Oropesa (Ophélie)

Laërte apparaît en personnage plutôt sombre, un peu brigand, et il faut que le spectre réapparaisse pour qu’enfin Hamlet passe symboliquement à l’action et tue l’image de Claudius. Et à ce moment là, le rideau semi-transparent se baisse alors qu’Ophélie souffle sur sa main des poussières de cendres, peut-être celle de son bonheur illusoire, comme si c’était elle qui nous avait raconté cette histoire.

A travers une poétique visuelle magnifiée par les jeux de lumières, Felice Ross utilise beaucoup les perspectives des lignes du décor grillagé pour induire des jeux d’ombres et de lumières fascinants, jusqu’à ajouter des jeux de motifs étincelants sur le grand rideau d’avant scène.

Philippe Rouillon (Polonius), Lisette Oropesa (Ophélie) et Eve-Maud Hubeaux (Gertrude)

Philippe Rouillon (Polonius), Lisette Oropesa (Ophélie) et Eve-Maud Hubeaux (Gertrude)

Le grand mérite de cette production qui analyse l’émergence de la folie sous un cerveau en apparence calme, est de sortir d’une lecture simple et évènementielle, de mélanger plusieurs niveaux temporels en laissant l’ambiguïté sur qui est fou et qui est lucide, de privilégier le sourire mélancolique mais joyeux à la pompe dépressive et ennuyeuse, et, surtout, de transcender tous les chanteurs en renforçant la façon de jouer de chacun d’entre eux.

Le premier à en tirer profit est bien entendu Ludovic Tézier.

Lisette Oropesa (Ophélie)

Lisette Oropesa (Ophélie)

Depuis sa rencontre avec Krzysztof Warlikowski en 2017 dans Don Carlos’, puis son passage dans les mains de Calixto Bieito (‘Simon Boccanegra’ - 2018) et Kirill Serebrennikov à Vienne (‘Parsifal’ - 2021), le chanteur toulousain s’est métamorphosé. Il donne à Hamlet une ampleur dramatique inédite, un art déclamatoire qui s’appuie sur une force de geste et d’intonation qui en font un immense personnage.

Et ce sens de l’ironie et de l’influx sanguin font ici merveille. Le timbre est somptueusement massif et travaillé avec souplesse, tout n’est que justesse de sens, et son autorité, particulièrement dans son duo avec Gertrude, s’impose tout en ne se prenant pas au sérieux.

Alejandro Baliñas Vieites et Maciej Kwaśnikowski (Les Fossoyeurs) et Danielle Gabou

Alejandro Baliñas Vieites et Maciej Kwaśnikowski (Les Fossoyeurs) et Danielle Gabou

Et en même temps, il y a toute cette affection qui déborde au salut final, et il faut voir avec quelle chaleur il encourage ses partenaires, et va chercher Krzysztof Warlikowski pour le rejoindre afin de lui témoigner une reconnaissance riante qui fait plaisir à voir. 

Ambroise Thomas, ce soir, doit beaucoup à la  rencontre entre ces deux intelligences, mais pas seulement.

Ludovic Tézier (Hamlet) et Eve-Maud Hubeaux (Gertrude)

Ludovic Tézier (Hamlet) et Eve-Maud Hubeaux (Gertrude)

Chaque apparition d’Eve-Maud Hubeaux à l’Opéra de Paris va crescendo et permet d’admirer son évolution artistique qui ne cesse de prendre de nouvelles dimensions. En Gertrude, elle démontre une capacité expressive fauve phénoménale, une irradiance incendiaire, un déploiement de noirceur hypnotique, au point qu’une telle énergie dramatique alliée à un physique splendide accroît la nature séductrice de la Reine.

Et, bien entendu, la précision et intelligibilité de son français sont impeccables, tout en affichant, au moment des saluts, une modestie très surprenante.

Ludovic Tézier (Hamlet) et Julien Behr (Laërte)

Ludovic Tézier (Hamlet) et Julien Behr (Laërte)

Lisette Oropesa est aussi l’une des stars de la soirée puisque le rôle d’Ophélie a été écrit pour mettre en valeur les grandes qualités de virtuosité des meilleurs cantatrices de l’Opéra. Progressivement, les colorations de sa voix s’imprègnent de teintes chaleureuses vivifiées par une fine vibration qui ne peut que déclencher l’enthousiasme. Clarté riante, agilité, abattage et plénitude d’élocution magnifiques, tout n’est qu’apparente candeur et éblouissement pour le public qui le lui rend pleinement aux derniers adieux.

Ludovic Tézier (Hamlet)

Ludovic Tézier (Hamlet)

Il incarnait, cet hiver, Swallow dans ‘Peter Grimes’ joué au Palais Garnier, Clive Bayley revient ce soir dans le rôle du spectre en lui donnant un impact saisissant de par son costume de Pierrot, bien évidemment, mais aussi par sa déclamation qui parcelle d’éclats très clairs un timbre mordant d’une très grande présence. Ce n’est pas du tout un spectre fantomatique à la voix d’outre-tombe, mais bien un être sensible, larmoyant même, quand il s’adresse à Hamlet.

Son timbre de voix s’identifie beaucoup à cette figure de la Commedia dell’arte, et la beauté ambivalente des mimiques de son visage est, en outre, poétisée au fil de la musique avec une belle légèreté de mouvement par les vidéographies de Denis Guéguin.

Ludovic Tézier (Hamlet)

Ludovic Tézier (Hamlet)

D’une très grande résonance sonore qui fait ressortir le métal de sa voix, Jean Teitgen joue très bien ce nouveau Roi, Claudius, viril mais tourmenté qui laisse ressortir des failles très humaines, et Philippe Rouillon, en Polonius, lui oppose une personnalité plus feutrée et autoritaire.

Le père d’Ophélie apparaît ici comme la figure la plus inébranlable du drame, comme s’il était vis à vis de Claudius ce que le Grand Inquisiteur est à Philippe II, c’est à dire une froide autorité supérieure.

Lisette Oropesa (Ophélie)

Lisette Oropesa (Ophélie)

Tous les rôles secondaires révèlent des qualités ou des particularités de personnalité qui leur sont propres, comme la droiture de Laërte soutenue par Julien Behr, au timbre de voix sévère et fortement canalisé, l’Horatio souple et décontracté de Frédéric Caton, et le beau délié ombré de Julien Henric en Marcellus, chanteur qui fait ses débuts à l’Opéra de Paris après avoir remporté en 2022 le premier prix Mélodie française du Concours International de chant de Marmande.

Et c’est avec plaisir que l’on retrouve en fossoyeurs deux brillants artistes issus de l’Atelier Lyrique, Alejandro Baliñas Vieites et Maciej Kwaśnikowski qui, tous deux, projettent leurs lignes de chant très harmonieusement dans Bastille.

Krzysztof Warlikowski, Małgorzata Szczęśniak, Felice Ross et Denis Guéguin

Krzysztof Warlikowski, Małgorzata Szczęśniak, Felice Ross et Denis Guéguin

Si une partie des chœurs est scéniquement fortement sollicitée dans cette production, ce qui est très drôle à regarder, tous font preuve d’une expansivité fantastique par leur ardeur mais aussi leur extrême finesse dans le passage recueilli chanté à bouche fermée avant le dernier air d’adieux d’Ophélie.

Ludovic Tézier, Krzysztof Warlikowski, Alessandro di Stefano (Chef des Choeurs) et Pierre Dumoussaud

Ludovic Tézier, Krzysztof Warlikowski, Alessandro di Stefano (Chef des Choeurs) et Pierre Dumoussaud

Pierre Dumoussaud, appelé à la rescousse fin janvier pour remplacer Thomas Hengelbrock qui s’était accidentellement cassé un bras, est aussi pour beaucoup dans la réussite de ce retour d’Hamlet’ au répertoire de l’Opéra de Paris.
Dès l’ouverture, il fait ressortir les plus beaux alliages orchestraux de la partition, la rutilance des cuivres se mêlant au métal des cordes avec un sens ample de la respiration d’une très belle majesté.

La musique d’Ambroise Thomas comporte aussi beaucoup de passages où les lignes sont à peine esquissées pour souligner l’art déclamatoire des chanteurs, et là aussi, le chef d’orchestre français dessine avec beaucoup d’élégance et de poésie ces traits fins au fusain, ce qui montre qu’il sait tirer profit au mieux des couleurs que lui offre l’orchestre de l’Opéra de Paris.

Ludovic Tézier et Krzysztof Warlikowski

Ludovic Tézier et Krzysztof Warlikowski

Avoir réussi à redonner une modernité à cet ‘Hamlet’ avec un tel lustre, et lui donner une capacité à toucher la part la plus jeune du public en la stimulant par des interrogations qui défient son sens de l’inventivité, est à mettre au crédit d’une équipe artistique qui réitère la grande réussite de ‘Lady Macbeth de Mzensk’ qui triompha en 2019 sur cette même scène.

Encore faut-il que chaque spectateur accepte de se laisser absorber par ces mouvements incessants entre intrigue, imaginaire et fantasmes psychiques, ce qui fait le charme de toutes les productions de Krzysztof Warlikowski.

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Publié le 7 Mars 2023

Cet article présente l’architecture d’'Hamlet' d’Ambroise Thomas et ses différentes altérations.

La création d’’Hamlet’ à l’Opéra de Paris le 09 mars 1868

Contrairement à ‘Benvenuto Cellini’ de Berlioz, ‘Don Carlos’ de Verdi ou ‘Faust’ de Gounod dont il existe plusieurs versions fortement différentes, ‘Hamlet’ d'Ambroise Thomas, qui fit partie des 20 opéras les plus joués à la salle Le Peletier, et des 12 opéras les plus représentés au Palais Garnier jusqu’en 1938, n’existe que dans une seule version majeure.

Toutefois, la partition piano et chant (édition Heugel) signale plusieurs coupures possibles, intègre des variantes dans l’andante et la ballade d’Ophélie du IVe acte destinées aux débuts de Caroline Miolan-Carvalho dans le rôle d’Ophélie à l’Opéra de Paris le 31 mars 1875, et indique également que le duo n°8 de la Reine et du Roi devait être supprimé pour la scène, et ne fut donc pas intégré à la partition d’orchestre.

Une première version d’’Hamlet’ en 4 actes et sans ballet fut achevée en 1863, sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré inspiré d'’Hamlet, Prince de Danemark’ d’Alexandre Dumas (1848), où le héros était un ténor. Mais cette première mouture ne fut pas publiée.

C’est donc pour l’Opéra de Paris que fut créée une version pour baryton en cinq actes avec ballet (avec partage de l'ancien 4e acte en deux nouveaux actes) dont la première aura lieu le 09 mars 1868 à la salle Le Peletier. 

Mais un an plus tard, le 19 juin 1869, une version en italien fut jouée à Covent Garden pour laquelle Ambroise Thomas réécrivit le final, plus court, afin d’achever la pièce sur la mort d’Hamlet, comme chez Shakespeare (le final d’Alexandre Dumas laisse Hamlet survivre ce que le public anglais n’aurait pas accepté par fidélité à William Shakespeare).

Hamlet d'Ambroise Thomas, lors de sa reprise au Palais Garnier en 1875 - DeAgostini/Getty Images

Hamlet d'Ambroise Thomas, lors de sa reprise au Palais Garnier en 1875 - DeAgostini/Getty Images

Les altérations possibles de la partition d’Hamlet

Afin de rendre facilement lisible l’architecture en cinq actes d’'Hamlet’ tel qu'il fut créé à l'Opéra de Paris le 08 mars 1868, les graphiques qui suivent cherchent à mettre en évidence les passages dont la partition autorise la suppression, et présente à titre de comparaison deux interprétations scéniques récentes, celle d’Olivier Py et Marc Minkowski créée le 23 avril 2012 au Theater an der Wien - mais avec un faux final de Covent-Garden (1869) ajouté après le final original -, et celle de Krzysztof Warlikowski et Pierre Dumoussaud créée à l’Opéra de Paris le 11 mars 2023.

Dans le premier acte, seules les 13 mesures du prélude de l’Esplanade qui précèdent la reprise du motif solo du trombone peuvent être omises, selon la partition d’orchestre.

Dans le second acte, le second volet ‘Les serments ont des ailes’ de l’air d’Ophélie peut être coupé, et le duo de la Reine et du Roi ‘Hélas ! Dieu m’épargne la honte’ du livret original est indiqué 'supprimé à la scène' et n’est pas présent dans la partition d’orchestre.

Ce duo, qui ne laisse aucun doute sur la culpabilité du couple, sera cependant joué en 2012 au Theater an der Wien et aussi à l’Opéra de Paris en 2023 (il est présent dans un manuscrit conservé à la Bibliothèque Nationale de France).

Aussi étrange que cela puisse paraître, le 3e acte autorise la suppression du monologue d’Hamlet ‘Etre ou ne pas être’. Un peu plus loin, une partie de l’air du Roi ‘Ah ! Vains efforts !’ peut être coupée, et les dernières mesures du trio Hamlet, Ophélie et la Reine, ‘Quel funeste soupçon .. Mon âme est fermée … Adieu joie et bonheur ‘, ne furent pas jouées lors de la création parisienne, selon les indications de la partition chant et piano, mais elles le seront bien en 2023.

Variante pour Madame Carvalho dans l'air d'Ophélie (Acte 4)

Variante pour Madame Carvalho dans l'air d'Ophélie (Acte 4)

Le 4e acte est composé du traditionnel ballet parisien (plus de 17 minutes), qui ne sera pas repris à Vienne en 2012, mais dont l’Opéra de Paris a conservé les deux premières parties, les ‘Pas des chasseurs’ et la ‘Pantomime’, soit 4 minutes, pour sa nouvelle production en 2023. Après le ballet, plusieurs variantes pour Mme Carvalho dans l'air d'Ophélie sont signalées.

Enfin, il est autorisé dans le 5e acte de ne conserver qu’un des deux couplets du duo des fossoyeurs.

Ludovic Tézier et Krzysztof Warlikowski lors d'une séance de travail d'Hamlet à l'Opéra de Paris (2023)

Ludovic Tézier et Krzysztof Warlikowski lors d'une séance de travail d'Hamlet à l'Opéra de Paris (2023)

La version que présentera en 2023 l’Opéra de Paris sur la scène Bastille est donc la plus complète jouée à ce jour depuis 1938, puisque seuls les derniers mouvements du ballet la ‘Valse Mazurka’, la ‘Scène du bouquet’, la ‘Freya’ et la ‘Strette finale’ ne seront pas repris.

Des codes couleurs sont utilisés ci-après pour identifier les coupures possibles et les passages symphoniques et de ballet, ainsi que le duo du Roi et de la Reine et le Final de Covent Garden.
La durée des actes est fidèlement retranscrite (1er acte 45 mn, 2d acte 48 mn, 3e acte 37 mn, 4e acte 26 m + 17 mn de ballet, 5e acte 19 mn), soit 3h12 ballet compris.

Versions et architecture de l'Hamlet' d’Ambroise Thomas depuis la création en 1868 à sa renaissance à l’Opéra de Paris en 2023
Versions et architecture de l'Hamlet' d’Ambroise Thomas depuis la création en 1868 à sa renaissance à l’Opéra de Paris en 2023
Versions et architecture de l'Hamlet' d’Ambroise Thomas depuis la création en 1868 à sa renaissance à l’Opéra de Paris en 2023
Versions et architecture de l'Hamlet' d’Ambroise Thomas depuis la création en 1868 à sa renaissance à l’Opéra de Paris en 2023
Versions et architecture de l'Hamlet' d’Ambroise Thomas depuis la création en 1868 à sa renaissance à l’Opéra de Paris en 2023
Versions et architecture de l'Hamlet' d’Ambroise Thomas depuis la création en 1868 à sa renaissance à l’Opéra de Paris en 2023

Interprétation au disque : la version d’Antonio de Almeida (1993)

En 1993, le chef d’orchestre Antonio de Almeida (1928 – 1997), enregistra chez EMI la première intégrale complète d’'Hamlet', avec en appendice, le duo de la Reine et du Roi, le ballet et le final de Covent Garden.

Il reste aujourd’hui l’enregistrement de référence d’’Hamlet’ avec une distribution magnifique, Thomas Hampson, June Anderson, Samuel Ramey, Denyce Graves, Jean-Philippe Courtis et même Gregory Kunde et François Le Roux.

Hamlet - Antonio Almeida (1993)

Hamlet - Antonio Almeida (1993)

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Publié le 5 Mars 2023

Saison 2023/2024 du Bayerische Staatsoper de Munich (BSO)

Depuis le samedi 04 mars 2023 10h, la saison 2023/2024 du Bayerische Staatsoper est révélée au grand public via la chaîne TV de l’Opéra de Munich. Il s’agit de la 3e saison de Serge Dorny à la direction de cette institution, et la structure de la programmation proposée se situe exactement dans la ligne qui caractérisait les années 2017-2019 d’avant pandémie.

En effet, la saison 2022/2023 est marquée par une part inhabituellement élevée pour l’institution d’opéras du XXe/XXIe siècle (30 % hors Puccini) et d’opéras baroques (12%). 

La saison 2023/2024 apparaît donc comme un retour aux fondamentaux du théâtre, sans pour autant laisser les compositeurs italiens du XIXe siècle s’accaparer la moitié du répertoire.

Ainsi 172 soirées dédiées à 38 ouvrages, dont 8 nouvelles productions, sont annoncées ce qui correspond à ce qui était pratiqué 5 ans auparavant, en léger retrait par rapport à la saison en cours (184 représentations) qui comprend en plus le Festival Ja, Mai, qui est un festival biannuel.

Krzysztof Warlikowski et Kent Nagano - Le Grand Macabre (Première le 28 Juin 2024)

Krzysztof Warlikowski et Kent Nagano - Le Grand Macabre (Première le 28 Juin 2024)

Si Serge Dorny semble vouloir satisfaire la part la plus conservatrice du public munichois, notamment en proposant une nouvelle production de ‘Tosca’ pour 11 représentations, 7 ouvrages couvriront pour 27 soirées le répertoire des années 1909 à 2006 dont 3 nouvelles productions : ‘Die Passagierin’ (Mieczyslaw Weinberg) mis en scène par Tobias Kratzer sous la direction de Vladimir Jurowski – il s’agit d’une œuvre qui traite de l’expérience des camps de concentration -, le diptyque ‘Lucrezia’ (Ottorino Respighi) / ‘Der Mond’ (Carl Orff) mis en scène par une artiste ukrainienne, Tamara Trunova, au Théâtre Cuvilliés avec les chanteurs de l’Opera Studio sous la direction d’Azim Karimov, et ‘Le Grand Macabre’ (György Ligeti), œuvre créée en 1978 à Stockholm, en 1981 au Palais Garnier et en 1997 à Salzbourg dans une version révisée, qui fera l’ouverture du Festival d’été 2024 dans une mis en scène de Krzyzstof Warlikowski, sous la direction de Kent Nagano

Il s’agira de la 3e collaboration entre le metteur en scène polonais et le directeur musical américain après ‘Die Bassariden’ (Salzburg – 2018) et ‘A Quiet Place’ (Palais Garnier – 2022). Le choix entre la version allemande ou anglaise du 'Grand Macabre' sera effectué par Krzysztof Warlikowski dans les six semaines qui suivront la première d''Hamlet' à l'Opéra de Paris.

Les reprises d’’Elektra’ (Richard Strauss), de ‘Nos’ (Dimitri Chostakovitch) et de ‘Wozzeck’ (Alban Berg) seront par ailleurs toutes dirigées par Vladimir Jurowski.

Vladimir Jurowski - Die Passagierin, Elektra, Nos, Wozzeck, Die Fledermaus

Vladimir Jurowski - Die Passagierin, Elektra, Nos, Wozzeck, Die Fledermaus

Les fondamentaux du répertoire des compositeurs italien du XIXe siècle reprennent cependant un peu de vigueur en occupant un bon tiers des soirées (63 représentations) avec 15 ouvrages dont 5 de Giacomo Puccini (‘Tosca’ – nouvelle production mis en scène par Kornél Mundruczó sous la direction d’Andrea Battistoni -, ‘Madame Butterfly’, ‘La Bohème’, ‘Il Trittico’ et ‘La Fanciulla del West’), 5 de Giuseppe Verdi (‘Macbeth’, ‘Il Trovatore’, ‘La Traviata’, ‘Aida’, ‘Otello’), ainsi que les reprises de ‘L’Elisir d’Amore’, ‘Lucia di Lammermoor’, ‘Norma’, ‘Il Barbiere di Siviglia’, et ‘La Cenerentola’.

Kornél Mundruczó - Tosca (Première, le 20 mai 2024)

Kornél Mundruczó - Tosca (Première, le 20 mai 2024)

Et comme nous sommes à Munich, Mozart et Wagner sont très bien servis cette saison avec une nouvelle production des ‘Noces de Figaro’ confiée à Evgeny Titov sous la direction de Stefano Montanari, les reprises de ‘Idomeneo’, ‘La Flûte enchantée’, ‘Cosi fan tutte’ et ‘L’enlèvement au sérail’, ainsi que 7 représentations de ‘Tannhäuser’, 6 représentations de ‘Parsifal’ et 4 soirées respectivement pour ‘Lohengrin’ et ‘Le Vaisseau Fantôme’.

Deux autres compositeurs germanophones du XVIIIe et XIXe siècle sont également à l’affiche avec une nouvelle production de ‘Die Fledermaus’ (Johan Strauss) mis en scène par Barrie Kosky sous la direction de Vladimir Jurowski, qui sera complétée par la reprise de ‘Fidelio’ (Beethoven).

Brandon Jovanovich - La Dame de Pique (Première, le 04 février 2024)

Brandon Jovanovich - La Dame de Pique (Première, le 04 février 2024)

Loin d’être mises au ban du répertoire, les œuvres russes de la période romantique sont bien présentes cette saison avec une nouvelle production de ‘La Dame de Pique’ (Piotr Ilyitch Tchaikovski) mise en scène par Benedict Andrews sous la direction d’Aziz Shokhakimov, chef d’orchestre qui fait ainsi ses débuts à l’Opéra de Bavière après des débuts très remarqués à l’Opéra de Paris dans ‘Lucia di Lammermoor’.

Quant à la reprise de ‘Boris Godounov’ (Modeste Petrovitch Moussorgski), elle sera confiée à la direction de Dima Slobodeniouk avec Dmitry Ulyanov dans le rôle titre.

Mirga Gražinytė-Tyla - Pelléas et Mélisande (Première, le 09 juillet 2024)

Mirga Gražinytė-Tyla - Pelléas et Mélisande (Première, le 09 juillet 2024)

Munich défend habituellement très peu le répertoire français, la nouvelle production de ‘Pelléas et Mélisande’ (Claude Debussy) mise en scène par Jetske Mijnssen dans le cadre du festival d’été sous la direction de la chef d’orchestre lituanienne Mirga Gražinytė-Tyla est donc un évènement bienvenu. Il s’agit d’une coproduction avec l’opéra de Dallas qui sera représentée au Prinzregententheater.

La reprise de ‘Carmen’ (Georges Bizet) sera aussi l’occasion de retrouver Daniele Rustioni à la direction musicale, mais avec une distribution non francophone.

Tamara Trunova - Lucrezia / Der Mond (Première, le 24 avril 2024)

Tamara Trunova - Lucrezia / Der Mond (Première, le 24 avril 2024)

Peu soutenu également à Munich, le répertoire baroque ne pourra compter que sur deux représentations de ‘Didon et Enée’, dans la production de Krzysztof Warlikowski, qui seront jouées dans le cadre du ‘UniCredit Septemberfest’ pour ouvrir la nouvelle saison lyrique, avec seulement deux catégories de prix, 8 et 25 euros.

Klaus Florian Vogt - Tannhäuser (Reprise, le 05 mai 2024)

Klaus Florian Vogt - Tannhäuser (Reprise, le 05 mai 2024)

Et pour ceux qui scrutent les distributions de grands chanteurs, ils pourront retrouver nombre d’artistes tels Sonya Yoncheva (Madame Butterfly, Norma), Anja Harteros (Otello, Parsifal, Tosca), Lise Davidsen (La Dame de Pique, Il Trittico), Asmik Grigorian (La Dame de Pique), Elena Pankratova (Elektra), Violeta Urmana (Elektra, La Dame de Pique), Ermonela Jaho et Tanja Ariane Baumgartner (Il Trittico), Marina Rebeka (Il Trovatore), Pretty Yende (L’Elixir d’Amour), Tara Erraught (Le Barbier de Séville), Isabel Leonard (La Cenerentola), Brenda Rae (L’Enlèvement au Sérail), Marlis Petersen (Wozzeck et Tannhäuser), Yulia Matochkina et Okka von der Damerau (Tannhäuser), Anja Kampe et Rachel Willis-Sørensen (Lohengrin), Diana Damrau (Die Fledermaus), Nina Minasyan (Lucia di Lammermoor), Nadezhda Pavlova (La Traviata), Anita Rachvelishvili et Elena Guseva (Aida), Saioa Hernández (Macbeth), Nicole Car (La Bohème), Vida Miknevičiūtė (Fidelio, Elektra), Ausrine Stundyte (Didon et Enée), Michael Volle (La Fanciulla del West), Charles Castronovo (Tosca), Jonas Kaufmann (Tosca et Aida), Wolfgang Koch (Il Trittico, Fidelio), Brandon Jovanovich (La Dame de Pique), Joseph Calleja (La Bohème), Bogdan Volkov (La Traviata, Cosi fan tutte), Pavol Breslik (Idomeneo), Klaus Florian Vogt (Tannhäuser), Christian Gerhaher (Tannhäuser, Pelléas et Mélisande, Parsifal), Georg Zeppenfeld (Parsifal), Willard White (Les Noces de Figaro), Lawrence Brownlee (La Cenerentola), Xabier Anduaga (Lucia di Lammermoor), Franz-Josef Selig (L’Enlèvement eu sérail, Pelléas et Mélisande), Javier Camarena (L’Elixir d’Amour), Peter Mattei (Wozzeck) …

Un focus sur les grands chanteurs français permet enfin de mettre en valeur Ludovic Tézier (Tosca), Sabine Devieilhe et Sophie Koch (Pelléas et Mélisande), Sandrine Piau (Cosi fan tutte) et Elsa Dreisig (Il Trittico, Les Noces de Figaro) qui rejoint ainsi l'Ensemble du Bayerische Staatsoper où elle sera dorénavant en résidence.

Elsa Dreisig - Les Noces de Figaro et Il Trittico

Elsa Dreisig - Les Noces de Figaro et Il Trittico

Avec seulement une coproduction parmi les 8 nouvelles productions, et 6 productions de répertoire dont les prix ne dépassent pas 100 euros en première catégorie (Nos, Boris Godounov, l'Enlèvement au Sérail, Idomeneo, La Cenerentola, Le Barbier de Séville), et un taux de fréquentation de 94% * en 2022, l'Opéra de Munich affiche une santé insolente et ne cède en rien à son identité artistique unique dans le monde.

*BR Klassik : Muss intendant Serge Dorny umsteuern?

Le détail de la saison 2023/2024 du Bayerische Staatsoper peut être consulté sous le lien suivant : Season 2023 /2024 : We are a chasm - a well that stares into the Sky.

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Publié le 1 Mars 2023

TV-Web Mars 2023 Lyrique et Musique

Chaînes publiques

Mercredi 01 mars 2023 sur France 3 à 21h10
Les 30e Victoires de la musique classique

Mercredi 01 mars 2023 sur France 3 à 23h30
Ils ont fait Les Victoires de la musique classique

Samedi 04 mars 2023 sur Arte à 20h50
Notre-Dame de Paris, le chantier du siècle

Samedi 04 mars 2023 sur France 4 à 21h10
Katia et Marielle Labèque à l'auditorium de Radio France

Samedi 04 mars 2023 sur France 4 à 22h40
Marin Alsop, Khatia Buniatishvili et l'Orchestre de Paris

Samedi 04 mars 2023 sur Arte à 23h30
Dans le ventre de l'orgue de Notre-Dame

Dimanche 05 mars 2023 sur France 3 à 00h25
Roméo et Juliette (Prokofiev) - Opéra national de Paris

Dimanche 05 mars 2023 sur Arte à 18h45
Le clavecin selon Jean Rondeau

Dimanche 05 mars 2023 sur France 4 à 23h00
L'Elixir d'Amour (Donizetti) - Chorégies d'Orange

Dimanche 05 mars 2023 sur Arte à 23h45
L'art de la danse : Cunningham

Lundi 06 mars 2023 sur Arte à 01h15
Haendel au Théâtre du Châtelet - Piau, Hubeaux - dm Rousset

Samedi 11 mars 2023 sur Arte à 00h50
Les pas de la liberté - La danse irlandaise

Samedi 11 mars 2023 sur France 4 à 21h10
Manon (Massenet) - Opéra national de Paris

Dimanche 12 mars 2023 sur France 3 à 00h15
L'Elixir d'Amour (Donizetti) - Chorégies d'Orange

Dimanche 12 mars 2023 sur Arte à 18h45
Clara Schumann - Concerto pour piano en la mineur

Dimanche 12 mars 2023 sur France 4 à 22h55
The Rake's Progress (Stravinsky) - Festival d'Aix-en-Provence

Dimanche 12 mars 2023 sur Arte à 23h55
La soeur géniale - Fanny Hensel, née Mendelssohn

Lundi 13 mars 2023 sur Arte à 00h50
Laurence Equilbey dirige Haendel - Aspromonte, Skerath, Zazzo, Meier, Bazola

Vendredi 17 mars 2023 sur Arte à 22h30 (léger différé)
Les Noces de Figaro (Mozart) - Staatsoper Wien - dm Jordan - ms Kosky

Dimanche 19 mars 2023 sur France 3 à 00h15
The Rake's Progress (Stravinsky) - Festival d'Aix-en-Provence

Dimanche 19 mars 2023 sur Arte à 18h40
Leif Ove Andsnes interprète Mozart

Dimanche 19 mars 2023 sur France 4 à 21h10
Festival international de piano de La Roque d'Anthéron - Anne Queffélec

Dimanche 19 mars 2023 sur France 4 à 22h45
Festival international de piano de La Roque d'Anthéron - Nelson Goerner

Lundi 20 mars 2023 sur France 4 à 00h00
Festival international de piano de La Roque d'Anthéron - Beatrice Rana

Lundi 20 mars 2023 sur Arte à 00h40
Les enfants pianistes chinois et leur rêve de carrière

Lundi 20 mars 2023 sur France 4 à 01h00
Jean Rondeau : Variations Goldberg

Lundi 20 mars 2023 sur Arte à 01h30
Riccardo Chailly dirige Mozart - Festival de Lucerne 2021

Lundi 20 mars 2023 sur France 4 à 02h45
Marielle Cafafa, la maestra

Samedi 25 mars 2023 sur France 4 à 21h10
La Mégère Apprivoisée (Maillot) - Ballets de Monte-Carlo

Dimanche 26 mars 2023 sur France 3 à 00h25
Luisa Miller (Verdi) - Opéra de Marseille - dm Arrivabeni - ms Désirée

Dimanche 26 mars 2023 sur Arte à 08h30
L'aventure des manuscrits - "Don Giovanni" de Mozart

Dimanche 26 mars 2023 sur Arte à 18h40
Concert privé chez Martha Argerich

Lundi 27 mars 2023 sur Arte à 01h20
Monk, Pannonica - Une histoire américaine

Lundi 27 mars 2023 sur Arte à 03h15
Passion piano - Pianomania Lisbonne 2021

Lundi 27 mars 2023 sur France 4 à 21h10
Voix des Outre-mer (amphithéâtre Bastille de l' Opéra national de Paris)

Lundi 27 mars 2023 sur France 4 à 22h50
Les 30e Victoires de la musique classique

Vendredi 31 mars 2023 sur France 3 à 21h10
Le Grand Echiquier dédié à Versailles (Claire Chazal) avec Michael Spyres, Alexandre Tharaud, Mathieu Herzog, Marion Barbeau, Gaëlle Arquez, Bruno de Sà, et le Grand Orchestre de l'Opéra royal de Versailles dirigé par Victor Jacob

Samedi 01 avril 2023 sur France 3 à 00h20
La Mégère Apprivoisée (Maillot) - Ballets de Monte-Carlo

TV-Web Mars 2023 Lyrique et Musique

Mezzo et Mezzo HD

Mercredi 01 mars 2023 sur Mezzo à 20h30
Il Trovatore de Verdi à l'Opéra Royal de Wallonie-Liège

Vendredi 03 mars 2023 sur Mezzo HD à 21h00
Elektra de Strauss au Metropolitan Opera de New York

Samedi 04 mars 2023 sur Mezzo à 20h30
Lulu de Berg au Metropolitan Opera

Dimanche 05 mars 2023 sur Mezzo HD à 21h00
'La Finta Pazza' de Sacrati à Versailles

Mercredi 08 mars 2023 sur Mezzo à 20h30
John Eliot Gardiner dirige Benvenuto Cellini de Berlioz

Vendredi 10 mars 2023 sur Mezzo HD à 21h00
Phaéton de Lully à l'Opéra Royal de Versailles

Samedi 11 mars 2023 sur Mezzo à 20h30
'Rigoletto' de Verdi à l'Opernhaus Zürich

Dimanche 12 mars 2023 sur Mezzo HD à 21h00
'Atys' de Lully à l'Opéra de Versailles

Mercredi 15 mars 2023 sur Mezzo à 20h30
Il Trovatore de Verdi au Gran Teatre del Liceu

Vendredi 17 mars 2023 sur Mezzo HD à 21h00
'Arabella' de Strauss au Teatro Real de Madrid

Samedi 18 mars 2023 sur Mezzo à 20h30
Elektra de Strauss au Metropolitan Opera de New York

Dimanche 19 mars 2023 sur Mezzo HD à 21h00
'Arabella' de Strauss au Teatro Real de Madrid

Mercredi 22 mars 2023 sur Mezzo et Mezzo HD à 20h30
London Symphony Orchestra et Barbara Hannigan : Messiaen, Mahler

Mercredi 22 mars 2023 sur Mezzo à 22h00
I'am a Creative Animal : Un portrait de Barbara Hannigan

Jeudi 23 mars 2023 sur Mezzo et Mezzo HD à 20h30
Rusalka de Dvorák au Teatro Real de Madrid

Vendredi 24 mars 2023 sur Mezzo HD à 21h45
'David et Jonathas' de Charpentier à Versailles

Samedi 25 mars 2023 sur Mezzo et Mezzo HD à 20h30
Nikolaus Harnoncourt dirige 'Fidelio' de Beethoven

Dimanche 26 mars 2023 sur Mezzo HD à 22h10
'David et Jonathas' de Charpentier à Versailles

Lundi 27 mars 2023 sur Mezzo à 22h25
La voix de la femme en Iran

Mardi 28 mars 2023 sur Mezzo et Mezzo HD à 20h30
'Le Rossignol' de Stravinsky et 'Les Mamelles de Tirésias' de Poulenc au Théâtre des Champs-Elysées

Mercredi 29 mars 2023 sur Mezzo à 19h15
Juan Diego Flórez aux Sommets Musicaux de Gstaad

Vendredi 31 mars 2023 sur Mezzo HD à 22h05
'La Finta Pazza' de Sacrati à Versailles

TV-Web Mars 2023 Lyrique et Musique

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Operavision, Culturebox, Arte Concert etc...

                            Illimité

Placido Domingo, l'homme aux mille vies

La Traviata (Chorégies d'Orange 2016) avec Domingo, Jaho, Meli

Le Barbier de Séville (Chorégies d'Orange 2018) avec Peretyatko, Sempey, Hotea

Roberto Alagna - Ma vie est un opéra

Le Royaume des Deux-Siciles (Roberto Alagna)

Patrick Dupond, un danseur chez les étoiles

Anna Karenine (Mariinsky)

                           Mars 2023

Alice (Ballet de l'Opéra national du Rhin) jusqu'au 02 mars 2023

Macbeth (Scala de Milan) jusqu'au 03 mars 2023

La mégère apprivoisée (Ballets de Monte Carlo) jusqu'au 03 mars 2023

Veillée pour l'Ukraine (Théâtre national de Chaillot) jusqu'au 05 mars 2023

L'Or du Rhin (Birmingham Opera Company) jusqu'au 09 mars 2023

Esa Pekka Salonen - Turangalîla Symphonie (Philharmonie) jusqu'au 13 mars 2023

Fauteuil d'Orchestre au Théâtre du Châtelet jusqu'au 16 mars 2023

Une soirée d'opérette et de zarzuela (Palau de les Arts, Reina Sofia) jusqu'au 16 mars 2023

Manon (Opéra national de Paris) jusqu'au 19 mars 2023

The Rake's Progress (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 20 mars 2023

Les contes d'Hoffmann (La Monnaie de Bruxelles) jusqu'au 21 mars 2023

La Dame de Pique (La Monnaie de Bruxelles) jusqu'au 23 mars 2023

Roméo et Juliette - Prokofiev (Royal Ballet de Londres) jusqu'au 24 mars 2023

Toulouse-Lautrec (Théâtre du Capitole) jusqu'au 25 mars 2023

Oper! Awards 2023 (Opéra de Dortmund) jusqu'au 27 mars 2023

I Capuleti e i Montecchi (Opéra national de Paris) jusqu'au 29 mars 2023

Macbeth (Deutsche Oper am Rhein) jusqu'au 30 mars 2023

Falstaff (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 30 mars 2023

                         Avril 2023

L'Ange de feu (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 05 avril 2023

Orfeo ed Euridice (New National Theater New-York) jusqu'au 7 avril 2023

Jonas Kaufmann et Ludovic Tézier (Festspielhaus Baden-Baden) jusqu'au 8 avril 2023

Mignon (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 12 avril 2023

Laurence Equilbey dirige Haendel jusqu'au 16 avril 2023

Orfeo (Garsington Opera) jusqu'au 20 avril 2023

L'Elixir d'Amour (Chorégies d'Orange 2022) jusqu'au 21 avril 2023

La Couronne d'Or (Liatochinski) jusqu'au 25 avril 2023

Les trésors du Paris haussmannien jusqu'au 26 avril 2023

                         Mai 2023

Les 30 ans des Talens Lyriques jusqu'au 05 mai 2023

De la Maison des Morts / Messe Glagolitique (Opéra national de Brno) jusqu'au 06 mai 2023

Salomé (Opéra d'Helsinki) jusqu'au 12 mai 2023

Cosi fan tutte (Théâtre des Champs Elysées) jusqu'au 12 mai 2023

The Listener (Den Norske Opera & Ballett) jusqu'au 12 mai 2023

Der Rosenkavalier (La Monnaie) jusqu'au 16 mai 2023

Parsifal (Bergen Philharmonic Orchestra) jusqu'au 21 mai 2023

Kateryna (Opéra d'Odessa) jusqu'au 26 mai 2023 (Création 17 septembre 2022)

Le Rouge et le Noir (Opéra national de Paris) jusqu'au 28 mai 2023

Graines d'étoiles - La rentrée (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

Graines d'étoiles - Au travail! (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

Graines d'étoiles - Le progrès (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

Graines d'étoiles - Un monde à part (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

Graines d'étoiles - En scène (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

Graines d'étoiles - Le temps des épreuves (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

Graines d'étoiles - 5 ans après - Danser classique (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

Graines d'étoiles - 5 ans après - La liberté d'être soi (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

Graines d'étoiles - 5 ans après - Le chemin des étoiles (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

Graines d'étoiles - 5 ans après - L'envol (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

Graines d'étoiles - 5 ans après - Danser sa vie (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

                           Juin 2023

La Juive (Grand Théâtre de Genève) jusqu'au 07 juin 2023

Ariadne auf Naxos (Royal Swedish Opera) jusqu'au 09 juin 2023

Falstaff (Opéra de Florence) jusqu'au 10 juin 2023

Graines d'étoiles, les années de maturité (Opéra national de Paris) jusqu'au 15 juin 2023

Les Noces de Figaro (Opéra de Vienne) jusqu'au 15 juin 2023

Der Freischütz (La Fura dels Baus) - moments choisis -  jusqu'au 16 juin 2023

Musique de chambre - Paul Hindemith Orchestra Academy (Frankfurt) jusqu'au 16 juin 2023

Jawnuta (Poznan Opera) jusqu'au 18 juin 2023

Fidelio (Opéra Comique) jusqu'au 20 juin 2023

Ariane à Naxos (Festival d'Aix-en-Provence 2018) jusqu'au 23 juin 2023

Simon Boccanegra (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 23 juin 2023

Giselle (Polish National Opera and Ballet) jusqu'au 26 juin 2023

Concert du Nouvel an (Orchestre national de France) jusqu'au 28 juin 2023

                           Juillet 2023

Rigoletto (Opéra de Montpellier) -  jusqu'au 01 juillet 2023

Chefs-d’œuvre de musique française par François-Xavier Roth - "Les Siècles" fête ses 20 ans (Tourcoing) jusqu'au 04 juillet 2023

Le Moine noir (Festival d'Avignon 2022) -  jusqu'au 07 juillet 2023

Moïse et Pharaon (Festival d'Aix-en-Provence) -  jusqu'au 11 juillet 2023

Résurrection - Castellucci (Festival d'Aix-en-Provence 2022) -  jusqu'au 12 juillet 2023

Guillaume Tell (Irish National Opera) -  jusqu'au 13 juillet 2023

L'Orfeo (Festival de Beaune)  jusqu'au 22 juillet 2023

Agrippina (Drottningholm Palace Theatre)  jusqu'au 27 juillet 2023

Ukrainian Freedom Orchestra (Concert de Varsovie) jusqu'au 29 juillet 2023

                           Août 2023

Fauteuil d'orchestre (Opéra Comique) jusqu'au 03 août 2023

Concert inaugural de l'Opéra national de Paris (dm Dudamel) jusqu'au 04 août 2023

Turandot (Finnish Opera & Ballet) jusqu'au 16 août 2023

Achille in Sciro (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 25 août 2023

Vivaldi sous les étoiles (Planétarium de Fribourg) jusqu'au 28 août 2023

T                       Septembre 2023

Guerre et Paix (Bayerische Staatsoper) jusqu'au 05 septembre 2023

Jules César en Egypte (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 07 septembre 2023

Soirée Balanchine (Opéra national de Paris) jusqu'au 07 septembre 2023

Max Emanuel Cencic chante Haendel (Bayreuth 2022) jusqu'au 09 septembre 2023

Soirée de l'Opernstudio (Opéra de Frankfurt) jusqu'au 09 septembre 2023

Il matrimonio segreto (Teatro Regio di Parma) jusqu'au 10 septembre 2023

Alessandro nell' Indie de Leonardo Vinci (Bayreuth 2022) jusqu'au 10 septembre 2023

Catone in Utica (Teatro Comunale di Ferrara) jusqu'au 17 septembre 2023

'Amazon' par Lea Desandre, Thomas Dunford et l'Ensemble Jupiter  jusqu'au 20 septembre 2023

La Boxeuse amoureuse de Marie Agnès Gillot et Arthur H  jusqu'au 21 septembre 2023

Concert en soutien au peuple ukrainien (Orchestre national de l'Opéra de Lituanie) jusqu'au 22 septembre 2023

Rigoletto (Opéra de Rouen) jusqu'au 23 septembre 2023

                           Octobre 2023

Lakmé (Opéra Comique) jusqu'au 05 octobre 2023

Haendel au Théâtre du Châtelet jusqu'au 06 octobre 2023

Kaija dans le miroir jusqu'au 13 octobre 2023

Maria Callas : Renata Tebaldi, la Féline et la Colombe jusqu'au 13 octobre 2023

Nathalie Stutzmann dirige l'Orchestre de Paris jusqu'au 20 octobre 2023

L'Oiseau de Feu (Philharmonique de Radio France) jusqu'au 24 octobre 2023

                           Novembre 2023

Atys (Opéra de Versailles) jusqu'au 09 novembre 2023

Les Talens Lyriques (Théâtre du Châtelet) jusqu'au 11 novembre 2023

Haendel au Théâtre du Châtelet jusqu'au 23 novembre 2023

                           Décembre 2023

Fromental Halévy : La Tempesta (Wexford Festival Opera 2022) jusqu'au 03 décembre 2023

La Finta Pazza (Opéra Royal de Versailles) jusqu'au 04 décembre 2023

Joyce DiDonato : Master Class au Carnegie Hall (I/III) jusqu'au 12 décembre 2023

Joyce DiDonato : Master Class au Carnegie Hall (II/III) jusqu'au 12 décembre 2023

Joyce DiDonato : Master Class au Carnegie Hall (III/III) jusqu'au 13 décembre 2023

Les Chemins de Bach / Dynasties à la Philharmonie de Paris jusqu'au 13 décembre 2023

Concert de Noël 2020 du Philharmonique de Radio France jusqu'au 17 décembre 2023

Léa Desandre, récital baroque jusqu'au 31 décembre 2023

 

                           Janvier 2024

Les artistes de l'académie de l'Opéra national de Paris (dm Dudamel) jusqu'au 23 janvier 2024

                           Février 2024

Giulio Cesare (Opéra national des Pays-Bas) jusqu'au 01 février 2024

                          Juin 2024

Innocence (Festival d'Aix-en-Provence 2021) jusqu'au 30 juin 2024

                           Juillet 2024

Innocence (Festival d'Aix-en-Provence 2021) jusqu'au 01 juillet 2024

                           Septembre 2024

Christiane Eda-Pierre, en scène jusqu'au 05 septembre 2024

                          Décembre 2024

Grand concert symphonique Saint-Saëns (Auditorium de Radio France) jusqu'au 14 décembre 2024

Concert de Noël (Philharmonique de Radio France) jusqu'au 21 décembre 2024

 

                           Février 2025

Voix des Outre-mer (Amphithéâtre de l'Opéra Bastille) jusqu'au 20 février 2025

 

                           Mars 2026

Concert en soutien au peuple ukrainien (Maison de Radio France) jusqu'au 04 mars 2026

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique