Publié le 27 Août 2009

Jeudi 03 septembre 2009 sur France 3 à 00H10
Le Voyage à Reims (Rossini)
Enregistré au Châtelet.
Valery Gergiev dirige le choeur et l'orchestre du Théâtre Mariinski de Saint Petersbourg
  

Dimanche 06 septembre 2009 sur Arte à 19H00
Vivaldi: Les Quatre Saisons.

Concert chorégraphié. Akademie für Alte Musik Berlin. Midori Seiler, violon solo
Choréographie et danse : Juan Kruz Diaz de Garaio Esnaola

 
Lundi 07 septembre 2009 sur TF1 à 03H25
La Sylphide (Ballet de Filippo Taglioni sur une musique de Jean Schneitzhoeffer)

Enregistré à l'Opéra National de Paris en juillet 2004. Chorégraphie de Pierre Lacotte, avec Aurélie Dupont et Mathieu Ganio.

 
Lundi 07 septembre 2009 sur Arte à 22H25
Les sonnets de Shakespeare (par le Berliner Ensemble)

Spectacle de Bob Wilson et Rufus Wainwright. Textes de Jutta Ferbers, d'après les "Sonnets" de Shakespeare. En 2009, avec Inge Keller, Dejan Bucin, Georgette Dee, Christina Drechsler.

 
Mardi 08 septembre 2009 sur France 2 à 00H40
Concert à Schönbrunn (enregistré le 4 juin 2009)

Orchestre Philharmonique de Berlin, Daniel Barenboïm
 
Samedi 12 septembre 2009 sur France 3 à 23H40
Une journée avec Inva Mula

Documentaire sur la soprano qui interprète Mireille à l'Opéra Garnier.

 
Dimanche 13 septembre 2009 sur France 3 à 00H30
Festival d'Ambronay 2006

Messe en ré majeur (Salieri), Requiem en ré mineur (Mozart)
 
Dimanche 13 septembre 2009 sur Arte à 19H00
Oeuvres de Robert Schumann et W. A. Mozart jouées dans le cadre du 11e Festival de musique de chambre de Jérusalem.

Avec : Elena Bashkirova, Kirill Gerstein, Guy Braunstein, Michael Barenboim, Madeleine Carruzzo, Gary Hoffman

Lundi 14 septembre 2009 sur France 3 à 20H35
Mireille (Gounod) En léger différé de l’Opéra National de Paris

Inauguration de la nouvelle saison lyrique 2009/2010 depuis le Palais Garnier
Avec Inva Mula, Anna Catherine Gillet, Charles Castronovo, Franck Ferrari, Alain Vernhes, Sylvie Brunet. Direction Marc Minkowski.

Lundi 14 septembre 2009 sur Arte à 22H10
Portrait de la soprano Christine Schäfer.

Une anti diva qui produit elle-même ses disques...



Vendredi 18 septembre 2009 sur Arte à 03H00
Les sonnets de Shakespeare (par le Berliner Ensemble)

Spectacle de Bob Wilson et Rufus Wainwright. Textes de Jutta Ferbers, d'après les "Sonnets" de Shakespeare. En 2009, avec Inge Keller, Dejan Bucin, Georgette Dee, Christina Drechsler.

 
Samedi 19 septembre 2009 sur France 3 à 00H10
Toute la musique qu'ils aiment

Par le Chamber Orchestra of Europe, dir. Vladimir Jurowski.Avec Hélène Grimaud (piano)

 
Samedi 19 septembre 2009 sur France 3 à 01H30
Une journée avec Inva Mula

Documentaire sur la soprano qui interprète Mireille à l'Opéra Garnier.

 
Dimanche 20 septembre 2009 sur Arte à 19H00
Xavier de Maistre, récital de harpe


Lundi 21 septembre 2009 sur Arte à 22H35 (durée 1h35)
Une saison d’Opéra: la politique d'un homme de théâtre

Dernière saison lyrique de Gerard Mortier à la tête de l'Opéra de Paris.
Le 15 juillet dernier Gerard Mortier quittait la direction de l’Opéra de Paris, un poste qu’il occupait depuis 2004. Retour sur la dernière saison de son mandat, à travers le regard du cinéaste Richard Copans.


Mardi 22 septembre 2009 sur France 2 à 00H50
Armide (Lully)
Mise en scène Robert Carsen, direction William Christie, avec Laurent Naouri, Paul Agnew, Stéphanie d'Oustrac.
 
Samedi 26 septembre 2009 sur France 3 à 00H10
L'heure de Luciano Pavarotti

 
Dimanche 27 septembre 2009 sur Arte à 19H00
Concours international de jeunes chefs d’orchestre de Besançon 2009


Lundi 28 septembre 2009 sur Arte à 22H45
Steve Reich. Phase to face...

Le film raconte le parcours de l'artiste qui, avec son compatriote Philip Glass, est le plus talentueux représentant de la tendance " répétitive ", dont il est à l'origine.

Mardi 29 septembre 2009 sur France 2 à 00H20
Amadis (Lully)

 
Mardi 29 septembre 2009 sur Arte à 20H00
La Bohème (Puccini) Opéra en direct. La Bohème en banlieue...

Giacomo Puccini dans un immeuble de la banlieue de Berne (Suisse).
Maya Boog (Mimi), Saimir Pirgu (Rodolfo)... Mise en scène: Anja Horst. Orchestre Symphonique et Choeur de l´Opéra de Berne. Srboljub Dinic, direction
  

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 23 Août 2009

André Chénier (Giordano)
Représentation du 22 août 2009
Opéra d‘Helsinki

Direction musicale Alberto Hold-Garrido

Mise en scène Giancarlo Del Monaco
Coproduction avec le Teatro Comunale di Bologna

Andrea Chénier Mihail Agafonov
Maddalena de Coigny Päivi Nisula
Carlo Gérard Raimo Laukka
Madelon Hannele Aulasvuo
Roucher Olli Tuovinen
Incredibile Hannu Jurnu
Grevinnan de Coigny Sari Nordqvist
                                           Päivi Nisula (Maddalena de Coigny)

Bien que l’Opéra National de Finlande n’ait que seize ans d’existence, c'est pourtant un des rares opéras nationaux européens à proposer un festival en plein mois d’août (c’est ici que débuta en 1998, Elina Garanca, dans le Barbier de Séville, Anna Bolena et le Stabat Mater de Rossini).

Le bâtiment offre un large espace de vie, lumineux et ouvert sur les balades de la baie de Töölö, et la salle se distingue par une acoustique qui équilibre orchestre et voix avec une légère réverbération.

Les places sont très bon marché, 62 euros en première catégorie.

      L'Opéra d'Helsinki au bord de Töölönlahti.

Toutefois, le contingent de places non occupées (au moins 30%) montre qu’un travail reste à faire pour attirer un public jeune, et pour ne pas laisser l’édifice aux mains d’une classe qui vit l’opéra comme un rituel bourgeois.

Il suffit de voir la cohue à l’entracte pour obtenir les parts de gâteaux, les verres de vins et les tables numérotées réservées à l’avance.
On peut voir de jeunes couples hallucinants, déambulant comme s’ils étaient au festival de Cannes, visiblement sans conscience du ridicule lorsque le spectacle n’est pas à la hauteur.

Mais pour attirer des jeunes, il va bien falloir revoir la qualité des productions.
Car ce n’est sans doute pas le Cosi fan Tutte par Guy Joosten, façon théâtre de Marivaux, ni les Noces de Figaro par Jüssi Tapola, dont le mérite est de travailler avec peu de moyens, qui pourraient les convaincre.

Si dans le premier cas, la prestation vivante et amusante de Paolo Fanale, ainsi que le petit truc qu’il utilisait en couvrant sa voix pour toucher la sensibilité de l’auditeur, faisait l’intérêt de la représentation, la direction de Jan Latham-König était le cœur musical de la folle journée, et non pas les vocalises mozartiennes.

Il aura fallu attendre André Chénier pour commencer à vibrer. Certes, le spectacle de Giancarlo Del Monaco est du niveau de ce que l’on pouvait monter dans les années 1960, cependant, il a le mérite de la sobriété, en axant le drame sur le climat sombre de conspiration pendant les pires jours de la « Terreur ».

    Jugement d'Andrea Chénier (mise en scène Giancarlo Del Monaco)

Quelques symboles de la Révolution française viennent illustrer les principaux épisodes évoqués, comme la place de la Concorde où fût exécuté Louis XVI, ou bien Marianne avec le drapeau tricolore (mais aux bandes horizontales!).

Il faudra voir comment l’ensemble aura évolué, lors de la création à l’Opéra Bastille en décembre 2009.

La distribution est en revanche d’un grand intérêt.

Avec Mihail Agafonov, André Chénier prend vie de manière très simple et naturelle, sans aucune maladresse. Ses aigus se durcissent à peine, et tiennent la distance en force, ce qui n’empêche pas cet habile artiste d’être également très doux, des qualités très difficiles à réunir en un seul chanteur.

    Mihail Agafonov (Andrea Chénier)

Sa partenaire, Päivi Nisula, séduit tout autant dans la première partie, le timbre est d’un moelleux subtilement métallique, et chaque phrase parlée est d’une précieuse musicalité mozartienne.

Hélas, les passages purement véristes virent à des forte d’acier qui tuent toute émotion dans « La mamma morta » et lors du duo final.
La jeune femme espiègle se laisse aller à un mélo exagéré, au détriment de la tragédie.

Un peu instable, le Gérard de Raimo Laukka en tire malgré lui beaucoup d’humanité, mais deux autres chanteurs se distinguent : Olli Tuovinen, qui dote Roucher d’une voix claire et ferme qui l’impose là, d’un seul bloc, et Hannu Jurnu dont la prestance fait de Incredibile un Mephisto félin très impressionnant.

            Hannu Jurnu (Incredibile) et Raimo Laukka (Gérard)

Et n’est-elle pas touchante cette vieille Madelon, Hannele Aulasvuo, à la voix usée mais qui en dit tant sur les souffrances de cette mère qui livre son dernier petit fils à la Révolution?

Avec une direction nerveuse et spectaculaire, un peu à la Zubin Mehta, Albergo Hold-Garrido maintient la tension sans relâche, l'orchestre bouillonne, ce qui permet d’achever ces trois soirées de festival sur un inespéré moment de satisfaction.

 

 

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Publié le 15 Août 2009

 

L'éclipse annulaire du 03 octobre 2005, vue partiellement à Paris.
Montage photo avec phases toutes les 5 minutes entre 10H10 et 12h05 du matin (heure locale).


Au cours de la matinée du 03 octobre 2005, Madrid avait la chance de voir le soleil prendre la forme d’un anneau.

A Paris, l’éclipse n’était que partielle, mais la portion du disque solaire recouverte était suffisamment importante (70%) pour que le changement de luminosité soit perceptible et que les contrastes s’intensifient, l'astre du jour ne culminant qu'à 27° au dessus de l'horizon au moment du maximum
Rarement le bleu du ciel ne prend une telle profondeur.


  Parcours de l'éclipse annulaire du 03 octobre 2005.

 

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Rédigé par David

Publié dans #Astres, #Eclipse

Publié le 14 Août 2009

Deux ans après l’éclipse de 1999 en France, vécue par beaucoup sous les nuages, l’envie d’aller au rendez vous de l’éclipse suivante en Afrique devint irrépressible. Plus stable que l’Angola, la Zambie offre des conditions météorologiques favorables aussi bien pour l’observation que pour la vie quotidienne.  
Sur un plateau à plus de 1000 mètres d’altitude et en plein hiver, l’air moins chaud et moins humide qu’en été est un confort qui compense en partie la qualité rudimentaire du mode de voyage.


Au cœur d’un pays peu touristique, la nature est plus sauvage qu’ailleurs. Elle se tient à distance, difficile d’approcher de près les antilopes, et les éléphants peuvent être très agressifs, comme en témoigne l’état d’un bus que nous avons croisé après une charge frontale.
Une nuit, le fracas des branches d’un pachyderme se nourrissant tout en arpentant le camp jonché de tentes, avec obligation de ne pas bouger tout en craignant de se faire écraser, reste un excellent test de mémoire auditive.

Ne pouvant rejoindre la réserve de Kafue vers l’ouest à cause du mauvais état de la piste, nous devons nous replier au nord de Lusaka près du site aménagé pour les touristes venus en grand nombre.
Le jeudi 21 en pleine savane, les instruments astronomiques de tous types sont disséminés au milieu des tentes dès le début de l’après midi.

     La trajectoire de l'ombre de la Lune le jeudi 21 juin 2001 en Zambie

L’attente est animée par l’estimation en temps réel de la localisation de l’ombre de la Lune.
A 13H00 heure locale, l’éclipse partielle commence sur la côte angolaise, à 13H25 elle débute à l’ouest de la Zambie, à 13H40 le premier contact se produit sur notre site, et à 14H40 l’ombre de la lune entre sur le territoire africain.
Pour nous, le second contact (début de la totalité) se produit à 15H08mn40s, l’ombre se déplace à près de 4300km/h. Le spectacle à 30° au dessus de l’horizon est sensationnel, l’enthousiasme s’approche de la panique car seules trois petites minutes et trente six secondes nous sont laissées pour tout saisir.

La chute de température est très sensible, nous passons de 25°C à 18°C au moment de la totalité, mais la descente se poursuit jusqu'à 13°C, 45 minutes après l'éclipse totale, une inertie thermique considérable due à l'altitude, la faible hauteur du soleil sur l'horizon, et le fait que nous sommes en hiver.

     Le diamant. Appareil argentique Zenith 11, focale 200mm, ouverture 3.9, Iso 100.

La nature est à ce moment endormie. Le retour spontané du soleil réveille subitement un groupe de vanneaux couronnés, perturbés par le phénomène et par notre inhabituelle présence.
Leur vol tournoyant au dessus de nos têtes tout en criant va durer quelques minutes.

La Zambie, c’est aussi le souvenir des chutes Victoria se jetant le long d’une large falaise pour se concentrer dans un couloir étroit, le coucher de soleil sur le Zambèze, les crocodiles somnolents, la beauté des visages et des habits des femmes.

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Rédigé par David

Publié dans #Astres, #Eclipse

Publié le 13 Août 2009

 

L'éclipse de soleil du 11 août 1999, vue depuis Laon 20 minutes avant la totalité. Appareil Zenith 11 argentique, focale 200mm, ouverture 3.9, Iso 100.

Dix ans sont déjà passés depuis l’éclipse de soleil dont l’ombre au sol balaya la campagne à 30kms au Nord de Paris.
La capitale ne fût pas plongée dans le noir, et le soleil apparut tel qu’il peut être vu 30 secondes avant la totalité.
Il fallait donc se déplacer pour se situer sur la ligne de centralité.

Trajectoire en France de l'ombre de la lune lors de l'éclipse solaire du 11 août 1999 (diamètre 110kms).

La Normandie était une possibilité, le Nord Est en était une autre. Le sud de Laon s’avéra être un mauvais choix, mais il était trop tard pour bouger une fois sur place.
Néanmoins, la phase partielle à travers les nuages et dans ce bain de lumière de plus en plus verdâtre dramatisa l’attente, jusqu’à l’arrivée de l’ombre de la lune, qui en quelques secondes éteignit successivement toutes les couches nuageuses (le soleil n‘était plus visible depuis 15minutes).

C’était trop inhabituel pour de pas en être choqué, d’autant plus que j’attendais cette éclipse depuis 15ans.

L’obscurité dura 2mn12s autour de 12h25 heure locale, et il fallait être à Bucarest pour profiter au plus de 2mn23s.

Trajectoire des éclipses du 11 août 1999 et du 21 août 2017 (Saros 145).

Appartenant à une série récente (Saros 145), cette éclipse de soleil se reproduira le 21 août 2017 pour traverser d’ouest en est les Etats-Unis, et cette fois le noir total s’étendra sur 2mn40s.

 

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Rédigé par David

Publié dans #Astres, #Eclipse

Publié le 12 Août 2009

Aïda (Verdi)
Représentation du 10 août 2009
Théâtre antique de Sanxay

Direction musicale Didier Lucchesi
Orchestre, Chœur et Ballet des Soirées Lyriques de Sanxay

Mise en scène Antoine Selva
Chorégraphe Laurence Fanon

Aïda Maria-José Siri
Amnéris Malgorzata Walewska
Radamès Thiago Arancam
Amonasro Michele Kalmandi
Ramphis Balint Szabo
Le Roi d’Egypte Dan Paul Dumitrescu
La Grande Prêtresse Sarah Vaysset
Le Messager Dominique Rossignol


                         Malgorzata Walewska (Amnéris)

Le festival lyrique de Sanxay est une manifestation qui célèbre l’opéra de manière simple et naturelle, lové au creux des vestiges de l’ancien théâtre d’un sanctuaire thermal gallo-romain.

En pleine campagne et au son des grillons, la disparition des dernières lueurs du soleil laisse place à la musique et aux voix, auxquels les corbeaux répondent parfois.

Et afin d’apporter une dernière touche subtile à l’ensemble, les soirées coïncident avec le maximum d’intensité des Perséides, étoiles filantes laissées par la comète Swift Tuttle.
Hasard incroyable,  lorsque Aïda rejoignit Radamès ce soir dans son tombeau, « Vois! déjà l’ange de la mort a déployé son aile » fût suivi d’un débris très lumineux dans le ciel à droite de la scène.

Le théâtre antique de Sanxay. La reconstitution des deux mille gradins tels qu'ils étaient à l'époque est à l'étude.

Pour cette nouvelle édition d’un événement majeur de la vie culturelle de la région Poitou-Charentes, la distribution réunie est d’un style musical soigné, avec quelques défauts de justesse uniquement dans les personnages secondaires (la Grande Prêtresse et le Messager).

Maria-José Siri assure d’ailleurs le rôle d’Aïda en toute confiance, tous les passages aigus sont réussis en couleurs, sans le moindre accroc, le souffle vital qui l’anime est fort touchant, et son interprétation scénique est la plus riche de tous.

Seulement il est difficile de croire au très jeune Radamès de Thiago Arancam (27 ans).

Vocalement son chant est un exemple de contrôle pour ne jamais sacrifier la moindre ligne aux exigences du rôle, le timbre a également quelque chose de mûr, mais la puissance et la stature du guerrier n’y sont pas vraiment.

On sent beaucoup plus le ténor sentimental et poétique sans mièvrerie.
N’ayant visiblement pas bénéficié d’un travail sérieux avec le metteur en scène pour acquérir une expression théâtrale crédible, il s’égare par conséquent dans des gestes artificiels, ce qui est un peu perturbant.

Fascinante par sa noirceur, Malgorzata Walewska gère au mieux une certaine inertie vocale qui la freine dans son agressivité, mordant qui ne manque pas à Michele Kalmandi, car son Amonasro est vivant et digne. Avec Maria-José Siri, ils forment un couple père-fille auquel on croit, d’autant plus que les deux chanteurs ont les voix les mieux projetées.

                                                            Thiago Arancam (Radamès) et Maria-José Siri (Aïda)

Le soutien musical assuré par Didier Lucchesi et l’orchestre recherche la souplesse et l’homogénéité sonore, c’est à dire qu’aucun effet (même avec les trompettes) ne vient amplifier le rôle de tel ou tel instrument, le spectaculaire est donc volontairement très limité.

Si l’on se concentre sur la réalisation théâtrale, il est impossible de reprocher à Antoine Selva un grand écart avec les conventions.
On comprend bien que le mur d’avant scène sera aussi celui qui se refermera sur les amants, et un soin est apporté aux multiples tableaux rituels du livret.

Mais en y regardant de plus près, la déesse Hathor ressemble assez étrangement à la vierge Marie (avec un enfant dans les bras), et l’hymne religieux où Radamès reçoit les armes fait plutôt penser à un baptême.
S’opère alors une assimilation entre la civilisation égyptienne et la culture chrétienne, figée et ennuyeuse dans ses protocoles.

Les Ethiopiens deviennent une sorte de peuple sauvage, effrayant pour des Egyptiens qui se vivent comme un peuple raffiné.

Didier Lucchesi, Thiago Arancam, Maria-José Siri, Michele Kalmandi

Par chance, Antoine Selva nous reserve quand même une surprise en les faisant intervenir pendant le défilé triomphal en beaux danseurs noirs et agiles (chorégraphie de Laurence Fanon).

L’opposition entre cette vitalité éclatante - qui conçoit bien la mort pour ce qu'elle est, comme le montre un crâne de vache érigé en épouvantail - et la rigidité du peuple de Radamès qui rejette la peur de la mort - car conçue comme un simple passage vers un autre monde- , en donne une vision finissante de l’Egypte.

Cela n’empêche pas de regretter que beaucoup trop de metteurs en scène enferment encore aujourd’hui l’opéra dans du mauvais théâtre, ce qui est moins gênant ici - car le plaisir d’être dans un lieu ouvert en pleine nature est fort, et Antoine Selva a quelque chose à dire - que sur des scènes parisiennes, comme cela va de plus en plus se produire.

 

Résumé et contexte historique de Aïda.

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Publié le 7 Août 2009

Il y a douze ans, la Comète Hale Bopp venait au plus proche du Soleil chercher une vitesse vertigineuse approchant les 160.000 km/h.
En mars et avril 1997 elle était visible à l’œil nu dés le crépuscule, et en quittant la pollution lumineuse de la région parisienne, il devenait alors possible d’aller observer la splendide coma le soir même à son périhélie, son plan orbital s’inclinant à 90° par rapport à celui de la Terre autour du Soleil.


      Comète Hale-Bopp en mars 1997 depuis l'Ouest de Paris - Boitier Zenith objectif 50mm, ouverture 2.8

A l’époque, la photographie argentique n’était pas encore dominée par la photographie numérique. Deux clichés pris simplement avec un boîtier Zénith sur trépied et sans suivi viennent s’ajouter aux nombreux témoignages accessibles.

Avec les distances respectives au périhélie et à l’aphélie de 0.914 UA et 370,8 UA (1 Unité Astronomique = 150 millions de kilomètres = rayon orbite terrestre), le retour de cette comète n’est pas prévu avant 4530.

Halebop01b.jpg

 Comète Hale-Bopp en avril 1997 depuis la région de Blois - Boitier Zenith objectif 200mm, ouverture 3.9

Si ces quelques chiffres nous apprennent surtout que nous avons pu admirer une comète qui est repartie pour traverser le système solaire 10 fois plus loin de notre étoile que ne l’est Pluton, ils nous rappellent également une erreur de Jules Verne dans un de ses roman peu connu, Hector Servadac -Voyages et aventures à travers le monde solaire (1877).

Il y est question d’une comète nommée Gallia, dont la trajectoire est cette fois située dans le même plan solaire que la Terre, et qui la frôle en emportant 36 êtres humains.

Elle est décrite comme ayant une période de 2 ans, une distance à l’Aphélie de 220 millions de lieues (5.87 UA), mais également une distance au Périhélie égale à la distance de Vénus au Soleil (soit 0.72 UA environ).

Et là, quelques amateurs du calcul astronomique sortent la table des lois de Kepler, posent simplement la troisième de ces lois, a³=P², c’est à dire qu’il y a un rapport constant entre le demi grand axe de l’orbite d’un corps céleste (a) et sa période de révolution (P).
Ainsi, au vu des caractéristiques métriques fournies par Jules Verne, la période de cette comète ne devrait pas être de 2 ans, mais de 6 ans.

Cette inexactitude n’est peut être pas involontaire. Le romancier cite lui même les lois de Kepler dans Hector Servadac, mais sa dramaturgie se fonde sur l’influence de la planète Jupiter sur la trajectoire de la comète, et sur la faible périodicité de cette dernière.

C’est incompatible de la troisième loi de Kepler, et il se pourrait que ce soit la raison pour laquelle la distance au périhélie de Gallia n’est pas donnée directement, alors que tout y est d’habitude très précisément chiffré.

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Rédigé par David

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Publié le 4 Août 2009

Genèse de l’œuvre

Après la création triomphale de Don Carlos (traduction italienne de la version de Paris) à Milan le 25 mars 1868, s’en suit un épisode polémique.


Verdi n’accepte pas sa nomination de la Couronne d’Italie, à cause de lettres ou de déclarations gouvernementales jugeant mal l’art musical italien.
Son devoir de citoyen le conduit également à s’opposer à la création du théâtre lyrique de Busseto, jugé trop coûteux. 
L’inauguration se fera donc sans lui le 15 août 1868.

Fin décembre, Verdi entreprend de changer le final de La Forza del Destino afin de pouvoir jouer l’ouvrage à la Scala de Milan.
Il supprime tous les meurtres de la première version, excepté la mort de Leonora, et retouche en plus l’action et la musique du troisième acte.
Le 27 février 1869, La Forza del Destino ainsi remaniée, pour la première fois à Milan affronte le public. Le succès est très grand.

Pendant ce temps, Camille Du Locle, lorgnant sur la direction du Théâtre Lyrique, propose régulièrement à Verdi des livrets. Son attention se porte sur un « programme égyptien » anonyme.
Le librettiste l’avertit qu’au cas où il l’accepterait, l’œuvre devrait être représentée au Théâtre Italien du Caire.

Verdi entretient une correspondance active pour connaître les circonstances historiques et géographiques, les us et coutumes de l’Egypte antique, qui seront le cadre de « Aïda ».
Il envisage même l’emploi de certains instruments anciens de ce pays.

L’ouvrage va être conçu dans le fracas de la guerre déclarée par la France à l’Allemagne le 17 juillet 1870.
Arrivent les terribles journées de la bataille de Sedan qui voient l’encerclement des troupes françaises. Verdi termine le second acte à ce moment là, la fameuse marche des trompettes notamment.

Il est cependant impossible de monter Aïda en janvier 1871, Paris est assiégée et les décors et costumes y sont bloqués.

Verdi en profite pour retoucher la partition et poursuivre les pourparlers pour représenter Aïda à la Scala.
C’est seulement la veille de Noël, le 24 décembre 1871, que Aïda est créée au Caire. Succès triomphal.

Verdi enchaîne avec les répétitions pour la Scala, et l’ouvrage y est représenté le 08 février 1872.
Il est appelé à l’avant scène 32 fois, dont 8 à la fin.
Parme, Padoue puis Naples lui réservent le même accueil, et pour Paris, il faut attendre le 22 avril 1876.

Aïda

La trame d’Aïda ne permet pas de situer exactement l’époque du livret. Thèbes a un rôle majeur, donc nous sommes entre -2000 et -1000, et comme la Nubie (ancienne Ethiopie) n’est pas encore totalement annexée, la situation politique semble se situer avant -1500.
La présence du temple de Vulcain à Memphis est un faible indice car il fût construit par le premier pharaon, Ménès, vers -3000 (Herodote, "L'enquête", Livre II Euterpe).

Cependant, Otto Weinreich (philologue), puis Mary Jane Phillips-Matz (biographe), ont émis l’hypothèse que les origines d’Aïda se trouvent dans les Ethiopiques d’Heliodore, dont le récit se situe vers -500.

Ce fût l’une des œuvres les plus lues dans l’Antiquité, et elle inspira des écrivains du XVIième siècle.
Cervantès écrit en 1617 son œuvre posthume, « Persiles y Sigismunda », revivifiant ainsi les Ethiopiques, au goût de l’époque pour les histoires de pirates.
Henry Desmarest compose par la suite une tragédie lyrique, « Théagène et Chariclée », représentée sans succès à l’Académie Royale de Musique le 12 avril 1695.

Le roman du poète phénicien relate l’histoire de Théagène, noble Thessalien descendant d‘Achille, et de Chariclée, descendante de la maison royale d’Ethiopie et du dieu du soleil Hélios.

Blanche, la jeune fille est confiée au prêtre Chariclès par sa mère, craignant les soupçons injustifiés de son époux, et devient prêtresse d’Artémis à Delphes.

La rencontre avec Théagène déclenche un coup de foudre, et les deux amants s’enfuient pour l’Egypte.
Capturés et séparés par des pirates, ils se retrouvent par miracle à Memphis.
Théagène est devenu l’esclave du satrape d’Egypte, Orondate.

Mais la femme de ce dernier et sœur du Roi de Perse, Arsace, tombe amoureuse du jeune Grec.
Jalouse de l’amour qui le lie à Chariclée, elle le fait emmurer vivant, et tente de faire juger et brûler celle qu’ il aime.
Tous deux sont épargnés par le châtiment, s’échappent, puis sont capturés par le Roi d’Ethiopie, Hydaspes.
Après sa victoire sur les Egyptiens, le monarque décide d’offrir le jeune couple en sacrifice.

Les origines royales de la princesse éthiopienne et la force athlétique du Thessalien les sauvent de la mort, et la fin s’achève de manière heureuse.  
 

Les similarités avec l’histoire d’Aïda deviennent évidentes, bien que livret de Verdi soit un drame conventionnel et improbable pour l'époque (le choix entre Amnéris et Aïda est un dilemme bourgeois classique).

L’histoire débute à Memphis.
Radames, courageux soldat égyptien, est épris d’Aïda, esclave éthiopienne, fille du roi d‘Ethiopie Amonasro.
Jalouse, la princesse Amnéris, obtient les aveux de l’amour de la jeune femme pour celui qui va vaincre les armées éthiopiennes à Thèbes.

De retour de la guerre, il obtient la libération des prisonniers, mais le Roi d’Egypte lui offre la main de sa fille.
Une ruse d’Amonasro, fait prisonnier lors de la bataille de Thèbes, lui fait par la suite révéler involontairement ses plans d’attaques, ce dont est témoin Amnéris.
Le Roi s’échappe avec sa fille, tandis que Radames est arrêté.

Il ne renonce pas à Aïda pour autant, et pour cela est condamné à être enterré vivant.
La princesse éthiopienne le rejoint dans son caveau pour y mourir avec lui.

La suite Otello

L'ouvrage précédent Don Carlos

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Rédigé par David

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