Publié le 29 Mai 2011

Samedi 4 juin 2011 sur France 3 à 00H10
L'enlèvement au sérail (Mozart)
Enregistré à l'Opéra de Rennes en mai 2011.

Avec Jean-Michel Fournereau, Susanne Elmark, Géraldine Casey, Mark Milhofer, direction Stuart Bedford, mise en scène Vincent Vittoz.

 

Samedi 4 juin 2011 sur Arte à 20H40
Louis II de Bavière
Selon Verlaine, il fut "le seul vrai roi de ce siècle". Qui était Louis II, souverain fou pour les uns, génial pour les autres ?

Dimanche 5 juin 2011 sur Arte à 09H50
Folle journée 2009
Anne Queffélec et Tatjana Vassiljeva interprètent Bach

Dimanche 5 juin 2011 sur Arte à 10H30
Deszö Ránki & Edit Klukon
Concertos pour 2 claviers de J.S. Bach

Dimanche 5 juin 2011 sur Arte à 11H15
L'orchestre à cordes Kremerata Baltica exécute une vibrante ode au printemps, sous l'égide du violoniste Gidon Kremer.

Dimanche 5 juin 2011 sur Arte à 19H15
Des musiciens de l'Orchestre philharmonique de Vienne interprètent, dans un café viennois, les splendides valses de Strauss adaptées par Schönberg, Berg et Webern. 

 

Mardi 07 juin 2011 sur France 2 à 00H20
Le Ballet de l'Opéra de Lyon

 Le Ballet de l'Opéra de Lyon est le plus grand ballet français, après celui de l'Opéra de Paris. Grand par sa taille (35 danseurs) mais grand aussi par le répertoire exceptionnel qui est le sien: un répertoire exclusivement contemporain. Et il est le seul en Europe (et même au monde) à proposer un tel répertoire. 

 

Mardi 07 juin 2011 sur Arte à 00H20
L'art de Chopin
Avec Arthur Rubinstein, Bella Davidovich, Evgeny Kissin, Garrick Ohlsson, Ivo Pogorelich, Krystian Zimerman, Martha Argerich, Maurizio Pollini, Murray Perahia, Piotr Anderszewski, Sviatoslav Richter, Vladimir Horowitz, Yuja Wang

Jeudi 09 juin 2011 sur TF1 à 02h35

Les Paladins (Rameau)

Par l'ensemble Les Arts florissants, direction William Christie.

Avec Topi Lehtipuu, Stéphanie d'Oustrac, Laurent Naouri.

Mise en scène José Montalvo. Théâtre du Châtelet (2004). 

 

Dimanche 12 juin 2011 sur Arte à 09H30
Sviatoslav Richter interprète Mozart & Chopin

Dimanche 12 juin 2011 sur Arte à 10H25
Récital du pianiste Emil Guilels

Dimanche 12 juin 2011 sur Arte à 11H15
Christian Zacharias & Friends à La Roque d'Anthéron
Scarlatti - Sonate en la majeur K322

Dimanche 12 juin 2011 sur Arte à 19H15
Evgeny Kissin interprète le Concerto n° 2 de Chopin

Dimanche 12 juin 2011 sur Arte à 20H40
Billy Elliot

Dimanche 12 juin 2011 sur Arte à 22H30
Des favelas de Rio à New York, une année dans la vie de deux jeunes Brésiliens dont le rêve est de devenir danseurs de ballet. Un film superbe qui touche au coeur et aux inégalités sociales.

Lundi 13 juin 2011 sur Arte à 22H35
Valery Gergiev
On l'appelle le "tsar de la musique russe" : un portrait inédit du chef d'orchestre Valery Gergiev, par le grand documentariste Allan Miller.

Lundi 13 juin 2011 sur Arte à 23H30
Anselm Kiefer
Un voyage à travers l'oeuvre monumentale d'Anselm Kiefer, une véritable immersion dans son processus de création "alchimique".

Dimanche 19 juin 2011 sur Arte à 10H10
Boulez dirige Debussy

Dimanche 19 juin 2011 sur Arte à 11H05
Gennadi Rodjestvenski

Dimanche 19 juin 2011 sur Arte à 19H15
Carlos Kleiber dirige Brahms
Un concert exceptionnel de chants polyphoniques occidentaux dans la quiétude d'anciens monastères en Iran. 

 

Lundi 20 juin 2011 sur France 3 à 20h35
Fête de la musique en direct d'Orange
Avec des extraits de Carmen, de Bizet, Le Cancan, d'Offenbach, La Traviata, de Verdi... Roberto Alagna interviendra en duplex depuis l'opéra de Marseille, où il interprète Le Cid. Montserrat Caballé sera la marraine de la soirée.


Lundi 20 juin 2011 sur Arte à 22H20
Carlos Kleiber
Un portrait intrigant de Carlos Kleiber, citoyen du monde et chef d'orchestre d'exception.

 

Mercredi 22 juin 2011 sur Arte à 03H20
Rufus Wainwright
Icône sur le continent américain, adoré en Angleterre - Elton John le considère comme "le meilleur auteur-compositeur du monde" -, Rufus Wainwright connaît en France un succès grandissant. Découvrez ce surdoué séduisant en live. (Réalisé en 2007) 

 

Samedi 25 juin 2011 sur France 3 à 00H50 

L'Heure de Béatrice Uria-Monzon  

 

Dimanche 26 juin 2011 sur Arte à 10H10
Mozart à Aix-en-Provence


Dimanche 26 juin 2011 sur Arte à 10H55
Magdalena Kozena chante Haydn

 

Dimanche 26 juin 2011 sur Arte à 19H15
David Fray enregistre Jean-Sébastien Bach 

 

Lundi 27 juin 2011 sur Arte à 23H45
 Wayne Mcgregor 

Une pensée en mouvement. 

 

Mardi 28 juin 2011 sur France 2 à 00H40
L'Homme à tête de Choux

Par le choeur de l'Opéra National de Bordeaux. Chorégraphie de Jean-Claude Gallotta.

 

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 22 Mai 2011

IDueFoscari02.jpgI due Foscari (Giuseppe Verdi)
Version concert du 21 mai 2011
Théâtre des Champs Elysées

Le Doge Francesco Foscari Anthony Michaels-Moore
Jacopo Foscari Ramon Vargas
Lucrezia Contarini Manon Feubel
Jacopo Loredano Marco Spotti
Barbarigo / Fante Ramtin Ghazavi

Direction musicale Daniele Callegari
Orchestre National de France
Choeur de Radio France direction Alberto Malazzi

 

Manon Feubel (Lucrezia Contarini)

A partir de 1844, le jeune Verdi acquiert un rythme créatif qui le conduit à composer deux ouvrages par an jusqu’à son dernier opéra patriotique, La Battaglia di Legnano.

Sixième opéra du compositeur,  I due Foscari nous immerge dans l’atmosphère triomphante de Venise à son apogée - la république de Gênes, patrie de Simon Boccanegra, est définitivement vaincue -, un demi siècle avant l’amorce de son déclin face, notamment, à la montée de la domination ottomane évoquée dans la tragédie d‘Otello.

La construction dramatique du livret rappelle celle des toutes premières tragédies grecques, le chœur, omniprésent, décrit l’ambiance ou bien souligne l’action, et l’on assiste à une progression de plus en plus oppressante - l’accusation et l’arrestation de Jacopo Foscari,  l’intervention auprès du Doge et la plaidoirie devant le Conseil de Lucrezia, la condamnation à l’exil, la confession du véritable criminel -, qui se conclut par la mort du fils Foscari, et de celle du père après l’élection de son successeur.

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   Anthony Michaels-Moore (Le Doge Francesco Foscari)

Daniele Callegari délivre une enthousiasmante lecture, svelte et énergique, inévitablement tonitruante et enlevée quand les solistes et les choristes s’allient aux musiciens pour faire ressortir la puissance vitale qui irrigue la partition.

Comme nous avons pu le constater encore récemment dans Madame Butterfly, Anthony Michaels-Moore n’a rien perdu de sa capacité à incarner une figure morale par le sens qu’il donne à la moindre phrase exprimée avec une émotion palpable, et lisible même sur le visage. Pourtant, il ne bouge quasiment pas. On croirait entendre le vieux Germont.

Cependant, même si des instabilités se manifestent, sa voix contient un grain et une sorte de retenue qui imposent une stature d’homme digne, ému, mais qui vacille en opposant résistance à la machination qui détruit sa vie.

Avec son allure de bon élève, Ramon Vargas restitue superbement la richesse d’un personnage vocalement étoffé, bien que l’impact des aigus soit nettement limité, sans que le drame ne soit aussi profondément sensible que dans l’interprétation d’Anthony Michaels-Moore.

De toute évidence, le Loredano de Marco Spotti possède une assise vocale implacable, et Manon Feubel, dont tout le rôle consiste à apporter l’énergie combative et l’espoir qui manquent aux deux hommes, offre d'amples fulgurances particulièrement bien maîtrisées, et ne semble gênée que dans la célérité des cabalettes.

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Publié le 10 Mai 2011

Persona.Marilyn (Krystian Lupa)
Représentation du 06 mai 2011
Théâtre Nanterre-Amandiers

Marilyn Sandra Korzeniak
Paula Katarzyna Figura
André de Diebes Piotr Skiba
Docteur Ralf Greenson Wladyslaw Kowalski
Francesco Marcin Bosak

et Krzysztof Dracz, Adam Graczyk, Henryk Niebudek, Jolanta Olszewska, Agnieszka Roszkowska, Andrzej Szeremeta, Marcin Tyrol, Agnieszka Wosińska, Małgorzata Maślanka, Pawel Miskiewicz

Texte, scénographie et mise en scène Krystian Lupa
Musique Pawel Szymanski, Costumes Piotr Skiba, Vidéos Jan Przyluski

Production Teatr Dramatyczny

Tout se passe dans un ancien studio, au milieu duquel quatre tables sont réunies pour former un autel improvisé, une bulle pour que Marilyn puisse laisser son corps exprimer la mouvance de son âme.

Lorsqu’elle allume la radio, on entend une voix caressante, jeune, chanter avec douceur The Man I love. Un piano l’accompagne, et chaque note emplit de solitude et de nostalgie son écoute. Maybe i shall meet him Sunday, Maybe Monday, oh maybe not… sont quelques mots qui suggèrent subtilement les sentiments d’attente avec lesquels elle apparaît.

Par soucis de vraisemblance, Krystian Lupa aurait pu choisir l’interprétation d’Ella Fitzgerald, cependant, il a retenu la version profondément mélancolique d’Ivri Lider, chanteur, compositeur et réalisateur israélien de la bande originale du dernier film d’Eytan Fox, The Bubble, dont l’air est extrait.

Dans la même teinte vocale, adolescente et déphasée, Sandra Korzeniak investit le personnage de Marilyn d’une manière qui nécessite, à l’évidence, un passage dans un état second fortement éprouvant.
Personne, réellement au fait de l’approche théâtrale de Lupa, et de son sens de la vérité intime de la vie, ne peut espérer une vision idéalisée de l’actrice.

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Sandra Korzeniak (Marilyn)

Seulement, Sandra Korzeniak fait quelque chose que l’on voit rarement sur scène.
Simplement vêtue d’un pull noir, du moins au début, et ne laissant apparaître qu’un décolleté et ses jambes blanches, toute l’expression de son corps et la blondeur de sa chevelure ondulée évoquent la tendresse, et l’innocence de l’enfance.

Elle ondoie, hésite, prend des poses parfois désaxées, et la beauté vient de cette souplesse qui cache la douleur interne que Marilyn supporte, c’est-à-dire ce manque qui s’est immiscé en elle, et qui est comme un rappel prégnant à chaque instant de sa vie, mais que personne ne peut voir.

A sa manière, elle trouve moyen de sortir d’elle-même, et de son mal de vivre, en se rêvant Grouchenka, héroïne des Frères Karamazov, le roman de Dostoïevski, et donc objet de rivalité pour les hommes.

Plusieurs personnes lui rendent visite, Paula, l’amie taciturne qui ne veut pas la voir telle qu’elle est, sinon fidèle à l’icône qui émerveille toute la société, le déjanté photographe André de Diebes, pour lequel elle se livre à un ensemble de poses très sensuelles, et le docteur Ralf Greenson, amoureux et protecteur.

Elle fonde son humanité sur son rapport intime au corps, sa manière simple d’en parler y compris de celui des autres. Krystian Lupa pousse très loin ce trait de caractère dans la relation qu’elle a avec un amant de passage, Francesco.

La tension atteint son paroxysme lorsque Marilyn lui fait faire des tours de bicyclette complètement nu, dans un silence uniquement rythmé par les crissements du vélo, avant qu’il ne la rejoigne pour l’étreinte ultime. Elle le fait d’abord pour lui, car ce n’est pas ce qui la rend plus heureuse pour autant.

Après une telle focalisation, sans doute un peu excessive, sur le corps de Sandra Korzeniak, en totale impudeur et avec force, la pièce s’achève sur une dénonciation des lacunes que révèle l’attente reportée sur un mythe, puisqu'elle ne sert qu’à combler un manque personnel d’humanité.
Les figurants qui interviennent, à ce moment là, sont particulièrement amorphes.

Et, à partir d’une vidéo où s’embrase le corps de Marilyn Monroe, Krystian Lupa crée un choc un peu inutile, mais visuellement spectaculaire.

Quand on prend un peu de recul sur ce travail, on se rend compte à quel point il est chargé d’une identité culturelle bien marquée, pas simplement à cause de la langue polonaise, mais aussi par les symboles qui lui sont intégrés : Marilyn Monroe s’était convertie au judaïsme pour son mari, Arthur Miller, lui-même issu d’une famille d’émigrants polonais juifs, et ce dernier eut le projet de porter à l’écran Les Frères Karamazov.

Enfin, on peut rappeler que Krzysztof Warlikowski, assistant de Krystian Lupa dans sa jeunesse, a aussi abordé l’icône éternelle de Marilyn Monroe à travers L’Affaire Makropoulos à l’Opéra de Paris. Cette production, qui fît l’unanimité, serait reprise en 2013.

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Publié le 4 Mai 2011

SweeneyTodd02.jpgSweeney Todd (Stephen Sondheim)
Représentation du 30 avril 2011
Théâtre du Châtelet

Sweeney Todd Rod Gilfry
Mrs Lovett Caroline O’Connor
Anthony Hope Nicholas Garrett
Johanna Rebecca Bottone
Tobias Pascal Charbonneau
Le Juge Turpin Jonathan Best
Le Bailli Bamford John Graham-Hall
La mendiante Rebecca de Pont Davies

Direction musicale David Charles Abell
Ensemble Orchestral de Paris
Mise en scène Lee Blakeley

Caroline O'Connor (Mrs Lovett) et Rod Gilfry (Sweeney Todd)

Pour celles et ceux que l’esthétique horrifiante de Tim Burton avait poussés à bout, le spectacle créé par Lee Blakeley permet de vivre plus sereinement, si l’on peut dire, la comédie musicale de Stephen Sondheim.

La réussite tient au réalisme du lieu, un quartier londonien mal famé et parsemé de sous-sols noyés par la pénombre, le naturel d’une folie jouée sur scène sans que l’apparente spontanéité ne trahisse le professionnalisme qu’elle exige, un orchestre limpide et suggestif - la harpe lancinante rappelle les accords tout aussi obsédants d’Adrienne Lecouvreur -, et une équipe de chanteurs bien caractérisés et excellemment dirigés.

La voix accrocheuse et moqueuse de Caroline O’Connor dynamise fortement Mrs Lovett au point d‘en faire un personnage éclatant de vitalité, mais l’on aurait pu tout aussi bien concevoir une femme charmeuse et langoureuse, alors que Rod Gilfry offre un portrait humain et simple de Sweeney Todd, pas inquiétant du tout au premier abord.

SweeneyTodd01.jpg

   Caroline O'Connor (Mrs Lovett) et Pascal Charbonneau (Tobias)

Bien entendu, les scènes de rasage en profondeur qui s’achèvent sous les jaillissements d’hémoglobine, et s’enchaînent humoristiquement, provoquent un effet de saturation, mais elles renforcent également la tension lorsque la jeune fille d’un citoyen arrive au moment où son père est dans les mains du barbier, ce qui lui épargne la vie, sans le savoir.

On ressent un très étrange sentiment à l’issue de cette comédie qui draine ironie, haine, dégoût et sentimentalisme, mais l’on retient également que le Théâtre du Châtelet est en train de devenir un lieu où tout une société peut se retrouver, un lieu de partage unique à Paris autour de la musique du monde.

Et à l'occasion de cet évènement, Sony vient de rééditer à 500 exemplaires l'enregistrement de la création originale de Sweeney Todd à Broadway (1979).

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