Publié le 28 Novembre 2009

Mardi 01 décembre 2009 sur France 2 à 00H15
5ième symphonie de Mahler

Direction Christoph Eschenbach, avec Thomas Hampson

Dimanche 06 décembre 2009 sur France 3 à 00H50
La Dame aux Camélias

Ballet de John Neumeier, enregistré au Palais Garnier en juillet 2008.
Musique de Frédéric Chopin, par le ballet de l’Opéra National de Paris, direction Michael Schmidtsdorff.

Dimanche 06 décembre 2009 sur Arte à 19H00
Nikolaus Harnoncourt à Salzbourg

Festival de Salzburg 2009 - Concert d'ouverture

Lundi 07 décembre 2009 sur Arte à 20H45
Carmen (Bizet) En direct de la Scala de Milan

Direction Daniel Barenboim, mis en scène Emma Dante.
Avec Jonas Kaufmann, Erwin Schrott et Anita Rachvelishvili.

Mardi 08 décembre 2009 sur France 2 à 01H35
Le Petit Faust (Hervé)

Mise en scène
par Karin Catala. Direction Gaël Darchen

Samedi 12 décembre 2009 sur France 3 à 00H05
6ième Symphonie (Tchaïkovski)

Orchestre National de Lille. Direction Jean-Claude Casadesus


Dimanche 13 décembre 2009 sur France 3 à 00H15
Casse-Noisette (Tchaïkovski)

Enregistré à l'Opéra National de Paris en 2007. Chorégraphie de Rudolf Noureev


Dimanche 13 décembre 2009 sur Arte à 19H00
Sir Neville Marriner dirige Mozart

Enregistré au Festival Mozart 2009, dans la résidence de Würzburg, l'Orchestre symphonique de la radio de Bavière est placé sous la direction de sir Neville Marriner.
Au programme : l'Ouverture en si bémol majeur KV 311a et le Concerto pour flûte et harpe en ut majeur KV 299 de Mozart.

Mardi 15 décembre 2009 sur France 2 à 00H15
Werther (Massenet)

Enregistré à l'Opéra Bastille en mars 2009
Avec Susan Graham, Rolando Villazon, Ludovic Tézier
Direction Kent Nagano, mise en scène Jürgen Rose

Samedi 19 décembre 2009 sur France 3 à 00H10
Les ballets russes

Petrouchka, Le Spectre de la rose, L'Après-midi d'un faune, Le Sacre du printemps.


Dimanche 20 décembre 2009 sur France 3 à 01H10
La Vie parisienne (Offenbach)

Avec Marc Callahan, Jean Sébastien Bou.
Direction Sébastien Rouland. Mise en scène Laurent Pelly


Dimanche 20 décembre 2009 sur Arte à 19H00
Cecilia Bartoli

L'art des castrats, oeuvres de Porpora, Haendel, Graun et Giacomelli,
Orchestre Il Giardino Armonico, dirigé par Giovanni Antonini.

Lundi 21 décembre 2009 sur Arte à 22H15
La passion Boléro, Maurice Ravel


Lundi 21 décembre 2009 sur Arte à 23H15
Bodytalk

L'érotisme du ballet classique, l'érotisme du hip-hop, l'érotisme de la danse dénudée, l'érotisme de la danse latino.


Mercredi 23 décembre 2009 sur France 3 à 23H00
L'heure de l'Opéra (Alain Duault)
Cecilia Bartoli


Jeudi 24 décembre 2009 sur France 2 à 00H10
King Arthur (Purcell)
Orchestre du Concert Spirituel de Montpellier. Direction Hervé Niquet, avec Ana Maria Labin.


Jeudi 24 décembre 2009 sur TF1 à 02H10
La Dame de Pique (Tchaïkovski)
Enregistré à l'Opéra Bastille en 2005. Avec Vladimir Galouzine, Ludovic Tézier, Christianne Stotijn, Irina Bogachova. Direction Gennady Rozhdestvensky.

Vendredi 25 décembre 2009 sur Arte à 19H00
Blanche Neige
Ballet, Chorégraphie d'Angelin Preljocaj

Samedi 26 décembre 2009 sur France 3 à 01H45
Le Concert de Noël
Strasbourq 2009. Concerto Köln, avec Sandrine Piau, Johannes Weisser, Pavol Breslok, Sonia Wieder-Atherton.

Samedi 26 décembre 2009 sur Arte à 19H00
Max Raabe & palast Orchester
Concert enregistré à l'Admiralpalast de Berlin

Dimanche 27 décembre 2009 sur France 2 à 03H05
Don Giovanni (Mozart)
Mise en scène de Gérard Corbiau, avec Taras Kulish, Lazarov, Anna Marie Kremer.

 
Dimanche 27 décembre 2009 sur Arte à 19H00
Pierre et le Loup (Prokofiev)
Pour l'adaptation à l'écran, la réalisatrice Suzie Templeton a imaginé un monde d'images fantastiques et animées inspirées de la Russie rurale du début du XXe siècle. Dans son film au graphisme tendre et sophistiqué, les marionnettes prennent vie selon le procédé du stop motion (articulation image par image), afin que leurs mouvements soient en parfait accord avec chaque note.
 
Lundi 28 décembre 2009 sur Arte à 23H00
Lully l'incommode
Une évocation de Jean-Baptiste Lully à travers sa musique et les réflexions de musicologues.

Mardi 29 décembre 2009 sur France 3 à 00H45
La Veuve Joyeuse (Franz Lehar)


Jeudi 31 décembre 2009 sur Arte à 19H00
Réveillon en direct du Théâtre Mariinsky de Saint Petersbourg
Marius Petipa et le Ballet Impérial.
 

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 24 Novembre 2009

Waltraud Meier
Récital du 23 novembre 2009 (Salle Pleyel)

Piano Joseph Breinl

Franz Schubert
Wehmut - Die Forelle - Gretchen am Spinnrade
Nachtstück - Der Erlkönig

Richard Wagner Wesendonck Lieder
Der Engel - Stehe still! - Im Treibhaus
Schmerling - Träume

Richard Strauss
Wie sollten wir geheim sie halten
Morgen! - Die Nacht - Befreit

Vier Letzte Lieder
Frühling - September
Beim Schlefengehen - Im Abendrot

Bis : Richard Strauss  Cäcilie - Zueignung
       Hugo Wolf          Abschied (Mörike-Lieder)

 

Au début de l'été dernier, Waltraud Meier interprétait un récital avec l’esprit qui laissait un chant s’échapper comme s’il s’agissait du dernier souffle. Elle était en noir.

Le rouge devient alors manière à concordance avec la passion qu’elle choisit de rayonner ce soir.

Les lieder de Franz Schubert ne sont pas ornés de couleurs azurées, ils sont au contraire incarnés par la force d’un élan vital, tant de présence que l'on contemple.

Isolde est si étroitement liée à la musicienne allemande, que les Wesendonck Lieder plus sombres et parsemés de plaintes effilées nous mènent là où son âme semble pleinement se fondre.

Les lumières et la poésie des Vier Letzte Lieder ne se diffusent cependant pas suffisamment, pour magnifier cette si belle façon d'exprimer par le corps et par l'articulation des mots, les sentiments intérieurs.


Cela n'ote rien à cette démonstration que la vérité est un élément fondamental de ce qui est beau dans la vie, et que c'est ainsi que les difficultés que nous rencontrons le jour, peuvent en une soirée y trouver l'oubli.

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Publié le 13 Novembre 2009

Rossini-Bellini-Donizetti conquièrent l’Italie puis Paris

1778    Inauguration de la Scala de Milan en présence de l'archiduc Ferdinand d'Autriche. Ce nouveau théâtre est une commande de Marie-Thérèse d'Autriche destinée à remplacer l'ancien théâtre ducal détruit dans un incendie.

1792    Inauguration de la Fenice de Venise, trois ans après la destruction (également par le feu) du théâtre San Benedetto.

1796    Napoléon vainc les Autrichiens et les Sardes à Cherasco. L’année d’après, la République cisalpine est créée, avec Milan comme capitale.

1800    La victoire de Marengo permet à Napoléon de signer la paix de Luneville avec les Autrichiens.

1805    Napoléon se nomme Roi d’Italie.

1807    Âgé de 15 ans, Gioacchino Rossini entend à Bologne le grand castrat Giovanni Battista Veluti (le passé), et l’étoile montante de l’Opéra en Italie, Isabella Colbran (soprano colorature qui annonce l’avenir).

Au début du XIXième siècle, l’Opéra est très populaire en Italie, mais le public préfère des nouveautés aux reprises, et en langue italienne.

Dans la plupart des villes, les théâtres sont aux mains d’imprésarios, des aristocrates qui cherchent à faire fructifier leurs capitaux.

1810    Rossini crée au Teatro San Moisé de Venise « La cambiale di matrimonio », écrit en quelques jours.

1811    Première création en Italie du Don Giovanni de Mozart.

1812     Début à la Scala de Milan de Rossini avec « La Pietra del Paragone ».
Suivent « L’Italienne à Alger » à Venise (1813), « Elisabetta Regina d’Inghilterra à Naples (1815), « Le Barbier de Séville » à Rome (1816).

1815    Avec la Restauration, l’Italie est partagée entre l’Empire Austro-Hongrois, la Sardaigne, la Maison de Savoie, le Pape, les Bourbon.

1820    Sous l’influence des idées révolutionnaires françaises, les Carbonaristes se soulèvent à Naples. L’intervention autrichienne annule la nouvelle constitution calquée sur celle de 1791 en France.


1823   Rossini part pour Londres puis Paris où il va y faire fortune. Il y devient Inspecteur général du chant pour les théâtres royaux. Mis à part « Le voyage à Reims », tous ses opéras seront créés en français.

1827    Premier succès de Bellini à la Scala de Milan avec « Il Pirata ».

1830    Premier succès de Donizetti au Teatro Carcano de Milan avec « Anna Bolena » suivi l’année d’après par « La Somnambule » de Bellini. Fin 1831, ce dernier compose également "Norma" pour la Scala de Milan.

1831    Fondation du mouvement « Jeune Italie » par Giuseppe Mazzini, avec pour base l'unification des différents royaumes d’Italie.

1833    Bellini s’installe à Paris et y meurt en 1835.

1835    Triomphe de « Lucia di Lammermoor »  à Naples. La voix humaine est la passion de Donizetti, alors que l’orchestre ne joue qu’un rôle secondaire.

Entre 1825 et 1845, c’est à Paris que l’on peut entendre des représentations extraordinaires faites pour les grands chanteurs du Bel Canto italien (Malibran, La Pasta, Grisi).

Verdi et le Risorgimento

1839    Début à la Scala de Milan de Verdi avec « Oberto ».

1842    Succès considérable de « Nabucco » à la Scala. Les sympathies nationalistes de Verdi vont être de plus en plus transparentes dans ses opéras (Giovanna d’Arco, Attila, La Battaglia di Legnano). Il croit à l’Opéra comme drame.

1848    Soulèvement des Milanais. Les représailles des Autrichiens ne se font pas attendre, mais la France intervient en 1849 et prend Rome pour ne pas laisser l’Italie aux Habsbourg.

1852    Louis-Napoléon Bonaparte nomme Verdi Chevalier de la Légion d’Honneur.

1853    « La Traviata » à la Fenice de Venise montre la fascination du compositeur pour les personnages torturés et confrontés à un dilemme moral.

1858    Attentat manqué contre Napoléon III devant l’Opéra de la rue Le Pelletier à Paris, pour venger l’intervention de 1849. L’Alliance entre la France et le Piémont Sardaigne (dirigé par Cavour) pour aider à unifier l’Italie se forme.

1859    Avec « Le Bal Masqué » , Verdi se lance dans le Grand Opéra. Suivent La Forza del Destino, Don Carlos, Aïda. Les idéaux s’insèrent dans le tissu de l’opéra de façon plus dramatique.
La guerre contre l’Autriche est déclenchée. L’insurrection des États se poursuit, et Verdi est élu pour représenter Busseto à l’assemblée des provinces de l’état de Parme.

1861    Garibaldi débarque en Sicile et mate les forces des Bourbons. Victor Emmanuel II est proclamé Roi par le parlement italien.

1887    La première d’ « Otello »  à la Scala de Milan sera une des plus grandes soirées de l’Histoire de l’Opéra, avant que « Falstaff » (1893) ne constitue l’aboutissement final de l’intégration du drame à la musique.

L’Émergence du vérisme et l’aboutissement d’un art théâtral

La rivalité commerciale entre les deux grands éditeurs de Milan, Ricordi (Verdi, Puccini) et Lucca (Wagner) va être perturbée par un nouveau compétiteur : Sonzogno.
Sous l’impulsion du critique Galli, le journal Il Secolo - organe le plus connu de l’empire de l’éditeur - lance un concours national pour la composition d’un opéra en un acte.

1880    Ouverture du Théâtre de l'Opéra de Rome, le Teatro Costanzi.

1884
    Bien qu'écarté du concours organisé par Sonzogno, « Le Villi » de Puccini est créé au Teatro Dal Verme de Milan. Ricordi, qui assiste à cette représentation privée, commande un autre opéra : « Edgar ». Ce sera un échec en 1889.

1888    Sonzogno devient le directeur du Teatro Costanzi. Il organise un nouveau concours, que Mascagni remporte avec Cavalleria Rusticana. L’Opéra est créé à Rome en 1890. Il correspond le plus à la définition du vérisme.

1892    Sur les conseils de Puccini, le Napolitain Leoncavallo compose un opéra en un acte.
« I Pagliacci » est inspiré d’une histoire vraie de crime passionnel en Calabre. Il remporte un grand succès à Milan. Sonzogno réunit alors les deux opéras « Cav et Pag » dès l’année suivante.

1892    Passé chez Ricordi, Alfredo Catalani compose « La Wally » et réussit son entrée à la Scala de Milan. Toscanini en donne à sa fille ce prénom.

1893    Ricordi refuse cependant que Turin monte « La Wally » afin que toute l’énergie soit concentrée sur la création de la « Manon Lescaut » de Puccini. Premier grand succès du compositeur.
La même année, Puccini et Leoncavallo travaillent sur l’adaptation d’un même livret : « Scène de la vie de Bohème » d’Henri Murger.

1896    « La Bohème » de Puccini est créée à Turin, sous la direction de Toscanini, et l‘année suivante « La Bohème » de Leoncavallo est créée à Venise.

1896    Giordano, concurrent de Mascagni lors du concours de 1888, fait un triomphe avec « André Chénier ».

1902    Cilea crée « Adrienne Lecouvreur » (actrice de la comédie française en 1730) au Teatro Lirico de Milan.

1904    Quatre ans après l’échec de Tosca à Rome (1900), transformé en succès populaire plus tard, Madame Butterfly subit le même sort lors de la première à la Scala de Milan. Puccini remanie l’opéra et obtient cette fois un triomphe à Brescia.

1915    L’Italie (bien que membre de la Triple-Alliance) entre en guerre au côté des alliés.

1918    Guerre oblige, Il Trittico (ensemble de 3 opéras en un acte) est créé à New York, puis Puccini laisse inachevé Turandot en 1924, final qui sera complété par Franco Alfano, puis par Luciano Berio en 2001.
Mais en fin de compte, personne ne peut marcher dans les pas de géant de Verdi, et les membres de la « giovane scuola » prennent grand soin de le reconnaître.

1919    L’Italie vit très mal le Traité de Versailles qui ne lui permet pas de récupérer les provinces de Dalmatie, du Trentin et d’Istrie, malgré son fort engagement dans la guerre.

1922    Mussolini devient premier ministre du royaume d’Italie.

1940    L’Italie est l’alliée de l’Allemagne dans la seconde guerre mondiale

1946    Après la défaite, la monarchie est remplacée par une république.
La prospérité retrouvée, l’Europe d’Après Guerre voit se multiplier pléthore de maisons d’Opéra soutenues par des subventions officielles et par le mécénat.
La majorité des compositions vont faire de l’Opéra une branche du théâtre, et non plus une pièce de concert.
L’Italie connaît une seconde renaissance musicale.

1946    Création des « Cours d’été de musique moderne de Darmstadt » que fréquentent notamment Luigi Nono et Luciano Berio.

1948    Luigi Dallapiccola crée Il Prigioniero, des souffrances humaines face aux atrocités de la guerre.

1961    Luigi Nono compose pour Venise Intolleranza, série de scènes montrant différents aspects de l’intolérance.

1982    Luciano Berio transpose au XXième siècle Il Trovatore, qui devient la Vera Storia, et en 1984 Il Re in Ascolto reçoit sa première à Salzbourg.

 

Pour aller plus loin, revenir à la rubrique Histoire de l'Opéra

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Publié le 11 Novembre 2009

Apollonia au Théâtre National de Chaillot
Représentation du 08 novembre 2009
Durée 4h30 (avec un entracte)

Mise en scène Krzysztof Warlikowski

Dramaturgie Piotr Gruszczynski
Décor et costumes Malgorzata Szczesniak

Héraclès Andrzej Chyra
Alceste/Apolonia Magdalena Cielecka
Elisabeth Costello Maja Ostaszewska
Ryfka Goldfinger Ewa Dalkowska
Agamemmon/Oreste/Amal Maciej Stuhr
Clytemnestre/La tante Malgorzata Hajewska-Krzysztofik
Iphigénie Magdalena Poplawska
Apollon Adam Nawojczyk
Le petit fils Tomask Tyndyk
Musique et voix Renate Jett
 

                                                   Magdalena Cielecka (Alceste)

Une mère, Apolonia Machczynska, cache vingt cinq enfants pour les épargner de la barbarie nazie. Dénoncée, puis réfugiée chez son père, elle est exécutée après avoir pu sauver une enfant juive.

A partir de ce drame là, Krzysztof Warlikowski explore une diversité de voies qui nous amène vers des réflexions dont on ne comprend pas toujours l’émergence.
L’analyse n’est pas immédiate, le temps fait son travail après le spectacle, surtout que le metteur en scène se passionne pour les motivations sexuelles, la force et la violence érigées comme part de l’identité masculine au delà de son imbécillité, le patriotisme, l’hérédité et la relation aux parents, le refus de conscience de chacun, pour confronter à la nouvelle d’Hanna Krall, le mythe du sacrifice.


Il aboutit ainsi à une scène profondément marquante, Alceste y apparaît comme une femme souffrant de n’avoir un homme intelligent capable de lui apporter la chaleur dont elle a besoin, et présente cela avec beaucoup d’ironie - l’histoire étrange et merveilleuse d’une relation amoureuse entre un dauphin et un homme - lors d’un repas en présence de convives insipides. A plusieurs reprises elle se lève, puis revient, entretenant ainsi de bien mystérieux moments de silence.

La situation dégénère en séance d’incisions du corps au milieu d’une cage de verre, cette belle femme se meurt en se tordant de douleur sur les paroles du Mépris de Godard Et mes pieds, tu les aimes, mes pieds ? Et mes jambes ? Et mes fesses ? Et mes seins ?.

Pourquoi se sacrifier pour un type pareil?

   Renate Jett

Il y a également ces magnifiques visages de femmes, très bien mis en valeur par la vidéo, sur lesquels se lisent des vies dures et la résistance au temps.

A cette langue polonaise si directe, se mélangent la musique de Chopin, des balades et du rock, et ceux qui ont assisté à Iphigénie en Tauride et Parsifal à l’Opéra National de Paris découvrent que Renate Jett, interprète des Rôles muets d’Iphigénie et de Dave Bowman dans ces productions, est une chanteuse attachante.

Après le long discours d’Elisabeth Costello, assimilant extermination des juifs et abattage d’animaux, fort par son interprétation plus que par son analyse, les conséquences révèlent que Ryfka Goldfinger a pu être sauvée par Apolonia, mais que son petit fils est devenu un soldat de l’armée israélienne.
 
     
Ewa Dalkowska (Ryfka Goldfinger) et Krzysztof Warlikowski

Krzysztof Warlikowski est dans une démarche qui paraît sans fin, et chacune de ses œuvres tisse des liens avec les précédentes, Agamemnon et le Parsifal guerrier, Iphigénie et Apolonia, Clytemnestre et la mère de Krum. Un théâtre désinhibé, douloureux, feutré et tendre mais aussi très agressif en réaction aux esprits consensuels et bornés.

 

 

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Publié le 10 Novembre 2009

Don Pasquale (Donizetti)

Représentation du 09 novembre 2009
Version de concert
Théâtre des Champs Elysées

Don Pasquale Nicola Alaimo
Norina Laura Giordano
Malatesta Mario Cassi
Ernesto Juan Francisco Gatell Abre
Le notaire Luca D'All Amico

Orchestre Giovanile Luigi Boccherini
Coro del Teatro de Piacenza

Direction musicale Riccardo Muti

 

Il y a encore quelques semaines, l'Opéra Bastille reprenait l'Elixir d'Amour de Donizetti avec deux distributions en alternance.

Charles Castronovo s'y était illustré par une interprétation entière du personnage de Nemorino, seul point remarquable si l'on faisait la comparaison avec le duo Netrebko/Filianoti, dont les gesticulations excessives ne firent que grimer l'ouvrage en une comédie superficielle.

                                                                                                    Laura Giordano (Norina)

Nous voici donc au Théâtre des Champs Elysées avec de jeunes artistes italiens soutenus par Riccardo Muti, ne bénéficiant d'aucune image médiatique, et ayant travaillé longuement ensemble leur vision de ce livret.

Il en résulte un tout cohérent par la justesse des rapports entre les personnages, de l'humour et du coeur, un véritable transport dans un univers qui chante l'Italie par sa seule incarnation physique, sans besoin de décor ou de costumes spécifiques.

Et si l'on se focalise sur des critères purement belcantistes, il nous est donné d'entendre Laura Giordano (Norina) virtuose et très homogène avec un timbre légèrement durci, d'être capté par les couleurs franches de Mario Cassi (Malatesta) et par tant de souplesse et de lumière dans "Bella siccome un angelo", ou bien d'apprécier un Nicola Alaimo qui ne vulgarise pas à outrance Don Pasquale.

Ténor léger et clair, Juan Francisco Gatell Abre doit tout de même se battre avec les souvenirs de Pavarotti raflant tous les solo des opéras de Donizetti - una Furtiva Lacrima (L'Elixir d‘Amour) - Tombe degli avi mei …(Lucia di Lammermoor) - et dans Don Pasquale, Com’e gentil.

La densité de l'action ne perd jamais en force, mais dès l'instant où Norina laisse tomber sa fausse timidité pour recouvrir le visage d'une mégère insupportable, l'effet de surprise du vieil oncle se métamorphose en un quatuor saisissant, l'action s'arrête, et du même coup tout est suspendu. Cette façon de faire intervenir un tel ensemble plein de grâce nous ramène dans le monde de Mozart, mais aussi laisse deviner le futur quatuor que Verdi composera dans Rigoletto, "Bella figlia dell'amore".

Comme à son habitude, Riccardo Muti stylise sans casser la dynamique stimulante, obtient une belle maîtrise des instruments solo, telle la trompette liée à Povero Ernesto, bien que subsiste une petite distance entre lui et les chanteurs.

 

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Publié le 8 Novembre 2009

Tristan et Isolde (Wagner)
Prélude Acte I et intégralité de l’Acte II
Représentation du 07 novembre 2009
Théâtre des Champs Elysées

Direction musicale Daniel Harding
Mahler Chamber Orchestra

Isolde Waltraud Meier
Tristan John Mac Master
Brangäne Michelle Breedt
Marke Franz-Josef Selig
Melot / Kurwenal Michael Vier

D’emblée, et en écartant la possibilité d’une humeur tragique, l’ouverture nous emmène vers les songes d’une jeunesse ivre, et cet élan si déterminé, le Mahler Chamber Orchestra et Daniel Harding vont en faire la trame tendue d’une rencontre d’une force humaine fabuleuse.

L’intensité des émotions d’Isolde à l’arrivée de Tristan, la justesse avec laquelle elle s’adresse au cœur à la limite de l‘urgence, l’orchestre en est l’expression subjugante.

                                         Waltraud Meier (Isolde)

Pour arriver à une telle réussite, John Mac Master a accepté de remplacer au dernier moment Lance Ryan, et malgré l’enjeu, l’équilibre en reste préservé.

Discours clair et incisif de Michelle Breedt, pathétiques changements d’expressions vocales et physiques de Franz-Josef Selig, ne reste plus qu’un être vivant dressé là, un corps et une âme sensible à chaque mot, une voix indéfectible, Waltraud Meier.

Parfois les images de Bill Viola ressurgissent de notre imagination quand elle évoque, bras levés au ciel, l’embrassement de son cœur, seulement lorsque Tristan s’effondre, ce n’est plus une douleur torturante insoutenable, mais un saisissement glacé qui s’empare d’elle.

    Waltraud Meier (Isolde). Fin acte II.

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Publié le 1 Novembre 2009

La Bohème (Puccini)
Représentation du 29 octobre 2009 (Bastille)

Direction musicale Daniel Oren
Mise en scène Jonathan Miller

Rodolfo Stefano Secco
Mimi Tamar Iveri
Marcello Ludovic Tézier
Musetta Natalie Dessay
Shaunard David Bizic
Benoît Matteo Peirone
Colline Giovanni Battista Parodi
Alcindoro Rémy Corazza

Depuis sa création en 1995, au début de la première saison d’Hugues Gall, la mise en scène de Jonathan Miller pour la Bohème est devenue une pièce de collection de l’Opéra National de Paris. Son atmosphère de vieux Paris des années 30 résiste comme les authentiques ruelles de son centre historique, aux normes et au temps qui tuent les âmes.

                                          Natalie Dessay (Musetta)

Cet opéra de Puccini, avec lequel Leoncavallo travailla à l’adaptation du même livret « Scènes de la vie de Bohème » d’Henri Murger pour en composer sa propre version bien moins célèbre, n’est qu’un prétexte pour tirer les larmes, car un amour intériorisé peut y trouver les étincelles libératrices.

Il est donc nécessaire de réunir des artistes capables de toucher notre propre sensibilité.

Stefano Secco et Tamar Iveri, l’Infante et l’Elisabeth de la dernière reprise de Don Carlo, forment ainsi un couple à la simplicité émouvante.

Tous deux profilent des nuances, lui avec l’art de la récupération et du prolongement du port de voix, elle subtilement plus spirituelle mais avec des accents très douloureux auprès de l’ami commun, Marcello.

   Tamar Iveri (Mimi)

Justement, Ludovic Tézier abandonne les noirceurs de la jalousie propre à ce personnage, pour en faire une interprétation d’une sympathie rare, point déterminant qui explique le frisson à l’ouverture du quatrième acte, scène pourtant si ordinaire lorsque les quatre complices se chamaillent, mais rendue ici avec naturel.

Surgit enfin Natalie Dessay, rien ne lui échappe de la légèreté de Musetta et de son numéro d’excitée de charme, mais elle ne sait rien faire d’autre que tomber en commisération lorsque le drame se révèle.
Tout un pan noble du cœur de la maîtresse de Marcello se réduit à peu de chose, comme si la chanteuse devenait faussement concernée par ce qui arrive à Mimi. Un arrière goût d’opération commerciale qui déséquilibre l’esprit de l’ouvrage, je trouve.

Les deux comparses, Giovanni Battista Parodi et David Bizic, font heureusement corps avec l’ensemble. Et dans la fosse, Daniel Oren se précipite au début de chaque acte au point d’embrouiller le chœur, pour réussir, patiemment, à devenir maître des structures musicales les plus fines.

    Troisième acte de la Bohème sur la Barrière d'Enfer, une des portes d'octroi de Paris.

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Publié le 1 Novembre 2009

Dimanche 01 novembre 2009 sur Arte à 19H00
Musiques pour Sainte Cécile

Purcell, Haendel, Haydn

Lundi 02 novembre 2009 sur Arte à 22H00
Musica. Ballet. Chostakovitch: Le Boulon (Bolt). Bolchoï, 2006, 1h45mn

Direction musicale : Pavel Sorokin, Chorégraphie : Alexei Ratmansky, Scénographie : Semyon Pastukh, Avec : Anastasia Yatsenko, Andrey Merkuriev, Denis Savin, Morihiro
Iwata, Gennady Yanin, Ekaterina Krysanova, Anna Rebetskaya,
Viktoria Osipova, Egor Khromushin

Mardi 03 novembre 2009 sur France 2 à 00H15
Berliner Philharmonic à Aix

Direction Simon Rattle, Piano Andras Schiff

Jeudi 05 novembre 2009 sur TF1 à 03H05
L'Heure espagnole (Ravel)

Par l'Orchestre de l'Opéra National de Paris, direction Seiji Osawa. Avec Sophie Koch, Yann Beuron, Jean-Paul Fouchécourt.

Samedi 07 novembre 2009 sur France 3 à 00H10
«Double Concerto» en la mineur, de Johannes Brahms,

interprété par l'Orchestre philharmonique de Moscou, placé sous la direction de Kyrill Kondrachine, avec David Oistrakh au violon et Mitslav Rostropovitch au violoncelle/

Dimanche 08 novembre 2009 sur France 3 à 01H00
Louise (Charpentier)

Mise en scène André Engel. Orchestre de l'Opéra National de Paris, Direction Sylvain Cambreling avec Mireille Delunsch, Paul Groves.

Dimanche 08 novembre 2009 sur Arte à 19H00
Kurt Masur dirige le concert commémoratif "20 ans après la chute du mur"

Kurt Masur dirige l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, avec Renaud Capuçon au violon.

Lundi 09 novembre 2009 sur Arte à 22H30
Musique classique et guerre froide. Les musiciens en RDA (2009, 52 mn)


Mardi 10 novembre 2009 sur France 2 à 00H45
L'Amour des trois oranges (Prokofiev)

Enregistré à l'Opéra Bastille en 2005. Mise en scène Gilbert Deflo.
Avec José van Dam, Béatrice Uria-Monzon, Charles Workman, Hannah Esther Minutillo, direction Sylvain Cambreling

Jeudi 12 novembre 2009 sur TF1 à 02H45
La Dame de Pique (Ballet de Roland Petit)
Musique de Tchaïkovski et Webern.
Enregistré au théâtre du Bolchoï en 2005. Direction Vladimir Andropov, avec Natalya Osipova, Yan Godovsky, Tamara Abakeliyari.

Jeudi 12 novembre 2009 sur Arte à 23H00
Arte Lounge. Présentation: Measha Brueggergosman. Invités: Albrecht Mayer, Fazil Say, Max Emanuel Cencic...


Dimanche 15 novembre 2009 sur Arte à 19H00
Leonard Bernstein

Symphonie n° 3 "Kaddish"

Lundi 16 novembre 2009 sur Arte à 22H50
Opéra. Schoenberg: Moïse et Aaron.

Direction musicale : Michael Boder. Mise en scène : Willy Decker
Avec : Dale Duesing (Moïse), Andreas Conrad (Aaron)
Production de la Triennale de la Ruhr 2009 – enregistré les 28 et 30 août 2009

Samedi 21 novembre 2009 sur France 3 à 00H40
Concert d'inauguration de l'Opéra Royal de Versailles

Par les musiciens du Louvre-Grenoble, direction Marc Minkowski

 
Dimanche 22 novembre 2009 sur France 3 à 00H15
Nabucco (Verdi)

Enregistré au Stade de France en septembre 2008
Avec Roberto Servile, Carlo Guido, Askar Abdrazakov, Katja Lytting, direction Yoel Levi
 
Lundi 23 novembre 2009 sur Arte à 22H30
Documentaire, portrait. Georges Prêtre, l´urgence de la musique (2009, 1h)

Dimanche 29 novembre 2009 sur Arte à 19H00
Anu Tali dirige la musique balte


Lundi 30 novembre 2009 sur Arte à 22H30
Peer Gynt (Edvard Grieg)
Chorégraphie : Heinz Spoerli. Opéra de Zurich, 2008. Direction musicale : Eivind Gullberg Jensen
 

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique