Publié le 21 Février 2017

La Ciudad de las Mentiras (Elena Mendoza)
Représentation du 20 février 2017
Teatro Real de Madrid

Gracia  Katia Guedes 
Mujer de 'El sueño realizado'  Laia Falcón 
Carmen  Anne Landa 
Moncha  Anna Spina 
Díaz Grey Graham Valentine
Risso David Luque 
Jorge Michael Pflumm 
Tito / Barman Tobias Dutschke 
Langmann Guillermo Anzorena 

 

Musiciens sur scène 
Piano Íñigo Giner Miranda, Clarinete Miguel Pérez Iñesta, Saxofón Martín Posegga, Trombón Matthias Jann, Violín Wojciech Garbowski, Violonchelo Erik Borgir

Direction musicale Titus Engel                                    Matthias Rebstock et Elena Mendoza
Mise en scène Matthias Rebstock 
Collaboration à la mise en scène  Elena Mendoza 
Scénographie Bettina Meyer 
Orchestre du Teatro Real

Théâtre musical en quinze scènes - Création mondiale (2017)
Musique Elena Mendoza et livret et collaboration musicale de Matthias Rebstock, basé sur les nouvelles Un sueño realizado (1943), El álbum (1953), La novia robada (1986) et El infierno tan temido (1962) de Juan Carlos Onetti


La Ciudad de las Mentiras est le dernier opéra commandé par Gerard Mortier pour le Teatro Real de Madrid, dont il eut l'assurance, peu avant sa mort, qu'il serait conservé dans la programmation du théâtre malgré le contexte économique difficile. Prévu initialement pour la saison 2014/2015, l'aboutissement de ce projet a finalement été décalé de deux ans.

Guillermo Anzorena (Langmann)

Guillermo Anzorena (Langmann)

Créer un opéra sur la base de l'oeuvre d'un auteur hispanique c'est rendre vivant un texte et le confronter au public d'aujourd'hui.

Juan Carlos Onetti est né en 1908 à Montevideo. Il a passé la première partie de sa vie entre la capitale uruguayenne et Buenos Aires, avant que la dictature ne le pousse à émigrer à Madrid en 1975.

Ecrivain existentialiste, le défi est grand pour réussir à entraîner le spectateur dans l'univers de quatre de ses nouvelles, Un sueño realizado (1943), El álbum (1953), La novia robada (1986) et El infierno tan temido (1962), dont les histoires sont réunies dans une même ville, Santa Maria, et sur la même scène du Teatro Real de Madrid, pour y parler de solitude, d'abandon, d'ennui, d'argent et de routine.

Anne Landa (Carmen) et Michael Pflumm (Jorge)

Anne Landa (Carmen) et Michael Pflumm (Jorge)

Elena Mendoza a ainsi composé une musique qui tend à accentuer et lier les uns aux autres les petits gestes de la vie quotidienne d'un groupe d'habitants qui vit en vase clos avec ses souvenirs de vie ratée, de mariage annulé et de couple séparé.

Mais la musique n'en n'est pas le centre, sinon le texte d'Onetti et le théâtre qui en découle, une construction à laquelle Elena Mendoza et Matthias Rebstock ont collaboré très étroitement.

Laia Falcón (Mujer de 'El sueño realizado')

Laia Falcón (Mujer de 'El sueño realizado')

Dans un décor labyrinthique fait d'escaliers qui descendent de toutes parts autour d'un large bar surmontée d'une batterie de bouteilles alignées et menant vers de petits promontoires en surplomb, les chanteurs et des musiciens animent leurs mornes petites vies.

Les héroïnes portent des robes qui évoquent leurs rêves perdus, et les voix, toutes très belles et mélancoliques, ne sont utilisées que pour l'expressivité de leurs couleurs et leur malléabilité.

Guillermo Anzorena, en Langmann, le directeur d'une misérable compagnie théâtrale, est le seul à avoir du recul. Il est le reflet de cette société dont il cherche à profiter.

La Ciudad de las Mentiras (Onetti-Mendoza-Rebstock) Teatro Real de Madrid

La musique, elle, repose sur les inévitables percussions vrombissantes, et trouve surtout son originalité ludique par sa manière de surgir des gestes mécaniques de la vie. Ainsi, deux scènes sont particulièrement originales, l'une où l'on entend des joueurs de dominos, répartis sur trois tables, transformer leur partie en un jeu musical auquel les musiciens sont associés, l'autre, hilarante, d'un barman dont le moindre geste pour servir sa cliente est signifié par des sonorités de l'orchestre. Et les seules notes que l'on entend de la joueuse d'accordéon proviennent de ses tapotis répétitifs sur son instrument.

L'ensemble des musiciens participent également à un concert de frémissements qui signalent la présence d'un environnement vivant, mais sans forme définitive.

Vénus surplombant le Teatro Real - le 20 février 2017

Vénus surplombant le Teatro Real - le 20 février 2017

Au cours de ces quatre vingt dix minutes sans entracte, l'auditeur se trouve donc confronté à ce qu'il ressent lui même dans les scènes de la vie qui l'entoure, dans la rue, au travail, dans les conversations absurdes, et est même invité à y rechercher des sonorités musicales pour le simple plaisir du jeu.

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Publié le 19 Février 2017

Prince Igor (Alexander Borodin)
Représentation du 17 février 2017
De Nationale Opera – Amsterdam

Prince Igor Ildar Abdrazakov
Yaroslavna Oksana Dyka
Prince Galitsky et Khan Konchak Dmitri Ulyanov
Konchalovna Agunda Kulaeva
Vladimir Igoryevich Pavel Černoch
Ovlur Vasily Efimov
Skula Vladimir Ognovenko
Yerosha Andrei Popov
Yaroslavna’s Nanny Marieke Reuten
A Polovtsian Maiden Adèle Charvet

Direction musicale Stanislav Kochanovsky
Mise en scène Dmitri Tcherniakov (2014)
Chorégraphie Itzik Galili
Rotterdams Philharmonisch Orkest
Chœur De Nationale Opera – Ching-Lien Wu

Coproduction New York Metropolitan Opera                          Oksana Dyka (Yaroslavna)

Il y a exactement cinq ans, l’opéra d’Amsterdam accueillit la fantastique production de Dmitri Tcherniakov pour porter sur scène l’ouvrage que Nikolaï Rimski-Korsakov considérait comme son testament musical - sans se douter qu’il composerait plus tard Le Coq d’Or -, La Légende de la ville invisible de Kitège et de la vierge Fevronia.

Le metteur en scène russe, loin de vouloir faire revivre un univers médiéval, décrivit une vision futuriste d’une grande ville décadente, livrée aux bandes de pillards et totalement coupée de la vie des villages forestiers restés liés, eux, à leur environnement naturel.

Ildar Abdrazakov (Le Prince Igor)

Ildar Abdrazakov (Le Prince Igor)

Deux ans après, c’est dans le même esprit, brillant et audacieux, qu’il prit à bras le corps un autre monument de l’opéra russe, Le Prince Igor, pour lui donner une portée contemporaine aussi forte.  Le New York Metropolitan Opera eut la primeur de ce travail que reprend aujourd’hui De Nationale Opera.

L’unique opéra d’Alexander Borodine, achevé par Rimski-Korsakov et Glazounov, s’inspire des évènements décrits dans le poème médiéval Le dit de la campagne d’Igor. Cette œuvre relate la lutte entre les jeunes états russes chrétiens et les tribus eurasiennes de Coumans, les Polovtsiens, qui percèrent jusqu’en Europe avant les conquêtes mongoles.

Prologue - cour du palais de la ville de Poutivl

Prologue - cour du palais de la ville de Poutivl

Ces nomades étaient païens – et non musulmans comme certains esprits aimeraient le croire -, ce qui fait de ce chef-d’œuvre une ode à la religion orthodoxe, rempart contre la dureté du climat et les invasions venant de l’est comme de l’ouest, Allemands, Polonais et Suédois compris.

Ce n’est pourtant pas cette dimension conceptuelle qui intéresse Dmitri Tcherniakov, mais plutôt le thème de la passion humaine pour la guerre, comme la manifeste ici le Prince.

La scénographie s’ouvre ainsi sur un décor de citadelle qui aligne nombre de portes, surmontées de balcons, où se recueille le peuple, et d’ouvertures par lesquelles pénètre la lumière extérieure.

Dmitri Ulyanov (Prince Galitsky)

Dmitri Ulyanov (Prince Galitsky)

Les costumes des hommes et des femmes évoquent la Russie aristocratique de la fin du XIXe siècle, si bien que l’on pourrait tout à fait rapprocher la destinée d’Igor et son fils, Vladimir, de celle de l’Empereur Nicholas II qui combattit les Allemands sur le front en 1915.

Les images grimaçantes en noir et blanc des visages des combattants qu’insère Tcherniakov à la fin du prologue lui permettent d’enchaîner directement avec la défaite du Prince Igor, et de poursuivre un passionnant montage qui inverse les traditionnels actes I et II, et mixe également les scènes afin d’aboutir au meurtre confus de Galitsky, un déroulement d’une force dramaturgique stupéfiante.

Pavel Černoch (Vladimir Igoryevich)

Pavel Černoch (Vladimir Igoryevich)

L’acte I immerge ainsi le spectateur dans un univers paradisiaque, fond de ciel bleu-azur, tapis de fleurs rouges, dont l’onirisme est renforcé par un fin voile ouateux. 

La voix claire et entêtante d’Adèle Chauvet, discrètement en retrait à droite de la scène, chante l’attente des caresses à la tombée du jour, puis, celle chaude et généreuse d’Agunda Kulaeva fait surgir le souvenir imaginaire d’une femme perdue, en même temps que la femme d’Igor, Yaroslavna, apparaît à son regard. 

Cette très belle image est cependant ambiguë, car on pourrait y voir le Prince pensant à sa première épouse, impression qui s’estompe, par la suite, à l’arrivée de Pavel Černoch, au beau timbre d’amande, qui incarne un Vladimir tendre dans les bras de Konchalovna.

Et l’acte baigne ainsi entièrement dans un esprit de réconciliation et de nostalgie. Les danses polovtsiennes deviennent alors un ballet de l’Eden, magnifié par les corps gracieux et chargés de désirs de jeunes hommes et jeunes femmes nageant dans les fleurs des steppes.

Oksana Dyka (Yaroslavna)

Oksana Dyka (Yaroslavna)

L’acte II, lui, débute par la seconde scène originelle (de l’acte I).

Oksana Dyka, vêtue d’une fière robe grenat, superbe Chimène, paraît seule mais déterminée au milieu de la cour du palais. Artiste clivante, elle l’est, car si on peut lui reprocher certaines sonorités aigües pincées, la personnalité qu’elle dépeint est forte et passionnée. Elle est de plus une très belle femme au regard mystique. Vocalement, elle possède un souffle phénoménal qui lui permet de filer des lignes infinies, et le médium de son timbre exprime vaillamment de profonds élans de noble mélancolie.

L’arrivée des Boyards, ses conseillers, est l'un des grands moments impressifs de cet opéra, car le chœur masculin use alors de ses graves sinistres et intrigants pour annoncer à la princesse la défaite d’Igor.  De bout en bout, les chanteurs du Chœur d’Amsterdam, dirigés par Ching-Lien Wu, font entendre des sonorités harmonieusement détaillées, fluides et colorées de grâce, une merveille dans ce répertoire slave.

Danses Polovtsiennes

Danses Polovtsiennes

Et alors que les hommes de Yaroslavna étaient vêtus de costumes vert de gris parés de palmes dorées, l’armée de Galitski est représentée comme une réplique de l’Armée rouge, en bleu et rouge.

Dmitri Ulyanov, qui interprète à la fois le rôle du successeur temporaire d’Igor et le Khan Konchak, dévoile un caractère burlesque et léger, tout en chantant d’une voix bien timbrée et ironiquement sombre, ce qui lui permet à la fois de paraître un beau-frère sans dimension impériale, et un chef polovtsien magnanime.

Le croisement intelligent des scènes de l’acte II rend alors possible de donner un sens à sa présence en le faisant disparaître dans la panique spectaculaire créée par l’arrivée de l’ennemi, au point de suggérer que Yaroslavna est le commanditaire insoupçonné de son meurtre. Les nombreuses portes permettent le soudain surgissement du choeur.

Une façon géniale d’ajouter une atmosphère de complot à cette scène qui s’achève par l’effondrement du palais.

Oksana Dyka (Yaroslavna) et Ildar Abdrazakov (Le Prince Igor)

Oksana Dyka (Yaroslavna) et Ildar Abdrazakov (Le Prince Igor)

Tout au long de cet acte, on admire également les chorégraphies entraînantes des chœurs, que l’on voit même entamer une danse bien rythmée, païenne aurait-on envie de dire, les poings levés au ciel, autour de Galitski. Un éblouissement gai et jouissif.

Le dernier acte, qui repose sur l’acte IV initial interpénétré, comme en un songe marqué par les changements de luminosité, par des saynètes de l’acte III, décrit enfin un monde en recherche de rédemption, une résonance salutaire qui fait écho au Parsifal de Richard Wagner (sur le thème de la chute d’un monde et de sa reconstruction).

Ildar Abdrazakov (Le Prince Igor)

Ildar Abdrazakov (Le Prince Igor)

Le décor est délabré, déprimant, et des filets d’eau chutent depuis le toit du palais. Tous sont recouverts de haillons, et chacun, Skula (Vladimir Ognovenko) et Yerosha (Andrei Popov) y compris, tire leçon de cette épopée destructrice.

La confusion est telle que l’on distingue à peine les chanteurs principaux du reste du peuple. Le spectateur se retrouve face à un amas de pierres et d’humains indistincts.

Dans une recherche d’effets véristes, s'entend ainsi la nourrice pleurer à voix déchirée, et l'attente désespérée d’une déité qui ne survient pas.

Adèle Charvet (A Polovtsian Maiden)

Adèle Charvet (A Polovtsian Maiden)

Ildar Abdrazakov aura été tout au long de cette épopée un prince fraternel, humain, au chant mature et d’une belle compacité sans aucune inflexion disgracieuse. L’acteur est séduisant, sympathique, avec quelque chose de presque trop sage dans l’intention, il ne peut donc qu'être touchant dans l’acte des réminiscences sur le champ de bataille.

Quant à la direction fine et splendide du jeune chef russe Stanislav Kochanovsky, elle allie joliment les timbres des cuivres, des bois et des vents, fluidifie les lignes et dégage une poésie qui ne vient jamais s’imposer au drame, sinon l’encenser de façon subliminale.

Oksana Dyka (Yaroslavna) et Ildar Abdrazakov (Le Prince Igor)

Oksana Dyka (Yaroslavna) et Ildar Abdrazakov (Le Prince Igor)

Sans volonté d’effets tonitruants, même dans les danses, et associés à des chanteurs tous excellents, les musiciens peuvent être heureux d’avoir fait de ce spectacle une référence artistique qui compte dans l’histoire du Nationale Opera et du répertoire russe.

Il semble, pour le moment, que ce ne soit pas cette version du Prince Igor qui sera portée sur la scène de l’opéra Bastille au cours de la saison 2019/2020. La barre est donc déjà très élevée pour l’Opéra National de Paris. A bon entendeur…

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Publié le 5 Février 2017

Mise à jour mars 2017

Krzysztof Warlikowski : Commandeur des Arts et des Lettres
Discours à l’occasion de la remise des insignes de Commandeur des Arts et des Lettres


Lundi 18 mars 2013, lors d’une réception organisée en son honneur à la Résidence de France à Varsovie, le metteur en scène de théâtre et d'opéra Krzysztof Warlikowski a reçu de la part de l’Ambassadeur de France les insignes de Commandeurs des Arts et des Lettres.

Né à Szczecin, c’est en Pologne qu’a démarré le parcours artistique de Krzysztof Warlikowski, pour se poursuivre à travers toute l’Europe jusqu’en Israël. Il appartient à cette génération d’Europe de l’Est qui s’est ouverte au monde après la chute du mur de Berlin, afin d’irriguer la culture académique occidentale d’une nouvelle forme d’expression plus proche, viscéralement, du cœur de la vie.

En France, c’est par le biais du Festival d’Avignon qu’il s’est fait connaitre – avec Hamlet d’abord, puis avec ses autres pièces, Purifiés (Sarah Kane), Le Songe d’une nuit d’été (Shakespeare), le Dibbouk (Shalom Anski et Hanna Krall), Krum (Hanokh Levin) et Angels in America (Tony Kushner).

Krzysztof Warlikowski est non seulement un artiste qui porte un regard profond sur les textes, y compris ceux des livrets d’opéras, qu’il met en scène, mais aussi une personnalité entière et géniale qui réalise un travail de stylisation et d’expression lucide sur la condition humaine dont il tire une force extraordinaire à partir de ses propres tensions internes. Il est également quelqu'un qui, par la vitalité de son discours, nous permet de sortir des rapports humains artificiels que nous connaissons dans la vie, alors que, pourtant, nous sommes dans l'illusion du théâtre. C’est du moins la vision personnelle que j’ai de cet homme.

Et depuis le jeudi 14 avril 2016, sa troupe, le Nowy Teatr, dispose d'un nouveau lieu d'accueil dans un ancien bâtiment industriel, construit en 1927, d'un des rares quartiers de Varsovie à ne pas avoir été rasé par les bombardements pendant la guerre, le quartier de Mokotow.

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     Ewa Dalkowska et Krzysztof Warlikowski

 

Avant de reproduire, ci-dessous, le discours de l’Ambassadeur, un petit rappel de tous les ouvrages qu’il a traduit sur scène depuis 2006, lorsque Gerard Mortier, ancien directeur de l’Opéra National de Paris, le fit découvrir au public parisien, permet de prendre la mesure de ce qu’il a réalisé ces dix dernières années, même si son travail artistique s'exprime depuis plus de vingt ans. Sont ensuite évoqués les projets à venir.

Iphigénie en Tauride (Christoph Willibald Gluck) Palais Garnier (Paris) Juin 2006 & Juin 2008
L'Affaire Makropoulos (Leos Janacek) Opéra Bastille (Paris) Mai 2007 & Mai 2009
Krum (Hanokh Levin) Odéon Théâtre de L'Europe (Paris) Décembre 2007
Parsifal* (Richard Wagner) Opéra Bastille (Paris) Mars 2008
Angels in America (Tony Kushner) Théâtre du Rond Point (Paris) Mai 2008
Le Roi Roger (Karol Szymanowski) Opéra Bastille (Paris) Juin 2009
(A)pollonia (Hannah Krall-J.M Coetzee) Théâtre National de Chaillot (Paris) Novembre 2009
« Un Tramway » nommé désir (T.Williams) Odéon Théâtre de L'Europe (Paris) Février 2010
Macbeth (Giuseppe Verdi) Théâtre de la Monnaie (Bruxelles) Juin 2010
The Rake's progress (Igor Stravinsky) Staatsoper im Schiller Theater (Berlin) Décembre 2010
La Fin. Koniec (B-M. Koltès-F.Kafka,J.M Coetzee) Odéon Théâtre de L'Europe (Paris) Février 2011
Médée (Luigi Cherubini) Théâtre de la Monnaie (Bruxelles) Avril 2008 & Septembre 2011
Contes Africains (d’après Shakespeare) Théâtre National de Chaillot (Paris) Mars 2012
Eugène Onéguine (Piotr Ilitch Tchaïkovski) Bayerische Staatsoper (Munich) Juillet 2008 & Mars 2012
Poppea e Nerone (Claudio Monteverdi-Orch Boesmans) Teatro Real (Madrid) Juin 2012
Lulu (Alban Berg) Théâtre de la Monnaie (Bruxelles) Octobre 2012

Kabaret (John Fosse) Festival d’Avignon Juillet 2013 et Palais Chaillot (Paris) Février 2014
L'Affaire Makropoulos (Leos Janacek) Opéra Bastille (Paris) Reprise Septembre 2013
Die Frau Ohne Schatten (Richard Strauss) Bayerische Staatsoper (Munich) Novembre 2013
Alceste (Christoph Willibald Gluck) Teatro Real (Madrid) Mars 2014
Don Giovanni (Wolfgang Amadé Mozart) Théâtre de la Monnaie (Bruxelles) Décembre 2014
                  Die Franzosen (The French) (Marcel Proust) RuhrTriennale (Gladbec) Août 2015                              Le Château de Barbe Bleue (Bartok) / La Voix Humaine (Poulenc) Opéra Garnier (Paris) Novembre 2015 Phèdre(s) (W.Mouawad - S.Kane) Odéon-Théâtre de l'Europe avec Isabelle Huppert mars/mai 2016                 

Il Trionfo del Tempo e del Disinganno (Haendel)  Festival d'Aix en Provence Juillet 2016

Die Franzosen (The French) (Marcel Proust) Théâtre Chaillot (Paris) Reprise Novembre 2016

Iphigénie en Tauride (Christoph Willibald Gluck) Palais Garnier (Paris) Reprise Décembre 2016

* La production de Parsifal a été détruite sous la direction de Nicolas Joel, directeur de l'Opéra National de Paris de 2009 à 2014.


Parsifal_Acte2_02b.jpg     Waltraud Meier (Kundry) dans Parsifal en mars 2008

 

Alors que les saisons 2017/2018 se dévoilent petit à petit, ses futurs projets commencent à être bien connus :

Wozzeck (Alban Berg)  Dutch National Opera (Amsterdam) Mars 2017

Die Gezeichneten - Les Stigmatisés (Franz Schreker)  Bayerishe Staatsoper (Munich) Juillet 2017

Die Frau Ohne Schatten (Richard Strauss) Bayerische Staatsoper (Munich) Reprise Juillet 2017

Pelléas et Mélisande (Claude Debussy) RuhrTriennale (Bochum) Août 2017

Don Carlos (Giuseppe Verdi) Opéra Bastille (Paris) octobre 2017

De la Maison des Morts (From the House of the Dead) (Janacek) Royal Opera House Londres 2018

Don Carlo (Giuseppe Verdi) Opéra Bastille (Paris) 2018/2019 (reprise en italien)

AMakropoulos05b.jpg  Angela Denoke (Emilia Marty) dans l'Affaire Makropoulos en mai 2009
 

 

 

 

Discours à l’occasion de la remise
des insignes de Commandeur des Arts et des Lettres
à M. Krzysztof Warlikowski
(lundi 18 mars 2013)



Monsieur le ministre,
Messieurs les députés,
Messieurs les sénateurs,
Mesdames et messieurs, chers amis,
Cher Krzysztof Warlikowski,

J’ai le grand plaisir de vous accueillir ce soir dans la résidence de France, face à cet auditoire nombreux d’amis et d’admirateurs, pour vous remettre les insignes de commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

Cet ordre est l’un des quatre ordres ministériels de la République française et en conséquence l’une de ses principales distinctions honorifiques, par laquelle le Ministre de la Culture honore celles et ceux qui se sont illustrés, soit par leurs contributions au patrimoine mondial dans le domaine artistique ou littéraire, soit par la contribution qu’ils ont apportée au rayonnement de la culture française dans le monde.

Krzysztof Warlikowski, vous êtes l’un des plus grands metteurs en scène de théâtre, un metteur en scène dont la notoriété dépasse les frontières de la Pologne et de l’Europe. Vous êtes aussi, de par votre carrière internationale, un représentant de l’Europe de la culture d’aujourd’hui, plurilingue et pluriculturelle, authentiquement polonaise et authentiquement universelle.

Permettez-moi de revenir sur quelques traits marquants de votre vie et de votre carrière. Je ne m’aventurerai pas, en effet, à en faire un tableau exhaustif tant elle a été jusqu’à ce jour extraordinairement riche et diversifiée.

Vous avez fait des études d’histoire, de philosophie et de philologie romane à l’Université Jagellonne de Cracovie. Vous avez également étudié pendant une année l’histoire du théâtre à l’École Pratique des Hautes Études de la Sorbonne. Vous avez commencé l’étude de la mise en scène à l’Académie du Théâtre de Cracovie où vous avez signé vos premiers spectacles, Nuits blanches de Dostoïevski et L’Aveuglement d’Elias Canetti.

Votre curiosité et votre soif de nouvelles formes d’expression théâtrale vous ont amené ensuite à travailler avec les plus grands noms de la scène européenne. Vous avez été l’assistant de Peter Brook sur le spectacle Impressions de Pelleas, présenté aux Bouffes du Nord à Paris, et dans le cadre d’un atelier organisé par les Wiener Festwochen en Autriche. Vous avez aussi collaboré à la mise en scène par Krystian Lupa de l’œuvre de Rainer Maria Rilke, Malte, au Stary Teatr de Cracovie. Giorgio Strehler vous a également accompagné dans l’adaptation pour la scène d’À la recherche du temps perdu de Marcel Proust au théâtre Schauspiel de Bonn.

Votre passion pour William Shakespeare transparaît dans la liste des très nombreuses mises en scène que vous avez faites de ses œuvres majeures : Le Marchand de Venise, Le Conte d’hiver, Hamlet, La Mégère apprivoisée, La Nuit des rois, La Tempête... À côté des grands classiques tels Sophocle et Euripide, vous avez également mis en scène des textes d’auteurs contemporains : je ne citerai que deux d’entre eux, Bernard-Marie Koltès et Sarah Kane.

Votre carrière internationale vous a amené, vous et votre fidèle troupe d’actrices et d’acteurs dont le talent ne laisse de faire l’admiration des critiques et des publics, aux Bouffes du Nord, au Piccolo Teatro, au Kammerspiele de Hambourg et au Staatstheater de Stuttgart, à Zagreb en Croatie et jusqu’en Israël. Mais elle ne vous a jamais éloigné de la Pologne, où vous avez travaillé et continuez à travailler, parcourant le pays pour y monter vos spectacles. Les publics de Cracovie, Poznań, Toruń, Varsovie, Radom, Wrocław, pour ne citer que ces villes, vous accueillent toujours avec curiosité et passion.

J’ajouterai que vous avez été l’hôte de plusieurs éditions du Festival d’Avignon, lors desquelles vous avez proposé Hamlet, Kroum et bien sûr (A)pollonia, qu’une critique française décrivait en ces termes : « un long fleuve impétueux charriant des matériaux disparates et grondant de bruits et de fureur, flot fascinant qui brasse émotions et savoirs, matière en fusion comme sortie d’un volcan en violente éruption et qui crache les pensées comme les sentiments, les faits établis comme les analyses rigoureuses, les vérités de fantaisie comme les actes de l’histoire. »

Je voudrais encore citer votre adaptation très personnelle et remarquée de Tennessee Williams avec votre mise en scène à l’Odéon de Paris il y a trois ans d’Un Tramway, dont le rôle principal était joué par une actrice française que nous admirons tous – et qui vous admire, Isabelle Huppert.

Le théâtre ne suffisant pas à votre soif de création et de découvertes, vous vous aventurez, depuis plusieurs années, dans la mise en scène d’œuvres d’opéra, le Don Carlos de Verdi ou encore l’Ubu Roi de Penderecki

Vous êtres directeur artistique du Nowy Teatr de Varsovie depuis 2008. Ce ne sera un étonnement pour personne d’apprendre que vous vous êtes déjà attelé à un nouveau défi, la mise en scène d’un spectacle intitulé Kabaret, dont la première en Pologne est prévue en juin prochain et qui sera ensuite présenté au festival d’Avignon.

Mon très cher Krzysztof, toutes ces mises en scènes, dans lesquelles vous tentez d’explorer et de mettre au jour les méandres de l’âme humaine, sont le reflet d’une étonnante capacité de travail et de création qui, je dois l’avouer, ne laisse pas de susciter un profond sentiment d’admiration.

Pour votre apport insigne à la culture universelle, mais aussi en hommage à l’attachement indéfectible que vous vouez à la France, à notre culture et à notre langue, le gouvernement de la République française a décidé de vous nommer commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

Krzysztof Warlikowski, au nom du ministre de la Culture, je vous fais commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres.
 
Le discours sur le site de l'Ambassade de France

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Publié le 3 Février 2017

TV-Web Février 2017 - Lyrique et Musique

Chaînes publiques

Dimanche 05 février 2017 sur Arte à 17h30
Ravel, Prokofiev, Dvorak - dm Poga - Folles journées de Nantes

Lundi 06 février 2017 sur Arte à 01h30
Le Sacre du Printemps pour deux pianos (Stravinsky) - Kadouch, Laloum

Lundi 06 février 2017 sur Arte à 02h35
Les Quatre saisons (Vivaldi) - Max Richter

Vendredi 10 février 2017 sur France 2 à 00h00
Il Mondo de la Luna (Haydn) - dm Rhorer - ms Sagi

Do, Bridelli, Candia, Le Corre

Samedi 11 février 2017 sur France 3 à 00h30
Dona Francisquita (Vives) - dm Caballé Domenech - ms Sagi

Melian, Mouriz Aurora, Prieto, Alvarez

Dimanche 12 février 2017 sur arte à 23h30
Dans le ventre de Notre-Dame - Documentaire sur le grand orgue

Dimanche 19 février 2017 sur France 3 à 00h30
La Damnation de Faust (Berlioz) - dm Jordan - ms Hermanis

Kaufmann, Koch, Terfel

Dimanche 19 février 2017 sur Arte à 18h30
Jonas Kaufmann chante le Berlin des années 1930

Dimanche 26 février 2017 sur Arte à 18h20
L'orchestre du festival de Dresde joue Robert Schumann

Lundi 27 février 2017 sur Arte à 00h15
Le Coq d'Or (Rimski-Korsakov) - dm Altinoglu - ms Pelly

Hunka, Dolgov, Vassiliev, Zwierko


Mezzo et Mezzo HD

Mercredi 01 février 2017 sur Mezzo à 20h30
Les Troyens de Berlioz au Royal Opera House

Vendredi 03 février 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Valery Gergiev dirige Samson et Dalila de Saint-Saëns

Samedi 04 février 2017 sur Mezzo à 20h30
Macbeth de Verdi au Royal Opera House de Londres

Dimanche 05 février 2017 sur Mezzo HD à 22h15
Les Indes Galantes de Rameau par Christophe Rousset

Mercredi 08 février 2017 sur Mezzo à 20h30
Agrippina de Haendel au Theater an der Wien

Vendredi 10 février 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Dardanus de Rameau au Grand-Théâtre de Bordeaux

Samedi 11 février 2017 sur Mezzo à 20h30
Nixon In China de John Adams au Théâtre du Châtelet de Paris

Dimanche 12 février 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Valery Gergiev dirige Eugène Onéguine de Tchaïkovski au Mariinsky

Mercredi 15 février 2017 sur Mezzo à 20h30
La Cenerentola de Rossini à l'Opéra de Rennes

Vendredi 17 février 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Valery Gergiev dirige Guerre et Paix de Prokofiev au Mariinsky de Saint-Pétersbourg

Samedi 18 février 2017 sur Mezzo à 20h30
L'Etoile de Chabrier à Amsterdam

Dimanche 19 février 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Les Indes Galantes de Rameau par Christophe Rousset

Mercredi 22 février 2017 sur Mezzo à 20h30
L'Heure Espagnole de Ravel au Festival de Glyndebourne
L'Enfant et les Sortilèges de Ravel au Festival de Glyndebourne
Sancta Susanna d'Hindemith à l'Opéra de Lyon

Vendredi 24 février 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Dardanus de Rameau au Grand-Théâtre de Bordeaux

Samedi 25 février 2017 sur Mezzo à 20h30
Hamlet de Thomas dirigé par Marc Minkowski à la Monnaie de Bruxelles

Dimanche 26 février 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Dardanus de Rameau au Grand-Théâtre de Bordeaux

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Concert Arte

Macbeth (Théâtre de la Monnaie de Bruxelles)

"Kalila Wa Dimna" de Moneim Adwan au Festival d'Aix-en-Provence

La Flûte Enchantée (Académie du Teatro alla Scala)

L'Orfeo (Opéra de Lausanne) - ms Robert Carsen

Samson et Dalila (Opéra National de Paris)

Norma (Teatro Real de Madrid) - ms Davide Livermore

Manon (Grand Théâtre de Genève) - ms Olivier Py

Mefistofele (Festival de Baden Baden) - ms Philipp Himmelmann

Les Trois Ténors - les inédits

 

Sur Operaplatform, Culturebox etc...

La Traviata - Chorégies d'Orange jusqu'au 04 février 2017

Orfeo - Rossi (Opéra de Nancy) jusqu'au 09 février 2017

Le Vaisseau Fantôme (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 12 février 2017

Les Chevaliers de la table ronde d'Hervé (Teatro Malibran) jusqu'au 15 février 2017

Labirinto d'amore (Festival de Sable) jusqu'au 25 février 2017

Alcina (Grand Théâtre de Genève) jusqu'au 25 février 2017

 

Otello (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 23 mars 2017

Le Prince Igor (Bolshoi) jusqu'au 24 mars 2017

Les Noces de Figaro (Opera d'Amsterdam) jusqu'au 26 mars 2017

 

Les Stigmatisés (Opéra de Lyon) jusqu'au 06 avril 2017

Sancta Susanna (Opéra de Lyon) jusqu'au 06 avril 2017

Von Heute auf Morgen (Opéra de Lyon) jusqu'au 06 avril 2017

Eliogabalo (Opéra National de Paris) jusqu'au 08 avril 2017

Manon Lescaut (Aubert) - Opéra Royal de Wallonie jusqu'au 17 avril 2017

La Bohème - Teatro Regio jusqu'au 20 avril 2017

Goplana - Polish National Opera jusqu'au 02 mai 2017

The Nose - Covent Garden jusqu'au 08 mai 2017

Les Contes d'Hoffmann (Opéra National de Paris) jusqu'au 22 mai 2017

Les perles de Cléopâtre (Komische Oper Berlin) jusqu'au 02 juin 2017

L'Amico Fritz - Teatro de la Fenice jusqu'au 03 juin 2017

Le Coq d'Or (La Monnaie de Bruxelles) jusqu'au 22 juin 2017

La Bohème - Opera de Liège jusqu'au 24 juin 2017

La Cenerentola (Opéra de Lille) jusqu'au 20 octobre 2017

Nabucco (Opera Royal de Wallonie) jusqu'au 27 octobre 2017

Aquagranda de Filippo Perocco (Teatro La Fenice) jusqu'au 14 novembre 2017

Le Requiem de Mozart (Philharmonie de Paris) - dm rené Jacobs - jusqu'au 26 novembre 2017

Don Giovanni (Opéra de Liège) jusqu'au 23 novembre 2017

Le Vaisseau Fantome (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 27 décembre 2017

La Bohème (Festival d'Opéra en plein air) jusqu'au 29 décembre 2017

La Damnation de Faust (ms Ruggero Raimondi) jusqu'au 01 février 2018

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique