Publié le 29 Août 2008

Dimanche 31 août 2008 sur Arte à 20h40

Ludwig ou le Crépuscule des Dieux (1ère partie)

Film de Luchino Visconti avec Helmut Berger et Romy Schneider

 

Dimanche 31 août 2008 sur Arte à 22h30

Documentaire. Bayreuth, La Colline Sacrée

Histoire, témoignages, entretiens... Wolfgang Wagner, Christian Thieleman, ...

 

Lundi 01 septembre 2008 sur Arte à 21h00

Ludwig ou le Crépuscule des Dieux (2ième partie)

Film de Luchino Visconti avec Helmut Berger et Romy Schneider

 

Lundi 01 septembre sur Arte à 22H55

Puccini: Turandot. Chen Kaige, mise en scène. Zubin Mehta, direction musicale

Enregistré à Valence (Espagne) en mai 2008
Maria Guleghina, Javier Agulló, Alexánder Tsimbaliuk, Marco Berti, Alexia Voulgaridou.

 

Mardi 02 septembre sur France 2 à 00H55

Verdi : Rigoletto (Vienne 1983, direction Chailly)

Ingvar Wixell, Luciano Pavarotti, Ferruccio Furlanetto, Edita Gruberova

 

Dimanche 07 septembre 2008 sur Arte à 19h00

Concert. Mozart: concerto pour 2 pianos et orchestre. Aimard, Stefanovich

Réalisation : Andy Sommer. Coproduction : ARTE, Bernhard Fleischer Moving Images (2008, 43mn)

Lundi 08 septembre 2008 sur TF1 à 02h10

Dvorak : Rusalka

Enregistré à l'Opéra Bastille en 2002

Avec Renée Fleming, Sergei Larin, Larissa Diadkova, Franz Hawlata

Dimanche 14 septembre 2008 sur France 3 à 01h45
Malher : Symphonie n°2
Orchestre de Paris, direction Eschenbach avec S. Saturova, M. Fujimura, Ph. Aïche

Dimanche 14 septembre 2008 sur Arte à 19h00 (durée 90mn)

Concert. Rachmaninov: Concerto pour piano n°2. Grimaud, Abbado (Lucerne, 2008)

La Tempête, fantaisie symphonique en fa mineur op. 18 de Piotr Ilitch Tchaïkovski,

le Deuxième Concerto pour piano et orchestre en ut mineur op. 18 de Sergei Rachmaninov et L’Oiseau de feu, suite pour orchestre d’Igor Stravinski.

Lundi 15 septembre
 2008 à 01H35 sur TF1 (durée 185 mn)
Guillaume Tell de Rossini

Opéra Bastille, mise en scène Francesca Zambello
Hasmik Papian, Thomas Hampson, Marcello Giordani        Direction B.Campanella

Lundi 15 septembre 2008 sur Arte à 22h30 (durée 55mn)

Ballet. Body Remix. Jean-Sébastien Bach: Les variations Goldberg

Compagnie Marie Chouinard


Mardi 16 septembre 2008 sur France 2 à 01h30

Sylvia (Delibes)

Corps de ballet et orchestre de l'Opéra National de Paris (2005)

 

Samedi 20 septembre 2008 sur France 3 à 00H20

Le sacre du printemps (Stravinsky)

Direction Danièle Gatti

 

Dimanche 21 septembre 2008 sur France 3 à 01h05

Festival d'Ambronay : Messe de Salieri et Requiem de Mozart

Direction Daniel Cuiller

 

Dimanche 21 septembre 2008 sur Arte à 19h00

Concert. Gustavo Dudamel joue Ravel et Ginestra (Lucerne 2007)

 

Mardi 23 septembre sur France 2 à 00H55

Strauss : Arabella (Châtelet 2002)

Karita Matilla, Barbara Bonney, Thomas Hampson


Mardi 30 septembre 2008 sur Arte à 20H00

Verdi : Traviata (en direct de la gare de Zürich)

Le plus naturellement du monde, les artistes lyriques évolueront parmi les passants grâce à un complexe dispositif : près d'une quinzaine de caméras.

Avec Eva Mei, Vittorio Grigolo, Angelo Veccia

 

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 26 Août 2008

West-Eastern Divan Orchestra

Concert du 25 août 2008 à la salle Pleyel

 

WaltraudMeierb.jpgVariations op. 31, de Schoenberg

Ier acte de la Walkyrie

 

Siegmund Simon O'Neill

Sieglinde Waltraud Meier

Hunding René Pape

 

Direction Daniel Barenboim

 

Nul doute que les variations de Schoenberg n’étaient pas le clou de la soirée, pourtant force est de constater que cette musique est réellement inspiratrice tant elle donne le sentiment de décrire une action complexe faite d’intenses séquences, un peu à la manière des films d’Hitchcock, et d’ambiances plus frivoles, flûte et clarinette souplement libérées.

 

 

 

 

                    Waltraud Meier (Sieglinde)

Très intéressante ouverture de la Walkyrie, tendue et plutôt sèche, qui s’ouvre sur un univers où les multiples ondes orchestrales s’entrelacent admirablement sous la direction efficace de Daniel Barenboim mais tout en laissant les cuivres à des éclats un peu plus pâles.

L’ impressionnant Hunding de René Pape emplit la salle entière en toute facilité, et le valeureux Siegmund de Simon O’Neill, voix bien dirigée, très claire et souple donne un côté saillant plus proche du guerrier héroïque que de l’amoureux romantique.

Seulement Waltraud Meier est toujours aussi épatante, crédible même en version concert, passant de la résignation au ravissement extatique d’une manière belle à pleurer car rien ne trahit la moindre faiblesse après tant d’années d’engagement scénique. Ces moments là comptent, et nous le savons.

Après ce premier concert parisien de la saison, parisien mais pas avec la superficialité de certains concerts qu’il est parfois vital de fuir, Daniel Barenboim profite de la fin de la tournée estivale du West-Eastern Divan Orchestra pour rappeler que c’est aujourd’hui un des rares cadres qui permette à ces musiciens du Moyen Orient de se rencontrer, politiquement inacceptable dans cette région.

 

Le West-Eastern Divan Orchestra, Simon O'Neill, Daniel Barenboim, Waltraud Meier

Mais qui peut croire aujourd’hui que la politique est l’art d’améliorer le cadre de vie des peuples de manière équitable, et qui peut croire réellement que les citoyens des sociétés occidentales ont sincèrement cette motivation?

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Publié le 24 Août 2008

Le 29 mars 2006, l’éclipse de soleil qui surplombait la Libye s’était achevée sur la pointe nord de la Mongolie au moment du coucher des deux astres.

Et bien un peu à la manière d’un passage de relais, la Mongolie est devenu la nouvelle destination pour observer l’éclipse de soleil du 01 août 2008.

L’éclipse n’est bien sûr qu’un prétexte, une motivation supplémentaire pour se rendre dans une région peu connue et compléter notre mémoire d'une nouvelle vision humaine.

 

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Photomontage de l'éclipse de soleil du 01 août 2008. 10 minutes séparent chaque phase du chapelet.       La protubérance en bas à droite est visible partiellement faute d'une photo du 3ième contact.

La première vision a de quoi surprendre car une fois passé le spectacle des tristes blocs soviétiques que les nouvelles constructions de verre viennent petit à petit remplacer, une évidence s’impose : la population d’Ulan Bator est maintenant embarquée dans le flot de la société de consommation, le concert de klaxons ne s’arrête jamais, et même les enseignes françaises se distinguent parmi les affiches invitant à la célébration de Ghengis Khan, un guerrier ! Mais peut être ce culte traduit-il surtout l’attente d’une direction ?

Vient alors la seconde vision depuis un avion de ligne intérieure, celle des steppes vertes où s’éparpillent les yourtes, puis les dunes de sables avant d’atterrir à Khovd point d’entrée vers les steppes montagneuses de l’Altaï Mongol.

 

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Camp de yourtes au bord du Lac Noir (Khar Nuur), site de l'éclipse.

En remontant vers la province de Bayan-Olgiy, à l’extrême nord ouest, c’est vers un tout autre peuple que nous nous dirigeons.

Car pas moins de 100.000 Kazakhs à la culture nomade et de religion musulmane vivent ici.

Les visages des jeunes n’expriment que curiosité et sympathie, les enfants conduisent crânement leurs chevaux dés l’âge de 5 ans et tout respire le naturel, sans artifice.

 

3107069bCoucher de soleil sur les sommets de Chine, paysage que l'ombre de la Lune parcourera le lendemain.

Arrivés sur le camp de yourtes de Khar Nuur (le Lac Noir) à 100kms sud-ouest d’Olgiy, nous dénichons au coucher du soleil un site d’observation de l’éclipse depuis un petit col situé à 2600m.

L’horizon est dégagé sur 40 Kms à l’ouest vers les montagnes chinoises.

Lors de ce moment magnifique, deux très jeunes cavaliers s’approchent, s’arrêtent pour nous observer en silence, puis reprennent indifféremment leur balade.

 

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Jeunes cavaliers participant à une course de chevaux.

 

Le lendemain c’est jour de fête. Aux courses de chevaux succèdent les compétitions de tir à l’arc, pas sûr que l’éclipse ne suscite plus d’intérêt chez la population.

En fin de journée, le soleil surplombe l’horizon à une trentaine de degrés dégagé de toute nébulosité.

Le grand spectacle commence par la perte des premiers degrés de température, la variation de luminosité qui accroît étrangement les contrastes puis l’arrivée dramatique de l’ombre de la lune.

 

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Le diamant. ISO 100, Focale 432mm, vitesse 1/500s, ouverture 5.6 (Panasonic Lumix DMC-FZ8).

 

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Couronne solaire. ISO 100, Focale 432mm, vitesse 1/20s, ouverture 3.3 (Panasonic Lumix DMC-FZ8).

Au nord ouest, les sommets de plus de 3500m disparaissent, les nuages blancs s'assombrissent, le diamant scintille et l’élégante couronne solaire accompagnée de Mercure et Vénus surgit dans un ciel anthracite tandis que l’horizon s’illumine de couleurs dans toutes les directions.

De 28°C il ne reste plus que 20°C et même 17°C après la phase de totalité avant que la température ne commence à remonter une demie heure plus tard pour se stabiliser à 23°C et retomber avec le coucher du soleil.

 

0108114b.jpgPaysage et totalité. ISO 100, Focale 36mm, vitesse 1/6s, ouverture 3.2 (Panasonic Lumix DMC-FZ8).       Mercure surplombe la couronne solaire. La forme elliptique de l'ombre à l'horizon est nettement visible, le soleil n'étant qu'à une hauteur de 25°.

Afin de profiter de ces 2 minutes et des poussières, le temps dédié aux photographies est volontairement réduit. Ce moment a nécessité une préparation rigoureuse de la mise au point, une estimation précise des temps de poses et des ouvertures nécessaires pour ne pas avoir à réfléchir dans le feu de l’action.

Indubitablement, une éclipse au dessus d’un paysage grandiose quand le soleil et l’horizon sont dans le même champ de vision (25° ce soir là) est d’une force impressive supérieure à des conditions où le phénomène se produit vers midi, proche du zénith.

 

0408163b.jpgSpectaculaire coucher de soleil sur le lac Hoton.

Le plaisir de cet instant est accru par le fait que les statistiques météorologiques pour le lieu ont été contredites (55% de chance d’avoir un ciel couvert) et maintenant la suite du voyage va nous amener encore plus loin dans cette zone extrême de la Mongolie en longeant la frontière chinoise le long du lac Hoton jusqu’au glacier Potanin d’abord en Oaz (4x4 russes) puis à pied accompagnés de chevaux et chameaux.

 

 Souslik                                                                                    Gerboise mongole.

Les sousliks (écureuils terrestres) et gerboises mongoles avertissent leurs compagnons sur notre passage, les oiseaux migrateurs viennent parfois noircir le ciel du soir sur nos têtes, la nécessaire adaptation à cette nature sauvage s’opère.

Bien sûr il va falloir batailler avec les moustiques mais ce petit inconvénient s’oublie face à l’émotion d’un bain au milieu du lac Hoton (au moins 17°C malgré les 2000m d’altitude) où dans les ruisseaux vivifiants.

 

Edelweiss et Gentianes, flore de Mongolie adaptée à des altitudes de plus de 3000m.

Les Edelweiss abondent, la végétation s’enrichit à 3000m et jusqu'à l’arrivée au pied de cette extraordinaire langue glacière qui dévale au milieu des sommets de plus de 4000m.

 

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Le glacier Potanin.

 

En grimpant sur le flanc sud d’une falaise nous découvrons l’étendue de l’Altaï russe jusqu’au Belukha (4506m), heureusement sans personne pour nous demander notre visa.

Il nous faudra ensuite 3 jours pour quitter cette région qui peut connaître les conditions les plus difficiles pour retrouver Khovd puis rejoindre Ulan Bator.

     Le massif du Beluka vu depuis la frontière russe.

L’inconfort des pistes mongoles (ce qui n’est pas une surprise dans les endroits peu peuplés) suggère que la Mongolie est un pays qui se découvre à cheval.

Peu de chance qu’une éclipse soit la motivation principale pour revenir car la prochaine à s’y produire surviendra en août 2063 après deux éclipses annulaires en 2041 et 2057.

 

        Trajectoires des éclipses totales (bleu) et annulaires (rouge) sur la Mongolie au XXI ième siècle.

Quand à la réplique de cette éclipse, il suffira de se rendre dans le nord de l’Espagne le 12 août 2026 pour l’observer en soirée.

Le site de Sylvain Rivaud fournit d’autres photos et commentaires sur l’éclipse de Mongolie.

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Rédigé par David

Publié dans #Astres, #Eclipse

Publié le 22 Août 2008

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Pays très peu documenté et pourtant le plus proche de la culture européenne de toute l’Amérique latine, le Chili mérite de retrouver le rayonnement que l’épisode Pinochet lui a fait perdre.

Le film de Carmen Castillo « Rue Santa Fe » n’occulte aucune zone d’ombre de cette période mais en s’achevant sur une espérance nouvelle il donne à ce pays fabuleux une ouverture pour révolutionner la discrétion de sa mentalité.

 

Pourquoi les conditions d’observation au Chili sont-elles uniques ?

C’est donc l’occasion de s’y rendre pour révéler une de ses facettes peu connue; terre d’accueil des astronomes du monde entier, le Chili dispose de conditions exceptionnelles pour l’observation du ciel toutes réunies dans la partie nord du pays.

Jugez plutôt :

1. très faible couverture nuageuse (95% de nuits dégagées). Le désert d’Atacama est le plus aride au monde et certaines régions n’ont jamais connu la pluie.

2. réduction de l’épaisseur atmosphérique (25% à 2500m d’altitude et près de 50% à 5000m) ce qui permet de réduire le taux d’humidité, l’eau étant un filtre pour le rayonnement infrarouge et visible.

3. faible turbulence atmosphérique grâce à la proximité de la mer. L’océan joue un rôle de régulateur thermique ce qui limite fortement la force du vent. Sans cela, tout aussi performant que soit un instrument, son pouvoir de résolution serait limité par les mouvements de l’air.

4. faible pollution lumineuse bien que les lumières de La Serena commencent à se voir depuis l’observatoire de La Silla.

 

Quelles questions les Astronomes cherchent-ils à éluder ?

 

A0714b.jpgIl n’est évidemment pas possible en un seul article de rendre compte de tous les aspects d’un voyage au Chili qui a duré trois semaines et où les volets humains, botaniques, géologiques et animaliers y ont eu une place très importante.

Le point de vue proposé est de montrer certains des instruments rencontrés qui permettent aux astronomes de chercher les réponses à des questions qui dépassent notre imagination :

1. Comment les planètes se sont-elles formées ?

2. Comment la vie s’est-elle développée sur Terre et est-elle répandue dans tout l’Univers ?

3. Comment les Galaxies se sont-elles formées ?

4. Que sont la matière et l’énergie sombres ?

Grand et Petit Nuages de Magellan (tels que visibles à l'oeil nu)

Direction donc pour la région d’Antofagasta où deux 4x4 attendent les amis du Club Eclipse prêts pour rejoindre deux instruments professionnels : le Very Large Telescope européen et le Radiotélescope ALMA en cours de construction.

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Le VLT (Very Large Telescope)

Depuis le plateau face au VLT (2635m) à 110kms au sud d’Antofagasta, la nuit à la belle étoile est douce (plus de 10°C) et dans ce désert sec aucune bestiole ne vient ramper jusqu’à votre sac de couchage. Ce serait donc l’endroit idéal pour s’endormir si dame Pleine Lune n’avait pas choisi ce moment pour rayonner feux à puissance maximale.

  A0120b.jpg    Lumières de la pleine Lune sur le Paranal

Arrivés le lendemain  au sommet du Paranal, nous allons avoir deux jours pour découvrir ce complexe astronomique et profiter de ce qui est la véritable perle d’un observatoire : le restaurant… des grillades sont même proposées sur une terrasse en plein soleil !

L’ESO (European Organisation for Astronomical Research in the Southern Hemisphere) a été créée en 1962 et dispose d’une contribution annuelle de 120 millions d’euros tout en employant 570 personnes dans ses trois sites chiliens.

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UT1 (Soleil), UT2 (Lune), UT3 (Croix du Sud) et UT4 (Vénus), les 4 miroirs géants du VLT.

Et c’est le 1er avril 1999, que le premier des 4 télescopes du VLT entre en service.

Chacune des coupoles abrite un miroir de 8m20 de diamètre permettant d’obtenir des images d’objets célestes de magnitude 30.

Le spectacle de ces gigantesques plateformes qui s’ouvrent le soir dans les lueurs du crépuscule est d’autant plus saisissant que tout se passe dans un silence absolu sans le moindre grincement mécanique.

 

Optique adaptative : la structure fabriquée par Nexter    Basculement du miroir de UT2

Ce joyau technologique est d’ailleurs équipé d’un système d’Optique Adaptative qui permet de corriger les turbulences atmosphériques.

En effet chaque miroir repose sur une structure de vérins fabriquée par Giat Industries

A0234b.jpg(devenu Nexter en 2007 et constructeur notamment du char Leclerc et du véhicule d’infanterie VBCI) de façon à pouvoir modifier sa forme et générer ainsi des images d’une qualité de détails inatteignable même par le télescope spatial Hubble.

Pour aider à la mesure de la turbulence, un laser est installé dans une des coupoles afin de créer une étoile artificielle dans l’atmosphère (à 90kms d’altitude). L’écart entre l’étoile observée et sa position théorique permet de calculer les compensations optiques nécessaires.

 

                              Utilisation d'un Laser par UT4 pour créer une étoile artificielle.

Mais ce n’est pas tout : 4 petites coupoles de 1.8m de diamètres coulissent sur des rails à quelques dizaines de mètres des grands miroirs.

Elles constituent en fait comme un second œil. En visant le même objet, un grand miroir et un miroir auxiliaire peuvent être associés en fusionnant leurs signaux. Ainsi la lumière d’un bord étoile (de nature ondulatoire bien entendu) ne va pas arriver avec le même temps de trajet sur chaque miroir.

En variant la position du télescope auxiliaire il est possible d’obtenir des ondes en phases ou déphasées.


Ce principe d’interférométrie rend ainsi possible la mesure du diamètre des étoiles
 

            Au coucher du soleil, un des télescopes auxiliaires dirige son miroir vers l'est.

Observant principalement dans l’infrarouge et le visible, c’est avec le VLT que des astronomes ont pu obtenir également la première image d’un faible point représentant une exo planète c'est-à-dire une planète située hors de notre système solaire.

 

ALMA (Atacama Large Millimiter Array)

Même si les 4 grands télescopes du VLT peuvent fonctionner ensembles quelques nuits par an (par combinaison de 2 ou 3), ils ne suffisent pas pour traquer les signaux émis à la création de l’Univers.

C’est pourquoi l’ESO construit à présent un réseau de radiotélescopes sur les hauteurs du plateau de Chajnantor.

Nous revenons donc à Antofagasta pour prendre la piste vers San Pedro à quelques 300kms à l’Est.

 

A0414b.jpg   Le Salar d'Atacama

Traversée du Tropique du Capricorne, de la Pampa désertique, du Salar d’Atacama d’où 1/3 du Lithium mondial est extrait, escapade vers la Laguna Leija (4300m) pour s’acclimater à l’altitude et finalement direction le poste de garde de l’ALMA pour réaliser la plus haute expédition en 4x4 que chacun n’ait fait jusqu’à présent.

 

A0629b.jpg            Laguna Leija (4300m). En second plan, Aguacalientes (5890m) et Acamarachi (6050m)

Car pour étudier les objets les plus froids de l’Univers (-263°C), les astronomes n’ont pas d’autre choix que de trouver un site où la vapeur d’eau ne pourra qu’absorber faiblement ces signaux.

A 5100m d’altitude, l’air est deux fois plus rare qu’en plaine ce qui n’est pas sans risque et il est recommander de monter à ce niveau avec des bouteilles d’oxygène de secours.

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              Arrivée sur le plateau de Chajnantor (5100m), site du futur Atacama Large Millimiter Array

Le projet ALMA est un partenariat international entre Européen, Nord Américains, Japonais en coopération avec la République du Chili.

Chaque partenaire construit des antennes radio télescopiques qui commenceront à être installées sur le plateau dès 2008 pour une mise en service en 2012.

 


              Antennes japonaises                                       Antenne américaine

Le réseau de 54 antennes (12m de diamètre chacune), auquel s’ajouteront 12 antennes japonaises de 8m, formera un seul instrument travaillant dans les longueurs d’ondes de 0.3 à 10 millimètres.

Les antennes pourront ainsi se déplacer sur une distance de 15kms pour effectuer des opérations de zoom radio et offrir une fenêtre sur les origines célestes, la naissance d’étoiles dans les premiers nuages de gaz et enfin la formation des toutes premières galaxies.

En attendant, un prototype d’antenne est déjà en service.

APEX (Atacama Pathfinder EXperiment) est déjà utilisé par les scientifiques pour étudier la composition de certaines nébuleuses dans des longueurs d’ondes variant de 0.2 à 1.5mm.

Récemment de la Fluorine a été découverte dans Orion ce qui n’avait jamais été perçu avant.

 

A0900b.jpg            Le radiotélescope APEX

La montée sur ce site reste un moment fascinant, le rythme respiratoire y est bien entendu accru, les contrastes de luminosité s’accentuent, et seul un journaliste du quotidien belge Le Soir en sera quitte pour une redescente express.

Nous retrouvons des ingénieurs japonais à la base d’assemblage qui vont nous détailler les caractéristiques des antennes radio avant de quitter ce lieu hors du commun.

  A0602b.jpg              Lever de soleil sur le Chascon (5548m) vu depuis San Pedro

S’en suit une escapade de 4 jours sur l’Altiplano Bolivien où nous sommes saturés de couleurs incroyables, de montagnes entrelacées de strates en dégradés de couleurs rouge, ocre et terre de Sienne, des lagunes d’un vert de magnésium fascinant ou submergés de micro-organismes pourpres.

 

A1001b.jpg     La Lune et Vénus (à droite) visibles à midi à l'oeil nu (frontière Bolivie-Chili)

Puis nous rejoignons le Chili et l’aéroport de Calama pour revenir à Santiago.

 

LA SILLA

Depuis Santiago, l’autoroute mène rapidement à La Serena (400kms au nord de la capitale) puis une piste se dégage vers le Nord-Est pour grimper à l’observatoire de La Silla.

Alors que le VLT du Paranal est le grand vaisseau moderne de l’ESO, le site d’observation original de l’organisation européenne se trouve sur les montagnes de La Silla (2400m).

En 1977 un télescope de 3.6m entre en opération, œuvre d’un gigantisme mécanique ahurissant lorsque l’on se retrouve au pied de sa monture en fer à cheval.

A cette époque, les montures des télescopes sont équatoriales, c'est-à-dire agencées autour d’un axe construit parallèlement à l’axe Nord-Sud de la Terre.

Ceci facilite le suivi d’objets célestes par compensation de la rotation du globe, mais au prix d’une architecture extraordinairement massive et précise.

    Monture "Fer à Cheval" du 3.6m de La Silla

Le Fer à cheval permet de répartir le poids du télescope à la fois sur son axe principal et sur le point de contact entre le fer et le sol, point nécessairement huilé pour limiter les frottements.

Suivant différentes améliorations, cet instrument est toujours en service et est équipé de matériels de mesures pour chasser les planètes extrasolaires.

C’est alors qu’en 1989, un télescope d’un genre nouveau entre en service.

Le NTT (New Technology Telescope) est monté sur une monture Altazimutale (rotation horizontale et verticale pour trouver un objet) plus simple car maintenant tous ses mouvements sont contrôlés par ordinateur.

 

A1609b.jpg            Les coupoles de La Silla vues depuis le 3.6m : à droite au premier plan le NTT

Mais surtout, il est le pionnier d’une nouvelle technologie : l’optique active.

Il est le prototype des télescopes du VLT. Son optique est active car elle permet de corriger les défauts du mince miroir. Elle ne permet cependant pas de corriger la turbulence atmosphérique (optique adaptative), ce qui sera mis au point avec son successeur du Paranal.

Avec son diamètre de 3.58m et des images 3 fois plus piquées que le plus ancien 3.6m, le NTT reste un acteur majeur dans l’observation des galaxies lointaines.

 

La majorité des 19 coupoles de La Silla n'est plus en service.

Se distingue alors le petit télescope genevois Euler.

Rouge et de 1.2m de diamètre, il est devenu un des grands outils dans la recherche d’exo planètes.

Le 1er mai 2007 c’est lui qui observa le transit complet d’une planète de la taille de Neptune, GJ436b, découverte quelques jours avant dans les Alpes valaisannes à l’observatoire suisse François-Xavier Bagnoud (OFXB) mais dans des conditions météorologiques difficiles.

Et c'est avec surprise que la constitution de cette planète s'est révélée être de la glace d'eau chaude !?

 

Le télescope suisse Euler

Il ne reste plus qu’à observer le ciel austral à la nuit tombée avec nos instruments bien modestes, nulle part ailleurs la Voie Lactée ne nous a paru plus brillante que lors des nuits chiliennes.

 

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           La voie Lactée vers le Sagittaire, la Lune se couchant suivie par Jupiter.

           En bas à gauche, les lumières de la Serena sont perceptibles.

Mais après avoir fait le tour des installations européennes, il est temps de s’intéresser à la concurrence américaine.

Rien de plus simple, car à 30kms au nord, l’observatoire de Las Campanas nous attend avec l’accueil le plus informel que nous ayons rencontré.

 

LAS CAMPANAS

C’est en 1902 que l’industriel Andrew Carnegie fonde le Carnegie Institution of Washington.

Son ambition est que cette organisation de recherche scientifique regroupe des hommes et des femmes exceptionnels et capables de travailler à la pointe de leur domaine.

 

    Les deux coupoles Magellan, Baade et Clay

Plus tard, cette institution créé un consortium avec les Universités d’Harvard, du Michigan et d’Arizona pour construire l’outil astronomique le plus performant au monde.

Ainsi, c’est en septembre 2002 que les deux télescopes Magellan sont entièrement exploités par les astronomes depuis les hauts de Las Campanas.

  

Avec leurs diamètres de 6.5m et une technologie miroir innovante (l’épaisseur du film d’aluminium qui sert de réflecteur n’est que de 0.1 micron !), Baade et Clay atteignent des performances proches de celles du VLT pour des programmes de recherches similaires que ce soit l’étude de trous noirs de galaxies ou bien l’observation d’exo planètes.

                                                                                            Miroir d'un des télescopes Magellan

 

 

 

Et de même qu’en 1977 La Silla inaugurait un 3.6m équatorial, Las Campanas mettait à disposition Irénée du Pont Télescope (hommage à l’homme d’affaire américain), d’un diamètre de 2.5m mais avec un champ de vision très large pour réaliser de l’astrophotographie directe.

Nous avions prévu initialement de finir notre voyage en passant par les observatoires américains de Cerro Tololo (avec un télescope de 4m) et Cerro Panchon (la construction du télescope de 8m s’achève en 2008) mais le manque de temps ne nous a pas laissé d’autre choix que de revenir à Santiago après un petit détour vers une ville pleine de chaleur d’âme : Valparaiso.

 

                                            Le télescope Irénée du Pont

Nul doute qu’un retour au Chili vers 2020 s’annonce encore plus spectaculaire car la course aux télescopes géants est tout juste lancée :

Las Campanas vient d’être choisi pour accueillir le futur télescope de diamètre équivalent 24m avec optique adaptative pour une mise en service vers 2016, alors que l’ESO désireuse de maintenir sa supériorité en astronomie sol vient de lancer l’étude préliminaire d’un télescope géant de 42m de diamètre (Le European Extremely Large Telescope E-ELT) pour une première utilisation en 2018!

Car malgré tout, 95% de notre univers est toujours inconnu et constitué de ces mystérieuses matière et énergie noires.

 

A1814b.jpg  Valparaiso

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Rédigé par David

Publié dans #Astres