La forza del destino - La force du destin (Verdi)

Publié le 13 Mars 2009

Genèse de l’œuvre

Les évènements que Verdi a évoqué dans un si grand nombre de ses opéras sont sur le point de s’accomplir.

La guerre tourne à l’avantage décisif des Français et des Piémontais (victoire de Solferino le 24 juin), mais le 12 juillet 1859, Napoléon III propose l’armistice aux Autrichiens.
L’Autriche garde la Vénétie, Cavour démissionne.

L’insurrection des états se poursuit, les plébiscites s’organisent, et Verdi est élu le 4 septembre pour représenter Busseto à l’Assemblée des provinces de l’état de Parme.

Le 21 janvier 1860, Cavour reprend sa place à la tête du gouvernement et aboutit le 24 mars à la signature du traité rattachant l‘Italie centrale au Piémont, tandis que la France reçoit Nice et la Savoie.

Le 11 mai, Garibaldi débarque avec ses « Mille » en Sicile, mate les forces des Bourbons, prend Palerme et entre à Naples en septembre.
La prise du port de Gaète le 13 février 1861 marque la fin du Royaume des Deux-Siciles et de la guerre.

Et donc, le 19 février 1861 le premier parlement Italien s’ouvre avec la présence du député Giuseppe Verdi, élu à Busseto le mois précédent.

Le 17 mars1861, Victor-Emmanuel II est proclamé roi par le parlement italien., mais la Vénétie et les États Pontificaux  restent détachés du royaume.

Entre temps, une proposition pour composer un opéra arrive de Saint Petersbourg.
Verdi suggère « Ruy Blas » mais le Théâtre Impérial refuse le sujet.

L’annonce de la mort de Cavour, en juin, est alors un coup dur pour Verdi. Et malgré cette disposition d’esprit, il signe un contrat avec Saint Petersbourg et se rend en Russie en novembre.

Depuis la fin de l’été, Verdi a en effet choisi le drame de « Don Alvar » de don Angelo di Saavedra, duc de Rivas (poète, dramaturge et homme politique espagnol).
Il y voit une action qui fait intervenir avec la même variété et la même intensité que dans la vie, la douleur et le sourire, la bonté et la haine.

Arrivé dans la « capitale du froid », il doit cependant repousser à la saison suivante la première car la Prima Donna est souffrante et sans remplaçante.

En attendant, Verdi revient en Italie où son amie Mme Maffei lui présente Arrigo Boito qui va lui écrire l’ « Inno delle Nazioni » sur lequel il va pouvoir écrire la cantate qu’il compte proposer pour l’exposition internationale de Londres.

La pièce y est très bien accueillie, mais dès septembre, Verdi et sa femme retournent à Saint-Petersbourg.

Les répétitions commencent et le 10 novembre 1862, la Forza del destino est représentée avec succès au Théâtre Impérial.

Drame bon pour le cirque, a t’on dit, en effet le drame plait aux parterres les plus populaires.
Pour Verdi, la vie a un aspect tragique et burlesque qu’il veut faire pénétrer dans ses opéras. Les hommes, pour lui, sont à la fois féroces et ridicules.

Ensuite, Verdi et La Strepponi se rendent à Madrid, où « La Forza del destino » y est mis en scène par le compositeur avec de grands chanteurs le 21 février 1863.

Six ans plus tard, Verdi en remaniera le livret et la musique pour la création milanaise, peu avant la composition d'Aïda.


La Forza del destino

Depuis le début du XVIIième siècle, l’Espagne est en décadence. Louis XIV en a d’ailleurs profité pour lui prendre une partie de la Flandre ainsi que la Franche-Comté.
Ensuite, la guerre de succession d’Espagne (1701-1714) aboutit à l’intronisation d’un petit fils du Roi Soleil, Philippe d’Anjou, et à la perte de Minorque, Gibraltar, Naples, la Sardaigne et le Milanais.

Mais lors de la Guerre de succession de Pologne (dont Verdi tire son deuxième opéra Giorno di Regno), les Espagnols alliés de la France envahissent le Royaume des deux Siciles, menés par le fils de Philippe, Charles Ier.
Après la victoire sur les Autrichiens le 25 mai 1734 à la bataille de Bitonto, le sud de l’Italie est réintégré à l’Empire espagnol.

Cependant, à la suite du déclenchement de la guerre de Succession d’Autriche (1740), quatre fronts s’ouvrent en Europe (contexte historique de Luisa Miller), dont un en Italie.
Le 10 juin 1746, la défaite à Plaisance des Français et des Espagnols, commandés par Maillol, provoque la prise du Royaume d’Italie par l’Autriche, les Royaumes de Naples et de Sicile restant sous contrôle de la péninsule ibérique.

L’action de « La force du destin » se joue en Espagne et en Italie au milieu du XVIIIième siècle.
A Séville, l’histoire d’amour entre Leonora di Vargas et Don Alvaro tourne au tragique lorsque ce dernier tue accidentellement le père de la jeune fille, le marquis de Calatrava.
Craignant la vengeance de son frère, Carlo, Leonora se réfugie au couvent de Hornachuelos, alors qu’Alvaro s’engage dans l’armée espagnole en Italie, au Sud de Rome.
Il y sauve la vie d’un adjudant qui n’est autre que Carlo, mais ils ne se reconnaissent pas tout de suite. Blessé plus tard lors des combats, Alvaro récupère, mais une fois la vérité révélée, le duel entre les deux hommes est évité de peu. Alvaro, retourne en Espagne.
Cinq ans plus tard, Carlo retrouve son ennemi devenu homme d’église à l’ermitage de Hornachuelos. Cette fois, Alvaro se défend et blesse mortellement Carlo, ne pouvant cependant empêcher ce dernier de poignarder sa propre sœur.

 

La suite Don Carlos

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Rédigé par David

Publié dans #Verdi

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