Genèse de l’œuvre
Après l’échec de « Un Giorno di Regno », Verdi a pris la décision d’abandonner définitivement la
scène lyrique et s’est retiré à Busseto.
Il est de retour à Milan au cours de l’hiver 1840-1841. Fort abattu, c’est à ce moment là que Verdi se voit soumettre un livret de Solera avec une certaine insistance.
Les motivations qui le conduisirent à reprendre le chemin de la scène restent floues, mais c’est bien au printemps qu’il s’atèle à la transposition musicale
de ce sujet biblique avec le soutien du librettiste.
La partition est achevée à l’automne. Cependant Verdi doit menacer Merelli de retirer son opéra s’il n’est pas joué avant l’automne suivant (la saison ayant
déjà commencée). Ce dernier lui recommande alors de présenter l’œuvre à la Strepponi. Celle-ci et Ranconi, enthousiastes, arrivent à convaincre Merelli de monter l’œuvre au
printemps.
La première de « Nabucco », le 9 mars 1842, est un succès ainsi que les représentations suivantes.
La force de la musique, la nature spectaculaire et épique emporte le cœur des Milanais. Par contre, il est bien trop tôt pour que se soit opéré
une identification avec la cause nationale car en 1842 l’idée d’un soulèvement contre l’occupant est marginale.
En fait, quelques années seront encore nécessaires pour que ce premier opéra patriotique déclenche l’hystérie du public. D’ailleurs le maestro dédie la
partition à la fille de l’archiduc Rainier vice-roi du royaume lombard-vénitien et « protecteur de la Scala ».
Maintenant Merelli a compris. Il accorde un cachet faramineux (seul Bellini l’avait obtenu pour Norma) à Verdi pour composer l’opéra inaugural de la saison
suivante.
Nabucco
La bible fait largement écho des turbulences qui au VIIième siècle Av JC bouleversent le moyen orient. Déjà sous la pression des Scythes et des révoltes
intérieures, l’empire Assyrien est défait par Babylone et les Mèdes. Ninive est prise et totalement détruite en 612 av JC.
Nabuchodonosor II fait alors de Babylone le centre de l’empire Néo-babylonien et s’empare de Jérusalem en 597. Il emmène en captivité le roi Joachim, une
bonne part de la noblesse juive et nomme Zédécias, l’oncle de Joachim, gouverneur de la ville. Ce dernier, poussé par les Egyptiens adopte une politique ouvertement
anti-babylonienne.
En 587, Nabuchodonosor s’empare une nouvelle fois de la ville et déporte une nouvelle fois la population.
L’action se situe au moment de la prise de la ville. Verdi décompose « Nabucco » en quatre parties sous titrées d’une citation du livre de
Jérémie.
Bien que sa fille soit prisonnière des juifs, Nabucco entre dans la ville et ordonne la destruction du temple de Salomon. Fénéna est épargnée par Ismael
(neveu de Zédécias) et la population est amenée à Babylone.
Là, Fénéna, devenue régente de la ville en l’absence du roi, commence à libérer les juifs.
Nabucco de retour du champ de bataille se proclame Dieu. La réplique ne tarde pas et il est de suite frappé par la foudre. Abigaille, une esclave qui se crue
longtemps être sa fille, prend alors le pouvoir et fait enfermer Fénéna et son père pour préparer l’exécution des juifs.
Il faudra le repentir de Nabucco pour que lui vienne une aide qui lui permettra de reprendre sa couronne et libérer la population de Jérusalem.
A cette époque les déportations se pratiquent régulièrement. Toutefois, il s’agit de priver la petite partie de la population très cultivée du territoire
conquis pour l’utiliser dans l’administration de Babylone. L’opéra donne donc ici une dimension dramatique excessive.
Enfin, il est troublant d’entendre parler d’Assyriens à propos des
Babyloniens !
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