Letter to a friend in Gaza (Amos Gitaï) - Théâtre de la Ville

Publié le 9 Septembre 2019

Letter to a friend in Gaza (Amos Gitaï)
Représentation du 07 septembre 2019 – durée 1h25
Théâtre de la Ville – Espace Cardin

Mise en scène & Scénographie Amos Gitaï 
Texte Makram KhouryAmos Gitaï
Avec Yael Abecassis, Clara Khoury 

Musique Alex Claude, Costumes Moïra Douguet
Les Musiciens Madeleine Pougatch chant 
                        Kioomars Musayyebi Santour
                        Bruno Maurice Accordéon
                        Louis Sclavis Clarinette

                                                          Clara Khoury

Sur scène, au centre face au public, Makram Khoury, né en 1945 dans une famille palestinienne chrétienne et plus jeune artiste arabe et premier Arabe à gagner le prix Israël, à sa droite, sa fille Clara Khoury, actrice arabe israélienne chrétienne, à sa gauche Yael Abecassis, actrice et modèle israélienne qui jouait le rôle de Rivka dans Kadosh (1999), puis, en seconde partie, dos au public, Amos Gitaï qui rejoint ces trois artistes chers.

Letter to a friend in Gaza (Amos Gitaï) - Théâtre de la Ville

Et autour de la table de bois étirée sur toute la largeur de la scène qui les réunit, trois musiciens recréent aussi bien l’ambiance musicale scintillante orientale du Santour, que des sonorités angoissantes de clarinette ou nostalgiques d’accordéon.

Enfin, en arrière-plan, des extraits du film d’Amos Gitaï Letter to a friend in Gaza ponctuent les lectures de lettres écrites entre Palestiniens et Israéliens, écrits inspirés de Lettre à un ami allemand d’Albert Camus (1945), mais également d'autres textes de poètes palestiniens ou israéliens (Mahmoud Darwich, Yizhar Smilansky, Emile Habibi, Amira Hass).

Makram Khoury  - Photo : Laura Stevens

Makram Khoury  - Photo : Laura Stevens

Les images parlent de la prise de Jérusalem par les Romains et de l’expulsion des Juifs de Palestine, des destructions de Gaza, de la violence de la colonisation et du mur de séparation, de la fierté et de la pudeur des mères palestiniennes d'aujourd’hui, même dans la douleur, du combat inégal entre les lanceurs de pierres palestiniens et les fantassins israéliens équipés d’électronique militaire, l’illustration absurde du combat de David contre Goliath en inversé.

Yael Abecassis - Photo : Laura Stevens

Yael Abecassis - Photo : Laura Stevens

Les textes, lus en langue originale, interrogent la conscience de chacun, focalisent les spectateurs sur les liens forts qui unissent des individualités des deux bords, afin de les sortir des schémas politiciens que relaye l’actualité; et chacun des acteurs est beau à voir.

La polyphonie complexe du Lux Aeterna de Ligeti pour 16 voix parle d’un rêve d’éternité et d'un désir d'harmonie.

L'ensemble des artistes - Photo : Catherine Schwab

L'ensemble des artistes - Photo : Catherine Schwab

Et tout le long de la pièce, la grâce sophistiquée et grave de Clara Khoury, le visage patriarcal, marqué par l’histoire et le combat, de Makram Khoury, le naturel introspectif d’Yael Abecassis et le mystère distancié d’Amos Gitaï imprègnent l’auditeur d’une humanité forte et ancrée dans le drame qui se joue au Moyen-Orient.

Puis, les mots laissent entendre que la vie finit par être plus forte que les tyrans, ce qui se révéla effectivement vrai pour la France face à l’Allemagne de la Seconde Guerre mondiale.

Diffusé le 04 septembre 2019, le film Letter to a friend in Gaza peut être revu sur Arte jusqu’au 01 novembre 2019.

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