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Publié le 27 Mai 2021

Quatuor Van Kuijk - Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847)
Concert du 26 mai 2021
Théâtre des Bouffes du Nord

Quatuor à cordes en la mineur Op.13 (octobre 1827 – première à Paris le 14 février 1832)
Quatuor à cordes en ré majeur Op.44 No.1 (juillet 1838 – première à Leipzig le 16 février 1839)

Nicolas Van Kuijk violon
Sylvain Favre-Bulle violon
Emmanuel François alto
Anthony Kondo violoncelle

Point de départ d’une intégrale qui réunira les sept quatuors à cordes et les quatre pièces pour quatuor de Felix Mendelssohn pour aboutir à l’édition d’un double CD chez Alpha Classics en 2022, les deux quatuors présentés par l’ensemble Van Kuijk au Théâtre des Bouffes du Nord, au moment où reprennent les concerts en public, accompagnent le sentiment de renaissance qui traverse cet instant.

Nicolas Van Kuijk et Sylvain Favre-Bulle (Violons)

Nicolas Van Kuijk et Sylvain Favre-Bulle (Violons)

Sylvain Favre-Bulle ne se prive pas de présenter ces deux pièces avec la joie sincère du plaisir des retrouvailles. La première, le Quatuor à cordes en la mineur Op.13, qui est en fait le second quatuor écrit par Mendelssohn, porte en elle la marque de la mort de Beethoven qui fut le déclencheur émotionnel et la condition de sa composition en 1827. Et la seconde, le Quatuor à cordes en ré majeur Op.44 No.1, est un hommage au Prince Oscar de Suède que le musicien rencontra pour la première fois au musée Städel de Frankfurt en 1837.

Loin de réduire ces deux œuvres à une interprétation formelle, le Quatuor Van Kuijk induit en elles une énergie puissante, la vigueur acérée d’une sève qui rend le bois si vivant et éruptif, et toutes les nuances de sensation colorent une musique, depuis le moelleux bondissant du violoncelle au panache grandiose d’un premier violon au métal étincelant. Une forte densité de matière, un plaisir ludique décontracté et précis dans les jeux de correspondance entre interprètes, une vivacité d’entrelacs dont il est parfois difficile de différencier les instruments et particulièrement les couleurs sombres du second violon et de l’alto, se lisent ainsi une tendresse et une bienveillance heureuse qui accrochent et stimulent l’auditeur au point de le perdre dans des paysages captivants.

Nicolas Van Kuijk, Sylvain Favre-Bulle, Emmanuel François, Anthony Kondo

Nicolas Van Kuijk, Sylvain Favre-Bulle, Emmanuel François, Anthony Kondo

Et en bis, un arrangement spécialement réalisé pour le Quatuor Van Kuijk (Jean-Christophe Masson – 2016) de l’insouciante mélodie pour voix et piano composée par Francis Poulenc pour la soprano et actrice Yvonne Printemps, « Les Chemins de l’amour », laisse un dernier trait d’âme imprégner l’atmosphère du théâtre pour revenir à la vie parisienne.

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Publié le 15 Juin 2012

Elias01.jpgElias (Felix Mendelssohn)
Concert du 12 juin 2012
Basilique Sainte-Clotilde

Avec Stéphane Degout, Sarah-Jane Brandon, Clémentine Margaine, Stanislas De Barbeyrac, Lucy Hall

Direction Raphaël Pichon
Orchestre 430
Chœur de chambre Otrente

 

                                                                                                         Basilique Sainte-Clotilde

Entre deux représentations d' Hippolyte et Aricie, Stéphane Degout a eu la générosité de venir incarner le rôle d'Elias, prophète auquel Felix Mendelssohn dédia un oratorio, au cœur de la Basilique Sainte-Clotilde.

En regard des solistes qui l‘accompagnent, deux sopranos (Sarah-Jane Brandon, Lucy Hall), une mezzo (Clémentine Margaine) et le ténor Stanislas De Barbeyrac (Atelier lyrique de l'Opéra national de Paris), le baryton rend une figure à la fois simple et profonde de cet homme, avec une fascinante impression de solidité intérieure et de maturité, bien en avance sur son jeune âge.

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   Stéphane Degout (Elias)

 

Inévitablement, les voix aériennes du chœur et la texture musicale se dissipent fortement dans les hauteurs de la nef, si bien que l'on se trouve plongé dans un état d'esprit un peu vague et réflexif face au magnifique orgue en bois orné de flèches d’argent gothiques.

Mais quand Elie se résigne à quitter la vie, Stéphane Degout interprète un Es ist genug! qui en éprouve irrésistiblement la gravité et la tristesse, nous ramenant à quelque chose de très humain.
Cet instant de vérité, arrivé sans s'y attendre, ne s’oubliera pas.

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Publié le 28 Mars 2010

Orchestre de l’Opéra National de Paris
Concert du 26 mars 2010 au Palais Garnier

Felix Mendelssohn Meeresstille und glückliche Fart (Mer calme et heureux voyage), op. 27
Ouverture en ré majeur

Ernest Chausson Poème de l’amour et de la mer, op. 19
La Fleur des eaux
Interlude
La Mort de l’amour

Benjamin Britten Four Sea Interludes, op.33 A
Dawn
Sunday Morning

Moolight
Storm

Claude Debussy La Mer, trois esquisses symphoniques
De L’aube à midi sur la mer
Jeux de vagues
Dialogue du vent et de la mer

Sophie Koch Mezzo-soprano
Philippe Jordan Direction musicale

 

Hautement symbolique, le concert de ce soir l’est pour deux raisons : il réunit deux artistes qu’affectionne Nicolas Joel, Philippe Jordan et Sophie Koch, et se construit sur le thème de la Mer, milieu d’ondes vivantes et symphoniques pour lequel on sent que le nouveau directeur de l’Opéra de Paris nourrit une forte sensibilité.

D’où ce goût pour Massenet (la reprise de Werther était dédiée à Sophie Koch) et Wagner (Le Ring est confié à Philippe Jordan), univers marin depuis le Vaisseau Fantôme jusqu’à Tristan.

Concert Philippe Jordan Sophie Koch Opéra National de Paris

Pour l’occasion, des panneaux latéraux et des réflecteurs supérieurs en bois parent la scène de l’Opéra Garnier, l’acoustique est sous contrôle.

Nous sommes dès lors en famille, et il n’y a pas plus significative image que de voir le chef d’orchestre à proximité de la mezzo-soprano face à Philippe Fénelon (le compositeur du Faust de Lenau ,et plus récemment de la Cerisaie), installé au centre du balcon, sous la surveillance paternelle de Nicolas Joel, placé au premier rang de la première loge de face.
En astronomie, on parlerait d‘ « alignement remarquable ».

Le style musical, très homogène, avec lequel dirige Philippe Jordan propage une vitalité faite de tonalités immaculées et d’une tonicité virile, spectaculaire dans le « Storm » de Britten.

Visiblement le chef s’amuse, mène l’orchestre avec hauteur et la même élégance de geste que de son, mais ce sens de la pureté maintient une distance avec les profondeurs romantiques prêtes à surgir.

Philippe Jordan

Philippe Jordan

C’est grâce au talentueux violoncelliste que Le poème de l’amour et de la mer, débordant de mélodrame, peut prendre une dimension pathétique.

Sophie Koch dégage suffisamment de vagues de tristesse pour palier à un affaiblissement vocal temporaire entre deux représentations de l’Or du Rhin.

Présence et subtiles couleurs obscures ne lui font que peu défaut, la clarté du texte un peu plus car sa voix est essentiellement dramatique.

A l’arrière plan, le timbalier mesure très discrètement la tension des membranes même pendant l’exécution musicale. Il est d’ailleurs un net contributeur à cette impression d’énergie sans lourdeur.

Philippe Jordan avait commencé avec « Mer calme et heureux voyage » joyeux et léger, alors qu’il embrasse La Mer de Debussy avec une ampleur plus contenue.

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