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Publié le 14 Janvier 2021

L’Anneau du Nibelung (Richard Wagner, 1849-1876)

Version de concert du 24 novembre (Die Walküre), 26 novembre (Das Rheingold), 28 novembre 2020 (Götterdämmerung) à l’Opéra Bastille et du 06 décembre 2020 (Siegfried) à l’auditorium de Radio France, diffusée sur France Musique les 26, 28, 30 décembre 2020 et 02 janvier 2021.

L’Anneau du Nibelung (Philippe Jordan - Cycle Ring - Opéra de Paris 2020) Bastille et Auditorium de Radio France

Wotan Iain Paterson, Fricka Ekaterina Gubanova, Siegfried Andreas Schager, Mime Gerhard Siegel
Brünnhilde Martina Serafin (Die Walküre), Ricarda Merbeth (Siegfried / Götterdämmerung)
Waltraute Ricarda Merbeth (Die Walküre) / Michaela Schuster (Götterdämmerung)
Siegmund Stuart Skelton, Sieglinde Lise Davidsen, Alberich Jochen Schmeckenbecher
Loge Norbert Ernst, Hunding Günther Groissböck, Hagen Ain Anger, Froh Matthew Newlin
Fasolt Wilhelm Schwinghammer, Fafner Dimitry Ivashchenko, Gunter Johannes Martin Kränzle
Freia Anna Gabler, Gutrune Anna Gabler, Ortlinde Anna Gabler, Donner Lauri Vasar,
Erda Wiebke Lehmkuhl, Première Norme Wiebke Lehmkuhl, Woglinde Tamara Banješević
Waldwogel Tamara Banješević, Wellgunde Christina Bock, Flosshilde Claudia Huckle,
Gerhilde Sonja Šarić, Schwertleite Katharina Magiera, Helmwige Regine Hangler,
Siegrune Julia Rutigliano, Grimgerde Noa Beinart, Rossweisse Marie-Luise Dressen

Orchestre et chœur de l’Opéra national de Paris
Direction musicale Philippe Jordan.

Jean-Yves Kaced (Directeur de l'Arop), Stéphane Lissner (Directeur général de l'Opéra de Paris) et Aurélie Dupont (Directrice de la Danse à l'Opéra de Paris) - Présentation de la saison 2019/2020 de l'Opéra national de Paris du 11 mars 2019

Jean-Yves Kaced (Directeur de l'Arop), Stéphane Lissner (Directeur général de l'Opéra de Paris) et Aurélie Dupont (Directrice de la Danse à l'Opéra de Paris) - Présentation de la saison 2019/2020 de l'Opéra national de Paris du 11 mars 2019

A l’occasion des fêtes de fin d’année, la diffusion sur France Musique du Ring de Richard Wagner enregistré à l’Opéra de Paris quelques semaines auparavant fut un évènement dont même les habitués de la grande maison parisienne, et les wagnériens les plus aguerris, n’avaient peut-être pas imaginé l’importance après la série d’altérations qu’il dut subir confronté aux lames imparables générées  par la crise sanitaire mondiale de 2020

A l’origine, Stéphane Lissner avait eu comme projet de monter ce grand cycle comme il l’avait toujours fait au cours de ses précédents mandats, que ce soit au Théâtre du Châtelet en 1996 dans la mise en scène de Pierre Strosser, au Festival d’Aix en Provence de 2006 à 2009 sous le regard de Stéphane Braunschweig, ou bien à la Scala de Milan de 2010 à 2013 dans la production de Guy Cassier enrichie par la chorégraphie de Sidi Larbi Cherkaoui.

Die Walküre - ms Günter Krämer - Opéra Bastille 2010

Die Walküre - ms Günter Krämer - Opéra Bastille 2010

L’Opéra national de Paris avait bien bénéficié d’une nouvelle production de la tétralogie confiée à Günter Krämer de 2010 et 2013, mais ses références trop allemandes avaient peu convaincu la critique ainsi qu’une partie du public. Philippe Jordan trouvait cependant un vaste champ pour se mesurer une première fois à une telle construction sonore, et après une première lecture d’une très belle clarté qui recherchait le plus grand raffinement dans l’exaltation de l’écriture des lignes orchestrales, il reprit la Tétralogie au cours de la saison 2012/2013 en renforçant ses colorations et sa puissance expressive qu’il augmenta de ses réflexions et de sa première expérience au Festival de Bayreuth 2012, où il avait pu diriger l’ultime reprise de Parsifal dans la mise en scène de Stefan Herheim à travers un spectacle d’une intelligence humaine rare mêlant brillamment imaginaire et références à l’histoire du siècle précédent. Nous étions déjà trente ans après qu’Armin Jordan, le père de ce jeune wagnérien, ait dirigé la version de Parsifal filmée par Hans Jurgen Sybergerg pour le grand écran.

Susan Maclean (Kundry) et Philippe Jordan - Parsifal - Festival de Bayreuth, le 29 juillet 2012

Susan Maclean (Kundry) et Philippe Jordan - Parsifal - Festival de Bayreuth, le 29 juillet 2012

Puis, au printemps 2014, Philippe Jordan embrasa l’Opéra Bastille en offrant une prodigieuse peinture aux mille reflets de Tristan und Isolde au cours d’une série de représentations qui furent dédiées à un homme qui aimait tant cet ouvrage, Gerard Mortier, directeur hors du commun par sa passion du drame, et qui avait su écouter le metteur en scène Peter Sellars pour réaliser ce projet qui intégrait à la scénographie les splendides vidéographies de Bill Viola.

Et c’est un autre hommage que ce chef d’orchestre amoureux wagnérien eut l’honneur de conduire l’année d’après, en plein milieu du Festival ensoleillé de l’Opéra de Munich, quand le 12 juillet 2015 Waltraud Meier fit ses adieux au rôle d’Isolde. Philippe Jordan semblait un adolescent jouant avec la volubilité musicale d’un poème créé 150 ans plus tôt au cœur de cette même cité.

Discours en hommage à Waltraud Meier à la fin de la représentation de Tristan und Isolde dirigée par Philippe Jordan au Festival d'Opéra de Munich, le 12 juillet 2015

Discours en hommage à Waltraud Meier à la fin de la représentation de Tristan und Isolde dirigée par Philippe Jordan au Festival d'Opéra de Munich, le 12 juillet 2015

Vint ensuite la grande aventure des Maîtres Chanteurs de Nuremberg, d’abord à l’opéra Bastille à la fin de l’hiver 2016, quand Philippe Jordan retrouva Stefan Herheim dans une production haut-en-couleur où le chef d’orchestre insuffla un opulent courant symphonique parcouru d’une irrésistible finesse de traits, sans oublier d’adoucir le bref passage aux réminiscences du motif de Tristan und Isolde, puis au Festival de Bayreuth 2017 qui lui offrit la chance de diriger la meilleure production du festival depuis le Parsifal d’Herheim. Ainsi, associé au génie de Barrie Kosky, Philippe Jordan devient le maître des Meistersinger von Nürnberg trois ans d’affilée.

Mais entre temps, il dut également parfaire son sens de la théâtralité à travers une œuvre à la violence exacerbée, Lohengrin, qui salua sur la scène Bastille le retour sur scène de Jonas Kaufmann début 2017, chanteur qui avait du s’arrêter plusieurs mois d’affilée suite à une blessure vocale accidentelle.

Philippe Jordan - Die Meistersinger von Nürnberg - Festival de Bayreuth, le 28 juillet 2018

Philippe Jordan - Die Meistersinger von Nürnberg - Festival de Bayreuth, le 28 juillet 2018

Et après une nouvelle production de Parsifal et une dernière reprise toujours aussi musicalement fabuleuse de Tristan und Isolde en 2018, le projet d’un nouveau Ring à l’Opéra de Paris fut enfin initié, avec Calixto Bieito à la mise en scène, un créateur à qui l’opéra de Stuttgart dut un impressionnant Parsifal apocalyptique inspiré de la littérature de science fiction. Connaissant l’esthétique et la sensibilité politique d’un des hommes de théâtre qu’il apprécie énormément, Stéphane Lissner eut grand soin de lui suggérer de prendre en compte la valeur poétique du monument wagnérien. Philippe Jordan venait par ailleurs de faire ses débuts au Metropolitan Opéra de New-York au cours du printemps 2019, le prolongement d’un rêve que son père n’eut pas le temps de réaliser, pour diriger la reprise du Ring du canadien Robert Lepage.

Philippe Jordan, Martina Serafin, Andreas Schager, Ekaterina Gubanova, Matthias Goerne - Répétition générale de Tristan und Isolde du 07 septembre 2018 à l'Opéra Bastille

Philippe Jordan, Martina Serafin, Andreas Schager, Ekaterina Gubanova, Matthias Goerne - Répétition générale de Tristan und Isolde du 07 septembre 2018 à l'Opéra Bastille

Les malheurs du nouveau Ring parisien ne tardèrent pas à poindre. Les annulations de L’Or du Rhin et de La Walkyrie, en plein confinement, ne découragèrent pourtant pas Stéphane Lissner qui imagina pour un temps bousculer son planning afin de les reprogrammer en septembre 2020, avant que le projet ne paraisse plus possible. Et suite à l’accélération de son départ pour le San Carlo de Naples, à l’acceptation de sa proposition de débuter immédiatement les travaux de rénovation des scènes du Palais Garnier et de l’Opéra Bastille, et à la précipitation de l’arrivée d’Alexander Neef, son successeur à la direction de l’Opéra de Paris, deux cycles complets furent finalement programmés en version de concert, sous l’impulsion d’un Philippe Jordan qui ne pouvait imaginer quitter ainsi une maison qu’il avait tant aimé pendant onze ans, avec un premier cycle joué à Bastille fin novembre, et un second cycle interprété à l’auditorium de Radio France début décembre 2020. Le second confinement vint fatalement dissoudre l’espoir de représentation de ce cycle en public, mais pas la formidable détermination du chef d’orchestre dont l’énergie pouvait encore porter à son terme un projet qui restait possible même en absence du public, les artistes étant cette fois autorisés à répéter sous contrainte confinatoire. Le Ring serait joué à l’Opéra Bastille et diffusé en direct sur France Musique du 23 au 28 novembre 2020.

Martina Serafin (Sieglinde) et Stuart Skelton (Siegmund) - Die Walküre - dm Philippe Jordan, le 17 février 2013 à l'Opéra Bastille

Martina Serafin (Sieglinde) et Stuart Skelton (Siegmund) - Die Walküre - dm Philippe Jordan, le 17 février 2013 à l'Opéra Bastille

Mais en plein milieu du second confinement, l’un des solistes fut atteint par le covid ce qui entraîna l’interruption de toutes les répétitions pendant sept jours, mais toujours pas la pugnacité de la maison qui réussit à reprogrammer et enregistrer les quatre épisodes dans le désordre, La Walkyrie, L’Or du Rhin et Le Crépuscule des Dieux à Bastille, et Siegfried à l’auditorium de Radio France, tout en devant remplacer Jonas Kaufmann et Eva-Maria Westbroek, les deux interprètes de Siegmund et Sieglinde, par Stuart Skelton et Lise Davidsen. Et afin de respecter l’ordre chronologique de l’Anneau du Nibelung, le cycle serait finalement diffusé en différé au cours de la période de Noël, du 26 décembre 2020 au 02 janvier 2021.

Au delà de cette remarquable leçon d’organisation, d’adaptabilité et de volonté de tous les acteurs, le résultat dépassa probablement toutes les attentes, et le documentaire de Jérémie Cuvillier, Une odyssée du Ring, prépara les esprits en ouvrant une fenêtre intime sur l’univers des répétitions, en dévoilant ses aléas, et en brossant un portrait attachant des principaux chanteurs amenés à présenter de manière très naturelle chacun des personnages qu’ils incarnaient. Même l’ambiance concentrée du studio où opérait l’équipe de prise de son, l’œil à la fois sur les partitions, la scène et les ordinateurs, fut restituée. L’imaginaire pouvait à présent prendre toute sa place et laisser le visuel s’effacer pour quinze heures de musique d’affilée.

Ekaterina Gubanova (Brangäne) - dm Philippe Jordan - Tristan und Isolde, le 11 septembre 2018 à l'Opéra Bastille

Ekaterina Gubanova (Brangäne) - dm Philippe Jordan - Tristan und Isolde, le 11 septembre 2018 à l'Opéra Bastille

Le soir de la diffusion de l’Or du Rhin, c’est d’abord l’impressionnante sensation de proximité qui saisit les auditeurs, alors que le système de diffusion de France Musique tend à densifier le son issu de l’enregistrement initial qui avait pris soin en amont de détailler les instants les plus murmurés, rendant l’expérience passionnante à vivre. D’autant plus que Philippe Jordan offre une version bien différente de celle de 2010. De deux heures et trente minutes, le prologue ne dure plus que deux heures et seize minutes, et le drame se révèle retravaillé, gorgé d’influx sanguins et bardé de cuivres clairs, alors que le rendu sonore de la première version avait laissé des évocations de paysages un peu lointains. Fort impressives,  les voix des premiers artistes conviés à ce prologue se correspondent  parfaitement, du mordant un peu carnivore de Jochen Schmeckenbecher (Alberich) au Mime extraordinairement expressif et carnassier de Gerhard Siegel, deux interprètes coutumiers non sans raison des œuvres d’Alban Berg, donnant la réplique à un Wotan dont les nuances soignées par Iain Paterson ont tendance à le rajeunir et lui rendre un visage insolent. Et avec un Loge chanté par Norbert Ernst qui a la naïveté du David des Meistersinger von Nürnberg, une Fricka à la véhémence teintée de noirceur morbide par la rage aristocratique d’ Ekaterina Gubanova, et enfin une Erda dominante au langage à la fois sauvage et raffiné sous les lèvres Wiebke Lehmkuhl, l’ensemble recrée un monde profondément vivant et humain avec lequel l’auditeur n’a plus qu’à faire corps et âme en se laissant porter par l’écoute.

Günther Groissböck (Hunding) - Die Walküre - dm Philippe Jordan, le 17 février 2013 à l'Opéra Bastille

Günther Groissböck (Hunding) - Die Walküre - dm Philippe Jordan, le 17 février 2013 à l'Opéra Bastille

La Walkyrie, première journée qui est la plus célèbre et la plus attendue, bénéfice d’une présentation par Philippe Jordan qui fut diffusée quelques heures auparavant à la radio, où le grand orchestrateur de ce projet fou exhorta les auditeurs à pousser le volume à fond dès l’ouverture afin de vibrer au souffle en furie de la tempête qui s’y déploie majestueusement, quitte à devoir gérer de possibles problèmes de voisinage. Probablement, beaucoup suivirent la consigne et retrouvèrent la douceur de ce polissage parfait qui est l’un des savoir-faire du chef d’orchestre autant que la magnifique instillation des différentes strates orchestrales s’échelonnant et s’emballant dans une urgente ivresse sonore. Stuart Skelton, au timbre chaleureux et intimement bienveillant, n’a pas moins la robustesse de Siegmund, et Lise Davidsen, une poigne de fer aux tendres inflexions mâtinées d’angoisse, laisse transparaître de grands arcs de vaillance qui s’épanouiront totalement aux deux actes suivants où son caractère puissant mais introspectif rejoint pleinement celui de Sieglinde. L’époux de cette dernière, Hunding, est un homme fort et âpre dont Günther Groissböck maîtrise instinctivement les amalgames de noirceur qui en font un personnage toujours inquiétant. Il incarnait déjà ce personnage il y a sept ans, et faisait aussi partie de la distribution de 2010 où il jouait le rôle de Fafner dans L'Or du Rhin auprès de Iain Paterson qui, lui, était Fasolt .

Après une exaltante fuite orchestrale à travers de sombres forêts, la charge annonçant l’arrivée de Wotan et de sa fille préférée, Brünnhilde, porte au premier plan Martina Serafin, elle qui incarnait Sieglinde auprès de Stuart Skelton et Günther Groissböck sept ans auparavant sur la même scène. Certes, ses extrêmes aigus ne peuvent se départir d’un fort caractère naturaliste, mais son art de la déclamation des élans du cœur ne sera autant touchant que lors de ses adieux à son père au moment de rejoindre le grandiose bûcher final. Et quel déchaînement orchestral dans un tonnerre à pas de géant s’accélérant sur la monté de la colère de Wotan, comme si Philippe Jordan réveillait un dieu incontrôlable!
Cette épisode surprit aussi l’auditeur car la dynamique étrange du système de transmission de Radio France amplifiait à certains moments les effets de rapprochement et d’éloignement vis-à-vis des chanteurs, tout en créant une impression de mouvements dans la scène qui amenait parfois l’oreille de chacun au bord des lèvres des chanteurs.

Andreas Schager (Parsifal) et Anja Kampe (Kundry) - Parsifal - dm Philippe Jordan, le 13 mai 2018 à l'Opéra Bastille

Andreas Schager (Parsifal) et Anja Kampe (Kundry) - Parsifal - dm Philippe Jordan, le 13 mai 2018 à l'Opéra Bastille

La seconde journée, Siegfried, va ensuite révéler que la prise de son au sein de l’auditorium de Radio France, qui est un amphithéâtre totalement circulaire qui ne peut accueillir que 1400 personnes en temps normal, ne laisse transparaître aucun déséquilibre dans la restitution orchestrale et vocale par rapport à l’enregistrement des autres volets, bien au contraire. Andreas Schager, chanteur qui s’est fait remarqué en 2009 au Festival d’Erl lors de son interprétation du David des Meistersinger von Nürnberg, est merveilleux par la clarté poétique avec laquelle il fait vivre les images qu’évoque Siegfried, et Gerhard Siegel simule les faux sentiments d’amour que Mime lui porte avec un piqué et une précision d’inflexion extrêmement délicate. L’orchestre de l’Opéra de Paris est une merveille de limpidité et d’entrelacs excellemment contrastés tout en donnant l’impression que l’on navigue dans l’atmosphère dense et légère d’une planète gigantesque. Et il y a aussi l’espièglerie aiguë d’une très grande netteté de l’oiseau  de la forêt incarné par Tamara Banješević, le métal sensuel de Wiebke Lehmkuhl, et la présence au dernier acte d’une nouvelle Brünnhilde, Ricarda Merbeth, qui, à l’instar de Martina Serafin, fut elle aussi une vaillante Sieglinde à l’Opéra de Paris en 2010. Son timbre se reconnaît parmi tant d’autres de par ses vibrations au velours éthéré que l’on identifiait déjà à la fin de la première journée où elle chantait Waltraute.

De gauche à droite et de haut en bas : Etienne Pipard (Musicien metteur en onde à Radio France), Martina Serafin (Brünnhilde), Stuart Skelton (Siegmund), Iain Paterson (Wotan), Philippe Jordan (Directeur musical), Andreas Schager (Siegfried), Ekaterina Gubanova (Fricka), Alexander Neef (Directeur général de l'Opéra de Paris), Ricarda Merbeth (Brünnhilde)

De gauche à droite et de haut en bas : Etienne Pipard (Musicien metteur en onde à Radio France), Martina Serafin (Brünnhilde), Stuart Skelton (Siegmund), Iain Paterson (Wotan), Philippe Jordan (Directeur musical), Andreas Schager (Siegfried), Ekaterina Gubanova (Fricka), Alexander Neef (Directeur général de l'Opéra de Paris), Ricarda Merbeth (Brünnhilde)

Mais c’est bien entendu au cours de la dernière journée, Götterdämmerung, que son chant et son souffle puissant s’épanouissent à travers une tessiture claire et ouateuse, une vigueur sans le moindre durcissement métallique qui peint une figure hautement féminine à cœur battant de Brünnhilde. L’enchaînement des confrontations baigne dans un océan de lumière au moelleux d’une finesse dont on ne cesse de s’émerveiller, comme au cours des sombres avertissements de Michaela Schuster (Waltraude) envers Brunnïlde ou des ruminations de l’impressionnant Hagen de Ain Anger et de l’Alberich torturé de Jochen Schmeckenbecher, et la dernière partie du second acte offre enfin au choeur de l'Opéra de Paris l'occasion de se fondre à l'unité orchestrale. La tendresse qui émane d’Andreas Schager au dernier acte achève aussi de parfaire une attache affective à ce cycle dont beaucoup souhaitent qu’il ne soit pas perdu et fasse l’objet d’une édition discographique de référence qui serait aussi le témoignage d’une époque exceptionnelle, en attendant de découvrir la version scénique de ce cycle complet sur la scène Bastille à partir de 2023 et jusqu'en 2026, année qui célèbrera les 150 ans de la création de l'Anneau du Nibelung au Festival de Bayreuth.

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Publié le 6 Novembre 2020

Les mesures de restrictions annoncées en Europe pour contenir l’épidémie de Coronavirus ne permettent plus aux artistes de retrouver leur public dans les salles d’opéras et de concerts, mais leur permettent néanmoins de continuer à répéter et jouer les ouvrages qui leur tiennent à cœur.

Ci dessous, vous trouverez le programme, régulièrement mis à jour, des enregistrements réalisés en novembre et décembre 2020, principalement en France, et qu’il sera possible de suivre sur les sites internet des institutions, sur France Musique (pour le Ring de l'Opéra Bastille) ou sur Concert Arte https://www.arte.tv/fr/arte-concert/ :

Philharmonie de Paris/Cité de la Musique   https://live.philharmoniedeparis.fr/
Opéra national de Paris  https://www.operadeparis.fr/
Opéra Comique de Paris  https://www.opera-comique.com/fr/saisons/saison-2020/hippolyte-aricie
Théâtre du Châtelet de Paris  https://www.chatelet.com/
Musée du Louvre de Paris   https://www.louvre.fr/les-plaisirs-du-louvre-report
France Musique   https://www.francemusique.fr

Opéra grand Avignon  http://www.operagrandavignon.fr/
Opéra de Malmö  https://www.malmoopera.se/falstaff-streaming

Opéra de Munich https://www.staatsoper.de/tv.html#c18424
Orchestre national de Lille https://www.onlille.com/saison_20-21/concerts/
Opéra de Vichy http://www.opera-vichy.com
Théâtre de la ville https://www.theatredelaville-paris.com/fr/theatre-sans-frontieres/les-directs-du-theatre-de-la-ville
Los Angeles Opera https://www.laopera.org/performances/updated-2021-season/the-anonymous-lover/
Teatro di San Carlo https://www.teatrosancarlo.it/it/season/eventi-in-streaming.html
Les Arts Reina Sofia  https://www.lesarts.com/es/
Opéra de Rouen https://www.operaderouen.fr/
Opéra de Renne https://www.opera-rennes.fr/fr/evenement/la-dame-blanche
San Francisco Opera  https://sfopera.com/
MET Stars Live https://www.metopera.org/
Staatsoper Berlin https://www.staatsoper-berlin.de/de/
La Fenice https://www.teatrolafenice.it
Teatro Goldoni Livorno https://www.goldoniteatro.it
Teatro Lirico di Cagliari https://www.videolinea.it
Liverpool Philharmonic https://www.liverpoolphil.com
Opéra National Grec https://www.nationalopera.gr/gnotv/en.html
La Scala de Milan  https://www.teatroallascala.org
Staatsoper Wien  https://www.wiener-staatsoper.at
Opéra de Palerme  https://www.teatromassimo.it

Les opéras et concerts d’œuvres classiques et lyriques diffusés en direct en temps de coronavirus

Lundi 02 novembre 2020 20h30 - Paris – Philharmonie
ORCHESTRE DE PARIS, REBECCA TONG, SABINE DEVIEILHE, ALEXANDRE G...

Jeudi 05 novembre 2020 20h30 - Paris – Philharmonie
ALEXANDRE THARAUD / 100% CONCERTOS - ENSEMBLE LE BALCON - MAXIME PASCAL : BACH, MOZART, STRASNOY

Samedi 07 novembre 2020 18h00 - Malmö – Opéra
Falstaff (Verdi) – dm Sloane – ms de Beer - Kiria, Wagner, Yildiz, Flood, Moon, Streijffert, Paulsson

Dimanche 08 novembre 2020 15h00 - Paris – Théâtre de la ville - Espace Pierre Cardin
J'ai trop d'amis (David Lescot)

Dimanche 08 novembre 2020 16h00 - Paris – Théâtre du Châtelet
Concert Handel – dm Rousset – Piau, Hubeaux

Les Talens Lyriques © www.chatelet.com

Les Talens Lyriques © www.chatelet.com

Lundi 09 novembre 2020 21h00 - Paris – Théâtre de la ville - Espace Pierre Cardin
Sly Johnson

Mardi 10 novembre 2020 12h30 - Paris – Musée du Louvre
Ensemble Correspondances - Sébastien Daucé, direction
Airs de cour et de ballets du Grand Siècle - Œuvres d’Antoine Boësset, Henry Du Mont, Pierre Guédron, Louis Couperin, Étienne Moulinié, Jacques de Chambonnières

Mardi 10 novembre 2020 21h00 - Paris – Théâtre de la ville - Espace Pierre Cardin
Royan (Marie Ndiaye, Frédéric Bélier-Garcia, Nicole Garcia)

Jeudi 12 novembre 2020 19h00 - Paris – Théâtre de la ville - Espace Pierre Cardin
Je ne suis plus inquiet (Scali Delpeyrat)

Vendredi 13 novembre 2020 18h00 - Paris – Théâtre de la ville - Espace Pierre Cardin
J'ai trop d'amis (David Lescot)

Vendredi 13 novembre 2020 20h00 - Paris – Opéra national de Paris
Chorégraphes contemporains - Sidi Larbi Cherkaoui, Tess Voelker et Mehdi Kerkouche  - (accès payant 4.49 euros)

Vendredi 13 novembre 2020 20h30 - Paris – Philharmonie
Bechara El-Khoury - Il fait novembre en mon âme - Poème symphonique n° 7, pour orchestre et voix de femme - Création mondiale
Wolfgang Amadeus Mozart - Symphonie n°31 "Paris"
Pierre Bleuse, direction - Isabelle Druet, mezzo-soprano

Samedi 14 novembre 2020 16h00 - Avignon – Opéra
L'HISTOIRE DU SOLDAT (Stravinsky)  - Chorégraphie Eugénie Andrin

Samedi 14 novembre 2020 16h00 - Paris – L'Alliance Française (France Musique)
Quatuor Van Kuijk & Adrien La Marca / Orlando Bass / Philippe Grisvard / Duo Caillet/Schäfer / Flauto Consort

Quatuor Van Kujik © www.quatuorvankujik com

Quatuor Van Kujik © www.quatuorvankujik com

Samedi 14 novembre 2020 17h00 - Paris – Théâtre de la ville - Espace Pierre Cardin
J'ai trop d'amis (David Lescot)

Samedi 14 novembre 2020 20h00 - Lille – Auditorium du nouveau siècle
Émotions beethovéniennes - dm Jan Willem de Vriend

Samedi 14 novembre 2020 20h00 - Vichy – Opéra
Frères (DRAN, BOUTILLIER, PORDOY) - Duos et airs d'opéras de Rossini, Donizetti, Bizet, Verdi…

Hippolyte et Aricie © www.opera-comique.com

Hippolyte et Aricie © www.opera-comique.com

Samedi 14 novembre 2020 20h00 - Paris – Opéra-Comique
Hippolyte et Aricie (Rameau) – dm Pichon - Van Mechelen, Benoit, Brunet-Grupposo, Degout, Cotrez, Di Pierro, Lefebvre, Desandre, Fardini

Samedi 14 novembre 2020 20h30 - Paris – Philharmonie
Ensemble intercontemporain - Matthias Pintscher - Varèse, Nikodijevic, Robin, Rihm

Dimanche 15 novembre 2020 02h00 (Samedi 14 novembre 17h00 Local Time) - Los Angeles – LA Opera
The Anonymous Lover - dm Conlon - ms Lemon Jr.

Dimanche 15 novembre 2020 15h00 - Berlin – Staatsoper
Concert Beethoven - Andras Schiff (piano) - dm Daniel Barenboim

Dimanche 15 novembre 2020 16h00 - Malmö – Opéra
Funny Girl (Lennart/Styne)

Dimanche 15 novembre 2020 17h30 - Venise – La Fenice
Requiem (Schnittke)

Dimanche 15 novembre 2020 17h30 - Calgiari – Teatro Lirico (via www.videolina.it)
La Traviata (Verdi) - Bakanova - dm Carminati

Dimanche 15 novembre 2020 21h00 - Naples – Teatro di San Carlo
LE QUATTRO STAGIONI - Coreografia Picone - dm Agostini

Lundi 16 novembre 2020 21h00 - Paris – Théâtre de la ville - Espace Pierre Cardin
Flavia Coelho

Lundi 16 novembre 2020 21h00 - Calgiari – Teatro Lirico (via www.videolina.it)
Gala d'Opéra : Bakanova, Molinari, Caimi, Abis - dm Carminati

Mercredi 18 novembre 2020 20h30 - Paris – Philharmonie
Orchestre de Paris, Simone Young, Elza Van Den Heever : Richard Strauss, Brahms

Mercredi 18 novembre 2020 21h30 - Naples – Teatro di San Carlo
Rossini - PETITE MESSE SOLENNELLE - Maestro del Coro e Direttore Gea Garatti Ansini

Jeudi 19 novembre 2020 19h00 - Naples – Teatro di San Carlo
Martucci - Notturno n.1, op. 70 - Čajkovskij Sinfonia n.6 in si minore op.74 “Patetica” - dm Valčuha

Vendredi 20 novembre 2020 20h00 - Valencia – Les Arts
Il tutore burlato (Vincete Martin i Soler)

Vendredi 20 novembre 2020 20h30 - Avignon – Opéra
LE MESSIE DU PEUPLE CHAUVE (Breton) – dm Samuel Jean – ms Charles Chemin

Vendredi 20 novembre 2020 21h00 - Rouen – Théâtre des Arts
La Clémence de Titus (Mozart) - extraits - dm Glassberg

Samedi 21 novembre 2020 17h30 - Venise – La Fenice
Petite Messe Solennelle (Rossini)

Samedi 21 novembre 2020 18h00 - Livorno - Teatro Goldoni
Stefano La Colla

Samedi 21 novembre 2020 19h00 - MET Stars Live in Concert
Sonya Yoncheva (en direct d'Allemagne)

Samedi 21 novembre 2020 20h00 - Lille – Auditorium du nouveau siècle
A la française, une plongée dans les années folles - dm Karen Kamensek

Dimanche 22 novembre 2020 17h30 - Venise – La Fenice
Capricco Italien et Symphonie n°6 (Tchaïkovski)

Dimanche 22 novembre 2020 17h30 - Calgiari – Teatro Lirico (via www.videolina.it)
La Traviata (Verdi) - Mari - dm Carminati

Dimanche 22 novembre 2020 21h30 - Naples – Teatro di San Carlo (annulé)
QUARTETTO D'ARCHI DEL TEATRO DI SAN CARLO - Dmitri Shostakovich  - Quartetto per archi n. 8 in do minore, op. 110 - Ludwig Van Beethoven - Quartetto n°4 in Do minore dall’op.18

Lundi 23 novembre 2020 18h00 - Paris –Théâtre de la ville
Les Romans en scène (cycle de rencontre)

Lundi 23 novembre 2020 20h15 - Munich – Bayerische Staatsoper
MONTAGSSTÜCK IV: COME TI PIACE

Lundi 23 novembre 2020 21h00 - Paris –Théâtre de la ville
Kim & Cléa

Lundi 23 novembre 2020 20h30 - Paris –Cité de la Musique
INTÉGRALE DES QUATUORS DE BEETHOVEN III. QUATUOR ÉBÈNE

 

Mardi 24 novembre 2020 20h30 - Paris – Cité de la Musique
INTÉGRALE DES QUATUORS DE BEETHOVEN IV. QUATUOR ÉBÈNE

 

Mercredi 25 novembre 2020 12h30 - Paris – Musée du Louvre
LA FOLIE VIVALDI - Sandrine Piau, soprano - Le Concert de la Loge

Mercredi 25 novembre 2020 19h00 - Liverpool – Philharmonic
Vasily Petrenko conducts music by Arensky, Weber & Haydn

Mercredi 25 novembre 2020 19h00 - Athènes – Opéra (via GNO TV)
Madame Butterfly (Puccini)

 

Jeudi 26 novembre 2020 12h30 - Paris –Théâtre du Châtelet
Philippe Hersant, Gabriel Fauré - Orchestre de chambre de Paris

Jeudi 26 novembre 2020 19h00 - Paris –Théâtre de la ville
Les livres de Rachel (cycle de rencontre)

 

Vendredi 27 novembre 2020 17h30 - Venise – La Fenice
9e Symphonie (Beethoven)

Vendredi 27 novembre 2020 20h00 - Paris – Théâtre de la ville - Espace Pierre Cardin
La reine de la piste (Pierre Notte, Helena Noguerra)

Vendredi 27 novembre 2020 20h30 - Paris – Philharmonie de Paris
Penthesilea (Dusapin)

Vendredi 27 novembre 2020 21h00 - Rouen – Théâtre des Arts
Concert Louise Farrenc (Ouverture n° 1 en mi mineur opus 23) - Joaquin Rodrigo (Concierto de Aranjuez) - Hector Berlioz (Les Nuits d’été) - Lea Desandre - dm Glassberg

 

Samedi 28 novembre 2020 18h00 - Livorno - Teatro Goldoni
Valentina Boi

Samedi 28 novembre 2020 20h00 - Lille – Auditorium du nouveau siècle
François, Richard, Wolfgang et Dimitri - dm François Leleux

Samedi 28 novembre 2020 20h30 - Paris – Cité de la Musique
Love Songs. Rodolphe Burger - Jeanne Balibar - Sarah Murcia - Julien Perraudeau - Christophe Calpini

 

Dimanche 29 novembre 2020 11h00 - Munich –Bayerische Staatsoper
Présentation de Falstaff

Dimanche 29 novembre 2020 - Paris –Théâtre de la ville
11h L'Esprit public - 12h Les bonnes choses - 12h45 Signe des Temps (cycle de rencontres)

 

Lundi 30 novembre 2020 20h15 - Munich – Bayerische Staatsoper
MONTAGSSTÜCK V: LA BOHEME (Willis-Sørensen, Mirjam Mesak, Jonas Kaufmann, Andrei Zhilikhovsky)

Mardi 01 décembre 2020 21h00 - Paris –Théâtre de la ville
Aria da Capo

Mercredi 02 décembre 2020 19h00 - Munich – Bayerische Staatsoper
Falstaff (Verdi) - dm Mariotti - ms Koleznik

Vendredi 04 décembre 2020 20h00 - Paris – Philharmonie
Myung-Whun Chung, Martha Argerich, Orchestre Philharmonique de Radio France : Prokofiev

Vendredi 04 décembre 2020 20h00 - Naples – Teatro di San Carlo
Cavalleria Rusticana - Kaufmann / Garanca

Samedi 05 décembre 2020 04h30 (19h30 Local Time) - San Francisco – Opéra
Gala virtuel (Janai Brugger, Ashley Dixon, Amina Edris, Sondra Radvanovsky, Michael Fabiano, Pene Pati, Artur Ruciński, Alfred Walker, Nicola Luisotti)

Samedi 05 décembre 2020 18h00 - Livorno - Teatro Goldoni
Dabiella Cappiello

Dimanche 06 décembre 2020 17h00 - Zurich - Opéra (Live stream sur Concert Arte)
Simon Boccanegra (Verdi) - dm Luisi - ms Homoki - Gerhaher, Rowley, Fischesser, Jorijikia, Brownlee

Lundi 07 décembre 2020 20h15 - Munich – Bayerische Staatsoper
MONTAGSSTÜCK VI: DIE WELT BEWEGEN (Thomas Hampson)

Lundi 07 décembre 2020 20h30 - Milan – La Scala (Live stream Concert Arte)
Gala - Oropesa, Reachvilishvili, Grigolo, Kaufmann, Florez ...- dm Chailly

Mercredi 09 décembre 2020 20h30 - Paris – Philharmonie
Mahler / Symphonie n°9 - Orchestre de Paris - Klaus Mäkelä

Mercredi 09 décembre 2020 19h30 - Liverpool – Philharmonic
Vasily Petrenko conducts Ginastera, Respighi, Bizet

Jeudi 10 décembre 2020 20h00 - Naples – Teatro di San Carlo
Gala Mozart Bel Canto (Maria Agresta, Ildar Abdrazakov, Nadine Sierra, Francesco Demuro, Pretty Yende)

Jeudi 10 décembre 2020 20h30 - Paris – Philharmonie
Orchestre national d'Île-de-France, Case Scaglione, Marie-Ange Nguci : Debussy, Rachmaninoff, Strauss, Enesco

Vendredi 11 décembre 2020 19h30 - Rennes – Opéra
La Dame blanche (Boieldieu) - Ratia, Hyon, Buendia, François, Jestaedt, Zerari, Airaultdm Simon - ms Vignaud

Samedi 12 décembre 2020 18h00 - Livorno - Teatro Goldoni
Desire Rancatore

Samedi 12 décembre 2020 19h00 (13h00 ET) - MET Stars Live in Concert
Bryn Terfel (en direct du Pays de Galles)

Samedi 12 décembre 2020 20h00  - Palerme - Teatro Massimo
Romeo et Juliette (Prokofiev) - chr Bombana

Dimanche 13 décembre 2020 14h30 - Paris - Opéra Bastille
La Bayadère (Minkus), Dorothée Gilbert, Germain Louvet, Léonore Baulac, Amandine Albisson, Hugo Marchand, Valentine Colasante, Ludmila Pagliero, Mathias Heymann, Paul Marque, Audric Bezard, Marine Ganio, Francesco Mura, Yann Chailloux, Vincent Chaillet, Célia Drouy, Axel Magliano, Sae Eun Park, Silvia Saint-Martin, Hannah O’Neill

Dimanche 13 décembre 2020 19h00 - Vienne - Staatsoper
Tosca (Puccini) - Netrebko, Eyvazov, Koch - dm de Billy - ms Wallmann

Dimanche 13 décembre 2020 20h00 - Palerme - Teatro Massimo
Wellber – Sadikova – Haydn - Schumann

Dimanche 13 décembre 2020 22h20 - Berlin - Staatsoper
Lohengrin (Wagner) - Alagna, Mikneviciute, Gubanova, Pape, Gantner - dm Pintscher - ms Bieito

 

Lundi 14 décembre 2020 19h00 - Vienne - Staatsoper
Das Verratene Meer (Henze) -Boecker, Skovhus, Lovell, Van Heyningen - dm Young - ms Wieler & Morabito / Viebrock

Lundi 14 décembre 2020 19h00 - Munich – Bayerische Staatsoper
Advents-Benefizkonzert - dm Vladimir Jurowski - Chor Stellario Fagone

Lundi 14 décembre 2020 20h30 - Paris – Philharmonie
La Voix intérieure - Pygmalion - Raphaël Pichon - Stéphane Degout - Schubert, Schumann, Weber

Mercredi 16 décembre 2020 18h00 - Paris – Théâtre du Châtelet (Chaîne Youtube)
Le Châtelet sur le toit

Mercredi 16 décembre 2020 20h30 - Paris – Cité de la Musique
Intégrale des quatuors de Beethoven V. Quatuor Ébène

Mercredi 16 décembre 2020 21h00 - Paris – Théâtre du Châtelet (Chaîne Youtube)
Splendeurs vénitiennes - Le Concert spirituel - dm Hervé Niquet

 

Jeudi 17 décembre 2020 20h00 - LisbonneGulbenkian Musica
L'histoire du Soldat d'Igor Stravinsky

Jeudi 17 décembre 2020 20h30 - Paris – Cité de la Musique
Intégrale des quatuors de Beethoven VI. Quatuor Ébène

Jeudi 17 décembre 2020 21h00 - Paris – Théâtre du Châtelet (Chaîne Youtube)
Trio Sora - Fanny Mendelssohn, Trio avec piano en ré mineur op. 11 - Ludwig van Beethoven, Trio avec piano nᵒ 7 en si bémol majeur, opus 97 « L’Archiduc » 

Vendredi 18 décembre 2020 12h00 - Paris – Opéra Comique
Master Classes Barbara Hannigan

Vendredi 18 décembre 2020 18h00 - Vienne - Staatsoper
Der Rosenkavalier (Richard Strauss / Hugo von Hofmannsthal) - dm Philippe Jordan - ms Otto Schenk - Martina Serafin, Daniela Sindram, Günther Groissböck, Erin Morley, Jochen Schmeckenbecher

Vendredi 18 décembre 2020 21h00 - Rouen – Théâtre des Arts
7e de Beethoven - dm Marzena Diakun

Vendredi 18 décembre 2020 21h00 - Paris – Théâtre du Châtelet (Chaîne Youtube)
Haydn, Mozart - Gaelle Arquez - Le concert de la Loge - dm Julien Chauvin

 

Samedi 19 décembre 2020 18h00 - Livorno - Teatro Goldoni
Alberto Mastromarino

Samedi 19 décembre 2020 19h00 - Oslo - Opera House
Lise Davidsen

https://operaen.no/en/Productions/Big-voices-lise-davidsen-concert/

Dimanche 20 décembre 2020 16h00 - Rouen – Théâtre des Arts
Cosmos - Beethoven & râgas Indiens, Shani Diluka, Shani Diluka (Piano), Mehboob Nadeem (Sitar), Mitel Purohit (Tablas)

Lundi 21 décembre 2020 19h00 - Paris – Lucernaire (Live sans replay)
Les débutantes (Christophe Honoré) - pièce jeune public

Lundi 21 décembre 2020 20h15 - Munich – Bayerische Staatsoper
Oratorio de Noel (Saint-Saëns) - Ailyn Pérez , Tara Erraught, Okka von der Damerau, Benjamin Bernheim, Etienne Dupuis, Gaël Gandino, Michael Hartmann - dm Antonello Manacorda

Lundi 21 décembre 2020 21h00 - Paris – Théâtre du Châtelet (Chaîne Youtube)
Tout feu, tout flamme - Ensemble intercontemporain - dm Matthias Pintscher

Mardi 22 décembre 2020 18h00 - Livorno - Teatro Goldoni
Sonia Ganassi

Mardi 22 décembre 2020 20h30 - Paris – Philharmonie
Mahler / Le Chant de la Terre - Orchestre de Paris - Daniel Harding

Mardi 22 décembre 2020 21h00 - Rouen – Théâtre des Arts
Monstres sacrés (Beethoven, Wagner) - Miroirs étendus (Soprano Marie-Laure Garnier, Violon et direction musicale Fiona Monbet, Violoncelle Michèle Pierre, Piano Romain Louveau)

Mercredi 23 décembre 2020 21h00 - Rouen – Théâtre des Arts
Ludwig van - Alexandre Tharaud - dm Adrien Perruchon

Mercredi 23 décembre 2020 20h30 - Paris – Cité de la Musique
Vivaldi - Grande Messe de Noël - Les Arts Florissants - Paul Agnew

Jeudi 24 décembre 2020 10h00 - Munich – Bayerische Staatsoper
Hänsel und Gretel (Humperdinck) - Milan Siljanov, Okka von der Damerau, Tara Erraught, Emily Pogorelc, Kevin Conners, Daria Proszek,Sarah Gilford - dm Friedrich Haider - ms Richard Jones

Jeudi 24 décembre 2020 10h00 - Munich – Bayerische Staatsoper
Le Lac des Cygnes (Tchaikovski) - Ksenia Ryzhkova, Jinhao Zhang, Emilio Pavan - dm Tom Seligman

Jeudi 24 décembre 2020 16h00 - Paris – Théâtre du Châtelet (Chaîne Youtube)
Le Père Noël au Châtelet - Le Chœur d'enfants Sotto Voce

Jeudi 24 décembre 2020 23h30 - Paris – Notre Dame de Paris (France 2)
Concert exceptionnel au cœur de Notre-Dame de Paris présenté par Stéphane Bern
Yves Castagnet, le violoncelliste Gautier Capuçon et la soprano Julie Fuchs interprètent Les Anges dans nos campagnes (René Blin), Douce Nuit, sainte nuit (chant traditionnel de Noël), Voisins et voisines (Alexandre de Villeneuve), Ave Maria (Franz Schubert), Jingle Bells (Gordon Langford).

Philippe Jordan © www.operadeparis.fr

Philippe Jordan © www.operadeparis.fr

Vendredi 25 décembre 2020 21h00 - Rouen – Théâtre des Arts
Amour Amor - Les Talens lyriques - Direction musicale, clavecin Christophe Rousset, Soprano Ambroisine Bré

 

Samedi 26 décembre 2020 16h00 - Paris – Théâtre du Châtelet (Chaîne Youtube)
Le Petit Prince - avec Benoît Marchand - Orchestre de chambre de Paris - dm Marc-Olivier Dupin

Samedi 26 décembre 2020 20h00 - Paris – Opéra Bastille (sur France Musique)
L'Or du Rhin (Wagner) – dm Philippe Jordan

 

Lundi 28 décembre 2020 20h00 - Paris – Opéra Bastille (sur France Musique)
La Walkyrie (Wagner) – dm Philippe Jordan – Skelton, Groissböck, Davidsen, Serafin, Gubanova

 

Mercredi 30 décembre 2020 20h00 - Toulouse – Capitole
Dans les pas de Noureev - Raymonda – Grand Pas classique, acte IIIRoméo et Juliette – Scène du balcon, acte I, La Belle au bois dormant – Pas de deux, acte III, Cendrillon - Pas de deux de Cendrillon et l'Acteur-vedette, acte II, Le Lac des cygnes – Pas de trois du Cygne noir, acte III

Mercredi 30 décembre 2020 20h00 - Paris – Opéra Bastille (sur France Musique)
Siegfried (Wagner) – dm Philippe Jordan

Mercredi 30 décembre 2020 20h45 - Strasbourg – Opéra du Rhin (sur viàVosges, Alsace20, Canal32, viàMoselle)
Hänsel und Gretel (Humperdinck) - dm Marko Letonja - ms Pierre Emmanuel Rousseau

 

Jeudi 31 décembre 2020 17h00 - Marseille –  Opéra
La Bohème (Puccini) - Enea Scala, Angélique Boudeville, Alexandre Duhamel, Lucrezia Drei - ms Louis Désiré - dm Paolo Arrivabeni

Jeudi 31 décembre 2020 17h00 - Vienne –  Staatsoper
Die Fledermaus (J.Strauss) - dm Cornelius Meister - ms Otto Schenk - Camilla Nylund, Georg Nigl, Jochen Schmeckenbecher, Okka von der Damerau, Michael Laurenz, Regula Mühlemann, Peter Simonischek

Jeudi 31 décembre 2020 18h00 - Berlin – Philharmonie (sur Arte et Concert Arte)
Concert de la Saint-Sylvestre - dm Kirill Petrenko

Jeudi 31 décembre 2020 20h30 - Avignon – Grand Opéra
La Veuve Joyeuse (Lehar) - Blondel, Mutel, Martin, Paire, Camps, Joumier, Roubet, Baron, dm Pionnier, ms Fanny Gioria

Jeudi 31 décembre 2020 21h00 - Paris – Théâtre du Châtelet (Chaîne Youtube)
Broadway Rhythm - Irving Berlin, Duke Ellington, Georges Gershwin, Cole Porter… - Emma Kate Nelson & Friends

Jeudi 31 décembre 2020 22h00  (16h00 ET) - Whole World – MET Star Live in concert
New Year's Eve Gala

 

Vendredi 01 janvier 2021 11h10 - Vienne - Musikverein (sur France 2)
Concert du Nouvel An - Philharmonique de Vienne - dm Riccardo Muti

Vendredi 01 janvier 2021 18h40 - Venise - La Fenice (sur Arte et Concert Arte)
Concert du Nouvel An - dm Daniel Harding

 

Samedi 02 janvier 2021 20h00 - Paris – Opéra Bastille (sur France Musique)
Le Crépuscule des Dieux (Wagner) – dm Philippe Jordan

 

Dimanche 03 janvier 2021 00h00 - New York – Teatro Grattacielo (Chaîne YT pour 24h)
Fedora (Giordano) - Michelle Johnson, Jeremy Brauner, Marcello Guzzo, Maria Brea, Samuel White, Eugenia Forteza, Rubin Casas, Michael Gracco, Brian Montgomery - ms Malena Dayen - dm srael Gursky

 

Lundi 04 janvier 2021 20h00 - Milan – Teatro alla Scala
Markus Werba / Michele Wamba - Robert Schumann : Dichterliebe op. 48

Lundi 04 janvier 2021 20h15 - Munich – Bayerische Staatsoper
Paragdima  BROKEN FALL / BEDROOM FOLK / WITH A CHANCE OF RAIN - ChrRussell Maliphant / Sharon Eyal / Liam Scarlett

Jeudi 06 janvier 2021 11h00 - Milan – Teatro alla Scala
The story of Babar & the Symphonie n°29 -  Wolfgang Amadeus and the great musical fairy tales - dm Eun Sun Kim - Narrator Angela Finocchiaro

Vendredi 08 janvier 2021 20h00 - Milan – Teatro alla Scala
Johannes Brahms : Symphony No 3 in F major op. 90 - Antonin Dvoràk : Symphony No 7 in D min. op. 70 - Lorenzo Viotti

Vendredi 08 janvier 2021 20h30 - Rome – Accademia Nazionale di Santa Cecilia
Mahler, Des Knaben Wunderhorn - dm Daniele Gatti, Markus Werba
Beethoven Coriolan Overture, Haydn “Symphony n. 100 “Military”

Dimanche 10 janvier 2021 11h00 - Hambourg – Laeiszhalle
Haspa Neujahrskonzert - dm Sylvain Cambreling, Viviane Hagner - Werke von Mozart, Medelssohn und Beethoven

Dimanche 10 janvier 2021 16h00 - Marseille – Opéra
Concert du Nouvel An

 

Lundi 11 janvier 2021 20h15 - Munich – Bayerische Staatsoper
Song of a mad king - installation Andreas Weirich -  dm Olivier Tardy - Holger Falk, Markus Kern, Benedikt Don Strohmeier, Katharina Kutnewsky, Andreas Schablas, Claudio Andrés Estay González, Jean-Pierre Collot

Mercredi 13 janvier 2021 20h30 - Paris – Philharmonie
Orchestre de Paris, Ariane Matiakh : Richard Strauss, Fauré

Vendredi 15 janvier 2021 18h45 - Lisbonne – Gulbenkian Musica
Uma Noite na Ópera - Orquestra Gulbenkian / Lorenzo Viotti et Ailyn Pérez - Soprano/Margarita Gritskova - mezzo-Soprano/Joshua Guerrero -Tenor/Roman Burdenko - Barítono

Vendredi 15 janvier 2021 20h00 - Milan – Teatro alla Scala
Niccolò Castiglioni, Philip Glass, Bruno Maderna, Mauro Montalbetti, Carlo Boccadoro, Arvo Pärt, Steve Reich - dm Boccadoro

Vendredi 15 janvier 2021 20h00 - Florence – Teatro del Maggio
Linda di Chamounix (Donizetti) - dm Gamba - ms Lievi - Pratt, Demuro, Pertusi, Prato, Capitanucci, De Liso

Vendredi 15 janvier 2021 20h30 - Rome – Accademia Nazionale di Santa Cecilia
Haydn The Storm, Mahler Des Knaben Wunderhorn, Beethoven Symphony n. 6 “Pastoral”- dm Daniele Gatti, Markus Werba

Vendredi 15 janvier 2021 20h55 - Paris - Opera Comique (France 5)
Chantons, faisons tapage : Laurent Campellone, Thomas Jolly et son équipe ont imaginé un concert de retrouvailles pétillant : d'Offenbach à Poulenc, en passant par Bizet, Delibes, Gounod, ou Saint-Saëns, les artistes de Fantasio reprennent à leur compte le répertoire de l'opéra-comique, avec le choeur Aedes et l'Orchestre de chambre de Paris. Au cours de ce concert exceptionnel, les téléspectateurs pourront découvrir ou redécouvrir des extraits de "Carmen", "Lakmé", "Fantasio", "La vie parisienne" ou encore de "Figure humaine" avec l'Orchestre de chambre de Paris.

Samedi 16 janvier 2021 20h00 - Rome – Teatro dell'Opera di Roma
Danza alla Nuvola Vivaldi Suite, Choreographer Michele Merola

Dimanche 17 janvier 2021 21h00  (15h00 EST) - New-York – MET Orchestra Spotlight Series
Join us for operatic favorites from Mozart's Magic Flute and Rossini's William Tell as well as new works by Pulitzer Prize winner Caroline Shaw and Sphinx 2021 Medal of Excellence winner Carlos Simon.  Works by Delibes and Schubert round out this program featuring Met principal flute, Chelsea Knox and principal oboe, Elaine Douvas. Hosted by bass-baritone Eric Owens

 

Lundi 18 janvier 2021 19h30 - Genève – Grand Théâtre
Pelléas et Mélisande (Debussy) - Best, Naef, Imbrailo, Eriksmoen, Melrose - dm Nott - ms Jalet/Cherkaoui

Lundi 18 janvier 2021 20h15 - Munich – Bayerische Staatsoper
MONTAGSSTÜCK X: Schön ist die welt - dm Friedrich Haider - ms Tobias Ribitzki - Max Hopp, Eliza Boom, Sebastian Kohlhepp, Julia Kleiter, Juliana Zara, Manuel Günther,Eliza Boom, Yajie Zhang, Andrew Hamilton, James Ley

Lundi 18 janvier 2021 20h30 - Paris – Philharmonie
Romantismes. Orchestre du Conservatoire de Paris - Jean-Claude Casadesus - David Kadouch : Debussy, Schumann, Ravel, Beethoven

Mardi 19 janvier 2021 20h00 - Paris – Opéra Comique
Titon et Aurore (Mondonville) - Van Mechelen, Blondeel, de Negri, Mauillon, Roset, Dolcini, Thomas, Gnidzaz, Perret - dm Christie - ms Twist

Mardi 19 janvier 2021 20h30 - Paris – Philharmonie
Dimitri Vassilakis - Hideki Nagano : Boulez

Mardi 19 janvier 2021 21h00 - Gênes – Teatro Carlo Felice
Leoncavallo, Puccini, Giordano, Concert S.Gamberoni – A.Nisi – F.Meli- L.Salsi – D.Callegari

Mardi 19 janvier 2021 21h30 - Paris – Philharmonie
Florent boffard interprète trois œuvres importantes : les Notations, « relevés d’apprenti » qui connaîtront un spectaculaire développement orchestral et les Première et Troisième Sonates.

Mercredi 20 janvier 2021 20h30 - Paris – Philharmonie
Orchestre de Paris - dm Klaus Mäkelä - Christel Loetzsch - Pierre-Laurent Aimard - Chœur de chambre Accentus - oeuvres de Pierre Boulez, Olivier Messian, Claude Debussy

Vendredi 22 janvier 2021 16h30 - Vienne – Staatsoper
Nabucco (Verdi) - dm Marco Armiliato - ms Günter Krämer : Plácido Domingo, Freddie De Tommaso, Riccardo Zanellato, Anna Pirozzi

Vendredi 22 janvier 2021 19h30 - Paris – Opéra Bastille
La Flûte enchantée (Mozart) - ms Carsen - dm Meister

Samedi 23 janvier 2021 19h00 - Rome – Teatro dell'Opera di Roma
I Puritani (Donizetti), dm Roberto Abbado, Jessica Pratt, Lawrence Brownlee, Franco Vassallo, Nicola Ulivieri, Roberto Lorenzi, Rodrigo Ortiz, Irene Savignano

Samedi 23 janvier 2021 19h00 (13h00 EST) - MET Stars Live in Concert
Piotr Beczała and Sondra Radvanovsky

Lundi 25 janvier 2021 20h15 - Munich – Bayerische Staatsoper
MONTAGSSTÜCK XI: Sehnliches Verlangen - dm Zubin Mehta - Anja Harteros  Vier letzte Lieder (Strauss) et Symphonie Nr. 8 C (Schubert)

Mardi 26 janvier 2021 20h00 - Rouen – Théâtre des Arts
Pelléas et Mélisande (Debussy) - dm Pierre Dumoussaud - ms Eric Ruf - Adèle Charvet, Huw Montague Rendall, Nicolas Courjal, Jean Teitgen, Lucile Richardot, Anne Sophie Petit, Richard Rittelmann

Vendredi 29 janvier 2021 20h00 - Florence – Teatro del Maggio
Lahav Shani (Weber, Mozart, Schumann)

Samedi 06 février 2021 19h00 (13h00 EST) - MET Stars Live in Concert
Anna Netrebko

Samedi 06 février 2021 20h00 - Naples - Teatro San Carlo
Il Pirata (Bellini) - dm Antonino Fogliani, Luca Salsi, Sondra Radvanovsky, Celso Albelo, Francesco Pittari, Emanuele Cordaro, Anna Maria Sarra

Vendredi 12 février 2021 20h00 - Naples - Teatro San Carlo
Le Quattro Stagioni (Vivaldi) - chorégraphie Giuseppe Picone

Vendredi 19 février 2021 20h00 - Naples - Teatro San Carlo
Symphonie n°9 (Schubert) - dm Maurizio Agostini

Mardi 23 février 2021 20h00 - Florence – Teatro del Maggio
Rigoletto (Verdi) - dm Frizza - ms Livermore - Nucci, Barbera, Kamani

Samedi 27 février 2021 19h00 (13h00 EST) - MET Stars Live in Concert
Sonya Yoncheva (from Germany)

Mardi 28 mars 2021 20h00 - Florence – Teatro del Maggio
Cosi Fan Tutte (Mozart) - dm Mehta - ms Bechtolf - Nafortina, Arquez, Swensen, Olivieri, Torre, Hampson

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Publié le 25 Octobre 2020

Dienstag aus Licht
Karlheinz Stockhausen – 1977 / 1991
Représentation du 24 octobre 2020
Philharmonie de Paris

Eva Elise Chauvin et Léa Trommenschlager
Michael Hubert Mayer
Lucifer Damien Pass
L’arbitre Thibaut Thezan
Premier combattant des troupes de Michaël Henri Deléger (trompette)
Premier combattant des troupes de Lucifer Mathieu Adam (trombone)
Synthi-fou Sarah Kim

Ensemble Le Balcon
Le Jeune Choeur de Paris et les élèves du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP)

 

Direction musicale Maxime Pascal et Richard Wilberforce            Maxime Pascal
Conception du spectacle Maxime Pascal et Damien Bigourdan
Création visuelle Nieto

Cela commence par une fanfare de cuivres pétaradants et une confrontation entre deux chœurs qui surplombent la salle depuis les deux balcons d’arrière-scène qui se font face et qui, dirigés par Maxime Pascal et Richard Wilberforce restés en bas de scène, les bras animés vers les hauteurs, se répondent en opposant Michael, image du bien incarné par un personnage brossé de blanc, et Lucifer, incarnation du mal vêtu de noir. Ces deux forces sont parfaitement identifiables et vont se comporter comme un dipôle qui engendrera une dynamique contradictoire tout au long du spectacle.

Dienstag aus Licht - Karlheinz Stockhausen (Maxime Pascal - Le Balcon) Philharmonie de Paris

Après cette ouverture grandiose, le pari lancé par Lucifer d’arriver à arrêter le cours du temps prend la forme d’une compétition humaine et loufoque où aucune trivialité ne va être oubliée.

L’orchestre Le Balcon prend place en arrière plan, en ligne et légèrement surélevé, et quatre sportifs, deux hommes et deux femmes, entament quatre courses circulaires à des vitesses différentes, filant comme les ans à travers le temps.

Ce grand tableau est d’abord marqué par la présence de Thibaut Thezan qui arbitre cette manifestation en usant d’une technique déclamatoire qui défie tout sentiment ridicule en chaloupant des phrases vers le public, et en variant les sons comme si quelqu’un modifiait en continu ses fréquences d’émission.

Sa gestuelle corporelle souple et fort expressive guide également le regard du spectateur.

Thibaut Thezan (L'arbitre)

Thibaut Thezan (L'arbitre)

La course est régulièrement interrompue par des intervenants, cuisinier, mime lion, femme nue, qui renforcent le sentiment d’absurdité amusant de cette première partie, alors que les interjections musicales des percussions, saxophones, flûtes et harmoniums colorent d’ironie fantaisiste le jeu théâtral et répétitif qui se déroule devant un auditoire vraisemblablement aussi diverti que stupéfait.

Il y a donc de quoi sortir un peu décontenancé de cette première partie, car cette réflexion ludique sur les mouvements circulaires du temps semble revenir au même point de départ.

La seconde partie va pourtant transporter le spectateur dans un monde qui n’a plus rien à voir et que rien ne laissait présager, sinon la conscience que dans la vie il y a a une opposition entre les petits combats quotidiens et l’aspiration à une grande épopée qui dépasse la finitude de l’être humain. Et c’est cette autre dimension tragique qui devient le cœur de l’acte II.

Les musiciens de l'ensemble Le balcon

Les musiciens de l'ensemble Le balcon

Une fois plongée dans le noir, l’audience se trouve prise dans un monde sonore qui superpose huit trames musicales électroniques (Octophonie) jouées en temps réel. Dans une ambiance sombre, des avions filent spectaculairement le long des lignes des balcons de la Philharmonie, d’autres sont en suspension sur les réflecteurs acoustiques, et d’un immense roc projeté en front de scène partent des faisceaux lumineux qui se prolongent dans la salle grâce aux projecteurs animés comme s’ils cherchaient à fixer les avions avant de leur tirer de dessus et les descendre en flammes. Une véritable ambiance de guerre nocturne.

Les engins s’écrasent au pied de la muraille, et une main gigantesque de fer surgit d’une faille ouverte qui évoque le grand passage biblique de la mer Rouge, et se saisit du corps lilliputien d’un des pilotes encore vivant pour l’emporter vers un au-delà indéfini.

Invasion - explosion avec Adieu

Invasion - explosion avec Adieu

La musique spatiale et stellaire de Karlheinz Stockhausen avance dans une ambiance parcellée de toutes sortes d’ondes magnétiques et obsédantes, et ce fantastique spectacle en quatre ou cinq dimensions, on ne sait plus, mène petit à petit chacun de nous dans une réflexion sensorielle et désincarnée des conflits du monde.

Dans un grand moment apocalyptique, Michael survient en archange bleu, entouré d’une humanité abandonnée dans l’obscurité, pour affronter Lucifer. Puis une madone ramène chacun à un sentiment bienveillant, et un joueur de trombone transforme ce moment de pause en pure poésie bleue.

Dienstag aus Licht - Karlheinz Stockhausen (Maxime Pascal - Le Balcon) Philharmonie de Paris

Puis, véhicules blindés, tanks, navires, canons d’artillerie stylisés défilent et tombent au sol comme des maquettes qu’il faudrait abandonner pour grandir. La réalisation esthétique atteint un sommet qui va être dépassé par un grand voyage final où la musique s’accélère dans un tournoiement de couleurs comme le vivait Dave à travers son aventure temporelle dans « 2001, L’Odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick, film mythique réalisé trois ans avant la composition de Dienstag aus Licht.

Synthi-fou (Sarah Kim)

Synthi-fou (Sarah Kim)

Sarah Kim, en Synthi-fou aux allures de chef indien, entre en transe aux commandes d’un synthétiseur psychédélique, les couleurs lumineuses bleu, vert, rose, orange tournoient sur les ondes musicales qui s’enroulent en spirale, et laissent l’auditeur abasourdi une fois le cosmos sonore replié en forme de Big-Crunch.

Dienstag aus Licht - Karlheinz Stockhausen (Maxime Pascal - Le Balcon) Philharmonie de Paris

Cette synthèse entre grandiose visuel et grandiose musical, qui prend à partie un lieu immense à l’acoustique formidable pour transcender une expression artistique, est un modèle de spectacle total merveilleusement abouti.

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Publié le 23 Octobre 2020

Concertos pour clavier  (Johann Sebastian Bach – 1736 / 1739)
Concert du 23 octobre 2020
Auditorium de Radio France

Concerto pour clavecin en ré mineur, BWV 1059
Concerto pour clavecin en fa majeur, BWV 1057
Concerto pour clavecin en ré mineur, BWV 1052
Concerto à deux claviers en ut mineur, BWV 1060

Ensemble Café Zimmermann

Dans une lettre écrite le 28 octobre 1730 à Georg Erdmann, consul de Russie à Gdansk, Johann Sebastian Bach exprimait son désabusement à Leipzig, qu’il avait rejoint après un passage heureux à la cour du Prince Leopold d’Anhalt-Cöthen. Il n‘occupait pas de fonctions aussi importantes qu’il le pensait et trouvait les autorités peu portées sur la musique.

Mais le décès du recteur de la ville entraîna une amélioration de sa situation, et Bach délaissa les compositions d’église pour se consacrer pleinement au Collegium Musicum, un petit ensemble qui se réunissait au Café Zimmermann de la rue Sainte-Catherine.

Concertos pour clavier de Bach par Café Zimmermann – Auditorium de Radio France

Ce lieu à l’esprit convivial a inspiré en 1999 le nom d’un ensemble créé par la claveciniste Céline Frisch et le violoniste Pablo Valetti, "Café Zimmermann". Cet ensemble a depuis enregistré d’août 2000 à mai 2010 une magnifique série d’enregistrements des concerts à plusieurs instruments de Bach, tous réunis dans un coffret en six volumes édité par le label Alpha Productions.

Il plane donc une grande impatience sur cette première soirée de concertos pour clavier donnée à l’auditorium de Radio France à un horaire avancé, et enregistrée par France Musique.

Carole Cerasi et Céline Frisch (de dos)

Carole Cerasi et Céline Frisch (de dos)

Trois des huit concertos pour un seul clavecin sont au programme, le BWV 1059 en ré mineur, dont il n’existe qu’un court fragment de la main de Bach, le BWV 1057 en fa majeur, qui est une adaptation du 4e Concerto brandebourgeois BWV1049 composé en 1721, et le BWV 1052 en ré mineur dont Bach a donné plusieurs versions.

L’acoustique de l’auditorium semble créer un espace un peu trop large pour la formation chambriste, mais un halo lumineux focalise chaleureusement toute l’attention sur l’ensemble, et la part belle est faite au clavecin et à sa superbe marqueterie finement ornée de motifs floraux.

Concertos pour clavier de Bach par Café Zimmermann – Auditorium de Radio France

Céline Frisch et Carole Cerasi alternent d’un concerto à l’autre, diffractant un enchantement sonore scintillant et feutré, une pétulance heureuse qui engendre un sentiment diffus de légèreté dont on a tant besoin en ce moment.

Les instrumentistes, violons, alto et violoncelles, répondent à cette allégresse avec un toucher caressant qui affine les phrasés avec une souplesse bienveillante où l’esprit domine le corps. Il y a même des jeux de correspondance subtilement bondissants entre les violoncelles et le clavecin qui se révèlent accrocheurs par la douceur qui les anime.

L'ensemble Café Zimmermann

L'ensemble Café Zimmermann

Puis, en dernière partie, deux claviers sont disposés face à face par l’équipe de techniciens en charge de régler précisément le positionnement des instruments et le dispositif de prise de son pour la radio.

L’un des trois concertos pour deux clavecins composés par Bach, le BWV 1060 en ut mineur, constitue ainsi l’apothéose finale de ce concert. Céline Frisch et Carole Cerasi sont entraînées dans un jeu étourdissant et épatant au son miroitant qui provoque le même plaisir que l’on peut avoir à observer à travers un instrument le scintillement précieux d’amas d'étoiles.

Beaucoup de sourires au salut final en réponse à un public ravi.

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Publié le 13 Octobre 2020

Rudolf Noureev (extraits de ballets chorégraphiés entre 1979 et 1989)
Représentation du 12 octobre 2020
Palais Garnier

Tchaïkovski
Casse-noisette – Adages de l’acte I et de l’acte II
Dorothée Gilbert, Paul Marque

Prokofiev
Cendrillon Adage du tabouret
Alice Renavand, Florent Magnenet

Prokofiev
Roméo et Juliette – Pas de deux du balcon
Myriam Ould-Braham, Germain Louvet
(ci contre)

Minkus
Don Quichotte – Pas de deux de l’acte III
Valentine Colasante, Francesco Mura

Tchaïkovski
Le Lac des cygnes – Pas de deux de l’acte II
Amandine Albisson, Audric Bezard

Tchaïkovski / Noureev
Manfred – Variation du poète, extrait du 4e tableau
Mathias Heymann

Tchaïkovski
La belle au bois dormant – Pas de deux de l’acte III
Léonore Baulac, Germain Louvet

Musiques enregistrées

La montée en puissance des artistes de l’Opéra de Paris se confirme depuis la reprise des représentations, et la série de ballets classiques et contemporains programmés en octobre et novembre s’inscrit dans la même dynamique que celle suivie par les musiciens et choristes.

Le programme imaginé ce soir rend hommage au danseur et chorégraphe Tatare Rudolf Noureev, et évoque principalement sa période passée à la direction du ballet de septembre 1983 à juillet 1989.

Dorothée Gilbert et Paul Marque (Casse-Noisette)

Dorothée Gilbert et Paul Marque (Casse-Noisette)

Entré au Palais Garnier lors de la répétition générale de La belle au bois dormant le 15 mai 1961, la veille de sa demande d'asile politique à l'aéroport du Bourget, Rudolf Noureev reçoit en 1973 une proposition de l’Opéra pour diriger la troupe. Mais comme il exige de pouvoir danser partout dans le monde dans le même temps, le projet est une première fois abandonné.

Le 20 novembre 1979, il chorégraphie au Palais des Sports, et pour le ballet de l’Opéra de Paris, Manfred, une allusion à la vie de Byron chorégraphiée sur une musique de TchaïkovskiNoureev interprète le rôle du poète. Il remontera sa création au Palais Garnier en 1986.

Puis, le 06 mars 1981, il présente sa chorégraphie de Don Quichotte inspirée de Marius Petipa qu’il avait montée pour l’Opéra de Vienne en 1966, tout en reprenant le rôle de Basilio qu’il dansait depuis l’âge de 21 ans lorsqu’il faisait partie de la troupe du Kirov à Leningrad.

Alice Renavand et Florent Magnenet (Cendrillon)

Alice Renavand et Florent Magnenet (Cendrillon)

Lors de sa première saison en tant que directeur, inaugurée avec Raymonda – ballet non représenté ce soir -, l’impulsivité de Rudolf Noureev entre rapidement en conflit avec la maison et ses règles. Et l’on entend des échanges d’une virulence qui se révèle toujours d’actualité.

Il présente alors, en octobre 1984, la chorégraphie de Roméo et Juliette, sur la musique de Prokofiev, qu’il avait créée pour Londres en 1977 et présentée l’année suivante au Palais des Sports.

Le rôle de Juliette est celui d’une révoltée. Mais ce fantastique spectacle aux contours cinématographiques est mal accueilli ce qui incite le ballet à rappeler qu’il existe déjà la version soviétique de Bourmeister dans la maison.

Sous le coup des grèves, Noureev se concilie pourtant le corps de ballet et présente sa propre version du Lac des Cygnes en décembre 1984 (créée une première fois en 1964 à Vienne d’après Petipa) qui étoffe le personnage du Prince. Et la saison d’après, la reprise de l’ancienne version de Bourmeister rallie définitivement tous les danseurs à sa propre version.

Dorothée Gilbert et Paul Marque (Casse-Noisette)

Dorothée Gilbert et Paul Marque (Casse-Noisette)

La création de Casse-Noisette, le 19 décembre 1985, va ensuite déclencher la surprise du public de par l’originalité de sa conception – travaillée une première fois en 1967 pour Stockholm, puis en 1979 pour Berlin – axée sur l’imaginaire de Clara. La production est filmée en studio en 1988 et est toujours facilement accessible aujourd'hui.

Pour sa quatrième saison, il propose en création mondiale, le 25 octobre 1986, une chorégraphie de Cendrillon sur la musique de Prokofiev. Cette partition achevée en 1944 n’avait jamais été jouée à l’Opéra de Paris, et les références hollywoodiennes de Noureev initient une saison profondément américaine.

Valentine Colasante et Francesco Mura (Don Quichotte)

Valentine Colasante et Francesco Mura (Don Quichotte)

Après une cinquième saison marquée par beaucoup de reprises, Rudolf perd la danseuse dont il était si fier, Sylvie Guilhem, partie pour Londres, et s’apprête à présenter le jour de son anniversaire, le 17 mars 1989, sa version de La belle au bois dormant dont le dessin, resté proche de l’original de Petipa, valorise mieux les danses masculines. Mais c’est également jour de grève contre le projet de loi instaurant un diplôme d’État de professeur de danse.

Cependant, l’ouverture de l’Opéra Bastille se profile, et le Palais Garnier s’apprête à devenir le lieux principalement dédié aux ballets.

Amandine Albisson et Audric Bezard (Le lac des Cygnes)

Amandine Albisson et Audric Bezard (Le lac des Cygnes)

Pour faire revivre ces moments forts de la danse classique, la distribution réunie ce soir est une véritable occasion pour les spectateurs d’admirer les qualités artistiques et, surtout, les personnalités de quelques grands danseurs du corps de ballet, afin d’identifier de quels caractères ils se sentent chacun le plus proche.

Ainsi, dans les extraits de Casse-noisette, Dorothée Gilbert fait de Clara une adolescente mure, souriante mais à la main de fer, plus proche d’une femme très sûre de la destinée qu’elle dirige, alors que Paul Marque, au regard rusé, est la droiture même.

Puis, dans Cendrillon, Alice Renavand est une merveille de souplesse avec des cambrés d’une courbure incroyable, parcourue par une évanescence dans les mouvements de bras ondulants qui lui donne une légèreté à ravir Florent Magnenet, partenaire chaleureux d’une présence directe et sincère bienveillante.

Mathias Heymann (Manfred)

Mathias Heymann (Manfred)

Avec Myriam Ould-Braham, Juliette apparaît telle une adolescente éperdue au sourire frais, et mue par une grâce dynamique ravissante qui s’allie fort bien avec la nature féminine de Germain Louvet, une vision iconique du prince charmant qu’il aime animer comme si la vie était toujours belle, même pour Roméo.

Surviennent alors Valentine Colasante et Francesco Mura qui tous deux interprètent le duo entre Kitri et Basilio avec un panache et une assurance éclatante redoutablement efficace, à la manière d’un show festif, tout en créant un effet à la fois piqué et réjouissant à admirer.

Léonore Baulac et Germain Louvet (La belle au bois dormant)

Léonore Baulac et Germain Louvet (La belle au bois dormant)

A l’inverse, le pas de deux du Lac des Cygnes entre Amandine Albisson et Audric Bezard débute dans l’observation, la mélancolie diffuse. Une lente progressivité s’installe dans leur duo qui, sans qu’on ne le sente venir, attire de plus en plus le spectateur dans leur relation délicate et les moindres gestes subtils qui font de ce court tableau un portrait du sentiment indicible. Et c’est au moment où la musique s’arrête que l’on prend conscience du transport qui s’est opéré.

C’est ensuite un véritable souffle coupé qui accompagne l’arrivée de Mathias Heymann qui offre une description tourmentée et profondément expressive du poète de Manfred. Toute la musculature et les courbures de ce danseur absolument unique sont vouées à décrire les tensions intérieures et semblent comme modeler l’homme sous les yeux du public. Une beauté crépusculaire.

Les danseurs avec au premier plan Valentine Colasante et Francesco Mura

Les danseurs avec au premier plan Valentine Colasante et Francesco Mura

Et l’on retrouve dans un registre plus étincelant et léger Germain Louvet qui est associé cette fois à Léonore Baulac dont l’apparente fragilité se double d’une luminosité impressionnante, ce qui permet à tous deux d’achever avec La belle au bois dormant sur une touche resplendissante qui finit par englober l’ensemble des danseurs lors du salut final.

La salle est pleine ce soir, ce qui montre l’attachement du public habituel ou passager à une troupe dont le talent attend dorénavant de retrouver de plus grands espaces.

Mathias Heymann, Léonore Baulac et Germain Louvet

Mathias Heymann, Léonore Baulac et Germain Louvet

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Publié le 11 Octobre 2020

Petite Messe solennelle (Gioacchino Rossini - 1864)
Concert du 10 octobre 2020
Palais Garnier

Soprano Liliana Faraon
Alto Blandine Folio-Peres
Ténor Vincent Morell
Baryton Bernard Arrieta

Direction musicale José Luis Basso
Chœurs de l’Opéra national de Paris

Piano Alessandro Di Stefano, Philippe Reverchon
Orgue Filipos Rizopoulos

                                                      Liliana Faraon

Par ces deux soirées dédiées à la Petite Messe solennelle de Gioacchino Rossini, la série de concerts programmée au Palais Garnier donne l’occasion aux Chœurs de l’Opéra de Paris de devenir pour un week-end l’unique cœur rayonnant de la scène à travers une œuvre qui, subtilement, allie intimité interprétative et réminiscences de l’univers opératique.

Cette œuvre tardive de Rossini fut composée au cours de l’été 1863 depuis sa résidence de Beauséjour, qui faisait partie d’un ensemble de villas fondé par Le Père Lachaise à Passy.

José Luis Basso, Blandine Folio-Peres, Philippe Reverchon (de dos), Bernard Arrieta, Vincent Morell

José Luis Basso, Blandine Folio-Peres, Philippe Reverchon (de dos), Bernard Arrieta, Vincent Morell

Dédiée au Régent de la Banque de France, le Comte Alexis Pillet-Will, la dernière œuvre d’importance de Rossini fut créée le 14 mars 1864 dans la chapelle privée de la Comtesse Pillet-Will, mais ne connut sa première publique que trois mois après la mort du compositeur, le 24 février 1869, dans une salle bien connue de l’Opéra, la salle Ventadour, où était installé le Théâtre des Italiens. Et c’est dans cette même salle que le Stabat Mater de Rossini connut auparavant sa première en 1842.

Pour la représentation de ce soir, une parfaite symétrie est dessinée sur scène avec en son centre l’orgue flanqué de part et autre de deux pianos, des solistes féminines d’une part, et des solistes masculins d’autre part, et du chœur disposé autour d’eux, les femmes inspirant un sentiment de distinction fascinant par leur allure théâtrale.

Petite Messe solennelle (Choeurs de l'Opéra national de Paris - dm José Luis Basso) Palais Garnier

Dès le Kyrie, le chœur fait entendre une montée tout en nuances de la première prière, les divers timbres se fondant avec une belle homogénéité tout en restant dans une interprétation très intérieure et recueillie, soignant et filant avec une extrême finesse les fins de pages.

On retrouve cette même homogénéité chez les deux solistes masculins, Bernard Arrieta et Vincent Morell, et tout deux délivrent un chant naturel avec un sens du legato agréable qui contient aussi une part de tension bien affirmée. Et ce moelleux particulièrement prononcé pour le ténor résiste même au redoutable ‘Domine Deus’, où des petites clartés charmantes émergent de ce fondu onctueux inaltérable.

Au premier plan, Bernard Arrieta et Vincent Morell

Au premier plan, Bernard Arrieta et Vincent Morell

Les deux solistes féminines, Liliana Faraon et Blandine Folio-Peres, forment un couple qui évoque beaucoup plus l’univers lyrique avec ce qu’il porte en contrastes et d’oppositions de caractères.

Leurs voix se marient bien dans le ‘Qui Tollis’, où il est impossible de ne pas penser au duo de Lisa et Pauline du premier acte de La Dame de Pique de Tchaïkovski, et la suite révèle l’éclat mature et l’irrésistible tendresse de la soprano roumaine, alors que sa partenaire fait entendre des noirceurs inquiétantes d’une complexité accrocheuse.

On remarque d’ailleurs au cours de la représentation des gradations vocales qui ressortent parmi le chœur depuis les touches les plus éthérées en arrière plan aux timbres les plus corsés en avant scène qui font vivre l’ensemble et changer les points d’attention de l’auditeur.

 Liliana Faraon, Blandine Folio-Peres et Philippe Reverchon (de dos)

Liliana Faraon, Blandine Folio-Peres et Philippe Reverchon (de dos)

Et José Luis Basso, minutieusement attentif à cet équilibre fragile entre les subtilités piquées et les cadences des deux pianos qui impriment une intention confiante au déroulé de la musique, et la cohérence de l’ensemble vocal, préserve l’atmosphère humble d’une œuvre chambriste par nature.

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Publié le 6 Octobre 2020

Exils intérieurs (Amos Gitaï - 2020)
Représentation du 05 octobre 2020
Théâtre de la ville – Les Abesses

Textes Thomas Mann, Rosa Luxemburg, Albert Camus, Antonio Gramsci, Else Lasker Schüler

Comédiens Natalie Dessay, Pippo Delbono, Jérôme Kircher, Markus Gertken, Hans-Peter Cloos
Musiciens Alexey Kochetkov violon, Bruno Maurice Accordéon, Philippe Cassard Piano

Mise en scène Amos Gitaï

 

                                                 Natalie Dessay

 

Une table de bureau allongée sur le devant de la scène, des lampes et des micros dont les ombres dessinent en arrière plan des impressions de paysages industriels crépusculaires, et le narrateur principal (Jérôme Kircher) s’installe à l’une de ses extrémités, rejoint par Markus Gertken, Hans-Peter Cloos et Pippo Delbono.

Natalie Dessay

Natalie Dessay

Un dialogue s’installe naturellement entre le narrateur, qui contextualise chaque intervention, et les personnalités de Thomas Mann et Herman Hesse, deux romanciers qui se tenaient en grande estime, ainsi qu’Antonio Gramsci.

Pendant 1h40, chacun lit des écrits qui expriment doutes et ressentis face à une situation politique qui s’apprête à dégénérer en Allemagne et en Italie au début du XXe siècle.

La théâtralité est donc d’abord dans la voix et dans l’art de la déclamation pour lequel Markus Gertken est particulièrement passionnant à entendre de par la délicatesse avec laquelle il dessine chaque expression en induisant un sens à travers la sonorité qu’il donne à chaque syllabe.

Markus Gertken

Markus Gertken

La Suisse est citée comme terre d’accueil de tous les révolutionnaires européens – et l’on pense à Richard Wagner après l’échec de la révolution de 1848 –, et les destins de Rosa Luxemburg,  militante polonaise socialiste et communiste, d’Else Lasker Schüler, poétesse juive allemande, et d’Antonio Gramsci, philosophe italien, replongent l’auditeur dans une période qui provoqua l’engagement et l’interrogation de nombre d’artistes.

Ces échanges, passant de la langue française à la langue allemande et italienne, exigent du spectateur un fort pouvoir de concentration, et afin de lui accorder des moments de respiration, des extraits de films d’Amos Gitaï sont projetés en arrière plan, de Tsili (2013) à Berlin Jérusalem (1989) en passant par Kippour (2000) et Terre promise (2004), qui créent donc un rapprochement entre le passé et le présent plus récent, avec en filigrane le même questionnement.

 Philippe Cassard, Pippo Delbono, Jérôme Kircher, Talia de Vries, Alexey Kochetkov, Natalie Dessay

Philippe Cassard, Pippo Delbono, Jérôme Kircher, Talia de Vries, Alexey Kochetkov, Natalie Dessay

Mais le plus beau est la présence de Natalie Dessay, actrice mais aussi chanteuse ce soir, qui intervient telle une muse inspiratrice que l’on écoute émerveillé interpréter les lancinantes vocalises de Serge Rachmaninov, des airs en allemand, ainsi que le poème de Baudelaire « l’invitation au voyage » sur la musique d’Henri Duparc. Épouse du baryton-basse Laurent Naouri, elle trouve dans le travail d’Amos Gitaï un écho à son attachement à la communauté juive, et donc une très belle façon d’exprimer une part d’elle même.

Et chacune de ses interventions sont fabuleuses, avec ce plaisir un brin nostalgique pour l'auditeur de retrouver une clarté et un piqué de timbre bien connus, et aussi une modestie dans la façon d’être sur scène fort touchante.

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Publié le 5 Octobre 2020

La Khovanchtchina (Modeste Moussorgski – juillet 1872 à août 1880)

Orchestration de Dmitri Chostakovitch (1959)
Version de concert du 4 Octobre 2020
Philharmonie de Paris

Marfa Yulia Matochkina
Prince Andrei Khovansky Yevgeny Akimov
Prince Ivan Khovansky Mikhail Petrenko
Shaklovity Evgeny Nikitin
Prince Vasily Golitzin Oleg Videman
Dossifeï Stanislav Trofimov
Susanna Larisa Gogolevskaya
Emma Violetta Lukyanenko
Le Clerc Efim Zavalny
Le Scribe Andrei Popov
Kuzka Anton Khalansky
Streshnev Alexander Nikitin
Premier Strelets Grigory Karasev
Second Strelets Yuri Vlasov
Minion Oleg Losev
Varsonofiev Nikolaï Kamensky

Direction musicale Valery Gergiev                               Evgeny Nikitin (Shaklovity)
Orchestre et Chœur du Mariinsky

La Khovanchtchina est un opéra dont seule la partition chant-piano était presque achevée à la mort de Modeste Moussorgski, à l’exception du final de l’acte II et de l’acte V. Deux fragments de l’acte III étaient toutefois orchestrés.

Par la suite, Nikolaï Rimski-Korsakov compléta et orchestra l’intégralité de l’œuvre de 1881 à 1882 en modifiant l’harmonie de quasiment toute la partition, et en effectuant de nombreuses coupures (dont la scène du Clerc et des moscovites et celle de Golitsyne et le pasteur).

Plus tard, en 1959, Dmitri Chostakovitch orchestra la partition en reprenant le discours musical de Modeste Moussorgski, et c’est cette version qui est dorénavant le plus souvent jouée, comme cela est le cas ce soir à la Philharmonie de Paris.

Yulia Matochkina (Marfa)

Yulia Matochkina (Marfa)

Et c’est une interprétation puissamment vécue et pourvue d’instants d’une élégie absolue que les spectateurs vont avoir le bonheur d’admirer pendant près de 4h30, sans que jamais la moindre baisse de tension ne soit perceptible.

Rien que l’arrivée cérémonielle des 41 choristes par le haut de l’arrière scène est fortement impressive à regarder lorsque ceux-ci descendent les longs et abrupts escaliers, tandis que les étoles dorées des 22 artistes féminines leur donnent une splendide allure de vestales vertueuses.

Les prémices de l’ouverture révèlent ensuite la finesse et la rutilance des instrumentistes, et une lecture subtilement parcourue d’un fluidité véloce qui se développe en faisant la part belle à l’impression de puissance de la formation des cordes, dont le son tissé évoque l’éclat de précieuses mosaïques byzantines sans jamais le teinter de moindres nuances boisées.

Yevgeny Akimov (Andreï Khovanski), Valery Gergiev et Oleg Videman (Vassili Golitsine)

Yevgeny Akimov (Andreï Khovanski), Valery Gergiev et Oleg Videman (Vassili Golitsine)

Mais à cette impression de robustesse se juxtapose les formations des vents dont Valery Gergiev fait retentir, dans les passages les plus spectaculaires, l’éclat métallique avec une perfection de forme qui amplifie ces traits que Chostakovitch faisait déjà ressortir dans son interprétation. Le travail sur la broderie des sarments d'archets est lui aussi fascinant par son raffinement qui en éclaire la texture.

Et tous les chanteurs sont ralliés à l'envie de défendre une œuvre comme s’ils jouaient leur propre vie. Et malgré la simplicité du dispositif scénique qui leur dégage un espace expression suffisant en arrière plan de l’orchestre, c’est à un formidable engagement théâtral que nous assistons de bout en bout.

Mikhail Petrenko (Ivan Khovanski)

Mikhail Petrenko (Ivan Khovanski)

L’impressionnante stature de Mikhail Petrenko et sa projection solide et autoritaire dressent un portrait dominateur d’ Ivan Khovansky, alors que les deux amples ténors Yevgeny Akimov (Andrei Khovansky) et Oleg Videman ( Vasily Golitzin) paraissent tout autant des hommes animés par une volonté de puissance insatiable, avec toutefois quelques accents émouvants chez le premier, tandis que Stanislav Trofimov décline un autre portrait d’homme de référence, celui de Dossifeï, un homme profondément religieux, à la voix gris-sombre mais nullement rocailleuse, qui distille un grave sentiment d’humanité et de noblesse de cœur.

Stanislav Trofimov (Dossifeï)

Stanislav Trofimov (Dossifeï)

Même Evgeny Nikitin prend une dimension lyrique qu’on ne lui connaissait pas, avec une grande force et un mélange d’intensité et de nimbes éthérées dans le timbre de voix qui grandissent considérablement Shaklovity sans le caricaturer.

Au milieu de tous ces hommes surdimensionnés, Yulia Matochkina donne une somptueuse présence à Marfa, habillée de rouge comme le serait la sorcière Ulrica dans Le Bal masqué de Verdi, avec une chaleur et une rondeur d’une sensualité profonde qui fait de chaque apparition un moment d’émerveillement face à un être d’une beauté expressive merveilleuse.

Et ses partenaires féminines,Violetta Lukyanenko, qui fait d’Emma un cœur éclairant d’une impétuosité sidérante, et Larisa Gogolevskaya, Susanna perçante et redoutable, défendent avec elle un sexe qui cherche à créer un repère fort dans ce monde considérablement masculin.

Deux autres jeunes artistes, le baryton Efim Zavalny (Le Clerc) et le ténor Andrei Popov (Le Scribe), déploient eux aussi un jeu scénique admirable de justesse et de vérité.

Le Chœur du Mariinsky

Le Chœur du Mariinsky

Et comment ne pas évoquer le Chœur du Mariinsky, un peu plus puissant dans les voix de femmes, qui, à seulement 41 choristes, emplit la Philharmonie de fantastiques envolées mystiques.

On retrouve chez eux un sens de l’élégie et de la plus haute spiritualité absolument hypnotisants dans les passages les plus authentiquement plaintifs, et autour de la personne de Dossifeï ils représentent l’essence même de La Khovanchtchina, c’est à dire ce puissant sentiment religieux russe, qui n’est pas un sentiment conquérant, mais une force de résistance de tout un peuple à un monde qui n’a cessé de tenter de l’envahir.

Et ce conflit entre l’expérience historique de la foi et les nouveaux courants plus pragmatiques de la société russe est toujours au cœur de la vie d’un continent qui n’a pas lâché tous ses mystères.

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Publié le 4 Octobre 2020

Suite pour orchestre n°2 et concertos brandebourgeois (Johann Sebastian Bach - 1721)

Concert du 03 octobre 2020
Palais Garnier

Johann Sebastian Bach
Suite pour orchestre n°2
Concertos brandebourgeois n°3
Concertos brandebourgeois n°6
Concertos brandebourgeois n°5

Direction musicale Philippe Jordan
Orchestre de l’Opéra National de Paris

                                      Philippe Jordan

Second concert dédié aux ouvrages composés par Johann Sebastian Bach lorsqu’il eut rallié la cour du Prince Leopold d’Anhalt-Cöthen, nous retrouvons à nouveau les musiciens de l’Orchestre de l’Opéra de Paris et Philippe Jordan, tous réunis pour faire chanter la musique du célèbre compositeur baroque.

Philippe Jordan

Philippe Jordan

Depuis la reprise des représentations musicales au Palais Garnier, les musiciens se sont en effet voués dans un premier temps au répertoire du XVIIIe siècle, dont la technicité et la variété d’écritures leur permettent de préparer en douceur la reprise des spectacles lyriques prévus en fin d’année.

En comparaison avec le premier concert Bach joué une semaine plus tôt, les œuvres réunies ce soir donnent plus d’importance à la diversité des couleurs et des textures des cordes, ainsi qu’à la diversité de composition des ensembles orchestraux.

Par ailleurs, on n’entend plus les cuivres, mais le clavecin atteint un sommet virtuose dans le concerto brandebourgeois n°5.

Contrebasses

Contrebasses

Avec un sourire rayonnant et complice, Philippe Jordan entraîne d’abord l’orchestre dans les rythmes dansants et les effets de nuances d’une très grande finesse de la Suite n°2, dont l’interprétation bénéficie de la relation harmonieuse manifeste entre le directeur musical et les artistes de l’orchestre.

Une instrumentiste est magnifiquement mise en valeur, Claude Lefebvre, qui joue de la flûte traversière en dépeignant une joie douce et mélancolique teintée de charmants effets d’effleurements, et, inévitablement, la badinerie finale crée un subtil émois chez l’auditeur qui inconsciemment semble l’avoir toujours connu.

Les musiciens à la fin du concerto n°6, dont Laurent Verney et Jean-Charles Monciero (Altos) à gauche

Les musiciens à la fin du concerto n°6, dont Laurent Verney et Jean-Charles Monciero (Altos) à gauche

Le concerto brandebourgeois n°3 est ensuite un formidable ensemble de cordes vivaces enivrant qui fait entendre très distinctement les variations de matière et de brillance entre chaque groupes d’instruments, avec ce même sentiment de souplesse et de chaleur qui embrasse la totalité du concert de ce soir.

Puis, le concerto n°6 est celui qui convoque le moins d’archets et semble revenir au dénuement le plus simple, comme une quintette, en faisant la part belle au jeu de deux altos, interprétés par Laurent Verney et Jean-Charles Monciero.

Les sonorités à la fois âpres et lumineuse émanent d’une technique passionnante à suivre, qui parfois recherche des noirceurs névrotiques absolument saisissantes de complexité.

Philippe Jordan saluant les musiciens à la fin du concerto n°5, dont Claude Lefebvre (flûte) et Jacopo Raffele (Clavecin)

Philippe Jordan saluant les musiciens à la fin du concerto n°5, dont Claude Lefebvre (flûte) et Jacopo Raffele (Clavecin)

Enfin, le concerto n°5 permet de retrouver le souffle feutré de Claude Lefebvre marié au son dansant d’un violon, mais, surtout, ce concerto est celui qui fait passer au premier plan un instrument jusque là resté discret,le clavecin.

C’est ici toute la virtuosité de Jacopo Raffele qui est mise à l’épreuve, et il y a un moment absolument magique lorsque Philippe Jordan fait petit à petit se rejoindre l’agilité piquée de la flûtiste et l’agilité sourde du claveciniste en atténuant progressivement le son comme si l’on se dirigeait vers une fin qui, soudainement, reprend son envol pour se concentrer par la suite sur le dynamisme aérien et nonchalant du claveciniste.

Philippe Jordan

Philippe Jordan

Un très beau concert, riche en couleurs, d’une très grande profondeur interprétative, et dont le plaisir lisible des musiciens et du directeur musical contribue également au plaisir des spectateurs.

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Publié le 27 Septembre 2020

Suite pour orchestre n°3 et concertos brandebourgeois (Johann Sebastian Bach - 1721)

Concert du 26 septembre 2020
Palais Garnier

Johann Sebastian Bach
Suite pour orchestre n°3
Concerto brandebourgeois n°1
Concerto brandebourgeois n°4
Concerto brandebourgeois n°2

Direction musicale Philippe Jordan
Orchestre de l’Opéra National de Paris

 

                  Philippe Jordan et Olivier Rousset

Après Vienne Mozart composa ses trois dernières symphonies, les musiciens de l’Orchestre de l’Opéra de Paris emmènent le public du Palais Garnier à la cour du Prince Leopold d’Anhalt-Cöthen, quelque part entre Leipzig et Magdebourg.

Johann Sebastian Bach a rejoint cette principauté depuis 1717, là où son génie est mieux reconnu qu’à Weimar. Profondément croyant, le musicien dédie la richesse d’instrumentation de ses compositions à Dieu, mais également aux nobles qui apprécient son travail.

Rodrigo Calveyra et Nicolas Rosenfeld (Flûtes à bec) et Olivier Rousset (Hautbois)

Rodrigo Calveyra et Nicolas Rosenfeld (Flûtes à bec) et Olivier Rousset (Hautbois)

Et c’est auprès de cette cour qu’il compose entre 1717 et 1723 la Suite n°3 en Ré majeur, une sarabande en cinq mouvements, dont la forme rythmée et l’impression de joie cadrée avec sérieux correspondent si bien à l’allure majestueuse de Philippe Jordan qui impulse à son orchestre vigueur et liant du phrasé musical.

L’air si célèbre du second mouvement devient le moment où le sentiment d’intimité réveuse se délie au son sinueux et doré des étirements des violons, dans une ambiance feutrée où respirations de l’auditeur et des musiciens se rejoignent, avant que les accords royaux des trompettes ne résonnent à nouveaux.

L'orchestre de l'Opéra national de Paris

L'orchestre de l'Opéra national de Paris

En 1718, lorsque Bach accompagna pour la première fois le Prince Leopold aux eaux de Carlsbad, cité thermale située à la pointe est de la Tchéquie, il est probable qu’il y rencontra le Margrave de Brandebourg auquel il dédiera, trois ans plus tard, ses six Concertos brandebourgeois.

Trois de ces concertos sont interprétés ce soir, les n°1, 4 et 2, et, après les trompettes de la suite n°3, ce sont de nouveaux instruments solistes qui sont mis en avant, deux cors, deux flûtes à bec, deux hautbois et un premier violon.

Philippe Jordan saluant les solistes (Rodrigo Calveyra, Olivier Rousset, Frédéric Laroque, Jacopo Raffaele, Nicolas Rosenfeld) et l'orchestre

Philippe Jordan saluant les solistes (Rodrigo Calveyra, Olivier Rousset, Frédéric Laroque, Jacopo Raffaele, Nicolas Rosenfeld) et l'orchestre

Le premier violon alterne entre la finesse de traits éthérés et le rugueux d’accords boisés, les deux flûtes – qui sont jouées par deux musiciens de l’Ensemble Cappella Mediterranea sous le regard de Leonardo Garcia Alarcon présent dans la salle – sont splendides d’agilité et de moelleux sonore, charme que complète l’entrain du hautbois d’Olivier Rousset.

Philippe Jordan et Rodrigo Calveyra

Philippe Jordan et Rodrigo Calveyra

En soutien de ce très bon équilibre entre solistes, le clavecin se fait beaucoup plus discret et s’estompe dans le fondu crépusculaire et chaleureux de l’orchestre, d’où émergent des effets dansants et des pulsions entêtantes dans une ambiance recueillie, à la fois fort sage et pourtant d'une joie profonde.

Seconde partie de ce concert le 03 octobre 2020 : Concert Bach : Suite n°2 pour orchestre et concertos brandebourgeois (Philippe Jordan – Orchestre de l’Opéra de Paris) Palais Garnier

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