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Publié le 26 Juillet 2025

La scène de l'Opéra Bastille - Juin 2025

La scène de l'Opéra Bastille - Juin 2025

La pandémie qui a mis au ralenti l’économie mondiale de 2020 à 2021 a durement affecté les structures lyriques qui, hormis le Teatro Real de Madrid, ont du fermer pendant de longs mois (18 mois pour le New-York Metropolitan Opera), mettant en danger la pérennité de leur activité et, par là même, l’avenir des artistes, qu’ils soient salariés de ces structures, intermittents, solistes ou indépendants. Une des conséquences les plus significatives est que le Festival de Bayreuth ne présentera en 2026, pour ses 150 ans, que 7 ouvrages de Richard Wagner, et non 11, tel que prévu initialement.

L’article qui suit propose de jeter un premier regard sur les 5 saisons qui ont accompagné la reprise de l’activité d’après covid (saisons 2021/2022 à 2025/2026) à travers 7 structures lyriques qui ont mis à disposition leurs archives depuis des dizaines d’années, et de visualiser à quel point leur programmation a été infléchie.

Est donc comparée la programmation de ces structures sur deux périodes : 1973 à 2021 (48 ans), puis 2021 à 2026 (5 ans).

Les compositeurs au Wiener Staatsoper de 1973 à 2021

Les compositeurs au Wiener Staatsoper de 1973 à 2021

Les compositeurs au Wiener Staatsoper de 2021 à 2026

Les compositeurs au Wiener Staatsoper de 2021 à 2026

Le Wiener Staatoper (Budget 145 M€ - Subventions 79 M€ - Billetterie 43 M€)

Grande maison de répertoire qui affichait chaque saison 52 titres sur 215 représentations avant covid, l’Opéra de Vienne reste en sortie de pandémie sur un rythme soutenu approchant les 220 représentations chaque année mais avec une moyenne de 48 titres par saison.

Bogdan Roščić, successeur de Dominique Meyer, en est le directeur depuis 2020 avec pour mission première de proposer de nouvelles lectures des ouvrages lyriques afin d’attirer des publics plus jeunes mais aussi curieux de découvrir la force théâtrale de ces ouvrages. La nouvelle production de ‘Parsifal’ par Kirill Serebrennikov est tout à fait emblématique de cette politique de rénovation du langage scénique.

En terme de répertoire, l’habituel trio Giuseppe Verdi / Giacomo Puccini /  Wolfgang Amadeus Mozart couvre 40 % des représentations, mais Mozart passe dorénavant devant Verdi. Ils sont tous trois suivis par Richard Wagner et Richard Strauss (17 % des représentations), bien que ce dernier soit en perte de vitesse à l’avantage de l’auteur du ‘Ring’.

Au total, 12 compositeurs monopolisent 80 % de la programmation parmi lesquels Georges Bizet, Claudio Monteverdi (que Pablo Heras-Casado a régulièrement dirigé en ce lieu même) et Vincenzo Bellini qui sont en progression ces 5 dernières années.

On compte enfin une bonne dizaine d’entrées au répertoire depuis septembre 2021, dont la moitié orientée sur les XXe et XXIe siècles : 
Ritorno d'Ulisse in patria (Il) - Claudio Monteverdi
Giulio Cesare - Georg Friedrich Haendel
Lucrezia Borgia - Gaetano Donizetti
Turco in Italia (Il) - Gioacchino Rossini
Pêcheurs de perles (Les) - Georges Bizet
Iolanta - Piotr Ilyitch Tchaikovski
Dialogues des carmélites - Francis Poulenc
Grand Macabre (Le) - György Ligeti
Verratene meer (Das) - Hans Werner Henze
Fin de partie - György Kurtag
Animal Farm - Alexander Raskatov

L’opéra de Vienne amplifie donc son ouverture aux ouvrages récents mais ne cède en rien à un socle de 6 compositeurs (en incluant Rossini et Donizetti) pesant les 2/3 des soirées.

Bogdan Roščić souligne toutefois que la subvention n’est plus indexée sur l’inflation depuis l’adoption de l’euro, entraînant un manque à gagner de 8 M malgré un taux de fréquentation de 99 %. Il a été reconduit jusqu’en 2030.

Les compositeurs au Bayerische Staatoper de 2001 à 2021

Les compositeurs au Bayerische Staatoper de 2001 à 2021

Les compositeurs au Bayerische Staatoper de 2021 à 2026

Les compositeurs au Bayerische Staatoper de 2021 à 2026

Le Bayerische Staatsoper (Budget 118M€ - Subventions 72 M€ - Billetterie 30 M€)

A l’été 2025, l’Opéra de Munich célèbre les 150 ans de son festival d’opéras qui fut donné pour la première fois entre le 22 août et le 18 septembre 1875.

La célèbre institution de répertoire lyrique d’Allemagne ne fait remonter ses archives que jusqu’à 2001, mais il est possible de dégager la tendance de sa programmation. Entre 2001 et 2021, elle affiche chaque saison 41 titres sur 175 représentations, et cette maison reste au cours des années 2021-2026 sur un rythme de 41 titres et 178 représentations par an, hormis la saison 2025/2026 qui passe à 35 titres mais pour raison de travaux entre septembre et octobre.

Serge Dorny, successeur de Nikolaus Bachler, en est le directeur depuis 2021 et a été reconduit jusqu’en 2030. Connu pour avoir été très proche de Gerard Mortier jusqu’aux derniers jours, il propose une lecture politiquement très engagée des ouvrages par le choix des metteurs en scène.

Etant donné que Richard Wagner a créé plusieurs de ses ouvrages à Munich après sa première rencontre avec Louis II de Bavière en 1864, ‘Tristan und Isolde’ (1865), ‘Die Meistersinger von Nürnberg’ (1868), ‘Das Rheingold’ (1869) et ‘Die Walküre’ (1870) jusqu'à l’ouverture du Palais des Festivals de Bayreuth en 1876 - il y eut aussi 'Die Feen' à titre posthume en 1888 -, c’est le quatuor Giuseppe Verdi /  Wolfgang Amadeus Mozart / Richard Wagner / Giacomo Puccini qui domine au Bayerische Staatsoper en occupant 45 % des soirées.

Verdi est en tête du répertoire, mais depuis 2021, Puccini le suit de près alors que Mozart et Wagner sont en léger retrait.
Strauss reste également solidement ancré avec 6% des représentations, mais Haendel et Bellini sont pour l’instant moins représentés.

En revanche, avec les nouvelles productions de ‘Peter Grimes’ mise en scène par Stefan Herheim et de ‘La Chauve Souris’ mise en scène par Barry Kosky, Benjamin Britten et Johann Strauss font bonne figure, et Leoš Janáček maintient une présence significative, notamment depuis la nouvelle production de ‘Katia Kabanova’ magnifiée par Krzysztof Warlikowski.

Mais là où Vienne n’affiche que 12 compositeurs pour couvrir 80 % des représentations de 2021 à 2026, Munich en affiche 21! Il y a donc une diversité d’univers bien supérieure à son homologue viennois ce qui fait toute l’aura de l’institution bavaroise.

Enfin, on compte depuis septembre 2021 une vingtaine d’entrées au répertoire (certaines créées hors les murs où au Cuvilliés Theater à l’occasion de festivals), dont près des 3/4 sont centrées sur les XXe et XXIe siècles : 

Semele - Georg Friedrich Haendel
Agrippina - Georg Friedrich Haendel
Infedelta Delusa (L’) - Joseph Haydn
Masnadieri (I) - Giuseppe Verdi
Giuditta - Franz Lehar
La Nuit de Noël - Nikolai Rimski-Korsakov
Pénélope - Gabriel Faure
Lucrezia - Ottorino Respighi
Nos - Dimitri Chostakovitch
Guerre et Paix - Sergueï Prokofiev
Erwartung - Arnold Schönberg
Teufel von Loudun (Die) - Krzysztof Penderecki
Passagierin (Die) - Mieczyslaw Weinberg
Mond (Der) - Carl Orff
English Cat (The) - Hans Werner Henze
Bluthaus - Georg Friedrich Haas
Thomas - Georg Friedrich Haas
Hamlet  - Brett Dean
Matsukaze - Toshio Hosokawa
Jagdgewehr - Thomas Larcher
Of One Blood - Brett Dean

Sous la direction ferme de Serge Dorny, l’Opéra de Munich devient un lieu de découverte très important des ouvrages récents et contemporains, mais le renforcement sur le répertoire italien, notamment sur Puccini, vise aussi à compenser la prise de risque inhérente à cette démarche ouverte.

‘Of One Blood’ de Brett Dean est la seule création mondiale sur la période 2021-2026.

Les compositeurs à l'Opéra National de Paris de 1973 à 2021

Les compositeurs à l'Opéra National de Paris de 1973 à 2021

Les compositeurs à l'Opéra National de Paris de 2021 à 2026

Les compositeurs à l'Opéra National de Paris de 2021 à 2026

L’Opéra National de Paris (Budget 250M€ - Subventions 100 M€ - Billetterie 70 M€)

Avec ses deux grandes salles, le Palais Garnier – qui vient de fêter ses 150 ans le 05 janvier 2025 – et l’Opéra Bastille, l’Opéra National de Paris est la structure lyrique et chorégraphique au plus haut budget d’Europe qui talonne dorénavant le New-York Metropolitan Opera.

Mais, contrairement aux Opéras de Vienne et de Munich qui sont de vraies maisons de répertoire dont le principe est de représenter plus de 40 ouvrages la plupart du temps sur 3 ou 4 représentations, parfois avec peu ou pas de répétitions, l’Opéra de Paris présente des séries d’opéras sur des périodes plus longues avec un temps de répétition allant de quelques semaines à 2 mois, avec 2 ou 3 séries de spectacles en parallèle.

Ce système permettait de présenter 19 ouvrages lyriques sur 192 représentations au cours des 5 dernières saisons avant la pandémie. Toutefois, après une première saison sans doute trop ambitieuse (22 ouvrages, 9 nouvelles productions sur 191 représentations), le nouveau directeur, Alexander Neef, en fonction par anticipation depuis 2020 et prolongé jusqu’en 2032, a stabilisé la vitesse de croisière de l’institution parisienne sur une moyenne de 17 ouvrages présentés sur 180 représentations, dont 6 nouvelles productions, en arrivant à un rééquilibrage parfait avec les représentations de ballets (180 également).

La réduction du nombre de nouvelles productions de 8 à 6 par rapport à l’avant pandémie est sans doute le trait le plus saillant, mais l’on peut remarquer que la tendance est exactement la même dans toutes les grandes maisons lyriques du monde (6 à Munich, 6 à New-York, 5 à Berlin, 5 à Vienne pour la saison 2025/2026).

A Paris comme partout ailleurs, le trio Verdi / Mozart / Puccini est en tête et accapare 40 % des représentations, mais sous Alexander Neef, Puccini voit depuis 2021 sa part représentative augmenter de 30 %. Les raisons économiques ne sont pas exclusives, le nouveau directeur de l’Opéra de Paris ayant une plus grande affinité avec le compositeur toscan que ses prédécesseurs, Gerard Mortier et Stéphane Lissner en particulier.

Le goût d’Alexander Neef pour l’univers baroque est aussi à l’origine de l’augmentation de la représentativité de Jean-Philippe Rameau et, surtout, de Georg Friedrich Haendel qui est même plus joué que Gioacchino Rossini au cours des 5 premières saisons.

Et de la même manière, son goût pour Jules Massenet propulse ce dernier en tête des compositeurs français avec les nouvelles productions de ‘Cendrillon’ et ‘Don Quichotte’, et Richard Wagner se trouve renforcé grâce aux nouvelles productions de ‘Lohengrin’ et du ‘Ring’ mises en scène respectivement par Kirill Serebrennikov et Calixto Bieito.

En revanche, malgré la nouvelle production de ‘Salomé’, Richard Strauss est en net déclin, devenant moins joué que Vincenzo Bellini, un désamour qui pourrait plutôt venir de la direction financière.

Au total, 15 compositeurs couvrent 80 % des représentations en 5 ans, ce qui reste un très bon score quand seulement 17 ouvrages sont joués chaque saison et qu’il faut assurer des reprises récurrentes d’une quinzaine de titres majeurs parmi 7 compositeurs les plus demandés (Mozart, Verdi, Puccini, Rossini, Bizet, Gounod et Offenbach).

Enfin, on compte depuis septembre 2021 une dizaine entrées au répertoire, dont 7 sont centrées sur les XXe et XXIe siècles incluant 4 compositeurs anglo-saxons, ce qui est une nouveauté à l’Opéra de Paris.

Ercole Amante  - Antonia Bembo
Béatrice di Tenda - Vincenzo Bellini
Cendrillon - Jules Massenet
Quiet Place (A) - Leonard Bernstein
Nixon in China - John Adams
Satyagraha - Philip Glass
7 deaths of Maria Callas - Marko Nikodijevic
Fin de partie -  György Kurtag
Exterminating Angel (The) - Thomas Ades
Viaggio, Dante (Il) - Pascal Dusapin

Par ailleurs, Alexander Neef se distingue pas la forte attention accordée au répertoire historique de la maison, si bien que pas moins de 5 ouvrages créés au sein de l’institution, mais plus repris depuis leur création ou au moins depuis 50 ans, sont de retour sur scène dans de nouvelles productions :

Médée  - Marc-Antoine Charpentier
Castor et Pollux - Jean-Philippe Rameau
Vestale (La) - Gaspare Spontini
Hamlet  - Ambroise Thomas
Œdipe - Georges Enesco

L’Opéra de Paris serre donc la barre ces dernières années tout en travaillant deux axes, la mise en valeur de son patrimoine musical, et l’ouverture à la musique contemporaine outre-Atlantique.

Les compositeurs à la Scala de Milan de 1973 à 2021

Les compositeurs à la Scala de Milan de 1973 à 2021

Les compositeurs à la Scala de Milan de 2021 à 2026

Les compositeurs à la Scala de Milan de 2021 à 2026

La Scala de Milan  (Budget 100M€ - Subventions 50 M€ - Billetterie 37 M€)

A l’inverse de l’Opéra de Vienne et de Munich et du modèle hybride de l’Opéra de Paris, la Scala de Milan applique un pur modèle ‘stagione’ où chaque production d’opéra est jouée l’une après l’autre sans recouvrement des représentations.

Ainsi, avant 2021 il était donné 120 représentations de 13 ouvrages chaque saison, mais depuis la sortie de la pandémie, la programmation est tombée à 90 représentations pour toujours le même nombre de 13 ouvrages en moyenne.

Dominique Meyer, directeur de l’institution de mai 2020 à février 2025, aura donc eu à gérer cette période difficile dès le début de la pandémie.

A la différence des autres grandes institutions, Mozart n’est pas dans le trio de tête des compositeurs qui, avant l’arrivée de Dominique Meyer, est trusté par Verdi, Puccini et Rossini (plus de 40 % des représentations à tous 3).

Mais depuis 2021, Rossini est en fort retrait du répertoire de la Scala – on ne compte qu’une série du ‘Barbier de Séville’ et une série de ‘Guillaume Tell’ -, au profit de Donizetti avec ‘Lucia di Lammermoor’, ‘L’elixir d’amour’, ‘Don Pasquale’ et ‘La Fille du régiment’.

Mozart est encore moins représenté qu’avant, mais avec la nouvelle production du ‘Ring’ de David McVicar, Wagner est le 4e compositeur sur cette période, et Richard Strauss est très bien considéré avec ‘Ariane à Naxos’, ‘Der Rosenkavalier’ et ‘Salomé’.

Et pour le répertoire français, Massenet et Debussy sont bien mis en valeur.

Malgré la prédominance du répertoire historique italien, la Scala est un opéra ouvert à la diversité des ouvrages lyriques. Le succès du  Weill Triptych (Die sieben Todsünden, Mahagonny Songspiel, The Songs of Happy End) en est un exemple.

Cependant, Benjamin Britten est en net retrait (6 représentations de ‘Peter Grimes’ uniquement), Alban Berg et Ludwig von Beethoven sont absents, ce qui montre un reflux des œuvres jugées trop austères.

Au total, 16 compositeurs couvrent 80 % des représentations en 5 ans, ce qui est une performance avec 13 titres seulement par saison, ce qui montre que l’institution italienne cultive la diversité du répertoire malgré les contraintes financières.

Depuis septembre 2021 on dénombre également 7 entrées au répertoire, dont une création mondiale, à savoir :
Orontea (L’) - Antonio Cesti
Opera seria (L')    - Leopold Gassmann Florian
Zite Ngaleria (Li) - Leonardo Vinci
Rusalka - Antonin Dvorak
The Kurt Weill Triptych
Tempest (The) - Thomas Adès
Nome della rosa (Il) - Francesco Filidei ( Création mondiale 2025 en coproduction avec l’Opéra National de Paris)

Fortunato Ortombina est dorénavant le nouvel intendant de la Scala de Milan, et Myung-Whun Chung sera le nouveau directeur musical de l’institution fin 2026, le chef sud-coréen ayant auparavant travaillé avec le directeur artistique à la Fenice de Venise. Verra t-on le retour du Rossini ‘Seria’ ?

Les compositeurs à La Monnaie de Bruxelles de 1973 à 2021

Les compositeurs à La Monnaie de Bruxelles de 1973 à 2021

Les compositeurs à La Monnaie de Bruxelles de 2021 à 2026

Les compositeurs à La Monnaie de Bruxelles de 2021 à 2026

La Monnaie de Bruxelles  (Budget 52M€ - Subventions 43 M€ - Billetterie 5 M€)

Au cours de la pandémie, le directeur de la Monnaie de Bruxelles, Peter de Caluwe, reprochait à l’état fédéral de ne pas permettre l’application du principe du chômage temporaire ou du chômage technique, alors que d’autres institutions, l’Opéra de Wallonie et l’Opéra des Flandres en particulier, pouvaient en bénéficier auprès de leurs communautés belges.

Chaque saison, ce sont 10 ouvrages qui sont joués pour un total de 70 représentations, mais depuis 2021 ce sont plutôt 8 ouvrages qui ont été donnés pour une moyenne de 63 représentations.

La Monnaie a une structure programmatique très originale qui accorde beaucoup moins d’importance aux 3 compositeurs phares que sont Mozart, Verdi et Puccini qui ne couvrent qu’un tiers de la programmation.

Par ailleurs, plus de 140 compositeurs ont été interprétés sur cette scène depuis 1973, soit le double du nombre de compositeurs joués à Vienne sur la même période, et 30 % de plus qu’à l’Opéra de Paris.

C’est dire à quel point il n’est pas possible de définir la Monnaie par rapport à un répertoire précis. Tout peut y être joué sans prévalence d'un auteur sur un autre.

Ainsi, sur la période 2021-2026, c’est Richard Wagner qui est le compositeur n°1 de l’institution grâce à 8 représentations de chacun des quatre volets du ‘Ring’ et 3 représentations de ‘Parsifal’.

Qu’une telle institution ait pu monter ce cycle en deux saisons, alors que les grandes maisons préfèrent dorénavant jouer un volet par an, qui plus est en le confiant initialement à Roméo Castellucci, un des metteurs en scène les plus intéressants mais aussi les plus chers du marché, pour finalement se tourner vers Pierre Audi pour mettre en scène en un temps record les deux dernières journées, montre le niveau d’ambition de cette maison mais aussi ses limites. 

En compensation, Puccini, qui ne représentait habituellement que 5 % du répertoire, est passé à 10 %, et Verdi et Mozart ont vu leur présence diminuer de moitié.

La création de Kris Defoort, ‘The Time of our singing’ et Monteverdi, avec le cycle ‘I Grottechi’ ont été un grand succès de cette période, et ‘Ali’ de Grey Filastine aura connu 14 représentations au total.

Mais Rossini et Britten sont totalement absents, non par désintérêt, mais avec seulement 8 ouvrages par an, des arbitrages sont inévitables.

L’ADN de la Monnaie reste cependant la création. Depuis 2021, et malgré le ‘Ring’, pas moins de 8 créations mondiales ont été présentées et parfois reprises :

Time of our singing (The) - Kris Defoort
Is this the end? Here’s the woman ! - Jean-Luc Fafchamps
Solar, Icarus burning - Howard Moody
Cassandra - Bernard Foccroulle
Ali - Grey Filastine
Fanny and Alexander - Mikael Karlsson
Bovary - Harold Noben
Medusa - Iain Bell

S’ajoutent également deux entrées au répertoire, ‘Nos’ de Dimitri Chostakovitch et ‘Benvenuto Cellini’ d’Hector Berlioz, ainsi que le retour d’'Henry VIII’ de Camille Saint-Saëns, joué uniquement en 1935.

Au total, 27 compositeurs ont été représentés sur cette scène en 5 ans ce qui est une excellente performance avec seulement 8 titres par an.

Depuis le 01 juillet 2025, Christina Scheppelmann a succédé aux 18 ans de direction de Peter de Caluwe pour un premier mandat de 6 ans. Prolonger une telle ligne créative est le mieux que l’on puisse lui souhaiter !

Les compositeurs au Royal Opera House de 1973 à 2021

Les compositeurs au Royal Opera House de 1973 à 2021

Les compositeurs au Royal Opera House de 2021 à 2026

Les compositeurs au Royal Opera House de 2021 à 2026

Le Royal Opera House Covent Garden de Londres (Budget 180M€ - Subventions 27 M€ - Billetterie 62 M€)

Avec 170 représentations dont 35 au Linbury Studio Theatre, une salle modulable de 400 places, le Royal Opera House de Londres est une institution qui célébrera ses 300 ans sur le site de Covent Garden en 2032.

Son rythme de programmation est resté stable avant et après covid en se consacrant chaque saison à 19 ouvrages lyriques.

Comme dans la plupart des maisons de répertoire classique, le trio Verdi / Puccini / Mozart occupait un peu plus de 45 % de la programmation avant 2021, et atteint 55% sur la période 2021-2026.

Wagner est passé dorénavant sous les 5 % de la programmation, mais Haendel fait une belle percée au point de devenir le 4e compositeur le plus joué. Par ailleurs, ‘Carmen’ de Bizet a déjà atteint sa 30e représentation depuis 2021.

Britten reste bien entendu représenté avec régularité, mais Rossini devient plus rare, ainsi que Richard Strauss limité à 'Elektra'.

Et, inspiré du film éponyme de Gus van Stan, ‘Last Days’ d’Oliver Leith (2022) a obtenu un succès critique qui oblige à sa reprise.

Au total, 12 compositeurs couvrent 80 % des représentations en 5 ans.

On dénombre finalement au cours des 5 dernières années une quinzaine d’entrées, de retours au répertoire et de créations (dont un tiers issus de l’esthétique baroque) :

Bajazet (Il Tamerlano) - Antonio Vivaldi
Pimpinone - Georg Philipp Teleman
Theodora - Georg Friedrich Haendel
Arminio - Georg Friedrich Haendel
Giustino - Georg Friedrich Haendel
Maria Stuarda - Gaetano Donizetti
Freischütz  (Der) - Carl Maria von Weber
Pierrot Lunaire - Arnold Schönberg
Affaire Makropoulos (L') - Leos Janácek
Mavra - Igor Stravinsky
Trouble in Tahiti - Leonard Bernstein
Quiet place (A) - Leonard Bernstein
Blue Woman (The) - Laura Bowler
Innocence - Kaija Saariaho
Last days - Oliver Leith
Women at point zero - Buskra El-Turk

A la direction depuis mars 2017, Oliver Mears semble vouloir replacer Georg Friedrich Haendel dans l’histoire du Royal Opera House. En 2025, il présentait d’ailleurs une nouvelle production de ‘Semele’ au Théâtre des Champs-Élysées.

Les compositeurs au MET de 1973 à 2021

Les compositeurs au MET de 1973 à 2021

Les compositeurs au MET de 2021 à 2026

Les compositeurs au MET de 2021 à 2026

Le New-York Metropolitan Opera (Budget 260M€ - Contributions privées 160 M€ - Billetterie 85 M€)

Alors que le New-York Metropolitan Opera affichait 25 titres par an sur 220 représentations jusqu’en 2019, la période d’après covid a considérablement affaibli l’institution lyrique de référence mondiale qui affiche dorénavant 18 titres sur 195 représentations et 6 nouvelles productions par an. Et le taux de fréquentation, tombé à 66 % en 2022, se stabilise à 72 % (pour une salle de 3800 places).

Il en résulte que si le trio Verdi / Puccini / Mozart occupait avant 2020 50 % des représentations, il représente en 2025 55 % de la programmation, Puccini en tête, concentrant la majorité du répertoire traditionnel.

Wagner et Rossini sont en retrait, mais les compositeurs contemporains, Terence Blanchard, Jake Heggie ou Kevin Puts sont à l’honneur, Peter Gelb souhaitant attirer un nouveau public avec des œuvres de compositeurs contemporains dont la musique soit suffisamment accessible.

Les 17 entrées ou créations au répertoire parlent d’elles-mêmes, il ne s’agit que d’ouvrages créés après 1980, hormis ‘Médée’ de Cherubini :

Médée - Luigi Cherubini
Fire shut up in My bones - Terence Blanchard
Eurydice - Matthew Aucoin
Hamlet - Brett Dean
Champion - Terence Blanchard
Hours (The) - Kevin Puts
Dead Man Walking - Jake Heggie
X: The Life and Times of Malcolm X - Anthony Davis
Florencia en el Amazonas - Daniel Catán
Niño (El) - John Adams
Ainadamar - Osvaldo Golijov
Moby Dick - Jake Heggie
Grounded - Jeanine Tesori
Antony and Cleopatra - John Adams
Innocence - Kaija Saariaho
The Amazing Adventures of Kavalier & Clay - Mason Bates
El Último Sueño de Frida y Diego - Gabriela Lena Frank

Au final, 13 compositeurs occupent 80 % des représentations depuis 2021, dont 3 sont contemporains.
 

Le Wiener Staatsoper - Avril 2025

Le Wiener Staatsoper - Avril 2025

En conclusion

On observe entre 2021 et 2026 un élargissement du répertoire des 3 compositeurs phares, Verdi, Puccini, Mozart dans la plupart des maisons d’opéras, ce qui traduit une volonté d’assurance de la part des grandes institutions lyriques, et une limitation à 6 nouvelles productions par saison, mais avec un volant globalement stable de représentations.

Pour sa musique puissante, le réalisme de situation et des mélodies souvent poignantes, Giacomo Puccini est le grand vainqueur de cette période d'après covid, au détriment de Gioacchino Rossini qui est en recul partout.

Ces maisons ne renoncent cependant pas à leurs missions d’exploration et d’élargissement du répertoire (Paris), ou de créations (Bruxelles), mais elles ont par conséquent moins droit à l’erreur, et doivent concevoir chaque nouvelle production comme un spectacle qui puisse être repris dans leurs propres locaux ou par d’autres institutions (coproductions).

L’Opéra de New-York est probablement la structure la plus fragilisée, d’autant plus qu’elle doit dorénavant faire face à une baisse de fréquentation du public étranger braqué par la politique internationale de Donald Trump. Avec La Scala de Milan, elle a sensiblement réduit sa programmation d’environ 15 %, et reste donc sous le regard du monde lyrique, car sa défaillance pourrait impacter les structures européennes, la plupart ayant des projets de coproductions avec New-York.

La direction d'une structure lyrique n'en parait que plus une lutte avec le temps présent, c'est en tout cas le regard que pose dessus l'observateur de base. Il y a de quoi être admiratif devant cette grande cause artistique que défendent ces directeurs et directrices pas toujours soutenus autant qu'ils devraient l'être par l'environnement politique.

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Publié le 12 Juillet 2025

L’article qui suit vise à montrer à quel point le Palais Garnier, inauguré le 05 janvier 1875, est dès l’origine un lieu de création qui a su évoluer avec son temps.

Car si les travaux de construction du chef-d'œuvre de Charles Garnier ont débuté en 1861 sous le Second Empire, l’ouverture au public est devenue effective sous la IIIe République où se posait déjà la question de l’élargissement à toutes les classes sociales.

Ci-dessous sont donc répertoriés tous les ouvrages, qu’ils soient lyriques ou chorégraphiques, qui ont été créés dans ce bâtiment jusqu’à aujourd’hui (Saison 2025/2026) sur une musique originale.

Seules sont citées les créations basées sur de nouvelles musiques, ce qui exclut les ballets basés sur des musiques déjà connues. Les œuvres listées sont donc toutes des créations à l'image de leur époque.

Le Palais Garnier lors du Gala de ses 150 ans, le 24 janvier 2025

Le Palais Garnier lors du Gala de ses 150 ans, le 24 janvier 2025

On dénombre ainsi 225 ouvrages créés dans cette salle, dont un peu plus de 90 opéras, tragédies lyriques ou légendes mises en scène, la période suivant la Seconde Guerre mondiale opérant un basculement largement en faveur de la création chorégraphique.

La création lyrique ne connaitra un renouveau qu’à partir de 1983 avec ‘Erzsebet’ de Charles Chaynes et ‘Saint François d'Assise’ d’Olivier Messiaen.

Pour chaque ouvrage sont indiqués le nom du compositeur, la date de création mondiale au Palais Garnier, le nombre de représentations (à Garnier puis dans d'autres lieux de l'Opéra de Paris), et le nom du metteur en scène ou du chorégraphe associé.

Lithographie représentant la ballerine Rita Sangalli dans la production originale de 'Sylvia' en 1876

Lithographie représentant la ballerine Rita Sangalli dans la production originale de 'Sylvia' en 1876

Théâtre national de l'Opéra (période 1875-1915) avant Jacques Rouché

Jeanne d’Arc (Auguste Mermet) – 5 avril 1876
Opéra en cinq actes et six tableaux
Livret d’Auguste Mermet
15 représentations jusqu’au 27 novembre 1876
Mise en scène d'Adolphe Mayer
Echec – changement de goût du public

Sylvia ou la Nymphe de Diane (Léo Delibes) – 14 juin 1876
Ballet en trois actes
Livret de Jules Barbier
58 représentations jusqu’au 04 janvier 1893 (Chorégraphie de Louis Mérante)
Incendie des décors de l’Opéra en 1894
52 représentations du 16 décembre 1919 au 16 décembre 1929 (Chorégraphie de Léo Staats)
37 représentations du 05 février 1941 au 19 juillet 1944 (Chorégraphie de Serge Lifar)
17 représentations du 08 novembre 1946 au 17 décembre 1947 et 4 représentations du 23 juillet 1951 au 09 janvier 1952 (Chorégraphie d’Albert Aveline)
17 représentations du 16 novembre 1979 au 17 décembre 1979 (Chorégraphie de Lycette Darsonval)
24 représentations du 30 juin 1997 au 20 février 1999 (Chorégraphie de John Neumeier)
La chorégraphie de John Neumeier entre au répertoire de l’Opéra Bastille le 20 décembre 2002 (22 représentations jusqu’au 02 avril 2005)
19 représentations du 08 mai 2025 au 04 juin 2025 (Chorégraphie de Manuel Legris, sur un nouveau livret de Jean-François Vazelle)

Le Roi de Lahore (Jules Massenet) – 27 avril 1877
Opéra en cing actes et six tableaux
Livret de Louis Gallet
57 représentations jusqu’au 26 septembre 1879
Décors de M. Daran (premier tableau), MM. Rubé et Chaperon (second tableau et cinquième acte), M. Chéret (second acte), M. Lavastre (troisième acte), MM. Lavastre et Carpezat (quatrième acte)
Costumes de M. Eugène Lacoste
Grand succès à l’international

Le Fandango (Gaston Salvayre) – 26 novembre 1877
Ballet-pantomime en un acte
Livret de Louis-Alexandre Mérante, Henri Meilhac et Ludovic Halévy
28 représentations jusqu’au 16 janvier 1885

Polyeucte (Charles Gounod) – 07 octobre 1878
Opéra en cinq actes
Livret de Jules Barbier et Michel Carré, d’après Corneille
29 représentations jusqu’au 22 mars 1879
Échec car œuvre jugée trop austère

La Reine Berthe (Victorin Joncière) – 27 décembre 1878
Opéra en 2 actes
Livret de Jules Barbier
5 représentations jusqu’au 20 janvier 1879
La légende de Berthe la Fileuse, versifiée au XIII° siècle par le trouvère Adenès, a fourni le sujet de la pièce
Livret pas pris au sérieux par le public

Yedda (Olivier Métra) – 17 janvier 1879
Légende japonaise - Ballet en trois actes
Livret de Philippe Gille et A. Mortier
60 représentations jusqu’au 21 février 1885 (Chorégraphie de Louis Mérante)

La Vierge (Jules Massenet) – 22 mai 1880
Légende sacrée en quatre scènes
Livret de Charles Grandmougin
L'Annonciation, Les Noces de Cana, Le Vendredi Saint, L'Assomption
1 représentation le 22 mai 1880

La Korrigane (Charles-Marie Widor) – 01 décembre 1880
Ballet fantastique en deux actes
Livret de François Coppée et Louis Mérante
157 représentations le 25 mars 1935

Le Tribu de Zamora (Charles Gounod) – 01 avril 1881
Grand Opéra en quatre actes
Livret de Adolphe d'Ennery et Jules Brésil
Dernier ouvrage de Charles Gounod pour la scène
50 représentations jusqu’au 25 mars 1885
Grand succès

Croquis d'Augusto Ferri pour l'acte 1 du 'Roi de Lahore' (1877) de Jules Massenet - Archives Ricordi

Croquis d'Augusto Ferri pour l'acte 1 du 'Roi de Lahore' (1877) de Jules Massenet - Archives Ricordi

Namouna (Edouard Lalo) – 06 mars 1882
Ballet en deux actes et trois tableaux sur un poème d’Alfred de Musset
Livret de Charles Nuitter
15 représentations jusqu’au 23 octobre 1882 (Chorégraphie de Lucien Petipa)
24 représentations du 30 mars 1908 au 09 juillet 1935 (Chorégraphie de Léo Staats)

Françoise de Rimini (Ambroise Thomas) – 14 avril 1882
Opéra en quatre actes
Livret de Jules Barbier et Michel Carré basé sur la ‘Divine Comédie’ de Dante
41 représentations jusqu’au 12 décembre 1884
Décors de Jean-Baptiste Lavastre

Henry VIII (Camille Saint-Saëns) – 5 mars 1883
Opéra en quatre actes et six tableaux
Livret de Léonce Détroyat et Armand Silvestre d’après ‘La Cisma de Inglaterra’ de Pedro Calderón de la Barca 
81 représentations jusqu’au 9 mai 1919 

La Farandole (Théodore Dubois) – 14 décembre 1883
Ballet en trois actes
Livret de Philippe Gille, Louis Merante et Arnold Mortier
30 représentations jusqu’au 3 juin 1885 (Chorégraphie d’Arnold Mortier et Louis Mérante)

Tabarin (Emile Pessard) – 12 janvier 1885
Opéra en deux actes
Livret de Paul Ferrier
6 représentations jusqu’au 09 février 1885

Le Cid (Jules Massenet) – 30 novembre 1885
Opéra en quatre actes et dix tableaux
Livret d'Adolphe d'Ennery, de Louis Gallet et d'Édouard Blau d'après la pièce homonyme de Pierre Corneille
147 représentations du 30 novembre 1885 au 24 novembre 1919
9 représentations du 27 mars au 21 avril 2015 (Mise en scène de Charles Roubaud)

Les Deux Pigeons (André Messager) – 18 octobre 1886
Ballet en deux actes et trois tableaux
Livret d’Henri Régnier
96 représentations jusqu’au 24 juillet 1924
32 représentations du 26 janvier 1925 au 07 juin 1929 dans une nouvelle version d’Albert Aveline sur la base de l’original
64 représentations du 20 mai 1942 au 23 avril 1952 dans une version en un acte entièrement nouvelle d’Albert Aveline

35 représentations par l’École de Danse du 10 mai 1978 au 4 avril 2019, à la salle Favart de 1978 à 1987, au Théâtre des Champs-Élysées en 1999, et au Palais Garnier depuis le 25 mars 2005, dans la version en un acte d’Albert Aveline

Patrie! (Emile Paladilhe) – 20 décembre 1886
Opéra en cinq actes d’après la pièce éponyme de Victorien Sardou (18 mars 1869)
Livret de Victorien Sardou et Louis Gallet
91 représentations jusqu’au 8 septembre 1919
Grand succès aussi bien de la pièce que de l’opéra

La Dame de Monsoreau (Gaston Salvayre) – 30 janvier 1888
Grand Opéra en cinq actes et sept tableaux tiré du roman d’Alexandre Dumas
Livret d’Auguste Maquet
Chorégraphie de Joseph Hansen, mise en scène de Pedro Gailhard, décors de Rubé, Chaperon, Jambon, Poisson, Carpezat, costumes de Charles Bianchini.
8 représentations jusqu’au 27 février 1888

La Tempête (Ambroise Thomas) – 26 juin 1889
Ballet en trois actes et trois tableaux
Livret de Jules Barbier
31 représentations jusqu’au 09 janvier 1892 (Chorégraphie de Joseph Hansen)

Scène d''Henry VIII' de Saint-Saëns à l'Opéra : acte III (illustration de presse en 1903)

Scène d''Henry VIII' de Saint-Saëns à l'Opéra : acte III (illustration de presse en 1903)

Ascanio (Camille Saint-Saëns) – 21 mars 1890
Opéra en cinq actes et six tableaux tiré de la pièce ‘Benvenuto Cellini’ de Paul Meurice (1852)
Livret de Louis Gallet
34 représentations jusqu’au 24 avril 1891
7 représentations du 9 novembre au 19 décembre 1921
Mise en scène de Pedro Gailhard, costumes de Charles Bianchini, décors de Jean-Baptiste Lavastre, Eugène Carpezat, Auguste-Alfred Rubé, Philippe Chaperon et Marcel Jambon et chorégraphie de Joseph Hansen
Camille Saint-Saëns décède le 16 décembre 1921 à Alger

Zaïre (Véronge de la Nux) – 28 mai 1890
Opéra en deux actes d’après la pièce de Voltaire
Livret d’Édouard Blau et Louis Besson
11 représentations jusqu’au 24 octobre 1890

La Rêve (Léon Gastinel) – 09 juin 1890
Ballet en deux actes et trois tableaux
Livret d’Édouard Blau
36 représentations jusqu’au 06 mai 1892 (Chorégraphie de Joseph Hansen)

Le Mage (Jules Massenet) – 16 mars 1891
Grand Opéra en cinq actes et six tableaux
Livret de Jean Richepin
31 représentations jusqu’au 11 octobre 1891 (Mise en scène d’Alexandre Lapissida)

Thamara (Louis-Albert Bourgault-Ducoudray) – 28 décembre 1891
Opéra en deux actes et quatre tableaux
Livret de Louis Gallet
11 représentations jusqu’au 14 juillet 1907 (5 représentations en 1891 et 6 représentations en 1907)
Mise en scène d’Alexandre Lapissida

Stratonice (Alix Fournier) – 09 décembre 1892
Opéra en un acte
Livret de Louis Gallet
14 représentations jusqu’au 04 février 1893

La Maladetta (Paul Vidal) – 24 février 1893
Ballet en deux actes, d’après une légende gasconne
Livret de Pedro Gailhard
165 représentations jusqu’au 19 mars 1927 (Chorégraphie de Joseph Hansen)

Déïdamie (Henri Maréchal) – 15 septembre 1893
Opéra en deux actes
Livret d’Édouard Noël
11 représentations jusqu’au 25 mai 1894

Emma Sandrini dans 'La Maladetta' de Paul Vidal (par Debat-Ponsan)

Emma Sandrini dans 'La Maladetta' de Paul Vidal (par Debat-Ponsan)

Thaïs (Jules Massenet) – 16 mars 1894
Opéra en trois actes d’après le roman éponyme d’Anatole France
Livret de Louis Gallet
657 représentations jusqu’au 03 août 1956 (Mise en scène d’Alexandre Lapissida, Chorégraphie de Joseph Hansen)
16 représentations du 16 mai au 14 juin 1988 à la salle Favart (Mise en scène de Nicolas Joel)

Djelma (Charles-Édouard Lefebvre) – 25 mai 1894
Opéra en trois actes
Livret de Charles Lomon
8 représentations jusqu’au 29 décembre 1894 (Mise en scène d’Alexandre Lapissida)

La Montagne noire (Augusta Holmès) – 08 février 1895
Drame Lyrique en quatre actes et cinq tableaux
Livret d’Augusta Holmès
12 représentations jusqu’au 26 avril 1895 (Mise en scène d’Alexandre Lapissida)
Intrigue qui manque de ressort.

Frédégonde (Ernest Guiraud, Camille Saint-Saëns avec la collaboration de Paul Dukas) – 18 décembre 1895
Drame Lyrique en cinq actes
Livret de Louis Gallet
8 représentations jusqu’au 14 février 1896

Hellé (Alphonse Duvernoy) – 24 avril 1896
Opéra en quatre actes
Livret de Camille Du Locle et Charles Nuitter
24 représentations jusqu’au 19 septembre 1900

Messidor, ou l’Or de l’Ariège (Alfred Bruneau) – 19 février 1897
Opéra en quatre actes
Livret d’Émile Zola
11 représentations jusqu’au 14 mai 1897
5 représentations du 22 février au 28 avril 1917
Très bien accueilli mais ensuite dénigré à cause de l’Affaire Dreyfus

L’Étoile (Adolphe Aderer et Camille de Roddaz) – 31 mai 1897
Ballet pantomime en deux actes
Livret d’André Wormser
73 représentations jusqu’au 07 mai 1910 (Chorégraphie de Joseph Hansen)

La Cloche du Rhin (Samuel Rousseau) – 08 juin 1898
Drame lyrique en trois actes
Livret de Georges Montorgueil et Pierre-Barthélemy Gheusi
9 représentations jusqu’au 19 novembre 1898

La Burgonde (Paul Vidal) – 23 décembre 1898
Opéra en quatre actes et cinq tableaux
Livret d’Émile Bergerat et Camille de Sainte-Croix
10 représentations jusqu’au 25 juin 1899

 Illustration de presse pour 'Thaïs' de Jules Massenet (1894)

Illustration de presse pour 'Thaïs' de Jules Massenet (1894)

Lancelot (Victorin Joncières) – 07 février 1900
Drame lyrique en quatre actes et six tableaux
Livret de Louis Gallet et Édouard Blau
8 représentations jusqu’au 29 avril 1900

Astarté (Xavier Leroux) – 15 février 1901
Opéra en quatre actes et cinq tableaux
Livret de Louis de Gramont
23 représentations jusqu’au 11 novembre 1901

Le Roi de Paris (Georges Hüe) – 26 avril 1901
Drame historique en trois actes
Livret de Henry Bouchut
8 représentations jusqu’au 21 juin 1901

Les Barbares (Camille Saint-Saëns) – 23 octobre 1901
Tragédie lyrique en trois actes
Livret de Victorien Sardou et Pierre-Barthélémy Gheusi
27 représentations jusqu’au 15 décembre 1902
L’intérêt musical culmine dans le duo final du second acte.

Orsola (Lucien et Paul Hillemacher) – 14 mai 1902
Drame lyrique en trois actes
Livret de Pierre-Barthélémy Gheusi
5 représentations jusqu’au 22 juin 1902

Bacchus (Alphonse Duvernoy) – 26 novembre 1902
Ballet en trois actes et cinq tableaux d’après un poème d’Auguste Mermet
Livret de Georges Hartmann
12 représentations jusqu’au 26 janvier 1903 (Chorégraphie de Joseph Hansen)

Le Fils de l’Étoile (Camille Erlanger) – 20 avril 1904
Drame lyrique en cinq actes et six tableaux
Livret de Catulle Mendès
25 représentations jusqu’au 30 janvier 1905
L’air de Séphora au 2de acte et la lamentation finale d’Akiba figurent parmi les plus belles pages.

La Ronde des saisons (Henri Busser) – 22 décembre 1905
Ballet en trois actes et six tableaux d’après un récit du pays de Comminges de Charles Lomon
Livret de Charles Lomon
22 représentations jusqu’au 19 novembre 1906 (Chorégraphie de Joseph Hansen)

Ariane (Jules Massenet) – 31 octobre 1906
Opéra en cinq actes
Livret de Catulle Mendès
60 représentations jusqu’au 09 mars 1908
13 représentations, partielles ou intégrales, du 21 février au 27 août 1937

La Catalane (Fernand Le Borne) – 24 mai 1907
Drame lyrique en quatre actes dont un prologue d’après ‘Terra Baixa’ d’Àngel Guimerà
Livret de Paul Ferrier et Louis Tiercelin
9 représentations jusqu’au 25 décembre 1907

Le Lac des aulnes (Henri Maréchal) – 25 novembre 1907
Ballet-féerie en deux actes et cinq tableaux
Livret d’Henri Maréchal et Gustave Vanara
5 représentations jusqu’au 25 décembre 1907 (Chorégraphie de Gustave Vanara)

Bacchus (Jules Massenet) – 05 mai 1909
Opéra en quatre actes et cinq tableaux
Livret de Catulle Mendès
5 représentations jusqu’au 19 mai 1909
Catulle Mendès disparaît au cours des répétitions et la critique condamne le livret

Affiche d'Albert Maignan pour 'Ariane' de Jules Massenet (1906)

Affiche d'Albert Maignan pour 'Ariane' de Jules Massenet (1906)

La Forêt (Augustin Savard) – 16 février 1910
Légende musicale en deux actes
Livret de Laurent Tailhade
6 représentations jusqu’au 06 avril 1910

La Fête chez Thérèse (Reynaldo Hahn) – 16 février 1910
Ballet-pantomime en deux actes d’après un poème des ‘Contemplations’ de Victor Hugo
Livret de Catulle Mendès
44 représentations jusqu’au 03 août 1923
Grand succès. Une alternative aux ballets russes semble se dessiner.

Le Miracle (Georges Hüe) – 30 décembre 1910
Opéra en cinq actes
Livret de Pierre-Barthélémy Gheusi et André Mérane
31 représentations jusqu’au 08 janvier 1928 dont 4 avec uniquement le second acte en 1916

La Roussalka (Lucien Lambert) – 08 décembre 1911
Ballet-pantomime en deux actes
Livret d’Hugues Le Roux et Georges de Dubor
18 représentations jusqu’au 05 juin 1912 (Chorégraphie d’Ivan Clustine)

Les Bacchantes (Alfred Bruneau) – 30 octobre 1912
Ballet en deux actes et trois tableaux d’après Euripide
Livret de Félix Naquet et Alfred Bruneau
20 représentations jusqu’au 30 mars 1914 (Chorégraphie d’Ivan Clustine)

Le Sortilège (André Gailhard) – 29 janvier 1913
Conte en trois actes et six tableaux
Livret de Maurice Magre
5 représentations jusqu’au 14 avril 1913

Philotis, danseuse de Corinthe (Philippe Gaubert) – 18 février 1914
Ballet en deux actes et trois tableaux d’après Euripide
Livret de Gabriel Bernard
6 représentations jusqu’au 29 avril 1914 (Chorégraphie d’Ivan Clustine)

Scemo (Alfred Bachelet) – 06 mai 1914
Drame lyrique en trois actes et cinq tableaux
Livret de Charles Méré
5 représentations jusqu’au 22 mai 1914

La légende de Joseph (Richard Strauss) – 14 mai 1914
Ballet d’après ‘Joseph et la femme de Potiphar’, épisode de l’Ancien Testament
Livret d’Hugo von Hofmannsthal et Harry Kessler
6 représentations jusqu’au 06 juin 1914 (Chorégraphie de Vaslav Nijinski et Mikhail Fokine et scénographie de Léon Bakst)
Commande de Serge de Diaghilev

Le Rossignol (Igor Stravinsky) – 26 mai 1914
Opéra en trois actes d’après ‘Le Rossignol et l’Empereur de Chine’ d’Hans Christian Andersen
Livret d’Igor Stravinsky et Stepan Mitoussov
2 représentations jusqu’au 28 mai 1914 (Mise en scène d’Alexandre Benois et Alexandre Sanine)
Par les Ballets russes de Serge Diaghilev
Commande du Théâtre libre de Moscou

Midas (Maximilien Steinberg) – 02 juin 1914
Ballet en un acte
Livret de Léon Bakst
1 représentation le 02 juin 1914 (Chorégraphie de Michel Fokine)

Hansli le Bossu (Jean et Noël Gallon) – 22 juin 1914
Ballet en deux actes
Livret d’Henri Cain et Édouard Adenis
7 représentations jusqu’au 27 juillet 1914 (Chorégraphie d’Ivan Clustine)

Décor d'Alexandre Benois pour la création du 'Rossignol' d'Igor Stravinsky en 1914

Décor d'Alexandre Benois pour la création du 'Rossignol' d'Igor Stravinsky en 1914

Théâtre national de l'Opéra (Période Jacques Rouché de 1915 à 1945)

Les Amants de Rimini (Max d’Ollone) – 02 mars 1916
Opéra en quatre actes dont seul le 2d tableau du 3e acte sera créé
Livret de Max d’Ollone
2 représentations jusqu’au 09 mars 1916

Judith de Béthulie (Armande de Polignac) – 23 mars 1916
Scène dramatique
Livret de Mme G. Roussel-Despierres
2 représentations jusqu’au 06 avril 1916

La Fête triomphale (Reynaldo Hahn) – 14 juillet 1919
Drame lyrique en trois actes
Livret de Saint Georges de Bouhélier
3 représentations jusqu’au 25 juillet 1919

La Légende de Saint-Christophe (Vincent d’Indy) – 09 juin 1920
Drame lyrique en trois actes et huit tableaux
Livret de Vincent d’Indy
18 représentations jusqu’au 06 décembre 1922

Antoine et Cléopâtre (Florent Schmitt) – 14 juin 1920
Drame lyrique d’après William Shakespeare
Livret d’André Gide
5 représentations jusqu’au 19 juin 1920
Commande d’Ida Rubinstein

Antar (Gabriel Dupont) – 14 mars 1921
Conte héroïque en quatre actes et cinq tableaux
Livret de Chekri-Ganem
27 représentations jusqu’au 05 mars 1924
13 représentations du 25 février au 17 juin 1946

Maïmouna (Gabriel Grovlez) – 20 avril 1921
Fantaisie-Ballet en un acte et deux tableaux
Livret de Pierre-André Gérard
22 représentations jusqu’au 06 août 1923 (Chorégraphie de Léo Staats)

La Mégère apprivoisée (Charles Silver) – 30 janvier 1922
Comédie lyrique en quatre actes d’après William Shakespeare
Livret d’Henri Cain et Édouard Adenis
12 représentations jusqu’au 13 janvier 1926

Artémis troublée (Paul Paray) – 28 avril 1922
Ballet en cinq mouvements
Livret de Léon Bakst
12 représentations jusqu’au 26 février 1923

Frivolant (Jean Poueigh) – 01 mai 1922
Ballet en un acte
Livret de Pierre Hortala et Jean Poueigh
13 représentations jusqu’au 04 août1923 (Chorégraphie de Léo Staats)

Mavra (Igor Stravinsky) – 03 juin 1922
Opéra bouffe en un acte d’après ‘La Petite Maison Kolomna’ d’Alexandre Pouchkine
Livret de Boris Kochno
7 représentations jusqu’au 13 juin 1922 (Compagnie des Ballets et Opéras Russes de Serge Diaghilev, mise en scène de Bronislva Nijinska)
5 représentations du 13 au 17 avril 1987 à la Salle Favart (Mise en scène Jean Guizerix)
11 représentations du 26 novembre au 11 décembre 2001 au Palais Garnier (Mise en scène Humbert Camerlo)

Cydalise et le Chèvre-pied (Gabriel Pierné) – 15 janvier 1923
Ballet en deux actes et trois tableaux
Livret de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet
40 représentations jusqu’au 26 juillet 1946 (Chorégraphie de Léo Staats)
Célébré par la presse comme un ‘Joyaux national’.

Padmâvatî (Albert Roussel) – 01 juin 1923
Opéra-ballet en deux actes
Livret de Louis Laloy
38 représentations jusqu’au 09 juin 1947 (Mise en scène de Pierre Chéreau et chorégraphie de Léo Staats)

Le Jardin du paradis (Alfred Bruneau) – 31 octobre 1923
Conte lyrique en quatre actes et huit tableaux d’après Hans Christian Andersen
Livret de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet
26 représentations jusqu’au 24 novembre 1926  (Mise en scène de Pierre Chéreau)

Fresques (Philippe Gaubert) – 09 mai 1923
Suite chorégraphique
Livret de Plácido de Montoliu
9 représentations jusqu’au 03 décembre 1923 (Chorégraphie de Plácido de Montoliu)

Les Dieux sont morts (Charles Tournemire) – 19 mars 1924
Drame lyrique en deux actes
Livret d’Eugène Berteaux
5 représentations jusqu’au 14 avril 1924

Siang-Sin (Georges Hüe) – 19 mars 1924
Ballet-pantomime en deux tableaux
Livret de Pierre Jobbé-Duval
104 représentations jusqu’au 23 avril 1944
Créé pour un festival de printemps chinois (Chorégraphie de Léo Staats)

Nerto (Charles Marie Widor) – 27 octobre 1924
Drame lyrique en quatre actes, d’après le poème de Frédéric Mistral
Livret de Maurice Léna
6 représentations jusqu’au 19 novembre 1924

Le Miracle des Loup (Henri Rabaud) – 13 novembre 1924
Film muet de Raymond Bernard, d’après le roman éponyme de Henri Dupuy-Mazuel
Scénario de Raymond Bernard, Jean-José Frappa et André Paul Antoine
1 projection à 20h30 le  13 novembre 1924
Spectacle de gala pour la première du Miracle des loups, avec Charles Dullin (Louis XI) et Vanni-Marcoux (Charles le Téméraire), orchestre et chœurs de l'Opéra sous la direction du compositeur.
Le film est sorti au cinéma Le Marivaux à Paris, le 28 novembre 1924

L’Arlequin (Max d’Ollone) – 24 décembre 1924
Comédie lyrique en cinq actes et six tableaux
Livret de Jean Sarment
13 représentations jusqu’au 30 mars 1927 (Mise en scène de Pierre Chéreau)

La princesse Padmâvatî - Estampe BNF (vers 1765)

La princesse Padmâvatî - Estampe BNF (vers 1765)

Esther, princesse d’Israël (Antoine Mariotte) – 01 mai 1925
Tragédie Lyrique en trois actes et dix-sept scènes
Livret d’André Dumas et Sébastien Charles Leconte
8 représentations jusqu’au 29 juin 1925

La Naissance de la Lyre (Albert Roussel) – 01 juillet 1925
Opéra en un acte et trois tableaux basé sur le drame satyrique ‘Les limiers’ de Sophocle
Livret de Théodore Reinach
8 représentations jusqu’au 09 novembre 1925 (Chorégraphie de Bronislava Nijinska)

Brocéliande (André Bloch) – 23 novembre 1925
Conte bleu en musique d’après ‘Le prélude féerique’
Livret de Fernand Gregh
9 représentations jusqu’au 03 décembre 1926

L’Île désenchantée (Henry Février) – 23 novembre 1925
Drame musical en deux actes et trois tableaux, tiré des grandes légendes de France d’Édouard Schuré
Livret d’Édouard Schuré
6 représentations jusqu’au 28 décembre 1925

Orphée (Jean Roger-Ducasse) – 11 juin 1926
Mimodrame lyrique en trois actes
Livret de Jean Roger-Ducasse
5 représentations jusqu’au 30 juin 1926 (Chorégraphie de Léo Staats avec dans le rôle principal Ida Rubinstein)
Commandée par Michel Terestchenko et Alexandre Ziloti, important musicien pétersbourgeois qui en est le commanditaire, l’œuvre fut publiée en 1913 pour être créée au théâtre Marie de Saint-Pétersbourg dans une chorégraphie de Michel Fokine.
Mais la première Guerre mondiale entraîna le report de son exécution, et la première eut lieu au Palais Garnier.

La prêtresse de Korydwen (Paul Ladmirault) – 17 décembre 1926
Ballet en deux tableaux
Livret d’Albert Juhellé et Georges Cléret
6 représentations jusqu’au 24 janvier 1927 (Chorégraphie de Léo Staats)
L’Impératrice aux rochers (Arthur Honneger) – 18 février 1927
Mystère en un prologue et cinq actes
Livret de Saint-Georges de Bouhelier
6 représentations jusqu’au 11 mars 1927 (Mise en scène d’Alexandre Sanine)

Naïla (Philippe Gaubert) – 08 avril 1927
Conte oriental lyrique en trois actes
Livret de Maurice Léna
4 représentations jusqu’au 02 mai 1927

Impressions de music-hall (Gabriel Pierné) – 08 avril 1927
Ballet en un acte
Livret de Gabriel Pierné
38 représentations jusqu’au 30 novembre 1930 (Chorégraphie de Bronislava Nijinska)
46 représentations du 11 mars 1935 jusqu’au 28 mars 1947 (Chorégraphie de Léo Staats)

Le Diable dans le beffroi (Désiré Émile Inghelbrecht) – 03 juin 1927
Ballet en un acte d’après Edgar Allan Poe
Livret de Désiré Émile Inghelbrecht
14 représentations jusqu’au 10 février 1928 (Chorégraphie de Nicola Guerra)

Les Matines d’amour (Jules Mazellier) – 16 décembre 1927
Fabliau-miracle en trois images
Livret de Raoul Gastambide
5 représentations jusqu’au 11 janvier 1928 (Chorégraphie de Nicola Guerra)

Cyrca (Marc Delmas) – 16 décembre 1927
Action chorégraphique et symphonique en un acte
Livret d’Albert Marie Emile Boucheron et Paul de Choudens (Chorégraphie de Nicola Guerra)
10 représentations jusqu’au 12 mars 1928
Œuvre achevée en 1914, mais dont la partition sera perdue en 1918, reconstituée en 1920, à nouveau perdue puis reconstituée la même année.
Grand prix de la musique de la ville de Paris en 1925.

La Tour de feu (Sylvio Lazzari) – 16 janvier 1928
Drame lyrique en trois actes
Livret de Sylvio Lazzari
35 représentations jusqu’au 02 septembre 1946

L’éventail de Jeanne (Maurice Ravel, Pierre-Octave Ferroud, Jacques Iber, Roland-Manuel, Marcel Delannoy, Albert Roussel, Darius Milhaud, Francis Poulenc, Georges Auric, Florent Schmitt) – 04 mars 1928
Ballet pour enfants en un acte écrit par dix compositeurs français
23 représentations jusqu’au 16 juin 1937 (Chorégraphie d’Alice Bourgat et Yvonne Franck)

Le Mas (Joseph Canteloube) – 03 avril 1929
Pièces lyrique en trois actes
Livret de Joseph Canteloube
7 représentations jusqu’au 20 juin 1929

Persée et Andromède (Jacques Ibert) – 15 mai 1929
Opéra en deux actes d’après ‘Moralités légendaires’ de Jules Laforgue
Livret de Nino (Michel Véber)
10 représentations jusqu’au 22 janvier 1930

L’écran des jeunes filles (Roland Manuel) – 15 mai 1929
Ballet en deux tableaux
Livret de Jacques Drésa (André Saglio)
16 représentations jusqu’au 22 juin 1930 (Chorégraphie de Léo Staats)

Salamine (Maurice Emmanuel) – 19 juin 1929
Tragédie lyrique en trois actes d’après ‘Les Perses’ d’Eschyle
Livret de Théodore Reinach
7 représentations jusqu’au 11 novembre 1929

La Tentation de Saint-Antoine (Raoul Brunel) – 12 mai 1930
Mystère en trois parties et dix tableaux
Livret de Raoul Brunel
6 représentations jusqu’au 04 juin 1930 (Mise en scène de Pierre Chéreau, Chorégraphie de Léo Staats)

Virginie (Alfred Bruneau) – 09 janvier 1931
Comédie lyrique en trois actes
Livret d’Henri Duvernois
6 représentations jusqu’au 02 février 1931

L'Illustre Frégona (Raoul Laparra) – 16 février  1931
Zarzuela en tros actes avec danses, tiré de la nouvelle de Cervantès
Livret de Raoul Laparra
23 représentations jusqu’au 07 avril 1940

Prélude dominical (Guy Ropartz) – 16 février  1931
Divertissement chorégraphique en un acte
Livret de Guy Ropartz
19 représentations jusqu’au 18 juin 1934 (Chorégraphie de Serge Lifar)

L'Orchestre en liberté (Henri Sauveplane) – 16 février  1931
Ballet en un acte
Livret de François Gautier dit Paul Franz et Paul Gsell
6 représentations jusqu’au 11 mars 1931 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Guercœur (Albéric Magnard) – 24 avril 1931
Tragédie musicale en trois actes
Livret d’Albéric Magnard    
11 représentations jusqu’au 08 mars 1933

Bacchus et Ariane (Albert Roussel) – 22 mai 1931
Ballet en deux actes
Livret d’Abel Hermant
5 représentations jusqu’au 24 juin 1931 (Chorégraphie de Serge Lifar)
10 représentations du 08 décembre 1967 jusqu’au 17 mars 1968 (Chorégraphie de Michel Descombey)

Amphion (Arthur Honegger) – 23 juin 1931
Drame lyrique en trois parties 
Livret de Paul Valéry
2 représentations jusqu’au 25 juin 1931 (Chorégraphie de Léonide Massine)

La Duchesse de Padoue (Maurice Le Boucher) – 21 octobre 1931
Tragédie lyrique en deux actes d’après la pièce d’Oscar Wilde
Livret de Paul Grosfils
3 représentations jusqu’au 13 novembre 1931

Le Rustre imprudent (Maurice Fouret) – 07 décembre 1931
Ballet en un acte
Livret de Jane Catulle-Mendes et Henry Jacques
8 représentations jusqu’au 9 mars 1932 (Chorégraphie de Léo Staats)

Invitation à la répétition générale de 'Guercoeur' d'Albéric Magnard en 1931

Invitation à la répétition générale de 'Guercoeur' d'Albéric Magnard en 1931

Maximilien (Darius Milhaud) – 06 janvier 1932
Opéra historique en trois actes et neuf tableaux d’après ‘Juarez und Maximilian’ de Franz Werfel
Livret de Rudolph Stephan Hoffman
6 représentations jusqu’au 29 janvier 1932 (Mise en scène de Pierre Chéreau)
Le film de Miguel Contreras Torres et Raphael J. Sevilla ‘Juarez und Maximilian’ sortira en 1934 et sera un des films mexicains les plus chers de l’époque.

Un jardin sur l'Oronte (Alfred Bachelet) – 07 novembre 1932
Drame lyrique en quatre actes et huit tableaux tiret du roman éponyme de Maurice Barrès
Livret de Franc-Nohain
11 représentations jusqu’au 26 février 1934 (Chorégraphie de Léo Staats)

Sur le Borysthène (Sergheï Prokofiev) – 16 décembre 1932
Poème chorégraphique en un acte et deux tableaux
Livret de Serge Lifar et Sergheï Prokofiev
6 représentations jusqu’au 16 mars 1933 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Jeunesse (Pierre-Octave Ferroud) – 27 avril 1933
Ballet en deux tableaux
Livret de André Coeuroy et Serge Lifar
8 représentations jusqu’au 07 juin 1933 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Vercingétorix (Canteloube) – 26 juin 1933
Épopée lyrique en quatre actes
Livret d’ Étienne Clémentel et Joseph-Henri Louwyck
8 représentations jusqu’au 13 décembre 1933 (Mise en scène de Pierre Chéreau)

Roselinde (Henri Hirschmann) – 17 novembre 1933
Ballet en deux actes
Livret de Pierre-Barthélemy Gheusi
7 représentations jusqu’au 01 janvier 1934 (Chorégraphie de Léo Staats)

La Princesse lointaine (Georges Martin Witkowski) – 26 mars 1934
Opéra-comique en quatre actes d’après la pièce éponyme d’Edmond Rostand
Livret de Georges Martin Witkowski
5 représentations jusqu’au 14 mai 1934

Perséphone (Igor Stravinsky) – 30 avril 1934
Mélodrame en trois scènes d’après la pièce éponyme d’André Gide
Livret d’André Gide
3 représentations jusqu’au 09 mai 1934 (Chorégraphie de Kurt Jooss)

Diane de Poitiers (Jacques Ibert) – 30 avril 1934
Ballet en trois tableaux
Livret d’Élisabeth de Gramont
6 représentations jusqu’au 21 mai 1934 (Chorégraphie de Michel Fokine)
8 représentations du 24 janvier 1947 au 30 avril 1947 (Chorégraphie Marcel Bergé)
Commande d’Ida Rubinstein

Sémiramis (Arthur Honegger) – 11 mai 1934
Mélodrame en trois actes et deux interludes
Livret de Paul Valéry
3 représentations jusqu’au 21 mai 1934 (Chorégraphie de Michel Fokine)

Rolande et le mauvais garçon (Henri Rabaud) – 25 mai 1934
Opéra en cinq actes
Livret de Lucien Népoty
15 représentations jusqu’au 08 janvier 1938

La Vie de Polichinelle (Nicolas Nabokov) – 22 juin 1934
Ballet en six tableaux
Livret de Claude Séran
9 représentations jusqu’au 02 février 1935 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Le Marchand de Venise (Reynaldo Hahn) – 29 mars 1935
Opéra en trois actes et cinq tableaux d’après ‘Shylock’ de William Shakespeare
Livret de Miguel Zamacoïs
27 représentations jusqu’au 01 avril 1939 (Mise en scène de Pierre Chéreau)
4 représentations du 18 novembre 1949 au 19 février 1950 (Mise en scène de Max de Rieux)
7 représentations du 11 avril au 02 mai 1979 (Mise en scène de Marc Cheifetz) à la Salle Favart

La Grisi (Henri Tomasi) – 21 juin 1935
Ballet en deux actes. Variations sur des thèmes d'Olivier Métra.
Livret de Guy de Téramond
100 représentations jusqu’au 25 juillet 1953 (Chorégraphie d’Albert Aveline)

Images (Gabriel Pierné) – 21 juin 1935
Ballet en deux actes
Livret d’André Hellé
9 représentations jusqu’au 03 février 1936 (Chorégraphie de Léo Staats)

Icare (Joseph-Emile Szyfer et Arthur Honneger) – 09 juillet 1935
Légende chorégraphique
Rythmes de Serge Lifar et orchestration de Joseph-Emile Szyfer et Arthur Honneger
Livret d’André Hellé
61 représentations jusqu’au 07 octobre 1954 (Chorégraphie de Serge Lifar et décors de Paul-Raoul Larthe)
3 représentations par le Ballet de l’Opéra au Covent Garden du 05 au 07 octobre 1954
48 représentations du 05 décembre 1962 au 20 octobre 1990 (Chorégraphie de Serge Lifar et décors de Pablo Picasso)

Le Rouet d'Armor (Adolphe Piriou) – 03 février 1936
Légende chorégraphique et musicale, d’après un conte de Michel Geistdoerfer
Livret d’Adolphe Piriou
10 représentations jusqu’au 01 mars 1939 (Chorégraphie de Léo Staats)

Œdipe (Georges Enesco) – 13 mars 1936
Tragédie lyrique en quatre actes et six tableaux
Livret d’Edmond Fleg
10 représentations jusqu’au 25 juin 1937 (Mise en scène de Pierre Chéreau)
2 représentations le 21 et 22 mai 1963 (Chanté en roumain par les artistes de l’Opéra de Bucarest)
8 représentations du 23 septembre au 14 octobre 2021 à l’Opéra Bastille (Mise en scène Wajdi Mouawad)

Lleana (Marcel Bertrand) – 20 mai 1936
Ballet en un acte, d’après un conte roumain de Chesade
Livret de Marcel Bertrand
3 représentations jusqu’au 15 juin 1936 (Chorégraphie de Léo Staats)

Le roi nu (Jean Françaix) – 15 juin 1936
Ballet en un acte, d’après un conte de Hans Christian Andersen
Livret de Serge Lifar
10 représentations jusqu’au 19 mai 1937 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Un baiser pour rien (Manuel Rosenthal) – 15 juin 1936
Ballet en un acte
Livret de Michel Veber (Nino)
6 représentations jusqu’au 06 janvier 1937 (Chorégraphie d’Albert Aveline)

Alexandre le Grand (Philippe Gaubert) –  21 juin 1937
Épopée chorégraphique
Livret de Serge Lifar
49 représentations jusqu’au 22 juillet 1942 (Chorégraphie de Serge Lifar)

La Samaritaine (Max d'Ollone) –  23 juin 1937
Drame lyrique en trois actes d’après la pièce éponyme d’Edmond Rostand (1897)
Livret d’après Edmond Rostand
7 représentations jusqu’au 19 mars 1938

Oriane et le prince d'Amour (Florent Schmitt) –  07 janvier 1938
Ballet en deux actes
Livret de Claude Seran
21 représentations jusqu’au 15 avril 1942 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Le Cantique des Cantiques (Arthur Honegger) –  02 février 1938
Ballet en deux actes
Rythmes de Serge Lifar 
Livret de Gabriel Boissy
8 représentations jusqu’au 27 juillet 1938 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Les Santons (Henri Tomasi) –  18 novembre 1938
Ballet en un acte
Livret de René Dumesnil
76 représentations jusqu’au 06 janvier 1954 (Chorégraphie d’Albert Aveline)

La Chartreuse de Parme (Henri Sauguet) –  20 mars 1939
Opéra en quatre actes et 11 tableaux d’après l’oeuvre éponyme de Stendhal
Livret d’Armand Lunel
7 représentations jusqu’au 09 juin 1939 (Mise en scène de Pierre Chéreau)

Entre deux rondes (Marcel Samuel-Rousseau) –  24 avril 1940
Duo chorégraphique en un acte
Livret de Marcel Samuel-Rousseau
51 représentations jusqu’au 12 juillet 1944 (Chorégraphie de Serge Lifar)
41 représentations du 27 avril 1949 au 29 juillet 1959 (Chorégraphie de Serge Lifar)
4 représentations de l’École de danse du 25 au 29 mars 1992 (Chorégraphie de Serge Lifar)
5 représentations de l’École de danse du 23 avril au 03 mai 2006 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Le Chevalier et la Damoiselle (Philippe Gaubert) –  02 juillet 1941
Ballet en deux actes, inspiré d’un lai de Marie de France
Livret de Serge Lifar
82 représentations jusqu’au 08 mai 1957 (Chorégraphie de Serge Lifar)
4 représentations de l’École de danse du 19 au 22 juin 1996 (Chorégraphie de Serge Lifar)
4 représentations de l’École de danse du 07 au 11 avril 1997 (Chorégraphie de Serge Lifar)

La Princesse au jardin (Gabriel Grovlez) –  02 juillet 1941
Conte chorégraphique en un acte
Livret d’Émile Vuillermoz
16 représentations jusqu’au 14 juillet 1943 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Joan de Zarissa (Werner Egk) –  10 juillet 1942
Ballet en quatre tableaux
Livret de Werner Egh
21 représentations jusqu’au 16 février 1944 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Les Animaux modèles (Francis Poulenc) –  08 août 1942
Suite d’orchestre en un acte d’après les Fables de la Fontaine
Livret de Francis Poulenc
73 représentations jusqu’au 07 janvier 1953 (Chorégraphie de Serge Lifar)
5 représentations à la salle Favart du 11 au 16 juin 1979 (Chorégraphie de Serge Lifar)
5 représentations à la salle Favart du 04 au 10 avril 1981 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Le Jour (Maurice Jaubert) –  23 juin 1943
Poème chorégraphique
Livret de Jules Supervielle
10 représentations jusqu’au 05 avril 1944 (Chorégraphie de Serge Lifar)
L’œuvre fut jouée une fois en version de concert le 13 décembre 1931

Guignol et Pandore (André Jolivet) –  29 avril 1944
Ballet en un acte
Livret de Serge Lifar
57 représentations jusqu’au 26 septembre 1956 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Christopher Maltman dans 'Œdipe' (1936) de Georges Enesco, lors de la recréation de l'ouvrage à l'Opéra Bastille en 2021

Christopher Maltman dans 'Œdipe' (1936) de Georges Enesco, lors de la recréation de l'ouvrage à l'Opéra Bastille en 2021

Réunion des Théâtres Lyriques Nationaux (1945 à 1978)

L’Appel de la montagne (Arthur Honneger) –  09 juillet 1945
Ballet en trois tableaux
Livret de Robert Favre Le Bret
20 représentations jusqu’au 27 novembre 1946 (Chorégraphie de Serge Peretti)

Le mendiant de Marrakech (Lucien-Marie Aube) –  18 juin 1946
Poème chorégraphique
Livret de Louis Poterat et André Tabet
1 représentation (Chorégraphie de Constantin Tcherkas)

Les Mirages (Henri Sauguet) –  15 décembre 1947
Féerie chorégraphique en un acte et deux tableaux
Livret de Adolphe Mouron (Cassandre) et Serge Lifar
209 représentations jusqu’au 28 octobre 2006 (Chorégraphie de Serge Lifar)
1 représentation du dernier Pas de deux lors de la soirée en hommage à Yvette Chauviré, le 22 avril 2017
La répétition générale eut lieu fin juillet 1944, avant que la Libération de Paris n’entraîne la fermeture momentanée du théâtre.

Les malheurs de Sophie (Jean Français) –  25 février 1948
Ballet en trois tableaux
Livret de Georges Fells
9 représentations jusqu’au 20 avril 1949 (Chorégraphie de Robert Quinault)

Zadig (Pierre Petit) –  09 juillet 1948
Ballet en un acte et cinq tableaux
Livret de Pierre Petit et Serge Lifar
4 représentations jusqu’au 26 juillet 1948 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Lucifer (Claude Delvincourt) –  14 décembre 1948
Mystère en un prologue et trois épisodes
Livret de René Dumesnil
15 représentations jusqu’au 21 mai 1952 (Chorégraphie de Serge Lifar)

La naissance des couleurs (Arthur Honneger) –  22 juin 1949
Ballet avec chant
Livret de Ernest Klausz et René Morax
2 représentations jusqu’au 29 juin 1952 (Chorégraphie de Serge Lifar et Irène Popard)

Endymion (Jacques Leguerney) –  27 juillet 1949
Ballet en un acte
Livret d’André Doderet
9 représentations jusqu’au 29 juin 1952 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Septuor (Jean Lutèce) –  25 janvier 1950
Ballet en un acte
Livret de Francis Blanche
26 représentations jusqu’au 05 décembre 1956 (Chorégraphie de Serge Lifar)

L’Inconnue (André Jolivet) –  19 avril 1950
Ballet en un acte
Livret de Léandre Vaillat
4 représentations jusqu’au 10 juillet 1950 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Le Chevalier errant (Jacques Ibert) – 26 avril 1950
Ballet en deux actes et quatre tableaux d’après Cervantes
Livret d’Élisabeth de Gramont (poèmes d’Alexandre Arnoux)
35 représentations jusqu’au 28 novembre 1956 (Chorégraphie de Serge Lifar)
Commande d’Ida Rubinstein passée en 1934

Bolivar (Darius Milhaud) – 12 mai 1950
Opéra en trois actes et dix tableaux
Livret de Madeleine Milhaud
26 représentations jusqu’au 21 janvier 1963

Phèdre (Georges Auric) –  14 juin 1950
Tragédie chorégraphique en un acte
Livret de Jean Cocteau
76 représentations jusqu’au 11 mai 1960 (Chorégraphie de Serge Lifar)
13 représentations du 18 octobre au 12 novembre 1977 (Chorégraphie de Serge Lifar)
12 représentations du 22 septembre au 06 octobre 2011 (Chorégraphie de Serge Lifar)

La Grande Jatte (Ferdinand Barlow) –  12 juillet 1950
Ballet en un acte
Livret de Pierre Bertin
20 représentations jusqu’au 15 juillet 1953 (Chorégraphie d’Albert Aveline)

Kerkeb, danseuse berbère (Marcel Samuel-Rousseau) – 06 avril 1951
Drame musical en un acte d’après une nouvelle d’Elissa Rhaïs (Rosine Boumendil)
Livret de Michel Carré
26 représentations jusqu’au 12 juillet 1958

L’Astrologue (Henry Barraud) –  25 avril 1951
Ballet en trois tableaux
Livret d’Henry Barraud
4 représentations jusqu’au 11 juillet 1951 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Blanche Neige (Maurice Yvain) –  14 novembre 1951
Ballet en trois actes et six tableaux d’après un conte des Frères Grimm
Livret d’après les Frères Grimm
21 représentations jusqu’au 22 novembre 1953 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Cinéma (Louis Aubert) –  11 mars 1953
Ballet en trois parties
Livret de René Jeanne
15 représentations jusqu’au 10 novembre 1954 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Hop-Frog (Raymond Loucheur) –  17 juin 1953
Ballet pantomime en deux actes
Livret d’après Edgar Poe
8 représentations jusqu’au 03 mars 1954 (Chorégraphie de Harald Lander)

Les Noces Fantastiques (Marcel Delannoy) –  09 février 1955
Ballet en deux actes et quatre tableaux
Livret de Serge Lifar
50 représentations jusqu’au 19 mai 1965 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Numance (Henry Barraud)–  15 avril 1955
Opéra en deux actes et cinq tableaux
Livret de Salvador de Madariaga, d’après Cervantès
9 représentations jusqu’au 27 novembre 1955 (Mise en scène Max de Rieux)

La Dame à la Licorne (Jacques Chailley) –  28 janvier 1959
Ballet en un acte
Livret de Jean Cocteau
5 représentations jusqu’au 06 mai 1959 (Chorégraphie de Heinz Rosen)

Conte Cruel (Georges Delerue) –  16 décembre 1959
Ballet en trois actes et quatre tableaux
Livret de Philippe Hérat, d’après Villiers de l’Isle-Adam
4 représentations jusqu’au 20 avril 1960

But (Jacques Castérède) –  17 avril 1963
Ballet dont l’action se déroule sur un terrain de basket
Livret de Michel Descombey
26 représentations jusqu’au 07 octobre 1967 (Chorégraphie de Michel Descombey)

Notre-Dame de Paris (Maurice Jarre) –  11 décembre 1965
Ballet en deux actes et treize tableaux
Livret d’après Victor Hugo
58 représentations jusqu’au 02 décembre 1988 au Palais Garnier (Chorégraphie de Roland Petit)
12 représentations du 4 octobre au 11 novembre 1996 à l’Opéra Bastille (Chorégraphie de Roland Petit)
12 représentations du 3 au 13 octobre 2001 au Palais Garnier (Chorégraphie de Roland Petit)
30 représentations du 30 juin 2014 au 31 décembre 2025 à l’Opéra Bastille (Chorégraphie de Roland Petit)

Paradis perdu (Marius Constant) –  13 octobre 1967
Ballet
Livret de Roland Petit
3 représentations jusqu’au 18 octobre 1967 (Chorégraphie de Roland Petit, avec Rudolf Noureev et Margot Fonteyn)

Sablier Prison (John Surman, Michaël Osborne et Allan Skidmore) – 30 avril 1974
Ballet
9 représentations jusqu’au 27 mai 1974 (Chorégraphie de Carolyn Carlson)
2 représentations du 14 au 16 juillet 1976

Nana (Marius Constant) – 06 mai 1976
Ballet
Livret de Edmonde Charles-Roux d'après le roman d'Emile Zola
16 représentations jusqu’au 9 juin 1976 (Chorégraphie de Roland Petit)

This, That and the Other (Igor Wakhévitch) – 19 avril 1977
Ballet
7 représentations jusqu’au 19 mai 1977 (Chorégraphie de Carolyn Carlson)

'Notre Dame de Paris' (Maurice Jarre) dans la production originale de Roland Petit (1965)

'Notre Dame de Paris' (Maurice Jarre) dans la production originale de Roland Petit (1965)

Théâtre national de l'Opéra de Paris (1978 à 1989)

Year of the Horse (Jean Schwarz) – 28 avril 1978
Ballet 
8 représentations jusqu’au 30 mai 1978 (Chorégraphie de Carolyn Carlson)
5 représentations du 06 au 23 mars 1979

3e acte de 'Lulu' (Alban Berg) – 24 février 1979
Opéra en trois actes, dont les deux premiers actes ont été créés le 2 juin 1937 au Stadttheater de Zurich
Création mondiale au Palais Garnier de la version en trois actes de 'Lulu'
9 représentations jusqu’au 24 mars 1979 (Mise en scène Patrice Chéreau, direction musicale Pierre Boulez)
26 représentations du 08 avril 1998 au 05 novembre 2011 à l'Opéra Bastille (Mise en scène Willy Decker)

Le Fantôme de l’Opéra (Marcel Landowski) – 22 février 1980
Ballet
Livret d'après le roman de Gaston Leroux
19 représentations jusqu’au 19 mars 1980 (Chorégraphie de Roland Petit)

Schéma (David Darling et Alwin Nikolais) – 18 décembre 1980
Ballet
Livret de Alwin Nikolais
11 représentations jusqu’au 6 février 1981 (Chorégraphie de Alwin Nikolais)

Erzsebet (Charles Chaynes) – 28 mars 1983
Opéra pour une femme seule en six moments lyriques
Livret de Ludovic Janvier d'après sa pièce "Vers Bathory"
10 représentations jusqu’au 23 avril 1983 (Mise en scène Michael Lonsdale)

Saint François d'Assise (Olivier Messiaen) – 28 novembre 1983
Scènes franciscaines en trois actes et huit tableaux
Poème et musique d'Olivier Messiaen
8 représentations jusqu'au 18 décembre 1983 (Mise en scène Sandro Sequi, direction musicale Seiji Ozawa et Kent Nagano)
6 représentations du 12 au 29 décembre 1992 à l'Opéra Bastille (Mise en scène Peter Sellars, direction musicale Sylvain Cambreling)
9 représentations du 6 octobre au 5 novembre 2004 à l'Opéra Bastille (Mise en scène Stanislas Nordey, direction musicale Sylvain Cambreling)

Docteur Faustus (Konrad Boehmer) – 20 février 1985
Drame en musique en deux actes
Livret de Hugo Claus
7 représentations jusqu'au 9 mars 1985 (Mise en scène Charles Hamilton, direction musicale Janos Kulka et John Burdekin)
Coproduction avec la Nederlandse Operastichting d'Amsterdam
Prix Rolf Liebermann (1983) décerné par le Körber Stiftung

Arepo (Hugues Le Bars) – 24 mars 1986
Ballet : Arepo ( opéra à l'envers ) est un hommage au Ballet de l'Opéra, dans sa tradition et sa modernité
5 représentations jusqu’au 25 avril 1986 (Chorégraphie Maurice Béjart)

In the Middle Somewhat Elevated (Thom Willems) – 29 mai 1987
Ballet
66 représentations jusqu’au 11 novembre 2000 (Chorégraphie de William Forsythe)
Distribution de la première : Sylvie Guillem, Isabelle Guérin, Karin Averty, Manuel Legris et Laurent Hilaire
3 représentations au Festival Italica du 18 au 20 juillet 1990
33 représentations en tournée (Avignon, Helsinki, Japon, Turin) du 29 juillet 1994 au 9 juillet 1995
21 représentations du 3 au 31 décembre 2012 

Soon (U2) – 29 mai 1987
Ballet
8 représentations du 29 juin au 10 juillet 1987 (Chorégraphie Daniel Ezralow)

La Célestine (Maurice Ohana) – 13 juin 1988
Tragi-comédie lyrique en un prologue et onze tableaux
Livret de Maurice Ohana d'après Fernando de Rojas, texte français d'Odile Marcel
6 représentations jusqu'au 29 juin 1988 (Mise en scène Jorge Lavelli, direction musicale Arturo Tamayo)

Le Maître et Marguerite (York Höller) – 20 mai 1989
Opéra en deux actes
Livret de York Höller d'après le roman de Mikhaïl Boulgakov
Bande électro-acoustique réalisée à l'IRCAM et à la Musikhochschule de Cologne
Commande de l'Opéra de Paris et du Hamburgische Staatsoper
6 représentations jusqu'au 31 mai 1989 (Mise en scène Hans Neuenfels, direction musicale Lothar Zagrosek et John Burdekin)

Christiane Eda-Pierre dans la production originale de 'Saint François d'Assise' d'Olivier Messiaen en 1983

Christiane Eda-Pierre dans la production originale de 'Saint François d'Assise' d'Olivier Messiaen en 1983

Opéra de Paris (1990 à 1994)

Retours de scène (Samuel Zyman) – 07 mai 1992
Ballet
8 représentations jusqu'au 17 mai 1992 (Chorégraphie Odile Duboc)
Distribution de la première représentation à Paris : Elisabeth Maurin, Carole Arbo, Karin Averty et Patrick Dupond.

Enter (David Tudor) – 17 novembre 1992
Ballet
Commande de l'Opéra de Paris et du Festival d'Automne.
5 représentations jusqu'au 21 novembre 1992 (Chorégraphie Merce Cunningham)
Rideau de scène créé par John Cage. Enter, traite d'êtres humains qui sont impliqués dans différentes expériences de mouvement.

 

'Appartement' (FleshQuartet) dans la chorégraphie de Mats-Ek (2000)

'Appartement' (FleshQuartet) dans la chorégraphie de Mats-Ek (2000)

Opéra national de Paris (1994 à aujourd'hui)

Garnier Event I & II (Christian Wolff, Takehisa Kosugi et Steve Lacy) – 06 janvier 1998
Ballet
11 représentations jusqu'au 17 janvier 1998 (Chorégraphie Merce Cunningham)

Pond War (Brian Eno) – 13 janvier 1998
Ballet - New Ikebukuro pour trois platines CD 
5 représentations jusqu'au 17 janvier 1998 (Chorégraphie Merce Cunningham)

Casanova (Goran Vejvoda) – 03 mars 1998
Ballet en neuf tableaux
28 représentations jusqu'au 26 octobre 2002 (Chorégraphie Angelin Preljocaj)
Distribution de la première représentation:
Isabelle Guerin, Aurélie Dupont, Laurent Hilaire, Nicolas Le Riche et Wilfried Romoli

Pas. / Parts (Thom Willems) – 31 mars 1999
Ballet
52 représentations jusqu'au 04 octobre 2014 (Chorégraphie William Forsythe)
Distribution de la première représentation: Agnès Letestu, Clairemarie Osta, Eleonora Abbagnato, Stéphanie Romberg, Jean-Guillaume Bart, Jérémie Bélingard, Kader Belarbi, Lionel Delanoë, Nicolas Le Riche, José Martinez.

Woundwork 1 (Thom Willems) – 31 mars 1999
Ballet

52 représentations jusqu'au 04 octobre 2014 (Chorégraphie William Forsythe)
4 représentations en tournée à Vienne du 18 au 22 juillet 2000
Distribution de la première représentation: Carole Arbo, Isabelle Guérin, Laurent Hilaire, Manuel Legris.

Orison (Costin Miereanu) – 20 mai 1999
Ballet
7 représentations jusqu'au 29 mai 1999 (Chorégraphie Pierre Darde)
Distribution de la première représentation: Elisabeth Maurin, Yann Bridard

Clavigo (Gabriel Yared) – 15 octobre 1999
Ballet en deux parties, inspiré du drame romantique de Wolfgang von Goethe
34 représentations jusqu'au 6 novembre 2003 (Chorégraphie Roland Petit)
4 représentations en tournée (Baalbeck - juillet 2001 -, Athènes - septembre 2003-)
Distribution de la première représentation : Marie-Agnès Gillot, Clairemarie Osta, Nicolas Le Riche, Yann Bridard, Yann Saïz.

Appartement (FleshQuartet) – 27 juin 2000
Ballet en dix séquences :
La Salle de bains - La Télévision - Le Passage piétonnier - La Cuisine (pas de deux) - Jeux d'enfants (trio) - Valse - Marche des aspirateurs - Duo des embryons - Grand Pas de deux – Finale
36 représentations jusqu'au 9 juillet 2014  (Chorégraphie Mats-Ek)
17 représentation du 27 mars au 18 avril 2025
Distribution de la première représentation: Marie-Agnès Gillot, Clairemarie Osta, Kader Belarbi, Nicolas Le Riche, José Martinez, Benjamin Pech, Wilfried Romoli.

Yamm (Philippe Fenelon) – 21 octobre 2000
Ballet
7 représentations jusqu’au 7 novembre 2000 (Chorégraphie Lionel Hoche)

Wuthering Heights (Philippe Hersant) – 26 février 2002
Ballet en un prologue et deux actes
25 représentations jusqu'au 6 octobre 2007 (Chorégraphie Kader Belarbi)

AndréAuria (David Lang) – 15 novembre 2002
Ballet
"AndréAuria" ou pour le chorégraphe, complexité du corps, les pointes, la vitesse, l'accumulation de mouvements.
26 représentations jusqu'au 20 février 2015 (Chorégraphie Edouard Lock)
Distribution de la première à Paris : Marie Agnès Gillot, Clairemarie Osta, Dorothée Gilbert, Karl Paquette.

La Petite Danseuse de Degas (Denis Vaillant) – 25 avril 2003
Ballet
Livret de Martine Kahane et Patrice Bart
41 représentations jusqu'au 14 juillet 2010 (Chorégraphie de Patrice Bart)

La Septième Lune (Jean Prodomidès) – 16 avril 2004
Ballet
14 représentations jusqu'au 29 avril 2004 (Chorégraphie de Davide Bombana)
Distribution de la première représentation: Agnès Letestu, José Martinez, Stéphanie Romberg

Le Songe de Médée (Mauro Lanza) – 05 novembre 2004
Ballet
Commande de l'Opéra et de l'IRCAM
22 représentations jusqu'au 10 novembre 2007
Distribution de la première représentation : Marie-Agnès Gillot, Wilfried Romoli, Eleonora Abbagnato.

The Temptation of Saint Anthony (Bernice Johnson Reagon) – 24 novembre 2005
Opéra
Livret de Bernice Johnson Reagon d'après l'oeuvre de Gustave Flaubert
Commande de l'Opéra de Paris - Création officielle au Palais Garnier après présentation à la Ruhrtriennale en juin 2003
12 représentations jusqu'au 16 décembre 2005  (Mise en scène Robert Wilson, Direction musicale Toshi Reagon)
Coproduction avec la Ruhrtriennale et Change Performing Arts

O Zlozony / O composite (Laurie Anderson) – 17 décembre 2004
Ballet
56 représentations jusqu'au décembre 2012 (Chorégraphie Trisha Brown)
3 représentations en tournée à Vienne du 14 au 16 juillet 2005
23 représentations du 01 décembre au 31 décembre 2025 (Chorégraphie Trisha Brown)
Distribution de la première représentation :Aurélie Dupont, Manuel Legris, Nicolas Le Riche

Les Familiers du labyrinthe (Todor Todoroff) – 03 février 2005
Ballet
13 représentations jusqu'au février 2005 (Chorégraphie Michèle Noiret, direction musicale Edward Gardner)

Da gelo a gelo (Salvatore Sciarrino) – 23 mai 2007
Opéra
Livret d’après le journal ‘Cent scènes et soixante-cinq poèmes’ d’Izumi Shikibu (Japon, XIe siècle)
Commande de l'Opéra de Paris (Création le 21 mai 2006 au Schwetzinger Festspiele) et du Grand Théâtre de Genève.
7 représentations jusqu'au 10 juin 2007 (Mise en scène Trisha Brown, direction musicale Tito Ceccherini – Klangforum Wien)

Genus (Joby Talbot et Deru) – 26 octobre 2007
Ballet
32 représentations jusqu'au 22 novembre 2009 (Chorégraphie Wayne McGregor)

Melancholia (Georg Friedrich Haas) – 09 juin 2008
Opéra en trois parties
Livret de Jon Fosse d'après la première partie du roman "Melancholia I" de Jon Fosse
7 représentations jusqu'au 27 juin 2008 (Mise en scène Stanislas Nordey, direction musicale Sylvain Cambreling - Klangforum Wien)
Coproduction IRCAM, Radio France, Instant Pluriel, Opéra national de Paris, dans le cadre du Festival Agora 2008

Les Enfants du paradis (Marc-Olivier Dupin) – 21 octobre 2008
Ballet
Livret de Jacques Prévert Adaptation de François Roussillon et José Martinez
33 représentations jusqu'au 6 juin 2015  (Chorégraphie José Martinez)
6 représentations en tournée (Nagoya et Tokyo - mai 2013)

Yvonne, princesse de Bourgogne (Philippe Boesmans) – 24 janvier 2009
Opéra
Livret de Luc Bondy et Marie-Louise Bischofberger d’après la pièce homonyme de Witold Gombrowicz.
7 représentations du 24 janvier au 8 février 2009 (Mise en scène Luc Bondy, direction musicale Sylvain Cambreling)
4 représentations du 26 février au 8 mars 2020  (Mise en scène Luc Bondy, direction musicale Susanna Mälkki)

'Yvonne, princesse de Bourgogne' de Philippe Boesmans (2009)

'Yvonne, princesse de Bourgogne' de Philippe Boesmans (2009)

Darkness is Hidding Black Horses (Saburo Teshigawara) – 31 octobre 2013
Ballet
11 représentations jusqu’au 14 novembre 2013 (Chorégraphie Saburo Teshigawara, directio musicale Paul Agnew)
Distribution de la première représentation :Aurélie Dupont, Jérémie Bélingard, Nicolas Le Riche, Marc Moreau

Clear, Loud, Bright, Forward (Nico Muhly) – 24 septembre 2015
Ballet
13 représentations jusqu'au 11 octobre 2015 (Chorégraphie Benjamin Millepied, direction musicale Maxime Pascal)

The Seasons Canon (Max Richter) – 24 septembre 2016
Ballet
Musique des ‘Quatre Saisons’ d’Antonio Vivaldi recomposée par Max Richter
54 représentations jusqu’au 14 juillet 2026 (Chorégraphie Crystal Pite)
13 représentations en tournée (Novosibirsk, Singapour, Shanghai, Aix-en-Provence) de juillet 2018 à septembre 2022

Trompe La Mort (Luca Francesconi) – 16 mars 2017
Opéra
Livret de Luca Francesconi d'après Honoré de Balzac
6 représentations jusqu’au 5 avril 2017 (Mise en scène Guy Cassiers, direction musicale Susanna Mälkki)

Scary Beauty (Keiichiro Shibuya) – 08 mai 2017
Ballet
5 représentations jusqu'au 13 mai 2017 (chorégraphie Jérémie Bélingard)

Undoing World (Nicolas Worms) – 13 juin 2017
Ballet
4 représentations jusqu’au 18 juin 2017 (Chorégraphie Bruno Bouché)

Play (Mikael Karlsson) – 06 décembre 2017
Ballet
60 représentations jusqu’au 04 janvier 2025 (Chorégraphie Alexander Ekman)

Frôlons (James Thierrée) – 19 mai 2018
Ballet - Création dans les espaces publics au Palais Garnier
11 représentations jusqu’au 8 juin 2018 (Chorégraphie de James Thierrée)

Bérénice (Michael Jarrell) – 29 septembre 2018
Opéra en quatre séquences
7 représentations jusqu’au 17 octobre 2018  (Mise en scène Claus Guth, direction musicale Philippe Jordan)
Avec Bo Skovkus et Barbara Hannigan

At the Hawk’s Well (Ryoji Ikeda) – 22 septembre 2019
Ballet d'après William Butler Yeats,
17 représentations jusqu’au 15 octobre 2019 (Chorégraphie Hiroshi Sugimoto et Alessio Silvestrin)
Avec Amandine Albisson, Ludmila Pagliero, Axel Magliano, Hugo Marchand, Audric Bezard, Alessio Carbone

Body and Soul (Owen Belton) – 26 octobre 2019
Ballet
37 représentations jusqu'au 20 février 2022 (Chorégraphie Crystal Pite)

'The Seasons Canon (Max Richter)' dans la chorégraphie de Crystal Pite (2016)

'The Seasons Canon (Max Richter)' dans la chorégraphie de Crystal Pite (2016)

Et si (Guillaume Alric) – 13 novembre 2020
Ballet
1 représentation le 13 novembre 2020 (Chorégraphie Mehdi Kerkouche)
16 représentations annulées

Brise-lames (Koki Nakano) – 13 novembre 2020
Ballet
1 représentation le 13 novembre 2020 (Chorégraphie Damien Jalet)
16 représentations annulées

Exposure (Woodkid) – 13 novembre 2020
Ballet
1 représentation le 13 novembre 2020 (Chorégraphie Sidi Larbi Cherkaoui)

Le Soulier de Satin (Marc-André Dalbavie) – 21 mai 2021
Opéra
Livret de Raphaèle Fleury d'après la pièce de Paul Claudel
5 représentations jusqu'au 13 juin 2021 (Mise en scène Stanislas Nordey, direction musicale Marc-André Dalbavie)
Avec Luca Pisaroni, Eve Maud Hubeaux, Marc Labonnette, Yann Beuron, Nicolas Cavallier, Jean-Sébastien Bou, Béatrice Uria-Monzon, Eric Huchet, Vannina Santoni, Max Emanuel Cencic, Julien Dran, Camille Poul, Fanny Ardant

Faunes (Ori Lichtik) – 01 décembre 2021
Ballet
21 représentations jusqu’au 02 janvier 2022 (Chorégraphie Frederick Ashton, direction musicale Vello Pähn)
2 représentations en tournée à Los Angeles le 20 et 21 juillet 2022

Chiroptera (Thomas Bangalter) – 12 novembre 2023
Installation – Parvis du Palais Garnier
1 représentation le 12 novembre 2023 (Chorégraphie Damien Jalet)

Red Carpet (Hofesh Shechter) – 10 juin 2025
Ballet
20 représentations jusqu’au 14 juillet 2025 (Chorégraphie Hofesh Shechter)

Drift Wood (Amos Ben-Tal) – 01 décembre 2025
Ballet
23 représentations jusqu’au 31 décembre 2025 (Chorégraphie Imre et Marne van Opstal)

Le Petit Prince (Simon Bång) –  06 décembre 2025
Ballet d’après l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry
8 représentations (Démonstration et Spectacle) par l’Ecole de Danse jusqu’au 19 avril 2026 (Chorégraphie Clairemarie Osta)

Empreintes (Mikael Karlsson & Gustave Rundman) – 11 mars 2026
Ballet sous forme de 2 créations
17 représentations jusqu’au 28 mars 2026 (Chorégraphies Morgann Runacre-Temple & Jessica Wright, Marcos Morau)

Dream this Way (Tru) –  27 juin 2026
Ballet
15 représentations jusqu’au 14 juillet 2026 (Chorégraphie Micaela Taylor)

Max Emanuel Cenčić (L’Ange Gardien) dans 'Le Soulier de Satin' de Marc-André Dalbavie (2021)

Max Emanuel Cenčić (L’Ange Gardien) dans 'Le Soulier de Satin' de Marc-André Dalbavie (2021)

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Publié le 9 Juillet 2025

Article de juillet 2016 mis à jour le 09 juillet 2025

L'article qui suit est une mise à jour intégrale de son contenu rédigé la première fois en juillet 2016.
Il fait un état des lieux de l’audience des sites internet de théâtres lyriques, de salles de concert classique, d’orchestres philharmoniques, de revues musicales, de radios musicales, de chaînes culturelles, de bases de données classiques et de sites de vidéos en streaming et cherche à en tirer quelques enseignements.

Le point de départ est le site de mesure d'audience Similarweb.com (une jeune compagnie britannique de technologie de l'information) qui donne, gratuitement, quelques indicateurs, à ne considérer que pour leurs ordres de grandeur, et un classement mondial des sites sélectionnés (classement basé sur le nombre de consultations mais aussi le temps passé et le nombre de pages consultées par les lecteurs).

Il fournit, notamment, le nombre de consultations par mois, la part du trafic lié à un accès direct au site (plus la part des accès directs est importante, plus la part des lecteurs fidèles est élevée), et la nationalité des visiteurs. Contrairement aux idées reçues, la part de lecteurs amenée par les réseaux sociaux (Facebook, twitter, Instagram ..) est très faible et représente dans la plupart des cas moins de 5% du trafic. Ces sites sont avant tout consultés par accès direct (pour les fidèles) ou par recherche google pour lequel leur bon référencement est indispensable à leur visibilité.

Un même visiteur pouvant consulter un même site plusieurs fois par mois, voir par jour, et depuis différents moyens électroniques, le nombre de consultations est donc très supérieur au nombre de personnes physiques distinctes ayant accédé à un site internet.  Ainsi, ‘Google’, le site n°1, reçoit 90 milliards de consultations par mois, alors que seuls 4 milliards d’habitants ont accès à internet dans le monde. Le nombre de visiteurs réels d’un site web est donc probablement 20 à 100 fois inférieur au nombre de consultations.

Klaus Mäkelä et l'Orchestre de Paris à la Philharmonie de Paris en septembre 2021

Klaus Mäkelä et l'Orchestre de Paris à la Philharmonie de Paris en septembre 2021

 Le tableau qui suit présente le classement de 300 sites lyriques et musicaux pour les 12 catégories suivantes auxquelles un code couleur différent est associé (bleu foncé pour les maisons d'opéras, bleu clair pour les centres de musiques et les orchestres, rose pour les webzine et blog, etc.), à savoir :

  • 2 chaînes culturelles à titre de référence : Arte et 3Sat
  • 6 radios musicales (Classik FM, France Musique, Radio Classique, WQXR, BR Klassik ...)
  • 154 maisons d’opéras internationales (Opéra national de Paris, MET, Covent Garden, Mariinski etc.)
  • 50 salles de concerts et orchestres philharmoniques ou symphoniques et centres musicaux
  • 5 sites qui agrègent plusieurs salles (Kennedy Center, Aalto Theater Essen, Château de Versailles Spectacles et Opera Australia)
  • 49 webzines et blogs (Slipped Disc, Forum Opera, Bachtrack, etc.)
  • 4 sites dédiés aux violonistes (Violinist, The Strad, Strings Magazine, The Violin Channel)
  • 5 sites de streaming (Operavision, Medici TV, Digital Concert Hall, Opera on video)
  • 9 bases de données de partitions et d'archives (IMSLP, Opera Arias, La Flûte de Pan, Bärenreiter etc.)
  • 13 sites de ventes en ligne d’enregistrements musicaux (JPC, Qobuz, Presto Music, Naxos etc.)
  • 1 site de billetterie (Music Opéra)
  • 2 agences artistiques (Intermusica et Askonas Holt )

 

Le choix du seuil de 300 sites permet d'inclure quasiment tous les sites recevant au minimum 15 000 consultations par mois (soit d'un milliers de lecteurs individuels pour les plus modestes à plusieurs centaines de milliers pour Arte). Ce nombre de consultations mensuelles est une moyenne calculée sur le premier semestre 2025 (Similar Web affiche les résultats des 3 derniers mois ce qui oblige à faire plusieurs sondages au cours de l'année).

Pour chaque site est affiché :

  • son classement mondial (moyenne des 6 derniers mois)
  • l'évolution de son classement par rapport au second semestre 2024
  • le nombre de consultation par mois (moyenne des 6 derniers mois)
  • la part de visiteurs qui accèdent directement au site (sans recherche google ou réseaux sociaux)
  • la part de visiteurs français

 

Une mise à jour d'ensemble de ce classement aura lieu tous les 6 mois, chaque mois de janvier et juillet, afin de suivre l'évolution annuelle du succès de ces sites. 

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Classic FM, première chaîne de musique classique
Avec plus de 3 millions d’accès par mois sur internet, et 5 millions d’auditeurs chaque week-end sur les ondes hertziennes, la chaîne de musique classique britannique Classic FM a fêté ses 30 ans le 7 septembre 2022 et est devenue la première chaîne de musique classique au monde. 

 

En France, France Musique et Radio classique sont au coude à coude avec environ 1 million d’auditeurs par jour en hertzien. Mais sur internet, France Musique prend le dessus sur sa concurrente avec 1,4 millions de consultations du site par mois (1,2 millions en 2016), ce qui peut être du à la richesse de son contenu numérique. Plus de 80 % des auditeurs numériques des deux radios sont français, mais 10 % du trafic de Radio Classique provient d’auditeurs belges, alors que 10 % du trafic web de France Musique provient d’auditeurs canadiens, suisses, espagnols et grecs.

Toutefois, depuis février 2022, Radio France agrège sur un même site ses différentes chaînes radios (France Culture, France Inter etc..) si bien qu'il n'est plus possible de suivre l'évolution de France Musique. Le nombre de consultations affiché ici est donc une estimation à partir de l'évolution de la fréquentation de Radio France.

Le ROH, l’ONP, le MET, le Mariinsky et le Bolshoi en tête des sites web de maisons lyriques les plus consultés au monde.
Le Royal Opera House Covent Garden, l’Opéra national de Paris, le MET Opera de New-York, le Théâtre du Mariinsky et le Bolshoi sont les cinq maisons d’opéra qui disposent de sites internet classés parmi les 100 000 plus consultés au monde avec plus de 500 000 connexions par mois (et même 1 million pour le ROH). On observe cependant une nuance entre les maisons occidentales et les maisons russes.

70 % des visiteurs numériques des maisons occidentales sont nationaux, et 8 % proviennent aussi des USA pour le Covent Garden et l’Opéra de Paris, tandis que 8 % des visiteurs numériques du MET sont britanniques ou canadiens.

 

Avec plus de 500 000 consultations par mois, les maisons russes de Saint-Pétersbourg (Le Mariinski) et Moscou (Le Bolshoi) talonnent ces trois maisons phares, mais  90 % de leurs visiteurs sont cette fois nationaux et 2 % sont américains. Et depuis fin 2023, et la nomination de Valery Gergiev, le site du Théâtre du Bolshoi est même le plus consulté des sites d'institutions lyriques.

Avec 400 000 visiteurs par mois, le site de l’Opéra de Vienne a une structuration de sa fréquentation un peu différente. Seuls 30 % des visiteurs sont nationaux, 15 % sont allemands, 10 % sont américains, 6% sont britanniques et 5% sont français, ce qui reflète une image de maison de répertoire ouverte au monde entier. Les Russes, qui représentaient 10% du public avant la guerre en Ukraine, en sont dorénavant absents.

Et hors Opéra de Paris, le Théâtre des Champs-Élysées, le Théâtre du Châtelet, l'Opéra de Lyon et l'Opéra de Bordeaux sont les seuls sites de théâtre lyrique et classique français à dépasser largement les 50 000 consultations par mois.

Les opéras allemands sont bien représentés en seconde partie de ce classement, le Bayerische Staatsoper de Munich (300 000 consultations) en tête, mais également les maisons européennes telles le Norwegian Opera, le Royal Danish Opera, le Teatro Real de Madrid, l'Opéra d'Amsterdam, l’Opéra d’État de Prague et le Théâtre national de Brno.

Hors Europe, le Teatro Colon de Buenos Aires se détache nettement avec 400 000 visiteurs par mois.

Les succès de la Philharmonie de Paris et de l’ElbPhilharmonie et la reconnaissance internationale du Philharmonique de Vienne
Ouvertes respectivement en 2015 et 2017, la Philharmonie de Paris et l’ElbPhilharmonie de Hambourg sont devenues en quelques années les salles de concerts philharmoniques disposant des sites les plus consultés au monde.

Quant au site du Philharmonique de Vienne (plus de 250 000 consultations par mois) – l’orchestre a célébré ses 180 ans en 2022 -, il dispose d’une structuration de ses visiteurs totalement internationale dont seuls 15 % sont autrichiens, 15 % allemands, 10 % américains, 5% polonais, 5% italiens et 5% japonais..

Il est de plus fréquenté à 50 % par une multitude d’autres nationalités. Vienne est véritablement associée à une image de culture musicale mondiale - mais le concert du nouvel an qui augmente l'afflux de visiteurs sur le site du Wiener Philharmoniker en janvier joue beaucoup sur cette mise en avant -.

Enfin, pas moins de 13 sites d'orchestres américains apparaissent dans ce classement, dont le New York Philharmonic qui est en tête (300 000 visites par mois) suivi par le Boston Symphony Orchestra et le Los Angeles Philharmonic, et le site de l'emblème musicale des Pays-Bas, le Concertgebow d'Amsterdam, atteint désormais les 250 000 consultations par mois.


 

Slipped Disc et Classical Music en tête des Webzines internationaux, Forum Opera n°1 français pour l'Opéra.
Les magazines en ligne de musique classique se sont développés au même rythme que les sites lyriques. On y trouve des interviews d’artistes, des chroniques de spectacles ou d’enregistrements, l’actualité musicale, et parfois des lieux de discussions. Les groupes anglo-saxons dominent sans partage ce genre de média et sont les véritables promoteurs de cet art dans le monde.

Fondé en 2007 par l’écrivain et critique Norman Lebrecht, Slipped Disc est devenu le n°1 mondial des webzines avec plus de 1 million de consultations par mois. Son lectorat est à 40 % américain, à 25 % britannique, 8 % allemand et 7 % canadien.

Classical Music, le site de la revue BBC Music Magazine (1992), obtient un nombre de consultations qui atteint 700 000 par mois, et d’autres webzines tels Gramophone Uk (la revue fut créée en 1923 par Compton MacKenzie) ou Classics Today (au contenu mis à jour de façon journalière) obtiennent respectivement 350 000 et 200 000 consultations par mois.

Et depuis 2016, un site américain, Operawire (déjà 300 000 visites par mois), monte pour mettre en valeur les artistes de l’art lyrique.

Fondé en 2008 par David et Alison Karlin, le site Bachtrack regroupe des interviews et des comptes-rendus internationaux de concerts, opéras et spectacles chorégraphiques, et peut être consulté en français depuis 2013 (même si seules 10 % de ses 300 000 consultations mensuelles proviennent de l’hexagone).

Tel un gigantesque hub, cet outil propose de nombreux liens vers les évènements et les captations vidéos accessibles en ligne. Il regroupe 150 chroniqueurs dans le monde qui publient 250 articles par mois.

D'autres webzines internationaux ont acquis une importance significative tels Connesi all Opera (Italie), Concerti (Allemagne), Schweizer Musikzeitung (Suisse) ou Opera Plus (Tchéquie).

BelCanto (depuis 2002) et Classical Music News (depuis 2006 - Rédacteur en Chef : Boris Lifanovsky) sont les deux sites russes phares qui dépassent les 300 000 visiteurs par mois.

 

Créé en 2001 par Camille de Rijck, et numéro 1 en France avec plus de 120 000 consultations par mois, Forum Opera est spécifiquement orienté Opéra et Art lyrique. 85 % de son lectorat est français, 4% belge, 2 % américain et 2 % tchèque.

Quatre autres webzines français le rejoignent, Resmusica (qui a quasiment doublé son niveau de fréquentation ces 5 dernières années pour devenir le site généraliste n°1 en France - puisqu'il couvre la danse, les concerts et les représentations lyriques), Opera Online (45% de lecteurs français, 10% allemands, 20% anglo-saxons) avec 110 000 visites par mois et des critiques aussi reconnus qu'Alain Duault ou Dominique Adrian (également présent sur Resmusica), Diapason Magazine, la vitrine du magazine papier du même nom, et Olyrix, exclusivement centré sur l’Opéra et qui s’est bien implanté ces 5 dernières années également (environ 90 000 consultations par mois).

D’autres sites français permettent d’avoir accès à des comptes-rendus de concerts et d’opéras (Concertonet, Altamusica, Anaclase, Classykeo, Carnets sur Sol, Concert Classic, Wanderer ...) avec toutefois une audience plus confidentielle (de quelques centaines de lecteurs à 1000 lecteurs pour 10 000 à 35 000 lectures mensuelles).

Quant aux forums de discussions, mal référencés car pénalisés par Google, ils ne réunissent que quelques centaines de lecteurs habituels.

Il est toutefois assez étrange de constater que l'Union européenne ne dispose pas de grand site de musique classique et lyrique au niveau de ceux des britanniques. Serait-ce parce que ces derniers sont plus commerçants dans l'âme?

 

Les réussites des sites de commerce et de streaming Qobuz, JPC, Presto Music, Arte concert, Medici TV 
Fondé par Alexandre Leforestier et Yves Riesel, dirigeants d'Abeille Musique, et avec près de 3 000 000 de consultations par mois, Qobuz s’est imposé comme la référence des sites de commerce en ligne et de streaming musicaux, suivi par Presto Music (spécialisé en musique classique). 

Au même niveau de fréquentation que Qobuz, la compagnie JPC fondée en 1973 par Gerhard Georg Ortmann dispose du premier site de commerce en ligne européen pour la musique classique (bien qu'elle ne se limite pas à cette catégorie de musique). Elle propose des enregistrements à prix très attractifs, des DVD, des livres et des partitions.

 

Arte concert (gratuit) et Medici TV (payant) se partagent le créneau de la diffusion d’opéras et de concerts en vidéo, et Opera Vision (exclusivement européen), avec seulement 80 000 consultations par mois, semble en perte de vitesse et surtout consulté par des russes. Il est en fait probable que ses accords de diffusion sur Youtube diluent les informations de consultations dans ceux de la chaîne américaine et qu’il ne devienne plus possible de mesurer son audience réelle de manière immédiate.

Enfin, impossible de ne pas citer le Digital Concert Hall du Philharmonique de Berlin qui permet d'avoir accès pour 150 euros par an à plus de 650 concerts enregistrés au cours des 60 dernières années. Ce site remarquable reçoit près de 300 000 visites par mois, et 25% des visiteurs sont anglo-saxons.

 

Naxos, leader mondial des labels d'enregistrements de musique classique
Né en 1987 à l'initiative de Klaus Heymann, un entrepreneur allemand, Naxos est devenu le premier éditeur label mondial de nouveaux enregistrements classiques, avec un catalogue réunissant plus de 15 000 disques à prix économiques.

 

Egalement, signalons les sites de bases de données de partitions, IMSLP (International Music Score Library Project ), Free score et Opera Arias, un site de calendriers de spectacles d’opéras (Operabase) qui couvre les salles du monde entier, ainsi que le très original Bach Cantatas, projet collectif débuté en 1999 sur les 209 Cantates de Bach.

 

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Publié le 15 Mars 2025

Philippe Martin, L’opéra comme aventure  - Fragments d’un portrait de Stéphane Lissner 
Coédition France Musique - Éditions Gallimard – Sortie le 24 novembre 2024
ISBN : 978-2-07-308180-3
Nombre de pages 167

Au mois de juillet 2023, France Musique diffusa une passionnante interview de Stéphane Lissner structurée en quatre parties d’une heure trente chacune et respectivement intitulées ‘La vocation du théâtre’, ‘Le Festival d’Aix-en-Provence : le théâtre à l’opéra’, ’La Scala et la voix’ et ‘Diriger l’Opéra de Paris’. Elles furent enregistrées au Teatro San Carlo di Napoli de mars à juin 2023, hormis les dix dernières minutes qui furent captées à Paris au moment où Giorgia Meloni cherchait à se séparer prématurément du directeur.

Philippe Martin, L’opéra comme aventure - Fragments d’un portrait de Stéphane Lissner - Présentation et impressions

Philippe Martin, alors jeune producteur de cinéma, découvrit au début des années 90 le travail de Stéphane Lissner au Théâtre du Châtelet. Il sera en charge de 2016 à 2021 de la direction artistique de la 3e scène, plateforme numérique de l’Opéra de Paris, et produira ensuite la série des quatre interviews du directeur menées pour France Musique.

Ce livre hommage se veut comme un complément de ces échanges dont il ne reprend que partiellement les éléments tout en ajoutant de nombreux éléments contextuels.

Ainsi, Philippe Martin commence par un hommage à Charles Dullin, metteur en scène qui s’installa en 1941 au Théâtre de la Cité, devenu depuis le Théâtre de la ville de Paris. Pensant toucher un public populaire, il finira criblé de dettes et disparaîtra en 1949 totalement ruiné.

A la même époque, Claude Regy s’était passionné pour son travail et fut marqué par la mise en scène de ‘L’Amante anglaise’ de Marguerite Duras, où le simple dialogue entre deux personnes avait su créer des images chez les spectateurs. C’est cette pièce, dirigée cette fois par Claude Régy, que découvrit à Chaillot Stéphane Lissner en 1968, alors âgé de 15 ans, qui lui donna l’envie de faire de la mise en scène. Il formera ensuite sa culture théâtrale en s’ouvrant aux influences de Robert Wilson, Klaus Michael Grüber, Jean Louis Barrault, Ariane Mnouchkine qui marqueront une rupture avec l’ancienne génération après 1968. Le théâtre devint militant.

En France, Michel Guy, créateur du Festival d’automne en 1972, fédèrera ces énergies.

Rencontre entre Ariane Mnouchkine et Stéphane Lissner (INA - 1975)

Rencontre entre Ariane Mnouchkine et Stéphane Lissner (INA - 1975)

Stéphane Lissner, mis à la porte de chez ses parents après avoir arrêté ses études, crée en plein Paris le Théâtre Mécanique. Il y invite Alain Françon, Robert Gironès, Bernard Sobel, Albert-André Lheureux, André Engel, mais il perd beaucoup d’argent et se retrouve endetté à l’âge de 22 ans de 400.000 francs! II mettra dix ans à les rembourser.

Cependant, le théâtre est devenu sa vie, et peu après il devient codirecteur du Théâtre de Nice et se met en contact avec Giorgio Strehler, puis Pina Bausch, Lucinda Childs qui viendront se produire dans la métropole méditerranéenne.

Philippe Martin brosse à ce moment là le portrait de Rolf Lieberman, un directeur d’opéra qui cherchait à réconcilier l’opéra et le théâtre, et qui a su surmonter à la fois le conservatisme du public, les limites de financement, et la difficulté à programmer des titres peu connus.

Ce portrait annonce le destin qui attend Lissner quand il sera contacté en 1983 par Jean-Albert Cartier, directeur du Théâtre du Châtelet, pour l’assister à la production des ‘Indes Galantes’. Connaissant mal l’opéra qu’il considère comme un art bourgeois et dépassé, Lissner va aimer ce genre qui mélange musique et théâtre grâce à Pierre Boulez qu’il considère comme un grand artiste contemporain.

Waltraud Meier à propos de 'Wozzeck' au Théâtre du Châtelet (INA - 1992)

Waltraud Meier à propos de 'Wozzeck' au Théâtre du Châtelet (INA - 1992)

Lissner s’intéresse peu au répertoire du XIXe siècle, hormis Wagner et le Verdi schillérien de la maturité, et se concentre sur les compositeurs du XXe siècle, Webern, Berg, Schoenberg, Kagel, Reich, Strauss, Janacek, Bartok, c’est à dire sur son époque.

Il découvre alors qu’il peut tisser un lien entre le baroque et le contemporain de par l’esprit de récréation qui anime des chefs tels William Christie ou Nikolaus Harnoncourt.

Dans le même esprit, son excellente relation avec William Forsythe permettra de sortir la danse du carcan classique.

L’aventure du Théâtre du Châtelet est l’occasion pour Philippe Martin de rappeler sa grande histoire d’amour avec l’opérette, attachée au sens de la démesure de Maurice Lehmann qui le dirigera jusqu’en 1965, et pour lequel une nouvelle page est à écrire. Stéphane Lissner va y faire ce qu’il veut, tout Mahler, mais aussi ‘Les Maîtres chanteurs de Nuremberg’ dirigé par Claude Regy, à la façon d’un Dmitri Tcherniakov d’aujourd’hui. Pour Lissner, le théâtre doit sublimer l’opéra, et s’enchaînent alors les grands succès, ‘Don Carlos’ par Luc Bondy, le ‘Ring’ par Pierre Strosser, malgré toutes les contraintes des temps de répétitions.

György Ligeti et Pierre Boulez - Théâtre du Châtelet (Bridgeman images - 1993)

György Ligeti et Pierre Boulez - Théâtre du Châtelet (Bridgeman images - 1993)

Mais la politique s’en mêle, l’opposition entre Landowski et Boulez est prégnante, le soutien du maire de la ville, Jacques Chirac, est formidable, jusqu’à la nomination de Jean Tiberi en 1995 dont la vision très différente entraînera le départ de Lissner en 1998.

Philippe Martin revient à sa propre expérience personnelle et se souvient d’avoir découvert en 1992 le livre de Michel Leiris ‘Operratiques’ qui lui suggère de prendre des notes sur les spectacles qu’il voit afin de s’en souvenir. En partageant ses notes de 1993 à 1998, il offre un témoignage sur les œuvres programmées par Stéphane Lissner au Châtelet: ‘Wozzeck’, ‘Le Ring’, Elektra’, ‘Le Grand Macabre’, ‘The Rake’s Progress’, décrivant aussi bien ce qu’il se passe sur scène que dans la salle.

Et de conclure que la mégalomanie et le goût du directeur auront fait émerger des nouvelles générations de chefs d’orchestre et de metteurs en scène. Par ce constat, Philippe Martin souligne la faille qui sépare Lissner d’une certaine frange de passionnés d’opéras qui se focalisent principalement sur la voix et le grand répertoire du XIXe siècle, plutôt que sur la force de la théâtralité et le sens des œuvres. Les amateurs de belcanto italien, dévoués à l’hédonisme vocal,  seront ses plus farouches opposants, surtout qu’à Paris ils ont la dent dure.

Stéphane Lissner au Festival d'Aix-en-Provence (Antenne 2 - 1998)

Stéphane Lissner au Festival d'Aix-en-Provence (Antenne 2 - 1998)

Au même moment qu’il est appelé au Festival d’Aix-en-Provence pour rétablir sa situation financière, Stéphane Lissner est sollicité par le Teatro Real de Madrid. Il pense pouvoir mener les deux institutions en même temps, mais il ne reste qu’un an et demi en Espagne après que le nouveau Secrétaire d’État à la culture lui ait demandé de déprogrammer ‘Peter Grimes’, perçu comme un opéra homosexuel.

Également nommé à la direction du Théâtre des Bouffes du Nord auprès de Peter Brook, il peut continuer à programmer du théâtre. ‘Le Dibbouk’ par Krzystof Warlikowski laissera en 2004 un grand souvenir artistique.
A Aix, lieu que choisit après la guerre Lily Pastré pour y donner des représentations d’opéras, Stéphane Lissner cherche à faire construire un nouveau théâtre pour y jouer ‘La Tétralogie’. La nouvelle maire élue en 2001, Maryse Joissans, le reçoit et annonce, peu après, la création d’un théâtre où l’on jouera Wagner. En 2006, le Grand Théâtre de Provence ouvre.

Stéphane Lissner y invite ses grands metteurs en scène fétiches, Claude Régy, Luc Bondy, Klaus Michael Gruber, Patrice Chéreau, Peter Brook, mais aussi de nouveaux chefs d’orchestre tel Daniel Harding. La coopération entre Pierre Boulez et la chorégraphe Pina Bausch autour du ‘Château de Barbe-Bleue’ tournera cependant à l’échec.

Puis, alors qu’il codirige également le Théâtre de la Madeleine à Paris, il reçoit au printemps 2005 un appel du vice-président de La Scala qui lui conseille de candidater à la direction du célèbre temple milanais.

Avant de passer à cette nouvelle étape, Philippe Martin publie ses mémoires des représentations d’Aix-en-Provence, ‘Don Giovanni’, ‘L’Orfeo’, ‘Le Château de Barbe-bleue’, ‘Le Couronnement de Poppée’, ‘Cosi fan tutte’, ‘L’Or du Rhin’, et mesure l’écart de sensations entre le cinéma et le genre opératique.

L'Or du Rhin - Aix en Provence (© Elisabeth Carecchio - 2006)

L'Or du Rhin - Aix en Provence (© Elisabeth Carecchio - 2006)

La nomination en avril 2005 de Stéphane Lissner à la direction de la Scala ne se fera pas sans accroches. Peter Brook soupçonne que c’est pour cette raison que son codirecteur l’a quitté en 2004 à la direction des Bouffes du Nord, Vienne ne croit pas qu’il aura le temps de s’occuper de la programmation musicale du Wiener Festwochen qu’a rejoint Lissner en appui de Luc Bondy, et la maire d’Aix lui en veut énormément, le ‘Ring’ ne devant s’achever qu’en 2009.

Loin de se plier aux attentes du public le plus conservateur, Stéphane Lissner s’empare de la Scala, lieu façonné au début du XIXe siècle par les intuitions de Domenico Barjaba, comme une magnifique machine théâtrale. Dmitri Tcherniakov, Claus Guth, Patrice Chéreau, Deborah Warner, Guy Cassiers, Robert Carsen sont invités à la mise en scène, mais c’est ici que la relation avec Daniel Barenboim s’approfondit au quotidien lorsqu’il devient le directeur musical de la maison en 2007.

La confrontation spectaculaire entre Roberto Alagna et les loggionistes au cours d’une représentation d’'Aida' montrera aussi la difficulté que représente cette scène même pour les plus grands chanteurs.

Snegourotchka (La Fille de neige) - Saison 2016 / 2017, Opéra Bastille

Snegourotchka (La Fille de neige) - Saison 2016 / 2017, Opéra Bastille

Stéphane Lissner est cependant nommé à la direction de l’Opéra de Paris en 2012, et son mandat devient effectif en 2015 pour redonner de l’élan à une institution retombée dans la routine après le départ de Gerard Mortier.
Il prolonge la collaboration avec Philippe Jordan, engage Benjamin Millepied à la direction de la danse, et est solidement appuyé par son directeur adjoint Jean Philippe Thiellay jusqu’à son départ au Centre national de la Musique.

Les spectacles sont très ambitieux, ‘Moses und Aaron’, ‘Lear’, ‘Lady Macbeth de Mzensk’, ‘Iolanta/Casse-noisette’, ‘Snegourochka’ avec les plus grands metteurs en scène, Romeo Castellucci, Krzysztof Warlikowski, Dmitri Tcherniakov, Calixto Bieito, et le succès public des ‘Indes Galantes’ mis en scène par Clément Cogitore et Bintou Dembélé est l’occasion pour Philippe Martin de rappeler le rôle de la 3e scène comme moyen de rencontre entre l’opéra et le cinéma.

L'interview ne revient pas sur la consternante polémique de la rénovation des cloisons des loges du Palais Garnier qui, à elle seule, disait tout du conservatisme forcené parisien.

Mais la maison est en ébullition et les relations avec les syndicats vont devenir très difficiles. Elles dégénèrent à l’occasion de la réforme des retraites.

L’établissement n’étant plus subventionné qu’à hauteur de 40% (contre 60% à l’époque d’Hugues Gall), la crise du covid portera un coup encore plus dur.

Stéphane Lissner prévient le Ministère de la culture en 2020 qu’il quittera l’Opéra de Paris avant la fin de l’année, ce qui précipite l’arrivée d’Alexander Neef

Stéphane Lissner au San Carlo di Napoli (Francesco Squeglia - 2020)

Stéphane Lissner au San Carlo di Napoli (Francesco Squeglia - 2020)

Dès le 29 juillet 2020, Stéphane Lissner donne son premier opéra en plein air à Naples, et Philippe Martin en décrit l’ambiance si particulière.

L’énergie de la ville séduit le nouveau directeur du San Carlo, mais la politique va s’en mêler après l’élection de Giorgia Meloni en septembre 2022.

Au moment où l’interview s’achève, Stéphane Lissner ne sait pas qu’il va gagner son procès pour rester à la direction du théâtre jusqu’à la fin de son mandat en mars 2025.

Une réflexion est engagée avec son interviewer sur les formes nouvelles de l’opéra, l’obstacle premier étant, d’après Stéphane Lissner, le nombre réduit de bons livrets susceptibles d’intéresser le public. C’est pourquoi il estime que ce sont surtout les œuvres du XXe siècle qui racontent des histoires passionnantes. Obtenir des prix de places très attractifs pour les jeunes est aussi beaucoup plus difficile que dans une Philharmonie par exemple.

Mais dans l’ensemble, le public d’opéra change difficilement en France, ce qui n’est pas le cas en Allemagne qui a opté pour la radicalité théâtrale et un modèle économique et des conventions sociales plus souples.

Philippe Martin et Stéphane Lissner au CNL (2024)

Philippe Martin et Stéphane Lissner au CNL (2024)

Ainsi, à travers ‘L’opéra comme aventure’, Philippe Martin réussit à recontextualiser le parcours exceptionnel de Stéphane Lissner pendant plus de 55 ans, et montre comment il a su catalyser à travers son travail un demi-siècle d’aventure théâtrale européenne qui, à la lumière de ce document, permet de comprendre le sens profond et les convictions fortes qui ont sous-tendu sa programmation à la direction de l’Opéra de Paris.

Le plus étonnant est que son parcours démontre qu'il s'est déroulé en parallèle et sans rencontre avec la ligne de Gerard Mortier (Lissner fit connaitre Krzysztof Warlikowski au théâtre à Paris en 2004, alors que Mortier ne le fit débuter à l'Opéra qu'en 2006), ce qui prouve qu'il n'était pas le seul à avoir cette réflexion sur la place du théâtre à l'opéra, et que toute une nouvelle génération de directeurs s'apprête dorénavant à prendre le relai. Le retour en arrière n'est dorénavant plus possible.

A écouter également les podcats de France Musique : Stéphane Lissner, fragments d'un portrait.

https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/stephane-lissner-fragments-d-un-portrait

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Publié le 28 Janvier 2024

Dans les coulisses de l’Opéra national de Paris
Un reportage de Laetitia Cénac dessiné par Laure Fissore
Editions de La Martinière – Sortie le 22 septembre 2023
ISBN : 978-2-7324-9039-7
Nombre de pages 223

Dans les coulisses de l’Opéra national de Paris – Présentation et Impressions

Depuis son arrivée anticipée à la direction de l’Opéra national de Paris, le 01 septembre 2020, en pleine crise pandémique, Alexandre Neef a eu à cœur de mettre en avant le potentiel humain de l’institution avec la même importance que sa programmation artistique.

Cela s’est d’abord concrétisé, à la demande d’une partie du personnel, par la remise du rapport sur la diversité confié à Pap Ndiaye et Constance Rivière, par le maintien de l’activité de production pendant la période de fermeture des salles au public – on se souvient d’un technicien intermittent remercier pour cela le directeur en direct sur France Musique -, la nomination de Paul Marque en tant qu’Étoile en streaming et en direct dans ce même temps, l’édition d’un DVD ‘Opéra de Paris : une saison (très) particulière’, plus généralement la mise en avant de l’activité chorégraphique et des danseurs au même niveau que l’activité lyrique, l’illustration du programme de la saison 2021/2022 avec les visages des personnels de l’Opéra, et des actions de coopérations avec l’Opéra de Santiago du Chili, le conservatoire de musique, de danse et de théâtre de Guyane, ou bien avec la villa Hegra en Arabie Saoudite.

L'Opéra de Paris à la Villa Hegra, le 17 janvier 2024 (makkahnewspaper.com)

L'Opéra de Paris à la Villa Hegra, le 17 janvier 2024 (makkahnewspaper.com)

La sortie du magnifique livre de Laetitia Cénac, grand reporter à Madame Figaro, et Laure Fissore, artiste voyageuse, intitulé ‘Dans les coulisses de l’Opéra national de Paris’, s’inscrit dans la même logique et permet de comprendre comment le travail de tous les acteurs de l’Opéra, qui emploie 1500 salariés et 250 à 300 employés surnuméraires, s’articule. 

Sur la forme, ce livre se décompose en deux rencontres, l’une avec Alexander Neef, en prologue, et l’autre avec José Martinez, en épilogue. Elles encadrent 9 chapitres qui présentent en premier lieu le déroulement de plusieurs soirées d’opéras en 2022 et 2023 (‘Cendrillon’, ‘La Bayadère’, ‘Faust’, ‘Platée’), puis tout le travail de répétition en amont sur plusieurs spectacles (‘Parsifal’, ‘La Cenerentola’, ‘Ariodante’, ‘Fin de Partie’).

Alexander Neef et José Martinez

Alexander Neef et José Martinez

Puis s’en suit une entrée en profondeur dans le travail et l’organisation des musiciens et des choristes – ils doivent assurer près de 600 services et plus de 300 spectacles par an -, qui se prolonge par une même analyse pour les 154 danseurs du Corps de Ballet, avec lesquels il faut être capable de prévoir 5 distributions pour un spectacle donné sur 20 à 25 représentations.

Vient le temps de la formation avec, d’abord, un focus sur l’Ecole de Danse installée à Nanterre depuis 1987 à la demande de Claude Bessy et sous l’impulsion de Jack Lang – en 2022, 73 garçons et 85 filles y développent leur apprentissage -, et un second focus se porte sur l’Académie créée en 2015 par Myriam Mazouzi pour parfaire la technique des futurs chanteurs professionnels – une interview de Marine Chagnon, Ramon Teobald et Victoria Sitja montre notamment l’importance de la rencontre avec les metteurs en scène -.

La Khovanchtchina

La Khovanchtchina

Nous entrons ensuite dans les métiers de l’illusion pour découvrir une foule d’ateliers et de métiers (flou, modistes, tailleurs et décorateurs de costumes, perruques, maquilleurs, cordonniers et nettoyeurs) proches des artistes puisqu’ils sont chargés de les habiller. Les équipes de Bastille puis de Garnier sont présentées en détail avec leurs particularités. Le Central costume, dirigé par Xavier Ronze, se situe à Garnier et conserve une partie des costumes du répertoire de ballet, le reste étant stocké à Berthier.

Pour tout savoir sur la construction des décors depuis leur conception jusqu’à leur mise en œuvre au cours des spectacles, un grand chapitre est dédié au plateau Bastille où l’on découvre les bureaux d’études, animés par des dessinateurs et des ingénieurs très pointus en modélisation 3D, des ateliers de peinture, des ateliers de matériaux composites - on apprend que les toiles de la dernière reprise de ‘Casse-Noisette’ ont été repeintes et que des paravents ont été refaits en composite pour gagner 30kg de charge -, les ateliers de sculpture, de menuiserie, de serrurerie (pour réaliser l’ossature des grands éléments), les tapissières, les accessoiristes – qui font la même chose que les ateliers mais en plus petit -, et les importantes équipes de machinistes (89 personnes à Bastille et 62 à Garnier) organisées pour gérer jusqu’à 3 spectacles en exploitation et 1 en répétition par semaine dans chaque établissement. Les locaux sont si gigantesques qu’un Airbus A380 pourrait se garer dans les coulisses de Bastille.

La même organisation à Garnier, où se jouent les 3/4 des ballets, est étudiée et notamment la machinerie de scène. On apprend que c’est seulement depuis 1996 que les cintres sont électrifiés (il y en a 10 et 83 porteuses de 26m de haut pour manipuler les décors).

Le central costumes - Palais Garnier (Mars 2016)

Le central costumes - Palais Garnier (Mars 2016)

Un autre passionnant chapitre décrit le fonctionnement des ateliers Berthier où sont stockés les décors de Garnier. Ces locaux ont été construits par Charles Garnier avec l’appui de Gustav Eiffel suite à l’incendie en janvier 1894 des magasins de la rue Richer. 80 % du trafic des 17 remorques spécifiquement conçues circule à destination de Garnier, car cet édifice datant du Second Empire ne permet pas de laisser passer par ses grilles les conteneurs de décors standardisés. Berthier opère donc un rôle de sas de conversion.

Plus de 6000 toiles et 60000 vêtements y sont également entreposés.
Et pour stocker son patrimoine historique composé de 16000 partitions, la Bibliothèque-Musée dirigée par Mathias Auclair joue un véritable rôle d’Institution de Conservation auprès de l’Opéra.

Charles-Edouard et Nicolas - Protocole

Charles-Edouard et Nicolas - Protocole

Enfin, un dernier chapitre est laissé à l’organisation managériale en abordant le rôle de ‘Tour de contrôle’ de Martin Ajdari, chargé de coordonner les actions découlant des décisions prises par le directeur général, celui de Jean-Yves Kaced qui a la double casquette de directeur du développement et du mécénat de l’Opéra et de directeur de l’AROP (association constituée le 8 juillet 1980 et qui aligne 23 Millions d’euros de mécénat fin 2023, soit près de 10% du budget de l’institution), ou celui de la direction administrative et financière chargée de suivre le budget de fonctionnement de 240 millions d’euros, dont 100 millions d’euros proviennent de subventions de l’État français.

Le rôle des Cercles Berlioz, Noverre, et Lully qui aident les activités lyriques et chorégraphiques est aussi essentiel.

Façade de l'Opéra Bastille

Façade de l'Opéra Bastille

Le spectateur n’est pas oublié puisqu’il est le sujet privilégié de la direction de l’Expérience spectateur et marketing (140 personnes), qui cherche à fidéliser ces 40 à 45% de spectateurs qui, chaque soir, dans la salle, viennent pour la première fois à l’opéra – on ne peut s’empêcher de sourire à ceux qui prétendent, dans le milieu artistique, journalistique ou bien des passionnés, connaître ce que veulent les spectateurs -.

Pour valoriser la programmation artistique, l’Opéra de Paris réalise par ailleurs ses propres captations et dispose de sa propre plateforme de diffusion, Paris Opera Play.

Impossible de ne pas évoquer les préparatifs de la célébration des 150 ans de l’ouverture du Palais Garnier – qui eut lieu au début de la 3e République le 05 janvier 1875 -. Un documentaire est envisagé à cette occasion, ainsi qu’un gala d’anniversaire fin janvier 2025.

Un glossaire conclusif permet de mieux comprendre le jargon du théâtre et notamment les 4 points cardinaux, cour, jardin, face, lointain, pour les quatre endroits situés respectivement à droite, à gauche, en avant et en arrière de la scène lorsque l'on est face à elle.

La Bayadère

La Bayadère

Toutes ces activités sont ainsi approfondies en faisant intervenir des interviews d’artistes invités tels Benjamin Bernheim, qui rappelle l’importance d’avoir des artistes et des metteurs en scènes en phase avec leur temps, Guillaume Gallienne, qui précise sa méthode d’écoute des œuvres, ou bien Robert Carsen pour qui l’opéra est le meilleur moyen de casser le rapport au temps.

La voix est cependant surtout laissée au personnel de l’Opéra, les inspecteurs principaux, Charles-Edouard et Nicolas, qui racontent des histoires drôles et surprenantes sur le public, les danseurs étoiles et le sens qu’ils veulent donner à leur présence, les chefs des différents services et leur multiples contraintes de planning, d’espace ou de ressources, les artistes des chœurs et leur rapport aux autres personnels – très touchante anecdote sur Mariame Clément qui avait appris par cœur les prénoms des 60 choristes de la production de ‘Cendrillon’ -, et l’on apprend mille nuances entre les différentes fonctions, entre une maîtresse de ballet et un professeur de danse, que l’on peut jouer un Mozart et un Wagner chaque soir dans les deux théâtres ou bien deux Puccini, qu’il peut y avoir chaque soir sur le plateau 300 personnes, ce qui fait le coût réel d’une production, bien plus que les décors qui, eux, sont amortis avec le temps.

Mariame Clément - Cendrillon (26 mars 2022)

Mariame Clément - Cendrillon (26 mars 2022)

Ainsi, le fait de découvrir les noms et prénoms de tous ces intervenants ainsi que leurs visages dessinés à la main en noir et blanc, de voir des scènes de vie de plateau, de travail en atelier, de réunions, ou de pauses café aux Associés, peintes en couleurs pastel, renforce l’attache affective à cette organisation humaine que chaque personne prise individuellement ne soupçonne pas forcément. Un musicien peut alors découvrir à la lecture de ce livre ce que fait un machiniste, tout comme un régisseur va découvrir les états d’âmes des danseurs, ou bien un personnel de l’accueil va prendre fait de la taille de l’activité des accessoiristes et de leurs multiples compétences.

La nécessité de sortir de l’entre-soi, de s’ouvrir le plus possible à la société, d’inclure toutes ses composantes – le programme ‘Dix mois d’École et d’Opéra’ créé en 1991 participe à ce rôle inclusif -, est véritablement saillante tout au long des échanges, une urgence depuis les crises sociale et sanitaire de 2020 et 2021.

Atelier de couture - Palais Garnier (Mars 2016)

Atelier de couture - Palais Garnier (Mars 2016)

La vision qui en ressort, riche et complexe, est celle d’une organisation aux multiples ramifications qui sont interdépendantes, et l’on se rend compte de la responsabilité écrasante de la direction du planning et de la production qui doit tout prévoir 3 ans à l’avance et avoir le meilleur état de synthèse possible de tous les projets en cours et à développer.

Et en même temps, il ne s’agit que d’extraits de deux années de vie lyrique et chorégraphique rapportés en scènes imaginées sous une forme artistique qui replace l’humain dans son rapport à la technique professionnelle. 

Absolument indispensable pour aborder la vision d’ensemble du métier de l'Opéra et en tirer une meilleure conscience.

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Publié le 9 Juillet 2023

L’art lyrique a connu en France une période prodigieusement foisonnante du milieu des années 1990 jusqu’au début de l’année 2020, avant que la vie culturelle ne soit fortement ébranlée par la pandémie mondiale que tout le monde a connu.

Que ce soit à Paris, avec la prise en main de l’opéra Bastille par Hugues Gall chargé de développer un nouveau répertoire - alors qu’en parallèle la capitale augmentait année après année son soutien au Théâtre du Châtelet sous les mandats de Stéphane Lissner et Jean-Pierre Brossmann -, ou en région où les opéras de Lyon, de Strasbourg, de Bordeaux, de Montpellier et de Nancy ont progressivement obtenus le label d’’Opéra national en région’ de 1996 à 2006, partout en France l’opéra va connaître un essor et un renouveau qui verra même apparaître de nouvelles maisons (Opéra de Massy en 1993) et de nouveaux festivals tels ceux de Sanxay ou bien Saint-Céré.

Ateliers de décors de l'Opéra Bastille

Ateliers de décors de l'Opéra Bastille

L’ouvrage dirigé par Hervé Lacombe ‘Histoire de l’opéra français – De la Belle Époque au monde globalisé’ (2022), retrace avec un sens du détail hors du commun cette évolution, si bien que l’article qui suit cherche uniquement à rendre compte, de façon très synthétique et visuelle, comment l’art lyrique est représenté aujourd’hui à travers chaque région de France.

Cette synthèse s’appuie uniquement sur les données recensées par le site de base de donnée international Operabase, qui comprend cependant quelques lacunes dont l’impact reste à la marge.

Faire ce bilan en 2023 est une façon de regarder le chemin parcouru, mais aussi de mettre en garde sur la trajectoire que va prendre dorénavant ce milieu artistique riche et fragile si les politiques publiques, étatiques et régionales, ne font pas le choix résolu de soutenir ces structures en période d’inflation, car il s’agit également de préserver un savoir faire artistique pointu acquis pas nombre de musiciens et chanteurs du territoire français, mais aussi de soutenir des qualités techniques uniques de fabricants de décors de costumes et d’accessoires qui font l’identité culturelle d’une nation.

45 maisons et festivals d’opéras en France sont ainsi considérés (voir tableau ci-dessous) sur la période 1996-2023, ce qui couvre deux fois plus de structures que celles analysées par la Réunion des Opéras de France dans leur dernier rapportObservation de l’Art Lyrique en France 2018-2020’ édité en 2022.

Une analyse de l’évolution de la programmation est également menée en identifiant deux sous-périodes, 1996-2007 et 2008-2023, un découpage pertinent surtout à Paris avec l’arrivée de Jean-Luc Choplin au Théâtre du Châtelet, qui va substituer, aux opérettes et opéras, des comédies musicales américaines, et avec l’arrivée de Jérôme Deschamps à la direction de l’Opéra Comique qui va substituer, aux opérettes programmées à outrance, le répertoire lyrique français historique de la salle Favart.

1. Les salles lyriques considérées

Le tableau ci-dessous récapitule les caractéristiques (nombre moyen de représentations par an et nombre de places proposées) des 45 salles et établissements à vocation lyrique pris en considération pour cette étude.

Région Théâtre ou Festival Soirées lyriques par an Capacité
Bretagne Opéra de Rennes 25 640
Normandie Théâtre de Caen 12 1070
Normandie Opéra de Rouen 20 1300
Hauts-de-France Opéra de Lille 25 1130
Hauts-de-France Atelier Lyrique de Tourcoing 8 210
Grand Est Opéra national du Rhin 65 1200
Grand Est Opéra national de Lorraine 30 1050
Grand Est Opéra de Metz 25 750
Grand Est Opéra de Reims 15 750
Bourgogne France Comté Opéra de Dijon 25 1375
Bourgogne France Comté Opéra-Théâtre de Besançon 10 1100
Bourgogne France Comté Festival de Beaune 6 830
Auvergne-Rhône-Alpes Opéra national de Lyon 65 1100
Auvergne-Rhône-Alpes Théâtre de l’Opérette de Lyon 8 1900
Auvergne-Rhône-Alpes Opéra de Saint-Étienne 15 1350
Auvergne-Rhône-Alpes Opéra de Clermont-Ferrand 10 600
Auvergne-Rhône-Alpes Opéra de Vichy 4 1480
Auvergne-Rhône-Alpes Festival d’Opérettes d’Aix-les-Bains 6 1300
Auvergne-Rhône-Alpes Festival d’Ambronay 2 1000
Provence-Alpes-Côte d’Azur Opéra de Marseille 30 1820
Provence-Alpes-Côte d’Azur Théâtre de l’Odéon de Marseille 8 800
Provence-Alpes-Côte d’Azur Opéra de Nice 25 1070
Provence-Alpes-Côte d’Azur Opéra de Toulon 20 1320
Provence-Alpes-Côte d’Azur Opéra d’Avignon 20 700
Provence-Alpes-Côte d’Azur Chorégies d’Orange 3 8300
Provence-Alpes-Côte d’Azur Festival d’Aix-en-Provence 35 1050
Occitanie Théâtre du Capitole de Toulouse 50 1150
Occitanie Opéra Orchestre national Montpellier 35 1000
Occitanie Festival lyrique de Lamalou-les-Bains 15 500
Occitanie Festival de Saint-Céré 12 500
Nouvelle-Aquitaine Opéra national de Bordeaux 40 1100
Nouvelle-Aquitaine Opéra de Limoges 10 1480
Nouvelle-Aquitaine Le Pin Galant de Mérignac 5 1400
Nouvelle-Aquitaine Festival de Sanxay 3 2500
Pays-de-Loire Angers-Nantes Opéra 35 750
Pays-de-Loire Opéra de Baugé 10 300
Centre Val de Loire Opéra de Tours 20 970
Île de France hors ONP Théâtre national de l’Opéra Comique 50 1200
Île de France hors ONP Théâtre de l’Athénée Louis-Jouvet 20 500
Île de France hors ONP Théâtre des Champs-Élysées 35 1900
Île de France hors ONP Théâtre du Châtelet 45 2040
Île de France hors ONP Philharmonie de Paris 7 2400
Île de France hors ONP Opéra Royal de Versailles 30 650
Île de France hors ONP Opéra de Massy 15 880
Opéra national de Paris Palais Garnier et Opéra Bastille 185 2500

Tableau 1 : Capacité moyenne et nombre de représentations moyen d’œuvres lyriques (concert ou scénique) par an pour 45 structures française entre 1996 et 2023.

2. L’offre de places de spectacles lyriques en France entre 1996 et 2023

Chaque année, 1,6 million de places de spectacles lyriques sont proposées en France. 
Dans ses deux salles principales, le Palais Garnier et l’Opéra Bastille, l’Opéra national de Paris en propose à lui seul 30% (et même 50% des places de spectacles chorégraphiques en France), et 17% supplémentaires sont apportés par les autres structures d’Île de France.

C’est donc près de 50% des places de spectacles lyriques en France qui sont proposées à 12 millions de franciliens et parisiens.

Avec Marseille, Toulon, Nice, Avignon, Orange et Aix-en-Provence, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est l’autre région très dense en propositions lyriques avec 13% de l’offre nationale, et ce sont les régions de Centre Val de Loire (Tours) et Bretagne (Rennes) qui ont l’offre la plus limitée (1% chacune de l’offre nationale), mais pas forcément la moins diversifiée comme nous le verrons plus loin.

La carte suivante rend compte de la volumétrie de l’offre lyrique par région, ainsi que de l’évolution entre 1996-2007 et 2008-2023.

Volumétrie de l’offre lyrique par région et évolution entre 1996-2007 et 2008-2023

Volumétrie de l’offre lyrique par région et évolution entre 1996-2007 et 2008-2023

On observe une légère baisse de l’offre dans 4 régions, Bourgogne Franche-Comté, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie et Nouvelle Aquitaine, mais globalement, le nombre de représentations proposées en région reste de l’ordre de 750 soirées par an.

A Paris, le nombre de représentations lyriques est passé de 340 à 370 par an, progression qui est essentiellement due à la réouverture de l’Opéra de Versailles en 2009, l’inauguration de la Philharmonie en 2015, et l’intensification des comédies musicales au Théâtre du Châtelet.

3. La composition du répertoire lyrique en France selon les régions

Entre 1996 et 2023, plus de 1330 ouvrages lyriques de la période fin XVIe siècle à 2023 ont été joués en France, dont 300 interprétés pour un ou deux soirs seulement (‘Le Vin herbé’ de Frank Martin à l’Opéra de Lyon en 2008, par exemple).

Pour donner un premier aperçu général des opéras qui sont joués en France, il est possible de distinguer les catégories suivantes : les opérettes françaises (Offenbach, Lopez, Hervé, Lecoq, Audran, Varney, Messager, Ganne …), les opéras français (du baroque au contemporain), les opéras de Mozart, les opéras des compositeurs italiens du XIXe siècle (Verdi, Puccini, Donizetti, Rossini, Bellini etc.), les opéras de Richard Wagner, les œuvres baroques allemande, italienne et anglaise, et enfin le répertoire du XXe et XXIe siècle (hors français).

La carte ci-dessous représente de manière schématique et très visuelle la répartition de ce répertoire région par région, en distinguant la période 1996-2007 et 2008-2023.

Répartition et évolution du répertoire lyrique par régions de France sur les périodes 1996-2007 et 2008-2023

Répartition et évolution du répertoire lyrique par régions de France sur les périodes 1996-2007 et 2008-2023

L’opérette française est plus ou moins présente partout en France sauf à l’Opéra national de Paris, et elle se développe à l’ouest (Bretagne, Normandie, Pays de Loire, Centre Val de Loire, Nouvelle Aquitaine) où elle peut atteindre 15% des soirées lyriques.

Dans ce prolongement, l’opéra français (baroque inclus) représente entre 15% et 25% du répertoire des maisons lyriques françaises, et c’est en Bretagne qu’il est proportionnellement bien défendu, au même niveau qu’en Île de France depuis le retour de l’opéra français à l’Opéra Comique.

Le répertoire des compositeurs italiens du XIXe siècle est naturellement une valeur sûre pour plaire au plus grand nombre, et il peut représenter de 15% (Auvergne-Rhône-Alpes) à 40% de la programmation (Centre Val de Loire avant 2008). 

En Île de France, l’Opéra national de Paris est une immense machine à propager le romantisme italien où il représente plus du tiers de la programmation, surtout depuis le passage de Stéphane Lissner à la direction générale qui pouvait programmer jusqu’à 5 œuvres de Giuseppe Verdi par saison.

En revanche, en dehors de cette grande institution nationale, seuls l’opéra de Massy et le Théâtre des Champs-Élysées accueillent à bras ouverts les Italiens du XIXe siècle au sein de la première région de France.

Wolfgang Amadé Mozart est aussi bien présent sur tout le territoire (de 7 à 15% du répertoire avec un maximum atteint de 25% au Théâtre des Arts de Rouen au cours de la période 1996-2007), et seul l’Opéra national de Paris offre aux œuvres de Richard Wagner 6% de ses soirées (la scène de l’opéra Bastille s’y prêtant magnifiquement), alors qu’en province seulement 2% des représentations lui sont consacrées.

Pour les amateurs d’opéras baroques italien, allemand et anglais, les Hauts-de-France (avec l’opéra de Lille et l’Atelier lyrique de Tourcoing), la Normandie et la Bourgogne Franche-Comté (Festival de Beaune) sont les destinations à privilégier. 14 à 18% du répertoire leur est consacré, et même 19% à 25% si l’on y ajoute le répertoire baroque français (Lully, Campra, Rameau…).

A Paris, si l’Opéra n’accorde qu’une place réduite à ce répertoire, le Théâtre des Champs-Élysées lui consacre 25% de sa programmation, et même 30% en y ajoutant le baroque français.
Quant à l’Opéra Royal de Versailles, il lui dédie 60% de sa programmation, baroque français inclus.

Enfin, l’opéra du XXe siècle et les compositeurs contemporains (hors français) sont représentés de façon très diverses sur le territoire.

Ainsi, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur lui dédie 15% de sa programmation seulement, alors que l’Île de France, hors Opéra de Paris, le Grand-Est et Auvergne-Rhône-Alpes consacrent ces dernières années jusqu’à 30% de leurs soirées à ce répertoire, en y incluant les comédies musicales américaines.

A l’Opéra de Paris, cette représentativité est plutôt en baisse ces dernières années pour atteindre 15% de la programmation depuis 2008.

4. Evolution du nombre de représentations proposées ville par ville sur la période 1996-2023

Afin de donner un petit aperçu du répertoire de chaque institution, ce chapitre donne la tendance à la hausse où la baisse de la fréquence de représentation des opéras ville par ville, et liste pour chacune d’elle les œuvres de deux saisons séparées d'une vingtaine d'années. 

8 villes en région où l’art lyrique est en expansion
Rouen, Lille, Tourcoing, Clermont Ferrand, Lyon, Saint-Étienne, Angers-Nantes et Tours sont les villes où l’opéra a nettement progressé entre les années 2000 à 2020, passant de 160 représentations à 215 représentations par an pour cet ensemble de 8 villes. 

Bien que ne disposant d’aucun opéra national en région, la façade nord-ouest de la France défend très bien l’art lyrique ainsi que sa diffusion au sein de la population.

Quelques exemples de programmations à 20 ans d’intervalle sont présentés ci-dessous, bien que certaines de ces programmations ont été altérées en cours de saison à cause de l’augmentation des coûts de fonctionnement dus à la crise énergétique.

Rétrospective sur l'offre et le répertoire de l'Art Lyrique en France de 1996 à 2023

15 villes ou institutions en région où l’art lyrique est en contraction
Metz, Beaune, Besançon, Dijon, les théâtres d’opérettes d’Aix-les-Bains et de Lyon et de Lamalou-les-Bains, Avignon, Nice, Les Chorégies d’Orange, Toulon, Montpellier, le Festival de Saint-Céré,  Bordeaux, Mérignac, sont les villes où l’opéra et l’opérette sont en phase de contraction entre les années 2000 à 2020, passant de 300 représentations à 225 représentations par an pour cet ensemble de 15 villes. Elles sont quasiment toutes situées dans le Sud de la France.

Quelques exemples de programmations à 20 ans d’intervalle sont présentés ci-dessous.

Rétrospective sur l'offre et le répertoire de l'Art Lyrique en France de 1996 à 2023

13 villes ou institutions où l’offre se maintient
Enfin, un groupe de 13 villes et institutions, Rennes, Caen, Reims, Nancy, l’Opéra du Rhin (Strasbourg, Mulhouse et Colmar), Ambronay, Vichy, le Festival d’Aix-en-Provence, Marseille, Toulouse, Limoges et les festivals de Baugé et Sanxay, reste globalement constant dans sa diversité de programmation, et porte 270 représentations d’opéras par an. 

Quelques exemples de programmations à 20 ans d’intervalle sont présentés ci-dessous.

Rétrospective sur l'offre et le répertoire de l'Art Lyrique en France de 1996 à 2023

Et en Ile de France?
La situation au sein de la capitale (Opéra de Paris, Théâtre des Champs-Élysées, Théâtre du Châtelet, Opéra Comique, Théâtre de l’Athénée …) et en Île de France (Versailles et Massy) a toujours été florissante tout au long de la période 2000-2020, avec même de nouveaux établissements tels la Philharmonie et l’Opéra Royal de Versailles qui contribuent à augmenter l’offre lyrique. 

Au cours de cette période le nombre de soirées est ainsi passé de 150 à 185 par an (hors Opéra de Paris), nombre qui est doublé si on y ajoute les 185 soirées lyriques de l’Opéra de Paris.

Seul l’Opéra Comique a réduit son nombre de représentations lorsqu’il a arrêté de représenter à la chaine plus de 50 soirées de ‘La vie parisienne’ ou de ‘La Périchole’ par an, pour se concentrer avec profondeur sur le répertoire française lyrique ou la création, alors qu’à l’inverse le Théâtre du Châtelet a abandonné sa programmation lyrique pour les comédies musicales américaines avant de traverser un passage à vide dont on entrevoit cependant l’issue depuis la nomination d’Olivier Py à sa direction.

Quant à l’Opéra de Paris, si la diversité des œuvres lyriques s’estompe un peu, la durée des séries augmente de façon à maintenir le même nombre de représentations.

Quelques exemples de programmations à 20 ans d’intervalle sont présentés ci-dessous.

Rétrospective sur l'offre et le répertoire de l'Art Lyrique en France de 1996 à 2023
Rétrospective sur l'offre et le répertoire de l'Art Lyrique en France de 1996 à 2023

5. La création contemporaine

La vitalité de la création contemporaine est très importante pour le genre lyrique, car c’est ce qui lui permet de ne pas s’enkyster dans l’image d’un art du passé. D’ailleurs, elle intéresse souvent les publics les plus novices en quête de sujets qui parlent à leur imaginaire d’aujourd’hui.

Pour en rendre compte, ce chapitre fait l’état des lieux des œuvres créées en France et dans le monde au cours de la période 1990-2023 et qui ont été jouées sur notre territoire. On compte ainsi pas moins de 336 ouvrages contemporains, dont 271 ont été joués en région, 81 en Île de France hors Opéra de Paris, et 21 à l’Opéra de Paris. Dans tous les cas, 40% des créations lyriques proviennent de compositeurs français.

Et si en Île de France la moitié des créations jouées l'ont été en région, 90% des œuvres contemporaines jouées à l’Opéra de Paris n'ont pas été représentées ailleurs en France.

La création lyrique en région
Les régions sont donc le premier vecteur de la diffusion des œuvres contemporaines, et l’on observe des variations entre les Hauts-de France, les Pays-de-Loire et le Grand-Est où ce répertoire représente de 9 à 10% des soirées (ce qui est considérable!), et le Centre Val de Loire, la Nouvelle Aquitaine, l’Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur où il ne représente que 4 à 5% des soirées.

Un constat s’impose : le sud de la France accorde deux fois moins de place à la création contemporaine que le nord de la France.

Ci dessous, sont listées les œuvres contemporaines jouées pour au moins une dizaine de soirées en région.

Les principales créations lyriques contemporaines jouées en région de 1996 à 2023

Les principales créations lyriques contemporaines jouées en région de 1996 à 2023

L’Ombre de Venceslao’, composé par Martin Matalon sur un livret de Jorge Lavelli, fut créé en 2016 à l’Opéra de Rennes et a ensuite circulé sur le territoire jusqu’au Chili et en Argentine. Il s’agit du plus grand succès en région qui, pourtant, n’a toujours pas été joué en Île de France.

Avec au moins cinq opéras créés en France, Isabelle Aboulker est une compositrice prolixe qui a à cœur de toucher la jeunesse. Son opéra pour enfant ‘Jérémy Fischer’, d’après la pièce de Mohamed Rouabhi, a été créé à l’opéra de Lyon en 2007 et été repris avec succès.

D’autres ouvrages tels ‘Schneewittchen’ de Marius Felix Lange, un autre opéra pour enfant créé à Cologne en 2011, ‘Le balcon’ de Peter Eötvös (2002), ‘Les enfants terribles’ de Philip Glass (1996), et bien sûr les opéras de Philippe Boesmans (‘Julie’, ‘Pinocchio’, ‘Wintermärchen’, ‘Reigen’) ont aussi trouvé leur public.

La création lyrique en Île de France
En Île de France, hors Opéra de Paris, le répertoire contemporain représente 7% des soirées, ce qui le situe dans la moyenne nationale. 
Ci dessous sont listées les œuvres contemporaines jouées pour au moins cinq soirées dans la première région de France.

Les principales créations lyriques contemporaines jouées en Ile de France (hors ONP) de 1996 à 2023

Les principales créations lyriques contemporaines jouées en Ile de France (hors ONP) de 1996 à 2023

Les parisiens se souviennent de ‘Monkey Journey to the West’, un opéra pop de Damon Albarn, d’après un classique de la littérature chinoise, qui fut créé au Théâtre du Châtelet en début de mandat de Jean-Luc Choplin. Un peu auparavant, ce même théâtre avait accueilli l’un des chefs-d’œuvre de Kaija Saariaho créé à Salzbourg en 2000, ‘L’Amour de loin’, sur un livret d’Amin Maalouf.

Plus récemment, la création en 2019 à l’Opéra Comique de ‘L’Inondation’ de Francesco Filidei fut un tel succès qu’il y fut repris en 2023, en coproduction avec Rennes, Angers-Nantes, Caen et Limoges et l’aide du Ministère de la Culture.

A Paris, le Théâtre de l’Athénée a accueilli beaucoup de créations de Philip Glass, ‘Les Enfants terribles’, ‘In the penal colony’, de Thomas Adès (‘Powder her face’), de George Benjamin (‘Into the Little Hill’) ou de Michael Jarrell (‘Cassandra’). 

La création lyrique à l’Opéra de Paris
Grand théâtre de répertoire, l’Opéra de Paris ne consacre que 3% de ses soirées à la création contemporaine. Gerard Mortier a beaucoup contribué à l'élargissement des portes de l’institution à ces ouvrages, puisque 6 opéras sur les 21 présentés depuis 1996 l’ont été au cours de son mandat de seulement 5 ans.

Les spectacles aux frontières de l’opéra, du rock et du théâtre y ont trouvé leur place (‘The Temptation of Saint Anthony’ de Bernice Johnson Reagon, ‘Le Temps des Gitans’ de Stribor Kusturica), Philippe Fénelon a pu produire 3 opéras de 1998 à 2010 (‘Salammbô’, ‘Faust’, ‘La Cerisaie’), et ‘K’ de Philippe Manoury et ‘Yvonne, princesse de Bourgogne’ de Philippe Boemans sont les seules créations, avec ‘Salammbô’, a avoir été reprises.

Et alors que ‘Il Viaggio, Dante’ de Pascal Dusapin fera son entrée au Palais Garnier au cours de la saison 2024-2025, la question se pose de savoir si ‘Le Soulier de Satin’ de Marc-André Dalbavie, créé en 2021, reviendra sur les planches du plus bel opéra du monde.

Les créations lyriques jouées à l'Opéra national de Paris de 1996 à 2023

Les créations lyriques jouées à l'Opéra national de Paris de 1996 à 2023

6. Un vœux pour finir

Cette petite rétrospective mêlant synthèse et détails tente de rendre compte de la place du théâtre lyrique dans la vie culturelle française, et de son évolution au cours des 25 dernières années qui a constitué une période très riche portée par un élan sans entrave. Le rôle des régions dans la diffusion des œuvres contemporaines est clairement visible.

Cet art ne peut cependant exister sans une volonté politique forte, seule apte à accorder un soutien stable, sous forme de subventions aux institutions françaises.

Représentant en France un budget de l’ordre de 600 millions d’euros (danse et concerts compris) dont 375 millions proviennent de subventions publiques (avec une disparité entre l’Opéra de Paris subventionné à 45% seulement, et les opéras en région subventionnés en moyenne à 78%), les institutions lyriques doivent dorénavant composer avec un paysage politique de moins en moins favorable (voir les exemples malheureux de Lyon ou Bordeaux), une image parfois kitsch entretenue par quelques passionnés d’un autre temps, et une image élitiste qui s’estompe cependant petit à petit par une volonté de casser les codes en salle et sur scène.

Le mécénat prend toute sa place dans leur modèle économique, mais étant plus volatile, il peut rendre les maisons d’opéras fragiles s’il se retire en cas de crise économique. Toutes ne bénéficient pas du soutien aussi indéfectible que celui accordé par la ville de Toulouse à son Théâtre du capitole, dont le budget est couvert à 90% par les subventions, ce qui le met à l’abri des vicissitudes économiques.

Vivre avec son temps est donc une priorité afin de renouveler le public, mais si l’on prend en considération que les 375 millions d’euros de subventions publiques aux théâtres lyriques et chorégraphiques ne représentent que 3,5% des 11 milliards d’euros d’aides au secteur culturel (4 milliards provenant de l’État et 7 milliards provenant des régions), on peut poser la question des conditions qui permettraient de revoir à la hausse cette participation.

Alors, en s’engageant pour plus d’innovations dans les programmes, pour plus de créations, pour plus de coopérations, et pour une diffusion plus élargie sur le territoire, ne peut-on pas souhaiter voir les aides aux établissements à vocation lyrique représenter 4% du budget culturel français d’ici 4 ou 5 ans, ce qui, concrètement, reviendrait à réévaluer les subventions de fonctionnement annuelles de l’Opéra Comique et de l’Opéra de Paris de 10 millions d’euros supplémentaires dans leur ensemble, et de 12 millions d’euros en régions?

C’est bien le vœux que l'on peut formuler pour l’avenir.

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Publié le 4 Février 2023

Les difficultés financières qui s’accumulent au cours de la saison 2022/2023 à la suite de l’épidémie de covid, aggravées par la crise énergétique (Martin Ajdari, le directeur général adjoint de l’Opéra national de Paris, relève que les dépenses énergétiques de l’institution sont passées de 1,6 M€ en 2019 à 4,1 M€ en 2022, et que ce sera encore plus en 2023)(2) , ont déjà obligé plusieurs opéras français à annuler des spectacles. C’est le cas de l’Opéra national du Rhin qui a annulé la version scénique du ‘Conte du Tsar Saltan’, et de l’Opéra national de Montpellier Occitanie qui a reporté les ‘Scènes du Faust de Goethe'.(1)

Opéra de Rouen Normandie : Une structure que le Ministère de la Culture doit soutenir en priorité

Le rapport sur la politique de l’Art lyrique en France piloté par Caroline Sonrier a par ailleurs souligné en 2021 que ‘L'écart des financements entre Paris et les régions, et l’absence d’opéra national de région à l’Ouest et au Nord de la France nécessite des rééquilibrages. La mise en place d’un nouveau label unique selon des critères simplifiés pourrait aussi permettre un élargissement et une meilleure représentation du réseau sur le territoire’(3).

Or, un autre opéra vient d’annoncer sa fermeture pour 6 semaines, à partir du 1er avril 2023, afin de préserver sa saison 2023 / 2024, l’Opéra de Rouen Normandie, la facture d’énergie ayant augmenté de 450 000 euros.

Pour bien comprendre l’importance de cette structure et sa position très particulière sur le territoire, la carte ci-dessous, élaborée lors de l’analyse du rapport de Caroline Sonrier (Analyse et réflexions à propos du rapport 2021 sur la politique de l’art lyrique en France), montre que hors de la région parisienne, les opéras nationaux en région sont tous situés dans le sud et à l’est, et qu’au nord et à l’ouest, seuls les opéras de Lille et de Rouen bénéficient du statut de Théâtre lyrique d’intérêt national, ce qui leur permet de recevoir une subvention de la part de l’État, mais plus faible que celle des opéras nationaux.

Opéra de Rouen Normandie : Une structure que le Ministère de la Culture doit soutenir en priorité

Et l’Opéra de Rouen, dirigé par Loïc Lachenal, est la seule structure du nord-ouest de la France à disposer de son propre orchestre (40 musiciens), en plus d’ateliers de costumes et de décors. Le tableau ci-dessous compare quelques éléments budgétaires et de performances de l’Opéra de Rouen à d’autres opéras nationaux en région selon le Rapport sur les Opéras en Région édité par le Ministère de la Culture en 2018(4).

  Rouen Nancy Strasbourg Montpellier Bordeaux Lyon
Budget 14 M€ 15 M€ 21 M€ 22 M€ 28 M€ 36 M€
Subventions totales 10,5 M€ 13 M€ 16 M€ 20 M€ 20 M€ 29 M€
dont subvention d'Etat 1,5 M€ 3 M€ 5 M€ 3,2 M€ 4,7 M€ 6 M€
Spectateurs 90 000 62 000 100 000 74 000 165 000 115 000
Levers de rideau 100 + 30 (tournées) 125 155 190 200 200
dont spectacles lyriques 20 à 25% 45% 55% 27% 10% 50%
ETP permanents 100 165 315 210 335 300
ETP non permanents 50 45 105 215 115 105

 

Bien que ne faisant pas partie des opéras nationaux en région, l’Opéra de Rouen est comparable à l’Opéra national de Lorraine (Nancy) avec un nombre bien plus important de spectateurs (45 % en plus). Mais le nombre de rideaux lyriques reste un peu trop faible pour être véritablement reconnu comme opéra national. 

Et pourtant, obtenir ce statut lui permettrait de voir sa subvention étatique passer de 1,5 M€ à plus de 3 M€, et donc de consolider sa structure et d’accroître à la fois son rayonnement et sa capacité de production.

L’autre particularité de l’opéra de Rouen est qu’il est le seul où la région représente plus de 75 % de l’apport en subvention, ce qui traduit l’une de ses vocations à opérer des tournées régulières dans des villes telles Evreux, Vernon, Condé-sur-Vire ou Petit-Caux.

La métropole de Rouen participe donc peu en comparaison des autres métropoles du territoire au soutien de son opéra, mais le maire, Nicolas Mayer-Rossignol, souligne qu’il y a d’autres structures à Rouen qui sont intégralement soutenues par la ville. La tension entre le conseil régional et le maire est donc accrue par ce contexte budgétaire.

L’excellente performance de rayonnement de l’Opéra de Rouen mise en rapport avec son budget (plus de 90 000 spectateurs pour 10,5 millions d’euros de subventions) et son positionnement unique dans le nord-ouest de la France justifient donc un intérêt prioritaire de la part du Ministère de la Culture afin de ne pas laisser seules la région et la ville de Rouen décider du sort d’une structure dont l’existence est sollicitée et appréciée par les habitants de la Normandie. 

Sinon, la réduction de son activité ne lui permettrait plus de répondre à une demande qui existe pourtant bien, au vu des chiffres de fréquentation rendus publics.

Addendum : le vendredi 10 février 2023, le Ministère de la Culture a annoncé qu'une rallonge de 200.000 euros était allouée à l'Opéra Rouen Normandie, et, dans la foulée, la métropole a débloqué 300.000 euros supplémentaires.

Opéras en souffrance : l'État annonce des coups de pouce (radiofrance.fr)

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Publié le 28 Août 2022

Hervé Lacombe, Histoire de l’opéra français, De la Belle Epoque au monde globalisé
Editions Fayard - Sortie le 11 mai 2022
ISBN : 978-2-213-70991-8
Nombre de pages 1520

Histoire de l’opéra français, De la Belle Epoque au monde globalisé - Présentation et impressions.

Le troisième et dernier tome de la série ‘Histoire de l’opéra français’ (mai 2022) dirigée par Hervé Lacombe en collaboration avec une centaine de chercheurs paraît après les deux premiers volumes ‘Du Consulat aux débuts de la IIe république’ (octobre 2020) et ‘Du Roi-Soleil à la Révolution’ (mars 2021), et ce qui nous touche dans cet ouvrage composé de 21 chapitres est son rôle de jonction entre le monde du passé et le monde d’aujourd’hui qu’il remplit avec beaucoup de force et une profusion de détails sur l’histoire des compositeurs, des œuvres et des institutions, inégalée à ce jour, au point qu’il rend compte de l’étendue du monde lyrique en nous faisant prendre conscience qu’il s’agit d’un univers de galaxies en expansion, alors que certains soi-disants ‘experts’ du domaine voudraient le réduire à un petit amas d’étoiles du passé perdu dans l’immensité de l’espace.

Jacques Rouché chez lui (1910)

Jacques Rouché chez lui (1910)

Sont ainsi racontés en premier lieu les prémices de la démocratisation et de la popularisation de l’opéra au cours de la IIIe République, le développement des nouvelles techniques de divertissement, le cinéma et le music-hall en particulier, le rôle des femmes dans la transmission, et les premières réflexions décentralisatrices pour encourager les créations en Province dont certaines seront reprises et primées à Paris (‘Salomé’ d’Antoine Mariotte – 1908).

Malgré la prégnance de Wagner en ce début de XXe siècle, l’implication des compositeurs français tels Debussy ou Dukas pour redécouvrir le répertoire français du passé, et l’intérêt des écrivains tels Cocteau, Gide ou Guitry pour imaginer les nouveaux livrets d’opéras, vont permettre, dans un premier temps, de donner de nouvelles formes à l’inspiration wagnériste - un focus est réalisé sur ‘Pelléas’ et Mélisande’, dont la prosodie se démarque des airs à numéros -. 

Puis, vient le succès du naturalisme musical (vérisme) en résonance avec le naturalisme littéraire (Zola), et cette recherche de nouvelles formes d’expressions se prolonge avec le groupe des six (Auric, Durey, Honneger, Milhaud, Poulenc et Tailleferre).

La grande période de Jacques Rouché à l’Opéra tente bien de limiter l’importance de Wagner, alors qu’une réflexion s’amorce sur les complémentarités entre l’institution parisienne et l’Opéra Comique au même moment que grandit l’opposition entre le Théâtre des Champs-Elysées, dépendant des mécènes, et le Théâtre du Châtelet, propriété de la ville de Paris.

L'entre Deux-Guerres voit aussi la renaissance de l’esprit d’Offenbach grâce à Reynaldo Hahn (‘Ciboulette’) et ses affinités avec André Messager, et l'ouvrage étudie également le rapport à l’exotisme au moment de l’Exposition coloniale de 1931 à travers, notamment, une étude de la commande de ‘Padmâvati’ d’Albert Roussel par Jacques Rouché.

Le retour à l’antiquité grecque (‘Oedipe’ de Georges Enesco, ‘Penélope’ de Gabriel Fauré) quand sont restaurés, dans le même temps, des sites archéologiques afin d’accueillir de grands festivals (Oranges, Nîmes) pose la question de ce que représente le néo-classicisme : ne s’agit-il pas d’un besoin de clarté tout en déformant les modèles du passé?

Cette première partie du XXe siècle démontre ainsi comment l’opéra absorbe les grands mouvements historiques et philosophiques d’une époque charnière, ce qui en fait un art vivant en perpétuel mouvement.

Le Renard - Ballet par Igor Stravinsky (1929)

Le Renard - Ballet par Igor Stravinsky (1929)

Mais vient rapidement la remise en cause de l’opéra, genre bourgeois par excellence. Et cette remise en cause est d’abord artistique avec, par exemple, la création à l’Opéra de ‘Renard’ de Stravinsky, proche du théâtre de foire. Il y a ainsi une volonté de s’échapper du genre opératique via le théâtre musical avec des œuvres telles ‘Socrate’ de Satie ou ‘L’histoire du Soldat’ de Stravinsky.

Ce qui n’empêche pas, parfois, des retours aux grands opéras, comme le démontre ‘Christophe Colomb’ de Darius Milhaud.

On découvre également l’essor des opéras en plein air et l’âge d’or des casinos français (où se jouent ‘Les Huguenots’ à Vichy, ‘Don Carlos’ et ‘Lohengrin’ à Monte-Carlo), mais qui s’essoufflent après la crise économique. 

Aux frontières, La Monnaie de Bruxelles apparaît alors comme un lieu d’élargissement possible du répertoire, à un moment où l'on parle de la disparition de la civilisation de l’Opéra, car la France néglige toujours de grandes œuvres de Strauss, Bartok ou Berg.

La crise s’avère féconde, car apparaît en filigrane des réflexions sur la nécessité de redonner toutes leurs places à la musique et à l’action. Et malgré le développement de l’opéra français aux Etats-Unis et en Grèce, son érosion est sensible.

Le chercheur Rémy Campos fait ainsi un constat sévère : ‘Le répertoire français n’est dès lors plus qu’une machine à nourrir la nostalgie d’auditeurs âgés en voie de disparition’.

En effet, en 1946, l’architecte et décorateur André Boll publie ‘La Grande Pitié du théâtre lyrique’ sur le délabrement du genre et l’impossibilité de le faire évoluer. Après la Seconde Guerre mondiale, l’avant garde, de Brecht à Boulez, rejette l’opéra. Et même Patrice Chéreau, en 1974, ne craint pas d’affirmer : ‘Quand je vois le public d’opéra que j’ai appris à découvrir, je me rends compte que ces gens me sont étrangers, sont la plupart d’une inculture saisissante, que je n’ai rien à leur dire, que je ne veux rien avoir à leur dire’.

« Domaine privé », Rolf Liebermann (prod. François Serrette / France Musique 1995) ©Getty

« Domaine privé », Rolf Liebermann (prod. François Serrette / France Musique 1995) ©Getty

Au cours des années 50 à 70, l’État laisse donc l’Opéra de Paris s’affaiblir. Tout un chapitre décrit alors le détail des subventions aux opéras, les aides à la création, la réorganisation des mandats des directeurs, les collaborations, le mécénat, la recherche sonore et l’Ircam, les librettistes (femmes notamment), et même les inspirations de films cultes.

Un historique passionnant de la R.T.L.N de 1944 à 1972 est développé pour comprendre les rôles du ministère et des directeurs sur cette période, leurs réflexions sur l’avenir de l’institution et les oppositions qu’ils rencontrent, les drames, jusqu’à l’arrivée de Rolf Liebermann. Les mandats des directeurs suivants, et particulièrement les mandats de Pierre Bergé, Hugues Gall, Gerard Mortier et Stéphane Lissner, sont étudiés, et il en va de même pour l’Opéra Comique, le Théâtre des Champs-Elysées et le Théâtre du Châtelet.

Sont également présentées les structures qui s’organisent à l’échelle nationale ou européennes telles la Réunion des Opéras de France (ROF), le club Opera Europa, FEDORA, ainsi que celles destinées à encourager la création (ENOA, MEDINEA).

Puis, plus d’une centaine de pages sont consacrées à l’historique des 24 structures d’opéras en régions et aux opéras de Versailles, de Massy et de Monte-Carlo. Il s’agit d’un voyage là aussi passionnant sur les rapports des villes et des régions à leurs opéras, les sensibilités des directeurs, l’évolution des salles, les changements de goût du public, qui fait prendre conscience qu’il y eut des hauts mais aussi des bas dont ces maisons se sont toujours sorties un jour où l’autre quand la volonté politique a prévalu.

Les festivals ne sont pas oubliés, dont celui de Vichy (1952-1963), mais, sauf erreur, les festivals populaires de Sanxay et de Saint-Céré, ainsi que le festival baroque de Beaune auraient mérité d’être présentés.

La création est abordée sous deux angles, l’innovation (Zimmermann) et la déconstruction (Nono), et aussi sur le rapport aux sources littéraires. Une large ouverture est offerte à des compositeurs qui sont une découverte même pour les passionnés d’opéras qui parcourent l'ouvrage. ‘Saint-François d’assise’ d’Olivier Messiaen apparaît finalement comme un aboutissement.

Tous les grands compositeurs des années 90 sont également évoqués (Hersant, Manoury, Dusapin, Fénélon ..), leurs styles musicaux comme les sujets qu’ils explorent avec une grande diversité, ce qui permet de dépasser la défiance exprimée par les avant-gardistes après la Seconde guerre mondiale.

Et effectivement, impossible de ne pas contempler à l’issue de cette partie le chemin parcouru en si peu de temps à l’échelle de la vie de l’opéra.

Philip Glass (compositeur) et Robert Wilson (metteur en scène)

Philip Glass (compositeur) et Robert Wilson (metteur en scène)

Mais l’ouvrage revient aussi sur la redécouverte du répertoire baroque dans les années 90 après le choc d’’Atys’ de Lully par les Arts Florissants en 1986, et sur l’accélération de l’intégration du répertoire français de l’Opéra Comique au répertoire de l’Opéra de Paris à partir des années 1970.

Puis, l’accueil tardif des œuvres russes, tchèques et surtout anglo-saxonnes (Britten, Philip Glass et son ‘Einstein on the Beach’) est présenté comme un mouvement qui recoupe les évolutions musicales que connaît la France à ce moment là.
Dans le prolongement des compositeurs des années 90, cinq compositeurs contemporains (Boesmans, Eötvös, Saariaho, Raskatov et Benjamin) sont analysés dans toute la verve de leur esprit, leurs techniques, et leurs lieux de découverte.

Et l’exploration du genre s’étend aux limites du théâtre musical, de la comédie musicale et de la programmation ‘jeune public’ jusqu’à son insertion dans la musique de cinéma.

Puis, la réflexion revient sur les plus récentes architectures (Bastille, Lyon …) sans omettre les défauts, et opère une plongée dans le monde numérique qui devient le nouveau support incontournable de l’opéra comme moyen de diffusion, mais aussi de création et d’ouverture sur le monde (‘La 3e scène' de l’Opéra de Paris).

Un des thèmes les plus importants de l’ouvrage à propos de l’évolution de la mise en scène d’opéra est confié à Isabelle Moindrot qui lui consacre pas moins de 80 pages. Les évolutions techniques (machineries, lumières, décors, costumes, espaces scéniques) sont détaillées et démontrent que de ce progrès découlent naturellement les évolutions et la modernisation des mises en scène, mais pas seulement. 

L’arrivée de metteurs en scène qui accordent de l’importance au sens profond des textes des œuvres, à la musique qui éclaire le texte, et à la vérité des gestes, bouscule le regard sur ces mêmes œuvres. Toutes les dimensions, y compris la langue des ouvrages, sont analysées, et les qualités théâtrales de certains grands chanteurs sont aussi mises en valeurs.

Et, à nouveau, l’opéra apparaît comme un art qui peut révéler et explorer des dimensions inconnues de l’art, ce que propose Robert Wilson avec sa gestuelle qui possède un univers propre qui croise les différents plans de la musique comme s’il s’agissait d’ouvrir des espaces multi-dimensionnels à l’infini pour rendre compte de la complexité des sens de la vie.

Isabelle Moindrot rappelle à juste titre que la mise en scène comprend deux parties, l’organisation de l’action scénique, d’une part, et le point de vue interprétatif, d’autre part. Cette seconde dimension, inhérente au théâtre, ne peut être niée, et, de fait, la mise en scène va permettre à l’opéra de se dégager des soupçons qui pèsent sur lui depuis près d’un siècle, et de le replacer dans le monde d’aujourd’hui.

Krzysztof Warlikowski (metteur en scène)

Krzysztof Warlikowski (metteur en scène)

Enfin, la relation à la presse est abordée par l’énumération des revues papiers depuis Lyrica (1925-1940) à Opéra Magazine (depuis 2005) et Avant Scène Opéra, et sont aussi présentés tous les grands sites numériques français (ainsi que leurs créateurs) à dominante lyrique qui se sont imposés auprès du grand public et des professionnels (Forum Opera, Opera Online (et son célèbre critique Dominique Adrian, alias 'MusicaSola' sur twitter), ResMusica, Olyrix), consultés tous les mois par des milliers de lecteurs – sans oublier de citer, bien que localisé en Suisse, le site de Guy Cherqui, Wanderersite, toujours d’une haute précision dans ses analyses -, qui permettent ainsi de croiser les points de vue et d’avoir la vision la plus large possible sur ce genre toujours sous le feu des préjugés.

Le dernier chapitre, un peu prématuré, tente de tracer une analyse de six grandes scènes internationales au début du XXIe siècle sur une période un peu trop courte (2005 à 2015 seulement) et compare différents modèles économiques et de répertoire, toutes ces maisons ayant en commun un besoin important de financements publics ou privés pour finalement se consacrer à un répertoire dominé par le XIXe siècle.

Et l’on retient surtout à la fin de cette seconde décennie du XXIe siècle que s’il y a bien un vieillissement du public, celui-ci est général et concerne aussi le public rock, si bien que l’on peut voir avec optimisme les politiques pour les jeunes qui commencent à porter leurs fruits, et d’envisager avec le sourire l’avenir de l’opéra.

Véritablement, cet ouvrage est une ode à l’opéra et à toutes ses contradictions qui permet d’asseoir les fondements d’un genre qui n’a pas fini de se diffuser et de se transformer.

Et le jeudi 20 octobre 2022, Hervé Lacombe s'est vu remettre au Théâtre des Champs-Elysées le prix Georges Bizet pour 'Histoire de l’opéra français, De la Belle Epoque au monde globalisé', prix qui récompense le meilleur livre d'Opéra de l'année. Dans la catégorie Danse, c'est Hugo Marchand qui a été récompensé à la même occasion pour son libre 'Danser'.

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Publié le 20 Juillet 2022

L’article ci-dessous présente le récapitulatif des Grands Prix de la Musique décernés par le Syndicats de la Critique depuis 1964 ainsi que les Prix de la Création musicale française (ou Création musicale par défaut) depuis 1984.

L'Opéra de Paris en récolte 24 (dont 5 au titre de la Création) sur 89 au total.

On remarque cependant que l'Opéra de Paris aura eu 6 prix (parmi ceux du Grand Prix et de La Création musicale) au cours des 9 ans de mandat d'Hugues Gall (1995-2004), 3 prix sous les 5 ans de Gerard Mortier (2004-2009), 1 prix la première saison de Nicolas Joel (2009-2014), et ensuite plus rien pendant 12 ans jusqu'à la première saison d'Alexander Neef (2021-2022) pour Œdipe de George Enescu.

L'histoire du Syndicat Professionnel de la Critique Théâtre, Musique et de la Danse, depuis le Cercle de la Critique musicale (1877) qui devint après la seconde Guerre mondiale le Syndicat professionnel de la critique dramatique et musicale, peut être consultée sous le lien ci-dessous: 

http://associationcritiquetmd.com/historique/

Répétition de Wozzeck au Palais Garnier (1963) - direction musicale Pierre Boulez (C) INA

Répétition de Wozzeck au Palais Garnier (1963) - direction musicale Pierre Boulez (C) INA

Grands Prix Musique du Syndicat de la Critique (depuis 1964)

1963/1964 Wozzeck (Alban Berg), direction musicale Pierre Boulez, mise en scène Jean-Louis Barrault (Opéra de Paris)
1963/1964 Zoroastre (Jean-Philippe Rameau / Claude Arrieu), direction musicale Manuel Rosenthal, mise en scène Henri Doublier et Michel Rayne (Opéra Comique)
1964/1965 Non décerné
1965/1966 Non décerné
1966/1967 La Walkyrie (Richard Wagner), direction musicale George Sébastian, mise en scène Peter Lehmann d'après Wieland Wagner (Opéra de Paris )
1967/1968 Turandot (Giacomo Puccini), direction musicale Georges Prêtre, mise en scène Margherita Wallmann (Opéra de Paris)
1968/1969 Lulu (Alban Berg), direction musicale Manuel Rosenthal, mise en scène Louis Ducreux (Opéra Comique)
1969/1970 La Périchole (Jacques Offenbach), direction musicale Jean-Claude Casadesus, mise en scène Maurice Lehmann (Théâtre de Paris)
1970/1971 Non décerné par manque de votants.
1971/1972 Non décerné par manque de votants.

Reprise des Noces de Figaro mis en scène par Giorgio Strehler au Palais Garnier (1980) (C) INA

Reprise des Noces de Figaro mis en scène par Giorgio Strehler au Palais Garnier (1980) (C) INA

1972/1973 Les Noces de Figaro (Wolfgang Amadé Mozart), direction musicale Georg Solti, mise en scène Giorgio Strehler (Opéra de Paris)
1973/1974 Elektra (Richard Strauss), direction musicale Karl Böhm, mise en scène August Everding (Opéra de Paris)
1974/1975 Le Barbier de Séville (Gioachino Rossini), direction musicale Diego Masson, mise en scène Luca Ronconi (Théâtre Musical d'Angers à l'Odéon)
1975/1976 Idoménée (Wolfgang Amadé Mozart), direction musicale Diego Masson, mise en scène Jorge Lavelli (Théâtre Musical d'Angers au Théâtre des Champs-Élysées)
1976/1977 Einstein on the beach (Robert Wilson et Philip Glass), interprété par le Philip Glass ensemble, mise en scène Bob Wilson (Festival d'Avignon et Festival d'Automne / Salle Favart)
1977/1978 Porgy and Bess (George Gershwin), direction musicale John DeMain, mise en scène Jack O'Brien (Opéra de Houston, au Palais des Congrès)
1978/1979 Lulu (Alban Berg), direction musicale Pierre Boulez, mise en scène Patrice Chéreau ( Opéra de Paris)
1979/1980 Le clou de Monsieur Louis (Françoise Adret et Florence Mothe), mise en scène de Paul-Émile Deiber (Mai de Bordeaux)

Résurrection d'Atys mis en scène par Jean-Marie Villégier à la salle Favart (2011) (C) Pierre Grosbois

Résurrection d'Atys mis en scène par Jean-Marie Villégier à la salle Favart (2011) (C) Pierre Grosbois

1980/1981 Le Grand Macabre (Gyorgy Ligeti), direction musicale Elgar Howarth, mise en scène Daniel Mesguich (Opéra de Paris).
1981/1982 La Tragédie de Carmen (Georges Bizet- adaptation Marius Constant, Jean-Claude Carrière et Peter Brook), mise en scène Peter Brook (Théâtre des Bouffes du Nord).
1982/1983 Les Boréades (Jean-Philippe Rameau), création mondiale, direction musicale John Eliot Gardiner, mise en scène Jean-Louis Martinoty (Festival d'Aix-en-Provence).
1983/1984 Moïse et Pharaon (Gioachino Rossini), direction musicale Georges Prêtre, mise en scène Luca Ronconi (Opéra de Paris).
1984/1985 L'Opéra de Nice (directeur Pierre Médecin) pour l'ouverture de l'Acropolis et l'ensemble de sa programmation.
1985/1986 Non décerné.
1986/1987 Atys (Jean-Baptiste Lully), direction musicale William Christie, mise en scène Jean-Marie Villégier (Arts florissants, Opéra de Paris, Comunale de Florence, Opéra Montpellier)
1987/1988 Katia Kabanova (Leoš Janáček), direction musicale Jiri Kout, mise en scène Götz Friedrich (Opéra de Paris).
1988/1989 Guillaume Tell (Gioachino Rossini), direction musicale Paolo Olmi, mise en scène Pier Luigi Pizzi (coproduction Théâtre des Champs-Élysées et Opéra de Nice)

Saint François d'Assise mise en scène par Peter Sellars (1992)

Saint François d'Assise mise en scène par Peter Sellars (1992)

1989/1990 The Fairy Queen (Henry Purcell), direction musicale William Christie, mise en scène Adrian Noble ( Festival d'Aix-en-Provence.)
1990/1991 Faust (Charles Gounod), direction musicale Michel Plasson, mise en scène Nicolas Joël (Le Capitole de Toulouse, aux Chorégies d'Orange)
1991/1992 Wozzeck (Alban Berg), direction musicale Daniel Barenboïm, mise en scène Patrice Chéreau (Théâtre du Châtelet).
1992/1993 Saint François d'Assise (Olivier Messiaen), direction musicale Sylvain Cambreling, mise en scène Peter Sellars (Opéra de Paris)
1993/1994 La Femme sans ombre (Richard Strauss), direction musicale Christoph von Dohnanyi, mise en scène Andreas Homoki (Grand Théâtre de Genève et Théâtre du Châtelet)
1994/1995 La Petite renarde rusée (Leoš Janáček), direction musicale Charles Mackerras, mise en scène Nicholas Hytner (Théâtre du Châtelet.)

Reprise de Billy Budd mise en scène par Francesca Zambello (2010)

Reprise de Billy Budd mise en scène par Francesca Zambello (2010)

1995/1996 Billy Budd (Benjamin Britten), direction musicale Gary Bertini, mise en scène Francesca Zambello (Opéra de Paris)
1996/1997 Wozzeck (Manfred Gurlitt), direction musicale Bruno Ferrandis, mise en scène Marc Adam (Théâtre des Arts de Rouen et Théâtre de Caen)
1997/1998 Lulu (Alban Berg), direction musicale Dennis Russell Davies, mise en scène Willy Decker (Opéra de Paris)
1998/1999 Orfeo (Claudio Monteverdi), direction musicale René Jacobs, mise en scène et chorégraphie Trisha Brown (Festival d'Aix-en-Provence et à la Monnaie de Bruxelles)
1999/2000 La Guerre et la Paix (Serge Prokofiev), direction musicale Gary Bertini, mise en scène Francesca Zambello (Opéra de Paris)

Anna Caterina Antonacci dans Les Troyens mise en scène par Yannis Kokkos (2003)

Anna Caterina Antonacci dans Les Troyens mise en scène par Yannis Kokkos (2003)

2000/2001 La Belle Hélène (Jacques Offenbach), direction musicale Marc Minkowski, mise en scène Laurent Pelly (Théâtre du Châtelet)
2001/2002 Les Noces de Figaro (Wolfgang Amadé Mozart), direction musicale René Jacobs, mise en scène Jean-Louis Martinoty (Théâtre des Champs-Elysées)
2002/2003 Juliette ou la clé des songes (Bohuslav Martinů), direction musicale Marc Albrecht, mise en scène Richard Jones (Opéra de Paris)
2003/2004 Les Troyens (Hector Berlioz), direction musicale John Eliot Gardiner, mise en scène Yannis Kokkos (Théâtre du Châtelet)

Tristan und Isolde mis en scène par Peter Sellars et Bill Viola (2004)

Tristan und Isolde mis en scène par Peter Sellars et Bill Viola (2004)

2004/2005 Tristan et Isolde (Richard Wagner), direction musicale Esa-Pekka Salonen, mise en scène Peter Sellars et Bill Viola (Opéra de Paris)
2005/2006 Julie (Philippe Boesmans), direction musicale Kazushi Ono, mise en scène Luc Bondy (La Monnaie, Festival d'Aix en Provence)
2006/2007 Candide (Leonard Bernstein), direction musicale John Axelrod, mise en scène Robert Carsen (Théâtre du Châtelet)
2007/2008 De la maison des morts (Leoš Janáček), direction musicale Pierre Boulez, mise en scène Patrice Chéreau ( Festival d'Aix-en-Provence)
2008/2009 Lady Macbeth de Mzensk (Dmitri Chostakovitch), direction musicale Hartmut Haenchen, mise en scène Martin Kusej (Opéra de Paris)
2009/2010 Werther (Jules Massenet), direction musicale Michel Plasson, mise en scène par Benoît Jacquot (Opéra de Paris)
2010/2011 Le Crépuscule des Dieux (Richard Wagner), direction musicale Marko Letonja, mise en scène David McVicar (Opéra National du Rhin)
2011/2012 Katia Kabanova (Leoš Janáček), direction musicale Irène Kudela, mise en scène André Engel (Théâtre des Bouffes du Nord - Fondation Royaumont)
2012/2013 Written on skin (George Benjamin), direction musicale George Benjamin, mise en scène Katie Mitchell (Festival d’Aix-en-Provence, Co-production internationale dont l’Opéra Comique à la rentrée 2013)
2013/2014 Dialogues des carmélites (Francis Poulenc), direction musicale Jérémie Rhorer, mise en scène Olivier Py (Théâtre des Champs-Élysées)
2014/2015 Dardanus (Jean-Philippe Rameau), direction musicale Raphaël Pichon, mise en scène Michel Fau (Opéra de Bordeaux)

Œdipe mis en scène par Wajdi Mouawad (2021)

Œdipe mis en scène par Wajdi Mouawad (2021)

2015/2016 L'Orfeo (Luigi Rossi), direction musicale Raphaël Pichon, mise en scène Jetske Mijnssen (Opéra de Nancy)
2016/2017 Pelléas et Mélisande (Claude Debussy), direction musicale Louis Langrée, mise en scène Eric Ruf (Théâtre des Champs-Élysées)
2017/2018 Le Domino Noir (Daniel-François Esprit Auber), direction musicale Patrick Davin, mise en scène Valérie Lesort et Christian Hecq (Opéra Comique – Paris, Opéra Royal de Wallonie – Liège)
2018/2019 Beatrix Cenci (Alberto Ginastera), création française, direction musicale Marko Letonja, mise en scène Mariano Pensotti (Opéra National du Rhin).
2019/2020 Ercole Amante (Francesco Cavalli), direction musicale Raphaël Pichon, mise en scène Valérie Lesort et Christian Hecq (Opéra Comique – Paris, Château de Versailles Spectacles, Opéra National de Bordeaux )
2020/2021 Non décerné.
2021/2022 Oedipe (George Enescu), direction musicale Ingo Metzmacher, mise en scène Wajdi Mouawad (Opéra de Paris)
2022/2023 Manru (Ignacy Jan Paderewski), direction musicale Marta Gardolińska, mise en scène Katharina Kastening (Opéra national de Lorraine) & L’Annonce faite à Marie (Philippe Leroux), direction musicale Guillaume Bourgogne, mise en scène Célie Pauthe (Angers Nantes Opéra)
2023/2024 Guercoeur (Alberic Magnard), direction musicale Ingo Metzmacher, mise en scène Christof Loy (Opéra National du Rhin)
2024/2025 Don Giovanni (Wolfgang Amadé Mozart), direction musicale Julien Chauvin, mise en scène Jean-Yves Ruf (Production ARCAL - Compagnie nationale de théâtre lyrique et musical en coproduction avec l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet et l'Opéra de Massy)
2024/2025 Il Nome della Rosa (Francesco Filidei), direction musicale Ingo Metzmacher, mise en scène Damiano Michieletto (Production Scala de Milan en coproduction avec l'Opéra National de Paris et la Fondazione Teatro Carlo Felice di Genova)

Saint François d’Assise mise en scène par Sandro Sequi (1983)

Saint François d’Assise mise en scène par Sandro Sequi (1983)

Prix Musique Création Française du Syndicat de la Critique (depuis 1984)

1983/1984 Saint François d’Assise (Olivier Messiaen), direction musicale Seiji Ozawa, mise en scène Sandro Sequi (Opéra de Paris)
1984/1985 Répons (Pierre Boulez), direction musicale Pierre Boulez, l’Ensemble Intercontemporain (Rencontres de Metz et au Centre Pompidou)
1985/1986 Non décerné
1986/1987 Le Rapt de Perséphone (André Bon), livret de Dominique Fernandez, direction musicale Jérôme Kaltenbach, mise en scène Pier Luigi Pizzi (Opéra de Nancy)
1987/1988 Messe “Cum Jubilo” (Gilbert Amy), direction musicale Peter Eötvös, création par l’Orchestre de Paris et les BBC Singers
1988/1989 Le Maître et Marguerite (York Höller), direction musicale Lothar Zagrosek, mise en scène Hans Neuenfels (Opéra de Paris)

Le Château des Carpathes (Philippe Hersant) - 1989

Le Château des Carpathes (Philippe Hersant) - 1989

1989/1990 La Noche triste (Jean Prodromidès), direction musicale Arturo Tamayo, mise en scène Antoine Bourseiller (Opéra de Nancy)
1990/1991 Le Mystère de l’instant (Henri Dutilleux), direction musicale Paul Sacher, Collegium Musicum de Zürich
1991/1992 Non décerné
1992/1993 Haro pour orchestre (Pascal Dusapin), Festival Présences 93 de Radio-France
1993/1994 Le Château des Carpathes et Concerto pour violoncelle (Philippe Hersant)
1994/1995 Le Quatuor n°5 et la partition de l’opéra Schliemann (Betsy Jolas)
1995/1996 Non décerné

Perelà l’homme de fumée (Pascal Dusapin) mise en scène par Peter Mussbach (2003)

Perelà l’homme de fumée (Pascal Dusapin) mise en scène par Peter Mussbach (2003)

1996/1997 GO-gol (Michaël Levinas), mise en scène Daniel Mesguich, (Festival Musica de Strasbourg, Opéra de Montpellier et l’IRCAM)
1997/1998 The Shadows of Time (Henri Dutilleux), direction musicale Seiji Ozawa, Boston Symphony Orchestra (Théâtre des Champs-Élysées)
1998/1999 Sur incises (Pierre Boulez), direction musicale Pierre Boulez, Solistes de l’Ensemble Intercontemporain
1999/2000 Quatre chants pour franchir le seuil (Gérard Grisey), texte de la poétesse grecque Erinna (Ve siècle av. J.C.), Ensemble Intercontemporain
2000/2001 'K' (Philippe Manoury), direction musicale Dennis Russell Davies, mise en scène André Engel (Opéra de Paris)
2001/2002 Concerto pour trompette et orchestre et Tanzfantaisie pour trompette et orgue (Thierry Escaich)
2002/2003 Perelà l’homme de fumée (Pascal Dusapin), direction musicale James Conlon, mise en scène Peter Mussbach (Opéra de Paris)
2003/2004 Les Nègres (Michaël Levinas), direction musicale Bernard Kontarsky, mise en scène Stanislas Nordey (Opéra de Lyon)

Mireille Delunsch dans Yvonne, Princesse de Bourgogne (Philippe Boesmans) mis en scène par Luc Bondy (2009)

Mireille Delunsch dans Yvonne, Princesse de Bourgogne (Philippe Boesmans) mis en scène par Luc Bondy (2009)

2004/2005 Avis de Tempête (Georges Aperghis), direction musicale Georges Octors, mise en scène Georges Aperghis (Opéras de Lille, Nancy, Festival Agora)
2005/2006 Faust (Pascal Dusapin), direction musicale Jonathan Stockhammer, mise en scène Peter Mussbach (Staatsoper Unter den Linden, Opéra de Lyon)
2006/2007 Concerto pour piano et orchestre (Thierry Pécou), direction musicale John Nelson, pianiste Alexandre Tharaud, Ensemble Orchestral de Paris (Théâtre des Champs-Élysées)
2007/2008* Lady Sarashina (Peter Eötvös), direction musicale Peter Eötvös, mise en scène Ushio Amagatsu (Opéra de Lyon Festival Musiques en scène)
2008/2009* Yvonne, Princesse de Bourgogne (Philippe Boesmans), direction musicale Sylvain Cambreling, mise en scène Luc Bondy (Opéra de Paris)
2009/2010 Non décerné

Polieukt (Zygmunt Krauze) mise en scène par Jorge Lavelli (2011)

Polieukt (Zygmunt Krauze) mise en scène par Jorge Lavelli (2011)

2010/2011 The second women (Frédéric Verrières), direction musicale Jean Deroyer, Ensemble Court Circuit, mise en scène Guillaume Vincent (Théâtre des Bouffes du Nord)
2011/2012* Polieukt (Zygmunt Krauze), direction musicale Ruben Silva, mise en scène Jorge Lavelli (Théâtre du Capitole de Toulouse)
2012/2013 Claude (Thierry Escaich), livret de Robert Badinter, direction musicale Jérémie Rhorer, mise en scène Olivier Py (Opéra national de Lyon)
2013/2014* Cœur de chien (Alexander Raskatov), direction musicale Martin Brabbins, mise en scène Simon McBurney (Opéra national de Lyon)
2014/2015 Penthesilae (Pascal Dusapin), direction musicale Franck Ollu , mise en scène Pierre Audi (Théâtre Royal de La Monnaie, Opéra National du Rhin)

Pinocchio (Philippe Boesmans) mise en scène par Joël Pommerat (2017)

Pinocchio (Philippe Boesmans) mise en scène par Joël Pommerat (2017)

2015/2016 Maria Republica (François Paris), direction musicale Daniel Kawka, mise en scène Gilles Rico (Angers/ Nantes Opéra)
2016/2017* UM (Zad Moultaka), direction musicale Philippe Nahon, Ensemble Ars Nova et Neue Vocalsolisten de Stuttgart (Commande de l’Ircam Georges Pompidou/Festival d’Ile-de-France et Ars Nova Instrumental)
2017/2018* Pinocchio (Philippe Boesmans), direction musicale Emilio Pomarico, mise en scène Joël Pommerat (Festival d’Art Lyrique d’Aix en Provence, Théâtre Royal de La Monnaie de Bruxelles)
2018/2019 Trois Contes (Gérard Pesson), livret et mise en scène David Lescot, direction musicale Georges-Elie Octors, Ensemble Ictus (Création mondiale Opéra de Lille Mars 2019, Coproduction avec les opéras de Rouen, Rennes et Angers/Nantes)
2019/2020* Concerto pour piano n°3 "Fragments de mémoire" (Zygmunt Krauze), direction musicale de Wilson Hermanto, piano Zygmunt Krauze (Festival d’Automne de Varsovie et Orchestre national de Metz)
2020/2021 Non décerné
2021/2022* Words and music (Pedro Garcia Velasquez), musique de scène pour la pièce éponyme de Samuel Beckett (production L’Aurore Boréale et l’Ensemble Le Balcon – Athénée Louis-Jouvet, ENS Paris-Saclay)
2022/2023 Non décerné
2022/2023 Le Chant de la terre, de Laurent Cuniot et l’ensemble TM+
2023/2024 Non décerné
2024/2025 Le Magnificat (Geoffroy Drouin), direction musicale Léo Warynski, Ensemble Les Métaboles (Collège des Bernardins)

* Prix Création musicale

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Publié le 15 Juillet 2022

Mise à jour le 22 juillet 2025

L'article qui suit, initié en juillet 2016 et mis à jour chaque année, au début de l'été, après l'annonce des nouvelles saisons, propose de donner un aperçu du répertoire de quelques grandes maisons d'opéra, en les comparant non sur le nombre absolu de représentations, mais sur l'importance relative des œuvres où des compositeurs dans ces maisons.

Ces 7 maisons sont l'Opéra de Paris, la Monnaie de Bruxelles, le Bayerische Staatsoper de Munich, la Scala de Milan, le Royal Opera House Covent-Garden de Londres, l'Opéra de Vienne et le New-York Metropolitan Opera.

Elles sont choisies pour leur célébrité, mais également parce qu'elles mettent à disposition du grand public leurs archives.

Leur répertoire est donc analysé sur la période 1973 à nos jours, c'est à dire sur la période de renouveau initiée par Rolf Liebermann au début des années 1970.

Répertoire comparé de grandes maisons d'opéra de Paris à New-York

Toutefois, les données disponibles sur l'Opéra de Munich ne couvrent pas le XXième siècle et débutent en 2001; les informations ne sont donc que partielles.

Ces maisons ayant présenté, chacune, entre 160 et 300 œuvres différentes sur cette période de 50 ans, nous nous limitons à afficher, ci-dessous, la liste des œuvres les plus jouées et qui couvrent 50% de la programmation. 

Plus la liste est longue (près de 50 œuvres à Bruxelles, mais seulement 20 à New-York), plus elle traduit une grande variété et une grande équité dans le choix des œuvres.

Par ailleurs, les annulations provoquées par la pandémie de covid-19 en 2020 et 2021 sont prises en compte à partir des informations qui ont pu être relevées.

Pour visualiser ce tableau en grande dimension, cliquez dessus.

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La Monnaie de Bruxelles

Avec seulement 80 représentations par an, le Théâtre Royal de la Monnaie de Bruxelles est une maison où le répertoire y est le plus diversifié, des compositeurs  baroques aux compositeurs contemporains. L'un des signes de cette diversité est que les compositeurs italiens représentent moins d'un tiers de la programmation.

Elle est la seule qui place Wolfgang Amadé Mozart comme compositeur le plus joué devant Giuseppe Verdi, 'La Flûte Enchantée' et 'Cosi fan tutte' en tête. Mais la Monnaie fait honneur à 'Falstaff', l'ultime ouvrage du compositeur italien, situé dans les 15 premiers.

Puccini est 2 fois moins donné qu'ailleurs - 'La Bohème' et 'Tosca' ne font pas partie des 5 premiers titres -, et les répertoires véristes et belcantistes sont peu représentés.

Benjamin Britten (7ième compositeur de la maison!) est donc plus joué que Gaetano Donizetti, et, par ailleurs, Leos Janacek, Claudio Monteverdi et Igor Stravinsky le sont plus que n'importe quel compositeur français (même 'Les Contes d'Hoffmann' sont relativement peu montés, la production de 2019 par Krzysztof Warlikowski l'ayant remis sur le devant de la scène belge). La Monnaie de Bruxelles est aussi le seul opéra au monde où les deux chefs-d'œuvre lyriques d'Alban Berg, 'Wozzeck' et 'Lulu', font parmi des 50 ouvrages les plus interprétés.

Le répertoire baroque, avec 'L'Orfeo', 'Le Couronnement de Poppée', 'Didon et Enée' et 'La Calisto' qui font eux aussi partie des 50 premiers titres représentés, trouve  ainsi dans cette salle un écrin idéal.

Et nulle autre maison n'accorde une telle place à 'Pelléas et Mélisande', œuvre dont le livret est de Maurice Maeterlinck, écrivain belge.

Une rareté, 'Cendrillon' de Massenet, est particulièrement bien mise en avant - alors que 'Manon' est étrangement absente - , et les œuvres du musicien belge Philippe Boesmans sont plus représentées que celles de Christoph Willibald Glück.

Il y a une petite surprise pour Rossini, dont le 'Turc en Italie' rivalise avec 'Le Barbier de Séville', car le compositeur italien est relativement moins joué que dans le reste du monde.

Enfin, 'Arabella', 'Les Vêpres siciliennes', 'Ernani', 'Andrea Chénier' et 'La Fille du régiment', mais aussi 'Billy Budd', restent absents du répertoire.

Plus de 320 œuvres ont été jouées sur cette scène depuis 1973.

 

La Scala de Milan

Même si aucune autre maison ne fait autant la part belle aux compositeurs italiens (soit 60% de la programmation) - Giuseppe Verdi, Giacomo Puccini et Gioacchino Rossini égalent ou dépassent Mozart (La Scala est la seule grande maison lyrique où 'La Flûte enchantée' ne fait pas partie des 10 titres les plus interprétés),- , peu savent que la Scala de Milan laisse une place importante aux œuvres rares ('Cherevichki' de Tchaikovski 'La Fiancée du Tsar' de Rimski-Korsakov, 'Donnerstag aus Licht' de Stockhausen, 'Pierrot lunaire' de Schönberg, 'Le Joueur' de Prokofiev …), malgré un rythme de programmation modeste (moins de 100 représentations par an).

La part du répertoire anglo-saxon (3,5%) est, par exemple, deux fois plus élevée qu'à Paris, Vienne ou Munich, et aussi importante qu'à New-York.

Benjamin Britten est donc le 8ième compositeur le plus joué, ex-aequo avec Vincenzo Bellini (I Puritani ne sont plus joués depuis plus de 50 ans), et aucune autre maison n'accorde 1% de ses représentations au 'Wozzeck' d'Alban Berg, néanmoins au détriment de 'Lulu'.

Et si la Scala n'est pas un Opéra qui encense Richard Strauss et Richard Wagner, le 'Fidelio' de Beethoven y jouit cependant d'une excellente popularité.

Enfin , Giuseppe Verdi est le compositeur phare - 24 de ses 28 opéras ont été interprétés au moins une fois depuis 1973 -, et, par conséquent, la Scala est le lieu idéal pour réentendre 'I Lombardi alla Prima Crociata' ou 'I Due Foscari'.

Ne manquent que 'Alzira' et 'Il Corsaro' (jamais joués), 'La Battaglia di Legnano' (joué de décembre 1961 à janvier 1962 uniquement) et 'Aroldo' (jamais joué).

Près de 280 œuvres ont été représentées sur cette scène depuis 1973.

Œuvres représentant 50% de la programmation à Bruxelles, Milan, Paris et Munich de 1973 à 2026

Œuvres représentant 50% de la programmation à Bruxelles, Milan, Paris et Munich de 1973 à 2026

L'Opéra National de Paris

Avec plus de 180 représentations d'opéras par an, la programmation de l'Opéra National de Paris est unique car elle est la seule, et c'est tout à fait naturel, à accorder un quart de ses soirées lyriques au répertoire français.

'Carmen', 'Les Contes d'Hoffmann' et 'Faust' sont donc dans les quinze premiers, et 'Pelléas et Mélisande', 'Manon, 'Werther', 'La Damnation de Faust' et 'Samson et Dalila' sont fréquemment joués. Et depuis l'arrivée d'Alexander Neef à la direction de l'institution, les ouvrages de Jules Massenet ('Cendrillon', 'Manon', 'Don Quichotte', et dans une future saison 'Werther') y sont deux fois plus représentés qu'auparavant.

Ces deux dernières décennies auront également vu le triomphe de 'Platée' de Jean-Philippe Rameau dans la production de Laurent Pelly, le meilleur exemple du passage à la postérité d'une œuvre issue du répertoire de l'Académie Royale de Musique du XVIIIème siècle, ainsi que le retour des ouvrages de Glück ('Iphigénie en Tauride' et 'Orphée et Eurydice').

'Les Noces de Figaro' de Mozart, resté pendant 40 ans l'opéra le plus représenté grâce à Liebermann, est dorénavant rejoint par les scènes parisiennes et interstellaires de 'La Bohème'. Mais depuis la saison 2016/2017, c'est 'La Flûte enchantée' qui est l'opéra le plus interprété avec plus de 250 représentations. 'Les Noces de Figaro' n'a cependant pas dit son dernier mot puisque l'œuvre bénéficie d'une nouvelle production depuis 2021 mise en scène par Netia Jones.

Et à l'instar de la Monnaie de Bruxelles, la popularité de 'La Clémence de Titus' y est bien meilleure que dans les grandes maisons de répertoire.

Et bien que le baroque soit surtout l'apanage du Théâtre des Champs-Elysées, Georg Friedrich Haendel place 2 de ses ouvrages parmi les 50 premiers titres, 'Giulio Cesare' et 'Alcina' - ce qui est un fait rare pour une grande maison de répertoire -, et 'Ariodante' fait dorénavant partie des 100 premiers titres avec l'arrivée prochaine, en avril 2023, de la production de Robert Carsen.

Côté italiens, Puccini est contenu (moins de 10% du répertoire), sous l'effet du passage de Gerard Mortier à la direction de l'institution, mais, étrangement, 'La Traviata' de Verdi ne fait partie des dix premiers que depuis 2019, juste devant 'Rigoletto' qui est un ouvrage emblématique de l'histoire de l'Opéra de Paris depuis plus d'un siècle.

Par ailleurs, 'Don Carlo(s)' s'installe durablement comme le troisième opéra de Giuseppe Verdi le plus joué dans la maison où il fut créé dans sa version parisienne de 1867.

Leos Janacek est également un compositeur bien représenté, puisqu'il porte 2% du répertoire, ce qu'aucune autre maison, à part La Monnaie, ne lui concède, mais 'Jenufa' n'a jamais été joué en version originale à l'Opéra de Paris.

En revanche, quelques grands piliers des maisons de répertoire, 'Turandot' - mais depuis l'entrée au répertoire en 2021 de la production de Robert Wilson, l'ultime chef-d'œuvre de Puccini s'impose sur la scène Bastille -, 'Aïda', 'I Pagliacci/Cavalleria Rusticana'  et 'Fidelio' sont plus modestement représentés, et 'Le Turc en Italie' n'est toujours pas programmé.

Belle reconnaissance pour 'Boris Godounov' de Modest Moussorgsky qui dure depuis un siècle.

Près de 240 œuvres sont jouées sur cette scène depuis 1973.

Répertoire comparé de grandes maisons d'opéra de Paris à New-York

Le Bayerische Staatsoper de Munich

Avec 190 représentations par an, l'Opéra d'Etat de Munich est l'un des pilier des grandes maisons d'opéras.

Richard Wagner (9% du répertoire) y est autant représenté que Giacomo Puccini, le seul cas parmi les 7 maisons étudiées ici. 'Le Vaisseau Fantôme' est donc 15eme du classement et 'Lohengrin' n° 17.

Et ce sont naturellement les opéras de Mozart en langue allemande 'Die Zauberflöte' et 'Die Entführung aus dem Serail' qui occupent le haut de la programmation, même si l'on observe une baisse récente de ce second ouvrage à l'affiche.

Dans la même logique, 'Hansel und Gretel' d'Humperdinck est placé dans les 5 premiers, et 'Fidelio' , 'Die Fledermaus''Ariane à Naxos' et 'Arabella' font très bonne figure.

Par ailleurs, l'Opéra de Munich a eu la particularité de jouer régulièrement deux références du bel canto romantique italien, 'Roberto Devereux' et 'Norma', par la seule présence indéfectible d'Edita Gruberova.

Et si aucun opéra de Haendel n'apparait parmi les 50 premiers titres, pas moins de 11 ouvrages ont été programmés ces 25 dernières années dont 'Ariodante', 'Giulio Cesare', 'Rinaldo', mais aussi 'Xerxes', 'Rodelinda' ou 'Saul', 'Alcina' étant en revanche moins joué qu'ailleurs, malgré sa renommée.

Giuseppe Verdi, compositeur italien le plus prolifique, reste encore et toujours le musicien le plus joué, bien que 'Simon Boccanegra' souffre le plus de la concurrence du répertoire allemand et que la 'Traviata' et 'Un Ballo in Maschera' soient surreprésentés. Mais Gioachino Rossini n'est plus que le 7ème compositeur de la maison.

Et Munich est un lieu qui défend bien le répertoire tchèque (Prague n'étant situé qu'à 380 km de la capitale bavaroise) à travers 'La Fiancée vendue' (Smetana), 'Rusalka' (Dvorak), 'La Dame de Pique' (Tchaïkovski), 'La petite renarde rusée' et 'Jenufa' (Janacek). Cependant,  'Katia Kabanova' n'a pas encore trouvé la place que l'ouvrage mérite, ce que la nouvelle production de Krzysztof Warlikowski prévue en mars 2025 devrait contribuer à réparer, 25 ans après celle de David Pountney (1999-2001).

Quant au répertoire français, il ne trouve grâce qu'en 'Carmen', n°7, les deux opéras suivants, 'Werther' et 'Les Contes d'Hoffmann', se trouvant autour de la 55e position. Seul 'Dialogues des Carmélites', dans la production de Dmitri Tcherniakov, est particulièrement bien défendu en cette maison (plus joué que 'Faust' et 'Roméo et Juliette' de Gounod).

Œuvres représentant 50% de la programmation à Paris, Londres, Vienne et New-York de 1973 à 2026

Œuvres représentant 50% de la programmation à Paris, Londres, Vienne et New-York de 1973 à 2026

Le Royal Opera House Covent-Garden de Londres

Le Covent Garden est l'opéra dont la programmation s'approche le plus de celle du Metropolitan Opera de New-York : 21% pour Verdi, 16% pour Puccini, 11% pour Mozart, 7% pour Wagner.

C'est la seule maison à placer 4 œuvres de Puccini, dont 'Turandot', dans les 10 premiers, et à soutenir 'La Fanciulla del West' (n°41) au même niveau que la Scala de Milan. Par ailleurs, il s'agit probablement de la seule maison au monde capable de placer 'La Rondine' en 64eme position.

Mais Richard Strauss dépasse cependant Gioacchino Rossini car les deux gros tubes du compositeur italien, 'Le Barbier de Séville' et 'La Cenerentola', sont un peu mois joués que dans d'autres maisons, surtout que 'L'Italienne à Alger' est fortement négligé.

Peu d'originalité visible dans le grand répertoire - à l'exception de 'Gotterdammerung' et 'Die Meistersinger von Nuremberg' , opéra de Wagner les plus joués -, le ROH offre cependant 7,5% de ses représentations aux compositeurs anglo-saxons, Benjamin Britten ('Peter Grimes', 'A Midsummer Night's Dream', 'Billy Budd', 'The Rape of Lucretia'), Michael Tippett ('Midsummer Marriage'), Thomas Adès ('The Tempest'), Harrison Birtwistle, George Benjamin ('Picture a day like this', 'Written on skin', 'Lesson in love and violence'), Mark-Anthony Turnage ('Anna Nicole'), et Irlandais, John Browne ('Babette's Feast').

Et dans le répertoire français, 'Faust' de Gounod occupe une excellente 20e place, et l'on peut même remarquer la présence d'œuvres rares, telles 'Chérubin' de Massenet ou bien 'L'Africaine' de Meyerbeer.

Le Royal Opera House a joué plus d'une soixantaine d’œuvres sur un soir ou deux, mais seules 200 œuvres ont été jouées sur 3 soirées ou plus ces cinquante dernières années.

 

L'Opéra de Vienne

L'Opéra de Vienne est un théâtre de répertoire qui joue 250 représentations d'opéras par an.
Giuseppe Verdi est à nouveau le compositeur le plus joué (17%), suivi par Wolfgang Amadé Mozart (13%), Giacomo Puccini et Richard Strauss (11% chacun), et Richard Wagner (9%), soit plus de 60% de la programmation centrée sur ces 5 seuls compositeurs.

La grande originalité est de placer 'Der Rosenkavalier' dans les 6 premiers titres, et de le rendre aussi populaire que 'La Bohème'.

'Salomé' et 'Fidelio' apparaissent également dans les 12 premiers, mais, à présent, moins de 25 ouvrages représentent plus de 50% des soirées.

Et comme il s'agit bien de la maison de Richard Strauss, tous ses opéras y sont plus joués qu'ailleurs, 'Ariane à Naxos' et 'Arabella' profitant le plus de ce privilège.

Assez étrangement, 'Cosi fan tutte' de Mozart n'a pas véritablement la faveur de la maison, et il est ainsi rejoint par 'Andrea Chénier' de Giordano, qui est l'exemple le plus remarquable d'œuvre vériste nettement mise en avant.

En revanche, la quasi absence de Gluck au répertoire, 12 représentations d''Iphigénie en Aulide', 9 d''Alceste', et 5 d''Armide' en 50 ans, est profondément étrange.

170 œuvres ont été jouées sur cette scène depuis 1973, et, en moyenne, une seule œuvre rare est nouvellement montée chaque saison. L'arrivée de Bogdan Roščić à la direction de l'institution depuis 2020 devrait cependant fortement contribuer à la modification profonde du visage de l'institution, d'autant plus que son mandat vient d'être reconduit jusqu'en 2030.

Répertoire comparé de grandes maisons d'opéra de Paris à New-York

Le New-York Metropolitan Opera

Disposant d'une salle unique de 3700 places et de 240 représentations par an, le Metropolitan Opera se concentre sur les piliers du répertoire, au point que 20 ouvrages seulement couvrent 50% de la programmation (Verdi et Puccini en tête).

Les compositeurs italiens dominent (53% du répertoire), parmi lesquels le diptyque 'I Pagliacci/Cavalleria Rusticana' est bien représenté, et Mozart tient encore 10% du répertoire.

Quelques grands absents se font remarquer, 'I Capuleti ei Montecchi' de Bellini, 'Saint-François d'Assise' de Messian, 'L'Amour des 3 oranges' de Prokofiev, 'La petite Renarde rusée' de Janacek, 'Alcina' de Haendel, Alceste' de Glück, 'L'Orfeo' et 'Le Couronnement de Poppée' de Monteverdi, 'Le Turc en Italie' de Rossini.

Mais 'Romeo et Juliette' de Charles Gounod est plus joué que 'Faust', et se situe dans les 30 premiers.

Par ailleurs, une part du grand répertoire de l'Opéra de Paris du XIXème siècle ('Samson et Dalida', 'Thais', 'Le Prophète', 'Le Siège de Corinthe', 'Esclarmonde') est mieux représentée qu'à Paris même.

Belle percée également pour 'Porgy & Bess', 'La Gioconda' et 'Ernani'.

Cependant, si 56 d'ouvrages sont donnés à New-York mais pas à Paris - tels 'Ernani', 'Rodelinda', 'Rinaldo', 'Death in Venice', 'Les pêcheurs de perles', 'Anna Bolena' ou 'Stiffelio' -, à l'inverse, 113 œuvres lyriques ont été jouées dans la capitale française mais pas à New-York.

Au total, 180 œuvres ont été représentées sur cette scène depuis 1973.

 

Conclusion

La comparaison des répertoires de ces sept maisons permet de dégager 50 ouvrages répartis en trois groupes :

Le premier comprend 11 incontournables qui sont  : Bohème (La), Tosca, Traviata (La), Zauberflöte (Die), Nozze di Figaro (Le), Don Giovanni, Carmen, Madama Butterfly, Barbiere di Siviglia (Il), Rigoletto, Cosi fan tutte.

Le second comprend 16 œuvres à dominante verdienne très fréquemment jouées : Aida, Rosenkavalier (Der), Ballo in maschera (Un), Turandot, Elisir d'amore (L'), Trovatore (Il), Don Carlo(s),Otello, Entführung aus dem Serail (Die), Lucia di Lammermoor, Contes d'Hoffmann (Les), Cenerentola (La), Salomé, Falstaff, Fidelio, Simon Boccanegra.

Le troisième comprend 23 ouvrages à dominante wagnérienne régulièrement programmés dans les maisons de répertoire : Fliegende Holländer (Der), Fledermaus (Die), Elektra, Eugène Onéguine, Macbeth, Lohengrin, Faust, Ariadne auf Naxos, Walküre (Die), Parsifal, Boris Godounov, Manon Lescaut, Tristan et Isolde, Werther, Nabucco, Wozzeck, Forza del destino (La), Manon, Pagliacci (Il)/Cavalleria Rusticana, Pelléas et Mélisande, Meistersinger von Nürnberg (Die), Idomeneo, Don Pasquale.

L'originalité d'une programmation se mesure alors à la capacité que peut avoir une institution à s'écarter de ce répertoire type, sachant que l'Italie, l'Allemagne, l'Autriche et la France, les quatre terres natales des compositeurs les plus joués, privilégient les œuvres de leurs auteurs nationaux.

On remarque également que plus le nombre de représentations d'une maison d'opéra augmente et dépasse les 200 spectacles pas an, moins elle tend à diversifier son répertoire, ce qui est le grand paradoxe de cette étude.

L'Opéra National de Paris apparaît donc, jusqu'à présent, comme l'une des maisons qui recherche le meilleur équilibre entre répertoire solide et élargissement vers de œuvres moins connues, et il faut souhaiter que cela se poursuive.

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