Articles avec #onp tag

Publié le 23 Septembre 2021

Concert inaugural de Gustavo Dudamel
Concert du 22 septembre 2021
Palais Garnier

Carmen (George Bizet - 1875)
Prélude, « L’amour est un oiseau rebelle » , « La fleur que tu m’avais jetée », « Les voici, voici la quadrille… »  Clémentine Margaine, Matthew Polenzani, Chœur

Ainadamar (Osvaldo Golijov - 2003)
« Mariana, tus ojos » Ekaterina Gubanova, Marie-Andrée Bouchard-Lesieur

La vida breve (Manuel de Falla - 1913)
Danse du deuxième tableau (Chœurs)

Peter Grimes (Benjamin Britten - 1945)
Four Sea Interludes, n. 4 « Storm »

Doctor Atomic (John Adams - 2005)
“Batter my heart” Gerald Finley

Lohengrin (Richard Wagner - 1850)
Prélude de l’acte I

Der Rosenkavalier (Richard Strauss - 1911)                     Jacquelyn Wagner
Trio et duo final Jacquelyn Wagner, Gerald Finley, Ekaterina Gubanova, Sabine Devieilhe

Falstaff (Giuseppe Verdi - 1893)
Scène finale « Alto là ! Chi va là » Gerald Finley, Jacquelyn Wagner, Sabine Devieilhe, Marie-Andrée Bouchard-Lesieur, Clémentine Margaine, Matthew Polenzani, Tobias Westman, Kiup Lee, Timothée Varon, Aaron Pendleton

Direction musicale Gustavo Dudamel
Chef de Chœur Ching-Lien Wu 

Chœurs et Orchestre du Théâtre National de l'Opéra de Paris
Maîtrise des Hauts-de-Seine

Une fois passé l’impressionnant dispositif de sécurité lié à la présence du couple présidentiel venu assister au concert inaugural de Gustavo Dudamel, le nouveau directeur musical de l’Opéra de Paris pour les six ans à venir, le Grand Escalier du Palais Garnier se découvre sous ses décorations florales multicolores où les couples aiment à se photographier.  

Gustavo Dudamel

Gustavo Dudamel

L’effervescence est assez particulière, et il devient possible d’admirer les différents espaces de ce joyaux architectural sous des éclairages inhabituels qui rehaussent les couleurs des pierres et des mosaïques, mais qui jettent aussi une ombre sur le plafond du monumental escalier.

Le programme présenté ce soir réserve ses originalités à sa première partie où, après des extraits de Carmen joués sur un rythme vif et un parfait équilibre des timbres, et chantés par Clémentine Margaine dans une tessiture très sombre et un peu introvertie, et Matthew Polenzani, à l’inverse, avec une approche très claire et légère qui atténue la nature complexe de Don José, la musique d'essence hispanique se diffuse sur une scène lyrique où elle est habituellement peu présente.

Ekaterina Gubanova (Margarita) - Ainadamar

Ekaterina Gubanova (Margarita) - Ainadamar

L’extrait d’Ainadamar, opéra qu’avait monté Gerard Mortier en 2012 à Madrid dans une mise en scène de Peter Sellars, fait entendre les chants de jeunes filles au cours d’une représentation de la pièce de Lorca, Mariana Pineda, jouée au Teatro Solis de Montevideo.

Le chœur, bien que masqué, se fond aux rythmes de congas et aux traits ambrés des cuivres dans une atmosphère voluptueuse et envoûtante où Ekaterina Gubanova et Marie-Andrée Bouchard-Lesieur joignent une présence discrète à ce moment voué à la mémoire du jour où la pièce fut créée.

Ici, se révèle aussi le goût de Gustavo Dudamel pour la magnificence poétique des vents.

Concert inaugural (Gustavo Dudamel – Opéra de Paris) Palais Garnier

Puis, c’est jour de mariage à Grenade quand enchaîne l'une des danses de La Vida Breve de Manuel de Falla, de l’enjouement folklorique tenu avec style, cuivres fortement sollicités, qui laisse poindre une envie de fête et qui prépare à  l’élan endiablé et claquant avec lequel l’interlude « Storm » de Peter Grimes va être mené pour nous conduire vers le répertoire Anglo-saxon.

Gerald Finley (J. Robert Oppenheimer) - Doctor Atomic

Gerald Finley (J. Robert Oppenheimer) - Doctor Atomic

Grand moment de chant clamé vers les hauteurs de la salle avec un superbe timbre fumé, Gerard Finley fait honneur à l’écriture de John Adams dont il s’est approprié l’esprit depuis la création de Doctor Atomic à l’Opéra de San Francisco en 2005 dans une mise en scène de Peter Sellars

Les ondoyances mystérieuses et pathétiques de la musique se dissipent magnifiquement, et ce grand passage dramatique annonce aussi les prochains débuts du compositeur américain sur la scène de l’Opéra de Paris, peut-être avec cette œuvre.

Sabine Devieilhe (Sophie) et Ekaterina Gubanova (Octavian) - Der Rosenkavalier

Sabine Devieilhe (Sophie) et Ekaterina Gubanova (Octavian) - Der Rosenkavalier

La seconde partie de la soirée est totalement dédiée à trois compositeurs majeurs du répertoire, Richard Wagner, Richard Strauss et Giuseppe Verdi.

L’ouverture de Lohengrin est une splendeur de raffinement où les tissures des cordes se détachent avec une finesse d’orfèvre à laquelle la rougeur des cuivres se mêle pour donner une chaleur à une interprétation de nature chambriste. Elle est suivie par un déploiement majestueux, beaucoup plus ample, dans le final du Chevalier à la rose.

Gustavo Dudamel devient le maître des miroitements straussiens et de l’imprégnation du temps, et les quatre solistes, Jacquelyn Wagner, Gerald Finley, Ekaterina Gubanova et Sabine Devieilhe, forment une union subtilement recherchée qui magnifie cette ode au temps passé.

Chœurs et Orchestre de l'Opéra de Paris salués par l'ensemble des solistes

Chœurs et Orchestre de l'Opéra de Paris salués par l'ensemble des solistes

Et dans la fugue finale de Falstaff, le chef d’orchestre fait résonner la verve acérée de Verdi avec des traits de serpes cuivrées insolemment fougueux et se met au service d’une équipe d’une unité inspirante car sans artifice.

C’est une image extrêmement humble qu’aura donné ce soir Gustavo Dudamel, rejoint au salut final par la chef de chœur Ching-Lien Wu après l’interprétation d’une Marseillaise galvanisante, et l’accueil bouillonnant et émouvant du public présent en témoigne.

Le Grand Lustre, surmonté du Plafond de Marc Chagall qui fut inauguré le 23 septembre 1964.

Le Grand Lustre, surmonté du Plafond de Marc Chagall qui fut inauguré le 23 septembre 1964.

Concert à revoir en intégralité et gratuitement sur la plateforme l'Opéra chez soi de l'Opéra national de Paris.

Voir les commentaires

Publié le 14 Septembre 2021

Iphigénie en Tauride (Christoph Willibald Gluck - 1779)
Répétition générale du 11 septembre et représentations du 14 et 29 septembre 2021

Palais Garnier

Iphigénie Tara Erraught
Oreste Jarrett Ott
Pylade Julien Behr
Thoas Jean‑François Lapointe
Diane Marianne Croux
Une femme grecque Jeanne Ireland
Un Scythe Christophe Gay
Iphigénie (comédienne) Agata Buzek

Direction musicale Thomas Hengelbrock
Mise en scène Krzysztof Warlikowski (2006)
Décors et costumes Małgorzata Szczęśniak

Lumière Felice Ross
Vidéo Denis Guéguin
Chorégraphie Claude Bardouil
Orchestre et Chœurs de l’Opéra national de Paris

Immense succès dès sa création à l’Académie royale de musique le 18 mai 1779, la version d’Iphigénie en Tauride par Christoph Willibald Gluck fit partie des 3 titres les plus joués de l’institution française jusqu’à la Révolution pour atteindre sa 400e représentation au bout de 50 ans.

Puis, elle s’effaça du répertoire pendant un siècle.

Jarrett Ott (Oreste) et Tara Erraught (Iphigénie)

Jarrett Ott (Oreste) et Tara Erraught (Iphigénie)

C’est au directeur Georges Auric qu’Iphigénie en Tauride doit son retour durable sur la scène de l’Opéra de Paris lorsqu’il donna l’ouvrage en 1965 avec de prestigieux artistes français, Régine Crespin, Robert Massard et Guy Chauvet.

Puis, en 2006, la production confiée par Gerard Mortier à Krzysztof Warlikowski devint un marqueur important de l’institution car elle introduisait nombre d’éléments contemporains pour raconter de façon poignante et horrifique l’histoire d’une femme qui avait perdu sa famille à en souffrir de solitude.

Iphigénie en Tauride (Erraught – Ott - Hengelbrock - Warlikowski) Garnier

Mais alors que seuls des ensembles sur instruments anciens tels Les Musiciens du Louvre-Grenoble, le Balthasar Neumann Ensemble ou bien le Freiburger Barockorchester interprétaient régulièrement à Garnier les œuvres de Gluck, c’est lors de la reprise d'Iphigénie en Tauride en décembre 2016 que l’on entendit à nouveau le son de l’Orchestre de l’Opéra de Paris dans un opéra du compositeur allemand, sous la direction de Bertrand de Billy.

C’est encore le cas pour la reprise de ce soir qui est confiée à un chef d’orchestre spécialiste du répertoire baroque et classique, Thomas Hengelbrock.

Tara Erraught et Agata Buzek (Iphigénie)

Tara Erraught et Agata Buzek (Iphigénie)

Dès l’entrée dans la salle, la présence du rideau semi-réfléchissant, derrière lequel vont être rejoués les souvenirs enfouis du passé d’Iphigénie, permet de créer des points de vue inédits sur les loges du Palais Garnier qui se réfléchissent à sa surface. A l’arrière scène, des zones d’ombres se devinent, et les décorations des balcons sont rehaussées par des lumières chaudes pour mieux se refléter dans le grand miroir.

Et à l’occasion de cette nouvelles séries de représentations, deux grands artistes internationaux font leurs débuts sur la scène de l’Opéra des Paris, Tara Erraught et Jarrett Ott.

Tara Erraught (Iphigénie)

Tara Erraught (Iphigénie)

La mezzo-soprano irlandaise est déjà bien connue au Bayerische Staatsoper et au Metropolitan Opera où elle a incarné Angelina dans La Cenerentola de Rossini, personnage de Conte de fées qu’elle aura l’occasion d’incarner à Bastille au printemps prochain, dans une autre vision de Cendrillon, celle de Jules Massenet.

Portée par une direction musicale qui se révèle d’emblée enjôleuse, puis tonique, et qui engendre un tapis musical progressivement souple et tendu vers le le déroulé de l’action, elle dépeint la personnalité d’Iphigénie à travers une intense ligne de chant mélodramatique dont le soyeux des tissures, aérées et énergiques, s’allient naturellement aux timbres orchestraux.

Agata Buzek (Iphigénie)

Agata Buzek (Iphigénie)

Et tout, dans l’émotion du regard, renvoie une image tendre, empathique et généreuse dans son rapport à ses partenaires.

C’est donc quand elle incarne l’Iphigénie jeune – la production fait jouer à Iphigénie deux âges très différents de sa vie – qu’elle crée instinctivement une totale concordance avec l’être qu’elle joue sans la moindre froideur.

L’attention portée au phrasé est sensible, mais le maintien harmonieux du souffle et les variations de couleurs ont la primauté.

Pantomime du meurtre de Clytemnestre par Oreste

Pantomime du meurtre de Clytemnestre par Oreste

Et elle s’approprie complètement l’univers complexe et exigeant créé par Krzysztof Warlikowski, même si elle n’a pas le détachement dépressif qu’exprime par effet miroir Agata Buzek – une actrice de confiance, compatriote du metteur en scène, qui apparaît régulièrement dans plusieurs de ses pièces de théâtre, Phèdre(s), Les Français, On s’en va – avec laquelle elle partage les inversions de rôles entre Iphigénie et son double.

Car la force de cette production est d’entrelacer différents univers temporels et de dégager une beauté visuelle fantasmatique même pour les scènes les plus perverses.

Le rideau semi-transparent permet de créer des reliefs ombrés sur le corps de l’acteur qui rejoue le matricide de Clytemnestre par Oreste, le souvenir du sacrifice d’Iphigénie en Aulide refait surface sous forme de scène quasi-subliminale, et la vidéo finale qui domine le geste sacrificiel d’Iphigénie est fascinante avec ce corps de dragon qui s’imprime en serpent sur le visage projeté de le jeune femme au moment où Diane s’apprête à pardonner à Oreste son crime.

Jarrett Ott (Oreste) et Julien Behr (Pylade)

Jarrett Ott (Oreste) et Julien Behr (Pylade)

L’Oreste de Jarrett Ott est par ailleurs absolument splendide, un mordant de fauve redoutable, une fougue virile qui dramatise sa présence tout en préservant l’intégrité vocale et ses clartés suaves. Il n‘est pas étranger à cette production, car Viktor Schoner, intendant de l’opéra de Stuttgart et ancien adjoint de Gerard Mortier, l’a aussi intégrée à son répertoire, ce qui a permis au chanteur américain de s’y confronter.

Et même si Alexander Neef reprend la production que Stéphane Lissner avait programmée il y a un an en pleine expansion de la pandémie avant d’être finalement reportée, nul doute qu’il soit particulièrement fier et heureux de débuter son mandat avec pareil symbole.

Jarrett Ott (Oreste) et Julien Behr (Pylade)

Jarrett Ott (Oreste) et Julien Behr (Pylade)

Auprès de Jarrett Ott, Julien Behr est un fort touchant Pylade. Doué d’une sincérité et d’une finesse de timbre mozartienne, ombrée et légèrement voilée, d’une parfaite unité même dans les passages les plus tendus, il est moins puissant que son partenaire, mais pas moins présent et expressif y compris dans les silences.

« Unis dès la plus tendre enfance » est chanté avec profondeur et retenue dans les sentiments, mais le sens de sa projection s’amenuise trop au dernier acte.

Le duo fonctionne avec bonheur parfaitement, et les sentiments d’affection entre les deux cousins en sont renforcès.

Agata Buzek (Iphigénie) et Jean-François Lapointe (Thoas)

Agata Buzek (Iphigénie) et Jean-François Lapointe (Thoas)

Et Jean‑François Lapointe offre sur la scène du Palais Garnier un Thoas d’une très belle tenue, nullement caricatural, avec de la poigne dans les aigus, auquel il laisse transparaître une faille humaine malgré la dureté du personnage. Globalement, il y a dans cette reprise une forme d’attendrissement diffus qui semble saisir tous les protagonistes et qui engendre ce subtil sentiment de cohérence d’ensemble.

Enfin, les chanteurs qui font vivre les personnages secondaires sont tous trois bien mis en valeur. Christophe Gay imprime de son timbre franc une jeunesse sûre et affirmée, Jeanne Ireland apporte des couleurs gorgées de noirceurs et donc une forme de maturité sensuelle, et Marianne Croux fait vibrer un optimisme lumineux et malicieux.

Jarrett Ott (Oreste) et Tara Erraught (Iphigénie)

Jarrett Ott (Oreste) et Tara Erraught (Iphigénie)

La réalisation orchestrale révèle également des surprises. Thomas Hengelbrock ne cherche nullement le flamboiement dramatique – alors qu’il sait parfaitement le faire -, les cuivres sont particulièrement domptés pour n’en conserver que leur souffle d’or, car il transpose l’intimité concise des dialogues chantés dans la musique pour faire vivre les respirations cristalline, pulsantes et caressantes d’une humanité souterraine.

Cette logique atteint son paroxysme dans sa rencontre avec le chœur, présenté cette année dans les loges de côté, et non sous la scène, et dont la fusion irrésistiblement murmurante avec les voix féminines donne l’illusion pour un moment qu’une grâce divine reste possible.

Krzyzstof Warlikowski entouré des artistes d'Iphigénie en Tauride

Krzyzstof Warlikowski entouré des artistes d'Iphigénie en Tauride

15 ans après la première, les huées n’ont pas totalement disparu au rideau final, mais elles sont dorénavant refoulées, voir honteuses, et quel ravissement à voir la nature boute-en-train de Claude Bardouil, le chorégraphe, inciter les bravi à monter en puissance pour les couvrir dans une joie légère, alors que le regard perçant de Krzysztof Warlikowski reste posé là.

 

A écouter sur France Culture :

Krzysztof Warlikowski : "Être artiste sur cette planète aide à comprendre ce qu'est une liberté."

A lire également :

Iphigénie en Tauride - Palais Garnier (2008)

Iphigénie en Tauride - Palais Garnier (2016)

Voir les commentaires

Publié le 5 Septembre 2021

7 Deaths of Maria Callas ( Marina Abramović - Marko Nikodijević – 2020)
Livret Petter Skavlan, Marina Abramović
Représentation du 02 septembre 2021
Palais Garnier

Violetta Valéry Hera Hyesang Park
Floria Tosca Selene Zanetti
Desdemona Leah Hawkins
Cio-Cio-San Gabriella Reyes
Carmen Adèle Charvet
Lucia Ashton Adela Zaharia
Norma Lauren Fagan

Mise en scène et actrice Marina Abramović
Musique Marko Nikodijević
Direction musicale Yoel Gamzou
Acteur Film Willem Dafoe                                      
Hera Hyesang Park (Violetta)

Coproduction Bayerische Staatsoper Munich, Deutsche Oper Berlin, Teatro San Carlo de Naples, Greek National Opéra d’Athènes.
En partenariat avec le Festival d’Automne à Paris

Le spectacle de Marina Abramović, 7 Deaths of Maria Callas, qui inaugure au Palais Garnier la première saison d'Alexander Neef, marque également la 50e édition du Festival d'automne qui est un rendez-vous majeur d'ouverture sur les arts contemporains du monde entier.

Et Robert Wilson, l'une de ses figures emblématiques dès le premier jour, est à nouveau invité à plusieurs reprises, comme ce sera également le cas à l'Opéra de Paris pour lequel il mettra en scène Turandot dans la seconde partie de cet automne.

Marina Abramović (Maria Callas)

Marina Abramović (Maria Callas)

C'est donc un public diversifié, pas forcément issu du milieu spécifiquement lyrique, qui investit ce soir l'univers polychromique du plus somptueux bâtiment du Second Empire.

Artiste n'ayant pas peur dans certaines circonstances de se mettre en danger physiquement, la plasticienne métamorphose son amour pour Maria Callas en concevant un spectacle purement vidéographique et lyrique dans sa première partie qui illustre 7 morts d'héroïnes qu'a interprété la mythique diva sur scène (La Traviata, Tosca, Madame Butterfly, Lucia di Lammermoor, Norma), au disque (Carmen), ou pour un extrait (Desdémone).  Marina Abramović y joue le personnage principal, et Willem Dafoe celui de l’homme qui met à mort la femme qu’il est sensé aimer.

7 Deaths of Maria Callas (Abramović -  Nikodijević) Palais Garnier

Devant ce flot d'images, de jeunes interprètes originaires des quatre coins de la planète (États-Unis, Australie, Corée, Dominique, Italie, Roumanie, France) incarnent, pour un air chacune, ces héroïnes.

Mais comme elles interviennent de façon statique et pour la plupart dans la pénombre, ce n’est pas la théâtralité vocale ou physique de l’incarnation inhérente à la mise en scène d’opéra qui est mise en valeur, mais uniquement la beauté des lignes de ces airs qui apportent une âme subtile aux vidéos. L'auditeur qui vient pour découvrir l’art lyrique est donc tout de même privé d’un aspect vivant de l’interprétation.

Willem Dafoe (Don José) et Marina Abramović (Carmen)

Willem Dafoe (Don José) et Marina Abramović (Carmen)

Chaque spectateur peut cependant être inspiré, ou pas, par la mise en scène de ces mises à mort qui peuvent prendre une allure apocalyptique, comme dans Madame Butterfly qui semble dénoncer l’esprit destructeur des américains dans un univers post-Hiroshima, où cette incroyable marche vers un feu crépusculaire de Pollione et Norma tous les deux travestis, Willem Dafoe renvoyant ainsi une splendide figure torturée de l’obsession opératique pour l’étrange et le hors-norme.

Très impressionnantes sont également les images mettant en scène la lenteur sublime de l’enlacement de Desdémone par un serpent pour signifier l’étranglement par Otello, et qui démontrent surtout le grand sang-froid de l’artiste.

Adela Zaharia (Lucia di Lammermoor)

Adela Zaharia (Lucia di Lammermoor)

La scène de Lucia di Lammermoor, qui contient une forte charge narcissique par ces miroirs qui se brisent en mille morceaux, a aussi à voir avec le symbole qu’a représenté Maria Callas pour des générations. Mais ce passage vaut surtout pour la suspension du temps qu’engendre la très belle interprétation de l'air de la folie de Lucia di Lammermoor par Adela Zaharia qui est véritablement le point d'orgue belcantiste de la soirée. La soprano roumaine se révèle d’une saisissante agilité tout en finesse, créant ainsi un intérêt supplémentaire pour la reprise de Don Giovanni prévue au mois de février prochain au Palais Garnier.

Marina Abramović (Maria Callas)

Marina Abramović (Maria Callas)

Dans la seconde partie de la soirée, nous nous retrouvons face à une reconstitution de la chambre de Maria Callas le dernier jour de sa vie, où après le réveil elle sera atteinte d’une attaque cardiaque.

Ce réveil joué par Marina Abramović est assez long dans sa mise en scène et est accompagné par une musique de couleur assez uniforme et un chœur, disposé dans les loges latérales, qui donne une tonalité proche de l’oratorio à ce passage dont la durée installe une attente jusqu’à ce qu'apparaisse la plasticienne habillée en diva et coiffée comme Maria Callas.

Pour quelques instants, elle donne l’impression au spectateur de retrouver la présence de la grande cantatrice chantant Casta Diva à partir d’un ancien enregistrement, sur lequel Yoel Gamzou induit avec l’orchestre un accompagnement pour accentuer le réalisme de la scène, tableau final caractérisé par le beau travail illusionniste qu’il prodigue.

Voir les commentaires

Publié le 11 Juillet 2021

Jeunes danseurs – Ballet de l’Opéra national de Paris
Représentation du 10 juillet 2021 - 14h30
Palais Garnier

La fête des fleurs à Genzano (1858)
Musique Holger-Simon Paulli - Chorégraphie August Bournonville

L’Oiseau bleu extrait de La Belle au bois dormant (1890)
Musique Piotr Ilyitch Tchaïkovski - Chorégraphie Rudolf Noureev

And...Carolyn (2007 - Entrée au répertoire)
Musique Thomas Newman - Chorégraphie Alan Lucien Øyen

Flammes de Paris (1932 - Entrée au répertoire)
Musique Boris Assafiev - Chorégraphie Vasili Vainonen

Non rien de rien (1998)
Musique Edith Piaf - Chorégraphie Ivan Favier

Les Indomptés (1992 - Entrée au répertoire)
Musique Wim Merten - Chorégraphie Claude Brumachon

Pas de trois du cygne noir du Lac des cygnes (1877)       Hortense Pajtler et Marius Rubio
Musique Piotr Ilyitch Tchaïkovski - Chorégraphie Rudolf Noureev

After the Rain (2005 - Entrée au répertoire)
Musique Arvo Pärt - Chorégraphie Christopher Wheeldon

Pas de deux de la tombe de Roméo et Juliette (1935 - Entrée au répertoire)
Musique Serguei Prokofiev - Chorégraphie Angelin Preljocaj

Pas de deux du 3ème acte de La Belle au bois dormant (1890)
Musique Piotr Ilyitch Tchaïkovski - Chorégraphie Rudolf Noureev

Danseurs du Corps de Ballet de l’Opéra national de Paris

Solistes femmes : Hortense Pajtler (2019), Eugénie Drion (2014), Apolline Anquetil (2019), Inès Mcintosh (2019), Bianca Scudamore (2017), Roxane Stojanov (2013), Nine Seropian (2019), Hohyun Kang (2018)
Solistes hommes : Keita Bellali (2020), Enzo Saugar (2020), Loup Marcault-Derouard (2018), Antoine Kirscher (2013), Marius Rubio (2019), Chun-Wing Lam (2015), Giorgio Fourès (2016), Jérémy-Loup Quer (2011), Antonio Conforti (2012), Florent Melac (2010), Alexandre Gasse (2007), Guillaume Diop (2018)

Le programme Jeunes danseurs proposé en fin de saison par le Corps de Ballet de l’Opéra national de Paris est une rare occasion de découvrir en une seule soirée un panel le plus large possible de l’art chorégraphique représenté sur cette scène. En 9 pièces, 9 musiques et 9 chorégraphies différentes, le spectateur est confronté à des esthétiques classiques ou contemporaines et peut donc se laisser vibrer à celles qui l’inspirent le plus.

Bianca Scudamore (Odette) - Le Lac des Cygnes (Tchaikovski - Petipa - Noureev)

Bianca Scudamore (Odette) - Le Lac des Cygnes (Tchaikovski - Petipa - Noureev)

C’est aussi l’occasion de découvrir, dans les premiers rôles des danseurs, les Quadrilles, Coryphées ou Sujets dont la moitié de ceux présents ce soir ont intégré le Corps de Ballet depuis moins de 5 ans.

Ainsi, l’ouverture sur La fête des fleurs à Genzano nous mène dans une Italie légère à l’arrivée de l’été, et Keita Bellali – sourire radiant et bras en corolles – et Hortense Pajtler, deux jeunes recrues, font revivre un pas de deux de ce chorégraphe danois, August Bournonville, qui cherchait à donner autant d’importance aux danseurs masculins qu’aux ballerines. On ne retrouvera d’ailleurs pas cette humeur riante et naïve dans les autres pièces présentées au cours de ce riche programme.

Hohyun Kang (Aurore) et Guillaume Diop (Le Prince) - La Belle au Bois dormant (Tchaikovski - Petipa - Noureev)

Hohyun Kang (Aurore) et Guillaume Diop (Le Prince) - La Belle au Bois dormant (Tchaikovski - Petipa - Noureev)

Deux extraits de La belle au Bois Dormant dans la chorégraphie de Marius Petipa et Rudolf Noureev sont interprétés, L’Oiseau Bleu, en début de programme, qui permet de découvrir une autre jeune recrue, Enzo Saugar, associée à Eugénie Drion et ses très mélodieux ports de bras, puis le Pas de deux du 3ème acte, en fin de programme, qui offrira à Hohyun Kang et Guillaume Diop une magnifique chance de renvoyer au public une superbe image de l’assurance épurée noblement tenue de la culture chorégraphique de la maison.

Il y a plusieurs entrées au répertoire au cours de ce spectacle, et le Pas de deux de Flammes de Paris, ballet hommage à la Révolution Française, en est une et est très bien défendue par l’élan romantique élégant et la belle correspondance entre Antoine Kirscher et Inès Mcintosh, danseuse fort confiante dans son rapport à la salle.

Inès Mcintosh (Jeanne) et Antoine Kirscher (Philippe) - Flammes de Paris (Vasili Vainonen)

Inès Mcintosh (Jeanne) et Antoine Kirscher (Philippe) - Flammes de Paris (Vasili Vainonen)

Au répertoire contemporain apparaît pour la première fois sur cette scène And...Carolyn d’Alan Lucien Øyen qui permet de découvrir le couple formé par Apolline Anquetil et Loup Marcault-Derouard qui joue avec des effets d’attraction vers le sol, et le jeune danseur est fabuleusement mis en valeur par la chorégraphie et les lumières qui magnifient sa gestuelle tournoyante.

Autre nouveauté, After the Rain de Christopher Wheeldon interprété sur la pièce Spiegel im Spiegel (pour violon et piano) d’Arvo Pärt, est propice à un véritable travail sur l’intériorité et décrit une union poétique et silencieuse entre deux êtres au son des gouttes d’eau pianistiques. Roxane Stojanov et Florent Melac noient dans la pénombre leur propre individualité pour en rendre la grâce charnelle et mélancolique.

Loup Marcault-Derouard et Apolline Anquetil - And...Carolyn (Alan Lucien Øyen)

Loup Marcault-Derouard et Apolline Anquetil - And...Carolyn (Alan Lucien Øyen)

Après le duo très ludique et charmeur entre Hortense Pajtler et Marius Rubio sur la chanson d’Edith Piaf « Non, rien de rien », vient une autre entrée au répertoire avec Les Indomptés de Claude Brumachon sur la musique de Wim Mertens qui fait vivre une lutte provocante entre deux hommes incarnés par Chun-Wing Lam et Giorgio Fourès, vétus en jeans et torses-nus, à travers un jeu d’équilibre instable et une course qui s’achève sur une forme de victoire par épuisement.

Le spectateur n’a pas fini d’être étourdi car il est par la suite projeté dans l’univers psychanalytique du Lac des Cygnes de Rudolf Noureev et son célèbre pas de deux devenu un pas de trois afin de renforcer le rôle de Rothbart. Ce retour au classicisme académique juste après Les Indomptés peut apparaître comme un grand écart, mais quand on réfléchit au thème de ces deux pièces, on peut tout à fait y voir une forme de continuité d’esprit.

Chun-Wing Lam et Giorgio Fourès - Les Indomptés (Claude Brumachon)

Chun-Wing Lam et Giorgio Fourès - Les Indomptés (Claude Brumachon)

On ne peut que frémir aux attentes qui pèsent sur les épaules de Bianca Scudamore au moment d’aborder les 32 fouettés d’Odette dont elle se sort très bien, et avec le sourire, qui représentent une figure mythique de l’univers chorégraphique car la magie émane de cet instant par une maîtrise absolue des lois de la physique et de la préservation du mouvement. On retrouve déjà le tempérament piqué de Rothbart, l’esprit déstabilisateur du prince Siegfried, dans les attaques pointées d’Antonio Conforti, ainsi qu’une certaine appétence pour ce personnage hautain, et Jérémie-Loup Quer délivre une fine attention à sa partenaire comme à ses propres moments d’extase.

Nine Seropian (Juliette) et Alexandre Gasse (Roméo) - Roméo et Juliette (Prokofiev - Preljocaj)

Nine Seropian (Juliette) et Alexandre Gasse (Roméo) - Roméo et Juliette (Prokofiev - Preljocaj)

Le pas de deux de Roméo et Juliette (Prokofiev), donné dans la chorégraphie d’Angelin Preljocaj et non de Rudolf Noureev (qui est jouée au même moment à l’Opéra Bastille), est une véritable découverte avec une indicible violence respectivement de Juliette et Roméo envers les corps de l’un et l’autre lors de la scène d’empoisonnement finale. Ce réalisme joué sans réserve par Nine Seropian et Alexandre Gasse peut fortement impressionner les jeunes spectateurs et donne envie de connaître la version intégrale.

En un peu plus de deux heures, c'est tout l'avenir du Corps de ballet de l'Opéra qui nous est ainsi suggéré.

Voir les commentaires

Publié le 4 Juillet 2021

La Clémence de Titus (Wolfgang Amadé Mozart - 1791)
Représentation du 03 juillet 2021
Palais Garnier

Tito Vespasiano Stanislas de Barbeyrac
Vitellia Amanda Majeski
Servilia Anna El-Khashem
Sesto Michèle Losier
Annio Jeanne Ireland
Publio Christian Van Horn

Direction musicale Mark Wigglesworth
Mise en scène Willy Decker (1997)

                                     Jeanne Ireland (Annio)

Au même moment où Philippe Jordan vient de rendre un dernier hommage à l’orchestre de l’Opéra de Paris dont il a été le directeur musical pendant 12 ans, le Palais Garnier joue pour la 7e fois une série de représentations de La Clémence de Titus donnée dans la mise en scène de Willy Decker qui fut créée au printemps 1997 sous la direction d’Armin Jordan.

Michèle Losier (Sesto)

Michèle Losier (Sesto)

Alors que ces 20 dernières années des chanteurs d’un format vocal parfois opulent ont été accueilli sur cette scène, Catherine Naglestad, Elina Garanca ou bien Hibla Gerzmava, pour interpréter cette œuvre tardive de Mozart, la distribution réunie ce soir se distingue par ses qualités d’homogénéité et sa finesse interprétative.

Amanda Majeski incarnait déjà le rôle de Vitellia en 2017, et l’on retrouve les courbes lissées et les formes fuselées d’un timbre couleur grenat qui définissent les contours d’une femme pernicieuse mais qui a quelque chose d’attachant. Peu de noirceur et des lignes aiguës trop fines et irrégulières, l’incarnation n’en reste pas moins entière et sensible tout en en faisant ressentir les contradictions.

Amanda Majeski (Vitellia)

Amanda Majeski (Vitellia)

Michèle Losier, elle qui fut un si touchant Siebel dans Faust, cette saison, dessine un Sesto très clair avec du corps et des aigus parfois un peu trop soudains mais d’une impressionnante tenue, et elle est sans doute le personnage le plus présent, en contact de cœur avec la salle. Beaucoup de vérité est lisible dans ses expressions attachantes, et Michèle Losier est une personnalité idéale pour faire vivre le lien affectif entre les personnages.

Et le couple formé par Annio et Servilia est d’un parfait équilibre, Jeanne Ireland ayant un très beau timbre doré joliment orné et une vivacité d’élocution qui lui donne une allure très digne, et Anna El-Khashem, d’une frémissante légèreté, agit comme si une brise de printemps soufflait sur la scène.

Amanda Majeski (Vitellia) et Michèle Losier (Sesto)

Amanda Majeski (Vitellia) et Michèle Losier (Sesto)

Et peut être parce qu’il s’agit d’une distribution majoritairement féminine, il se dégage de cet ensemble un jeu d’un très grand naturel, juste et fluide, qui donne beaucoup de grâce aux mouvements sur scène, la représentation arborant un classicisme vivant qui fait honneur à la délicatesse de Mozart.

Christian Van Horn paraît évidemment plus dense et d’une noirceur noble et grisonnante, avec de nettes intonations Don Giovanesques, et Stanislas de Barbeyrac, un des plus beaux galbes ténébreux entendu dans ce rôle sur cette scène, se charge de faire de Titus, cet homme déçu par tout son entourage, un homme héroïque et obscur, auquel ne manque que ces petites inflexions légères, claires et fragiles qui trahiraient chez l’Empereur ses affectations intérieures.

Stanislas de Barbeyrac (Tito Vespasiano)

Stanislas de Barbeyrac (Tito Vespasiano)

La direction musicale de Mark Wigglesworth s’inscrit dans cette même tonalité claire et fine, d’une très agréable vélocité, sans toutefois forcer les effets de contrastes et assombrir les cordes, et la transition vers la scène de grâce des conjurés est menée avec brio sans pompe surfaite. Le chœur, malheureusement masqué, manque d’ampleur et d'éclat à ce moment là, ce qui est un peu dommage.

Jeanne Ireland (Annio), Amanda Majeski (Vitellia) et Christian Van Horn  (Publio)

Jeanne Ireland (Annio), Amanda Majeski (Vitellia) et Christian Van Horn (Publio)

Cette mise en scène sévère, avec ce buste qui se découvre au fur et à mesure que Titus se départit de ses illusions, est si bien dirigée qu’elle offre un spectacle de référence, ce que n’a pas manqué de reconnaître le public très diversifié et même très jeune venu ce soir nombreux.

Stanislas de Barbeyrac (Tito Vespasiano) et Michèle Losier (Sesto)

Stanislas de Barbeyrac (Tito Vespasiano) et Michèle Losier (Sesto)

Voir les commentaires

Publié le 18 Juin 2021

Gala Lyrique (Rossini, Mozart, Puccini, Verdi, Wagner, Berlioz, Donizetti)
Récital du 16 juin 2021
Palais Garnier

Guillaume Tell - Ouverture
Manon Lescaut - « Sola, perduta, abbandonata » (Maria Agresta)
Don Giovanni - « Madamina » (Luca Pisaroni)
Il Corsaro (Verdi) - « De corsari il fulmine » (Michael Fabiano)
La Forza del Destino - « Urna fatale » (Ludovic Tézier)
Tannhäuser - « Bacchanale »
Tannhäuser - « O du mein holder Abendstern » (Ludovic Tézier)
La Damnation de Faust – « Devant la maison de celui qui t'adore » (Luca Pisaroni)
Don Pasquale - « Cheti, cheti, immantinente » (Luca Pisaroni - Ludovic Tézier)
La Bohème - Final de l'Acte I (Maria Agresta - Michael Fabiano)

Direction musicale Mark Wigglesworth
Orchestre de l’Opéra national de Paris

Un mois après la réouverture des salles de spectacles au public, le Palais Garnier accueille un quatuor de grands artistes impliqués dans les productions de l’Opéra de Paris en cours de représentations en ce mois de juin, et réunis à travers un unique récital lyrique.

Au trio de ToscaMaria AgrestaMichael Fabiano et  Ludovic Tézier, se joint l’interprète de Rodrique dans Le Soulier de satin, Luca Pisaroni, tous les quatre associés au chef d’orchestre de La Clémence de Titus, Mark Wigglesworth, et à l'orchestre de l'Opéra national de Paris.

Maria Agresta

Maria Agresta

Ce concert est ainsi une occasion de les retrouver de près, mais aussi d'évoquer les réminiscences musicales du Palais Garnier au cours des 50 premières années de son existence, depuis son achèvement en 1875.

Guillaume Tell et Tannhäuser faisaient toujours partie des douze ouvrages les plus joués dans cette salle , avec plus de 300 représentations chacun, et Mark Wigglesworth restitue une lecture d'une très grande finesse de leurs ouvertures respectives, ce qui permet d'apprécier les très belles expressions des violoncelles, leur son boisé et la rutilance de leur éclat, et les qualités lumineuses de l'ensemble orchestral fort impressionnantes dans la bacchanale. Du grand style!

Ludovic Tézier, Luca Pisaroni, Maria Agresta

Ludovic Tézier, Luca Pisaroni, Maria Agresta

La partie récital permet de retrouver celui qui incarnait ici même Leporello en 2006 dans la mise en scène de Michael Haneke, Luca Pisaroni. Il connaît ce personnage par cœur, cela se voit à sa manière de mimer les intentions du texte, et timbre idéalement les intonations ironiques du valet de Don Giovanni en insistant sur la tonalité légère de l'air du catalogue.

Michael Fabiano

Michael Fabiano

L'humble arrivée de Michael Fabiano mélange à la fois le naturel sympathique de ce chanteur et la tension dramatique de l'air de Corrado. Il campe en effet un grand personnage verdien, une solide homogénéité de toute la tessiture de la voix, un engagement enflammé, une poignance et un mordant formidables, et surtout une précision de jeu et une expression du sens de ce qu'il chante qui nous fait vivre émotionnellement au plus près des sentiments portés par le texte et la musique.

Ce grand chanteur et grand acteur Joue, plus loin, aussi bien la sincérité amoureuse de Rodolfo, et Maria Agresta, après un rendu authentiquement blessé, sans noirceurs exagérées et avec une excellente tenue dans les expressions de douleurs, de Manon Lescaut, offre à nouveau avec lui l'image d'un couple d'une attention tout aussi subtile que dans leur dernier acte de Tosca à l'opéra Bastille.

Ludovic Tézier

Ludovic Tézier

Et c'est à Ludovic Tézier que l'on doit ce soir la plus grande variété de traits de caractères. La sévérité de Don Carlo di Vargas et le conflit entre désespoir et détermination se lisent naturellement dans ses résonances verdiennes, un tempérament qui correspond si bien à sa stature sereine et bien ancrée

Il surprend beaucoup plus dans le duo donizettien avec Luca Pisaroni, où la célérité du verbe sollicite souffle et précision dynamique de l'élocution, puis il retourne à un état d'apaisement sous les ombres poétiques de Wolfram, où cette fois s'exprime un ton plus aérien. 

​​Un concert relativement court, mais qui a été un enchantement musical d'une énergie tant essentielle pour chacun.

Voir les commentaires

Publié le 6 Juin 2021

Le Soulier de Satin (Marc-André Dalbavie – 2021)
Livret Raphaèle Fleury d’après Paul Claudel
Représentations du 29 mai et du 05 juin 2021
Palais Garnier

Doña Prouhèze Eve-Maud Hubeaux
Don Rodrigue de Manacor Luca Pisaroni
Le Père Jésuite, Le Roi d’Espagne, Saint Denys d’Athènes, Don Almagro, 2ème soldat Marc Labonnette
Don Pélage Yann Beuron
Don Balthazar, Saint Nicolas, Frère Léon Nicolas Cavallier
Don Camille Jean-Sébastien Bou
Doña Isabel, Doña Honoria, La Religieuse Béatrice Uria‑Monzon
Le Sergent Napolitain, Le Capitaine, Don Rodilard, 1er soldat Éric Huchet
Doña Musique, La Bouchère Vannina Santoni
L’Ange Gardien, Saint-Jacques, Saint Adlibitum Max Emanuel Cenčić
Le Vice-Roi de Naples, Saint Boniface, Don Ramire Julien Dran
Doña Sept-Epées Camille Poul
L’Irrépressible, Don Fernand Yann-Jöel Collin
L’Annoncier, Le Chancelier, Don Léopold Cyril Bothorel
Le Chinois Isidore Yuming Hey
La Noire Jobarbara, La Logeuse Mélody Pini               
Eve-Maud Hubeaux (Prouhèze)
La Lune (voix enregistrée) Fanny Ardant

Direction musicale Marc-André Dalbavie
Mise en scène Stanislas Nordey (2021)

Création mondiale

Après Trompe-la-mort de Luca Francesconi (2016) et Bérénice de Michael Jarrell (2018), Le Soulier de Satin est le dernier volet d’une trilogie de créations contemporaines basées sur des textes littéraires français dont Stéphane Lissner, le précédent directeur de l’Opéra de Paris, est le commanditaire.

Mettre en musique un texte qui, au théâtre, est habituellement mis en scène sur une durée de 11 heures, ne peut qu’être fortement réducteur lorsqu’il est construit sur une durée de 4h30, soit la durée du Crépuscule des Dieux de Richard Wagner.

Marc Labonnette (Le Père Jésuite)

Marc Labonnette (Le Père Jésuite)

Pourtant, de par la manière dont est construit ce nouvel opéra qui préserve une totale intelligibilité du texte comme s’il s’agissait d’une pièce de théâtre portée par une orchestration qui souligne les longues réflexions des personnages, crée des atmosphères irréelles, expose des textures luxueuses et engendre des tensions, l’ensemble du spectacle offre une intrigante ouverture sur une œuvre complexe en préservant ses méandres et ses différentes strates, tout en misant sur une scénographie fort dépouillée.

Grand Foyer du Palais Garnier

Grand Foyer du Palais Garnier

Stanislas Nordey, qui avait mis en scène Saint-François d’Assise d’Olivier Messiaen à l’Opéra Bastille en ouverture de mandat du Gerard Mortier en 2004, se retrouve à nouveau face à une œuvre contemporaine comparable, traversée par la foi, et où un ange vient sur terre pour avertir et préparer à la vie céleste.

Il utilise un ensemble de reproductions de toiles peintes de la Renaissance évoquant la vie à la cour d’Espagne, les froideurs et la riche préciosité de son art de vivre, la spiritualité, la beauté des traits de saintes, et les sentiments mélancoliques menant à la mort.

Eve-Maud Hubeaux (Prouhèze)

Eve-Maud Hubeaux (Prouhèze)

Ces toiles circulent de dos ou de face sur des chevalets géants et mobiles, un savant désordre court sur la scène, et la douceur de ces magnifiques peintures suffit à créer chez le spectateur un état contemplatif qui favorise l’imprégnation de la structure musicale. Le chant des divers protagonistes se développe sous la forme de longues mélopées parlées et chantées qui exploitent la variété de couleurs de chaque tessiture et expriment fortement la vérité de chacun des artistes.

Eve-Maud Hubeaux, heureuse d’être parée d’une aussi somptueuse robe rouge, est splendidement mise en valeur tant en terme de personnalité que de couleurs vocales. La richesse de ses graves, la densité de sa voix, la clarté incisive de sa diction, l’impressionnante présence qu’elle imprime à Prouhèze, dépeignent une femme passionnée qui aime la vie et qui tient l’auditeur par la majesté heureuse qu’elle exprime aussi pleinement. C’est véritablement le charme de l’opéra que d’offrir un tel portrait haut-en-couleur que le théâtre ne pourrait que pousser vers l’hystérie pour créer du contraste, alors que la jeune mezzo-soprano peut jouer de la souplesse de son corps pour moduler sa voix sur la longueur en continu et avec des effets percutants.

Luca Pisaroni (Don Rodrigue)

Luca Pisaroni (Don Rodrigue)

Cette histoire d’amour impossible sur fond de guerres impériales espagnoles pour la conquête du monde la relie au Don Rodrigue de Luca Pisaroni qui maîtrise bien l’élocution française et habite son personnage d’amant de sentiments torturés avec une constante noirceur. Mais autant la mise en scène en fait un perdant d’avance, autant le Don Pélage de Yann Beuron garde fière allure malgré le fait qu’il soit un homme marié à une femme qui n’éprouve pas pour lui un amour passionné. Le timbre du ténor français est généreux, de franches teintes chromatiques l’ennoblissent, et la mesure de son personnage ne faiblit à aucun instant.

Jean-Sébastien Bou, qui parfois est un peu moins audible, incarne auprès de ce trio d’ampleur un Don Camille extrêmement névrosé, un homme dépressif qui, malgré la situation qui en fait un objet de cour, trouve la ressource pour avoir des réactions d’orgueil saisissantes.

Jean-Sébastien Bou (Don Camille)

Jean-Sébastien Bou (Don Camille)

Et à l’opposé de ces ombres, il y a des êtres qui n’apparaissent que pour certaines scènes qui sont comme d'éclatants écrins pour ces artistes uniques. On pense bien sûr à la sveltesse de Yuming Hey, acteur fascinant que le public avait pu découvrir dans Jungle Book de Robert Wilson en 2019 au Théâtre de la Ville. Son caractère bondissant et sa voix androgyne bien ciselée inspirent beaucoup de joie au serviteur Isidore qui représente la voix de la désillusion amoureuse et le regard impertinent sur la vie telle qu’elle est.

Dans un esprit différent, le mystérieux ange lunaire de Max Emanuel Cenčić, au galbe d’une parfaite rondeur et d’une patine assombrie, amène avec lui l’univers profondément religieux des beautés baroques, la spiritualité religieuse des Passions de Jean-Sébastien Bach, et dispose d’une fabuleuse scène sous une lumière cendrée quand L’Ange Gardien vient suggérer à Prouhèze de se métamorphoser en étoile.

Yuming Hey (Le Chinois Isidore)

Yuming Hey (Le Chinois Isidore)

Et il y a aussi la fraîcheur dorée et éclatante de Vannina Santoni, Doña Musique assurée et rayonnante, l’art tragique de Béatrice Uria‑Monzon dont le timbre s’est éclairci avec le temps tout en préservant des ombres nocturnes dans la voix, la bonhomie prodigue d’Éric Huchet, la mesure plus classique de Marc Labonnette, et Julian Dran, dans sa belle tenue royale espagnole, évoque énormément le rôle du Comte de Lerme qu’il incarnait à Bastille dans Don Carlos, une belle tenue également dans l’élocution vocale claire et droite.

Max Emanuel Cenčić (L’Ange Gardien)

Max Emanuel Cenčić (L’Ange Gardien)

Le Soulier de Satin est un mélange de pensées et d’histoires grandes et petites, et si Stanislas Nordey est allé à l’essentiel pour le jeu d’acteurs et la scénographie qui décrivent peu les changements de lieu, on ne peut oublier cette magnifique image de la Lune tournant sur elle même pour révéler les différentes mers et cratères de sa surface avec réalisme, alors que la voix de Fanny Ardant exprime les mouvements du cœur des amants dans une scène qui renvoie à l’appel de Brangäne dans Tristan und Isolde.

Béatrice Uria‑Monzon (Doña Honoria)

Béatrice Uria‑Monzon (Doña Honoria)

La musique de Marc-André Dalbavie est riche en timbres et structures et renforce la déclamation mais ne prend pas le dessus sur le contenu littéral. Un fin continuo entretient une tension lancinante, les cuivres s’étirent parfois en évitant les stridences, des scintillements merveilleux émanent de ce corps limpide au fond bouillonnant, et de très beaux effets de cordes évoquent comme du bois zébrés, véritablement dans une recherche de matière luxueuse qui esthétise forcément ce spectacle qui est une probante entrée dans l’univers de Paul Claudel pour celles et ceux qui souhaitent appréhender Le Soulier de Satin à une taille humaine.

Yann Beuron (Don Pélage) et Béatrice Uria‑Monzon (La Religieuse) - Rideau final

Yann Beuron (Don Pélage) et Béatrice Uria‑Monzon (La Religieuse) - Rideau final

Voir les commentaires

Publié le 5 Juin 2021

Tosca (Giacomo Puccini – 1900)
Représentation du 04 juin 2021
Opéra Bastille

Floria Tosca Maria Agresta
Mario Cavaradossi Michael Fabiano
Il Barone Scarpia Ludovic Tézier
Cesare Angelotti Guilhem Worms
Spoletta Carlo Bosi
Sciarrone Philippe Rouillon
Un Carceriere Florent Mbia

Direction musicale Carlo Montanaro
Mise en scène Pierre Audi (2014)

                                Maria Agresta (Tosca)

 

Vendredi 04 juin 2021, à 16h15, avait lieu la réouverture de la grande scène Bastille au public après 450 jours de fermeture, et Alexander Neef est apparu face à l’enthousiasme chaleureux des spectateurs pour présenter formellement ce jour si signifiant pour la vie de l’institution. Moins d’un tiers des places étaient occupées du fait des contraintes sanitaires, mais cela n’a pas empêché qu’une partie du public soit relativement jeune.

Entré au répertoire de l’Opéra de Paris le 10 juin 1960, Tosca fait dorénavant partie des cinq ouvrages lyriques les plus joués de la maison, et, ce soir, en est à sa 340e représentation et à sa troisième reprise dans la mise en scène de Pierre Audi.

Michael Fabiano (Mario) et Maria Agresta (Tosca)

Michael Fabiano (Mario) et Maria Agresta (Tosca)

Dans la première partie, la direction orchestrale de Carlo Montanaro maintient une grande clarté et accompagne les respirations et sentiments des artistes par des déploiements forts poétiques et nuancés des instruments en solo, ce qui est toujours remarquable pour un auditeur qui a si souvent entendu cette musique.

Néanmoins, la théâtralité semble volontairement bridée, les percussions étant utilisées de façon assez discrète, et le son ne recèle aucune noirceur.

Michael Fabiano campe un Mario d’une grande authenticité avec un jeu qui est toujours tourné vers ses partenaires, et son timbre de voix, solide et puissant, est traversé d’une petite vibration qui imprègne son personnage d’une fragilité humaine.

Quand Tosca le rejoint dans l’église, c’est une femme légère, plus joueuse qu’inquiète, qui se présente à lui sous les traits de Maria Agresta, et la soprano napolitaine l’incarne avec des couleurs en phase avec l’orchestre, c’est à dire claires avec des inflexions typiques de la chanteuse qui semble traduire les accents de sa région d’origine.

Ludovic Tézier (Scarpia)

Ludovic Tézier (Scarpia)

L’arrivée que l’on pourrait qualifier de « majestueuse » de Ludovic Tézier fait alors entrer en scène un Scarpia d’une très grande résonance, stylisé, se gardant de toute expression vériste pour se centrer sur un portrait sévère mais pas sordide, comme pour tenter de faire passer un charme malgré la nature du chef de la police. La voix est d’une belle ampleur, d’une totale homogénéité qui se déploie au second acte alors que la direction musicale modère toujours la violence de son discours.

Jusqu’à ce que ne survienne le grand air tant attendu « Vissi d’arte ! ». A ce moment là, se passe quelque chose d’inouï. L’orchestre se diffuse dans l’espace, se pare d’un tissu d’une finesse immatérielle, et Maria Agresta maîtrise cet élan du cœur avec une douceur, une intériorité et une unité dans la voix merveilleuses, et lie parfaitement les passages forte et leurs retours aux nuances toute en retenue de façon saisissante.

Maria Agresta (Tosca) et Ludovic Tézier (Scarpia)

Maria Agresta (Tosca) et Ludovic Tézier (Scarpia)

Le sens musical que révèle également Carlo Montanaro suggère que la suite dans le dernier acte sera une magnifique peinture orchestrale, ce qui se confirme lors de l’ouverture pastorale qui décrit la fin de la nuit sur la campagne romaine. Le son est à nouveau coloré d’immatérialité, avec toujours une retenue dans les effets de volumes qui privilégie les teintes boisées aux effets métalliques, le jeune berger est à la fois poétique et assuré, et Michael Fabiano joue son personnage avec un réalisme dans le moindre détail qui le rend profondément touchant.

Après un « E Lucevan le stelle » où il joue d’une extrême nuance pour ensuite dégager une puissance animale à partir d’une couleur de voix plutôt sombre et franche, le duo qui le réunit à Maria Agresta se dépouille de tout l’artifice de la première partie à l’église qui était un jeu entre protagonistes, et il ne s’agit plus que de tendresse, d’attention, de communion de chant comme de timbre, et cette attention réciproque est si crédible qu’elle en rend tout cette dernière partie confondante.

Michael Fabiano (Mario) et Maria Agresta (Tosca)

Michael Fabiano (Mario) et Maria Agresta (Tosca)

L’effet de ce rideau noir qui tombe après l'élan crânement vaillant de Maria Agresta, pour révéler les ténèbres éclairées par un soleil d’argent au moment où Tosca se donne la mort, conserve toute sa force expressive.

Voir les commentaires

Publié le 1 Juin 2021

Le rapport de la cour des comptes 2016 de l'ONP a montré "qu'à l’examen des 118 spectacles donnés au cours des saisons 2004-2005 à 2012-2013, 48 (soit 40,3 %) n’ont été donnés qu’au cours d’une seule saison. En outre, 26,1 % des spectacles n’ont été donnés qu’au cours de deux saisons différentes. Les deux tiers des spectacles ne sont donc présentés qu’une ou deux fois au public. À l’inverse, seuls 8,4 % des spectacles ont été donnés au cours de quatre saisons et 14,3 % l’ont été au cours de cinq saisons ou plus."

Ce rapport indique également que "quelques productions ont pu être revendues : sur 56 productions lyriques déclassées de 2005 à 2013, 10 ont pu être revendues, dont trois au Teatro Real de Madrid, dont la direction était assurée par M. Mortier, à l’issue de son mandat à l’OnP. 
Le montant de la cession va de 120 000 € HT pour les Vêpres siciliennes à 25 000 € HT pour la Clémence de Titus (Hermann). Ces résultats sont modestes mais la direction de l’OnP assure que toutes les productions déclassées font l’objet d’une recherche de cession, lorsque cette cession n’est pas déjà envisagée en amont, avant même la décision de déclassement."

Grand Foyer du Palais Garnier (2021)

Grand Foyer du Palais Garnier (2021)

L'article suivant récapitule la liste des productions lyriques créées à l'Opéra national de Paris depuis 1973 et qui n'ont pas été reprises une seule fois jusqu'à la saison 2019/2020.

En particulier :
Sous Pierre Bergé (depuis 1989), 34 productions ont été créées et 16 (47%) n'ont pas été reprises
Sous Hugues Gall, la référence, 69 productions ont été créées et seules 14 (20%) n'ont pas été reprises
Sous Gerard Mortier, 48 productions ont été créées et 24 (50%) n'ont pas été reprises jusqu'à présent
Sous Nicolas Joel, 41 productions ont été créées et 24 (59%) n'ont pas été reprises jusqu'à présent

Pour chaque saison, le nombre total de nouvelles productions est indiqué.
Les nouvelles productions incluent les coproductions et les tournées d'autres compagnies.
En rouge gras, les œuvres qui n'ont plus été rejouées jusqu'à la saison 2019/2020 même dans une autre mise en scène.

Lulu / Alban Berg / Patrice Chéreau (Coproduction Scala de Milan 1979) - (C) Daniel Cande - BNF

Lulu / Alban Berg / Patrice Chéreau (Coproduction Scala de Milan 1979) - (C) Daniel Cande - BNF

Direction Rolf Liebermann

Saison 1973/1974 12 nouvelles productions
Don Quichotte / Jules Massenet / Garnier / Peter Ustinov
Tosca / Giacomo Puccini / Garnier / Gunther Rennert (Production Opéra d'Etat de Hambourg)

Saison 1974/1975 5 nouvelles productions
Aucune

Saison 1975/1976 4 nouvelles productions
Aucune

Saison 1976/1977 7 nouvelles productions
Comte Ory (Le) / Gioacchino Rossini / Favart / Robert Dhéry (Production reprise au Grand Théâtre de Genève en 1980)
Platée / Jean-Philippe Rameau / Favart / Henri Ronse

Saison 1977/1978 3 nouvelles productions
Madama Butterfly / Giacomo Puccini / Garnier / Jorge Lavelli (Production Scala de Milan)

Saison 1978/1979 8 nouvelles productions
Lulu / Alban Berg / Garnier / Patrice Chéreau (Coproduction Scala de Milan)
Marchand de Venise (Le) / Reynaldo Hahn / Favart / Marc Cheifetz
Médecin malgré lui (Le) / Charles François Gounod / Favart / Jean-Louis Martin-Barbaz
Nabucco / Giuseppe Verdi / Garnier / Henri Ronse
Tom Jones / François-André Philidor / Favart / Jacques Fabbri
Wozzeck / Alban Berg / Garnier / Luca Ronconi (Tournée du Théâtre de la Scala de Milan)

Saison 1979/1980 4 nouvelles productions
Boris Godounov / Modeste Petrovitch Moussorgski / Garnier / Joseph Losey (Version réorchestrée de Dmitri Chostakovitch)
A Kékszakallu Herceg Vara/Erwartung / Béla Bartók/Arnold Schoenberg / Favart / Humbert Camerlo
Fille du régiment (La) / Gaetano Donizetti / Garnier / Jean-Louis Martin-Barbaz
Porteur d'eau (Le) / Luigi Cherubini / Favart / Bernard Sobel

Lear / Aribert Reimann / Jacques Lassalle (1982) - (C) ONP - DR

Lear / Aribert Reimann / Jacques Lassalle (1982) - (C) ONP - DR

Direction Bernard Lefort 

Saison 1980/1981 10 Nouvelles productions
Arabella / Richard Strauss / Garnier / Hans Hartleb (Production Covent Garden)
Dardanus / Jean-Philippe Rameau / Garnier / Jorge Lavelli
Devin du village (Le)/Liaisons dangereuses (Les) / Jean-Jacques Rousseau/Claude Prey / Conservatoire d'Art Dramatique / Pierre Barrat (Coproduction Festival d'Aix-ern-Provence, Centre Lyrique de Wallonie et Festival d'Avignon)
Don Giovanni / Wolfgang Amadeus Mozart / Garnier / Louis Erlo
Grand Macabre (Le) / György Ligeti / Garnier / Daniel Mesguich
Héritière (L') / Jean-Michel Damase / Favart / Louis Ducreux
Jenufa / Leos Janácek / Garnier / Götz Friedrich (Production Opéra de Stockholm)
Mamelles de Tirésias (Les) / Francis Poulenc / Favart / Jean Rosenthal
Peter Grimes / Benjamin Britten / Garnier / Elijah Moshinsky (Production Covent Garden)
Un Ballo in maschera / Giuseppe Verdi / Garnier / Sonja Frisell

Saison 1981/1982 12 Nouvelles productions
Barbiere di Siviglia (Il) / Gioacchino Rossini / Champs Elysées / Maurice Bénichou
Carmen / Georges Bizet / Palais des Sports / Marcel Maréchal
Cosi fan tutte / Wolfgang Amadeus Mozart / Favart / Jean-Claude Auvray
Fidelio / Ludwig Beethoven (van) / Garnier / David Walsh (Production English National Opera)
Lohengrin / Richard Wagner / Garnier / Jacques Lassalle
L'Orfeo / Claudio Monteverdi / Théâtre Chaillot / Antoine Vitez
Ondine / Jean-Yves Daniel-Lesur / Champs Elysées / Jean-Claude Fall (Création mondiale)
Semiramide / Gioacchino Rossini / Champs Elysées / Pier Luigi Pizzi (Coproduction Teatro Comunale de Gênes et Teatro Regio de Turin représentée au Festival d'Aix-en-Provence)
Tabarro (Il)/Pagliacci / Giacomo Puccini/Ruggero Leoncavallo / Garnier / Patrice Kerbrat

Saison 1982/1983 12 Nouvelles productions
Amour des trois oranges (L') / Serguei Prokofiev / Favart / Daniel Mesguich
Dialogues des carmélites / Francis Poulenc / Favart / John Dexter
Erzsebet / Charles Chaynes / Garnier / Michael Lonsdale (Création mondiale)
Eugène Onéguine / Piotr Ilyitch Tchaikovski / Garnier / Gian Carlo Menotti
Falstaff / Giuseppe Verdi / Garnier / Georges Wilson
Fledermaus (Die) / Johann Strauss / Garnier / Richard Foreman
Lear / Aribert Reimann / Garnier / Jacques Lassalle
Luisa Miller / Giuseppe Verdi / Garnier / Luciano Damiani
Traviata (La) / Giuseppe Verdi / Favart / David Gately

Saint François d'Assise / Olivier Messiaen / Sandro Sequi (1983) - (C) BNF

Saint François d'Assise / Olivier Messiaen / Sandro Sequi (1983) - (C) BNF

Direction Massimo Bogianckino 

Saison 1983/1984 12 Nouvelles productions
Damoiselle élue (La)/Dido and Aeneas / Claude Debussy/ Henry Purcell / Favart / Nicolas Joel
Jerusalem / Giuseppe Verdi / Garnier / Jean-Marie Simon
Madama Butterfly / Giacomo Puccini / Garnier / Pierluigi Samaritani
Manon / Jules Massenet / Favart / Jean-Reynald Prêtre
Moïse et Pharaon / Gioacchino Rossini / Garnier / Luca Ronconi
Saint François d'Assise / Olivier Messiaen / Garnier / Sandro Sequi (Création mondiale)
Tannhäuser / Richard Wagner / Garnier / István Szabó
The English Cat / Hans Werner Henze / Favart / Julian Hope
Werther / Jules Massenet / Garnier / Pierluigi Samaritani

Saison 1984/1985 15 Nouvelles productions
Alceste / Christoph Willibald Gluck / Garnier / Pier Luigi Pizzi
Ariodante / Georg Friedrich Haendel / Champs Elysées / Pier Luigi Pizzi
Barbiere di Siviglia (Il) / Gioacchino Rossini / Favart / Jean-Marie Simon
Convive de pierre (Le) / Alexandre Dargomyjski / Favart / Ottomar Krejca
Docteur Faustus / Konrad Boehmer / Garnier / Charles Hamilton (Création mondiale)
Etoile (L') / Emmanuel Chabrier / Favart / Louis Erlo
Hippolyte et Aricie / Jean-Philippe Rameau / Favart / Pier Luigi Pizzi
Pelléas et Mélisande / Claude Debussy / Champs Elysées / Gian Carlo Menotti
Medea / Gavin Bryars / Champs Elysées / Robert Wilson
Robert le Diable / Giacomo Meyerbeer / Garnier / Petrika Ionesco
Stradella / César Franck / Favart / Adriano Sinivia
Tristan et Isolde / Richard Wagner / Garnier / Michael Hampe
Un Ballo in maschera / Giuseppe Verdi / Garnier / Charles Hamilton (Production Covent Garden - Otto Schenk 1975)

Saison 1985/1986 9 Nouvelles productions
Ecume des jours (L') / Edison Denisov / Favart / Jean-Claude Fall (Création mondiale)
Heure espagnole (L') / Maurice Ravel / Favart / Jean-Louis Martinoty
Médée / Luigi Cherubini / Garnier / Liliana Cavani
Salammbô / Modeste Petrovitch Moussorgski / Garnier / Youri Ljubimov (Production Teatro San Carlo)
Siège de Corinthe (Le) / Gioacchino Rossini / Garnier / Pier Luigi Pizzi
Traviata (La) / Giuseppe Verdi / Garnier / Franco Zeffirelli (Production Teatro Comunale di Bologna, co-production Metropolitan Opera)
Turn of the Screw (The) / Benjamin Britten / Favart / Michael Hampe
Vera Storia (La) / Luciano Berio / Garnier / Lluis Pasqual
Zauberflöte (Die) / Wolfgang Amadeus Mozart / Garnier / Marcel Bluwal

Norma / Vincenzo Bellini / Pier Luigi Pizzi (1987) - (C) Daniel Cande - BNF

Norma / Vincenzo Bellini / Pier Luigi Pizzi (1987) - (C) Daniel Cande - BNF

Direction Jean-Louis Martinoty

Saison 1986/1987 15 Nouvelles productions
Clemenza di Tito (La) / Wolfgang Amadeus Mozart / Favart / Federik Mirdita
Don Carlos / Giuseppe Verdi / Garnier / Marco Arturo Marelli
Don Carlo / Giuseppe Verdi / Garnier / Michel Jankeliowitch (assistant de Marco Arturo Marelli)
Don Quichotte / Jules Massenet / Garnier / Piero Faggioni
Elektra / Richard Strauss / Garnier / Seth Schneidman
Elisir d'amore (L') / Gaetano Donizetti / Garnier / Otto Schenk
Fliegende Holländer (Der) / Richard Wagner / Garnier / Jean-Louis Martinoty
I Puritani / Vincenzo Bellini / Favart / Andrei Serban (Production Welsh National Opera)
Idomeneo / Wolfgang Amadeus Mozart / Favart / Federik Mirdita
Mavra / Igor Stravinsky / Favart / Jean Guizerix
Montségur / Marcel Landowski / Garnier / Nicolas Joel (Production Théâtre du Capitole de Toulouse)
Robinson Crusoé / Jacques Offenbach / Favart / Robert Dhéry
Salomé / Richard Strauss / Garnier / Jorge Lavelli

Saison 1987/1988 11 Nouvelles productions
Célestine (La) / Maurice Ohana / Garnier / Jorge Lavelli (Création mondiale)
Cendrillon / Peter Maxwell Davies / Favart / Richard Caceres
Don Giovanni / Wolfgang Amadeus Mozart / Favart / Göran Järvefelt
Gazza ladra (La) / Gioacchino Rossini / Champs Elysées / Florian Leibrecht
Norma / Vincenzo Bellini / Garnier / Pier Luigi Pizzi
Boris Godounov (version 1869) / Modeste Petrovitch Moussorgski / Favart / Arne Mikk (Production Théâtre Estonia de Tallinn/URSS) 
Tabarro (Il) / Suor Angelica / Giacomo Puccini / Favart / Jean-Louis Martinoty
Thaïs / Jules Massenet / Favart / Nicolas Joel (Production Théâtre du Capitole de Toulouse)
Z Mrtveho Domu / Leos Janácek / Favart / Volker Schloendorff

Saison 1988/1989 4 Nouvelles productions
Doktor Faust / Ferruccio Busoni / Garnier / David Pountney (Production English National Opera / Deutsche Oper Berlin)
Maître et Marguerite (Le) / York Höller / Garnier / Hans Neuenfels (Création mondiale)
Meistersinger von Nürnberg (Die) / Richard Wagner / Garnier / Herbert Wernicke (Production Opéra de Hambourg 1984)
Rigoletto / Giuseppe Verdi / Garnier / Jean-Marie Simon

Jeanne d'Arc au bûcher / Arthur Honegger / Claude Régy (1992) - (C) Daniel Cande - BNF

Jeanne d'Arc au bûcher / Arthur Honegger / Claude Régy (1992) - (C) Daniel Cande - BNF

Direction Pierre Bergé

Saison 1989/1990 1 Nouvelle production
Troyens (Les) / Hector Berlioz / Bastille / Pier Luigi Pizzi

Saison 1990/1991 6 Nouvelles productions
Samson et Dalila / Camille Saint-Saëns / Bastille / Pier Luigi Pizzi
Un Re in ascolto / Luciano Berio / Bastille /Graham Vick (Production Covent-Garden)

Saison 1991/1992 8 Nouvelles productions
Ange de feu (L') / Serguei Prokofiev / Bastille / Andrei Serban
Barbiere di Siviglia (Il) / Gioacchino Rossini / Garnier / Dario Fo (Production Nederlandse Opera)
Boris Godounov (version 1872) / Modeste Petrovitch Moussorgski / Bastille / Yannis Kokkos (Production Teatro Comunale de Bologne) 

Saison 1992/1993 6 Nouvelles productions
Benvenuto Cellini / Hector Berlioz / Bastille / Denis Krief
Capriccio / Richard Strauss / Garnier / Johannes Schaaf (Grand Théâtre de Genève)
Jeanne d'Arc au bûcher / Arthur Honegger / Bastille / Claude Régy
Saint François d'Assise / Olivier Messiaen / Bastille / Peter Sellars (Production Festival de Salzburg)

Saison 1993/1994 8 Nouvelles productions
Adriana Lecouvreur / Francesco Cilea / Bastille / Jean-Luc Boutté
Alceste / Christoph Willibald Gluck / Bastille / Achim Freyer (Coproduction Wiener Festwochen et Staatsoper Berlin)
Brigands (Les) / Jacques Offenbach / Bastille / Jérôme Deschamps (Production Nederlandse Opera)
Fliegende Holländer (Der) / Richard Wagner / Bastille / Werner Herzog
Soldaten (Die) / Bernd Alois Zimmermann / Bastille / Harry Kupfer (Production Stuttgart)

Saison 1994/1995 5 Nouvelles productions
Iphigénie en Tauride / Christoph Willibald Gluck / Bastille / Achim Freyer (Coproduction Wiener Festwochen / Staatsoper Berlin)

Perelà, l'homme de fumée / Pascal Dusapin / Peter Mussbach (2003) - (C) ONP

Perelà, l'homme de fumée / Pascal Dusapin / Peter Mussbach (2003) - (C) ONP

Direction Hugues Gall

Saison 1995/1996 8 Nouvelles productions
Aucune

Saison 1996/1997 9 Nouvelles productions
Hippolyte et Aricie / Jean-Philippe Rameau / Garnier / Jean-Marie Villégier (Coproduction Opéra de Nice - Théâtre de Caen - Opéra de Montpellier - Brooklyn Academy of Music (New York))
Porgy and Bess / George Gershwin / Bastille / Tazewell Thompson (Production Houston Grand Opera)

Saison 1997/1998 8 Nouvelles productions
Tristan et Isolde / Richard Wagner / Bastille / Stein Winge

Saison 1998/1999 8 Nouvelles productions
Aucune

Saison 1999/2000 7 Nouvelles productions
Aucune

Saison 2000/2001 6 Nouvelles productions
Ariodante / Georg Friedrich Haendel / Garnier / Jorge Lavelli

Saison 2001/2002 8 Nouvelles productions
Attila / Giuseppe Verdi / Bastille / Josée Dayan & Jeanne Moreau
Idomeneo / Wolfgang Amadeus Mozart / Garnier / Ivan Fischer
Mädchen mit den Schwefelhölzern (Das) / Helmut Lachenmann / Garnier / Peter Mussbach (Coproduction Stuttgart et Festival d'Automne)
Mavra / Igor Stravinsky / Garnier / Humbert Camerlo (Hommage à Boris Kochno)
Medea / Rolf Liebermann / Bastille / Jorge Lavelli (Création mondiale de la version définitive)

Saison 2002/2003 7 Nouvelles productions
Boréades (Les) / Jean-Philippe Rameau / Garnier / Robert Carsen
Guillaume Tell / Gioacchino Rossini / Bastille / Francesca Zambello
Perelà, l'homme de fumée / Pascal Dusapin / Bastille / Peter Mussbach (Création Mondiale & Coproduction Opéra de Montpellier)
Vêpres siciliennes (Les) / Giuseppe Verdi / Bastille / Andrei Serban

Saison 2003/2004 8 Nouvelles productions
Espace dernier (L') / Matthias Pintscher / Bastille / Michael Simon (Création mondiale)

Parsifal / Richard Wagner / Krzysztof Warlikowski (2008)

Parsifal / Richard Wagner / Krzysztof Warlikowski (2008)

Direction Gerard Mortier

Saison 2004/2005 10 Nouvelles productions
✞ Elektra / Richard Strauss / Bastille / Matthias Hartmann
Hercules / Georg Friedrich Haendel / Garnier / Luc Bondy (Coproduction Festival d'Aix-en-Provence et Wiener Festwochen)
Incoronazione di Poppea (L') / Claudio Monteverdi / Garnier / David Alden (Coproduction Bayerische Staatsoper et Welsh National Opera)
Saint François d'Assise / Olivier Messiaen / Bastille / Stanislas Nordey
Z Mrtveho Domu / Leos Janácek / Bastille / Klaus Michael Grüber (Coproduction Teatro Real de Madrid)

Saison 2005/2006 11 Nouvelles productions
Adriana Mater / Kaija Saariaho / Bastille / Peter Sellars (Création mondiale, collaboration Ircam - Centre Pompidou)
Nos / Dimitri Chostakovitch / Bastille / Yuri Alexandrov (Production Théâtre Mariinski)
Temptation of Saint Anthony (The) / Bernice Johnson Reagon / Garnier / Robert Wilson (Coproduction Ruhrtriennale 2003, Change Performing Arts, Crt Artificio, Ortigia Festival Siracusa, Peralada, Santander Festival, Sadler's Wells London, Aventis Foundation)

Saison 2006/2007 10 Nouvelles productions
A Kékszakallu Herceg Vara/Journal d'un disparu / Béla Bartók/Leos Janácek / Garnier / Alex Ollé et Carlos Padrissa (Coproduction Gran Teatre del Liceu)
Da gelo a gelo / Salvatore Sciarrino / Garnier / Trisha Brown (Création mondiale et coproduction Festival de Schwetzingen et Grand Théâtre de Genève)
Juive (La) / Jacques Fromental Halévy / Bastille / Pierre Audi (Coproduction Nederlandse Opera)
Temps des Gitans (Le) / Stribor Kusturica / Bastille / Emir Kusturica (Création mondiale)
Troyens (Les) / Hector Berlioz / Bastille / Herbert Wernicke (Production hommage à Herbert Wernicke, reprise du Festival de Salzburg 2000)

Saison 2007/2008 8 Nouvelles productions
Ariane et Barbe-Bleue / Paul Dukas / Bastille / Anna Viebrock
Melancholia / Georg Friedrich Haas / Garnier / Stanislas Nordey (Création mondiale, coproduction Den Norske Opera et collaboration avec Stavanger)
Ode à Napoléon/Prigioniero (Il) / Arnold Schoenberg/Luigi Dallapiccola / Garnier / Lluis Pasqual
✞ Parsifal / Richard Wagner / Bastille / Krzysztof Warlikowski

Saison 2008/2009 9 Nouvelles productions
Demofoonte / Niccolo Jommelli / Garnier / Cesare Lievi (Coproduction Salzburger Festspiele et Ravenna Festival)
Eugène Onéguine / Piotr Ilyitch Tchaikovski / Garnier / Dmitri Tcherniakov (Production Théâtre Bolchoï de Moscou)
Fidelio / Ludwig Beethoven (van) / Garnier / Johan Simons
Krol Roger / Karol Szymanowski / Bastille / Krzysztof Warlikowski
Lady Macbeth de Mzensk / Dimitri Chostakovitch / Bastille / Martin Kusej (Production Nederlandse Opera)
Macbeth / Giuseppe Verdi / Bastille / Dmitri Tcherniakov (Coproduction Opéra de Novossibirsk)
Werther / Jules Massenet / Bastille / Jürgen Rose (Production Bayerische Staatsoper)

Mathis der Maler / Paul Hindemith / Olivier Py (2010)

Mathis der Maler / Paul Hindemith / Olivier Py (2010)

Direction Nicolas Joel

Saison 2009/2010 9 Nouvelles productions
Andrea Chénier / Umberto Giordano / Bastille / Giancarlo Del Monaco
Donna del lago (La) / Gioacchino Rossini / Garnier / Lluis Pasqual (Coproduction Scala de Milan)
Faust / Philippe Fénelon / Garnier / Pet Halmen (Production Théâtre du Capitole de Toulouse)
Mireille / Charles François Gounod / Garnier / Nicolas Joel 
Sonnambula (La) / Vincenzo Bellini / Bastille / Marco Arturo Marelli (Coproduction Staatsoper de Vienne et Covent-Garden)
Ville morte (La) / Erich Korngold / Bastille / Willy Decker (Coproduction Staatsoper de Vienne et Festival de Salzburg)

Saison 2010/2011 7 Nouvelles productions
Akhmatova / Bruno Mantovani / Bastille / Nicolas Joel (Création mondiale)
Francesca da Rimini / Riccardo Zandonai / Bastille / Giancarlo Del Monaco (Production Opéra de Zurich)
Mathis der Maler / Paul Hindemith / Bastille / Olivier Py
Il Trittico / Giacomo Puccini / Bastille / Luca Ronconi (Décors et costumes Production Scala de Milan et coproduction Teatro Real de Madrid)

Saison 2011/2012 8 Nouvelles productions
Arabella / Richard Strauss / Bastille / Marco Arturo Marelli (Production Graz 2008)
Cavalleria rusticana/Pagliacci / Pietro Mascagni/Ruggero Leoncavallo / Bastille / Giancarlo Del Monaco (Production Teatro Real de Madrid)
Cerisaie (La) / Philippe Fénelon / Garnier / Georges Lavaudant (Création mondiale en version scénique en collaboration avec le Théâtre Bolshoi)
Hippolyte et Aricie / Jean-Philippe Rameau / Garnier / Ivan Alexandre (Production Théâtre du Capitole de Toulouse)
Manon / Jules Massenet / Bastille / Coline Serreau

Saison 2012/2013 4 Nouvelles productions
Carmen / Georges Bizet / Bastille / Yves Beaunesne
Fille du régiment (La) / Gaetano Donizetti / Bastille / Laurent Pelly (Coproduction Covent-Garden, Vienne et New-York)
Gioconda (La) / Amilcare Ponchielli / Bastille / Pier Luigi Pizzi (Coproduction Gran Teatre del Liceu et Teatro Real de Madrid)

Saison 2013/2014 8 Nouvelles productions
Elektra / Richard Strauss / Bastille / Robert Carsen (Production originale de la fondation Teatro del Maggio Musicale Fiorentino, coproduction Tokyo Opera Nomori)
Fanciulla del West (La) / Giacomo Puccini / Bastille / Nikolaus Lehnhoff (Production Nederlandse Opera)
Incoronazione di Poppea (L') / Claudio Monteverdi / Garnier / Robert Wilson (Coproduction Scala de Milan)

Saison 2014/2015 5 Nouvelles productions
Cid (Le) / Jules Massenet / Garnier / Charles Roubaud (Production Opéra de Marseille)
Entführung aus dem Serail (Die) / Wolfgang Amadeus Mozart / Garnier / Zabou Breitman *
Roi Arthus (Le) / Ernest Chausson / Bastille / Graham Vick

Légendes des symboles

* reprise pressentie au cours des prochaines saisons
production récente dont le déclassement (destruction) est confirmé
production récente dont le déclassement (revente) est confirmé

 

A lire également, Les reprises de productions lyriques de l'Opéra national de Paris de 1988 à nos jours.

Voir les commentaires

Publié le 12 Mai 2021

Présentation de la saison lyrique 2021 / 2022 de l’Opéra national de Paris

Le 18 mai 2021 à 19h30, la première saison d’Alexander Neef à la direction de l’Opéra national de Paris fut officiellement dévoilée au grand public dans un format numérique. Elle comprend 4 nouvelles productions et 4 coproductions, dont 4 nouveautés pour le répertoire, et 13 reprises.

Avec 21 titres au total pour 196 représentations, auxquels s'ajoute une version de Concert du Château de Barbe-Bleue, elle est accueillie comme une perspective bienheureuse après quasiment 15 mois de fermeture en continu, et le fait de voir que la crise sanitaire n’a pas altéré l’évolution de la trajectoire artistique que le nouveau directeur souhaite suivre est un excellent signe pour la suite.

Le répertoire historique parisien intéresse Alexander Neef, mais avec son nouveau directeur musical, Gustavo Dudamel, il s’inscrit dans une lignée de directeurs de grandes maisons internationales qui entrent en fonction au même moment, Serge Dorny et Vladimir Jurowski à l’Opéra d’État de Bavière, Bogdan Roščić et Philippe Jordan à l’Opéra de Vienne, et qui s’apprêtent à transformer le monde de la représentation lyrique pour lui donner un nouvel élan vital.

Présentation de la saison lyrique 2021 / 2022 de l’Opéra national de Paris

Les nouvelles productions

7 Deaths of Maria Callas (Marko Nikodijević – 2019) – Coproduction Bayerische Staatsoper, Deutsche Oper Berlin, Maggio Musicale Fiorentino, Greek National Opera, Teatro San Carlo Naples
Du 01 au 04 septembre 2021 (4 représentations au Palais Garnier)
Direction musicale Yoel Gamzou, mise en scène Marina Abramović
Willem Dafoe, Adèle Charvet, Lauren Fagan, Leah Hawkins, Adela Zaharia, Selene Zanetti, Gabriella Reyes, Hera Hyesang Park

Entrée au répertoire

Plasticienne que le public du Palais Garnier connaît depuis 2013 lorsqu’elle cosigna une chorégraphie du « Boléro » de Ravel avec Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet, Marina Abramović présente une pièce sur ces héroïnes d’opéra qui meurent par amour et que Maria Callas a pour la plupart incarné intégralement sur scène ou au disque, ou au moins à travers un air tel l’« Ave Maria » de Desdemone dans Otello. Sept chanteuses interpréteront sept idées de femmes, et la voix de Marina racontera l’histoire de chaque opéra.

 

Œdipe (Georges Enescu – 1936) – Nouvelle production
Du 23 septembre au 14 octobre 2021 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Ingo Metzmacher, mise en scène Wajdi Mouawad
Christopher Maltman, Clive Bayley, Brian Mulligan, Ekaterina Gubanova, Laurent Naouri, Clémentine Margaine, Anne-Sophie von Otter, Vincent Ordonneau, Adian Timpau, Yann Beuron, Anna-Sophie Neher, Daniela Entcheva

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 22 mai 1963 (production de l’Opéra de Bucarest en version roumaine)

Basée sur les textes d’Œdipe-Roi et Œdipe à Colone de Sophocle, l’adaptation lyrique de cette tragédie par Edmond Fleg, homme de théâtre et l'un des premiers sionistes français, est la plus complète des deux autres versions connues d’Antonio Sacchini (1786) et d’Igor Stravinsky (1927). Cette œuvre monumentale raconte toutes les étapes de la vie d’Œdipe, père d’Antigone et d’Ismène.

Œdipe est l’unique opéra de Georges Enescu, et fut créé au Palais Garnier le 13 mars 1936 pour 11 représentations jouées pendant un peu plus d’un an, avant de ne revenir que pour deux soirs, le 21 et 22 mai 1963, lors du passage de la troupe de l’Opéra de Bucarest.

En octobre 2008, Nicolas Joel ressuscita ce chef-d’œuvre en langue originale au Capitole de Toulouse, ce qui permit de redécouvrir une musique qui rappelle celle de Debussy avec des réminiscences wagnériennes.

La nouvelle production de l’opéra Bastille est confiée à Wajdi Mouawad, directeur du Théâtre national de la Colline et créateur en 2015 d’un oratorio, «Les larmes d’Œdipe», qui faisait partie d’un cycle dédié au sept tragédies de Sophocle.

Turandot (Giacomo Puccini – 1926) – Coproduction Canadian Opera Company de Toronto, Théâtre National de Lituanie, Houston Grand Opera, Teatro Real de Madrid
Du 04 au 30 décembre 2021 (9 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Gustavo Dudamel, mise en scène Robert Wilson
Elena Pankratova, Guanqun Yu, Gwyn Hughes Jones, Vitalij Kowaljow, Carlo Bossi, Adrian Timpau, Jinxu Xiahou, Matthew Newlin, Sava Vemic

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 30 décembre 2002 (production de Francesca Zambello)

Dernier opéra de Puccini, Turandot connut 36 représentations à l’opéra Bastille entre 1997 et 2002, sous la direction d’Hugues Gall, puis disparut subitement pendant près de 20 ans.
L’œuvre est un pilier du répertoire de plusieurs grandes institutions internationales, le MET de New-York, le Royal Opera House Covent-Garden de Londres, La Scala de Milan, et constitue une transition vers la musique du XXe siècle.

Turandot - ms Robert Wilson

Turandot - ms Robert Wilson

Les Noces de Figaro (Wolfgang Amadé Mozart – 1786) – Nouvelle production
Du 21 janvier au 18 février 2022 (11 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Gustavo Dudamel, mise en scène Netia Jones
Peter Mattei, Maria Bengtsson / Miah Persson, Ying Fang, Ildebrando d'Arcangelo, Lea Desandre, Dorothea Röschmann, James Creswell, Michael Colvin, Christophe Mortagne, kseniia Proshina, Marc Labonnette

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 25 octobre 2012 (production de Giorgio Strehler)

Œuvre la plus jouée à l’Opéra de Paris depuis l’Ère Liebermann, Les Noces de Figaro ne disposait plus de production depuis 10 ans, et était rattrapée par La Bohème de Puccini. En confiant une nouvelle mise en scène à Netia Jones, Alexander Neef achève le cycle Da Ponte initié par Stéphane Lissner, permet au public parisien de renouer avec ce chef-d’œuvre au Palais Garnier et de découvrir l’univers d’une metteur en scène connue principalement dans les pays anglo-saxons.

A Quiet Place (Leonard Bernstein – 1983) – Nouvelle production (Création mondiale de la nouvelle orchestration pour grand orchestre)
Du 09 au 30 mars 2022 (11 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Kent Nagano, mise en scène Krzysztof Warlikowski
Patricia Petibon, Frédéric Antoun, Gordon Bintner, Russel Braun

Entrée au répertoire

En 2018, Kent Nagano enregistra une version de A Quiet Place qui réintégrait des passages coupés par Leonard Bernstein après sa création en 1983 à l’Opéra de Houston, tout en réalisant une orchestration plus légère. Pour l'Opéra de Paris, il s'agit de la création de la nouvelle orchestration pour grand orchestre. 

Il s’agit d’une entrée au répertoire pour le compositeur américain et pour son dernier opéra, et ce sujet qui analyse les relations familiales et des amours bisexuelles est confié naturellement à Krzysztof Warlikowski.

Wozzeck (Alban Berg – 1925) – Coproduction Festival de Salzbourg, New York Metropolitan Opera, Canadian Opera Company, Opera Australia
Du 10 au 30 mars 2022 (7 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Susanna Mälkki, mise en scène William Kentridge
Johan Reuter, John Daszak, Gerhard Siegel, Falk Struckmann, Eva-Maria Westbroek, Tansel Alzeybek, Mikhail Timoshenko, Tobias Westman, Heinz Göhrig

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 15 mai 2017 (production de Christoph Marthaler)

5 ans après la dernière reprise de la production de Wozzeck par Christoph Marthaler, la production de William Kentridge conçue pour le Festival de Salzbourg prendra place sur la scène Bastille. Elle permettra de découvrir ou redécouvrir le travail du metteur en scène sud-africain dont la collaboration avec la Handspring Puppet Company en 1992 avait abouti à un spectacle poignant, Woyzeck On The Highveld, basé sur la pièce de Georg Büchner.

Wozzeck - ms William Kentridge

Wozzeck - ms William Kentridge

Cendrillon (Jules Massenet- 1899) – Nouvelle production
Du 26 mars au 28 avril 2022 (12 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Carlo Rizzi, mise en scène Marianne Clément
Tara Erraught, Daniela Barcellona, Anna Stéphany, Kathleen Kim, Charlotte Bonnet, Marion Lebègue, Lionel Lhote, Philippe Rouillon, Cyrille Lovighi, Olivier Ayault, Vadim Artamonov

Entrée au répertoire

Il s’agit de l’entrée au répertoire d’une œuvre peu connue de Jules Massenet, créée à l’Opéra Comique le 24 mai 1899 et jouée 77 fois jusqu’en 1950. Elle rejoint une maison où les versions du Contes de Charles Perrault composées par Rossini (La Cenerentola) et Prokofiev (Cendrillon) font partie des incontournables, et c'est Marianne Clément qui aura la tâche d'imaginer le monde féérique de ce conte musical.

Fin de Partie (György Kurtag – 2015) – Coproduction Festival de Salzbourg, Scala de Milan, Opéra d’Amsterdam.
Du 30 avril au 19 mai 2022 (8 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Markus Stenz, mise en scène Pierre Audi
Frode Olsen, Leigh Melrose, Hilary Summers, Leonardo Cortellazzi

Entrée au répertoire

Commandé par le Festival de Salzbourg, mais créé à la Scala de Milan en 2018, Samuel Beckett: Fin de Partie, Scènes et monologues est le premier opéra d’un compositeur âgé de 92 ans.
Le livret est fidèle à la pièce, et c’est le texte français qui est mis en musique. Les quatre interprètes et le directeur musical sont ceux qui contribuèrent à la création.

Iphigénie en Tauride - ms Krzysztof Warlikowski

Iphigénie en Tauride - ms Krzysztof Warlikowski

Les reprises

Iphigénie en Tauride (Christoph Willibald Gluck – 1779)
Du 14 septembre au 02 octobre 2021 (7 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Thomas Hengelbrock / Inaki Encina Oyon, mise en scène Krzysztof Warlikowski (2006)
Tara Erraught, Jarrett Ott, Julien Behr, Jean-François Lapointe, Marianne Croux, Jeanne Ireland, Christophe Gay

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 25 décembre 2016

 

 

L’Élixir d’amour (Gaetano Donizetti – 1832) - Coproduction Royal Opera House - Covent Garden, Londres
Du 28 septembre au 09 novembre 2021 (12 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Giampaolo Bisanti / Leonardo Sini, mise en scène Laurent Pelly (2006)
Sydney Mancasola, Matthew Polenzani / Pene Pati, Simone Del Savio, Carlo Lepore / Ambrogio Maestri, Lucrezia Drei

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 25 novembre 2018

Der Fliegende Holländer (Richard Wagner – 1843)
Du 07 octobre au 06 novembre 2021 (9 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Hannu Lintu, mise en scène Willy Decker (2000)
Günther Groissböck, Ricarda Merbeth, Michael Weinius, Tomasz Konieczny, Agnes Zwierko, Thomas Atkins

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 09 octobre 2010

Le Vaisseau Fantôme - ms Willy Decker

Le Vaisseau Fantôme - ms Willy Decker

Rigoletto (Giuseppe Verdi – 1851)
Du 23 octobre au 24 novembre 2021 (16 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Dan Ettinger / Giacomo Sagripanti, mise en scène Claus Guth (2016)
Dmitry Korchak / Joseph Calleja, Ludovic Tézier / Zeljiko Lucic, Nadine Sierra / Irina Lungu, Goderdzi Janelidze, Justina gringyte, Cassandre Berthon, Bogdan Talos, Jean-Luc Ballestra, Macej Kwasnikowski, Florent Mbia, Isabelle Wnorowska, Henri Bernard Guizirian

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 27 juin 2017

Alcina (Georg Friedrich Haendel – 1735)
Du 25 novembre au 30 décembre 2021 (13 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Thomas Hengelbrock / Inaki Encina Oyon (Balthasar Neumann Ensemble), mise en scène Robert Carsen (1999)
Jeanine De Bique, Gaëlle Arquez, Sabine Devieilhe / Elsa Benoît, Roxana Constantinescu, Rupert Charlesworth, Nicolas Courjal

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 12 février 2014

La Khovantchina (Modeste Moussorgski – 1886) - Coproduction Teatro del Maggio Musicale Fiorentino
Du 26 janvier au 18 février 2022 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Harmut Haenchen, mise en scène Andrei Serban (2002)
Dimitry Ivashchenko, Sergei Skorokhodov, John Daszak, Evgeny Nikitin, Dmitry Belosselskiy, Anita Rachvelishvili, Caroline Wilson, Gerhard Siegel, Olga Busuioc, Wojtek Smilek, Vasily Efimov, Tomasz Kumiega

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 09 février 2013

La Khovantchina - ms Andrei Serban

La Khovantchina - ms Andrei Serban

Don Giovanni (Wolfgang Amadé Mozart - 1787) - Coproduction New-York Metropolitan Opera
Du 01 février au 11 mars 2022 (13 représentations à l’opéra Bastille
)
Direction musicale Bertrand de Billy, mise en scène Ivo van Hove (2019)
Christian Van Horn, Alexander Tsymbalyuk, Adela Zaharia, Pavel Petrov, Nicole Car, Krzysztof Baczyk, Mikhail Timoshenko, Anna El-Khashem

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 13 juillet 2019

Manon (Jules Massenet – 1884)
Du 06 au 26 février 2022 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale James Gaffigan, mise en scène Vincent Huguet (2020)
Ailyn Pérez, Joshua Guerrero, Andrzej Filonczyk, Jean Teitgen, Rodolphe Briand, Marc Labonnette, Andrea Cueva Molnar, Ilanah Lobel-Torres, Jeanne Ireland, Philippe Rouillon

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 10 mars 2020 (Captation à huis clos)

Elektra (Richard Strauss – 1909) Production originale de la Fondation Teatro del Maggio Musicale Fiorentino
Du 10 mai au 01 juin 2022 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Semyon Bychkov / Case Scaglione, mise en scène Robert Carsen (2013)
Waltraud Meier, Christine Goergke, Elza van den Heever, Gerhard Siegel, Tomas Tomasson

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 01 décembre 2013

Elektra - ms Robert Carsen

Elektra - ms Robert Carsen

Parsifal (Richard Wagner – 1882)
Du 24 mai au 13 juin 2022 (7 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Simone Young, mise en scène Richard Jones (2018)
Iain Paterson, Reinhard Hagen, Kwangchul Youn, Falk Struckmann, Marina Prudenskaya, Simon O'Neill, Neal Cooper, Willliam Thomas

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 23 mai 2018

Le Barbier de Séville (Gioachino Rossini – 1816)
Du 30 mai au 19 juin 2022 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Roberto Abbado, mise en scène Damiano Michieletto (2014)
René Barbera, Renato Girolami, Marianne Crebassa, Andrzej Filonczyk, Alex Esposito, Katherine Broderick, Christian Rodrigue Mougoungou

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 12 février 2020

Platée (Jean-Philippe Rameau – 1745) - Coproduction Grand Théâtre de Genève, Opéra national de Bordeaux, Opéra national de Montpellier, Théâtre de Caen, Opéra de Flandre
Du 17 juin au 12 juillet 2022 (11 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Marc Minkowski (Les Musiciens du Louvre), mise en scène Laurent Pelly (1999)
Mathias Vidal, Nahuel di Pierro, Marc Mauillon, Julie Fuchs / Amina Edris, Tamara Bounazou, Lawrence Brownlee, Jean Teitgen, Reinoud van Mechelen, Adriana Bignani-Lesca

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 08 octobre 2015

Faust (Charles Gounod – 1859)
Du 28 juin au 13 juillet 2022 (6 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Thomas Hengelbrock, mise en scène Tobias Kratzer (2021)
Benjamin Bernheim, Christian Van Horn, Florian Sempey, Guilhem Worms, Angel Blue, Emily D'Angelo, Sylvie Brunet-Grupposo

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 26 mars 2021 (Captation vidéo)

Faust - ms Tobias Kratzer

Faust - ms Tobias Kratzer

Version de Concert

Le Château de Barbe-Bleue (Béla Bartók– 1918)
Le 09 janvier 2022 (1 représentation à l'opéra Bastille)

Direction musicale Josep Pons - Orquestra Simfònica del Gran Teatre del Liceu de Barcelone
Ausriné Stundyté, Sir Bryn Terfel

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 11 mai 2018

Premières impressions sur la saison 2021/2022

Cette première saison révèle une véritable volonté de représenter équitablement différentes époques de l’histoire de l’opéra avec 2 œuvres baroques, 3 œuvres classiques, 2 opéras bouffes italiens, 5 œuvres issues des courants romantiques français, russes et italiens du XIXe siècle, 2 opéras de Wagner, 5 œuvres du XXe siècle, 2 créations contemporaines.

Il s’agit donc d’une première rupture avec la direction de Stéphane Lissner qui se focalisait fortement sur le XIXe siècle, bien que la programmation reprenne une partie des éléments de sa dernière saison.
Ainsi, Giuseppe Verdi n’est représenté que par Rigoletto, mais avec 16 représentations à l’affiche.

Les nouvelles productions

Le fait que 4 nouvelles productions soient des nouveautés au répertoire et que 3 productions (Turandot et Les Noces de Figaro, toutes deux dirigées par Gustavo Dudamel, et Oedipe) soient des productions d’œuvres du répertoire qui ne disposaient plus de scénographie va fortement contribuer à élargir le panorama musical de la saison 2021/2022 et donc attiser la curiosité des spectateurs. Par ailleurs, 6 de ces nouvelles productions sont tournées vers les œuvres du XXe et XXIe siècle, ce qui est considérable. Sera particulièrement à suivre la création mondiale de la nouvelle orchestration pour grand orchestre de Kent Nagano pour A Quiet Place.

Les reprises

Parmi les reprises, quatre œuvres n’avaient plus été entendues depuis au moins 8 ans, Alcina, Le Vaisseau Fantôme, La Khovantchina, Elektra, et elles bénéficient d’une esthétique soignée (Decker, Carsen et Serban) qui leur donne une solide durabilité depuis plus de 20 ans pour certaines d’entre elles.

L’opéra en langue française

Il y a pas moins de 7 opéras en langue française, soit deux tragédies lyriques, Iphigénie en Tauride et Œdipe, une comédie lyrique, Platée, un opéra-comique, Manon, une tragédie romantique, Faust, un Conte de Fée, Cendrillon, et un opéra en un acte, Fin de Partie.

Il faut remonter à la saison 2000/2001 d’Hugues Gall pour retrouver une telle prépondérance de la langue de Molière à l’opéra qui va couvrir un tiers de la programmation avec une diversité musicale inédite.

Alcina - ms Robert Carsen

Alcina - ms Robert Carsen

Les tarifs 2021/2022

Les tarifs de cette première saison sont équivalents à ceux de la saison 2019/2020 de Stéphane Lissner (la moins chère de son mandat) et se stabilisent en moyenne à 120 euros à l’Opéra Bastille, ce qui est un bon prix alors que les 130 euros avaient été dépassés il y a quelques années.

Sur cette grande scène où seront représentés les 2/3 des opéras, les deux spectacles aux tarifs les plus élevés (210 euros en optima) sont Turandot (Nouvelle Production pour Paris) et la reprise de Don Giovanni (prix moyen 142 euros).

Pour Rigoletto et Le Barbier de Séville, il s'agit d'un changement de catégorie à la hausse car ils étaient classés en catégorie reprise à 180 euros en optima il y a deux ans (prix moyen 111 euros).

Dans la catégorie à 170 euros en optima (prix moyen 113 euros), on retrouve les reprises du Vaisseau Fantôme, La Khovantchina, Manon, Elektra et Faust.

C'est une forte baisse de prix pour Manon (créé en 2020 en catégorie optima à 210 euros), et une baisse plus modérée pour Faust (créé en catégorie optima à 195 euros cette année).

Enfin, on trouve en catégorie à 145 euros en optima (prix moyen 90 euros), la reprise de L'Elixir d'Amour (catégorie inchangée) et la nouvelle production de Wozzeck qui est même 12% moins chère que la dernière reprise de la production de Marthaler en 2016/2017.

Et bonne nouvelle, le prix des places de catégorie 8 (190 places par soir) pour Wozzeck et L'Elixir d'Amour est passé à 25 euros (contre 35 euros dans la logique des années précédentes), ce qui est une baisse tout à fait appréciable.

Sauf exception, il n'y a plus de places à plus de 210 euros.

Voir les commentaires