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Publié le 23 Novembre 2025

Tosca (Giacomo Puccini – Rome, le 14 janvier 1900)
D’après le drame de Victorien Sardou ‘La Tosca’ (1887)
Répétition générale du 20 novembre 2025
Opéra Bastille

Floria Tosca Saioa Hernández
Mario Cavadarossi Roberto Alagna
Il Barone Scarpia Alexey Markov
Cesare Angelotti Amin Ahangaran
Spoletta Carlo Bossi
Il Sagrestano André Heyboer
Sciarrone Florent Mbia
Un carceriere Bernard Arrieta
Un berger Aloys Bardelot-Sibold (Maîtrise de Paris du CRR de Paris)

Direction musicale Oksana Lyniv
Mise en scène Pierre Audi (2014)

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Roberto Alagna n’avait jamais abordé le rôle de Mario, même en remplacement, sur la scène de l’opéra Bastille où il fit ses débuts il y a 30 ans, le 26 janvier 1995, dans le rôle d’Edgardo di Ravenswood de ‘Lucia di Lammermoor’.

Roberto Alagna (Mario Cavadarossi) et Saioa Hernández (Floria Tosca)

Roberto Alagna (Mario Cavadarossi) et Saioa Hernández (Floria Tosca)

Depuis, le public de l’Opéra national de Paris a pu l’entendre dans les premiers rôles de ‘La Bohème’ (il remplaça mémorablement Marcelo Alvarez pour la première de la reprise d’octobre 2003), ‘Il Trovatore’, ‘Manon’, ‘Francesca da Rimini’, ‘Faust’, ‘Werther’, ‘Le Cid’, ‘Le Roi Arthus’, ‘L’Elisir d’Amore’, ‘Carmen’, ‘La Traviata’, ‘Don Carlo’ et ‘Otello’ malgré deux absences prolongées sur la période 1996-2000, puis sur la période 2005-2010.

Il aurait du chanter Mario à Bastille en Mai 2021 avec son épouse Aleksandra Kurzak, mais la situation sanitaire mondiale en décida autrement. Il laisse cependant un témoignage cinématographique inoubliable dans la version filmée de ‘Tosca’ en 2001, sous la direction de Benoît Jacquot, auprès de Ruggero Raimondi et Angela Gheorghiu.

Roberto Alagna (Mario Cavadarossi)

Roberto Alagna (Mario Cavadarossi)

Le dimanche 23 novembre 2025, il aborde donc son 15e premier rôle et sa 115e représentation sur la scène de l’institution nationale, et dès la dernière répétition il a offert une puissance de rayonnement fabuleuse lors de son premier air d’extase ‘Recondita armonia’, son timbre boisé se pliant à une conduite du souffle large et homogène avec une endurance et une précision d’élocution absolument splendides.

Et comme le public ressent une générosité qui lui semble directement destinée, le retour en salle ne se fera pas attendre face à une telle vaillance qui défie le temps.

Saioa Hernández (Floria Tosca)

Saioa Hernández (Floria Tosca)

Incarnant un Mario très mûr, son jeu est beaucoup plus impliqué dans la réflexion et la retenue de ses impulsivités naturelles, ce qui donne l’impression que son personnage sait d’emblée quelle sera l’issue de sa confrontation avec Scarpia, alors que la Tosca de sa partenaire, Saioa Hernández, solide et fort à l’aise dans la tenue de souffle de toute la partie aiguë du rôle, est beaucoup engagée dans un jeu nerveux avec un timbre qui, dans le médium, exprime des sentiments très névrosés.

Le ténor français fait par ailleurs entendre un magnifique allégement du chant dans ‘E lucevan le stelle’ d’une poésie crépusculaire fort sensible avant les retrouvailles avec Tosca et la scène d’exécution.

Alexey Markov (Il Barone Scarpia)

Alexey Markov (Il Barone Scarpia)

Présent lors de la dernière reprise en septembre 2022, à l’instar de Saioa Hernández, le baryton russe Alexey Markov affiche une excellente droiture qui départit de toute caricature le personnage de Scarpia. Il lui donne même quelque chose d’un peu insaisissable, mélange de fermeté mais aussi de noblesse à la limite de la séduction au point que son assassinat peut susciter la compassion, d’autant plus que Saioa Hernández décrit une femme que l’on sent prête à tuer dès les premières scènes. Le final du second acte conserve en tout cas toute sa force dramatique.

Alexey Markov (Il Barone Scarpia) et Roberto Alagna (Mario Cavadarossi)

Alexey Markov (Il Barone Scarpia) et Roberto Alagna (Mario Cavadarossi)

Les seconds rôles sont par ailleurs tous très bien tenus, le sobre Cesare Angelotti d’Amin Ahangaran, le Spoletta de Carlo Bossi, dont la franchise sarcastique du timbre se distingue toujours clairement, ou bien la probité très bien maîtrisée de Florent Mbia en Sciarrone.

Roberto Alagna (Mario Cavadarossi)

Roberto Alagna (Mario Cavadarossi)

A la direction musicale, la cheffe d’orchestre ukrainienne Oksana Lyniv, qui dirige au festival de Bayreuth ‘Le Vaisseau fantôme’ depuis 2021 dans la production de Dmitri Tcherniakov, embarque l’orchestre dans un ouvrage qu’elle a abordé pour la première fois en 2019 au Deutsche Oper Berlin, en soignant la souplesse des drapés, l’attention aux solistes, tout en ayant une tendance à favoriser la prégnance des cuivres. Sans être exacerbé, le rythme théâtral est bien tenu, et Oksana Lyniv fait entendre l’ouverture du 3e acte, passage lent qui prépare le public à l’air ‘ E lucevan le stelle’, en mettant en exergue des résonances de percussions qui donnent un effet majestueusement froid et fantastique, ce qui confirme cette volonté de ne pas trop verser dans le mélodrame.

S'y ajoute un chœur bien préparé et d'un grand éclat qui achève de donner une forte présence à toutes les composantes musicales de cette reprise qui va afficher complet pour cet hiver.

Tosca - Acte III (Mise en scène Pierre Audi)

Tosca - Acte III (Mise en scène Pierre Audi)

Toutes les représentations jusqu'à la fin de l'année sont rendues en hommage à Pierre Audi disparu brutalement au mois de mai 2025. Les images les plus saisissantes de cette mise en scène, qui en est à sa 70e représentation depuis 2014, résident dans l’utilisation d’une croix massive qui devient de plus en plus oppressante au second acte en dominant la scène sous des lueurs rouge-sang ou d’un éclat d’argent, et dans la symbolique du suicide de Tosca par un faux baisser de rideau qui révèle la cantatrice marchant vers un mystérieuse soleil glacial.

Alexey Markov, Saioa Hernández et Roberto Alagna - Répétition générale

Alexey Markov, Saioa Hernández et Roberto Alagna - Répétition générale

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Publié le 13 Novembre 2025

Der Ring des Nibelungen - Die Walküre (Richard Wagner – Munich, le 26 juin 1870)
Répétition générale du 05 novembre 2025 et représentations du 11 et 30 novembre 2025
Opéra Bastille

Siegmund Stanislas de Barbeyrac
Sieglinde Elza van den Heever
Brünnhilde Tamara Wilson
Wotan Christopher Maltman
Hunding Günther Groissböck
Fricka Ève-Maud Hubeaux
Gerhilde Louise Foor
Ortlinde Laura Wilde
Waltraute Marie-Andrée Bouchard-Lesieur
Schwertleite Katherina Magiera
Helmwige Jessica Faselt
Siegrune Ida Aldrian
Grimgerde Marvic Monreal
Rossweisse Marie-Luise Dreßen

Direction Musicale Pablo Heras-Casado
Mise en scène Calixto Bieito (2025)
Nouvelle production

Diffusion sur France Musique le 24 janvier 2026 à 20h dans l’émission de Judith Chaîne ‘Samedi à l’Opéra’.

Synopsis

Siegmund
Pour se protéger du pouvoir de l’anneau qui lui échappe dorénavant, Wotan prend deux mesures : avec l’aide des neufs Walkyries – la plus aimée est Brünnhilde qu’il eut d’Erda – il réunit dans le Walhalla une armée de guerriers pour le défendre; en même temps, il se met en quête d’un héros libre de toute dépendance envers lui et son engagement rompu. Il croit l’avoir trouvé en Siegmund, le fils que, sous le nom de Wälse, il eut d’une simple mortelle et auquel il donna l’épée magique Notung.

Fricka, gardienne de la morale
Mais Siegmund et Sieglinde, sa sœur jumelle, s’aiment d’un amour incestueux. Fricka, femme de Wotan et gardienne de la sainteté du mariage, demande la mort de Siegmund, ajoutant qu’il ne saurait être le héros désiré par Wotan puisque le dieu le protège. Wotan, faisant taire ses sentiments, décide la mort de Siegmund.

La désobéissance de Brünnhilde
Brünnhilde, prise de compassion pour les jumeaux amants, cherche vainement à sauver Siegmund. Pour la punir de sa désobéissance, Wotan la condamne à être enchaînée en haut du roc des Walkyries, entourée de flammes par le dieu Loge et plongée dans un profond sommeil dont seul un héros, sur lequel Wotan n’a aucun pouvoir, saura l’éveiller.

La naissance de Siegfried
Mais Brünnhilde a pu du moins protéger Sieglinde. Elle lui remet les tronçons de l’épée Notung brisée par la lance de Wotan et prédit que Sieglinde donnera naissance « au plus noble héros du monde ». Sieglinde, errant dans la forêt, se réfugie dans la cave de Mime, le forgeron, et là donne le jour à un fils, qu’elle nomme Siegfried ; avant de mourir, elle le confie à Mime avec les fragments de Notung.

Stanislas de Barbeyrac (Siegmund) et Elza van den Heever (Sieglinde)

Stanislas de Barbeyrac (Siegmund) et Elza van den Heever (Sieglinde)

A l’approche du 150e anniversaire du Festival de Bayreuth, les Ring fleurissent partout dans le monde, certains cycles étant même déjà achevés tels ceux de Géza M. Tóth à Budapest, Andreas Homoki à Zurich, Chen Shi-Zheng à Brisbane, Stefan Herheim au Deutsche Oper, Dmitri Tcherniakov au Staatsoper de Berlin, Romeo Castelluci / Pierre Audi à la Monnaie de Bruxelles, Plamen Kartaloff à Sofia, Brigitte Fassbaender à Erl ou bien Benedikt von Peter à Bâle.

D’autres sont en cours de réalisation sur plusieurs saisons, David McVicar à la Scala de Milan, Barrie Kosky au Royal Opera House de Londres, Tobias Kratzer à Munich, et d’autres vont débuter prochainement tels ceux de Kirill Serebrennikov à Salzburg, Markus Lobbes à Bayreuth en 2026 (suivi de Vasily Barkhatov en 2028), Tatjana Gürbaca à Oslo et Yuval Sharon à New-York.

Le mystère plane en revanche sur le metteur en scène du prochain ‘Ring’ de l’opéra de Vienne.

La Walkyrie (Wilson van den Heever Hubeaux Maltman de Barbeyrac Heras-Casado Bieito) Opéra Paris

La charge dramaturgique et politique est si importante dans cette saga monumentale qu’elle permet une diversité de lectures qui partent d’un narratif mythologique très proche de la trame initiale jusqu’à la mise en perspective de thèmes plus contemporains sur la course au pouvoir et le désir de possession.

Et avec Calixto Bieito à la mise en scène, nous savons qu’il s’agit souvent de montrer comment une œuvre porte en elle quelque chose de visionnaire qui se retrouve dans la réalité d’aujourd’hui, démarche qui déconcertera toujours un peu le spectateur qui attend de l’opéra qu’il le sorte du monde réel forcément décevant.

Très attendue après un prologue qui plaçait les technologies de l’information au centre de l’enjeu de pouvoir, cette première journée du Ring s’inscrit dans la continuité de ‘L’Or du Rhin’, ce qui n’est pas toujours le cas dans certaines productions qui le traitent comme un volet un peu à part.

Tout au long des trois actes, le décor repose, dans cette production, sur une immense structure verticale et frontale dressée à l’avant scène qui comprend plusieurs pièces qui vont se révéler au cours du développement de l’histoire, des projections vidéos temps réel ou préenregistrées s’y incrustant de façon très impressive.

Elza van den Heever (Sieglinde) et Stanislas de Barbeyrac (Siegmund)

Elza van den Heever (Sieglinde) et Stanislas de Barbeyrac (Siegmund)

Le metteur en scène décrit d’abord un monde qui a totalement détruit l’environnement naturel terrestre ou il vit et où l’air est devenu irrespirable. Siegmund fuit à travers une ville détruite et arrive à la demeure de Hunding démolie par les bombardements. 

Seul un arbre bien frêle survit au milieu de la pièce principale, au lieu du tronc d’un chêne puissant, et le jeune fuyard surgit équipé d’un masque à gaz, alors que Sieglinde, femme asservie, l’accueille sur la défensive et armée, attitude dictée par le temps de guerre.

Des caméras de surveillance sont disposées à plusieurs endroits, et l’action est resserrée dans une alcôve au milieu d’un décorum de jeux d’ombres d’un vert-jaune maladif dans la tonalité de la forêt où l’action se déroule.

Günther Groissböck (Hunding)

Günther Groissböck (Hunding)

Il aura fallu attendre 70 ans depuis le dernier Siegmund français d’envergure internationale, Charles Fronval, qui l'interpréta jusqu’en 1956 dans sa langue natale sur les planches du Palais Garnier auprès de Régine Crespin, pour qu’émerge en la personne de Stanislas de Barbeyrac un chanteur français capable d’appréhender ce personnage wagnérien à la fois héroïque et sensible avec une plénitude fascinante. 

Incarnation virile et chaleureuse, timbre mur et ombré qui rend justice à un héros incarnant la jeunesse avec une profondeur fort touchante, Stanislas de Barbeyrac est d’une splendide expressivité, variant intonations, noirceurs bien marquées ou bien exclamations plus feutrées avec une belle longueur de souffle, le jeu d’acteur que lui prodigue Calixto Bieito lui donnant de plus une densité passionnante et aussi un charme formidable.

Puissante avec une impressionnante contenance dans les aigus, mais toujours dotée d’un métal très clair, Elza van den Heever est amenée à arborer un jeu fortement plaintif, la souffrance physique de Sieglinde prenant le dessus sur l’expressivité d’angoisses plus existentielles, et il est sans doute un peu dommage que le metteur en scène ait privilégié un rapport très brut à Siegmund, fort crédible par ailleurs, plutôt qu'une relation plus mystérieuse et interrogative.

Tamara Wilson (Brünnhilde) et Stanislas de Barbeyrac (Siegmund)

Tamara Wilson (Brünnhilde) et Stanislas de Barbeyrac (Siegmund)

Ce premier acte est aussi l’occasion d’apprécier l’assurance très bien tenue de Günther Groissböck, Hunding déjà présent sur cette scène en 2013, certes contenu à un rôle peu flatteur, sorte d’officier du pouvoir aux relents fascistes, mais qui fait entendre une ligne soignée avec des noirceurs acérées.

La direction musicale de Pablo Heras-Casado est d’emblée prégnante avec un allant fluide qui préserve beaucoup d’intimité aux premières scènes aux couleurs délicates, la rondeur des cordes sombres vibrant d’un son plein et somptueux, et les cuivres brillant d’un éclat d’or avec toutefois une certaine réserve.

Certains wagnériens pourraient préférer plus de fauvisme et de traits violents, mais il en découle une restitution de la musique de Wagner très lumineuse et plastique qui prend à contre-pied les clichés que l’on pourrait lui associer. Un univers poétique s’épanouit en conséquence, en opposition avec la rudesse de la vie qui est présentée sur scène.

D’ailleurs, à leur retour en fosse après le premier entracte, le chef d’orchestre et les musiciens de l’Opéra de Paris sont accueillis par une ovation d’une intensité phénoménale et peu habituelle.

Christopher Maltman (Wotan) et Ève-Maud Hubeaux (Fricka)

Christopher Maltman (Wotan) et Ève-Maud Hubeaux (Fricka)

Le second acte commence par la traque de Siegmund et Sieglinde représentée sous le prisme d’un viseur infrarouge montrant deux chiens-loups aux mâchoires puissantes et des chasseurs qui poursuivent des animaux sauvages, cerf et sanglier, mais aussi le couple de frère et sœur, ce qui renvoie inévitablement une image de l’homme s’en prenant à la nature; l'angle technologique choisi par Calixto Bieito dans ‘L’Or du Rhin’ se renforce ainsi par la suite.

Wotan apparaît tel le maître d’un centre concentrant de multiples liaisons de données qui lui permettent de dominer le monde tout en captant le maximum d’informations. 

Remplaçant Iain Paterson temporairement souffrant, Christopher Maltman, le Wotan du ‘Ring’ du Royal Opera House de Londres, s’impose par sa puissance autoritaire et ses assombrissements de timbre d’une impressionnante éloquence sans jamais altérer sa tessiture, avec des attitudes corporelles solidement expressives qui lui donnent beaucoup de véracité, une ampleur qui paraît très aisée.

Le moment où Wotan renonce à protéger Siegmund sous la pression de sa femme le voit détruire son propre système de domination alors que des relents suicidaires le traversent de toutes parts.

Tamara Wilson (Brünnhilde) et Christopher Maltman (Wotan)

Tamara Wilson (Brünnhilde) et Christopher Maltman (Wotan)

Le traitement initial de Brünnhilde en enfant immature jouant avec un cheval bâton apporte cependant une touche d’humour qui accentue le grotesque de ses Hoiotoho!, mais en partant de cette attitude loufoque, le metteur en scène montre comment le rapport entre Wotan et sa fille va s’inverser, cette dernière d’abord chahutée prenant le dessus au point de menacer physiquement son père, ce qui va avoir pour effet de très bien mettre en valeur le jeu de Tamara Wilson et lui donner une contenance attachante.

Mélange de malléabilité et d’incisivité au métal d’argent, la soprano américaine incarne une Walkyrie audacieuse au chant vif et épuré tout en restant très humaine et accessible, ce qui est renforcé par la mise en scène également.

Dans ce même acte, Ève-Maud Hubeaux est une fascinante Fricka, jeune et sensuelle, présentée en femme allemande nazie avec le symbole de la Frauenwerk tatoué sur sa poitrine, façon pour le metteur en scène de montrer comment des femmes conservatrices, ce qu’est la femme de Wotan, avaient pu se rallier au pire des régimes sous le IIIe Reich.

La mezzo soprano française a une façon d’être et de chanter fort charismatique avec un franc déploiement vocal qui mélange féminité et troublante sauvagerie à admirer sans broncher.

Ève-Maud Hubeaux (Fricka)

Ève-Maud Hubeaux (Fricka)

Au fur et à mesure de cet acte, le décor s’illumine sur plusieurs étages avec une complexité de jeux d’ombres et de lumières sidérants, et lorsque réapparaît le couple de jumeaux,  Elza van den Heever ne semble plus qu’incarner une Sieglinde souffrant le martyre à l’approche de la naissance de Siegfried. Elle lance ses appels de douleurs hors d’elle même avec tout ce qu’elle a dans le corps, alors que Stanislas de Barbeyrac continue à être tout aussi vigoureusement enflammé.

Wotan le tuera pourtant de sa propre main – brisant encore plus ses propres lois et son propre système -, malgré un geste affectif d’enlacement de la part de son fils qui ne le touchera pas.

Chevauchée des Walkyries

Chevauchée des Walkyries

Calixto Bieito interpelle ensuite directement l’assistance lors de l’ouverture du 3e acte qu’il déclenche sous des projecteurs tournés vers la salle alors qu’une vidéo numérique défile au dessus de spectateurs aux cerveaux altérés par des implants numériques. La chevauchée des Walkyries devient le vecteur d’une angoisse personnelle vis à vis d’un monde qui perdrait toute son humanité en se laissant envahir par le progrès technologique – un petit robot à quatre pattes viendra narguer l’auditoire -, alors que des images de guerres et de tirs de missiles se mêlent à toutes sortes de références à la société de consommation pour aboutir à une perte de sens totale.

Les Walkyries ne sont plus que des soldats drones au yeux numériques verts jetant les corps de civils de tous les côtés, image inévitablement empruntée au conflit en cours en Ukraine, mais dont le public français bien loti pourrait se sentir éloigné.

Tout au long de cet acte, Pablo Heras-Casado maintient un sens précis du discours et de la respiration musicale avec les chanteurs en privilégiant une gradation progressive de l'intensité orchestrale, ce qui vaut de très beaux effets dramatiques semblant émerger d’une trame continuellement vivante. 

Christopher Maltman (Wotan)

Christopher Maltman (Wotan)

Les huit sœurs de Brünnhilde, dispersées partout en hauteur, chantent à en donner le tournis, puis viennent protéger la Walkyrie de la fureur de Wotan qui se révélera finalement bien trop désaxé.

Le décor s’ouvre et découvre un univers urbain défiguré prêt à s’embraser, mais Calixto Bieito préfère sacrifier l’émotion des adieux d’un père à sa fille pour montrer le non sens d’un acte qui consiste à brûler ce qu’il reste de l’humanité que symbolise Brünnhilde elle-même, quelques dérisoires masques à gaz dispersés au sol restant insuffisants à sauver ne seraient-ce les spectateurs présents ce soir alors que la fumée envahit le parterre. 

Stanislas de Barbeyrac, Elza van den Heever, Tamara Wilson, Christopher Maltman, Ève-Maud Hubeaux, Günther Groissböck et Marie-Andrée Bouchard-Lesieur

Stanislas de Barbeyrac, Elza van den Heever, Tamara Wilson, Christopher Maltman, Ève-Maud Hubeaux, Günther Groissböck et Marie-Andrée Bouchard-Lesieur

Avec cette vision pessimiste et sarcastique, Calixto Bieito réussit à donner un élan à son travail, à l’inscrire dans une problématique qui bouleverse aujourd’hui les repères de notre société, et, de surcroît, extrait de chaque chanteur un jeu qui les transcende et les porte à leur meilleur.

Cela donne beaucoup d’intérêt à l’attente des deux prochains volets, d’autant plus que Pablo Heras-Casado semble lui aussi avoir trouvé une unité musicale plus apaisée dans son rapport à ce chef-d’œuvre incontournable. Alors vivement l’hiver prochain pour découvrir quelle place va trouver Siegfried dans ce monde en perdition!

Stanislas de Barbeyrac, Elza van den Heever, Tamara Wilson, Pablo Heras-Casado, Christopher Maltman, Ève-Maud Hubeaux et Günther Groissböck

Stanislas de Barbeyrac, Elza van den Heever, Tamara Wilson, Pablo Heras-Casado, Christopher Maltman, Ève-Maud Hubeaux et Günther Groissböck

Dernière représentation du 30 novembre 2025

Ce dimanche après-midi là, Pablo Heras-Casado réussit une impressionnante fusion entre l'éruptivité orchestrale et l'expressivité des chanteurs tout en déliant une magnifique clarté pulsée au tissu musical. Avec un tel engagement des musiciens jouant aussi bien le jeu du dramatisme tranchant que celui d'une poétique vibrante, les solistes semblent encore plus enclin à donner le maximum d'eux-mêmes ce qui va engendrer une inévitable ovation survoltée au rideau final.

Elza van den Heever, Stanislas de Barbeyrac, Tamara Wilson, Pablo Heras-Casado et Christopher Maltman, le 30 novembre 2025

Elza van den Heever, Stanislas de Barbeyrac, Tamara Wilson, Pablo Heras-Casado et Christopher Maltman, le 30 novembre 2025

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Publié le 27 Septembre 2025

Aida (Giuseppe Verdi – 24 décembre 1871, Le Caire)
Représentations du 24 septembre et du 22 octobre 2025
Opéra Bastille

Aida           Saioa Hernández (24/09)
                   Ewa Płonka (22/10)
Radames    Piotr Beczała (24/09)
                  Gregory Kunde (22/10)
Amneris     Eve-Maud Hubeaux (24/09)
                   Judit Kutasi (22/10)
Amonasro  Roman Burdenko
Ramfis       Alexander Köpeczi
Il Re           Krzysztof Bączyk
Un messaggero  Manase Latu
Sacerdotessa      Margarita Polonskaya

Direction musicale Michele Mariotti (24/09)
                               Dmitry Matvienko (22/10)
Mise en scène et vidéos Shirin Neshat (2025)
Décors Christian Schmidt
Costumes Tatyana van Walsum
Lumières Felice Ross
Chorégraphie Dustin Klein

 

Production créée au Festival de Salzbourg (2017 et 2022), reprise en coproduction avec le Teatre del Liceu, Barcelone
Retransmission en direct le vendredi 10 octobre 2025 à 19h30 sur Paris Opera Play, la plateforme de l’Opéra national de Paris, et diffusion le samedi 08 novembre 2025 sur France Musique à 20 h.
La représentation d’’Aida’ du 24 septembre 2025 est la 688e à l’Opéra de Paris et la 1ère dans cette mise en scène.

Après deux séries de représentations, l’une à l’automne 2013, l’autre à l’été 2016, dans la production critique du colonialisme imaginée par Olivier Py, puis celle de Lotte de Beer jouée pour 2 soirs à huis-clos en février 2021, mais que le grand public ne verra pas vu l’inconfort pour les artistes qu’elle représentait en substituant Aida à une marionnette, l’Opéra de Paris cherche une production actuelle et originale d’’Aida’ qui puisse s’installer durablement au répertoire.

Margarita Polonskaya (Sacerdotessa)

Margarita Polonskaya (Sacerdotessa)

En 2017, la photographe et vidéaste iranienne, Shirin Neshat, fut invitée au Festival de Salzbourg pour présenter une nouvelle lecture du chef-d’œuvre de Giuseppe Verdi composé spécifiquement pour l’Opéra du Caire à l’occasion de l’inauguration du Canal de Suez.

Artiste ayant du fuir l’Iran au moment de la Révolution Islamique pour s’exiler aux États-Unis, le pire ennemi de son pays d’origine, elle a développé un art visuel qui lui est propre pour parler de la vie des femmes dans son pays de cœur. Elle porte donc un regard fort et très personnel sur des situations humaines aux libertés contraintes.

Réfugiés et prisonniers - vidéo Shirin Neshat

Réfugiés et prisonniers - vidéo Shirin Neshat

N’ayant cependant aucune expérience de la mise en scène d’opéra, elle se jugera prudente dans son approche d’’Aida’ en 2017, mais sera à nouveau invitée en 2022 pour reprendre son travail.

En lui donnant une nouvelle opportunité de remanier sa vision, Alexander Neef montre qu’il considère le travail de Shirin Neshat sur ‘Aida’ comme un ‘Work in progress’ qui se régénère au fil de l’évolution intérieure de l’artiste et de sa sensibilité aux souffrances du monde. Après tout, 17 ans séparent la première version de ‘Don Carlos’ composée par Giuseppe Verdi pour Paris en 1867, de sa version définitive présentée à Milan en 1884.

Alexander Köpeczi (Ramfis), Piotr Beczała (Radames), Eve-Maud Hubeaux (Amneris) et Krzysztof Bączyk (Il Re)

Alexander Köpeczi (Ramfis), Piotr Beczała (Radames), Eve-Maud Hubeaux (Amneris) et Krzysztof Bączyk (Il Re)

En ce soir de première, la tension évènementielle est palpable, la série de représentations prévue jusqu’au 04 novembre affichant quasiment complet sur toutes les dates, ce qui ne s’était pas vu à un tel niveau avec la production précédente.

Shirin Neshat entraîne le spectateur loin de l’Égypte ancienne pour le ramener dans un monde constamment imprégné de religieux mais très stylisé, aussi bien par la taille sobrement géométrique des costumes, la forme cubique des décors qui induisent un monde fermé sur lui-même, et les faisceaux lumineux qui en dessinent les reliefs.

La relation entre Radames et Aida n’est ici qu’un prétexte afin de décrire un environnement mélangeant des groupes de fanatiques de tous bords, chrétiens orthodoxes, musulmans sunnites ou chiites, tenant des cérémoniels sanguinaires sous le contrôle de groupes exclusivement masculins.

Les femmes, elles, paraissent plus subordonnées à ce pouvoir, et sont aussi bien présentes et voilées dans ces grands ensembles de chœurs solennels, que plus légèrement vêtues à la cour d’Amnéris.

Aida (Hernández Beczała Hubeaux Mariotti Neshat) Opéra de Paris

L’art vidéographique de Shirin Neshat est naturellement une composante importante du spectacle, car elle lui permet de raconter ce que vivent les prisonniers de guerre, les Égyptiens devenant la métaphore d’une civilisation dominée par la religion au-delà du pouvoir politique, et les Éthiopiens un peuple captif de ce pouvoir militaire fort.

Le premier air de Radames, ‘Celesta Aida’, présente ainsi une femme nue se relevant dans le désert à l’arrivée d’un groupe de femmes en noir qui la recouvrent d’un voile blanc, mais ce rêve de la part du guerrier ne se réalisera pas. Les vidéos s’orientent ensuite sur les visages d’hommes et de femmes filmés par des mouvements de caméra tournoyants, figurants choisis pour évoquer un monde étranger. La déclaration de guerre des Égyptiens convoque des militaires en tenues contemporaines, et à deux reprises un précipité bien trop long avec lumières allumées dans la salle voit défiler les visages de prisonniers politiques – le procédé, hélas, déconcentre trop les spectateurs -.

Après un rituel sacrificiel qui verra l’élimination d’une prisonnière par des fanatiques ressemblant à des membres d’un Ku Klu Klan vêtus de noir, la scène de triomphe aboutit à l’exécution des prisonniers, toujours avec des costumes aux codes couleurs clairement lisibles (rouge, noir, chair, blanc) agencés avec finesse.

Eve-Maud Hubeaux (Amneris)

Eve-Maud Hubeaux (Amneris)

En seconde partie, les relations personnelles, écrasées par l’enjeu politique qui est montré, retrouvent un peu d’importance, et les réminiscences nostalgiques d’Aida, mêlées aux prémonitions de sa mort prochaine, sont illustrées en vidéo par une très belle marche mortuaire à travers un désert montagneux, alors que des femmes en noir creusent sa tombe, un fascinant mélange du jeu de scène aux images filmées.

Grande force enfin que l’ultime scène de jugement où l’on voit un groupe de religieux que l’on pourrait associer à des mollahs en longues barbes argentées et habillés de rouge entrer dans l’édifice cubique central ressemblant à la Kaaba, leur regroupement statique étant projeté sur le monument face au public. Même issue d’une lignée royale, Amnéris ne peut rien faire au pied du lieu de culte pour sauver Radamès.

Alexander Köpeczi (Ramfis), Piotr Beczała (Radames), Roman Burdenko (Amonasro), Krzysztof Bączyk (Il Re), Eve-Maud Hubeaux (Amneris) et Saioa Hernández (Aida)

Alexander Köpeczi (Ramfis), Piotr Beczała (Radames), Roman Burdenko (Amonasro), Krzysztof Bączyk (Il Re), Eve-Maud Hubeaux (Amneris) et Saioa Hernández (Aida)

La forme esthétisante que développe Shirin Neshat vise ainsi à raconter la cruauté des pouvoirs religieux guerriers sous une forme très ritualisée, avec des réglages très précis des mouvements des chœurs et des figurants, des choix de couleurs et de lumières, avec un jeu d’acteur minimaliste pour les individus, une approche qui rappelle la lenteur et l’imprégnation visuelle du travail de Robert Wilson.

Il est vrai qu’il est assez inhabituel de voir une représentation d’’Aida’ rendue sans le moindre exotisme avec une telle solennité, le spectateur étant amené à vivre l’opéra de façon très intériorisée en résonance permanente avec les images et sa connaissance des drames du monde, tout en se détachant d’une prise au pied de la lettre du texte du livret.

Eve-Maud Hubeaux (Amneris) et Piotr Beczała (Radames)

Eve-Maud Hubeaux (Amneris) et Piotr Beczała (Radames)

Certains trouveront cette conception trop picturale, mais c'est sans compter la magnifique direction de Michele Mariotti qui tire grandement parti des luxuriantes qualités coloristes des instrumentistes de l’Orchestre de l’Opéra national de Paris.

Dès le prélude, la précision des détails orchestraux, pris dans une lente et majestueuse atmosphère dramatique d’une dense luminosité, enrichit le phrasé des entrelacements mélodiques de façon inhabituelle. Toute l’interprétation en semble rénovée avec le soucis de créer une essence musicale qui lie l’ensemble des tableaux avec le même sens d’unité et de coloration que celui qu’exhale Shirin Neshat dans sa scénographie. Il ne se passe pas la moindre scène, jusqu’au duo malheureux final, sans que des variations d’intensité le long d’un même motif ne vienne accrocher l’oreille pour lui faire encore mieux apprécier l’écriture de Verdi.

Les prêtres - Acte IV

Les prêtres - Acte IV

Précieux moment que le duo entre Aida et son père au 3e acte, dont la montée émotionnelle est irrésistiblement menée sous une forme d’un ralentissement qui tire des cordes une finesse infinie.

Michele Mariotti aime énormément cette partition et entend bien en révéler la complexité et la profondeur tout en restant en phase avec l’esprit réflexif de la vidéaste.

On connaît la propension de Ching-Lien Wu à tonifier les chœurs de l’Opéra de Paris, et leur omniprésence éclatante en fait véritablement un autre point fort de la représentation, avec ce formidable sens de la cohésion et d’impact scénique qui saisit l’auditeur, l’orchestre soutenant les élans de clameurs sans grandiloquence facile, avec toujours le soucis d’une pleine qualité sonore.

Piotr Beczała (Radames)

Piotr Beczała (Radames)

Malgré ce contexte musical grandiose, les solistes n’ont aucune peine à exister vocalement, leur jeu théâtral n’étant cependant pas très développé par la mise en scène, à commencer par Piotr Beczała qui retrouve la production avec laquelle il fit sa prise de rôle de Radamès à Salzbourg en 2022.
Il est absolument impressionnant, d’une puissance héroïque et d’une tenue de souffle phénoménales, une tessiture mate et massive mais avec beaucoup de brillant dans l’aigu et même des intonations italianisantes qui surprennent de sa part lorsqu’on est habitué à l’entendre en ‘Lohengrin’. Physiquement, l'impression de droiture l'emporte sur les emports sentimentaux.

Saioa Hernández (Aida)

Saioa Hernández (Aida)

Saioa Hernández soutient très bien le rôle d’Aida, certes plus terne scéniquement du fait que seule une tenue noire anonyme lui est concédée pour rester conforme à son statut de femme réfugiée et contrainte, sa voix portant suffisamment avec des vibrations sensibles et un voile de couleurs un peu opaque, et est moins crédible dans son rapport à Radamès qu’avec son père Amonasro incarné par un Roman Burdenko au tempérament fort et violent, quasi animal.

Saioa Hernández, Piotr Beczała et Eve-Maud Hubeaux

Saioa Hernández, Piotr Beczała et Eve-Maud Hubeaux

Elle aussi embarquée dans la production salzbourgeoise de 2022,  Eve-Maud Hubeaux semble trépigner un peu, car c’est une artiste qui aime s’épanouir scéniquement. Elle allie prestance et flamboyance dans les aigus, avec certes une tessiture grave moins sombre et résonnante que les grandes titulaires du rôle, mais permet d’offrir un portrait glamour de la princesse égyptienne jalouse.

Eve-Maud Hubeaux

Eve-Maud Hubeaux

Excellent Ramfis du jeune Alexander Köpeczi qui a tendance à rappeler les intonations lugubres et expressives de la basse italienne Ferruccio Furlanetto qui fit les beaux jours de l’Opéra Bastille dans les années 1990 et 2000, stature royale impeccable de Krzysztof Bączyk, et deux rôles très bien tenus qui interviennent en première partie, le messager doucereusement sombre de Manase Latu, et l’aplomb de la prêtresse irradiante de Margarita Polonskaya, complètent une distribution d’une grande cohésion.

Piotr Beczała, Saioa Hernández, Roman Burdenko, Shirin Neshat et Krzysztof Bączyk

Piotr Beczała, Saioa Hernández, Roman Burdenko, Shirin Neshat et Krzysztof Bączyk

Pour cette première, Shririn Neshat est venue saluer avec toute son équipe, où l’on a pu reconnaître Felice Ross connue pour être la conceptrice des lumières de tous les spectacles de Krzysztof Warlikowski, et a été bien accueillie, soulevée dans les airs par Piotr Beczała, malgré sa vision très engagée, contrairement à Olivier Py qui, en 2013, avait beaucoup scandalisé la salle en s’en prenant à l’histoire coloniale européenne et au pouvoir éclésiatique en particulier.

Shirin Neshat , Roman Burdenko, Felice Ross et Christian Schmidt

Shirin Neshat , Roman Burdenko, Felice Ross et Christian Schmidt

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Publié le 21 Septembre 2025

Ariodante (Georg Friedrich Haendel –
8 janvier 1735, Londres)
Répétition générale du 13 septembre et représentations du 21 septembre et du 07 octobre 2025
Palais Garnier

Ariodante Cecilia Molinari
Ginevra Jacquelyn Stucker
Polinesso, Duc d’Albany Christophe Dumaux
Le Roi d’Ecosse Luca Tittoto
Lurcanio Ru Charlesworth
Dalinda Sabine Devieilhe
Odoardo Enrico Casari

Direction musicale Raphaël Pichon
Mise en scène Robert Carsen (2023)
Ensemble Pygmalion & Chœurs de l’Opéra national de Paris

Coproduction Metropolitan Opera, New-York
Diffusion le samedi 25 octobre 2025 sur France Musique à 20 h.
La représentation d’Ariodante’ du 21 septembre 2025 est la 21e à l’Opéra de Paris et la 11e dans cette mise en scène.

Entré tardivement au répertoire du Palais Garnier le 17 avril 2001, dans une mise en scène de Jorge Lavelli qui ne fut jouée que pour 10 représentations, ‘Ariodante’ est désormais présenté dans la production de Robert Carsen depuis le printemps 2023.

Cecilia Molinari (Ariodante) et Jacquelyn Stucker (Ginevra)

Cecilia Molinari (Ariodante) et Jacquelyn Stucker (Ginevra)

L’architecture symétrique des ses décors au style néoclassique, de la chambre de Ginevra à la grande salle de réception royale, en passant par le bureau du Roi, tous recouverts de vert en référence aux grands espaces écossais, couleur qui évoquera aussi la mélancolie au second acte, donne une tonalité muséale à cet ensemble qui sera amusamment exploitée lors de la scène finale, et va servir de cadre à une histoire qui est transposée sous forme d’hommage aux histoires personnelles des familles royales traquées par les médias et les regards de la société en quête de rumeurs à répandre. Les lecteurs et lectrices de 'Gala', 'Voici' et 'Paris Match' seront ravis!

La reprise de ce chef-d’œuvre handélien intervient cependant un mois après la production coup-de-poing de ‘Giulio Cesare’ mise en scène par Dmitri Tcherniakov au Festival de Salzbourg qui restera comme une référence dramatique absolue dans sa capacité à tirer des solistes un engagement interprétatif hors du commun.

Christophe Dumaux (Polinesso)

Christophe Dumaux (Polinesso)

L’approche de Robert Carsen dans ‘Ariodante’ ne va pas aussi loin pour mettre en exergue le mal sous-jacent à l’esprit humain qui va conduire à la diffamation de Ginevra, mais il obtient un jeu très torturé des protagonistes victimes, notamment dans le grand aria d’Ariodante ‘Scherza infida’, qu’il renforce avec des jeux d’ombres et de lumières tamisées qui intensifient la noirceur d’âme de l’œuvre. Il a aussi le don de très bien mettre en valeur la grâce féminine, notamment lors du choc que ressent Ginevra au rejet de son père.

Ariodante (Molinari Stucker Dumaux Pichon Carsen) Opéra de Paris

Mais à l’occasion de cette nouvelle série de représentations, sont invités pour la première fois à l’Opéra de Paris les musiciens de l’Ensemble Pygmalion, orchestre baroque fondé en 2006 par Raphaël Pichon – une formation interprète passionnée de Bach, Rameau, Mendelssohn et Mozart -, pour défendre leur premier opéra de Haendel en version scénique.

Jacquelyn Stucker (Ginevra) et Cecilia Molinari (Ariodante)

Jacquelyn Stucker (Ginevra) et Cecilia Molinari (Ariodante)

Dès l’ouverture, leur volontarisme fougueux fait sensation avec un mélange de sonorités anciennes et de gestes dramatiques enlevés, des lignes de courants acerbes qui créent une énergie théâtrale qui met d’emblée en tension, les instrumentistes étant formidables à admirer par leur sens de l’anticipation.

Inoubliables sont la noirceur enflée des vibrations des basses, les entrelacs bien timbrés des vents boisés, les striures fauves des cordes galbées dans une patine sonore volubile, le tout avec un sens du drame de la part de Raphaël Pichon qui soutient aussi très attentivement les chanteurs dans les moments les plus sombrement délicats. L’énergie orchestrale semble ainsi innerver les chanteurs et s’aligner sur leur sens de la nuance.

Cecilia Molinari (Ariodante)

Cecilia Molinari (Ariodante)

Pour ses débuts à Paris, Cecilia Molinari retrouve le personnage d’Ariodante qu’elle avait abordé pour la première fois à l’Opéra de Lisbonne en 2021 et défendu à nouveau lors du Festival de Martina Franca en 2024. Timbre pleurant et sombre dans le médium qui s’éclaircit de façon très intense afin de traduire des déchirures cruelles, elle met sa musicalité au service d’une expressivité très marquée que l’on ne soupçonne pas forcément au cours des tous premiers tableaux.

Cette progressivité dans le dramatisme est l’un des points forts de la représentation, surtout que la mezzo-soprano italienne fait preuve de brio dans les ornements et offre d’harmonieuses variations de couleurs.

Jacquelyn Stucker (Ginevra)

Jacquelyn Stucker (Ginevra)

Facilement reconnaissable, Jacquelyn Stucker est l’une des découvertes parisiennes sensationnelles de la saison 2022/2023, où elle avait beaucoup marqué les esprits dans le rôle de Lucia de Nobile de ‘The Exterminating Angel’ de Thomas Adès. Son interprétation de Ginevra dépeint une femme de haut rang, très sûre d’elle, et qui va révéler sa sensibilité au fur et à mesure que le piège tendu par Polinesso se referme sur elle.

D’une tessiture sombrement ouatée et d’une finesse de voile qui participent à l’expression de sa délicatesse de sentiments, la souplesse de sa voix lui permet de se fondre avec justesse à la sensualité propre à la musique de Haendel. Cela renforce son allure de vestale, une vision de l’innocence qui touche irrésistiblement à l’idéal.

Christophe Dumaux (Polinesso)

Christophe Dumaux (Polinesso)

Quant au père de Ginevra, le Roi d’Ecosse, il est solidement caractérisé par la grandeur naturelle de Luca Tittorio, mais aussi par le grain de sa voix qui laisse toujours poindre une sensation d’humanité sous couvert d’une autorité statutaire.

En Polinesso, Christophe Dumaux poursuit sur sa lancée après sa brillante incarnation de Jules César au Festival de Salzbourg quelques semaines auparavant. Certes, le personnage pervers que Robert Carsen lui fait dessiner n’a pas la même complexité que celle travaillée par Dmitri Tcherniakov, mais le contre-ténor français fait à nouveau preuve d’une excellente agilité technique, une tonicité un peu âpre mais qui s’est assouplie et densifiée avec le temps, aux lignes très homogènes et aisément malléables, avec des variations de contrastes d’une grande vivacité.

Ru Charlesworth (Lurcanio) et Luca Tittoto (Le Roi d’Ecosse)

Ru Charlesworth (Lurcanio) et Luca Tittoto (Le Roi d’Ecosse)

Nous retrouvons également deux artistes qui avaient participé à la reprise d’’Alcina’ – toujours dans la production de Robert Carsen - sur cette même scène en décembre 2021, Ru Charlesworth, qui apporte une présence robuste et sensible à Lurcanio, son timbre dégageant une forte impression de maturité avec un grain qui s’approche de celui de Luca Tittorio, et Sabine Devieilhe qui joue à fond la carte de la jeune femme crédule et humaine dont l’extrême finesse des lignes vocales semblent comme prolonger sa ductilité corporelle. Son air de séduction de Polinesso, au second acte, est mené avec un sensualisme à la limite de la rendre complice.

Enfin, Enrico Casari rend à Odoardo une droiture et une épure vocale très dignes.

Sabine Devieilhe lors des saluts

Sabine Devieilhe lors des saluts

La forte interpénétration entre l’interprétation orchestrale, l’action théâtrale et l’incarnation vocale de chacun des solistes fait de ce spectacle un exemple de réussite amenée à réunir l’ensemble des spectateurs.

Sabine Devieilhe, Cecilia Molinari, Raphäel Pichon, Jacquelyn Stucker et Christophe Dumaux

Sabine Devieilhe, Cecilia Molinari, Raphäel Pichon, Jacquelyn Stucker et Christophe Dumaux

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Publié le 13 Septembre 2025

La Bohème (Giacomo Puccini – 11 février 1896, Turin)
Répétition générale du 08 septembre et représentation du 12 septembre 2025
Opéra Bastille

Mimì Nicole Car
Musetta Andrea Carroll
Rodolfo Charles Castronovo
Marcello Étienne Dupuis
Schaunard Xiaomeng Zhang
Colline / Benoît Alexandros Stavrakakis
Alcindoro Franck Leguérinel
Parpignol Hyun-Jong Roh*
Sergente dei doganari Andrés Prunell-Vulcano*
Un doganiere Olivier Ayault*
Un venditore ambulante Ook Chung*
Le maître de cérémonie Virgile Chorlet (mime)

* Artistes des Chœurs de l’Opéra de Paris

Direction musicale Domingo Hindoyan
Mise en scène Claus Guth (2017)

La représentation de ’La Bohème’ du 12 septembre 2025 est la 219e à l’Opéra de Paris et la 25e dans cette mise en scène.

Il y a 8 ans, Nicole Car laissait une charmante image iconique d’une des productions les plus disruptives de l’Opéra de Paris, à travers ce personnage de Mimi fantomal issu de la mémoire d’un Rodolfo prisonnier d’un vaisseau spatial en déserrance et achevant sa course sur la Lune, une façon de prendre au mot les paroles du poète lorsqu’il chante ‘Ma per fortuna é una notte di luna, e qui la luna l'abbiamo vicina’.

Nicole Car (Mimì)

Nicole Car (Mimì)

Née d’une volonté de porter un regard radical sur l’un des opéras les plus populaires au monde afin de capter un public prêt à se laisser surprendre plutôt que de revendiquer des lectures traditionnelles, la production de Claus Guth n’a rien perdu de son ambiance glaciale initiale, avec le jeu macabre autour du corps de Benoît, qui petit à petit se dissipe à l’arrivée de Mimi, un foyer de chaleur et de réconfort autour duquel des souvenirs du passé vont se réanimer dans l’espace pour s’achever en un numéro de cabaret fantaisiste et haut en couleur, avant que la jeune icône ne disparaisse sur le dernier souffle des astronautes.

L’empathie glisse en effet du sort de Mimi, qui n’est plus qu’une représentation lunaire d’un souvenir incarné, à la condition de ces artistes devenus voyageurs de l’espace et condamnés à mourir.

Étienne Dupuis (Marcello) et Virgile Chorlet (Le Maître de cérémonie)

Étienne Dupuis (Marcello) et Virgile Chorlet (Le Maître de cérémonie)

Les numéros de mime d’un Virgile Chorlet attentionné et mélancolique, au corps longiligne, pourtant le maître d’une cérémonie mortuaire, le réalisme du décor du vaisseau et le dynamisme des jeux de lumières, l’éclat de l’alcôve dorée au creux de laquelle Musetta attise le désir des hommes, la vitalité du jeu d’acteurs et la confusion joyeusement entretenue entre les personnages réels du présent et ceux fictifs issus de la mémoire, ajoutent du relief à des scènes qui somme toute auraient pu être jouées de façon plus ordinaire. 

Nicole Car (Mimì) et Charles Castronovo (Rodolfo)

Nicole Car (Mimì) et Charles Castronovo (Rodolfo)

Nicole Car est donc à nouveau Mimi dans cette production qu’elle connaît depuis sa création, et elle est ce soir au summum de son rayonnement, voix vibrante au dramatisme développé mais également subtilement voilée dans les passages susurrés, absolument idéale dans cette représentation d’une Marie Madeleine en robe rouge. Sa présence et sa musicalité exaltée agissent avec un puissant magnétisme qui participe intensément à la plastique d’ensemble du spectacle.

Charles Castronovo (Rodolfo) et Nicole Car (Mimì)

Charles Castronovo (Rodolfo) et Nicole Car (Mimì)

En terme de couleurs, Charles Castronovo en est le contraire, une voix très assombrie, aux lignes heurtées dans le bas médium, qui dessine un Rodolfo sensiblement dépressif, mais qui se montre endurant avec une expressivité à cœur écorché dans les moments les plus forts. Il en résulte une perception d’impossible rencontre entre son personnage désemparé et nullement héroïque, et sa Mimi poétiquement idéalisée.

Nicole Car (Mimì) et Étienne Dupuis (Marcello)

Nicole Car (Mimì) et Étienne Dupuis (Marcello)

Étienne Dupuis, en Marcello, possède un beau timbre au métal très souple quelles que soient les variations de tessiture, et se livre avec plaisir à toutes les pitreries imaginées au dernier acte, mais impossible de ne pas être sensible à son duo avec Nicole Car, sa compagne dans la vie, au début du troisième tableau, sur cette barrière d’Enfer transformée en un décor lunaire, la dernière frontière de la vie terrestre.

Andrea Carroll (Musetta)

Andrea Carroll (Musetta)

Pour ses débuts à l’Opéra national de Paris, Andrea Carroll, de double nationalité américaine et guatémaltèque – une nationalité principalement représentée aujourd'hui dans le monde lyrique par Adriana González – se taille un beau succès en Musetta de par son caractère piquant et sa fluidité de timbre peu noircie, et se montre tout aussi joueuse qu’Étienne Dupuis.

Étienne Dupuis (Marcello) et Charles Castronovo (Rodolfo)

Étienne Dupuis (Marcello) et Charles Castronovo (Rodolfo)

Que ce soit le Colline aux résonances sonores funèbres d’Alexandros Stavrakakis, mais finement sculptées dans son dernier air pressentant la fin toute proche, ou bien le Schaunard bien tenu de Xiaomeng Zhang, tous les rôles accompagnant les personnages principaux se mêlent à l’effervescence générale avec aisance.

Charles Castronovo et Nicole Car

Charles Castronovo et Nicole Car

Dans la fosse d’orchestre, nous retrouvons Domingo Hindoyan qui avait dirigé un ‘Rigoletto’ d’une excellente facture la saison passée, et qui se montre un peu plus prudent avec l’écriture puccinienne.

Très attentif à la clarté mélodique, à la chaleur boisée des vents et à l’unité musicale dans les passages les plus vifs, il livre une très belle lecture coloriste et d’une excellente cohésion, mais ne cherche pas pour autant à étendre le tissu des cordes au point de leur donner un effet sidéral dans la salle comme l’avait fait Gustavo Dudamel à la création.

Alexandros Stavrakakis, Etienne Dupuis, Domingo Hindoyan, Nicole Car, Charles Castronovo et Andrea Carroll

Alexandros Stavrakakis, Etienne Dupuis, Domingo Hindoyan, Nicole Car, Charles Castronovo et Andrea Carroll

Chœur bien en place en coulisses, cette ouverture de saison se déroule salle comble, devant un public très attentif et aussi amusé par le décalage de la mise en scène. 

La salle de l'Opéra Bastille à la fin de la représentation de 'La Bohème', le vendredi 12 septembre 2025

La salle de l'Opéra Bastille à la fin de la représentation de 'La Bohème', le vendredi 12 septembre 2025

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Publié le 12 Juillet 2025

L’article qui suit vise à montrer à quel point le Palais Garnier, inauguré le 05 janvier 1875, est dès l’origine un lieu de création qui a su évoluer avec son temps.

Car si les travaux de construction du chef-d'œuvre de Charles Garnier ont débuté en 1861 sous le Second Empire, l’ouverture au public est devenue effective sous la IIIe République où se posait déjà la question de l’élargissement à toutes les classes sociales.

Ci-dessous sont donc répertoriés tous les ouvrages, qu’ils soient lyriques ou chorégraphiques, qui ont été créés dans ce bâtiment jusqu’à aujourd’hui (Saison 2025/2026) sur une musique originale.

Seules sont citées les créations basées sur de nouvelles musiques, ce qui exclut les ballets basés sur des musiques déjà connues. Les œuvres listées sont donc toutes des créations à l'image de leur époque.

Le Palais Garnier lors du Gala de ses 150 ans, le 24 janvier 2025

Le Palais Garnier lors du Gala de ses 150 ans, le 24 janvier 2025

On dénombre ainsi 225 ouvrages créés dans cette salle, dont un peu plus de 90 opéras, tragédies lyriques ou légendes mises en scène, la période suivant la Seconde Guerre mondiale opérant un basculement largement en faveur de la création chorégraphique.

La création lyrique ne connaitra un renouveau qu’à partir de 1983 avec ‘Erzsebet’ de Charles Chaynes et ‘Saint François d'Assise’ d’Olivier Messiaen.

Pour chaque ouvrage sont indiqués le nom du compositeur, la date de création mondiale au Palais Garnier, le nombre de représentations (à Garnier puis dans d'autres lieux de l'Opéra de Paris), et le nom du metteur en scène ou du chorégraphe associé.

Lithographie représentant la ballerine Rita Sangalli dans la production originale de 'Sylvia' en 1876

Lithographie représentant la ballerine Rita Sangalli dans la production originale de 'Sylvia' en 1876

Théâtre national de l'Opéra (période 1875-1915) avant Jacques Rouché

Jeanne d’Arc (Auguste Mermet) – 5 avril 1876
Opéra en cinq actes et six tableaux
Livret d’Auguste Mermet
15 représentations jusqu’au 27 novembre 1876
Mise en scène d'Adolphe Mayer
Echec – changement de goût du public

Sylvia ou la Nymphe de Diane (Léo Delibes) – 14 juin 1876
Ballet en trois actes
Livret de Jules Barbier
58 représentations jusqu’au 04 janvier 1893 (Chorégraphie de Louis Mérante)
Incendie des décors de l’Opéra en 1894
52 représentations du 16 décembre 1919 au 16 décembre 1929 (Chorégraphie de Léo Staats)
37 représentations du 05 février 1941 au 19 juillet 1944 (Chorégraphie de Serge Lifar)
17 représentations du 08 novembre 1946 au 17 décembre 1947 et 4 représentations du 23 juillet 1951 au 09 janvier 1952 (Chorégraphie d’Albert Aveline)
17 représentations du 16 novembre 1979 au 17 décembre 1979 (Chorégraphie de Lycette Darsonval)
24 représentations du 30 juin 1997 au 20 février 1999 (Chorégraphie de John Neumeier)
La chorégraphie de John Neumeier entre au répertoire de l’Opéra Bastille le 20 décembre 2002 (22 représentations jusqu’au 02 avril 2005)
19 représentations du 08 mai 2025 au 04 juin 2025 (Chorégraphie de Manuel Legris, sur un nouveau livret de Jean-François Vazelle)

Le Roi de Lahore (Jules Massenet) – 27 avril 1877
Opéra en cing actes et six tableaux
Livret de Louis Gallet
57 représentations jusqu’au 26 septembre 1879
Décors de M. Daran (premier tableau), MM. Rubé et Chaperon (second tableau et cinquième acte), M. Chéret (second acte), M. Lavastre (troisième acte), MM. Lavastre et Carpezat (quatrième acte)
Costumes de M. Eugène Lacoste
Grand succès à l’international

Le Fandango (Gaston Salvayre) – 26 novembre 1877
Ballet-pantomime en un acte
Livret de Louis-Alexandre Mérante, Henri Meilhac et Ludovic Halévy
28 représentations jusqu’au 16 janvier 1885

Polyeucte (Charles Gounod) – 07 octobre 1878
Opéra en cinq actes
Livret de Jules Barbier et Michel Carré, d’après Corneille
29 représentations jusqu’au 22 mars 1879
Échec car œuvre jugée trop austère

La Reine Berthe (Victorin Joncière) – 27 décembre 1878
Opéra en 2 actes
Livret de Jules Barbier
5 représentations jusqu’au 20 janvier 1879
La légende de Berthe la Fileuse, versifiée au XIII° siècle par le trouvère Adenès, a fourni le sujet de la pièce
Livret pas pris au sérieux par le public

Yedda (Olivier Métra) – 17 janvier 1879
Légende japonaise - Ballet en trois actes
Livret de Philippe Gille et A. Mortier
60 représentations jusqu’au 21 février 1885 (Chorégraphie de Louis Mérante)

La Vierge (Jules Massenet) – 22 mai 1880
Légende sacrée en quatre scènes
Livret de Charles Grandmougin
L'Annonciation, Les Noces de Cana, Le Vendredi Saint, L'Assomption
1 représentation le 22 mai 1880

La Korrigane (Charles-Marie Widor) – 01 décembre 1880
Ballet fantastique en deux actes
Livret de François Coppée et Louis Mérante
157 représentations le 25 mars 1935

Le Tribu de Zamora (Charles Gounod) – 01 avril 1881
Grand Opéra en quatre actes
Livret de Adolphe d'Ennery et Jules Brésil
Dernier ouvrage de Charles Gounod pour la scène
50 représentations jusqu’au 25 mars 1885
Grand succès

Croquis d'Augusto Ferri pour l'acte 1 du 'Roi de Lahore' (1877) de Jules Massenet - Archives Ricordi

Croquis d'Augusto Ferri pour l'acte 1 du 'Roi de Lahore' (1877) de Jules Massenet - Archives Ricordi

Namouna (Edouard Lalo) – 06 mars 1882
Ballet en deux actes et trois tableaux sur un poème d’Alfred de Musset
Livret de Charles Nuitter
15 représentations jusqu’au 23 octobre 1882 (Chorégraphie de Lucien Petipa)
24 représentations du 30 mars 1908 au 09 juillet 1935 (Chorégraphie de Léo Staats)

Françoise de Rimini (Ambroise Thomas) – 14 avril 1882
Opéra en quatre actes
Livret de Jules Barbier et Michel Carré basé sur la ‘Divine Comédie’ de Dante
41 représentations jusqu’au 12 décembre 1884
Décors de Jean-Baptiste Lavastre

Henry VIII (Camille Saint-Saëns) – 5 mars 1883
Opéra en quatre actes et six tableaux
Livret de Léonce Détroyat et Armand Silvestre d’après ‘La Cisma de Inglaterra’ de Pedro Calderón de la Barca 
81 représentations jusqu’au 9 mai 1919 

La Farandole (Théodore Dubois) – 14 décembre 1883
Ballet en trois actes
Livret de Philippe Gille, Louis Merante et Arnold Mortier
30 représentations jusqu’au 3 juin 1885 (Chorégraphie d’Arnold Mortier et Louis Mérante)

Tabarin (Emile Pessard) – 12 janvier 1885
Opéra en deux actes
Livret de Paul Ferrier
6 représentations jusqu’au 09 février 1885

Le Cid (Jules Massenet) – 30 novembre 1885
Opéra en quatre actes et dix tableaux
Livret d'Adolphe d'Ennery, de Louis Gallet et d'Édouard Blau d'après la pièce homonyme de Pierre Corneille
147 représentations du 30 novembre 1885 au 24 novembre 1919
9 représentations du 27 mars au 21 avril 2015 (Mise en scène de Charles Roubaud)

Les Deux Pigeons (André Messager) – 18 octobre 1886
Ballet en deux actes et trois tableaux
Livret d’Henri Régnier
96 représentations jusqu’au 24 juillet 1924
32 représentations du 26 janvier 1925 au 07 juin 1929 dans une nouvelle version d’Albert Aveline sur la base de l’original
64 représentations du 20 mai 1942 au 23 avril 1952 dans une version en un acte entièrement nouvelle d’Albert Aveline

35 représentations par l’École de Danse du 10 mai 1978 au 4 avril 2019, à la salle Favart de 1978 à 1987, au Théâtre des Champs-Élysées en 1999, et au Palais Garnier depuis le 25 mars 2005, dans la version en un acte d’Albert Aveline

Patrie! (Emile Paladilhe) – 20 décembre 1886
Opéra en cinq actes d’après la pièce éponyme de Victorien Sardou (18 mars 1869)
Livret de Victorien Sardou et Louis Gallet
91 représentations jusqu’au 8 septembre 1919
Grand succès aussi bien de la pièce que de l’opéra

La Dame de Monsoreau (Gaston Salvayre) – 30 janvier 1888
Grand Opéra en cinq actes et sept tableaux tiré du roman d’Alexandre Dumas
Livret d’Auguste Maquet
Chorégraphie de Joseph Hansen, mise en scène de Pedro Gailhard, décors de Rubé, Chaperon, Jambon, Poisson, Carpezat, costumes de Charles Bianchini.
8 représentations jusqu’au 27 février 1888

La Tempête (Ambroise Thomas) – 26 juin 1889
Ballet en trois actes et trois tableaux
Livret de Jules Barbier
31 représentations jusqu’au 09 janvier 1892 (Chorégraphie de Joseph Hansen)

Scène d''Henry VIII' de Saint-Saëns à l'Opéra : acte III (illustration de presse en 1903)

Scène d''Henry VIII' de Saint-Saëns à l'Opéra : acte III (illustration de presse en 1903)

Ascanio (Camille Saint-Saëns) – 21 mars 1890
Opéra en cinq actes et six tableaux tiré de la pièce ‘Benvenuto Cellini’ de Paul Meurice (1852)
Livret de Louis Gallet
34 représentations jusqu’au 24 avril 1891
7 représentations du 9 novembre au 19 décembre 1921
Mise en scène de Pedro Gailhard, costumes de Charles Bianchini, décors de Jean-Baptiste Lavastre, Eugène Carpezat, Auguste-Alfred Rubé, Philippe Chaperon et Marcel Jambon et chorégraphie de Joseph Hansen
Camille Saint-Saëns décède le 16 décembre 1921 à Alger

Zaïre (Véronge de la Nux) – 28 mai 1890
Opéra en deux actes d’après la pièce de Voltaire
Livret d’Édouard Blau et Louis Besson
11 représentations jusqu’au 24 octobre 1890

La Rêve (Léon Gastinel) – 09 juin 1890
Ballet en deux actes et trois tableaux
Livret d’Édouard Blau
36 représentations jusqu’au 06 mai 1892 (Chorégraphie de Joseph Hansen)

Le Mage (Jules Massenet) – 16 mars 1891
Grand Opéra en cinq actes et six tableaux
Livret de Jean Richepin
31 représentations jusqu’au 11 octobre 1891 (Mise en scène d’Alexandre Lapissida)

Thamara (Louis-Albert Bourgault-Ducoudray) – 28 décembre 1891
Opéra en deux actes et quatre tableaux
Livret de Louis Gallet
11 représentations jusqu’au 14 juillet 1907 (5 représentations en 1891 et 6 représentations en 1907)
Mise en scène d’Alexandre Lapissida

Stratonice (Alix Fournier) – 09 décembre 1892
Opéra en un acte
Livret de Louis Gallet
14 représentations jusqu’au 04 février 1893

La Maladetta (Paul Vidal) – 24 février 1893
Ballet en deux actes, d’après une légende gasconne
Livret de Pedro Gailhard
165 représentations jusqu’au 19 mars 1927 (Chorégraphie de Joseph Hansen)

Déïdamie (Henri Maréchal) – 15 septembre 1893
Opéra en deux actes
Livret d’Édouard Noël
11 représentations jusqu’au 25 mai 1894

Emma Sandrini dans 'La Maladetta' de Paul Vidal (par Debat-Ponsan)

Emma Sandrini dans 'La Maladetta' de Paul Vidal (par Debat-Ponsan)

Thaïs (Jules Massenet) – 16 mars 1894
Opéra en trois actes d’après le roman éponyme d’Anatole France
Livret de Louis Gallet
657 représentations jusqu’au 03 août 1956 (Mise en scène d’Alexandre Lapissida, Chorégraphie de Joseph Hansen)
16 représentations du 16 mai au 14 juin 1988 à la salle Favart (Mise en scène de Nicolas Joel)

Djelma (Charles-Édouard Lefebvre) – 25 mai 1894
Opéra en trois actes
Livret de Charles Lomon
8 représentations jusqu’au 29 décembre 1894 (Mise en scène d’Alexandre Lapissida)

La Montagne noire (Augusta Holmès) – 08 février 1895
Drame Lyrique en quatre actes et cinq tableaux
Livret d’Augusta Holmès
12 représentations jusqu’au 26 avril 1895 (Mise en scène d’Alexandre Lapissida)
Intrigue qui manque de ressort.

Frédégonde (Ernest Guiraud, Camille Saint-Saëns avec la collaboration de Paul Dukas) – 18 décembre 1895
Drame Lyrique en cinq actes
Livret de Louis Gallet
8 représentations jusqu’au 14 février 1896

Hellé (Alphonse Duvernoy) – 24 avril 1896
Opéra en quatre actes
Livret de Camille Du Locle et Charles Nuitter
24 représentations jusqu’au 19 septembre 1900

Messidor, ou l’Or de l’Ariège (Alfred Bruneau) – 19 février 1897
Opéra en quatre actes
Livret d’Émile Zola
11 représentations jusqu’au 14 mai 1897
5 représentations du 22 février au 28 avril 1917
Très bien accueilli mais ensuite dénigré à cause de l’Affaire Dreyfus

L’Étoile (Adolphe Aderer et Camille de Roddaz) – 31 mai 1897
Ballet pantomime en deux actes
Livret d’André Wormser
73 représentations jusqu’au 07 mai 1910 (Chorégraphie de Joseph Hansen)

La Cloche du Rhin (Samuel Rousseau) – 08 juin 1898
Drame lyrique en trois actes
Livret de Georges Montorgueil et Pierre-Barthélemy Gheusi
9 représentations jusqu’au 19 novembre 1898

La Burgonde (Paul Vidal) – 23 décembre 1898
Opéra en quatre actes et cinq tableaux
Livret d’Émile Bergerat et Camille de Sainte-Croix
10 représentations jusqu’au 25 juin 1899

 Illustration de presse pour 'Thaïs' de Jules Massenet (1894)

Illustration de presse pour 'Thaïs' de Jules Massenet (1894)

Lancelot (Victorin Joncières) – 07 février 1900
Drame lyrique en quatre actes et six tableaux
Livret de Louis Gallet et Édouard Blau
8 représentations jusqu’au 29 avril 1900

Astarté (Xavier Leroux) – 15 février 1901
Opéra en quatre actes et cinq tableaux
Livret de Louis de Gramont
23 représentations jusqu’au 11 novembre 1901

Le Roi de Paris (Georges Hüe) – 26 avril 1901
Drame historique en trois actes
Livret de Henry Bouchut
8 représentations jusqu’au 21 juin 1901

Les Barbares (Camille Saint-Saëns) – 23 octobre 1901
Tragédie lyrique en trois actes
Livret de Victorien Sardou et Pierre-Barthélémy Gheusi
27 représentations jusqu’au 15 décembre 1902
L’intérêt musical culmine dans le duo final du second acte.

Orsola (Lucien et Paul Hillemacher) – 14 mai 1902
Drame lyrique en trois actes
Livret de Pierre-Barthélémy Gheusi
5 représentations jusqu’au 22 juin 1902

Bacchus (Alphonse Duvernoy) – 26 novembre 1902
Ballet en trois actes et cinq tableaux d’après un poème d’Auguste Mermet
Livret de Georges Hartmann
12 représentations jusqu’au 26 janvier 1903 (Chorégraphie de Joseph Hansen)

Le Fils de l’Étoile (Camille Erlanger) – 20 avril 1904
Drame lyrique en cinq actes et six tableaux
Livret de Catulle Mendès
25 représentations jusqu’au 30 janvier 1905
L’air de Séphora au 2de acte et la lamentation finale d’Akiba figurent parmi les plus belles pages.

La Ronde des saisons (Henri Busser) – 22 décembre 1905
Ballet en trois actes et six tableaux d’après un récit du pays de Comminges de Charles Lomon
Livret de Charles Lomon
22 représentations jusqu’au 19 novembre 1906 (Chorégraphie de Joseph Hansen)

Ariane (Jules Massenet) – 31 octobre 1906
Opéra en cinq actes
Livret de Catulle Mendès
60 représentations jusqu’au 09 mars 1908
13 représentations, partielles ou intégrales, du 21 février au 27 août 1937

La Catalane (Fernand Le Borne) – 24 mai 1907
Drame lyrique en quatre actes dont un prologue d’après ‘Terra Baixa’ d’Àngel Guimerà
Livret de Paul Ferrier et Louis Tiercelin
9 représentations jusqu’au 25 décembre 1907

Le Lac des aulnes (Henri Maréchal) – 25 novembre 1907
Ballet-féerie en deux actes et cinq tableaux
Livret d’Henri Maréchal et Gustave Vanara
5 représentations jusqu’au 25 décembre 1907 (Chorégraphie de Gustave Vanara)

Bacchus (Jules Massenet) – 05 mai 1909
Opéra en quatre actes et cinq tableaux
Livret de Catulle Mendès
5 représentations jusqu’au 19 mai 1909
Catulle Mendès disparaît au cours des répétitions et la critique condamne le livret

Affiche d'Albert Maignan pour 'Ariane' de Jules Massenet (1906)

Affiche d'Albert Maignan pour 'Ariane' de Jules Massenet (1906)

La Forêt (Augustin Savard) – 16 février 1910
Légende musicale en deux actes
Livret de Laurent Tailhade
6 représentations jusqu’au 06 avril 1910

La Fête chez Thérèse (Reynaldo Hahn) – 16 février 1910
Ballet-pantomime en deux actes d’après un poème des ‘Contemplations’ de Victor Hugo
Livret de Catulle Mendès
44 représentations jusqu’au 03 août 1923
Grand succès. Une alternative aux ballets russes semble se dessiner.

Le Miracle (Georges Hüe) – 30 décembre 1910
Opéra en cinq actes
Livret de Pierre-Barthélémy Gheusi et André Mérane
31 représentations jusqu’au 08 janvier 1928 dont 4 avec uniquement le second acte en 1916

La Roussalka (Lucien Lambert) – 08 décembre 1911
Ballet-pantomime en deux actes
Livret d’Hugues Le Roux et Georges de Dubor
18 représentations jusqu’au 05 juin 1912 (Chorégraphie d’Ivan Clustine)

Les Bacchantes (Alfred Bruneau) – 30 octobre 1912
Ballet en deux actes et trois tableaux d’après Euripide
Livret de Félix Naquet et Alfred Bruneau
20 représentations jusqu’au 30 mars 1914 (Chorégraphie d’Ivan Clustine)

Le Sortilège (André Gailhard) – 29 janvier 1913
Conte en trois actes et six tableaux
Livret de Maurice Magre
5 représentations jusqu’au 14 avril 1913

Philotis, danseuse de Corinthe (Philippe Gaubert) – 18 février 1914
Ballet en deux actes et trois tableaux d’après Euripide
Livret de Gabriel Bernard
6 représentations jusqu’au 29 avril 1914 (Chorégraphie d’Ivan Clustine)

Scemo (Alfred Bachelet) – 06 mai 1914
Drame lyrique en trois actes et cinq tableaux
Livret de Charles Méré
5 représentations jusqu’au 22 mai 1914

La légende de Joseph (Richard Strauss) – 14 mai 1914
Ballet d’après ‘Joseph et la femme de Potiphar’, épisode de l’Ancien Testament
Livret d’Hugo von Hofmannsthal et Harry Kessler
6 représentations jusqu’au 06 juin 1914 (Chorégraphie de Vaslav Nijinski et Mikhail Fokine et scénographie de Léon Bakst)
Commande de Serge de Diaghilev

Le Rossignol (Igor Stravinsky) – 26 mai 1914
Opéra en trois actes d’après ‘Le Rossignol et l’Empereur de Chine’ d’Hans Christian Andersen
Livret d’Igor Stravinsky et Stepan Mitoussov
2 représentations jusqu’au 28 mai 1914 (Mise en scène d’Alexandre Benois et Alexandre Sanine)
Par les Ballets russes de Serge Diaghilev
Commande du Théâtre libre de Moscou

Midas (Maximilien Steinberg) – 02 juin 1914
Ballet en un acte
Livret de Léon Bakst
1 représentation le 02 juin 1914 (Chorégraphie de Michel Fokine)

Hansli le Bossu (Jean et Noël Gallon) – 22 juin 1914
Ballet en deux actes
Livret d’Henri Cain et Édouard Adenis
7 représentations jusqu’au 27 juillet 1914 (Chorégraphie d’Ivan Clustine)

Décor d'Alexandre Benois pour la création du 'Rossignol' d'Igor Stravinsky en 1914

Décor d'Alexandre Benois pour la création du 'Rossignol' d'Igor Stravinsky en 1914

Théâtre national de l'Opéra (Période Jacques Rouché de 1915 à 1945)

Les Amants de Rimini (Max d’Ollone) – 02 mars 1916
Opéra en quatre actes dont seul le 2d tableau du 3e acte sera créé
Livret de Max d’Ollone
2 représentations jusqu’au 09 mars 1916

Judith de Béthulie (Armande de Polignac) – 23 mars 1916
Scène dramatique
Livret de Mme G. Roussel-Despierres
2 représentations jusqu’au 06 avril 1916

La Fête triomphale (Reynaldo Hahn) – 14 juillet 1919
Drame lyrique en trois actes
Livret de Saint Georges de Bouhélier
3 représentations jusqu’au 25 juillet 1919

La Légende de Saint-Christophe (Vincent d’Indy) – 09 juin 1920
Drame lyrique en trois actes et huit tableaux
Livret de Vincent d’Indy
18 représentations jusqu’au 06 décembre 1922

Antoine et Cléopâtre (Florent Schmitt) – 14 juin 1920
Drame lyrique d’après William Shakespeare
Livret d’André Gide
5 représentations jusqu’au 19 juin 1920
Commande d’Ida Rubinstein

Antar (Gabriel Dupont) – 14 mars 1921
Conte héroïque en quatre actes et cinq tableaux
Livret de Chekri-Ganem
27 représentations jusqu’au 05 mars 1924
13 représentations du 25 février au 17 juin 1946

Maïmouna (Gabriel Grovlez) – 20 avril 1921
Fantaisie-Ballet en un acte et deux tableaux
Livret de Pierre-André Gérard
22 représentations jusqu’au 06 août 1923 (Chorégraphie de Léo Staats)

La Mégère apprivoisée (Charles Silver) – 30 janvier 1922
Comédie lyrique en quatre actes d’après William Shakespeare
Livret d’Henri Cain et Édouard Adenis
12 représentations jusqu’au 13 janvier 1926

Artémis troublée (Paul Paray) – 28 avril 1922
Ballet en cinq mouvements
Livret de Léon Bakst
12 représentations jusqu’au 26 février 1923

Frivolant (Jean Poueigh) – 01 mai 1922
Ballet en un acte
Livret de Pierre Hortala et Jean Poueigh
13 représentations jusqu’au 04 août1923 (Chorégraphie de Léo Staats)

Mavra (Igor Stravinsky) – 03 juin 1922
Opéra bouffe en un acte d’après ‘La Petite Maison Kolomna’ d’Alexandre Pouchkine
Livret de Boris Kochno
7 représentations jusqu’au 13 juin 1922 (Compagnie des Ballets et Opéras Russes de Serge Diaghilev, mise en scène de Bronislva Nijinska)
5 représentations du 13 au 17 avril 1987 à la Salle Favart (Mise en scène Jean Guizerix)
11 représentations du 26 novembre au 11 décembre 2001 au Palais Garnier (Mise en scène Humbert Camerlo)

Cydalise et le Chèvre-pied (Gabriel Pierné) – 15 janvier 1923
Ballet en deux actes et trois tableaux
Livret de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet
40 représentations jusqu’au 26 juillet 1946 (Chorégraphie de Léo Staats)
Célébré par la presse comme un ‘Joyaux national’.

Padmâvatî (Albert Roussel) – 01 juin 1923
Opéra-ballet en deux actes
Livret de Louis Laloy
38 représentations jusqu’au 09 juin 1947 (Mise en scène de Pierre Chéreau et chorégraphie de Léo Staats)

Le Jardin du paradis (Alfred Bruneau) – 31 octobre 1923
Conte lyrique en quatre actes et huit tableaux d’après Hans Christian Andersen
Livret de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet
26 représentations jusqu’au 24 novembre 1926  (Mise en scène de Pierre Chéreau)

Fresques (Philippe Gaubert) – 09 mai 1923
Suite chorégraphique
Livret de Plácido de Montoliu
9 représentations jusqu’au 03 décembre 1923 (Chorégraphie de Plácido de Montoliu)

Les Dieux sont morts (Charles Tournemire) – 19 mars 1924
Drame lyrique en deux actes
Livret d’Eugène Berteaux
5 représentations jusqu’au 14 avril 1924

Siang-Sin (Georges Hüe) – 19 mars 1924
Ballet-pantomime en deux tableaux
Livret de Pierre Jobbé-Duval
104 représentations jusqu’au 23 avril 1944
Créé pour un festival de printemps chinois (Chorégraphie de Léo Staats)

Nerto (Charles Marie Widor) – 27 octobre 1924
Drame lyrique en quatre actes, d’après le poème de Frédéric Mistral
Livret de Maurice Léna
6 représentations jusqu’au 19 novembre 1924

Le Miracle des Loup (Henri Rabaud) – 13 novembre 1924
Film muet de Raymond Bernard, d’après le roman éponyme de Henri Dupuy-Mazuel
Scénario de Raymond Bernard, Jean-José Frappa et André Paul Antoine
1 projection à 20h30 le  13 novembre 1924
Spectacle de gala pour la première du Miracle des loups, avec Charles Dullin (Louis XI) et Vanni-Marcoux (Charles le Téméraire), orchestre et chœurs de l'Opéra sous la direction du compositeur.
Le film est sorti au cinéma Le Marivaux à Paris, le 28 novembre 1924

L’Arlequin (Max d’Ollone) – 24 décembre 1924
Comédie lyrique en cinq actes et six tableaux
Livret de Jean Sarment
13 représentations jusqu’au 30 mars 1927 (Mise en scène de Pierre Chéreau)

La princesse Padmâvatî - Estampe BNF (vers 1765)

La princesse Padmâvatî - Estampe BNF (vers 1765)

Esther, princesse d’Israël (Antoine Mariotte) – 01 mai 1925
Tragédie Lyrique en trois actes et dix-sept scènes
Livret d’André Dumas et Sébastien Charles Leconte
8 représentations jusqu’au 29 juin 1925

La Naissance de la Lyre (Albert Roussel) – 01 juillet 1925
Opéra en un acte et trois tableaux basé sur le drame satyrique ‘Les limiers’ de Sophocle
Livret de Théodore Reinach
8 représentations jusqu’au 09 novembre 1925 (Chorégraphie de Bronislava Nijinska)

Brocéliande (André Bloch) – 23 novembre 1925
Conte bleu en musique d’après ‘Le prélude féerique’
Livret de Fernand Gregh
9 représentations jusqu’au 03 décembre 1926

L’Île désenchantée (Henry Février) – 23 novembre 1925
Drame musical en deux actes et trois tableaux, tiré des grandes légendes de France d’Édouard Schuré
Livret d’Édouard Schuré
6 représentations jusqu’au 28 décembre 1925

Orphée (Jean Roger-Ducasse) – 11 juin 1926
Mimodrame lyrique en trois actes
Livret de Jean Roger-Ducasse
5 représentations jusqu’au 30 juin 1926 (Chorégraphie de Léo Staats avec dans le rôle principal Ida Rubinstein)
Commandée par Michel Terestchenko et Alexandre Ziloti, important musicien pétersbourgeois qui en est le commanditaire, l’œuvre fut publiée en 1913 pour être créée au théâtre Marie de Saint-Pétersbourg dans une chorégraphie de Michel Fokine.
Mais la première Guerre mondiale entraîna le report de son exécution, et la première eut lieu au Palais Garnier.

La prêtresse de Korydwen (Paul Ladmirault) – 17 décembre 1926
Ballet en deux tableaux
Livret d’Albert Juhellé et Georges Cléret
6 représentations jusqu’au 24 janvier 1927 (Chorégraphie de Léo Staats)
L’Impératrice aux rochers (Arthur Honneger) – 18 février 1927
Mystère en un prologue et cinq actes
Livret de Saint-Georges de Bouhelier
6 représentations jusqu’au 11 mars 1927 (Mise en scène d’Alexandre Sanine)

Naïla (Philippe Gaubert) – 08 avril 1927
Conte oriental lyrique en trois actes
Livret de Maurice Léna
4 représentations jusqu’au 02 mai 1927

Impressions de music-hall (Gabriel Pierné) – 08 avril 1927
Ballet en un acte
Livret de Gabriel Pierné
38 représentations jusqu’au 30 novembre 1930 (Chorégraphie de Bronislava Nijinska)
46 représentations du 11 mars 1935 jusqu’au 28 mars 1947 (Chorégraphie de Léo Staats)

Le Diable dans le beffroi (Désiré Émile Inghelbrecht) – 03 juin 1927
Ballet en un acte d’après Edgar Allan Poe
Livret de Désiré Émile Inghelbrecht
14 représentations jusqu’au 10 février 1928 (Chorégraphie de Nicola Guerra)

Les Matines d’amour (Jules Mazellier) – 16 décembre 1927
Fabliau-miracle en trois images
Livret de Raoul Gastambide
5 représentations jusqu’au 11 janvier 1928 (Chorégraphie de Nicola Guerra)

Cyrca (Marc Delmas) – 16 décembre 1927
Action chorégraphique et symphonique en un acte
Livret d’Albert Marie Emile Boucheron et Paul de Choudens (Chorégraphie de Nicola Guerra)
10 représentations jusqu’au 12 mars 1928
Œuvre achevée en 1914, mais dont la partition sera perdue en 1918, reconstituée en 1920, à nouveau perdue puis reconstituée la même année.
Grand prix de la musique de la ville de Paris en 1925.

La Tour de feu (Sylvio Lazzari) – 16 janvier 1928
Drame lyrique en trois actes
Livret de Sylvio Lazzari
35 représentations jusqu’au 02 septembre 1946

L’éventail de Jeanne (Maurice Ravel, Pierre-Octave Ferroud, Jacques Iber, Roland-Manuel, Marcel Delannoy, Albert Roussel, Darius Milhaud, Francis Poulenc, Georges Auric, Florent Schmitt) – 04 mars 1928
Ballet pour enfants en un acte écrit par dix compositeurs français
23 représentations jusqu’au 16 juin 1937 (Chorégraphie d’Alice Bourgat et Yvonne Franck)

Le Mas (Joseph Canteloube) – 03 avril 1929
Pièces lyrique en trois actes
Livret de Joseph Canteloube
7 représentations jusqu’au 20 juin 1929

Persée et Andromède (Jacques Ibert) – 15 mai 1929
Opéra en deux actes d’après ‘Moralités légendaires’ de Jules Laforgue
Livret de Nino (Michel Véber)
10 représentations jusqu’au 22 janvier 1930

L’écran des jeunes filles (Roland Manuel) – 15 mai 1929
Ballet en deux tableaux
Livret de Jacques Drésa (André Saglio)
16 représentations jusqu’au 22 juin 1930 (Chorégraphie de Léo Staats)

Salamine (Maurice Emmanuel) – 19 juin 1929
Tragédie lyrique en trois actes d’après ‘Les Perses’ d’Eschyle
Livret de Théodore Reinach
7 représentations jusqu’au 11 novembre 1929

La Tentation de Saint-Antoine (Raoul Brunel) – 12 mai 1930
Mystère en trois parties et dix tableaux
Livret de Raoul Brunel
6 représentations jusqu’au 04 juin 1930 (Mise en scène de Pierre Chéreau, Chorégraphie de Léo Staats)

Virginie (Alfred Bruneau) – 09 janvier 1931
Comédie lyrique en trois actes
Livret d’Henri Duvernois
6 représentations jusqu’au 02 février 1931

L'Illustre Frégona (Raoul Laparra) – 16 février  1931
Zarzuela en tros actes avec danses, tiré de la nouvelle de Cervantès
Livret de Raoul Laparra
23 représentations jusqu’au 07 avril 1940

Prélude dominical (Guy Ropartz) – 16 février  1931
Divertissement chorégraphique en un acte
Livret de Guy Ropartz
19 représentations jusqu’au 18 juin 1934 (Chorégraphie de Serge Lifar)

L'Orchestre en liberté (Henri Sauveplane) – 16 février  1931
Ballet en un acte
Livret de François Gautier dit Paul Franz et Paul Gsell
6 représentations jusqu’au 11 mars 1931 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Guercœur (Albéric Magnard) – 24 avril 1931
Tragédie musicale en trois actes
Livret d’Albéric Magnard    
11 représentations jusqu’au 08 mars 1933

Bacchus et Ariane (Albert Roussel) – 22 mai 1931
Ballet en deux actes
Livret d’Abel Hermant
5 représentations jusqu’au 24 juin 1931 (Chorégraphie de Serge Lifar)
10 représentations du 08 décembre 1967 jusqu’au 17 mars 1968 (Chorégraphie de Michel Descombey)

Amphion (Arthur Honegger) – 23 juin 1931
Drame lyrique en trois parties 
Livret de Paul Valéry
2 représentations jusqu’au 25 juin 1931 (Chorégraphie de Léonide Massine)

La Duchesse de Padoue (Maurice Le Boucher) – 21 octobre 1931
Tragédie lyrique en deux actes d’après la pièce d’Oscar Wilde
Livret de Paul Grosfils
3 représentations jusqu’au 13 novembre 1931

Le Rustre imprudent (Maurice Fouret) – 07 décembre 1931
Ballet en un acte
Livret de Jane Catulle-Mendes et Henry Jacques
8 représentations jusqu’au 9 mars 1932 (Chorégraphie de Léo Staats)

Invitation à la répétition générale de 'Guercoeur' d'Albéric Magnard en 1931

Invitation à la répétition générale de 'Guercoeur' d'Albéric Magnard en 1931

Maximilien (Darius Milhaud) – 06 janvier 1932
Opéra historique en trois actes et neuf tableaux d’après ‘Juarez und Maximilian’ de Franz Werfel
Livret de Rudolph Stephan Hoffman
6 représentations jusqu’au 29 janvier 1932 (Mise en scène de Pierre Chéreau)
Le film de Miguel Contreras Torres et Raphael J. Sevilla ‘Juarez und Maximilian’ sortira en 1934 et sera un des films mexicains les plus chers de l’époque.

Un jardin sur l'Oronte (Alfred Bachelet) – 07 novembre 1932
Drame lyrique en quatre actes et huit tableaux tiret du roman éponyme de Maurice Barrès
Livret de Franc-Nohain
11 représentations jusqu’au 26 février 1934 (Chorégraphie de Léo Staats)

Sur le Borysthène (Sergheï Prokofiev) – 16 décembre 1932
Poème chorégraphique en un acte et deux tableaux
Livret de Serge Lifar et Sergheï Prokofiev
6 représentations jusqu’au 16 mars 1933 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Jeunesse (Pierre-Octave Ferroud) – 27 avril 1933
Ballet en deux tableaux
Livret de André Coeuroy et Serge Lifar
8 représentations jusqu’au 07 juin 1933 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Vercingétorix (Canteloube) – 26 juin 1933
Épopée lyrique en quatre actes
Livret d’ Étienne Clémentel et Joseph-Henri Louwyck
8 représentations jusqu’au 13 décembre 1933 (Mise en scène de Pierre Chéreau)

Roselinde (Henri Hirschmann) – 17 novembre 1933
Ballet en deux actes
Livret de Pierre-Barthélemy Gheusi
7 représentations jusqu’au 01 janvier 1934 (Chorégraphie de Léo Staats)

La Princesse lointaine (Georges Martin Witkowski) – 26 mars 1934
Opéra-comique en quatre actes d’après la pièce éponyme d’Edmond Rostand
Livret de Georges Martin Witkowski
5 représentations jusqu’au 14 mai 1934

Perséphone (Igor Stravinsky) – 30 avril 1934
Mélodrame en trois scènes d’après la pièce éponyme d’André Gide
Livret d’André Gide
3 représentations jusqu’au 09 mai 1934 (Chorégraphie de Kurt Jooss)

Diane de Poitiers (Jacques Ibert) – 30 avril 1934
Ballet en trois tableaux
Livret d’Élisabeth de Gramont
6 représentations jusqu’au 21 mai 1934 (Chorégraphie de Michel Fokine)
8 représentations du 24 janvier 1947 au 30 avril 1947 (Chorégraphie Marcel Bergé)
Commande d’Ida Rubinstein

Sémiramis (Arthur Honegger) – 11 mai 1934
Mélodrame en trois actes et deux interludes
Livret de Paul Valéry
3 représentations jusqu’au 21 mai 1934 (Chorégraphie de Michel Fokine)

Rolande et le mauvais garçon (Henri Rabaud) – 25 mai 1934
Opéra en cinq actes
Livret de Lucien Népoty
15 représentations jusqu’au 08 janvier 1938

La Vie de Polichinelle (Nicolas Nabokov) – 22 juin 1934
Ballet en six tableaux
Livret de Claude Séran
9 représentations jusqu’au 02 février 1935 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Le Marchand de Venise (Reynaldo Hahn) – 29 mars 1935
Opéra en trois actes et cinq tableaux d’après ‘Shylock’ de William Shakespeare
Livret de Miguel Zamacoïs
27 représentations jusqu’au 01 avril 1939 (Mise en scène de Pierre Chéreau)
4 représentations du 18 novembre 1949 au 19 février 1950 (Mise en scène de Max de Rieux)
7 représentations du 11 avril au 02 mai 1979 (Mise en scène de Marc Cheifetz) à la Salle Favart

La Grisi (Henri Tomasi) – 21 juin 1935
Ballet en deux actes. Variations sur des thèmes d'Olivier Métra.
Livret de Guy de Téramond
100 représentations jusqu’au 25 juillet 1953 (Chorégraphie d’Albert Aveline)

Images (Gabriel Pierné) – 21 juin 1935
Ballet en deux actes
Livret d’André Hellé
9 représentations jusqu’au 03 février 1936 (Chorégraphie de Léo Staats)

Icare (Joseph-Emile Szyfer et Arthur Honneger) – 09 juillet 1935
Légende chorégraphique
Rythmes de Serge Lifar et orchestration de Joseph-Emile Szyfer et Arthur Honneger
Livret d’André Hellé
61 représentations jusqu’au 07 octobre 1954 (Chorégraphie de Serge Lifar et décors de Paul-Raoul Larthe)
3 représentations par le Ballet de l’Opéra au Covent Garden du 05 au 07 octobre 1954
48 représentations du 05 décembre 1962 au 20 octobre 1990 (Chorégraphie de Serge Lifar et décors de Pablo Picasso)

Le Rouet d'Armor (Adolphe Piriou) – 03 février 1936
Légende chorégraphique et musicale, d’après un conte de Michel Geistdoerfer
Livret d’Adolphe Piriou
10 représentations jusqu’au 01 mars 1939 (Chorégraphie de Léo Staats)

Œdipe (Georges Enesco) – 13 mars 1936
Tragédie lyrique en quatre actes et six tableaux
Livret d’Edmond Fleg
10 représentations jusqu’au 25 juin 1937 (Mise en scène de Pierre Chéreau)
2 représentations le 21 et 22 mai 1963 (Chanté en roumain par les artistes de l’Opéra de Bucarest)
8 représentations du 23 septembre au 14 octobre 2021 à l’Opéra Bastille (Mise en scène Wajdi Mouawad)

Lleana (Marcel Bertrand) – 20 mai 1936
Ballet en un acte, d’après un conte roumain de Chesade
Livret de Marcel Bertrand
3 représentations jusqu’au 15 juin 1936 (Chorégraphie de Léo Staats)

Le roi nu (Jean Françaix) – 15 juin 1936
Ballet en un acte, d’après un conte de Hans Christian Andersen
Livret de Serge Lifar
10 représentations jusqu’au 19 mai 1937 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Un baiser pour rien (Manuel Rosenthal) – 15 juin 1936
Ballet en un acte
Livret de Michel Veber (Nino)
6 représentations jusqu’au 06 janvier 1937 (Chorégraphie d’Albert Aveline)

Alexandre le Grand (Philippe Gaubert) –  21 juin 1937
Épopée chorégraphique
Livret de Serge Lifar
49 représentations jusqu’au 22 juillet 1942 (Chorégraphie de Serge Lifar)

La Samaritaine (Max d'Ollone) –  23 juin 1937
Drame lyrique en trois actes d’après la pièce éponyme d’Edmond Rostand (1897)
Livret d’après Edmond Rostand
7 représentations jusqu’au 19 mars 1938

Oriane et le prince d'Amour (Florent Schmitt) –  07 janvier 1938
Ballet en deux actes
Livret de Claude Seran
21 représentations jusqu’au 15 avril 1942 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Le Cantique des Cantiques (Arthur Honegger) –  02 février 1938
Ballet en deux actes
Rythmes de Serge Lifar 
Livret de Gabriel Boissy
8 représentations jusqu’au 27 juillet 1938 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Les Santons (Henri Tomasi) –  18 novembre 1938
Ballet en un acte
Livret de René Dumesnil
76 représentations jusqu’au 06 janvier 1954 (Chorégraphie d’Albert Aveline)

La Chartreuse de Parme (Henri Sauguet) –  20 mars 1939
Opéra en quatre actes et 11 tableaux d’après l’oeuvre éponyme de Stendhal
Livret d’Armand Lunel
7 représentations jusqu’au 09 juin 1939 (Mise en scène de Pierre Chéreau)

Entre deux rondes (Marcel Samuel-Rousseau) –  24 avril 1940
Duo chorégraphique en un acte
Livret de Marcel Samuel-Rousseau
51 représentations jusqu’au 12 juillet 1944 (Chorégraphie de Serge Lifar)
41 représentations du 27 avril 1949 au 29 juillet 1959 (Chorégraphie de Serge Lifar)
4 représentations de l’École de danse du 25 au 29 mars 1992 (Chorégraphie de Serge Lifar)
5 représentations de l’École de danse du 23 avril au 03 mai 2006 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Le Chevalier et la Damoiselle (Philippe Gaubert) –  02 juillet 1941
Ballet en deux actes, inspiré d’un lai de Marie de France
Livret de Serge Lifar
82 représentations jusqu’au 08 mai 1957 (Chorégraphie de Serge Lifar)
4 représentations de l’École de danse du 19 au 22 juin 1996 (Chorégraphie de Serge Lifar)
4 représentations de l’École de danse du 07 au 11 avril 1997 (Chorégraphie de Serge Lifar)

La Princesse au jardin (Gabriel Grovlez) –  02 juillet 1941
Conte chorégraphique en un acte
Livret d’Émile Vuillermoz
16 représentations jusqu’au 14 juillet 1943 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Joan de Zarissa (Werner Egk) –  10 juillet 1942
Ballet en quatre tableaux
Livret de Werner Egh
21 représentations jusqu’au 16 février 1944 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Les Animaux modèles (Francis Poulenc) –  08 août 1942
Suite d’orchestre en un acte d’après les Fables de la Fontaine
Livret de Francis Poulenc
73 représentations jusqu’au 07 janvier 1953 (Chorégraphie de Serge Lifar)
5 représentations à la salle Favart du 11 au 16 juin 1979 (Chorégraphie de Serge Lifar)
5 représentations à la salle Favart du 04 au 10 avril 1981 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Le Jour (Maurice Jaubert) –  23 juin 1943
Poème chorégraphique
Livret de Jules Supervielle
10 représentations jusqu’au 05 avril 1944 (Chorégraphie de Serge Lifar)
L’œuvre fut jouée une fois en version de concert le 13 décembre 1931

Guignol et Pandore (André Jolivet) –  29 avril 1944
Ballet en un acte
Livret de Serge Lifar
57 représentations jusqu’au 26 septembre 1956 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Christopher Maltman dans 'Œdipe' (1936) de Georges Enesco, lors de la recréation de l'ouvrage à l'Opéra Bastille en 2021

Christopher Maltman dans 'Œdipe' (1936) de Georges Enesco, lors de la recréation de l'ouvrage à l'Opéra Bastille en 2021

Réunion des Théâtres Lyriques Nationaux (1945 à 1978)

L’Appel de la montagne (Arthur Honneger) –  09 juillet 1945
Ballet en trois tableaux
Livret de Robert Favre Le Bret
20 représentations jusqu’au 27 novembre 1946 (Chorégraphie de Serge Peretti)

Le mendiant de Marrakech (Lucien-Marie Aube) –  18 juin 1946
Poème chorégraphique
Livret de Louis Poterat et André Tabet
1 représentation (Chorégraphie de Constantin Tcherkas)

Les Mirages (Henri Sauguet) –  15 décembre 1947
Féerie chorégraphique en un acte et deux tableaux
Livret de Adolphe Mouron (Cassandre) et Serge Lifar
209 représentations jusqu’au 28 octobre 2006 (Chorégraphie de Serge Lifar)
1 représentation du dernier Pas de deux lors de la soirée en hommage à Yvette Chauviré, le 22 avril 2017
La répétition générale eut lieu fin juillet 1944, avant que la Libération de Paris n’entraîne la fermeture momentanée du théâtre.

Les malheurs de Sophie (Jean Français) –  25 février 1948
Ballet en trois tableaux
Livret de Georges Fells
9 représentations jusqu’au 20 avril 1949 (Chorégraphie de Robert Quinault)

Zadig (Pierre Petit) –  09 juillet 1948
Ballet en un acte et cinq tableaux
Livret de Pierre Petit et Serge Lifar
4 représentations jusqu’au 26 juillet 1948 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Lucifer (Claude Delvincourt) –  14 décembre 1948
Mystère en un prologue et trois épisodes
Livret de René Dumesnil
15 représentations jusqu’au 21 mai 1952 (Chorégraphie de Serge Lifar)

La naissance des couleurs (Arthur Honneger) –  22 juin 1949
Ballet avec chant
Livret de Ernest Klausz et René Morax
2 représentations jusqu’au 29 juin 1952 (Chorégraphie de Serge Lifar et Irène Popard)

Endymion (Jacques Leguerney) –  27 juillet 1949
Ballet en un acte
Livret d’André Doderet
9 représentations jusqu’au 29 juin 1952 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Septuor (Jean Lutèce) –  25 janvier 1950
Ballet en un acte
Livret de Francis Blanche
26 représentations jusqu’au 05 décembre 1956 (Chorégraphie de Serge Lifar)

L’Inconnue (André Jolivet) –  19 avril 1950
Ballet en un acte
Livret de Léandre Vaillat
4 représentations jusqu’au 10 juillet 1950 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Le Chevalier errant (Jacques Ibert) – 26 avril 1950
Ballet en deux actes et quatre tableaux d’après Cervantes
Livret d’Élisabeth de Gramont (poèmes d’Alexandre Arnoux)
35 représentations jusqu’au 28 novembre 1956 (Chorégraphie de Serge Lifar)
Commande d’Ida Rubinstein passée en 1934

Bolivar (Darius Milhaud) – 12 mai 1950
Opéra en trois actes et dix tableaux
Livret de Madeleine Milhaud
26 représentations jusqu’au 21 janvier 1963

Phèdre (Georges Auric) –  14 juin 1950
Tragédie chorégraphique en un acte
Livret de Jean Cocteau
76 représentations jusqu’au 11 mai 1960 (Chorégraphie de Serge Lifar)
13 représentations du 18 octobre au 12 novembre 1977 (Chorégraphie de Serge Lifar)
12 représentations du 22 septembre au 06 octobre 2011 (Chorégraphie de Serge Lifar)

La Grande Jatte (Ferdinand Barlow) –  12 juillet 1950
Ballet en un acte
Livret de Pierre Bertin
20 représentations jusqu’au 15 juillet 1953 (Chorégraphie d’Albert Aveline)

Kerkeb, danseuse berbère (Marcel Samuel-Rousseau) – 06 avril 1951
Drame musical en un acte d’après une nouvelle d’Elissa Rhaïs (Rosine Boumendil)
Livret de Michel Carré
26 représentations jusqu’au 12 juillet 1958

L’Astrologue (Henry Barraud) –  25 avril 1951
Ballet en trois tableaux
Livret d’Henry Barraud
4 représentations jusqu’au 11 juillet 1951 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Blanche Neige (Maurice Yvain) –  14 novembre 1951
Ballet en trois actes et six tableaux d’après un conte des Frères Grimm
Livret d’après les Frères Grimm
21 représentations jusqu’au 22 novembre 1953 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Cinéma (Louis Aubert) –  11 mars 1953
Ballet en trois parties
Livret de René Jeanne
15 représentations jusqu’au 10 novembre 1954 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Hop-Frog (Raymond Loucheur) –  17 juin 1953
Ballet pantomime en deux actes
Livret d’après Edgar Poe
8 représentations jusqu’au 03 mars 1954 (Chorégraphie de Harald Lander)

Les Noces Fantastiques (Marcel Delannoy) –  09 février 1955
Ballet en deux actes et quatre tableaux
Livret de Serge Lifar
50 représentations jusqu’au 19 mai 1965 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Numance (Henry Barraud)–  15 avril 1955
Opéra en deux actes et cinq tableaux
Livret de Salvador de Madariaga, d’après Cervantès
9 représentations jusqu’au 27 novembre 1955 (Mise en scène Max de Rieux)

La Dame à la Licorne (Jacques Chailley) –  28 janvier 1959
Ballet en un acte
Livret de Jean Cocteau
5 représentations jusqu’au 06 mai 1959 (Chorégraphie de Heinz Rosen)

Conte Cruel (Georges Delerue) –  16 décembre 1959
Ballet en trois actes et quatre tableaux
Livret de Philippe Hérat, d’après Villiers de l’Isle-Adam
4 représentations jusqu’au 20 avril 1960

But (Jacques Castérède) –  17 avril 1963
Ballet dont l’action se déroule sur un terrain de basket
Livret de Michel Descombey
26 représentations jusqu’au 07 octobre 1967 (Chorégraphie de Michel Descombey)

Notre-Dame de Paris (Maurice Jarre) –  11 décembre 1965
Ballet en deux actes et treize tableaux
Livret d’après Victor Hugo
58 représentations jusqu’au 02 décembre 1988 au Palais Garnier (Chorégraphie de Roland Petit)
12 représentations du 4 octobre au 11 novembre 1996 à l’Opéra Bastille (Chorégraphie de Roland Petit)
12 représentations du 3 au 13 octobre 2001 au Palais Garnier (Chorégraphie de Roland Petit)
30 représentations du 30 juin 2014 au 31 décembre 2025 à l’Opéra Bastille (Chorégraphie de Roland Petit)

Paradis perdu (Marius Constant) –  13 octobre 1967
Ballet
Livret de Roland Petit
3 représentations jusqu’au 18 octobre 1967 (Chorégraphie de Roland Petit, avec Rudolf Noureev et Margot Fonteyn)

Sablier Prison (John Surman, Michaël Osborne et Allan Skidmore) – 30 avril 1974
Ballet
9 représentations jusqu’au 27 mai 1974 (Chorégraphie de Carolyn Carlson)
2 représentations du 14 au 16 juillet 1976

Nana (Marius Constant) – 06 mai 1976
Ballet
Livret de Edmonde Charles-Roux d'après le roman d'Emile Zola
16 représentations jusqu’au 9 juin 1976 (Chorégraphie de Roland Petit)

This, That and the Other (Igor Wakhévitch) – 19 avril 1977
Ballet
7 représentations jusqu’au 19 mai 1977 (Chorégraphie de Carolyn Carlson)

'Notre Dame de Paris' (Maurice Jarre) dans la production originale de Roland Petit (1965)

'Notre Dame de Paris' (Maurice Jarre) dans la production originale de Roland Petit (1965)

Théâtre national de l'Opéra de Paris (1978 à 1989)

Year of the Horse (Jean Schwarz) – 28 avril 1978
Ballet 
8 représentations jusqu’au 30 mai 1978 (Chorégraphie de Carolyn Carlson)
5 représentations du 06 au 23 mars 1979

3e acte de 'Lulu' (Alban Berg) – 24 février 1979
Opéra en trois actes, dont les deux premiers actes ont été créés le 2 juin 1937 au Stadttheater de Zurich
Création mondiale au Palais Garnier de la version en trois actes de 'Lulu'
9 représentations jusqu’au 24 mars 1979 (Mise en scène Patrice Chéreau, direction musicale Pierre Boulez)
26 représentations du 08 avril 1998 au 05 novembre 2011 à l'Opéra Bastille (Mise en scène Willy Decker)

Le Fantôme de l’Opéra (Marcel Landowski) – 22 février 1980
Ballet
Livret d'après le roman de Gaston Leroux
19 représentations jusqu’au 19 mars 1980 (Chorégraphie de Roland Petit)

Schéma (David Darling et Alwin Nikolais) – 18 décembre 1980
Ballet
Livret de Alwin Nikolais
11 représentations jusqu’au 6 février 1981 (Chorégraphie de Alwin Nikolais)

Erzsebet (Charles Chaynes) – 28 mars 1983
Opéra pour une femme seule en six moments lyriques
Livret de Ludovic Janvier d'après sa pièce "Vers Bathory"
10 représentations jusqu’au 23 avril 1983 (Mise en scène Michael Lonsdale)

Saint François d'Assise (Olivier Messiaen) – 28 novembre 1983
Scènes franciscaines en trois actes et huit tableaux
Poème et musique d'Olivier Messiaen
8 représentations jusqu'au 18 décembre 1983 (Mise en scène Sandro Sequi, direction musicale Seiji Ozawa et Kent Nagano)
6 représentations du 12 au 29 décembre 1992 à l'Opéra Bastille (Mise en scène Peter Sellars, direction musicale Sylvain Cambreling)
9 représentations du 6 octobre au 5 novembre 2004 à l'Opéra Bastille (Mise en scène Stanislas Nordey, direction musicale Sylvain Cambreling)

Docteur Faustus (Konrad Boehmer) – 20 février 1985
Drame en musique en deux actes
Livret de Hugo Claus
7 représentations jusqu'au 9 mars 1985 (Mise en scène Charles Hamilton, direction musicale Janos Kulka et John Burdekin)
Coproduction avec la Nederlandse Operastichting d'Amsterdam
Prix Rolf Liebermann (1983) décerné par le Körber Stiftung

Arepo (Hugues Le Bars) – 24 mars 1986
Ballet : Arepo ( opéra à l'envers ) est un hommage au Ballet de l'Opéra, dans sa tradition et sa modernité
5 représentations jusqu’au 25 avril 1986 (Chorégraphie Maurice Béjart)

In the Middle Somewhat Elevated (Thom Willems) – 29 mai 1987
Ballet
66 représentations jusqu’au 11 novembre 2000 (Chorégraphie de William Forsythe)
Distribution de la première : Sylvie Guillem, Isabelle Guérin, Karin Averty, Manuel Legris et Laurent Hilaire
3 représentations au Festival Italica du 18 au 20 juillet 1990
33 représentations en tournée (Avignon, Helsinki, Japon, Turin) du 29 juillet 1994 au 9 juillet 1995
21 représentations du 3 au 31 décembre 2012 

Soon (U2) – 29 mai 1987
Ballet
8 représentations du 29 juin au 10 juillet 1987 (Chorégraphie Daniel Ezralow)

La Célestine (Maurice Ohana) – 13 juin 1988
Tragi-comédie lyrique en un prologue et onze tableaux
Livret de Maurice Ohana d'après Fernando de Rojas, texte français d'Odile Marcel
6 représentations jusqu'au 29 juin 1988 (Mise en scène Jorge Lavelli, direction musicale Arturo Tamayo)

Le Maître et Marguerite (York Höller) – 20 mai 1989
Opéra en deux actes
Livret de York Höller d'après le roman de Mikhaïl Boulgakov
Bande électro-acoustique réalisée à l'IRCAM et à la Musikhochschule de Cologne
Commande de l'Opéra de Paris et du Hamburgische Staatsoper
6 représentations jusqu'au 31 mai 1989 (Mise en scène Hans Neuenfels, direction musicale Lothar Zagrosek et John Burdekin)

Christiane Eda-Pierre dans la production originale de 'Saint François d'Assise' d'Olivier Messiaen en 1983

Christiane Eda-Pierre dans la production originale de 'Saint François d'Assise' d'Olivier Messiaen en 1983

Opéra de Paris (1990 à 1994)

Retours de scène (Samuel Zyman) – 07 mai 1992
Ballet
8 représentations jusqu'au 17 mai 1992 (Chorégraphie Odile Duboc)
Distribution de la première représentation à Paris : Elisabeth Maurin, Carole Arbo, Karin Averty et Patrick Dupond.

Enter (David Tudor) – 17 novembre 1992
Ballet
Commande de l'Opéra de Paris et du Festival d'Automne.
5 représentations jusqu'au 21 novembre 1992 (Chorégraphie Merce Cunningham)
Rideau de scène créé par John Cage. Enter, traite d'êtres humains qui sont impliqués dans différentes expériences de mouvement.

 

'Appartement' (FleshQuartet) dans la chorégraphie de Mats-Ek (2000)

'Appartement' (FleshQuartet) dans la chorégraphie de Mats-Ek (2000)

Opéra national de Paris (1994 à aujourd'hui)

Garnier Event I & II (Christian Wolff, Takehisa Kosugi et Steve Lacy) – 06 janvier 1998
Ballet
11 représentations jusqu'au 17 janvier 1998 (Chorégraphie Merce Cunningham)

Pond War (Brian Eno) – 13 janvier 1998
Ballet - New Ikebukuro pour trois platines CD 
5 représentations jusqu'au 17 janvier 1998 (Chorégraphie Merce Cunningham)

Casanova (Goran Vejvoda) – 03 mars 1998
Ballet en neuf tableaux
28 représentations jusqu'au 26 octobre 2002 (Chorégraphie Angelin Preljocaj)
Distribution de la première représentation:
Isabelle Guerin, Aurélie Dupont, Laurent Hilaire, Nicolas Le Riche et Wilfried Romoli

Pas. / Parts (Thom Willems) – 31 mars 1999
Ballet
52 représentations jusqu'au 04 octobre 2014 (Chorégraphie William Forsythe)
Distribution de la première représentation: Agnès Letestu, Clairemarie Osta, Eleonora Abbagnato, Stéphanie Romberg, Jean-Guillaume Bart, Jérémie Bélingard, Kader Belarbi, Lionel Delanoë, Nicolas Le Riche, José Martinez.

Woundwork 1 (Thom Willems) – 31 mars 1999
Ballet

52 représentations jusqu'au 04 octobre 2014 (Chorégraphie William Forsythe)
4 représentations en tournée à Vienne du 18 au 22 juillet 2000
Distribution de la première représentation: Carole Arbo, Isabelle Guérin, Laurent Hilaire, Manuel Legris.

Orison (Costin Miereanu) – 20 mai 1999
Ballet
7 représentations jusqu'au 29 mai 1999 (Chorégraphie Pierre Darde)
Distribution de la première représentation: Elisabeth Maurin, Yann Bridard

Clavigo (Gabriel Yared) – 15 octobre 1999
Ballet en deux parties, inspiré du drame romantique de Wolfgang von Goethe
34 représentations jusqu'au 6 novembre 2003 (Chorégraphie Roland Petit)
4 représentations en tournée (Baalbeck - juillet 2001 -, Athènes - septembre 2003-)
Distribution de la première représentation : Marie-Agnès Gillot, Clairemarie Osta, Nicolas Le Riche, Yann Bridard, Yann Saïz.

Appartement (FleshQuartet) – 27 juin 2000
Ballet en dix séquences :
La Salle de bains - La Télévision - Le Passage piétonnier - La Cuisine (pas de deux) - Jeux d'enfants (trio) - Valse - Marche des aspirateurs - Duo des embryons - Grand Pas de deux – Finale
36 représentations jusqu'au 9 juillet 2014  (Chorégraphie Mats-Ek)
17 représentation du 27 mars au 18 avril 2025
Distribution de la première représentation: Marie-Agnès Gillot, Clairemarie Osta, Kader Belarbi, Nicolas Le Riche, José Martinez, Benjamin Pech, Wilfried Romoli.

Yamm (Philippe Fenelon) – 21 octobre 2000
Ballet
7 représentations jusqu’au 7 novembre 2000 (Chorégraphie Lionel Hoche)

Wuthering Heights (Philippe Hersant) – 26 février 2002
Ballet en un prologue et deux actes
25 représentations jusqu'au 6 octobre 2007 (Chorégraphie Kader Belarbi)

AndréAuria (David Lang) – 15 novembre 2002
Ballet
"AndréAuria" ou pour le chorégraphe, complexité du corps, les pointes, la vitesse, l'accumulation de mouvements.
26 représentations jusqu'au 20 février 2015 (Chorégraphie Edouard Lock)
Distribution de la première à Paris : Marie Agnès Gillot, Clairemarie Osta, Dorothée Gilbert, Karl Paquette.

La Petite Danseuse de Degas (Denis Vaillant) – 25 avril 2003
Ballet
Livret de Martine Kahane et Patrice Bart
41 représentations jusqu'au 14 juillet 2010 (Chorégraphie de Patrice Bart)

La Septième Lune (Jean Prodomidès) – 16 avril 2004
Ballet
14 représentations jusqu'au 29 avril 2004 (Chorégraphie de Davide Bombana)
Distribution de la première représentation: Agnès Letestu, José Martinez, Stéphanie Romberg

Le Songe de Médée (Mauro Lanza) – 05 novembre 2004
Ballet
Commande de l'Opéra et de l'IRCAM
22 représentations jusqu'au 10 novembre 2007
Distribution de la première représentation : Marie-Agnès Gillot, Wilfried Romoli, Eleonora Abbagnato.

The Temptation of Saint Anthony (Bernice Johnson Reagon) – 24 novembre 2005
Opéra
Livret de Bernice Johnson Reagon d'après l'oeuvre de Gustave Flaubert
Commande de l'Opéra de Paris - Création officielle au Palais Garnier après présentation à la Ruhrtriennale en juin 2003
12 représentations jusqu'au 16 décembre 2005  (Mise en scène Robert Wilson, Direction musicale Toshi Reagon)
Coproduction avec la Ruhrtriennale et Change Performing Arts

O Zlozony / O composite (Laurie Anderson) – 17 décembre 2004
Ballet
56 représentations jusqu'au décembre 2012 (Chorégraphie Trisha Brown)
3 représentations en tournée à Vienne du 14 au 16 juillet 2005
23 représentations du 01 décembre au 31 décembre 2025 (Chorégraphie Trisha Brown)
Distribution de la première représentation :Aurélie Dupont, Manuel Legris, Nicolas Le Riche

Les Familiers du labyrinthe (Todor Todoroff) – 03 février 2005
Ballet
13 représentations jusqu'au février 2005 (Chorégraphie Michèle Noiret, direction musicale Edward Gardner)

Da gelo a gelo (Salvatore Sciarrino) – 23 mai 2007
Opéra
Livret d’après le journal ‘Cent scènes et soixante-cinq poèmes’ d’Izumi Shikibu (Japon, XIe siècle)
Commande de l'Opéra de Paris (Création le 21 mai 2006 au Schwetzinger Festspiele) et du Grand Théâtre de Genève.
7 représentations jusqu'au 10 juin 2007 (Mise en scène Trisha Brown, direction musicale Tito Ceccherini – Klangforum Wien)

Genus (Joby Talbot et Deru) – 26 octobre 2007
Ballet
32 représentations jusqu'au 22 novembre 2009 (Chorégraphie Wayne McGregor)

Melancholia (Georg Friedrich Haas) – 09 juin 2008
Opéra en trois parties
Livret de Jon Fosse d'après la première partie du roman "Melancholia I" de Jon Fosse
7 représentations jusqu'au 27 juin 2008 (Mise en scène Stanislas Nordey, direction musicale Sylvain Cambreling - Klangforum Wien)
Coproduction IRCAM, Radio France, Instant Pluriel, Opéra national de Paris, dans le cadre du Festival Agora 2008

Les Enfants du paradis (Marc-Olivier Dupin) – 21 octobre 2008
Ballet
Livret de Jacques Prévert Adaptation de François Roussillon et José Martinez
33 représentations jusqu'au 6 juin 2015  (Chorégraphie José Martinez)
6 représentations en tournée (Nagoya et Tokyo - mai 2013)

17 représentations jusqu'au 27 mars 2027  (Chorégraphie José Martinez)

Yvonne, princesse de Bourgogne (Philippe Boesmans) – 24 janvier 2009
Opéra
Livret de Luc Bondy et Marie-Louise Bischofberger d’après la pièce homonyme de Witold Gombrowicz.
7 représentations du 24 janvier au 8 février 2009 (Mise en scène Luc Bondy, direction musicale Sylvain Cambreling)
4 représentations du 26 février au 8 mars 2020  (Mise en scène Luc Bondy, direction musicale Susanna Mälkki)

'Yvonne, princesse de Bourgogne' de Philippe Boesmans (2009)

'Yvonne, princesse de Bourgogne' de Philippe Boesmans (2009)

Darkness is Hidding Black Horses (Saburo Teshigawara) – 31 octobre 2013
Ballet
11 représentations jusqu’au 14 novembre 2013 (Chorégraphie Saburo Teshigawara, directio musicale Paul Agnew)
Distribution de la première représentation :Aurélie Dupont, Jérémie Bélingard, Nicolas Le Riche, Marc Moreau

Clear, Loud, Bright, Forward (Nico Muhly) – 24 septembre 2015
Ballet
13 représentations jusqu'au 11 octobre 2015 (Chorégraphie Benjamin Millepied, direction musicale Maxime Pascal)

The Seasons Canon (Max Richter) – 24 septembre 2016
Ballet
Musique des ‘Quatre Saisons’ d’Antonio Vivaldi recomposée par Max Richter
54 représentations jusqu’au 14 juillet 2026 (Chorégraphie Crystal Pite)
13 représentations en tournée (Novosibirsk, Singapour, Shanghai, Aix-en-Provence) de juillet 2018 à septembre 2022

Trompe La Mort (Luca Francesconi) – 16 mars 2017
Opéra
Livret de Luca Francesconi d'après Honoré de Balzac
6 représentations jusqu’au 5 avril 2017 (Mise en scène Guy Cassiers, direction musicale Susanna Mälkki)

Scary Beauty (Keiichiro Shibuya) – 08 mai 2017
Ballet
5 représentations jusqu'au 13 mai 2017 (chorégraphie Jérémie Bélingard)

Undoing World (Nicolas Worms) – 13 juin 2017
Ballet
4 représentations jusqu’au 18 juin 2017 (Chorégraphie Bruno Bouché)

Play (Mikael Karlsson) – 06 décembre 2017
Ballet
60 représentations jusqu’au 04 janvier 2025 (Chorégraphie Alexander Ekman)

Frôlons (James Thierrée) – 19 mai 2018
Ballet - Création dans les espaces publics au Palais Garnier
11 représentations jusqu’au 8 juin 2018 (Chorégraphie de James Thierrée)

Bérénice (Michael Jarrell) – 29 septembre 2018
Opéra en quatre séquences
7 représentations jusqu’au 17 octobre 2018  (Mise en scène Claus Guth, direction musicale Philippe Jordan)
Avec Bo Skovkus et Barbara Hannigan

At the Hawk’s Well (Ryoji Ikeda) – 22 septembre 2019
Ballet d'après William Butler Yeats,
17 représentations jusqu’au 15 octobre 2019 (Chorégraphie Hiroshi Sugimoto et Alessio Silvestrin)
Avec Amandine Albisson, Ludmila Pagliero, Axel Magliano, Hugo Marchand, Audric Bezard, Alessio Carbone

Body and Soul (Owen Belton) – 26 octobre 2019
Ballet
37 représentations jusqu'au 20 février 2022 (Chorégraphie Crystal Pite)

'The Seasons Canon (Max Richter)' dans la chorégraphie de Crystal Pite (2016)

'The Seasons Canon (Max Richter)' dans la chorégraphie de Crystal Pite (2016)

Et si (Guillaume Alric) – 13 novembre 2020
Ballet
1 représentation le 13 novembre 2020 (Chorégraphie Mehdi Kerkouche)
16 représentations annulées

Brise-lames (Koki Nakano) – 13 novembre 2020
Ballet
1 représentation le 13 novembre 2020 (Chorégraphie Damien Jalet)
16 représentations annulées

Exposure (Woodkid) – 13 novembre 2020
Ballet
1 représentation le 13 novembre 2020 (Chorégraphie Sidi Larbi Cherkaoui)

Le Soulier de Satin (Marc-André Dalbavie) – 21 mai 2021
Opéra
Livret de Raphaèle Fleury d'après la pièce de Paul Claudel
5 représentations jusqu'au 13 juin 2021 (Mise en scène Stanislas Nordey, direction musicale Marc-André Dalbavie)
Avec Luca Pisaroni, Eve Maud Hubeaux, Marc Labonnette, Yann Beuron, Nicolas Cavallier, Jean-Sébastien Bou, Béatrice Uria-Monzon, Eric Huchet, Vannina Santoni, Max Emanuel Cencic, Julien Dran, Camille Poul, Fanny Ardant

Faunes (Ori Lichtik) – 01 décembre 2021
Ballet
21 représentations jusqu’au 02 janvier 2022 (Chorégraphie Frederick Ashton, direction musicale Vello Pähn)
2 représentations en tournée à Los Angeles le 20 et 21 juillet 2022

Chiroptera (Thomas Bangalter) – 12 novembre 2023
Installation – Parvis du Palais Garnier
1 représentation le 12 novembre 2023 (Chorégraphie Damien Jalet)

Red Carpet (Hofesh Shechter) – 10 juin 2025
Ballet
20 représentations jusqu’au 14 juillet 2025 (Chorégraphie Hofesh Shechter)

Drift Wood (Amos Ben-Tal) – 01 décembre 2025
Ballet
23 représentations jusqu’au 31 décembre 2025 (Chorégraphie Imre et Marne van Opstal)

Le Petit Prince (Simon Bång) –  06 décembre 2025
Ballet d’après l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry
8 représentations (Démonstration et Spectacle) par l’Ecole de Danse jusqu’au 19 avril 2026 (Chorégraphie Clairemarie Osta)

Empreintes (Mikael Karlsson & Gustave Rundman) – 11 mars 2026
Ballet sous forme de 2 créations
17 représentations jusqu’au 28 mars 2026 (Chorégraphies Morgann Runacre-Temple & Jessica Wright, Marcos Morau)

Dream this Way (Tru) –  27 juin 2026
Ballet
15 représentations jusqu’au 14 juillet 2026 (Chorégraphie Micaela Taylor)

Miroir de nos peines (Hèctor Parra) –  24 avril 2027
Opéra

Livret de Jean-Luc Vincent d'après le roman de Pierre Lemaitre
7 représentations jusqu’au 11 mai 2027 (Mise en scène Mariame Clément, direction musicale Ingo Metzmacher)

Giselle (Grégoire Hetzel) – 25 juin 2027
Ballet
15 représentations jusqu’au 14 juillet 2027 (Chorégraphie Johan Inger)

Max Emanuel Cenčić (L’Ange Gardien) dans 'Le Soulier de Satin' de Marc-André Dalbavie (2021)

Max Emanuel Cenčić (L’Ange Gardien) dans 'Le Soulier de Satin' de Marc-André Dalbavie (2021)

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Publié le 3 Juillet 2025

Il barbiere di Siviglia (Gioachino Rossini –
Teatro Argentino de Rome, le 16 février 1816)
Représentation du 02 juillet 2025
Opéra Bastille

Rosina Isabel Leonard
Figaro Mattia Olivieri
Il Conte d'Almaviva Levy Sekgapane
Bartolo Carlo Lepore
Basilio Luca Pisaroni
Fiorello Andres Cascante
Berta Margarita Polonskaya
Un ufficiale Jianhong Zhao

Direction musicale Diego Matheuz
Mise en scène Damiano Michieletto (2014)

 

Pour sa cinquième reprise et déjà 55 représentations au compteur depuis le 19 septembre 2014, la production du ‘Barbier de Séville’ imaginée par Damiano Michieletto est devenue l’un des grands classiques de l’Opéra Bastille, ce qui conforte l’ouvrage le plus populaire de Rossini au 7e rang des opéras les plus joués à l’Opéra de Paris.

Levy Sekgapane (Almaviva) et Mattia Olivieri (Figaro)

Levy Sekgapane (Almaviva) et Mattia Olivieri (Figaro)

Il faut dire que cette scénographie a de quoi séduire par sa reconstitution des façades d’une rue de Séville contemporaine dont le bâtiment central pivote pour révéler un dédale de pièces et d’escaliers sur trois niveaux absolument charmant, chargé d’une riche décoration plutôt prosaïque illuminée par des éclairages aussi bien intimes et chaleureux qu’ils peuvent être francs.

Le public a ainsi l’impression de se trouver face à une immense maison de poupée parmi laquelle les chanteurs évolueraient, une brillante adresse aux souvenirs d’enfance des auditeurs qui touche au cœur, Rosina étant elle même une adolescente vivant dans son monde fait d’admiration pour de beaux acteurs et chanteurs.

Le Barbier de Séville (Leonard Olivieri Sekgapane Matheuz Michieletto) Opéra de Paris

Et non seulement la direction d’acteurs du metteur en scène italien est vive et inventive, jusqu’à la scène de folie qui clôt la première partie dans un tournoiement méticuleusement réglé, mais l’on a aussi de cesse d’admirer la complexité du décor et ses moindres détails, qui ne peuvent se révéler qu’aux jumelles ou bien en allant visiter les coulisses. Les équipes techniques, des lumières et des décorations doivent être très fières d’une telle réalisation amenée à rester au répertoire certainement pour bien des années encore.

Isabel Leonard (Rosina)

Isabel Leonard (Rosina)

Depuis son passage à l’Opéra de Paris en 2011 où elle incarnait Sesto et Cherubino respectivement dans ‘Giulio Cesare’ et ‘Le Nozze di Figaro’ – elle était même initialement annoncée dans le rôle de Rosine en 2010 -, Isabel Leonard n’était pas revenue à Paris depuis, sa carrière s’étant principalement développée dans sa cité natale, New-York.

Elle se glisse avec grande aisance dans ce rôle enfantin, rondeur et noirceur du timbre allant de pair avec une vivacité, et parfois même une certaine célérité, des vocalises qui se veulent expressives avec beaucoup de corps, les aigus ne manquant nullement de panache.

Mattia Olivieri (Figaro) et Isabel Leonard (Rosina)

Mattia Olivieri (Figaro) et Isabel Leonard (Rosina)

Découvert par le public parisien en février 2023 dans ‘Lucia di Lammermoor’, Mattia Olivieri est un excitant Figaro au profil de jeune ambitieux ayant une voix d’un excellent tranchant et un métal qui résonne avec un bel éclat. Mais il a aussi une agilité qui exprime une grande liberté d’esprit et une certaine légèreté par rapport à la vie. Il en résulte une image moderne et fascinante d’un homme initialement serviteur qui souhaite renverser les grands, sans la moindre hargne et avec un humour et une ruse affûtés.

Levy Sekgapane (Almaviva)

Levy Sekgapane (Almaviva)

Mais le plaisir devient absolu avec Levy Sekgapane.

Le ténor sud-africain s’était autorisé un passage au Théâtre des Champs-Élysées le 18 juin dernier entre deux représentations du ‘Barbier de Séville’ pour aller chanter Lindoro dans ‘L’Italienne à Alger’, et finalement remporter un succès bien réjouissant.

Cependant, sur la grande scène Bastille, il diffracte un optimisme chantant enivrant, une inspiration du bonheur qui provient autant du charme vibratoire de sa voix que de sa clarté qui évoque tant un printemps insouciant. Très bon acteur et partenaire semblant danser sur la musique, il offre au final un solo ‘Cessa di più resistere’ pleinement aérien, une évocation libre et dénuée de tout orgueil qui le départit d’autres profils de ténors qui donnent parfois l’impression de se prendre trop au sérieux.

Et dans son air idolâtre 'Ecco ridente in Cielo', les nuances et variations enjôleuses virevoltent amusément, la sérénade suivante 'Se il mio nome saper voi bramante' prenant une tonalité hispanisante complètement dépaysante avec des passages en voix de tête d'une sensibilité à fleur de peau qui laissent aussi transparaitre des affinités avec l'univers baroque.

Par magie, avec Levy Sekgapane tout n’est que joie lumineuse sans autre aspiration que le partage qui devient par conséquent extrêmement communicatif. Croisons les doigts pour que cette jeunesse qui cache un travail acharné sur le souffle et le phrasé dure le plus longtemps possible.

Carlo Lepore (Bartolo) et Luca Pisaroni (Basilio)

Carlo Lepore (Bartolo) et Luca Pisaroni (Basilio)

Présent à la création de cette production et à sa précédente reprise, la basse napolitaine Carlo Lepore fait elle aussi montre d’une forte présence, d’abord par son timbre saillant et sa très bonne élocution interprétative, mais aussi de par son jeu rodé à la comédie, certes tout à fait classique d’esprit, mais avec un lustre encore bien sensible.

Isabel Leonard (Rosina)

Isabel Leonard (Rosina)

On ressent néanmoins moins de superbe chez Luca Pisaroni, inoubliable Leporello et Figaro sous le mandat de Gerard Mortier et artiste qui joue toujours avec générosité, mais qui concentre dorénavant trop les graves de sa voix en son intérieur plutôt qu’en les faisant rayonner avec vibrance, mais les jeunes seconds rôles issus du giron de l’Opéra de Paris, Andres Cascante en Fiorello, Margarita Polonskaya en Berta et Jianhong Zhao en ufficiale, ont tous une luminosité à embrasser avec naturel.

Mattia Olivieri, Isabel Leonard, Carlo Lepore, Diego Matheuz (premier plan) et Margarita Polonskaya

Mattia Olivieri, Isabel Leonard, Carlo Lepore, Diego Matheuz (premier plan) et Margarita Polonskaya

Geste très élégant, savant coloriste des volées de cordes et de la fraîcheur des vents, Diego Matheuz est le garant de la clarté et du lustre radieux de l’interprétation musicale, sans excès de trépidations, mais avec le goût pour faire ressentir la valeur d’une partition et sa délicatesse. Il préserve aussi la cohésion de cette soirée somptueuse tout en respectant la personnalité de chaque artiste.

Un moment d’exception à travers une œuvre pourtant si recherchée, on ne pouvait mieux espérer en ce début d’été.

Mattia Olivieri

Mattia Olivieri

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Publié le 3 Juin 2025

Il Trittico (Giacomo Puccini – New-York, Metropolitan Opera, le 14 décembre 1918)
Répétition générale du 23 avril 2025 et représentation du 25 mai 2025
Opéra Bastille

Gianni Schicchi
Gianni Schicchi Misha Kiria
Lauretta Asmik Grigorian
Zita Enkelejda Shkoza
Rinuccio Alexey Neklyudov
Gherardo Dean Power
Betto Manel Esteve Madrid
Simone Scott Wilde
La Ciesca Theresa Kronthaler
Amantio di Nicolao Alejandro Balinas Vieites

Il Tabarro
Michele Roman Burdenko
Luigi Joshua Guerrero
Giorgetta Asmik Grigorian
Il Tinca Andrea Giovannini
La Frugola Enkelejda Shkoza
Il Talpa Scott Wilde

Suor Angelica
Suor Angelica Asmik Grigorian
La Zia Principessa Karita Mattila
La Badessa Hanna Schwarz
La Maestra delle Novize Theresa Kronthaler
La Suora Zelatrice Enkelejda Shkoza
Suor Genovieffa Margarita Polonskaya
Suor Osmina Ilanah Lobel-Torres
La Suor Infirmiera Maria Warenberg

Mise en scène Christof Loy (2022)
Direction musicale Carlo Rizzi
Coproduction avec le Festival de Salzburg

Retransmission en direct sur Paris Opera Play, la plateforme numérique de l’Opéra national de Paris, le 16 mai 2025 à 19h, puis en différé sur OperaVision à partir du 18 juillet 2025, et diffusion sur France Musique le 14 juin 2025 à 20h dans l’émission ‘Samedi à l’Opéra’ présentée par Judith Chaine.

Les amateurs lyriques restés à Paris au cours du mois de mai 2025 auront vécu des soirées inoubliables avec la reprise de la production salzbourgeoise d’’Il Trittico’ présentée sur la scène Bastille pour les débuts scéniques d’Asmik Grigorian sur les planches de la capitale française.

La soprano lituanienne aurait du cependant faire ses débuts au Palais Garnier quatre ans plus tôt dans la nouvelle production de ‘La Dame de Pique’ mise en scène par Dmitri Tcherniakov, si la situation sanitaire n’avait balayé ce projet qui aura peut-être une chance de se concrétiser ultérieurement.

Asmik Grigorian (Suor Angelica)

Asmik Grigorian (Suor Angelica)

Depuis une première version donnée en français en 1967, puis une seconde donnée en langue originale en 1987, toutes deux à la salle Favart, ‘Le Triptyque’ n’est réapparu sur la scène Bastille qu'en 2010 dans la production de Luca Ronconi (Scala de Milan).

Moins connu que les autres ouvrages phares de Giacomo Puccini, on pouvait s’attendre à une moindre curiosité de la part du public pour ces trois histoires, si l’onde de choc de ce spectacle intense ne s’était propagée dès la répétition générale qui laissa tout le monde saisi, d’autant plus qu’Asmik Grigorian avait demandé pour cette reprise parisienne à placer la comédie ‘Gianni Schicchi’ en premier pour conclure sur ‘Suor Angelica’, une progressivité vers le drame dont l’effet s’avérera implacable.

Gianni Schicchi (ms Christof Loy)

Gianni Schicchi (ms Christof Loy)

Le travail de Christof Loy est connu partout en Europe où ses productions redonnent de la force théâtrale aux œuvres lyriques depuis 25 ans sur la base de scénographies taillées au juste nécessaire, mais avec un soin certain accordé aux lumières. Il fait ainsi ses débuts tardifs à l’Opéra de Paris, et le fait que les principaux chanteurs présents lors de la création de sa production soient invités lors de la reprise parisienne va contribuer à renforcer les qualités de cette dernière.

Alexey Neklyudov (Rinuccio), Misha Kiria (Gianni Schicchi) et Asmik Grigorian (Lauretta)

Alexey Neklyudov (Rinuccio), Misha Kiria (Gianni Schicchi) et Asmik Grigorian (Lauretta)

‘Gianni Schicchi’, seule œuvre du ‘Triptyque’ inspirée de la ‘Divine Comédie’ de Dante, se déroule autour d’un grand lit bourgeois adossé à un mur orné, côté jardin, d’une grande porte laissant entrevoir un bout de la pièce arrière (un dispositif récurrent chez Loy).

Les talents d’acteurs de tous les protagonistes sont développés afin de créer une image de chaos, une forme de dislocation sociale des héritiers lorsqu’ils réalisent que quasiment rien ne leur a été laissé par le défunt. Leur folie rappelle beaucoup celle de ‘The Exterminating Angel’ dirigée par Calixto Bieito l’an passé, où l’on retrouvait cette même forme de désordre humain en vase clos.

Alexey Neklyudov, Asmik Grigorian, Misha Kiria et Enkelejda Shkoza

Alexey Neklyudov, Asmik Grigorian, Misha Kiria et Enkelejda Shkoza

A cette occasion, le public parisien a le plaisir de découvrir l’immense interprétation de Misha Kiria, baryton géorgien d’une verve et d’une splendide sonorité bonhomme qui impose un Gianni Schicchi au burlesque sarcastique éclatant. Asmik Grigorian est déjà franche et rayonnante, mais encore maintenue dans un rôle modeste illuminé par le fameux ‘Oh mio babbino caro’.

Bon acteur, le ténor Alexey Neklyudov a toutefois tendance à être couvert par l’orchestre, mais il achève son rôle de Rinuccio sur une brillante exaltation, alors que le personnage de Zita va permettre à Enkelejda Shkoza de démontrer, plus que dans les deux autres volets, son grand abattage scénique ainsi que ses vaillances vocales. Et en Simone, Scott Wilde joue sur du velours, alors qu’Alejandro Balinas Vieites rend une noble noirceur au notaire Ser Amantio di Nicolao.

Asmik Grigorian (Giorgetta) et Roman Burdenko (Michele)

Asmik Grigorian (Giorgetta) et Roman Burdenko (Michele)

En seconde partie, le décor constitué côté cour d’une péniche installée dans un espace fermé par des murs monochromes, et d’une sorte de salon d’intérieur côté jardin, donne une impression de théâtre dans le théâtre en apparence un peu décevant, mais qui a l’avantage de mettre en valeur ce qu’il y a de comédie au début d’‘Il Tabarro’. Il y a donc bien une continuité de ton avec ‘Gianni Schicchi’, mais les éclairages crus vont s’assombrir imperceptiblement jusqu’à ce que le spectateur ne réalise à quel point le piège dramatique s’est refermé sur le couple d’amants.

L’expressivité d’Asmik Grigorian est au service d’une femme qui veut séduire mais sans trop en faire, tout en gardant la conscience que quelque chose la lie toujours à Michele, une forme de compassion qu’il n’éprouve pourtant pas en retour.

Joshua Guerrero (Luigi)

Joshua Guerrero (Luigi)

En Joshua Guerrero elle trouve un partenaire qui incarne très justement un naturel sanguin aux poignantes expressions véristes, fascinant alliage de style et d’animalité latins, si bien que leur duo est un cri viscéral au chant intense qui agrège de multiples reflets vibrants.

Roman Burdengo dépeint lui aussi un personnage animé par une forte volonté mais au relief sombre, une image de la vie tourmentée par ses tristes passions et qui charrie un insondable maelstrom de ressentiments noirs et incisifs. Le meurtre de Tonio est saisissant par son apparence de froide sauvagerie, et le cri d’effroi d’Asmik Grigorian résonne d’une morbidité pleurante qui prend aux tripes.

Tous les rôles secondaires qui évoluent autour du trio damné sont très bien tenus, avec naturel et contraste.

Suor Angelica (ms Christof Loy)

Suor Angelica (ms Christof Loy)

Mais c’est bien entendu la troisième nouvelle ‘Suor Angelica’ qui constitue le clou du spectacle, car après la comédie haut en couleur et la puissance passionnelle, l’auditeur va être confronté au sentiment de révolte induit par l’écrasement du sentiment maternel d’une femme ayant été séparée de son fils.

A nouveau des murs nus et une petite porte surélevée à gauche de la scène, un petit jardin symbolique à l’avant scène, quelques chaises, une table, et trois luminaires éclairant de leurs lueurs lunaires la scène, ce décor unique évoluera sous un éclairage de plus en plus nocturne.

Karita Mattila (La Zia Principessa)

Karita Mattila (La Zia Principessa)

Asmik Grigorian est intégralement vêtue de noir et étudie alors que les autres sœurs s’animent autour d’elle, jusqu’à l’arrivée de la Zia Principessa qui va engendrer le grand moment de confrontation entre deux grandes artistes de la scène lyrique. Karita Mattila, l’air hautain, d’une grande classe froide avec ses cheveux blanc-blond impeccablement lissés, vient mentalement torturer Suor Angelica, une scène d’une glaçante noirceur musicale. La soprano finlandaise use d’un art déclamatoire insidieux, une noirceur crème ensorcelante qui tranche avec le lyrisme écorché de sa victime, Asmik Grigorian disposant d’une palette de couleurs aux intonations noires et slaves, et prenant une force rugissante émaillée d’une brillance fantastique dans les aigus.

Karita Mattila (La Zia Principessa) et Asmik Grigorian (Suor Angelica)

Karita Mattila (La Zia Principessa) et Asmik Grigorian (Suor Angelica)

Face à une telle outrance, la Zia Principessa semble en état de panique, et à la révélation de la mort de son fils, Asmik Grigorian libère Suor Angelica du poids de sa culpabilité pour se retrouver en femme libre de son destin une fois départie de son habillement religieux. Magnifique dans sa manière de retrouver un semblant de respiration et de revenir à la vie, Christof Loy choisit pourtant de la faire s’atrophier les yeux, alors que ce n’est pas forcément nécessaire, mais se rattrape en faisant réapparaitre l’enfant sur scène au moment où Suor Angelica le rejoint au ciel. Cette scène, jouée de façon poignante par Asmik Grigorian, laisse l’ensemble du public touché au cœur, ce qui déclenchera, chaque soir, une ovation d’une rare puissance émotionnelle.

Asmik Grigorian (Suor Angelica)

Asmik Grigorian (Suor Angelica)

A la tête de l’Orchestre de l’Opéra national de Paris qui se délecte du mélisme puccinien et de son savoir faire dramatique, Carlo Rizzi réussit à passer d’un bouillonnement impétueux et lumineux, à la limite de la perte de contrôle dans ‘Gianni Schicchi’, à un flamboiement à la fois sombre et irisé qui va par la suite unifier les trois ouvrages à travers une peinture au lyrisme souverain et raffiné dans ses moindres variations de couleurs. Cette grande sophistication du son sert une magnificence qui évite l'effet théâtral par trop facile. 

Asmik Grigorian (Suor Angelica) et l'enfant

Asmik Grigorian (Suor Angelica) et l'enfant

Après de telles soirées où l’on a pu voir des spectateurs, surpris par un tel choc, chercher à revenir bien qu'habitant assez loin de Bastille, le retour d’Asmik Grigorian sur la scène lyrique parisienne s’impose avec évidence. Mais elle est très demandée.

Karita Mattila, l'enfant et Asmik Grigorian

Karita Mattila, l'enfant et Asmik Grigorian

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Publié le 8 Avril 2025

Programme de la saison Lyrique 2025 / 2026 de l’Opéra national de Paris
Le vendredi 04 avril 2025 à l’Hotel Intercontinental Paris Le Grand

Présentation de la saison Lyrique 2025 / 2026 de l’Opéra national de Paris

Le mercredi 02 avril 2025 à 11h00, la cinquième saison d’Alexander Neef à la direction de l’Opéra national de Paris a été officiellement dévoilée au grand public sur le site internet de l’institution.

La saison 2025 / 2026 comprend ainsi 5 nouvelles productions maison et 1 nouvelle production adaptée du Festival de Salzbourg, dont 2 entrées au répertoire, et 10 reprises.

Aux 16 œuvres scéniques jouées dans les grandes salles (contre 18 cette saison), s’ajoute également une production de l’Académie de l’Opéra de Paris qui sera représentée à la MC93 de Bobigny.

Au total, 182 représentations lyriques seront ainsi données, soit 5 de moins que la précédente saison, alors que le ballet proposera 194 représentations - en prenant en compte les spectacles de l’école de danse -, soit 5 de plus que la saison passée. Le ballet prend donc un léger avantage, et c’est une nouveauté.

Jean-Yves Kaced (Directeur de l'AROP) et Alexander Neef (Directeur général de l'Opéra de Paris)

Jean-Yves Kaced (Directeur de l'AROP) et Alexander Neef (Directeur général de l'Opéra de Paris)

Au même moment, le rapport d’activité de l’année 2024 est rendu public sur le site de l’Opéra de Paris, et pour la seconde année, un léger bénéfice se dégage à hauteur de 1.3 M€, soit deux années positives consécutives, ce qui ne s’était pas vu depuis 10 ans.

La billetterie s’est encore améliorée de 3M€ pour atteindre 70,5 M€, avec une fréquentation moyenne de 92% tous genres confondus, ce qui est du à l’augmentation du nombre de représentations (30 de plus), alors que l’augmentation de 2 M€ l’année précédente était due à l’amélioration de la fréquentation passée de 86% à 93%.

Quant au mécénat, il augmente encore de 3 M€ (à 27,3M€), les recettes commerciales de 3,2 M€, et la subvention progresse de 0,8 M€ pour revenir à 100,7 M€ (soit 40% du budget de l’Opéra).

Ces augmentations de recettes ont ainsi permis de couvrir les augmentations de masse salariale fixe et variable, alors que les coûts de productions restent stables à 38 M€, soit 15% du budget total de l‘institution (251 M€), contre 20% il y a 10 ans.

L’année 2024 marque donc le retour à la trajectoire de croisière d’avant covid, et l’année 2025 devrait donc être celle de sa consolidation.

Et c'est sur ces bons résultats de développement du Mécénat, qui dépasse pour la première fois 10% du budget de l'Opéra, que Jean-Yves Kaced quittera à l'été prochain la direction de l'AROP après 30 ans de mission, annonce qui a immédiatement été suivie de saluts très chaleureux au cours de cette soirée de présentation.

La salle de Bal de l'Opéra de l'Hotel Intercontinental Paris Le Grand lors de la présentation de la Saison 2025 / 2026 de l'Opéra national de Paris

La salle de Bal de l'Opéra de l'Hotel Intercontinental Paris Le Grand lors de la présentation de la Saison 2025 / 2026 de l'Opéra national de Paris

En terme de répertoire, si aucune pièce française oubliée n’est à l’affiche de la saison 2025 / 2026, Alexander Neef concrétise un projet qu’il avait évoqué en septembre 2021, lors des rencontres Télérama données au Théâtre du Rond-Point, à propos, tel qu’il le présentait, ‘d’un très bel opéra que l’on vient de découvrir, ouvrage commandé par Louis XIV à une compositrice qui n’avait jamais été créé de son vivant’.

Il s’agit donc bien de l’’Ercole Amante’ (1707) d’Antonia Bembo, ouvrage qui sera créé pour la première fois au monde en version scénique, sur la scène Bastille.

Mais cette saison verra aussi l’entrée au répertoire de ‘Satyagraha’ de Philip Glass, ce qui en fera le troisième compositeur anglo-saxon vivant qu’Alexander Neef aura invité à l’Opéra de Paris, après Thomas Adès et John Adams.

Nous avons là deux piliers essentiels de la programmation, le premier renforçant le lien de Paris avec son passé musical, le second ancrant un peu plus Paris dans l’interprétation des musiques contemporaines.

Journée Télérama du 27 septembre 2021 : Alexander Neef évoquant devant Sophie Bourdais la découverte d'un ouvrage commandé par Louis XIV à une compositrice

Journée Télérama du 27 septembre 2021 : Alexander Neef évoquant devant Sophie Bourdais la découverte d'un ouvrage commandé par Louis XIV à une compositrice

Cependant, seuls deux récitals lyriques seront donnés à Garnier sous forme de galas, l’un interprété par les jeunes artistes de l’Académie, sous la direction de Pablo Heras-Casado, l’autre dédié à Anthony Roth Costanzo, contre-ténor découvert à Paris dans ‘The Exterminating Angel’ en 2024 et qui incarnera Gandhi dans ‘Satyagraha’. En plus de sa carrière lyrique, il faut savoir qu’il est aussi le Président et Directeur général de l’Opéra de Philadelphie depuis juin 2024, où il s’est illustré dès son arrivée en proposant toutes les places de spectacles accessibles à partir de 11 euros.

Autre soirée très attendue, la représentation du 'Requiem' de Berlioz à la Philharmonie de Paris, fin mai 2026, convoquera les forces musicales et lyriques de l'Opéra de Paris sous la direction de Philippe Jordan pour donner tout son effet à cette monumentale messe des morts.

Et comme chaque année, les équipes de communication de l’Opéra de Paris ont préparé un ensemble d’interviews de metteurs en scènes, Shirin Neshat, Netia Jones, Bobbi Jene Smith, Ralph Fiennes … ou de chefs d’orchestre, Pablo Heras-Casado, Leonardo García-Alarcón …, pour partager avec le public leur rapport aux œuvres.

Remise des prix de l'AROP 2023/2024 par José Martinez à Adrien Mathonat, Jack Gasztowtt, Sima Ouahman et Hortense Millet-Maurin

Remise des prix de l'AROP 2023/2024 par José Martinez à Adrien Mathonat, Jack Gasztowtt, Sima Ouahman et Hortense Millet-Maurin

Enfin, à l'occasion de la présentation au Grand Hôtel, les lauréats des prix de l'AROP 2023/2024 ont été récompensés en personnes, Hortense Millet-Maurin et Jack Gasztowtt pour les Prix de la Danse, Sima Ouahman et Adrien Mathonat pour les Prix Lyriques.

Shirin Neshat (metteuse en scène d''Aida')

Shirin Neshat (metteuse en scène d''Aida')

Les nouvelles productions

Aida (Giuseppe Verdi – 1871) – Nouvelle production
Du 24 septembre au 04 novembre 2025 (12 représentations à l’Opéra Bastille)

Direction musicale Michele Mariotti / Dmitry Matvienko, mise en scène Shirin Neshat
Saioa Hernández / Ewa Płonka, Piotr Beczała / Gregory Kunde, Eve-Maud Hubeaux / Judit Kutasi, Roman Burdenko / Enkhbat Amartüvshin, Alexander Köpeczi, Krzysztof Bączyk, Manase Latu, Margarita Polonskaya
Œuvre jouée pour la dernière fois en public à l’opéra Bastille le 16 juillet 2016 (et à huis clos le 18 février 2021)

Œuvre conçue dans le fracas de la guerre déclarée par la France à l’Allemagne le 17 juillet 1870, il faudra attendre la fin du siège de Paris pour que les décors et costumes puissent quitter la capitale afin de permettre la création d’’Aida’ au Théâtre Italien du Caire, la veille de Noël, le 24 décembre 1871.

Après la production d’Olivier Py (2013) qui se voulait à la fois monumentale et évocatrice des méfaits du colonialisme au XIXe siècle, la production confiée en 2021 à Lotte de Beer, en pleine crise de covid, n’a été créée qu’à huis clos et rediffusée sur streaming, mais s’est trouvée malheureusement inadaptée aux chanteurs.

C’est donc la nouvelle vision de l’artiste iranienne Shirin Neshat qui va renaître sur la scène Bastille, après qu’elle ait elle-même élaboré deux versions de l’ouvrage pour le Festival de Salzbourg, une première fois en 2017 avec Anna Netrebko dans le rôle titre, et une seconde fois en 2022 avec Elena Stikhina en Aida.

A nouveau, vidéographie et scénographie de la plasticienne seront retravaillées à cette occasion. En outre, le programme de l’Opéra ne mentionne pas de coproduction avec Salzbourg.

Pablo Heras-Casado (directeur musical de 'La Walkyrie' et 'Siegfried')

Pablo Heras-Casado (directeur musical de 'La Walkyrie' et 'Siegfried')

Die Walküre (Richard Wagner – 1870) – Nouvelle production
Du 11 au 30 novembre 2025 (7 représentations à l’Opéra Bastille)

Direction musicale Pablo Heras-Casado, mise en scène Calixto Bieito
Stanislas de Barbeyrac, Iain Paterson, Günther Groissböck, Elza van den Heever, Tamara Wilson, Eve-Maud Hubeaux, Louise Foor, Laura Wilde, Marie-Andrée Bouchard-Lesieur, Katharina Magiera, Jessica Faselt, Ida Aldrian
Ida Aldrian, Marvic Monreal, Eugénie Joneau
Œuvre jouée pour la dernière fois en public à l’opéra Bastille le 19 juin 2013 (et à huis clos le 24 novembre 2020)

 

Siegfried (Richard Wagner – 1876) – Nouvelle production
Du 17 au 31 janvier 2026 (5 représentations à l’Opéra Bastille)

Direction musicale Pablo Heras-Casado, mise en scène Calixto Bieito
Andreas Schager, Gerhard Siegel, Iain Paterson, Brian Mulligan, Mika Kares, Marie-Nicole Lemieux, Tamara Wilson, Ilanah Lobel-Torres
Œuvre jouée pour la dernière fois en public à l’opéra Bastille le 23 juin 2013 (et à huis clos le 06 décembre 2020 à la Maison de la Radio)

Dans la suite de L’Or du Rhin’ présenté en janvier 2025, Calixto Bieito poursuit sa description d’une société manipulatrice et égoïste remplie d’images de guerres absurdes, qui conduit à la destruction de l’environnement humain.

Les deux premières journées du Ring, ‘Die Walküre’ et ‘Siegfried’, seront jouées à deux mois d’intervalle sous la direction de Pablo Heras-Casado, et les spectateurs qui avaient assisté à la représentation de concert de ‘La Walkyrie’ donnée en mai 2024 au Théâtre des Champs-Élysées pourront retrouver une seconde fois, en version scénique cette fois, Stanislas de Barbeyrac, Elza van den Heever et Tamara Wilson dans les rôles respectifs de Siegmund, Sieglinde et Brünnhilde.

Et dès novembre 2025, il sera possible de réserver des places à l’avance pour les deux cycles complets de la Tétralogie qui seront programmés au cours de la saison 2026/2027, du 06 au 13 novembre 2026 et du 15 au 22 novembre 2026, pour célébrer les 150 ans de la création de 'L'Anneau du Nibelung' qui eut lieu au Festival de Bayreuth du 13 au 17 août 1876.

Affiche du film 'Onegin' de Martha Fiennes (1999), avec Liv Tyler et Ralph Fiennes

Affiche du film 'Onegin' de Martha Fiennes (1999), avec Liv Tyler et Ralph Fiennes

Eugène Onéguine (Piotr Ilyitch Tchaïkovski – 1879) Nouvelle production
Du 26 janvier au 27 février 2026 (11 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Semyon Bychkov / Case Scaglione, mise en scène Ralph Fiennes
Boris Pinkhasovich, Ruzan Mantashyan, Bogdan Volkov, Marvic Monreal, Dmitry Belosselskiy, Susan Graham, Elena Zaremba, Peter Bronder, Amin Ahangaran, Mikhail Silantev
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’Opéra Bastille le 14 juin 2017

Adaptation du roman d’Alexandre Pouchkine, ‘Eugène Onéguine’ de Piotr Ilyitch Tchaïkovski n’a fait ses premiers pas sur les planches du Palais Garnier que le 23 décembre 1969 à l’occasion d’une tournée du Bolchöi, avec Mstislav Rostropovitch à la direction musicale et Galina Vichnevskaïa qui faisait ses adieux à la scène en Tatiana.

La première véritable production de l’Opéra de Paris mise en scène par Gian Carlo Menotti au Palais Garnier en 1982 ne connut pas le succès, si bien que c’est celle de Willy Decker élaborée pour l’Opéra Bastille en 1995 qui s’est imposée pendant 22 ans jusqu’à l’été 2017, entrecoupée en 2008 par le passage à Garnier de la magnifique production de Dmitri Tcherniakov qui restera un marqueur important de la direction de Gerard Mortier.

Acteur principal du rôle titre de ‘Onegin’, le film réalisé en 1999 par sa sœur Martha trois ans après le succès du ‘Patient anglais’ dans lequel il incarnait le comte László Almásy, Ralph Fiennes est un grand admirateur de la littérature russe qui a beaucoup voyagé en Russie pour mieux apprendre sur Pouchkine.

L’attente est donc très forte pour découvrir sa vision théâtrale d’’Eugène Onéguine’ et les interprètes qu’il va dirigé, dont Ruzan Mantashyan, artiste arménienne passée par l’Atelier Lyrique en 2014, le baryton russe Boris Pinkhasovich et le ténor ukrainien Bogdan Volkov, qui feront tous leurs débuts à l’Opéra de Paris.

Satyagraha (Philip Glass - 1980)

Satyagraha (Philip Glass - 1980)

Satyagraha (Philip Glass – 1980) – Nouvelle production
Du 10 avril au 03 mai 2026 (8 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Ingo Metzmacher, mise en scène Bobbi Jene Smith, Or Schraiber
Anthony Roth Costanzo, Ilanah Lobel-Torres, Davóne Tines, Adriana  Bignagni Lesca, Olivia Boen, Deepa Johnny, Amin Ahangaran, Nicky Spence, Nicolas Cavallier

Entrée au répertoire

Sur un livret écrit par la romancière américaine Constance DeJong, Philip Glass choisit Gandhi comme sujet de son second opéra après la réussite d' ‘Einstein on the Beach’ qui avait enthousiasmé Avignon en 1976, et qui fut repris au Théâtre du Châtelet en 2014.

L’opéra revient sur le combat du guide spirituel contre le ‘black-act’ en Afrique du Sud, et relie le théoricien de ‘L’étreinte de la vérité’, principe de la non-violence par la désobéissance, à trois grands personnages, Tolstoï, Rabindranath Tagore et Martin Luther King.

Philip Glass fait enfin son entrée au répertoire lyrique de l’Opéra de Paris, alors que ses musiques étaient exclusivement jouées à Garnier depuis 1991 pour des pièces de ballets. Sans doute drainera t-il de nouvelles générations de mélomanes au Palais Garnier.

Excellent défenseur des œuvres du XXe et XXIe siècles, Ingo Metzmacher en assurera la direction musicale, et ce sont les chorégraphes Bobbi Jene Smith et Or Schraiber, artistes en résidence au sein de la compagnie L.A Dance Project dirigée par Benjamin Millepied, qui mettront en scène ‘Satyagraha’ dans une version adaptée pour le contre-ténor américain Anthony Roth Costanzo.

 

Ercole Amante – Hercules Amoureux (Antonia Bembo – 1707) – Nouvelle production
Du 28 mai au 14 juin 2026 (7 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Leonardo García-Alarcón, mise en scène Netia Jones
Andreas Wolf, Julie Fuchs, Ana Vieira Leite, Deepa Johnny, Marcel Beekman, Alasdair Kent, Sandrine Piau, Théo Imart, Teona Todua, Alex Rosen, Nicolas Cavallier

Entrée au répertoire - Première mondiale de la version scénique

En 1659, Mazarin fit construire une salle gigantesque de 4000 places située dans le prolongement du Château des Tuileries, la Salle des Machines, où sera créé en 1662 ‘Ercole amante’ de Francesco Cavalli, qui incorporait un ‘Grand Ballet’ de Lully que Louis XIV dansa lui-même.

Quinze ans plus tard, une compositrice et chanteuse lyrique vénitienne fuyant un mari violent, Antonia Padoani Bembo, arriva en France et fut présentée à la cour du Roi qui lui accorda sa protection.

Ancienne élève de Francesco Cavalli, elle sera l’auteur en 1707 d’une nouvelle version d’‘Ercole amante’ composée sur le même livret de Francesco Buti, mais dont la première mondiale n’aura lieu que le 26 mai 2023 à Stuttgart en version de concert, dans l’interprétation de l’ensemble Il Gusto Barocco, sous la direction de Jörg Halubek.

8 ans après la vision renouvelée des ‘Indes Galantes’ à l’opéra Bastille, un immense succès public que même Stéphane Lissner n'avait pas anticipé, Leonardo García-Alarcón s’empare à nouveau d’une œuvre baroque pour la transcender à Bastille dans une mise en scène de Netia Jones. Le défi est donc très grand!

Ercole Amante (Antonia Bembo – 1707)

Ercole Amante (Antonia Bembo – 1707)

Les reprises

La Bohème (Giacomo Puccini – 1896)
Du 12 septembre au 14 octobre 2025 (11 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Domingo Hindoyan, mise en scène Claus Guth (2017)
Nicole Car / Yaritza Véliz, Charles Castronovo / Joshua Guerrero, Andrea Carroll, Étienne Dupuis, Xiaomeng Zhang, Alexandros Stavrakakis, Franck Leguérinel, Hyun-Jong Roh, Andrés Prunell-Vulcano, Olivier Ayault, Ook Chung
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 04 juin 2023

Cette seconde reprise sous la direction d’Alexander Neef de 'La Bohème’ dans la vision cosmique de Claus Guth est une bonne nouvelle car l’ancienne production traditionnelle de Jonathan Miller était encore dans les cartons au moment de la précédente reprise.

Dans cette version stellaire, la musique nostalgique de Puccini et le personnage allégorique de Mimi deviennent une métaphore de ce qu’il y a de meilleur sur Terre, faisant de la pauvre condition des artistes bohémiens devenus astronautes le véritable centre empathique de l’opéra.

Après un inoubliable ‘Rigoletto’ cette saison, la direction de Domingo Hindoyan devrait encore se révéler d’une grande force dramatique.

 

Ariodante (Georg Friedrich Haendel – 1735) - Coproduction Metropolitan Opera, New-York
Du 16 septembre au 12 octobre 2025 (11 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Raphaël Pichon, mise en scène Robert Carsen (2023)
Ensemble Pygmalion
Cecilia Molinari, Luca Tittoto, Jacquelyn Stucker, Sabine Devieilhe, Rupert Charlesworth, Christophe Dumaux, Enrico Casari
Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 20 mai 2023

Il s’agit de la première reprise d’’Ariodante’ dans la mise en scène de Robert Carsen qui, à la création, était interprétée par l’Orchestre de l’Opéra de Paris, et qui sera cette fois confiée à l’Ensemble Pygmalion, chœur et orchestre sur instruments d’époque fondé en 2006 par Raphaël Pichon.

 

Les Noces de Figaro (Wolfgang Amadé Mozart – 1786)
Du 15 novembre au 27 décembre 2025 (14 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Antonello Manacorda, mise en scène Netia Jones (2022)
Gordon Bintner / Vartan Gabrielian, Sabine Devieilhe / Ilanah Lobel-Torres, Christian Gerhaher / Jérôme Boutillier, Hanna-Elisabeth Müller / Margarita Polonskaya, Lea Desandre / Seray Pinar, Monica Bacelli, James Creswell, Éric Huchet, Nicholas Jones, Ilanah Lobel-Torres / Boglárka Brindás, Franck Leguérinel
Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 28 décembre 2022

Depuis qu’elle est à l’affiche, la production des ‘Noces de Figaro’ mise en scène par Netia Jones remporte un immense succès de par son intelligente insertion à l’univers du Palais Garnier.
Cette reprise menée sous la direction d’un chef mozartien, Antonello Manacorda, verra les débuts à l’Opéra de Paris du baryton Christian Gerhaher, chanteur attaché à la scène munichoise, et proposera une seconde distribution principalement composée de membres de la troupe de l’Opéra pour chanter les deux dernières représentations du 25 et 27 décembre 2025.

 

Tosca (Giacomo Puccini – 1900)
Du 23 novembre au 27 décembre 2025 et du 12 mars au 18 avril 2026 (24 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Oksana Lyniv /  Jader Bignamini , mise en scène Pierre Audi (2014)
Saioa Hernández / Elena Stikhina / Angel Blue / Sondra Radvanovsky, Roberto Alagna / Jonas Kaufmann / Adam Smith / Freddie De Tommaso / Yusif Eyvazov, Alexey Markov / Ludovic Tézier / Gevorg Hakobyan, Amin Ahangaran, Vartan Gabrielian, Carlo Bosi, André Heyboer, Florent Mbia, Bernard Arrieta / Fabio Bellenghi
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 26 novembre 2022

Avec quatre Tosca, cinq Mario, trois Scarpia et deux chefs d’orchestre, cette complexe double série de représentations fera de ‘Tosca’ l’opéra le plus joué sous la direction d’Alexander Neef, et le 3e opéra le plus joué depuis l’Ere Liebermann.
Les distributions parlent d’elles-mêmes, et Jonas Kaufmann fera son retour pour 3 dates sur la scène Bastille. 

Nicole Car (La Bohème - ms Claus Guth - 2017)

Nicole Car (La Bohème - ms Claus Guth - 2017)

Un Ballo in Maschera (Giuseppe Verdi – 1859)
Du 27 janvier au 26 février 2026 (11 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Speranza Scappucci, mise en scène Gilbert Deflo (2007)
Matthew Polenzani, Anna Netrebko / Angela Meade, Igor Golovatenko / Ludovic Tézier / Ariunbaatar Ganbaatar, Sara Blanch, Elizabeth DeShong, Christian Rodrigue Moungoungou, Blake Denson, Andres Cascante, Ju In Yoon, Se-Jin Hwang
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 10 février 2018

Opéra créé à Rome en février 1859 dans un enthousiasme délirant au moment où l’Italie s’apprêtait à être unifiée sous le règne de Victor-Emmanuel II, ‘Un Ballo in Maschera’ est l’adaptation d’un drame français écrit par Scribe 20 ans plus tôt, ‘Gustave III’.

Cette troisième reprise depuis 2007 sera l’occasion de découvrir les débuts à l’Opéra de Paris, selon les soirs, d’Angela Meade, Ariunbaatar Ganbaatar et Sara Blanch.


Carmen (Georges Bizet – 1875)
Du 07 février au 19 mars 2026 (13 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Keri-Lynn Wilson, mise en scène Calixto Bieito (2017)
Stéphanie d'Oustrac / Victoria Karkacheva, Russell Thomas / Jean‑François Borras, Amina Edris, Erwin Schrott, Nicholas Jones, Loïc Félix, Florent Mbia, Vartan Gabrielian, Margarita Polonskaya, Seray Pinar
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 25 février 2023

Ouvrage créé à l’Opéra Comique il y a 150 ans, le 03 mars 1875, deux mois après l’inauguration du Palais Garnier, ‘Carmen’ n’est entré au répertoire de l’Opéra de Paris que le 10 novembre 1959, en présence du Général de Gaulle.
Selon les soirs, deux interprètes du rôle en dessineront probablement un portrait différent, Stéphanie d'Oustrac, qui célèbre ses 15 ans d’interprétations du rôle, alors qu’il s’agira pour Victoria Karkacheva de sa 3e interprétation de Carmen depuis 2022.
Keri-Lynn Wilson, l’épouse de Peter Gelb, le directeur du New-York Metropolitan Opera, sera de retour dans la fosse à cette occasion.


Nixon in China (John Adams – 1987)
Du 24 février au 20 mars 2026 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Kent Nagano, mise en scène Valentina Carrasco (2023)
Thomas Hampson, Renée Fleming, John Matthew Myers, Caroline Wettergreen, Joshua Bloom, Xiaomeng Zhang, Aebh Kelly, Ning Lang, Emanuela Pascu
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’Opéra Bastille le 16 avril 2023

Après le succès de son entrée au répertoire il y a deux ans, ‘Nixon in China’ de John Adams est repris avec les mêmes artistes, hormis Caroline Wettergreen qui se substituera à Kathleen Kim dans le rôle de la femme de Mao, sous la direction de Kent Nagano.

Renée Fleming (Nixon in China - 2023)

Renée Fleming (Nixon in China - 2023)

Rusalka (Antonín Dvořák – 1901) - Coproduction Wiener Staatsoper, Vienne
Du 02 mai au 20 mai 2026 (7 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Kazushi Ōno, mise en scène Robert Carsen (2002)
Nicole Car, Sergei Skorokhodov, Ekaterina Gubanova / Alisa Kolosova, Dimitry Ivashchenko, Jamie Barton, Florent Mbia, Seray Pinar, Margarita Polonskaya, Maria Warenberg, Noa Beinart
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 13 février 2019

Production emblématique de la direction d’Hugues Gall, la vision de ‘Rusalka’ par Robert Carsen a été reprise par tous les directeurs de l’Opéra de Paris depuis 24 ans et semble résister au temps de par l’épure soignée de ce très beau spectacle. Cette reprise signera le retour de Kazushi Ōno à la direction d’orchestre, 17 ans après avoir dirigé ‘Le Roi Roger’ mis en scène par Krzysztof Warlikowski.


La Cenerentola (Gioacchino Rossini – 1817)
Du 03 juin au 11 juillet 2026 (13 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Enrique Mazzola, mise en scène Guillaume Gallienne (2017)
Vasilisa Berzhanskaya / Gaëlle Arquez, Lawrence Brownlee, Nicola Alaimo, Huw Montague Rendall , Ilanah Lobel-Torres, Maria Warenberg, Adolfo Corrado
Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 09 octobre 2022

Second grand tube rossinien de l’Opéra de Paris après ‘Le Barbier de Séville’, ‘La Cenerentola’ par Guillaume Gallienne prend une tonalité crépusculaire surtout sous les ors de Garnier. Une excellente distribution lui est associée, avec les débuts de Vasilisa Berzhanskaya à l’Opéra de Paris dans le rôle d’Angelina.

 

La Traviata (Giuseppe Verdi – 1853) - Coproduction Wiener Staatsoper, Vienne
Du 04 juin au 13 juillet 2026 (14 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Marta Gardolinska, mise en scène Simon Stone (2019)
Aida Garifullina / Pretty Yende, Xabier Anduaga / René Barbera, Roman Burdenko / Ludovic Tézier, Seray Pinar, Cassandre Berthon, Nicholas Jones, Luis-Felipe Sousa, Florent Mbia, Amin Ahangaran, John Bernard, Hyunsik Zee, Young-Woo Kim
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 25 février 2024

Après l’immense succès de la reprise de cette ‘Traviata’ influenceuse en février 2024, de nouvelles représentations sont présentées en fin de saison, et c’est la directrice musicale de l’Opéra national de Lorraine, Marta Gardolinska, qui en assurera la direction.

Rusalka (mise en scène Robert Carsen)

Rusalka (mise en scène Robert Carsen)

L’Académie de l’Opéra national de Paris

La Finta Giardiniera (Wolfgang Amadé Mozart - 1775)
Du 21 mars au 02 avril 2026 (6 représentations à la MC93 de Bobigny)

Direction musicale Chloé Dufresne, mise en scène Julie Delille
Artistes en résidence à l’Académie
Œuvre inédite à l’Opéra national de Paris

Créé par un jeune Mozart tout juste âgé de 19 ans, ‘La Finta Giardiniera‘ n’a toujours pas de production au répertoire de l’Opéra de Paris, ce sont donc les artistes de l’Académie de l’Opéra qui auront à cœur de défendre cette intrigue complexe à la Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis.

Siegfried (ms Calixto Bieito)

Siegfried (ms Calixto Bieito)

Premières impressions sur la saison 2025/2026

A l’instar de New-York ou Munich, l’Opéra de Paris s’en tient à 6 nouvelles productions dans les grandes salles – Berlin n’en propose d'ailleurs que 5 cette saison -, ce qui oblige à la plus grande pertinence dans les choix programmatiques effectués.

Et c’est bien le cas, car depuis le début de son mandat, Alexander Neef recherche les titres qui ont une véritable valeur ajoutée pour le répertoire, que ce soit en terme de nouveauté ou de remplacement de lectures trop anciennes. Ainsi, la suite du Ring, les entrées de ‘Satyagraha’ et ‘Ercole Amante’, la nouvelle production d’’Eugène Onéguine’, ou bien l’inscription au répertoire d’une production d’’Aida’ qui puisse être reprise, se justifient pleinement.

En revanche, aucune reprise ne concerne un titre qui n’ait pas été joué en public au cours des 10 dernières années, et pas moins de sept titres, ‘La Bohème’, ‘Ariodante’, ‘Les Noces de Figaro’, ‘Tosca’, ‘Carmen’, ‘Nixon in China’ et ‘La Cenerentola’ étaient déjà programmés lors de la saison 2022/2023, ce qui fait que 60% des soirées lyriques concerneront des œuvres jouées au cours des 3 dernières saisons.

Cela tranche avec les 25% de reprises récentes observées au cours des 4 premières saisons d’Alexander Neef, ce qui est un excellent taux lorsque l’on sait qu’en moyenne les saisons de Gerard Mortier tournaient à 40% de reprises récentes et Hugues Gall à 60%.

La programmation de deux volets du Ring, puis de ‘Götterdämmerung’ et deux cycles complets lors de la saison suivante, dans un contexte de fortes contraintes budgétaires, expliquent probablement ce recentrage sur de longues séries de ‘Tosca’, ‘Carmen’, ‘La Traviata’ à Bastille proposées au tarif le plus élevé.

Pourtant, on ne peut s'empêcher de penser qu'une reprise de deux titres tels  'Boris Godounov' et 'Samson et Dalila' en place de tant de représentations de 'Tosca' aurait ajouté un peu plus de variété, mais il est vrai qu'il reste surtout des productions très lourdes dans les réserves du répertoire ('Prince Igor', 'Snegourotchka', 'Lady Macbeth de Mzensk', 'Les Troyens', 'Moïse et Aaron' ...).

Néanmoins, l’Opéra de Paris se maintient sur une ligne moyenne de diversité des œuvres assez importante, avec 73 ouvrages différents présentés en 5 ans (Gerard Mortier en avait présenté 76 en 5 ans, et Stéphane Lissner 74 en 5 ans).

Emily D'Angelo dans Ariodante (2023)

Emily D'Angelo dans Ariodante (2023)

Si cette saison se distingue par la présence d’un seul titre français, ‘Carmen’, après 40% de soirées en langue française données cette saison, ce sont donc les compositeurs italiens du XIXe siècle, Puccini, Verdi et Rossini, qui remportent la mise en s'accaparant 50% des soirées à eux seuls.

Et avec ‘Ercole Amante’ et ‘Ariodante’, le baroque se porte très bien depuis son retour au répertoire lors de la saison 1998/1999 d’Hugues Gall.

Dans le même temps, Alexander Neef continue de délier patiemment une ligne d’opéras anglo-saxons du XXe et XXIe siècles, avec l’entrée au répertoire de ‘Satyagraha’, tout en reprenant également ‘Nixon in China’, l’intérêt de ces ouvrages étant d’aborder des sujets sociétaux forts et d’actualité.  9% des soirées lyriques dédiées à ces ouvrages longtemps ignorés, c’est du jamais vu à l’Opéra de Paris!

En outre, de nouveaux noms de metteurs en scène seront à l’affiche d’œuvres lyriques, Shirin Neshat, Ralph Fiennes, Bobbi Jane Smith, Or Schaiber, et Chloé Dufresnes pour l’Académie.

Satyagraha (Mise en scène et chorégraphie de Bobbi Jane Smith et Or Schaiber)

Satyagraha (Mise en scène et chorégraphie de Bobbi Jane Smith et Or Schaiber)

Et dans l’attente de connaître qui sera le futur directeur musical de l’Opéra national de Paris, de nouveaux chefs d’orchestre seront invités dans la fosse, Raphaël Pichon (Ariodante), Dmitry Matvienko (Aida) et Marta Gardolinska (La Traviata).

Nombre d’artistes francophones sont également invités, Étienne Dupuis, Franck Leguérinel, Christophe Dumaux, Sabine Devieilhe, Eve-Maud Hubeaux, Stanislas de Barbeyrac, Marie-Nicole Lemieux, Marie-Andrée Bouchard-Lesieur, Eugénie Joneau, Jérôme Boutillier, Lea Desandre, Eric Huchet, Roberto Alagna, Ludovic Tézier, Jean-François Borras, Stéphanie d’Oustrac, Loïc Félix, Nicolas Cavallier, Julie Fuchs, Sandrine Piau, Gaëlle Arquez, Cassandra Berthon, auxquels s’ajoutent plusieurs artistes du chœur tels Bernard Arrieta, Christian Rodrigue Moungoungou ...

Evolution du prix des places pour le lyrique à Bastille de 1998/1999 à 2025/2026

Evolution du prix des places pour le lyrique à Bastille de 1998/1999 à 2025/2026

Les tarifs 2025/2026

Les tarifs de cette saison pour le lyrique à Bastille sont en moyenne en augmentation de 7% du fait que les reprises de ‘Carmen’, ‘La Traviata’ et la première série de ‘Tosca’ seront proposées dans la grille de tarification à 220 euros en catégorie Optima. Cela s’était déjà produit lors de la saison 2018/2019 de Stéphane Lissner, au moment où plusieurs productions très coûteuses, dont ‘Les Troyens’, étaient programmées.

Il s’agit aussi de compenser le fait que seules 119 représentations lyriques seront données à Bastille, soit 20 de moins que la saison en cours, au profit de 72 représentations chorégraphiques.

Toutefois, le plan de salle par catégories présenté dans la brochure de saison ne s’appliquera qu’à ‘Aida’, ‘Die Walkure’ et ‘Carmen’, tous les autres spectacles bénéficiant de catégories de places à la baisse, notamment ‘Siegfried’, ‘La Bohème’, ‘Nixon in China’ et ‘Ercole amante’.

Et l’on retrouve à nouveau un spectacle à petits prix, ‘Rusalka’, qui bénéficiera d’un prix moyen des places passé à 56 euros, avec toutes les places optima à moins de 100 €.

Cette politique tarifaire globalement en augmentation concerne surtout les catégories de places supérieures à 150 euros, le quota de places dans les catégories 10 à 60 euros restant globalement stable et à un bon niveau (14%) pour le lyrique à Bastille.

Tout l’enjeu à venir pour la direction sera de faire progresser le budget de la billetterie sans dégrader le taux de fréquentation toujours sensible en période d’incertitudes.

Anthony Roth Costanzo (interprète de Gandhi dans Satyagraha)

Anthony Roth Costanzo (interprète de Gandhi dans Satyagraha)

Le détail de la saison lyrique et chorégraphique 2025 / 2026 de l'Opéra national de Paris est accessible sous le lien suivant : Programmation & Billets - Opéra national de Paris (operadeparis.fr)

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Publié le 31 Mars 2025

Don Carlos (Giuseppe Verdi – Opéra de Paris, Salle Le Peletier, le 11 mars 1867)
Version des répétitions parisiennes de 1866
Répétition générale du 26 mars 2025
Représentations du 29 mars, 17 et 25 avril 2025

Philippe II Christian Van Horn
Don Carlos Charles Castronovo
Rodrigue Andrzej Filończyk
Le Grand Inquisiteur Alexander Tsymbalyuk
Élisabeth de Valois Marina Rebeka
La Princesse Eboli Ekaterina Gubanova
Thibault Marine Chagnon
Une voix d'en haut Teona Todua
Le Comte de Lerme Manase Latu
Le Moine Sava Vemić
L’informatrice Danielle Gabou (rôle muet)

Direction musicale Simone Young
                               Clelia Cafiero le 17 avril
Mise en scène Krzysztof Warlikowski (2017)
Décors Małgorzata Szczęśniak                             
Lumières Felice Ross
Vidéo Denis Guéguin
Chorégraphie Claude Bardouil
Dramaturgie Christian Longchamp

 

Si l’on avait dit à Giuseppe Verdi en 1867 que son grand opéra français, ‘Don Carlos’, ferait encore les belles soirées de l’Opéra de Paris dans 150 ans, de surcroît non pas dans la version tronquée de la création, mais avec l’intégralité de la musique qu’il avait composé de 1865 à 1866 avant les coupures opérées, il n’aurait probablement pas pris cette perspective au sérieux.

Marina Rebeka (Élisabeth de Valois) et Charles Castronovo (Don Carlos)

Marina Rebeka (Élisabeth de Valois) et Charles Castronovo (Don Carlos)

En effet, après 43 représentations données en 1867 à la salle Le Peletier, ‘Don Carlos’ disparut de l’affiche parisienne pour ne revenir au Palais Garnier qu’en 1986, dans la version intégrale des répétitions. Elle ne sera pas reprise, la production de Marco Arturo Marelli ayant fait l’unanimité contre elle.

La version de 1866, la plus complète sur le plan dramaturgique, comprend notamment la rencontre d’Élisabeth et des bûcherons dans la forêt de Fontainebleau, l’air de Rodrigue ‘J’étais en Flandres’, les deux échanges entre Élisabeth et Eboli à propos de la liaison de cette dernière avec le Roi, la déploration de Philippe à la mort de Rodrigue et la scène d’émeute où Eboli avoue son rôle décisif dans la rébellion, tous supprimés en 1867 pour laisser place à l’ajout d’un ballet conventionnel, ‘La Pérégrina’.

Marina Rebeka (Élisabeth de Valois)

Marina Rebeka (Élisabeth de Valois)

Ce n’est que depuis le 10 octobre 2017 que l’opéra Bastille peut à nouveau proposer la version intégrale de ce chef-d’œuvre verdien dans la production de Krzysztof Warlikowski, qui sera immédiatement reprise en 2019 dans la version cinq actes de Modène (1886), en italien cette fois.

La force de cette grande production de répertoire est de présenter la totale déliquescence morale et sentimentale de cette famille royale, marquée par le poids de son passé impérial et de l’inquisition religieuse, dans une atmosphère de désespoir délétère palpable à tout moment.

Marina Rebeka (Élisabeth de Valois) et Charles Castronovo (Don Carlos)

Marina Rebeka (Élisabeth de Valois) et Charles Castronovo (Don Carlos)

Le monumental décor aux façades boisées conçu par Małgorzata Szczęśniak, dressé dès l’acte de Fontainebleau, mélange l’impression d’immensité froide et luxueuse du Palais de San Lorenzo de El Escorial à l’obscurité de l’enfermement mental de Don Carlos traumatisé par son histoire.

L’art vidéographique soigné et esthétisant de Denis Guéguin est utilisé pour évoquer d’emblée la nature suicidaire de l’Infant rendue par les jeux d’ombres filmés sur son visage, avec des effets visuels de tâches noires ou blanches donnant aux premières scènes une allure de mémoire abîmée par le temps passé.

Marina Rebeka (Élisabeth de Valois), la dame de compagnie et Christian Van Horn (Philippe II)

Marina Rebeka (Élisabeth de Valois), la dame de compagnie et Christian Van Horn (Philippe II)

Inoubliable scène d’escrime dans une salle de sport aménagée du palais où s’entraînent Eboli et sa cour féminine – princesse blessée à l’œil depuis son enfance -, c’est là, une fois seuls, que se rencontreront Carlos et Élisabeth. Interviendra un personnage muet chargé de surveiller tous les déplacements de la Reine, une informatrice de l’ombre livrée à la présence charismatique de la chorégraphe Danielle Gabou. C’est en effet sous Philippe II que se développa au XVIe siècle un puissant réseau de renseignements pour contrôler son Empire.

Marina Rebeka (Élisabeth de Valois) et Christian Van Horn (Philippe II)

Marina Rebeka (Élisabeth de Valois) et Christian Van Horn (Philippe II)

Après le grand duo entre Philippe et Rodrique, élégant mais musicalement plus faible que dans la version réécrite pour la version milanaise en italien de 1884, et la scène de méprise entre Don Carlos et Eboli - qui est surtout une scène qui met en avant le jeu d’actrice de l’interprète de la Princesse sous des lumières dentelées comme une soie de mantille (un travail d’une finesse absolue signée Felice Ross) -, la grande scène d’autodafé se déroule sous des cloches retentissantes au moment de l’arrivée d’un immense amphithéâtre du Palais regroupant tout le chœur, mais aussi les députés flamands et l’inquisiteur.

Alexander Tsymbalyuk (Le Grand Inquisiteur) et Christian Van Horn (Philippe II)

Alexander Tsymbalyuk (Le Grand Inquisiteur) et Christian Van Horn (Philippe II)

Pas de procession, ce qui serait un spectacle un peu trop convenu, mais plutôt un focus sur la relation entre le Roi et la Reine dont on assiste à l’amère décomposition du couple en pleine cérémonie, sous le regard de domestiques dont l’une, reprisant régulièrement la robe d’Élisabeth , semble, d’un simple regard baissé, consternée du déchirement humain qui se joue devant elle.

La vidéo vient à nouveau s’incruster à l’ensemble du tableau pour représenter un bûcher en flamme d’où émerge la tête effrayante de Lucifer dévorant un être humain, une métaphore du Roi dévorant son propre peuple empruntée à un film muet italien de 1911, ‘L’Inferno’, inspiré de la 'Divine Comédie' de Dante – par coïncidence, ce thème de ‘La Comédie’ de Dante est aussi le sujet de ‘Il Viaggio, Dante’ de Pascal Dusapin joué au même moment au Palais Garnier, et de ‘Gianni Schicchi’ qui sera représenté à Bastille après les représentations de ‘Don Carlos’ -.

Ekaterina Gubanova (La Princesse Eboli)

Ekaterina Gubanova (La Princesse Eboli)

Autre scène emblématique, la rencontre dans un salon de cinéma privé et intime entre un Inquisiteur mafieux et un Roi alcoolisé, venant de coucher avec Eboli, se déroule sur l’une des musiques les plus sombres qu’ait écrite Verdi, mise en scène avec sensibilité à la justesse des ambiances lumineuses, y compris lorsque Élisabeth congédie durement sa rivale.

Et l’on retrouve à nouveau ces très beaux jeux de lumières en clair-obscur passés au filtre des mailles de la prison, scène sobre où la mort de Rodrigue est minutieusement réglée, avant d’ouvrir sur la splendide scène du cinquième acte où les lumières crépusculaires évoquent l’effet des derniers rayons du Soleil couchant frappant les parois de l’Escorial en mettant en valeur toutes leurs nuances de couleurs.

Marina Rebeka (Élisabeth de Valois)

Marina Rebeka (Élisabeth de Valois)

Tout de noir vêtue, Élisabeth traverse lascivement la scène depuis le fond vers l’orchestre sur la musique d’une puissance dramatique bouleversante, disparaissant même dans une zone d’ombre qui ne semblait pas exister lors de la création, et réapparaissant pour adresser tout son désarroi au buste maudit de Charles Quint. 

Là aussi, une précision de geste et d’attitude qui mènera à une conclusion indécise, Krzysztof Warlikowski optant pour laisser au spectateur le soin d’imaginer si Don Carlos choisira de se donner la mort pour ne plus souffrir de ce cauchemar, juste après qu’Élisabeth ait préféré s’empoisonner.

Charles Castronovo (Don Carlos) et Andrzej Filończyk (Rodrigue)

Charles Castronovo (Don Carlos) et Andrzej Filończyk (Rodrigue)

Après la luxueuse distribution qu’avait réuni Stéphane Lissner en 2017 autour de Philippe Jordan avec Jonas Kaufmann, Sonya Yoncheva, Elīna Garanča, Ludovic Tézier et Ildar Abdrazakov, il y avait bien une petite appréhension à voir comment serait relevé le défi d’une telle reprise, mais celle ci s’est très vite atténuée par la manière dont les solistes se sont engagés dans une interprétation empreinte d’un tragique désillusionné.

Charles Castronovo (Don Carlos)

Charles Castronovo (Don Carlos)

Souffrant depuis quelques jours, Charles Castronovo a pu suffisamment se rétablir pour offrir lors de cette première un portrait très touchant d’un Don Carlos complètement écrasé par le sort. Il joue avec une très grande sincérité d’attitude, comme si il y avait toujours en lui une fierté d’être, mais sans la moindre ostentation.

Son timbre sombre aux couleurs parfois rompues convient parfaitement à la description d’un personnage dépressif, en conduisant une ligne de chant qui épouse avec délicatesse les lignes orchestrales. Ses aigus ne sont jamais dépareillés, la précision du texte soignée, et seule la confrontation avec le Roi, lors de l’autodafé, sera moins incisive, signe que quelques jours de rétablissement sont encore nécessaires. Mais il est impossible de rester insensible à une telle incarnation authentique qui ne faiblira pas de toute la soirée.

Marina Rebeka (Élisabeth de Valois)

Marina Rebeka (Élisabeth de Valois)

Seule parmi les rôles principaux à faire ses débuts sur la grande scène Bastille, Marina Rebeka est une très belle femme qui a de l’allure et qui donne beaucoup de dignité à Élisabeth de Valois.
Sa force est dans le dessin virtuose de son souffle de voix, puissant et cristallin dans la tessiture aiguë, qui sera d’une grande force impressive au cinquième acte. Elle détient en effet une saisissante faculté de rayonnement, avec toutefois des graves peu marqués, ce qui crée aussi une certaine distance en contraste avec la noirceur de Carlos. 

Ekaterina Gubanova

Ekaterina Gubanova

Présente dès la création en alternance avec Elīna Garanča, Ekaterina Gubanova connaît très bien cette mise en scène et se révèle très à l’aise dans tous les tableaux avec une assurance crâneuse. La chanson du voile du second acte est une séduisante démonstration de sensualité vocale dans les résonances graves, bien que sa voix soit moins prédisposée à l’agilité des aigus de ce grand air, mais c’est surtout dans les emportements dramatiques qu’elle est à son meilleur aussi bien dans la scène de reconnaissance avec Don Carlos au troisième acte que dans le ‘Don fatale’ chanté avec un vrai sens incendiaire.

Marina Rebeka (Élisabeth de Valois) et Christian Van Horn (Philippe II)

Marina Rebeka (Élisabeth de Valois) et Christian Van Horn (Philippe II)

En grand habitué de l’Opéra de Paris, Christian Van Horn n’a aucun mal à imposer un Philippe II avec une diction tout à fait correcte et une largeur vocale qui s’appuie sur une assise grave bien développée. La texture de son timbre grisaillant et monochrome contient peu d’inflexions distinctives en soi, mais ce grand baryton-basse américain a comme grand atout de savoir incarner un homme d’aujourd’hui avec ses forces et faiblesses tout en conservant quelque chose de sympathique. C’est d’ailleurs pourquoi ses déraillements comportementaux face à Élisabeth, lors des scènes de l’autodafé et du salon, sont rendus avec beaucoup d’humanité.

Cela laisse le champ à Alexander Tsymbalyuk pour brosser le portrait d’un Grand Inquisiteur bien plus terrible, et qui fait beaucoup d’effet quand il appuie sur un beau galbe grave qui contraste avec la terreur qu’évoque son personnage.

Le moine de Sava Vemić fait, lui aussi, forte impression, malgré quelques tensions dans l'aigu.

Andrzej Filończyk (Rodrigue)

Andrzej Filończyk (Rodrigue)

Et c’est un jeune et beau Rodrigue qu’incarne Andrzej Filończyk, tout juste trentenaire, qui fait montre d’un timbre fumé bien homogène qui s’harmonise le mieux avec celui de Philippe II. Si l’on s’attache à son langage corporel, son positionnement dans le jeu de la cour paraît instable, plutôt séducteur avec Eboli, amical mais sans être fraternel avec Carlos, moins mature que le Roi, il manque encore une profonde droiture, une autorité bien posée qui traduise une grande stabilité intérieure qui puisse se lire dans ses postures. C’est cependant dans la scène de sa mort à la prison de Carlos que s’épanouissent pleinement ses qualités de souffle donnant l’impression que c’est cet instant qui révèle toute la grandeur du patriote flamand

Marina Rebeka (Élisabeth de Valois) et Manase Latu (Le Comte de Lerme)

Marina Rebeka (Élisabeth de Valois) et Manase Latu (Le Comte de Lerme)

Et parmi les seconds rôles se distinguent deux membres de la troupe lyrique de l’Opéra, Marine Chagnon qui donne une fraîcheur très naturelle à Thibault, et Manase Latu dont les qualités belcantistes et la chaleur crème de son doux timbre de voix dépeignent un bien luxueux Comte de Lerme.

Simone Young

Simone Young

C’est enfin avec grand plaisir que l’on retrouve à la direction orchestrale Simone Young qui rend énormément justice à l’âme de l’écriture verdienne et à sa traduction de la prosodie française. Les archets sont entraînés dans des tissures d’une grande souplesse alliés à des bois soyeux et poétiques, émanation d’une douceur qui sied bien au phrasé des chanteurs, tout en insufflant une vigueur de discours qui ait de l’allant. On sent toujours une certaine propension à contrôler les cuivres clairs, mais les cuivres plus sombres et chaleureux sont généreusement fondus aux cordes pour créer un son chargé et plein. La chef australienne n’hésite d’ailleurs pas à libérer beaucoup d’ampleur dans les scènes spectaculaires, et les chœurs lui donnent la réplique avec vigueur et panache tout en sachant aussi se montrer diaphanes dans l’acte de Fontainebleau.

Simone Young, Krzysztof Warlikowski et Marina Rebeka

Simone Young, Krzysztof Warlikowski et Marina Rebeka

La qualité de cette première, l'audience très attentive, et la réserve de potentiel qui se devine chez certains solistes rendent absolument indispensable de profiter en ce mois d’avril de la reprise de ce grand opéra créé pour la scène parisienne, mais qui est rarement donné dans une version aussi monumentale.

Simone Young, Krzysztof Warlikowski et Marina Rebeka

Simone Young, Krzysztof Warlikowski et Marina Rebeka

Représentation du 17 avril 

Retenue au Festtage du Staatsoper Berlin pour rendre un hommage à Pierre Boulez, Simone Young n'a pu assurer la représentation de 'Don Carlos' le 17 avril, laissant ainsi la place à Clelia Cafiero, cheffe principale invitée à l'Opéra de Tours.

D'une gestuelle très souple et aérée, la cheffe italienne a entrainé l'orchestre et les solistes dans un grand élan de respiration en insufflant une rythmique et une explosion des couleurs très italiennes comme si elle dirigeait la version de Milan de 1884. L'effet, d'une grande efficacité, s'éloignait aussi de la conception plus austère et profonde de Simone Young, même si l'absence de répétition n'avait pas départi l'orchestre des choix très contrôlés, notamment pour les cuivres, de la cheffe australienne.

Au final, Clelia Cafiero a rassemblé l'enthousiasme de tout le monde, musiciens, choristes, solistes et spectateurs qui acclamaient à tout rompre, avec embrassades sur scène, fosse d'orchestre debout, Christian Van Horn la poussant même en avant, et Marina Rebeka qui n'en finissait pas de l'embrasser, sous la clameur du public. Une soirée étonnante qui révèle aussi le grand professionnaliste de tous les artistes invités et de la maison.

Andrzej Filończyk s'est ainsi montré puissant, Ekaterina Gubanova dramatique, Christian Van Horn émouvant et impulsif, Marina Rebeka intense, et Charles Castronovo profondément investi.

Clelia Cafiero 

Clelia Cafiero 

Représentation du 25 avril 

Pour la dernière représentation, Simone Young était de retour, et la salle était comble pour 5 heures de spectacle un vendredi soir. Il ne fallait pas manquer cette dernière occasion d'entendre cette version intégrale de l'ouvrage qui n'en était qu'à sa 30e représentation depuis la première du 11 mars 1867 où ce n'était pas cette version là qui était jouée, l'ajout obligatoire à l'époque du ballet ayant entrainé 20 minutes de coupures musicales.

Salle de l'Opéra Bastille lors du 4e acte de 'Don Carlos', le 25 avril 2025

Salle de l'Opéra Bastille lors du 4e acte de 'Don Carlos', le 25 avril 2025

Simone Young a repris en main sa conception très raffinée dans un esprit mélancolique qui n'exclut pas l'impulsivité dramatique. Charles Castronovo est décidément un chanteur qui fait corps avec son personnage en le jouant avec beaucoup de sensibilité, et son timbre sombre et intériorisé laisse aussi ressortir des expressions d'un cœur écorché saisissantes. Probablement est-il un des tous meilleurs interprètes du rôle après Jonas Kaufmann dans cette version parisienne.

Marina Rebeka souligne un peu plus les graves de son médium ce qui, mêlés à son rayonnement royal au dernier acte, la rend encore plus éblouissante. Elle fera un magnifique geste en forme de cœur à destination du public pour une telle ovation au moment des saluts.

Grand succès pour tous les solistes, chœur et orchestre, et pour la direction musicale si magnifiquement coulée dans l'esprit de la mise en scène de Krzysztof Warlikowski.

Marina Rebeka

Marina Rebeka

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