Publié le 27 Mai 2021

Quatuor Van Kuijk - Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847)
Concert du 26 mai 2021
Théâtre des Bouffes du Nord

Quatuor à cordes en la mineur Op.13 (octobre 1827 – première à Paris le 14 février 1832)
Quatuor à cordes en ré majeur Op.44 No.1 (juillet 1838 – première à Leipzig le 16 février 1839)

Nicolas Van Kuijk violon
Sylvain Favre-Bulle violon
Emmanuel François alto
Anthony Kondo violoncelle

Point de départ d’une intégrale qui réunira les sept quatuors à cordes et les quatre pièces pour quatuor de Felix Mendelssohn pour aboutir à l’édition d’un double CD chez Alpha Classics en 2022, les deux quatuors présentés par l’ensemble Van Kuijk au Théâtre des Bouffes du Nord, au moment où reprennent les concerts en public, accompagnent le sentiment de renaissance qui traverse cet instant.

Nicolas Van Kuijk et Sylvain Favre-Bulle (Violons)

Nicolas Van Kuijk et Sylvain Favre-Bulle (Violons)

Sylvain Favre-Bulle ne se prive pas de présenter ces deux pièces avec la joie sincère du plaisir des retrouvailles. La première, le Quatuor à cordes en la mineur Op.13, qui est en fait le second quatuor écrit par Mendelssohn, porte en elle la marque de la mort de Beethoven qui fut le déclencheur émotionnel et la condition de sa composition en 1827. Et la seconde, le Quatuor à cordes en ré majeur Op.44 No.1, est un hommage au Prince Oscar de Suède que le musicien rencontra pour la première fois au musée Städel de Frankfurt en 1837.

Loin de réduire ces deux œuvres à une interprétation formelle, le Quatuor Van Kuijk induit en elles une énergie puissante, la vigueur acérée d’une sève qui rend le bois si vivant et éruptif, et toutes les nuances de sensation colorent une musique, depuis le moelleux bondissant du violoncelle au panache grandiose d’un premier violon au métal étincelant. Une forte densité de matière, un plaisir ludique décontracté et précis dans les jeux de correspondance entre interprètes, une vivacité d’entrelacs dont il est parfois difficile de différencier les instruments et particulièrement les couleurs sombres du second violon et de l’alto, se lisent ainsi une tendresse et une bienveillance heureuse qui accrochent et stimulent l’auditeur au point de le perdre dans des paysages captivants.

Nicolas Van Kuijk, Sylvain Favre-Bulle, Emmanuel François, Anthony Kondo

Nicolas Van Kuijk, Sylvain Favre-Bulle, Emmanuel François, Anthony Kondo

Et en bis, un arrangement spécialement réalisé pour le Quatuor Van Kuijk (Jean-Christophe Masson – 2016) de l’insouciante mélodie pour voix et piano composée par Francis Poulenc pour la soprano et actrice Yvonne Printemps, « Les Chemins de l’amour », laisse un dernier trait d’âme imprégner l’atmosphère du théâtre pour revenir à la vie parisienne.

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Publié le 26 Mai 2021

Présentation de la saison Lyrique 2021 / 2022 du Théâtre des Champs Élysées

Depuis le mercredi 19 mai 2021, la douzième saison de Michel Franck à la direction du Théâtre des Champs Élysées est officiellement dévoilée.

Malgré l’impact de la crise sanitaire, cette saison s’inscrit dans la continuité des saisons passées et comprend 4 productions d’opéras en version scénique données sur un total de 21 soirées, une opérette « La Vie parisienne » jouée sur 16 soirées, 13 opéras en version concert et 8 oratorio et œuvres religieuses (dont 2 soirs pour le Requiem de Verdi), 22 concerts symphoniques, 14 récitals vocaux (dont 2 soirs pour La Folle soirée de l’Opéra), 18 récitals de piano, 11 concerts de l’orchestre de chambre de Paris, 12 autres concerts de musique de chambre, 24 concerts du dimanche matin (dont trois œuvres pour jeune public, Le Petit Prince par Marc-Olivier Dupin, Les Fabulettes par Anne Sylvestre, et Pierre et le loup par les ensembles Les Dissonances & Ouranos) et 4 ballets dansés sur 14 soirées.

Par ailleurs, une version de Rigoletto ramenée à une durée d’une heure et quinze minutes sera créée pour le jeune public, et donnée en douze représentations sur le temps scolaire, ainsi que sur trois matinées tout public.
Ce spectacle sera une coproduction avec l’opéra de Rouen Normandie.

Cette ligne programmatique reste donc fidèle à la diversité des formes musicales qui caractérise le Théâtre des Champs-Élysées, avec toutefois une réduction sensible du nombre de soirées de danse au profit de la « La Vie Parisienne ».

Enfin, l’apparente réduction du nombre de récitals vocaux est compensée par une forte présence de grands chanteurs au cours des concerts symphoniques ou de musique de chambre.

Giulio Cesare in Egitto (Georg Friedrich Haendel) - ms Michieletto (mai 2022)

Giulio Cesare in Egitto (Georg Friedrich Haendel) - ms Michieletto (mai 2022)

Opéras et opérettes en version scénique

Pelléas et Mélisande (Claude Debussy)
9, 11, 13, 15 octobre (4 représentations)

Direction musicale François Xavier Roth  Mise en scène Eric Ruf
Patricia Petibon, Stanislas de Barbeyrac, Sir Simon Keenlyside, Jean Teitgen, Lucile Richardot, Chloé Briot, Thibault de Damas
Les siècles, Chœur Unikanti
Coproduction Opéra de Dijon, Stadttheater Klagenfurt, Théâtre du Capitole, Opéra de Rouen Normandie

Eugène Onéguine (Piotr Ilitch Tchaïkovski)
10, 13, 15, 17, 19 novembre (5 représentations)

Direction musicale Karina Canellakis, Mise en scène Stéphane Braunschweig
Mireille Delunsch, Vannina Santoni, Alisa Kolosova, Jean-François Borras, Jean-Sébastien Bou, Jean Teitgen, Delphine Haidan, Yuri Kissin, Marcel Beekman
Orchestre National de France, Chœur de l’Opéra National de Bordeaux
Coproduction Opéra national de Bordeaux

La vie parisienne (Jacques Offenbach)
21, 22, 23, 26, 27, 28, 29, 30, 31 décembre et 2, 4, 5, 6, 7, 8, 9 janvier (16 représentations)

Direction musicale Romain Dumas, Mise en scène Christian Lacroix
Jodie Devos / Florie Gauthier-Valiquette, Rodolphe Briand / Flannan Obé, Marc Mauillon / Laurent Deleuil, Franck Leguérinel / Marc Labonnette, Sandrine Buendia / Marion Grange, Aude Extrémo / Eléonore Pancrazi, Eric Huchet / Damien Bigourdan, Philippe Estèphe / Laurent Kubla, Elena Galitskaya, Louise Pingeot, Marie Kalinine, Ingrid Perruche, Carl Ghazarossian, Caroline Meng
Les Musiciens du Louvre – Académie des Musiciens du Louvre, en partenariat avec le Jeune Orchestre Atlantique - Chœur de chambre de Namur
Coproduction Bru Zane France, Opéra Royal de Wallonie-Liège, Opéra de Rouen Normandie, Opéra de Tours, Opéra de Limoges, Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie, Palazzetto Bru Zane

Così fan tutte (Wolfgang Amadé Mozart)
9, 12, 14, 16, 18, 20 mars (6 représentations)

Direction musicale Emmanuelle Haïm, Mise en scène Laurent Pelly
Vannina Santoni, Gaëlle Arquez, Anna Aglatova, Cyrille Dubois, Florian Sempey, Laurent Naouri
Le Concert d'Astrée, Chœur Unikanti
Coproduction Théâtre de Caen, Tokyo Nikikai Opera Fondation, Pacific Opera Victoria

Giulio Cesare in Egitto (Georg Friedrich Haendel)
11, 14, 16, 18,20,22 mai (6 représentations)

Direction musicale Philippe Jaroussky, Mise en scène Damiano Michieletto
Gaëlle Arquez, Sabine Devieilhe, Franco Fagioli, Lucile Richardot, Carlo Vistoli, Francesco Salvadori, Paul-Antoine Bénos-Djian, Adrien Fournaison
Ensemble Artaserse
Coproduction Oper Leipziz, Opéra National de Montpellier, Théâtre du Capitole de Toulouse

Eugène Onéguine (Piotr Ilitch Tchaïkovski) - ms Braunschweig (novembre 2021)

Eugène Onéguine (Piotr Ilitch Tchaïkovski) - ms Braunschweig (novembre 2021)

Opéras et oratorio en version de concert

Manon (Jules Massenet) le 15 septembre
Patricia Petibon, Saimir Pirgu, Artur Ruciński, Eric Huchet, Philippe Estèphe, Nicolas Testé, Margot Genet, Amandine Ammirati, Clémence Poussin
Daniele Rustioni direction, Orchestre de l'Opéra national de Lyon

Radamisto (Georg Friedrich Haendel) le 08 octobre
Philippe Jaroussky, Marie-Nicole Lemieux, Emőke Baráth, Zachary Wilder, Renato Dolcini, Anna Bonitatibus, Alicia Amo

Francesco Corti direction, Il Pomo d'Oro

Il Ritorno d'Ulisse in patria (Claudio Monteverdi) le 23 octobre
Emiliano Gonzalez Toro, Rihab Chaieb, Emőke Baráth, Philippe Jaroussky, Zachary Wilder, Nahuel Di Pierro, Philippe Talbot, Fulvio Bettini, Álvaro Zambrano, Mathilde Etienne, Anthony León, Lauranne Oliva, Angelica Monje Torrez, Anders Dahlin, Nicolas Brooymans

Emiliano Gonzalez Toro direction, I Gemelli

Theodora (Georg Friedrich Haendel) le 22 novembre
Lisette Oropesa, Joyce DiDonato, Michael Spyres, John Chest, Paul-Antoine Bénos-Djian

Maxim Emelyanychev direction, Orchestre et chœur Il Pomo d'Oro

Theodora (Georg Friedrich Haendel) - Lisette Oropesa (novembre 2021)

Theodora (Georg Friedrich Haendel) - Lisette Oropesa (novembre 2021)

La Petite Renarde rusée (Leoš Janáček) le 24 novembre
Elena Tsallagova, Roland Wood, Angela Brower, Elizabeth Cragg, Ella Taylor

Mirga Gražinytė-Tyla direction, City of Birmingham Symphony Orchestra, Chœur de Radio France

Messiah (Georg Friedrich Haendel) le 12 janvier
Dorothee Mields, Marie Henriette Reinhold, Benedikt Kristjánsson, Tobias Berndt

Hans-Christoph Rademann direction, Orchestre et Chœur du Gaechinger Cantorey

L'Elisir d'amore (Gaetano Donizetti) le 15 janvier
Cyrille Dubois, Jodie Devos, Philippe-Nicolas Martin, Nicola Ulivieri, Catherine Trottmann

Francesco Lanzillota direction, Orchestre National d’Ile-de-France, Chœur de chambre de Rouen

L'Elisir d'amore (Gaetano Donizetti) - Cyrille Dubois (janvier 2022)

L'Elisir d'amore (Gaetano Donizetti) - Cyrille Dubois (janvier 2022)

Stabat Mater (Giovanni Battista Pergolesi) le 22 janvier
Jodie Devos, Adèle Charvet

Julien Chauvin direction, Le Concert de la Loge

Requiem (Giuseppe Verdi) le 3 et 5 février
Marina Rebeka, Marie-Nicole Lemieux, Michael Spyres, Riccardo Zanellato

Daniele Gatti direction, Orchestre National de France, Chœur de Radio France

Requiem / Messe de Clovis (Gabriel Fauré / Charles Gounod) le 10 février
Regula Mühlemann, Jean-Sébastien Bou

Hervé Niquet direction, Chouchane Siranossian premier violon, Orchestre et Chœur du Concert Spirituel

L’Olimpiade (Antonio Vivaldi) le 16 février
Carlo Vistoli, Chiara Skerath, Anna Aglatova, Benedetta Mazzucato, Ambroisine Bré, Riccardo Novaro, Niall Anderson

Jean-Christophe Spinosi direction, Ensemble Matheus, Chœur de chambre Mélisme(s)

Stabat Mater (Antonin Dvořák) le 31 mars
Chen Reiss, Gerhild Romberger, Steve Davislim, Hanno Müller-Brachmann

Christoph Eschenbach direction, Orchestre National de France, Chœur de Radio France

Ariane et Bacchus (Marin Marais) le 04 avril
Judith van Wanroij, Véronique Gens, Mathias Vidal, Hélène Carpentier, Marie Perbost, Nahuel Di Pierro

Hervé Niquet direction, Orchestre et Chœur Le Concert Spirituel, Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles

Ariane et Bacchus (Marin Marais) - Mathias Vidal (avril 2022)

Ariane et Bacchus (Marin Marais) - Mathias Vidal (avril 2022)

Passion selon Saint Jean (Jean-Sébastien Bach) le 06 avril
Lucy Crowe, Paula Murrihy, Hugo Hymas, Georg Nigl

Mark Padmore direction, Orchestra of the Age of Enlightenment, Choir of the Enlightenment

Thaïs (Jules Massenet) le 09 avril
Ermonela Jaho, Ludovic Tézier, Pene Pati, Guilhem Worms, Cassandre Berthon, La Charmeuse Marielou Jacquard, Marie Gautrot

Pierre Bleuse direction, Orchestre National de France, Chœur de Radio France

Anna Bolena (Gaetano Donizetti) le 11 avril
Sonya Yoncheva, Marianne Crebassa, Erwin Schrott, Enea Scala, Matthieu Lécroart, Raphaël Brémard, Héloïse Mas

Maurizio Benin direction, Orchestre de chambre de Paris, Ensemble Lyrique Champagne-Ardenne

Das Rheingold (Richard Wagner) le 23 avril
Michael Volle, Gerhard Siegel, Samuel Youn, Thomas Ebenstein, Denyce Graves, Stephen Milling, Mikhail Petrenko, Karen Cargill

Yannick Nézet-Séguin direction, Rotterdams Philharmonisch Orkest

Das Rheingold (Richard Wagner) - Yannick Nézet-Séguin (avril 2022)

Das Rheingold (Richard Wagner) - Yannick Nézet-Séguin (avril 2022)

Messa di Gloria (Giacomo Puccini) le 12 mai
Charles Castronovo, Ludovic Tézier

Gustavo Gimeno direction, Orchestre Philharmonique du Luxembourg, Chœur Orfeó Català

Te Deum (Marc-Antoine Charpentier) le 21 mai
Caroline Dangin-Bardot, Marie-Frédérique Girod, Marie Pouchelon, David Tricou, Léo Vermot-Desroches

Sébastien Daucé direction, Ensemble Correspondances

Hulda (César Franck) le 01 juin
Jennifer Holloway, Véronique Gens, Judith van Wanroij, Isabelle Druet, Marie Gautrot, Ludivine Gombert, Edgaras Montvidas, Jérôme Boutillier

Gergely Madaras direction, Orchestre Philharmonique Royal de Liège, Chœur de chambre de Namur

La Vestale (Gaspare Spontini) le 22 juin
Marina Rebeka, Stanislas de Barbeyrac, Tassis Christoyannis, Aude Extrémo, Nicolas Courjal

Christophe Rousset direction, Les Talens Lyriques, Chœur de la Radio flamande

La Vestale (Gaspare Spontini) - Christophe Rousset (juin 2022)

La Vestale (Gaspare Spontini) - Christophe Rousset (juin 2022)

Les Récitals vocaux :

Benjamin Bernheim – Schumann, Chausson, Poulenc le 30 septembre
Philippe Jaroussky - Haendel, Porpora le 20 novembre
Pretty Yende  - Nicolai, Mozart, Rossini, Gounod, Donizetti le 29 novembre
Roberto Alagna, Daniil Trifonov - Elgar, Berlioz, Saint-Saëns, Beethoven le 15 décembre
Philippe Jaroussky, Thibaut Garcia - Dowland, Purcell, Donizetti, Giordani, Rossini, Schubert, Fauré le 24 janvier
Elsa Dreisig – Mozart le 17 février

Elsa Dreisig (février 2022)

Elsa Dreisig (février 2022)

Emőke Baráth - Haendel le 11 mars
Jakub Józef Orliński - Pérez, Fux, Zelenka, Galuppi... le 12 avril
Véronique Gens, Sandrine Piau - Cherubini, Monsigny, Gossec, Gluck le 15 avril
Les voix lyriques d’Afrique - Airs d'opéras et chants africains le 16 avril
Michael Spyres - Mozart, Spontini, Rossini, Donizetti le 19 mai
Jakub Józef Orliński, Michał Biel - Purcell, Schubert, Karłowicz, Haendel le 20 mai
Sumi Jo, Florian Sempey, Ki-Up Lee - Rossini, Gounod, Massenet, Donizetti le 16 juin
La Folle soirée de l’Opéra Radio Classique - Airs d'opéras les 24 et 25 juin

Les 20 ans du Concert d’Astrée d’Emmanuelle Haïm  (novembre 2021)

Les 20 ans du Concert d’Astrée d’Emmanuelle Haïm (novembre 2021)

Concerts (sélection subjective)

The Deutsche Kammerphilharmonie Bremen - Diana Damrau  - Strauss, Tchaïkovski le 18 septembre
Orchestre National de France  – Rachel Willis-Sørensen –Beethoven, Strauss le 14 octobre
NDR Elbphilharmonie Orchester - Renée Fleming – Messiaen, Bruckner le 22 octobre
Shani Diluka, Pierre Fouchenneret, Natalie Dessay - A la recherche du temps perdu le 14 novembre
Les 20 ans du Concert d’Astrée d’Emmanuelle Haïm  en compagnie d’une pléiade d’artistes fidèles le 19 novembre
Ensemble Matheus - J.-C. Spinosi, M.-N. Lemieux, P. Jaroussky, F. Boesch, M. Abozekry - Grand karaoké lyrique le 27 novembre
Victor Julien-Laferrière, Alexandre Kantorow - Saint-Saëns, Franck le 09 janvier
Happy birthday Marielle Nordmann ! - Schubert, Mendelssohn, Beethoven, Tchaïkovski le 11 janvier
Orchestre de chambre de Paris - Lars Vogt, Ian Bostridge – Mahler, Strauss, Fauré, Britten le 13 janvier
London Philharmonic Orchestra - Vladimir Jurowski, Julia Fischer – Elgar, Tchaïkovski le 14 décembre
Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg – Rachmaninov, Tchaïkovski le 17 janvier
Wiener Philharmoniker - Valery Gergiev, Denis Matsuev - Rachmaninov le 26 janvier
Francesco Piemontesi - Debussy, Rachmaninov, Schubert le 09 février

Ensemble Les Surprises -Véronique Gens (février 2022)

Ensemble Les Surprises -Véronique Gens (février 2022)

Ensemble Les Surprises -Véronique Gens - Lully, Charpentier, Desmarest le 18 février
Une histoire de la musique au féminin - Mel Bonis, Lili Boulanger, Louise Farrenc le 08 mars

City of Birmingham Symphony Orchestra – Tchaïkovski, Stravinsky le 22 mars
Orchestre National de France - Matthias Goerne – Strauss, Wagner, Webern, Schubert le 27 mars
Bertrand Chamayou - Messiaen le 05 avril
Centenaire de la mort de Camille Saint-Saëns le 07 avril
Saarländisches Staatsorchester – Sibelius, Saint-Saëns le 12 avril
Orchestre des Champs-Élysées - Magdalena Kožená, Andrew Staples – Mahler le 15 mai
Orchestre de chambre de Paris - V. Gens, H. Guilmette, J. Dran, T. Christoyannis – mélodies française le 29 juin

A la recherche du temps perdu - Natalie Dessay (novembre 2021)

A la recherche du temps perdu - Natalie Dessay (novembre 2021)

Première impression sur la saison 2021 / 2022

Avec cinq opéras en version de concert réunissant Marais, Spontini, Franck et Massenet, et deux séries d’opéras en versions scéniques (La vie parisienne et Pelléas et Mélisande), la langue française est représentée à son plus haut niveau en ce théâtre avec une distribution francophone pléthorique qui s’empare également du répertoire international (Cyrille Dubois, Jodie Devos, Philippe-Nicolas Martin dans l’Elixir d’amour, et Mireille Delunsch, Vannina Santoni, Jean-François Borras, Jean-Sébastien Bou, Jean Teitgen dans Eugène Onéguine).

Ariane et Bacchus (1696) de Marin Marais sera un témoignage de l’après Lully à l’Académie Royale de Musique, et La Vestale (1807) de Gaspare Spontini sera à considérer comme le jalon majeur de la renaissance artistique de l’Opéra de Paris après la Révolution.

Et la surprise de cette saison est le retour de la langue slave au Théâtre des Champs-Elysées d’où elle était absente depuis plus de 10 ans : Eugène Onéguine, dans la mise en scène de Stéphane Braunschweig, et La Petite Renarde Rusée défendront l’Europe de l’Est

Eugène Onéguine (Piotr Ilitch Tchaïkovski) - Stéphane Braunschweig (novembre 2021)

Eugène Onéguine (Piotr Ilitch Tchaïkovski) - Stéphane Braunschweig (novembre 2021)

Le répertoire allemand est en revanche en net retrait et ne sera défendu que par deux soirées de concert avec La Passion selon Saint-Jean de Jean-Sébastien Bach et L’Or du Rhin de Richard Wagner qui sera le point de départ d’une Tétralogie interprétée par Rotterdams Philharmonisch Orkest sous la direction de Yannick Nézet-Séguin. Par ailleurs, Bach n’a droit qu’à une seule soirée lyrique, ce qui est assez inhabituel.

Toujours majoritaire au Théâtre des Champs-Élysées, la langue italienne sera cependant défendue par Monteverdi et Vivaldi, Haendel (2 opéras de concert et un opéra en version scénique), Mozart (un opéra en version scénique), et plus faiblement par le XIXe siècle (Donizetti et Verdi). Rossini est pour la seconde saison absent de l’affiche.

Et parmi les œuvres chantées en latin, La Messe de Clovis (Charles Gounod) et le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier seront deux œuvres spirituelles à retrouver car elles sont rarement jouées en ce théâtre alors qu’elles furent annulées pour cause de pandémie en 2020 et 2021.

Les fondamentaux du Théâtre des Champs-Élysées sont toujours respectés (80 % du répertoire lyrique consacré au XVIIIe et XIXe siècle), mais le XIXe siècle l’emporte grâce aux œuvres de concert en Français et latin.

Les points forts de cette saison lyrique seront probablement à chercher autour de Theodora, Anna Bolena, L’Or du Rhin, La Vestale, et les nouvelles productions d’Eugène Onéguine et Giulio Cesare.

L'intégralité de la saison c'est ici.

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Publié le 12 Mai 2021

Présentation de la saison lyrique 2021 / 2022 de l’Opéra national de Paris

Le 18 mai 2021 à 19h30, la première saison d’Alexander Neef à la direction de l’Opéra national de Paris fut officiellement dévoilée au grand public dans un format numérique. Elle comprend 4 nouvelles productions et 4 coproductions, dont 4 nouveautés pour le répertoire, et 13 reprises.

Avec 21 titres au total pour 196 représentations, auxquels s'ajoute une version de Concert du Château de Barbe-Bleue, elle est accueillie comme une perspective bienheureuse après quasiment 15 mois de fermeture en continu, et le fait de voir que la crise sanitaire n’a pas altéré l’évolution de la trajectoire artistique que le nouveau directeur souhaite suivre est un excellent signe pour la suite.

Le répertoire historique parisien intéresse Alexander Neef, mais avec son nouveau directeur musical, Gustavo Dudamel, il s’inscrit dans une lignée de directeurs de grandes maisons internationales qui entrent en fonction au même moment, Serge Dorny et Vladimir Jurowski à l’Opéra d’État de Bavière, Bogdan Roščić et Philippe Jordan à l’Opéra de Vienne, et qui s’apprêtent à transformer le monde de la représentation lyrique pour lui donner un nouvel élan vital.

Présentation de la saison lyrique 2021 / 2022 de l’Opéra national de Paris

Les nouvelles productions

7 Deaths of Maria Callas (Marko Nikodijević – 2019) – Coproduction Bayerische Staatsoper, Deutsche Oper Berlin, Maggio Musicale Fiorentino, Greek National Opera, Teatro San Carlo Naples
Du 01 au 04 septembre 2021 (4 représentations au Palais Garnier)
Direction musicale Yoel Gamzou, mise en scène Marina Abramović
Willem Dafoe, Adèle Charvet, Lauren Fagan, Leah Hawkins, Adela Zaharia, Selene Zanetti, Gabriella Reyes, Hera Hyesang Park

Entrée au répertoire

Plasticienne que le public du Palais Garnier connaît depuis 2013 lorsqu’elle cosigna une chorégraphie du « Boléro » de Ravel avec Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet, Marina Abramović présente une pièce sur ces héroïnes d’opéra qui meurent par amour et que Maria Callas a pour la plupart incarné intégralement sur scène ou au disque, ou au moins à travers un air tel l’« Ave Maria » de Desdemone dans Otello. Sept chanteuses interpréteront sept idées de femmes, et la voix de Marina racontera l’histoire de chaque opéra.

 

Œdipe (Georges Enescu – 1936) – Nouvelle production
Du 23 septembre au 14 octobre 2021 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Ingo Metzmacher, mise en scène Wajdi Mouawad
Christopher Maltman, Clive Bayley, Brian Mulligan, Ekaterina Gubanova, Laurent Naouri, Clémentine Margaine, Anne-Sophie von Otter, Vincent Ordonneau, Adian Timpau, Yann Beuron, Anna-Sophie Neher, Daniela Entcheva

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 22 mai 1963 (production de l’Opéra de Bucarest en version roumaine)

Basée sur les textes d’Œdipe-Roi et Œdipe à Colone de Sophocle, l’adaptation lyrique de cette tragédie par Edmond Fleg, homme de théâtre et l'un des premiers sionistes français, est la plus complète des deux autres versions connues d’Antonio Sacchini (1786) et d’Igor Stravinsky (1927). Cette œuvre monumentale raconte toutes les étapes de la vie d’Œdipe, père d’Antigone et d’Ismène.

Œdipe est l’unique opéra de Georges Enescu, et fut créé au Palais Garnier le 13 mars 1936 pour 11 représentations jouées pendant un peu plus d’un an, avant de ne revenir que pour deux soirs, le 21 et 22 mai 1963, lors du passage de la troupe de l’Opéra de Bucarest.

En octobre 2008, Nicolas Joel ressuscita ce chef-d’œuvre en langue originale au Capitole de Toulouse, ce qui permit de redécouvrir une musique qui rappelle celle de Debussy avec des réminiscences wagnériennes.

La nouvelle production de l’opéra Bastille est confiée à Wajdi Mouawad, directeur du Théâtre national de la Colline et créateur en 2015 d’un oratorio, «Les larmes d’Œdipe», qui faisait partie d’un cycle dédié au sept tragédies de Sophocle.

Turandot (Giacomo Puccini – 1926) – Coproduction Canadian Opera Company de Toronto, Théâtre National de Lituanie, Houston Grand Opera, Teatro Real de Madrid
Du 04 au 30 décembre 2021 (9 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Gustavo Dudamel, mise en scène Robert Wilson
Elena Pankratova, Guanqun Yu, Gwyn Hughes Jones, Vitalij Kowaljow, Carlo Bossi, Adrian Timpau, Jinxu Xiahou, Matthew Newlin, Sava Vemic

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 30 décembre 2002 (production de Francesca Zambello)

Dernier opéra de Puccini, Turandot connut 36 représentations à l’opéra Bastille entre 1997 et 2002, sous la direction d’Hugues Gall, puis disparut subitement pendant près de 20 ans.
L’œuvre est un pilier du répertoire de plusieurs grandes institutions internationales, le MET de New-York, le Royal Opera House Covent-Garden de Londres, La Scala de Milan, et constitue une transition vers la musique du XXe siècle.

Turandot - ms Robert Wilson

Turandot - ms Robert Wilson

Les Noces de Figaro (Wolfgang Amadé Mozart – 1786) – Nouvelle production
Du 21 janvier au 18 février 2022 (11 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Gustavo Dudamel, mise en scène Netia Jones
Peter Mattei, Maria Bengtsson / Miah Persson, Ying Fang, Ildebrando d'Arcangelo, Lea Desandre, Dorothea Röschmann, James Creswell, Michael Colvin, Christophe Mortagne, kseniia Proshina, Marc Labonnette

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 25 octobre 2012 (production de Giorgio Strehler)

Œuvre la plus jouée à l’Opéra de Paris depuis l’Ère Liebermann, Les Noces de Figaro ne disposait plus de production depuis 10 ans, et était rattrapée par La Bohème de Puccini. En confiant une nouvelle mise en scène à Netia Jones, Alexander Neef achève le cycle Da Ponte initié par Stéphane Lissner, permet au public parisien de renouer avec ce chef-d’œuvre au Palais Garnier et de découvrir l’univers d’une metteur en scène connue principalement dans les pays anglo-saxons.

A Quiet Place (Leonard Bernstein – 1983) – Nouvelle production (Création mondiale de la nouvelle orchestration pour grand orchestre)
Du 09 au 30 mars 2022 (11 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Kent Nagano, mise en scène Krzysztof Warlikowski
Patricia Petibon, Frédéric Antoun, Gordon Bintner, Russel Braun

Entrée au répertoire

En 2018, Kent Nagano enregistra une version de A Quiet Place qui réintégrait des passages coupés par Leonard Bernstein après sa création en 1983 à l’Opéra de Houston, tout en réalisant une orchestration plus légère. Pour l'Opéra de Paris, il s'agit de la création de la nouvelle orchestration pour grand orchestre. 

Il s’agit d’une entrée au répertoire pour le compositeur américain et pour son dernier opéra, et ce sujet qui analyse les relations familiales et des amours bisexuelles est confié naturellement à Krzysztof Warlikowski.

Wozzeck (Alban Berg – 1925) – Coproduction Festival de Salzbourg, New York Metropolitan Opera, Canadian Opera Company, Opera Australia
Du 10 au 30 mars 2022 (7 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Susanna Mälkki, mise en scène William Kentridge
Johan Reuter, John Daszak, Gerhard Siegel, Falk Struckmann, Eva-Maria Westbroek, Tansel Alzeybek, Mikhail Timoshenko, Tobias Westman, Heinz Göhrig

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 15 mai 2017 (production de Christoph Marthaler)

5 ans après la dernière reprise de la production de Wozzeck par Christoph Marthaler, la production de William Kentridge conçue pour le Festival de Salzbourg prendra place sur la scène Bastille. Elle permettra de découvrir ou redécouvrir le travail du metteur en scène sud-africain dont la collaboration avec la Handspring Puppet Company en 1992 avait abouti à un spectacle poignant, Woyzeck On The Highveld, basé sur la pièce de Georg Büchner.

Wozzeck - ms William Kentridge

Wozzeck - ms William Kentridge

Cendrillon (Jules Massenet- 1899) – Nouvelle production
Du 26 mars au 28 avril 2022 (12 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Carlo Rizzi, mise en scène Marianne Clément
Tara Erraught, Daniela Barcellona, Anna Stéphany, Kathleen Kim, Charlotte Bonnet, Marion Lebègue, Lionel Lhote, Philippe Rouillon, Cyrille Lovighi, Olivier Ayault, Vadim Artamonov

Entrée au répertoire

Il s’agit de l’entrée au répertoire d’une œuvre peu connue de Jules Massenet, créée à l’Opéra Comique le 24 mai 1899 et jouée 77 fois jusqu’en 1950. Elle rejoint une maison où les versions du Contes de Charles Perrault composées par Rossini (La Cenerentola) et Prokofiev (Cendrillon) font partie des incontournables, et c'est Marianne Clément qui aura la tâche d'imaginer le monde féérique de ce conte musical.

Fin de Partie (György Kurtag – 2015) – Coproduction Festival de Salzbourg, Scala de Milan, Opéra d’Amsterdam.
Du 30 avril au 19 mai 2022 (8 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Markus Stenz, mise en scène Pierre Audi
Frode Olsen, Leigh Melrose, Hilary Summers, Leonardo Cortellazzi

Entrée au répertoire

Commandé par le Festival de Salzbourg, mais créé à la Scala de Milan en 2018, Samuel Beckett: Fin de Partie, Scènes et monologues est le premier opéra d’un compositeur âgé de 92 ans.
Le livret est fidèle à la pièce, et c’est le texte français qui est mis en musique. Les quatre interprètes et le directeur musical sont ceux qui contribuèrent à la création.

Iphigénie en Tauride - ms Krzysztof Warlikowski

Iphigénie en Tauride - ms Krzysztof Warlikowski

Les reprises

Iphigénie en Tauride (Christoph Willibald Gluck – 1779)
Du 14 septembre au 02 octobre 2021 (7 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Thomas Hengelbrock / Inaki Encina Oyon, mise en scène Krzysztof Warlikowski (2006)
Tara Erraught, Jarrett Ott, Julien Behr, Jean-François Lapointe, Marianne Croux, Jeanne Ireland, Christophe Gay

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 25 décembre 2016

 

 

L’Élixir d’amour (Gaetano Donizetti – 1832) - Coproduction Royal Opera House - Covent Garden, Londres
Du 28 septembre au 09 novembre 2021 (12 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Giampaolo Bisanti / Leonardo Sini, mise en scène Laurent Pelly (2006)
Sydney Mancasola, Matthew Polenzani / Pene Pati, Simone Del Savio, Carlo Lepore / Ambrogio Maestri, Lucrezia Drei

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 25 novembre 2018

Der Fliegende Holländer (Richard Wagner – 1843)
Du 07 octobre au 06 novembre 2021 (9 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Hannu Lintu, mise en scène Willy Decker (2000)
Günther Groissböck, Ricarda Merbeth, Michael Weinius, Tomasz Konieczny, Agnes Zwierko, Thomas Atkins

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 09 octobre 2010

Le Vaisseau Fantôme - ms Willy Decker

Le Vaisseau Fantôme - ms Willy Decker

Rigoletto (Giuseppe Verdi – 1851)
Du 23 octobre au 24 novembre 2021 (16 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Dan Ettinger / Giacomo Sagripanti, mise en scène Claus Guth (2016)
Dmitry Korchak / Joseph Calleja, Ludovic Tézier / Zeljiko Lucic, Nadine Sierra / Irina Lungu, Goderdzi Janelidze, Justina gringyte, Cassandre Berthon, Bogdan Talos, Jean-Luc Ballestra, Macej Kwasnikowski, Florent Mbia, Isabelle Wnorowska, Henri Bernard Guizirian

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 27 juin 2017

Alcina (Georg Friedrich Haendel – 1735)
Du 25 novembre au 30 décembre 2021 (13 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Thomas Hengelbrock / Inaki Encina Oyon (Balthasar Neumann Ensemble), mise en scène Robert Carsen (1999)
Jeanine De Bique, Gaëlle Arquez, Sabine Devieilhe / Elsa Benoît, Roxana Constantinescu, Rupert Charlesworth, Nicolas Courjal

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 12 février 2014

La Khovantchina (Modeste Moussorgski – 1886) - Coproduction Teatro del Maggio Musicale Fiorentino
Du 26 janvier au 18 février 2022 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Harmut Haenchen, mise en scène Andrei Serban (2002)
Dimitry Ivashchenko, Sergei Skorokhodov, John Daszak, Evgeny Nikitin, Dmitry Belosselskiy, Anita Rachvelishvili, Caroline Wilson, Gerhard Siegel, Olga Busuioc, Wojtek Smilek, Vasily Efimov, Tomasz Kumiega

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 09 février 2013

La Khovantchina - ms Andrei Serban

La Khovantchina - ms Andrei Serban

Don Giovanni (Wolfgang Amadé Mozart - 1787) - Coproduction New-York Metropolitan Opera
Du 01 février au 11 mars 2022 (13 représentations à l’opéra Bastille
)
Direction musicale Bertrand de Billy, mise en scène Ivo van Hove (2019)
Christian Van Horn, Alexander Tsymbalyuk, Adela Zaharia, Pavel Petrov, Nicole Car, Krzysztof Baczyk, Mikhail Timoshenko, Anna El-Khashem

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 13 juillet 2019

Manon (Jules Massenet – 1884)
Du 06 au 26 février 2022 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale James Gaffigan, mise en scène Vincent Huguet (2020)
Ailyn Pérez, Joshua Guerrero, Andrzej Filonczyk, Jean Teitgen, Rodolphe Briand, Marc Labonnette, Andrea Cueva Molnar, Ilanah Lobel-Torres, Jeanne Ireland, Philippe Rouillon

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 10 mars 2020 (Captation à huis clos)

Elektra (Richard Strauss – 1909) Production originale de la Fondation Teatro del Maggio Musicale Fiorentino
Du 10 mai au 01 juin 2022 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Semyon Bychkov / Case Scaglione, mise en scène Robert Carsen (2013)
Waltraud Meier, Christine Goergke, Elza van den Heever, Gerhard Siegel, Tomas Tomasson

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 01 décembre 2013

Elektra - ms Robert Carsen

Elektra - ms Robert Carsen

Parsifal (Richard Wagner – 1882)
Du 24 mai au 13 juin 2022 (7 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Simone Young, mise en scène Richard Jones (2018)
Iain Paterson, Reinhard Hagen, Kwangchul Youn, Falk Struckmann, Marina Prudenskaya, Simon O'Neill, Neal Cooper, Willliam Thomas

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 23 mai 2018

Le Barbier de Séville (Gioachino Rossini – 1816)
Du 30 mai au 19 juin 2022 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Roberto Abbado, mise en scène Damiano Michieletto (2014)
René Barbera, Renato Girolami, Marianne Crebassa, Andrzej Filonczyk, Alex Esposito, Katherine Broderick, Christian Rodrigue Mougoungou

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 12 février 2020

Platée (Jean-Philippe Rameau – 1745) - Coproduction Grand Théâtre de Genève, Opéra national de Bordeaux, Opéra national de Montpellier, Théâtre de Caen, Opéra de Flandre
Du 17 juin au 12 juillet 2022 (11 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Marc Minkowski (Les Musiciens du Louvre), mise en scène Laurent Pelly (1999)
Mathias Vidal, Nahuel di Pierro, Marc Mauillon, Julie Fuchs / Amina Edris, Tamara Bounazou, Lawrence Brownlee, Jean Teitgen, Reinoud van Mechelen, Adriana Bignani-Lesca

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 08 octobre 2015

Faust (Charles Gounod – 1859)
Du 28 juin au 13 juillet 2022 (6 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Thomas Hengelbrock, mise en scène Tobias Kratzer (2021)
Benjamin Bernheim, Christian Van Horn, Florian Sempey, Guilhem Worms, Angel Blue, Emily D'Angelo, Sylvie Brunet-Grupposo

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 26 mars 2021 (Captation vidéo)

Faust - ms Tobias Kratzer

Faust - ms Tobias Kratzer

Version de Concert

Le Château de Barbe-Bleue (Béla Bartók– 1918)
Le 09 janvier 2022 (1 représentation à l'opéra Bastille)

Direction musicale Josep Pons - Orquestra Simfònica del Gran Teatre del Liceu de Barcelone
Ausriné Stundyté, Sir Bryn Terfel

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 11 mai 2018

Premières impressions sur la saison 2021/2022

Cette première saison révèle une véritable volonté de représenter équitablement différentes époques de l’histoire de l’opéra avec 2 œuvres baroques, 3 œuvres classiques, 2 opéras bouffes italiens, 5 œuvres issues des courants romantiques français, russes et italiens du XIXe siècle, 2 opéras de Wagner, 5 œuvres du XXe siècle, 2 créations contemporaines.

Il s’agit donc d’une première rupture avec la direction de Stéphane Lissner qui se focalisait fortement sur le XIXe siècle, bien que la programmation reprenne une partie des éléments de sa dernière saison.
Ainsi, Giuseppe Verdi n’est représenté que par Rigoletto, mais avec 16 représentations à l’affiche.

Les nouvelles productions

Le fait que 4 nouvelles productions soient des nouveautés au répertoire et que 3 productions (Turandot et Les Noces de Figaro, toutes deux dirigées par Gustavo Dudamel, et Oedipe) soient des productions d’œuvres du répertoire qui ne disposaient plus de scénographie va fortement contribuer à élargir le panorama musical de la saison 2021/2022 et donc attiser la curiosité des spectateurs. Par ailleurs, 6 de ces nouvelles productions sont tournées vers les œuvres du XXe et XXIe siècle, ce qui est considérable. Sera particulièrement à suivre la création mondiale de la nouvelle orchestration pour grand orchestre de Kent Nagano pour A Quiet Place.

Les reprises

Parmi les reprises, quatre œuvres n’avaient plus été entendues depuis au moins 8 ans, Alcina, Le Vaisseau Fantôme, La Khovantchina, Elektra, et elles bénéficient d’une esthétique soignée (Decker, Carsen et Serban) qui leur donne une solide durabilité depuis plus de 20 ans pour certaines d’entre elles.

L’opéra en langue française

Il y a pas moins de 7 opéras en langue française, soit deux tragédies lyriques, Iphigénie en Tauride et Œdipe, une comédie lyrique, Platée, un opéra-comique, Manon, une tragédie romantique, Faust, un Conte de Fée, Cendrillon, et un opéra en un acte, Fin de Partie.

Il faut remonter à la saison 2000/2001 d’Hugues Gall pour retrouver une telle prépondérance de la langue de Molière à l’opéra qui va couvrir un tiers de la programmation avec une diversité musicale inédite.

Alcina - ms Robert Carsen

Alcina - ms Robert Carsen

Les tarifs 2021/2022

Les tarifs de cette première saison sont équivalents à ceux de la saison 2019/2020 de Stéphane Lissner (la moins chère de son mandat) et se stabilisent en moyenne à 120 euros à l’Opéra Bastille, ce qui est un bon prix alors que les 130 euros avaient été dépassés il y a quelques années.

Sur cette grande scène où seront représentés les 2/3 des opéras, les deux spectacles aux tarifs les plus élevés (210 euros en optima) sont Turandot (Nouvelle Production pour Paris) et la reprise de Don Giovanni (prix moyen 142 euros).

Pour Rigoletto et Le Barbier de Séville, il s'agit d'un changement de catégorie à la hausse car ils étaient classés en catégorie reprise à 180 euros en optima il y a deux ans (prix moyen 111 euros).

Dans la catégorie à 170 euros en optima (prix moyen 113 euros), on retrouve les reprises du Vaisseau Fantôme, La Khovantchina, Manon, Elektra et Faust.

C'est une forte baisse de prix pour Manon (créé en 2020 en catégorie optima à 210 euros), et une baisse plus modérée pour Faust (créé en catégorie optima à 195 euros cette année).

Enfin, on trouve en catégorie à 145 euros en optima (prix moyen 90 euros), la reprise de L'Elixir d'Amour (catégorie inchangée) et la nouvelle production de Wozzeck qui est même 12% moins chère que la dernière reprise de la production de Marthaler en 2016/2017.

Et bonne nouvelle, le prix des places de catégorie 8 (190 places par soir) pour Wozzeck et L'Elixir d'Amour est passé à 25 euros (contre 35 euros dans la logique des années précédentes), ce qui est une baisse tout à fait appréciable.

Sauf exception, il n'y a plus de places à plus de 210 euros.

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Publié le 7 Mai 2021

Nommé le 22 octobre 2012, Stéphane Lissner est entré en fonction en juillet 2014, soit un an plus tôt que prévu, ce qui l’a conduit à assumer la dernière saison de Nicolas Joel tout en la modifiant légèrement.

Sa première véritable saison a donc débuté en septembre 2015, et il a été l’instigateur de 6 saisons de 2015 et 2021 qui furent l’occasion  de montrer son attachement à la théâtralité dans l’univers lyrique, car c’est par le théâtre public qu’il appréhenda sa carrière avant de prendre les rênes du Théâtre du Châtelet en 1988, du Festival d’Aix-en-Provence en 1998, et enfin de La Scala de Milan en 2005.

Avec 19 productions lyriques présentées chaque saison, Stéphane Lissner a donc pu confier ses nouveaux spectacles à des metteurs en scène issus de courants novateurs européens depuis la péninsule ibérique jusqu’aux chaînes de l’Oural.

De grandes œuvres du répertoire ont trouvé de cette manière de nouvelles lectures faisant autant appel aux nouvelles technologies qu’à un véritable travail dramaturgique sur le texte des livrets, ce qui a permi de remplacer plusieurs nouvelles productions d’opéras français malencontreusement ratées par son prédécesseur.

Le Château de Barbe-Bleue / La Voix Humaine - Barbara Hannigan - ms Krzysztof Warlikowski

Le Château de Barbe-Bleue / La Voix Humaine - Barbara Hannigan - ms Krzysztof Warlikowski

Cependant, à la fin d’une année 2019 qui promettait de battre tous les records de fréquentation et de billetterie, le mouvement de grève contre la réforme des retraites, puis le choc de la pandémie qui affecta tous les continents au point d’entraîner l’annulation de 15 mois de productions en 2020 et 2021, ont fortement amputé sa programmation, mais la chance laissée aux institutions lyriques de produire même sans public a permis de mener à terme la plupart de ses nouveaux spectacles.

Toutefois, c’est Alexander Neef - son successeur nommé un an plus tôt comme cela avait été le cas pour Stéphane Lissner - qui a condui cette dernière saison jouée quasiment sans public, Stéphane Lissner ayant préféré se consacrer totalement au San Carlo de Naples, son nouvel engagement de cœur.

Cet article peut se lire comme la suite de l’article Opéra de Paris 2009-2015 : Bilan des saisons lyriques de Nicolas Joel.

Rigoletto - Vesselina Kasarova - ms Claus Guth

Rigoletto - Vesselina Kasarova - ms Claus Guth

1. La diversité des ouvrages

En 6 ans, de 2015 à 2021, Stéphane Lissner a programmé 116 spectacles lyriques basés sur 81 œuvres différentes et représentatives de 44 compositeurs issus de toutes origines.

Mais du fait des grèves et de la pandémie, seules 73 œuvres représentant 40 compositeurs différents ont été jouées en public. Sans ces deux évènements violents, il aurait pu représenter 2 compositeurs de plus que ses prédécesseurs, Gerard Mortier et Nicolas Joel, qui en avaient proposé 42.

Nicolas Joel avait cependant réussi à faire connaître 85 œuvres différentes en 6 ans, ce qui est le record depuis l‘ouverture de Bastille, alors que Hugues Gall avait du être beaucoup plus prudent en ne proposant sur 9 ans que 78 œuvres représentant 36 compositeurs.

Stéphane Lissner a donc tenu des objectifs très ambitieux avec une part de ressources publiques ramenée à 45 % de son budget, alors qu’elle était de 65 % au tournant des années 2000.

Le bon équilibre de cette politique de rénovation des propositions scéniques se mesure au fait que 43 % des soirées ont reposé sur des reprises de productions de ses prédécesseurs, proportion qui se révèle intermédiaire entre celle de Gerard Mortier (33%) et celle de Nicolas Joel (plus de 50%).

Monteverdi, Smetana, Leoncavallo, Giordano, Ponchielli, Zandonai, Chausson, Humperdinck, Korngold, Zemlinsky, Prokofiev, Stravinsky, Britten, Fénelon, Mantovani ont donc disparu de la programmation.

Cependant, Cavalli, Scarlatti, Meyerbeer, Saint-Saëns, Borodin, Rimski-Korsakov, Bartok, Schoenberg, Chostakovitch, Poulenc, Reimann, Saariaho, Boesmans, Francesconi, Jarrel, Dalbavie, Nikodijevic*, entrent ou reviennent au répertoire.
* la production de 7th deaths of Maria Callas est reprogrammée en début de saison 2021/2022.

Die Meistersinger von Nürnberg - ms Stefan Herheim

Die Meistersinger von Nürnberg - ms Stefan Herheim

2. L’évolution du prix des places

Fidèle à son attachement aux missions de service public, Stéphane Lissner a mis en place dès sa première saison les avant-premières jeunes, ce qui va permettre aux - de 28 ans de découvrir un vaste répertoire – 13 productions chaque année - pour 10 euros à Bastille ou au Palais Garnier.

Au même moment, la subvention du ministère de la culture baisse de 1 million d’euros, et le prix moyen des places augmente de 3 %.

Le plan de salle est ensuite totalement repensé pour la seconde saison à l’opéra Bastille afin de rendre plus équitable la répartition des prix par catégories selon le niveau de confort acoustique et visuel, tout en graduant plus progressivement les changements de catégories avec un prix moyen des places qui restera constant.

Certains prix sont parfois modulés de + ou - 10% selon le jour de la semaine, et même majorés de 20 % pour les soirs avec Jonas Kaufmann ou Anna Netrebko. Mais, suite à l’annulation de Jonas Kaufmann pour cause d’accident vocal lors de la reprise des Contes d’Hoffmann, l’institution ne reconduit plus ce type de majoration liée uniquement à la présence d'un artiste.

Opéra de Paris 2015-2021 : Bilan des saisons lyriques de Stéphane Lissner

A partir de la saison 2017/2018, l'Opéra de Paris réserve certaines soirées aux - de 40 ans avec une réduction de 40% sur le prix du billet, et un sensible mouvement de réduction des prix s’amorce avec la programmation de 6 productions à tarif nominal et 2 productions à tarif réduit (De la Maison des Morts et Pelléas et Mélisande).

Le prix moyen des places baisse de 5 %, puis les reprises de productions à tarifs minorés se généralisent au cours des saisons suivantes, si bien que le prix moyen le plus bas atteint même, un soir de 29 janvier 2019, le seuil de 80 euros pour Rusalka, qui s’avère être une excellente reprise avec comme artistes invités Camilla Nylund, Klaus Florian Vogt et Karita Mattila, sous la direction musicale de Susanna Mälkki.

Pour la saison 2019/2020, il y a même 5 soirées d’opéras à Bastille où toutes les places hors premières catégories sont inférieures à 100 euros.

Toutefois, la programmation du Ring et du Festival Ring en 2020 rehausse le prix moyen des saisons 2019/2020 et 2020/2021 (même si cette dernière saison ne sera pas jouée en public pour cause de pandémie), si bien que Stéphane Lissner quitte l’Opéra de Paris en ayant réussi à stabiliser le prix des places, alors que ses deux prédécesseurs, Gerard Mortier et Nicolas Joel, avaient du augmenter globalement le prix moyen des places de 25 % pendant leurs mandats respectifs, le premier en évitant de toucher aux places à petit prix, le second en les augmentant fortement sous prétexte d’un meilleur accès aux sous-titres.

Il Primio Omicidio - Kristina Hammarström - ms Romeo Castellucci

Il Primio Omicidio - Kristina Hammarström - ms Romeo Castellucci

3. L’Opéra du XVIIe et XVIIIe siècle

Avec Stéphane Lissner, les deux premiers siècles de l’histoire de l’Opéra représentent 20 % de la programmation, comme ce fut le cas avec tous ses prédécesseurs.

Le directeur élargit le répertoire baroque à deux nouveaux compositeurs italiens avec Eliogabalo de Francesco Cavalli et Il Primo Omicidio d’Alessandro Scarlatti qui rejoignent les œuvres de Mozart, Rameau et Gluck qui sont régulièrement repris. Haendel n’est cependant représenté qu’une seule fois avec la nouvelle production de Jephta par Claus Guth coproduite avec l’opéra d’Amsterdam.

L’Opéra de Paris attend cependant qu’un directeur veuille bien programmer Jephté de Montéclair, rare opéra biblique français qui fit son apparition au répertoire en 1732 pour ne s’y maintenir que jusqu’en 1761.

Et depuis sa mise en valeur sous le mandat de Gerard Mortier, Christoph Willibald Gluck reste présent à l’affiche de l’Opéra de Paris avec ses deux productions phares d’Iphigénie en Tauride par Krzysztof Warlikowski – spectacle devenu un classique qui n’effraie plus personne et fascine toujours autant de par les symboles psychanalytiques qu’il draine - et d’Orphée et Eurydice par Pina Bausch, au point d’éclipser les ouvrages de Haendel.

Mais seuls quatre opéras de Mozart sont joués, Don Giovanni, Cosi fan tutte, La Flûte enchantée et La Clémence de Titus, pour une moyenne de 30 représentations par œuvre, au lieu des 6 à 7 titres mozartiens que l’on pouvait habituellement entendre au cours des mandats des précédents directeurs  sur une moyenne de 20 soirées par ouvrage.

Cosi fan tutte - ms Teresa de Keersmaeker

Cosi fan tutte - ms Teresa de Keersmaeker

4. L’Opéra du XIXe siècle

De 40 % de la programmation sous Gerard Mortier à 50 % sous Nicolas Joel, Stéphane Lissner pousse encore plus la représentativité du XIXe siècle à l’Opéra puisque ce siècle va représenter 60 % de sa programmation, le record absolu depuis le début de l’ère Liebermann !

Verdi occupe un champ considérable avec 20 % des soirées à lui seul, si bien que les représentations de 11 de ses ouvrages, dont 8 nouvelles productions, vont contrebalancer la relative mise à la marge du compositeur italien par Nicolas Joel qui avait choisi de privilégier Puccini et le répertoire vériste lors de son précédent mandat.

Stéphane Lissner engage également une mise en avant du mouvement romantique russe qu’aucun autre directeur n’avait réalisé avec une telle ampleur de toute l’histoire de l’Opéra de Paris (Moussorgski, Borodine, Rimsky-Korsakov, Tchaïkovski).

Hector Berlioz est également fortement représenté comme il ne l’aurait peut-être pas imaginé (La Damnation de Faust, Béatrice et Bénédict, Roméo et Juliette, Benvenuto Cellini, Les Troyens), 150 ans après sa disparition rue de Calais, à Paris.

Giacomo Meyerbeer revient aussi au répertoire, après 34 ans d’absence, avec une nouvelle production des Huguenots qui démontrera la technicité que l’œuvre requière de la part des chanteurs d’aujourd’hui.

A l’occasion des 350 ans de l’Opéra – célébré par plusieurs galas, un cycle de conférences au Collège de France et l’édition d’une série de cinq ouvrages littéraires -, Paris revit le faste du répertoire parisien de la Monarchie de Juillet et du Second Empire, et la nouvelle production de Don Carlos (Paris-1867) – jouée dans sa version intégrale des répétitions de 1866 - et Don Carlo (Modène-1886) confiée à Krzysztof Warlikowski symbolise le mieux ce double hommage que Stéphane Lissner a voulu rendre à Verdi et à l’époque du Grand Opéra.

Les Huguenots - Lisette Oropesa - ms Andreas Kriegenburg

Les Huguenots - Lisette Oropesa - ms Andreas Kriegenburg

5. L’Opéra du XX et XXIe siècle

La prépondérance du répertoire du XIXe siècle se fait pourtant au détriment de celui du XXe siècle, ce qui est une surprise car Stéphane Lissner avait plutôt donné l’impression en ouverture de mandat d’une plus grande appétence pour ce répertoire en programmant une nouvelle production du Moses und Aron de Schoenberg mise en scène par Romeo Castellucci qui atteindra 90 % de fréquentation comme cela avait été le cas pour la production de Wozzeck montée par Gerard Mortier en 2008.

Mais depuis les 35 % observés sous le mandat de ce directeur européen épris de modernité, les XXe et XXIe siècles représentent dorénavant 20 % de la programmation.

Seuls deux ouvrages de Richard Strauss sont programmés, Der Rosenkavalier et Capriccio, au lieu de six en moyenne, et aucune pièce de Benjamin Britten n’est à l’affiche.  Et l’on peut constater que depuis Hugues Gall et la création de Capriccio au Palais Garnier en juin 2004, ces deux compositeurs n’ont plus connu une seule nouvelle production maison qui ne se soit durablement installée au répertoire.

Cependant, trois compositeurs contemporains se voient confier chacun leur tour une création mondiale dont le livret repose sur un ouvrage littéraire français : Luca Francesconi (Trompe La Mort), Michael Jarrel (Bérénice) et Marc-André Dalbavie (Le Soulier de satin), d’après les textes respectifs de Balzac, Racine et Claudel.

Moses und Aron - ms Romeo Castellucci

Moses und Aron - ms Romeo Castellucci

Stéphane Lissner rend également un double hommage à Luc Bondy et Gerard Mortier en reprenant Yvonne, princesse de Bourgogne de Philippe Boesmans qui avait été créé sous le mandat du directeur flamand, et confie également une nouvelle production du Lear d’Aribert Reimann à Calixto Bieito.

Le retour de Kaija Saariaho avec la nouvelle création de Only the sound remains (dont la première mondiale eut lieu à Amsterdam en 2016) offre le seul ouvrage anglais contemporain sur la scène.

Ainsi, si le bilan de Stéphane Lissner sur le pur XXe siècle est bien plus modeste que ses prédécesseurs – il a programmé seulement 6 nouvelles productions contre 9 pour Nicolas Joel, 18 pour Gerard Mortier et 25 pour Hugues Gall -, il s’est en revanche montré fortement ouvert à la création en proposant 5 nouvelles productions du XXIe siècle, si l’on compte la production de 7 Deaths of Maria Callas de Marko Nikodijević et Marina Abramović qui sera reportée pour cause de pandémie.

Bérénice - Barbara Hannigan - ms Claus Guth

Bérénice - Barbara Hannigan - ms Claus Guth

6. L’Opéra français

C’est une surprise ! L’opéra français revient au même niveau de programmation que sous Hugues Gall et représente près de 25 % de la programmation, une spécificité de l’Opéra de Paris qui n’existe dans aucune autre maison internationale. Le choix et la répartition des compositeurs sont comparables entre les deux directeurs, la différence ne se faisant que sur l’orientation des metteurs en scène qui inscrivent à présent ces œuvres dans des univers plus proches de nous.

La vision renouvelée des Indes galantes de Rameau par Clément Cogitore et Bintou Dembélé, véritable incursion urbaine dans la musique baroque, enflamme l’opéra Bastille de façon totalement inattendue. La nouvelle production des Troyens de Berlioz par Dmitri Tcherniakov est monumentale en première partie, mais beaucoup plus psychologique dans son volet Carthaginois, et la Voix humaine de Poulenc par Krzysztof Warlikowski est magnifiée à deux reprises par deux grands chefs, Esa-Pekka Salonen et Ingo Metzmacher.

Camille Saint-Saëns reprend sa place sur la scène de l’Opéra de Paris avec Samson et Dalila mis en scène par Damiano Michieletto, et les nouvelles productions du Faust de Charles Gounod par Tobias Kratzer, de Carmen de Georges Bizet par Calixto Bieito, et de Manon de Jules Massenet par Vincent Huguet, effacent les ratages de l’ère Nicolas Joel sur ces mêmes ouvrages, ratages qui, s’ils n’avaient pas existé, auraient pu permettre d’investir autrement les moyens financiers vers des productions d’œuvres françaises qui attendent toujours pour revenir au répertoire telles Armide (Gluck), Roméo et Juliette (Gounod) ou Oedipus Rex (Stravinsky).

Deux œuvres de Maurice Ravel sont également reprises, L’enfant et les sortilèges et L’heure espagnole, cette dernière ayant confirmé le talent fou de Maxime Pascal à la direction d’orchestre.

Quant à Claude Debussy, la mise en scène de Robert Wilson pour Pelléas et Mélisande est régulièrement programmée depuis plus de vingt ans avec le même intérêt.

Mais Pascal Dusapin n’est plus joué à l’Opéra de Paris depuis Perelà, l’homme de fumée créé en 2003 sur la scène Bastille, ni Jean-Baptiste Lully depuis la résurrection d’Atys à la salle Favart sous le mandat de Jean-Louis Martinoty.

Manon - Pretty Yende et Benjamin Bernheim - ms Vincent Huguet

Manon - Pretty Yende et Benjamin Bernheim - ms Vincent Huguet

7. L’Opéra italien

A l’instar de Nicolas Joel, Stéphane Lissner consacre 50 % de sa programmation aux opéras en langue italienne, notamment en confiant 20 % de sa programmation aux œuvres de maturité de Giuseppe Verdi : Rigoletto, Il Trovatore, la Traviata, Simon Boccanegra, Un Ballo in Maschera, La Forza del Destino, Don Carlos, Don Carlo, Aida, Otello et Falstaff.

Dans une maison où Mozart et Puccini règnent en maître, cela permet à La Traviata d’être le seul opéra de Verdi à rejoindre les dix titres les plus joués, avancée tardive qui est assez originale pour une œuvre qui se déroule dans le milieu bourgeois parisien du milieu du XIXe siècle et que d’autres maisons internationales comme le MET ou le Royal Opera House Covent Garden placent devant tous les opéras de Mozart.

Les nouvelles productions d’opéras en langue italienne pleuvent au Palais Garnier : Il Primio Omicidio (Scarlatti) par Romeo Castelluci, Eliogabalo (Cavalli) par Thomas Jolly, Don Giovanni (Mozart) par Ivo van Hove, Cosi fan Tutte (Mozart) par Teresa de Keersmaeker, Don Pasquale (Donizetti) par Damiano Michieletto, La Cenerentola (Rossini) par Guillaume Gallienne, La Traviata (Verdi) par Simon Stone, tandis qu’à l’opéra Bastille Claus Guth propulse La Bohème (Puccini) dans l’espace. Puccini est d’ailleurs joué à plus juste proportion que sous Nicolas Joel et repasse sous la barre des 10 % de soirées dédiées.

Aux cotés d’Il Primio Omicidio et d’Eliogabalo, Don Pasquale, un opéra bouffe de Donizetti créé en 1843 à la salle Ventadour du Théâtre des Italiens situé à 500 m du Palais Garnier, apparaît sur la scène de l’Opéra pour la première fois, et est promis à une carrière aussi fulgurante que celle de L'Élixir d’Amour.

Et si Il Pirata de Bellini n’a pu faire son entrée au répertoire, même en version de concert, pour cause de grève, I Puritani est repris à Bastille dans la production de Laurent Pelly, seule production belcantiste que Stéphane Lissner reconduit afin de mettre en valeur la forte personnalité d’Elsa Dreisig. Ce répertoire traditionnel où la beauté de la technique vocale s’exerce au détriment de la théâtralité dramatique n’est véritablement pas celui qu’il privilégie sur scène, comme ce fut aussi le cas pour Rolf Liebermann, Pierre Bergé ou Gerard Mortier.

Il en va de même pour les ouvrages véristes qui ne sont représentés que par Cavalleria Rusticana, alors qu’Adriana Lecouvreur, reprise exclusivement pour Anna Netrebko, est annulée pour cause de pandémie.

Cependant, les contraintes budgétaires délicates dues aux grèves empêchent d’achever le nouveau cycle da Ponte/Mozart à Garnier, si bien que ce sera à Alexander Neef de créer une nouvelle production des Noces de Figaro dont l’absence au répertoire brille depuis le clash issu des différences de vues de Gerard Mortier et Nicolas Joel, le premier ayant déclassé la production de Strehler, et le second la production de Marthaler. L’une des conséquences est que La Bohème de Puccini a rejoint Les Noces de Figaro en tête des opéras les plus joués de la maison.

Naturellement, L’Élixir d’Amour est programmé trois fois à Bastille pour suppléer à ce manque, et si l'on y ajoute les séries de Don Pasquale et une reprise de Lucia di Lammermoor, qui peut être vue comme un écrin dédié à la finesse vocale de Pretty Yende, le mandat de Stéphane Lissner permet pour la première fois de faire rayonner l’esprit de Gaetano Donizetti sur plus de 5 % de l’ensemble des représentations.

Don Carlos - Elīna Garanča - ms Krzysztof Warlikowski

Don Carlos - Elīna Garanča - ms Krzysztof Warlikowski

8. L’Opéra allemand

En n’occupant que 15 % de la programmation, contre 25 % au cours du mandat de Nicolas Joel, l’opéra allemand atteint son niveau de représentativité le plus faible depuis l’ouverture de l’opéra Bastille.

Il est la principale victime de la prépondérance de l’opéra italien et de l’opéra français, et c’est surtout Richard Strauss qui en pâtit. Mais à défaut de pouvoir diriger l’un de ses compositeurs de prédilection, Philippe Jordan est totalement voué aux œuvres de Berlioz.

Toutefois, la rare Sancta Susanna de Paul Hindemith entre au répertoire, et un large espace est dorénavant ouvert à Richard Wagner pour lequel Philippe Jordan dirige toutes les productions : Lohengrin, Tristan und Isolde, Der Meistersinger von Nürnberg, Parsifal, et surtout le Ring dont seul l’enregistrement audio sera somptueusement restitué au public en période de couvre-feu grâce à la captation réalisée par l’équipe de production de France Musique à l’opéra Bastille et à l’auditorium de Radio France. Les décors de la production de Calixto Bieito ne sont pas perdus pour autant, car Alexander Neef compte programmer ce nouveau Ring de 2023 à 2026 pour célébrer les 150 ans de sa création.

La nouvelle production de Lear par Calixto Bieito permet aussi à Aribert Reimann de revenir au répertoire depuis le mandat de Bernard Lefort. Elle est même jouée une seconde fois à l’automne 2019.

Mais si Philippe Jordan célèbre en concert les 250 ans de la naissance de Beethoven en interprétant l’intégrale de ses symphonies, Fidelio ne revient pas à l’affiche pour autant.

Stéphane Lissner souhaitait également porter à la scène Die Soldaten de Bernd Alois Zimmermann, ce sera probablement son successeur qui en aura la tâche.

Lear - Annette Dasch et Bo Skovhus - ms Calixto Bieito

Lear - Annette Dasch et Bo Skovhus - ms Calixto Bieito

9. L’Opéra slave et hongrois

L’Opéra slave et hongrois a connu son âge d’or à l’Opéra de Paris sous le mandat de Gerard Mortier (2004-2009) qui lui avait consacré 20 % de sa programmation, tout en axant les 3/4 de ces œuvres sur le XXe siècle.

Stéphane Lissner n’a certes pas pu lui accorder une telle place, mais en le maintenant à un peu plus de 10 % de sa programmation et en lui réservant plus de 15 % des nouvelles productions, il est le second directeur à lui accorder autant d’importance depuis l’ouverture de l’opéra Bastille, une évocation de sa grand-mère russe orthodoxe.

Le nombre de nouvelles productions est en effet fort ambitieux : Le Chateau de Barbe-bleue (Bartok) et Lady Macbeth de Mzensk (Chostakovitch) par Krzysztof Warlikowski, Iolanta (Tchaikovski) et Snegourotchka (Rimski-Korsakov) par Dmitri Tcherniakov, Boris Goudonov (Moussorgki) par Ivo van Hove, Prince Igor (Borodine) par Barrie Kosky, De la Maison des Morts (Janacek) dans la production internationale de Patrice Chéreau, Stéphane Lissner remue même le couteau dans la plaie en affichant dans le programme 2020/2021 que l’entrée au répertoire de Jenufa (Janacek) en langue originale et mise en scène par Krzysztof Warlikowski est annulée en conséquence du mouvement de grève de l’hiver 2019/2020. Par ailleurs, la nouvelle production de La Dame de Pique (Tchaikovski) par Dmitri Tcherniakov ne peut être maintenue par Alexander Neef, contraint de recourir à des économies à cause de la pandémie mondiale et de reprendre l’ancienne production de Lev Dodin.

Rappelons simplement le fait que Nicolas Joel n’avait confié à ce répertoire aucune nouvelle production de tout son mandat.

Stéphane Lissner se permet même de sous-estimer le succès de la reprise de Rusalka (Dvorak) dans la production de Robert Carsen, en lui attribuant la tarification la moins élevée, alors qu’elle recevra un accueil dithyrambique. Ne manquait qu’une production de Sergueï Prokofiev ou d’Igor Stravinsky pour parfaire ce grand portrait de famille.

Prince Igor aura par ailleurs célébré les débuts de Philippe Jordan à la direction musicale d’un opéra russe.

Snegourotchka - ms Dmitri Tcherniakov

Snegourotchka - ms Dmitri Tcherniakov

10. Les reprises et nouvelles productions

Alors que sur les trois premières années de son mandat Stéphane Lissner avait réussi à produire ou coproduire 9 nouveaux spectacles lyriques par an, ce rythme a été ramené à 7 nouvelles productions par an sur les trois dernières années, soit une moyenne de 8 nouvelles productions chaque année.

C’est un exploit dans un contexte où la subvention ne représente plus que 45 % de son budget, alors que la préparation du Ring monopolise une grande partie des ressources humaines et financières lors des dernières saisons.

Toutefois, 60 % de ces nouvelles productions concernent des œuvres jouées au cours des 20 dernières années, alors que ses prédécesseurs ne consacraient que 45 % de leurs nouvelles productions à des œuvres reprises récemment, ce qui explique en partie le fait qu’il n’y ait eu qu’une douzaine d’entrées au répertoire – dont 3 créations mondiales - contre une vingtaine pour ses prédécesseurs.

Et avec 30 nouvelles productions d’œuvres issues du seul XIXe siècle, en incluant les 4 productions du Ring qui sera joué ultérieurement, il en a donc réalisé autant qu’Hugues Gall sur une période de 9 ans.

Lady Macbeth de Mzensk - Aušrinė Stundytė - ms Krzysztof Warlikowski

Lady Macbeth de Mzensk - Aušrinė Stundytė - ms Krzysztof Warlikowski

Conscient que le public de l’Opéra de Paris est plus un public de spectacles que de voix, ce qui se retrouve aussi dans les analyses de la presse musicale française, Stéphane Lissner a de fait considérablement remodelé le visage des productions du répertoire en faisant appel à de grands metteurs en scène de théâtre internationaux, Krzysztof Warlikowski, Romeo Castellucci, Guy Cassiers, Calixto Bieito, Dmitri Tcherniakov, Simon Stone, Ivo van Hove, Claus Guth, Damiano Michieletto, Tobias Kratzer, Barrie Kosky, Lotte de Beer, mais aussi des metteurs en scène de théâtre nationaux comme Thomas Jolly, Vincent Huguet, Stanislas Nordey ou Guillaume Gallienne. Et beaucoup ont fait appel à des technologies poussées aussi bien dans la conception des décors que dans l’emploi généralisé de la vidéo.

De fait, son successeur aura moins besoin de renouveler les productions des grandes œuvres de répertoire et devrait se concentrer sur les œuvres moins souvent représentées.

Mais fait mystérieux, Olivier Py, qui était entré à l’Opéra de Paris avec une nouvelle production du Rake’s Progress de Stravinsky au temps de Gerard Mortier, et auquel Nicolas Joel avait confié Alceste (Gluck), Aida (Verdi) et Mathis der Maler (Hindemith), s’est trouvé totalement mis à la marge, si bien que même sa production d’Aida sera prématurément remplacée par celle de Lotte de Beer qui va pourtant choisir un angle de vue relativement proche en se référant à l’époque de création de l’ouvrage en plein mouvement de colonisation européenne.

Stéphane Lissner a donc repris 31 spectacles de ses prédécesseurs, en incluant les productions du Barbier de Séville par Damiano Michieletto et de Tosca par Pierre Audi créées par lui même lors du remaniement de la dernière saison de Nicolas Joel, et il a montré un étonnant sens de l’équilibre dans le choix de ces reprises : 2 productions de Pierre Bergé (Madame Butterfly par Robert Wilson et Lucia di Lammermoor par Andrei Serban), 12 productions d’Hugues Gall, 8 productions de Gerard Mortier, et 9 spectacles issus du mandat de Nicolas Joel.

Les Troyens - ms Dmitri Tcherniakov

Les Troyens - ms Dmitri Tcherniakov

En revanche, il a nettement surexploité certains titres du répertoire pour la plupart renouvelés scéniquement sous son mandat, au risque de ne plus arriver à atteindre une fréquentation supérieure à 90 %, ce qui fut le cas pour les séries trop longues d’Il Trovatore, de Boris Godounov ou de La Veuve Voyeuse. Ainsi, si Gerard Mortier et Nicolas Joel vouaient 50 % des représentations à 25 ouvrages, Stéphane Lissner a consacré près de 60 % des représentations à 25 opéras parmi les plus joués, si bien qu’il y eut 60 représentations de La Traviata réparties sur 5 séries selon deux productions différentes, 60 représentations de Carmen sur 4 séries, et 8 autres opéras furent repris 3 fois : La Flûte enchantée, Rigoletto, Il Trovatore, Tosca, Don Giovanni, Cosi fan tutte, Le Barbier de Séville, L’Élixir d’amour. Était-ce la conséquence d’une logique financière visant à accroître le solde de production de ces spectacles?

Une étude du répertoire passé montre finalement que pour optimiser la fréquentation d’une programmation comprenant 20 titres par saison sur 6 ans, il est préférable de réserver la moitié des représentations à 25 ouvrages, qui seront joués et repris chacun sur un total 15 à 40 représentations, et de programmer 60 autres titres sur une seule série de 6 à 12 représentations pour couvrir l’autre moitié des représentations, soit un total de 85 œuvres lyriques différentes présentées sur 6 ans au cours de 1100 soirées.

Stéphane Lissner - Conférence au Collège de France

Stéphane Lissner - Conférence au Collège de France

11. Les artistes invités à l’Opéra de Paris

Chaque saison, ce sont plus de 170 chanteurs et une vingtaine de chefs d’orchestre qui sont invités pour interpréter les ouvrages lyriques programmés dans les deux grandes salles de l’Opéra de Paris.

Les grandes stars internationales habituées de la scène parisienne depuis plus de 10 ans ont continué à se produire. Jonas Kaufmann, qui a fait ses débuts à Bastille en Cassio lors de la dernière saison d’Hugues Gall, est devenu un coutumier de l’Opéra de Paris à travers les nouvelles productions de La Damnation de Faust, Lohengrin, Don Carlos et Aida, Roberto Alagna fut présent chaque saison pour Carmen, Otello, Don Carlo, La Traviata, Il Trovatore et L’Elixir d’Amour, et Ludovic Tézier s’est principalement engagé dans les ouvrages verdiens, Rigoletto, Il Trovatore, Don Carlo, Simon Boccanegra, La Traviata , Aida, auxquels s’ajoute son incarnation de Lescaut dans Manon de Massenet.

Anna Netrebko est apparue à deux reprises dans Il Trovatore et Eugène Onéguine, Sonya Yoncheva dans Iolanta, La Traviata et Don Carlos, Sondra Radvanovsky dans Il Trovatore, Un Ballo in Maschera et Aida , Ildar Abdrazakov dans Carmen, Boris Godounov, Don Carlo et Prince Igor, et René Pape, après ses interprétations du Roi Marke et de Philippe II données au tournant des années 2000, est revenu régulièrement dans La Flûte Enchantée, Lohengrin, Don Carlo et Tristan und Isolde.

Il Trovatore (Version de Concert) - Sondra Radvanovsky

Il Trovatore (Version de Concert) - Sondra Radvanovsky

On doit aussi à Stéphane Lissner l’apparition pour la première fois sur la scène de l’Opéra de Paris de grands artistes internationalement reconnus ou en plein épanouissement vocal.

Furent ainsi accueillis Ian Bostridge (Jephtha), Franco Fagioli (Eliogabalo), Philippe Jaroussky (Only the sounds Remains), Barbara Hannigan (La Voix Humaine, Bérénice), Brandon Jovanovitch (Die Meistesinger von Nürnberg, Les Troyens), Johanne Martin Kränzle (Wozzeck), Aleksandra Kurzak (L’Elisir d’amour, Carmen, La Clémence de Titus, Falstaff, Otello, La Traviata, Don Carlo), Anita Rachvelishvili (Aida, Carmen, Samson et Dalila, Il Trovatore, Carmen, Don Carlo, Prince Igor), Ekaterina Semenchuk (Il Trovatore, les Troyens), Pretty Yende (Le Barbier de Séville, Lucia di Lammermoor, Benvenuto Cellini, Don Pasquale, Manon, La Traviata), Evelyn Herlitzius (Lohengrin), Anja Kampe (Parsifal), Andreas Schager (Parsifal, Siegfried, Tristan und Isolde), Michael Spyres (La Clémence de Titus), Marina Rebeka (La Traviata), Ksenia Dudnikova (Carmen, Aida), Ausrine Stundyte (Lady Macbeth de Mzensk), Peter Hoare (De La Maison des Morts).

Par ailleurs, les jeunes chanteurs francophones ont été avantageusement mis en valeur, Benjamin Bernheim (Capriccio, La Bohème, La Traviata, Manon, Faust), Étienne Dupuis (Iphigénie en Tauride, Don Giovanni, L’Élixir d’Amour, Don Carlo, Pelléas et Mélisande), mais également Stanislas de Barbeyrac, Florian Sempey, Sabine Devieilhe, Cyrille Dubois, Alexandre Duhamel, Julie Fuchs, Jodie Devos, Mathias Vidal, Philippe Sly, Vannina Santonni ou Michèle Losier.

Ildar Abdrazakov - Boris Godounov - ms Ivo van Hove

Ildar Abdrazakov - Boris Godounov - ms Ivo van Hove

Et parmi les chefs d’orchestres invités vinrent pour la première fois à l’Opéra de Paris René Jacobs (Il Primio Omicidio), Leonardo Garcia Alarcon (Eliogabalo, Les Indes Galantes), Daniele Rustioni (Butterfly, Rigoletto), Mikhael Tatarnikov (Snegourotchka) et Gustavo Dudamel (La Bohème).

Il y eut aussi de grands retours à commencer par Esa Pekka Salonen dans Le Château de Barbe-Bleue, 10 ans après l’annulation de la première d’Adriana Mater par un mouvement de grève qui l’avait dissuadé de revenir, William Christie dans Jephtha, 11 ans après L'Allegro, Il Penseroso ed Il Moderato, Ingo Metzmacher dans Capriccio, 19 ans après Katia Kabanova, et Donato Renzetti dans L’Elixir d’Amour, 31 ans après son interprétation de Jérusalem jouée sous le court mandat de Massimo Bogianckino.

D’autres grands chefs dirigèrent régulièrement de grandes productions de répertoire, Michele Mariotti, Dan Ettinger, Riccardo Frizza, Suzanna Malkii, Michael Schonwandt – grand souvenir du regard émerveillé de Philippe Jordan à l’entracte lors de la reprise d’Ariane à Naxos par le chef danois -, et un jeune chef français, Maxime Pascal, fit sensation dans la reprise de L’Heure espagnole/Gianni Schicchi.

Les Indes Galantes - ms Clément Cogitore et Bintou Dembélé

Les Indes Galantes - ms Clément Cogitore et Bintou Dembélé

12. L’Opéra de Paris, une machine productive puissante malgré la baisse des aides publiques

Avec 195 représentations par saison rien que pour le lyrique, Stéphane Lissner est le directeur qui aura porté le rythme de représentations de l’Opéra de Paris à son plus haut niveau de toute son histoire, tout en ayant bénéficié de la part de subvention la plus faible et sans avoir augmenté le prix moyen des billets d’opéra sur toute la durée de son mandat (en 2021, à Bastille, la part des places de prix inférieurs à 60, 90, 120 et 180 euros représentaient respectivement 16 %, 30 %, 44 % et 78 % du total, alors qu’elle était de 15 %,27 %, 43 % et 79 % en 2014).

Le niveau de la billetterie annuelle a ainsi atteint un record historique de 75 millions d’euros (35 % du budget) en 2017.
Toutefois, ce fonctionnement poussé aux limites a laissé entrevoir qu’il commençait à affecter la fréquentation de Bastille lorsqu’elle passa pour la première fois sous la barre des 90 % en 2018 - avec un taux de 88 % - , baisse qui fut toutefois compensée par une fréquentation exceptionnelle de 99 % dans la même salle pour le ballet classique.

Il est cependant dommage que l’institution n’ait pas publié dans son dernier rapport les données de fréquentation de l’année 2019, hors jours de grève, car elle était bien partie pour atteindre un nouveau record, le directeur général adjoint Jean-Philippe Thiellay ayant annoncé un résultat positif de 4 à 5 millions d’euros avant l’impact des grèves de décembre. Mais il n’existe plus de marge de manœuvre pour augmenter les prix des places à l’avenir au risque de ne plus arriver à remplir les salles et de réduire encore leur accessibilité.

Et malgré le volontarisme affiché, certains projets de Stéphane Lissner n‘ont pu aboutir, Le Turc en Italie, Macbeth, Guerre et Paix, Billy Budd (dans la production de Deborah Warner qui fut primée en 2018), ainsi que Les Noces de Figaro, Jenufa et La Dame de Pique pour des raisons budgétaires liées aux grèves et à la pandémie, ce qui l’a amené à proposer des durées de séries parfois trop longues pour les grandes œuvres du répertoire.

La Bohème - Nicole Car - ms Claus Guth

La Bohème - Nicole Car - ms Claus Guth

Dans une maison en surchauffe, un équilibre aussi fragile a pu être préservé grâce à l’accroissement du mécénat de 12 à 19 millions d’euros par an, mais également grâce à l’augmentation substantielle des activités commerciales qui sont passées de 18 à 25 millions d’euros par an.

Et bien que le mouvement de grève et la diffusion de la pandémie eurent pour conséquence d’annuler le dernier quart de sa programmation, la plupart des dernières nouvelles productions commandées par Stéphane Lissner (Der Ring Des Nibelungen, Aida, Faust et Le Soulier de satin) ont été menées à terme et seront présentées au public par son successeur au cours des saisons futures.

Avec un bilan véritablement positif pour les jeunes (les jeunes de moins de 28 ans ont représenté 17 % du public), Stéphane Lissner a affiché 3 fois plus de soirées d’œuvres du XIXe siècle que d’ouvrages plus récents – ce qui est la proportion observée au MET de New-York -, ce qui a rendu une coloration fortement romantique à sa programmation.

Cette logique pourrait paraître conservatrice si elle ne s’était accompagnée d’une rénovation en profondeur des grandes œuvres du répertoire, qui passèrent dans les mains de metteurs en scène recherchant des approches et des points de vue moins traditionnels, et si elle n’avait fourni un excellent soutien aux œuvres du XXIe siècle.

L’Opéra de Paris bénéficie ainsi de l’effacement des erreurs scéniques commises sur plusieurs ouvrages français par son prédécesseur, Nicolas Joel, et le répertoire slave se trouve également étoffé de nouvelles productions et de 3 entrées ou de retour durables au répertoire (diptyque Iolanta/Casse-Noisette, Snegourotchka, Prince Igor).

Moses und Aron par Romeo Castellucci, Don Carlos et Lady Macbeth de Mzensk par Krzysztof Warlikowski, Iolanta/Casse-Noisette et Les Troyens par Dmitri Tcherniakov, Les Indes Galantes par Clément Cogitore et Bintu Dembélé font partie des spectacles les plus mémorables de cette période.

Iolanta - Sonya Yoncheva - ms Dmitri Tcherniakov

Iolanta - Sonya Yoncheva - ms Dmitri Tcherniakov

Un seul regret, la nouvelle production de Parsifal par Richard Jones – le futur metteur en scène du Ring au Coliseum de Londres et au MET de New-York - ne s’est pas hissée à la hauteur de celle de Krzysztof Warlikowski (2008) prématurément détruite par Nicolas Joel.

Stéphane Lissner, lors de son audition au Sénat le 15 juillet 2020, a malgré tout bien fait comprendre qu’avec une subvention ne couvrant que partiellement les frais de personnel le modèle économique de l’Opéra de Paris ne supportera pas dans le futur des crises sociales ou des crises sanitaires comme celles qu’il a traversé en 2020, bien qu’en comparaison avec les autres établissements internationaux l’institution se défende très bien au niveau de sa gestion avec ses 1480 postes fixes et 300 postes intermittents qui assurent le fonctionnement de ses deux théâtres de 4700 places au total, de son école de danse à Nanterre et de ses ateliers à Berthier.

A titre d’exemple, le Metropolitan Opera de New-York emploie 3000 salariés, soit près du double de l’Opéra de Paris, pour un budget 20 % supérieur seulement (300 millions de dollars, soit 250 millions d’euros).

Prince Igor - Anita Rachvelishvili, Elena Stikhina - ms Barrie Kosky - dm Philippe Jordan

Prince Igor - Anita Rachvelishvili, Elena Stikhina - ms Barrie Kosky - dm Philippe Jordan

13. L’Opéra de Paris après la pandémie

La nomination d’Alexander Neef à la direction de l’Opéra de Paris est un signe que l’ambition internationale de l’Opéra de Paris va s'intensifier. Sa première saison qui vient d’être dévoilée, et qui est partiellement un héritage de la dernière saison de Stéphane Lissner du fait de son report à cause de la pandémie, laisse penser qu’il va poursuivre l’ouverture aux grands metteurs en scène mais en étendant son vivier artistique au monde anglophone y compris dans le choix des ouvrages.

Sans doute allons nous observer un meilleur équilibre entre les différentes périodes représentatives de l’histoire de l’opéra, une continuité dans la mise en avant du répertoire français et un nouvel élargissement à des œuvres moins souvent jouées, tout en conservant un rythme de production soutenu. L'équation économique, elle, sera complexe à résoudre, on sait qu'elle passera aussi par une amélioration du système de protection des artistes, et les premiers signes fortement positifs qui proviennent des publics de tous bords semblent de bon augure pour la suite.

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Publié le 3 Mai 2021

Parsifal (Richard Wagner – 1882)
Représentation du 18 avril 2021 retransmise en direct sur Arte Concert
Opéra d’État de Vienne

Kundry Elina Garanča
Parsifal Jonas Kaufmann
Parsifal (rôle muet) Nikolay Sidorenko
Amfortas Ludovic Tézier
Gurnemanz Georg Zeppenfeld
Klingsor Wolfgang Koch
Titurel Stefan Cerny

Direction musicale Philippe Jordan
Mise en scène Kirill Serebrennikov (2021)
Co-metteur en scène Evgeny Kulagin
Dramaturgie Sergio Morabito
Nouvelle production    

Le compte-rendu ci-dessous est celui de la diffusion sur Arte Concert de la représentation de Parsifal jouée à l’Opéra de Vienne le dimanche 18 avril 2021 et ne saurait donc être celui de la représentation telle qu’elle pouvait être vécue en salle.

Pour sa première saison à la direction musicale de l’Opéra de Vienne, qui est aussi la première saison de son nouvel intendant profondément rénovateur, Bogdan Roščić, nous retrouvons Philippe Jordan, quelques mois après son interprétation mémorable de l’Anneau du Nibelung à l’Opéra de Paris, pour ses débuts wagnériens dans sa nouvelle résidence autrichienne dont il était jusqu’à présent un invité régulier pendant 20 ans depuis ses premières représentations de La Veuve Joyeuse jouées au mois d’août 1999 alors qu’il n’avait pas encore 25 ans.

Jonas Kaufmann (Parsifal)

Jonas Kaufmann (Parsifal)

Cette nouvelle production de Parsifal est l’aboutissement d’un travail de maturation sur l’ultime chef-d’œuvre de Richard Wagner qu’il entreprit au Festival de Bayreuth en 2012, dans la mise en scène inoubliable de Stefan Herheim, et s’enrichit à l’opéra Bastille en 2018.

Il est cette fois associé au metteur en scène Kirill Serebrennikov dont la mairie de Moscou vient de mettre un terme à plus de 8 ans de créations au Gogol Center, sa notoriété et son trop grand esprit d’ouverture étant mal vus du pouvoir.

L’environnement de ce nouveau Parsifal ne se déroule pas dans une forêt ombreuse et sévère, mais dans un lieu encore plus fermé, une prison, où vit recluse une communauté de prisonniers, ce qui fait de la confrérie un regroupement de criminels, et non pas de « cœurs pur s».

Cette prison réaliste est surmontée de trois écrans qui renforcent le visuel de scènes filmées pour la plupart en noir et blanc, et présentent aussi bien de forts beaux portraits individualisés sur la condition de ces prisonniers qu’une séquence mélancolique autour d’un vieil édifice religieux en ruine – serait-ce l’illustration d’un monde où la religion a perdu sa valeur sacrée ? - et d’une scène bien précise qui concerne la jeunesse de Parsifal.

Choristes et acteurs incarnent ces êtres aux regards endurcis, et Gurnemanz leur prodigue bienveillance par son habileté à faire de leur corps une œuvre d’art en leur tatouant des symboles religieux ou mythologiques. Le dessin stylisé d’une lance se love au creux de leur colonne vertébrale comme s’ils voulaient imprimer la marque d’une virilité dorénavant limogée par la perte de liberté.

Georg Zeppenfeld (Gurnemanz)

Georg Zeppenfeld (Gurnemanz)

Georg Zeppenfeld offre à Gurnemanz une stature de grand sage au discours bien marqué, directement adressé au cœur de l’auditeur, avec un timbre de voix de bronze clair très aéré, un jeu naturel et humain qui rend sa personnalité accessible et fort sympathique.

Dans cet univers où les gardiens contrôlent faits et gestes des prisonniers, le metteur en scène fait intervenir Parsifal sous les traits d’un jeune acteur, Nikolay Sidorenko, alors que Jonas Kaufmann représente le Parsifal plus âgé et mûr qui revit son passé et qui intervient dans l’action en tant que conscience aboutie pour tenter de réveiller, au sens spirituel du terme, son double plus jeune, mais que ce dernier n’écoute pas. Par ce jeu d’alternance passionnant, on pourrait presque croire à cette possibilité que, dans la vie, la voix intérieure qui cherche à nous raisonner serait celle de notre être futur.

Parsifal est ici présenté comme le meurtrier d’un jeune homme albinos, au dos tatoué de deux ailes de cygne, dont il rejette l’attirance sexuelle, et il rejoint donc de force cette communauté maudite. Kundry, elle, est une photographe enrôlée par une revue de mannequins, « Schloss », qui travaille pour le compte de Klingsor afin de mettre en valeur la beauté des modèles masculins, une métaphore de son obsession pour ses propres désirs sexuels.

Au fur et à mesure, le premier acte semble être un concentré de plusieurs ouvrages lyriques se déroulant dans des lieux durs, De La maison des morts, Fidelio ou Billy Budd, et une nette composante homo-érotique teinte les différents tableaux animés avec une précision et un réalisme fascinants.

Nikolay Sidorenko et Elina Garanča (Kundry)

Nikolay Sidorenko et Elina Garanča (Kundry)

Amfortas est introduit dans ce milieu par deux gardiens, et l’existence d’un passé trouble qui le lie à Kundry est montré par des jeux de regards et d’évitements.

Kirill Serebrennikov ne choisit cependant pas de représenter la moindre cérémonie du Graal, car la voix de Titurel est une voix intérieure culpabilisante, une voix des ancêtres qui prend le contrôle à distance d’Amfortas au point de le rendre fou et suicidaire. Pas de simulacre de Passion du Christ, car ce serait représenter une forme d’assassinat sous le regard de la communauté, mais une scène où les gardiens découvrent les objets envoyés aux prisonniers qui sont leur seul lien avec le monde extérieur. Par cette séquence, le désir de liberté fait office de Graal, et le début d’un sentiment de compassion de la part de Parsifal apparaît pour soutenir Amfortas dans ce moment de désespoir. Le metteur en scène humanise de fait la condition des pensionnaires et dénonce l’outrage intrusif de leurs gardiens. La scène se politise.

Ludovic Tézier est absolument phénoménal non seulement par la solidité affectée de son chant incisif, d’une belle homogénéité de timbre, austère et stable dans les aigus, véhément dans les moments de douleur mais toujours un peu adouci, mais aussi de par son niveau d’incarnation poignant, les sentiments torturés qu’il dessine sur son visage, et qu’il exprime si justement avec tout son corps tout en en préservant l’intériorité, atteignent en effet un niveau de vérité saisissant chez un chanteur qui est habituellement plus réservé scéniquement.

Ludovic Tézier (Amfortas)

Ludovic Tézier (Amfortas)

On pourrait trouver sinistre ces coloris gris et ces barreaux situés à tous les étages, et pourtant l’insertion de la vidéographie et de quelques effets poétiques dégage une beauté d’ensemble que la musique ne fait que magnifier.

Car Philippe Jordan est merveilleux de profondeur et de bienveillance grave, l’orchestre de l’opéra de Vienne le suit dans cet impressionnant écoulement noir aux mouvements finement sinueux et illuminés par les frémissements des cordes sur lequel luit le métal polis des cuivres. Et les palpitements des bois si perceptiblement rehaussés ajoutent une impression de surnaturel et d’effets magiques. Il faut enfin entendre comment les panaches orchestraux s’épanouissent sur le chant de Ludovic Tézier, une magnificence sonore qui pourrait presque suggérer un goût prononcé pour le prestige des soieries orientales.

La transition avec le second acte se met finalement en place, et c’est Kundry qui chante les quelques mesures de la voix d’alto « Il a vu souffrir. Il sait, il est l’innocent ! », alors qu’elle s’approche pour photographier le jeune Parsifal qui commence à poser sensuellement pour elle.

Wolfgang Koch (Klingsor)

Wolfgang Koch (Klingsor)

Après une ouverture exposée avec une grande charge énergique, fluide et émaillée d’éclats métalliques épiques mais discrets, le second acte s’ouvre sur l’une des salles du lieu où œuvre Klingsor – Wolfgang Koch est génialement crédible en directeur louche -, magnat du milieu de la mode masculine pour lequel travaille Kundry superbement interprétée par Elina Garanča. Son personnage de femme d’affaire dominante à la belle chevelure d’argent, « la crinière au vent » décrite au début de l’opéra, est aussi masculine que le jeune Parsifal venu la rejoindre est androgyne. Il y a chez elle une beauté extraordinaire à faire vivre aussi violemment un être avec un tel cœur qui rend si vrai tout ce qu’elle exprime, la fausse assurance, le désir de feu pour le corps du jeune homme, la fureur de la possession, les sentiments contradictoires qui font pleurer son visage.

Et quelle ampleur vocale! un luxueux galbe entêtant aux aigus glamour pleinement éclatants, une incarnation véritablement sensationnelle qui montre comment son travail avec des metteurs en scène modernes lui permet d’extérioriser ce que l’on pourrait penser être de véritables aspects de sa personnalité. Car sinon, comment expliquer un tel niveau de personnification qui va au-delà de ce que l’opéra peut produire habituellement ?

Elina Garanča (Kundry)

Elina Garanča (Kundry)

Si le corps d’éphèbe imberbe du jeune acteur Nikolay Sidorenko est dans cet acte pleinement exploité, les filles fleurs sont des assistantes ou des groupies en extase devant lui, et Jonas Kaufmann intervient dans l’action et se substitue parfois à son double. Mais lui aussi semble à son summum vocal comme peut-être on ne l’a plus entendu ainsi depuis son Werther à l’Opéra Bastille en 2010. Il incarne la sagesse, l’impuissance à changer le cours des choses – sauf au dernier moment -, et il chante cela avec ce timbre doucereusement ombré si distinctif auquel il donner corps avec une prévalence dramatique poignante. Et il joue avec une précision attachante et miraculeuse.

A travers l’apparition de trois vieilles femmes, les aïeules, Kirill Serebrennikov matérialise la culpabilité qui pèse sur le jeune Parsifal. Le détournement de la religion au cœur de cette agence est montré à partir d’une croix stylisée et luminescente utilisée pour la confondre avec la symbolique érotique du jeune Parsifal (c'est ce dernier qui déplace la croix pour poser devant elle, et on peut voir d'ailleurs, au début du IIIe acte, Kundry tenant un Christ dénudé en croix).

Jonas Kaufmann (Parsifal) et Nikolay Sidorenko

Jonas Kaufmann (Parsifal) et Nikolay Sidorenko

Mais le coup de génie scénique se présente lorsque Kundry se saisit d’une arme à feu pour menacer sa victime, est tentée de la pointer vers elle même sous l’emprise de ses propres pulsions de mort, puis, au point culminant, ne peut résister au regard déterminé du Parsifal de Jonas Kaufmann qui se trouve suffisamment persuasif pour que Kundry retourne l’arme contre Klingsor, une stupéfiante matérialisation de la lance se retournant contre son porteur.

A nouveau, les magnificences orchestrales subliment le chant de ces grands artistes charismatiques et font de cet acte un envoûtant moment d’hystérisation des désirs humains.

Nikolay Sidorenko, Elina Garanča (Kundry) et Jonas Kaufmann (Parsifal)

Nikolay Sidorenko, Elina Garanča (Kundry) et Jonas Kaufmann (Parsifal)

Le dernier acte revient dans une salle commune de la communauté carcérale alors que la filmographie montre le jeune Parsifal errant dans les ruines du vieux temple à la recherche probable d’un sens à son existence, le début possible d’une nouvelle spiritualité. Kundry est déchue et a rejoint le sort des prisonniers. Elle ne supporte pas les petites servantes qui sont le contraire de ce qu’elle a toujours été mais avec qui, petit à petit, elle va apprendre à prendre soin de l’autre.
L’orchestre est d’une onctuosité somptueuse à l’arrivée de Parsifal, et on a envie de croire que les accents cuivrés qui fusent de la musique sont issus du travail d’orfèvre réalisé par Philippe Jordan sur l’Anneau du Nibelung à l’Opéra de Paris.

La simplicité poétique de Jonas Kaufmann et la bonté confondante du chant de Georg Zeppenfeld épousent la finesse diaphane et scintillante de l’orchestre alors que le Parsifal mature est dorénavant devenu un autre homme, sacralisé par les servantes.

Philippe Jordan

Philippe Jordan

Le travail de fusion des timbres assombrit les couleurs dans un continuum puissant pour annoncer l’arrivée des prisonniers et le double cortège qui dégénère en rixe, avant qu’Amfortas ne paraisse avec une urne funéraire à la main qui symbolise enfin sa libération du poids du passé.

Chacun des protagonistes accède à une paix intérieure, et même Kundry retrouve dans un bref instant un regard apaisé face au souvenir du Parsifal jeune qu’elle embrasse plus tendrement que par faim pour enfin se tourner vers Amfortas et éprouver compassion pour lui.

La rédemption par le rédempteur sonne comme une libération de ceux qui ont su se libérer d’eux-mêmes.

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Publié le 30 Avril 2021

TV-Web Mai 2021 Lyrique et Musique

Chaînes publiques

Dimanche 02 mai 2021 sur Arte à 18h55
Daniil Trifonov interprète Mozart - Concerto pour piano n°25

Lundi 03 mai 2021 sur Arte à 01h00
Daniel Hope & Friends on Tour

Lundi 03 mai 2021 sur Arte à 01h45
Indigo (Kivilaakso, Toppinen) - Opéra national de Helsinki - dm Jaakko Kuusisto - ms Vilppu Kiljunen

Mardi 04 mai 2021 sur Culturebox (Canal 14) à 21h05
Don Carlo (Verdi) - Opéra national du Rhin - dm Callegari - ms Carsen

Van den Heever, Carè, Milling, Christoyannis

Lundi 03 mai 2021 sur Arte à 03h50
Astor Piazzolla, tango nuevo

Dimanche 09 mai 2021 sur Arte à 18h55
Sabine Meyer et sa clarinette - "Concerto pour clarinette et orchestre" de Mozart

Lundi 10 mai 2021 sur Arte à 00h20
La Rose blanche - En différé de la Staatsoper de Hambourg, un hommage lyrique et graphique à Sophie Scholl

Dimanche 16 mai 2021 sur Arte à 18h55
Riccardo Chailly dirige le "Boléro" de Ravel

Lundi 17 mai 2021 sur Arte à 03h50
Daniel Hope & Friends on Tour

Dimanche 23 mai 2021 sur Arte à 18h55
Bach, Franck, Hanson, Messiaen, Rodgers et Hammerstein

Dimanche 30 mai 2021 sur Arte à 17h30
La Folle Journée de Nantes : De Bach à Mozart.

 

Mezzo et Mezzo HD

Samedi 01 mai 2021 sur Mezzo à 20h30
Luisa Miller de Verdi au Metropolitan Opera

Dimanche 02 mai 2021 sur Mezzo HD à 21h00
Boris Godounov de Moussorgski au Théâtre Bolchoï de Moscou

Lundi 03 mai 2021 sur Mezzo HD à 20h30
'Didon et Enée' de Purcell au Grand Théâtre de Genève

Mercredi 05 mai 2021 sur Mezzo à 20h30
Wozzeck d'Alban Berg au Nationale Opera d'Amsterdam

Vendredi 07 mai 2021 sur Mezzo HD à 21h00
Sadko de Rimski-Korsakov au Bolchoï de Moscou

Samedi 08 mai 2021 sur Mezzo à 20h30
Vanessa de Samuel Barber, Festival de Glyndebourne

Dimanche 09 mai 2021 sur Mezzo HD à 21h00
Un bal masqué de Verdi au Liceu de Barcelone

Mercredi 12 mai 2021 sur Mezzo à 20h30
Il Giasone de Cavalli au Grand Théâtre de Genève

Vendredi 14 mai 2021 sur Mezzo HD à 21h00
La Traviata de Verdi au Liceu de Barcelone

Samedi 15 mai 2021 sur Mezzo à 20h30
'Didon et Enée' de Purcell au Grand Théâtre de Genève

Samedi 15 mai 2021 sur Mezzo à 22h10
Perséphone de Stravinsky au Teatro Real de Madrid

Dimanche 16 mai 2021 sur Mezzo HD à 21h00
Sadko de Rimski-Korsakov au Bolchoï de Moscou

Mercredi 19 mai 2021 sur Mezzo à 20h30
Semiramide de Gioachino Rossini, Teatro La Fenice

Vendredi 21 mai 2021 sur Mezzo HD à 21h00
Les Noces de Figaro de Mozart au Staatsoper Berlin

Samedi 22 mai 2021 sur Mezzo à 20h30
Tosca de Puccini au Festival d'Aix-en-Provence

Dimanche 23 mai 2021 sur Mezzo à 20h30
Penthesilea de Dusapin à la Philharmonie de Paris

Dimanche 23 mai 2021 sur Mezzo HD à 21h00
La Traviata de Verdi au Liceu de Barcelone

Mercredi 26 mai 2021 sur Mezzo à 20h30
'La Barbier de Séville' de Rossini à La Fenice de Venise

Vendredi 28 mai 2021 sur Mezzo HD à 21h00
'Le Tour d'écrou' de Benjamin Britten à la Monnaie de Bruxelles

Samedi 29 mai 2021 sur Mezzo à 20h30
Boris Godounov de Moussorgski au Théâtre Bolchoï de Moscou

Dimanche 30 mai 2021 sur Mezzo HD à 21h00
Madama Butterfly de Giacomo Puccini au Festival de Glyndebourne

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Operavision, Culturebox, Arte Concert etc...

                               Mai 2021

Prima Donna (Royal Swedish Opera) jusqu'au 05 mai 2021

Straus & Strauss & co (Gärtnerplatztheater Munich) jusqu'au 06 mai 2021

Indigo (Opéra national d'Helsinki) jusqu'au 08 mai 2021

Alexander Neef (Passage des Arts - France 5) jusqu'au 09 mai 2021

Carmen (Staatsoper Hannover) jusqu'au 10 mai 2021

Hippolyte et Aricie (Opéra Comique) jusqu'au 13 mai 2021

Concert de fête (Opéra de Prague) jusqu'au 13 mai 2021

La Traviata (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 14 mai 2021

Winterreise (Opéra de Zurich jusqu'au 14 mai 2021

Sonya Yoncheva et Vittorio Grigolo (Arènes de Vérone) jusqu'au 14 mai 2021

Le Requiem de Mozart par Bartabas (Manège des rochers de Salzbourg) jusqu'au 17 mai 2021

Thamos - La Fura Dels Baus (Festival de Salzbourg) jusqu'au 24 mai 2021

Penthesilea (Philharmonie de Paris) jusqu'au 26 mai 2021

Renaud Capuçon & Friends jouent "Les Métamorphoses" (Philharmonie de Paris) jusqu'au 27 mai 2021

Kirsten Flagstad Jubilee Concert (Den Norske Opera & Ballett) jusqu'au 28 mai 2021

Elina Garanca et Juan Diego Florez (Festival de Salzburg) jusqu'au 28 mai 2021

Giotto Solo de Carolyn Carlson au Panthéon jusqu'au 30 mai 2021

Maria de Buenos Aires (Opéra national du Rhin) jusqu'au 31 mai 2021

                               Juin 2021

Don Giovanni (Gran Teatre del Liceu) jusqu'au 04 juin 2021

La Flûte enchantée (Opéra Royal de Versailles) jusqu'au 04 juin 2021

A simple piece (Deutsch Oper am Rhein jusqu'au 05 juin 2021

Soirée exceptionnelle "A rivedere le stelle" (La Scala de Milan) jusqu'au 08 juin 2021

Werther (Teatro Sociale di Como / Alisco) jusqu'au 13 juin 2021

La soupe Pop  (Opéra de Montpellier) jusqu'au 18 juin 2021

Casse-Noisette  (Mariinsky) jusqu'au 21 juin 2021

La Passione - ms Castellucci (Opéra de Hambourg) jusqu'au 24 juin 2021

Seul celui qui connait le désir - chansons de Tchaïkovski (Opéra de Frankfurt jusqu'au 25 juin 2021

La Voix humaine & L'Heure espagnole (Opéra ZUID) jusqu'au 26 juin 2021

La Belle Hélène (Opéra de Lausanne) jusqu'au 27 juin 2021

Les Arts Florissants fêtent leurs 40 ans (Jardins de William Christie) jusqu'au 29 juin 2021

                               Juillet 2021

La Passion selon Saint Matthieu (Église de la Madeleine d'Aix-en-Provence) jusqu'au 01 juillet 2021

Le Vaisseau Fantôme (Klaipėda State Music Theatre) jusqu'au 03 juillet 2021

Concert du nouvel an de l'Orchestre National de France jusqu'au 04 juillet 2021

La Flûte enchantée (Opéra de Dresde) jusqu'au 04 juillet 2021

Tosca (Festival d'Aix en Provence 2019) jusqu'au 05 juillet 2021

50e anniversaire de la mort d'Igor Stravinsky (Elbphilharmonie) Part I jusqu'au 05 juillet 2021

La Flûte enchantée (Macerata Opera Festival) jusqu'au 08 juillet 2021

50e anniversaire de la mort d'Igor Stravinsky (Elbphilharmonie) Part II jusqu'au 09 juillet 2021

Tim Dup (La Boule noire) jusqu'au 14 juillet 2021

Le chant de la Terre (Festival de Saint-Denis) jusqu'au 15 juillet 2021

La Passion de Simone (Royal Swedish Opera) jusqu'au 16 juillet 2021

Chantons, faisons tapage! (Opéra Comique) jusqu'au 16 juillet 2021

Parsifal (Wien Staatsoper) jusqu'au 17 juillet 2021

Il Pirata (Novaya Opera Theater) jusqu'au 23 juillet 2021

Créer aujourd'hui (Ballet de l'Opéra national de Paris) jusqu'au 30 juillet 2021

                               Août 2021

Le Barbier de Séville (Den Norske Opera & Ballet) jusqu'au 05 août 2021

La Dame blanche (Opéra de Rennes) jusqu'au 10 août 2021

Pelléas et Mélisande (Grand Théâtre de Genève) jusqu'au 19 août 2021

Aida - Lotte de Beer et Mervyn Millar jusqu'au 20 août 2021

Aida - Jonas Kaufmann - Sondra Radvanovsky - Ludovic Tézier jusqu'au 20 août 2021

Aida (Opéra National de Paris) jusqu'au 20 août 2021

Le Donne di Cavalli (Festival de sablé) jusqu'au 26 août 2021

Love & Politics (Norrlandsoperan) jusqu'au 27 août 2021

Te Deum de Charpentier (Festival de sablé) jusqu'au 28 août 2021

                           Septembre 2021

Le vol du boli (Théâtre du Châtelet) jusqu'au 09 septembre 2021

Rachmaninov Concerto n°2 (Stanislas Kochanovsky-Orchestre de Paris) jusqu'au 09 septembre 2021

Musique en fête jusqu'au 11 septembre 2021

Carmen (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 11 septembre 2021

La Traviata (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 11 septembre 2021

La belle au bois dormant (Bolshoi) jusqu'au 30 septembre 2021

Barbe-Bleue (Opéra de Lyon) jusqu'au 30 septembre 2021

                           Octobre 2021

L'école des rêves (Opéra national de Paris) jusqu'au 08 octobre 2021

Pelléas et Mélisande (Opéra de Lille) jusqu'au 09 octobre 2021

La petite messe solennelle de Rossini (Wexford Festival Opera 2020) jusqu'au 10 octobre 2021

Turandot (Gran Teatro del Liceu) jusqu'au 12 octobre 2021

La Bohème (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 13 octobre 2021

Fauteuil d'orchestre (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 16 octobre 2021

Roméo et Juliette (Deutsche Oper am Rhein) jusqu'au 17 octobre 2021

Le Barbier de Séville (Teatro La Fenice) jusqu'au 24 octobre 2021

Ottone In Villa de Vivaldi (Teatro La Fenice) jusqu'au 28 octobre 2021

                           Novembre 2021

Didon et Enée (Grand Théâtre de Genève) jusqu'au 02 novembre 2021

Prima la musica e poi le parole & Der Shauspieldirektor (Teatro Malibran) jusqu'au 04 novembre 2021

Concert Haendel (Théâtre du Châtelet) jusqu'au 07 novembre 2021

                           Décembre 2021

9e Symphonie de Mahler (Philharmonie de Paris) jusqu'au 08 décembre 2021

La ronde de Boris Charmatz (Grand Palais) jusqu'au 11 décembre 2021

Casse-Noisette (Orchestre national de Lille) jusqu'au 21 décembre 2021

                              Janvier 2022

Ariane à Naxos (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 07 janvier 2022

Balthasar Neumann Ensemble (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 10 janvier 2022

Quinte et sens - une symphonie pour les éléments (Philharmonie) jusqu'au 16 janvier 2022

Actéon (Théâtre du Châtelet) jusqu'au 19 janvier 2022

Christoph et Julian Prégardien chantent Beethoven et Schubert (Philharmonie) jusqu'au 25 janvier 2022

                              Février 2022

Dabkeh par Mehdi Kerkouche (Palais de Tokyo) jusqu'au 18 février 2022

Pierre et le Loup (Raconté par François Morel) jusqu'au 19 février 2022

Le Carnaval des animaux (Livret de Smaïn) jusqu'au 19 février 2022

                              Avril 2022

Le Freischütz (Théâtre des Champs-Élysées) jusqu'au 04 avril 2022

                               Mai 2022

Barbara Hannigan : rêve de Hongrie jusqu'au 25 mai 2022

                             Juillet 2022

Barbara Hannigan dirige Britten, Haydn et Stravinsky jusqu'au 15 juillet 2022

                           Septembre 2022

Edward Elgar : The Dream of Gerontius (Magdalena Kozena et John Relyea) jusqu'au 25 septembre 2022

                           Décembre 2023

Concert de Noël 2020 du Philharmonique de Radio France jusqu'au 17 décembre 2023

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique