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Publié le 30 Octobre 2025

Quatuor n°12 américain (Dvorak) et Quatuor n°8 (Chostakovitch)
Concert du 26 octobre 2025
Paroisse Sainte Marie des Batignolles, Paris

Antonín Dvořák (1841-1904) - Quatuor à cordes no 12 en fa majeur, B. 179 (op. 96) ‘Américain’ (01 janvier 1894 – Boston)
Dmitri Chostakovitch (1906-1975) -  Quatuor à cordes no 8 en ut mineur (opus 110)  (02 octobre 1960 – Moscou)

Janus Quartet
1er violon Irma Barbutsa-Ptskialadze 
2d violon Xavier Delcroix 
Alto Claire Rousset
Violoncelle Félix Delcroix

Ensemble formé à Paris en 2016, le Janus Quartet met en valeur le répertoire traditionnel du quatuor à cordes de Joseph Haydn jusqu’à la création contemporaine, tout en exploitant également les musiques plus populaires et les musiques de films qu’ils arrangent de façon à toucher un public plus large.

En ce dimanche après-midi, c’est au cœur de la paroisse Sainte Marie des Batignolles, un édifice ayant l’apparence d’un temple grec et une nef plutôt intime, que la formation interprète un concert d’une heure réunissant le Quatuor à cordes no 12 ‘Américain’ d’Antonín Dvořák et le très sombre Quatuor à cordes no 8 de Dmitri Chostakovitch.

Janus Quartet (Irma Barbutsa-Ptskialadze, Xavier Delcroix, Claire Rousset, Félix Delcroix)

Janus Quartet (Irma Barbutsa-Ptskialadze, Xavier Delcroix, Claire Rousset, Félix Delcroix)

Lié à la période américaine du compositeur tchèque (1892-1895) qui vit naître la Symphonie dite ‘Du Nouveau Monde’, le Quatuor à cordes n°12 évoque un esprit heureux et un charme profondément bucolique qui s’expriment le mieux au cours de son second mouvement lent.

L’empreinte du Janus Quartet sur cette partition assigne d’emblée un jeu sincère doté de caractère qui ancre une présence assez dense balançant entre un premier violon (Irma Barbutsa-Ptskialadze) au panache nerveux et pictural, un second violon (Xavier Delcroix) bien assuré, un alto (Claire Rousset) plus discret et un violoncelle (Félix Delcroix), placé face au 1er violon et donc en avant vers le public, d’une impeccable rondeur.

Leur unité atteint une captivante plénitude justement dans le lyrisme profond du second thème que les musiciens imprègnent d’une douceur fort chaleureuse, comme s’ils avaient atteint une forme de vérité qui leur soit propre.

L'Assomption de la Vierge - Paroisse Sainte Marie des Batignolles

L'Assomption de la Vierge - Paroisse Sainte Marie des Batignolles

Si la seconde partie du quatuor d’Antonín Dvořák voit de plus en plus les sonorités s’assouplir avec un premier violon généreusement exubérant, le Quatuor à cordes no 8 de Dmitri Chostakovitch opère une véritable plongée dans la noirceur désespérée d’une œuvre dédiée ‘aux victimes de la guerre et du fascisme’.

Il s’agit d’un mélange de lente gravité et de révolte vivace, qui se déchaîne cet après-midi sans ambages, dont le quatuor restitue suffisamment l’atmosphère suffocante pour laisser l’auditeur imaginer une marche à travers une ville en ruines.

Claire Rousset a de plus introduit le thème majeur de chaque pièce à travers deux poèmes, l’un léger et insouciant, l’autre plus poignant et vibrant avec les évènements qui se déroulent encore aujourd'hui à l’extrême Est de l’Europe.

L'Archange Saint-Michel

L'Archange Saint-Michel

Et pour finir sur une note plus tendre, le quatuor propose en bis un arrangement du quatrième lied des ‘Mélodies tziganes’ d’Antonín Dvořák, ‘Songs My Mother Taught Me’, air nostalgique si souvent repris, pour le plaisir de tous.

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