9e Symphonie de Mahler (Kirill Petrenko - Berliner Philharmoniker) Philharmonie

Publié le 7 Septembre 2025

Berliner Philharmoniker – Kirill Petrenko
Festival Tour
Concert du 05 septembre 2025
Philharmonie de Paris – Grande Salle Pierre Boulez

9e Symphonie de Gustav Mahler (26 juin 1912 - Vienne)
Andante comodo
Im Tempo eines gemächlichen Ländlers
Rondo – Burleske. Allegro assai
Adagio

Après Lucerne, et avant la ville de Luxembourg, le Berliner Philharmoniker entame sa 7e saison avec Kirill Petrenko à sa direction par une tournée de Festival dévolue à une interprétation somptueuse de la 9e symphonie de Mahler, 3 ans après l’interprétation donnée par Gustavo Dudamel avec l’Orchestre de l’Opéra de Paris à la Philharmonie.

Même si le compositeur autrichien avait avancé sa 10e symphonie avant de partir, la 9e symphonie est considérée comme une forme d’au revoir à une vie accomplie dans la ligne des 9e symphonies de Beethoven, Schubert, Bruckner et Dvořák.

Kirill Petrenko

Kirill Petrenko

Et ce qui est étonnant, avec le chef austro-russe, c’est la manière dont il transmet sa compréhension des sentiments avec un amour de la vie qui transparaît même le long des plaintes caressantes. L’expression est sérieuse, mais non dramatisée, ce qui permet d’approfondir la perception existentielle que draine l’écriture de cette musique qui surprend aussi bien par ses variations de courbes dans le temps que par ses secousses et ses changements de rythmes soudains.

Et tous les magnifiques développements de cordes, les résonances surréelles des cors et des cuivres élancés, sans effets perçants, les multiples détails des vents de l’orchestre berlinois ont une emprise sublimée par les qualités acoustiques de la Philharmonie, et ce dès le premier mouvement panthéiste de la symphonie.

La Philharmonie de Paris, le vendredi 05 septembre 2025

La Philharmonie de Paris, le vendredi 05 septembre 2025

C’est pourtant dans les deux mouvements suivants que Kirill Petrenko saisit par sa maîtrise métronomique implacable tout en obtenant une précision et une netteté sonores qui pourraient donner une impression d’automaticité, alors qu’en fait le geste chorégraphique est toujours vivant, très décidé et allant, parfois malicieux, sans qu’un moindre instant de saturation ne soit perceptible.

Kirill Petrenko

Kirill Petrenko

Puis vient le moment de quitter le rythme populaire à travers un dernier mouvement traversé par le très attendu et voluptueux drapé de cordes, intensément dense et vrillé de coloris d’argent, un tournoiement à en rendre l'esprit fou, qui aboutit à un état d’apesanteur rendu avec une irrésistible transparence et luminosité qui se reflètent dans le visage lunaire et épanoui de Kirill Petrenko, une vision poétique mais aussi très mystérieuse, une ouverture sur l'infini qui parachève une soirée où la violence et le sang froid se sont toujours accompagnés d’une plasticité finement dévoilée, sans chercher à entraîner l’auditeur vers des noirceurs trop pathétiques. 

On en sort impressionné et touché, à en respecter le silence.

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