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Publié le 21 Octobre 2025

Musique vocale de la Renaissance de Janequin à Aleotti
Récital du 19 octobre 2025
Paroisse Notre-Dame du Travail, Paris

Luca Marenzio (1553-1599) - ‘Madonna, sua mercè, pur una sera’ (1585 – Rome)
Giovanni Pierluigi da Palestrina (1525-1594) - ‘Sicut cervus - Sitivit anima mea’ (~1581 - Rome)
Vittoria et/ou Raffaella Aleotti (1574-1646) - T'amo Mia Vita (1593 – Ferrare)
John Dowland (1563-1626) - ‘In this trembling shadow’ (1612,  Londres) - extrait de ‘A Pilgrimes Solace’
Claudin de Sermisy (1490-1562) -
‘Au joly bois’ (~1525 - Paris)
John Bennet (1575-1614) - Weep, O Mine Eyes (1599 – Londres), extrait de ‘Madrigalis to Foures Voyces’
Claudio Monteverdi (1567-1643) - Sanctus/Benedictus/Agnus Dei (~1640 – Venise), extrait de ‘Messa à quattro voci da cappella’
Pierre Regnault dit Sandrin (1495-1561) - Doulce mémoire/Fini le bien (~1538), texte attribué à François Ier 
John Wilbye (1574-1638) - Adieu, sweet Amaryllis (~1598 – Londres)
Clément Janequin (1485-1558) - Le Chant des Oiseaux (~1537)
Henry Purcell (1659-1695) - Hush, no more, extrait de ‘The Fairy Queen’ (1692 - Londres)

Quatuor Vocal Marenzio (membres du Chœur de Chambre Arthémys)
Soprano Ava Venise Santoni
Alto Floris Bernard
Ténor Antoine David-Calvet
Basse Olivier Lefaivre

Né en 2024 de la réunion de quatre chanteurs du Chœur de Chambre Arthémys, le Quatuor Vocal Marenzio propose en ce dimanche après-midi d’imprégner le public venu en nombre à la Paroisse Notre-Dame du Travail – environ 300 personnes, ce qui est conséquent – de l’univers des musiques vocales de la Renaissance, en entrelaçant l’art des chansons parisiennes du XVIe siècle au madrigaux anglais de la période élisabéthaine et aux madrigaux italiens qui précéderont la création de l’Opéra à Florence.

Quatuor Vocal Marenzio : Ava Venise Santoni, Floris Bernard, Antoine David-Calvet et Olivier Lefaivre

Quatuor Vocal Marenzio : Ava Venise Santoni, Floris Bernard, Antoine David-Calvet et Olivier Lefaivre

Ainsi, Luca Marenzio, Giovanni Pierluigi da Palestrina et Raffaella Aleotti - nonne à Ferrare et première compositrice de musique sacrée qui verra ses créations imprimées – cotoyent John Dowland, John Bennet et John Wilbye, pour l’école anglaise, et leurs prédécesseurs français, Claudin de Sermisy, Pierre Regnault et Clément Janequin, auteurs de chansons aux formes plus légères.

L’ensemble des quatre solistes est très bien équilibré, la voix d’Ava Venise Santoni s’évadant haut dans la nef de l’église, celle d’Olivier Lefaivre, basse bien timbrée se profilant avec douceur vers le public, tous deux encadrant les deux voix claires masculines et poétiques de Floris Bernard et d’ Antoine David-Calvet, le tout unifié par une tessiture diaphane aux couleurs pastels apportant une touche spirituelle commune à des airs qui peuvent être aussi bien religieux (Luca Marenzio, John Dowland) que plus simplement sensibles (Pierre Regnault, Claudin de Sermisy).

Chapelle Notre-Dame-du-Travail - La Vierge et Jésus

Chapelle Notre-Dame-du-Travail - La Vierge et Jésus

‘Au joly bois’ de Claudin de Sermisy, écrit dans la ligne de poètes tels Clément Marot, verse dans la déception amoureuse mélancolique, alors que ‘Weep, O Mine Eyes’ de John Benne rend hommage à ‘Flow my tears’ de John Downland en plongeant au plus profond des langueurs humaines.

La souplesse corporelle dont font preuve ces quatre interprètes forme toutefois une représentation visuelle qui renforce la nature réconfortante de ces airs.

Mais quelle joie à entendre la rythmique piquante du ‘Chant des Oiseaux’ de Clément Janequin, constellée de petites touches vocales stimulantes et d’amusantes superpositions de timbres!

Quatuor Vocal Marenzio : Floris Bernard, Ava Venise Santoni, Olivier Lefaivre et Antoine David-Calvet

Quatuor Vocal Marenzio : Floris Bernard, Ava Venise Santoni, Olivier Lefaivre et Antoine David-Calvet

Toutefois, le programme proposé n’est pas exclusivement dédié aux musiques vocales de la Renaissance, dont certaines étaient d'ailleurs accompagnées par des instruments - ‘In this trembling shadow’ de John Dowland, par exemple, était écrit pour voix mais aussi pour luth -, car une incursion est menée vers le répertoire des œuvres liturgiques modernes du XVIIe siècle, avec l’extrait de la ‘Messa a quatro voci da cappella’ de Monteverdi, et vers l’opéra avec ‘Hush, no more’, extrait de ‘The Fairy Queen’ d’Henry Purcell, qui achève le concert sur une note de paix intérieure bénéfique aux cœurs réunis pour un moment.

Admirer les visages et les attitudes des spectateurs participe aussi à l'émotion simple de ce récital qui réussit à flouter les diverses influences européennes des musiques vocales qui émergèrent après le Moyen Âge.

La nef de Notre-Dame-du-Travail

La nef de Notre-Dame-du-Travail

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Publié le 17 Décembre 2023

Symphonie n°6 (Gustav Mahler - 27 mai 1906, Essen)
Concert du 09 décembre 2023
Paroisse Notre Dame du Travail – Paris

 

Symphonie n°6 en la mineur ‘Symphonie tragique’
Allegro energico, ma non troppo. Heftig, aber markig
Scherzo. Wuchtig
Andante moderato
Finale. Allegro moderato — Allegro energico

Direction musicale Maxime Pascal
Orchestre Impromptu

 

A l’entrée de l’hiver, du 08 au 17 décembre 2023, l’Orchestre Impromptu offre, en entrée libre, au sein de trois édifices religieux différents de la capitale, la Paroisse Notre Dame du Travail (14e), l’Église Saint-Pierre-de-Chaillot (16e) et Notre-Dame du Perpétuel Secours (10e), une impressionnante représentation de la '6e symphonie' de Gustav Mahler, celle que son épouse, Alma Mahler, indiquait être ‘la plus foncièrement personnelle qu'il ait jamais écrite, celle qui lui a jailli le plus directement du cœur’.

Maxime Pascal et l'Orchestre Impromptu

Maxime Pascal et l'Orchestre Impromptu

Selon les soirs, deux chefs d’orchestre se répartissent la direction, Maxime Pascal pour la première série, et Othman Louati pour la seconde, tous deux issus du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris.

L’Orchestre Impromptu est un grand orchestre amateur de plus de cent musiciens fondé en 1994, qui célébrera ainsi ses 30 ans en 2024, et qui produit chaque année en public une dizaine de concerts dans des églises ou des salles musicales de Paris et d’Île de France.

Ce soir, à la Paroisse Notre Dame du Travail, édifice doté d’une architecture moderne et aérée dont le fer provient du Palais de l'industrie de l'Exposition universelle de 1855, c’est Maxime Pascal qui assure la direction de la '6e symphonie' de Gustav Mahler.

Nef de la Paroisse Notre Dame du Travail

Nef de la Paroisse Notre Dame du Travail

Ce jeune chef d’orchestre dirige l’Orchestre Impromptu depuis 2007, et est également connu pour être le fondateur en 2009 de l’ensemble Le Balcon.

Et pour bien cerner le talent de ce jeune artiste atypique et très curieux, il est possible de l’entendre régulièrement aux Festivals d’été d’Aix-en-Provence et de Salzbourg, et il fait même partie de la liste des 7 chefs d’orchestre que ‘Le Figaro’ a mis en avant dans son édition du 24 octobre 2023 pour succéder à Gustavo Dudamel à la direction de l’Opéra national de Paris.

C’est ainsi avec un enthousiasme débordant et une rigueur rythmique infaillible qu’il mène les musiciens à travers ce voyage dans les ombres et le fracas de la ‘Symphonie Tragique’ de Gustav Mahler – les deux batailles, ‘Allegro energico’ et ‘Scherzo’ sont jouées toutes deux à la suite, avant l’’Andante’ - , dont il tire une excellente unité et une souplesse de forme harmonieuse qui montre d’emblée que cet ensemble n’a pas à rougir au côté des orchestres professionnels français.

Orchestre Impromptu - Maxime Pascal - 6e symphonie de Mahler

De plus, l’acoustique très favorable de la Paroisse Notre Dame du Travail, moins réverbérée que dans d’autres édifices semblables, permet de bien cerner les détails et les accords des différents instruments. Un inévitable, mais mesuré, tassement du son dans les graves reste toutefois perceptible.

Maxime Pascal est absolument fascinant par son engagement physique, insufflant de la tension avec un vrai sens des contrastes, mais aussi de la légèreté dansante, avec une saisissante capacité à redresser l’architecture de l’orchestre pour ensuite le mener à une cadence strictement militaire dans cette marche qui capte fortement l’auditeur.

On peut même l’entendre romantiser le troisième mouvement avec une onctueuse richesse de son, alors que l’orchestre dispense aussi une très belle lumière dans les évanescences aiguës.

Maxime Pascal et l'Orchestre Impromptu

Maxime Pascal et l'Orchestre Impromptu

Le mélange des vents et des cordes et les couleurs qui en ressortent montrent aussi que l’orchestre s’approprie avantageusement le mysticisme mahlérien, et réentendre ces motifs de cuivres à la fois élégiaques et menaçants qui annoncent une fin terrible, crée ensuite une rémanence d’impressions d’inéluctable qui ne vous lâche plus.

Le coup de tonnerre final explose ainsi avec une netteté imparable, et Maxime Pascal arrive enfin à obtenir un très long silence à la toute fin – peut-être d'une durée d'une vingtaine de secondes, voir plus -, ce qui vaut aux musiciens et au chef d’obtenir une standing ovation soudaine et innée de la part du public.

Le site de l'Orchestre Impromptu : Orchestre Impromptu SITE OFFICIEL

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