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Publié le 2 Octobre 2008

June Anderson et l’Orchestre National de Bordeaux
Concert du 02 octobre 2008 (Salle Pleyel)

Rossini :     Semiramide - Recit "Bel raggio" - "Dolce pensiero"
                    Le voyage à Reims - "Ouverture"
Bellini :       Norma - Air " Casta Diva "
                    Norma -" Sinfonia"
                    La Sonnambula - Aria "Ah non credea" - Cabaletta "Ah,non giunge"
Verdi :        Otello - Aria "Mia madre" - "Ave Maria"
                    Les Vêpres Siciliennes - musiques de danse
Donizetti :   Anna Bolena - Aria " Al dolce guidami" - Cabaletta " Coppia iniqua"

Direction Paolo Olmi

Le Bel Canto romantique possède une inimaginable capacité à détacher l'esprit de la réalité à condition d'être porté par des voix aux qualités adéquates.

Cela explique cette tension dès le premier air à l'issu duquel l'auditeur sait déjà s'il sera touché par la grâce vocale de l'interprète ou pas.

June Anderson réussit une entrée royale avec "Sémiramide" et pousse encore plus loin ses capacités virtuoses dans un "Casta Diva" aérien et doué de vertigineuses coloratures.
Il y a même une certaine forme d'adéquation visuelle, la souplesse de ses gestes suivant les ondoyances des lignes musicales.

"Ah non credea" dans la Sonnanbula paraît très étrangement discret et peu affecté mais est le seul point creux de la soirée. Desdémone fragile et subtile, l'incarnation évite une dramatisation excessive, les exclamations étant habituellement lâchées avec plus de douleur.

June Anderson

June Anderson

Toute la soirée aura donné l'impression de faire revivre ces concerts où Callas ressuscitait le Bel Canto italien d'autant plus que le répertoire choisi recoupe très largement celui de la "Divina" y compris le bis "Oh mio babbino caro" .

Paolo Olmi et l'Orchestre National de Bordeaux Aquitaine s'illustrent ce soir dans les musiques de danse des "Vêpres siciliennes" pleines d'entrain et de vivacité, les sonorités d'ensemble conservant beaucoup de rondeur et de chaleur.

Avec ce récital d'où émanent maîtrise et humilité à la limite du miracle, June Anderson marque un jalon important : 30 ans de carrière après ses début au New York City Opera en Reine de la Nuit.

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Publié le 20 Mai 2008

Violetta Urmana (Salle Pleyel)
Récital du 20 mai 2008

Richard Wagner  Wesendonck-Lieder
Sergueï Rachmaninov Kak mne bol’no, Vocalise, Dissonans, Zdes’ khorosho, Vesennije vodv
Richard Strauss  Frühlinsgedränge, Wasserrose, Wir beide wollen springen, Belfreit, Zueignung, Mit deinen blauen Augen, Schlechtes Wetter
Giacomo Puccini  Vissi d’Arte
Amilcare Ponchielli Suicidio
Giuseppe Verdi Pace, Pace

En voilà une découverte ! La soprano lituanienne possède des moyens qui lui permettraient de réussir un long vol dans les grands rôles italiens sans trop se poser de questions.

Et bien elle est venue ce soir montrer l’étendue de son répertoire et de ses affinités avant d’incarner Lady Macbeth à Bastille.

Violetta Urmana

Violetta Urmana

Car son timbre un brin acide suggère comme une sorte de lucidité, une émotion maîtrisée adéquate aux mélodies du XXième siècle, les aigus sidérants d’aplomb ne l’entravant même pas lorsqu’il faut aller chercher les graves les plus sombres du « Suicidio ».

Violon de Poulenc, Cäcilie de Strauss, Coplas de Curro Dulce d'Obradors et une chanson folklorique lituanienne en bis généreux, rares aujourd’hui sont les chanteuses capables d’offrir de telles étendues musicales (et l’on repense à Julia Varady).

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Publié le 22 Octobre 2007

Jennifer Larmore à la Salle Pleyel

Concert du 21 octobre 2007
 
Vivaldi
Concerti RV 116 et RV 11
Orlando Furioso : "Alza in quelgli occhi", "Vorresti amor da me", "Cosi potessi anchio"
Rossini
L'Italienne à Alger : Ouverture, "Per lui che adoro", "Cruda Sorte"
Le Barbier de Séville : Ouverture, "Una voce poco fa".
Mendelssohn
Symphonie n°4
 
Orchestre de chambre de Bâle.
Direction David Sterne
 
Résumons la situation : en 1998, Jennifer Larmore déboule à l'Opéra Garnier avec une Italienne à Alger séduisante et une noirceur de timbre bien typée.
Mais très vite les enregistrements qu'elle réalise montrent une tendance nette à un engorgement prononcé. Puis ses apparitions au Théâtre des Champs Elysées révèlent une chanteuse peu à l'aise et une opulence physique qui s'accroit. Son cas est plié.
Pourtant l'année dernière j'entend parler d'un récital extraordinaire et il s'agit donc aujourd'hui d'aller constater par soi même.
C'est un choc lorsque survient par la gauche de la scène une femme élégante et déterminée défilant comme à une présentation de mode, longue robe noire fendue et un sourire terriblement accrocheur.
Si les deux premiers airs de l'Orlando Furioso se noyent un peu dans l'acoustique de la salle, la sensibilité avec laquelle la chanteuse interprète "Cosi potessi anchio" amorce sa prise de contact avec l'auditoire. Et l'on comprend ce qu'il va se passer lorsque Isabella puis Rosina deviennent pour elle prétexte à un show débordant d'impertinence. Elle use toujours de ses graves empruntés à Marilyn Horne mais elle joue maintenant avec l'agilité soutenue exigée dans la tessiture aigüe des deux héroïnes et se met elle même en scène sans aucune retenue avec une souplesse de corps retrouvée. Bien sûr, elle ne se risque pas à toutes les fantaisies de coloratures possibles avec Rosine. 
 
Alors dans ces conditions ce concert prend une nouvelle dimension, une démonstration d'une prise en main de soi totale. Jennifer Larmore avait la capacité et une volonté qu'elle s'est appliquée à elle même. Ce genre d'image est inestimable.

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Publié le 8 Juillet 2007

Waltraud Meier

Récital du 23 janvier 2006 au Théâtre des Champs Elysées
 
Alban Berg :
Sieben frühe Lieder (sept Lieder de jeunesse)
Schubert :
Der Tod und das Mädchen, D. 531
Die Junge Nonne D. 828  

Mahler :
Des Knaben Wunderhorn, extraits

Richard Strauss :
Cäcilie, extrait de Vier Lieder, op. 27 / 2
Winterweihe, extrait de Fünf Lieder op. 48 / 4
Morgen, extrait de Vier Lieder, op. 27 / 4
Wie sollten wir geheim sie halten, extrait de Sechs Lieder aus « Lotosblätter », op. 19 / 4
Die Nacht + Zueignung, extraits de Acht Gedichte aus « Letzte Blätter », op. 10 / 3 et 1
 
 
Lumière tamisée, chaleur du piano et présence radieuse de Waltraud Meier comblaient le moindre interstice, même dans les hauteurs extrêmes de la salle. L'atmosphère était donc propice à l'évasion.

Mon attention s'est surtout portée sur cette admirable manière de faire partager ces mélodies par les mouvements du visage des mains et du buste.
La vie dans toute sa beauté.
 

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Publié le 3 Juillet 2007

C.Schäfer et P-L.Aimard à Garnier

Concert du dimanche 01 juillet 2007 à l'Opéra Garnier         20H30

Ce troisième récital du cycle "La passion du chant selon Pierre-Laurent Aimard" est une perle miraculeuse.
En premier lieu, l'apparition de Christine Schäfer provoque un choc de contrastes avec l'image de sa Traviata dépressive qu'elle interprétait la veille dans la même salle.
Coiffure blonde et plaquée, robe rouge et blanche qui s'étale sur ses pas, la chanteuse laisse craindre une légère fatique dans les mélodies de Haydn.  

Echauffement sans plus, car lorsque les ondes evanescentes du Glass-Harmonica de Mozart envahissent tout l'espace, l'atmosphère du palais Garnier vire au magique puis glisse vers la mystérieuse apparition de Georges Crumb : Aimard tire les sonorités directement des cordes du piano amplifié et crée une tension sublimée par la souplesse du chant de Christine Schäfer.

Le miracle de cette soirée est de fondre alors univers anglophone et germanophone et de nous conduire vers les lieder de Hugo Wolf, chantés sans partition, et achevés sur une interprétation à la fois dramatique et pudique.

La présence de l'Harmonica de verre aura même permit d'inclure le "Lion" extrait de Tierkreis. Irréel!

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