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Publié le 17 Juillet 2019

Eclipse partielle de Lune du 16 juillet 2019 vue depuis Paris
L’éclipse partielle de Lune du mardi 16 juillet 2019 qui était visible principalement depuis l’Europe, l’Afrique et l’Asie, survenait 14 jours après l’éclipse totale de Soleil qui avait touché le Chili et l’Argentine.

Eclipse partielle de Lune et Diadème de l'Opéra Bastille

Eclipse partielle de Lune et Diadème de l'Opéra Bastille

En France, le meilleur point d’observation se situait à l’extrême sud-est où le maximum était visible à plus de 17° au-dessus de l’horizon. Néanmoins, à Paris, l’éclipse débutait 15 minutes après le lever de Lune, à 22h01mn, pour atteindre son maximum à 11° au-dessus de l’horizon à 23h31mn.

Chronologie et visibilité de l'éclipse partielle de Lune du 16 juillet 2019

Chronologie et visibilité de l'éclipse partielle de Lune du 16 juillet 2019

L’ombre de la Terre balaya ainsi la surface de la Lune pendant 3 heures, pouvant faire croire aux béotiens à un simple soir de croissant de Lune, et au plus intense de l’éclipse, lorsque l’astre sélène fut assombri à 65%, on distingua longuement les reflets pourpres et rougeoyants de la région lunaire où le Soleil paraissait totalement éclipsé par la Terre.

Début de l'éclipse de Lune à 22h11 - Tpose 1/10s - Iso 200

Début de l'éclipse de Lune à 22h11 - Tpose 1/10s - Iso 200

A faible hauteur, au-dessus de la Seine illuminée par les passages bleutés des bateaux de croisière, la Lune mit une petite demi-heure à se départir de ses teintes ocre, et offrit aux observateurs curieux le spectacle de la lente variation de son passage au bord sud de l’ombre qui la parcourait, tout en laissant évoluer lentement l’orientation de la portion encore illuminée par les rayons solaires.

Photo montage de l'éclipse partielle de Lune du 16 juillet 2019

Photo montage de l'éclipse partielle de Lune du 16 juillet 2019

Une fois le maximum atteint, depuis le pont de Sully, il était alors facile de rejoindre rapidement la place de la Bastille, en plein travaux nocturnes de transformation, pour observer le croissant lunaires s'élever suffisamment pour flirter avec le Diadème installé là, au-dessus de l’Opéra, afin de célébrer à la fois les 30 ans de l’ouverture de la scène Bastille, le 13 juillet 1989, et les 350 ans de l’Académie Royale de Musique depuis le 28 juin 1669.

Le Diadème de l'Opéra Bastille et l'éclipse partielle de Lune - 23h53

Le Diadème de l'Opéra Bastille et l'éclipse partielle de Lune - 23h53

Cette touchante coïncidence permettait également de redécouvrir les différents points de vue depuis cette place si célèbre, et laisser un témoignage inédit d'un rapprochement inhabituel entre un phénomène céleste et le temple de l'art théâtral lyrique.

L'Opéra Bastille, la Lune éclipsée et le génie de la liberté - 23h51

L'Opéra Bastille, la Lune éclipsée et le génie de la liberté - 23h51

Depuis cette soirée, il faudra attendre 3 ans pour revoir une éclipse totale de Lune à Paris, le lundi 16 mai 2022 à 5h30 du matin, soit 40 mn avant le lever du Soleil, et c’est donc une chance d’avoir pu en profiter dans de si bonnes conditions.

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Rédigé par David

Publié dans #Astres, #Eclipse

Publié le 8 Juillet 2019

Eclipse de soleil du mardi 02 juillet 2019 dans la région du Cuyo (Argentine)
Circonstances de l’éclipse totale de soleil

L’éclipse totale de soleil qui vient de traverser en fin de journée une partie du Chili et de l’Argentine sur une distance de 1300 km et une largeur de 140 km est la réplique de l’éclipse du 21 juin 2001 qui avait parcouru l’Angola, la Zambie, le Zimbabwe, le Mozambique et Madagascar.

Elle est la seconde des trois éclipses qui, en 3 ans, de 2017 à 2020, auront touché les régions méridionales de l’Amérique du Sud.

Couronne solaire - 17h41 - DMC-FZ72 - F/5.6 - 1/6 s - Focale 96 mm - Iso 100

Couronne solaire - 17h41 - DMC-FZ72 - F/5.6 - 1/6 s - Focale 96 mm - Iso 100

Cette année, la trajectoire de l’éclipse traçait une route de près de 8000 km au-dessus de l’Océan Pacifique Sud sans rencontrer aucune population insulaire significative, puis, a offert son spectacle crépusculaire aux habitants proches des grandes villes de La Serena et Coquimbo, au Chili, et San Juan, Rio Cuarto et le Sud de Buenos Aires, en Argentine.

Croissant de Lune à l'arrivée sur Cordoba, le 01 juillet 2019, 36 heures avant l'éclipse totale.

Croissant de Lune à l'arrivée sur Cordoba, le 01 juillet 2019, 36 heures avant l'éclipse totale.

Présentation de la région du Cuyo

La région de Cuyo est une zone géographique située dans le centre-ouest de l’Argentine. Appelée en Mapudungun, la langue des indiens Mapuches, « Cuyùm puùlli » qui veut dire « terre de grès » ou « pays de déserts », elle possède un relief montagneux avec peu de végétation. 

L’Argentine est le 5e producteur de vin mondial et la région du Cuyo détient près de 70% des vignobles. Mais seule une faible partie de la production (5%) est dédiée à l’exportation.

La bande de totalité du Chili à l'Argentine, et route d'accès au site d'observation de Bella Vista

La bande de totalité du Chili à l'Argentine, et route d'accès au site d'observation de Bella Vista

Les vins les plus réputés proviennent de Mendoza, près du site où fut créée la première colonie permanente de la région en 1561. Puis, San Juan apparut en 1562, et, en 1598, la première pierre de San Luis fut posée.

La région maintint des relations économiques avec le Chili tout en restant isolée de l’est, mais, en 1884, l’achèvement du chemin de fer transcontinental, via le col d’Uspallata, permit de rompre cet isolement du reste de l’Argentine.

La chaîne des Andes vue depuis les hauteurs de Bella Vista - 15h35, le 02 juillet 2019

La chaîne des Andes vue depuis les hauteurs de Bella Vista - 15h35, le 02 juillet 2019

C’est à l’ouest de Mendoza que l’on trouve le plus haut sommet argentin, l’Aconcagua, qui atteint 6 962m, et, plus au nord de San Juan, une chaine de sommets de 5000 à 6000 m se dresse le long de la frontière chilienne au-dessus d’une vallée de haute altitude.

Enfin, le Cuyo se situe sur l’un des points de jonction de la plaque de Nazca (pacifique sud) qui s’enfonce sous la plaque sud-américaine. Le 15 janvier 1944, à 20h52, la ville de San Juan fut secouée par un tremblement de terre qui fit plus de 100 000 morts, la plus importante catastrophe que connut l’Argentine à ce jour.

Sur la route de Bella Vista

Sur la route de Bella Vista

Route vers le point d’observation

Pour observer l’éclipse depuis l’Argentine, il fallait choisir un lieu qui offrit la durée d’éclipse la plus importante possible, et c’est donc à proximité de la frontière chilienne que la recherche se concentra afin de disposer d’une hauteur suffisante du Soleil par rapport à l’horizon. 

Le village de Bella Vista (345 habitants) se situant sur la ligne de centralité à 1945 m d’altitude, face au Cerro de la Majadita (6266m), s’avérait le plus évident, mais sa relative proximité avec la grande ville de San Juan (453 000 habitants en incluant la périphérie), en fit un pôle d’attraction majeur. 

Traversée de la Pampa de Gualilan

Traversée de la Pampa de Gualilan

En effet, tout au long des 180 km de route s’élevant à travers les Sierras arides de Talacasto et du Tigre, des panneaux indiquaient cette petite localité, et le nombre de véhicules présents dès le matin sur le trajet indiquait que Bella Vista ne serait probablement pas un lieu de solitude et de recueillement idéal.

C’est donc peu avant le village, à une dizaine de kilomètres sur la route 149 qui redescendait avec une vue fantastique sur la chaîne des Andes, que le point de vue paraissait bien meilleur aussi bien en terme de tranquillité que de qualité esthétique.

Il faut en effet avoir en tête que même à une dizaine de kilomètres de la ligne de centralité, on ne perd qu’une à deux secondes de temps d’éclipse, et 5 secondes à 20 km de celle-ci.

Observateur motorisé à l'approche de Bella Vista

Observateur motorisé à l'approche de Bella Vista

Observation de l’éclipse

A 16h15, dans un ciel parfaitement bleu et sans le moindre nuage, un vent du sud se leva 10 mn avant le début de la phase partielle.

Et à 16h26, une échancrure de la Lune sur le bord solaire devint visible. Aucune tâche solaire ne trahissait une quelconque activité significative à la surface de notre étoile.

Première échancrure du Soleil par la Lune - 16h26

Première échancrure du Soleil par la Lune - 16h26

Au sol, quelques arbustes, des touffes de végétation dorées et nombre de roches ferreuses en forme de parallélépipèdes formaient des structures harmonieuses de premier plan qui, dans le dernier quart-d ‘heure, à partir de 17h20, révélaient des contrastes assombris à présent que la baisse de luminosité devenait sensible.

Mais l’ombre arrivait ce soir à 12 000 km/h, si bien que si celle-ci atteignit le sol chilien à 17h38mn et 10s, 1 mn 30s plus tard, à 17h39mn et 40s, elle était déjà sur Bella Vista.

Les jeux de lumières et d'irisation, 9 minutes avant la totalité (17h30)

Les jeux de lumières et d'irisation, 9 minutes avant la totalité (17h30)

A une telle vitesse, l’irrésistible apparition de l’anneau solaire et du diamant se dilua rapidement dans le ciel, laissant moins de prise sur cet instant si irréel au moment où tout bascule, et la forme particulière de l’ombre très allongée et en biais par rapport à sa trajectoire offrit le spectacle de montagnes plongées dans l’ombre vers le sud, mais encore éclairée au nord, une dissymétrie qui ajouta à l’étrangeté du moment. 

Le diamant - 17h39 - DMC-FZ72 - F/5.9 - 1/800 s - Focale 215 mm - Iso 100

Le diamant - 17h39 - DMC-FZ72 - F/5.9 - 1/800 s - Focale 215 mm - Iso 100

L’apparition de la couronne se fit dans un silence absolu, quelques observateurs isolés se trouvaient dans la zone nord-ouest de Bella Vista, et se révéla d’emblée moins brillante et plus classique dans sa forme que celle observée au Wyoming en 2017, effet probablement dû à la faible hauteur su Soleil (12°).

Protubérances et chromosphère - 17h39 - DMC-FZ72 - F/5.9 - 1/500 s - Focale 215 mm - Iso 100

Protubérances et chromosphère - 17h39 - DMC-FZ72 - F/5.9 - 1/500 s - Focale 215 mm - Iso 100

Mais la vision de cet arc en ciel de couleurs à l’horizon ouest sur lequel se détachaient les sommets plombés par le Soleil noir reste d’une force impressive indépassable.

Il fallait choisir entre observer la couronne et les lumières du paysage ou bien chercher à observer les protubérances plus présentes en fin d’éclipse, c’est cependant le spectacle grandiose qui l’a emporté, mais sans le sentiment d’urgence ou d’excitation qui habituellement accompagne ce moment d’exception. 

Panoramique de l'éclipse sur les Andes- 17h41 - DMC-FZ72 - F/5.6 - 1/6 s - Focale 14 mm - Iso 100

Panoramique de l'éclipse sur les Andes- 17h41 - DMC-FZ72 - F/5.6 - 1/6 s - Focale 14 mm - Iso 100

Après l’éclipse

Une fois la totalité passée, les lumières d’or et d’argent qui se reflétaient sur la chaîne de montagnes depuis la Majadita jusqu’à las Tortolas retrouvèrent leur charme ambré de fin de jour, alors que l’on pouvait suivre le croissant de Soleil reprendre sa forme circulaire d’origine.

Couronne solaire - 17h39 - DMC-FZ72 - F/5.6 - 1/25 s - Focale 181 mm - Iso 100

Couronne solaire - 17h39 - DMC-FZ72 - F/5.6 - 1/25 s - Focale 181 mm - Iso 100

Le spectacle n’était cependant pas fini. Sur le retour, et alors que le Soleil venait de se coucher, le ciel prit une teinte mauve d’une douceur somptueuse, un émerveillement qui laissa place, de nuit, aux inévitables embouteillages causés par les milliers d’observateurs revenant du même endroit à travers l’unique route de montagne qui descendait sur San Juan.

Il s’agissait de la dernière éclipse totale de la décennie, et l’Argentine sera à nouveau le cadre de la première éclipse totale de la prochaine décennie, le 14 décembre 2020, un millier de kilomètres plus au sud, aux frontières de la Patagonie.

Fin de la totalité - 17h41 - DMC-FZ72 - F/5.6 - 1/5 s - Focale 14 mm - Iso 100

Fin de la totalité - 17h41 - DMC-FZ72 - F/5.6 - 1/5 s - Focale 14 mm - Iso 100

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Rédigé par David

Publié dans #Astres, #Eclipse

Publié le 11 Mai 2019

Circonstances de l’éclipse totale de soleil du 02 juillet 2019 au Chili et en Argentine

Après l’éclipse annulaire du 26 février 2017 (voir le lien Eclipse annulaire de soleil du 26 février 2017 en Patagonie Argentinequi avait traversé les régions préhistoriques et peu peuplées de la Patagonie, le Chili et l’Argentine seront à nouveau le théâtre d’une spectaculaire éclipse de Soleil au couchant, le mardi 02 juillet 2019.

Trajectoire de l'éclipse totale de Soleil du 02 juillet 2019 - (c) www.greatamericaneclipse.com

Trajectoire de l'éclipse totale de Soleil du 02 juillet 2019 - (c) www.greatamericaneclipse.com

Au Chili, l’éclipse traversera toute la partie nord de la région de Coquimbo ainsi que l’extrême sud de l’Atacama, et, en Argentine, la région de San Juan sera aux premières loges, alors que La Rioja, San Luis, Cordoba, et la province de Buenos Aires, assisteront à un coucher de Soleil se noyant à l’horizon derrière la Lune.

La Cordillère des Andes sera donc un cadre magnifique pour assister à cet événement solaire, à une centaine de kilomètres au nord d’Uspallata, là où le film de Jean-Jacques Annaud, ‘Sept ans au Tibet’, fut en partie tourné.

Tracé de l'éclipse totale de Soleil du 02 juillet 2019 au Chili et en Argentine - (c) Xavier Jubier - xjubier.free.fr

Tracé de l'éclipse totale de Soleil du 02 juillet 2019 au Chili et en Argentine - (c) Xavier Jubier - xjubier.free.fr

L’éclipse sera ainsi totale du fait de la relative proximité de la Lune à la Terre à ce moment précis (368 310 km de distance), ce qui rendra son diamètre apparent plus grand que celui du Soleil.

La durée de l’éclipse variera de 2mn 30s, à 30 km au Nord de La Serena, à 2 mn 05s à 60 km, au sud-ouest de Buenos Aires.

L'éclipse totale de Soleil du 02 juillet 2019 à Bella Vista (San Juan) - (c) Xavier Jubier - xjubier.free.fr

L'éclipse totale de Soleil du 02 juillet 2019 à Bella Vista (San Juan) - (c) Xavier Jubier - xjubier.free.fr

Au creux de la Cordillère des Andes, depuis le petit village de Bella Vista situé à 1945 m d’altitude, sous les températures d’hiver, le déroulement de l’éclipse comprendra quatre jalons importants :

1.    A 16h25mn32s, heure locale, la Lune commencera à recouvrir le bord solaire, à 24° au-dessus de l’horizon Nord-Ouest.

2.    Une heure et quart plus tard, à 17h39mn32s, à 12° au-dessus de l’horizon, la Lune recouvrira entièrement le Soleil sous une spectaculaire couronne magnétique, laissant apparaître Vénus à l’horizon, et Mars et Mercure à une quinzaine de degrés au-dessus du Soleil, sur sa droite. La vitesse de l’ombre au sol (550 km de longueur) dépassera 12000 km/h. 

3.    Deux minutes et 27 secondes plus tard, à 17h42mn0s, la Lune commencera à se dégager de la surface solaire et le jour crépusculaire reviendra.

4.    Enfin, à 18h45mn, le Soleil se couchera au même moment que la Lune aura cessé de l’occulter.

La largeur du tracé de l’ombre, au sol, aura atteint en ce point 143 km.

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Rédigé par David

Publié dans #Astres, #Eclipse

Publié le 21 Janvier 2019

L'éclipse totale de Lune du 21 janvier 2019

S’il fallait se lever tôt et avoir le courage d’affronter les températures négatives de l’hiver, l’éclipse de Lune du 21 janvier 2019 se déroulait en revanche dans des conditions d’observation idéales depuis Paris, car la phase de totalité s'épanouissant entièrement à plus de 15° au-dessus de l’horizon, il était possible de la suivre tout en ayant dans le champ de vision un cadre permettant de magnifier l’évènement sous une nuit absolument noire - le Soleil ne se levait qu'à 8h34-.

Il faudra en effet attendre le 20 décembre 2029, puis le 18 octobre 2032, pour retrouver des conditions aussi favorables depuis la capitale.

La sortie progressive de l'ombre terrestre, de 6h44 à 6h56, le lundi 21 janvier 2019

La sortie progressive de l'ombre terrestre, de 6h44 à 6h56, le lundi 21 janvier 2019

Par ailleurs, située au plus près de la Terre, à 357 344 km de distance, la Lune s'étendait dans le ciel plus largement que d’habitude.

Ainsi, à Paris, la Lune est entrée dans le cône d’ombre terrestre à 4h34, à près de 40° de hauteur vers l’ouest, puis s’est totalement éclipsée pendant plus d’une heure, de 5h41 à 6h43, et est enfin totalement sortie de l’ombre à 7h51, à 7° au-dessus de l’horizon, moins d’une heure avant de se coucher.

Un beau point de vue depuis l’Ile Saint-Louis permettait d’admirer ce disque assombri, le long du quai d’Orléans à fleur de Seine, là où cygnes et canards poursuivaient leur nuit sur une eau totalement calme.

Graphique des phases de l'éclipse du 21 janvier 2019

Graphique des phases de l'éclipse du 21 janvier 2019

Le disque marron-orangé, en permanence surmonté d’un fin liseré plus clair signalant que la Lune restait en limite d’ombre, bordait la flèche de la cathédrale Notre-Dame sur sa gauche, alors que les deux étoiles principales de la constellation des Gémeaux, Castor et Pollux, s’alignaient avec notre satellite à droite de cette même flèche.

Quelques passants s’arrêtaient pour observer le phénomène au-dessus de la Seine, et tout se déroulait dans une quiétude matinale glaciale.

Et en repartant, on pouvait également admirer vers l'est le lever de Vénus et de Jupiter, proches et à la verticale l'une de l'autre.

6h38 : La Lune éclipsée et les étoiles Castor et Pollux encadrant la flèche de la cathédrale Notre-Dame

6h38 : La Lune éclipsée et les étoiles Castor et Pollux encadrant la flèche de la cathédrale Notre-Dame

La prochaine éclipse totale de Lune aura lieu en France le 16 mai 2022, entre 5h29 et 6h54, dans la lueur de l'aube, mais comme la Lune se couchera à Paris à 6h07, ce sont les observateurs de la pointe de la Bretagne et de l’extrême sud-ouest de la France, à Saint-Jean de Luz en particulier, qui bénéficieront des meilleurs sites d’observation moins d'une heure avant le lever du Soleil.

Eclipse totale de Lune du 21 janvier 2019 vue depuis Paris

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Rédigé par David

Publié dans #Astres, #Eclipse

Publié le 31 Juillet 2018

L'éclipse totale de lune du 27 juillet 2018

Annoncée comme la plus longue du siècle de par ses 118 mn de totalité, l'éclipse de Lune du 27 juillet 2018 avait surtout pour particularité de se dérouler au coucher du soleil en Europe, et donc d'être facilement suivie par le plus grand nombre. Il faut cependant garder en mémoire que 87 éclipses de Lune auront lieu au cours du XXIe siècle, toutes visibles par la moitié de la Terre, et, pour la plupart, la totalité dépassera les 100 mn de durée.

Début de la sortie de l'ombre de la Terre à 23h17

Début de la sortie de l'ombre de la Terre à 23h17

Les conditions météorologiques étaient assez perturbées sur la France et la région parisienne en particulier, mais il était possible de la suivre dans de meilleures conditions en Bavière, où la Lune se levait une demi-heure plus tôt.

Ainsi, à Bayreuth la Lune s'est levée à 21h00, 35 mn après le début de l'entrée dans l'ombre de la Terre, et la totalité a ainsi pu débuter à 21h30 à 4° au dessus de l'horizon. Des nuages bloquant la visibilité vers le sud, c'est uniquement vers 21h40 que notre satellite est apparu dans la pâleur du crépuscule, mais il ne s'est totalement dégagé de ces nuages que vers 22h12.

Graphique de l'éclipse du 27 juillet 2018

Graphique de l'éclipse du 27 juillet 2018

A partir de ce moment là, la Lune d'une couleur ocre surplombait le Palais des Festivals, et Mars, au plus près de la Terre depuis 15 ans, s'est élevée avec sa belle couleur orangée par dessus les arbres de la colline la plus célèbre du monde lyrique.

A 10° au dessus de l'horizon, le tableau était splendide au moment du maximum de la totalité à 22h22, alors que le dernier acte de Tristan und Isolde s'était achevé, offrant aux spectateurs une image finale dans la même tonalité que l’œuvre la plus métaphysique de Richard Wagner.

Le Palais des Festivals et la Lune totalement éclipsée (en bas à droite) - 21h41

Le Palais des Festivals et la Lune totalement éclipsée (en bas à droite) - 21h41

Il était donc possible de présenter à certains d'entre-eux, fascinés et ravis, le tableau céleste qui s'offrait à tous.

Et le spectacle s'est poursuivi jusqu'à 23h13, à 15° au dessus de l'horizon sud-est, heure à partir de laquelle un fin croissant de Lune lumineux a commencé à surgir de derrière la courbe majestueuse de l'ombre de la Terre, dans le silence absolu.

A 00h19, la Lune retrouvait sa luminosité habituelle, mais ne sortait définitivement de la pénombre qu'à 01h29.

La Lune et Mars au dessus du Palais des Festivals au maximum de l'éclipse (22h22)

La Lune et Mars au dessus du Palais des Festivals au maximum de l'éclipse (22h22)

La prochaine éclipse de Lune aura lieu le 21 janvier 2019, entre 04h30 et 07h50 du matin depuis Paris (avec une totalité entre 05h40 et 06h45 à 20° au dessus de l'horizon ouest), et sera donc réservée aux lève-tôt.

La Lune et Mars une minute avant le début de la sortie de l'ombre de la Terre (23h12)

La Lune et Mars une minute avant le début de la sortie de l'ombre de la Terre (23h12)

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Rédigé par David

Publié dans #Astres, #Eclipse

Publié le 27 Août 2017

Eclipse totale de soleil du 21 août 2017 au Wyoming (Etats-Unis)
Circonstances de l’éclipse totale de soleil

L’éclipse de soleil qui vient de traverser 14 états des Etats-Unis d’Ouest en Est, des montagnes rocheuses jusqu’aux plaines centrales, est la réplique de l’éclipse qui frôla Paris en 1999. Elle correspond au 22ème passage d’une série d’éclipses dénommée Saros 145 qui comporte en tout 77 évènements.

Elle a plongé dans l’obscurité Salem et Albany (Oregon), Idaho Falls (Idaho), le parc du Grand Teton et Casper (Wyoming), Grand Island et Lincoln (Nebraska), Kansas City et St-Joseph (Kansas), Columbia (Missouri), Carbondale Marion (Illinois), Clarksville et Bowling Green (Kentucky), Nashville (Tennessee), Nantahala National Forest (Caroline du Nord), Chattahoochee National Forest (Georgie), Columbia, Greenville et Charleston (Caroline du Sud), ainsi qu’une fraction de quelques km2 du Montana et de l’Iowa.

Couronne solaire et Régulus - 11h39 -  DMC-FZ72 - F/5.6 - 1/13 s - Focale 137 mm - Iso 100

Couronne solaire et Régulus - 11h39 - DMC-FZ72 - F/5.6 - 1/13 s - Focale 137 mm - Iso 100

L’ombre a ainsi touché la côte ouest-Pacifique à 17h15 TU (10h15 heure locale) à 3900 km/h, atteint le parc du Grand Teton à 17h35 TU (11h35 heure locale) à 3000 km/h, survolé le nord de Kansas City à 18h06 TU (13h06 heure locale) à 2400 km/h et le nord de Charleston à 18h45 TU (14h45 heure locale) à 2400 km/h également, soit un parcours d’une heure et trente minutes sur le sol américain.

Elle s’est ensuite perdue en reprenant de la vitesse dans l’Océan Atlantique, ce qui a permis aux habitants de Bretagne de percevoir une éclipse partielle à 6 % au coucher du soleil.

De fait, en plein mois d’août, ce spectacle solaire a été admiré par plus de 12 millions d’Américains vivant sur la bande de totalité et des millions de touristes venus du monde entier. Fidèles à leur opportuniste image, les Américains ont à nouveau prouvé leur sens hors pair des affaires, et il n’était pas rare de trouver des chambres à 1000 ou 2000 dollars la nuit, la veille de l’éclipse, même dans les hôtels de modestes bourgades.

La bande de totalité entre l'Oregon et le Wyoming et le parcours Seattle-Riverton

La bande de totalité entre l'Oregon et le Wyoming et le parcours Seattle-Riverton

Cependant, afin d’assurer les meilleures conditions d’observation, il fallait faire un compromis entre l’ouest où les conditions météorologiques sont statistiquement les meilleures à cette période de l’année - mais où la durée de l’éclipse est limitée à 2 minutes - et l’est où la durée du phénomène peut atteindre 2mn 40s mais avec un risque de couverture nuageuse plus important.

C’est pourquoi les environs désertiques de Riverton, ville située dans la partie centrale du Wyoming, l’état le moins peuplé du pays, se sont imposés. Dans ce climat sec, 2 minutes et 20 secondes d’éclipse étaient prévues.

Le point de départ de ce périple sera Seattle, la capitale de l’état de Washington.

Le stratovolcan du Mont Rainier (4392m) vu depuis Seattle

Le stratovolcan du Mont Rainier (4392m) vu depuis Seattle

Vers Grand Coulee Dam

En quittant Seattle vers l’est, l’interstate 90 laisse de côté l’impressionnant et massif stratovolcan du Mont Rainier (4392m) qui domine la ville, pour traverser la chaîne sud des Cascades recouverte de denses forêts de conifères.

Passé Ellensburg, et une fois croisé le fleuve Columbia, une route s’écarte vers le nord-est et longe les canyons de Dry Falls, gouffre de plus de 5km de long creusé par d’anciennes chutes d’eaux, qui abritent Soap Lake et Lenore Lake, deux étendues d’eaux prisées des pêcheurs à la truite.

Ces deux lacs sont des extensions de la rivière Coulee qui descend l’ancien lit de la Columbia depuis le barrage de Grand Coulee, en contrebas d’un autre barrage, cette fois en remblais, North Dam.

 Dry Falls et Lenore Lake

Dry Falls et Lenore Lake

Grand Coulee Dam, mis en service le 01 juin 1942, fournit une puissance 6800 MW, soit trois fois plus que le célèbre barrage Hoover Dam construit 6 ans auparavant.

Destiné à irriguer la partie centrale de l’état de Washington, ce barrage joua un rôle fondamental pendant la Seconde Guerre mondiale afin de produire l’aluminium nécessaire à la fabrication des matériels de guerre.

Cette immense construction en béton a néanmoins entraîné le déplacement de plusieurs milliers d’habitants, dont des amérindiens d’origine, et bloque définitivement la remontée des saumons le long du fleuve Columbia.

En reprenant la route vers Spokane, les paysages monotones révèlent pourtant de très belles collines couvertes de blés dorés, qui donnent l’impression de voyager à travers d'étranges dunes de sable.

Grand Coulee Dam (1592 m de long et 168 m de haut)

Grand Coulee Dam (1592 m de long et 168 m de haut)

Les incendies de forêts du Montana

Une fois rejoint l’interstate 90, la route vers Missoula, seconde ville du Montana, s’assombrit au fur et à mesure qu’elle s’enfonce dans la forêt nationale de Lolo, forêt protégée qui bénéficie à la fois d’un climat continental et d’un climat océanique, ce qui contribue à la diversité de sa végétation.

Mais cet assombrissement est dû à l’avancement d’un immense incendie naturel démarré le 15 juillet 2017 et baptisé Lolo Peak Fire. Deux villages, Lolo et Florence, se préparent à leur évacuation, alors que plus de 140 km2 ont déjà brûlé.

Le soir, depuis Missoula, la ville de naissance de David Lynch, les fumées altèrent les couleurs du coucher du soleil qui se pare de teintes fuchsia extraordinairement inhabituelles.

Coucher de soleil vu depuis Missoula à travers la fumée de Lolo Peak Fire

Coucher de soleil vu depuis Missoula à travers la fumée de Lolo Peak Fire

Le Parc National Yellowstone et le Parc du Grand Teton

Le lendemain, en reprenant la route vers l’est, les sommets des Gallatin Range apparaissent au sud. C’est vers eux qu’une route plonge afin de rejoindre le Yellowstone National Park, célèbre symbole et sanctuaire situé dans la partie nord-ouest du Wyoming.

Le parc Yellowstone le long de Gibbon river

Le parc Yellowstone le long de Gibbon river

Ce parc résulte en effet de l’effondrement d’un des 20 super-volcans existant sur terre – il est l'un des rares qui pourraient créer un hiver volcanique en cas d’éruption – dont il ne reste plus qu'une vaste zone dépressionnaire appelée ‘Caldeira’. Et dans son sous-sol, la chambre magmatique, toujours active et présente, chauffe les eaux et les glaces qui remontent à la surface sous forme de fumerolles, sources d’eaux chaudes, geysers ou mares de boue.

Toutefois, il ne s’est pas réveillé depuis 640 000 ans.

Écureuil terrestre doré

Écureuil terrestre doré

Pour camper dans le parc, il est nécessaire de réserver à l’avance à cause de la forte demande, mais il est tout à fait possible de rejoindre à tout moment des campings situés à l’extérieur du parc, le long de Hebgen Lake par exemple.

Une route en forme de 'huit' permet de parcourir 250 km au centre du parc à 72 km/h maximum, et d’approcher les nombreux sentiers de randonnées.

Près d’un millier de grizzlis et d’ours noirs, 4000 bisons, 2500 cerfs hermione, plus de 20000 Wapitis, un millier d’élans et une centaine de loups vivent notamment sur ce territoire protégé.

Troupeau de bisons sur le plateau central de Yellowstone

Troupeau de bisons sur le plateau central de Yellowstone

Et nombreuses sont les curiosités naturelles à voir, parmi lesquelles on ne peut manquer le Grand prismatique multicolore, la plus grande source d’eau chaude des États-Unis, le groupe des Fountain Geysers au coucher du soleil, et le magnifique Artist Point d’où l’on peut admirer les chutes inférieures de la Yellowstone river qui dévalent le Grand Canyon illuminé par les couleurs de soufre des parois rocheuses.

Yellowstone river (Artist Point)

Yellowstone river (Artist Point)

Plus au sud, situé sur la bande de totalité de l’éclipse solaire, le profil alpin du Grand Teton s’élance depuis les rives de Jackson Lake et offre une vision grandiose dans un environnement lumineusement fleuri et absolument envoûtant.

Puis, une route bifurque vers le sud-est pour rejoindre, à travers quelques couloirs rocheux d’un rouge splendide, la ville de Riverton située en bordure des montagnes rocheuses près d’Ocean Lake, une dépression naturelle qui héberge de nombreux oiseaux.

C’est de ce point de vue que l’éclipse va être observée.

Jackson Lake et le massif de Grand Teton

Jackson Lake et le massif de Grand Teton

L’éclipse solaire du lundi 21 août

Plus de 400 personnes se sont retrouvées à Blazing 7s Ranch, au nord de Riverton, la plus grande ville de la réserve indienne de Wind River, sur une zone de campement qui fait face à Ocean Lake avec une vue dégagée en direction de l’arrivée de l’ombre de la lune.

Après une nuit étoilée, des nuages d’altitude voilent le soleil dès l’aurore, ce qui permet l’observation des groupes de taches solaires présents à la surface de notre astre, mais risque de filtrer les détails de la couronne lors de l’éclipse totale.

Le site d'observation à Blazing 7s Ranch (Riverton)

Le site d'observation à Blazing 7s Ranch (Riverton)

A 10h19 et 30 secondes, heure de Riverton, le bord de la lune commence à occulter le disque solaire, et, 30 minutes plus tard, l’ombre de la lune apparaît quelque part sur l’Océan Pacifique Nord. 

Petit à petit, nous allons observer la disparition des tâches solaires au fur et à mesure que le croissant solaire se réduit.

Tâches solaires - 10h32 -  DMC-FZ72 - F/5.9 - 1/250 s - Focale 1200 mm  - Iso 100

Tâches solaires - 10h32 - DMC-FZ72 - F/5.9 - 1/250 s - Focale 1200 mm - Iso 100

A 11h16, cette ombre large de 99 km touche terre en Oregon sur la ville de Newport à une vitesse de 3900 km/h. Cinq minutes plus tard, à Riverton, les derniers cirrus qui couvraient jusqu’à présent d’une teinte laiteuse la surface du soleil disparaissent. Vénus devient visible.

L’ombre atteint très rapidement le Grand Teton à 11h35 et, à 11h38, l’assombrissement de l’horizon, comme si la vague grise d’un tsunami se précipitait sur nous, s’amplifie.

Le diamant - 11h38 -  DMC-FZ72 - F/5.9 - 1/800 s - Focale 215 mm - Iso 100

Le diamant - 11h38 - DMC-FZ72 - F/5.9 - 1/800 s - Focale 215 mm - Iso 100

A son arrivée, les clameurs montent, le diamant se forme, les derniers rayons du soleil se rétrécissent, et, à 11h38mn42s, le ciel vire soudainement au bleu profond et s’illumine sous la lumière d’argent d’une dague pointée ver le sol, la couronne solaire. 

Régulus brille tout près du soleil, sur sa gauche.

A cet instant, l’ombre est large de 107 km et a ralenti pour atteindre une vitesse de 2850km/h.

Couronne solaire - 11h39 -  DMC-FZ72 - F/5.9 - 1/30 s - Focale 215 mm - Iso 100

Couronne solaire - 11h39 - DMC-FZ72 - F/5.9 - 1/30 s - Focale 215 mm - Iso 100

Rarement une couronne aura donné une telle impression d’intensité et de présence, et les 2mn et 20 secondes laissent peu de temps pour regarder l’horizon à 360°. La chaîne de Wind River, qui était noyée dans la brume, se révèle en surimpression dans une lumière orangée fascinante.

De très belles protubérances ornent ensuite le bord lunaire en seconde partie de totalité.

Détail des protubérances solaires - 11h40 -  DMC-FZ72 - F/5.9 - 1/500 s - Focale 215 mm - Iso 100

Détail des protubérances solaires - 11h40 - DMC-FZ72 - F/5.9 - 1/500 s - Focale 215 mm - Iso 100

Et, à 11h41mn05s, la lumière réapparait, les cris de joies montent, et l’on peut alors suivre la libération du soleil jusqu’à 13h05mn, heure où l’éclipse sera partielle sur la pointe de la Bretagne.

Mais dès 12h49mn, l’ombre a dorénavant quitté le territoire américain, et, à 14h05, elle disparaît totalement de la surface de la terre.

Retrouvé par chance à Blazing 7s Ranch, Sylvain Rivaud, un autre chasseur d'éclipses, décrit sur son blog (https://lepithec.blogspot.fr/), avec encore plus de détails et de merveilleuses photographies, l'une des plus impressives éclipses que j'ai eu l'occasion de voir dans ma vie.

Jeune observateur depuis Blazing 7s Ranch (Wyoming)

Jeune observateur depuis Blazing 7s Ranch (Wyoming)

Le Wyoming Dinosaur Center de Thermopolis

De par son esthétique, le passage d’une éclipse totale a un pouvoir cathartique qui, une fois les émotions libérées, ramène l’individu à un état réflexif et calme.
C’est avec cet esprit qu’est abordée la visite du Wyoming Dinosaur Center, un centre de paléontologie situé à 85 km au nord de Riverton, le long de Wind River .

Ce magnifique musée a été créé dès que les premiers fossiles furent découverts en 1993 à Warm Springs Ranch, dans les environs de Thermopolis.

Squelettes de Supersaurus, Triceratops et Tyrannosaure au Wyoming Dinosaur Center

Squelettes de Supersaurus, Triceratops et Tyrannosaure au Wyoming Dinosaur Center

Il comporte un parcours d’un excellent niveau pédagogique qui permet de comprendre l’évolution de la vie jusqu’à l’apparition des mammifères, en expliquant clairement les transitions, et comporte une impressionnante collection de fossiles et de reproductions, dont un spectaculaire squelette de Supersaurus de 32m de long découvert à Douglas, dans le Wyoming. 

Il est également possible de parcourir le site des fouilles localisé à proximité, ce qui est une rare opportunité pour les visiteurs.

La lune et Jupiter dans le crépuscule sur Elliott Bay (Seattle), 3 jours après l'éclipse

La lune et Jupiter dans le crépuscule sur Elliott Bay (Seattle), 3 jours après l'éclipse

Retour à Seattle

Enfin, après une nouvelle traversée de Yellowstone Park en revenant pas l’entrée est et par la route escarpée de la chief Joseph Highway, le voyage s’achève par un nouveau passage au Montana, toujours sous l’emprise de ses feux de forêts, et par les retrouvailles avec l’interstate 90 qui mène à Seattle.

Entrée sud de Capitol Hill, le long de Broadway avenue

Entrée sud de Capitol Hill, le long de Broadway avenue

S’il y a un quartier de cette ville cosmopolite à découvrir absolument, Capitol Hill, situé à 100 m au-dessus du centre-ville, concentre verdure, résidences de millionnaires, bars et restaurants agréables, et offre un visage d’ouverture et de contre-culture qui est la meilleure impression à retenir avant de quitter les États-Unis.

Il ne reste plus qu'à attendre la prochaine éclipse américaine qui traversera le sud des États-Unis le 08 avril 2024 du Texas au Maine. Elle repassera sur la ville de  Carbondale Marion (Illinois), qui aura dont vu deux éclipses totales en moins de 7 ans, et de grandes villes telles que Austin, Dallas, Evansville, Indianapolis, Cleveland, Buffalo, les chutes du Niagara et Rochester seront parcourues intégralement par l'ombre de la lune.

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Rédigé par David

Publié dans #Astres, #Eclipse

Publié le 16 Juillet 2017

Tâches solaires (groupe 2665) le 16 juillet 2017, 12 h UTC

Tâches solaires (groupe 2665) le 16 juillet 2017, 12 h UTC

Le groupe 2665 est un ensemble composé d'une douzaine de tâches solaires visibles depuis la Terre le 16 juillet 2017 et sur le point de disparaître par le bord Est de notre étoile. Ce groupe est déclinant et est classé  β (c'est à dire qu'il dispose d'une polarité positive et d'une polarité négative nettement séparées par une seule division).

 

Tâches solaires (groupe 2665) le 16 juillet 2017, 12 h UTC - détail

Tâches solaires (groupe 2665) le 16 juillet 2017, 12 h UTC - détail

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Rédigé par David

Publié dans #Astres

Publié le 8 Mai 2017

Circonstances de l’éclipse totale de soleil du 21 août 2017 aux Etats-Unis

Après l’éclipse annulaire de soleil qui a ravi un nombre modeste d’observateurs situés dans le sud de la Patagonie le 26 février 2017, le continent nord-américain s’apprête à être traversé de part en part, le 21 août 2017, par une éclipse totale.

14 états des Etats-Unis seront concernés, selon une trajectoire qui partira de l’Oregon jusqu’à la Caroline du Sud, en passant par l’Idaho et le Wyoming. Ce sera la réplique de l’éclipse qui passa au nord de Paris le 11 août 1999.

Cet événement sera donc fortement médiatisé, car la dernière éclipse totale qui a touché les USA s’est produite le 26 février 1979, uniquement sur l’extrême nord-ouest du pays.

Trajectoire de l'éclipse totale de Soleil du 21 août 2017 - (c) Xavier Jubier - xjubier.free.fr

Trajectoire de l'éclipse totale de Soleil du 21 août 2017 - (c) Xavier Jubier - xjubier.free.fr

La particularité géographique de l’éclipse du mois d’août est qu’elle va plonger dans l’ombre de la lune des états connus pour la beauté de leur nature et de leurs paysages, qui sont des lieux où des films intimistes célèbres du cinéma américain se sont déroulés. On peut citer Old Joy de Kelly Reichardt (en Oregon), Paranoïd Park et My Own Private Idaho de Gus Van Stan (en Oregon et Idaho), Brokeback Mountain de Ang Lee (au Wyoming), Boys don ’t Cry de Kimberly Peirce (au Nebraska).

Tracé de l'éclipse totale de Soleil du 21 août 2017 de l'Oregon au Wyoming - (c) Xavier Jubier - xjubier.free.fr

Tracé de l'éclipse totale de Soleil du 21 août 2017 de l'Oregon au Wyoming - (c) Xavier Jubier - xjubier.free.fr

L'éclipse sera totale du fait de la relative proximité de la Lune à la Terre (366 386 km) qui rendra son diamètre apparent plus grand que celui du Soleil.

La durée de l’éclipse variera de 2 minutes au sud de Portland (Oregon) à 2m18s au nord d’Idaho Falls, jusqu’à 2m41s entre Saint-Louis (Missouri) et Nashville (Tennessee).

Plus précisément :

Mont Jefferson (Sud de Portland) : Totalité à 10h20 (41° de hauteur), durée 2mn03
Idaho Falls (Craters of the Moon) : Totalité à 11h34 (49° de hauteur), durée 2mn18
Casper Mountains (Wyoming) : Totalité à 11h44 (54° de hauteur), durée 2mn27
Kansas City : Totalité à 13h08 (62° de hauteur), durée 2mn40
Saint-Louis : Totalité à 13h19 (64° de hauteur), durée 2mn41
Nashville : Totalité à 13h28 (64° de hauteur), durée 2mn41

L'ombre de la Lune à Idaho Falls le 21 août 2017 à 11h36mn08s, dans la région de Crater of the Moon et du Park de Yellowstone - (c) Xavier Jubier - xjubier.free.fr

L'ombre de la Lune à Idaho Falls le 21 août 2017 à 11h36mn08s, dans la région de Crater of the Moon et du Park de Yellowstone - (c) Xavier Jubier - xjubier.free.fr

Un des meilleurs compromis entre durée de l’éclipse et paysages spectaculaires se situe en Idaho et au Wyoming.

Le déroulement de l’éclipse à Idaho Falls comprendra quatre jalons clés lundi 21 août :

1.    A 10h15mn13s, heure locale, la Lune commencera à recouvrir le bord solaire, à 37° au-dessus de l’horizon Est-Sud-Est.

2.    Une heure et quart plus tard, à 11h32mn35s, à 49° au-dessus de l’horizon, la Lune recouvrira entièrement le Soleil sous une spectaculaire couronne magnétique, laissant apparaître Régulus à leur côté, tous trois encadrés de près par Mars et Mercure, et, plus loin, par Vénus et Jupiter. La vitesse de l’ombre au sol sera de 3000 km/h. 

3.    Deux minutes et 18 secondes plus tard, à 11h34mn53s, la Lune commencera à se dégager de la surface solaire et le jour reviendra.

4.    Enfin, à 12h57mn36s, la Lune se sera entièrement dégagée de notre étoile.

La largeur du tracé de l’ombre au sol, elle, ne sera que de 106 km.

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Rédigé par David

Publié dans #Astres, #Eclipse

Publié le 10 Avril 2017

Jupiter, Io, Ganymède, Europe, Callisto, et, en bas à gauche, la petite étoile double Theta Virginis - HIP 64238 A, le lundi 10 avril 2017 à 22h18 Heure locale de Paris

Jupiter, Io, Ganymède, Europe, Callisto, et, en bas à gauche, la petite étoile double Theta Virginis - HIP 64238 A, le lundi 10 avril 2017 à 22h18 Heure locale de Paris

Lundi soir, dans les lumières éblouissantes de la pleine Lune, Jupiter accompagne l'astre Sélène à moins de deux degrés de distance apparente, alors que la planète géante est également au plus près de la Terre à moins de 670 millions de kilomètres d'elle.

Avec un simple zoom, il devient possible d'identifier les 4 plus gros de ses satellites, tous alignés, à cette heure là, sur le même flanc de sa surface.

Io, Ganymède, Europe et, au plus loin, Callisto, forment un filet de perles en mouvement perpétuel autour de leur planète.

La Pleine Lune et Jupiter le lundi 10 avril 2017 à 22h18 heure locale de Paris

La Pleine Lune et Jupiter le lundi 10 avril 2017 à 22h18 heure locale de Paris

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Rédigé par David

Publié dans #Astres

Publié le 5 Mars 2017

Eclipse annulaire du 26 février 2017, deux minutes avant la formation de l'anneau

Eclipse annulaire du 26 février 2017, deux minutes avant la formation de l'anneau

Circonstances de l’éclipse annulaire de soleil

L’éclipse annulaire de soleil qui vient de traverser le centre de la Patagonie est la première d’une série de trois éclipses qui va toucher l’Argentine entre 2017 et 2020, ce qui est rare pour un même pays en si peu de temps (celles du 02 juillet 2019, près de San Juan, Cordoba et Buenos Aires, et du 14 décembre 2020, près de Viedma et Las Grutas, seront par ailleurs totales, et donc plus spectaculaires).

Elle a parcouru une région très peu habitée de l’Amérique du Sud où, probablement, de l’ordre de 70.000 habitants vivent sur la bande de terre d’où l’’anneau de feu’ était visible, mais l’Afrique a elle aussi pu l’observer au soleil couchant en Angola, Zambie et République démocratique du Congo.

Trajectoires des 3 éclipses de soleil prévues en Argentine entre 2017 et 2020 - (c) Xavier Jubier

Trajectoires des 3 éclipses de soleil prévues en Argentine entre 2017 et 2020 - (c) Xavier Jubier

Présentation de la Patagonie

Les steppes, déserts et pâturages de la Patagonie couvrent un tiers de l’Argentine, mais la partie occidentale de la Cordillère des Andes qu’elle abrite appartient, elle, au Chili.
Son nom proviendrait du terme ‘Patagon’ (‘grande patte’) employé dans leurs écrits par Fernand de Magellan et Antonio Pigafetta, un des membres de son expédition, lorsqu’ils découvrirent, en 1520, le peuple amérindien Tehuelche sur ces terres.

Ce peuple, dont le nom fut donné par un autre peuple originaire des Andes chiliennes, les Mapuche, avait une culture nomade et chassait les guanacos et les nandous.
Avec l’introduction du cheval au XVIIIe siècle par les Espagnols, ses itinéraires de transhumances se modifièrent, et, quand il rencontra les colons gallois qui fuyaient l’oppression religieuse et culturelle en Grande-Bretagne, il établit avec eux des liens très forts, et leur apprit les techniques de chasse et de confection d’habits traditionnels.

Ces colons, arrivés le 28 juillet 1865, fondèrent leur première ville dans leur port naturel de débarquement, situé à l’entrée de la péninsule de Valdès, et le nommèrent Puerto Madryn.

Puerto Madryn face au Golfo Nuevo

Puerto Madryn face au Golfo Nuevo

Mais en 1879, le général Julio Argentino Roca lança une conquête génocidaire du désert afin d’ouvrir de larges territoires à la colonisation espagnole. Les indigènes furent décimés, et ne subsistent dorénavant que quelques vestiges de la culture Tehuelche.

Une des conséquences de cette appropriation des terres du sud fut d’ouvrir la voie aux paléontologues qui découvrirent cette zone peu humide où la géologie est parfaitement visible. 

Au cours des années 1890, Carlos Ameghino, paléontologue argentin, entreprit avec son frère, Florentino, d’importants voyages en Patagonie, et ramena au total plus de 2000 pièces de mammifères du tertiaire appartenant à 120 espèces différentes.

Aujourd’hui, la Patagonie est aussi devenue la zone qui recèle le plus de fossiles datant du Jurassique au monde, comme le prouve la découverte d’un immense gisement dans la province de Santa Cruz en 2012, ou bien celle des restes d’un Titanosaure, le plus grand herbivore jamais mis à jour, dans la région du Chubut.

Squelette de Tyrannotitan - musée paléontologique de Trelew

Squelette de Tyrannotitan - musée paléontologique de Trelew

Route vers le point d’observation

Le point de départ de ce voyage fut Puerto Madryn, base tranquille dévouée à l'écotourisme et emplacement idéal pour aller observer les baleines franches, les orques, les dauphins de Commerson, les lions et les éléphants de mer.

Route vers le point d'observation au nord de Sarmiento

Route vers le point d'observation au nord de Sarmiento

Deux endroits paraissaient d’emblée privilégiés pour observer l’éclipse annulaire dans de bonnes conditions, la Baie de Camarones et sa réserve naturelle de Cabo Dos Bahias, ou bien la rive nord-est du lac Musters situé tout près de Sarmiento, au creux du Corridor Central de Patagonie.

C’est ce dernier lieu qui fut retenu, aussi bien pour son relief et la nature préhistorique de sa géologie que pour son importante distance à l’Océan Atlantique, dont les brumes et les formations nuageuses auraient pu perturber le spectacle.

De Puerto Madryn, il fut aisé de rejoindre, à 55km au sud, Trelew, ville qui dispose d’un important musée paléontologique où règnent nombre de squelettes de fossiles, dont celui d’un impressionnant Tyrannotitan.

Pingouins de Magellan - Cabo dos Bahias (Camarones)

Pingouins de Magellan - Cabo dos Bahias (Camarones)

A 250km plus au sud, au pied de la ‘Meseta de Montemayor’, le village de Camarones se présenta comme un point d’étape obligé, tant la faune qui vit dans ses alentours jouit d’un environnement qui la protège à l’écart des foules touristiques. Les guanacos – une espèce de lama non domestiqué -, les nandous de Darwin, les colonies de pingouins de Magellan, les troupeaux de moutons, les lions de mers et toutes sortes d’oiseaux de mers cohabitent sur les bordures rocheuses couvertes de bosquets, auxquelles on ne peut accéder que par de fastidieuses routes de pierres.

Lever de soleil dans l'horizon de Comodoro Rivadavia - dimanche 26 février 2017 à 06h45

Lever de soleil dans l'horizon de Comodoro Rivadavia - dimanche 26 février 2017 à 06h45

En poursuivant sur 200km la voie principale qui longe le flanc oriental de la Patagonie jusqu'au détroit de Magellan, la ville de Comodoro Rivadavia fut la dernière étape avant de quitter la côte pour se diriger vers l’intérieur des terres. Elle se situe en plein centre d’une importante zone pétrolifère où champs de puits de pétrole et champs d’éoliennes se côtoient non sans un certain sens de l’incompatible écologique.

Arrivée sur la rive du Lac Musters - le 26 février 2017 à 08h30

Arrivée sur la rive du Lac Musters - le 26 février 2017 à 08h30

Ne resta plus qu’à rejoindre Sarmiento dans les lueurs du soleil levant. Après 150km de route bitumée, puis 45 km de route de pierres, sur laquelle on conduit comme sur de la neige, la rive du Lac Musters est enfin apparue à 8h30, alors que les premiers groupes d’observateurs étaient déjà installés.

Un camp principal était même déployé sur l’estancia El Musters où l’association scientifique argentine ‘Grupo Astronomico Osiris’ avait réuni des dizaines de jeunes amateurs, et qu’un champ d’instruments d'observation jonchait le sol.

Camp d'observation - Estancia El Musters - Sarmiento

Camp d'observation - Estancia El Musters - Sarmiento

Observation de l’éclipse

A 9h24, dans un ciel parfaitement bleu sous une température ambiante très agréable, la lune commença à se dessiner sur la surface solaire dans une clameur générale, à 23° au-dessus de l’horizon. Au centre, une tâche solaire bien visible pouvait s'apercevoir.

Le sol, lui, offrait à ceux qui en avaient la curiosité nombre de témoignages des passages des tribus Tehuelche, pointes de flèches taillées en pierre, outils de découpe et bois fossilisés n’attendaient qu’à être ramassés …

Détail de l'activité solaire - 9h45mn

Détail de l'activité solaire - 9h45mn

Vers 10h15, la variation de luminosité devint perceptible, le bleu du ciel plus profond, les contrastes plus marqués sur les profils des sommets, et la sensation de fin de jour vint.

Au cours des dix dernières minutes avant l’éclipse annulaire, le vent et la fraicheur se levèrent, inévitables signes que le paroxysme approchait et qui resserra l’emprise sensible du phénomène sur notre psyché. On sent la nature comme aspirée par la conjonction astrale.

Photo montage de l'éclipse annulaire du 26 février 2017 entre 09h45mn et 10h40mn

Photo montage de l'éclipse annulaire du 26 février 2017 entre 09h45mn et 10h40mn

Enfin, à 10h39mn et 26 secondes, l’anneau de soleil apparut dans les instruments pour une petite minute, à 35° au-dessus de l’horizon, dans une clameur encore plus forte qu’au début de l’évènement.

Le maintien de cette impression lunaire sur la zone s’est alors prolongé pour une dizaine de minutes, avant que, petit à petit, le cycle du jour ne reprenne. A 12h01, plus aucune trace du passage de la lune devant le disque de notre astre n’était visible.

Plateau du Lac Musters sous les lumières de l'éclipse

Plateau du Lac Musters sous les lumières de l'éclipse

Après l’éclipse

L’heure qui suivit fut consacrée aux flâneries le long de la rive du lac Musters, immensité bleu-vert totalement isolée au milieu d'un plateau sec et désertique pauvre en végétation.

Le lac Musters

Le lac Musters

Puis, la fin de journée fut dédiée à la découverte du parc des Bosquets pétrifiés, situé 30km au sud de Sarmiento. Dans un paysage extra planétaire baptisé la ‘Vallée Lunaire’, des restes de troncs d’arbres datant de dizaines de millions d’années gisent toujours sur les flancs des falaises érodées par le temps. 

Bois pétrifiés (à gauche) et strates géologiques de la 'Vallée Lunaire' (Sarmiento)

Bois pétrifiés (à gauche) et strates géologiques de la 'Vallée Lunaire' (Sarmiento)

Arrachés par des vents violents et silicifiés par les sels des mers qui se sont depuis retirées, ils témoignent éternellement de la végétation qui recouvrait jadis cette région à l’aspect abandonné, et de la richesse en vie animale qu’elle protégeait.

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Rédigé par David

Publié dans #Astres, #Eclipse