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Publié le 12 Février 2026

Věc Makropulos (Leoš Janáček - 18 décembre 1926, Théâtre national de Brno)
D’après la pièce de Karel Čapek (21 novembre 1922, Théâtre de Vinohrady de Prague)
Représentation du 07 février 2026
Opéra de Lille

Emilia Marty Aušrinė Stundytė
Albert Gregor Denys Pivnitskyi
Jaroslav Prus Robin Adams
Vítek Paul Kaufmann
Krista Marie-Andrée Bouchard-Lesieur
Janek Florian Panzieri
Maître Kolenaty Jan Hnyk
Hauk-Sendorf Jean-Paul Fouchécourt

Direction musicale Dennis Russell Davies
Mise en scène Kornél Mundruczó (2016)
                        Marcos Darbyshire (reprise)

Décors et costumes Monika Pormale
Lumières Felice Ross
Chœur de l’Opera Ballet Vlaanderen
Orchestre National de Lille

Production de l’Opera Ballet Vlaanderen

 

Avec pas moins de quatre opéras du XXe siècle programmés pour sa première saison à la direction de l’opéra de Lille, Barbara Eckle propose aux Lillois un programme éclectique qui devrait contribuer à faire rayonner ce beau ‘théâtre lyrique d’intérêt national’ bien au-delà de la région des hauts-de-France, d’autant plus que, forte de son expérience à l’opéra de Stuttgart, elle peut s’appuyer sur un système de coproductions ou de reprises européennes avec les scènes du nord et de l‘est.

Aušrinė Stundytė (Emilia Marty) - © Frederic Iovino

Aušrinė Stundytė (Emilia Marty) - © Frederic Iovino

Créée en septembre 2016 à l’opéra d’Anvers et remontée à l’opéra de Genève en octobre 2020, la production du metteur en scène hongrois Kornél Mundruczó poursuit son chemin à Lille à quelques mois du centenaire de la création de ‘L’Affaire Makropoulos’ au Théâtre national de Brno.

Elle comprend un premier tableau qui se déroule à l’avant scène dans une salle de tribunal où Albert Mc Gregor cherche à prouver qu’il est un héritier du baron Prus, ancien amant d’Elina Makropoulos, femme elle-même à la recherche de documents auprès de Maître Kolenaty qui attesteraient de cette descendance, mais qui comprendraient aussi la formule de l’elixir qui la rendue immortelle.

Aušrinė Stundytė (Emilia Marty), Jan Hnyk (Maître Kolenaty) et  Denys Pivnitskyi (Albert Gregor) - © Frederic Iovino

Aušrinė Stundytė (Emilia Marty), Jan Hnyk (Maître Kolenaty) et Denys Pivnitskyi (Albert Gregor) - © Frederic Iovino

Puis, le décor s’ouvre en second partie sur un immense appartement moderne avec baies vitrées où des vidéos simulent un environnement extérieur vivant, les feuillages des arbres bruissant au vent, avec un grand lit situé en fond de scène, le tout créant un cadre psychologique où une grande attention est accordée aux jeux de lumières. Cette scénographie soigneusement travaillée permet ainsi de recréer un climat de film d’enquête où va se dérouler la mise à nue psychologique d’ Elina Makropoulos, contrainte tous les 60 ans depuis le XVIIe siècle à changer de nom tout en conservant les mêmes initiales.

Aušrinė Stundytė (Emilia Marty), Paul Kaufmann (Vítek), Marie-Andrée Bouchard-Lesieur (Krista) et Florian Panzieri (Janek) - © Frederic Iovino

Aušrinė Stundytė (Emilia Marty), Paul Kaufmann (Vítek), Marie-Andrée Bouchard-Lesieur (Krista) et Florian Panzieri (Janek) - © Frederic Iovino

Dans cette vision totalement centrée sur la déliquescence morbide d’Emilia Marty, que l’on voit petit à petit révéler son instinct suicidaire – la vidéo d’une course à moto allant vers l’abîme dans un paysage forestier et montagneux le suggère naturellement – en perdant progressivement ses vêtements, sa chevelure, pour ne révéler qu’un corps heurté, Aušrinė Stundytė est une artiste faite pour restituer les déchirures de cette femme, son chant fauve, noir et écorché ayant une force expressive qu’elle marque d’impulsions bien timbrées quand il s’agit de souligner des troubles d’angoisse.

Et comme elle sait rendre saisissantes ces tensions sur scène par un jeu physiquement très prenant, elle paraît totalement humaine dans tous ses emportements névrotiques, si bien que ses partenaires, tous très solides par ailleurs, paraissent moins complexes dans leurs incarnations.

Marie-Andrée Bouchard-Lesieur (Krista) et Florian Panzieri (Janek) - © Frederic Iovino

Marie-Andrée Bouchard-Lesieur (Krista) et Florian Panzieri (Janek) - © Frederic Iovino

Toutefois, la basse tchèque Jan Hnyk dépeint un Maître Kolenaty très affirmé avec du style et beaucoup de crédibilité, alors que Robin Adams donne un aspect mafieux et animal à Jaroslav Prus qui en fait un homme dangereux dont la simple présence est source de tension.

Jeune ténor ukrainien au chant massif et impulsif, Denys Pivnitskyi donne une interprétation très virile et passionnée d’ Albert Gregor, non dénuée de sensibilité mais avec un volontarisme qui oublie, peut-être, de faire passer des sentiments plus affectés. On sent qu’il a le caractère pour les rôles véristes ayant un impact très direct sur l’audience, et il donne aussi envie d’être entendu dans le rôle d’Hermann de ‘La Dame de Pique’ de Tchaïkovski.

Aušrinė Stundytė

Aušrinė Stundytė

A l’opposé, Jean-Paul Fouchécourt – inoubliable Platée à l’Opéra national de Paris - fait une brève apparition en Hauk-Sendorf, et son chant clair et doucereux est comme une furtive caresse pour Emilia Marty que la mise en scène met très bien en valeur, comme pour en faire l’unique souvenir du passé qui réchauffe pour un moment le cœur de l’héroïne.

En clerc alcoolique et peu responsable, Paul Kaufmann incarne un Vitek voyou et rustre, alors que sa fille, Krista, est chantée par Marie-Andrée Bouchard-Lesieur qui en est le contraire, femme au chant vibrant et chaleureux qui fait ressentir une véritable compassion humaine pour Emilia, et non une simple admiration béate.

Enfin, Florian Panzieri illustre un Janek très poétique, même si la mise en scène le marginalise un peu trop.

Jan Hnyk, Denys Pivnitskyi, Dennis Russell Davies, Aušrinė Stundytė, Robin Adams, Jean-Paul Fouchécourt et Marie-Andrée Bouchard-Lesieur

Jan Hnyk, Denys Pivnitskyi, Dennis Russell Davies, Aušrinė Stundytė, Robin Adams, Jean-Paul Fouchécourt et Marie-Andrée Bouchard-Lesieur

Dans la fosse d’orchestre, le chef américain Dennis Russell Davies, qui fut le directeur artistique de l’orchestre Philharmonique de Brno, surprend au cours de l’ouverture par sa façon de condenser le son de la formation musicale lilloise, mais il tisse par la suite une lecture dense et précise qui fait vivre le drame avec une unité et une brillance des couleurs qui l’ennoblissent plus qu’elles n’en accentuent les aspérités.

Salle comble en ce début de samedi soir, l’opéra de Lille donne déjà envie de connaitre quelle suite se prépare pour sa prochaine saison.

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Publié le 14 Décembre 2022

Lohengrin (Richard Wagner - Weimar, 1850)
Représentation du 11 décembre 2022
Bayerische Staatsoper - Munich

Heinrich der Vogler Mika Kares
Lohengrin Klaus Florian Vogt
Elsa von Brabant Johanni van Oostrum
Friedrich von Telramund Johan Reuter
Ortrud Anja Kampe
Heerrufer des Königs Andrè Schuen
Brabantische Edle Liam Bonthrone, Granit Musliu, Gabriel Rollinson, Roman Chabaranok
4 Edelknaben Solist(en) des Tölzer Knabenchors

Direction musicale François-Xavier Roth
Mise en scène Kornél Mundruczó (2022)
Décors Monika Pormale
Costumes Anna Axer Fijalkowska
Lumières Felice Ross
Bayerisches Staatsorchester
Bayerischer Staatsopernchor
und                                       
 Johanni van Oostrum (Elsa)
Extrachor der Bayerischen Staatsoper
Coproduction Shanghai Grand Theatre

Lorsque la première munichoise de ‘Lohengrin’ fut jouée en présence du roi Maximillien II de Bavière, le 28 février 1858, sous la direction de Franz Lachner, Richard Wagner ne put y assister, toujours en exil depuis le soulèvement de Dresde de mai 1849 auquel il avait participé. 

Et même le jeune Ludwig, alors âgé de 15 ans, aura la chance d’assister à une représentation de son opéra romantique peu avant lui, le 02 février 1861, à l’Opéra royal de Munich, le compositeur devant attendre finalement le 15 mai 1861 pour l’entendre intégralement à Vienne.

Johanni van Oostrum (Elsa) et Klaus Florian Vogt (Lohengrin)

Johanni van Oostrum (Elsa) et Klaus Florian Vogt (Lohengrin)

Après avoir entendu ‘Lohengrin’, Ludwig écrira que ‘prendre comme modèle un homme de chair et d’os, bon et énergique en tous points et en faire son guide. Il faut se donner comme tâche et comme devoir d’imiter cet homme et, pour cela, il faut le connaître, le comprendre parfaitement et étudier sa vie’.

8 ans plus, tard, il initiera la construction du château de Neuschwanstein en hommage à Richard Wagner, et, de 1867 à 1892, 147 représentations de ‘Lohengrin’ seront données à l’Opéra de la capitale bavaroise.

Le chœur du Bayerische Staatsoper

Le chœur du Bayerische Staatsoper

Aujourd’hui, avec un peu plus de 50 représentations jouées ces 20 dernières années, ‘Lohengrin’ reste l'un des opéras fréquemment interprétés à Munich, et la nouvelle production confiée à Kornél Mundruczó, metteur en scène de théâtre et réalisateur de cinéma hongrois qui vient de proposer une nouvelle production de ‘Tannhäuser’ au Staatsoper de Hambourg, se focalise d’emblée sur l’attente et la fascination que peut avoir un peuple pour un nouveau leader en lequel il souhaite se projeter.

Sa scénographie s’articule autour d’un espace fermé aux parois d’une blancheur uniforme situé à l’avant scène, qui enserre un bout de Terre vallonné et verdoyant qui abrite un petit étang dominé par deux arbustes, mais aussi quelques rochers à l’avant-scène. Le chœur, le Hérault, le Roi, Ortrud et Telramund, vêtus simplement dans des teintes pastels bleu-gris ou jaune clair, vit dans une forme d’espérance statique.

Andrè Schuen (Heerrufer des Königs)

Andrè Schuen (Heerrufer des Königs)

C’est avec beaucoup d’émotion que se déroule l’ouverture sur le regard de ces personnes qui se dressent l'une après l'autre, au fur et à mesure que les mouvements de la musique progressent sous la direction d’une extrême finesse de François-Xavier Roth, qui souligne l’humanisme de cette scène en dessinant une ligne lumineuse d’une douceur magnifique.

Par la suite, le metteur en scène donne de l'expressivité au chœur par des gestes simples pour signifier son esprit de jugement envers Elsa – en deuil de son frère et donc habillée en noir -, tout autant que sa stupeur à l’arrivée de Lohengrin, mais aussi sa soif de sang au moment du combat par le feu avec Telramund – habile technique pour rester dans la symbolique des quatre éléments naturels et éviter le recours au combat d’épées kitsch -.

Cependant, il ne s’agit pas pour Kornél Mundruczó d’entrer dans des conflits politiques territoriaux, de classes sociales ou de religions – Ortrud, Telramund ou le Roi ne se distinguent pas par leur allure vestimentaire des autres membres de la communauté – mais bien d’analyser où peut conduire l’émoi d'un groupe d'hommes et de femmes pour un être qui semble différent.

Johanni van Oostrum (Elsa) et Klaus Florian Vogt (Lohengrin)

Johanni van Oostrum (Elsa) et Klaus Florian Vogt (Lohengrin)

Dans la seconde partie, la nature disparaît au profit d’une entrée de Palais stylisée, où seul le très beau relief d’une porte surmontée d’un balcon émerge au centre d’un mur lisse, composé de nombreux ouvrants par où le chœur pourra intervenir et chanter face à la salle.

Un escalier provenant du sous-sol permet à tout le monde d’y accéder, symbolisant ainsi le désir de grandeur dans lequel se reflète le peuple heureux d’avoir trouver un couple en lequel s'identifier. Ortrud et Telramund, eux, restent à l’extérieur dans les lumières orangées du soir.

Dans cet acte, se confirme le grand sens musical du metteur en scène qui trouve toujours une manière assez fine d’illustrer le discours orchestral – l’éclat des petits effets festifs est très bien dépeint -, et qui joue avec des symboles mystérieux et des dispositions géométriques précisément calculées qui ont du sens, tel ce vêtement doré qui transforme Elsa en Soleil, et celui noir et gris de Lohengrin qui fait apparaître une Lune sur son torse, et qui fait donc porter une positivité énergique sur la fille du Duc, plus que sur son sauveur.

C’est toute une mise en scène de la célébration qui est ainsi décrite, à peine interrompue par le couple déchu, couple qui n’est pas aussi tordu, ni aussi impressionnant, que dans d’autres interprétations, puisque la mise en garde qu'il cherche à éveiller a quelque chose de fondé.

Mika Kares (Heinrich der Vogler) et Klaus Florian Vogt (Lohengrin)

Mika Kares (Heinrich der Vogler) et Klaus Florian Vogt (Lohengrin)

Le dernier acte mélange l’intérieur d’une grande pièce aux murs blancs, dont l'unité est seulement brisée par 2 portes, avec, au milieu, à nouveau la végétation et le peuple qui reste présent même dans les moments intimes. C’est véritablement à cet acte que l’on saisit à quel point Lohengrin n’est que l’incarnation de l’âme de ce peuple avec lequel il ne fait qu’un, notamment quand ce dernier accompagne son geste pour tuer Telramund à jets de pierres.

C’est le fait que les êtres humains s’approprient cette violence qui sonne comme l’aboutissement de cette vénération dangereuse. L’effet de surprise est donc total lorsque le Cygne descend lentement sous forme d’une spectaculaire météorite aux reflets ferreux. La catastrophe planétaire vient du ciel pour détruire la violence du monde humain, et le détacher de son aveuglement.

La rédemption est toutefois envisagée pour Elsa, emportée par l’objet sidéral – dans de superbes lueurs bleutées signées Felice Ross, artiste lumière associée à tous les spectacles de Krzysztof Warlikowski, qui donne même l'illusion de transformer Elsa en cygne -, alors que Lohengrin fait apparaître le jeune frère, un enfant libre et bien vivant, qui ne peut sortir le peuple de son sommeil profond.

Johanni van Oostrum (Elsa)

Johanni van Oostrum (Elsa)

Tout contribue à la poésie dans ce spectacle, non seulement la réalisation scénique, mais aussi la gestuelle, les mouvements du chœur, la manière dont Elsa est représentée en femme adolescente qui vit son amour pour Lohengrin avec grande pureté, ce qui préserve son innocence, et, bien évidemment, viennent s’ajouter les qualités de souplesse et de chaleur de l’orchestre – les cuivres, en particulier, ont une coloration très rougeoyante - auxquelles François-Xavier Roth insuffle un courant bouillonnant avec un toucher bienveillant

Sa maîtrise du drame se mesure à l’osmose qui lie le relief orchestral aux chanteurs, à une théâtralité vivante qui s’appuie sur la magnifique malléabilité du tissus de corde, sur les percussions sombres, sans briser la ligne dramatique, et en se préservant de toute brutalité. En loge située côté jardin, quatre trompettes de parade forment également un panache resplendissant.

Mais la finesse du chœur est aussi un allié de premier ordre pour ce rendu onirique, admirablement fondu dans l’ampleur orchestrale. Et comme s’il fallait aller jusqu’au bout de cet effet de grâce, nous retrouvons ce soir le même couple qui chantait dans la dernière reprise de ‘Lohengrin’, en novembre 2019, dans l'ancienne production de Richard Jones.

Klaus Florian Vogt (Lohengrin)

Klaus Florian Vogt (Lohengrin)

L’entrée de Klaus Florian Vogt est absolument à pleurer tant l’intemporalité de son timbre est irréelle. Cette clarté androgyne, qui dure dorénavant depuis près de 20 ans, pourrait même justifier à elle seule la fascination mystique de la part du chœur. Et de plus, il exhale une splendide autorité et une puissance somptueuse d’un grand éclat. Sa délicatesse de jeu, brusque uniquement lorsque le caractère de Lohengrin l’exige, est à l’image de cette beauté de chant surnaturelle qui engendre une émotion profonde.

Mais aussi, quel magnifique timbre que celui de Johanni van Oostrum, qui gagne les cœurs par la fluidité homogène et le velouté de sa douce projection de voix ! En couleurs, elle s’allie idéalement à la tonalité chaleureuse de l’orchestre, et avec cette capacité à faire pétiller le naturel enfantin d’Elsa, elle en devient irrésistiblement touchante.

Johan Reuter (Friedrich von Telramund) et Anja Kampe (Ortrud)

Johan Reuter (Friedrich von Telramund) et Anja Kampe (Ortrud)

On trouve aussi ces belles qualités d’intégrité vocale chez le jeune Hérault interprété par Andrè Schuen, et chez Mika Kares, qui en rend le Roi sympathique avec une tessiture généreuse, de teinte fumée, qui se projette très bien.

Quant à Anja Kampe, elle offre un portrait d’Ortrud empathique envers Elsa, avec des effets de noirceurs bien marqués mais aussi un brillant vocal palpitant. Excellente actrice qui ne surjoue pas la négativité, elle est moins anguleuse qu’une autre grande Ortrud, Petra Lang, en ajoutant plus de rondeur à son interprétation.

Enfin, Johan Reuter est un baryton-basse très clair, qui incarne avec assurance un Telramund névrosé en souffrance, ce que l’on ressent fortement dans la complexité de ses facettes vocales à la brillance et dureté de granit. Très bon acteur, lui aussi, son incarnation n’est pas sans rappeler un autre personnage ambitieux et criminel, Macbeth.

François-Xavier Roth et Klaus Florian Vogt

François-Xavier Roth et Klaus Florian Vogt

Spectacle d’une grande sensibilité, visuellement et musicalement, il est rare de ressortir d’une représentation de ‘Lohengrin’ avec un tel sentiment de sérénité et de gratitude pour l’ensemble de ces artistes qui démontrent à nouveau l’importance de faire vivre cet art si complexe, mais si inspirant.

Klaus Florian Vogt, Johanni van Oostrum et François-Xavier Roth

Klaus Florian Vogt, Johanni van Oostrum et François-Xavier Roth

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